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Les mécanismes généraux de coordination et de concertation avec l’industrie

En tourisme comme dans tout autre domaine d’activité, le gouvernement dispose d’une panoplie de mécanismes de concertation avec l’industrie ou de consultation des intervenants. Comment choisir celui qui convient le mieux pour atteindre nos objectifs?

La première étape, celle qui précède même le choix de l’outil à privilégier pour exercer la consultation ou la concertation, consiste à définir clairement les objectifs et les résultats à atteindre. Il convient d’inviter les intervenants à participer à cette phase, car plus ces derniers collaborent tôt aux étapes de la conception et de la détermination des buts, plus ils se sentiront engagés dans le succès du processus.

Souvent, on présume que le principal objectif de la consultation est de parvenir à un consensus sur les options en matière de politiques et de programmes. Oui, il peut s’agir d’un objectif, mais il en existe plusieurs autres, notamment:

  • habiliter les groupes d’intervenants à participer au processus décisionnel;
  • conclure des partenariats sous forme d’ententes contractuelles, d’alliances, d’accords de coopération, etc.

Deuxième étape, la clarification du mandat. Un mandat clairement défini devrait inclure les éléments suivants:

  • les attributions
  • les renseignements généraux
  • les décisions en jeu
  • la description des intervenants
  • le genre de participation
  • le niveau de consultation
  • les objectifs de la consultation
  • la durée des périodes de consultation et de prise de décisions.

Enfin, le choix des outils doit varier en fonction du sujet à débattre, des caractéristiques des intervenants concernés (expérience, préoccupations, etc.), de la technologie, du temps dont on dispose pour prendre une décision, etc. Parmi les principaux mécanismes recensés, on distingue deux familles: les comités et les documents. Dans la première catégorie, on retrouve:

  • le comité ou conseil consultatif;
  • le groupe de concertation;
  • les entrevues;
  • la table ronde;
  • le cercle d’étude;
  • le forum;
  • les assises annuelles;
  • le groupe de travail;
  • l’atelier.

Le second groupe comprend généralement:

  • les mémoires ou rapports;
  • les documents de discussion;
  • les sondages.

Dans les prochains paragraphes, on présente sommairement trois mécanismes de concertation/consultation, soit le comité ou conseil consultatif, le groupe de concertation et l’atelier.

Le comité ou conseil consultatif

Qu’est-ce que c’est?

Il s’agit d’un groupe de représentants d’une collectivité particulière ou d’un ensemble d’intérêt donné (ici, les intervenants touristiques) choisi pour procurer des conseils et des commentaires sur une question spécifique. On doit prendre garde de ne pas nommer des membres en raison de leur appartenance à un secteur d’activité particulier mais bien à cause de leurs compétences. Le choix des participants peut être effectué principalement par:

  • l’organisme responsable de la concertation, en l’occurrence le gouvernement;
  • des groupes auxquels l’organisme responsable de la concertation demande de choisir un représentant.

Quand doit-on s’en servir?

Cet organisme peut constituer un outil efficace de concertation lorsqu’il s’agit:

  • d’orienter la planification et la mise en oeuvre d’un projet (plan de marketing, par exemple) ou d’une politique (politique du tourisme);
  • d’organiser et de coordonner la participation et l’apport de diverses personnes;
  • d’acquérir l’expertise et d’obtenir l’apport de certains groupes ou personnes intéressés;
  • de parvenir à un consensus en vue d’intervenir dans des questions complexes qui touchent de nombreux segments de l’industrie;
  • de permettre d’assurer des rapports suivis entre les intervenants touristiques et le gouvernement;
  • d’aider à fixer des priorités ou à trouver des solutions de rechange;
  • de choisir des experts-conseils;
  • d’assurer une communication bilatérale avec plusieurs parties intéressées.

Quels sont les critères d’efficacité?

  • S’assurer que les participants représentent la gamme d’intérêts et de valeurs.
  • Définir formellement le mandat et les attributions du comité.
  • Préciser la durée du mandat ainsi que la fréquence et le lieu des réunions et s’en tenir aux tâches qui lui ont été confiées.
  • Clarifier le rôle du comité dans la prise de décision.
  • Donner aux membres suffisamment de temps afin qu’ils puissent consulter les personnes qu’ils représentent, pour garantir qu’ils disposent du point de vue adéquat.
  • Établir les procédures, de concert avec le comité, les processus décisionnels, les exigences concernant les présences (remplaçants), ainsi que les directives relativement à la participation d’observateurs ou de remplaçants, à la confidentialité, au remboursement des dépenses, etc.
  • Assurer l’engagement d’un personnel professionnel compétent, en tenant compte du temps qu’il faut pour organiser les réunions, rédiger les procès-verbaux et les rapports de suivi, régler les détails administratifs et s’occuper de préoccupations pratiques.

Quels sont les avantages et les inconvénients?

Le groupe de concertation

Qu’est-ce que c’est?

Un regroupement de huit à dix personnes constituant un échantillon représentatif des intervenants touchés par l’objectif de la concertation. Souvent, les participants sont choisis pour représenter des intérêts particuliers.

Quand doit-on s’en servir?

Il s’agit d’un mécanisme utile pour:

  • déterminer la nature et l’intensité des préoccupations des intervenants, leurs valeurs et leur point de vue;
  • recueillir l’information sur les besoins des intervenants relativement à une question ou à un concept particulier concernant l’objet de la concertation;
  • se faire une idée de l’opinion de l’industrie lorsque des contraintes de temps ou des restrictions budgétaires ne permettent pas un examen complet de la question.

Le groupe de concertation n’est pas:

  • efficace pour communiquer de l’information à l’ensemble des intervenants;
  • une tribune ouverte pour répondre à des questions d’ordre général;
  • un mécanisme utilisé pour atteindre un consensus ou prendre des décisions.

Quel est le principal critère d’efficacité?

  • S’assurer les services d’un personnel spécialisé pour modérer ou diriger les groupes de concertation.

Quels sont les avantages et les inconvénients?

L’atelier

Qu’est-ce que c’est?

En principe, l’atelier se compose d’un groupe de cinq à sept participants – bien que pour des raisons de logistique et de coût, il compte souvent 20 à 25 personnes – constituant un échantillon représentatif des différents points de vue. On y compte également un facilitateur dont le rôle consiste à structurer les discussions, à stimuler les participants et à faire part des résultats. L’atelier vise à régler des problèmes précis et à atteindre un consensus en vue de déboucher sur une action concrète.

Quand doit-on s’en servir?

  • Pour définir, examiner et discuter de questions; formuler des solutions de rechange et élaborer des options novatrices; faire des recommandations; parvenir à un consensus ou à un compromis réalisable; examiner les renseignements, programmes et plans déjà en place; régler les problèmes.
  • Comprendre les intervenants, renseigner les participants et obtenir des résultats.
  • Permettre à des personnes qui possèdent des points de vue différents sur une question de travailler ensemble à la régler.
  • Permettre à des personnes qui ne sont pas affiliées à un groupe particulier d’exprimer leur opinion et d’établir le dialogue.

Quels sont les critères d’efficacité?

  • Déterminer les résultats ou produits escomptés dès l’étape de la conception; fixer les buts de l’atelier.
  • Avoir recours à un facilitateur d’expérience ayant des habiletés en matière de relations humaines et d’exposés de même que des idées novatrices, afin de tirer parti au maximum de la discussion et d’élaborer des options.
  • Choisir avec soin les participants qui représenteront les diverses catégories d’intervenants touristiques.
  • Surveiller toute influence indue de la part d’un groupe d’intérêt, surtout si l’atelier est offert à plusieurs endroits et à différentes dates.
  • Clarifier les rôles et responsabilités du facilitateur, du coordonnateur et des autres personnes-ressources, telles que les rapporteurs et les personnes qui font les exposés.
  • Déterminer les produits de l’atelier, notamment l’ordre du jour, les dépliants et les documents d’information, le scénario pour le facilitateur, les rapports, etc.

Quels sont les avantages et les inconvénients?

Voir aussi:

Qu’est-ce que la gouvernance?

Source:
– Stern, Peter et Sandra Zagon. «Guide de consultation du public. Modifier les rapports entre le gouvernement et les Canadiens», Centre canadien de gestion, Les pratiques de gestion, no 19, mai 1997.

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Gestion

Qu’est-ce que la gouvernance?

La gouvernance est un ensemble d’outils et de mécanismes concernant la manière de gouverner. Le terme de gouvernance met également l’accent sur la multiplicité des institutions, organisations et acteurs qui «gouvernent» un territoire et sur les relations entre ces «gouvernants», locaux, régionaux ou nationaux, et les «gouvernés».

La gouvernance se caractérise par le passage de la centralisation à la décentralisation, de la gestion de service public à la gestion selon les principes de marché, de la «guidance» publique à la coopération des acteurs publics et des acteurs privés.

Les principes d’une bonne gouvernance

Nous présentons ci-dessous les cinq principes de base d’une bonne gouvernance élaborés par la Commission des communautés européennes et adaptés à l’industrie touristique québécoise.

1- L’ouverture

Les organisations touristiques gouvernementales – nationale et provinciale – sectorielles, régionales et locales devraient oeuvrer de manière transparente, promouvoir la libre circulation de l’information et communiquer leurs idées d’une façon claire et compréhensible pour tous leurs partenaires.

2- La participation

La qualité, la pertinence et l’efficacité des politiques, des stratégies ou des programmes touristiques dépendent d’une large participation de tous les partenaires concernés, et ce, à tous les stades allant de la conception à la mise en oeuvre des politiques. L’amélioration de la participation vise à augmenter la confiance dans le résultat et à faciliter l’implication de tous.

3- La responsabilité

Il convient de clarifier le rôle de ceux qui participent à l’élaboration et à la mise en oeuvre des politiques, stratégies ou programmes touristiques, afin qu’ils assument pleinement leurs responsabilités.

4- L’efficacité

Les mesures de gouvernance doivent être efficaces, c’est-à-dire produire les résultats escomptés à partir d’objectifs clairement définis et d’une évaluation de leur impact futur. L’efficacité suppose également que les décisions concernant les politiques, stratégies ou programmes soient prises au niveau le plus approprié et proviennent d’une concertation et d’une complémentarité dans les comportements de chacun.

5- La cohérence

Les politiques, les stratégies, les programmes et les actions prescrites doivent être cohérents et parfaitement compréhensibles par tous les partenaires de l’industrie.

Les défis de l’industrie touristique

À la lumière des principes énoncés précédemment, l’industrie touristique rencontre de multiples défis, principalement en ce qui concerne la cohérence, la participation et la responsabilité. En effet, le risque de présenter une image incohérente de la destination semble plutôt élevé, compte tenu du nombre d’entreprises, de la multiplicité des secteurs de l’industrie, des divers paliers gouvernementaux et des intérêts spécifiques de chaque catégorie d’intervenants impliqués dans les différentes fonctions de gestion – promotion, développement ou accueil.

Par ailleurs, pour augmenter la confiance dans les résultats escomptés, l’implication de tous les intervenants dans les décisions qui affecteront leurs performances et leur avenir s’avère, non seulement souhaitable, mais nécessaire. Pour ce faire, l’ensemble des intervenants touristiques doit convenir, sur une base volontaire, de la répartition des rôles et responsabilités liés à toutes les sphères de gestion de la destination sans perdre de vue que les décisions doivent se prendre au niveau le plus efficace possible. Cette nécessité d’améliorer la coordination et le partage des responsabilités paraît évidente, particulièrement en ce qui concerne la promotion touristique où tous les paliers territoriaux – national, provincial, régional et local – exercent certaines activités, comme l’illustre le tableau suivant.

Implication des différents paliers territoriaux
dans le financement de l’industrie touristique

Un des défis majeurs de la gouvernance demeure l’efficacité des ressources. Dans le contexte actuel où les finances publiques sont soumises à des compressions importantes, il s’avère essentiel d’exercer un meilleur arrimage des efforts entre les différents paliers territoriaux.

Sources:
– Commission des communautés européennes. «Gouvernance européenne, un livre blanc», [www.europa.eu.int/comm].
– Couture, Maurice. «Vers une nouvelle politique touristique du Québec. Portrait, tendances et pratiques en matière de gouvernance en tourisme: les enjeux et défis pour un modèle adapté au Québec», juin 2004.

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Marketing

Le pouvoir persuasif de la publicité et du reportage (Compte rendu de conférence)

TTRA, Montréal, juin 2004 – Compte rendu de la conférence prononcée par Marsha Loda, professeur, Department of Languages, Litterature and Communications, Augusta State University (Georgia, USA) et William Norman, professeur, Department of Parks, Recreation and Tourism Management, Clemson University (South Carolina, USA).

Qu’est-ce que la persuasion? C’est l’acte de convaincre les autres d’adopter notre opinion, notre attitude ou notre manière d’agir. Parmi les diverses sources d’information possibles, dans l’industrie touristique comme ailleurs, tous s’entendent sur la plus persuasive: le bouche à oreille.

Toutefois, il s’agit du type de message le plus difficile à influencer. Comme on ne peut acheter, ni publier une conversation personnelle, les seuls outils de persuasion disponibles pour convaincre les consommateurs de choisir une destination touristique particulière demeurent les médias.

Compte tenu de la nature intangible du produit touristique et de son coût souvent onéreux, le choix d’une destination de voyage comporte un risque financier et émotionnel pour le consommateur. Afin de réduire ce risque, le touriste potentiel cherchera divers renseignements sur la destination. Plus l’information lui semblera crédible et digne de confiance, plus sa perception du risque diminuera.

De nos jours, la publicité et le publireportage représentent deux importantes sources d’information pour le visiteur, mais malgré toutes les études réalisées jusqu’à maintenant, les chercheurs ne comprennent pas encore très clairement lequel de ces moyens de communication joue le meilleur rôle de persuasion et possède la plus grande crédibilité auprès des touristes potentiels. Est-ce la publicité, le reportage ou les deux méthodes présentées de manière successive (publicité puis reportage ou reportage puis publicité)?

C’est ce qu’ont voulu saisir les professeurs Loda et Norman dans la présente étude afin d’aider les gestionnaires oeuvrant dans l’industrie touristique à choisir les outils les plus efficaces pour promouvoir leur destination, compte tenu de budgets souvent maigres.

Dans une première étape, les chercheurs tentèrent de vérifier s’il existait une incidence différente entre la publicité et le reportage dans un contexte touristique. Au cours de la deuxième phase, ils s’interrogèrent sur la façon dont le consommateur intégrait l’information véhiculée par la présentation successive de ces moyens de communication, si cela produisait un effet quelconque sur le touriste et si oui, lequel?

Pour réaliser cette recherche, on utilisa cinq groupes différents à qui l’on présenta l’information de la façon suivante:

  • message publicitaire seulement;
  • reportage seulement;
  • message publicitaire suivi du reportage;
  • reportage suivi du message publicitaire;
  • groupe de contrôle.

Les résultats démontrent que le reportage, qu’il soit présenté seul ou en alternance avec la publicité, jouit d’une meilleure crédibilité, d’un plus fort pouvoir de persuasion et qu’il conduit à des intentions d’achat supérieures. De plus, la parution d’un message publicitaire à la suite d’un reportage constitue la manière la plus efficace de persuader le touriste potentiel de visiter une destination spécifique.

Qu’est-ce que cela veut dire pour le responsable marketing d’une organisation touristique?

  1. Il devrait porter une importance particulière aux relations de presse à l’intérieur de sa planification marketing puisque l’effet persuasif du reportage surpasse celui du message publicitaire.
  2. Pour accroître le pouvoir persuasif de son message publicitaire, il doit préférablement le faire précéder d’un publireportage. Puisque l’on sait qu’il faut allouer en moyenne six mois au journaliste afin qu’il publie son article à la suite d’une tournée de presse, le timing constitue un élément crucial de la planification.

TTRA 2004 – Autres comptes rendus disponibles:

L’expérience touristique, une réelle valeur économique
Voyages d’affaires: les femmes sont-elles moins prévisibles que les hommes?
Perceptions de l’impact du tourisme sur la communauté
Les femmes et le tourisme sportif: examen sociodémographique
Impact économique du mariage gai sur le secteur du tourisme