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Produits et activités

Les cuisines fantômes, un nouveau modèle d’affaires

La fermeture des restaurants ou les limites qu’impose la COVID-19 en matière de service aux tables ont accentué les difficultés financières des restaurateurs. Au cours de la dernière année, plusieurs d’entre eux ont pris des décisions ardues et adapté leur modèle d’affaires pour essayer de garder la tête hors de l’eau. Les plats à emporter et la livraison enregistrent une popularité croissante alors que le concept des cuisines fantômes gagne du terrain. 

Apparues depuis quelques années dans des villes comme Los Angeles, New York et San Francisco, les cuisines fantômes se répandent aux États-Unis, au Canada et même au Québec. Elles constituent un modèle d’entreprise alternatif rendu possible grâce à la notoriété des applications de commande en ligne. Elles sont utilisées pour exploiter un restaurant sans salle à manger. Le restaurateur loue un espace dans une cuisine existante et y produit son menu. Les clients peuvent commander leurs plats, soit sur le site Web de l’entreprise, soit par l’entremise d’applications mobiles ou d’applications de livraison tierces. 

Plusieurs enseignes peuvent se regrouper et utiliser la même cuisine, un peu comme un espace de travail communautaire, mais pour les restaurants. Des entreprises comme Doordash, Kitchen United et  Cloud Kitchens exploitent des lieux partagés pour de nombreux restaurants. Tout récemment, Ghost Kitchen Brands (GKB) a conclu un partenariat avec l’enseigne Walmart. Cette dernière aménagera une cuisine dans certains de ses magasins afin d’accueillir des marques partenaires de GKB, telles que Quiznos, The Cheesecake Factory Bakery, Beyond Meat ou Ben & Jerry’s pour n’en nommer que quelques-unes.  

À Montréal, les quatre associés de la toute nouvelle entreprise Q-Zn ont transformé un grand espace en 16 cuisines commerciales qu’ils souhaitent louer à des restaurateurs. Ce concept « clé en main » offre une cuisine entièrement équipée, le service de plonge le soir, l’entreposage, la chambre froide, et la réception pour les livreurs d’Uber Eats, de Doordash ou de Skip the Dishes qui viennent chercher les commandes, etc.  

D’autres regroupent leurs diverses activités dans un même lieu. C’est le cas d’Anthony Tzemopoulos, cofondateur de One Kitchen, qui a rassemblé dans une seule cuisine ses quatre restaurants existants et a créé quatre autres concepts de plats à livrer. Les commandes se prennent à partir de son site Web. En 2021, le restaurateur prévoit d’ouvrir sa cuisine à d’autres qui voudraient se joindre à lui. 

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Varier ses sources de revenus 

Les cuisines fantômes aident aussi les propriétaires de restaurants « physiques » à diminuer leurs coûts d’exploitation en leur procurant des revenus de location. Martin Juneau, propriétaire du Pastaga, a dû fermer ses portes pour cause de pandémie. Il a sous-loué deux de ses locaux à deux autres chefs qui offrent des plats à emporter. Il a pu ainsi garder ses lieux ouverts et limiter les pertes. Le Chick-N-Waff, un nouveau concept qui tourne autour du poulet frit et des gaufres, n’a pas d’adresse physique. Il fonctionne à partir des cuisines du restaurant La Bêtise, à Verdun, quand l’établissement est fermé, du dimanche au mercredi. Cela permet aux deux propriétaires de partager les frais fixes. 

Varier sa gamme de produits grâce au restaurant virtuel 

Au lieu d’investir dans un nouvel établissement, certains restaurateurs élargissent leur offre et diversifient leur clientèle en proposant des produits inédits disponibles uniquement à la livraison ou à emporter. Ils ne louent pas d’espace de cuisine par l’intermédiaire d’un tiers. Ils utilisent les leurs pour préparer les plats qui seront offerts exclusivement en ligne. On parle alors de restaurants virtuels. C’est le cas du Kefi Taverna et du Yuno Sushi à Montréal, propriétés du chef Constant Mentzas du restaurant Ikanos, spécialisé dans les poissons et les fruits de mer. Ces deux restaurants virtuels présentent un menu complètement différent. Le premier propose des classiques revisités de la cuisine traditionnelle grecque et le second, comme son nom l’indique, vend des sushis.  

Avantages pour les restaurateurs 

La cuisine fantôme comporte de nombreux avantages pour les entreprises de restauration. Les propriétaires peuvent réduire considérablement leurs coûts d’exploitation en ayant moins d’employés et moins de pieds carrés. Elle offre également des perspectives aux nouveaux entrepreneurs puisque l’investissement initial pour exploiter ce type d’établissement est beaucoup plus bas que celui nécessaire à l’ouverture d’un restaurant complet.  

Toutefois, construire et développer une marque uniquement en ligne, sans restaurant physique, exige un marketing numérique très efficace pour s’assurer une clientèle. C’est grâce à cette vitrine numérique que les acheteurs potentiels peuvent découvrir l’entreprise. De plus, si les médias sociaux étaient utiles avant, ils sont maintenant essentiels pour se faire connaître. 

Un pas vers l’avenir 

Les services de livraison de nourriture comme Uber Eats ou Skip The Dishes sont en pleine expansion au Canada. En 2019, les consommateurs ont dépensé 1,5 milliard de dollars dans ce secteur, selon une étude de l’Université Dalhousie à Halifax. Le marché mondial des applications de livraison devrait connaître une hausse annuelle de 28 % pour la période 2017-2023, d’après Allied Market Research. Les commandes à emporter ou à livrer sont là pour de bon et les cuisines fantômes profitent grandement de cette tendance. Et vous ? Saurez-vous en tirer profit ? 


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Segments de clientèles

Se préparer à accueillir la communauté LGBTQ+ 

En février 2021, RH Tourisme Canada et la Chambre de commerce LGBT+ du Canada (CGLCC) ont offert une formation sur la diversité, l’inclusion, la sécurité et la commercialisation auprès des communautés LGBTQ+. La CGLCC a également publié un guide et une trousse à outils pour le développement du tourisme, dont voici les principaux éléments. 

Taille du marché nord-américain  

Selon les estimations, 30 millions de personnes en Amérique du Nord s’identifient comme LGBTQ+, soit 6 à 8 % de la population totale. Leurs dépenses touristiques s’élèvent à plus de 70 milliards de dollars américains, d’après des études menées en 2016 par World Travel Market et Out Now. Au Canada, les voyageurs issus de cette communauté déboursent plus de 12 milliards de dollars en activités touristiques, un chiffre en hausse de 43 % depuis 2014. Leurs dépenses moyennes par séjour atteignent 1 855 $. Il s’agit d’un budget sept fois plus important que celui des touristes en général (265 $ par voyage). En 2021, on estime que quelque 90 % des voyageurs LGBTQ+ prévoient de prendre leurs vacances au pays. 

Critères de choix  

Le coût, mais aussi la sécurité, perçue et réelle, constituent des facteurs très importants dans le choix de la destination. 

Le coût, mais aussi la sécurité, perçue et réelle, constituent des facteurs très importants dans le choix de la destination. Les personnes LGBTQ+ doivent savoir qu’elles seront à l’abri de toute forme de harcèlement et qu’elles se sentiront les bienvenues. Le Canada jouit d’une place enviable sur l’échiquier touristique puisqu’il est reconnu à l’international comme étant un pays progressiste, inclusif et sûr pour les individus de cette communauté. De grandes villes comme Vancouver, Toronto ou Montréal constituent des centres touristiques majeurs, mais également des voies d’accès vers des régions rurales ou de proximité. 

En ce qui a trait à l’hébergement, les principaux critères de choix sont les suivants :  

  • Le coût ; 
  • Les cotes et les commentaires positifs ; 
  • Les commodités offertes ; 
  • La proximité des attractions touristiques 
  • Le respect des personnes LGBTQ+. 

Les touristes LGBTQ+ pratiquent les mêmes activités et recherchent des produits et des expériences semblables à ceux des voyageurs en général tels que : 

  • Restauration et gastronomie ; 
  • Activités de plein air ;
  • Arts et culture ; 
  • Magasinage ; 
  • Festivals et événements ; 
  • Activités de mieux-être. 

Sources d’information 

Les médias sociaux et les personnes influentes sur ces réseaux jouent également un rôle important au cours de la phase de planification et pendant l’expérience de voyage. 

Les amis, la famille, les sites Web officiels de destinations, d’hôtels ou de compagnies aériennes ainsi que les blogues et les forums de voyage constituent les principales sources de renseignements concernant les séjours d’agrément des touristes LGBTQ+ canadiens. Les médias sociaux et les personnes influentes sur ces réseaux jouent également un rôle important au cours de la phase de planification et pendant l’expérience de voyage. Ils représentent un moyen par lequel les connaissances et les membres d’une même famille s’influencent mutuellement. Il est donc essentiel d’être actif auprès de ces canaux afin de rester « dans les esprits ». Selon Destination Canada, Instagram était l’un des principaux influenceurs pour les moins de 45 ans.  

Comportement d’achat  

Des recherches ont révélé qu’un peu plus du tiers (36 %) des touristes LGBTQ+ du Canada réservent toujours directement auprès des entreprises, soit par téléphone ou sur leurs sites Web. Il s’avère donc primordial de s’assurer que ses forfaits ou ses produits ciblant ce marché soient présentés sur son site Web et qu’il soit possible de les réserver sur celui-ci. Environ un voyageur LGBTQ+ sur cinq achète aussi fréquemment par l’entremise d’agences de voyages en ligne traditionnelles.  

Mettre en œuvre des stratégies marketing inclusives  

La segmentation est peut-être l’aspect le plus important dans le cadre des activités marketing s’adressant au marché touristique LGBTQ+. Il importe d’analyser ses produits et ses atouts pour ensuite déterminer les groupes de personnes qui seront intéressés par ces produits. Restreindre son public cible à certains traits communs, par exemple : les hommes homosexuels de la génération Y, les lesbiennes actives et plus âgées, les familles LGBTQ+, etc. permet de mieux concentrer ses efforts de marketing et de proposer une expérience adéquate. 

 

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Source : Pexels

Pour réussir le développement du tourisme LGBTQ+, l’ACCGL propose diverses avenues, entre autres :  

  • Faire preuve d’authenticité dans le cadre de ses activités marketing et communicationnelles ; 
  • Présenter l’histoire des communautés LGBTQ+ locales ainsi que des récits authentiques de personnes de sa collectivité, des chefs de file, des propriétaires d’entreprise, etc. ; 
  • Offrir des expériences qui s’adressent précisément aux touristes LGBTQ+, mais qui peuvent attirer d’autres types de clientèles ; 
  • Créer des microsites et des pages Web sur le tourisme LGBTQ+ afin de fournir davantage de renseignements sur les partenariats, les forfaits et les services de soutien destinés à ces voyageurs. 

Quelques conseils pour terminer 

Pour rendre votre lieu ou votre attrait plus inclusif pour les touristes LGBTQ +, Luis Bracamontes, spécialiste principal des médias sociaux chez Tiqets Venues, suggère quelques pistes à suivre : 

1. Concentrez vos efforts au-delà du mois de la fierté. Lorsque les actions promotionnelles s’estompent à la fin juin, mois de la fierté, cela peut s’apparenter à des pratiques de « pinkwashing », terme inventé par la communauté LGBTQ + pour décrire ces efforts temporaires. Au lieu de cela, répartissez vos actions tout au long de l’année en établissant des partenariats avec des organisations et des leaders communautaires qui soutiennent les personnes LGBTQ +.  

2. Présentez la diversité dans vos campagnes marketing. Intégrez un éventail varié d’individus et d’identités dans vos supports marketing ainsi que dans la communication interne et externe. 

3. Incorporez des options non sexistes dans vos inscriptions. Si un formulaire propose les choix entre M. ou Mme, vous pouvez également insérer Mx. comme préfixe. 

4. Offrez des toilettes non genrées. 

5. Éduquez et formez vos employés. Les programmes de formation sur l’inclusion sont essentiels pour renforcer la sensibilisation et assurer l’excellence du service à la clientèle. Instruisez le personnel sur les orientations sexuelles et les identités de genre. Informez-les, entre autres, de l’importance des pronoms personnels. Des organisations spécialisées peuvent dispenser ces formations qui vous aideront à mettre en œuvre des politiques non discriminatoires pour garantir la sécurité et l’accueil de chacun.  

Un nombre croissant de destinations touristiques élaborent des stratégies et des produits pour attirer les voyageurs LGBTQ+. Le Canada et le Québec disposent de tous les atouts nécessaires pour séduire cette clientèle. Saurez-vous en tirer parti ? 


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Ressources humaines

Les compétences du futur

La pandémie de COVID-19, les progrès technologiques, les changements démographiques et environnementaux modifient plusieurs aspects de nos vies, y compris ceux liés au travail. Ces transformations génèrent des effets sur les compétences dont les travailleurs ont besoin et le secteur touristique n’y fait pas exception.

Pour mieux s’y retrouver, le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT) a organisé une conférence virtuelle sous le thème « Main-d’œuvre et tourisme : 25 ans d’expertise à partager pour préparer l’avenir ». Lors de cet événement, qui s’est tenu du 9 au 11 février dernier, Mme Audrey Murray, présidente de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) a présenté les principales réflexions en cours dans différents milieux sur les compétences du futur.  

Des bouleversements…

Malgré son impact évident sur le monde du travail, la COVID-19 n’a pas tout chamboulé. Elle a fragilisé des secteurs comme ceux de la culture, de l’hébergement, de la restauration et du tourisme, par exemple. De plus, en général, les jeunes de 15 à 24 ans ainsi que les femmes de tous âges n’ont pas encore retrouvé le niveau d’emploi d’avant la crise.

Les progrès technologiques comme l’automatisation, l’apprentissage automatique, la robotique ou la réalité virtuelle s’invitent dans tous les domaines d’activité et transforment les métiers existants autant qu’ils en créent de nouveaux. Dans son rapport sur les compétences de l’avenir, le Forum sur les politiques publiques a analysé des initiatives de neuf pays pour en dégager les principales tendances liées à la technologie et leurs répercussions, telles que :

  1. Diminution du travail de routine. À mesure que les capacités des systèmes d’intelligence artificielle augmenteront et que les robots se multiplieront, le nombre de tâches, d’emplois et de professions automatisables se décupleront ;
  2. Dégroupement des tâches. Émergence d’un marché du travail caractérisé par un nombre croissant de travailleurs temporaires et contractuels, donc plus de polyvalence nécessaire de la part des travailleurs ;
  3. Besoin accru d’adaptabilité et de résilience des travailleurs causé par la diminution du travail routinier et le dégroupement des tâches ;
  4. Capacité des employés à travailler avec la technologie ;
  5. Importance des tâches qui sont difficiles à automatiser.

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Source : Compétences de l’avenir

Près de 20 % des employés canadiens travaillent dans une profession qui risque d’être touchée par l’automatisation. Les services d’hébergement et de restauration ainsi que les femmes et les jeunes (âgés de 15 à 24 ans) figurent parmi les plus atteints.

Selon une étude du Conference Board du Canada en partenariat avec le Centre des compétences futures, près de 20 % des employés canadiens travaillent dans une profession qui risque d’être touchée par l’automatisation. Les services d’hébergement et de restauration ainsi que les femmes et les jeunes (âgés de 15 à 24 ans) figurent parmi les plus atteints. De son côté, Mme Murray souligne que 45 % des tâches rémunérées pourraient être automatisées d’ici dix ans. Cependant, l’humain demeure primordial dans l’industrie touristique qui est un secteur d’émotions. Selon elle, « l’intelligence artificielle va décupler les capacités créatives de l’humain, l’aider à faire des suggestions ».

Les compétences du futur

La CPMT a élaboré un référentiel de compétences du futur qui répond au besoin d’établir un langage commun au sein du marché du travail. Il vise entre autres à sensibiliser les organismes, les entreprises ou encore les travailleurs sur cet enjeu et à orienter le recrutement dans les entreprises et dans les organisations. Les compétences du futur sont regroupées autour des dix thématiques suivantes :

  1. Numérique ;
  2. Collaborer et communiquer ;
  3. Adaptabilité ;
  4. Information ;
  5. Résolution de problèmes ;
  6. Autonomie ;
  7. Inclusion ;
  8. Développement professionnel ;
  9. Environnement ;
  10. Éthique.

Pour une description détaillée et des exemples, consultez le tableau. Il comprend également des indications particulières à l’industrie touristique lesquelles s’appuient sur deux études récentes du CQRHT.

De son côté, d’octobre 2019 à mars 2020, le Conference Board du Canada a interrogé les Canadiens sur les compétences les plus importantes pour réussir professionnellement. Les aptitudes sociales et émotionnelles telles que la communication, la pensée critique, les habiletés interpersonnelles ainsi que le leadership et l’adaptabilité obtiennent le haut du pavé.

Qu’en est-il de l’industrie touristique ? 

Hormis deux études « La main-d’œuvre et les compétences d’avenir dans le secteur des services de voyages » et « Les besoins en compétences dans les secteurs des loisirs et divertissements et de l’hébergement en nature », le CQRHT poursuit ses travaux pour établir la liste des compétences du futur à privilégier pour l’industrie touristique.

RH Tourisme Canada, le pendant national du CQRHT, travaille à l’élaboration d’un Cadre de compétences futures. Celui-ci fournira « un ensemble complet et durable de compétences et d’aptitudes essentielles pour le secteur du tourisme » afin d’harmoniser les compétences des personnes sur le marché du travail canadien. Pour ce faire, il s’inspirera des Normes de compétences nationales et des informations recueillies lors de consultations qui s’échelonneront jusqu’au cours de cette année. Une fois terminé, ce cadre servira entre autres à renforcer la formation et le perfectionnement.

Pour demeurer concurrentielles, les entreprises touristiques ont besoin des bonnes personnes possédant les bonnes compétences. Les PME du tourisme composent avec des ressources limitées. En précisant les compétences nécessaires pour être plus agiles et compétitives, elles pourront mieux tirer leur épingle du jeu.

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Performance

Vers une reprise du tourisme mondial

Rolf Freitag, PDG chez IPK International, a présenté les résultats du plus récent World Travel Monitor® sur les tendances mondiales des voyages en 2020 et sur les intentions de voyage en 2021. Cette enquête annuelle, représentative de la population de plus de 60 pays, fournit les données issues de plus de 500 000 répondants. 

Après avoir connu de forts taux de croissance au cours des 10 dernières années, l’industrie touristique est l’un des secteurs les plus durement touchés par la crise de la COVID-19. À l’échelle mondiale, les voyages à l’étranger ont diminué de 70 % en 2020. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, les arrivées de touristes internationaux au mois de janvier 2021 ont chuté de 87 % par rapport à 2020. Les pertes varient selon le continent et le segment de voyage. Ainsi, les types de vacances axées sur la nature et les voyages en voiture ont donné de bien meilleurs résultats pendant la pandémie que ceux réalisés par voie aérienne, que les escapades urbaines ou les excursions. 

Reprise de la demande internationale en 2022, au plus tard en 2023, selon les experts. 

Malgré ce déclin drastique, les derniers chiffres de l’enquête d’IPK menée en janvier 2021 apportent de l’espoir pour l’année à venir : les deux tiers (62 %) des voyageurs internationaux ont l’intention de voyager à nouveau à l’étranger cette année. De plus, avec la disponibilité des vaccins et en supposant que des pourcentages élevés de la population soient vaccinés rapidement dans le monde, cela contribuera à une reprise de la demande internationale en 2022, au plus tard en 2023, selon les prévisions des experts présents à ITB Berlin. Pour le Canada, Euromonitor International s’attend aussi à ce que le nombre d’arrivées internationales atteigne le niveau prépandémie quelque part entre 2022 et 2023.

Les visites de parents et d’amis ont la cote 

Interrogés sur leurs projets de voyage en 2021, les répondants démontrent un intérêt supérieur à la moyenne prépandémie pour les visites de parents et d’amis. Celui pour les voyages d’affaires est plus élevé chez les Américains et les Asiatiques que chez les Européens. En ce qui a trait aux voyages d’agrément à l’international, les vacances au soleil et à la plage tiennent le haut du pavé. Les séjours urbains se classent au deuxième rang (1er chez les Asiatiques) et les vacances axées sur la nature figurent en troisième position. Ce type de séjours a crû en popularité depuis la pandémie. Les dernières enquêtes reflètent également un intérêt toujours élevé pour les voyages aériens à l’étranger. 

Questionnés sur leurs destinations préférées pour 2021, les Européens choisissent les destinations européennes. L’Espagne occupe la première place, suivie de l’Italie, de l’Allemagne et de la France. Les Américains et les Asiatiques privilégient aussi les voyages sur leur propre continent. 

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Augmentation prévue des dépenses 

Les résultats d’un autre récent sondage en ligne concernant le comportement des voyageurs allemands, américains et chinois au cours des 12 derniers mois, ainsi que leurs intentions de voyage pour 2021, ont été présentés par Claudia Cramer, directrice des études de marché chez Statista. On y apprenait qu’environ 70 % des personnes interrogées envisagent de réaliser un ou plusieurs voyages d’agrément en 2021, soit 37 % des Allemands, 42 % des Américains et 66 % des Chinois. De plus, près du quart des répondants allemands et américains et plus du tiers des Chinois estiment qu’ils dépenseront plus d’argent pour voyager dans le courant de la prochaine année qu’au cours de la même période à ce jour. 

Environ 70 % des personnes interrogées envisagent de réaliser un ou plusieurs voyages d’agrément en 2021.

Confiance et sécurité 

La sécurité personnelle perçue lors d’un voyage pèse lourd sur les intentions de voyage, selon les résultats du sondage de Statista. La moitié des Allemands qui ne prévoient pas de voyager en 2021 se disent inquiets de le faire pendant la pandémie. Aux États-Unis, c’est 34 % des répondants et 56 % dans le cas des Chinois.  

« La confiance joue un rôle crucial dans les décisions de voyage en 2021 », a déclaré Christian Smart, directeur général de Travelzoo, lors du congrès ITB Berlin NOW. Depuis six ans, en coopération avec ITB Berlin, Travelzoo mène des enquêtes sur les tendances des voyages. Quelque 83 % des répondants ont mentionné que le fait de pouvoir faire confiance aux personnes et aux entreprises importait le plus pour eux. Ceci est encore plus vrai pour les gens âgés. Pour établir cette confiance, un service client facile d’accès (42 %), se sentir valorisé en tant qu’acheteur (33 %) et la réputation d’une marque (31 %) représentent des facteurs clés.  

Pour redonner confiance aux voyageurs, Monika Wiederhold, directrice du Global Program Lead chez Amadeus, suggère que les informations sur la santé, comme les certificats sanitaires, soient intégrées dans les solutions informatiques et disponibles en temps réel. « De nouvelles technologies d’interaction sans contact, comme l’identification biométrique et les identités numériques, permettraient d’offrir une certaine paix d’esprit aux touristes », a-t-elle déclaré. 

Une reprise durable dépend dans une large mesure du sentiment de sécurité que les destinations sauront transmettre aux voyageurs. Que sommes-nous prêts à mettre de l’avant dans notre industrie pour favoriser cette confiance ? Le RVT aimerait vous entendre sur cette question. 

 

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Gestion Ressources humaines

Nouvelles réalités, nouveaux besoins

 Besoin de sécuriser les entreprises

La pandémie a forcé les entreprises à repenser leur fonctionnement. Pour plusieurs, le recours aux technologies numériques et au télétravail s’est accentué, amenant son lot de difficultés : sentiment d’isolement, perte de reconnaissance, réduction du sentiment d’appartenance, mais aussi difficultés de communication et enjeux de cybersécurité. En effet, hameçonnages, maliciels et vols de données se sont accrus avec la crise de la COVID-19. Les dirigeants doivent être proactifs en matière de cyberdéfense en donnant des exemples de bonnes pratiques et en offrant de la formation. Bien que plusieurs attaques touchent les grandes compagnies, les PME ne sont pas nécessairement à l’abri des risques de piratage. Le gouvernement du Canada offre un guide à l’intention des PME.

Besoin de sécurité pour les travailleurs sur le terrain

La moitié des répondants considère que la COVID-19 augmente leur insécurité en matière de santé au travail.

À la lumière des résultats d’un sondage réalisé par le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT) auprès de plus de 3 000 travailleurs de l’industrie touristique québécoise, entre le 1er janvier et le 31 août 2020, il reste beaucoup de pain sur la planche puisque la moitié des répondants considère que la COVID-19 augmente leur insécurité en matière de santé au travail. Les groupes de discussion soulignent également l’impact psychologique important du virus sur l’ambiance de travail et la santé psychologique des travailleurs.

Assurer la sécurité physique

Le plan de sécurité sanitaire COVID-19 élaboré par le CQRHT, en collaboration avec l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, les associations touristiques sectorielles et régionales, l’ITHQ et le gouvernement du Québec fournit, entre autres, un plan de prévention de la santé et de la sécurité en milieu de travail. Les entreprises doivent informer les employés des nouvelles procédures avant leur retour. Cela permet d’expliquer la pertinence de ces mesures et de s’assurer de leur compréhension. Ainsi, les probabilités que l’équipe respecte les consignes et adhère au changement seront meilleures. RH Tourisme Canada propose aussi une série de mesures de sécurité pour garantir un environnement de travail sûr.

Assurer la santé mentale

Le retour au travail menace aussi la santé mentale en amenant son lot de questionnements et d’insécurité. Maux de ventre, impuissance, irritabilité et repli sur soi constituent des symptômes de stress et d’anxiété. Veiller à la santé psychologique de ses employés s’avère primordial en temps de crise. Les gestionnaires doivent se montrer compréhensifs envers les travailleurs touchés par la situation. L’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés du Québec met à la disposition des employeurs les meilleures pratiques à instaurer pour aider leurs employés en situation de stress ou d’anxiété (voir l’infographie). Divers outils comme des programmes d’aide aux employés permettent également aux gestionnaires de détecter les besoins du personnel et d’y répondre.

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Favoriser la conciliation travail-famille

Une autre façon d’assurer la sécurité des travailleurs consiste à encourager la conciliation travail-famille. Selon l’étude du CQRHT, concilier travail-vie personnelle est devenu plus difficile pour près de la moitié des répondants (46 %) qui soulignent que la COVID-19 leur impose des contraintes familiales plus lourdes. De plus, un travailleur sur cinq estime que son horaire s’est détérioré au détriment de ses besoins depuis le début de la pandémie. Que peut-on mettre en place pour remédier à la situation ? Le Secrétariat du travail du gouvernement du Québec propose plusieurs mesures pour concilier travail-famille au sein des milieux professionnels.

Besoins de formation pour renforcer ses compétences

Le monde du travail vit de grands bouleversements et la pandémie n’a fait qu’accélérer les changements. Les entreprises devront pouvoir compter sur une main-d’œuvre qualifiée, flexible et résiliente. Selon RH Tourisme Canada, il semble évident que l’amélioration des compétences s’avère essentielle pour aider à prévenir et à atténuer les répercussions de la crise. Des réflexions sur les compétences du futur sont en cours dans différents milieux tant au Québec qu’au Canada. RH Tourisme Canada travaille actuellement sur un projet de cadre de compétences futures afin de les harmoniser à l’échelle du pays.

Une nécessaire adaptation 

La pandémie a brouillé les cartes à bien des égards. Quels seront les besoins organisationnels de demain ? Ceux des travailleurs ? Ce qui est sûr, c’est la nécessité de s’adapter à un monde incertain et changeant. Et quoi de mieux qu’une main-d’œuvre agile et polyvalente pour affronter les prochains imprévus, quels qu’ils soient ?

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Cet article provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

 

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Technologies

Les données mobiles au cœur des stratégies

Depuis la pandémie, les intervenants de l’industrie touristique ont subi de lourdes pertes et la relance s’annonce lente, d’où l’importance de bien s’y préparer. Pour ce faire, les données constituent un élément fondamental aux possibilités multiples, notamment pour appuyer des stratégies de développement et de marketing touristiques des régions, en voici un bref survol.

 

 

La téléphonie mobile au service des destinations…  

Il existe plusieurs outils technologiques qui permettent de recueillir des informations auprès des visiteurs. Arrivalist par exemple, obtient des renseignements provenant d’appareils mobiles, créant ainsi un panel géographiquement représentatif de la population des États-Unis. Ces données fournissent des indications sur l’ensemble des déplacements des voyageurs (vers, à l’intérieur et à partir d’une destination). Les États américains peuvent consulter le Daily Travel Index pour récolter des informations sur les voyages de 80 kilomètres et plus effectués quotidiennement par automobile. Plusieurs secteurs d’activité tels que l’hébergement et les attraits peuvent bénéficier d’Arrivalist pour développer leur offre ou réaliser des promotions ciblées et adaptées aux besoins de la clientèle, entre autres.  

Certains fournisseurs de services de mobilité peuvent transmettre des renseignements intéressants sur la fréquentation d’un territoire et le déplacement des populations à partir des données issues de la téléphonie mobile. C’est le cas d’Orange, en France, avec son outil Flux Vision Tourisme (FVT). Plus d’une quarantaine de comités départementaux et régionaux du tourisme ainsi que des agences de développement touristique l’utilisent afin de mieux connaître :  

  • la typologie des visiteurs :résident, touriste, excursionniste, personne en transit 
  • le paysd’origine(France ou étranger)  
  • la durée moyenne des séjours 
  • les lieux d’hébergement privilégiés 
  • les sites ou lesendroitsles plus visités.  

Source : Youtube

Bouches-du-Rhône Tourisme s’est servie de FVT pour étudier la fréquentation de certains événements et lieux tels le Parc naturel des Calanques. Dans ce cas précis, l’analyse lui a permis de proposer des solutions pour l’accueil des publics meilleure localisation des locaux d’accueil, optimisation de la gestion du personnel d’animation et de surveillance, etc. Avec FVT, les professionnels de l’industrie touristique peuvent mesurer l’attractivité, la performance, et la fréquentation des sites pour améliorer leurs prestations touristiques. 

En Italie, les autorités de la ville de Venise ont créé un partenariat avec Telecom Italiale plus grand fournisseur de télécommunications du pays, pour mieux comprendre d’où viennent les personnes qui se déplacent sur leur territoire et la durée de leur séjour. Depuis septembre 2020, ces données sont centralisées dans une salle de contrôle intelligente munie de nombreux écrans qui affichent l’achalandage en temps réelCe système fait partie d’un ensemble d’outils mis sur pied pour mieux juguler la fréquentation et contrer les inconvénients liés au surtourisme, dont l’introduction de lignes distinctes pour les résidents aux principaux arrêts de vaporetto (bateau-bus) et l’ajout de tourniquets pour départager les habitants des touristes les jours de pointe. Une « taxe d’entrée » devait voir le jour en 2020, mais elle a été reportée à janvier 2022, en raison de la pandémie. Les responsables de la Ville croient que la salle de contrôle intelligente leur fournira des renseignements qui leur permettront d’adapter leurs stratégies, par exemple en ajustant certaines tarificationen fonction de l’achalandage pour répartir les touristes plus efficacement dans la municipalité. 

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Source : CNN Travel 

Au Canada, lThompson Okanagan Tourism Association utilise les données anonymisées et agrégées de téléphonie mobile fournies par TELUS Insights afin de mieux comprendre les tendances touristiques, de déterminer les points d’intérêt et d’identifier les régions les plus touchées par de la publicité touristique ciblée, par exemple. 

… mais aussi des attraits…  

En collaboration avec Rove Marketing et Uber MediaUS Travel propose un nouveau tableau de bord exclusif qui surveille quotidiennement les appareils mobiles sur divers points d’intérêt dans des stations de ski et des destinations hivernales. Les données fournissent un échantillon représentatif du nombre total de visites, du marché d’origine, de la distance parcourue et des informations sociodémographiques des visiteurs. Elles offrent aussi un aperçu des tendances en matière de séjours. Le tableau de bord interactif permet aux utilisateurs d’afficher les données desaisons 2019/20 et 2020/21 (depuis le 24 novembre 2020) pour l’ensemble des centres de ski, pour une station spécifique ou pour des dates précises. Le tableau de bord est mis à jour deux fois par mois.  

Gratuites et accessibles, ces données sont précieuses pour développer l’intelligence d’affaires et la connaissance marché des différentes stations de ski et attraits à destination. Et les bénéfices sont nombreux : augmenter leur compétitivité, établir des prévisions d’achalandage pour ainsi mieux préparer la saison touristique, innover dans sa manière d’opérer et prendre des décisions, etc. 

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Source : 
Rove

… et des transports  

Plus de 500 millions de passagers transitent par les gares de Paris chaque année, dont environ 100millions par celle de Lyon. Lorsqu’ils sont connectés au Wi-Fi de la gare, les passagers laissent leurs traces numériques derrière euxÀ partir d’un échantillon de 57000 usagers collecté pendant une semaine, SNCF Gares & Connexions et le MIT Senseable City Lab ont étudié l’empreinte numérique des gens dans le lieu. Le tableau de bord interactif qu’ils ont réussi à générer montre la trajectoire du voyageur selon qu’il s’agisse d’une arrivée ou d’un départ, l’évolution de la durée du séjour au cours de la journée et le nombre d’utilisateurs à l’heure en fonction du jour de la semaine. Les graphiques permettent de mieux comprendre le comportement des passagers afin d’améliorer l’expérience utilisateur. 

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Source : Senseable City Lab 

Parce qu’elle aide à mieux comprendre le comportement des voyageurs, la technologie mobile constitue un précieux outil d’aide à la décision en ce qui a trait aux stratégies d’attractivité et d’accueil des touristes et elle permet de répondre plus adéquatement aux attentes de la clientèle, grâce au suivi de leurs actions. Toutefois, son potentiel est encore sous-estimé aujourd’hui. 

 

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Produits et activités

L’agrotourisme tire son épingle du jeu

Au début de la pandémie, un sondage sur les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique québécoise* réalisé du 9 au 27 avril auprès de 2977 organisations touristiques, dont 250 appartiennent au secteur agrotouristique, a révélé que malgré l’impact catastrophique de la crise ressenti par tous les secteurs, l’industrie agrotouristique a été touchée dans une moindre mesure. Les deux autres volets de l’étude effectués en juin et en août confirment ces résultats.

L’été 2020 s’est conclu sur une note positive alors que deux producteurs agrotouristiques, artisans transformateurs, restaurateurs ou propriétaires d’hébergement sur trois se disent assez et très satisfaits de leur saison ; 63 % soulignent que l’achalandage a été supérieur ou égal à leurs attentes, selon un sondage réalisé en octobre par LJM Conseil pour l’Association de l’agrotourisme et du tourisme gourmand. En fait, six producteurs agrotouristiques sur dix mentionnent que la saison 2020 a été semblable ou meilleure que la précédente. Les vignerons et les microbrasseurs, entre autres, ont constaté un achalandage accru au cours de la saison estivale.

Six producteurs agrotouristiques sur dix mentionnent que la saison 2020 a été semblable ou meilleure que la précédente

Des initiatives pour favoriser l’achat local

La mobilisation en faveur de l’achat local a permis de sensibiliser la population à la consommation de produits agroalimentaires régionaux, comme le montre l’exemple de la Montérégie. En effet, selon les résultats d’un sondage en ligne (14 au 23 mai 2020) mené par L. Martin Cloutier et Laurent Renard, professeurs au Département analytique, opérations et technologies de l’information de l’ESG UQAM, la proportion de répondants très et extrêmement sensibilisés à la consommation d’aliments régionaux produits, transformés, distribués ou servis par des entreprises de la Montérégie est passée de 45 % avant la pandémie à 81 % depuis la pandémie.

Plusieurs initiatives, d’ici et d’ailleurs, visent à favoriser l’achat local tout en limitant les déplacements. Que ce soit les cartes interactives, les plateformes Web ou les applications mobiles, ces outils servent d’annuaires de producteurs, de points de vente et d’outils pour passer une commande et payer en ligne.

Les outils Web et les applications de livraison de nourriture sont devenus des incontournables. À ce propos, une étude de Vividata publiée en juillet dernier révèle qu’environ 4,8 millions d’adultes canadiens ont installé une telle application sur leur appareil mobile et leur fréquence d’utilisation ne cesse de croître. Certains vignerons québécois ont profité de cet engouement et se sont lancés dans la livraison de vins à domicile pour pallier une baisse de leurs revenus causée par la chute considérable des ventes aux restaurateurs ou lors d’événements.

L’autonomie alimentaire et les circuits courts 

 La notion de circuits alimentaires de proximité n’est pas nouvelle au Québec. On en parle depuis une quinzaine d’années déjà. Toutefois, dans un contexte où l’on évoque de plus en plus la nécessité de conforter notre souveraineté alimentaire, les circuits courts (vente directe ou avec un seul intermédiaire entre le producteur et le consommateur) et l’alimentation de proximité (distance raisonnable entre le lieu de production et celui de consommation) connaissent un nouveau souffle.

Grâce à l’achat local, les consommateurs cherchent à se rapprocher des producteurs et c’est justement ce que permettent les circuits de proximité. Ceux-ci peuvent prendre diverses formes : marchés publics ou virtuels, kiosques à la ferme, autocueillette, vente de paniers selon la formule de l’agriculture soutenue par la communauté, vente directe aux détaillants et aux hôtels, aux restaurants et aux institutions (HRI). Avec la fermeture des restaurants durant la pandémie, il va sans dire que la vente qui leur est destinée en a pris un coup.

La demande pour des produits du terroir, naturels, frais, de saison, cultivés ou fabriqués artisanalement n’a cessé de croître. La tendance du « fait maison » (cuisiner, jardiner, bricoler, coudre, etc.) s’est propagée dans les chaumières. Selon le Baromètre 2020 de la consommation responsable, édition spéciale Vigie COVID-19, publié par l’Observatoire de la consommation responsable, le « cuisiné maison » constitue, et de loin, la pratique « fait maison » la plus populaire auprès des 1050 répondants québécois interrogés du 22 septembre au 7 octobre 2020. En effet, près des trois quarts des répondants ont cuisiné davantage dans le dernier mois, soit une augmentation de 7,4 points par rapport à la fin du confinement. L’engouement est en fait davantage lié à une combinaison de motifs écologiques (réduction du gaspillage), économiques (faire des économies) et hédoniques (accomplissement et plaisir personnel).

 Une présence en ligne plus nécessaire que jamais !

Dans l’environnement actuel, le développement d’une présence en ligne pour les producteurs est passé de nécessité à une question de survie. Et il ne s’agit pas uniquement d’un impératif à court terme. Les consommateurs modifient leurs comportements et leurs habitudes ; la distanciation sociale entraînera un changement dans les modes d’achat qui subsistera après la crise de la COVID-19, souligne le Conference Board du Canada. Pour réussir, les entreprises devront créer un site Web facile à utiliser, mettre en place des options d’expédition et de ramassage bon marché (ou gratuites) et en temps opportun, et instaurer de bonnes politiques de retour.

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*L’enquête portant sur les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique québécoise est une étude menée en trois volets, d’avril à septembre 2020, par la Chaire de tourisme Transat en partenariat avec le ministère du Tourisme, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec et les associations touristiques régionales et sectorielles.

Cet article provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

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Segments de clientèles

Les Canadiens sont-ils prêts à accueillir des touristes ?

Les intervenants touristiques du Canada et du Québec souhaitent une reprise rapide des voyages, mais qu’en est-il des résidents ? Sont-ils prêts à recevoir des touristes ? Afin de répondre à cette question, Destination Canada a mandaté la firme Léger pour effectuer un sondage hebdomadaire auprès de 1 800 Canadiens.

À ce jour, les résultats des cinq enquêtes successives montrent qu’au fil des semaines, les Québécois semblent de plus en plus favorables à accueillir des visiteurs en provenance de communautés situées près de chez eux, d’autres régions de la province ou encore d’ailleurs au Canada (voir le tableau 1). Seule la 4e vague a enregistré une baisse dans la proportion de résidents prêts à accueillir des touristes, mais elles ont remonté la semaine suivante.

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Dans la plus récente édition du sondage (9 juin), lorsque l’on compare les données des Québécois avec celles des Canadiens des autres provinces, on constate que les premiers sont les plus enclins à accueillir des touristes d’autres régions canadiennes, loin devant ceux des autres provinces (à l’exception de l’Alberta) et particulièrement de celles de l’Atlantique (voir le tableau 2). Ceci s’explique probablement par le fait que le Québec est la région la plus touchée par la pandémie et que les provinces de l’Atlantique, le Manitoba, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique sont celles qui enregistrent le moins de cas, démontrant ainsi que la crainte de contracter le virus est toujours très présente dans l’esprit des Canadiens. Les résidents de l’Ontario sont encore les moins enclins à accueillir des visiteurs de collectivités voisines ou d’ailleurs dans leur province.

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Selon un sondage SOM-Cogeco réalisé les 11 et 12 mai auprès de 1 100 adultes québécois francophones, la proportion de Montréalais qui se disent à l’aise de recevoir des visiteurs de l’extérieur du Grand Montréal l’été prochain est semblable à celle de l’ensemble des Québécois, soit 49 %. Par contre, seulement 28 % des répondants de l’extérieur du Grand Montréal déclarent être à l’aise d’accueillir des vacanciers de la région métropolitaine de Montréal dans leur coin de pays au cours de la belle saison.

Qu’en est-il des intervenants touristiques ?

Est-ce que l’idée d’accueillir de la clientèle provenant de l’extérieur de leur région rend les gestionnaires d’entreprises touristiques inconfortables ? Une enquête réalisée du 28 mai au 8 juin 2020 par la Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec le ministère du Tourisme et l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, auprès de 921 organisations touristiques procure des éléments de réponse. On y découvre qu’une très grande part de celles-ci (87 %) sont à l’aise de les recevoir. Cette proportion est un peu moins élevée lorsqu’il est question d’accueillir spécifiquement des visiteurs de la grande région de Montréal (voir le tableau 3). À cet égard, quelque 19 % ont souligné se sentir peu ou pas à l’aise. Le niveau de confort baisse d’un autre cran quand il s’agit de fréquentation par les touristes américains. Près de la moitié des intervenants touristiques sondés (47 %) se sentent inconfortables à cette idée. Les entreprises qui œuvrent dans le secteur de la nature et du plein air se montrent les plus à l’aise d’accueillir tous les types de clientèles, peut-être parce que la distanciation physique y est plus facile à appliquer.

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À ce jour, la crise de la COVID-19 a fait des ravages dans l’industrie. Avec la reprise graduelle des activités et le déconfinement de la population, celle-ci se sent de plus en plus prête à accueillir des visiteurs venus d’ailleurs : une bonne nouvelle à l’aube de la saison touristique !

Consultez ici les faits saillants de la 2e vague de l’enquête portant sur l’impact de la COVID-19 sur les organisations touristiques québécoises.

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Segments de clientèles

Voyages 2020 : quand sécurité rime avec proximité

Depuis le début de la pandémie, plusieurs enquêtes ont vu le jour pour connaître les intentions de voyage des Nord-Américains (excluant les Mexicains) au cours des prochains mois. Le Réseau de veille en a sélectionné quelques-unes qui fournissent un aperçu à un moment bien précis dans le temps afin de mieux comprendre les voyageurs et de se préparer à la reprise.

Les Québécois, bien chez eux

Selon un sondage SOM-Cogeco réalisé les 11 et 12 mai auprès de 1 100 adultes québécois francophones, la majorité des répondants (64 %) prévoit de rester à la maison et faire des activités dans sa région pendant les vacances estivales, alors qu’une minorité envisage de séjourner dans une autre province (7 %) ou dans un autre pays (5 %). D’ailleurs, si la frontière avec les États-Unis rouvrait au cours des prochains mois, moins d’un Québécois sur 10 aurait l’intention d’y aller cet été.

La majorité des Québécois prévoit de rester à la maison et de faire des activités dans sa région pendant les vacances estivales.

Un peu plus de la moitié des Montréalais mentionnent vouloir voyager à l’extérieur de la grande région de Montréal cet été. Par contre, seuls 20 % des habitants de l’extérieur de Montréal déclarent souhaiter visiter la métropole au cours des prochains mois et seulement 10 % dans le cas des résidents de la région de Québec. Les jeunes de 18 à 34 ans sont nettement plus nombreux (33 %) que les 55 ans ou plus (14 %) à avoir envie de s’y rendre. Ceci s’explique probablement par la vulnérabilité des personnes plus âgées face à la COVID-19 et le fort taux de gens infectés dans la métropole, tel que véhiculé dans les médias.

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Source : Pexels

Un autre sondage, réalisé cette fois-ci par la firme Léger pour le compte de l’Office du tourisme de Québec du 12 au 15 mai auprès de 502 citoyens de la région métropolitaine de Québec, donne un aperçu de leurs intentions de voyages à l’été 2020. Les résultats montrent que, comme parmi les Montréalais, la moitié des répondants planifie au moins un séjour dans une autre région du Québec ; 61 % chez les 18-34 ans. En revanche, le tiers (33 %) envisage de voyager uniquement dans la région de Québec (le pourcentage grimpe à 41 % chez les 35-54 ans).

Les Canadiens voyageront en auto

Du 1er au 3 mai 2020, la firme Léger a mené un sondage auprès de 1526 Canadiens afin de mieux comprendre l’impact de la COVID-19 sur leurs projets de voyage. On y découvre sans surprise que la moitié ont modifié leurs plans de vacances pour 2020 et presque tout autant (47 %) ont souligné qu’il est très improbable qu’ils en prennent en 2020 (33 % des Québécois).

S’ils voyagent à court terme, les Canadiens le feront plus près de chez eux, même s’ils se montrent plus à l’aise de voyager à l’extérieur de leurs frontières provinciales au fil du temps. Quelque quatre personnes sur dix (42 %) mentionnent être à l’aise de voyager en auto dans les deux mois suivant la levée des mesures de protection (66 % dans les six mois). Les Canadiens ne privilégient pas les voyages en avion pour l’instant et les Québécois encore moins que les autres.

Les Canadiens ne privilégient pas les voyages en avion pour l’instant et les Québécois encore moins que les autres.

En fait, cela prendra sept mois ou plus pour la majorité d’entre eux avant de se sentir à l’aise d’effectuer un vol intérieur ou international. D’ailleurs, peu de sondés (25 %) se disent à l’aise de voyager à l’étranger avant qu’un vaccin ne soit découvert ; 51 % dans le cas des voyages aux États-Unis. Cette donnée est confirmée par un sondage Ipsos réalisé du 8 au 11 mai auprès de 1000 répondants qui montre que seulement 2 Canadiens sur 10 sont susceptibles de voyager hors de leur frontière cette année… et 70 % ne prévoient pas de séjourner à l’hôtel.

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Américains : un sentiment de sécurité accru

Chaque semaine depuis le 15 mars, Destination Analysts interroge plus de 1200 voyageurs américains pour connaître leurs opinions, sentiments, perceptions et comportements entourant les voyages dans un climat de pandémie. Selon les données collectées du 29 au 31 mai, les Américains continuent de manifester une impression de sécurité de plus en plus grande envers les voyages :

  • Un sur cinq voyage déjà ou est prêt à voyager sans aucune hésitation ;
  • Quelque 70 % ont au moins des plans provisoires en 2020. Ceux-ci se réaliseront plus tôt que ce qu’ils rapportaient la semaine dernière. Ainsi, près d’un touriste sur quatre (24 %) prévoit d’effectuer son prochain voyage par avion entre mai et décembre 2021 alors que 44 % pensent prendre la route pendant la saison estivale, soit en juin, juillet et août.
  • Les voyages en voiture (35 %), le séjour dans une station balnéaire (34 %) et la visite de parcs nationaux (24 %) et d’autres parcs (20 %) figurent parmi les expériences relaxantes les mieux notées. Près d’une personne sur quatre (24 %) a également mentionné les vacances à la maison (staycations) ;
  • Moins d’un tiers des femmes ont déclaré qu’elles n’avaient pas l’intention de voyager en 2020 (30 % au lieu de 35 % auparavant) comparativement à un cinquième des hommes (21 % au lieu de 29 %) ;

Dans le sondage de la semaine du 18 mai, les trois quarts des Américains qui prévoyaient de voyager cette année ont mentionné qu’ils demeureraient à l’affût des mesures sanitaires déployées dans la destination et les entreprises qu’ils souhaitent visiter, démontrant ainsi la nécessité de véhiculer de l’information sur l’aspect sécuritaire de la destination.

Depuis trois mois, Longwoods International et Miles Partnership effectuent eux aussi une enquête hebdomadaire pour sonder les intentions de voyage des Américains. Selon les résultats de la 12e vague menée le 27 mai 2020 auprès de 1000 adultes, plus de 7 voyageurs sur 10 (71 %) ont souligné avoir des projets de voyage au cours des six prochains mois. Ce pourcentage est resté relativement constant depuis la mi-mars, mais en baisse par rapport au sommet du 11 mars (87 %), avant que le plein impact de la pandémie ne se fasse sentir. D’ailleurs, près de la moitié des répondants (47 %) affirme que la crise de la COVID-19 affectera considérablement leurs plans de voyage au cours des six prochains mois, une diminution comparativement au pic de 67 % atteint le 1er avril. Il s’agit du niveau le plus bas depuis la mi-mars.

71 % des Américains ont des projets de voyage au cours des six prochains mois

Enfin, si les États-Unis vont de l’avant avec leur projet de crédit d’impôt « Explorez l’Amérique » pour stimuler les voyages intérieurs, les Américains pourraient être plus enclins à demeurer chez eux pour leurs vacances.

Toutes ces enquêtes montrent une lente évolution de la confiance des clientèles, principalement pour les voyages de proximité. Il faudra donc s’assurer de bien connaître le profil de la clientèle québécoise (et canadienne), ses besoins et ses comportements afin d’orienter les efforts marketing et communicationnels de manière efficiente.

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La nature, l’attrait préféré des Québécois cet été

Du 6 au 11 mai, Segma Recherche et Événements Attractions Québec ont effectué un sondage auprès de 1 003 Québécois afin de connaître leurs intentions de visiter une attraction touristique du Québec cet été. Les résultats portent sur les Québécois actifs, c’est-à-dire ceux ayant réalisé une activité au cours des deux dernières années.

L’enquête démontre que moins de 20 % des Québécois actifs visiteront probablement des zoos/aquariums, des parcs d’attractions, thématiques ou aquatiques, des sites agrotouristiques et des musées, centres d’interprétation, sites historiques ou patrimoniaux et participeront probablement à des activités culturelles cet été. Seuls deux secteurs s’en sortent un peu mieux, soit les parcs et les sites naturels et les activités récréatives extérieures (voir l’infographie). Évidemment, les proportions s’avèrent plus grandes chez les participants très actifs, c’est-à-dire ceux ayant visité une attraction plus de quatre fois au cours des deux dernières années.

Soulignons que ces intentions reflètent l’état d’esprit des Québécois au début du mois de mai alors que la population était encore entièrement confinée. Ce portrait changera très certainement au cours des prochaines semaines, au fur et à mesure des phases progressives de déconfinement. Parions que les gens regagneront confiance dans les entreprises et dans leur capacité à assurer leur sécurité.