Catégories
Segments de clientèles

Intentions des voyageurs financièrement plus résistants

Pour mieux comprendre les comportements de voyage, la Chaire de tourisme Transat a mené une enquête en ligne auprès de 1002 voyageurs québécois du 30 octobre au 6 novembre 2023. Près de la moitié (47 %) des personnes sondées sont neutres ou ne se déclarent pas freinées par le contexte économique actuel. Aussi, plus du tiers (34 %) affirment que le voyage demeure une dépense prioritaire de leur budget.  

Ces voyageurs, que l’on peut qualifier de financièrement résistants, figurent tout naturellement parmi les plus positifs quant aux intentions de séjours pour 2024, du moins, en ce qui a trait aux déplacements en dehors de la province. Le sondage réalisé par la Chaire de tourisme Transat permet de cerner les intentions touristiques des voyageurs québécois. Qu’il s’agisse de ceux qui considèrent le voyage comme une dépense prioritaire ou des répondants qui affirment ne pas être freinés par le contexte économique actuel, le portrait est assez similaire. Dans les deux cas, ils enregistrent des proportions plus élevées que les autres voyageurs pour de nombreux éléments liés à leurs futurs déplacements. Ils ont notamment l’intention d’augmenter la part de leur budget consacrée aux voyages en 2024. 

Voyager plus

Globalement, la considération à l’égard des destinations varie. Bien que le Québec fasse partie des choix envisagés par les répondants pour lesquels le voyage est une dépense prioritaire (76 %), il l’est moins que pour les autres voyageurs (88 %). Voici d’autres éléments sur lesquels ces répondants se distinguent.  

Ils sont plus enclins que les autres à envisager un voyage d’agrément aux États-Unis en 2024 (37 % c. 17 % parmi ceux pour lesquels le voyage n’est pas une dépense prioritaire) ou encore à planifier un voyage d’agrément ailleurs au Canada en 2024 (32 % c. 26 %). 

L’infographie suivante illustre qu’une bonne part des voyageurs qui ne se sentent pas freinés par le contexte économique actuel ont l’intention de voyager davantage en 2024.  

Voyager au Québec : s’offrir un luxe accessible ?

Les voyageurs des marchés internationaux plus résistants aux fluctuations économiques trouveront certainement leur compte au Québec. Ces voyageurs à la recherche d’une culture riche et unique, d’expériences mémorables et de produits de qualité seront en effet bien servis. De plus, le taux de change avantageux constitue certainement une plus-value en contexte inflationniste. Les efforts marketing et les propositions séduisantes pour le marché québécois du segment des voyageurs plus résistants financièrement doivent être orientés vers la qualité des prestations et des expériences, vers les possibilités de dépaysement et d’enchantement ainsi que vers des offres avantageuses hors saison. 

Image à la une : Adobe Stock 

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

Catégories
Segments de clientèles

Les voyageurs québécois face au contexte économique et climatique

Le contexte inflationniste qui tend à se poursuivre en 2024 poussera certaines personnes qui souhaitent continuer de voyager à réagir et à trouver des alternatives. C’est le cas pour les voyageurs québécois ayant mentionné à la Chaire de tourisme Transat lors d’un sondage effectué en novembre 2023 que le contexte économique représentera un frein pour leurs voyages en 2024. Ils seront nombreux à chercher des solutions et à faire des compromis pour être en mesure de continuer à s’évader (voir l’infographie). 

Des comportements plus économes pourraient donc être observés chez ces personnes. Par exemple, 50 % des sondés envisagent choisir des hébergements et des restaurants plus abordables qu’à l’habitude (contre 30 % du reste de l’échantillon). Une part semblable de répondants songe limiter les repas au restaurant lorsqu’ils seront en voyage (contre 27 %) alors que 40 % passeront plus de temps à magasiner pour dénicher de bonnes affaires (contre 32 %).  

Les forfaits, les offres groupées ou les programmes de fidélisation offrant des rabais et des avantages sont des astuces qui peuvent soulager les consommateurs touchés par la hausse des prix. 

L’influence des événements météorologiques extrêmes

Le même sondage effectué par le Chaire de tourisme Transat en novembre dernier révèle que 36 % des voyageurs québécois considèrent que les événements météorologiques de la dernière année influenceront la planification de leurs voyages en 2024. Mais comment ?  

Deux scénarios sont envisageables. D’un côté, il pourrait être possible de constater une montée des réservations de dernière minute. C’est d’ailleurs un comportement déjà observé par les organisations touristiques. L’enquête trimestrielle effectuée par la Chaire de tourisme Transat pour le compte du ministère du Tourisme du Québec montre que 50 % des entreprises touristiques québécoises considèrent que les réservations de dernière minute (sept jours et moins) étaient en hausse à l’été 2023 par rapport au trimestre précédent. D’un autre côté, certaines personnes envisageront peut-être les voyages hors saison pour éviter les fortes chaleurs ou les feux de forêt de plus en plus présents l’été. À cet effet, 35 % des voyageurs québécois sondés par la Chaire prévoient être davantage flexibles par rapport à leurs dates de voyage en 2024.  

Avec la croissance des effets des changements climatiques, les réservations de dernière minute et les vacances hors saison s’insèreront-elles de plus en plus dans les habitudes des voyageurs québécois ?  

Il va sans dire que le voyageur est bousculé ; la situation économique le force à faire des compromis et à rechercher des aubaines, tandis que le contexte climatique lui demande d’être réactif et de modifier ses projets de voyage, voire sa façon de voyager. Ces circonstances obligeront les prestataires touristiques, ainsi que les destinations, à être imaginatifs et conciliants. 

Image à la une : Pexels  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.   

Catégories
Performance

Portrait des emplois dans les secteurs touristiques en 2023

Le ministère du Tourisme du Québec dévoile un tableau de bord des emplois associés aux secteurs du tourisme pour 2023. Celui-ci offre un aperçu exhaustif des indicateurs clés relatifs à l’emploi dans les secteurs affiliés (divertissements et loisirs, hébergement, restauration, transport et voyages) ainsi que dans les différentes régions québécoises. Parmi les variables présentées, on retrouve notamment les suivantes :  

  • La tendance mensuelle de l’emploi ; 
  • La récupération des emplois depuis 2019 ; 
  • Les rémunérations moyennes ; 
  • La distribution géographique des emplois.

L’état des emplois dans les secteurs associés au tourisme 

En 2023, le nombre d’emplois a connu une croissance de près de 15 % (équivalent à 406 938 emplois) par rapport à 2022. Cette augmentation a été principalement observable en début d’année, avec un pic au premier trimestre, avant de diminuer peu à peu.  

Source : Statistique Canada, tiré du site du Gouvernement du Québec

Le nombre d’emplois s’est presque aligné sur celui de 2019, atteignant 99 % de ce dernier.  

Cependant, cette résurgence n’a pas été uniforme à travers la province ; six régions administratives se sont distinguées en surpassant les niveaux d’emploi de l’époque prépandémique de 2019. En effet, la Montérégie et Laval ont pris les devants avec une récupération de 110 %, suivies par Chaudière-Appalaches à 106 %, l’Outaouais à 105 %, Montréal à 104 %, et l’Estrie à 103 %. Ces chiffres témoignent d’une certaine vitalité et d’une adaptabilité des secteurs touristiques. 

Source : Statistique Canada, tiré du site du Gouvernement du Québec

 

Quelques 40 % des emplois dans les secteurs touristiques sont des postes à temps partiel 

Ce pourcentage équivaut à plus du double de celui observé dans l’ensemble des industries québécoises (19 %). Le secteur de la restauration compte pour plus de la moitié (55 %) de ses emplois à temps partiel. Les régions du Centre-du-Québec et de Chaudière-Appalaches présentent des proportions particulièrement élevées avec respectivement 59 % et 57 %.  

Les salaires augmentent, mais des disparités significatives persistent entre les différents secteurs touristiques et les régions 

Le salaire moyen des emplois dans les secteurs liés au tourisme a grimpé de manière continue depuis 2016, culminant à 24 $ de l’heure en moyenne en 2023. Montréal se démarque avec le salaire horaire moyen le plus élevé à 27 $, tandis que Chaudière-Appalaches présente le salaire moyen le plus modeste à 19 $ de l’heure.  

Qu’en est-il des postes vacants ?  

Le pourcentage de postes vacants passe de 8% au deuxième trimestre, à 5,8% au troisième trimestre de 2023. Cette diminution rapproche les secteurs du tourisme de la moyenne de l’ensemble des industries au Québec, qui est de 4,3%. Malgré cette amélioration, le taux de postes vacants demeure plus élevé que la moyenne annuelle de 2019, qui était de 4,8%. Le secteur des arts, spectacles et loisirs a le taux le plus bas avec 2,5% alors que celui de la restauration enregistre le taux de vacance de le plus élevé (7,1%). En effet, c’est huit postes sur 10 qui proviennent de ce secteur, illustrant une forte demande dans cette branche.  

Source : Statistique Canada, tiré du site du Gouvernement du Québec 

 

Les salaires proposés 

Une tendance positive se dégage : les salaires moyens proposés ont augmenté depuis 2019, passant de 15 $ à 19 $ de l’heure en 2023. Ceci reflète une croissance salariale malgré le contexte économique.  

Cependant, les salaires restent inférieurs de 6 $ à ceux offerts en moyenne dans l’ensemble des industries du Québec. Le secteur de la restauration propose, quant à lui, la rémunération moyenne la plus basse, s’élevant à 17 $ de l’heure (en incluant les postes où les pourboires sont courants).  

Pour plus d’informations et une compréhension approfondie de ces données, veuillez consulter le tableau de bord du ministère du Tourisme du Québec.  

Image à la une : Pexels

Catégories
Segments de clientèles

Le voyage : une dépense prioritaire ?

Selon les informations récoltées par Destination Canada, les consommateurs à l’échelle mondiale accordent une part grandissante de leur budget aux expériences. En mars 2023, les dépenses associées à celles-ci avaient crû de 65 % par rapport à 2019 alors que celles dédiées aux biens enregistraient une hausse de 12 %. Par ailleurs, l’organisation de gestion de la destination soutient que pour 48 % de la population canadienne, les dépenses liées aux voyages constituent une priorité. Ainsi, malgré le ralentissement économique annoncé, une part élevée de voyageurs d’ici et d’ailleurs est déterminée à vivre des expériences touristiques. 

Des voyageurs financièrement résistants

Au Québec, les personnes pour qui les voyages comptent parmi les dépenses prioritaires représentent 34 % des voyageurs sondés par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023. Ils ont tendance à voyager plus souvent et à aller davantage à l’étranger que les autres. La plupart sont même d’avis que voyager joue un rôle important pour leur santé mentale.

Selon MMGY, le Canada figure en haut de la liste des destinations pressenties par ce segment de clientèle chez les Américains.  

Une étude menée par la firme MMGY à propos des voyageurs américains révèle aussi un segment caractérisé par une certaine résilience financière face à l’augmentation du coût de la vie. Ce marché, qui bénéficie de revenus plus élevés que la moyenne, compte tout faire pour ne pas sacrifier une activité qui figure au premier rang de ses préférences : le voyage. Selon l’enquête de MMGY, les voyageurs américains résilients financièrement font jusqu’à six voyages par année et dépensent plus de 300 $ US par jour par personne. Ils démontrent une ouverture d’esprit, sont passionnés par la découverte des cultures étrangères et sont habiles avec les technologies.  

Dépenser intelligemment

Si le contexte économique actuel n’est pas un frein à voyager pour la majorité de ces consommateurs, c’est aussi parce qu’ils prennent des décisions financières réfléchies. Selon l’étude américaine, ces voyageurs sont prêts à investir de l’énergie et du temps afin de dénicher des rabais. Ils adhèrent aux programmes de fidélité pour profiter des offres avantageuses. Ils ont aussi tendance à retourner vers les marques et les entreprises auxquelles ils font confiance.  

Ces voyageurs sont prêts à investir de l’énergie et du temps afin de dénicher des rabais. 

Les données de l’enquête réalisée par la Chaire auprès des Québécois indiquent des comportements similaires de la part des voyageurs résistants financièrement. En regard des voyages envisagés en 2024, une bonne part de ces résilients (42 %) mentionnent qu’ils seront plus flexibles quant à leurs dates de voyage ou encore qu’ils passeront plus de temps à magasiner pour dénicher de bonnes affaires (41 %). 

Comblés par la vie

Les Québécois qui correspondent à ce segment se distinguent des autres à plusieurs égards. La majorité d’entre eux sont des universitaires (55 % c. 39 %) avec un revenu par ménage de 100 000 $ et plus (53 % c. 41 %). Une forte proportion d’entre eux est âgée de 55 ans et plus (43 % c. 35 %), et est en couple sans enfant à la maison (46 % c. 38 %). Dans de plus fortes proportions que les autres Québécois sondés, ceux qui accordent une priorité aux voyages dans leur budget considèrent que leur vie correspond de près à leurs idéaux (79 % c. 65 %), qu’ils sont contents de leur vie, et que leurs conditions sont excellentes (84 % c. 71 %). Bref, ce sont des gens comblés. 

Voyager rend-il heureux ? Il semble y contribuer selon le segment des voyageurs résistants financièrement. La destination québécoise peut certainement s’inscrire dans cette prémisse, en tenant compte des attentes de cette clientèle exigeante. 

Image à la une : Adobe Stock 

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

Catégories
Tendances Tourisme durable

2023 : une prémisse aux effets des changements climatiques ?

Le Québec a été particulièrement frappé par les événements météorologiques extrêmes en 2023 : feux de forêt, épisodes de pluie verglaçante, inondations, vagues de chaleur, tornades, etc. Ces phénomènes génèrent des coûts sociaux importants (dépression, perte d’emploi, stress financier, physique et psychologique, etc.). D’après le Baromètre de l’action climatique, près d’une personne sur trois (31%) déclare être « fatiguée d’entendre parler des changements climatiques ». Le Baromètre de la consommation responsable expose un constat semblable : les Québécois en ont assez d’entendre parler d’environnement. 

Cela dit, selon Philippe Gachon, directeur général du Réseau Inondations InterSectoriel du Québec (RIISQ), les événements météorologiques extrêmes ne feront qu’augmenter dans les années à venir. D’autres spécialistes, tels qu’Alain Bourque, directeur général du Consortium Ouranos et Yannick Hémond, professeur au Département de géographie de l’UQAM, mentionnent qu’ils seront plus fréquents et surtout plus forts, plus soudains et plus soutenus. 

Une enquête réalisée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023 montre que 10 % des voyageurs québécois ayant voyagé au Québec à l’été 2023 ont dû modifier un séjour en raison d’événements météorologiques extrêmes. L’évolution soutenue de la situation climatique porte à croire que ce type de comportement sera de plus en plus observé dans les années à venir. Ce contexte représente déjà un défi pour les prestataires touristiques. En effet, d’après l’enquête trimestrielle de performance de l’industrie effectuée par la Chaire pour le compte du ministère du Tourisme du Québec, quelque 58 % des entreprises touristiques québécoises sondées considèrent que les conditions météorologiques de l’été 2023 ont exercé une influence négative sur l’achalandage de leurs organisations. 

Comment, en tant qu’entreprise ou destination, accompagner les voyageurs à travers ce blizzard d’impondérables et limiter l’impact des changements climatiques sur le territoire et les communautés ?  

Offrir une protection météo

L’industrie touristique est très sensible à la météo ; le mauvais temps peut rapidement créer des déceptions chez les voyageurs. Parfois, certains raccourcissent même leur séjour lorsque celle-ci ne répond pas à leurs attentes. Il faut dire que la situation ne risque pas de s’améliorer avec la progression des effets des changements climatiques.  

Le Renwick Hotel à New York joue sur cet aspect pour attirer les clientèles dans son établissement. L’hôtel offre à ses clients une « assurance météo » grâce à un partenariat avec l’entreprise spécialisée en technologies climatiques, Sensible Weather. Lorsqu’ils réservent leur séjour, les voyageurs ont la possibilité d’ajouter la garantie (d’une vingtaine de dollars par jour) au montant de leur facture. En cas de pluie pendant plus de deux heures entre 9 heures et 19 heures, le coût total de la chambre leur est remboursé. Les clients reçoivent à cet effet un message texte les informant à la fois du mauvais temps et du montant de leur remboursement. Ils n’ont naturellement pas la possibilité d’annuler leur voyage à l’avance en se fiant aux prévisions météorologiques. Sensible Weather couvre plusieurs autres intempéries, tels que les vents violents, la mauvaise qualité de l’air ou les températures extrêmes et fait affaire avec diverses autres entreprises touristiques, dont Campsited, un réseau de distribution qui permet la réservation de séjours en camping. 

Source : Sensible Weather 

Déployer un plan de gestion des risques météorologiques et climatiques

L’objectif du plan 2017-2027 de l’Irlande est de surveiller, d’analyser et de prévoir l’évolution de la météo et du climat au sein du pays. Chapeautée par Met Éireann, le service météorologique de l’État, la stratégie se déploie en six axes, allant du soutien aux événements météorologiques à l’anticipation et à la prévention de certains phénomènes, comme les inondations. La réussite du plan est tributaire de la collaboration de plusieurs parties prenantes, dont des chercheurs et des intervenants des secteurs économiques dépendant de la météo, comme les transports, l’agriculture ou le tourisme. Plusieurs initiatives seront mises en place pendant ces dix années. En voici quatre :  

  • Construire un réseau de partenaires : faciliter l’échange continu de connaissances et l’apprentissage axé sur la façon dont les services météorologiques peuvent soutenir la prise de décision des entreprises. 
  • Produire des services météorologiques et climatiques adaptés à la demande et aux secteurs : simplifier la prise de décision en matière de planification et de gestion des risques. 
  • Fournir des informations sur le climat : par l’intermédiaire d’un portail qui propose un ensemble de services climatiques élaborés en partenariat avec des agences et des organisations nationales et internationales. 
  • Communiquer efficacement les alertes et les avertissements d’inondation : assurer une sensibilisation du public aux risques d’inondation et aux mesures d’atténuation appropriées.

Concevoir des mesures d’atténuation

L’Île-de-France, une région située dans le centre-nord de la France où se trouve notamment la ville de Paris, a lancé son Plan d’adaptation aux changements climatiques en 2022, une stratégie à hauteur d’un milliard d’euros, divisée en trois axes et s’échelonnant jusqu’en 2030. L’objectif est de répondre aux effets des changements climatiques sur les écosystèmes, l’économie et la santé globale de la population. Pour être efficace et intégrer tous les secteurs concernés, la région adopte une approche transversale allant au-delà du tourisme. Plusieurs acteurs ont donc été consultés, dont le Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, la Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt, l’Agence régionale de santé, ainsi que la Fédération nationale des associations d’usagers des transports Île-de-France. 

Source : Pexels 

De nombreux projets sont en cours. À ce jour, 36 îlots de fraîcheur urbains ont été créés. La destination prévoit également d’installer « des abris climatiques », soit des fontaines, des brumisateurs, des points de rafraîchissement et des espaces verts ou d’ombre accessibles rapidement en cas de canicule. La région se mobilise aussi pour réouvrir l’accès à la Bièvre (une rivière de près de 35 km de long) à la baignade. Cette initiative permettrait la réappropriation des berges par la communauté et valoriserait le patrimoine culturel et paysager. Elle envisage de planter près de deux millions d’arbres d’ici 2030 et de verser un million d’euros pour l’adaptation des forêts aux changements climatiques. 

Les possibilités sont nombreuses et surtout variées. Quelles sont les mesures les plus appropriées pour vos entreprises ou vos territoires ?  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

Image à la une : Adobe Stock

Catégories
Tendances

L’appel du luxe en voyage

S’offrir un peu de luxe et se faire plaisir nourrit de plus en plus l’idée qu’on se fait d’une belle qualité de vie. Vivre une expérience gastronomique, faire du glamping, aller au spa, s’aventurer avec un petit groupe guidé en territoire éloigné, assister à un spectacle à grand déploiement ; la notion de « luxe » est très variable selon les points de vue. Le fait de voyager à l’étranger est aussi considéré par plusieurs consommateurs comme un luxe. 

Certains voyageurs québécois interrogés par la Chaire de tourisme Transat lors d’une enquête effectuée en novembre 2023 n’ont pas l’intention de mettre le couperet dans ces pratiques de luxe. En fait, 47 % des personnes sondées sont neutres ou ne se déclarent pas freinées par le contexte économique actuel. Elles sont d’ailleurs plus portées que les autres à ne pas chercher à adopter des comportements pour réduire le coût associé aux voyages (20 % c. 8 %). 

Près de la moitié des voyageurs québécois sondés par la Chaire de tourisme ne sont pas freinés ou sont neutres par rapport au contexte économique actuel. 

Se payer du « luxe » pour se faire du bien

Mais s’accorder du luxe n’est pas une exclusivité des plus fortunés. L’attrait des expériences exceptionnelles et mémorables se maintient alors que les consommateurs doivent faire face à des hausses de prix dans pratiquement tous les secteurs. Dans de nombreux cas, des compromis doivent être consentis sur d’autres dépenses, comme sur les biens matériels ou encore en choisissant de consommer des produits plus économiques au quotidien.  

Certains consommateurs chercheront à vivre des expériences mémorables, voire s’offrir du luxe, mais dans une formule plus abordable. Les attentes seront certainement élevées, compte tenu des sacrifices à faire.  

 Offrir l’aventure ++ aux 50 ans et plus

L’entreprise G Adventures développe une nouvelle série d’itinéraires guidés spécifiquement pour les adeptes de voyages d’aventure de 50 ans et plus à la recherche d’un certain confort, ou d’expériences plus luxueuses. Les composantes du séjour correspondent aussi aux valeurs associées à l’entreprise, c’est-à-dire de générer des retombées positives dans la communauté d’accueil, de bénéficier aux entrepreneurs locaux tout en minimisant l’impact environnemental. Il s’agit d’un positionnement qui contribue à sa renommée.  

La collection de séjours Geluxe propose ainsi aux voyageurs matures et actifs, la découverte de destinations par des activités d’aventure, des ateliers de cuisine locale, des séances de yoga dans des sites idylliques, le tout avec des hébergements d’expérience haut de gamme et de la restauration gastronomique. Évidemment, les tarifs sont fixés en conséquence. Cette nouvelle proposition prendra son envol dès mai 2024. Elle est issue d’une demande de la clientèle qui évolue avec l’entreprise, mais aussi du constat du vieillissement de la population et des attentes de celle-ci en matière d’expériences touristiques. G Adventures vient d’enregistrer sa meilleure performance financière depuis les 33 dernières années. 

Source : G Adventures 

Répondre aux attentes des clients qui choisissent la qualité avant le prix

Booking.com s’est penchée sur les attentes des clients « de luxe », soit ceux qui affirment choisir généralement des hébergements de qualité supérieure et dont le tarif occupe une importance secondaire. À cette fin, l’entreprise a réalisé un sondage auprès de 2795 de ses clients Premium résidant aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France et en Allemagne. Voici comment valoriser les composantes recherchées.  

D’abord, la qualité doit percoler à travers trois volets : faire ressortir son classement par étoiles, traiter sérieusement les avis en ligne et mettre en valeur la qualité du restaurant ou de son chef. La localisation joue également un rôle très important. Du moins, le voyageur « de luxe » doit constater qu’il y a plusieurs lieux d’intérêt et des restaurants de qualité dans les environs. Les équipements de bien-être, comme un spa, une salle de sport et une piscine sont dans les bonnes grâces de cette clientèle. La vue, le niveau de bruit et la décoration moderne l’interpellent aussi. Les hébergements fraîchement rénovés suscitent leur intérêt. La surveillance 24 heures, une assurance d’intimité par des entrées indépendantes, par exemple, sont aussi des facteurs gagnants. Enfin, la qualité du service passe par l’excellence de la nourriture, par des prestations personnalisées et par un accueil exemplaire. Ce sont tous des atouts recherchés par cette clientèle exigeante, selon l’étude de Booking.com. 

Source : Pexels  

Proposer du luxe accessible

Des compagnies aériennes rendent disponibles des places en classe affaires à des tarifs spéciaux. Ces options, en nombre restreint, prennent l’appellation « Business Class Light ». À la différence de l’offre classique, la version allégée ne donne pas accès aux salons d’aéroport ou aux autres avantages habituellement octroyés. Ainsi, des transporteurs, comme Qatar Airways, Finnair, Air France et KLM ont ajouté des tarifs de classe affaires light à leur palette d’options pour les voyageurs recherchant plus de confort. Voilà une belle façon de combler ou même d’aller au-delà des attentes d’une clientèle qui souhaite s’accorder un certain niveau de luxe, tout en lui donnant l’occasion de faire un choix raisonnable ou qui correspond à son budget. 

Source : AdobeStock 

Créer des expériences qui font du bien

Cette tendance à s’offrir du luxe n’est pas étrangère à celle du bien-être qui véhicule l’idée de l’importance de se faire plaisir, de se faire du bien. Cette notion est extrêmement variable d’un individu à l’autre, d’un segment de marché à l’autre. Qu’est-ce qui permettrait à votre offre de générer ce petit plus qui susciterait de l’engouement parmi votre clientèle ? Ou même chez de nouveaux marchés ! Serait-ce un service complémentaire ? Une activité extravagante ? Une offre culinaire exclusive ? À vous de voir !  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

Image à la une : Unsplash 

Catégories
Technologies

Les irritants numériques des voyageurs québécois

Selon le rapportsur l’expérience numérique dans l’industrie des voyages et de l’hôtellerie réalisé en 2023 par la société d’analyse Contentsquare, un voyageur sur trois est frustré lorsqu’il essaie de rechercher et de réserver des vols, des hôtels, des croisières et des vacances en ligne. L’étude se base sur l’analyse de 20,6 milliards de pages vues et 3,8 milliards de sessions sur 106 sites web liés à des secteurs tels que les agences et services de voyages, les hôtels et centres de villégiature, les transports, ainsi que les divertissements et les restaurants. 

La principale raison de cette déception repose sur les attentes élevées des consommateurs en matière de performances de sites web. Ce déséquilibre entre l’offre numérique et les attentes provoque un désengagement et entraîne une baisse des taux de conversion. L’étude de Contentsquare observe que certains éléments sont particulièrement irritants pour les voyageurs, tels que le chargement lent des pages et les éléments (boutons, image, icônes) qui ne s’ouvrent pas après au moins trois clics. 

Irritants des voyageurs québécois

D’après l’enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023, des voyageurs québécois ont vécu des irritants en ligne lors de la planification de séjours ou d’activités au Québec. Certaines fonctionnalités, considérées aujourd’hui par bien des voyageurs comme des attributs de base, sont apparues comme déficientes pour une part des voyageurs québécois. En effet, 15 % répondent qu’ils ont trouvé un établissement fermé alors qu’ils en avaient été informés autrement, quelque 12 % affirment ne pas avoir pu réserver en ligne vu l’absence de cette option ; et près d’un répondant sur dix n’a pas trouvé le site web de l’organisation touristique convoitée.  

 

Dans le contexte économique actuel, l’expérience numérique des clients peut faire une grande différence dans les résultats financiers d’une entreprise. Malgré les avancées technologiques rapides, les déceptions des usagers ne doivent pas être prises à la légère. 

Image à la une : Pexels

Catégories
Segments de clientèles Tendances

Les voyageurs québécois : où vont-ils et que font-ils ?

Depuis quelques années déjà, la Chaire de tourisme Transat sonde les voyageurs québécois à propos de sujets variés entourant leurs comportements en situation de voyage. Ces données permettent d’avoir une vision longitudinale de leurs déplacements, mais aussi de leurs préférences en matière d’activités.  

Voici donc certains éléments clés de l’évolution des comportements des voyageurs québécois dans le temps.  

Destinations de voyages

Le Québec demeure une destination de choix pour les Québécois, année après année. Les autres destinations, surtout hors Canada, regagnent en popularité. Quant à elles, les intentions de voyage pour 2024 s’apparentent aux comportements observés à l’été 2023. 

Base: totale.  Note: les chiffres colorés indiquent des variations significatives par rapport à l’année précédente (vert: positif; rouge: négatif). 

Expériences touristiques vécues

Le plein air occupe une place importante dans le cœur des Québécois lorsqu’ils voyagent pendant la saison estivale. Les expériences gourmandes ainsi que les activités culturelles, comme les festivals ou les événements, suivent de près. La proportion à la baisse enregistrée pour les visites agrotouristiques peut être expliquée par l’ajout de la catégorie « expérience gourmande » à l’édition 2023 de l’enquête. 

Base 1: a voyagé au Québec à l’été 2022.  Base 2: a voyagé au Québec à l’été 2023.  Note: les chiffres colorés indiquent des variations significatives par rapport à l’année précédente (vert: positif; rouge: négatif). 

 

Pour en connaître davantage sur les comportements des voyageurs québécois, l’équipe de la Chaire de tourisme Transat vous invite à prendre connaissance des six profils de voyageurs qui font écho aux grandes tendances de l’année et d’approfondir vos réflexions en consultant le Cahier Tendances 2024. 

Image à la une : Pexels

Catégories
Segments de clientèles Tendances

Est-ce que les Québécois voyagent hors des périodes touristiques ? 

Les périodes de vacances habituelles, soit les mois d’été, la relâche scolaire et Noël, constituent les moments phares de l’industrie touristique. Au Québec, comme ailleurs, on observe aussi un intérêt pour les voyages hors de ces périodes. Selon l’enquête en ligne menée du 30 octobre au 6 novembre 2023 par la Chaire de tourisme Transat, 59 % des répondants ont voyagé en dehors des périodes de vacances habituelles en 2023. 

Parmi les répondants qui voyagent à l’occasion ou souvent en dehors des périodes de vacances habituelles, un certain profil de voyageurs se démarque. Voici quelques-unes de ses particularités.   

  • Ils voyagent plus fréquemment que les autres : 45 % disent voyager au moins chaque 6 mois (contre 26 % du reste de l’échantillon) ;  
  • Ils sont plus nombreux à être âgés de 55 ans et plus comparativement à ceux qui ne voyagent pas en dehors des périodes de vacances habituelles (43 % contre 30 %) ;   
  • Ils sont plus nombreux à être à la retraite comparativement aux autres (27 % contre 16 %).  
  • Ils sont en couple sans enfant à la maison (47 %) dans une plus forte proportion que les autres (33 %)  

Le choix de voyager hors des saisons hautes s’explique par divers facteurs et comporte plusieurs avantages, notamment d’éviter les foules et de profiter d’offres plus abordables sur le transport, l’hébergement et certaines activités Un peu plus du quart des répondants (27 %) qui voyagent à l’occasion ou souvent en dehors des périodes de pointe mentionnent que les changements climatiques les poussent à modifier leur façon de voyager. Leur flexibilité leur permettrait-elle de choisir des destinations et des périodes moins vulnérables aux effets des changements climatiques ? 

Fenêtre d’occasions pour le voyage hors saison

Certains segments de clientèle ne sont pas freinés par les responsabilités professionnelles ou même familiales ou peuvent plus facilement jongler avec celles-ci. Ils jouissent d’une liberté qui leur permet de s’évader hors des périodes plus achalandées. C’est le cas d’au moins trois voyageurs sur dix qui affirment qu’il serait tout à fait possible pour eux de voyager au Québec en dehors des périodes de vacances habituelles (voir infographie). 

Avec le beau temps qui prolonge la saison estivale, une tendance à la hausse des séjours automnaux est observée ces dernières années au Québec et aussi ailleurs dans le monde. Bien que ce phénomène soit de bon augure, le défi est de maintenir une offre d’activités et de services qui permettra à ces visiteurs de vivre des expériences positives et mémorables.  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

Image à la une : Pexels

Catégories
Segments de clientèles

Voyager au Québec à l’hiver 2024 ?

Du 30 octobre au 6 novembre 2023, la Chaire de tourisme Transat a mené un sondage en ligne auprès de 1 002 voyageurs québécois issus d’un panel privé. Ci-dessous sont exposés les résultats qui découlent de leurs réponses aux questions liées à leurs intentions de voyage pour l’hiver 2024.  

L’enquête réalisée en 2023 présente des données qui sont globalement similaires à celles de 2022. Les intentions de voyage, que ce soit vers des destinations de type « soleil » (27 % en 2022 comparativement à 31 % en 2023) ou au Québec (44 % comparativement à 38 %), ne montrent qu’une faible fluctuation. Cette légère variation pourrait être attribuée, en partie, à la période anticipée de la collecte de données, qui a été effectuée un mois plus tôt que l’année précédente. 

Les intentions de voyage à l’hiver 2024

Près de 38 % des voyageurs québécois prévoient un séjour d’agrément au Québec à l’hiver 2024.   

Les Québécois privilégient le Québec comme destination hivernale. Près de 38 % des voyageurs interrogés envisagent un séjour d’agrément au Québec à cette période. Parmi eux, huit répondants sur dix n’avaient pas encore réservé leur expérience au moment du sondage. Par ailleurs, plus d’un voyageur sur cinq hésite encore à visiter le Québec à cette période. Ces derniers représentent une clientèle potentielle que les prestataires d’offres touristiques peuvent encore tenter de charmer.  

Les destinations soleil se révèlent particulièrement attrayantes pour la clientèle québécoise. En effet, environ un tiers (31 %) des personnes interrogées envisage de les choisir pour l’hiver, et parmi elles, la moitié a déjà réservé son séjour. Le fait que les déplacements à l’international soient planifiés avec moins de spontanéité que les voyages au Québec pourrait expliquer ce phénomène.  

Par ailleurs, seulement 15 % des personnes sondées considèrent visiter d’autres lieux que ceux mentionnés, et parmi ceux-ci, 6 % ont déjà procédé à la réservation de leur voyage. 

Source: création de l’auteure  

Quant aux voyageurs qui prévoient partir à l’extérieur du Québec, ils semblent moins influencés par la conjoncture économique que les autres. Seuls 10 % se disent freinés par le contexte économique, contre 27 % des voyageurs qui ne comptent pas visiter ces destinations. 

Qui sont les voyageurs qui visiteront le Québec cet hiver ?

Les ménages avec enfants (incluant les familles monoparentales) ont tendance à opter davantage pour un séjour hivernal au Québec. Ils représentent 42 % de ce segment, contre 31 % de ceux qui ne prévoient pas voyager au Québec à l’hiver. Plus de la moitié de ces familles (53 %) affichent des revenus supérieurs à 100 000 $, comparativement à 40 % du reste de l’échantillon.  

Des télétravailleurs flexibles  

Parmi les voyageurs qui considèrent le Québec comme destination hivernale en 2024, 36 % seront en télétravail en 2024. Ils s’affichent plus ouverts que les autres à l’idée de combiner télétravail et vacances. Près de 20 % d’entre eux envisagent de prolonger un séjour touristique grâce à cette modalité, et 16 % prévoient un séjour dédié au télétravail au cours de l’année à venir. Cette proportion est au moins deux fois plus élevée que pour ceux qui ne visiteront pas le Québec (respectivement 10 % et 6 %). 

Source: Pexels 

En outre, ces voyageurs se montrent plus flexibles quant à leurs dates de voyage. En effet, 71 % d’entre eux mentionnent voyager en dehors des périodes de vacances habituelles (ex. : la semaine de relâche) contre 45 % de ceux qui ne voyageront pas au Québec.  

Image à la une : Pexels