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Gestion Tourisme durable

Stratégies pour mesurer la fréquentation d’un site touristique

Selon ONU Tourisme (nouvelle appellation de l’Organisation mondiale du tourisme – OMT), les arrivées de voyageurs internationaux augmenteront de 3,3 % par an d’ici 2030. Cet afflux serait relativement facile à absorber si tous les touristes se répartissaient équitablement à destination, mais ce n’est pas le cas ; certains sites sont convoités et attirent un plus grand nombre de personnes. La saisonnalité, les événements météo extrêmes ou l’instabilité politique sont d’autres conditions pouvant entraîner des débalancements.  

La gestion des flux touristiques représente ainsi un enjeu de taille, tant pour les destinations que pour les attraits. Comment identifier les zones les plus sensibles ?  

Évaluer la capacité d’accueil d’un site

D’après ONU Tourisme, la capacité d’accueil (aussi appelée capacité de charge touristique) réfère au nombre maximal de personnes qui peuvent visiter un lieu en même temps, sans provoquer la destruction de l’environnement physique, économique et socioculturel ou diminuer la satisfaction des visiteurs. Il n’existe pas d’approche universelle pour évaluer la capacité d’accueil d’un attrait ou d’une destination. Néanmoins, certains types d’indicateurs peuvent aider à estimer la charge touristique d’un lieu : 

  • Territoriaux : la dimension du lieu, son degré de congestion et le ratio résidants/visiteurs ; 
  • Politiques : l’accessibilité du lieu, les mesures d’urgence et les outils de gestion de crise en place ; 
  • Économiques : les retombées économiques du tourisme pour la destination, les possibilités d’emplois, la rentabilité et la compétitivité des entreprises ;  
  • Sociaux : le degré de satisfaction des visiteurs, la pression sur la population locale, le sentiment de sécurité au sein du lieu ;  
  • Environnementaux : l’impact des activités sur l’environnement (dommages causés aux plantes, au sol, à l’eau, à la faune, etc.), les émissions de gaz à effet de serre.  

Bref, on peut s’intéresser à la capacité d’accueil d’un site en tenant compte de plusieurs dimensions. Pour respecter les communautés, désengorger les infrastructures, offrir une expérience client agréable et préserver le patrimoine naturel, culturel et bâti, les destinations sont de plus en plus nombreuses à mesurer la fréquentation de certains sites. Il est d’abord essentiel d’établir un dialogue avec les communautés résidentes pour mettre en place une stratégie de mesure adaptée à la réalité locale. Cette démarche permet de jauger ce que représente un nombre acceptable de visiteurs. 

Mesurer la fréquentation d’un site permet de jauger ce que représente un nombre acceptable de visiteurs. 

Mesurer la fréquentation d’un site

Mesurer la fréquentation d’un site passe par le suivi des données d’achalandage. Une fois recueillies, ces informations permettent d’évaluer la pression exercée sur le lieu, de rediriger les clientèles vers des endroits moins achalandés s’il y a lieu, ou même, de les inciter à planifier leur visite en dehors des heures de pointe. Il existe différentes méthodes de collecte de données. En voici quelques-unes.  

Le comptage manuel

Le comptage manuel est une méthode terrain généralement utilisée pour évaluer l’achalandage à petite échelle. Cette technique permet aussi de collecter des informations qui peuvent servir à qualifier l’échantillon, tels que l’âge ou le sexe. 

À titre d’exemple, The People Mooving Count, issu du programme CIVITAS développé par la Commission européenne, propose une méthode permettant de calculer le nombre de personnes qui se déplacent dans un espace et par quels moyens. Ces informations donnent une idée de la fréquentation d’un lieu à différents moments de la journée et de son accessibilité par divers modes de transport. Cette méthode de comptage peut être utilisée pour mesurer l’efficacité d’un nouveau passage piéton, la popularité d’un festival ou l’attractivité d’un parc, par exemple.  

La ville de Copenhague, au Danemark, l’applique pour calculer les déplacements et habitudes de la population. Les chiffres recueillis représentent un atout pour les différents niveaux de gouvernance impliqués dans la planification des transports et la gestion des flux touristiques (lire aussi : La mobilité comme service, les bénéfices pour l’industrie touristique). 

Les progrès technologiques permettent une variété de méthodes de collecte qui requièrent moins d’efforts et de ressources, tout en produisant un plus grand volume de données. 

Les applications mobiles

Depuis 2016 en Australie, l’État de la Tasmanie, en collaboration avec l’Université de la Tasmanie, recueille les données des voyageurs via une application mobile qui enregistre leurs déplacements en temps réel, à la fois à l’échelle de la destination et des attraits. L’outil génère également de courtes enquêtes qui colligent des informations à propos, entre autres, de la provenance et de l’âge des voyageurs ainsi que de leur objectif de visite et des réseaux sociaux utilisés pendant leur séjour. 

Ces données sont ensuite regroupées dans un tableau de bord, le Tourism Tracer, disponible en ligne. Le niveau de détail du Tourism Tracer permet de connaître, notamment, la durée pendant laquelle une personne s’arrête à un belvédère, traverse un parc national ou parcourt une galerie d’art.  

Source de l’image :  Tourism Tracer

En Nouvelle-Aquitaine, en France, l’application mobile Maplage.info permet aux sauveteurs de saisir en temps réel certaines données relatives à l’occupation des plages qu’ils surveillent, soit l’affluence sur le sable ainsi que dans la zone de baignade, les services et équipements disponibles, laccessibilité du lieu, les conditions de baignade, la température de l’eau et la météo. Ces informations sont ensuite mises à disposition des offices de tourisme et des prestataires touristiques de la région pour diffusion. Le tout est également disponible sur une plateforme qui permet aux voyageurs de planifier leur visite selon ces avis ou de se diriger vers les emplacements les moins achalandés. 

Source de l’image: MaPlage.info 

Les capteurs et compteurs

En Islande, Visit Iceland donne accès aux données de fréquentation touristique des sites naturels particulièrement achalandés. Ces informations sont récupérées par des capteurs infrarouges placés stratégiquement sur le territoire. Les données de passage des visiteurs sont collectées pour être ensuite analysées et présentées dans un tableau de bord accessible aux voyageurs comme aux opérateurs touristiques. L’objectif est d’assurer un suivi de la fréquentation de certains sites et d’inciter à la planification de visite en dehors des périodes les plus achalandées.  

Source de l’image: Visit Iceland 

En France, certains lieux culturels, comme le musée du Louvre, le Centre Pompidou et le muséum d’histoire naturelle du Havre, collaborent avec la solution technologique Affluences. Cette dernière utilise des capteurs et des compteurs permettant de visualiser les zones les plus fréquentées, de contrôler la capacité d’accueil en configurant des «alertes de dépassement de visiteurs» et de calculer le temps d’attente à l’accueil ou dans certains points d’intérêt, comme l’aire de restauration. Ces renseignements permettent de rediriger les clientèles vers les zones les moins fréquentées ou les files d’attente les plus courtes, tout en garantissant leur sécurité et leur confort 

Source de l’image: Affluences  

La gestion des flux, une nécessité

Les visiteurs participent à la dégradation de l’environnement naturel d’une destination ou d’un attrait sous plusieurs formes. Une forte concentration de touristes engendre de facto des émissions de gaz à effet de serre plus élevées, en plus de créer une pression sur les infrastructures et le patrimoine bâti.  

Dans certains cas, l’expérience client est affectée en raison des longues files d’attente, des embouteillages qui compliquent les déplacements, du bruit, de la lenteur des services, des prix exorbitants et de la propreté de certains lieux. La progression des déplacements touristiques mondiaux nécessitera des attraits et des destinations qu’ils mesurent et gèrent leur achalandage.  

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Gestion Hébergement

Phénomènes météo extrêmes : comment se préparer en tant qu’hôtelier ?

Selon un communiqué publié en décembre dernier par le Bureau d’assurance du Canada (BAC), les événements météorologiques extrêmes ayant frappé le Québec en 2023 ont entraîné des dommages assurés atteignant 680 millions de dollars. En 2022, ce montant s’élevait à 580 millions de dollars, faisant de 2023 l’année la plus coûteuse pour les assureurs au Québec depuis la crise du verglas de 1998.  

Ces chiffrent mettent en lumière l’importance de renforcer la résilience climatique des destinations et des prestataires touristiques, d’autant plus que des spécialistes en la matière (environnementalistes, professeurs, etc.) soutiennent que des phénomènes comme les tempêtes de verglas, les feux de forêt, les tornades ou les inondations seront plus fréquents et surtout plus forts, plus soudains et plus soutenus dans les années à venir (lire aussi : 2023 : une prémisse aux effets des changements climatiques ?).  

Être prêt à réagir rapidement

Il est impossible d’éviter l’inévitable. Certains phénomènes météorologiques sont quasi imprévisibles. En cas de crise soudaine, les hôteliers doivent réagir rapidement pour tenter de limiter les dégâts matériels et minimiser la perturbation des opérations. Cela dit, il s’agit avant tout d’assurer la sécurité des employés et des clientèles sur place. Notons qu’une réaction tardive peut rapidement atteindre la notoriété d’un établissement.  

Il s’avère ainsi judicieux de mener des évaluations des risques pour identifier les menaces qui planent sur la région dans laquelle l’hôtel est situé. Documenter les événements météorologiques passés est une démarche qui permet d’anticiper la venue de catastrophes futures.  

Un plan de gestion des risques doit anticiper les dangers et permettre de coordonner toutes les actions à entreprendre.  

Il est donc essentiel de créer un plan de gestion des risques qui documente les dangers et la série d’actions à entreprendre, le cas échéant. Selon l’Asian American Hotel Owners Association (AAHOA), voici, entre autres, ce qui peut s’y trouver :  

  • Un plan d’évacuation identifiant les sorties de secours et les points de rassemblements ; 
  • Une procédure de sécurisation des infrastructures et des lieux (par ex. prévoir où ranger les articles extérieurs qui pourraient devenir des projectiles ou être endommagés par de forts vents) ; 
  • Une procédure de sauvegarde de certains fichiers clés ; 
  • Le rôle des différents départements (permettant d’éviter la confusion et de déterminer qui fait quoi et où en cas de crise).  
  • Un plan de rétablissement comprenant les étapes à suivre pour reprendre les activités le plus rapidement possible. 

À noter que le processus de formation devrait informer les nouveaux employés de leur rôle en cas d’événements pareil. Des rappels ou des mises en situation peuvent être effectués lors de nouvelles menaces ou d’alertes météo préoccupantes.  

L’île de Crète, en Grèce, a entrepris une telle démarche en collaboration avec plusieurs prestataires touristiques du coin. Rappelons que la destination avait été forcée d’évacuer plusieurs milliers de touristes lors d’incendies dévastateurs à l’été 2023. À cet effet, un exercice de trois jours a eu lieu en avril dernier avec comme objectif de mieux préparer la destination aux incendies, aux séismes et aux tsunamis. Plus de 160 000 résidants y ont participé, dont environ 80 000 enfants. De nombreux hôtels du secteur et les touristes qui y séjournaient ont aussi pris part à la démarche.  

Source de l’image: Reuters 

Miser sur une communication transparente

Il convient de préparer à l’avance une stratégie de communication. Cette dernière doit d’abord identifier les canaux à prioriser (publications sur les médias sociaux, appels téléphoniques, courriels, etc.) pour rejoindre les clients. Connaître les risques prévalents dans la région est une astuce pour planifier les propos des messages clés à diffuser.  

La gestion des relations publiques est un incontournable en cas de crise. Il s’agit avant tout de maîtriser le discours et d’informer de manière transparente et honnête sur la progression de la situation. Voilà qui peut contribuer à limiter la désinformation et la dramatisation du phénomène dans les médias.  

Lorsque le degré de risque est nul pour la région dans laquelle l’hôtel est situé, il s’avère essentiel de rassurer les clientèles qui pourraient être tentées d’annuler leur réservation ou de changer leur destination de voyage. En cas contraire, l’établissement doit accompagner le client dans le report de son séjour ou le diriger vers un autre hébergement limitrophe. L’hôtellerie est un secteur reconnu pour sa bienveillance. La stratégie doit donc démontrer un engagement envers la satisfaction du client et traiter les préoccupations de manière compatissante et empathique.  

Faire partie de la solution  

Il arrive que les événements météo extrêmes ne touchent pas directement les activités d’un hôtel, mais demandent tout de même l’évacuation des populations avoisinantes par précaution. À cet effet, certains établissements peuvent se positionner comme des points de rassemblement pour accueillir les résidants touchés par la catastrophe.

Source de l’image: BC Hotel Association   

En réponse aux feux de forêt ayant ravagé certaines régions de la Colombie-Britannique en 2023, le ministère du Tourisme, des Arts, de la Culture et du Sport, ainsi que le ministère de la Gestion des Urgences et de la Préparation au Changement Climatique, en collaboration avec l’Association des hôtels de la province, ont récemment déployé un projet pilote visant à aider les personnes contraintes de quitter leur domicile en raison de situations extrêmes, telles qu’un incendie ou des inondations, par exemple.  

À partir du mois de juin 2024, les employés des services de soutien d’urgence pourront accéder à un système de réservation en ligne qui affichera en temps réel la disponibilité des hébergements prêts à recevoir les évacués. La plateforme centralisée a pour objectif de faciliter et d’accélérer leurs tâches, en plus de soulager les résidants ou le personnel d’urgence à la recherche d’un hébergement temporaire. Les voyageurs touchés par la crise pourront aussi profiter de ce service. Le projet pilote débutera à Kelowna, Kamloops et Prince George et prévoit s’étendre ensuite à travers la province.  

Les événements météorologiques extrêmes continueront d’impacter les activités touristiques dans les années à venir ; le secteur de l’hôtellerie n’y échappera pas. Quelles actions emploierez-vous ?  

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Segments de clientèles

Les voyageurs québécois face au contexte économique et climatique

Le contexte inflationniste qui tend à se poursuivre en 2024 poussera certaines personnes qui souhaitent continuer de voyager à réagir et à trouver des alternatives. C’est le cas pour les voyageurs québécois ayant mentionné à la Chaire de tourisme Transat lors d’un sondage effectué en novembre 2023 que le contexte économique représentera un frein pour leurs voyages en 2024. Ils seront nombreux à chercher des solutions et à faire des compromis pour être en mesure de continuer à s’évader (voir l’infographie). 

Des comportements plus économes pourraient donc être observés chez ces personnes. Par exemple, 50 % des sondés envisagent choisir des hébergements et des restaurants plus abordables qu’à l’habitude (contre 30 % du reste de l’échantillon). Une part semblable de répondants songe limiter les repas au restaurant lorsqu’ils seront en voyage (contre 27 %) alors que 40 % passeront plus de temps à magasiner pour dénicher de bonnes affaires (contre 32 %).  

Les forfaits, les offres groupées ou les programmes de fidélisation offrant des rabais et des avantages sont des astuces qui peuvent soulager les consommateurs touchés par la hausse des prix. 

L’influence des événements météorologiques extrêmes

Le même sondage effectué par le Chaire de tourisme Transat en novembre dernier révèle que 36 % des voyageurs québécois considèrent que les événements météorologiques de la dernière année influenceront la planification de leurs voyages en 2024. Mais comment ?  

Deux scénarios sont envisageables. D’un côté, il pourrait être possible de constater une montée des réservations de dernière minute. C’est d’ailleurs un comportement déjà observé par les organisations touristiques. L’enquête trimestrielle effectuée par la Chaire de tourisme Transat pour le compte du ministère du Tourisme du Québec montre que 50 % des entreprises touristiques québécoises considèrent que les réservations de dernière minute (sept jours et moins) étaient en hausse à l’été 2023 par rapport au trimestre précédent. D’un autre côté, certaines personnes envisageront peut-être les voyages hors saison pour éviter les fortes chaleurs ou les feux de forêt de plus en plus présents l’été. À cet effet, 35 % des voyageurs québécois sondés par la Chaire prévoient être davantage flexibles par rapport à leurs dates de voyage en 2024.  

Avec la croissance des effets des changements climatiques, les réservations de dernière minute et les vacances hors saison s’insèreront-elles de plus en plus dans les habitudes des voyageurs québécois ?  

Il va sans dire que le voyageur est bousculé ; la situation économique le force à faire des compromis et à rechercher des aubaines, tandis que le contexte climatique lui demande d’être réactif et de modifier ses projets de voyage, voire sa façon de voyager. Ces circonstances obligeront les prestataires touristiques, ainsi que les destinations, à être imaginatifs et conciliants. 

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.   

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Produits et activités Tourisme durable

Les vignobles en réaction aux effets des changements climatiques

La production viticole québécoise gagne du terrain d’année en année. Selon le Conseil des vins du Québec, le nombre de producteurs est passé de 85 en 2010 à 165 en 2022. L’association envisage que le nombre de bouteilles produites doublera d’ici 2030.

Cela dit, le secteur vit actuellement des défis importants en lien avec les changements climatiques. Les vignobles d’un peu partout dans le monde ont lourdement été happés par les phénomènes météorologiques en 2023. Ces événements, parfois très imprévisibles et instables, perturbent la viabilité des cultures, ainsi que la quantité et la qualité de la production. Selon un reportage de Radio-Canada, « un rapport publié en février par Wine Growers BC estime que la récolte ne représentera que 1 % à 3 % des niveaux normaux, ce qui signifie une perte presque complète de la production de 2024. Les pertes de revenus pourraient atteindre 346 millions de dollars pour les vignobles et les établissements vinicoles ». Plusieurs vignerons et acteurs clés du milieu réagissent à cet enjeu.

En mode action pour trouver des solutions

Les démarches pour tenter de contrebalancer l’impact des phénomènes météorologiques dévastateurs sont variées. Par exemple, les producteurs de la zone viticole de la Valpolicella, en Italie, ont recourt à d’anciens cépages dans le but de réintroduire des variétés qui avaient été mises de côté au cours des décennies précédentes. Elles pourraient posséder des caractéristiques intéressantes dans le contexte actuel, telles que la tolérance à la sécheresse, la maturité tardive, une acidité naturelle élevée et un flétrissement lent.

Des variétés de raisins qui avaient été mises de côté au cours des décennies précédentes pourraient posséder des caractéristiques intéressantes dans le contexte climatique actuel.

De son côté, le Vignoble de l’Orpailleur, dans les Cantons-de-l’Est, tente de faire pousser de nouveaux cépages qu’il était auparavant impossible de cultiver au Québec. Le Vignoble du Ruisseau, situé dans la même région, utilise un procédé de géothermie pour protéger ses vignes durant la saison froide. Le contexte s’avère donc l’occasion de tester des pratiques novatrices et d’agir avec intuitivité.

Pour une plus grande anticipation, ils sont nombreux dans le domaine à impliquer le milieu de la recherche. Voici deux exemples inspirants.

 

Faire appel à la recherche

Le Conseil interprofessionnel de Bordeaux (CIVB) investit 1,2 million d’euros par an dans des recherches sur l’impact des changements climatiques sur la viticulture. À ce jour, plusieurs techniques sont testées : augmentation de la biodiversité par la plantation d’arbres et de haies, assemblage de plusieurs variétés de raisins, viticulture de précision parcellaire avec une gestion du couvert végétal, adaptations des densités de plantation, etc.

Au Québec, le Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel (CRAM) a développé des toiles géotextiles qui permettent d’abrier les vignes lors d’épisodes de grêle ou de gel/dégel. Cette solution remplace l’astuce d’allumer des feux sur les terres pour conserver la chaleur au sol. De plus, l’organisme conduit actuellement une recherche pour tenter de comprendre les processus de résistance de la vigne au froid.

Source : Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel (CRAM)

L’adaptation aux effets des changements climatiques passe notamment par la mise en place d’actions concrètes en développement durable. Le Chili représente un bel exemple.

Éduquer les clientèles

Les entrepreneurs viticoles de la vallée de Casablanca au Chili et le gouvernement local ont récemment élaboré un accord de production durable par lequel ils cherchent à améliorer la gestion et les performances environnementales des vignobles. Près d’une trentaine d’exploitations participent au projet qui bénéficie, notamment, du soutien des ministères de l’Agriculture, de l’Énergie, de l’Environnement et de la Santé ainsi que de la municipalité de Casablanca.

À titre d’exemple, le Matetic Winery, récipiendaire du Best of Wine Tourism Awards dans la catégorie Sustainable Wine Tourism Practices en 2023, mise sur l’apprentissage et l’éducation des clientèles au sein de son entreprise. Les visiteurs sont amenés à comprendre les étapes de fabrication du vin lors d’ateliers. Selon la direction, toute offre œnotouristique devrait inclure une partie de sensibilisation aux différents enjeux de durabilité liés à la viticulture. De ce fait, les amateurs seront mieux outillés pour faire des choix responsables. Le vignoble chilien a également exclu l’usage d’engrais chimiques synthétiques pour ses cultures. L’ensemble des infrastructures ont été conçues à partir de matériaux recyclés et écoénergétiques.

Source : Matetic Winery

Diversifier pour prolonger la saison touristique

La diversification des activités est une avenue permettant aux vignobles d’allonger leur saison touristique et d’ajouter de nouvelles sources de revenus. Le développement d’une offre corporative (Two Sisters Vineyards (Ontario) et Le Cep d’Argent (Magog)) est un bon moyen de rester actif à l’année. Voici en rafale d’autres idées pour animer les domaines pendant ces périodes.

  • Printemps : offrir des activités en préparation à l’été. Certains vignobles proposent des activités de taille de vigne ou des ateliers d’ébourgeonnage (débarrasser la vigne de certaines pousses indésirables) permettant aux clientèles d’en apprendre sur ces étapes essentielles à l’entretien des cultures. C’est le cas notamment du Vignoble Alain Robert et du Domaine Pierre & Bertrand Couly, situés en France.
  • Automne : mettre à l’honneur les vendanges. De nombreux ateliers, forfaits, activités bénévoles ou journées thématiques permettent aux clientèles de se mettre dans la peau d’un vigneron et de participer aux récoltes. Les vignobles Rivière du Chêne (Laurentides), Domaine & Vins Gélinas (Mauricie), Le Chat Botté (Montérégie), de l’Orpailleur (Cantons-de-l’Est) et Saint-Gabriel (Lanaudière) représentent de bons exemples.
  • Hiver : animer la saison froide. Visit Calistoga, en Californie dans la vallée de Napa, a relancé en décembre 2023 pour une 14e année consécutive le Winter in the Wineries Passport. Les détenteurs du laissez-passer de 75 $ bénéficient de dégustations gratuites dans les domaines viticoles participants, ainsi que de réductions dans les hébergements, les spas et les boutiques de la région.

Les solutions aux impacts des changements climatiques sont de plus en plus nombreuses. Pour assurer la durabilité du secteur et des expériences touristiques qui en découlent, il s’agira de s’adapter, mais surtout de se renouveler.

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Tendances Tourisme durable

2023 : une prémisse aux effets des changements climatiques ?

Le Québec a été particulièrement frappé par les événements météorologiques extrêmes en 2023 : feux de forêt, épisodes de pluie verglaçante, inondations, vagues de chaleur, tornades, etc. Ces phénomènes génèrent des coûts sociaux importants (dépression, perte d’emploi, stress financier, physique et psychologique, etc.). D’après le Baromètre de l’action climatique, près d’une personne sur trois (31%) déclare être « fatiguée d’entendre parler des changements climatiques ». Le Baromètre de la consommation responsable expose un constat semblable : les Québécois en ont assez d’entendre parler d’environnement. 

Cela dit, selon Philippe Gachon, directeur général du Réseau Inondations InterSectoriel du Québec (RIISQ), les événements météorologiques extrêmes ne feront qu’augmenter dans les années à venir. D’autres spécialistes, tels qu’Alain Bourque, directeur général du Consortium Ouranos et Yannick Hémond, professeur au Département de géographie de l’UQAM, mentionnent qu’ils seront plus fréquents et surtout plus forts, plus soudains et plus soutenus. 

Une enquête réalisée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023 montre que 10 % des voyageurs québécois ayant voyagé au Québec à l’été 2023 ont dû modifier un séjour en raison d’événements météorologiques extrêmes. L’évolution soutenue de la situation climatique porte à croire que ce type de comportement sera de plus en plus observé dans les années à venir. Ce contexte représente déjà un défi pour les prestataires touristiques. En effet, d’après l’enquête trimestrielle de performance de l’industrie effectuée par la Chaire pour le compte du ministère du Tourisme du Québec, quelque 58 % des entreprises touristiques québécoises sondées considèrent que les conditions météorologiques de l’été 2023 ont exercé une influence négative sur l’achalandage de leurs organisations. 

Comment, en tant qu’entreprise ou destination, accompagner les voyageurs à travers ce blizzard d’impondérables et limiter l’impact des changements climatiques sur le territoire et les communautés ?  

Offrir une protection météo

L’industrie touristique est très sensible à la météo ; le mauvais temps peut rapidement créer des déceptions chez les voyageurs. Parfois, certains raccourcissent même leur séjour lorsque celle-ci ne répond pas à leurs attentes. Il faut dire que la situation ne risque pas de s’améliorer avec la progression des effets des changements climatiques.  

Le Renwick Hotel à New York joue sur cet aspect pour attirer les clientèles dans son établissement. L’hôtel offre à ses clients une « assurance météo » grâce à un partenariat avec l’entreprise spécialisée en technologies climatiques, Sensible Weather. Lorsqu’ils réservent leur séjour, les voyageurs ont la possibilité d’ajouter la garantie (d’une vingtaine de dollars par jour) au montant de leur facture. En cas de pluie pendant plus de deux heures entre 9 heures et 19 heures, le coût total de la chambre leur est remboursé. Les clients reçoivent à cet effet un message texte les informant à la fois du mauvais temps et du montant de leur remboursement. Ils n’ont naturellement pas la possibilité d’annuler leur voyage à l’avance en se fiant aux prévisions météorologiques. Sensible Weather couvre plusieurs autres intempéries, tels que les vents violents, la mauvaise qualité de l’air ou les températures extrêmes et fait affaire avec diverses autres entreprises touristiques, dont Campsited, un réseau de distribution qui permet la réservation de séjours en camping. 

Source : Sensible Weather 

Déployer un plan de gestion des risques météorologiques et climatiques

L’objectif du plan 2017-2027 de l’Irlande est de surveiller, d’analyser et de prévoir l’évolution de la météo et du climat au sein du pays. Chapeautée par Met Éireann, le service météorologique de l’État, la stratégie se déploie en six axes, allant du soutien aux événements météorologiques à l’anticipation et à la prévention de certains phénomènes, comme les inondations. La réussite du plan est tributaire de la collaboration de plusieurs parties prenantes, dont des chercheurs et des intervenants des secteurs économiques dépendant de la météo, comme les transports, l’agriculture ou le tourisme. Plusieurs initiatives seront mises en place pendant ces dix années. En voici quatre :  

  • Construire un réseau de partenaires : faciliter l’échange continu de connaissances et l’apprentissage axé sur la façon dont les services météorologiques peuvent soutenir la prise de décision des entreprises. 
  • Produire des services météorologiques et climatiques adaptés à la demande et aux secteurs : simplifier la prise de décision en matière de planification et de gestion des risques. 
  • Fournir des informations sur le climat : par l’intermédiaire d’un portail qui propose un ensemble de services climatiques élaborés en partenariat avec des agences et des organisations nationales et internationales. 
  • Communiquer efficacement les alertes et les avertissements d’inondation : assurer une sensibilisation du public aux risques d’inondation et aux mesures d’atténuation appropriées.

Concevoir des mesures d’atténuation

L’Île-de-France, une région située dans le centre-nord de la France où se trouve notamment la ville de Paris, a lancé son Plan d’adaptation aux changements climatiques en 2022, une stratégie à hauteur d’un milliard d’euros, divisée en trois axes et s’échelonnant jusqu’en 2030. L’objectif est de répondre aux effets des changements climatiques sur les écosystèmes, l’économie et la santé globale de la population. Pour être efficace et intégrer tous les secteurs concernés, la région adopte une approche transversale allant au-delà du tourisme. Plusieurs acteurs ont donc été consultés, dont le Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, la Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt, l’Agence régionale de santé, ainsi que la Fédération nationale des associations d’usagers des transports Île-de-France. 

Source : Pexels 

De nombreux projets sont en cours. À ce jour, 36 îlots de fraîcheur urbains ont été créés. La destination prévoit également d’installer « des abris climatiques », soit des fontaines, des brumisateurs, des points de rafraîchissement et des espaces verts ou d’ombre accessibles rapidement en cas de canicule. La région se mobilise aussi pour réouvrir l’accès à la Bièvre (une rivière de près de 35 km de long) à la baignade. Cette initiative permettrait la réappropriation des berges par la communauté et valoriserait le patrimoine culturel et paysager. Elle envisage de planter près de deux millions d’arbres d’ici 2030 et de verser un million d’euros pour l’adaptation des forêts aux changements climatiques. 

Les possibilités sont nombreuses et surtout variées. Quelles sont les mesures les plus appropriées pour vos entreprises ou vos territoires ?  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

Image à la une : Adobe Stock

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Segments de clientèles Tendances

Le voyage, envisagé malgré l’inflation

Près du trois quarts des Québécois observent une dégradation de leur pouvoir d’achat causée par l’inflation. C’est l’un des constats du Baromètre annuel de l’Observatoire de la consommation responsable (OCR) de l’ESG UQAM. Cette hausse du coût de la vie entraîne beaucoup de gens (près de 54 %) à repenser, voire à réduire leur consommation. D’après la firme Nielsen IQ, cela se traduit notamment par la diminution du budget attribué à l’épicerie. 

La pression économique actuelle représente un défi qui préoccupe de nombreuses personnes. Une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023 auprès de voyageurs québécois consolide ce constat. Plus de la moitié des répondants (54 %) admettent que le contexte économique actuel constitue un frein pour leurs voyages dans la prochaine année. Or, cette proportion est la même que celle obtenue l’année dernière à la même période, indiquant une stabilité dans les réponses. 

Les voyageurs continuent de privilégier les voyages par rapport à d’autres catégories de dépenses discrétionnaires. 

Cela dit, malgré le contexte inflationniste, les Québécois sont pourtant nombreux à ne pas vouloir se priver de voyager. Toujours selon le sondage de la Chaire, 84 % des répondants qui mentionnent que la situation économique actuelle représente un frein au voyage jugent tout de même probable d’effectuer un séjour d’agrément en 2024. Dans un rapport publié à l’automne 2023, Destination Canada dresse le même bilan ; les voyageurs continuent de privilégier les voyages par rapport à d’autres catégories de dépenses discrétionnaires. 

La sensibilité au coût, une influence sur le bien-être ?

L’argent ne fait pas le bonheur… mais il semble y contribuer. Les répondants les plus sensibles aux coûts (représentant 20% de l’échantillon) mentionnent avoir vécu plus fréquemment que les autres des sensations négatives (22% d’entre eux contre 13% du reste de l’échantillon), des choses désagréables (21% contre 12%) ou de la colère (19% contre 10%) dans les quatre semaines ayant précédé le sondage de la Chaire. On observe donc un niveau de bien-être moindre chez les personnes davantage touchées par l’inflation. Mais qui sont-elles plus précisément ? (Voir l’infographie). 

En 2024, il sera d’autant plus important pour les destinations et les organisations touristiques de songer à répondre aux besoins des voyageurs les plus touchés par le contexte inflationniste. 

Malgré tout, 82% des répondants plus sensibles aux coûts envisagent tout de même un séjour d’agrément d’au moins une nuitée en 2024. Il sera d’autant plus important pour les destinations et les organisations touristiques de songer à répondre aux besoins de ces personnes qui n’auront d’autre choix que de couper dans certaines dépenses si elles souhaitent continuer à voyager. Comment procéder ? 

Deux astuces : la forfaitisation et la bienveillance

D’après l’enquête de la Chaire de tourisme Transat, plus d’un voyageur québécois sur trois (36%) mentionne qu’il passera plus de temps à magasiner pour dénicher de bonnes affaires. Les forfaits ou les offres groupées sont des astuces qui peuvent faciliter la planification des séjours des consommateurs touchés par la hausse des prix. Certaines destinations misent davantage sur l’inclusivité et la bienveillance pour s’ouvrir à une clientèle élargie. 

Le réseau de distribution Odalys Vacances fait profiter les clients de tarifs avantageux en proposant des forfaits à prix gelés, soit au tarif de l’hiver 2023. Leur offre « anti-inflation » est valide sur les séjours d’au minimum sept nuitées et disponible sur une sélection de résidences de tourisme durant tout l’hiver, même pendant les vacances scolaires (c’était aussi le cas durant le temps des Fêtes). L’objectif est de permettre aux familles de préserver leur pouvoir d’achat et de continuer à s’évader, malgré le contexte économique difficile. 

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Segments de clientèles Tendances

Les voyageurs québécois : où vont-ils et que font-ils ?

Depuis quelques années déjà, la Chaire de tourisme Transat sonde les voyageurs québécois à propos de sujets variés entourant leurs comportements en situation de voyage. Ces données permettent d’avoir une vision longitudinale de leurs déplacements, mais aussi de leurs préférences en matière d’activités.  

Voici donc certains éléments clés de l’évolution des comportements des voyageurs québécois dans le temps.  

Destinations de voyages

Le Québec demeure une destination de choix pour les Québécois, année après année. Les autres destinations, surtout hors Canada, regagnent en popularité. Quant à elles, les intentions de voyage pour 2024 s’apparentent aux comportements observés à l’été 2023. 

Base: totale.  Note: les chiffres colorés indiquent des variations significatives par rapport à l’année précédente (vert: positif; rouge: négatif). 

Expériences touristiques vécues

Le plein air occupe une place importante dans le cœur des Québécois lorsqu’ils voyagent pendant la saison estivale. Les expériences gourmandes ainsi que les activités culturelles, comme les festivals ou les événements, suivent de près. La proportion à la baisse enregistrée pour les visites agrotouristiques peut être expliquée par l’ajout de la catégorie « expérience gourmande » à l’édition 2023 de l’enquête. 

Base 1: a voyagé au Québec à l’été 2022.  Base 2: a voyagé au Québec à l’été 2023.  Note: les chiffres colorés indiquent des variations significatives par rapport à l’année précédente (vert: positif; rouge: négatif). 

 

Pour en connaître davantage sur les comportements des voyageurs québécois, l’équipe de la Chaire de tourisme Transat vous invite à prendre connaissance des six profils de voyageurs qui font écho aux grandes tendances de l’année et d’approfondir vos réflexions en consultant le Cahier Tendances 2024. 

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Destinations Marketing

Des campagnes marketing qui implorent le respect

Amsterdam et Maui : deux destinations qui mettent les bouchées doubles pour sensibiliser les voyageurs à adopter des comportements respectueux… et deux manières complètement différentes de s’y prendre.  

Exiger de la considération

La capitale des Pays-Bas fait face depuis de nombreuses années à des défis liés à une fréquentation élevée, particulièrement en saison haute. Les comportements nuisibles de certains touristes affectent notamment la quiétude des communautés locales. Dans le passé, plusieurs campagnes marketing ont soulevé cet enjeu, dont « Enjoy & Respect » et « We live here » (lire aussi : Profiter de la crise pour réinventer le tourisme et la ville).  

Plus récemment, la destination a adopté un discours beaucoup plus direct. La plus récente campagne, nommée « Stay Away », demande aux voyageurs, plus spécialement aux jeunes hommes britanniques turbulents, bruyants et venus faire la fête, de rester à la maison s’ils comptent être irrespectueux à leur sortie des bars. Il va sans dire que cette annonce a été reçue de manière assez mitigée, certains accusant Amsterdam de faire preuve de xénophobie.  

Si ce segment de clientèle est le premier visé, il est probable qu’aucun Européen ne soit à l’abri de cette stratégie de communication qui vise à modifier les comportements irrespectueux. Selon les autorités locales, la campagne pourrait aussi s’étendre aux touristes d’autres pays d’Europe si le contexte l’exige. 

Privilégier la guérison

La démarche marketing utilisée par Maui est différente. Les autorités locales souhaitent sensibiliser les visiteurs à la situation traumatique vécue récemment par la population en regard des feux de forêt. Elles partagent des conseils sur les comportements à éviter pour respecter les communautés d’accueil durant cette période particulièrement éprouvante. 

Le Office of Wellness and Resilience, l‘Hawaiian Tourism Authority (HTA) et le comté de Maui se sont associés pour créer des dépliants d’information et des panneaux d’affichage qui énoncent des conseils pour un voyage empreint de compassion. Les brochures sont distribuées aux visiteurs, aux compagnies aériennes, aux établissements d’hébergement, aux sociétés de location de voitures, aux commerces, aux restaurants, ainsi qu’aux voyagistes.

Source: Hawaiian Tourism Authority (HTA) 

Voici quelques recommandations véhiculées :  

– Évitez de poser des questions personnelles liées à la catastrophe aux habitants. Même si les intentions sont généralement bonnes, de nombreux survivants ne sont pas prêts à partager leur expérience avec d’autres. 

– Évitez de visiter la ville de Lahaina et ne prenez pas de photos de la zone. Cette dernière est interdite d’accès, car les conditions peuvent être dangereuses pour la santé. Respectez la vie privée des survivants et la dignité de ceux qui ont perdu la vie. 

– Ne cherchez pas à assister à une cérémonie commémorative ou à un rassemblement privé, car vous serez prié de quitter les lieux. Respectez les survivants et ne prenez pas de photos ou de vidéos. 

Une conduite synonyme de développement durable

Les campagnes marketing sont certainement une manière intéressante de sensibiliser les voyageurs aux défis que vivent certaines destinations. Adopter des comportements qui respectent les communautés d’accueil, voilà un grand pas vers un tourisme plus durable. 

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Hébergement Technologies

La cybersécurité des hébergements touristiques, un indispensable

Depuis quelques années, la transformation numérique facilite l’infiltration de pirates informatiques dans les bases de données des hôtels. Bien qu’utiles et appréciés des clientèles, les systèmes de réservation basés sur des applications mobiles ou des plateformes en ligne, le wifi et les clés électroniques créent de nouvelles vulnérabilités. 

En décembre 2022, des pirates informatiques attaquaient les réseaux du groupe allemand H-Hotels. Résultat : les cybercriminels ont été en mesure de voler des données, notamment les noms des clients, ainsi que leurs courriels. De son côté, le groupe Marriott a connu trois violations de données publiquement reconnues en l’espace de quatre ans. Celle de 2018 a touché 500 millions de personnes, alors que celle survenue en mars 2020 a exposé les détails des comptes de pas moins de 5,2 millions de clients. La plus récente, provoquée en 2022, s’est soldée par une perte de 20 giga-octets de données sensibles. La même année, le groupe IHG et l’entreprise Sonder ont aussi été victimes d’infractions semblables. Comment se défendre ?  

Savoir reconnaître les brèches

Les systèmes informatiques comportent plusieurs failles qui facilitent l’intrusion des pirates. Savoir les identifier est un premier pas vers la sécurisation des opérations. En voici quelques-unes :  

– Les installations wifi non protégées ou mal configurées ; 

– Les courriels contenant des liens vers des logiciels malveillants ; 

– Les mots de passe non complexes ou enregistrés ; 

– Les applications mobiles non sécurisées qui permettent la réservation, l’enregistrement ou le paiement d’un séjour ; 

– Les robots conversationnels (chatbots) mal programmés qui utilisent l’intelligence artificielle (IA).

Ces technologies sont aussi vulnérables aux hameçonnages *. 

La main-d’œuvre elle-même représente aussi un risque, bien malgré elle. C’est davantage le cas pour le secteur touristique qui embauche en grande partie des employés saisonniers. Le roulement de personnel complique le maintien d’une formation homogène et actualisée en matière de cybersécurité. De plus, les nouveaux employés ne connaissent pas nécessairement toutes les équipes de travail en place. De prime abord, un courriel piraté qui semble provenir d’une directrice n’apparaît pas suspect.  

Des répercussions, peu importe la taille

Tous les joueurs sont à risque. Les petits hébergements manquent parfois de ressources pour prioriser la protection de données, tandis que les grandes chaînes représentent des cibles attrayantes. 

Les petits comme les grands joueurs sont à risque. Les auberges ou les gîtes manquent parfois de ressources pour accorder la priorité à la protection de données, tandis que les grandes chaînes représentent des cibles attrayantes parce qu’elles gèrent des millions de dossiers comportant les informations personnelles et financières des clients. De nombreuses répercussions guettent les hôteliers qui ne prennent pas les précautions nécessaires.  

Impacts directs d’un vol de données : conséquences financières liées au remboursement de rançons ou aux pertes de clients en cas de panne des systèmes de réservation ou d’interruption de services.  

Impacts indirects d’un vol de données : diminution de la fidélité des clients et atteinte à la réputation d’une marque ou d’un établissement en particulier.  

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Comment sécuriser l’infrastructure informatique ?

La sécurisation de l’infrastructure informatique des établissements d’hébergement est primordiale. Voici quelques recommandations d’actions :  

– Détenir un pare-feu qui protège le réseau contre les tentatives d’intrusion externes, le vol de données, la diffusion de logiciels malveillants (malwares) et les attaques DDoS ** ; 

– Configurer de manière professionnelle l’infrastructure informatique et détenir un antivirus qui protège contre les courriels indésirables ainsi que les tentatives d’hameçonnage ; 

– Choisir des outils de sécurité capables de détecter les menaces générées par l’IA ; 

– Effectuer des tests de vulnérabilité et mettre à jour les composantes de l’infrastructure informatique régulièrement ; 

– Désactiver l’accès à Internet si ce n’est pas une priorité pour certains appareils. 

La formation des employés, un essentiel

Savoir se défendre contre les cyberattaques nécessite une préparation, une planification, une collaboration et un travail d’équipe. Il s’agit d’une démarche holistique impliquant l’ensemble des membres du personnel.  

Une étude de 2023 effectuée par la société de sécurité informatique KnowBe4 a révélé que plus de 33 % des personnes non formées sont susceptibles d’échouer à un test d’hameçonnage. Offrir un processus de formation continue est donc plus que nécessaire. Il convient d’instaurer une démarche en interne ou de solliciter des experts en la matière qui proposent notamment des formations en sensibilisation à la cybersécurité et en protection de données ainsi que des simulations d’hameçonnage. Le Centre canadien pour la cybersécurité s’avère une source fiable donnant conseils et avis à l’intention des petites et moyennes entreprises.  

Il convient également de sensibiliser le personnel à limiter l’utilisation de leurs appareils personnels pour le travail. Selon les résultats de l’enquête 2023 menée par l’organisation Agency, 80 % des personnes ayant un poste de direction sont susceptibles d’envoyer régulièrement des courriels liés au travail à partir de leurs propres téléphones portables ou ordinateurs. Toutefois, ces outils ne sont pas forcément équipés des mesures de sécurité installées sur les équipements de l’hôtel. Dans ce cas-ci, il peut s’avérer judicieux d’élaborer des politiques entourant l’envoi de messages ou d’élargir la sécurisation des appareils (lire aussi : La cybersécurité au temps du télétravail).  

Le secteur de l’hôtellerie en est un de bienveillance. Saurez-vous protéger vos clientèles ?   

 

*L’hameçonnage (ou phishing) consiste à se faire passer pour une personne de confiance ou une organisation connue pour obtenir des informations sensibles et confidentielles. Un pirate informatique peut prétendre être un robot conversationnel pour tromper les utilisateurs. 

**Les attaques DDoS (ou attaque par déni de service distribué) tentent de rendre un site Web (ou un réseau) indisponible en l’inondant de trafic malveillant, l’empêchant ainsi de fonctionner. En hôtellerie, ce type de violation peut provoquer une panne au niveau des systèmes de réservation. 

 

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Gestion Tourisme durable

Un défi pour réduire le gaspillage alimentaire

Le gaspillage alimentaire représente un enjeu de taille pour les entreprises du secteur de la restauration. En plus d’entraîner des pertes monétaires importantes, il contribue à accentuer les effets des changements climatiques.

VisitScotland, en collaboration avec Zero Waste Scotland, a récemment mis de l’avant une initiative visant à soutenir les petits et moyens établissements aux prises avec cet enjeu. D’une durée de quatre semaines, le Food Waste Challenge consiste à réduire au maximum le gaspillage de nourriture, tant les déchets d’assiette, que ceux de préparation.

En s’inscrivant, les participants reçoivent une boîte à outils comprenant les différentes étapes du défi, ainsi que la marche à suivre pour chaque semaine :

– Première semaine: évaluation de la situation selon les données et les informations que détient le restaurant ;

– Deuxième semaine: évaluation de la performance en mesurant la quantité de déchets produits et leur provenance ;

– Troisième semaine: analyse des résultats afin d’identifier les possibilités d’amélioration et de réduction de coûts ;

– Quatrième semaine: élaboration d’un plan d’action pour comparer les coûts et les bénéfices de chaque solution et en évaluer la priorité.

Ils ont aussi l’occasion d’accéder gratuitement à des ressources d’experts en la matière. Les intéressés peuvent également obtenir une balance alimentaire commerciale les aidant à mesurer les quantités de déchets et à déterminer de quels types il s’agit. Au terme du défi, les restaurants participants sont invités à partager leur expérience sur les médias sociaux avec le badge illustrant le passage de l’épreuve.

La destination n’en est pas à sa première initiative en la matière. En 2022, VisitScotland lançait le projet pilote Hospitality Zero avec comme objectif d’aider gratuitement les entreprises du secteur de l’hôtellerie et de la restauration dans leur démarche de réduction des déchets alimentaires. Pour ce faire, l’OGD a fait appel à la société Mabbett pour la réalisation d’un diagnostic servant à évaluer la performance des pratiques en cuisine de six établissements de la région du Grand Glasgow. Les entreprises participantes ont reçu par la suite un plan d’actions ciblées, adapté à chacune d’entre elles.

Hospitality Zero a permis d’identifier des économies potentielles de 26 307 livres sterling (environ 45 000 $) allant de 2 000 à 9 000 livres sterling (3 400 $ à 15 300 $) par établissement ayant pris part au projet. Les solutions envisagées pourraient permettre d’éviter jusqu’à 13,5 tonnes de déchets alimentaires chaque année.

Une telle démarche est de plus en plus nécessaire dans un contexte climatique et économique qui influence le coût des aliments. Serait-ce envisageable au Québec ?

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