Catégories
Tourisme durable

Calculer les émissions de GES : le temps presse !

Rappel de l’objectif : Réduire les GES à zéro

L’industrie touristique génère environ 8 % des émissions mondiales de GES. Le transport compte pour 75 % de celles-ci. La Déclaration de Glasgow pour l’action climatique dans le tourisme (2021) exige des signataires qu’ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de moitié d’ici 2030 pour parvenir à zéro carbone le plus tôt possible avant 2050. L’objectif : maintenir la hausse des températures sous les 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels (1850-1900). À ce jour, cette augmentation s’élève à 1,2 °C. Au rythme actuel d’émissions, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime qu’il y a une chance sur deux pour que le seuil de 1,5 °C soit atteint dès 2030-2035. L’étau se resserre… 

Dernier appel pour les organisations à destination de 2050 : il faut réduire les émissions de GES de 50 % d’ici 2030, atteindre zéro émission au plus vite ! 

Au moment d’écrire ces lignes, 867 organisations touristiques se sont commises, dont 22 canadiennes, parmi lesquelles figure Destination Québec Cité. Chaque signataire de la déclaration de Glasgow pour l’action climatique en tourisme s’engage à présenter un plan en fonction de cinq axes d’intervention communs. 

1. Mesure 

2. Décarbonation 

3. Régénération 

4. Collaboration 

5. Financement 

Ce plan permet d’assurer le suivi vers l’atteinte des objectifs. La mesure de l’action climatique constitue ainsi le premier axe.  

Mesurer les émissions de GES de l’industrie touristique

Le calcul des émissions de GES représente l’indicateur clé de la mesure de l’action climatique pour tous les milieux. Le tourisme ne fait pas exception. Cet exercice pose un certain nombre de défis. L’industrie touristique est un écosystème complexe, composé de plusieurs secteurs très variés qui se chevauchent. L’Organisation mondiale du tourisme, désormais connue sous le nom d’ONU Tourisme, présente des approches dans le but d’obtenir éventuellement un consensus autour d’un modèle qui pourrait être applicable à la plupart des secteurs de l’industrie touristique. Cela permettra de faciliter, d’accélérer et de surveiller les progrès liés à l’action climatique et la réduction des émissions pour les années à venir.   

En attendant, les outils de mesure se développent à petite comme à plus grande échelle. On observe notamment des regroupements d’entreprises qui élaborent des modèles conjoints, ou encore des organisations qui font appel aux services de fournisseurs spécialisés. Aussi, des destinations proposent des grilles de calcul pour leurs entreprises touristiques.   

Un cadre

Ces méthodes de calcul doivent correspondre aux normes établies. Le World Resources Institute est l’initiateur de l’élaboration de la Norme de politique et d’action dans le cadre d’un protocole GES (GHG Protocol), soit une norme internationale pour estimer et communiquer l’évolution des émissions et absorptions résultant de politiques et d’actions en ce sens.  

L’hébergement : un milieu bien outillé

En 2012, le World Travel & Tourism Council (WTTC), l’International Tourism Partnership (aujourd’hui le Sustainable Hospitality Alliance) et 23 partenaires internationaux ont lancé l’Hotel Carbon Measurement Initiative (HCMI). Le HCMI a été initialement révisé par l’un des partenaires du GHG Protocol puis mis à jour en 2021 pour adhérer aux exigences actuelles. Il s’agit, encore aujourd’hui, de la méthode la plus connue et la plus utilisée pour le calcul du bilan carbone du milieu de l’hôtellerie. Le HCMI est employé par plus de 30 000 hôtels dans le monde. Il s’agit, grosso modo, de compléter un tableur Excel préformaté. Mais de nombreux autres outils existent. De grandes chaînes ont développé leur propre méthode de calcul des GES, d’autres font appel à des services privés. 

Image : Exemple de tableur de calcul des GES avec l’outil HCMI.  

Source : Sustainable Hospitality Alliance 

Les destinations : des modèles émergent

Selon ONU Tourisme, les organisations de gestion de la destination (OGD) sont les secteurs les moins bien outillés en matière de guides uniformisés de mesures des GES. Car au-delà de tenter de calculer l’ensemble des émissions à l’échelle de la destination, des OGD cherchent à accompagner leurs membres et à leur offrir des outils et des guides. C’est le cas de Visit Finland et de Visit Scotland. 

L’outil de Visit Finland

La Finlande a pour ambition de devenir le leader en matière de tourisme durable d’ici 2025. Dans cette optique, Visit Finland offre un outil pour aider les entreprises touristiques à calculer et à suivre l’évolution de leur empreinte carbone. Le calculateur de GES, disponible en ligne pour les membres de l’OGD, fonctionne avec les données de consommation auxquelles le système attribue un coefficient d’émission. Lorsque tous les indicateurs sont intégrés au système, l’entreprise obtient son empreinte carbone. Une trousse de l’utilisateur (regroupant documents en ligne et vidéos) permet d’accompagner l’entreprise dans cet exercice.  

Source: Visit Finland 

Visit Finland offre une formule simple pour les entreprises qui souhaitent procéder au calcul de leurs émissions de GES. Elles doivent fournir les données relatives aux éléments suivants : 

  • Consommation d’énergie (électricité, chauffage et climatisation, carburant pour l’entretien de la propriété, etc.) 
  • Déchets (poids)  
  • Carburant pour les véhicules (kilomètres ou quantité de carburant) 
  • Achats (euros ou quantité d’achats effectués) 

On précise que ces informations sont habituellement disponibles sur les relevés de consommation ou les factures d’électricité, de ramassage des déchets, etc. Dépendamment de la disponibilité des données, cet exercice peut prendre quelques heures pour une petite entreprise ou quelques jours, tout au plus. La mise en place des renseignements de base pour le premier calcul est laborieuse, mais le travail est ensuite fait pour les années subséquentes.   

Lorsque tous les éléments demandés sont intégrés, l’outil procède au calcul des émissions annuelles, en se basant sur la structure de l’entreprise, en phase avec la norme du GHG Protocol et avec une variété d’indicateurs clés. Voilà un outil qui permet aux entreprises d’établir un point de départ, de fixer des objectifs de réduction et de mettre en place des mesures pour y arriver.  

Mesurer les GES des offres touristiques

On observe aussi depuis déjà quelques années la propension de certaines entreprises à partager avec la clientèle l’empreinte carbone de leurs offres touristiques. C’est le cas d’Intrepid Travel, par exemple, qui le fait pour chacun de ses itinéraires. Le festival OYA, en Norvège, s’est allié à Klimato pour mesurer et afficher la quantité d’émission de GES de chacun des plats offerts par les kiosques alimentaires de l’événement. Voilà une bonne façon de sensibiliser les clients au poids écologique de leur choix.  

Source Facebook/Klimato 

Dernier appel

L’industrie touristique, comme tous les autres secteurs, doit réduire ses GES rapidement. La mesure de cette empreinte constitue un premier pas vers une meilleure compréhension de ce qu’elle représente.  

Dernier appel pour les organisations à destination de 2050 : il faut réduire les émissions de GES de 50 % d’ici 2030, atteindre zéro émission au plus vite ! Le Québec doit emboîter le pas !  

Image à la une : Unsplash

Catégories
Produits et activités Tourisme durable

Les vignobles en réaction aux effets des changements climatiques

La production viticole québécoise gagne du terrain d’année en année. Selon le Conseil des vins du Québec, le nombre de producteurs est passé de 85 en 2010 à 165 en 2022. L’association envisage que le nombre de bouteilles produites doublera d’ici 2030.

Cela dit, le secteur vit actuellement des défis importants en lien avec les changements climatiques. Les vignobles d’un peu partout dans le monde ont lourdement été happés par les phénomènes météorologiques en 2023. Ces événements, parfois très imprévisibles et instables, perturbent la viabilité des cultures, ainsi que la quantité et la qualité de la production. Selon un reportage de Radio-Canada, « un rapport publié en février par Wine Growers BC estime que la récolte ne représentera que 1 % à 3 % des niveaux normaux, ce qui signifie une perte presque complète de la production de 2024. Les pertes de revenus pourraient atteindre 346 millions de dollars pour les vignobles et les établissements vinicoles ». Plusieurs vignerons et acteurs clés du milieu réagissent à cet enjeu.

En mode action pour trouver des solutions

Les démarches pour tenter de contrebalancer l’impact des phénomènes météorologiques dévastateurs sont variées. Par exemple, les producteurs de la zone viticole de la Valpolicella, en Italie, ont recourt à d’anciens cépages dans le but de réintroduire des variétés qui avaient été mises de côté au cours des décennies précédentes. Elles pourraient posséder des caractéristiques intéressantes dans le contexte actuel, telles que la tolérance à la sécheresse, la maturité tardive, une acidité naturelle élevée et un flétrissement lent.

Des variétés de raisins qui avaient été mises de côté au cours des décennies précédentes pourraient posséder des caractéristiques intéressantes dans le contexte climatique actuel.

De son côté, le Vignoble de l’Orpailleur, dans les Cantons-de-l’Est, tente de faire pousser de nouveaux cépages qu’il était auparavant impossible de cultiver au Québec. Le Vignoble du Ruisseau, situé dans la même région, utilise un procédé de géothermie pour protéger ses vignes durant la saison froide. Le contexte s’avère donc l’occasion de tester des pratiques novatrices et d’agir avec intuitivité.

Pour une plus grande anticipation, ils sont nombreux dans le domaine à impliquer le milieu de la recherche. Voici deux exemples inspirants.

 

Faire appel à la recherche

Le Conseil interprofessionnel de Bordeaux (CIVB) investit 1,2 million d’euros par an dans des recherches sur l’impact des changements climatiques sur la viticulture. À ce jour, plusieurs techniques sont testées : augmentation de la biodiversité par la plantation d’arbres et de haies, assemblage de plusieurs variétés de raisins, viticulture de précision parcellaire avec une gestion du couvert végétal, adaptations des densités de plantation, etc.

Au Québec, le Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel (CRAM) a développé des toiles géotextiles qui permettent d’abrier les vignes lors d’épisodes de grêle ou de gel/dégel. Cette solution remplace l’astuce d’allumer des feux sur les terres pour conserver la chaleur au sol. De plus, l’organisme conduit actuellement une recherche pour tenter de comprendre les processus de résistance de la vigne au froid.

Source : Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel (CRAM)

L’adaptation aux effets des changements climatiques passe notamment par la mise en place d’actions concrètes en développement durable. Le Chili représente un bel exemple.

Éduquer les clientèles

Les entrepreneurs viticoles de la vallée de Casablanca au Chili et le gouvernement local ont récemment élaboré un accord de production durable par lequel ils cherchent à améliorer la gestion et les performances environnementales des vignobles. Près d’une trentaine d’exploitations participent au projet qui bénéficie, notamment, du soutien des ministères de l’Agriculture, de l’Énergie, de l’Environnement et de la Santé ainsi que de la municipalité de Casablanca.

À titre d’exemple, le Matetic Winery, récipiendaire du Best of Wine Tourism Awards dans la catégorie Sustainable Wine Tourism Practices en 2023, mise sur l’apprentissage et l’éducation des clientèles au sein de son entreprise. Les visiteurs sont amenés à comprendre les étapes de fabrication du vin lors d’ateliers. Selon la direction, toute offre œnotouristique devrait inclure une partie de sensibilisation aux différents enjeux de durabilité liés à la viticulture. De ce fait, les amateurs seront mieux outillés pour faire des choix responsables. Le vignoble chilien a également exclu l’usage d’engrais chimiques synthétiques pour ses cultures. L’ensemble des infrastructures ont été conçues à partir de matériaux recyclés et écoénergétiques.

Source : Matetic Winery

Diversifier pour prolonger la saison touristique

La diversification des activités est une avenue permettant aux vignobles d’allonger leur saison touristique et d’ajouter de nouvelles sources de revenus. Le développement d’une offre corporative (Two Sisters Vineyards (Ontario) et Le Cep d’Argent (Magog)) est un bon moyen de rester actif à l’année. Voici en rafale d’autres idées pour animer les domaines pendant ces périodes.

  • Printemps : offrir des activités en préparation à l’été. Certains vignobles proposent des activités de taille de vigne ou des ateliers d’ébourgeonnage (débarrasser la vigne de certaines pousses indésirables) permettant aux clientèles d’en apprendre sur ces étapes essentielles à l’entretien des cultures. C’est le cas notamment du Vignoble Alain Robert et du Domaine Pierre & Bertrand Couly, situés en France.
  • Automne : mettre à l’honneur les vendanges. De nombreux ateliers, forfaits, activités bénévoles ou journées thématiques permettent aux clientèles de se mettre dans la peau d’un vigneron et de participer aux récoltes. Les vignobles Rivière du Chêne (Laurentides), Domaine & Vins Gélinas (Mauricie), Le Chat Botté (Montérégie), de l’Orpailleur (Cantons-de-l’Est) et Saint-Gabriel (Lanaudière) représentent de bons exemples.
  • Hiver : animer la saison froide. Visit Calistoga, en Californie dans la vallée de Napa, a relancé en décembre 2023 pour une 14e année consécutive le Winter in the Wineries Passport. Les détenteurs du laissez-passer de 75 $ bénéficient de dégustations gratuites dans les domaines viticoles participants, ainsi que de réductions dans les hébergements, les spas et les boutiques de la région.

Les solutions aux impacts des changements climatiques sont de plus en plus nombreuses. Pour assurer la durabilité du secteur et des expériences touristiques qui en découlent, il s’agira de s’adapter, mais surtout de se renouveler.

Image à la une : Pexels

Catégories
Tendances Tourisme durable

2023 : une prémisse aux effets des changements climatiques ?

Le Québec a été particulièrement frappé par les événements météorologiques extrêmes en 2023 : feux de forêt, épisodes de pluie verglaçante, inondations, vagues de chaleur, tornades, etc. Ces phénomènes génèrent des coûts sociaux importants (dépression, perte d’emploi, stress financier, physique et psychologique, etc.). D’après le Baromètre de l’action climatique, près d’une personne sur trois (31%) déclare être « fatiguée d’entendre parler des changements climatiques ». Le Baromètre de la consommation responsable expose un constat semblable : les Québécois en ont assez d’entendre parler d’environnement. 

Cela dit, selon Philippe Gachon, directeur général du Réseau Inondations InterSectoriel du Québec (RIISQ), les événements météorologiques extrêmes ne feront qu’augmenter dans les années à venir. D’autres spécialistes, tels qu’Alain Bourque, directeur général du Consortium Ouranos et Yannick Hémond, professeur au Département de géographie de l’UQAM, mentionnent qu’ils seront plus fréquents et surtout plus forts, plus soudains et plus soutenus. 

Une enquête réalisée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023 montre que 10 % des voyageurs québécois ayant voyagé au Québec à l’été 2023 ont dû modifier un séjour en raison d’événements météorologiques extrêmes. L’évolution soutenue de la situation climatique porte à croire que ce type de comportement sera de plus en plus observé dans les années à venir. Ce contexte représente déjà un défi pour les prestataires touristiques. En effet, d’après l’enquête trimestrielle de performance de l’industrie effectuée par la Chaire pour le compte du ministère du Tourisme du Québec, quelque 58 % des entreprises touristiques québécoises sondées considèrent que les conditions météorologiques de l’été 2023 ont exercé une influence négative sur l’achalandage de leurs organisations. 

Comment, en tant qu’entreprise ou destination, accompagner les voyageurs à travers ce blizzard d’impondérables et limiter l’impact des changements climatiques sur le territoire et les communautés ?  

Offrir une protection météo

L’industrie touristique est très sensible à la météo ; le mauvais temps peut rapidement créer des déceptions chez les voyageurs. Parfois, certains raccourcissent même leur séjour lorsque celle-ci ne répond pas à leurs attentes. Il faut dire que la situation ne risque pas de s’améliorer avec la progression des effets des changements climatiques.  

Le Renwick Hotel à New York joue sur cet aspect pour attirer les clientèles dans son établissement. L’hôtel offre à ses clients une « assurance météo » grâce à un partenariat avec l’entreprise spécialisée en technologies climatiques, Sensible Weather. Lorsqu’ils réservent leur séjour, les voyageurs ont la possibilité d’ajouter la garantie (d’une vingtaine de dollars par jour) au montant de leur facture. En cas de pluie pendant plus de deux heures entre 9 heures et 19 heures, le coût total de la chambre leur est remboursé. Les clients reçoivent à cet effet un message texte les informant à la fois du mauvais temps et du montant de leur remboursement. Ils n’ont naturellement pas la possibilité d’annuler leur voyage à l’avance en se fiant aux prévisions météorologiques. Sensible Weather couvre plusieurs autres intempéries, tels que les vents violents, la mauvaise qualité de l’air ou les températures extrêmes et fait affaire avec diverses autres entreprises touristiques, dont Campsited, un réseau de distribution qui permet la réservation de séjours en camping. 

Source : Sensible Weather 

Déployer un plan de gestion des risques météorologiques et climatiques

L’objectif du plan 2017-2027 de l’Irlande est de surveiller, d’analyser et de prévoir l’évolution de la météo et du climat au sein du pays. Chapeautée par Met Éireann, le service météorologique de l’État, la stratégie se déploie en six axes, allant du soutien aux événements météorologiques à l’anticipation et à la prévention de certains phénomènes, comme les inondations. La réussite du plan est tributaire de la collaboration de plusieurs parties prenantes, dont des chercheurs et des intervenants des secteurs économiques dépendant de la météo, comme les transports, l’agriculture ou le tourisme. Plusieurs initiatives seront mises en place pendant ces dix années. En voici quatre :  

  • Construire un réseau de partenaires : faciliter l’échange continu de connaissances et l’apprentissage axé sur la façon dont les services météorologiques peuvent soutenir la prise de décision des entreprises. 
  • Produire des services météorologiques et climatiques adaptés à la demande et aux secteurs : simplifier la prise de décision en matière de planification et de gestion des risques. 
  • Fournir des informations sur le climat : par l’intermédiaire d’un portail qui propose un ensemble de services climatiques élaborés en partenariat avec des agences et des organisations nationales et internationales. 
  • Communiquer efficacement les alertes et les avertissements d’inondation : assurer une sensibilisation du public aux risques d’inondation et aux mesures d’atténuation appropriées.

Concevoir des mesures d’atténuation

L’Île-de-France, une région située dans le centre-nord de la France où se trouve notamment la ville de Paris, a lancé son Plan d’adaptation aux changements climatiques en 2022, une stratégie à hauteur d’un milliard d’euros, divisée en trois axes et s’échelonnant jusqu’en 2030. L’objectif est de répondre aux effets des changements climatiques sur les écosystèmes, l’économie et la santé globale de la population. Pour être efficace et intégrer tous les secteurs concernés, la région adopte une approche transversale allant au-delà du tourisme. Plusieurs acteurs ont donc été consultés, dont le Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, la Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt, l’Agence régionale de santé, ainsi que la Fédération nationale des associations d’usagers des transports Île-de-France. 

Source : Pexels 

De nombreux projets sont en cours. À ce jour, 36 îlots de fraîcheur urbains ont été créés. La destination prévoit également d’installer « des abris climatiques », soit des fontaines, des brumisateurs, des points de rafraîchissement et des espaces verts ou d’ombre accessibles rapidement en cas de canicule. La région se mobilise aussi pour réouvrir l’accès à la Bièvre (une rivière de près de 35 km de long) à la baignade. Cette initiative permettrait la réappropriation des berges par la communauté et valoriserait le patrimoine culturel et paysager. Elle envisage de planter près de deux millions d’arbres d’ici 2030 et de verser un million d’euros pour l’adaptation des forêts aux changements climatiques. 

Les possibilités sont nombreuses et surtout variées. Quelles sont les mesures les plus appropriées pour vos entreprises ou vos territoires ?  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

Image à la une : Adobe Stock

Catégories
Produits et activités Tourisme durable

Végétaliser ses installations : le cas du John Ball Zoo

Le parc animalier John Ball Zoo, situé à Grand Rapids, au Michigan, est très engagé dans une approche durable et responsable. Cet OBNL, dont la mission consiste à éduquer et encourager le public à s’impliquer dans la conservation de la nature sauvage, a reçu la certification Gold du système de classement Sustainable Sites Initiatives (SITES) pour l’un de ses secteurs. Cette certification a été rendue possible grâce, entre autres, aux efforts de verdissement du site 

Une approche humaine et verte

La direction du zoo s’impose la règle des 4 P : People, Planet, Profit, Prosperity. Les projets qu’on y développe doivent tenir compte de l’aspect humain et social, de l’environnement, de la santé financière de l’organisation et de sa durabilité dans le temps. L’organisme offre une foule d’activités et de tours spéciaux ainsi que la possibilité d’y tenir des événements privés qui lui permettent de financer, en partie, des projets de conservation et d’accessibilité pour tous. C’est notamment le cas du programme JUMP qui donne aux moins nantis de l’État du Michigan la possibilité de visiter le zoo gratuitement.  

La gestion des matières résiduelles (recyclage et compostage) et de l’énergie (géothermie, éclairage DEL, etc.) fait maintenant partie des bases en matière d’actions durables au John Ball Zoo. Plus récemment, l’organisme a réaménagé certains secteurs afin de les verdir — toitures et murs végétalisés — et ainsi faire place aux bienfaits d’un aménagement où la nature reprend ses droits.  

Un aménagement d’exception

C’est l’habitat des suricates, conçu il y a quelques années, qui a obtenu la certification Gold du système de classement Sustainable Sites Initiatives (SITES). Celui-ci reconnaît les aménagements paysagers durables de qualité exceptionnelle en matière de planification, de design, de construction et d’entretien. Il peut s’apparenter à la certification LEED, mais pour les aménagements extérieurs. Ceux certifiés SITES utilisent notamment moins de ressources par le recours à des composantes recyclées et durables et des matériaux locaux. Le John Ball Zoo est le premier parc animalier dans le monde à recevoir une telle distinction. 

Le secteur des suricates comprend, entre autres, une toiture végétalisée. Celle-ci permet notamment de filtrer et d’absorber les eaux pluviales. Elles sont acheminées vers un bassin puis réutilisées, en partie, pour l’arrosage. Le site comprend aussi des panneaux solaires afin d’alimenter l’éclairage extérieur permettant ainsi de réduire les coûts en énergie. 

Pour le confort de l’animal et le plaisir du visiteur

Tous les standards en matière de confort de l’animal, comme les conditions de lumière naturelle similaire à son environnement habituel, sont rehaussés. On s’assure que les espaces intérieurs et extérieurs soient tempérés. Ce décor apaisant offre des secteurs ombragés, des sites végétalisés et des aires de repos vertes et aérées. Pour ajouter au plaisir des visiteurs, une bulle de plexiglas a été intégrée au décor pour que les enfants puissent imiter le suricate tout en l’observant de près. 

Source : John Ball Zoo 

Comme l’indique le directeur des installations dans la vidéo ci-dessous, ce type de contact avec les animaux peut certainement contribuer à sensibiliser les jeunes à l’importance de conserver la nature et à les maintenir engagés. Il souligne aussi que les sentiers ont été conçus pour être accessibles aux personnes à mobilité réduite, une attention qui ne nécessite pas d’investissements supplémentaires majeurs lorsqu’un processus de réaménagement est déjà en cours.

Les multiples atouts de la végétalisation

En plus du verdissement du secteur des suricates, le zoo dispose de plusieurs murs et toits végétaux. Ces derniers améliorent la performance énergétique des bâtiments qu’ils recouvrent en les isolant du froid l’hiver et des canicules l’été. Ces toits et ces murs sont composés de plantes indigènes qui contribuent à la richesse de l’écosystème et à la conservation des pollinisateurs et des oiseaux. Les installations végétales favorisent aussi la rétention des eaux dans les sols et la capture du carbone. Elles constituent un atout esthétique stimulant pour tous les visiteurs et les employés du parc, étant donné les vertus thérapeutiques et de bien-être que procure le contact avec la nature.  

Source : John Ball Zoo 

Faire valoir les bienfaits

Les employés comme les visiteurs sont informés des efforts déployés par le zoo. Celui-ci transmet d’ailleurs de l’information, notamment à travers son système de signalétique, afin de communiquer les avantages de ses aménagements verts ainsi que certaines autres actions écoresponsables. Il s’agit d’une plus-value pour l’image de l’organisation, et d’une occasion d’inspirer et d’engager les visiteurs dans une voie plus durable. 

Des initiatives payantes 

En plus des toitures végétalisées, plusieurs initiatives ont permis de réduire la consommation d’énergie, comme des ventilateurs-récupérateurs ainsi qu’une installation géothermique. On estime que les coûts en chauffage et en climatisation ont enregistré des baisses de 60 % depuis 2002. Depuis cette même année, la consommation annuelle d’eau est passée de 83 millions de gallons à 20 millions, alors que le zoo a pris de l’expansion.  

Ces résultats incitent la direction du zoo à en faire toujours plus. Elle envisage la carboneutralité d’ici 2030. 

Image à la une : Facebook/John Ball Zoo 

Catégories
Ressources humaines

Vers du personnel vert ?

La transition verte stimule l’émergence de nouveaux secteurs économiques, comme la mobilité durable, les énergies renouvelables, la construction écoresponsable, et l’adaptation aux changements climatiques. Ces changements influencent les besoins de main-d’œuvre ainsi que les compétences et les connaissances requises sur le marché du travail. L’organisme ECO Canada estime qu’environ 37 % des besoins d’embauche d’ici 2025 nécessiteront des travailleurs et travailleuses ayant des compétences « vertes ». Deux catégories se dessinent : les emplois verts et les emplois verdissants. Quelle est la différence ? 

Emploi vert : 100 % de la fonction est consacrée à des tâches liées à l’environnement. 

Le Musée royal de l’Ontario compte dans son équipe un conservateur dédié exclusivement aux changements climatiques. C’est une première en Amérique du Nord. Par la programmation, l’éducation et les expositions, le Dr Soren Brothers sensibilise le public et incite les actions pour faire face à l’urgence de la situation et la durabilité.   

Emploi verdissant : métier dont la finalité n’est pas environnementale, mais qui intègre de plus en plus d’activités « vertes », jusqu’à ce qu’elles représentent au moins 50 % des tâches d’une personne.  

Le Bucuti & Tara Beach Resort à Aruba offre les services d’un concierge spécialiste en environnement. En plus de ses tâches habituelles, il fournit toute l’assistance et les informations nécessaires pour aider les visiteurs à compenser les émissions de carbone émises par leurs déplacements au cours de leur séjour. 

Plusieurs PME touristiques, surtout en contexte de pénurie de main-d’œuvre, gagnent à miser sur le verdissement de leurs emplois. Cette hybridation des compétences permet d’entreprendre concrètement une transition verte et de mobiliser le personnel vers un changement organisationnel durable. 

Image à la une : Pexels

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

Catégories
Hébergement

Gîtes et auberges : sur quoi miser ?

Les gîtes et les auberges ont plusieurs atouts (lire aussi : Les gîtes : comment mettre en valeur vos atouts) qui les différencient des hébergements collaboratifs, leurs grands rivaux. Cependant, leur présence en ligne demeure un défi majeur à ne pas négliger.  

Une enquête menée par la Chaire de tourisme Transat en novembre dernier révèle que 66 % des voyageurs québécois, ayant effectué un séjour d’une nuitée au Québec à l’été 2022, ont séjourné dans un établissement hôtelier (hôtel, motel, auberge ou gîte). Parmi ces répondants, près de 50 % ont réservé leur nuitée directement sur le site Web de l’établissement, tandis que 39 % ont utilisé une plateforme de réservation en ligne, comme Booking.com.  

Les hôtes auraient donc tout intérêt à être agiles sur le Web, notamment pour attirer une clientèle élargie, mais aussi pour se faire remarquer. Cela dit, dans une ère où les consommateurs sont exigeants et où la personnalisation du service prend de l’ampleur, il est judicieux d’innover pour se démarquer, tout en s’appuyant sur ce qu’on fait de meilleur.  

L’authenticité… un gage de réussite 

Les clientèles sont de plus en plus à la recherche d’expériences ancrées dans le territoire : elles veulent connaître les spécialités du coin ainsi que la communauté locale et ses coups de cœur. Cet aspect concorde avec la montée en popularité du tourisme lent (lire au si : L’évolution du Slow Travel ) : les voyageurs souhaitent aller à la rencontre des résidants, comprendre leur mode de vie et même nouer des liens avec eux. 

L’implication de l’hôte concorde avec cette quête ; son rôle d’ambassadeur de la destination lui permet de conseiller des lieux moins connus ou des activités authentiques et d’ainsi participer au développement touristique de sa région.  

Le cas de la Route des Pingouins 

La Route des Pingouins est un regroupement de gîtes et d’hôtels restaurants à prix abordables, longeant la Côte nord Finistère et les îles de Molènes et d’Ouessant, en Bretagne. Les hébergements sont situés dans d’anciens lieux patrimoniaux ou municipaux, valorisant ainsi l’identité bretonne. » 

L’objectif du fondateur était de redynamiser la côte en aménageant des lieux au profit des habitants et des touristes, en créant des emplois et en bâtissant des partenariats avec les entreprises limitrophes.   

Plusieurs établissements ont une vocation pédagogique permettant aux visiteurs d’en apprendre plus sur les savoir-faire régionaux. Par exemple, les chambres du gîte Les Pingouins du Phare, une ancienne école de pêche entièrement restaurée, ont été décorées avec l’aide du musée de Plouguerneau. Elles font revivre la vocation initiale du lieu en mettant en scène les métiers de pêcheur et de goémonier (personne spécialisée dans la récolte des algues marines).  

Source: La Route des Pingouins 

Le plein air… encore et toujours

Être implanté en milieu rural ou à proximité d’espaces naturels est un atout pour attirer les clientèles de plein air.

L’enquête de la Chaire de tourisme Transat révèle que 59 % des voyageurs québécois ont participé à une activité de plein air à l’été 2022. Être implanté en milieu rural ou à proximité d’espaces naturels est donc un atout pour attirer ce type de clientèle. Voici quelques astuces pour séduire les amateurs de tourisme de nature : 

– Travailler de pair avec les prestataires d’activités de plein air ou les parcs avoisinants pour proposer une offre complémentaire ;  

– S’intégrer dans des circuits ou des routes (longue randonnée, vélo…) (lire aussi : La randonnée de longue distance gagne du terrain) 

– Offrir, ou s’affilier à un organisme qui offre le prêt ou la location d’équipements de plein air (vélo, ski de fond, raquette…) ; 

– S’afficher auprès des clientèles de plein air. Par exemple, adhérer à la certification Bienvenue cyclistes ! ou Bienvenue randonneurs (pour les établissements des Cantons-de-l’Est et des Îles-de-la-Madeleine). 

Le cas de Destination Parcs 

Destination Parcs est une nouvelle plateforme développée par la Fédération des parcs naturels régionaux de France, en partenariat avec l’opérateur Odysway et l’incubateur Slow Tourism Lab. Elle permet la visualisation et la réservation de voyages en immersion dans la nature et valorise le patrimoine immatériel du territoire. Les expériences proposées sont jumelées à un gîte ou une auberge. Une description de l’hôte, de l’hébergement et des services offerts est fournie aux voyageurs.   

Source: Destination Parcs 

L’achat local… un intérêt grandissant

L’enthousiasme pour les produits locaux ne dérougit pas. Depuis 2020, les marques québécoises ont enregistré une hausse de 17 % des ventes en supermarché, selon un rapport de NielsenIQ publié en mai 2022. Par ailleurs, l’étude de la Chaire indique que plus du quart (28 %) des voyageurs québécois ont effectué une visite agrotouristique (ferme, marché de producteurs, autocueillette…) à l’été 2022.  

Comment les petits hébergements peuvent-ils profiter de cet engouement et potentiellement se positionner comme une adresse gourmande ? Voici quelques astuces : 

– Établir des partenariats avec les producteurs du coin (proposition d’expériences mixtes ou de forfaits) ; 

– Valoriser des aliments frais, locaux et de saison au menu du restaurant de l’établissement ;  

– Vendre certains produits provenant des récoltes des agriculteurs de la région ou ses propres créations culinaires (confitures, pains…). 

Le développement durable… évidemment  

Les clients s’informent et s’interrogent de plus en plus face aux démarches durables mises en place dans les lieux qu’ils fréquentent. En ce sens, il est nécessaire de bien communiquer (lire aussi : Comment communiquer ses actions responsables ses clients ?) ses actions aux clientèles via un médium accessible, soit un site Web ou directement sur place à l’oral ou au moyen d’affiches. Lorsque bien établies, ces stratégies peuvent aider à se différencier de la compétition, à fidéliser des clientèles ainsi qu’à améliorer son image, sa réputation et sa compétitivité.  

Par ailleurs, diverses plateformes alternatives aux grands réseaux de distribution voient le jour et mettent en valeur les plus petits joueurs ayant des visées environnementales. C’est notamment le cas de MooVert qui indique aux voyageurs le niveau d’écoresponsabilité, d’authenticité, de contribution au développement local et patrimonial, de confort et de services des établissements affichés sur l’interface.    

Source: MooVert 

Les gîtes et les auberges sont en mesure de répondre à un besoin qui prend de l’ampleur ; celui de vivre des expériences authentiques et porteuses de sens après une période qui nous en a privés (lire aussi : Cahier Tendances 2023) 

Saurez-vous miser sur l’une ou l’autre de ses démarches au sein de vos opérations ?  

Image à la une : Pexels

Catégories
Tourisme durable

L’écoresponsabilité dans le sang : le cas Shambala Festival

Le Shambala Festival a été mis sur pied il y a une vingtaine d’années, dans la région de Northamptonshire, en Angleterre. Le développement durable et responsable fait partie de son ADN. Les valeurs qui y sont associées transcendent chacune des activités et attirent une clientèle qui adhère à ces principes.  

Il se déroule annuellement sur quatre jours en août. Cet événement dévoile quelque 200 performances artistiques diverses sur 12 scènes et propose de nombreuses activités culturelles. Il attire chaque année quelque 15 000 visiteurs. 

Une approche innovante et inspirante

Les organisateurs mettent un point d’honneur à améliorer leur empreinte écologique chaque année. Ils se sont notamment débarrassés du plastique à usage unique et ils réussissent à recourir uniquement à des énergies renouvelables (dont le biodiésel, les énergies éoliennes et solaires) tout au long du déroulement du festival. Les actions mises en place sont parfois déstabilisantes pour les participants ou même pour les fournisseurs. Mais ces solutions durables sont gagnantes pour tous. Des fournisseurs en témoignent dans la vidéo ci-dessous 

Compenser c’est bien, choisir le vélo ou l’autobus, c’est mieux !

Comme le transport représente 90 % de l’ensemble des GES du festival, les organisateurs ont misé sur des offres attractives pour inciter les participants à s’y rendre autrement qu’avec leur voiture personnelle. En 2018, ils décident d’attribuer le quart de tous les billets du festival à des forfaits en autobus. Les participants qui les choisissent bénéficient d’une réduction de 20 £ (34 $ CAN) sur le billet du festival (qui se vend 226 £/adulte) en plus d’obtenir un accès plus rapide au site (fast track). On estime que cette initiative a permis de réduire de 10 % l’empreinte écologique du festival en un an seulement.   

Ceux qui s’y rendent à vélo avec l’entreprise Red Fox Cycling ont aussi droit à un rabais équivalent à 34 $ CAN sur le billet d’entrée. Ce partenariat permet d’offrir plusieurs circuits guidés à vélo au départ de certaines villes vers le festival (avec retour en autocar). Ceux qui préfèrent se rendre à vélo par eux-mêmes peuvent aussi profiter de quelques outils, comme des plans et des recommandations d’hébergement. Tous les cyclistes ont des privilèges à leur arrivée sur le site, comme des rabais sur les massages et un endroit sécurisé gratuit pour leur monture le temps de l’événement. Plusieurs autres options de transport sont présentées sur le site Web du festival.  

Nourriture et boisson : éthique et végé

Depuis son virage alimentaire, le festival génère environ 100 tonnes de gaz à effet de serre de moins par année.  

Comme la consommation de viande génère beaucoup de dommages environnementaux, le virage vers une alimentation végétarienne devenait un incontournable pour les organisateurs. Depuis 2016, le festival ne sert que de la nourriture sans viande ni poisson. La directrice des communications souligne que l’annonce de ce changement a créé un tollé sur les médias sociaux. Les gens clamaient que la façon de se nourrir relevait d’un choix personnel.  

Mais ces détracteurs n’étaient visiblement pas des adeptes du festival, puisqu’un sondage réalisé auprès des participants à la suite de la première édition végétarienne a révélé que 77 % des répondants étaient en faveur du maintien de l’offre alimentaire sans viande et sans poisson. L’année suivante cette proportion s’est élevée à 94 %. En 2019, seulement 0,3 % des répondants voulaient revoir la viande au menu. Depuis ce virage alimentaire, le festival génère environ 100 tonnes de gaz à effet de serre de moins par année.  

Des efforts récompensés

Depuis ses débuts il y a une vingtaine d’années, le festival a réduit son empreinte carbone de près de 90 %. Il a d’ailleurs récolté de nombreuses récompenses dont celle de l’Innovation Award au 2018 UK Festival pour ses pratiques durables innovantes. Au fil des années, les valeurs véhiculées par le Shambala Festival ont entraîné la création d’une communauté fidèle et engagée. L’événement profite aujourd’hui d’une réputation enviable à titre d’événement novateur et porteur d’avenir.   

Ce texte a été rédigé dans le cadre d’un partenariat de veille avec Événements Attractions Québec. La version complète est disponible sur le blogue d’ÉAQ

Ce projet de collaboration est rendu possible grâce à la participation financière de :

Image à la une : Shambala Festival/Facebook

Catégories
Tendances

L’heure est à la responsabilisation !

La société est aujourd’hui plus informée que jamais. Avec l’étendue de ces connaissances viennent des obligations, tant pour les consommateurs que pour les organisations. Dans ce contexte, endosser des comportements ou mécanismes qui vont à l’encontre de ce qui est acceptable, d’un point de vue social comme environnemental, tend à être révolu.   

La crise climatique actuelle force chaque partie prenante à accélérer la mise en place de mesures concrètes et efficaces à long terme. Les inégalités sociales et économiques placent sous les projecteurs les autres dimensions du développement durable ; jamais n’a-t-on autant parlé d’équité, de diversité et d’inclusion. Acteurs touristiques et voyageurs doivent regarder dans la même direction et prendre part à un tourisme plus conscientisé et respectueux 

Des consommateurs peu actifs, mais informés

Les voyageurs québécois souhaitent voyager de façon plus responsable. Cependant, peu d’entre eux choisissent un hébergement ou un attrait en raison de leur orientation durable (22 %) ou payent pour compenser les émissions de gaz à effet de serre émises lors de leurs déplacements (10 %).  

Cette situation est similaire au niveau international. Selon une étude menée par Booking, un peu plus de 70 % des voyageurs interrogés désirent faire plus d’efforts pour voyager de manière responsable en 2023. Il existe encore toutefois des écarts importants entre leurs intentions et leurs comportements. Par exemple, une minorité d’entre eux recherchent activement des hébergements durables ou des transports moins polluants lors de leur planification de voyage.  

Cela dit, les clientèles qui souhaitent réellement modifier leurs habitudes pour adopter des comportements plus responsables sont de plus en plus outillées pour le faire. De nombreuses organisations facilitent les démarches des consommateurs, que ce soit à l’étape de l’inspiration, de la planification ou de la réservation. Maintenant qu’elles pavent la voie, il devient de plus en plus facile pour les clients de passer à l’action et de faire preuve de responsabilisation, même s’il reste encore beaucoup à accomplir. 

Des organisations multiresponsables

Un peu plus de 90 % des entreprises touristiques québécoises qui s’intéressent au développement durable ont implanté des pratiques responsables au sein de leur organisation par conviction personnelle. 

La responsabilité sociale et environnementale des entreprises est de plus en plus importante ; les gestionnaires perçoivent un intérêt clair de leur clientèle envers des produits et des services durables. Ces dernières s’attendent ainsi à ce que les organisations offrent des options durables, fassent preuve de transparence, soient inclusives, proposent une expérience candidat et employé irréprochable, tout cela, en conservant un service à la clientèle impeccable. En somme, les attentes des consommateurs n’ont jamais été aussi élevées. 

Source : Pexels

En ce sens, la bienveillance, le respect et l’accueil de la différence font partie des valeurs clés véhiculées par les organisations responsables. La pénurie de main-d’œuvre incite les employeurs à adopter un style de gestion qui place l’humain au cœur des décisions. De plus, nombreuses sont les entreprises qui accordent la priorité à des campagnes marketing inclusives et qui proposent des expériences adaptées à une clientèle élargie. Pour d’autres, cela se traduit par l’adoption d’initiatives responsables au sein des opérations, à travers la sensibilisation de la clientèle ou par l’adaptation des orientations de l’organisation, par exemple.  

Bien que le développement durable fasse partie intégrante des priorités opérationnelles des organisations québécoises, son intégration n’est pas encore clairement définie. Les plans d’action demeurent abstraits, voire absents. Le secteur continue ainsi de faire face à des défis de structuration importants. 

La destination de l’avenir : informée, mobilisatrice et responsable

Le rôle des organisations de gestion de la destination (OGD) évolue de manière à redonner à la communauté et à l’environnement naturel, qui constitue d’ailleurs bien souvent l’une des principales motivations de voyage. Réelle plaque tournante de la connaissance, l’OGD acquiert et fait circuler l’information pertinente aux visiteurs, comme aux entreprises. Elle devient experte dans l’utilisation de données au service de la clientèle, par exemple en personnalisant des offres basées sur des profils dominants ou en suggérant des activités alternatives. Elle se sert également des données pour guider les membres vers un développement plus durable (meilleure gestion des flux touristiques, protection des milieux sensibles) et créer un réel avantage concurrentiel.  

Les OGD, en plus d’assumer leur rôle marketing, assurent un développement conscient du territoire qu’elles représentent. Les fonctions de ces organisations tendent à se diversifier et le touriste n’y tient plus le premier rôle. Désormais, les enjeux de durabilité, de changements climatiques, d’inclusion ou de la place des communautés s’invitent dans les entreprises et interpellent un grand nombre d’acteurs qui gravitent autour de la sphère touristique. Les indicateurs de succès d’une destination se diversifient pour inclure ces nouveaux facteurs. Visionnaire, facilitatrice, collaboratrice, coordonnatrice ; l’OGD assume tous ces chapeaux de concert avec les acteurs publics, privés et les résidants. La flexibilité et l’innovation sont de mise. Avec ces nouveaux enjeux et responsabilités, il faut s’attendre à voir émerger de nouveaux modèles d’affaires et de financement afin que les destinations deviennent de réels catalyseurs de changements dans leur milieu. 

Image à la une : Unsplash

Images dans le texte : Pexels et Pexels

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.   

Catégories
Gestion Tourisme durable

Virage durable des entreprises : où en sommes-nous ?

Une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat pour le ministère du Tourisme en mai 2022 brosse le portrait des pratiques durables mises en place au sein d’organisations touristiques québécoises qui démontrent un intérêt envers la question. Voici l’état de la situation. 

Beaucoup de volonté, mais peu de structure

Ce n’est pas moins de 70 % des organisations touristiques sondées qui jugent prioritaire le développement durable au sein de leurs activités. Cet enjeu est donc au cœur des priorités opérationnelles des entreprises interrogées, même si son intégration n’est pas encore clairement définie. En effet, parmi les répondants qui affirment inclure le développement durable à leurs opérations, seulement le quart d’entre eux ont un plan d’action et des stratégies précises.

Quelque 70 % des organisations touristiques québécoises jugent prioritaire le développement durable au sein de leurs activités.

Cela dit, les organisations ont à cœur la transition vers un tourisme plus responsable et durable ; les résultats de l’enquête montrent que plus de 90 % d’entre elles ont mis en place des pratiques durables au sein de leur organisation par conviction personnelle. Un peu plus de la moitié (56 %) l’ont fait pour se démarquer et 40 % pour demeurer concurrentielles. 

Mobilisation autour de l’approvisionnement responsable

En termes de mesures écoresponsables adoptées, les efforts des entreprises sondées se concentrent majoritairement sur l’approvisionnement responsable ; près de neuf entreprises sur dix (87 %) disent s’y adonner et un nombre un peu plus élevé (89 %) envisagent de s’y mettre ou de bonifier leurs pratiques d’ici les deux prochaines années.  

Les défis entourant les gaz à effet de serre (GES) sont une priorité à court terme. Actuellement, seulement 30 % des organisations touristiques sondées ont implanté des mesures entourant le calcul, la réduction ou la compensation des GES. Même si cette initiative demeure la moins implantée actuellement parmi les pratiques écoresponsables à l’étude, elle est la deuxième en importance parmi les pratiques dont l’implantation est prévue d’ici les deux prochaines années, avec 24 % des répondants qui envisagent prendre action. Elle se classe ainsi juste derrière les pratiques visant à favoriser les moyens de transport plus durables (27 % prévoient l’implanter par rapport à 50 % l’ayant déjà fait). 

 

Appuyer l’économie locale ; une pratique répandue  

Le taux d’adhésion aux pratiques durables est varié. L’enquête révèle que supporter l’économie locale est l’orientation sociale principale des organisations touristiques consultées. En effet, la quasi-totalité d’entre elles (95 %) rapporte déjà soutenir les entreprises d’ici et continueront à le faire dans les deux années à venir.  

De plus, la grande majorité (86 %) des organisations interrogées disent favoriser les opportunités de carrière locales (emplois bénéficiant à la communauté, formation/développement des compétences offert localement…) et disposent d’une gestion des ressources humaines éthique et responsable (politique d’égalité/d’inclusivité, conditions favorisant le bien-être, la santé et le développement des employés…). L’approche durable ferait-elle partie des arguments pour attirer de nouveaux talents ?  

Au cours des deux prochaines années, les répondants entendent également concentrer leurs efforts autour de l’inclusion et du développement des communautés. Quelque 88 % des entreprises projettent de contribuer au développement et à la qualité de vie des résidants. La contribution au développement et à la qualité de vie des communautés autochtones, ainsi que l’amélioration de l’accessibilité universelle se retrouvent pour leurs parts en tête de liste des pratiques non implantées actuellement, mais dont l’implantation est prévue d’ici les deux prochaines années. 

Impacts perçus

Plus de 90 % des répondants déclarent percevoir au moins un bénéfice à la mise en place de pratiques durables.

La vaste majorité des répondants (93 %) déclarent percevoir au moins un bénéfice à la mise en place de pratiques durables. En ce sens, 73 % d’entre eux déclarent que leurs comportements responsables permettent de véhiculer une image plus positive qui engendre une meilleure acceptabilité sociale de l’entreprise. Plus de la moitié (56 %) observent aussi une hausse de l’intérêt et de l’appréciation de leur clientèle.  

Le secteur continue toutefois de faire face à des défis importants découlant d’un manque de ressources, qu’il soit de nature financière, temporelle, lié à la disponibilité de la main-d’œuvre ou aux connaissances internes. Neuf organisations sur dix déclarent ainsi s’être heurtées à au moins un obstacle à la mise en œuvre d’actions responsables. 

Priorisation des actions et mesures facilitantes

L’adoption de mesures durables est une pratique qui résonne auprès des clientèles touristiques. La grande majorité (90 %) des entreprises sondées perçoivent effectivement un intérêt de la part de leurs clients pour de tels produits et services. 

En phase avec les désirs des consommateurs, près de huit organisations sur dix déclarent que le niveau de priorité accordé aux actions durables est appelé à augmenter au cours des deux prochaines années. Une entreprise sur trois traitera le développement durable comme une priorité, alors que 47 % le considéreront comme un projet parmi d’autres.  

Parmi les mesures susceptibles d’aider les sondés à multiplier leurs comportements durables, l’aide financière est de loin la plus plébiscitée (69 %). De plus, 44 % des organisations souhaiteraient bénéficier d’un partage d’informations sur les pratiques durables et leurs bénéfices pour améliorer les connaissances en interne.  

En somme, les entreprises touristiques québécoises ont une forte volonté de regarder dans la même direction et de prendre activement part à un tourisme plus conscientisé et respectueux des communautés et de l’environnement naturel. Cela dit, bien que le développement durable soit considéré comme une priorité, plusieurs défis restent à relever pour assurer la pleine réalisation de ce virage. 

Pour consulter le rapport détaillé de l’étude, cliquez ici.

Image à la une : Pexels

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

Catégories
Destinations Tourisme durable

Fiskars : de village en déclin à destination culturelle durable

Le village de Fiskars s’est vu décerner plusieurs distinctions au fil des années. Il a notamment remporté le titre de la destination de l’année dans son pays en 2019, s’est taillé une place dans la liste des Global Top 100 Sustainable Destinations en 2020 et s’est mérité le Green Destination Award — Gold — en 2021. Voici l’histoire inspirante de Fiskars, véritable pôle culturel créatif. 

Une histoire classique

La naissance du village remonte au 17e siècle, en 1649 précisément, quand l’entreprise Fiskars (aujourd’hui Fiskars Group) s’implante dans une petite localité située à une heure de route d’Helsinki pour y établir une fonderie et fabriquer des outils. Plus tard, elle se spécialisera dans les scies, les outils de jardinage et les ciseaux. Ces derniers avec leurs anneaux orange au design ergonomique ont fait la renommée de l’entreprise. Vers la fin du 20e siècle (1980), la compagnie a besoin de plus d’espace et relocalise ses opérations ailleurs en Finlande et aux États-Unis. 

Tel que l’illustre l’image ci-dessous, le village de Fiskars est situé en milieu rural, le long d’une rivière, et compte plusieurs bâtiments historiques. Il fait partie de la commune de Raseborg qui regroupe plusieurs districts et villages. 

Source : Visit Raseborg 

Attirer les artistes

Témoin de la désertion du village par sa population, Ingmar Lindberg, alors vice-président de Fiskars Group et responsable du parc immobilier de l’entreprise, élabore un plan pour maintenir la communauté en vie. Il souhaite poursuivre la tradition d’une collectivité créative, manuelle, artisane. Comme la moitié des bâtiments du village appartient à Fiskars Group, ce dernier possède un grand contrôle sur leur utilisation. La direction procède d’abord à la rénovation des installations pour en faire des ateliers, des studios et des appartements. 

M. Lindberg lance ensuite des invitations à des membres influents de la communauté créative d’Helsinki à venir s’installer à Fiskars, à très bon prix. Les artistes et designers sont ciblés pour leurs compétences, leur créativité et leur renommée. Il ne suffira que d’une vingtaine de personnes qui répondent à l’appel pour que l’effet domino s’enclenche et que d’autres artisans se joignent au mouvement. 

Géré pour et par la communauté

Quelques années plus tard, en 1994, une première exposition d’art est organisée. La qualité des collections présentées, le charme rural des lieux, la beauté des bâtiments historiques et de la nature environnante séduisent les visiteurs. Le bouche-à-oreille opère très rapidement. Suivra ensuite la création de la coopérative Onoma, formée par les artisans, artistes et designers de Fiskars. Aujourd’hui, la gestion du village est assurée par la communauté locale, la coopérative et d’autres intervenants clés de la région.  

Plusieurs événements animent Fiskars et mettent en valeur les produits qui y sont fabriqués comme l’Antiques Fair, le Slow Food Festival, ou encore la Fiskars Village Art & Design Biennale. Chaque événement est organisé en collaboration avec l’organisme de gestion de la destination Raseborg (la commune dont fait partie Fiskars). La Fiskars Village Association est aussi interpellée pour certains aspects. Celle-ci représente tous ceux qui travaillent et vivent dans le village. Elle tient aussi des rencontres entre les anciens et les nouveaux résidents de la communauté créative. 

La vidéo suivante, conçue à la suite de l’obtention du prix Green Destinations Communities & Culture Award, résume bien l’histoire et le type d’offre touristique de Fiskars Village.    

Une approche durable

Cette gouvernance concertée a mis Fiskars Village dans le giron des communautés culturelles durables. Par ailleurs, la préservation et la valorisation de la culture locale, des paysages naturels et bâtis, et aussi des savoir-faire et du bien-être de la communauté font partie des valeurs partagées par les organismes impliqués dans la gestion de Fiskars. Les entreprises qui bénéficient de l’activité touristique mettent en vedette les ressources locales. À titre d’exemple : 

-La brasserie Fiskarsin Panimo, la cidrerie Kuura et la distillerie Ägräs utilisent des herbes sauvages et des baies qui poussent aux alentours pour la fabrication de leurs boissons décorées de diverses distinctions. 

-La scierie fournit les ébénistes avec du bois coupé dans la forêt avoisinante. 

-Le musée Fiskars a recours à un troupeau de moutons pour brouter l’herbe du pâturage sur lequel il se trouve. 

Source: Fiskars Village/Facebook 

Une offre touristique étoffée

Quelque 200 000 visiteurs foulent les rues du petit village chaque année. Ils y découvrent notamment :  

-Un dynamisme de quartier urbain dans un paysage rural féérique et des bâtiments historiques bien restaurés ; 

-Une architecture où l’ancien et le moderne s’harmonisent grâce à des règles de design bien définies pour les nouveaux bâtiments ;  

-Des événements culturels de qualité à différents moments de l’année ; 

-Des activités de plein air pour profiter des beautés naturelles des lieux comme des sentiers de randonnée et de vélo de montagne ; 

-Une offre culturelle très dense — exposition, spectacles, ateliers d’artisans, etc. ; 

-De nombreuses boutiques de fabrication locale et design ; 

-Une offre agrotouristique diversifiée ;  

-De bonnes tables qui valorisent les produits locaux, mais aussi des cafés ; 

-De l’hébergement d’expérience : mini maisons d’architecte, tentes suspendues, cabine au bord du lac. 

Un modèle qui fait des envieux

Aujourd’hui, les entreprises qui souhaitent s’établir à Fiskars s’engagent à respecter les principes du développement durable. Il en est de même pour les artistes qui rejoignent la coopérative Onoma. Cette dernière regroupe un peu plus d’une centaine de membres pour une communauté d’environ 600 habitants. Le succès de Fiskars rayonne et de nombreuses délégations internationales s’y rendent chaque année pour tenter d’importer ce modèle afin de vivifier les municipalités en manque de dynamisme.  

Des facteurs de succès ?

Bien sûr, le fait que l’entreprise à l’origine de ce projet soit propriétaire d’une grande part des bâtiments principaux compte pour beaucoup dans la réussite du projet. Les moyens financiers et la volonté de Fiskars Group de créer une communauté dynamique y ont aussi largement contribué. Mais il y a plusieurs autres leçons à tirer, comme de considérer :   

-Le bien-être de la communauté d’abord ; 

-L’importance que revêt la créativité, l’art, la culture et le design dans qualité de vie de la collectivité ; 

-Le développement local et durable intégré dans la gestion au quotidien ; 

-Les événements et la qualité des installations pour animer les lieux et créer des échanges ; 

-La gouvernance collaborative avec la participation des citoyens. 

Tant que le village de Fiskars sera un lieu où il fait bon vivre et travailler, il demeurera une destination convoitée, tant pour les nouveaux résidents que pour les voyageurs. Il s’agit d’un équilibre indispensable à préserver. 

Image à la une : Fiskars Village/Facebook