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Tendances

L’heure est à la responsabilisation !

La société est aujourd’hui plus informée que jamais. Avec l’étendue de ces connaissances viennent des obligations, tant pour les consommateurs que pour les organisations. Dans ce contexte, endosser des comportements ou mécanismes qui vont à l’encontre de ce qui est acceptable, d’un point de vue social comme environnemental, tend à être révolu.   

La crise climatique actuelle force chaque partie prenante à accélérer la mise en place de mesures concrètes et efficaces à long terme. Les inégalités sociales et économiques placent sous les projecteurs les autres dimensions du développement durable ; jamais n’a-t-on autant parlé d’équité, de diversité et d’inclusion. Acteurs touristiques et voyageurs doivent regarder dans la même direction et prendre part à un tourisme plus conscientisé et respectueux 

Des consommateurs peu actifs, mais informés

Les voyageurs québécois souhaitent voyager de façon plus responsable. Cependant, peu d’entre eux choisissent un hébergement ou un attrait en raison de leur orientation durable (22 %) ou payent pour compenser les émissions de gaz à effet de serre émises lors de leurs déplacements (10 %).  

Cette situation est similaire au niveau international. Selon une étude menée par Booking, un peu plus de 70 % des voyageurs interrogés désirent faire plus d’efforts pour voyager de manière responsable en 2023. Il existe encore toutefois des écarts importants entre leurs intentions et leurs comportements. Par exemple, une minorité d’entre eux recherchent activement des hébergements durables ou des transports moins polluants lors de leur planification de voyage.  

Cela dit, les clientèles qui souhaitent réellement modifier leurs habitudes pour adopter des comportements plus responsables sont de plus en plus outillées pour le faire. De nombreuses organisations facilitent les démarches des consommateurs, que ce soit à l’étape de l’inspiration, de la planification ou de la réservation. Maintenant qu’elles pavent la voie, il devient de plus en plus facile pour les clients de passer à l’action et de faire preuve de responsabilisation, même s’il reste encore beaucoup à accomplir. 

Des organisations multiresponsables

Un peu plus de 90 % des entreprises touristiques québécoises qui s’intéressent au développement durable ont implanté des pratiques responsables au sein de leur organisation par conviction personnelle. 

La responsabilité sociale et environnementale des entreprises est de plus en plus importante ; les gestionnaires perçoivent un intérêt clair de leur clientèle envers des produits et des services durables. Ces dernières s’attendent ainsi à ce que les organisations offrent des options durables, fassent preuve de transparence, soient inclusives, proposent une expérience candidat et employé irréprochable, tout cela, en conservant un service à la clientèle impeccable. En somme, les attentes des consommateurs n’ont jamais été aussi élevées. 

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En ce sens, la bienveillance, le respect et l’accueil de la différence font partie des valeurs clés véhiculées par les organisations responsables. La pénurie de main-d’œuvre incite les employeurs à adopter un style de gestion qui place l’humain au cœur des décisions. De plus, nombreuses sont les entreprises qui accordent la priorité à des campagnes marketing inclusives et qui proposent des expériences adaptées à une clientèle élargie. Pour d’autres, cela se traduit par l’adoption d’initiatives responsables au sein des opérations, à travers la sensibilisation de la clientèle ou par l’adaptation des orientations de l’organisation, par exemple.  

Bien que le développement durable fasse partie intégrante des priorités opérationnelles des organisations québécoises, son intégration n’est pas encore clairement définie. Les plans d’action demeurent abstraits, voire absents. Le secteur continue ainsi de faire face à des défis de structuration importants. 

La destination de l’avenir : informée, mobilisatrice et responsable

Le rôle des organisations de gestion de la destination (OGD) évolue de manière à redonner à la communauté et à l’environnement naturel, qui constitue d’ailleurs bien souvent l’une des principales motivations de voyage. Réelle plaque tournante de la connaissance, l’OGD acquiert et fait circuler l’information pertinente aux visiteurs, comme aux entreprises. Elle devient experte dans l’utilisation de données au service de la clientèle, par exemple en personnalisant des offres basées sur des profils dominants ou en suggérant des activités alternatives. Elle se sert également des données pour guider les membres vers un développement plus durable (meilleure gestion des flux touristiques, protection des milieux sensibles) et créer un réel avantage concurrentiel.  

Les OGD, en plus d’assumer leur rôle marketing, assurent un développement conscient du territoire qu’elles représentent. Les fonctions de ces organisations tendent à se diversifier et le touriste n’y tient plus le premier rôle. Désormais, les enjeux de durabilité, de changements climatiques, d’inclusion ou de la place des communautés s’invitent dans les entreprises et interpellent un grand nombre d’acteurs qui gravitent autour de la sphère touristique. Les indicateurs de succès d’une destination se diversifient pour inclure ces nouveaux facteurs. Visionnaire, facilitatrice, collaboratrice, coordonnatrice ; l’OGD assume tous ces chapeaux de concert avec les acteurs publics, privés et les résidants. La flexibilité et l’innovation sont de mise. Avec ces nouveaux enjeux et responsabilités, il faut s’attendre à voir émerger de nouveaux modèles d’affaires et de financement afin que les destinations deviennent de réels catalyseurs de changements dans leur milieu. 

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.   

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Tourisme durable Transport

Devenir une « capitale vélo » : exemples concrets

Dans le cadre du programme CIVITAS Handshake, dix métropoles européennes ont bénéficié de l’expertise de trois villes cyclables exemplaires (Amsterdam, Copenhague et Munich) pour les épauler durant cinq ans (2018-2022) dans leur propre développement. (lire aussi : S’inspirer des grandes « capitales vélos » 

Avant même que le projet ne débute en 2018, chaque ville impliquée détenait préalablement un concept, un plan ou une stratégie cyclable. Or, elles ont rapidement reconnu que ce n’était pas suffisant pour venir à bout de leurs enjeux de développement et atteindre leurs ambitions d’augmenter le nombre de cyclistes sur leur territoire ; les principaux obstacles étant d’ordre infrastructurel et socioculturel. Surmonter de tels défis nécessite du financement, de l’expertise et une volonté réelle de s’engager, en définissant des objectifs clairs, en tenant compte des commentaires de différentes parties prenantes et en effectuant d’importants changements. C’est ici que le programme CIVITAS Handshake s’est inséré, fournissant une aide externe susceptible d’accélérer la transition vers un meilleur réseau de mobilité douce. 

Une stratégie cyclable n’est pas suffisante pour surmonter les enjeux de développement et augmenter le nombre de cyclistes sur un territoire.

Maintenant que le programme tire à sa fin, l’heure est aux bilans. Quelles sont les principales réalisations des villes participantes ? Quelles leçons tirent-elles ? Quelles sont leurs ambitions pour l’avenir ? Voici ce qu’il faut retenir de ces cinq années de travail propulsées par la coopération.  

Un exemple concret

Bordeaux (France)

La volonté politique constitue un facteur déterminant pour mener à des changements.

Ce que Bordeaux retient de son expérience : 

Se rendre à Copenhague (ville mentor) avec des fonctionnaires de Bordeaux a contribué à positionner davantage le vélo dans le programme politique.  

Quelques réalisations

-Lancement du Plan Urgence Vélo durant la pandémie de COVID-19, qui consiste à la mise en place d’aménagements vélos provisoires visant à améliorer le confort et la sécurité des cyclistes ;

-Élaboration d’un 3e Plan vélo métropolitain 2021-2026 ; 

-Déploiement de stationnements pour vélo, par exemple les Vélobox, et implantation de nouveaux services destinés aux cyclistes tels que des bornes de réparation et des stations de gonflage en libre-service. 

Des ambitions pour les années à venir

-Atteindre une part modale du vélo de 18 % d’ici 2030 ; 

-Développer un réseau cyclable efficace : étendre le réseau actuel, créer les connexions manquantes entre les pistes déjà existantes, renforcer l’entretien, construire un ReVe (Réseau Express Vélo), actualiser la signalisation ; 

-Améliorer les solutions de stationnement ainsi que les services offerts aux cyclistes. 

Pour découvrir ce que les neufs autres futures « capitales vélos » ont réalisé durant les cinq dernières années, vous pouvez consulter le document Facts and lessons from the transferred solutions. 

Source: Hanshakecycling.eu 

Dix conseils et recommandations provenant des villes mentorées

1. Confirmer la volonté politique ainsi que les investissements qui soutiendront le développement cyclable ;  

2. Unir ses forces avec d’autres villes partageant une vision similaire afin de prendre des décisions plus éclairées ; 

3. Visiter des villes exemplaires pour expérimenter ce qui se fait de mieux ; 

4. Ne pas copier-coller les modèles des autres, mais plutôt s’inspirer et adapter les bonnes pratiques selon sa propre situation ; 

5. Convaincre les décideurs avec des données, par exemple calculer les avantages économiques des solutions cyclables avec une analyse « Bikenomics » ; 

6. Prévoir des fonds pour réaliser des campagnes promotionnelles afin de sensibiliser la population à recourir au vélo pour ses déplacements ; 

7. Être à l’écoute des cyclistes, de leurs besoins en matière d’infrastructures, de services et autres ; 

8. Utiliser des mesures temporaires qui permettent de tester des solutions sans devoir investir trop de ressources au départ ; 

9. Élaborer un plan cyclable ambitieux à long terme et favoriser la collaboration avec toutes les parties prenantes concernées ; 

10. Rendre la pratique du vélo amusante et apprécier chaque étape du projet.  

Accorder plus d’importance à la mobilité douce

Plusieurs villes ont noté d’importants changements sur le plan des comportements des citoyens durant la pandémie de COVID-19. Nombreux sont les Européens qui ont augmenté leur pratique du vélo, acheté de l’équipement et intégré ce mode de transport à leurs habitudes de déplacement, un phénomène aussi observable en Amérique du Nord (lire aussi : Le vélo électrique a le vent dans le dos). Pour les municipalités, ce fut une période propice à l’intégration d’aménagements temporaires qui, dans certains cas, sont ensuite devenus permanents. 

Les crises que nous traversons depuis 2020 (sanitaire, économique, environnementale) pourraient être synonymes de catalyseur de changement (lire aussi : Profiter de la crise pour réinventer la ville et le tourisme). Les municipalités ont tout avantage à demeurer à l’écoute des nouvelles tendances et à saisir l’opportunité d’améliorer les infrastructures préconisant des alternatives à l’automobile sur leur territoire. Et si le momentum entourant la mobilité durable était maintenant ? Saurez-vous saisir la balle au bond ? 

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Tourisme durable Transport

S’inspirer des grandes « capitales vélos »

Créé sous le programme européen Horizon 2020, CIVITAS Handshake vise à contribuer au développement des réseaux cyclables urbains. Plus spécifiquement, le projet cherche à tirer profit de l’expertise de trois villes reconnues mondialement pour leur culture et infrastructures cyclables, soit Amsterdam (Pays-Bas), Copenhague (Danemark) et Munich (Allemagne). À travers un processus innovant, basé entre autres sur la coopération et le mentorat, ces trois métropoles accompagnent durant cinq ans (2018-2022) dix autres municipalités afin qu’elles bénéficient des connaissances qu’elles ont acquises au fil des années. À terme, les villes participantes aspirent à devenir à leur tour des « capitales vélos ».  

Les objectifs du projet

Le programme CIVITAS Handshake offre un cadre qui favorise l’accélération du déploiement de différents réseaux cyclables sur le territoire européen et vise l’atteinte des objectifs stratégiques suivants :  

-Inspirer la mise en place (ou le raffinement) d’une vision holistique du cyclisme et d’un processus de transfert de connaissances ;  

-Favoriser l’adoption d’une culture de planification multidisciplinaire pour optimiser les processus de développement, consolider les futures politiques et appuyer les investissements cyclables ;  

-Permettre au vélo de devenir un élément clé du transport urbain ;  

-Augmenter la part modale du vélo et veiller à la sécurité des cyclistes ;  

-Positionner le vélo en tant qu’option de transport essentielle de réduction des embouteillages ;  

-Mettre à profit la pratique du vélo pour améliorer la santé publique ;  

-Favoriser la croissance économique.  

Les instigateurs du programme s’attendent aussi à contribuer à l’attractivité du vélo, augmenter la fréquence de son utilisation et diminuer les émissions de CO2 en milieu urbain. 

Un programme qui s’appuie sur le mentorat

Les villes ayant des besoins similaires travaillent avec un mentor adapté à leurs priorités et avec lequel elles ont la possibilité d’échanger (physiquement et virtuellement) et d’effectuer des visites sur le terrain. Voici l’attribution des villes mentorées: 

Source : CIVITAS Handshake 

L’échange de connaissances et d’expérience s’effectue également à plus grande échelle, entre tous les représentants des villes participantes. Ainsi, même les métropoles dites « mentors » gagnent à s’impliquer dans le programme, car bien qu’elles soient exemplaires, elles font également face à des défis et cherchent des solutions pour améliorer leur réseau cyclable. Ces échanges favorisent ainsi le partage de nouvelles approches. Par exemple, dans la vidéo suivante, un consultant de la ville de Copenhague explique en quoi les villes mentorées représentent une source d’inspiration. 

 

Un programme dynamique

Le processus mis de l’avant par le programme comprend : 

Une gestion transitoire 

Cette méthode consiste à créer une « courroie de transmission », c’est-à-dire à constituer un groupe de personnes qui guide les villes participantes tout au long du processus : de la conception jusqu’à la mise en œuvre des solutions. Ce groupe s’assure de mettre à jour les objectifs, d’établir une ligne directrice des projets à réaliser et ultimement de veiller à une planification à long terme. 

Des activités immersives 

L’apprentissage sur le terrain offre une occasion unique de constater l’état des lieux et d’orienter les échanges des participants, composés d’une délégation pluridisciplinaire, autour d’éléments tangibles. Dans le cadre du projet, deux types de visites figurent à l’agenda : l’une vers la ville mentor (Immersive Study tours) et la seconde vers la ville mentorée (Immersive Symposia).  

Des évaluations

Tout au long du processus, les villes participantes bénéficient d’un accompagnement méthodologique qui permet d’évaluer les développements en cours. Intitulée « Bikenomics », cette méthode combine des techniques d’analyse du bien-être qui offre un aperçu holistique des impacts (positifs ou négatifs) engendrés par les solutions cyclables retenues. Cet outil permet aux gestionnaires de prendre des décisions à partir des données recueillies.  

Un programme axé sur des solutions concrètes

Tout au long du projet, les experts et les instances locales impliqués ont co-créé plus de 60 solutions que l’on retrouve sous quatre grandes catégories. Voici quelques exemples : 

 

 

 

  • Solution : Planifier un réseau cyclable cohérent et ininterrompu  

L’exemple d’Amsterdam : son réseau relie les zones résidentielles à toutes les destinations (quotidiennes) importantes, telles que les centres commerciaux, les écoles, les parcs, les gares, etc. Il permet de se rendre rapidement et de façon sécuritaire d’un point A à un point B.  

  • Solution : Développer un réseau à l’aide du secteur privé 

L’exemple de Copenhague : la ville implique le secteur privé dans le développement de stationnements à vélos, de pistes et de passerelles cyclables afin d’augmenter l’attractivité de nouveaux quartiers résidentiels ou de milieux de travail. 

 

 

 

  • Solution : Intégrer des stationnements pouvant accueillir un grand volume de vélos  

L’exemple d’Amsterdam : il y a plus de 255 000 emplacements pour stationner des vélos dans l’espace public à Amsterdam, dont certains sont souterrains. Dans le cadre du programme CIVITAS Handshake, la ville a publié un guide pour accompagner les municipalités dans la mise en place de telles infrastructures. 

  • Solution : Utiliser la technologie pour créer des rues plus « intelligentes » 

L’exemple de Copenhague : la ville utilise des technologies qui lui permettent de surveiller en temps réel la circulation des vélos, d’adapter les messages des panneaux de communication et d’offrir de l’éclairage « intelligent ».  

 

 

 

  • Solution : Obtenir de la rétroaction des usagers pour améliorer le réseau  

L’exemple de Munich : depuis juin 2021, les cyclistes de Munich utilisent une plateforme Web qui leur permet de poser des questions (et recevoir des réponses), d’offrir de la rétroaction à propos du réseau (par exemple, de localiser des zones de danger ou des pistes qui nécessitent un meilleur entretien) et de proposer des suggestions. L’implication des usagers contribue à l’amélioration en continu du réseau et aide à rendre les infrastructures plus sécuritaires. 

  • Solution : Calculer les effets socio-économiques de la pratique du vélo 

L’exemple de Copenhague : il est démontré que pour chaque kilomètre parcouru à vélo, la société danoise gagne 4,80 couronnes danoises (0,85 dollar canadien) et que pour chaque kilomètre effectué en voiture le coût s’élève à 5,28 couronnes danoises (0,91 dollar canadien). L’outil « Bikenomics » aide les villes à effectuer ce type de calcul qui offre des données sur lesquelles il est possible d’appuyer des décisions. 

 

 

 

  • Solution : Sensibiliser les cyclistes de tous âges et de toutes habiletés 

L’exemple de Munich : chef de file dans les campagnes misant sur l’inclusion, Munich a développé des outils et des visuels qui représentent tous les types d’usagers. 

  • Solution : Informer et faire la promotion du vélo pour changer des habitudes 

L’exemple de Munich : la ville considère le vélo comme étant un pilier essentiel à la mobilité durable. Dans ce contexte, elle effectue des campagnes de marketing ciblées ayant pour objectif de sensibiliser les citoyens au transport actif et de les mobiliser afin qu’ils prennent part à ce mouvement. 

L’union fait la force

Le programme CIVITAS Handshake est un modèle fort inspirant de collaboration entre différentes municipalités. Le site Web du projet regorge de documents, de solutions et de ressources qui peuvent accompagner des villes intéressées par le développement cyclable. Pour découvrir le travail effectué au cours des cinq dernières années par les villes mentorées et les leçons qu’elles ont tirées de cette expérience, vous pouvez parcourir la seconde partie de cette analyse : « Devenir une “capitale vélo” : exemples concrets ».

Les municipalités de toutes tailles gagnent à intégrer et à valoriser davantage la mobilité douce sur leur territoire. D’un point de vue touristique, les visiteurs profitent d’une expérience à échelle humaine, peuvent découvrir un lieu sous une autre perspective et bénéficient d’options supplémentaires pour réduire leur empreinte carbone à destination. Enfin, lorsque les pistes cyclables des villes se connectent à de plus vastes réseaux, elles deviennent aussi attrayantes pour les cyclotouristes en quête de lieux où se poser durant leur périple. 

Image à la une : CIVITAS Handshake 

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Ressources humaines

L’embauche inclusive, une solution brillante

Dans un contexte de relance, la rareté de la main-d’œuvre rend la reprise des activités touristiques plus difficile. L’intégration au marché du travail de personnes en situation de handicap s’impose plus que jamais comme une nécessité. Elles représentent un bassin de travailleurs sous-estimé et inexploité, qui peut également contribuer à faire grandir l’organisation sur le plan économique et social.

La main-d’œuvre TSA : état de la situation

L’autisme est le trouble neurodéveloppemental le plus diagnostiqué au Canada. Selon l’Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes de 2019, un enfant ou jeune canadien sur 50 âgé d’un an à dix-sept ans avait reçu un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme (TSA). Le taux de prévalence augmentant rapidement, les services n’ont pas suivi la cadence.

86 % des adultes autistes sont au chômage ou sous-employés.

Soutenir cette population à chaque étape de leur vie s’avère un enjeu. Les ressources et les services diminuent une fois que ces jeunes atteignent l’âge de 21 ans. Trouver un emploi et mener une vie indépendante demeurent un défi : 86 % des adultes autistes sont au chômage ou sous-employés. Leurs forces et leurs talents s’avèrent souvent négligés à cause des préjugés et des idées préconçues. Il existe donc un besoin réel de formation pour les amener sur le marché du travail et briser les tabous. Heureusement, des organismes leur viennent en aide et créent un maillage avec les entreprises prêtes à les embaucher.

À l’occasion du colloque Horizon 22 le 31 mai dernier, de nombreux intervenants du milieu touristique ont présenté des exemples de réussites et de pratiques inspirantes de collaboration avec des organismes locaux pour favoriser l’embauche de personne avec un TSA.

Créer des liens avec le monde de l’emploi

Depuis plus de 40 ans, l’organisme À pas de géant offre des programmes éducatifs et thérapeutiques intensifs, à des élèves âgés de 4 à 21 ans. Son Centre de ressources et de formation joue un rôle dans l’éducation professionnelle des personnes autistes et soutient de nombreux types d’organisations. Pour répondre à la demande grandissante et pour offrir un service novateur, un nouveau centre verra le jour prochainement au Technopôle Angus à Montréal (voir la vidéo).

En collaboration avec le programme national Prêts, disponibles et capables qui vise à accroître la participation des candidats autistes ou ayant une déficience intellectuelle sur le marché du travail, l’organisme arrive à jumeler les employeurs avec des candidats autistes. En plus de sensibiliser les compagnies canadiennes à créer un milieu inclusif, le projet apporte un soutien aux étudiants qui poursuivent leurs études postsecondaires et aux travailleurs autonomes. L’équipe sert d’intermédiaire entre les compagnies, les agences de placement et les candidats TSA. Depuis 2014, c’est presque 1 500 emplois et plus de 60 entreprises au Québec qui ont profité du programme.

La chaîne Fairmont : innover par l’inclusion

En période de relance, le manque de main-d’œuvre en hôtellerie se fait cruellement sentir. D’après l’Association hôtellerie Québec, plus de 8 000 emplois demeurent vacants. Envisager d’autres avenues pour recruter devient primordial.

Les hôtels Fairmont Tremblant et Fairmont Le Reine Élizabeth ont décidé de développer un programme de recrutement ciblant spécifiquement les employés autistes, le tout en collaboration avec Prêts, disponibles et capables. C’est une première au Canada. La formule « Projet en accéléré » a offert un grand support dans la sélection, l’embauche, l’intégration et la formation des candidats. Un accompagnement dans les demandes de subvention est également fourni. Un soin particulier est donné à la formation des équipes déjà en place pour favoriser leur ouverture d’esprit face à ce changement dans le processus d’embauche.

La directrice générale du Fairmont Tremblant, Anne-Marie Johns a rapidement réalisé le potentiel et les avantages de recruter des personnes autistes. Les candidats possèdent :

– Une capacité de concentration et de précision extraordinaire ;

– Un souci du détail exceptionnel ;

– D’excellentes aptitudes en résolution de problème et en raisonnement logique ;

– La capacité de faire preuve de créativité en pensant autrement ;

– Une très bonne mémoire ;

– Une fiabilité et une honnêteté exemplaires.

« Les candidats avec le spectre de l’autisme amènent des perspectives uniques et des façons différentes de penser dans le milieu de travail » — Anne-Marie Johns, Directrice générale du Fairmont Tremblant

Réaliser une embauche inclusive affecte positivement la clientèle. En comprenant mieux la réalité des employés avec un TSA et en adaptant leur environnement en conséquence, l’industrie hôtelière offre une expérience client améliorée aux visiteurs ayant les mêmes conditions. Une étude américaine menée par l’IBCCES en 2019 auprès de 1 000 parents d’enfants autistes révèle que 87 % d’entre eux ne prennent pas de vacances en raison des divers obstacles et du peu d’options disponibles en matière de destinations inclusives. Toutefois, 93 % des parents sondés seraient plus susceptibles de voyager avec certaines mesures en place.

Dans cette optique, À pas de géant propose une deuxième phase du partenariat avec les hôtels Fairmont pour créer de nouvelles occasions d’affaires touchant les individus autistes et leurs familles. La démarche vise la formation des employés sur l’autisme, la création d’une expérience culinaire, l’amélioration des réunions et des événements pour ce type de clientèle en plus de certains ajouts comme des salles calmes, l’identification des sensibilités sensorielles, et bien plus encore.

Bromont et Pleins Rayons : une montagne de sourires

L’équipe de Bromont, montagne d’expériences (BME) s’associe avec l’organisme Pleins Rayons afin de trouver une solution à son manque d’employés et pour inclure dans le marché du travail les personnes autistes. Une première cohorte de six apprentis a effectué un stage de décembre à mars 2022. Heureux de l’expérience, BME recevra un deuxième groupe pour la saison estivale. Les tâches se répartissent dans le service des équipements et à la location et celui des cuisines et de la salle à manger. La collaboration avec Plein Rayons permet un accueil en douceur et la formation du personnel déjà en place. Un éducateur spécialisé présent sur place aide à l’intégration des apprentis.

Source de l’image : Réseau de veille en tourisme

« Nous avons une opportunité de changer, pas seulement le monde de l’emploi, mais aussi de changer notre monde » — Stephan Marcoux, Directeur général de Pleins Rayons

Les gestionnaires responsables du projet constatent de nombreux bénéfices à cette méthode d’embauche inclusive. En plus de souder davantage son équipe, la bienveillance s’est généralisée, l’enthousiasme et la qualité du travail ont augmenté. D’un point de vue RH, la démarche amène une nouvelle perspective sur la description et la réalisation des tâches. Cela permet également de clarifier les attentes, les objectifs et les besoins. Finalement, toute l’équipe en bénéficie !

L’industrie touristique québécoise est reconnue internationalement pour son accueil chaleureux. Elle devrait l’être aussi pour son approche inclusive, tant pour les visiteurs que pour ses travailleurs dont elle a urgemment besoin pour consolider sa relance.

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Segments de clientèles

Voyage et accessibilité : exemples de bonnes pratiques

Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus d’un milliard d’individus, soit 15 % de la population, vivent avec une certaine forme de handicap. Ce nombre augmente continuellement, entre autres en raison du vieillissement des gens.

Chaque jour, 10 000 personnes célèbrent leur 65e anniversaire dans le monde. Dans dix ans, la population âgée de plus de 65 ans atteindra le milliard. Ces individus feront face à des défis physiques majeurs tels que troubles auditifs ou de vision, difficultés motrices, etc. Faut-il pour autant s’en désintéresser ?

Selon la firme AARP Research, les baby-boomers américains planifient entre quatre et cinq voyages par année. Ainsi, rendre le tourisme accessible à tous, peu importe leur âge, leurs déficiences, leurs limitations ou leurs capacités, constitue un atout. Pour cela, chacun doit se sentir bienvenu en ce qui a trait aux services, aux installations et aux informations qui leur sont offerts.

Exemples de bonnes pratiques en accessibilité

En août 2019, la firme de recherche Euromonitor International a publié « Voyage et accessibilité : changer les mentalités », un rapport qui présente entre autres des exemples de bonnes pratiques en tourisme accessible et inclusif. Ceux qui suivent sont tirés de cette étude.

Scandic et les principes du design universel 

 Selon le Centre d’excellence en design universel, si un environnement est accessible, utilisable, pratique et agréable, tout le monde en profite. Le design universel se caractérise par la conception de produits, d’environnements, de programmes et de services employables par tous, sans avoir besoin de les adapter ou de les personnaliser. Scandic Hotels, premier groupe hôtelier des pays nordiques, constitue un très bel exemple de développement d’une offre inclusive basée sur le concept de design universel. Leur approche a fait progresser leur chiffre d’affaires de 69 %, de 2013 à 2018.

Parmi les 159 critères appliqués par les établissements de la chaîne figurent :

  • Hauteur du lit ajustable ;
  • Téléphone et télécommande sur la table de nuit ;
  • Alarme de feu vibrante ;
  • Miroir à hauteur raisonnable, pour les gens en fauteuil roulant comme pour les autres ;
  • Boucle auditive dans les salles de réunions (pour personnes malentendantes).

Airbnb accessible 

 En 2017, Airbnb a fait l’acquisition d’Accomable, un spécialiste de la location d’hébergements accessibles qui compte 500 inscriptions dans 60 pays, selon The Guardian. Dans son moteur de recherche, la plateforme met de l’avant des critères détaillés en matière d’accessibilité (entrée dans les lieux, déplacements, chambres à coucher, espaces communs, etc.). L’organisation dispose également d’une politique non discriminatoire qui empêche un hôte de refuser un invité à cause de son handicap.

Tourisme Flandre : un label d’accessibilité et un site Web informatif 

 L’organisme de gestion de la destination de la région flamande de Belgique, la Flandre, propose un label en deux niveaux d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite dans les établissements d’hébergement, les auberges de jeunesse, les campings et les offices de tourisme. L’image ci-dessous illustre ces deux niveaux.

Source : VisitFlanders, « Le Label »

Pour faciliter la planification des séjours, le site Web VisitFlanders présente une information détaillée en ce qui a trait au transport et aux activités, de même qu’une liste de ressources utiles pour une assistance en cours de voyage. Dans la foulée, la ville de Bruges a produit un itinéraire « à pied » accessible à tous, incluant des indications sur le type et la configuration de la route.

Source : Bruges – Accessible for everyone

La technologie au service de l’humain

La technologie s’avère un outil efficace pour rendre l’expérience client plus agréable et faciliter le séjour des personnes avec des besoins particuliers.

  • Mobility Mojo offre une solution logicielle qui aide l’hôtelier à faire un audit de son établissement et à promouvoir ses actions sur son site Web.
  • L’aéroport international de Memphis, en collaboration avec Aira, a lancé un service mains libres pour assister les personnes non voyantes. Les visiteurs sont accompagnés en temps réel par un agent formé aux différentes étapes du processus. BeMyEyes, une autre application, permet aux non-voyants d’être connectés en vidéo à une personne voyante.
  • Eurostar a créé un guide virtuel pour préparer les voyageurs sur le spectre de l’autisme (TSA) à chaque stade de leur séjour. Cela leur permet de vivre l’expérience en amont (porte d’embarquement, sécurité, sièges à bord, bruit du train). L’entreprise donne aussi de l’information sur les périodes les plus tranquilles.
  • Dans le milieu de la culture, GalaPro aide les individus souffrant d’une perte de vision ou auditive à profiter d’un événement culturel. En Autriche, le musée Salzburg intègre un langage simplifié sur ses écriteaux destinés aux visiteurs vivant avec une déficience intellectuelle.

Améliorer l’expérience : ce qu’en pensent les clients

Selon une étude de Tourism Australia (2017) auprès des personnes vivant avec un handicap, voici les trois principaux éléments qui amélioreraient leur expérience de voyage :

  • Des aubaines et des offres pour les gens voyageant avec un assistant ou un aidant ;
  • De l’information sur les séjours accessibles/inclusifs sur les sites de commentaires généraux (ex. TripAdvisor) ;
  • Une reconnaissance pour les entreprises qui effectuent un bon travail en ce qui a trait aux voyageurs vivant avec des incapacités.

Également, 86 % ont mentionné qu’une meilleure formation des employés et plus de renseignements pratiques, comme la localisation des toilettes, constituaient une priorité. Le diable est dans les détails : de l’emplacement de la cafetière à la grosseur des caractères sur les panneaux d’interprétation, les installations et les outils d’information doivent aussi être réfléchis pour ce type de clientèle. Voici une figure illustrant quelques idées pour favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap.

Source : Euromonitor, de AccessAble, traduit par la Chaire de tourisme Transat

Nous ne sommes qu’au début de l’aventure vers un tourisme inclusif. Des destinations montrent la voie. Chaque acteur de l’écosystème touristique doit adopter un état d’esprit inclusif pour transformer l’expérience de cette clientèle, et surtout, l’inclure dans tous les aspects du parcours client, car être accessible est profitable pour tous !

 

Source de l’image à la une : Pixabay

 

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Segments de clientèles

Améliorer l’accessibilité aux clientèles atteintes de démence

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, les personnes de plus de 60 ans représenteront 22 % de la population mondiale d’ici 2050 et près d’un cinquième d’entre elles auront plus de 80 ans. En tourisme, plusieurs bonnes pratiques sont mises en place pour offrir une expérience inclusive et accessible à tous, également en tenant compte de la perte d’autonomie et des maladies cognitives liées à l’âge. Par exemple, des destinations proposent des ressources pour développer les compétences du personnel d’entreprises touristiques en matière d’accueil et de service à la clientèle pour ce type de voyageurs.

C’est le cas de VisitEngland et de VisitScotland, qui se sont associées pour outiller leurs membres. Les deux organisations de gestion de la destination (OGD) ont écrit, en partenariat avec la Société d’Alzheimer du Royaume-Uni, un guide pour soutenir les entreprises touristiques dans l’accueil des visiteurs souffrant de démence. Le document démystifie certains aspects de cette maladie cognitive et explique les défis que ces voyageurs et leurs accompagnateurs peuvent rencontrer. Plusieurs conseils sont fournis quant à la manière d’informer cette clientèle, de communiquer avec elle, d’adapter la sécurité et l’aménagement des lieux. Quelques études de cas y sont également.

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Source :VisitEngland

Comme le rapporte VisitEngland, il existe de nombreux bénéfices à devenir accessible aux personnes atteintes de démence. En plus d’améliorer la qualité de vie de ces voyageurs, les entreprises bonifient leur service à la clientèle et ont une meilleure répartition saisonnière, puisque ces touristes préfèrent se déplacer dans les périodes plus calmes. Leur réputation s’en verra aussi positivement touchée.

 

Source de l’image à la une :Unsplash

 

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Ressources humaines

Des ressources pour favoriser l’intégration au travail des personnes handicapées

L’embauche de personnes handicapées peut représenter un défi pour les employeurs. L’organisation du travail, l’aménagement des tâches, l’adaptation du poste de travail, l’environnement physique et les moyens de communication constituent des aspects sur lesquels il est essentiel de se pencher pour réussir l’intégration. 

Un défi surmontable grâce à des organismes spécialisés

Pour accroître l’embauche de personnes ayant une incapacité, il est essentiel pour les entreprises de s’associer à des organismes œuvrant en employabilité pour les personnes handicapées.

Pour accroître l’embauche de personnes ayant une incapacité et tirer parti des avantages qui en découlent, il est essentiel pour les entreprises de s’associer à des partenaires communautaires — des organismes œuvrant en employabilité pour les personnes handicapées — qui comprennent leurs besoins en main-d’œuvre. Ces collaborateurs devraient être en mesure de recommander des candidats et d’aider les gestionnaires à éliminer les obstacles et à créer des emplois adaptés. Les partenaires communautaires travaillent également avec les postulants pour les préparer à leur nouvel environnement. Une fois le processus d’embauche complété, l’organisme doit participer à la conception des activités d’accueil, d’intégration et de formation et fournir un soutien, tant à l’employeur qu’à l’employé, pour assurer le maintien en emploi et le bien-être au travail de la personne vivant avec un handicap.

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Source : Freepik

Les employeurs peuvent compter sur plusieurs organismes œuvrant en employabilité pour ce type d’individus. Le Regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées (ROSEPH) rassemble 24 services spécialisés de main-d’œuvre répartis dans presque toutes les régions du Québec. Sa mission : favoriser l’intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées. En partenariat avec le Conseil du patronat du Québec et le Centre de recherche pour l’inclusion scolaire et professionnelle des personnes en situation de handicap, le ROSEPH a concocté une formation d’une journée (six heures) ou d’une demi-journée présentant des outils pratiques et des mises en situation concrètes aux gestionnaires d’entreprises, afin de mieux les aider lors d’un processus d’embauche inclusif. L’organisme SPHERE offre des services adaptés aux besoins de main-d’œuvre des entreprises, comportant de la formation, de l’accompagnement et de l’aide financière. Enfin, le Conseil québécois des entreprises adaptées propose de multiples formations sur mesure, entre autres, la série « superviser avec brio » les personnes sourdes, déficientes intellectuelles ou ayant un trouble du spectre de l’autisme.

Les entreprises peuvent également bénéficier d’appuis financiers

Les entreprises peuvent également bénéficier d’appuis financiers pour accueillir et soutenir cette clientèle ou faciliter son intégration ; le contrat d’intégration au travail en est un. Grâce à cet outil, un employeur qui embauche une personne handicapée peut obtenir une aide pécuniaire pour payer une partie du salaire de ce nouvel employé et pour adapter l’environnement de travail à ses besoins.

Pénurie de main-d’œuvre en tourisme : un sommet

Au début de la saison estivale, plus de 20 000 travailleurs en tourisme manquaient à l’appel, un nombre record selon Lucie Charland, présidente du Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT). Pour combler leurs besoins de personnel, les employeurs doivent se tourner vers de nouveaux bassins d’employés tels que les préretraités, les retraités, les immigrants et, pourquoi pas, les personnes handicapées ? Ces dernières constituent l’un des segments de main-d’œuvre les plus sous-représentés sur le marché du travail. Au Québec, le taux d’emploi des individus âgés de 25 à 64 ans ayant une incapacité s’établit à 56 % en 2017, un taux nettement inférieur à celui des personnes sans incapacité (79 %), selon les résultats de l’Enquête canadienne sur l’incapacité réalisée en 2017 par Statistique Canada.

Il y a environ 300 000 personnes en situation de handicap, aptes au travail au Québec

À l’heure actuelle, il y a environ 300 000 personnes en situation de handicap, aptes au travail au Québec. Voilà pourquoi le gouvernement du Québec annonçait, au début du mois de juin, l’injection de près de 239 millions de dollars sur cinq ans pour favoriser l’intégration des personnes handicapées sur le marché du travail. Cet argent servira à déployer les 33 mesures de la Stratégie nationale pour l’intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées 2019-2024. L’une de ces mesures vise à « mettre à la disposition des entreprises un aide-mémoire sur les services offerts en matière de ressources humaines par Services Québec, pour les soutenir dans leurs pratiques d’embauche et de maintien en emploi des personnes handicapées ».

L’histoire inspirante de l’hôtel Prince George

Hôtel de luxe et restaurant gastronomique situé à Halifax en Nouvelle-Écosse, le Prince George emploie depuis presque toujours, quelque 160 personnes, dont plusieurs qui vivent avec un handicap. Très bien établie dans sa communauté, l’organisation a recours à des partenaires pour trouver de nouveaux candidats.

Pour faciliter les interactions entre travailleurs handicapés et clients, l’hôtel a mis en place plusieurs moyens simples et ingénieux. Par exemple, la direction dépose des notes dans les chambres pour avertir les clients que l’employé responsable du ménage est malentendant et les invite à s’adresser à la réception s’ils ont besoin d’aide pour communiquer avec lui.

Les autres employés n’hésitent pas à prêter main-forte à leurs confrères pour les aider à bien exécuter leurs tâches. À la buanderie, ils vérifient que l’aménagement de la pièce ne nuira pas au travail de leur collègue malvoyant pendant que son chien guide demeure dans une pièce adjacente. Les gens se soucient les uns des autres et la réaction des clients est positive.

Bien que cela puisse paraître contraignant au premier abord, il existe de nombreuses ressources pour guider et épauler les employeurs dans l’embauche de personnes handicapées, au bénéfice des deux parties.

 

Source de l’image à la UNE : Cyril Doisneau 2021, collaboration spéciale pour la Chaire de tourisme Transat

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Segments de clientèles

Comprendre le handicap pour améliorer l’expérience

Au cours du 2e Sommet mondial du tourisme accessible, Coralie Vandevenne, coordinatrice des services accompagnement, sport et loisir chez l’Œuvre Fédérale Les Amis des Aveugles et Malvoyants, à Ghlin, en Belgique, a présenté la formation « Passeur de sens© », qui est offerte aux professionnels de divers secteurs, notamment ceux du tourisme et de la culture. Interactive et déductive, cette formation d’une durée de trois jours intègre des aspects multisensoriels afin de favoriser la création de représentations mentales génératrices de sens et porteuses d’émotion pour le PNMV.

Le cours se base sur des concepts théoriques (démystification du handicap visuel, formes de mal vision, détermination des besoins spécifiques et des possibilités d’adaptation, etc.), des exercices pratiques, des mises en situation et des échanges. Les participants apprennent les attitudes à adopter face à une personne déficiente visuelle ainsi que les techniques de guidage et de déplacement. Ils découvrent divers outils destinés à favoriser l’accessibilité des PMNV : visites guidées, adaptations tactiles et olfactives, audiodescriptions, maquettes bi ou tridimensionnelles, adaptations en braille et en grands caractères, etc. Une partie de la formation se déroule dans les musées afin de permettre aux participants de repérer tous les éléments à considérer dans le cadre d’une visite adaptée. Enfin, un groupe de personnes, des professionnels et des PNMV, valide l’intégration des connaissances et des compétences. Une quinzaine d’établissements culturels belges ont bénéficié de cette formation.

Développer les compétences du personnel de l’industrie touristique en matière d’accueil et de service à la clientèle handicapée s’avère essentiel pour offrir à cette dernière une expérience inclusive… et porteuse de sens.

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Source : Amis des aveugles

 

Source image à la une : Pexels

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Produits et activités

Cinq tendances en tourisme de nature et d’aventure

Le réseau de veille réalise depuis déjà quelques années un bulletin de veille sur le tourisme de nature et d’aventure, en collaboration avec le ministère du Tourisme du Québec. Cette synthèse mensuelle vise à informer les intervenants touristiques sur ce secteur d’activités prioritaire, tel qu’en témoigne la Stratégie de mise en valeur du tourisme de nature et d’aventure. Voici les grandes tendances qui se dégagent d’une relecture des bulletins de la dernière année.

 

La nature en vedette

Depuis quelques années, plusieurs éléments contribuent à mettre la nature et le plein air à l’avant-plan.

Source de bien-être

Les bienfaits associés à la fréquentation de la nature sur la santé physique et mentale sont bien documentés. Si bien que des médecins prescrivent la nature pour améliorer l’état de santé de certaines personnes. Aussi, la tendance au bien-être contribue à cet intérêt pour un contact avec la nature. Les bienfaits de cette dernière inspirent aussi les designers dans l’aménagement des hôtels. On y intègre des murs végétalisés, de grandes baies vitrées pour faire entrer la lumière, le tout afin de favoriser la détente et les émotions positives.

Populaire sur Instagram

Le partage de clichés sur les médias sociaux stimule la demande pour les espaces naturels. Les parcs nationaux américains ont enregistré des records de fréquentation l’année dernière et certains analystes estiment qu’Instagram y aurait contribué. Le portail de partage de photos exerce une influence sur le choix des destinations de voyage. Non seulement les gens s’en inspirent, mais ils souhaitent aussi publier des photos qui feront l’envie des autres utilisateurs. Certains vont jusqu’à prendre des risques pour obtenir une photo spectaculaire.

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Source : Instagram

Aux premières loges des changements climatiques

Les changements climatiques affectent le terrain de jeu des adeptes du plein air. La protection de l’environnement figure parmi les préoccupations des pratiquants comme des organisations en tourisme d’aventure. Des entreprises proposent des actions concrètes pour réduire leur empreinte et celles de ses clients. C’est le cas de Midnight Son Tours, en Alaska, qui fournit à chaque client une bouteille équipée d’un filtre purificateur d’eau permettant à l’utilisateur d’obtenir une eau potable à partir de n’importe quelle source. Voilà qui contribue à réduire la consommation de bouteilles d’eau à usage unique.

Hébergement de plein air immersif, design et écologique

Les concepts d’hébergement en cabines situées dans des milieux naturels de grande qualité se multiplient. Souvent créées par des architectes, ces installations carburent aux énergies renouvelables et sont faites de matériaux écologiques, locaux ou recyclés pour minimiser leur empreinte sur le territoire. L’immersion dans le paysage et l’ouverture sur celui-ci par une grande fenestration sont souvent des caractéristiques communes à ce type d’hébergement.

 

Se rapprocher de la nature

L’hôtel CABN, en Australie, illustre bien cette tendance. Il est composé de cabines de bois à faible empreinte écologique qui permettent un séjour en pleine nature sans délaisser le confort. La startup Getaway propose le même genre d’hébergement, en périphérie des villes de New York, de Boston et de Washington, DC.

Voici la vidéo promotionnelle de CABN :

Vidéo : YouTube

Cette tendance est aussi bien observable au Québec, notamment avec Dômes Charlevoix, des unités luxueuses en forme d’igloo, avec terrasse et spa, situées en pleine nature et offrant une vue sur le fleuve.

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Source : © Bourgeois Lechasseur Architectes

Les offres et les prototypes se déclinent en de multiples propositions, comme de l’hébergement flottant, des habitations inspirées des modes de vie ancestraux ou encore des cabines en pleine forêt entièrement recouvertes de miroirs pour se fondre dans le paysage.

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Crédits photo : © Coulson

Même activité, nouvel emballage

Les entreprises d’aventure rivalisent d’originalité pour renouveler leur offre ou pour se démarquer afin d’interpeller une clientèle exigeante et expérimentée qui souhaite vivre des expériences uniques.

« Héliactivités »

Pour enrichir son offre estivale, le centre de villégiature Tordrillo Mountain Lodge, en Alaska, propose des séjours d’hélivélo (heli biking), d’hélirandonnée (heli hiking) et d’hélipêche (heli fishing). En Colombie-Britannique, la Glacier Raft Company possède un accès exclusif à l’un des canyons de la rivière Kicking Horse, joignable uniquement par hélicoptère. Les visiteurs descendent ensuite la rivière en rafting. Voici la vidéo de présentation de Glacier Raft Company :

Vidéo : YouTube

Pêche en kayak, yoga sur la neige

On observe de nouvelles façons d’aborder certaines activités. La pêche en kayak, par exemple, gagne en popularité et joint une clientèle de jeunes adultes. Le yoga neige, ou snowga, se répand aussi. C’est le cas à Boulder, au Colorado, qui reçoit d’importantes quantités de neige chaque année et où la culture du yoga est déjà bien implantée. En Finlande, on propose le yoga de sable ou de neige, selon la saison. À Montréal, l’entreprise POP Spirit offre des cours de yoga dans la neige, dans des parcs montréalais.

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Source : © POP Spirit 

L’aventure en ville

Des activités d’aventure qui se pratiquaient autrefois uniquement en milieux ruraux sont de plus en plus courantes en pleine ville. Des parcours aériens et des tyroliennes, du kayak, du surf ou encore de la planche à pagayer debout sur les cours d’eau urbains  : les gens s’y adonnent pour être actifs sans devoir quitter la ville ou encore pour vivre une nouvelle expérience. Ces activités d’aventure permettent d’aborder la ville sous un autre angle.

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Source : © M&M Stand Up Paddling Amsterdam

Installations iconiques

Que ce soit pour renouveler l’offre, pour mieux répondre aux besoins de la clientèle, pour améliorer l’expérience client ou pour se démarquer de la concurrence, l’aménagement de structures inusitées pimente l’expérience de plein air. C’est le cas du pont piétonnier suspendu Charles Kuonen, le plus long au monde avec près de 500 mètres. Il permet d’épargner de quatre à cinq heures de marche sur le trajet de randonnée entre Zermatt et Grächen, en Suisse.

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Source : © Valentin Flauraud

Plus qu’une tour, une image de marque

Au Danemark, le Camp Adventure Park sera bientôt équipé d’une tour d’observation de 45 mètres de haut. Sa silhouette en forme de sablier propose un contact unique avec la canopée, en plus de constituer une image distinctive pour le parc.

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Source : © EFFEKT Architects

Des segments de clientèle à conquérir

Des organisations en tourisme d’aventure s’intéressent à des segments jusque-là sous-estimés. Travel Oregon déploie un microsite présentant les diverses options d’accès au plein air pour les personnes à mobilité réduite. On y présente des excursions guidées à ski, à vélo de montagne, en escalade ou encore en kayak. Parks Victoria, en Australie, teste les Canopy — Eco Sleeper Pods, des unités d’hébergement au design contemporain et accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Vidéo : Vimeo

Au-delà des stéréotypes

Le marketing du plein air véhicule généralement un modèle assez restreint des pratiquants : de race blanche, jeune, hétérosexuel et doté d’un physique athlétique. Ce stéréotype ne parle en rien aux communautés ethniques, aux personnes en surpoids ou encore aux néophytes du plein air. Mais ces adeptes sous-représentés occupent une place grandissante sur les médias sociaux, particulièrement sur Instagram, sous l’appellation Unlikely Hikers. Ce mouvement, qui regroupe plus de 50 000 abonnés et qui est soutenu par des marques reconnues comme REI et Columbia, fait des petits. Des dizaines d’autres comptes illustrant cette diversité et promouvant l’inclusion ont vu le jour.

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Source : © Unlike Hikers / Instagram

Les voyageurs en solo

Bien que les voyageurs en solo soient déjà bien servis par le secteur du tourisme d’aventure, leur nombre est en croissance. Cette appellation désigne les personnes qui partent seules et celles qui rejoignent un groupe d’individus. Une étude de Booking.com auprès de 20 500 voyageurs révèle que 40 % des baby-boomers ont fait un tel séjour au cours de la dernière année. 

L’entreprise Intrepid a développé un microsite à leur intention, avec des formules sur mesure, la publication de témoignages et des astuces pour outiller la clientèle en solo.

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Source : © Intrepid

Pour en savoir plus…

Le tourisme de nature et d’aventure est en bonne posture pour se développer et gagner de nouveaux adeptes au fil des prochaines années. Il s’inscrit parmi plusieurs grandes tendances touristiques, comme la recherche d’authenticité et les expériences transformationnelles. La progression rapide des voyages du marché chinois, tout particulièrement celui de la génération du millénaire, qui cherche à vivre des aventures en pleine nature, aura aussi certainement un impact sur ce secteur d’activité. Abonnez-vous aux bulletins de veille publiés mensuellement sur le site Web de Tourisme Québec pour rester informé.

 

Image à la une : © EFFEKT Architects

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Technologies

Wilson, le concierge des bons plans

Présentée au salon technologique du 2e Sommet mondial Destinations pour tous, qui s’est tenu à Bruxelles les 1er et 2 octobre dernier, « I Wheel Share » est une application mobile collaborative, centralisée et géolocalisée, grâce à laquelle les personnes en situation de handicap partagent des informations sur l’accessibilité des lieux qu’elles connaissent bien.

« Salut! Moi, c’est Wilson, le majordome des bons plans handicap, comment puis-je t’aider ? » C’est ainsi que Wilson, le chatbot de I Wheel Share, accueille ses utilisateurs sur Messenger. Son objectif : proposer des activités sportives ou culturelles, des logements, des restaurants, une liste de toilettes accessibles à proximité, et ce, en fonction du handicap de la personne, qu’il soit moteur, auditif ou visuel. Les informations fournies par Wilson proviennent de bases de données de partenaires.

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Source : I Wheel Share

Source image à la Une : Unsplash