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Ressources humaines

Les employeurs et la mobilisation : des exemples inspirants

La pénurie de main-d’œuvre est toujours d’actualité dans l’industrie touristique québécoise, mais le phénomène semble s’être légèrement résorbé à l’été 2023. C’est du moins le bilan de la région des Cantons-de-l’Est qui a vu son taux de postes vacants chuter à 5 % à l’été 2023 alors qu’il était de 14 % à l’été précédent.  

Lors du Sommet « Cantons jase RH en tourisme » le 17 octobre 2023, différents acteurs touristiques ont pu discuter de ce qui sera sans doute le prochain grand défi en ressources humaines : la mobilisation du personnel.  

Source : Tourisme Cantons-de-l’Est 

Un employé mobilisé ne fait pas qu’exécuter un travail pour lequel il est payé, il possède un sentiment d’appartenance, adhère et contribue à la mission de l’organisation. Or, selon le rapport Gallup’s State of the Global Workplace 2023, seulement 31 % des Canadiens se sentent engagés dans leur travail.  

Alexandre Rousseau, conférencier et consultant d’affaires, a présenté lors du Sommet cinq pistes de solutions afin d’améliorer la mobilisation. Selon lui, il faut miser sur : 

  • la confiance ; 
  • l’autonomie ; 
  • le sentiment de justice ;
  • le sens du travail ;
  • et la reconnaissance.  

Toujours à l’occasion de cette rencontre, quatre leaders de la région ont témoigné de leurs pratiques de gestion mobilisatrices. 

Faire confiance à la jeunesse!

Pour s’engager, les employés doivent sentir que leur employeur leur fait confiance et les considèrent comme partie prenante.

Geneviève Vallières, de la Mine Capelton, embauche et coordonne une équipe de guides interprètes composée exclusivement de jeunes étudiants. L’âge de ses employés n’est cependant pas un frein à l’implantation d’un mode de gestion très « collégial » et collaboratif. Chaque matin, ce sont les guides qui se répartissent le travail et décident des horaires. Mme Vallière explique que « lorsque l’on croit au potentiel des jeunes et qu’on leur témoigne de la considération, cela se transpose dans leur attitude : ceux-ci se montrent dignes de la confiance reçue et deviennent très loyaux ». 

Valoriser les emplois en donnant plus de latitude

Pour être mobilisé, un employé doit pouvoir s’impliquer et ressentir qu’il a un impact sur l’organisation.  

Pour Kim Lewis, directrice générale au Spa Bolton, favoriser l’autonomie des employés est un ingrédient essentiel du leadership. Elle n’a d’ailleurs pas hésité à créer des postes de préposés aux réservations en télétravail pour les étudiants qui doivent quitter la région à la fin de l’été et ainsi leur permettre de conserver leur lien d’emploi. 

Les gestionnaires du Spa Bolton adoptent aussi un style de gestion participatif « du bas vers le haut ». Les employés ont l’occasion de s’impliquer activement dans différents projets de développement du Spa ce qui leur permet d’acquérir de nouvelles compétences. Ils sont aussi invités à contribuer à la planification stratégique afin d’influencer les orientations et les objectifs de l’organisation (la planification se déroule d’ailleurs en peignoir dans les installations afin de mieux s’imprégner de la vision!).  

Parce que tous les employés sont essentiels

Qu’il soit étudiant ou directeur, chacun mérite d’être traité avec respect et considération.  

À Bromont, Montagne d’expériences, il existe une multitude de départements, de titres et de catégories d’emplois ; l’équité y est donc un enjeu primordial. Que ce soit pour l’affichage des postes ou encore le positionnement sur l’échelle salariale, Karolyn Tessier, conseillère principale en développement organisationnel, se fait un devoir d’être la gardienne de l’équité. 

Le sondage « Taux de bonheur à la montagne » permet aussi de s’assurer que les employés se sentent bien dans leur emploi et de déceler d’éventuels enjeux sur le plan du climat de travail.  

L’espace 360 degrés, un centre de soutien accessible pour tous les employés en présence ou par courriel, permet d’interagir plus facilement avec l’employeur que ce soit pour partager une préoccupation ou obtenir une information.  

Mettre son énergie dans un travail qui a du sens

Pour quelle « raison » vos employés se mobiliseraient-ils ?  

Au Verger le Gros Pierre, la mission de l’entreprise est connue des employés et devient, par le fait même, une grande source de fierté. Les employés sont donc constamment avisés des nouvelles pratiques culturales, des nouvelles variétés de pommes et de l’empreinte écologique du verger.  

Pour Mélanie-Éliane Marcoux, co-propriétaire du Verger, il est important de « nourrir » les employés au sens propre comme au figuré. Que ce soit lors des journées d’intégration, des réunions de début ou de fin de saison, des publications sur le groupe ou des tournées de supervision, l’information opérationnelle et stratégique circule librement à tous les niveaux. 

La reconnaissance : c’est donnant-donnant

La mobilisation est en grande partie une question de réciprocité et d’échange. Les employés souhaitent s’engager au sein d’une organisation qui saura démontrer sa gratitude.  

Les employeurs qui ont témoigné au Sommet ont chacun une panoplie de pratiques de reconnaissance : bons coups soulignés, événements sociaux, accès aux installations, bourse d’études, etc.  

Au-delà des gestes et des cadeaux, ces gestionnaires ont le souci de valoriser leurs employés et de reconnaître les comportements qui sont en adéquation avec les valeurs de l’entreprise. Ils ne tiennent jamais les membres du personnel pour acquis et ont bien compris qu’on ne les retient pas, on les fidélise.  

Des employés fiers et engagés

Ces entreprises ont-elles trouvé la recette de la mobilisation ? Si on en croit leurs résultats, soit un recrutement facilité et une diminution du taux de roulement, elles sont assurément sur la bonne voie! 

 

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Gestion Ressources humaines

Bien gérer la participation de ses bénévoles

Le Wildflower! Arts and Music Festival (WF!) a fait ses débuts en 1993 dans la ville de Richardson au Texas. Produit par le service des parcs et des loisirs de la municipalité, l’événement de trois jours se tient chaque année au cours de la troisième fin de semaine du mois de mai. Sa programmation comprend, entre autres, des spectacles de musique ainsi que des performances artistiques. Il met également en valeur des artisans locaux ainsi que la relève à travers des concours de talent. 

Le festival est devenu un événement phare pour la ville de Richardson et attire plus de 60000 visiteurs chaque année. Depuis sa création, les bénévoles ont joué un rôle clé dans le succès du festival. Leur engagement se manifeste non seulement durant l’événement, mais aussi dans les mois qui le précèdent. Les organisateurs estiment que sans ce soutien, WF! ne pourrait être ce qu’il est aujourd’hui. 

Source : Page Facebook de l’événement 

Encadrement des bénévoles  

Les bénévoles sont bien accompagnés et guidés tout au long de leur implication. Répartis en six groupes et gérés par un coordonnateur, ils contribuent au festival de la manière suivante : 

1. Le comité exécutif de pilotage est formé de huit bénévoles sélectionnés pour veiller à la bonne gestion de certaines composantes du festival, telles que les concours de talents. Tout au long de l’année, ce comité se réunit sous la supervision du directeur du festival. Chaque bénévole travaille en étroite collaboration avec un membre du personnel désigné. 

2.Les ambassadeurs des commanditaires jouent un rôle de conciergerie auprès des commanditaires, les assistent dans l’installation de leur kiosque et veillent à leur offrir un service à la clientèle hors pair tout au long de l’événement.  

3.Le consortium des commerçants regroupe des partenaires à but non lucratif. Il se compose, entre autres, de représentants de services sociaux et de diverses organisations civiques de Richardson qui viennent mettre la main à la pâte de façon bénévole. Ils s’occupent des kiosques de boissons alcoolisées du festival et ont la possibilité d’empocher un pourcentage des profits, de même que les pourboires, afin de collecter des fonds pour financer les activités de leurs organisations respectives. 

4.Les superviseurs des bénévoles sont affectés à des zones spécifiques du festival. Durant l’événement, ils supervisent deux groupes : les responsables des bénévoles et les bénévoles généralistes. 

5.Les responsables des bénévoles gèrent les bénévoles généralistes dans leur zone d’affectation et aide au recrutement de bénévoles. 

6.Les bénévoles généralistes se font assigner différentes tâches et responsabilités (distribuer des programmes du festival aux visiteurs, assembler du matériel promotionnel, etc.) et apportent un soutien dans les équipes qui ont besoin d’aide.  

Recrutement

Le coordonnateur des bénévoles veille à maintenir une bonne communication avec les bénévoles récurrents, tout au long de l’année. Même si l’événement se déroule en mai, il entre en contact avec eux dès le mois de septembre afin de confirmer leur présence pour l’édition suivante. Avec l’aide des responsables des bénévoles, le coordonnateur s’occupe aussi de contacter les organisations civiques et les commanditaires afin de compléter certaines affectations. 

À partir de janvier, le coordonnateur effectue une campagne de promotion sur les médias sociaux et distribue des dépliants dans divers locaux de la ville pour attirer les bénévoles supplémentaires. 

Source : Page Facebook de l’événement 

Avantages et rétention

Les bénévoles peuvent profiter de certains avantages dont deux billets gratuits pour le festival et un laissez-passer pour le stationnement. Ils reçoivent aussi des collations et des boissons tout au long de la fin de semaine. 

À la fin de l’événement, chaque bénévole reçoit un courriel personnel ou un appel téléphonique le remerciant de sa participation. Cette communication est également le moment de recueillir des commentaires et des suggestions afin de continuellement améliorer l’expérience des bénévoles. 

Quatre semaines après le festival, une fête est organisée afin de souligner la contribution des bénévoles. Tous ceux et celles qui ont travaillé plus de douze heures durant la fin de semaine du Wildflower ! Arts and Music Festival y sont invités et peuvent être accompagnés. L’événement comprend un repas, de la boisson et de l’animation.

Source : Page Facebook de l’événement 

Avec son programme, le festival a su fidéliser de nombreux bénévoles, plusieurs font même partie du festival depuis plus de cinq ans. Cette gestion rigoureuse à même permis au WF ! de remporter le prix Pinnacle Or en 2018 et 2019 dans la catégorie « Best Volunteer Program », un prix décerné par l’International Festivals and Events Association. 

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Gestion Ressources humaines

La ludification au travail : à vous de jouer !

Qu’entendons-nous par ludification (ou gamification en anglais)? Il s’agit d’éléments associés au jeu, ensuite transposés à une activité ou à un milieu qui ne s’y prête pas habituellement, tels que le marketing ou, comme dans ce cas-ci, les ressources humaines. 

Les priorités en gestion et les changements dans le monde du travail amènent les entreprises à reconsidérer les façons de procéder pour valoriser la marque employeur et garder son personnel. Selon le rapport d’Academos sur les aspirations professionnelles des jeunes en 2022, basé sur un sondage auprès de 1005 étudiants québécois âgés de 14 à 30 ans, les membres de la génération Z veulent un travail qui les passionne, et ils souhaitent trouver du plaisir dans les tâches et responsabilités, tout en étant stimulés au quotidien. L’intégration du jeu semble être un choix intéressant pour capter l’attention de cette génération qui fait son entrée sur le marché du travail et qui constitue la relève dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.  

Plus qu’un jeu de cartes

Le professeur en marketing à l’Université de Lille, Thomas Leclercq et ses collègues formulent quatre types de «fun» pour ludifier une activité de manière efficace afin que les participants s’y engagent de façon pérenne. 

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Intégrer la ludification dans son entreprise amène plusieurs avantages, dont : 

  • Accroître le plaisir: les utilisateurs ressentent des émotions positives lorsque l’intégration du jeu est bien faite. Cela contribue à améliorer le bien-être et l’ambiance générale. 
  • Mettre l’accent sur le renforcement positif: s’amuser apporte un effet bénéfique sur les attitudes et les comportements des participants. 
  • Miser sur le développement personnel et l’épanouissement : les employés se sentent motivés et valorisés à trouver de bonnes idées et à résoudre des problèmes. 
  • Permettre d’avoir une communication différente : le jeu engage de nouveaux leviers communicationnels et à valeur ajoutée. 
  • Développer les connexions sociales : les employés renforcent leurs relations, leur collaboration et leur sentiment d’appartenance. Cet aspect est d’autant plus important si le personnel se trouve en milieu éloigné ou en télétravail. 
  • Favoriser l’apprentissage et le développement cognitif : apprendre en s’amusant augmente l’attention et la rétention de l’information puisque cela transforme un sujet en un élément interactif et divertissant. En plus, le jeu permet de visualiser et de mesurer sa progression. Les risques d’abandon diminuent également. 

Tous ces facteurs augmentent la motivation agissant directement sur l’engagement des membres du personnel, leur productivité et leur performance. Beaucoup de spécialistes en ressources humaines estiment aussi que la marque employeur s’en retrouve améliorée.  

Comment placer ses pions ?

Que ce soit pour le recrutement, l’intégration des candidats et/ou la formation, la ludification peut s’employer à différents niveaux dans une organisation. La chaîne Marriott l’a déjà utilisé il y a plusieurs années avec le jeu «My Marriott» pour attirer de nouveaux candidats. Le jeu simulait virtuellement toute l’expérience de gestion d’une entreprise hôtelière. Les points étaient attribués en fonction de la qualité du service client fourni par les joueurs. La vidéo suivante explique le jeu.

 

Google a intégré un jeu qui se concentre sur les employés qui se déplacent beaucoup pour le travail. Ils sont encouragés à garder une trace des dépenses reliées à leur déplacement. Chaque montant qu’ils économisent sur leur budget alloué au voyage d’affaires leur est ensuite reversé en salaire. Ils peuvent également choisir de donner ce montant à un organisme caritatif s’ils le souhaitent. 

La compagnie aérienne EasyJet a développé une formation immersive, facilement déployable, afin de combler un vide dans la formation des agents répartis sur trois continents et ayant une expérience limitée des aéroports, et ce, de manière rentable. La formation permet aux agents de prendre conscience de manière ludique des comportements à adopter pour offrir au passager une expérience client idéale. 

Source: Serious Factory 

L’envers de la médaille

Introduire le concept de jeu dans l’organisation semble simple et amusant. Pourtant, la ludification possède ses limites et peut créer certains problèmes si elle n’est pas intégrée de manière réfléchie. Par exemple : 

  • Le manque de cohérence dans la culture de l’entreprise : il y a des risques de frustration et de déception si un nouvel employé passe par un recrutement ludique, mais que la ludification ne se retrouve nulle part ailleurs. 
  • Le jeu dépasse le travail: l’attrait des récompenses peut amener des employés à valoriser les tâches qui rapportent plus au détriment d’autres activités. 
  • Un esprit de compétition malsain: la rivalité abusive affecte la cohésion de groupe, la collaboration et l’esprit d’équipe. 
  • Le maintien de l’engagement : trouver l’équilibre entre la simplicité et la complexité des mécanismes de jeu et l’apport quotidien de nouveauté sans quoi l’intérêt diminuera. 

Travailler avec des spécialistes familiers de la ludification permet d’éviter de tels problèmes. 

Les jeux sont faits !

Pour éviter que la ludification soit contre-productive, il existe plusieurs éléments à prendre en considération.  

  • Avoir un plan de formation; 
  • Garder les tâches significatives; 
  • Connaître ses participants; 
  • Définir des objectifs clairs, mesurables et réalistes; 
  • Donner des récompenses satisfaisantes et variées; 
  • Faire en sorte que la participation reste libre 
  • Reconnaître les progrès et les efforts. 

Surtout, ne pas pousser le concept trop loin! Il ne faut pas créer une anxiété de performance et une impression de surveillance alors que l’un des buts de la ludification est que le personnel s’amuse et éprouve du plaisir. Peu importe sa forme, elle doit être réfléchie et doit correspondre aux intérêts de vos équipes pour que son application apporte un effet bénéfique bien réel. 

Êtes-vous prêt? À vous de jouer!  

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Ressources humaines

Allumer l’étincelle : la relève en tourisme

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, il demeure essentiel d’intéresser les jeunes au tourisme. Plusieurs activités et outils peuvent les aider à découvrir le secteur, voire les guider dans leur choix de carrière. Certains pays estiment que cet aspect devient un enjeu majeur. D’ailleurs, l’Alliance France Tourisme a recommandé, dans son plus récent rapport, que l’accompagnement des jeunes dans leur choix de carrière soit reconnu comme une priorité.  

Selon le rapport d’Academos sur les aspirations professionnelles des jeunes en 2022, basé sur un sondage auprès de 1005 étudiants québécois âgés de 14 à 30 ans, 51 % des répondants affirment qu’effectuer un stage ou une rencontre avec une personne pratiquant un métier qui les intéresse est la solution la plus utile pour leur choix de carrière. La seconde réponse la plus populaire est la réalisation d’activités pour aider à déterminer leurs valeurs, leurs intérêts, leurs aptitudes et leurs aspirations (27 % des participants). 

L’étincelle pour l’hôtellerie

Le pays des Helvètes propose une panoplie d’activités pour faire découvrir l’industrie hôtelière et de la restauration aux plus jeunes générations de la région.  

Stage d’exploration

Avec le slogan « Rock your future », les journées nationales d’exploration des métiers de l’hôtellerie et de la restauration invitent les jeunes et leur famille à explorer et expérimenter différents métiers, le temps d’une journée. Les personnes intéressées peuvent s’inscrire auprès des entreprises hôtelières de leur choix et découvrir de manière active la réalité du travail quotidien de l’endroit. 

Camps hôteliers 

Grâce au camp « Schweizerhof – dans les coulisses », dix à douze jeunes de 12 à 14 ans ont la possibilité de donner un coup de main dans chaque département de l’hôtel Schweizerhof Lenzerheide. L’accent est mis sur une expérience pratique de plusieurs jours avec des éléments ludiques. 

Comme les parents sont largement impliqués dans le choix de carrière de leur progéniture, les créateurs du projet ont délibérément décidé de les inviter à séjourner à l’hôtel la durée du camp. Ainsi, les responsables espèrent améliorer l’image de l’industrie d’une génération à l’autre et, dans le meilleur des cas, attirer de futurs apprentis.  

Source de l’image : Schweizerhof Lenzerheide hotel 

L’idée de ce projet fut amenée par les participants (de 18 à 24 ans) de la NextGen. Hospitality Camp lors de l’Hospitality Summit 2022. Un bel exemple que la relève peut aussi aider à trouver de la relève !  

L’étincelle pour la restauration

Un nouveau partenariat entre l’école de cuisine Ducasse à Paris et les écoles bilingues Gloeducate, a l’ambition de faire découvrir aux jeunes le monde des arts culinaires. Du même coup, les responsables souhaitent développer le goût des participants tout en les sensibilisant à l’importance d’une alimentation saine et respectueuse de la planète. Dès l’âge de 4 ans, les élèves et leurs familles pourront profiter d’ateliers ludiques lors de « cooking camps » pendant les vacances scolaires. Les étudiants qui se destinent à des carrières dans le domaine de la gastronomie haut de gamme peuvent bénéficier d’un accès exclusif à l’ensemble des formations professionnelles proposées au sein des campus de l’École Ducasse. 

Au Québec, si l’été rime avec vacances, certains enfants en profitent pour devenir de parfaits petits cuisiniers grâce à de nombreux camps culinaires. L’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec offre un camp d’une semaine aux jeunes de 10 à 15 ans. Ils apprennent plus d’une vingtaine de recettes, des techniques de cuisine et des astuces pour adopter de bonnes habitudes alimentaires. Ainsi, les enfants développent des habiletés qui leur seront utiles toute leur vie et des intérêts qui les amèneront peut-être à choisir ce milieu pour y exercer leur carrière. 

Source de l’image : ITHQ 

Le restaurant à but lucratif social le Robin des bois propose également des camps d’été pour les cuistots en herbe de 9 à 12 ans. De leur côté, les adolescents de 13 à 15 ans peuvent effectuer un stage pendant la saison estivale. Ils vivent une immersion totale dans l’équipe du restaurant, de la cuisine à la mise en place en passant par le service aux clients.  

Au-delà de l’étincelle, s’unir pour attiser la flamme

L’industrie touristique québécoise a réalisé de beaux projets tels que Mon emploi en tourisme pour promouvoir notre industrie auprès des jeunes. De nombreuses autres ressources existent sur le territoire québécois pour favoriser la découverte sur le marché du travail, comme le Grand déclic ou JeunesExplo. Un maillage avec l’industrie touristique peut s’avérer une piste intéressante. 

Ce type d’activité de découverte amène une vision positive du secteur et une meilleure compréhension de l’industrie touristique. Et si les participants ne deviennent finalement pas employés, il est à espérer qu’ils deviennent de bons voyageurs ?  

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L’embauche inclusive, une solution brillante

Dans un contexte de relance, la rareté de la main-d’œuvre rend la reprise des activités touristiques plus difficile. L’intégration au marché du travail de personnes en situation de handicap s’impose plus que jamais comme une nécessité. Elles représentent un bassin de travailleurs sous-estimé et inexploité, qui peut également contribuer à faire grandir l’organisation sur le plan économique et social.

La main-d’œuvre TSA : état de la situation

L’autisme est le trouble neurodéveloppemental le plus diagnostiqué au Canada. Selon l’Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes de 2019, un enfant ou jeune canadien sur 50 âgé d’un an à dix-sept ans avait reçu un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme (TSA). Le taux de prévalence augmentant rapidement, les services n’ont pas suivi la cadence.

86 % des adultes autistes sont au chômage ou sous-employés.

Soutenir cette population à chaque étape de leur vie s’avère un enjeu. Les ressources et les services diminuent une fois que ces jeunes atteignent l’âge de 21 ans. Trouver un emploi et mener une vie indépendante demeurent un défi : 86 % des adultes autistes sont au chômage ou sous-employés. Leurs forces et leurs talents s’avèrent souvent négligés à cause des préjugés et des idées préconçues. Il existe donc un besoin réel de formation pour les amener sur le marché du travail et briser les tabous. Heureusement, des organismes leur viennent en aide et créent un maillage avec les entreprises prêtes à les embaucher.

À l’occasion du colloque Horizon 22 le 31 mai dernier, de nombreux intervenants du milieu touristique ont présenté des exemples de réussites et de pratiques inspirantes de collaboration avec des organismes locaux pour favoriser l’embauche de personne avec un TSA.

Créer des liens avec le monde de l’emploi

Depuis plus de 40 ans, l’organisme À pas de géant offre des programmes éducatifs et thérapeutiques intensifs, à des élèves âgés de 4 à 21 ans. Son Centre de ressources et de formation joue un rôle dans l’éducation professionnelle des personnes autistes et soutient de nombreux types d’organisations. Pour répondre à la demande grandissante et pour offrir un service novateur, un nouveau centre verra le jour prochainement au Technopôle Angus à Montréal (voir la vidéo).

En collaboration avec le programme national Prêts, disponibles et capables qui vise à accroître la participation des candidats autistes ou ayant une déficience intellectuelle sur le marché du travail, l’organisme arrive à jumeler les employeurs avec des candidats autistes. En plus de sensibiliser les compagnies canadiennes à créer un milieu inclusif, le projet apporte un soutien aux étudiants qui poursuivent leurs études postsecondaires et aux travailleurs autonomes. L’équipe sert d’intermédiaire entre les compagnies, les agences de placement et les candidats TSA. Depuis 2014, c’est presque 1 500 emplois et plus de 60 entreprises au Québec qui ont profité du programme.

La chaîne Fairmont : innover par l’inclusion

En période de relance, le manque de main-d’œuvre en hôtellerie se fait cruellement sentir. D’après l’Association hôtellerie Québec, plus de 8 000 emplois demeurent vacants. Envisager d’autres avenues pour recruter devient primordial.

Les hôtels Fairmont Tremblant et Fairmont Le Reine Élizabeth ont décidé de développer un programme de recrutement ciblant spécifiquement les employés autistes, le tout en collaboration avec Prêts, disponibles et capables. C’est une première au Canada. La formule « Projet en accéléré » a offert un grand support dans la sélection, l’embauche, l’intégration et la formation des candidats. Un accompagnement dans les demandes de subvention est également fourni. Un soin particulier est donné à la formation des équipes déjà en place pour favoriser leur ouverture d’esprit face à ce changement dans le processus d’embauche.

La directrice générale du Fairmont Tremblant, Anne-Marie Johns a rapidement réalisé le potentiel et les avantages de recruter des personnes autistes. Les candidats possèdent :

– Une capacité de concentration et de précision extraordinaire ;

– Un souci du détail exceptionnel ;

– D’excellentes aptitudes en résolution de problème et en raisonnement logique ;

– La capacité de faire preuve de créativité en pensant autrement ;

– Une très bonne mémoire ;

– Une fiabilité et une honnêteté exemplaires.

« Les candidats avec le spectre de l’autisme amènent des perspectives uniques et des façons différentes de penser dans le milieu de travail » — Anne-Marie Johns, Directrice générale du Fairmont Tremblant

Réaliser une embauche inclusive affecte positivement la clientèle. En comprenant mieux la réalité des employés avec un TSA et en adaptant leur environnement en conséquence, l’industrie hôtelière offre une expérience client améliorée aux visiteurs ayant les mêmes conditions. Une étude américaine menée par l’IBCCES en 2019 auprès de 1 000 parents d’enfants autistes révèle que 87 % d’entre eux ne prennent pas de vacances en raison des divers obstacles et du peu d’options disponibles en matière de destinations inclusives. Toutefois, 93 % des parents sondés seraient plus susceptibles de voyager avec certaines mesures en place.

Dans cette optique, À pas de géant propose une deuxième phase du partenariat avec les hôtels Fairmont pour créer de nouvelles occasions d’affaires touchant les individus autistes et leurs familles. La démarche vise la formation des employés sur l’autisme, la création d’une expérience culinaire, l’amélioration des réunions et des événements pour ce type de clientèle en plus de certains ajouts comme des salles calmes, l’identification des sensibilités sensorielles, et bien plus encore.

Bromont et Pleins Rayons : une montagne de sourires

L’équipe de Bromont, montagne d’expériences (BME) s’associe avec l’organisme Pleins Rayons afin de trouver une solution à son manque d’employés et pour inclure dans le marché du travail les personnes autistes. Une première cohorte de six apprentis a effectué un stage de décembre à mars 2022. Heureux de l’expérience, BME recevra un deuxième groupe pour la saison estivale. Les tâches se répartissent dans le service des équipements et à la location et celui des cuisines et de la salle à manger. La collaboration avec Plein Rayons permet un accueil en douceur et la formation du personnel déjà en place. Un éducateur spécialisé présent sur place aide à l’intégration des apprentis.

Source de l’image : Réseau de veille en tourisme

« Nous avons une opportunité de changer, pas seulement le monde de l’emploi, mais aussi de changer notre monde » — Stephan Marcoux, Directeur général de Pleins Rayons

Les gestionnaires responsables du projet constatent de nombreux bénéfices à cette méthode d’embauche inclusive. En plus de souder davantage son équipe, la bienveillance s’est généralisée, l’enthousiasme et la qualité du travail ont augmenté. D’un point de vue RH, la démarche amène une nouvelle perspective sur la description et la réalisation des tâches. Cela permet également de clarifier les attentes, les objectifs et les besoins. Finalement, toute l’équipe en bénéficie !

L’industrie touristique québécoise est reconnue internationalement pour son accueil chaleureux. Elle devrait l’être aussi pour son approche inclusive, tant pour les visiteurs que pour ses travailleurs dont elle a urgemment besoin pour consolider sa relance.

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Pénurie de main-d’œuvre : les leviers d’action de l’hôtellerie-restauration

La pandémie révélatrice d’un mal existant

La pandémie a précipité le départ de nombreux travailleurs. Salaires modestes, heures supplémentaires ou « en coupures », manque de reconnaissance, travail sous pression, saisonnalité : à la suite d’un arrêt forcé ou choisi, plusieurs milliers d’employés ont opté pour un départ définitif de la profession. Nombre d’entre eux se sont reconvertis depuis et ne sont donc pas disposés à réintégrer leur entreprise ou une autre entreprise du secteur. 

La situation actuelle inquiète d’autant plus aux vues de la pression, toujours plus grande, qui pèse sur ceux qui restent. Ces derniers constatent que leurs conditions de travail se sont dégradées en raison du manque de personnel. Selon une étude menée par Medallia en septembre 2021 auprès de plus de 1 250 employés du secteur du voyage et de l’hôtellerie (États-Unis, Royaume-Uni, France, Espagne et Allemagne), 38 % du personnel salarié dans l’hôtellerie prévoyait quitter son travail d’ici la fin de l’année. Les employés mettaient notamment en cause la dégradation de la qualité de vie au travail depuis la COVID-19. Près d’un employé sur quatre (24 %) dit que ces conditions ont un impact sur la motivation. Du côté des employeurs, 61 % déclarent également « devoir faire plus avec moins ».   

Faute de candidats, les associations professionnelles et les entreprises réagissent pour permettre de rendre les métiers de l’hôtellerie-restauration attractifs à nouveau. 

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La question des salaires sur la table

En France, l’hôtellerie-restauration a perdu près de 10 % de ses travailleurs, soit 230 000 personnes entre 2020 et 2021. Pour tenter d’enrayer les départs, patronat et syndicats se sont entendus sur une revalorisation salariale de 16 % de la grille tarifaire actuelle. Celle-ci devrait être effective depuis mars 2022.  

En Allemagne, la nouvelle convention collective de l’association de l’hôtellerie et de la restauration du Land de Rhénanie-Palatinat a décidé d’augmenter jusqu’à 36 % les salaires. Des répercussions de 5 à 20 % sont ainsi attendues sur la facture des clients. 

En Suisse, des entreprises ont décidé de rehausser les salaires de leurs employés. Cependant, certains professionnels admettent ne pas pouvoir honorer les prétentions salariales des candidats. 

La question des salaires ne saurait régler à elle seule le déficit d’image de la profession. En effet, les difficultés à trouver un équilibre avec la vie privée, le manque d’estime de la part des supérieurs et les horaires de travail sont perçus comme les principales contraintes. C’est ce que révèle Kununu.com, une plateforme sur laquelle les employés évaluent leurs employeurs. Dans les commentaires laissés par les employés, la question du salaire préoccupe moins que celle de la reconnaissance.  

Autres pistes de solution

Conscientes que les métiers de l’hôtellerie-restauration sont parfois difficilement compatibles avec une vie privée, des entreprises n’hésitent pas à investir et bousculer les codes pour attirer de nouveaux talents. 

 

Conditions de travail 

Les établissements Accor en Australie et Nouvelle-Zélande lancent le programme  » Work Your Way  » dans l’espoir de pourvoir les 1 200 postes vacants. Ce programme entend offrir des conditions de travail plus souples. Il induit notamment : 

  • La possibilité pour le candidat de commencer à travailler le jour même de l’entretien si son profil correspond au besoin ;   
  • Des avantages personnalisés pour les employés. Il peut s’agir d’indemnités de déplacement, de congés d’anniversaire et de congés sabbatiques ;
  • De faciliter le voyage et l’activité professionnelle dans les différents établissements du groupe, dans toute la région du Pacifique ; 
  • D’offrir de nouvelles opportunités en matière de développement de carrière en interne ; 
  • De décloisonner les postes de travail et d’offrir une nouvelle polyvalence. Accor estime que chaque rôle, de l’entretien ménager à la direction, devrait être flexible. C’est pourquoi le groupe a mis en place une nouvelle politique pour garantir une plus grande flexibilité à tous les employés.  

Le rythme de travail fait aussi tort à la profession. Pour dégager plus de temps libre à leurs employés, des établissements en France ont supprimé les horaires coupés, créant ainsi des équipes du midi ou du soir. D’autres ont décidé de fermer les week-ends et de se réorganiser en faisant appel à un service de traiteur pour l’hôtel par exemple. Pour le bien-être de ses équipes, le restaurant étoilé La Mare aux Oiseaux a choisi également de débuter les horaires de réservation plus tôt pour ne pas faire s’éterniser le service du soir.  

La semaine de quatre jours peut également constituer un élément différenciant pour l’entreprise. Plusieurs organisations en Allemagne y recourent déjà. En phase d’essai depuis novembre dans les établissements 25 Hours d’Hambourg, le modèle est sur le point d’être adopté dans l’ensemble des établissements de la marque d’ici la fin de l’année  2022, y compris pour ceux de la Suisse. En Allemagne, les employés embauchés à temps plein travailleront 36 heures par semaine au lieu de 40, pour un salaire identique. Les quatre heures restantes seront travaillées sous forme d’heures supplémentaires, en cas d’extrême nécessité. 

 

Cadre de vie

D’autres investissent de gros montants pour offrir à leurs (nouveaux) talents un cadre de vie très agréable. À Gstaad, à Scuol ou à Lenk, des propriétaires d’hôtels ont dépensé plusieurs milliers de francs suisses pour la rénovation ou la construction d’hébergements pour le personnel. À Saint-Moritz, le Kulm Hotel a investi 21 millions de francs dans deux résidences destinées au personnel. La première, avec 74 unités, a ouvert ses portes pour la saison d’hiver 2021 – 2022. 

« Nos collaborateurs doivent se sentir parfaitement à l’aise, le logement joue donc un rôle essentiel« .

Balthasar Hauser, propriétaire de l’hôtel Stanglwirt. 

En Autriche, près de Kitzbühel, l’hôtel 5 étoiles Stanglwirt a construit une nouvelle résidence pour ses employés. Le propriétaire Balthasar Hauser a dépensé environ 20 millions d’euros pour cette construction. Il a voulu souligner la grande estime qu’il avait pour ses travailleurs en construisant des logements de qualité en bois, efficaces sur le plan énergétique, alimentés par la géothermie et pourvus de matériaux et équipements haut de gamme avec une vue. Le loyer mensuel pour ceux-ci s’élève à 200 euros, charges comprises. Outre le loyer bon marché, les employés peuvent bénéficier de la pension complète gratuite au restaurant du personnel et du nettoyage mensuel gratuit du logement, en plus de réductions dans des magasins de l’enseigne, de la garde des enfants à la ferme de l’hôtel et de la prise en charge à 50 % de la cotisation à des associations locales. Parmi d’autres avantages, l’hôtel met à la disposition de son personnel trois jours payés par an pour des travaux caritatifs. 

Source de l’image : Stanglwirt

L’engagement RSE 

Les jeunes talents accordent une importance particulière aux engagements sociaux et environnementaux pris par les entreprises. Ils aspirent désormais à rejoindre une organisation qui porte un certain nombre de valeurs solidaires, éthiques et écologiques. Ils souhaitent pleinement être acteurs de changements positifs de la société et se sentir utiles. Sandra Heim, spécialiste du développement organisationnel chez Hotelleriesuisse, confiait à Tourobs dans le cadre du « rapport sur le tourisme durable » que le label environnemental Ibex Fairstay de certains établissements les avait aidés à recruter des travailleurs.  

 

Revalorisation des métiers de l’hôtellerie-restauration par la formation 

La formation revêt un caractère crucial pour le secteur de l’hôtellerie-restauration. Dans le canton de Lucerne, les associations faîtières Gastro Luzern et Luzern Hotels (gastrojetz.ch) ont lancé un programme de cours gratuits pour les personnes qui veulent se réorienter ou qui réintègrent le marché du travail. 

«Imagine que cest lapéro et que personne ne sert à boire.» 

 

Des solutions technologiques pour pallier le manque de main-d’œuvre 

Accueil numérique, borne d’enregistrement, application pour l’affectation du personnel, robot serveur, etc. Parallèlement, des solutions technologiques émergent pour tenter d’endiguer les effets persistants de la pandémie en fonctionnant avec des effectifs réduits comme l’illustre l’article « Pénurie de main-d’œuvre : en mode solutions technologiques ».  

Image à la une : Freepik

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Ressources humaines

Pénurie de main-d’œuvre : en mode solutions technologiques

Plusieurs outils numériques s’adressant au client ou à l’employé seraient en mesure de résoudre certaines situations irritantes relatives au manque de personnel dans l’industrie touristique. En voici quelques-uns.  

Privilégier une formation mieux adaptée aux enjeux

Assurer une formation adéquate lorsque le roulement des employés est considérable, ou lorsque les conditions d’emploi (temps plein ou partiel) ne sont pas stables peut s’avérer une tâche ardue. Les conséquences d’un apprentissage non uniforme peuvent affecter la qualité de l’accueil ou du service. L’entreprise québécoise Happy Hotels se spécialise dans la formation des ressources en réalité augmentée et virtuelle. À l’aide de modules clé en main, elle offre un programme répondant aux standards de l’entreprise et uniformisé pour tous les travailleurs, le tout à distance et de manière autonome. En plus de faciliter le processus de formation dans le contexte de rareté de main-d’œuvre, la réalité virtuelle contribue à une meilleure rétention de l’information pour les employés et garantie des économies de coût. 

Soigner l’accueil de la clientèle

Le manque de ressources humaines peut contraindre les gestionnaires d’entreprises touristiques à réduire leurs heures d’opération ou peut simplement affecter l’expérience client. Plusieurs outils technologiques peuvent entrer en action pour pallier cet irritant. Entre autres, l’accueil des clientèles à leur hébergement peut être effectué par préenregistrement en ligne ou par borne autonome (Hotello), et la communication assurée par un agent conversationnel comme Automat ou HeyDay. Sur place, les robots de l’hôtel Monville, par exemple, sont en mesure d’accomplir certaines tâches comme le service aux chambres. Le service de conciergerie peut être opéré par un assistant concierge virtuel comme NuGuest. Ces solutions libèrent des ressources qui se concentrent davantage sur d’autres tâches. 

Par ailleurs, se munir d’un outil permettant la réservation de plages horaires obligatoires et la gestion des files constitue une stratégie intéressante. Le client se déplace selon un horaire prévu, ne perd pas de temps à attendre inutilement et n’a pas de mauvaise surprise à l’arrivée. Somme toute, bien communiquer ses nouvelles directives s’avère essentiel en 2022. 

Faire preuve d’agilité avec la main-d’œuvre

Se munir d’outils numériques peut favoriser une optimisation des processus internes et d’embauche. Augmenter sa capacité d’agilité et repenser sa méthode de recrutement permet de mieux faire face aux imprévus. 

L’application Dispo se spécialise dans l’affectation temporaire de main-d’œuvre pour les domaines de la restauration, de l’hôtellerie et du commerce en ligne. Pour les employeurs, Dispo présélectionne un bassin de travailleurs qualifiés et traite toutes les procédures administratives. Les gestionnaires peuvent ainsi rapidement combler leurs besoins en ressources humaines et, par exemple, soulager des équipes de travail fatiguées ou assurer un meilleur service client comme les opérations de nettoyage. De leur côté, les candidats peuvent accepter ou refuser les propositions d’emploi selon leurs propres critères (durée du contrat, temps plein ou partiel, etc.). Ce fonctionnement leur permet d’adopter un horaire flexible sans engagement, d’obtenir un revenu d’appoint ou tout simplement de découvrir un nouveau métier. Pourquoi ne pas valoriser le développement de certaines compétences dans un nouveau secteur d’activité ? Dispo touche une panoplie de profils de travailleurs, allant de l’étudiant souhaitant travailler pendant sa session en passant par le retraité disponible quelques heures par semaine seulement.  

Source : Dispo 

De son côté, Merinio propose à des entreprises comme des parcs d’attractions, des stations de ski, des hôtels ou encore des agences de sécurité, de repenser la gestion et la communication interne et d’améliorer la transparence entre gestionnaires et employés. Accessible sous la forme d’une application ou d’une plateforme en ligne, l’outil centralise toutes les communications internes, qu’il s’agisse de tâches administratives (recrutement, congés, absences, etc.), de besoins urgents de personnel ou de gestion d’emploi du temps. Le gestionnaire crée numériquement sa demande d’horaire qui est transmise aux employés selon leurs disponibilités. En cas de fort ensoleillement, par exemple, un parc d’attractions peut très rapidement se munir des ressources nécessaires pour faire face à un achalandage accru. Ces processus centralisés et automatisés permettent une plus grande efficacité et un gain de temps considérable pour les responsables qui peuvent se concentrer sur l’essentiel de leur mission : la gestion de l’humain. Pour les travailleurs, la solution numérique et automatisée assure une expérience employé sans irritant.  

Source : Merinio

Selon Stéphanie Fissette, enseignante et conseillère en ressources humaines, spécialisée dans le domaine touristique, une expérience client optimale va de pair avec une expérience employé sans faille. Les conditions de travail ont un impact sur la rétention, la mobilisation et la fidélisation du personnel. Elle permet, entre autres, de limiter le roulement des équipes qui pose des problèmes de formation, et de réduire le désengagement ou la démotivation qui ont une incidence sur l’expérience des visiteurs. 

Être à l’avant-garde des technologies et trouver des solutions innovantes en réponse aux enjeux présents, n’est-ce pas la clé du succès d’une entreprise ? 

Image à la une : Maxim Hopman de Unsplash

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Ressources humaines Technologies

Profiter du virage numérique pour soutenir ses employés

La pandémie de COVID-19 a aggravé la situation de pénurie de main-d’œuvre qui perdure au pays depuis plusieurs années. D’après une étude de la Banque de développement du Canada (BDC), les difficultés d’embauche pourraient persister encore pendant dix ans. Quelque 55 % des entrepreneurs canadiens peinent à recruter des employés pour pourvoir les postes vacants — plus de 25 % d’entre eux ont du mal à retenir leur personnel actuel.  

Plusieurs pays occidentaux vivent des enjeux similaires. Aux États-Unis en 2021, pour le seul mois de septembre, près de 4,4 millions de travailleurs ont quitté leur emploi. Un record historique, annonçait alors le US Bureau of Labor Statistics. En novembre 2021, 4,5 millions de départs ont été comptabilisés. Le secteur du tourisme n’est pas épargné. Le taux de démission en loisirs ainsi qu’en hébergement a atteint un sommet de 6,4 %, ce qui représente plus du double du taux national qui se situe à 3 %. Le phénomène, surnommé la Grande démission, est le résultat de nombreux facteurs, dont l’insatisfaction des travailleurs à l’égard de leurs conditions de travail et de leur salaire. Le Royaume-Uni, la France, l’Italie, le Portugal et l’Espagne sont également confrontés à ce problème. Le manque de main-d’œuvre constitue une difficulté majeure pour le secteur du tourisme et selon le World Travel & Tourism Council (WTTC), cette tendance devrait se poursuivre en 2022. 

Pourquoi se doter d’outils technologiques ?

Selon une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1 206 voyageurs québécois, la moitié des répondants ayant voyagé au Québec à l’été 2021 ont vécu une situation problématique en lien avec la pénurie de main-d’œuvre. Les circonstances les plus fréquemment rencontrées sont la diminution ou le ralentissement des services offerts (40 % d’entre eux) et la réduction des heures d’ouverture (39 %). Quelque 75 % des voyageurs sondés ayant subi des irritants jugent que le manque de personnel a affecté leur expérience touristique. De ceux-ci, environ un voyageur sur quatre (27 %) affirme que ces situations vécues ont affecté négativement leur intention de revisiter l’endroit concerné. L’intégration des technologies et l’automatisation des processus représenteraient alors des solutions pour réduire les désagréments provoqués par la pénurie. 

Le récent virage numérique entraîne inévitablement une reconfiguration du monde du travail. D’un côté, les salariés sont amenés à occuper des postes plus intéressants et complexes, laissant les technologies effectuer les tâches redondantes ou sans grande valeur ajoutée. D’un autre, ils doivent apprendre à travailler de concert avec ces outils qui appuient leurs fonctions.  

Selon l’étude de la BDC, 61 % des entreprises ayant adopté des technologies ou un processus d’automatisation sont d’avis qu’il est facile d’embaucher de nouveaux employés. Parmi ces entreprises, 86 % œuvrent dans le secteur de l’hébergement et de la restauration.  

Il serait donc judicieux d’utiliser efficacement cet élan numérique afin de conserver son personnel, attirer de nouveaux candidats et séduire les clientèles. Les résultats de l’enquête menée par la Chaire de tourisme Transat montrent que globalement, la proportion de répondants qui mentionnent être dérangés par les services ponctués de tâches automatisées ou robotisées (55%), les points de contact offerts en ligne seulement (41%) ou l’obligation de réserver en ligne (38%) est moins élevée que celle liée à la réduction des services offerts à la clientèle (voir infographie).  

De manière générale, on observe que les femmes, les répondants retraités ou âgés de 55 ans et plus et ceux qui sont moins scolarisés sont plus sensibles que les autres personnes sondées aux solutions numériques, telles que les points de contact offerts en ligne ainsi que les services ponctués de tâches automatisées ou robotisées. Les télétravailleurs, probablement plus à l’aise avec la technologie, se disent, pour leur part, moins contrariés par une intensification du numérique.  

La technologie au service de l’humain

L’utilisation du numérique s’avère un incontournable en entreprise, tant pour soulager ses équipes de travail, que pour attirer de nouveaux candidats et satisfaire la clientèle. Les données recueillies par la Chaire indiquent que les voyageurs québécois interrogés montrent une ouverture à l’utilisation des technologies comme solution au manque de main-d’œuvre. Par-dessus tout, en effectuant des tâches plus mécaniques ou répétitives, celles-ci laissent aux travailleurs la possibilité d’occuper des postes qui valorisent davantage leurs qualités humaines. 

Êtes-vous prêt à prendre le virage? 

Image à la une : Pixabay

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Ressources humaines

Recruter stratégiquement grâce aux personas

Un personnage fictif, mais crédible

Tout comme le persona client, le persona candidat est fictif, mais fortement inspiré de la réalité. C’est un archétype qui représente un bassin de candidats à fort potentiel pour un poste à combler. On attribue au persona un lieu géographique de résidence, des intérêts, des habitudes et un style de vie cohérents qui reflètent les caractéristiques du groupe auquel il appartient. 

Segmenter pour mieux communiquer

L’objectif d’un persona consiste à segmenter différents bassins de candidats afin de personnaliser ses méthodes de recrutement. C’est un outil incontournable du marketing RH. Le principe derrière cette approche : en cherchant à rejoindre «tout le monde », le message est souvent trop générique et ne rejoint personne. Le secret réside donc dans une stratégie plus nichée et personnalisée. 

La création de personas

Lors de la construction d’un persona, on assigne au candidat fictif une série d’attributs qui enrichissent son profil pour mieux exprimer les attentes de son groupe cible.  

Rédiger le profil du persona sous la forme d’une fiche d’identité permet de lui donner vie. On se pose donc plusieurs questions pour décrire le nouveau héros. Quelles sont ses aspirations? Que recherche-t-il au travail? Qu’est-ce qui le fait vibrer? C’est un exercice ludique qui s’effectue en équipe en mode tempête d’idées.  

On crée généralement différents personas pour un même poste afin de diversifier ses bassins tout comme on le ferait avec sa clientèle. Voici deux exemples de personas candidats pour une base de plein air qui recherche des animateurs de plein air saisonniers. 

ressources humaines personas main doeuvre

ressources humaines personas main doeuvre

N’hésitez pas à concevoir une multitude de personas, vous obtiendrez ainsi plus de candidatures et favoriserez la diversité. En plus des jeunes et des travailleurs expérimentés, la base de plein air présentée en exemple pourrait créer un persona représentant une candidate issue de l’immigration, un adolescent, une autochtone. Les possibilités sont infinies! 

Personnaliser son affichage de poste

Quel média choisir pour afficher les postes vacants? Quels avantages de l’organisation ou de l’emploi devrait-on mettre en valeur? Quelles images utiliser? Devrait-on faire usage du vouvoiement ou du tutoiement dans les publications? En vous référant à votre persona candidat, vous pourrez répondre efficacement à toutes ces questions. 

Retournons à l’exemple. La base de plein air a déjà identifié deux bassins de candidats prometteurs avec les personas de Noémie et de Denis.  

Une campagne de recrutement « jeunes urbains » pourrait donc être déployée via des publicités ciblées sur Facebook et des stories sur Instagram. Cette campagne de recrutement mettrait l’accent sur la possibilité de passer un été à l’extérieur et d’être hébergé en pleine nature. Un exemple de message clé : pas envie d’un autre été encabané?  

Pendant ce temps, une autre campagne « retraités de la région » pourrait être lancée à l’échelle locale via la radio et les médias de proximité. S’inspirer du persona de Denis permettrait de bâtir un argumentaire basé sur la valorisation de l’expérience et des compétences, et sur la conciliation travail et loisirs.  

Bref, le persona offre la possibilité d’affiner les stratégies de recrutement et de s’assurer de rejoindre les candidats potentiels là où ils se trouvent. 

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez approfondir les différents outils du marketing RH et améliorer votre expérience employé, le CQRHT diffuse « Le positionnement employeur : une pratique gagnante pour attirer et fidéliser des employés en tourisme ». Cette formation en ligne a été conçue sur mesure pour les gestionnaires en tourisme.  

Image à la une : Andrea Piacquadio de Pexels

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Ressources humaines

Pénurie de main-d’œuvre et expérience client : les solutions 2.0

D’après une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1 206 voyageurs québécois, 75 % des répondants ayant vécu des irritants en lien avec la pénurie de main-d’œuvre jugent que le manque de personnel a affecté leur expérience touristique. Les enjeux de la main-d’œuvre ne sont pas cantonnés au secteur. Selon la Banque de développement du Canada (BDC), 55 % des entrepreneurs canadiens ont du mal à recruter des employés — plus de 25 % d’entre eux peinent à retenir leur personnel. Cette difficulté pourrait perdurer encore pendant une dizaine d’années.  

La nécessité d’attirer de nouveaux candidats et de maintenir son équipe actuelle, combinée à l’urgence sanitaire, a aidé à accélérer l’adoption des technologies. Les entreprises touristiques dotées d’un avantage numérique ont désormais une longueur d’avance sur les autres. Selon la BDC, 61 % des entreprises ayant introduit des technologies ou des processus d’automatisation sont d’avis qu’il est « très facile » ou « plutôt facile » d’embaucher du nouveau personnel. Parmi celles-ci, 86 % œuvrent dans le secteur de l’hébergement et de la restauration. Il semblerait donc judicieux d’utiliser efficacement cette conjoncture favorable au numérique. 

Image à la une : Austin Distel de Unsplash