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Gestion Tourisme durable

Stratégies pour mesurer la fréquentation d’un site touristique

Selon ONU Tourisme (nouvelle appellation de l’Organisation mondiale du tourisme – OMT), les arrivées de voyageurs internationaux augmenteront de 3,3 % par an d’ici 2030. Cet afflux serait relativement facile à absorber si tous les touristes se répartissaient équitablement à destination, mais ce n’est pas le cas ; certains sites sont convoités et attirent un plus grand nombre de personnes. La saisonnalité, les événements météo extrêmes ou l’instabilité politique sont d’autres conditions pouvant entraîner des débalancements.  

La gestion des flux touristiques représente ainsi un enjeu de taille, tant pour les destinations que pour les attraits. Comment identifier les zones les plus sensibles ?  

Évaluer la capacité d’accueil d’un site

D’après ONU Tourisme, la capacité d’accueil (aussi appelée capacité de charge touristique) réfère au nombre maximal de personnes qui peuvent visiter un lieu en même temps, sans provoquer la destruction de l’environnement physique, économique et socioculturel ou diminuer la satisfaction des visiteurs. Il n’existe pas d’approche universelle pour évaluer la capacité d’accueil d’un attrait ou d’une destination. Néanmoins, certains types d’indicateurs peuvent aider à estimer la charge touristique d’un lieu : 

  • Territoriaux : la dimension du lieu, son degré de congestion et le ratio résidants/visiteurs ; 
  • Politiques : l’accessibilité du lieu, les mesures d’urgence et les outils de gestion de crise en place ; 
  • Économiques : les retombées économiques du tourisme pour la destination, les possibilités d’emplois, la rentabilité et la compétitivité des entreprises ;  
  • Sociaux : le degré de satisfaction des visiteurs, la pression sur la population locale, le sentiment de sécurité au sein du lieu ;  
  • Environnementaux : l’impact des activités sur l’environnement (dommages causés aux plantes, au sol, à l’eau, à la faune, etc.), les émissions de gaz à effet de serre.  

Bref, on peut s’intéresser à la capacité d’accueil d’un site en tenant compte de plusieurs dimensions. Pour respecter les communautés, désengorger les infrastructures, offrir une expérience client agréable et préserver le patrimoine naturel, culturel et bâti, les destinations sont de plus en plus nombreuses à mesurer la fréquentation de certains sites. Il est d’abord essentiel d’établir un dialogue avec les communautés résidentes pour mettre en place une stratégie de mesure adaptée à la réalité locale. Cette démarche permet de jauger ce que représente un nombre acceptable de visiteurs. 

Mesurer la fréquentation d’un site permet de jauger ce que représente un nombre acceptable de visiteurs. 

Mesurer la fréquentation d’un site

Mesurer la fréquentation d’un site passe par le suivi des données d’achalandage. Une fois recueillies, ces informations permettent d’évaluer la pression exercée sur le lieu, de rediriger les clientèles vers des endroits moins achalandés s’il y a lieu, ou même, de les inciter à planifier leur visite en dehors des heures de pointe. Il existe différentes méthodes de collecte de données. En voici quelques-unes.  

Le comptage manuel

Le comptage manuel est une méthode terrain généralement utilisée pour évaluer l’achalandage à petite échelle. Cette technique permet aussi de collecter des informations qui peuvent servir à qualifier l’échantillon, tels que l’âge ou le sexe. 

À titre d’exemple, The People Mooving Count, issu du programme CIVITAS développé par la Commission européenne, propose une méthode permettant de calculer le nombre de personnes qui se déplacent dans un espace et par quels moyens. Ces informations donnent une idée de la fréquentation d’un lieu à différents moments de la journée et de son accessibilité par divers modes de transport. Cette méthode de comptage peut être utilisée pour mesurer l’efficacité d’un nouveau passage piéton, la popularité d’un festival ou l’attractivité d’un parc, par exemple.  

La ville de Copenhague, au Danemark, l’applique pour calculer les déplacements et habitudes de la population. Les chiffres recueillis représentent un atout pour les différents niveaux de gouvernance impliqués dans la planification des transports et la gestion des flux touristiques (lire aussi : La mobilité comme service, les bénéfices pour l’industrie touristique). 

Les progrès technologiques permettent une variété de méthodes de collecte qui requièrent moins d’efforts et de ressources, tout en produisant un plus grand volume de données. 

Les applications mobiles

Depuis 2016 en Australie, l’État de la Tasmanie, en collaboration avec l’Université de la Tasmanie, recueille les données des voyageurs via une application mobile qui enregistre leurs déplacements en temps réel, à la fois à l’échelle de la destination et des attraits. L’outil génère également de courtes enquêtes qui colligent des informations à propos, entre autres, de la provenance et de l’âge des voyageurs ainsi que de leur objectif de visite et des réseaux sociaux utilisés pendant leur séjour. 

Ces données sont ensuite regroupées dans un tableau de bord, le Tourism Tracer, disponible en ligne. Le niveau de détail du Tourism Tracer permet de connaître, notamment, la durée pendant laquelle une personne s’arrête à un belvédère, traverse un parc national ou parcourt une galerie d’art.  

Source de l’image :  Tourism Tracer

En Nouvelle-Aquitaine, en France, l’application mobile Maplage.info permet aux sauveteurs de saisir en temps réel certaines données relatives à l’occupation des plages qu’ils surveillent, soit l’affluence sur le sable ainsi que dans la zone de baignade, les services et équipements disponibles, laccessibilité du lieu, les conditions de baignade, la température de l’eau et la météo. Ces informations sont ensuite mises à disposition des offices de tourisme et des prestataires touristiques de la région pour diffusion. Le tout est également disponible sur une plateforme qui permet aux voyageurs de planifier leur visite selon ces avis ou de se diriger vers les emplacements les moins achalandés. 

Source de l’image: MaPlage.info 

Les capteurs et compteurs

En Islande, Visit Iceland donne accès aux données de fréquentation touristique des sites naturels particulièrement achalandés. Ces informations sont récupérées par des capteurs infrarouges placés stratégiquement sur le territoire. Les données de passage des visiteurs sont collectées pour être ensuite analysées et présentées dans un tableau de bord accessible aux voyageurs comme aux opérateurs touristiques. L’objectif est d’assurer un suivi de la fréquentation de certains sites et d’inciter à la planification de visite en dehors des périodes les plus achalandées.  

Source de l’image: Visit Iceland 

En France, certains lieux culturels, comme le musée du Louvre, le Centre Pompidou et le muséum d’histoire naturelle du Havre, collaborent avec la solution technologique Affluences. Cette dernière utilise des capteurs et des compteurs permettant de visualiser les zones les plus fréquentées, de contrôler la capacité d’accueil en configurant des «alertes de dépassement de visiteurs» et de calculer le temps d’attente à l’accueil ou dans certains points d’intérêt, comme l’aire de restauration. Ces renseignements permettent de rediriger les clientèles vers les zones les moins fréquentées ou les files d’attente les plus courtes, tout en garantissant leur sécurité et leur confort 

Source de l’image: Affluences  

La gestion des flux, une nécessité

Les visiteurs participent à la dégradation de l’environnement naturel d’une destination ou d’un attrait sous plusieurs formes. Une forte concentration de touristes engendre de facto des émissions de gaz à effet de serre plus élevées, en plus de créer une pression sur les infrastructures et le patrimoine bâti.  

Dans certains cas, l’expérience client est affectée en raison des longues files d’attente, des embouteillages qui compliquent les déplacements, du bruit, de la lenteur des services, des prix exorbitants et de la propreté de certains lieux. La progression des déplacements touristiques mondiaux nécessitera des attraits et des destinations qu’ils mesurent et gèrent leur achalandage.  

Image à la une : Pexels 

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Produits et activités

Écouter avec son corps : une approche audio immersive

L’ostéophonie, ou conduction osseuse se définit comme le phénomène de propagation du son jusqu’à l’oreille interne via les os du crâne. Cette approche n’est pas nouvelle. Les plus mélomanes d’entre nous peuvent se rappeler que le compositeur Ludwig Van Beethoven a pu continuer à pratiquer son art, malgré sa surdité, grâce à ce principe. L’utilisation de l’ostéophonie a bien évolué depuis. Elle se retrouve désormais au service du milieu muséal et culturel. 

La startup française Losonnante propose un autre rapport au son en utilisant l’ostéophonie pour ses bornes d’écoute. Le visiteur est plongé dans une expérience auditive immersive favorisant l’attention et la perception différente aux sons. Pour entendre le contenu audio de la borne, l’utilisateur doit y déposer ses coudes, puis mettre ses mains sur ses oreilles (voir photo).  

Crédit photo: Utopik Photos   

Bien que la surprise prime aux premières secondes d’écoute, le visiteur se concentre rapidement sur le discours. Le concept va au-delà de la simple narration, il peut s’agir de musique, de texte, de sons, etc. L’objectif n’est pas de se substituer aux audioguides, mais d’offrir une expérience complémentaire dans différents espaces, intérieurs comme extérieurs. Ce qui requiert du participant qu’il s’implique physiquement et s’ouvre à une nouvelle formule d’écoute immersive. 

Losonnante s’implante peu à peu dans le paysage français. Par exemple, le parc zoologique de Paris y a recours pour faire écouter des cris d’animaux méconnus. À la Cité des Bateliers, la borne a permis de renouveler la mise en scène existante en proposant d’écouter les bruits de moteurs de péniche à différentes époques. Dans la région alsacienne, le centre d’animation scientifique Le Vaisseau donne la parole à l’un des personnages de son exposition dédiée aux enfants. À l’occasion du festival Yggdrasil, les visiteurs ont été transportés dans une aventure spatiale en écoutant Neil Armstrong mettre les pieds sur la lune. 

S’arrêter, prendre une pause et écouter différemment, voilà ce que demande ce dispositif. Les sujets inspirants ne manquent pas non plus au Québec. Que pourrions-nous écouter ?

Image à la une : Utopik Photos

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Technologies Tendances

L’intelligence artificielle dans l’industrie du tourisme : une révolution silencieuse (Partie 1)

Cet article a été rédigé en collaboration avec le MT Lab afin de documenter la tendance et de faire rayonner les avancées technologiques et les initiatives d’intelligence artificielle (IA) pertinentes pour les membres de l’industrie touristique du Québec. 

Utilisation de l’IA par les voyageurs

En novembre 2023, la Chaire de tourisme Transat a interrogé les voyageurs québécois à propos de leurs comportements de voyage. Ce sondage a permis de mesurer leur utilisation de l’IA. Voici ce que les données ont divulgué : 38 % des répondants ont eu recours à une plateforme d’intelligence artificielle en 2023, tous types d’utilisations confondus.  

Plus précisément, 6% des voyageurs québécois disent l’avoir utilisée dans le cadre de recherches pour planifier un séjour de voyage. 

Utilisation de l’IA par les entreprises

L’utilisation de l’IA par les entreprises touristiques québécoises demeure principalement non structurée.  

En janvier 2024, la Chaire de tourisme a également sondé des entreprises touristiques québécoises dans le cadre de son panel La Voix des pros afin de mettre en lumière leur usage de l’IA. Malgré le petit échantillonnage (76 entreprises ont répondu), il est possible d’observer quelques grandes tendances. Le principal constat est que l’utilisation actuelle de l’IA en entreprise demeure principalement non structurée. 

  • Un peu moins du tiers des répondants (31 %) déclare que leur entreprise pose des actions concrètes visant à favoriser l’utilisation de l’IA. 
  • Au total, un peu plus de quatre répondants sur dix (43 %) indiquent même que cette technologie n’est pas utilisée. 
  • Le principal frein mentionné est lié à un manque de connaissances de cet outil (73 % d’entre eux). La moitié (52 %) estime d’ailleurs manquer de temps pour s’y intéresser. 

Parmi les utilisateurs, l’aide à la rédaction est largement adoptée. 

  • Au total, un répondant sur deux (50 %) mentionne que l’IA est utilisée pour faciliter la rédaction (courriels, contenus pour les médias sociaux, etc.).  
  • Le tiers de l’échantillon (34 %) mentionne également lui confier des tâches de traduction.  
  • De façon moins courante, 14 % des répondants disent l’utiliser pour l’automatisation des échanges client, pour l’aide à l’analyse ou pour l’idéation. 

Le MT Lab et l’IA

Au sein du MT Lab, un incubateur et accélérateur de marché et de startups dédié au tourisme, à la culture et au divertissement, cette révolution est aussi prise très au sérieux. En effet, le MT Lab se positionne depuis longtemps à l’avant-garde de cette transformation, en soutenant activement des startups qui proposent des solutions innovantes basées sur l’intelligence artificielle. Il offre d’ailleurs un soutien logistique et stratégique au groupe de travail sur l’IA et le Tourisme initié par Pierre Bellerose, cofondateur du MT Lab. L’objectif de ce groupe de travail dédié à l’exploration de l’IA dans le tourisme est la sensibilisation, l’éducation et l’éveil des consciences sur les potentialités et les défis que l’IA représente pour l’industrie touristique et culturelle.  

Du concept à l’outil : une avancée graduelle

Dans un passé récent, l’IA était considérée comme l’innovation première et centrale d’une jeune pousse. Il était alors question d’une startup axée sur l’IA. Cependant, une tendance émerge, visant à la normaliser en tant qu’outil facilitant la solution plutôt que comme la solution elle-même. Aujourd’hui, on parle de startups qui utilisent l’IA. Cette évolution est similaire à celle de l’Internet, qui est passé d’une innovation révolutionnaire à un outil omniprésent dans notre quotidien. Ainsi, lIA est de moins en moins présentée comme une fin en soi, mais plutôt comme un moyen de faciliter des solutions innovantes dans le domaine du tourisme.

L’IA est de moins en moins présentée comme une fin en soi, mais plutôt comme un moyen de faciliter des solutions innovantes dans le domaine du tourisme.

Cela reflète une transition significative vers des systèmes d’IA applicativepermettant une meilleure analyse des activités de l’industrie touristique, plutôt qu’une technologie isolée. Cette évolution s’est produite rapidement parmi les incubés du MT Lab. Avant 2023, il y avait quelques pionniers, mais les premières startups spécialisées en IA sont arrivées dès 2023, et déjà celles de 2024 l’utilisent comme un outil au service de leurs solutions. Cela témoigne de l’accessibilité croissante de la technologie, qui émerge désormais des laboratoires pour répondre aux besoins des clients. 

La deuxième partie de cette analyse présente les jeunes pousses du MT Lab qui suivent cette tendance. Découvrez-les ici ! 

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Technologies Tendances

L’intelligence artificielle dans l’industrie du tourisme : une révolution silencieuse (Partie 2)

Aperçu des initiatives des startups au MT Lab

Dans le cadre du programme Maillage du MT Lab, plusieurs startups ont émergé en proposant des solutions touristiques basées sur l’IA. Certaines des entreprises accompagnées n’ont pas intégré le Lab avec des solutions directement liées à l’IA, mais ont pu financer l’intégration totale ou partielle de l’intelligence artificielle dans leur offre grâce à des programmes spécifiques, notamment le programme Croissance. Voici un aperçu plus détaillé de quelques-unes de ces initiatives :  

AddAd Média (Cohorte9, Printemps2024): Cette entreprise propose une solution publicitaire novatrice basée sur lIA. En utilisant son expertise technologique, elle permet aux organisations de cibler efficacement leur public et de diffuser des messages publicitaires personnalisés dans des lieux stratégiques. Sa plateforme offre une flexibilité tarifaire basée sur lusage, ainsi quun réseau décrans publicitaires soigneusement sélectionnés pour maximiser limpact des campagnes. 

 

 

Élance (Cohorte9, Printemps2024): La startup Élance est spécialisée dans l’accompagnement pour créer des espaces de travail diversifiés, équitables et inclusifs (DEI), en exploitant le pouvoir de la technologie et des données. Pour personnaliser lexpérience de chaque utilisateur sur sa plateforme, Élance utilise le machine learning (ML) IA. Cette approche permet dadapter l’offre à chaque entreprise et à ses besoins spécifiques, offrant ainsi une personnalisation organisationnelle initiale. Par la suite, Élance développe une IA évolutive qui se personnalise pour chaque utilisateur, en tenant compte de leur identité, de leur expertise en DEI et de leurs responsabilités hiérarchiques. Cela permet de proposer des parcours individualisés pour chaque utilisateur. 

 

HiOTTO AI (Cohorte8, Automne2023): Cette startup utilise une technologie avancée de modélisation du langage pour créer des assistants virtuels personnalisés pour les organisateurs dévénements, de congrès et de réunion d’affaires (MICE). Ces assistants peuvent fournir des conseils personnalisés et proposer des promotions, entre autres choses. Le modèle tarifaire par abonnement offre une flexibilité aux clients, tandis que les options supplémentaires telles que lanalyse post-événementielle enrichissent lexpérience utilisateur. 

 

NURAU (Cohorte8, Automne2023): L’entreprise Nurau se concentre sur le coaching des gestionnaires, en utilisant des technologies de pointe telles que le Traitement du Langage Naturel pour fournir un soutien personnalisé et adaptatif. Son chatbot utilise des algorithmes danalyse des émotions et du comportement pour offrir un coaching individualisé, favorisant ainsi la croissance et la réussite professionnelle des gestionnaires. 

 

Bromont Campervan (Cohorte6, Automne2022): Bromont Campervan offre la location de vans aménagées, incluant depuis peu une flotte de véhicules électriques. Lan dernier, la startup s’est heurtée à un enjeu: plusieurs clients potentiels hésitaient à opter pour la location de vans électriques en raison des défis liés à la planification ditinéraires et à la recherche de bornes de recharge. Consciente de cette situation, léquipe a lancé un projet stratégique visant à développer un outil de planification de trajets sur le Web. Cette solution, exploitant lIA, passe par deux phases distinctes: dans un premier temps, un formulaire de sélection est utilisé pour créer des itinéraires tenant compte des attractions touristiques, de lautonomie des vans et de la localisation des bornes de recharge. Ensuite, une IA de langage naturel est intégrée pour retirer la section formulaire et permettre une sélection des attractions touristiques de manière intuitive et personnalisée pour le client, selon ses préférences et besoins. Cette initiative répond efficacement à la problématique rencontrée, tout en permettant un gain de temps pour les employés chargés dorganiser les parcours. En plus de faciliter la planification des voyages, cet outil contribue à encourager la conversion des clients vers lutilisation des vans électriques en renforçant leur confiance envers la disponibilité des bornes de recharge.  

 

TempIn (Cohorte6, Automne2022): Grâce au programme Momentum de la MAIN, TempIn développe actuellement un algorithme dIA visant à faciliter le jumelage entre employés et employeurs, tout en enrichissant le contenu de leur propre plateforme. Cet outil novateur de prédiction de rotation de personnel repose sur une analyse minutieuse de diverses données telles que la température, la saisonnalité et les événements passés, permettant ainsi de prévoir avec précision les besoins en main-dœuvre. De plus, lintégration dun chatbot dans lapplication vise à simplifier lexpérience utilisateur, offrant ainsi une solution complète et intuitive pour les acteurs du marché du travail. 

 

Dautres startups accompagnées par le MT Lab sengagent actuellement dans le développement de solutions basées sur lIA pour faciliter, améliorer ou élargir leurs offres. Que ce soit dans le cadre des programmes dincubation ou après leur participation, il est notable de constater que lintégration de lIA devient de plus en plus courante dans le secteur du tourisme. Cette évolution témoigne à la fois de limportance croissante de lIA et de sa consolidation en tant quoutil standard dans linnovation de lindustrie.  

Image à la une : Mt Lab

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Technologies

Les irritants numériques des voyageurs québécois

Selon le rapportsur l’expérience numérique dans l’industrie des voyages et de l’hôtellerie réalisé en 2023 par la société d’analyse Contentsquare, un voyageur sur trois est frustré lorsqu’il essaie de rechercher et de réserver des vols, des hôtels, des croisières et des vacances en ligne. L’étude se base sur l’analyse de 20,6 milliards de pages vues et 3,8 milliards de sessions sur 106 sites web liés à des secteurs tels que les agences et services de voyages, les hôtels et centres de villégiature, les transports, ainsi que les divertissements et les restaurants. 

La principale raison de cette déception repose sur les attentes élevées des consommateurs en matière de performances de sites web. Ce déséquilibre entre l’offre numérique et les attentes provoque un désengagement et entraîne une baisse des taux de conversion. L’étude de Contentsquare observe que certains éléments sont particulièrement irritants pour les voyageurs, tels que le chargement lent des pages et les éléments (boutons, image, icônes) qui ne s’ouvrent pas après au moins trois clics. 

Irritants des voyageurs québécois

D’après l’enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023, des voyageurs québécois ont vécu des irritants en ligne lors de la planification de séjours ou d’activités au Québec. Certaines fonctionnalités, considérées aujourd’hui par bien des voyageurs comme des attributs de base, sont apparues comme déficientes pour une part des voyageurs québécois. En effet, 15 % répondent qu’ils ont trouvé un établissement fermé alors qu’ils en avaient été informés autrement, quelque 12 % affirment ne pas avoir pu réserver en ligne vu l’absence de cette option ; et près d’un répondant sur dix n’a pas trouvé le site web de l’organisation touristique convoitée.  

 

Dans le contexte économique actuel, l’expérience numérique des clients peut faire une grande différence dans les résultats financiers d’une entreprise. Malgré les avancées technologiques rapides, les déceptions des usagers ne doivent pas être prises à la légère. 

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Segments de clientèles Tendances

Les six profils de voyageurs québécois de 2024

Le Cahier Tendances 2024 présente six tendances générales qui se déploient sous six profils de voyageurs. Il ne s’agit pas de persona ; chaque voyageur peut correspondre à plus d’un profil selon son enthousiasme face à l’intelligence artificielle ou selon les impacts de l’inflation sur son budget, par exemple. Ces profils doivent donc être perçus comme des indicateurs qui, ensemble, permettent d’effectuer une analyse globale du voyageur en 2024.  

 

Le voyageur bienheureux 

Même si visiter du pays n’est pas toujours reposant, cela lui fait du bien. D’ailleurs, juste l’idée de partir lui procure de la joie, de l’envie, de l’espoir. On dit de lui qu’il a la piqûre. Il qualifie le voyage de besoin. Il en retire des bienfaits qui le motivent à voyager un peu, beaucoup, énormément, à la folie. 

Le voyageur financièrement résistant 

 

Il ne s’empêche pas de voyager, son revenu discrétionnaire lui permet de le faire. Ses séjours font partie de son mode de vie. Il affiche une certaine résilience économique, mais ne lance pas son argent par les fenêtres pour autant. Il cherche les bonnes affaires, quitte à couper ailleurs pour se payer du luxe de temps à autre.

 

Le voyageur caméléon  

Une seule valise ne suffit pas pour contenir ses chaussures, car le sentier qu’il emprunte est éclectique. Il passe parfois sous le radar de ceux qui souhaitent le catégoriser. Pas surprenant, même lui ne sait pas tout à fait à quoi son profil correspond dans les cases qu’on lui propose. Que ce soit pour le travail ou pour l’agrément, il change les codes et demande à l’industrie touristique qu’elle s’adapte à ses couleurs.

 

Le voyageur bousculé 

Sa résilience et sa flexibilité ont été mises à rude épreuve depuis 2020. Aujourd’hui, il change ses plans selon les événements économiques et climatiques. Le contexte actuel comporte son lot d’embûches et le pousse à faire des compromis, à modifier ses projets de voyage ou à rechercher des aubaines. Tous les moyens sont bons pour assouvir son envie d’évasion !  

 

Le voyageur moderne

Il utilise régulièrement des outils numériques et est fort habile à s’en servir. On dit parfois de lui qu’il est avant-gardiste, sa curiosité le pousse à essayer les technologies émergentes comme l’intelligence artificielle pour planifier son voyage. Ses attentes envers les entreprises sont élevées et il s’interroge sur la protection de ses informations personnelles.

Le voyageur (ir)responsable

 

Il est sensible aux questions qui touchent l’avenir de notre planète. À l’affût des bonnes actions à poser, les changements climatiques le poussent à revoir certains de ses comportements. Pourtant, ses gestes ne traduisent pas toujours ses aspirations. Est-ce dû à un manque de volonté ? À une planification complexe, un manque d’offres cohérentes, des prix élevés ? 

 

L’équipe de la Chaire de tourisme Transat vous invite à parcourir son Cahier Tendances 2024  afin de mieux comprendre les particularités et le contexte dans lequel voyageront ces six profils de clientèle. 

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Technologies Transport

La mobilité comme service, les bénéfices pour l’industrie touristique

Maillon essentiel de l’expérience touristique, le transport est un secteur d’activité important pour favoriser la transition durable. Le virage numérique de l’industrie et la numérisation des services liés aux différents modes de transport pourraient marquer un tournant positif dans l’expérience du voyageur. Une occasion de bonifier les services aux visiteurs d’une destination.  

Les orientations durables de l’industrie touristique du Québec impliquent une stratégie de transport concertée entre les professionnels de la mobilité et du tourisme. Faciliter la vie du voyageur par une planification simple de son transport et par des déplacements fluides sur le territoire, voilà des éléments essentiels à une expérience de voyage positive. Le MaaS propose de centraliser les informations de mobilité d’un territoire, dans un seul et même outil technologique, une opportunité de déployer une offre de services adaptée aux besoins des visiteurs. 

Le MaaS

Le MaaS désigne la mise en place d’un outil numérique dont l’objectif est de faciliter l’usage des services de mobilité d’un territoire.

Le MaaS se traduit par la « Mobilité comme service », la « Mobilité Améliorée par Association de Services » ou, en anglais, « Mobility as a Service ». Le terme désigne la mise en place d’un outil numérique dont l’objectif est de faciliter l’usage des services de mobilité d’un territoire. La stratégie vise à harmoniser les dispositifs de transports et à favoriser une mobilité variée et adaptée à tous, par exemple : le transport en commun, le vélo-partage, l’autocar, le train, la location de voitures en libre-service, etc.   

Implanté dans des pays comme la Finlande, le Japon, la Chine, le Royaume-Uni, les États-Unis, la Suède, les Pays-Bas, l’Australie et la Belgique, le MaaS peut se décliner de différentes façons, selon les enjeux de mobilité des lieux. Essentiellement, la plateforme numérique, présentée à l’utilisateur sous forme d’application mobile, intègre diverses formes de services de transport accessibles aux voyageurs. Elle peut regrouper autant des moyens de transports collectifs que partagés. Il existe donc différents modèles de MaaS. Principalement, la technologie en place permet la réservation, le paiement et/ou la planification d’itinéraire dans un contexte multimodal. Dans tous les cas, la plateforme chapeaute des partenariats permettant d’offrir un éventail de services par l’intermédiaire d’une seule interface. 

Les partenariats, éléments essentiels du MaaS  

La force du MaaS réside dans les partenariats sous-jacents à l’outil technologique. La mobilisation des intervenants en transports est un élément central à la réussite d’une telle implantation. C’est une façon de mieux gérer les flux touristiques et de créer des opportunités pour inciter à la fréquentation des lieux moins connus. 

En France, un observatoire des MaaS permet de répertorier les initiatives à travers le pays. Résultat d’un ensemble de partenariats, le projet vise à rassembler et partager des connaissances en matière de MaaS. L’observatoire propose des démarches et publications en lien avec les défis du territoire. Il soutient tant les dispositifs déjà en place, afin de les rendre plus performants, par exemple, que les nouveaux projets. Les cas présentés sont divers et proposent de suivre l’implantation et la gestion afin d’inspirer d’autres villes à se doter de meilleurs outils pour la gestion de l’ensemble de la mobilité d’un espace donné. 

La transition durable 

L’application Whim illustre bien l’idée du Maas. Elle est utilisée par plusieurs villes telles que Tokyo, Vienne, Turku et Helsinki, ainsi que des pays comme la Suisse et la Belgique. La structuration de l’offre de transports par l’intermédiaire de la plateforme démontre qu’opter pour une valorisation mutuelle de la mobilité et du tourisme est un atout important pour encourager la transition durable d’une destination. Devant les objectifs ambitieux de réduction de gaz à effet de serre (GES) de certaines villes et régions, faciliter les transports en commun, la mobilité partagée et la mobilité active s’avère une solution fort pertinente. La plateforme numérique du MaaS permet de rendre les transports publics plus efficaces, plus économiques et plus accessibles. La structuration des services de mobilité dédiés aux touristes s’avère un atout pour connaître les options à faible empreintes disponibles pour un itinéraire.  

Une occasion de compiler des données utiles à la planification des transports

Plusieurs villes se sont dotées du MaaS dans le but de faciliter les déplacements certes, mais aussi de compiler de précieuses données sur les habitudes des usagers. Une occasion de mieux comprendre les mouvements urbains. Pour les gestionnaires des villes, l’outil permet d’observer de quelles façons les trajets s’exécutent sur le territoire, grâce à l’intelligence artificielle et aux données recueillies à même l’application. Ces informations s’avèrent essentielles pour brosser un meilleur portrait des usagers et mieux cerner leurs besoins. Conséquemment, il est possible de mettre en place les mobilités utiles et adaptées aux résidants et visiteurs des espaces. 

Source : Pexel

Un outil d’aide à la décision : le cas du People Moving Count de Copenhague 

Le MaaS s’inscrit comme une opportunité de connaissance. Il offre des informations concrètes d’aide à la décision. Le People Moving Count calcule le nombre de personnes qui se déplacent dans un espace et par quels moyens. Ces informations donnent un aperçu de l’occupation d’un lieu selon le moment de la journée, et de son accessibilité par les différents modes de transport. Le modèle s’avère utile pour observer l’achalandage à plusieurs échelles, notamment d’un parc, d’une place publique, d’une rue, d’un arrêt de bus, d’un quartier ou d’une ville. La méthodologie peut être intégrée dans le MaaS.

La ville de Copenhague, au Danemark, applique cette méthode pour calculer les déplacements et habitudes de la population. Par exemple, un décompte des enfants et adultes cyclistes est fait de façon constante. À cela s’ajoutent des sondages qualitatifs pour obtenir l’avis de la population résidante sur les transports. Les chiffres représentent un atout pour les différents niveaux de gouvernance impliqués dans la planification des transports et la gestion des flux touristiques. 

Faciliter le choix des modes de transport en contexte touristique

Devant l’abondance de moyen de transport en milieu urbain ou pour certaines régions, le choix peut s’avérer complexe pour les touristes. L’optimisation du temps, le recours à des informations claires, la facilité d’achat des titres, la qualité de l’offre et des informations en temps réel ainsi qu’une dénomination commune de la signalétique physique et numérique sont tous des facteurs pouvant créer un écosystème rassurant pour les visiteurs. Le MaaS ne propose pas une recette applicable à toutes les destinations et requiert une réflexion sur les enjeux de mobilités des lieux. Plusieurs cas de figure inspirants peuvent aider à la mise en place d’un MaaS qui intègre le tourisme.  

Le cas de la Finlande

La Finlande est considérée comme une pionnière en matière de MaaS. Grâce à la législation du pays, les opérateurs de transport partagent les données d’achalandage des transports. Cela permet une cohésion dans l’offre de transports du territoire. La collaboration entre les parties prenantes du transport a permis de créer la plateforme Ylläs qui a évolué selon les besoins des acteurs. 

  • 2016-2017 : Ylläs Around: le projet pilote a permis d’offrir une plateforme de services de mobilité pour les stations de ski de la région de Ylläs ainsi que ses principaux hubs de transport (par exemple, l’aéroport de Kittilä et la gare de Kolari). Les coûts d’exploitation élevés ont toutefois mis un terme à la plateforme sous ce modèle. 
  • 2017 à 2019 : Ylläs Tiketti (qui signifie « billets ») : cette phase a permis d’améliorer l’expérience utilisateur et d’élargir les services touristiques. Les billets et réservations de transport ont été intégrés à l’application. De plus, l’achat de droit d’accès pour des attraits touristiques de la région a été ajouté à l’offre. 
  • 2019 à aujourd’hui : Reitit ja Liput (qui signifie « voyages et billets ») proposée par Matkahuolto fournit des informations en temps réel et des services de billetterie pour les principaux autobus de la région d’Ylläs. Cependant, Reitit ja Liput ne dispose plus des services touristiques fournis par Ylläs Tiketti.  

Les stations de ski de la région proposent toutefois l’option ski bus. L’achat permet d’avoir un billet de remontée avec le trajet d’autobus. Une option qui gagnerait à être ajoutée à la plateforme actuelle. 

Les bénéfices d’unir les efforts de l’industrie touristique et de la mobilité pour faciliter les déplacements sont nombreux. Le MaaS, s’il est réfléchi dans une vision concertée, peut offrir une expérience particulièrement intéressante pour les visiteurs. Une réflexion d’intérêt pour combler l’enjeu du « dernier kilomètre » au Québec !  

Image à la une: Pixabay 

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Marketing Technologies

Des campagnes marketing qui osent l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle (IA) amène de nouvelles possibilités dans la manière de commercialiser ou de promouvoir une destination. Comme le souligne cette analyse, ChatGPT, par exemple, facilite le travail des équipes marketing, principalement pour générer des idées de contenu promotionnel. Certains l’emploient même pour rédiger des textes destinés aux médias sociaux qu’ils bonifient par la suite. Voici des exemples d’organisations de gestion des destinations (OGD) qui utilisent l’IA de différentes manières en marketing. 

Vienne : une idée « Chat-mante »

L’Office de Tourisme de la capitale viennoise a dévoilé en 2023 sa campagne #UnartificialArt, afin de présenter des œuvres d’art autrichiennes emblématiques. L’objectif est de montrer aux visiteurs potentiels l’art autrichien à travers l’IA. L’OGD apporte une touche d’humour en intégrant la présence de chats dans diverses œuvres grâce à l’intelligence artificielle. 

Chamonix : parlez-en bien, parlez-en mal… 

L’office de tourisme de Chamonix-Mont-Blanc a produit quatre nouvelles affiches pour sa campagne promotionnelle 2023-2024. L’IA fut utilisée dans les différentes étapes de la construction de la campagne pour brainstormer sur des idées, pour affiner la stratégie et aussi pour créer des images mettant en scène la destination. À cet effet, la mention « image générée par AI, sublimée par l’homme » est placée au bas des différentes affiches pour faire le lien avec le slogan « Reconnecter à la nature » (voir l’image).  

Si l’approche de l’OGD semble originale, elle est toutefois critiquée sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes reprochent l’utilisation de cette technologie pour faire la promotion d’un site naturel et déplorent les répercussions négatives que cela engendre pour le milieu artistique. Le directeur de l’office de tourisme, Nicolas Durochat, a dû expliquer le processus publiquement. Un graphiste aurait ainsi intégré des images de personnes et d’animaux aux photos originales, à l’aide du logiciel de création d’illustrations MidJourney. Malgré cette polémique, le directeur de l’office du tourisme de Chamonix-Mont-Blanc, Nicolas Durochat, se félicite du buzz créé sur les médias sociaux et ne s’interdit pas d’utiliser à nouveau l’IA puisqu’il s’agit, selon lui, d’une manière de se distinguer des autres stations.  

Source : Office de Tourisme Vallée de Chamonix Mont Blanc 

Danemark : l’IA aux commandes

Visit Denmark a expérimenté ChatGPT pour écrire le scénario de sa campagne promotionnelle. L’intelligence artificielle a également servi à générer les images et les voix de tableaux et de statues connues, tels que La Joconde de De Vinci, Le Cri d’Edvard Munch ou la Statue de la Liberté. Dans une vidéo, ces personnages invitent les spectateurs à se rendre au Danemark pour un séjour hors des sentiers battus, loin des foules. L’OGD n’a apporté aucune modification à la publicité générée et se déclare relativement satisfaite du résultat.  

Grande-Bretagne : pour accentuer le jeu

La campagne de VisitBritain, Fake (Br)it till you make it, met en scène un jeu qui vise à tester les connaissances des visiteurs potentiels sur les accents britanniques. L’OGD invite le visiteur de sa plateforme à imiter chaque accent pour ensuite recevoir une note sur sa performance. Celle-ci est décernée par l’intelligence artificielle. Le participant est ensuite invité à la partager sur les médias sociaux et à en savoir davantage sur la destination en cliquant sur les compléments d’information. 

Source : Visit Britain 

Groenland : offrir sa propre vision de l’IA

Dans un monde de plus en plus influencé par l’IA, Visit Greenland invite les voyageurs à plonger dans « l’intelligence authentique » du Groenland et à découvrir le pays au-delà des algorithmes. La campagne promotionnelle vise à célébrer la simplicité de la destination, sa culture, sa nature, ses habitants et ses traditions. Pour soutenir cette initiative, Visit Greenland a produit une courte vidéo promotionnelle, dans laquelle elle invite les visiteurs à se laisser guider non pas par l’IA, mais par la connaissance locale de ses habitants. 

IA or not AI, telle est la question !

Grâce à l’intelligence artificielle, les entreprises gagnent un temps précieux qu’elles peuvent désormais consacrer au développement de leur stratégie marketing, à l’édition du contenu et à sa distribution. Plusieurs experts s’interrogent encore sur son potentiel transformatif et sur l’importance de réfléchir aux manières dont nous pouvons l’intégrer de façon éthique et responsable. Entre réticence et curiosité, l’utilisation de l’intelligence artificielle engendre un questionnement dans plusieurs sphères de la société. 

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Destinations Marchés géographiques

Quelles sont les préférences d’accueil des voyageurs ?

Quelles sont les véritables préférences d’accueil des visiteurs au Québec ? Décryptage d’une étude menée par la Chaire de tourisme Transat pour le ministère du Tourisme sur la perception de l’accueil numérique, les sources d’information privilégiées, et les méthodes de planification des visiteurs en général. 

Les données relatives aux préférences d’accueil sont peu nombreuses et parfois ambivalentes. C’est dans cette perspective qu’en 2022, la Chaire de tourisme Transat s’est vu confier la responsabilité de mener une enquête auprès de quatre marchés clés : le Québec, l’Ontario, le Nord-Est des États-Unis et la France (1 205 répondants au total). Lors du sondage, les répondants ont dû indiquer leurs préférences quant à certains moments clés d’un voyage, grâce à des échelles polarisées à quatre points. Les points un et quatre comportaient des énoncés opposés. 

Numérique pour réserver, humain à l’arrivée !

Quand il s’agit de procéder à des réservations pour un voyage, la tendance penche vers le numérique. En effet, une grande partie des voyageurs, quel que soit leur marché d’origine, privilégie la réservation en ligne (59 % de l’ensemble de l’échantillon) plutôt qu’en personne ou par téléphone. Cette tendance est encore plus prononcée chez les visiteurs ontariens, avec un taux qui grimpe à 71 %.  

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Toutefois, à leur arrivée, 65 % des voyageurs préfèrent être accueillis par le personnel de l’établissement plutôt que de bénéficier d’une arrivée autonome sans interaction humaine, cela, sans égard au marché d’origine.  

Où les voyageurs trouvent-ils leurs informations une fois sur place ?

L’accueil à destination se manifeste sous différentes dimensions et implique une multitude d’acteurs, du personnel hôtelier aux guides touristiques, en passant par les commerçants locaux. Toutefois, les recherches en ligne demeurent de précieux alliés durant le séjour. En effet, 55 % des voyageurs les privilégient tandis que le reste de l’échantillon préfère trouver l’information désirée grâce au personnel d’hébergement, à la population locale ou aux autres voyageurs. Les Américains sont légèrement plus enclins à solliciter l’appui des personnes sur place, 50 % d’entre eux préférant cette méthode. Ces données traduisent une diversité dans les modes de recherche d’information lors d’un voyage. Cette variété pourrait suggérer que, bien qu’Internet joue un rôle prépondérant, l’interaction humaine de proximité demeure importante pour bon nombre de voyageurs. 

Concernant la recherche de recommandations sur place (choix de restaurants, activités, etc.) les résultats sont également partagés. La moitié des répondants (52 %) dit préférer se fier à celles qui sont recueillies sur place, tandis que l’autre moitié privilégie les recommandations trouvées en ligne. Les Ontariens sont quant à eux légèrement plus nombreux à se fier aux sources de recommandation en ligne (56 % d’entre eux) contre 46 % des Québécois et des Américains, et 49 % des Français. 

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Papier vs numérique : comment les voyageurs gèrent-ils leurs documents de voyage ? 

La dichotomie se poursuit dans la gestion des documents de voyage (billets d’avion, réservations, etc.). Alors que 51 % des voyageurs penchent pour la version papier, 49 % privilégient une approche numérique. Chez les Québécois, la tendance est légèrement plus marquée pour la version papier, 56 % étant en faveur de cette méthode.  

En quête de tranquillité ?

Quelque 6 répondants sur 10 disent préférer un hébergement leur offrant tranquillité et intimité, plutôt qu’un cadre dynamique. 

Lorsqu’il s’agit de choisir un hébergement, la majorité des visiteurs sondés (61 %) préfèrent les établissements offrant tranquillité et intimité. Les voyageurs québécois se distinguent particulièrement sur ce point. En effet, 73 % d’entre eux favorisent un hébergement plus tranquille. Les Ontariens et les Français se situent respectivement à 64 % et 59 % optant pour la tranquillité. 58 % des Américains sondés ont une préférence pour un environnement plus dynamique offrant des activités et événements spéciaux. 

Le numérique offre de nombreux avantages, cependant, une numérisation accrue peut exclure une clientèle moins à laise avec la technologie, compromettant linclusion dans lindustrie du tourisme. Laccueil humain ne doit pas être sous-estimé, car il contribue de manière significative à lexpérience de voyage en apportant un charme unique et une chaleur authentique à la destination. Les chiffres démontrent quil faut trouver un équilibre entre le numérique et lhumain, en veillant à ce que chaque voyageur, quelle que soit sa préférence, puisse profiter pleinement de son expérience.  

 

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Hébergement Technologies

La cybersécurité des hébergements touristiques, un indispensable

Depuis quelques années, la transformation numérique facilite l’infiltration de pirates informatiques dans les bases de données des hôtels. Bien qu’utiles et appréciés des clientèles, les systèmes de réservation basés sur des applications mobiles ou des plateformes en ligne, le wifi et les clés électroniques créent de nouvelles vulnérabilités. 

En décembre 2022, des pirates informatiques attaquaient les réseaux du groupe allemand H-Hotels. Résultat : les cybercriminels ont été en mesure de voler des données, notamment les noms des clients, ainsi que leurs courriels. De son côté, le groupe Marriott a connu trois violations de données publiquement reconnues en l’espace de quatre ans. Celle de 2018 a touché 500 millions de personnes, alors que celle survenue en mars 2020 a exposé les détails des comptes de pas moins de 5,2 millions de clients. La plus récente, provoquée en 2022, s’est soldée par une perte de 20 giga-octets de données sensibles. La même année, le groupe IHG et l’entreprise Sonder ont aussi été victimes d’infractions semblables. Comment se défendre ?  

Savoir reconnaître les brèches

Les systèmes informatiques comportent plusieurs failles qui facilitent l’intrusion des pirates. Savoir les identifier est un premier pas vers la sécurisation des opérations. En voici quelques-unes :  

– Les installations wifi non protégées ou mal configurées ; 

– Les courriels contenant des liens vers des logiciels malveillants ; 

– Les mots de passe non complexes ou enregistrés ; 

– Les applications mobiles non sécurisées qui permettent la réservation, l’enregistrement ou le paiement d’un séjour ; 

– Les robots conversationnels (chatbots) mal programmés qui utilisent l’intelligence artificielle (IA).

Ces technologies sont aussi vulnérables aux hameçonnages *. 

La main-d’œuvre elle-même représente aussi un risque, bien malgré elle. C’est davantage le cas pour le secteur touristique qui embauche en grande partie des employés saisonniers. Le roulement de personnel complique le maintien d’une formation homogène et actualisée en matière de cybersécurité. De plus, les nouveaux employés ne connaissent pas nécessairement toutes les équipes de travail en place. De prime abord, un courriel piraté qui semble provenir d’une directrice n’apparaît pas suspect.  

Des répercussions, peu importe la taille

Tous les joueurs sont à risque. Les petits hébergements manquent parfois de ressources pour prioriser la protection de données, tandis que les grandes chaînes représentent des cibles attrayantes. 

Les petits comme les grands joueurs sont à risque. Les auberges ou les gîtes manquent parfois de ressources pour accorder la priorité à la protection de données, tandis que les grandes chaînes représentent des cibles attrayantes parce qu’elles gèrent des millions de dossiers comportant les informations personnelles et financières des clients. De nombreuses répercussions guettent les hôteliers qui ne prennent pas les précautions nécessaires.  

Impacts directs d’un vol de données : conséquences financières liées au remboursement de rançons ou aux pertes de clients en cas de panne des systèmes de réservation ou d’interruption de services.  

Impacts indirects d’un vol de données : diminution de la fidélité des clients et atteinte à la réputation d’une marque ou d’un établissement en particulier.  

Source de l’image: Unsplash 

Comment sécuriser l’infrastructure informatique ?

La sécurisation de l’infrastructure informatique des établissements d’hébergement est primordiale. Voici quelques recommandations d’actions :  

– Détenir un pare-feu qui protège le réseau contre les tentatives d’intrusion externes, le vol de données, la diffusion de logiciels malveillants (malwares) et les attaques DDoS ** ; 

– Configurer de manière professionnelle l’infrastructure informatique et détenir un antivirus qui protège contre les courriels indésirables ainsi que les tentatives d’hameçonnage ; 

– Choisir des outils de sécurité capables de détecter les menaces générées par l’IA ; 

– Effectuer des tests de vulnérabilité et mettre à jour les composantes de l’infrastructure informatique régulièrement ; 

– Désactiver l’accès à Internet si ce n’est pas une priorité pour certains appareils. 

La formation des employés, un essentiel

Savoir se défendre contre les cyberattaques nécessite une préparation, une planification, une collaboration et un travail d’équipe. Il s’agit d’une démarche holistique impliquant l’ensemble des membres du personnel.  

Une étude de 2023 effectuée par la société de sécurité informatique KnowBe4 a révélé que plus de 33 % des personnes non formées sont susceptibles d’échouer à un test d’hameçonnage. Offrir un processus de formation continue est donc plus que nécessaire. Il convient d’instaurer une démarche en interne ou de solliciter des experts en la matière qui proposent notamment des formations en sensibilisation à la cybersécurité et en protection de données ainsi que des simulations d’hameçonnage. Le Centre canadien pour la cybersécurité s’avère une source fiable donnant conseils et avis à l’intention des petites et moyennes entreprises.  

Il convient également de sensibiliser le personnel à limiter l’utilisation de leurs appareils personnels pour le travail. Selon les résultats de l’enquête 2023 menée par l’organisation Agency, 80 % des personnes ayant un poste de direction sont susceptibles d’envoyer régulièrement des courriels liés au travail à partir de leurs propres téléphones portables ou ordinateurs. Toutefois, ces outils ne sont pas forcément équipés des mesures de sécurité installées sur les équipements de l’hôtel. Dans ce cas-ci, il peut s’avérer judicieux d’élaborer des politiques entourant l’envoi de messages ou d’élargir la sécurisation des appareils (lire aussi : La cybersécurité au temps du télétravail).  

Le secteur de l’hôtellerie en est un de bienveillance. Saurez-vous protéger vos clientèles ?   

 

*L’hameçonnage (ou phishing) consiste à se faire passer pour une personne de confiance ou une organisation connue pour obtenir des informations sensibles et confidentielles. Un pirate informatique peut prétendre être un robot conversationnel pour tromper les utilisateurs. 

**Les attaques DDoS (ou attaque par déni de service distribué) tentent de rendre un site Web (ou un réseau) indisponible en l’inondant de trafic malveillant, l’empêchant ainsi de fonctionner. En hôtellerie, ce type de violation peut provoquer une panne au niveau des systèmes de réservation. 

 

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