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Gestion Tourisme durable

Stratégies pour mesurer la fréquentation d’un site touristique

Selon ONU Tourisme (nouvelle appellation de l’Organisation mondiale du tourisme – OMT), les arrivées de voyageurs internationaux augmenteront de 3,3 % par an d’ici 2030. Cet afflux serait relativement facile à absorber si tous les touristes se répartissaient équitablement à destination, mais ce n’est pas le cas ; certains sites sont convoités et attirent un plus grand nombre de personnes. La saisonnalité, les événements météo extrêmes ou l’instabilité politique sont d’autres conditions pouvant entraîner des débalancements.  

La gestion des flux touristiques représente ainsi un enjeu de taille, tant pour les destinations que pour les attraits. Comment identifier les zones les plus sensibles ?  

Évaluer la capacité d’accueil d’un site

D’après ONU Tourisme, la capacité d’accueil (aussi appelée capacité de charge touristique) réfère au nombre maximal de personnes qui peuvent visiter un lieu en même temps, sans provoquer la destruction de l’environnement physique, économique et socioculturel ou diminuer la satisfaction des visiteurs. Il n’existe pas d’approche universelle pour évaluer la capacité d’accueil d’un attrait ou d’une destination. Néanmoins, certains types d’indicateurs peuvent aider à estimer la charge touristique d’un lieu : 

  • Territoriaux : la dimension du lieu, son degré de congestion et le ratio résidants/visiteurs ; 
  • Politiques : l’accessibilité du lieu, les mesures d’urgence et les outils de gestion de crise en place ; 
  • Économiques : les retombées économiques du tourisme pour la destination, les possibilités d’emplois, la rentabilité et la compétitivité des entreprises ;  
  • Sociaux : le degré de satisfaction des visiteurs, la pression sur la population locale, le sentiment de sécurité au sein du lieu ;  
  • Environnementaux : l’impact des activités sur l’environnement (dommages causés aux plantes, au sol, à l’eau, à la faune, etc.), les émissions de gaz à effet de serre.  

Bref, on peut s’intéresser à la capacité d’accueil d’un site en tenant compte de plusieurs dimensions. Pour respecter les communautés, désengorger les infrastructures, offrir une expérience client agréable et préserver le patrimoine naturel, culturel et bâti, les destinations sont de plus en plus nombreuses à mesurer la fréquentation de certains sites. Il est d’abord essentiel d’établir un dialogue avec les communautés résidentes pour mettre en place une stratégie de mesure adaptée à la réalité locale. Cette démarche permet de jauger ce que représente un nombre acceptable de visiteurs. 

Mesurer la fréquentation d’un site permet de jauger ce que représente un nombre acceptable de visiteurs. 

Mesurer la fréquentation d’un site

Mesurer la fréquentation d’un site passe par le suivi des données d’achalandage. Une fois recueillies, ces informations permettent d’évaluer la pression exercée sur le lieu, de rediriger les clientèles vers des endroits moins achalandés s’il y a lieu, ou même, de les inciter à planifier leur visite en dehors des heures de pointe. Il existe différentes méthodes de collecte de données. En voici quelques-unes.  

Le comptage manuel

Le comptage manuel est une méthode terrain généralement utilisée pour évaluer l’achalandage à petite échelle. Cette technique permet aussi de collecter des informations qui peuvent servir à qualifier l’échantillon, tels que l’âge ou le sexe. 

À titre d’exemple, The People Mooving Count, issu du programme CIVITAS développé par la Commission européenne, propose une méthode permettant de calculer le nombre de personnes qui se déplacent dans un espace et par quels moyens. Ces informations donnent une idée de la fréquentation d’un lieu à différents moments de la journée et de son accessibilité par divers modes de transport. Cette méthode de comptage peut être utilisée pour mesurer l’efficacité d’un nouveau passage piéton, la popularité d’un festival ou l’attractivité d’un parc, par exemple.  

La ville de Copenhague, au Danemark, l’applique pour calculer les déplacements et habitudes de la population. Les chiffres recueillis représentent un atout pour les différents niveaux de gouvernance impliqués dans la planification des transports et la gestion des flux touristiques (lire aussi : La mobilité comme service, les bénéfices pour l’industrie touristique). 

Les progrès technologiques permettent une variété de méthodes de collecte qui requièrent moins d’efforts et de ressources, tout en produisant un plus grand volume de données. 

Les applications mobiles

Depuis 2016 en Australie, l’État de la Tasmanie, en collaboration avec l’Université de la Tasmanie, recueille les données des voyageurs via une application mobile qui enregistre leurs déplacements en temps réel, à la fois à l’échelle de la destination et des attraits. L’outil génère également de courtes enquêtes qui colligent des informations à propos, entre autres, de la provenance et de l’âge des voyageurs ainsi que de leur objectif de visite et des réseaux sociaux utilisés pendant leur séjour. 

Ces données sont ensuite regroupées dans un tableau de bord, le Tourism Tracer, disponible en ligne. Le niveau de détail du Tourism Tracer permet de connaître, notamment, la durée pendant laquelle une personne s’arrête à un belvédère, traverse un parc national ou parcourt une galerie d’art.  

Source de l’image :  Tourism Tracer

En Nouvelle-Aquitaine, en France, l’application mobile Maplage.info permet aux sauveteurs de saisir en temps réel certaines données relatives à l’occupation des plages qu’ils surveillent, soit l’affluence sur le sable ainsi que dans la zone de baignade, les services et équipements disponibles, laccessibilité du lieu, les conditions de baignade, la température de l’eau et la météo. Ces informations sont ensuite mises à disposition des offices de tourisme et des prestataires touristiques de la région pour diffusion. Le tout est également disponible sur une plateforme qui permet aux voyageurs de planifier leur visite selon ces avis ou de se diriger vers les emplacements les moins achalandés. 

Source de l’image: MaPlage.info 

Les capteurs et compteurs

En Islande, Visit Iceland donne accès aux données de fréquentation touristique des sites naturels particulièrement achalandés. Ces informations sont récupérées par des capteurs infrarouges placés stratégiquement sur le territoire. Les données de passage des visiteurs sont collectées pour être ensuite analysées et présentées dans un tableau de bord accessible aux voyageurs comme aux opérateurs touristiques. L’objectif est d’assurer un suivi de la fréquentation de certains sites et d’inciter à la planification de visite en dehors des périodes les plus achalandées.  

Source de l’image: Visit Iceland 

En France, certains lieux culturels, comme le musée du Louvre, le Centre Pompidou et le muséum d’histoire naturelle du Havre, collaborent avec la solution technologique Affluences. Cette dernière utilise des capteurs et des compteurs permettant de visualiser les zones les plus fréquentées, de contrôler la capacité d’accueil en configurant des «alertes de dépassement de visiteurs» et de calculer le temps d’attente à l’accueil ou dans certains points d’intérêt, comme l’aire de restauration. Ces renseignements permettent de rediriger les clientèles vers les zones les moins fréquentées ou les files d’attente les plus courtes, tout en garantissant leur sécurité et leur confort 

Source de l’image: Affluences  

La gestion des flux, une nécessité

Les visiteurs participent à la dégradation de l’environnement naturel d’une destination ou d’un attrait sous plusieurs formes. Une forte concentration de touristes engendre de facto des émissions de gaz à effet de serre plus élevées, en plus de créer une pression sur les infrastructures et le patrimoine bâti.  

Dans certains cas, l’expérience client est affectée en raison des longues files d’attente, des embouteillages qui compliquent les déplacements, du bruit, de la lenteur des services, des prix exorbitants et de la propreté de certains lieux. La progression des déplacements touristiques mondiaux nécessitera des attraits et des destinations qu’ils mesurent et gèrent leur achalandage.  

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Tourisme durable

Calculer les émissions de GES : le temps presse !

Rappel de l’objectif : Réduire les GES à zéro

L’industrie touristique génère environ 8 % des émissions mondiales de GES. Le transport compte pour 75 % de celles-ci. La Déclaration de Glasgow pour l’action climatique dans le tourisme (2021) exige des signataires qu’ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de moitié d’ici 2030 pour parvenir à zéro carbone le plus tôt possible avant 2050. L’objectif : maintenir la hausse des températures sous les 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels (1850-1900). À ce jour, cette augmentation s’élève à 1,2 °C. Au rythme actuel d’émissions, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime qu’il y a une chance sur deux pour que le seuil de 1,5 °C soit atteint dès 2030-2035. L’étau se resserre… 

Dernier appel pour les organisations à destination de 2050 : il faut réduire les émissions de GES de 50 % d’ici 2030, atteindre zéro émission au plus vite ! 

Au moment d’écrire ces lignes, 867 organisations touristiques se sont commises, dont 22 canadiennes, parmi lesquelles figure Destination Québec Cité. Chaque signataire de la déclaration de Glasgow pour l’action climatique en tourisme s’engage à présenter un plan en fonction de cinq axes d’intervention communs. 

1. Mesure 

2. Décarbonation 

3. Régénération 

4. Collaboration 

5. Financement 

Ce plan permet d’assurer le suivi vers l’atteinte des objectifs. La mesure de l’action climatique constitue ainsi le premier axe.  

Mesurer les émissions de GES de l’industrie touristique

Le calcul des émissions de GES représente l’indicateur clé de la mesure de l’action climatique pour tous les milieux. Le tourisme ne fait pas exception. Cet exercice pose un certain nombre de défis. L’industrie touristique est un écosystème complexe, composé de plusieurs secteurs très variés qui se chevauchent. L’Organisation mondiale du tourisme, désormais connue sous le nom d’ONU Tourisme, présente des approches dans le but d’obtenir éventuellement un consensus autour d’un modèle qui pourrait être applicable à la plupart des secteurs de l’industrie touristique. Cela permettra de faciliter, d’accélérer et de surveiller les progrès liés à l’action climatique et la réduction des émissions pour les années à venir.   

En attendant, les outils de mesure se développent à petite comme à plus grande échelle. On observe notamment des regroupements d’entreprises qui élaborent des modèles conjoints, ou encore des organisations qui font appel aux services de fournisseurs spécialisés. Aussi, des destinations proposent des grilles de calcul pour leurs entreprises touristiques.   

Un cadre

Ces méthodes de calcul doivent correspondre aux normes établies. Le World Resources Institute est l’initiateur de l’élaboration de la Norme de politique et d’action dans le cadre d’un protocole GES (GHG Protocol), soit une norme internationale pour estimer et communiquer l’évolution des émissions et absorptions résultant de politiques et d’actions en ce sens.  

L’hébergement : un milieu bien outillé

En 2012, le World Travel & Tourism Council (WTTC), l’International Tourism Partnership (aujourd’hui le Sustainable Hospitality Alliance) et 23 partenaires internationaux ont lancé l’Hotel Carbon Measurement Initiative (HCMI). Le HCMI a été initialement révisé par l’un des partenaires du GHG Protocol puis mis à jour en 2021 pour adhérer aux exigences actuelles. Il s’agit, encore aujourd’hui, de la méthode la plus connue et la plus utilisée pour le calcul du bilan carbone du milieu de l’hôtellerie. Le HCMI est employé par plus de 30 000 hôtels dans le monde. Il s’agit, grosso modo, de compléter un tableur Excel préformaté. Mais de nombreux autres outils existent. De grandes chaînes ont développé leur propre méthode de calcul des GES, d’autres font appel à des services privés. 

Image : Exemple de tableur de calcul des GES avec l’outil HCMI.  

Source : Sustainable Hospitality Alliance 

Les destinations : des modèles émergent

Selon ONU Tourisme, les organisations de gestion de la destination (OGD) sont les secteurs les moins bien outillés en matière de guides uniformisés de mesures des GES. Car au-delà de tenter de calculer l’ensemble des émissions à l’échelle de la destination, des OGD cherchent à accompagner leurs membres et à leur offrir des outils et des guides. C’est le cas de Visit Finland et de Visit Scotland. 

L’outil de Visit Finland

La Finlande a pour ambition de devenir le leader en matière de tourisme durable d’ici 2025. Dans cette optique, Visit Finland offre un outil pour aider les entreprises touristiques à calculer et à suivre l’évolution de leur empreinte carbone. Le calculateur de GES, disponible en ligne pour les membres de l’OGD, fonctionne avec les données de consommation auxquelles le système attribue un coefficient d’émission. Lorsque tous les indicateurs sont intégrés au système, l’entreprise obtient son empreinte carbone. Une trousse de l’utilisateur (regroupant documents en ligne et vidéos) permet d’accompagner l’entreprise dans cet exercice.  

Source: Visit Finland 

Visit Finland offre une formule simple pour les entreprises qui souhaitent procéder au calcul de leurs émissions de GES. Elles doivent fournir les données relatives aux éléments suivants : 

  • Consommation d’énergie (électricité, chauffage et climatisation, carburant pour l’entretien de la propriété, etc.) 
  • Déchets (poids)  
  • Carburant pour les véhicules (kilomètres ou quantité de carburant) 
  • Achats (euros ou quantité d’achats effectués) 

On précise que ces informations sont habituellement disponibles sur les relevés de consommation ou les factures d’électricité, de ramassage des déchets, etc. Dépendamment de la disponibilité des données, cet exercice peut prendre quelques heures pour une petite entreprise ou quelques jours, tout au plus. La mise en place des renseignements de base pour le premier calcul est laborieuse, mais le travail est ensuite fait pour les années subséquentes.   

Lorsque tous les éléments demandés sont intégrés, l’outil procède au calcul des émissions annuelles, en se basant sur la structure de l’entreprise, en phase avec la norme du GHG Protocol et avec une variété d’indicateurs clés. Voilà un outil qui permet aux entreprises d’établir un point de départ, de fixer des objectifs de réduction et de mettre en place des mesures pour y arriver.  

Mesurer les GES des offres touristiques

On observe aussi depuis déjà quelques années la propension de certaines entreprises à partager avec la clientèle l’empreinte carbone de leurs offres touristiques. C’est le cas d’Intrepid Travel, par exemple, qui le fait pour chacun de ses itinéraires. Le festival OYA, en Norvège, s’est allié à Klimato pour mesurer et afficher la quantité d’émission de GES de chacun des plats offerts par les kiosques alimentaires de l’événement. Voilà une bonne façon de sensibiliser les clients au poids écologique de leur choix.  

Source Facebook/Klimato 

Dernier appel

L’industrie touristique, comme tous les autres secteurs, doit réduire ses GES rapidement. La mesure de cette empreinte constitue un premier pas vers une meilleure compréhension de ce qu’elle représente.  

Dernier appel pour les organisations à destination de 2050 : il faut réduire les émissions de GES de 50 % d’ici 2030, atteindre zéro émission au plus vite ! Le Québec doit emboîter le pas !  

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Produits et activités Tourisme durable

Les vignobles en réaction aux effets des changements climatiques

La production viticole québécoise gagne du terrain d’année en année. Selon le Conseil des vins du Québec, le nombre de producteurs est passé de 85 en 2010 à 165 en 2022. L’association envisage que le nombre de bouteilles produites doublera d’ici 2030.

Cela dit, le secteur vit actuellement des défis importants en lien avec les changements climatiques. Les vignobles d’un peu partout dans le monde ont lourdement été happés par les phénomènes météorologiques en 2023. Ces événements, parfois très imprévisibles et instables, perturbent la viabilité des cultures, ainsi que la quantité et la qualité de la production. Selon un reportage de Radio-Canada, « un rapport publié en février par Wine Growers BC estime que la récolte ne représentera que 1 % à 3 % des niveaux normaux, ce qui signifie une perte presque complète de la production de 2024. Les pertes de revenus pourraient atteindre 346 millions de dollars pour les vignobles et les établissements vinicoles ». Plusieurs vignerons et acteurs clés du milieu réagissent à cet enjeu.

En mode action pour trouver des solutions

Les démarches pour tenter de contrebalancer l’impact des phénomènes météorologiques dévastateurs sont variées. Par exemple, les producteurs de la zone viticole de la Valpolicella, en Italie, ont recourt à d’anciens cépages dans le but de réintroduire des variétés qui avaient été mises de côté au cours des décennies précédentes. Elles pourraient posséder des caractéristiques intéressantes dans le contexte actuel, telles que la tolérance à la sécheresse, la maturité tardive, une acidité naturelle élevée et un flétrissement lent.

Des variétés de raisins qui avaient été mises de côté au cours des décennies précédentes pourraient posséder des caractéristiques intéressantes dans le contexte climatique actuel.

De son côté, le Vignoble de l’Orpailleur, dans les Cantons-de-l’Est, tente de faire pousser de nouveaux cépages qu’il était auparavant impossible de cultiver au Québec. Le Vignoble du Ruisseau, situé dans la même région, utilise un procédé de géothermie pour protéger ses vignes durant la saison froide. Le contexte s’avère donc l’occasion de tester des pratiques novatrices et d’agir avec intuitivité.

Pour une plus grande anticipation, ils sont nombreux dans le domaine à impliquer le milieu de la recherche. Voici deux exemples inspirants.

 

Faire appel à la recherche

Le Conseil interprofessionnel de Bordeaux (CIVB) investit 1,2 million d’euros par an dans des recherches sur l’impact des changements climatiques sur la viticulture. À ce jour, plusieurs techniques sont testées : augmentation de la biodiversité par la plantation d’arbres et de haies, assemblage de plusieurs variétés de raisins, viticulture de précision parcellaire avec une gestion du couvert végétal, adaptations des densités de plantation, etc.

Au Québec, le Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel (CRAM) a développé des toiles géotextiles qui permettent d’abrier les vignes lors d’épisodes de grêle ou de gel/dégel. Cette solution remplace l’astuce d’allumer des feux sur les terres pour conserver la chaleur au sol. De plus, l’organisme conduit actuellement une recherche pour tenter de comprendre les processus de résistance de la vigne au froid.

Source : Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel (CRAM)

L’adaptation aux effets des changements climatiques passe notamment par la mise en place d’actions concrètes en développement durable. Le Chili représente un bel exemple.

Éduquer les clientèles

Les entrepreneurs viticoles de la vallée de Casablanca au Chili et le gouvernement local ont récemment élaboré un accord de production durable par lequel ils cherchent à améliorer la gestion et les performances environnementales des vignobles. Près d’une trentaine d’exploitations participent au projet qui bénéficie, notamment, du soutien des ministères de l’Agriculture, de l’Énergie, de l’Environnement et de la Santé ainsi que de la municipalité de Casablanca.

À titre d’exemple, le Matetic Winery, récipiendaire du Best of Wine Tourism Awards dans la catégorie Sustainable Wine Tourism Practices en 2023, mise sur l’apprentissage et l’éducation des clientèles au sein de son entreprise. Les visiteurs sont amenés à comprendre les étapes de fabrication du vin lors d’ateliers. Selon la direction, toute offre œnotouristique devrait inclure une partie de sensibilisation aux différents enjeux de durabilité liés à la viticulture. De ce fait, les amateurs seront mieux outillés pour faire des choix responsables. Le vignoble chilien a également exclu l’usage d’engrais chimiques synthétiques pour ses cultures. L’ensemble des infrastructures ont été conçues à partir de matériaux recyclés et écoénergétiques.

Source : Matetic Winery

Diversifier pour prolonger la saison touristique

La diversification des activités est une avenue permettant aux vignobles d’allonger leur saison touristique et d’ajouter de nouvelles sources de revenus. Le développement d’une offre corporative (Two Sisters Vineyards (Ontario) et Le Cep d’Argent (Magog)) est un bon moyen de rester actif à l’année. Voici en rafale d’autres idées pour animer les domaines pendant ces périodes.

  • Printemps : offrir des activités en préparation à l’été. Certains vignobles proposent des activités de taille de vigne ou des ateliers d’ébourgeonnage (débarrasser la vigne de certaines pousses indésirables) permettant aux clientèles d’en apprendre sur ces étapes essentielles à l’entretien des cultures. C’est le cas notamment du Vignoble Alain Robert et du Domaine Pierre & Bertrand Couly, situés en France.
  • Automne : mettre à l’honneur les vendanges. De nombreux ateliers, forfaits, activités bénévoles ou journées thématiques permettent aux clientèles de se mettre dans la peau d’un vigneron et de participer aux récoltes. Les vignobles Rivière du Chêne (Laurentides), Domaine & Vins Gélinas (Mauricie), Le Chat Botté (Montérégie), de l’Orpailleur (Cantons-de-l’Est) et Saint-Gabriel (Lanaudière) représentent de bons exemples.
  • Hiver : animer la saison froide. Visit Calistoga, en Californie dans la vallée de Napa, a relancé en décembre 2023 pour une 14e année consécutive le Winter in the Wineries Passport. Les détenteurs du laissez-passer de 75 $ bénéficient de dégustations gratuites dans les domaines viticoles participants, ainsi que de réductions dans les hébergements, les spas et les boutiques de la région.

Les solutions aux impacts des changements climatiques sont de plus en plus nombreuses. Pour assurer la durabilité du secteur et des expériences touristiques qui en découlent, il s’agira de s’adapter, mais surtout de se renouveler.

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Segments de clientèles Tourisme durable

Des comportements écoresponsables décortiqués (partie 1)

La Chaire de tourisme Transat analyse plusieurs comportements des voyageurs québécois à l’aide de données issues de ses enquêtes annuelles. Voici un aperçu des comportements guidés par des intentions écoresponsables tirés de la dernière enquête.  

Les voyageurs qui comptent diminuer leurs déplacements aériens

La mobilité des voyageurs est au cœur de l’expérience touristique, mais aussi des préoccupations en matière d’augmentation des gaz à effet de serre (GES). Près de la moitié des voyageurs québécois (48 %) jugent probable de diminuer leurs déplacements en avion dans le futur. Actuellement, il est à noter que seulement 13 % ont déjà renoncé volontairement à faire un voyage qui nécessitait un trajet aérien.  

Parmi les répondants au sondage mené par la Chaire, 80 % ont fait un voyage d’agrément au Québec entre mai et novembre 2023.

Les voyageurs considérant diminuer leurs déplacements aériens sont plus nombreux à privilégier le Québec comme destination, ils se déplacent moins fréquemment que les autres et sont moins enclins à voyager ailleurs au Canada, aux États-Unis et en Europe.

Ils sont toutefois légèrement sous-représentés parmi les 18 à 34 ans ainsi que chez les ménages ayant un revenu annuel de 200 000 $ et plus.  

Ces voyageurs pratiquent généralement les mêmes activités touristiques que les autres. Ils sont toutefois plus nombreux à avoir adopté au moins une fois les comportements écoresponsables suivants :  

  • Choisir un hébergement ou un attrait en raison de son orientation durable ou responsable (30 % contre 19 % de ceux qui jugent peu probable de diminuer leurs futurs déplacements aériens) ;  
  • Volontairement remplacer l’avion par un autre mode de transport (30 % contre 11 %) ;  
  • Volontairement limiter le nombre de voyages par année (29 % contre 8 %) ;  
  • Volontairement renoncer à faire un voyage qui nécessite un déplacement en avion (22 % contre 5 %).  

La diminution de la fréquence des voyages en avion est un objectif louable en matière d’actions responsables considérant les émissions de GES qui y sont générés. Est-ce que ce choix est réellement guidé par des raisons environnementales ? D’autres motifs pourraient aussi expliquer ce paradigme.   

Les facteurs d’influence

De façon générale, ce sont les facteurs environnementaux, mais aussi économiques qui influencent le plus les comportements de voyage de ce type de personnes. Lorsque sondés par la Chaire à propos des actions qu’ils adopteraient lors de leurs séjours en 2024, les répondants envisageaient :  

  • Limiter les repas au restaurant en voyage (48 % contre 32 % de ceux qui jugent peu probable de diminuer leurs futurs déplacements aériens) ; 
  • Choisir des hébergements ou des restaurants plus abordables qu’à l’habitude (47 % contre 35 %) ; 
  • Privilégier des destinations plus proches de chez eux (33 % contre 11 %) ; 
  • Diminuer les attractions payantes visitées (32 % contre 24 %) ; 
  • Privilégier des destinations où ils ont de la famille et des amis (32 % contre 18 %). 

Les voyageurs qui jugent probable de diminuer leurs déplacements en avion dans le futur accordent moins d’importance aux voyages dans leur équilibre mental que les autres répondants (53 % contre 73 %). Cette dépense est également moins prioritaire pour ce segment (22 % contre 44 %).  

Ce marché demeure intéressant, considérant que 82 % d’entre eux planifient un voyage au Québec en 2024. Alors, comment séduire cette clientèle qui correspond à près de la moitié des voyageurs québécois ? Leurs habitudes de consommation en matière d’hébergements et d’activités ne se différenciant pas de l’ensemble des répondants, faire valoir des propositions abordables et de proximité serait un bon point de départ afin de montrer la diversité et l’accessibilité de l’offre touristique québécoise.   

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Segments de clientèles Tourisme durable

Des comportements écoresponsables décortiqués (partie 2)

D’après l’enquête menée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023, le quart des voyageurs québécois rapportent avoir déjà choisi un hébergement ou un attrait en raison de son orientation durable ou responsable. Sur le plan sociodémographique, ce qui les distingue des voyageurs n’ayant jamais choisi ce type d’hébergement ou d’attrait est leur formation universitaire (54 % contre 41 %) et le fait qu’ils soient en couple sans enfant à la maison (50 % contre 38 %). Ils aiment voyager, d’ailleurs plus de quatre personnes sur dix affirment le faire plus d’une fois par année. 

En matière d’hébergement, ils ont tendance à réserver davantage directement auprès de l’établissement (33 % contre 18 %). À l’été 2023, ils sont aussi plus nombreux à avoir séjourné dans un hébergement collaboratif (29 % contre 20 %).   

Lors de leur séjour au Québec à l’été 2023, ce segment de voyageurs s’est adonné plus significativement que les autres à des activités de plein air, des expériences gourmandes, des visites culturelles et des visites agrotouristiques.  

Des voyageurs plus enclins à réduire leurs émissions de GES

Le trois quarts de ces voyageurs qui affirment avoir déjà choisi un hébergement ou un attrait responsable portent beaucoup attention à l’information concernant les changements climatiques. Pour la moitié (48 %) d’entre eux, cet enjeu les pousserait même à changer leur façon de voyager (comparativement à 18 % des autres voyageurs).  

Ces personnes adoptent aussi plus souvent que les autres des comportements qui permettent de réduire les émissions de GES liées à leur voyage. Ci-dessous les gestes qui ont été adoptés au moins une fois par ces répondants :  

  • remplacer l’avion par un autre mode de transport (46 % contre 12 % de ceux n’ayant jamais choisi un hébergement ou un attrait pour son orientation durable) ; 
  • volontairement limiter le nombre de voyages par année (39 % contre 12 %) ; 
  • renoncer à un voyage qui nécessitait un déplacement en avion (29 % contre 8 %) ; 
  • payer pour compenser les GES émis par leurs déplacements de voyage (27 % contre 6 %). 

Les bénéfices économiques, sociaux et environnementaux que les régions pourraient tirer de ce groupe de voyageurs sont réels. La structuration claire d’expériences touristiques durables attractives permettrait de stimuler encore plus leur appétit pour des séjours qui satisfont leur fibre responsable.  

D’autres comportements dans notre radar

Deux nouvelles actions ont été ajoutées à l’édition 2023 de l’enquête de la Chaire : 

  • limiter volontairement le nombre de voyages par année pour des raisons environnementales (18% des répondants disent l’avoir fait).  
  • utiliser une voiture 100 % électrique comme mode de transport principal lors d’un séjour (9 % des voyageurs qui ont visité le Québec à l’été 2023 rapportent l’avoir fait). 

Bien que le nombre de voyageurs québécois ayant porté des actions dites responsables stagne, il faut demeurer confiant pour le futur et démocratiser rapidement l’accès aux propositions durables. Ferez-vous partie de cette offre?  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Tourisme durable

Virage durable en pourvoiries: entre attentes et prix

Les nouveaux propriétaires de la pourvoirie de La Doré, dans la région du Lac-Saint-Jean, ont décidé d’investir récemment plus de 400 000 $ dans un parc solaire produisant 40 kW. Cette initiative, couvrant 90 % de leurs besoins énergétiques, leur permettra de réduire leur consommation de mazout de plus de 50 000 litres par an, tout en économisant près de 80 000 dollars annuellement. Ce projet d’une ampleur significative prévoit un retour sur investissement en seulement deux ans. Avec sa superficie totale de 2304 pieds carrés, il s’agit d’un des plus gros parcs solaires hors réseau au Québec.  

Le virage énergétique répond aux attentes de la clientèle, en plus de réduire la pollution sonore. Selon les propriétaires des lieux, les visiteurs européens recherchent une offre plus respectueuse de l’environnement. Avec ce virage, l’objectif est d’attirer ce segment de marché. 

Source : Le Quotidien 

La perception du rapport qualité-prix des projets durables

Outre la notion de prix, la notoriété, le produit, l’expérience client et le positionnement face à la concurrence font partie du concept de « rapport qualité-prix ». Le projet de la pourvoirie de La Doré touche ces cinq concepts. En effet, le changement a eu un impact sur la qualité du produit offert, la notoriété (par les articles, la diffusion de la nouvelle), le positionnement (se distingue des concurrents qui carburent encore au mazout) et l’expérience client (moins de bruit, par exemple). Ainsi, la pourvoirie est désormais en meilleure position pour justifier son prix.  

La pourvoirie représente un exemple intéressant d’entreprise qui réussit à rejoindre les valeurs et les attentes des consommateurs et à changer la perception d’une possible hausse de prix reliée à son investissement. 

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Tendances Tourisme durable

2023 : une prémisse aux effets des changements climatiques ?

Le Québec a été particulièrement frappé par les événements météorologiques extrêmes en 2023 : feux de forêt, épisodes de pluie verglaçante, inondations, vagues de chaleur, tornades, etc. Ces phénomènes génèrent des coûts sociaux importants (dépression, perte d’emploi, stress financier, physique et psychologique, etc.). D’après le Baromètre de l’action climatique, près d’une personne sur trois (31%) déclare être « fatiguée d’entendre parler des changements climatiques ». Le Baromètre de la consommation responsable expose un constat semblable : les Québécois en ont assez d’entendre parler d’environnement. 

Cela dit, selon Philippe Gachon, directeur général du Réseau Inondations InterSectoriel du Québec (RIISQ), les événements météorologiques extrêmes ne feront qu’augmenter dans les années à venir. D’autres spécialistes, tels qu’Alain Bourque, directeur général du Consortium Ouranos et Yannick Hémond, professeur au Département de géographie de l’UQAM, mentionnent qu’ils seront plus fréquents et surtout plus forts, plus soudains et plus soutenus. 

Une enquête réalisée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023 montre que 10 % des voyageurs québécois ayant voyagé au Québec à l’été 2023 ont dû modifier un séjour en raison d’événements météorologiques extrêmes. L’évolution soutenue de la situation climatique porte à croire que ce type de comportement sera de plus en plus observé dans les années à venir. Ce contexte représente déjà un défi pour les prestataires touristiques. En effet, d’après l’enquête trimestrielle de performance de l’industrie effectuée par la Chaire pour le compte du ministère du Tourisme du Québec, quelque 58 % des entreprises touristiques québécoises sondées considèrent que les conditions météorologiques de l’été 2023 ont exercé une influence négative sur l’achalandage de leurs organisations. 

Comment, en tant qu’entreprise ou destination, accompagner les voyageurs à travers ce blizzard d’impondérables et limiter l’impact des changements climatiques sur le territoire et les communautés ?  

Offrir une protection météo

L’industrie touristique est très sensible à la météo ; le mauvais temps peut rapidement créer des déceptions chez les voyageurs. Parfois, certains raccourcissent même leur séjour lorsque celle-ci ne répond pas à leurs attentes. Il faut dire que la situation ne risque pas de s’améliorer avec la progression des effets des changements climatiques.  

Le Renwick Hotel à New York joue sur cet aspect pour attirer les clientèles dans son établissement. L’hôtel offre à ses clients une « assurance météo » grâce à un partenariat avec l’entreprise spécialisée en technologies climatiques, Sensible Weather. Lorsqu’ils réservent leur séjour, les voyageurs ont la possibilité d’ajouter la garantie (d’une vingtaine de dollars par jour) au montant de leur facture. En cas de pluie pendant plus de deux heures entre 9 heures et 19 heures, le coût total de la chambre leur est remboursé. Les clients reçoivent à cet effet un message texte les informant à la fois du mauvais temps et du montant de leur remboursement. Ils n’ont naturellement pas la possibilité d’annuler leur voyage à l’avance en se fiant aux prévisions météorologiques. Sensible Weather couvre plusieurs autres intempéries, tels que les vents violents, la mauvaise qualité de l’air ou les températures extrêmes et fait affaire avec diverses autres entreprises touristiques, dont Campsited, un réseau de distribution qui permet la réservation de séjours en camping. 

Source : Sensible Weather 

Déployer un plan de gestion des risques météorologiques et climatiques

L’objectif du plan 2017-2027 de l’Irlande est de surveiller, d’analyser et de prévoir l’évolution de la météo et du climat au sein du pays. Chapeautée par Met Éireann, le service météorologique de l’État, la stratégie se déploie en six axes, allant du soutien aux événements météorologiques à l’anticipation et à la prévention de certains phénomènes, comme les inondations. La réussite du plan est tributaire de la collaboration de plusieurs parties prenantes, dont des chercheurs et des intervenants des secteurs économiques dépendant de la météo, comme les transports, l’agriculture ou le tourisme. Plusieurs initiatives seront mises en place pendant ces dix années. En voici quatre :  

  • Construire un réseau de partenaires : faciliter l’échange continu de connaissances et l’apprentissage axé sur la façon dont les services météorologiques peuvent soutenir la prise de décision des entreprises. 
  • Produire des services météorologiques et climatiques adaptés à la demande et aux secteurs : simplifier la prise de décision en matière de planification et de gestion des risques. 
  • Fournir des informations sur le climat : par l’intermédiaire d’un portail qui propose un ensemble de services climatiques élaborés en partenariat avec des agences et des organisations nationales et internationales. 
  • Communiquer efficacement les alertes et les avertissements d’inondation : assurer une sensibilisation du public aux risques d’inondation et aux mesures d’atténuation appropriées.

Concevoir des mesures d’atténuation

L’Île-de-France, une région située dans le centre-nord de la France où se trouve notamment la ville de Paris, a lancé son Plan d’adaptation aux changements climatiques en 2022, une stratégie à hauteur d’un milliard d’euros, divisée en trois axes et s’échelonnant jusqu’en 2030. L’objectif est de répondre aux effets des changements climatiques sur les écosystèmes, l’économie et la santé globale de la population. Pour être efficace et intégrer tous les secteurs concernés, la région adopte une approche transversale allant au-delà du tourisme. Plusieurs acteurs ont donc été consultés, dont le Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, la Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt, l’Agence régionale de santé, ainsi que la Fédération nationale des associations d’usagers des transports Île-de-France. 

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De nombreux projets sont en cours. À ce jour, 36 îlots de fraîcheur urbains ont été créés. La destination prévoit également d’installer « des abris climatiques », soit des fontaines, des brumisateurs, des points de rafraîchissement et des espaces verts ou d’ombre accessibles rapidement en cas de canicule. La région se mobilise aussi pour réouvrir l’accès à la Bièvre (une rivière de près de 35 km de long) à la baignade. Cette initiative permettrait la réappropriation des berges par la communauté et valoriserait le patrimoine culturel et paysager. Elle envisage de planter près de deux millions d’arbres d’ici 2030 et de verser un million d’euros pour l’adaptation des forêts aux changements climatiques. 

Les possibilités sont nombreuses et surtout variées. Quelles sont les mesures les plus appropriées pour vos entreprises ou vos territoires ?  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Segments de clientèles Tourisme durable

Guider les visiteurs vers un tourisme plus responsable

L’équipe de la Chaire de tourisme Transat documente depuis trois ans des indicateurs liés au tourisme durable. Principal constat: aucun changement n’est observé quant à la proportion de voyageurs québécois qui adoptent certains comportements écoresponsables.  

Voici quelques résultats relatifs à ces indicateurs qui font l’objet de stagnation depuis les trois dernières années. Ces données proviennent de la plus récente enquête réalisée par la Chaire auprès des voyageurs québécois. 

Aucun changement n’est observé quant à la proportion de voyageurs québécois qui adoptent certains comportements écoresponsables.  

D’autres actions ont été ajoutées à l’édition 2023 de l’enquête. À cet égard, 18 % des répondants disent avoir volontairement limité le nombre de leurs voyages par année pour des raisons environnementales. Également, 9 % des voyageurs qui ont visité le Québec à l’été 2023 rapportent avoir utilisé une voiture 100 % électrique comme mode de transport principal lors d’un séjour. 

Comment accélérer le virage responsable des voyageurs ?

Le nombre de voyageurs responsables atteignant un plateau, les énergies doivent être concentrées sur l’accompagnement des consommateurs et aussi des entreprises de l’industrie afin de multiplier et de promouvoir les offres durables. 

Guider la clientèle vers des choix durables

Plusieurs actions peuvent être mises en place par les entrepreneurs touristiques ou les destinations afin de faciliter et favoriser l’achat ou la réservation de produits touristiques responsables et durables. Il peut s’agir par exemple d’inclure des incitatifs ou de reconnaître les efforts des clients. Cela peut être fait sous forme de programme de récompenses. Simplifier l’expérience d’achat et offrir un bon service à la clientèle est une autre solution. Pour les destinations, il peut s’agir de mettre de l’avant les entreprises certifiées par un organisme reconnu par le GSTC 

La Suède possède des forfaits de vacances durables nommés « Climate-Smart Holidays ». Cinq hébergements de l’ouest du pays participent au projet. Ces établissements en nature affichent une transparence totale en matière de gaz à effet de serre émis par nuit. Ils détiennent des panneaux solaires, ont été construits avec des matériaux recyclés et sont équipés pour permettre le compostage des déchets. Les repas sont inclus dans les forfaits et sont approvisionnés directement d’une exploitation agricole voisine. Dépendamment de l’hébergement choisi, les forfaits comprennent des activités de plein air à pratiquer à proximité et/ou le transport pour s’y rendre. Les options de déplacements offertes sont diversifiées, mais le choix durable demeure la priorité. Par exemple, une prise en charge en voiture électrique à la station de train la plus proche des sites est proposée. 

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Accompagner les visiteurs dans l’adoption de comportements responsables 

L’office de Tourisme Gorges de l’Ardèche – Pont d’arc, en partenariat avec d’autres organisations, a lancé l’Académie des Gorges de l’Ardèche. Classées Réserve Naturelle Nationale Protégée, les Gorges sont les seules en France à permettre aux visiteurs d’y passer la nuit. Or, la région se trouve dans un écosystème fragile. C’est donc pour préserver ce site naturel que l’Académie diffuse une série de vidéos instructives dans lesquelles plusieurs conseils et informations sont partagés. 

Des séjours sans voiture sont également proposés afin que les visiteurs puissent vivre des vacances plus relaxantes, responsables et enrichissantes. Les offres comprennent un itinéraire à vélo, en randonnée pédestre et un itinéraire sur le thème du tourisme lent (slow tourism) 

Intégrer la communauté dans le développement touristique

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, tout développement touristique doit s’appuyer sur les principes durables suivants : 

  • Développer de nouvelles attractions, activités et expériences en se basant sur les ressources, atouts naturels (montagne, forêt, etc.) et culturels (technique artisanale, conception architecturale typique, etc.) intrinsèques au milieu local ; 
  • Obtenir le soutien de la communauté d’accueil, et encore mieux, collaborer avec cette dernière (incluant les résidants) ; 
  • Respecter les valeurs du territoire d’implantation et s’intégrer dans la stratégie touristique de la destination. Dans cette optique, il peut être avantageux de créer des produits à plus grande valeur ajoutée et à moindre impact. 

Des destinations appliquent déjà ces préceptes. En Australie, l’État de la Tasmanie a co-conçu un plan pour l’avenir du tourisme avec et pour la communauté de l’île Flinders de septembre 2021 à septembre 2023. S’appuyant sur les principes du tourisme régénératif, l’objectif de l’initiative The Islander Way est de s’assurer que les visiteurs génèrent des bénéfices positifs pour l’île, ses résidants, son environnement et l’économie locale. Cette collaboration a permis de proposer des projets touristiques ancrés dans la communauté, mais également d’autres initiatives qui permettront une régénérescence en lien avec l’économie circulaire, la gestion des matières résiduelles, la sécurité alimentaire et des actions communautaires. Les initiateurs veillent actuellement à poursuivre cet élan en s’assurant de soutenir les propositions malgré la fin de l’accompagnement à l’automne 2023.  

Vers une démocratisation du voyage responsable  

Le nombre de voyageurs québécois ayant porté des actions dites responsables stagne.  Bien qu’un segment de ces voyageurs soit bel et bien tourné vers le tourisme durable, dans ses valeurs et dans ses choix, il reste que pour la majorité, le passage à l’action n’est pas entamé. 

L’intérêt global envers un tourisme responsable est plus important que jamais, non seulement au Québec, mais aussi ailleurs dans le monde. Selon l’enquête 2023 de Booking.com, 76 % des voyageurs internationaux indiquent vouloir voyager de façon plus responsable au cours des 12 prochains mois. Or, l’aspect économique constitue un frein pour plusieurs. Selon ce dernier sondage de Booking.com, la perception que les options durables sont trop dispendieuses est belle et bien présente pour la moitié de la clientèle internationale.  

Afin que l’augmentation de ce type de voyageurs ne demeure pas une utopie, il faut réellement démocratiser les voyages responsables. L’objectif est d’augmenter la capacité des clientèles à faire des choix durables. Il s’agit donc ici de faire de ces décisions, des décisions par défaut et de libérer les voyageurs de la pression qu’ils subissent pour rechercher et sélectionner des expériences durables. Plus le nombre de produits offerts sera grand, plus les prix diminueront et cette offre deviendra graduellement la norme.  

 

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Gestion Tourisme durable

Un défi pour réduire le gaspillage alimentaire

Le gaspillage alimentaire représente un enjeu de taille pour les entreprises du secteur de la restauration. En plus d’entraîner des pertes monétaires importantes, il contribue à accentuer les effets des changements climatiques.

VisitScotland, en collaboration avec Zero Waste Scotland, a récemment mis de l’avant une initiative visant à soutenir les petits et moyens établissements aux prises avec cet enjeu. D’une durée de quatre semaines, le Food Waste Challenge consiste à réduire au maximum le gaspillage de nourriture, tant les déchets d’assiette, que ceux de préparation.

En s’inscrivant, les participants reçoivent une boîte à outils comprenant les différentes étapes du défi, ainsi que la marche à suivre pour chaque semaine :

– Première semaine: évaluation de la situation selon les données et les informations que détient le restaurant ;

– Deuxième semaine: évaluation de la performance en mesurant la quantité de déchets produits et leur provenance ;

– Troisième semaine: analyse des résultats afin d’identifier les possibilités d’amélioration et de réduction de coûts ;

– Quatrième semaine: élaboration d’un plan d’action pour comparer les coûts et les bénéfices de chaque solution et en évaluer la priorité.

Ils ont aussi l’occasion d’accéder gratuitement à des ressources d’experts en la matière. Les intéressés peuvent également obtenir une balance alimentaire commerciale les aidant à mesurer les quantités de déchets et à déterminer de quels types il s’agit. Au terme du défi, les restaurants participants sont invités à partager leur expérience sur les médias sociaux avec le badge illustrant le passage de l’épreuve.

La destination n’en est pas à sa première initiative en la matière. En 2022, VisitScotland lançait le projet pilote Hospitality Zero avec comme objectif d’aider gratuitement les entreprises du secteur de l’hôtellerie et de la restauration dans leur démarche de réduction des déchets alimentaires. Pour ce faire, l’OGD a fait appel à la société Mabbett pour la réalisation d’un diagnostic servant à évaluer la performance des pratiques en cuisine de six établissements de la région du Grand Glasgow. Les entreprises participantes ont reçu par la suite un plan d’actions ciblées, adapté à chacune d’entre elles.

Hospitality Zero a permis d’identifier des économies potentielles de 26 307 livres sterling (environ 45 000 $) allant de 2 000 à 9 000 livres sterling (3 400 $ à 15 300 $) par établissement ayant pris part au projet. Les solutions envisagées pourraient permettre d’éviter jusqu’à 13,5 tonnes de déchets alimentaires chaque année.

Une telle démarche est de plus en plus nécessaire dans un contexte climatique et économique qui influence le coût des aliments. Serait-ce envisageable au Québec ?

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Produits et activités Tourisme durable

Végétaliser ses installations : le cas du John Ball Zoo

Le parc animalier John Ball Zoo, situé à Grand Rapids, au Michigan, est très engagé dans une approche durable et responsable. Cet OBNL, dont la mission consiste à éduquer et encourager le public à s’impliquer dans la conservation de la nature sauvage, a reçu la certification Gold du système de classement Sustainable Sites Initiatives (SITES) pour l’un de ses secteurs. Cette certification a été rendue possible grâce, entre autres, aux efforts de verdissement du site 

Une approche humaine et verte

La direction du zoo s’impose la règle des 4 P : People, Planet, Profit, Prosperity. Les projets qu’on y développe doivent tenir compte de l’aspect humain et social, de l’environnement, de la santé financière de l’organisation et de sa durabilité dans le temps. L’organisme offre une foule d’activités et de tours spéciaux ainsi que la possibilité d’y tenir des événements privés qui lui permettent de financer, en partie, des projets de conservation et d’accessibilité pour tous. C’est notamment le cas du programme JUMP qui donne aux moins nantis de l’État du Michigan la possibilité de visiter le zoo gratuitement.  

La gestion des matières résiduelles (recyclage et compostage) et de l’énergie (géothermie, éclairage DEL, etc.) fait maintenant partie des bases en matière d’actions durables au John Ball Zoo. Plus récemment, l’organisme a réaménagé certains secteurs afin de les verdir — toitures et murs végétalisés — et ainsi faire place aux bienfaits d’un aménagement où la nature reprend ses droits.  

Un aménagement d’exception

C’est l’habitat des suricates, conçu il y a quelques années, qui a obtenu la certification Gold du système de classement Sustainable Sites Initiatives (SITES). Celui-ci reconnaît les aménagements paysagers durables de qualité exceptionnelle en matière de planification, de design, de construction et d’entretien. Il peut s’apparenter à la certification LEED, mais pour les aménagements extérieurs. Ceux certifiés SITES utilisent notamment moins de ressources par le recours à des composantes recyclées et durables et des matériaux locaux. Le John Ball Zoo est le premier parc animalier dans le monde à recevoir une telle distinction. 

Le secteur des suricates comprend, entre autres, une toiture végétalisée. Celle-ci permet notamment de filtrer et d’absorber les eaux pluviales. Elles sont acheminées vers un bassin puis réutilisées, en partie, pour l’arrosage. Le site comprend aussi des panneaux solaires afin d’alimenter l’éclairage extérieur permettant ainsi de réduire les coûts en énergie. 

Pour le confort de l’animal et le plaisir du visiteur

Tous les standards en matière de confort de l’animal, comme les conditions de lumière naturelle similaire à son environnement habituel, sont rehaussés. On s’assure que les espaces intérieurs et extérieurs soient tempérés. Ce décor apaisant offre des secteurs ombragés, des sites végétalisés et des aires de repos vertes et aérées. Pour ajouter au plaisir des visiteurs, une bulle de plexiglas a été intégrée au décor pour que les enfants puissent imiter le suricate tout en l’observant de près. 

Source : John Ball Zoo 

Comme l’indique le directeur des installations dans la vidéo ci-dessous, ce type de contact avec les animaux peut certainement contribuer à sensibiliser les jeunes à l’importance de conserver la nature et à les maintenir engagés. Il souligne aussi que les sentiers ont été conçus pour être accessibles aux personnes à mobilité réduite, une attention qui ne nécessite pas d’investissements supplémentaires majeurs lorsqu’un processus de réaménagement est déjà en cours.

Les multiples atouts de la végétalisation

En plus du verdissement du secteur des suricates, le zoo dispose de plusieurs murs et toits végétaux. Ces derniers améliorent la performance énergétique des bâtiments qu’ils recouvrent en les isolant du froid l’hiver et des canicules l’été. Ces toits et ces murs sont composés de plantes indigènes qui contribuent à la richesse de l’écosystème et à la conservation des pollinisateurs et des oiseaux. Les installations végétales favorisent aussi la rétention des eaux dans les sols et la capture du carbone. Elles constituent un atout esthétique stimulant pour tous les visiteurs et les employés du parc, étant donné les vertus thérapeutiques et de bien-être que procure le contact avec la nature.  

Source : John Ball Zoo 

Faire valoir les bienfaits

Les employés comme les visiteurs sont informés des efforts déployés par le zoo. Celui-ci transmet d’ailleurs de l’information, notamment à travers son système de signalétique, afin de communiquer les avantages de ses aménagements verts ainsi que certaines autres actions écoresponsables. Il s’agit d’une plus-value pour l’image de l’organisation, et d’une occasion d’inspirer et d’engager les visiteurs dans une voie plus durable. 

Des initiatives payantes 

En plus des toitures végétalisées, plusieurs initiatives ont permis de réduire la consommation d’énergie, comme des ventilateurs-récupérateurs ainsi qu’une installation géothermique. On estime que les coûts en chauffage et en climatisation ont enregistré des baisses de 60 % depuis 2002. Depuis cette même année, la consommation annuelle d’eau est passée de 83 millions de gallons à 20 millions, alors que le zoo a pris de l’expansion.  

Ces résultats incitent la direction du zoo à en faire toujours plus. Elle envisage la carboneutralité d’ici 2030. 

Image à la une : Facebook/John Ball Zoo