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Tourisme durable

Virage durable en pourvoiries: entre attentes et prix

Les nouveaux propriétaires de la pourvoirie de La Doré, dans la région du Lac-Saint-Jean, ont décidé d’investir récemment plus de 400 000 $ dans un parc solaire produisant 40 kW. Cette initiative, couvrant 90 % de leurs besoins énergétiques, leur permettra de réduire leur consommation de mazout de plus de 50 000 litres par an, tout en économisant près de 80 000 dollars annuellement. Ce projet d’une ampleur significative prévoit un retour sur investissement en seulement deux ans. Avec sa superficie totale de 2304 pieds carrés, il s’agit d’un des plus gros parcs solaires hors réseau au Québec.  

Le virage énergétique répond aux attentes de la clientèle, en plus de réduire la pollution sonore. Selon les propriétaires des lieux, les visiteurs européens recherchent une offre plus respectueuse de l’environnement. Avec ce virage, l’objectif est d’attirer ce segment de marché. 

Source : Le Quotidien 

La perception du rapport qualité-prix des projets durables

Outre la notion de prix, la notoriété, le produit, l’expérience client et le positionnement face à la concurrence font partie du concept de « rapport qualité-prix ». Le projet de la pourvoirie de La Doré touche ces cinq concepts. En effet, le changement a eu un impact sur la qualité du produit offert, la notoriété (par les articles, la diffusion de la nouvelle), le positionnement (se distingue des concurrents qui carburent encore au mazout) et l’expérience client (moins de bruit, par exemple). Ainsi, la pourvoirie est désormais en meilleure position pour justifier son prix.  

La pourvoirie représente un exemple intéressant d’entreprise qui réussit à rejoindre les valeurs et les attentes des consommateurs et à changer la perception d’une possible hausse de prix reliée à son investissement. 

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Hébergement Produits et activités

Quand l’hôtellerie invite ses clients à jouer dehors

Aujourd’hui, la demande des clients d’hôtels va au-delà de dormir, manger au restaurant ou se détendre au spa. Des établissements proposent de nouvelles activités et dans certains cas, grâce aux services proposés, les hôtels deviennent des attractions dans lesquelles se rencontre une communauté de visiteurs et de locaux, animés par les mêmes centres d’intérêt. Voilà une nouvelle offre qui parle à une génération de jeunes voyageurs familiers avec le concept de communautés d’intérêts (notamment via les réseaux sociaux), et plus généralement, à une clientèle qui a besoin de tisser à nouveau des liens avec les autres et la nature. 

Miser sur les activités d’aventure pour se démarquer

Des établissements remarquent un véritable appétit des clients pour une expérience collective en plein air. Aux États-Unis, notamment dans le Tennessee et le Wyoming, plusieurs hôtels ont ajouté des excursions et des activités d’aventures à leur offre de services comme la pêche, le canyonisme, la planche à pagaie, la cueillette de plantes comestibles, l’observation de la faune, etc., à l’instar du Reid Creek Lodge (WY). 

Le Southall Farm & Inn à Franklin (TN) propose des activités de fauconnerie, mais aussi du tir à l’arc, des sorties en véhicule tout-terrain, un parcours aérien, de la randonnée et le lancer de hache par exemple. Ces offres distinctives permettent de se démarquer « (…) et inciteront les gens à revenir ou à rester plus longtemps », déclare le propriétaire. 

 Source : southalltn.com 

Le complexe hôtelier BlackBerry Mountain à Walland (TN) a quant à lui intégré des activités guidées. Il offre notamment des circuits en vélo de montagne ou des randonnées d’une à deux heures, en compagnie d’experts locaux. Aussi, un mur d’escalade permet aux clients de tous niveaux de débuter ou de s’exercer à la grimpe.  

En ville : l’exemple d’evo Hotel

Aux États-Unis, evo.com est une plateforme de vente en ligne d’équipements et d’accessoires de sport. L’entreprise, qui gère plusieurs magasins, est également réputée pour ses actions philanthropiques et pour son soutien à de nombreuses associations culturelles et artistiques dans diverses localités. Plus qu’un simple détaillant sportif, evo.com a réussi à bâtir une véritable communauté de passionnés du plein air. Le succès de l’entreprise l’a conduit à ouvrir un campus de 30 000 m2 à Salt Lake City, dans l’Utah, comprenant son premier hôtel. evo hotel est un tiers-lieu urbain pensé et conçu comme un lieu de rencontre et de détente, orienté vers le sport, le plein air et l’art. Le complexe hôtelier comprend ainsi un magasin de torréfaction, de vente d’équipements de sports, de location de ski/planche à neige et de vélo de montagne, un skate park, un mur d’escalade et un toit-terrasse sur lequel se trouve un bar. 

Source : evohotel.com 

Au client qui choisit l’evo Hotel, l’établissement fait la promesse « qu’en plus de dormir dans un hôtel, il fera la rencontre d’une communauté qui a les mêmes passions pour le plein air que lui, un hôtel tourné vers les activités sportives dans et hors de la ville. »  

Un besoin de (re)connexion

Charaf El Mansouri, cofondateur et PDG de Dharma, tour opérateur spécialisé dans le voyage d’affaires en est intimement convaincu «lavenir du voyage est basé sur la passion, et non sur la destination».  

La période post-pandémie révèle un fort besoin de se rencontrer à nouveau, une envie de se créer des souvenirs collectifs et de vivre des expériences que l’on n’a encore jamais vécues. Mme Perdue, du Reid Creek Lodge, explique qu’elle voit de plus en plus de familles voyager en groupe et que, si les activités telles que les soins de spa sont relaxantes, elles sont pratiquées individuellement et ne permettent pas aux groupes de se rencontrer. Elle poursuit au sujet de ces expériences d’aventure « Je le vois comme un désir palpable et intense d’inspiration (…) C’est la liberté de sortir, de courir, de respirer et de ressentir. C’est un désir de revigorer les sens (…) et d’entrer en contact avec des personnes qui sortent de la zone de confort conventionnelle. » 

Le contact avec la nature donne également la possibilité de se connecter au moment présent et offre ainsi un ressourcement individuel.   

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Produits et activités

La progression du mycotourisme au Québec

En septembre 2015, le RVT publiait une analyse concernant l’émergence du mycotourisme au Québec. Près de huit ans plus tard, l’offre touristique en matière d’activités de découverte des produits forestiers non ligneux (PFNL) a-t-elle progressé ? Dans le cadre du congrès de l’ACFAS 2023 s’est tenu le colloque: « Enjeux et défis du développement de l’industrie mycologique au Québec : de la forêt à la table ». Les acteurs et chercheurs du secteur ont fait le point sur l’avancée des connaissances liées aux champignons forestiers au Québec, un volet a été dédié au tourisme. 

Plusieurs Québécois ont entrepris de s’intéresser au contenu des forêts nordiques du territoire durant le confinement et l’engouement persiste. Pour les touristes internationaux, la cueillette de champignons s’avère une activité de choix pour découvrir le terroir. Plusieurs entreprises spécialisées en mycotourisme voient le jour dans différentes régions du Québec et de nouveaux produits tels que le pesto de champignons, les sauces tomates, le café et les infusions font leur apparition sur les tablettes des épiceries fines. D’autres entreprises partagent leur savoir dans le cadre d’activités et de formations, c’est le cas de la jeune entreprise La vie est mush. Celles déjà bien implantées diversifient leur offre en proposant par exemple des trousses de culture contenant différents mycéliums, comme le suggère Violon et Champignons et Les 400 pieds de champignon.  

La structuration de l’offre au Québec 

L’organisation Kamouraska mycologique et la filière mycologique de la Mauricie sont connues pour développer le créneau mycologique depuis plus de 10 ans. La mycologie est maintenant bien présente dans ces régions grâce à la structuration de l’offre sur le territoire ainsi qu’à la mobilisation des différents acteurs qui font rayonner les produits mycologiques de la région. Les retombées générées par cette filière innovante et durable sont multiples, durant le festival des champignons forestiers du Kamouraska, plusieurs commerçants s’allient pour présenter les produits mycologiques de la région à l’aide d’un passeport. Des activités sont proposées durant tout le mois de septembre. La mobilisation des acteurs du territoire demeure le point central pour la réussite d’une stratégie d’implantation de créneau de cette envergure.  

Les nouveaux types de cueillette 

La cheffe Isabelle Dupuis du Presbytère à Saint-Stanislas-de-Champlain propose un panna cotta au bolet à pied creux alors que Pierre-Olivier Ferry de l’Atelier culinaire situé à Mitis-sur-mer sert une crème glacée à l’armillaire couleur de miel. 

D’après le mycologue Yann Perreault, de nombreuses nouvelles variétés de champignons comestibles sont observées au Québec et cela s’explique par les climats et écosystèmes changeants. La variété de produits disponibles dans la province bénéficie aux restaurateurs qui sont en mesure de s’approvisionner localement et d’intégrer de nouvelles saveurs à leurs menus.  

Contrairement à la croyance populaire, il est possible de trouver des truffes dans les forêts québécoises. Lors du congrès, la chercheuse Véronique Cloutier et l’équipe de Truffe Québec ont brossé le portrait des actions mises en place pour faire connaître et valoriser les truffières d’ici. Actuellement, une trentaine de producteurs revalorisent la forêt et bâtissent ensemble la trufficulture du Québec. Concrètement, cela se traduit par la mise en place de truffières sur des terres propices à la culture. Avec les experts de l’organisation, un choix d’arbre (noisetier, chêne, charme, pin par exemple) approprié est fait et la plantation peut débuter. C’est uniquement de quatre à sept ans plus tard que des truffes feront leur apparition ! Les premières truffières implantées au Québec devraient donc voir le fruit de leur effort sous peu. La vision de Truffe Québec s’appuie sur le développement d’une économie qui profitera tant à l’humain qu’à la nature. 

Source: courtoisie de Truffe Québec 

Le fleuve étant un attrait phare du Québec, comprendre la biodiversité fongique dans les écosystèmes fluviaux s’avère une niche d’intérêt pour le développement de nouveaux produits du terroir. L’entreprise Biopterre s’efforce de mieux comprendre cet environnement inhabituel pour les champignons. Bien que les recherches soient actuellement dirigées vers les médicaments et les décontaminants industriels, l’industrie touristique et agroalimentaire pourrait aussi bénéficier de ce savoir-faire en développement. 

Diversifier et éduquer grâce à la mycologie 

Les activités mycologiques, telles que la cueillette guidée, la dégustation et les festivals, s’inscrivent dans une démarche durable. Elles représentent des occasions d’éducation à propos du terroir et des écosystèmes forestiers, directement sur le terrain. Elles permettent également de transmettre les meilleures pratiques de cueillette dans un souci de conservation du milieu. 

L’Abbaye Val Notre-Dame, dans la région de Lanaudière, a intégré le mycotourisme à son offre qu’il qualifie de « forestibles ». L’organisation offre des activités de découvertes mycologiques et d’autres spécimens disponibles dans la forêt environnante. Plusieurs espèces sont transformées et commercialisées sur place, telles que le brocoli d’asclépiade. Pour les gestionnaires de l’Abbaye, la découverte de PFNL en est à ses balbutiements. Les activités de valorisation contribuent à garder vivantes certaines traditions. 

Inspiration internationale 

Dans certains pays, les champignons forestiers sont déjà bien implantés dans l’offre touristique. Certaines régions font des produits PNFL, des produits d’appel intégrés à la proposition touristique régionale. Des régions comme le Piémont en Italie, est notamment dépeinte comme la capitale de la truffe. 

La Pennsylvanie dispose d’une grande diversité de champignons. Au Kennett Square, The Woodlands at Phillips Mushroom Farms présente une exposition relatant le processus de croissance des champignons. Un chef local offre des démonstrations culinaires sur les bonnes méthodes pour apprêter les trouvailles mycologiques des adeptes. La région de Chester jouit du titre de « capitale du champignon ». Le comté possède le plus grand export de champignons aux États-Unis et les retombées sont évaluées annuellement à près de quatre milliards de dollars américains. 

À l’Île-du-Prince-Édouard, « The Fireworks Feast » est une expérience gastronomique débutant par la visite de la ferme ainsi que des espaces de cueillette. Une carte décrivant les sentiers « Art forest & woodland trails » est disponible afin que les visiteurs voient la provenance de certains produits qui se retrouveront ensuite dans leur assiette. The Inn at Bay fortune s’est doté d’un laboratoire vivant permettant de produire des variétés de champignons à quelques pas des cuisines. 

Source : Art forest & Woddland trails

En Colombie-Britannique plusieurs pourvoiries comme Nimmo Bay Wilderness Resort présentent des cours de cueillette sauvage, dont celle du champignon, enseignés par des experts. Il est ensuite possible de déguster les trouvailles au repas du soir. 

Au Mexique, la diversité de champignons est devenue un attrait touristique. Les communautés autochtones partagent des savoirs ancestraux aux touristes et s’assurent aussi de transmettre de précieuses connaissances aux générations futures. Selon certains spécialistes, la valeur de l’industrie mycologique s’élèverait à plus de 250 millions de dollars américains par année et contribuerait à la création directe et indirecte d’environ 25 000 emplois. Les champignons Huitlacoche, parasite que l’on retrouve sur le maïs, sont devenus ce que certains qualifient de truffes mexicaines. 

Au-delà de la cueillette et du partage de connaissance, apprêter ses trouvailles et découvrir leurs saveurs s’avère un volet supplémentaire fort pertinent et attirant pour les touristes locaux et internationaux.  

Le potentiel pour le mycotourisme 

On peut donc conclure que l’offre touristique en matière d’activités de découverte des produits forestiers non ligneux (PFNL) progresse et continue son ascension. La jeunesse de la niche mycologique du Québec en fait un secteur à fort potentiel pour l’agrotourisme. Le mycotourisme se déroulant dans le contexte forestier et mettant de l’avant la cueillette et le partage de connaissances, il ne fait aucun doute que le concept comprend des éléments clés pour un produit touristique de choix. Il s’agit là d’une opportunité certaine de faire rayonner le terroir local, tant les produits que le savoir-faire. 

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Destinations

Accueillir les adeptes de la vanlife

Structurer l’offre

Depuis quelques années, plusieurs régions ont dû composer avec le phénomène de la vanlife et l’affluence de voyageurs en petit VR qui découvrent le territoire en adoptant un mode de vie nomade. Ils séjournent dans des campings, mais aussi ailleurs. Ils apprécient la possibilité de se stationner simplement pour la nuit. Plusieurs entreprises et municipalités du Québec ont entrepris d’accommoder ces voyageurs, monnayant des frais ou non.  

En Outaouais, la MRC de Pontiac a franchi un pas de plus en structurant l’offre afin d’attirer les vanlifers sur son territoire méconnu. Le circuit Route 148, conçu en collaboration avec l’agence de communication Visages Régionaux et la participation d’adeptes de cette formule de voyage, rassemble les composantes essentielles d’un séjour en petit motorisé.  

Source: Destination Pontiac 

Des services clés pour une expérience en van 

Cet itinéraire se déploie de part et d’autre de la route 148, sur près de 150 kilomètres. Il rassemble une vingtaine de haltes VR desservies par des entreprises touristiques qui offrent des espaces de stationnement aux VR motorisés de classe B (4,9 à 6,4 m), monnayant des frais ou non, pour une durée maximale de 48 heures. Le site Web présentant l’itinéraire indique clairement les consignes à respecter sur ces emplacements.  

En plus de ces endroits pour passer la nuit, la carte en ligne (téléchargeable sur appareil mobile) identifie, entre autres, les ressources indispensables d’un parcours en van : 

  • Les stations d’essence ; 
  • Les lieux de ravitaillement en nourriture (restaurants, épiceries et dépanneurs) ; 
  • Les sites permettant de découvrir les saveurs de la région : fermes agrotouristiques, microbrasseries, etc. ; 
  • Les activités culturelles, de plein air et d’aventure. 

Testé par les principaux intéressés

Afin de promouvoir l’itinéraire auprès de la clientèle cible, l’équipe de Visages Régionaux s’est jointe au producteur de contenu Web, Dom, pour sillonner la Route 148 et en faire des épisodes diffusés sur la chaîne YouTube Vanlife Sagas. Ils ont aussi invité des adeptes et influenceurs pour la parcourir avec eux. L’un de ces participants est le chef et entrepreneur québécois bien connu, Ricardo, converti à la vanlife depuis peu (voir vidéo ci-dessous). Chaque épisode fait découvrir des aspects de la route et met en vedette la région et les activités qu’on peut y pratiquer.  

Une approche inspirante

En plus de donner une belle vitrine à cette région peu connue et aux entreprises locales, cette initiative démontre qu’il est possible d’encadrer une pratique de façon proactive et pour le bénéfice de tous. 

Image à la une : Facebook Destination Pontiac

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Produits et activités

Connexion à la nature : multiplier les occasions

L’exposition à la nature permettrait, entre autres, de réduire le rythme cardiaque, la pression artérielle, le stress et l’anxiété. À son contact, l’humain serait plus calme et en sortirait même détendu et plus productif. Ces bienfaits sur la santé physique et mentale ont été démontrés par la communauté scientifique.  

Comment favoriser cette connexion ?

L’engouement pour le plein air ne repose pas seulement sur ses propriétés préventives et curatives. Jouer dehors apporte son lot de joie. La beauté de la nature et des paysages figure parmi les premières motivations de voyage. Ce n’est donc pas surprenant d’observer une fréquentation à la hausse des parcs et sites de plein air, mais aussi de voir l’offre se déployer sous différentes formes. Voici, en rafale, des pratiques et initiatives inspirantes qui favorisent une connexion avec la nature.  

Se laisser guider par les autochtones dans l’interprétation de la nature

Le tourisme autochtone offre de belles façons de découvrir, non seulement la culture de leurs peuples, mais aussi leur relation avec le territoire. Des communautés du Québec proposent des expériences d’observation de la faune et de la flore. Des guides autochtones accompagnent aussi les voyageurs à la pêche et évoquent les méthodes ancestrales. Par des randonnées en forêt, ils démystifient l’usage de certaines plantes comestibles ou médicinales présentes sur le parcours.  

Source: © Alexis Pageau Tourisme Autochtone Québec  

Se nourrir de la forêt

De plus en plus de destinations font la promotion des activités liées aux produits forestiers non ligneux, soit des produits biologiques issus de la forêt, autre que le bois d’œuvre. L’organisation de gestion de la destination Travel Oregon invite ainsi les amateurs de champignons sauvages à se joindre à des tours guidés dans les parcs d’État ou encore de s’adonner à cette pratique de façon autonome, à l’aide des outils de planification et d’interprétation qu’elle partage. En Finlande, découvrir la nature passe aussi par la cueillette de champignons et de baies sauvages présentes en grande quantité. 

Source : Travel Oregon

Affronter les forces de la nature

Les concepteurs d’hébergement de plein air créent depuis plusieurs années des expériences immersives grâce à un design intégré au paysage. Une fenestration abondante et une empreinte écologique minimale figurent souvent parmi les composantes de ce type d’hébergement. En Norvège, la cabine Dosabu illustre bien cette idée d’immersion. Situé à flanc de falaise, ce refuge accueille les randonneurs en leur offrant une vue spectaculaire sur la mer, surtout lorsque les éléments se déchaînent. Cette cabine fait partie du Stormwatching Concept qui invite les visiteurs à prendre part à des tours guidés pour vivre pleinement, de façon sécuritaire, un événement météo intense, mais courant dans la région. 

Source: © Ian Aannevik Fjord Norway 

Se plonger dans l’eau froide

La baignade en eau froide, une pratique surtout observée dans les pays de l’Europe du Nord, gagne en popularité au Canada. Malgré la violence du choc thermique, cette activité aurait plusieurs effets positifs sur la santé physique et psychologique des adeptes, du moins selon les convertis. Des communautés de baigneurs en eau froide se seraient créées durant la pandémie, notamment en Colombie-Britannique. Les membres se rencontrent habituellement une fois par semaine sur une plage ou une baie désignée. Vêtus d’un maillot de bain, d’un bonnet et parfois de mitaines, ils s’immergent dans l’eau pour quelques minutes et en ressortent complètement revigorés.  

Source : Unsplash

Télétravailler en nature

Afin d’inciter les travailleurs à profiter des bienfaits de la nature, la Ville finlandaise de Lahti a fait installer, à l’automne 2021, cinq stations de télétravail dans des boisés. L’opération s’est révélée positive puisque l’offre s’est étoffée pour l’année suivante. Dans le même ordre d’idée, et pour élargir sa clientèle, l’OGD de la Suède a développé un microsite pour promouvoir des lieux propices à un séjour de workation. Visit Sweden donne ainsi une vitrine à plusieurs sites qui détiennent une bonne connexion WiFi dans ou près de la nature. 

Source: Green Lahti 

Se connecter aux grands espaces pour mieux les protéger

Enfin, plusieurs destinations tablent, entre autres, sur l’immersion en nature et le bien-être qu’elle procure. Certaines l’illustrent très bien. C’est notamment le cas de la Colombie-Britannique avec sa campagne BC Effect, de Outer Hebrides, un archipel au large de l’Écosse, avec la campagne Warm Your Soul ou encore de la Norvège dont l’amour du plein air est connu. 

S’adonner au plein air a également un impact sur sa protection. Selon le Dr Lem, directrice du projet de prescription de temps en nature PaRx, la recherche démontre que les adultes et les enfants qui fréquentent la nature sont plus enclins à vouloir la protéger et à adopter des comportements écoresponsables. Le Québec a tout en main pour déployer ses offres d’immersion en nature et ainsi procurer des bienfaits à sa population, à ses visiteurs ainsi qu’aux milieux d’accueil.  

Image à la une : Unsplash 

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Hébergement Tourisme durable

Tourisme social au cœur de Portneuf

Offrir un hébergement qui génère des revenus suffisants pour assurer la pérennité de sa mission sociale tout en soutenant sa communauté ; voilà ce que le projet de tourisme solidaire du camp Portneuf propose ! 

Répondre à des besoins

Depuis plus de 75 ans, la mission du camp Portneuf, situé dans la région de la Capitale-Nationale, est d’« offrir des programmes d’activités de plein air aux enfants et aux familles axés sur le développement de la personne et l’expérience de la vie de groupe en milieu naturel, et conserver l’accessibilité des camps aux familles ». Plusieurs programmes et activités communautaires soutiennent cette mission tels que l’accueil des familles moins favorisées et l’inclusion des jeunes à besoins particuliers. 

Au fil des années, il était de plus en plus difficile de concilier la mission du camp et un modèle d’affaires. Il devenait impératif de trouver des solutions pour assurer le financement de l’organisation. C’est alors que la direction générale, Olivier Lauzon, et son personnel ont mis en place un projet de tourisme social avec la construction de six yourtes quatre-saisons prêtes à camper entre septembre 2020 et juillet 2021. Cette idée arrivait à point, puisqu’il y avait aussi une volonté du milieu de développer le volet récréotouristique et d’hébergement de la grande région de Portneuf. 

Les yourtes sont offertes à deux types de clientèles : 

– La clientèle touristique : les revenus nets provenant de la location de yourtes sont ensuite versés dans un fonds d’accessibilité. 

— La clientèle bénéficiant du fonds d’accessibilité : enfants et familles à faibles revenus, organismes, personne seule.   

Source: Camp de Portneuf. Crédit Simon Laroche 

Plusieurs partenaires majeurs tels que la MRC de Portneuf et la ville de Saint-Raymond ont apporté leur soutien financier au camp. M. Lauzon est particulièrement fier de la capacité de son organisation à porter ce projet et de la mobilisation qu’il a créée dans la région.  

Retombées : des chiffres et des étincelles dans les yeux

C’est une belle opportunité d’offrir du répit et des moments de bonheur à des familles qui ont rarement la chance d’avoir des vacances.  

Les revenus tirés des hébergements ont permis de créer un fond d’accessibilité. Pour les deux premières années, 20 000 $ fut remis en aide financière aux participants des projets d’intervention. 43 enfants, 9 familles et 2 organisations furent soutenues. Au-delà des chiffres, M. Lauzon explique qu’il est très satisfaisant de voir des jeunes profiter du plein air, souvent pour la première fois. C’est une belle opportunité d’offrir du répit et des moments de bonheur à des familles qui ont rarement la chance d’avoir des vacances.  

Le camp Portneuf a remporté le prix Excellence développement et innovation 2022 dans la catégorie camp de vacances ou camp familial certifié lors du congrès de l’Association des camps du Québec. Une belle reconnaissance des pairs. 

Le futur du projet : petite yourte va loin

Le projet a le vent dans les voiles. D’autres offres d’hébergements seront ajoutées sur le site pour assurer une stabilité et une autonomie financière en soutien aux nombreux programmes sociaux qui ne cessent de croître au camp.  

La prochaine étape sera de s’intégrer davantage dans l’offre touristique de la région et de créer des partenariats avec l’industrie. D’ailleurs, le développement d’une seconde image de marque plus récréotouristique est en cours de production.  

Le camp Portneuf est un bon exemple d’organisation qui a su trouver une manière d’assurer sa pérennité en ayant accès à de nouveaux marchés et en développant le tourisme social dans sa région. Qu’en pensez-vous ? 

Image à la une  : Camp de Portneuf. Crédit Simon Laroche

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Produits et activités Segments de clientèles

Quatre tendances en camping

L’entreprise de terrains de camping KOA publiait récemment les résultats de la vaste enquête annuelle menée par Cairn Consulting Group sur la pratique de cette activité. En tout, 4100 ménages (2900 américains et 1200 canadiens) ont été interrogés sur leurs comportements de pratique en 2022 et à propos de leurs intentions pour 2023. Voici quatre tendances inspirées des constats énoncés dans ce rapport, et formulées également en regard d’autres études et données sur le sujet. 

1.Une clientèle qui se diversifie

Le camping a gagné de nouveaux adeptes depuis la pandémie. Les bénéfices qu’il procure, dont la connexion avec la nature et le sentiment de liberté, se sont révélés extrêmement séduisants, particulièrement durant les périodes de confinement et de restrictions de voyage. Une bonne part de ces nouveaux adeptes sont tombés sous le charme et comptent bien intégrer le camping à leurs traditions. 

De nouveaux adeptes

Selon les données de KOA, le nombre de nouveaux adeptes était en baisse de 2017 à 2019, passant de 2,8 millions à 1,7 millions de ménages américains respectivement. Mais le contexte particulier de 2020 a incité plus de 10 millions de ménages américains à essayer le camping. D’autres se sont ajoutés en 2021 et 2022.   

Pour le Canada et les États-Unis regroupés, le nombre de ménages qui s’identifient comme « campeur », qui campent à l’occasion, si ce n’est pas chaque année, est passé de 82 millions (2019) à 92 millions en 2022. Il est même monté à près de 94 millions en 2021. On explique cette légère diminution par le retour aux habitudes prépandémiques (séjours à l’hôtel ou encore voyages internationaux) qui aurait causé une désaffection d’une certaine part des nouveaux campeurs. 

La majorité de ceux qui sont les plus enclins à poursuivre la pratique : 

  • Ont essayé un VR pour la première fois (58 %) ; 
  • Ont fait du télétravail en camping (57 %) ; 
  • Aiment passer du temps dehors (54 %) ; 
  • Font partie de la génération des millénariaux (nés entre 1981 et 1996) (53 %).

Source: Pexels 

La génération Z 

Parmi ces nouveaux ménages de campeurs, les 2/3 comprennent un individu de moins de 42 ans et le tiers inclut au moins une personne âgée entre 18 et 25 ans. Au Canada spécifiquement, la génération Z (âgés entre 12 et 25 ans) forme 18 % des campeurs (contre 8 % en 2021). 

Pour le Canada et les États-Unis réunis, près de la moitié des jeunes de la génération Z qui campent au moins trois fois par année estiment que d’avoir fait du camping durant leur adolescence leur a appris à apprécier le temps passé en famille et avec des amis en plein air.  

Les « urbains » 

Au cours des trois années de pandémie, un grand nombre de ménages habitant en milieu urbain se sont mis au camping. Ceux-ci ont adopté cette activité et planifient en faire davantage en 2023. Ils dépensent plus que les autres lorsqu’à destination et reconnaissent les bénéfices sur leur santé mentale. Les voilà convaincus. 

Les communautés culturelles 

Plus de la moitié des nouveaux ménages de campeurs, tels qu’identifiés par KOA, sont issus des communautés hispanophone, noire, asiatique ou d’autres origines ethniques. Mais ceux-ci sont à risque de décrocher (entre 38 % et 53 %), pour diverses raisons. Le premier obstacle constitue le sentiment d’insécurité en camping (33 % parmi les hispanophones et 37 % chez les campeurs noirs). Un autre élément qui pourrait nuire au retour de ces campeurs est le fait d’avoir expérimenté de l’inconfort en plein air. Une majorité de campeurs noirs, et près de la moitié de ceux d’origine hispanique et asiatique ont vécu une expérience inconfortable ou même dangereuse pendant qu’ils étaient en plein air.  

Il y a donc lieu de prendre en compte ces facteurs pour mieux accueillir et informer ces clientèles afin qu’elles bénéficient d’expériences positives. L’initiation au camping à un jeune âge favorise la pratique à plus long terme. Les enfants de ces nouveaux pratiquants constituent donc une relève à considérer. 

2.Une multiplication des types de pratiques

Aux types de pratique traditionnelle que sont la tente et le VR, s’ajoute chaque année depuis au moins 15 ans une déclinaison d’offres de glamping, soit du prêt-à-camper et du camping en cabines et en hébergement insolite. Plus récemment, la vanlife a suscité l’intérêt de nouveaux adeptes. Dormir à la belle étoile dans un hamac rejoint aussi de plus en plus de campeurs, plus aventuriers et minimalistes. Aujourd’hui, l’expéditionnisme (overlanding), soit le camping en autonomie, sans service, en véhicule utilitaire sport, se répand, surtout aux États-Unis. Les plus friands de nouvelles expériences sont tentés d’essayer l’une ou l’autre de ces différentes approches du camping. 

Forte poussée du glamping

Au cours des trois dernières années, 28 % des campeurs sondés par KOA ont fait du glamping. Ils sont près de 40 % à souhaiter s’y adonner en 2023 (versus 25 % l’année dernière). Au Québec, cette forme d’hébergement est aussi en forte progression. Selon les données de Camping Québec, le nombre d’unités de prêt-à-camper* a crû de 130 % depuis 2016, passant de 1 767 à 4 069 unités. Les données du ministère du Tourisme recueillies par l’Institut de la statistique du Québec indiquent elles aussi un fort engouement pour ce mode d’hébergement. En cinq ans, alors que l’offre disponible en juillet a crû de 54 %, la fréquentation, elle, a augmenté de 63 %. Donc les options se multiplient, ainsi que la demande (voir le graphique ci-dessous).  

*Un prêt-à-camper, comme considéré par Camping Québec, consiste en une structure installée sur plateforme, sur roues ou directement au sol, et pourvue de l’équipement nécessaire pour y séjourner, incluant un service d’autocuisine. 

En quête d’expériences hors des sentiers battus 

Dans un autre registre, de nombreux campeurs sont interpellés par des aventures en milieu éloigné. Au cours des trois dernières années, 20 % des répondants à l’enquête de KOA ont fait de l’expéditionnisme (overlanding). Près d’un campeur sur trois souhaite l’essayer en 2023 (comparativement à 23 % l’année dernière). Ce phénomène semble véritablement l’ampleur et s’observe notamment par lintérêt porté pour des équipements tels que les tentes de toit

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3.Du WiFi et du télétravail en camping

La moitié (!) des campeurs canadiens sondés par KOA indique avoir télétravaillé durant leur séjour en camping ; 44 % dans le cas des Américains. Une connexion fiable permet de rester en contact et de voir à ses obligations, le cas échéant. Globalement, 40 % des répondants estiment qu’un bon accès au WiFi les influence à camper davantage. Cette proportion a gagné 19 points de pourcentage par rapport à 2017. 

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4.À la recherche de nouvelles expériences et de bonne bouffe !

Pour 2023, les campeurs ont soif de découvertes. Il peut s’agir de tester un nouveau type de camping ou d’essayer une activité. En moyenne, les répondants de KOA espèrent vivre trois nouvelles expériences. Les plus convoitées sont : 

  • Assister à un événement naturel unique (ex. éclipse, migration d’animaux, pluie d’étoiles filantes.) : 40 % 
  • Prendre part à des expériences culinaires, faire du tourisme gastronomique : 36 % 
  • Visiter de petites villes : 31 % 

L’attrait de la nourriture interpelle un grand nombre de campeurs. Plus de quatre répondants sur dix de l’étude de KOA estiment important qu’un camping aménagé offre un service de restauration. Plus de la moitié s’attendent à ce que celui-ci soit de qualité dans le cas où ils s’adonnent au glamping. Sinon, un accès à de bons produits alimentaires locaux constitue déjà une base qui saura séduire les campeurs gourmands qui cuisinent à leur emplacement.  

Le camping, c’est sacré

La majorité des campeurs sondés par KOA estiment que le camping constitue une façon peu coûteuse de voyager dans un contexte économique défavorable. Quelque 38 % mentionnent que même si la situation se dégrade, ils vont continuer à camper et plutôt couper dans d’autres types de séjours.  

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Gîtes et auberges : sur quoi miser ?

Les gîtes et les auberges ont plusieurs atouts (lire aussi : Les gîtes : comment mettre en valeur vos atouts) qui les différencient des hébergements collaboratifs, leurs grands rivaux. Cependant, leur présence en ligne demeure un défi majeur à ne pas négliger.  

Une enquête menée par la Chaire de tourisme Transat en novembre dernier révèle que 66 % des voyageurs québécois, ayant effectué un séjour d’une nuitée au Québec à l’été 2022, ont séjourné dans un établissement hôtelier (hôtel, motel, auberge ou gîte). Parmi ces répondants, près de 50 % ont réservé leur nuitée directement sur le site Web de l’établissement, tandis que 39 % ont utilisé une plateforme de réservation en ligne, comme Booking.com.  

Les hôtes auraient donc tout intérêt à être agiles sur le Web, notamment pour attirer une clientèle élargie, mais aussi pour se faire remarquer. Cela dit, dans une ère où les consommateurs sont exigeants et où la personnalisation du service prend de l’ampleur, il est judicieux d’innover pour se démarquer, tout en s’appuyant sur ce qu’on fait de meilleur.  

L’authenticité… un gage de réussite 

Les clientèles sont de plus en plus à la recherche d’expériences ancrées dans le territoire : elles veulent connaître les spécialités du coin ainsi que la communauté locale et ses coups de cœur. Cet aspect concorde avec la montée en popularité du tourisme lent (lire au si : L’évolution du Slow Travel ) : les voyageurs souhaitent aller à la rencontre des résidants, comprendre leur mode de vie et même nouer des liens avec eux. 

L’implication de l’hôte concorde avec cette quête ; son rôle d’ambassadeur de la destination lui permet de conseiller des lieux moins connus ou des activités authentiques et d’ainsi participer au développement touristique de sa région.  

Le cas de la Route des Pingouins 

La Route des Pingouins est un regroupement de gîtes et d’hôtels restaurants à prix abordables, longeant la Côte nord Finistère et les îles de Molènes et d’Ouessant, en Bretagne. Les hébergements sont situés dans d’anciens lieux patrimoniaux ou municipaux, valorisant ainsi l’identité bretonne. » 

L’objectif du fondateur était de redynamiser la côte en aménageant des lieux au profit des habitants et des touristes, en créant des emplois et en bâtissant des partenariats avec les entreprises limitrophes.   

Plusieurs établissements ont une vocation pédagogique permettant aux visiteurs d’en apprendre plus sur les savoir-faire régionaux. Par exemple, les chambres du gîte Les Pingouins du Phare, une ancienne école de pêche entièrement restaurée, ont été décorées avec l’aide du musée de Plouguerneau. Elles font revivre la vocation initiale du lieu en mettant en scène les métiers de pêcheur et de goémonier (personne spécialisée dans la récolte des algues marines).  

Source: La Route des Pingouins 

Le plein air… encore et toujours

Être implanté en milieu rural ou à proximité d’espaces naturels est un atout pour attirer les clientèles de plein air.

L’enquête de la Chaire de tourisme Transat révèle que 59 % des voyageurs québécois ont participé à une activité de plein air à l’été 2022. Être implanté en milieu rural ou à proximité d’espaces naturels est donc un atout pour attirer ce type de clientèle. Voici quelques astuces pour séduire les amateurs de tourisme de nature : 

– Travailler de pair avec les prestataires d’activités de plein air ou les parcs avoisinants pour proposer une offre complémentaire ;  

– S’intégrer dans des circuits ou des routes (longue randonnée, vélo…) (lire aussi : La randonnée de longue distance gagne du terrain) 

– Offrir, ou s’affilier à un organisme qui offre le prêt ou la location d’équipements de plein air (vélo, ski de fond, raquette…) ; 

– S’afficher auprès des clientèles de plein air. Par exemple, adhérer à la certification Bienvenue cyclistes ! ou Bienvenue randonneurs (pour les établissements des Cantons-de-l’Est et des Îles-de-la-Madeleine). 

Le cas de Destination Parcs 

Destination Parcs est une nouvelle plateforme développée par la Fédération des parcs naturels régionaux de France, en partenariat avec l’opérateur Odysway et l’incubateur Slow Tourism Lab. Elle permet la visualisation et la réservation de voyages en immersion dans la nature et valorise le patrimoine immatériel du territoire. Les expériences proposées sont jumelées à un gîte ou une auberge. Une description de l’hôte, de l’hébergement et des services offerts est fournie aux voyageurs.   

Source: Destination Parcs 

L’achat local… un intérêt grandissant

L’enthousiasme pour les produits locaux ne dérougit pas. Depuis 2020, les marques québécoises ont enregistré une hausse de 17 % des ventes en supermarché, selon un rapport de NielsenIQ publié en mai 2022. Par ailleurs, l’étude de la Chaire indique que plus du quart (28 %) des voyageurs québécois ont effectué une visite agrotouristique (ferme, marché de producteurs, autocueillette…) à l’été 2022.  

Comment les petits hébergements peuvent-ils profiter de cet engouement et potentiellement se positionner comme une adresse gourmande ? Voici quelques astuces : 

– Établir des partenariats avec les producteurs du coin (proposition d’expériences mixtes ou de forfaits) ; 

– Valoriser des aliments frais, locaux et de saison au menu du restaurant de l’établissement ;  

– Vendre certains produits provenant des récoltes des agriculteurs de la région ou ses propres créations culinaires (confitures, pains…). 

Le développement durable… évidemment  

Les clients s’informent et s’interrogent de plus en plus face aux démarches durables mises en place dans les lieux qu’ils fréquentent. En ce sens, il est nécessaire de bien communiquer (lire aussi : Comment communiquer ses actions responsables ses clients ?) ses actions aux clientèles via un médium accessible, soit un site Web ou directement sur place à l’oral ou au moyen d’affiches. Lorsque bien établies, ces stratégies peuvent aider à se différencier de la compétition, à fidéliser des clientèles ainsi qu’à améliorer son image, sa réputation et sa compétitivité.  

Par ailleurs, diverses plateformes alternatives aux grands réseaux de distribution voient le jour et mettent en valeur les plus petits joueurs ayant des visées environnementales. C’est notamment le cas de MooVert qui indique aux voyageurs le niveau d’écoresponsabilité, d’authenticité, de contribution au développement local et patrimonial, de confort et de services des établissements affichés sur l’interface.    

Source: MooVert 

Les gîtes et les auberges sont en mesure de répondre à un besoin qui prend de l’ampleur ; celui de vivre des expériences authentiques et porteuses de sens après une période qui nous en a privés (lire aussi : Cahier Tendances 2023) 

Saurez-vous miser sur l’une ou l’autre de ses démarches au sein de vos opérations ?  

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Produits et activités Segments de clientèles

Promouvoir les itinéraires de longue randonnée 

Envisager une randonnée sur plusieurs jours nécessite une bonne préparation. Celle-ci peut s’avérer laborieuse, surtout si les outils sont déficients. Dans le cas contraire, la planification devient plaisante. Elle permet de sécuriser le randonneur dans l’organisation de son aventure en l’aidant à prévoir les étapes et à visualiser son séjour, ce qui contribue même à l’excitation entourant ce type de projet.  

Que veulent les randonneurs ?

La randonnée fait partie des principales activités de plein air des voyageurs. Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), cette clientèle se décline en trois catégories de randonneurs : les promeneurs, les occasionnels et les aguerris. Voici un tableau rassemblant les principales caractéristiques recherchées par les deux derniers segments, soit ceux qui correspondent à la clientèle cible des longs itinéraires. Rappelons qu’une longue randonnée se déroule sur une période d’au moins deux jours et comprend une nuitée et plus. 

Outiller pour bien planifier

Un portail Web réunissant l’ensemble de l’offre associée au projet facilitera la planification du séjour. Cette plateforme doit permettre de visualiser l’intégralité de l’itinéraire, mais aussi chacune des étapes ainsi que certaines informations comme la durée, le nombre de kilomètres, le niveau de difficulté, les services de santé à proximité, l’offre d’hébergement, les restaurants et épiceries, etc. Voici l’exemple des Baltic Trails.  

Il s’agit de deux itinéraires de longue randonnée (Baltic Coastal Hiking: 1419 km et Baltic Forest Hiking : 2141 km) qui traversent chacun la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie. Le site Web comprend une foule d’informations bien organisées, dont de nombreuses photos des différentes sections, le type de sol, le niveau de difficulté, une carte avec les éléments d’intérêt et les services. On y trouve aussi la possibilité d’exporter les données des cartes (GPX) vers une application comme Google Maps. 

Source: Baltic Trails 

Bienvenue randonneurs 

Les voyageurs des Baltic Trails peuvent aussi choisir de dormir dans des établissements d’hébergement certifiés Hiker Friendly. Cette accréditation exige des organisations qui y adhèrent de répondre à des critères bien précis pour accueillir adéquatement les randonneurs. Parmi ces exigences, mentionnons : 

  • Mettre en évidence les informations concernant les itinéraires de randonnée à proximité. Celles-ci doivent inclure la longueur, le niveau de difficulté, le temps moyen pour le compléter, etc. ; 
  • Indiquer les lieux permettant de recevoir des soins de santé ; 
  • Donner l’accès à de l’eau potable et à Internet ; 
  • Dans le cas des établissements d’hébergement, offrir un lieu séparé de la chambre pour laver et sécher les vêtements et les chaussures ;  
  • Aider le randonneur qui le souhaite à réserver son prochain hébergement. 

Source: Baltictrails.eu 

Soulignons qu’un tel type de certification est également déployé pour les hébergements des régions des Cantons-de-l’Est et des Iles de la Madeleine. Dans les deux cas, ils affichent le label Bienvenue randonneurs 

Partir à la découverte de soi

Dans le cas spécifique d’un randonneur qui envisage de parcourir un itinéraire de longue distance, les motivations peuvent être profondes, surtout s’il s’agit d’un projet de plusieurs semaines. Des chercheurs se sont déjà penchés sur la question. Un article publié dans Leisure Studies en août 2022 rappelle que les expériences en plein air sont souvent motivées par l’amour de la nature, le défi physique et athlétique, mais aussi par le besoin d’introspection. Les auteurs affirment même qu’un séjour de longue randonnée peut jouer un rôle dans la découverte et la définition de soi et peut provoquer des transformations personnelles.  

Dans cette optique, la diffusion de vidéos et le partage d’expériences de terrain permettent au futur marcheur de mieux saisir le type d’aventure qui l’attend, de se familiariser avec l’environnement, les défis, l’itinéraire en général ou encore d’obtenir des astuces et des conseils qui peuvent s’avérer très utiles et sécurisants. Ainsi, une présence sur les médias sociaux, une offre de voyages de familiarisation pour les médias et le recours à des blogueurs/influenceurs crédibles qui parcourent le trajet pourraient faire partie de la stratégie de communication. Voici l’exemple d’une randonneuse ayant documenté son expérience sur l’Appalachian Trail. 

Célébrer les itinéraires 

Des festivals de randonneurs animent plusieurs itinéraires mythiques chaque année. Voilà une belle façon de rassembler la population locale ainsi que les adeptes de plein air et de promouvoir la destination. Le Pacific Crest Trail Days, qui se déroule en août dans une petite municipalité de la Columbia River Gorge en Oregon, invite les participants à des compétitions amicales. C’est aussi l’occasion pour les détaillants d’équipement de plein air de présenter leurs nouveaux produits. 

Source: pctdays 

Interpeller tous les randonneurs

Marcher pour découvrir le territoire constitue certainement l’une des façons les plus durables de faire du tourisme. Bien que ce soient les plus aguerris qui s’engagent dans une expédition sur plusieurs jours, le tourisme de marche peut rejoindre un bassin de clientèle non négligeable en misant aussi sur les randonneurs occasionnels. Les itinéraires avec un dénivelé peu élevé conviennent à une clientèle élargie. Relever un défi, marquer un passage important de la vie, renforcer les liens avec un proche… Toutes les raisons sont bonnes pour se lancer dans une telle aventure !  

Lire aussi : La randonnée de longue distance gagne du terrain

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Segments de clientèles

S’ouvrir aux communautés culturelles

Les données de Statistique Canada indiquent que plus de 80 % de la croissance démographique au pays est attribuable à l’immigration. La population canadienne est multiculturelle et cette caractéristique doit être considérée dans nos façons d’interagir avec elle. Aux États-Unis, de nombreux organismes de plein air souhaitent attirer davantage les communautés culturelles sur leurs sites. Ils le font pour agrandir leur bassin de clientèle, pour les sensibiliser à la protection de la faune et de la flore, mais aussi pour favoriser leur adhésion aux activités de plein air. 

Un changement de culture

Au Willamette Valley National Wildlife Refuge Complex, en Oregon, cette préoccupation a mené à des gestes concrets et à des résultats porteurs. Quelque 320 000 visiteurs fréquentent annuellement ce réseau. Bien que la population avoisinant ces sites naturels soit composée à 25 % de personnes d’origine latino-américaine, elles sont très peu visibles dans ses sentiers. Les gestionnaires du réseau de parcs souhaitent pourtant offrir une expérience qui interpelle l’ensemble de la communauté. 

En 2015, l’équipe lance le Hispanic Outreach Program. Celui-ci comprend, entre autres, la traduction en espagnol des contenus sur le site Web et aux différents points de contact. Il prévoit aussi le développement des connaissances à propos de cette population afin de s’adresser à elle de façon adéquate. Déjà, la première année de mise en application du plan a permis d’établir quelques constats de base : 

  • Utiliser les bons termes :  
    • Plutôt qu’« Hispanic », le terme « Latino » est plus inclusif de l’ensemble de la communauté ; 
    • Le nom du programme a été changé pour Latino Engagement Program afin de favoriser « l’implication » des personnes d’origine latino-américaine plutôt que simplement les « rejoindre ». 
  • La personne responsable du projet observe qu’il s’agit d’une approche, plus que d’un programme. Les actions déployées doivent être intégrées à la gestion de l’organisme de façon continue. C’est un changement de culture. 

Créer des liens

Pour la suite, l’organisme a engagé une coordonnatrice d’origine latino-américaine afin de déployer le plan. La jeune femme, une adepte du plein air qui ne connaissait pas l’existence de ce réseau de refuges, correspondait au profil de la clientèle cible.   

Selon cette coordonnatrice, le succès de la démarche repose sur une participation à des événements avec des leaders de la communauté latino-américaine. Le bouche-à-oreille constitue une importante source d’informations pour ses membres.  

Plusieurs ateliers et activités bilingues (anglais-espagnol) ont aussi été développés ou bonifiés afin de créer des liens : avec le milieu scolaire, avec des groupes de femmes, dans le milieu des affaires, etc. L’événement Winter Wildlife Field Day a suscité de l’intérêt parmi la clientèle hispanophone. Cette activité bilingue a pris de l’ampleur au fil des années. Alors qu’elle se déroulait sur une seule journée en 2015, l’édition 2023 s’est étendue sur tout le mois de mars.

Source: Willamette Valley National Wildlife Refuge Complex/Facebook 

La diversité engendre la diversité

On compte d’ailleurs aujourd’hui quelque 26 bénévoles d’origine latine qui se sont greffés au groupe pour mener à bien cet événement hivernal, ainsi que pour de nombreux autres. On remarque aussi beaucoup plus de personnes de la communauté latino-américaine qui fréquentent régulièrement les refuges. Les commentaires provenant des visiteurs sont très positifs. Le seul fait qu’il y ait une démarche à l’intention de cette communauté favorise sa venue ; il démontre une volonté à ce qu’elle se sente la bienvenue.  

La mise en place de cette approche et des changements de fonds qu’elle exige ont aussi entraîné un effet auquel on ne s’attendait pas. Cette ouverture sur la différence, notamment à travers les équipes de travail et des représentations marketing, a fait place à une clientèle encore plus diversifiée (origines asiatique, russe, etc.). On observe donc un effet boule de neige. Comme quoi la diversité entraîne la diversité.  

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.