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Les NFT au service des compétitions sportives

Le Web 3.0 a la particularité d’interconnecter les données entre elles de manière décentralisée. Ces dernières années, les consommateurs comme les entreprises y font leurs premiers pas en expérimentant de nouvelles opportunités. Les NFT (Non-fungible token, ou jeton non fongible en français) consistent en un objet numérique (image, contenu vidéo ou audio) unique et authentique. L’information de cet objet est cryptée sur la blockchain sous forme de jeton. Un client peut acheter des NFT (avec ou sans cryptomonnaie) et obtenir des privilèges à titre de détenteur. Si cette technologie semble encore un produit de niche, certaines organisations de gestion de la destination (OGD) n’hésitent pas à l’utiliser pour créer de nouveaux liens avec les publics. 

À l’occasion de la coupe du monde de kitesurf freestyle en août 2023, l’OGD a mis en vente une collection de 20 NFT en collaboration avec l’agence Wytland et l’artiste Mikko Umi. Sous le thème du vent, ce fut l’occasion de valoriser son offre de nautisme et de plaisance.  

Au coût de 59 euros (environ 85 dollars canadiens), les NFT sont divisés en quatre catégories. Chacun donne au propriétaire l’accès à différents services et expériences exclusifs sur le territoire pendant la coupe du monde. Les voici :  

  • Les NFT oranges et bleus : permettent d’accéder à une activité nautique ainsi qu’à des offres d’hébergement et de restauration ;
  • Les NFT verts, dits « VIP » : donnent accès à plusieurs activités, à des locations, à des réductions et à des entrées dans des lieux culturels en plus d’offres sur l’hôtellerie et la restauration ;
  • L’unique NFT rose, aussi intitulé « le NFT légendaire » : offre à son acquéreur de passer une nuit dans un hôtel 4 étoiles de Malo-les-Bains, ainsi qu’un accès privilégié à la compétition en suivant les participants en zodiac au moment du championnat.  

L’ensemble des NFT donne également un accès exclusif à l’un des concerts durant la période de compétition. 

Source : Office de tourisme et des congrès de Dunkerque 

Les 20 NFT ont trouvé preneurs en moins de 72 heures. Les responsables de l’OGD se réjouissent de l’engouement. Cela leur démontre l’intérêt du public pour ces nouveaux outils et les motivent à continuer leur réflexion autour du Web 3.0.  

Le Québec regorge de compétitions sportives de différents niveaux. Il s’agit d’une manière intéressante d’explorer le Web 3.0 tout en permettant de créer et d’engager une communauté envers un événement.  

Image à la une : Instagram – @mikko_umi 

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Produits et activités

Tourisme de montagne: un flot d’idées

La pérennité du tourisme de montagne ne repose pas uniquement sur les sports d’hiver. Les changements climatiques incitent à revoir les stratégies de développement touristique vers une diversification de l’offre à travers les saisons. Plusieurs régions du Québec et ailleurs sur le globe s’adaptent et innovent. Pour se démarquer, certains n’hésitent pas à développer des produits et services autour de l’eau. Voici quelques initiatives inspirantes qui donnent le goût de plonger dans l’action !  

Miser sur le bien-être : se la couler douce

Les acteurs de l’industrie touristique de montagne font preuve d’imagination pour créer de nouveaux produits et expériences répondant aux attentes de la clientèle en quête de bien-être. L’eau devient une composante majeure de cette offre, étant perçue à la fois comme stimulante, apaisante et possédant de nombreux bienfaits pour la santé.  

La station de ski française La Plagne propose plusieurs activités alliant l’eau et le bien-être. L’activité nature « Bivouac Consciences » se déroule sur deux journées d’expédition le long de l’Isère. La rivière sert de fil conducteur à trois activités : une séance de yoga au bord de l’eau, une descente en rafting sur 18 km et une initiation/ou un perfectionnement à la pêche à la mouche. 

Source : La Plagne 

Selon les responsables de l’expédition, le yoga permet aux participants de débuter le séjour en se concentrant sur l’essentiel. Cette première phase (ou étape) offre un espace pour atteindre un état de relaxation et de reconnexion à soi. La pêche est complémentaire créant un lien direct avec la rivière ainsi que son environnement visible et caché. Le rafting, quant à lui, vient équilibrer le tout en apportant une bonne dose d’adrénaline.  

En Suisse, un petit étang servant autrefois de réservoir pour alimenter la centrale électrique d’une scierie a été aménagé en 2003 en un centre de santé de la méthode Kneipp. Cette philosophie repose sur cinq principes fondamentaux : l’eau, les plantes, le mouvement, l’alimentation et l’équilibre. Cette doctrine soutient l’importance des thérapies naturelles ainsi que les forces de l’autoguérison du corps. Le site propose de la marche dans l’eau, un sentier pieds nus, un jardin d’herbes, des stations d’immersion et de repos.  

Source : Centre Kneipp de Schwandalpweiher  

Une vague d’adrénaline

L’eau rime parfois avec sensations fortes ! Certaines stations de ski ont usé d’imagination pour faire vivre des expériences sans nécessairement construire des structures imposantes et dispendieuses. Aquasensations est un parcours d’obstacles aquatiques à Val Cenis en Savoie qui intègre différents modules mélangeant accrobranches aquatiques, tyroliennes, cylindres, passerelle en bois, waterjump, etc. La vidéo suivante donne un aperçu. 

À Tignes, dans les Alpes françaises, Acroland invite les amateurs de sensations fortes à glisser sur de longs toboggans et à conclure leur descente dans les eaux du lac. L’installation propose trois niveaux de difficulté (6 m, 9 m, 12 m) avec pour chacun d’entre eux la possibilité de choisir entre un toboggan avec tremplin, une piste avec une planche de bodyboards ou encore une descente sur des bouées gonflables. L’encadrement est assuré par Henri Authier, ancien champion de ski freestyle, spécialiste en acrobatie hot-jumping. 

Joindre l’utile à l’agréable

Les domaines skiables construisent de plus en plus de bassins de rétention pour l’enneigement artificiel. La plupart d’entre eux ne présentent aucun intérêt en termes de paysage ou de biodiversité. Quelques stations font preuve de souplesse et de créativité en permettant d’en faire de véritables ouvrages multifonctionnels sans nuire à la fonction de réservoir. C’est le cas du bassin de l’Alpe des Chaux, en Suisse, qui offre un espace de détente durant l’été avec une plage de gravier, une pataugeoire, une zone non-nageur et un bassin de natation. Selon les responsables du site, l’attractivité du site a dépassé les attentes puisque de 200 à 300 personnes par jour ont fréquenté les lieux alors que 100 visiteurs journaliers étaient prévus.  

Chaque goutte compte !

En raison de son fort attrait touristique, la gestion de l’eau n’est pas sans poser un problème. Sa forte consommation pour les multiples usages qui en sont faits met sous pression cette ressource naturelle limitée. S’ajoutent à cela les effets négatifs des changements climatiques qui affectent sa disponibilité et sa qualité. Il convient donc de construire un plan raisonné lors de la mise en place d’activités pour éviter de créer une pression supplémentaire dans son milieu.  

Image à la une : Pexels

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Hébergement Produits et activités

Quand l’hôtellerie invite ses clients à jouer dehors

Aujourd’hui, la demande des clients d’hôtels va au-delà de dormir, manger au restaurant ou se détendre au spa. Des établissements proposent de nouvelles activités et dans certains cas, grâce aux services proposés, les hôtels deviennent des attractions dans lesquelles se rencontre une communauté de visiteurs et de locaux, animés par les mêmes centres d’intérêt. Voilà une nouvelle offre qui parle à une génération de jeunes voyageurs familiers avec le concept de communautés d’intérêts (notamment via les réseaux sociaux), et plus généralement, à une clientèle qui a besoin de tisser à nouveau des liens avec les autres et la nature. 

Miser sur les activités d’aventure pour se démarquer

Des établissements remarquent un véritable appétit des clients pour une expérience collective en plein air. Aux États-Unis, notamment dans le Tennessee et le Wyoming, plusieurs hôtels ont ajouté des excursions et des activités d’aventures à leur offre de services comme la pêche, le canyonisme, la planche à pagaie, la cueillette de plantes comestibles, l’observation de la faune, etc., à l’instar du Reid Creek Lodge (WY). 

Le Southall Farm & Inn à Franklin (TN) propose des activités de fauconnerie, mais aussi du tir à l’arc, des sorties en véhicule tout-terrain, un parcours aérien, de la randonnée et le lancer de hache par exemple. Ces offres distinctives permettent de se démarquer « (…) et inciteront les gens à revenir ou à rester plus longtemps », déclare le propriétaire. 

 Source : southalltn.com 

Le complexe hôtelier BlackBerry Mountain à Walland (TN) a quant à lui intégré des activités guidées. Il offre notamment des circuits en vélo de montagne ou des randonnées d’une à deux heures, en compagnie d’experts locaux. Aussi, un mur d’escalade permet aux clients de tous niveaux de débuter ou de s’exercer à la grimpe.  

En ville : l’exemple d’evo Hotel

Aux États-Unis, evo.com est une plateforme de vente en ligne d’équipements et d’accessoires de sport. L’entreprise, qui gère plusieurs magasins, est également réputée pour ses actions philanthropiques et pour son soutien à de nombreuses associations culturelles et artistiques dans diverses localités. Plus qu’un simple détaillant sportif, evo.com a réussi à bâtir une véritable communauté de passionnés du plein air. Le succès de l’entreprise l’a conduit à ouvrir un campus de 30 000 m2 à Salt Lake City, dans l’Utah, comprenant son premier hôtel. evo hotel est un tiers-lieu urbain pensé et conçu comme un lieu de rencontre et de détente, orienté vers le sport, le plein air et l’art. Le complexe hôtelier comprend ainsi un magasin de torréfaction, de vente d’équipements de sports, de location de ski/planche à neige et de vélo de montagne, un skate park, un mur d’escalade et un toit-terrasse sur lequel se trouve un bar. 

Source : evohotel.com 

Au client qui choisit l’evo Hotel, l’établissement fait la promesse « qu’en plus de dormir dans un hôtel, il fera la rencontre d’une communauté qui a les mêmes passions pour le plein air que lui, un hôtel tourné vers les activités sportives dans et hors de la ville. »  

Un besoin de (re)connexion

Charaf El Mansouri, cofondateur et PDG de Dharma, tour opérateur spécialisé dans le voyage d’affaires en est intimement convaincu « l’avenir du voyage est basé sur la passion, et non sur la destination ».  

La période post-pandémie révèle un fort besoin de se rencontrer à nouveau, une envie de se créer des souvenirs collectifs et de vivre des expériences que l’on n’a encore jamais vécues. Mme Perdue, du Reid Creek Lodge, explique qu’elle voit de plus en plus de familles voyager en groupe et que, si les activités telles que les soins de spa sont relaxantes, elles sont pratiquées individuellement et ne permettent pas aux groupes de se rencontrer. Elle poursuit au sujet de ces expériences d’aventure « Je le vois comme un désir palpable et intense d’inspiration (…) C’est la liberté de sortir, de courir, de respirer et de ressentir. C’est un désir de revigorer les sens (…) et d’entrer en contact avec des personnes qui sortent de la zone de confort conventionnelle. » 

Le contact avec la nature donne également la possibilité de se connecter au moment présent et offre ainsi un ressourcement individuel.   

 Image à la une : Pexels

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Destinations Produits et activités

L’accès à la baignade en milieu urbain

Le mois de juillet 2023 a été l’un des plus chauds jamais enregistrés. Les villes doivent dorénavant apprendre à composer avec des vagues de chaleur importantes. Les stratégies pour permettre à la population et aux touristes de se rafraîchir sont multiples. Certaines municipalités proposent par exemple des piscines attrayantes, dont certaines donnent accès à des bassins naturels tels que des rivières ou des fleuves. Ces initiatives peuvent toutefois s’avérer onéreuses et demandent une surveillance accrue des baigneurs. Dans le contexte de la pénurie de surveillants-sauveteurs, plusieurs services de loisirs doivent composer avec des enjeux importants afin d’assurer la sécurité des visiteurs. Malgré tout, les stratégies pour se rafraîchir sont multiples, et les municipalités font preuve de créativité pour ajouter des îlots de fraîcheur.

Des points d’eau accessibles dans les milieux urbains

En France, la tenue des Jeux olympiques de Paris, prévue en 2024, permettra aux Parisiens de renouer avec la Seine. Les élus avaient garanti de rendre certains tronçons du fleuve, interdit de baignade depuis 1923, accessibles pour se rafraîchir. Chose promise, chose due, un espace surveillé et délimité sera praticable prochainement. Un aménagement de douches, des vestiaires ainsi que des casiers seront construits sur un ponton. Une première étape qui pourrait se répéter à différents points d’accès du fleuve iconique.

Source : Ville de Paris

En Suisse, plusieurs installations permettent de se rafraîchir avec une vue sur l’architecture de la ville. L’initiative « Fountain Dip » invite à se baigner ou à se tremper les pieds dans une sélection de fontaines que l’on compte par milliers sur le territoire suisse. Un programme d’animation gère l’accès dans le but de faire profiter des bénéfices aux passants. Des parcours historiques, des concerts et des activités autour des fontaines permettent aux visiteurs de profiter des installations. La stratégie d’accès à l’eau de la Suisse ne s’arrête pas là. Dans plusieurs villes du pays, la baignade dans les fleuves avoisinants est envisageable. La ville de Zurich rend accessible des plages fluviales aménagées permettant de plonger dans la rivière Limmat. À Bâle, il est possible de nager dans le Rhin muni d’un sac étanche coloré en forme de poisson, le « Wickelfisch ». Les nageurs peuvent donc ranger leurs vêtements dans le sac de natation inventé à Bâle, ce dernier permet de s’assurer d’être vu. Le sac est d’ailleurs devenu un souvenir touristique convoité et est vendu à l’office de tourisme de la région. Des contrôles réguliers assurent que la qualité de l’eau est adéquate à la baignade.

Source : This is Basel

Dans la ville d’Helsinki, plusieurs plages sont accessibles sans sortir de la ville. La plage de Veijarivuoren uimaranta est un lieu convoité pour se détendre et offre une vue magnifique sur le golfe de Finlande, le site dispose d’une petite aire de jeux pour les enfants. L’accès est en concordance avec le « droit d’accès à la nature » finlandais, valorisant que chacun puisse circuler librement dans les forêts et autres espaces naturels. La seule condition d’usage est de faire preuve de respect et de ne laisser aucun détritus. La ville de Londres quant à elle offre l’opportunité d’apprendre à nager, à se détendre et même de prendre un bain en eau froide durant la saison hivernale dans les étangs d’Hampstead heath.

Au Québec 

À l’été 2023, la Commission de la capitale nationale du Québec a fait l’inauguration des infrastructures aquatiques de la phase 3 de la promenade Samuel-De-Champlain. Le projet permet de redonner à la population un accès au littoral du fleuve, un attrait certain pour les touristes de la ville. La Baie de Beauport et le Bassin Louise proposent aussi des points d’eau à proximité de la ville de Québec. À Montréal et à Laval, la Fondation Rivières met à disposition une carte dans le but de répertorier les lieux potentiels de baignade, le site communique la qualité de l’eau.

Source : Capture d’écran de la vidéo Promenade Samuel-De Champlain-phase 3, Commission de la capitale nationale du Québec

Solutions à la pénurie de sauveteurs

Former les futurs nageurs s’avère essentiel pour la sécurité aquatique, un problème de taille à l’heure actuelle. De nombreuses villes doivent composer avec une pénurie de surveillants-sauveteurs. Au début de l’été 2023, l’Association des responsables aquatiques du Québec (ARAQ) estimait qu’il manquait entre 2000 et 3000 sauveteurs pour pourvoir les postes dans les différentes infrastructures. La situation est tout aussi problématique dans des villes comme Vancouver, New York et Philadelphie. Les fonds d’assurances des municipalités du Québec proposent plusieurs idées pour remédier à la conjoncture.

– Planifier l’embauche du personnel : le temps de qualification des surveillants-sauveteurs étant long, il est préférable de débuter la campagne de recrutement durant la saison estivale.

-Profiter des mesures d’assouplissement : en raison de la pénurie, plusieurs règlements ont été modifiés afin de faciliter le recrutement de surveillants-sauveteurs. L’âge d’embauche est passé de 17 à 16 ans, une dérogation est disponible pour qu’un surveillant-sauveteur de piscine puisse surveiller des plages et la validité de certains certificats peut être étendue. En Ontario, l’âge minimum pour être surveillant-sauveteur est maintenant de 15 ans.

-Former gratuitement la relève : la formation de la société de sauvetage est dorénavant gratuite. Un partenariat avec la municipalité et une promotion appropriée pourraient faciliter le recrutement pour la saison estivale 2024. Plusieurs villes de Colombie-Britannique offrent gratuitement la formation de sauveteur.

-Réduire les heures d’ouverture : le ratio de nageurs sous la surveillance du sauveteur étant régie, il peut être approprié de varier les heures d’ouverture pour permettre aux visiteurs de se rafraîchir malgré un horaire restreint.

-Partager du personnel entre les infrastructures aquatiques : des ententes entre les gestionnaires des installations pour un partage du personnel peuvent s’avérer bénéfiques afin de faire profiter des lieux de baignades aux touristes et aux résidants de différents quartiers ou villes. Une stratégie qui peut permettre au personnel d’avoir un horaire plus attrayant et de diversifier leurs responsabilités.

Plusieurs centres aquatiques de Colombie-Britannique ont aussi eu recours à des surveillants-sauveteurs retraités qui avaient déjà les qualifications requises et la forme physique adéquate pour pourvoir les postes.

Planifier l’été 2024 

Pour les lieux où la baignade est impossible, il est intéressant d’organiser des activités sur l’eau, comme l’a démontré la ville de Paris avec un cinéma sur des embarcations nautiques. Utiliser les points d’eau naturels qui nous entourent pour contrer les effets des vagues de chaleur tout en s’assurant de restreindre son empreinte carbone par des choix judicieux est donc chose possible ! Afin d’assurer la sécurité des usagers et de continuer à offrir des lieux rafraîchissants, il s’avère approprié de planifier dès à présent la saison estivale 2024.

Image à la une : Unsplash

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Produits et activités Segments de clientèles

Les femmes à la conquête du plein air

Dans le but de réduire les barrières physiques et psychologiques à la pratique d’activités de plein air, de nombreuses initiatives s’adressant aux femmes voient le jour. En plus d’éradiquer les étiquettes et les préjugés, cela permet aux femmes de prendre leur place dans la pratique de ces activités comme participantes, mais aussi comme employées.   

 

Lancer une ligne à l’eau

La pratique de la chasse et de la pêche chez la clientèle féminine augmente. Seulement aux États-Unis, 27 % des adeptes de la chasse étaient des femmes en 2021, contre 16 % il y a dix ans selon un nouveau rapport publié par le Council to Advance Hunting and the Shooting Sports et la Outdoor Foundation. Même constat pour les activités halieutiques. La clientèle féminine représentait 37 % des adeptes de la pêche en 2021, le niveau le plus élevé jamais enregistré chez nos voisins du sud d’après la dernière étude de la Recreational Boating & Fishing Foundation. Cette augmentation n’est pas étrangère aux efforts déployés dans ces milieux pour inviter les femmes à pratiquer ces sports. D’un point de vue marketing, au-delà du bien-être physique, la promotion s’articule autour de l’ensemble des avantages mentaux et sociaux que les femmes peuvent en retirer.

Au-delà du bien-être physique, la promotion s’articule autour de l’ensemble des avantages mentaux et sociaux que les femmes peuvent en retirer.

Selon l’enquête Vividata – Printemps 2022, menée auprès d’un échantillon de 7 959 consommateurs québécois, 7 % des répondants ont pêché au moins une fois au cours de la dernière année. Parmi ceux-ci, 41 % sont des femmes. Quant à la chasse, 3 % des Québécois l’ont pratiquée au cours de la même période. La clientèle féminine représente plus d’un tiers (34 %) des participants. Les données ont été colligées en continu de juillet 2021 à juin 2022 auprès de 41 821 Canadiens âgés de 14 ans et plus, et publiées le 29 septembre 2022. 

Au Royaume-Uni, l’Environment Agency  publie un court documentaire, Fishing Stories — Women in Fishing​, (voir la vidéo suivante) mettant en vedette des  femmes qui expliquent les bénéfices que la pêche leur procure, comme la réduction du stress, la socialisation et les bienfaits pour la santé mentale.​ 

Depuis le début des années 1990, le programme éducatif Becoming an Outdoors-Woman (BOW) propose des ateliers et des séjours tout-inclus pour apprendre les rudiments des loisirs de plein air comme la pêche et la chasse. Il vise le développement de compétences en renforçant la confiance des femmes et en les encourageant à profiter, en toute sécurité, de tout ce que le plein air a à offrir. Dans le but de réduire les barrières physiques et psychologiques à la pratique d’activités de plein air, la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique ont adhéré au programme, et de nombreuses initiatives s’adressant aux femmes voient le jour.  

Construire pour bâtir une communauté forte

Aménager un sentier de vélo de montagne ou encore créer un snowpark, entre femmes ? Voilà des projets qui visent notamment à donner confiance à ces dernières, et bénéficient à toute la communauté de pratique de plein air.  

Ça roule pour les filles 

Kristen Smith, co-fondatrice de The Elevated Alpine, et Brooke Goudy, co-dirigeante de Black Girls Do Bike Denver se sont associées pour créer une retraite de vélo de montagne « She digs ». Quelque 50 femmes issues de cette industrie se sont réunies à Nederland, au Colorado, pour remercier leurs consœurs les plus influentes du secteur pour tout le travail qu’elles réalisent dans la promotion du plein air et du vélo de montagne. 

Le groupe en a profité pour construire un sentier de vélo de montagne qui a permis de bâtir des liens durables entre les participantes et d’apprécier tout le travail que demande la création et l’entretien d’un tel projet. La vidéo suivante présente davantage les détails de la retraite. 

L’effet boule de neige 

La directrice du marketing à la station Trollhaugen (États-Unis), Marsha Hovey et son équipe, ont remarqué le manque de femmes dans les services d’opérations liés aux activités de villégiature, en particulier dans les stations de ski. Il n’en fallait pas plus pour que la responsable rassemble autour d’elle le premier groupe entièrement féminin pour la construction d’un nouveau parc à neige (snowpark). Onze femmes provenant de stations de ski des quatre coins de l’Amérique du Nord se sont réunies pour la réalisation du projet Take to Rake. 

Source : Instagram 

Cette idée a créé un lieu de rencontre et d’échanges pour les participantes, mais aussi une occasion pour elles d’améliorer leurs compétences. Elles se sont impliquées à toutes les étapes de création ; de la conception aux travaux de soudure. Selon madame Hovey, elles ont pu exprimer leurs idées comme jamais elles n’avaient pu le faire auparavant.  

Ce type d’événement est un vecteur de changement positif dans le milieu du plein air. Cela inspire les jeunes clientes et leur fait prendre conscience des rôles possibles pour la prochaine génération de travailleurs en montagne. 

Vers les plus hauts sommets

Bien que les femmes représentent environ 50 % de la communauté de l’escalade dans son ensemble, au Canada, elles sont encore sous-représentées dans les groupes de création de parcours, comme entraîneuses et parmi les athlètes commandités.​ La BIG Initiative pose des gestes concrets pour offrir des modèles aux femmes et à la prochaine génération de filles dans le domaine.  

L’organisation y parvient en trois étapes : formation, réseautage et visibilité. Des ateliers, des cours d’initiation, des camps de formation sont animés par des femmes et offerts un peu partout au Canada.​ De plus, une série de vidéos  - Not Just a Boy’s Club  -  a été créée pour exposer les difficultés et les défis reliés au genre dans le secteur de l’escalade.​ 

L’importance des regroupements non mixtes

Bien que la pratique dans certains sports de plein air soit encore genrée, force est de constater que les femmes sont de plus en plus nombreuses. Pour plusieurs spécialistes et acteurs du milieu, les communautés de pratiques féminines contribuent fortement à cette augmentation. Lorie Ouellet, professeure et chercheuse en intervention plein air à l’Université de Chicoutimi (UQAC), estime qu’il existe de nombreuses raisons qui incitent les femmes à chercher ces groupes non mixtes : 

  • Jouer des rôles plus actifs ; 
  • Prendre confiance en leurs capacités ; 
  • Développer leurs habiletés et leur autonomie ; 
  • Expérimenter et reconnaître leur force et leur autonomie physique et émotionnelle ; 
  • Avoir un sentiment de soutien sans la pression de performance. 

De plus en plus de communautés de pratique contribuent à la démocratisation des activités de plein air auprès des femmes. Pour plus d’inspiration, voici quelques exemples :  

Êtes-vous prêtes à sauter dans l’aventure ? 

Image à la une : Montage RVT, Pexels 

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Produits et activités

De l’équipement nautique en libre-service

Des stations de location de planches à pagaie se déploient sur les plages du lac Léman, en Suisse. Les deux premières installations, conçues par la startup Equip, comportent chacune 6 embarcations offertes gratuitement par les villes de Gland et de Rolle. 

Comment ça marche ?

L’usager doit d’abord télécharger l’application Equip, puis y effectuer une réservation. Par mesure de sécurité, une carte de crédit est requise, mais la location est gratuite. Il peut ensuite déverrouiller un casier à l’aide de son téléphone et accéder à une planche, une pagaie et deux vestes de flottaison. Le contenant comprend également un panier dans lequel l’utilisateur peut laisser ses effets personnels.  

Plusieurs types d’équipement

D’autres stations de planches à pagaie, mais aussi d’autres équipements sportifs, sont prévus sur les berges du lac. Par ailleurs, la ville de Gland compte déjà un module pour le prêt de jeux de pétanque, de spikeball et de tennis de plage. Voilà qui permet d’alléger le balluchon du visiteur ou encore de l’initier à la pratique de nouvelles activités. 

La sécurité avant tout

Néanmoins, l’absence de personnel ou d’outils de communication (affiches, vidéos, etc.) prodiguant des consignes de sécurité et des conseils sur l’utilisation adéquate de l’embarcation et de la veste de flottaison pose un certain défi en matière de prévention des noyades. La transmission de ces informations est primordiale, qu’on s’adresse aux néophytes ou aux utilisateurs expérimentés. Une approche en libre-service ne doit pas compromettre la sécurité des visiteurs.

 

Image à la une : Equip/Vimeo 

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Une route balisée pour les pagayeurs

Le projet Paddled Vestfold and Telemark consiste en un réseau de sentiers fluviaux longeant la côte. Celui-ci peut être emprunté de façon autonome grâce au balisage et à la signalisation. Les itinéraires sont cartographiés et peuvent être téléchargés sur un microsite Web de l’organisation de gestion de la destination de la Norvège (en norvégien avec résumés en anglais). En plus de documenter les circuits, ces cartes permettent de repérer les points d’eau potable, les toilettes, les stationnements et les aires de repos, entre autres.

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Source : UT.no

Les haltes, mises sur pied expressément pour les pagayeurs dans chacune des municipalités du parcours, disposent de quelques abris pour accueillir plus d’un groupe à la fois. Bien que rudimentaires, ces refuges qui s’intègrent harmonieusement au paysage ont été conçus pour pouvoir y passer la nuit.

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Source : Frank Tindvik /Facebook/Padleled Vestfold og Telemark

Ce déploiement consiste à inciter les Norvégiens à pratiquer une activité physique soutenue tout en profitant de la nature environnante. Ce projet s’inscrit aussi favorablement dans la politique de développement durable des municipalités concernées et contribue à l’attractivité de celles-ci, autant pour les résidents potentiels que pour les voyageurs des régions avoisinantes.

Inaugurée en 2018, la route sera composée de nouveaux itinéraires au cours de l’année 2021 grâce à l’ajout d’autres municipalités au projet.

Un concept pour le Québec ?

Un tel concept pourrait-il voir le jour au Québec ? Est-ce que nos rivières permettent une navigation suffisamment sécuritaire pour déployer des circuits en autonomie ? Serait-il possible d’intégrer une section du fleuve dans cet itinéraire ? Un projet comme celui-ci suscite bien des questionnements. Mais l’idée de découvrir nos régions par les nombreux cours d’eau qui les sillonnent est emballante.

 

Image à la une : Facebook/Padleled Vestfold og Telemark

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Adaptation en temps de pandémie : le cas Ultra-Trail Harricana

Créativité et solidarité d’une communauté

Le sport, l’ensemble de ses acteurs et l’industrie du plein air ne sont pas épargnés par la pandémie de la COVID-19. Au Québec, le secteur en plein essor du trail-running — ou de la course en sentier — a tenté de faire face à cette situation en étant solidaire, uni et innovant dans les réponses apportées à la crise. Attentifs aux relations qui unissent les événements de course en sentier et leurs territoires, nous prenons l’Ultra-Trail Harricana du Canada (UTHC) comme exemple d’événement sportif ancré dans son territoire, en évoquant comment ce dernier s’est ajusté face à la crise de la COVID-19. Il s’agit également de mettre en lumière le potentiel que recouvrent ces événements sportifs pour l’industrie du plein air au Canada en tant que secteur d’avenir.

Le milieu de l’événementiel sportif à travers le monde a été durement impacté par la crise du fait des multiples mesures d’interdiction de la tenue d’événements avec un public nombreux (jusqu’à la mi-juillet en France et au 31 août au Québec). C’est donc l’ensemble du champ sportif qui a vu ses activités suspendues : des plus grandes compétitions annulées ou reportées (Jeux olympiques, NBA, Euro-2020, UEFA Champions League, Rolland Garros, Formule 1, etc.) jusqu’aux championnats ou événements amateurs ayant une emprise territoriale plus restreinte. Le secteur des événements de course à pied est lui aussi victime de cette situation et l’intégralité des rassemblements et des épreuves en France et au Québec a été interrompue durant la période du confinement.

Un succès en plein air

L’Ultra-Trail Harricana du Canada n’est pas, pour le moment, une victime collatérale de la crise de la COVID-19, l’événement ayant lieu chaque année au mois de septembre. Il n’en reste pas moins que sa tenue n’est pas garantie tant qu’une solution pérenne n’aura été trouvée pour répondre aux mesures sanitaires en vigueur. L’UTHC constitue un exemple d’adaptation dans une période de grande instabilité.

Les courses se déroulent au cœur de la forêt dans une réserve naturelle protégée et classée par l’UNESCO. Les parcours suivent les pistes de ski de fond du centre du Mont Grand-Fonds, traversent Charlevoix, ainsi que le Parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie[1]. En quelques années, cet ultra-trail est devenu un événement incontournable de la course en sentier au Canada et dans le monde (étape officielle de l’Utra-Trail World Tour/UTWT).

Gérer la crise et appliquer ses valeurs

Avec la pandémie de la COVID-19, l’UTHC a été confronté à l’enjeu de la communication en temps de crise auprès de sa communauté de pratiquants et d’adeptes. L’organisation a pris le parti de la transparence. Sa directrice générale, Marline Côté, s’est exprimée librement sur ses doutes et ses appréhensions dans la presse : « Au cours des derniers mois, l’équipe de l’Ultra-Trail Harricana a vécu beaucoup d’étonnement, d’incrédulité, et de difficulté à comprendre ce qui se passe (…) On a dû passer en mode solution. On a réfléchi à des plans B pour traverser une éventuelle annulation qui aurait été difficile » (Côté, 2020, en ligne).

L’UTHC a également réussi à se mobiliser et à se recentrer autour de ses valeurs fondatrices : la solidarité et l’entraide. En effet, les instigateurs décidèrent initialement de créer l’UTHC pour soutenir l’un des leurs, atteint de la sclérose en plaques. Depuis ses débuts, l’organisation a réussi à récolter plus de 200 000 $ en faveur de la Société canadienne de la sclérose en plaques (SCSP). La crise actuelle était donc pour la structure un instant de vérité pour mettre en pratique les valeurs défendues. C’est ainsi que l’UTHC a soutenu les producteurs et partenaires locaux de l’événement en incitant sa communauté à acheter en ligne leurs produits locaux.

« Un partenaire devrait être plus qu’un logo sur une affiche. C’est d’abord une relation humaine entre des gens qui partagent des intérêts et des affinités ». – Marline Côté (2020)

Au Québec, s’unir et s’adapter

Après l’annonce du gouvernement du Québec de l’annulation des événements jusqu’au 31 août 2020, les organisateurs de course en sentier du Québec se sont réunis. Ce sont ainsi une dizaine d’entre eux qui réfléchissent collectivement aux solutions à mettre en œuvre. Ils essaient alors de penser aux adaptations possibles permettant de garantir le respect de la distanciation physique et la sécurité sanitaire des participants. Être solidaire, c’est donc se soutenir entre événements et ne pas se mettre délibérément en situation de concurrence à l’image de ce qui peut se passer en France. Dans l’Hexagone, le report des dates de plusieurs marathons à l’automne a entrainé des conflits d’horaires entre plusieurs événements. Au Québec, les résultats des échanges entre organisateurs permettront finalement de rassurer les futurs participants sur le fait que les compétitions pourront reprendre de façon sécuritaire.

Comment envisager l’édition 2020 d’une course en sentier et les suivantes ? Comment conserver ce lien à la communauté de pratiquants et au territoire ? Pour se prémunir face à l’évolution incertaine de la pandémie, les plus courtes distances (5 km, 10 km et 28 km) ont été annulées et les grandes distances maintenues (65 km, 80 km et 125 km). Pour compenser la suspension des plus courtes distances, celles-ci ont été offertes durant l’été grâce à l’opération estivale du club « Harricana tout l’été ». En s’inscrivant, les participants peuvent relever le défi du « Loup solitaire Harricana Lone Wolf 28 km et 10 km ». Celui-ci donne aux concurrents la possibilité de venir courir dans l’environnement de course habituel qui est balisé pendant toute la saison estivale (du 27 juin au 13 septembre 2020) en respectant les règles sanitaires des autorités. Les temps sont enregistrés grâce aux traces GPS partagées par les participants, ce qui permettra d’établir un classement et d’organiser une finale la semaine de la tenue de l’UTHC en septembre 2020. En définitive, cette initiative offre à l’UTHC l’occasion de soutenir la région de Charlevoix en promouvant le territoire et sa forêt comme destination touristique et sportive malgré la crise de la COVID-19.

La course en sentier : une ressource territoriale au service du tourisme

Plus ces événements sportifs grandissent et gagnent en popularité, plus ils contribuent à promouvoir les territoires où ils se déroulent. En ce sens, les liens entre un événement de course de pleine nature et son territoire ne sont plus à prouver. Comme l’a bien démontré le sociologue O. Bessy dans ses travaux sur l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB®), ce type d’événements apporte trois niveaux d’effets différents dans leur relation aux territoires d’accueil. Premièrement, ils génèrent de la fréquentation et permettent de faire rayonner un territoire en contribuant à sa notoriété (Axe 1). Deuxièmement, ils créent ou confortent une destination touristique (Axe 2). Troisièmement, ils participent à l’imagerie du lieu et aux représentations associées à cet espace (Axe 3).

Au niveau économique, devant l’affluence et la popularité que connaît la course de sentier à travers le monde, dont au Québec, les retombées peuvent être substantielles pour le territoire, pour ses acteurs ainsi que pour l’événement. En France, là où l’engouement pour le trail a pris une longueur d’avance, les retombées économiques peuvent être très importantes et s’évaluer en milliers, voire en millions d’euros pour les plus grands ultra-trails. À titre d’exemple, voici une estimation des retombées pour certains grands événements :

Il faut considérer que ces épreuves diffèrent souvent des courses sur route. Les longues distances imposent une logistique et un temps de présence plus conséquent sur place, les participants étant souvent accompagnés lors des courses et de leur séjour.

En définitive, la crise de la COVID-19 représente un instant privilégié d’observation et de mise à l’épreuve des liens qui unissent les événements de course en sentier comme l’UTHC, leur territoire d’appartenance (la région de Charlevoix) et le secteur dans le lequel ils s’insèrent socioéconomiquement (le milieu de la course en sentier). L’engouement pour le trail-running au Québec représente une occasion pour les territoires et plus largement pour l’industrie du plein air de bénéficier des retombées générées par ce secteur d’avenir. La solidarité et l’organisation dont ont réussi à faire preuve les organisateurs de courses à pied et de trails au Québec au cœur de cette crise témoignent des valeurs véhiculées par ce sport. Contrairement à d’autres types d’événements sportifs, l’UTHC illustre donc le succès des courses en sentier à conjuguer trois notions qui apparaissent parfois contradictoires : développement durable, territorial et économique.

Remerciements : Les auteur(e)s remercient l’Ultra Trail Harricana et Marline Côté — directrice générale de l’événement — pour leur précieuse collaboration.

Image à la une : https://unsplash.com/photos/8TJbrQGKFyU

 

Présentation des auteurs : Mathilde Plard et Aurélien Martineau

Mathilde Plard, chercheuse en France au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et Aurélien Martineau, postdoctorant à l’Université d’Angers ont pour objet de recherche la course en sentier à travers la France et le Québec. La pandémie de la COVID-19, période de crise sanitaire mondiale inédite, a représenté un temps d’observation privilégié pour leurs recherches. Ils ont analysé les dynamiques à l’œuvre dans le secteur de l’événementiel sportif et de la course de pleine nature en s’intéressant particulièrement à l’évolution des relations entre les territoires, les événements sportifs, le tourisme d’aventure et l’industrie du plein air.

[1] https://mathildeplard-observatoirededistances.com/ultra-trail-harricana-du-canada-uthc/

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Produits et activités

Les eSports : le tourisme est-il de la partie?

League of Legends, Fortnite, Overwatch ou Counter-Strike vous sont-ils des termes familiers? Il s’agit de jeux vidéo très populaires et de nombreux tournois à travers le monde y sont consacrés. D’ailleurs, l’équipe ayant remporté la finale de Dota 2, en août 2019 à Shanghai, a gagné plus de 15 millions de dollars devant des milliers de partisans.

L’univers des sports électroniques (eSports) est un secteur en pleine effervescence. Selon PwC, il s’agit des sports ayant le plus grand potentiel de croissance dans les prochaines années, devançant le soccer et le basketball. D’ici 2022, les revenus devraient dépasser le cap du milliard de dollars, d’après la firme spécialisée Newzoo. Est-ce que l’industrie touristique saura profiter de cet engouement?

Les eSports, plus complexes qu’il n’y paraît

Les sports électroniques sont des compétitions de jeux vidéo. Les joueurs affrontent seuls ou en équipe d’autres personnes sur une console ou un ordinateur. Ils se déclinent en plusieurs catégories : arènes de combat (League of Legends), stratégie en temps réel (Starcraft), etc. Si plusieurs individus participent à un niveau amateur, certains sont considérés comme des joueurs professionnels. Ceux-ci signent des contrats et s’entraînent de nombreuses heures par semaine. Des entraîneurs et des médecins veillent à leur performance. Les grandes compétitions se déroulent en public et des millions de partisans les suivent en ligne. L’audience est telle que les tournois se multiplient ainsi que la valeur des prix pour les gagnants.

Pour comprendre le phénomène des eSports, il existe plusieurs éléments à considérer, notamment :

Les partisans : majoritairement des millénariaux d’après la firme Deloitte, ils s’avèrent très actifs et réactifs sur les réseaux sociaux. Beaucoup de spectateurs des tournois ou des vidéos en direct sont également des joueurs. Selon une étude Vivintel, 4,4 millions de Canadiens ont suivi ce type de sport au moins une fois au cours de l’année 2018.

La diffusion : la retransmission en direct en ligne sur des plateformes telles que Twitch et YouTube fait partie du quotidien des eSports. Que ce soit pour regarder une seule partie ou un tournoi, cela touche une large audience à travers le monde. Voyant l’engouement pour les sports électroniques, de grandes chaînes comme ESPN et RDS y consacrent désormais une section de leur contenu.

Les compétitions : les développeurs de jeux lancent constamment des ligues et des tournois. Parfois, certains s’arrêtent et d’autres fusionnent pour créer de nouvelles compétitions. Plus de 737 événements majeurs ont été organisés en 2018, générant plus de 54 millions de dollars américains selon la firme Newzoo. De grands arénas tels que Staples Center, à Los Angeles, ou le Madison Square Garden, à New York, accueillent des événements. L’un des plus populaires est celui de League of Legends. Voici la vidéo de la cérémonie d’ouverture du championnat de 2019, à Paris.

Source : YouTube

Une occasion à saisir

Pour une marque ou une destination, il s’agit d’une nouvelle voie de distribution permettant de joindre les gens de la génération du millénaire, qui boudent de plus en plus les médias traditionnels. Les équipes et les ligues sportives l’ont bien compris. La NBA 2K League, au basketball, la FIFA eWorld Cup et la eMLS, au soccer, et le Canadien de Montréal, avec le jeu NHL, organisent des tournois. En plus, c’est une occasion de développer un nouveau type de spectacle de compétition.

Les eSports deviennent également une occasion d’affaires pour le secteur de l’événementiel. Le nombre de tournois augmente et les promoteurs recherchent des lieux pour les accueillir. Certains tournois se déroulent parfois sur quelques jours et même dans plusieurs villes. D’autres y jumellent des festivals, des foires, des ateliers, etc. Toutefois, ce secteur doit s’adapter à la manière dont les participants engagent les discussions en ligne. L’utilisation de différents canaux de communication et une interaction efficace seront les clés du succès pour maintenir de leur part un engagement solide envers un événement.

Rob Brown, vice-président mondial et directeur général d’Online Business Group, chez Travelport, estime qu’il est nécessaire pour l’industrie touristique de s’intéresser davantage aux partisans et de mieux connaître les eSports afin de développer une offre personnalisée et de profiter de l’engouement pour ce phénomène.

Entrez dans la compétition

Que ce soit des villes, des entreprises ou même des pays, plusieurs tentent de percer dans l’univers des eSports. Voici quelques exemples.

Le développement d’infrastructures

De nombreuses villes consacrent désormais des espaces aux jeux électroniques. L’hôtel Luxor, à Las Vegas, propose une arène de plus 2700 m2, avec une centaine de stations de jeux et des aires pour les tournois (voir la vidéo). Montréal n’est pas en reste avec le plus grand centre au Canada, le Esports Central, qui a ouvert ses portes en juin 2019.

Source : YouTube

Les équipes commanditées

L’organisation responsable des congrès et événements à Washington, Events DC, a décidé de cibler de nouveaux segments de marché, tels que les partisans des eSports, et de faire de la région une destination de choix pour les joueurs. Parmi ses initiatives, l’organisation commanditera la nouvelle équipe professionnelle de jeux électroniques de la ville.

La compagnie ferroviaire française OUI.sncf a créé Team Loco, en 2017. Les responsables expliquent qu’il était naturel de développer des liens avec le monde des eSports, puisque l’entreprise est très impliquée sur le plan des technologies et de l’innovation. Avec une équipe se composant uniquement de travailleurs de l’entreprise, OUI.sncf en profite pour prolonger ses efforts dans le développement du personnel.

Développer une stratégie nationale

Certains pays commencent à se positionner comme une destination pour les jeux électroniques. En France, le ministère du Sport et le secrétariat d’État chargé du numérique ont dévoilé la nouvelle stratégie nationale eSports 2020-2025, qui vise à faire du pays le leader européen de ce secteur d’ici 2025. L’un des objectifs est de mettre en valeur les attraits de la France, de ses territoires et de son écosystème eSports.

 

Bien que plusieurs remettent en question le côté sportif des eSports, personne ne peut nier le potentiel touristique de ce type d’activité.

 

Êtes-vous prêt à vous lancer dans l’arène?

 

Source de l’image à la une : Unsplash

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Produits et activités Tendances

Tendances et enjeux du tourisme hivernal

Le Réseau de veille en tourisme collabore depuis plusieurs années avec le ministère du Tourisme du Québec afin de produire le bulletin de veille sur le tourisme hivernal. Son objectif consiste à informer les intervenants de l’industrie sur un des produits prioritaires de la Stratégie de mise en valeur du tourisme hivernal au Québec et sur les marchés concurrents. Voici trois grandes tendances observées dans ce secteur d’activité.

 

L’acquisition de nouvelles clientèles

La plupart des destinations hivernales internationales font face aux mêmes défis : inciter la relève à pratiquer des sports d’hiver et attirer des touristes et des excursionnistes qui se tournent parfois vers des territoires offrant une situation climatique moins aléatoire.

Au Québec, le taux de pratique des principaux sports d’hiver peine à atteindre 20 % (voir le graphique 1). Selon les données du sondage administré par Vividata, le patin s’avère l’activité la plus populaire, tous groupes d’âge confondus. Les jeunes Québécois de 14 à 34 ans pratiquent davantage la planche à neige que la moyenne de la population, mais pour ce qui est des autres activités considérées par le sondage, les résultats affichent peu d’écarts entre chaque segment.

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Les jeunes, une relève essentielle

On utilise l’expression « déficit nature » pour parler, notamment, des jeunes qui passent peu de temps en milieu naturel. Or, pratiquer des activités en plein air l’hiver est souvent une question d’habitude et de mode de vie ; plus on le fait tôt (enfance et adolescence), plus on augmente les chances de conserver cette propension une fois adulte (lire aussi : Inciter les Y à pratiquer les sports d’hiver).

En France, les villages et les stations de montagne d’Auvergne-Rhône-Alpes tentent de reconquérir les jeunes avec l’initiative Génération Montagne. Piloté par Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme et l’Association Nationale des Maires de Stations de Montagne, le projet appuie ses assises sur cinq leviers d’action concrets :

  • Développer et promouvoir des offres adaptées aux habitudes de consommation des jeunes ;
  • Soutenir les structures d’hébergement collectif ;
  • Proposer des conditions tarifaires adaptées ;
  • Numériser les offres ;
  • Faciliter l’accès aux stations.

La transformation des comportements et des habitudes de consommation des jeunes de la génération Z nécessite d’adapter son offre et de revoir ses stratégies de communication (lire aussi : L’entreprise qui murmurait à l’oreille des Z). Avec le projet Génération Montagne, on assiste à une mobilisation des intervenants du territoire afin de valoriser les atouts et l’attractivité de la montagne.

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Source : Génération Montagne

Diversification de l’offre

Le mode de vie nordique possède une unicité attrayante qui se décline en de nombreuses expériences. Mettre en valeur cette offre plurielle et authentique semble nécessaire, voire essentiel pour faire face à la concurrence internationale (lire aussi : Tourisme hivernal : 5 destinations qui se démarquent !).

Les destinations célèbrent l’hiver

La perception de la saison froide a évolué. Les incitatifs pour mettre le pied dehors se multiplient, si bien qu’en ville, en montagne et en région rurale, on cherche à embrasser l’hiver au lieu de le subir. Les festivals et événements de tous genres (culturels, gourmands, sportifs, etc.) occupent de plus en plus cette période de l’année, ce qui contribue à l’attractivité de la destination.

Dans le cadre de son 375e anniversaire, Montréal a créé Les Hivernales dans le but de célébrer la nordicité de la métropole. La programmation de cet événement proposait aux résidents et aux visiteurs des activités ludiques et festives, de janvier à mars 2017 :

  • Course à obstacles : Barbegazi ;
  • Festival de musique électronique : Igloofest ;
  • Tournoi de hockey en plein air : la Classique Montréalaise ;
  • Etc.

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Source : Ville.montreal.qc.ca

Les stations de ski continuent de se réinventer

Depuis plusieurs années, les stations ont compris que pour joindre un plus large public, il faut désormais diversifier son offre d’activités et placer le visiteur au cœur de ses réflexions (lire aussi : Diversification des activités hivernales dans les stations de ski). Cette tendance s’intensifie à un point tel qu’il semble incontournable de repenser la station d’aujourd’hui et de demain. 

En France, le Conseil départemental de l’Isère a mandaté Isère Tourisme pour réfléchir à la station du futur. Quels services, activités, animations, infrastructures et expériences globales répondront aux besoins et attentes de la clientèle en 2030 ?

  

Vidéo : Youtube

Avec l’apport de 75 experts (chefs d’entreprises, chercheurs, sociologues, start-up, etc.), Isère Tourisme a défini neuf thématiques majeures et proposé cinq positionnements :

  1. La station pleine énergie est orientée vers la santé et le bien-être ;
  2. La station douce rend hommage à un mode de vie responsable, en connexion avec la nature ;
  3. La station loisirs met en valeur l’envie de partager du temps en famille et entre amis en pratiquant des activités ensemble ;
  4. La station high-tech intègre l’innovation technologique afin de créer une expérience globale fluide ;
  5. La station hyper sport cherche à dépasser les limites de la pratique sportive intense.

station_future_isere_tendance_hiverSource : pro.isere-tourisme.com

Intensification de pratiques durables

L’hiver est-il encore synonyme de neige ? Oui, mais pour combien de temps ? Les changements climatiques sont un réel enjeu. L’irrégularité des conditions météorologiques fait en sorte que les amateurs d’activités hivernales planifient et réservent leurs séjours et leurs billets d’accès à la dernière minute. La vulnérabilité de l’industrie face au climat exige de revoir certaines façons de faire.

De la réflexion à l’action

Scientifiques, experts et professionnels sont unanimes quant au besoin d’adapter les modèles de gestion, de miser sur des pratiques durables, de soutenir l’innovation et de diversifier l’offre (lire aussi : Le climat change, et vous ?). Il est maintenant l’heure de passer à l’action !

Depuis 2008, la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ) travaille de pair avec la firme environnementale Nature-Action Québec afin d’étudier la question du développement durable et de créer un programme environnemental. En 2016, le programme de certification écoSentier a été lancé et suscite depuis l’intérêt de plusieurs clubs. Cette année, ils sont au nombre de 25 à avoir fait des demandes de certification, ce qui permet d’atteindre 1900 kilomètres de sentiers certifiés au Québec.

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Source : ecosentier.ca

Dans les stations de ski, le virage écoresponsable s’accentue et les actions sont nombreuses : adhésion à des programmes environnementaux, utilisation d’énergies renouvelables, protection des ressources naturelles, réduction d’émissions de carbone, investissement dans des équipements performants et moins énergivores, innovation visant la conservation de la neige, engagement des employés, mise en place de projets impliquant les visiteurs (lire aussi : Des stations de ski écoresponsables).

Ces grands enjeux et tendances témoignent de la fragilité de notre tourisme hivernal, mais aussi du dynamisme de notre industrie, qui multiplie les efforts pour protéger, adapter, développer l’hiver et le rendre accessible aux consommateurs d’aujourd’hui et de demain. Pour demeurer à l’affût de la veille effectuée sur ce thème, le RVT vous encourage à vous abonner aux bulletins du ministère du Tourisme.

 

Source image à la une : Pexels.com