Catégories
Segments de clientèles

La revanche des baby-boomers ?

L’été  2020  : moins touristique qu’à l’habitude, surtout pour les baby-boomers 

Depuis le début de la pandémie, les Québécois plus âgés ont été priés (encore plus que le reste de la population) de restreindre leurs contacts et leurs déplacements. Ce phénomène s’est reflété dans les voyages réalisés par les baby-boomers à l’été 2020. Une enquête omnibus menée par Léger Opinion auprès d’un panel représentatif de 1 000 Québécois indique que seuls 36 % des individus âgés de 55 à 74 ans disent avoir voyagé au Québec à ce moment-là, une proportion significativement moins élevée que chez les 18 à 54 ans (45 %).  

L’été touristique au Québec, et surtout celui des baby-boomers, a été moins dynamique qu’à son habitude. Une étude réalisée en novembre 2020 par la Chaire de tourisme Transat auprès de 1 168 voyageurs québécois révèle que 68 % des baby-boomers sondés jugent n’avoir pas voyagé autant qu’à leur habitude à l’été 2020, contre 50 % des 18-54 ans. Ce phénomène s’explique principalement par le manque d’envie de voyager dans le contexte actuel (76 % des baby-boomers) et la peur d’attraper le virus (61 %).  

Se préparer au retour des baby-boomers ?  

La vaccination qui bat son plein au Québec pourrait potentiellement inverser cette tendance, ou du moins dynamiser les voyages des baby-boomers en instaurant un climat plus sécuritaire. La dynamique de « revenge  travel  » (ou voyage de vengeance), soit l’intensification du comportement de voyage en réponse à une période de privation, pourrait, elle aussi, contribuer à animer les régions québécoises à l’été 2021. 

Comment se préparer à bien accueillir ces touristes ? Comprendre les comportements de ces voyageurs, en plus de leurs appréhensions pour la période post-COVID, représente un filon d’affaires porteur.  

La dynamique de « revenge travel » (ou voyage de vengeance), soit l’intensification du comportement de voyage en réponse à une période de privation, pourrait, elle aussi, contribuer à animer des régions québécoises à l’été 2021. 

Les habitudes de voyage des baby-boomers

Une nouvelle enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec le ministère du Tourisme, permet de dresser un portrait des comportements de voyage estival (habituels et en temps de COVID-19) et des attentes des baby-boomers québécois à l’égard d’une destination.  

Parmi les 452 baby-boomers sondés, 87 % d’entre eux disent voyager principalement au Québec à l’été. La période privilégiée pour les longues vacances d’été varie : plus du tiers (38 %) indiquent ne pas avoir de préférence quant à la période de prise de vacances. Ils voyagent plus fréquemment en couple (62 % d’entre eux, contre 38 % des 18-54 ans, qui privilégient plus souvent le voyage en famille, avec des enfants).  

Les principales attentes envers une destination estivale 

Les baby-boomers s’attendent à une offre abordable d’attraits, d’hébergement et de restauration. La qualité du réseau routier, l’accueil chaleureux de la population locale et la possibilité de réserver son hébergement en ligne complètent les principales attentes de ce groupe d’âge.  

attentes_principales

Comparativement aux voyageurs plus jeunes, ils accordent davantage d’importance à la qualité du réseau routier (45 % jugent ce critère très important, contre 34 % des 18-54 ans), ainsi qu’à la présence d’un bureau d’information touristique (baby-boomers : 26 %, contre 18-54 ans : 17 %).  

Les principales expériences recherchées 

À l’été, les expériences gastronomiques, les activités de plein air (autant sportives que contemplatives), les visites culturelles et patrimoniales ainsi que les roadtrips sont les principales expériences touristiques recherchées par les baby-boomers québécois.  

experiences_recherchees

Les visites culturelles et patrimoniales sont des expériences estivales jugées plus intéressantes par les baby-boomers que par les plus jeunes (42 % contre 33 %). À l’opposé de leurs cadets, ils se disent moins friands de plages et de baignade (38 %, contre 58 % des 18-54 ans), de roadtrips (baby-boomers : 39 %, contre 18-54 ans : 46 %) ou d’activités nautiques non motorisées (baby-boomers : 13 %, contre 18-54 ans : 25 %). 

L’été 2021, à l’image de l’été 2020 ? 

Tourner son regard vers les comportements de voyage observés à l’été  2020 pourrait s’avérer payant pour guider ses opérations en 2021. Les baby-boomers québécois ayant voyagé à travers la province ont principalement visité la région de Québec (32 % d’entre eux), les Cantons-de-l’Est (31 %) ainsi que les Laurentides (28 %). En proportion, ils ont toutefois été plus nombreux que les plus jeunes à se diriger vers le Bas-Saint-Laurent (20 %, contre 14 % des 18-54 ans) et la région de Chaudière-Appalaches (baby-boomers : 19 %, contre 18-54 ans : 13 %). 

Les baby-boomers seront-ils plus nombreux à sillonner le Québec cet été ? Une étude menée par la firme Léger révèle que la tranche d’âge des 55  ans et plus est la plus favorable au passeport vaccinal permettant aux personnes vaccinées seulement d’assister à des événements/ rassemblements publics.

Les baby-boomers ne sont présentement pas les seuls à être vaccinés, cependant, ils seront les premiers à recevoir leur 2e dose du vaccin à l’été 2021. Auront-ils moins peur du virus ? Retrouveront-ils ce sentiment de liberté si souvent associé à cette génération ? 

Catégories
Performance Segments de clientèles

S’inspirer de l’été 2020 pour planifier celui de 2021

Une saison touristique estivale 2020

L’été 2020 est arrivé rapidement, bouleversant les prévisions des organisations touristiques et leurs façons de faire. Malgré le contexte incertain et les restrictions sanitaires en vigueur, la saison a bel et bien eu lieu. Selon une enquête en ligne effectuée en août 2020 par la Chaire de tourisme Transat auprès de 998 entreprises touristiques québécoises en activité à l’été, elles estiment avoir accueilli en moyenne 70 % de l’achalandage reçu en 2019 et réalisé environ 63 % du chiffre d’affaires de l’été précédent. L’été 2020 a toutefois été inégal, la performance enregistrée variant d’une région et d’un secteur à l’autre.

Les organisations touristiques peuvent d’ores et déjà prévoir leur prochaine saison en adaptant leur offre aux besoins et aux attentes des visiteurs grâce aux expériences et aux apprentissages tirés de l’été 2020.

Quatre Québécois sur dix ont voyagé au Québec à l’été 2020

Une enquête omnibus menée par Léger Opinion auprès d’un panel représentatif de 1 000 Québécois révèle que 41 % d’entre eux ont voyagé au Québec à l’été 2020. Le tiers mentionne avoir fait au moins un séjour d’une nuitée à l’extérieur de son domicile entre la Saint-Jean-Baptiste et la fête du Travail, et 28 % ont fait une excursion touristique à plus de 40 km de leur domicile.

voyages__qc__ete_2020

Une enquête en ligne menée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2020 auprès de 1 174 voyageurs québécois[1] révèle que 8 répondants sur 10 estiment avoir voyagé moins qu’à l’habitude à l’été 2020 (toutes destinations confondues), principalement par manque d’envie de voyager dans ce contexte (65 %) ou par crainte du virus (48 %).

Une saison 2021 aux couleurs de 2020

À l’image de l’été 2020, on estime que celui de 2021 sera principalement local. Plusieurs interrogations persistent concernant la nature des restrictions en vigueur à l’été, de la perméabilité des frontières ou encore de l’avancement de la vaccination. Ces éléments influenceront sans nul doute le sentiment de sécurité des Québécois et leurs intentions de voyage.

Les succès de 2020 sont toutefois de clairs indicateurs du déroulement de l’été 2021 pour les acteurs de l’industrie. Selon une nouvelle enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en février 2021 auprès de 1 410 Québécois ayant visité le Québec à l’été 2020, ces derniers n’ont que peu changé leurs habitudes touristiques. Ils ont principalement cherché à vivre les mêmes expériences qu’à l’accoutumée, malgré le contexte et l’absence d’activités phares telles que les festivals.

Le Québec, la destination estivale privilégiée des voyageurs québécois

42 % des voyageurs québécois sondés s’affichent même comme de grands adeptes du Québec, séjournant peu, voire pas du tout, à d’autres endroits à l’été.

Hors contexte pandémique, le Québec est la destination estivale privilégiée des Québécois : près de neuf répondants sur dix disent visiter habituellement la province à l’été. Un total de 42 % des voyageurs québécois sondés s’affichent même comme de grands adeptes du Québec, séjournant peu, voire pas du tout, à d’autres endroits à l’été.

L’offre nature au Québec : un succès, pandémie ou pas !

Le plein air et la nature s’affichent comme les principaux critères de motivation qui guident le choix d’une destination de voyage estival. La plage et la baignade, les activités de plein air, tant sportives que contemplatives, les expériences gastronomiques et les roadtrips constituent les expériences habituellement recherchées. À l’été 2020, ces cinq mêmes expériences ont été les plus populaires, même si la plage et la baignade ainsi que les expériences gastronomiques ont toutefois perdu quelques points.


experiences_recherchees

En matière d’hébergement, la famille et les amis, les hôtels et motels de petite taille, le camping et le prêt-à-camper et la location de chalet ou maison meublés ont été les modes d’hébergement les plus populaires auprès de ceux qui ont fait un séjour hors domicile à l’été 2020.

hebergements_utilises

Près de 3 régions touristiques visitées à l’été 2020 par voyageur

Les voyageurs québécois sondés ont mentionné avoir visité en moyenne 2,9 régions touristiquesà l’été 2020. Les plus visitées sont Québec (35 % des répondants), les Laurentides (29 %) et les Cantons-de-l’Est (28 %), toutes des régions habituellement assez achalandées à l’été. Montréal (22 %) et la Montérégie (21 %) se classent également au palmarès des cinq régions les plus visitées. Un répondant sur deuxa de plus visité sa propre région.

L’occasion de (re) connecter avec certaines régions

Au total, 40 % des voyageurs sondés disent avoir visité une région du Québec pour la première fois à l’été 2020 (ou pour la première fois depuis 5 ans). Celles-ci sont souvent éloignées des centres urbains, comme la Gaspésie ou la Côte-Nord (comptant respectivement 46 % et 34 % de nouveaux visiteurs). Le Saguenay–Lac-Saint-Jean (32 %) et la région de Charlevoix (31 %) reçoivent elles aussi près d’un tiers de nouveaux visiteurs.

Au total, 40 % des voyageurs sondés disent avoir visité une région du Québec pour la première fois à l’été 2020 (ou pour la première fois depuis 5 ans).

Comment entrevoir l’été 2021 ?

Rassurés par la vaccination déjà bien avancée, on peut supposer que davantage de Québécois sillonneront les routes de la Belle Province à l’été 2021.

À la lumière des résultats de l’enquête, on peut d’ailleurs entrevoir un été 2021 encore placé sous le signe du plein air et de l’offre en nature. En février 2021, près de la moitié des emplacements de camping de la Sépaq étaient déjà loués (période du 1er avril au 7 septembre) ; un taux de location qui est généralement atteint en mai. Si l’achalandage n’est pas un enjeu à première vue, la gestion des flux, surtout en contexte de pandémie, demeure quant à elle très importante.

Mieux gérer les flux de visiteurs

Afin d’éviter les enjeux en matière de capacité d’accueil ou les conflits avec les citoyens, rencontrés en 2020 dans les régions les plus populaires, de nombreuses stratégies peuvent être déployées. La promotion de l’offre hors des heures de pointe et hors saison ainsi que la création de nouveaux itinéraires et attraits s’avèrent des pratiques porteuses pour les destinations.

Jamais nos yeux n’auront autant été rivés sur les touristes intérieurs. Une étude publiée par Destination Canada en mars 2021 met d’ailleurs en lumière le rôle crucial qu’auront les Canadiens dans la relance du tourisme interne. L’organisation juge ainsi que la reprise de l’économie touristique devrait prendre des années, mais une augmentation marquée des voyages intérieurs accélérerait celle-ci d’un an. De quoi ne pas sous-estimer l’importance d’une planification !

Source de l’image à la une : Pexels 


[1] Voyageurs québécois âgés de 18 à 74 ans ayant fait au moins un séjour d’une nuitée à l’extérieur de leur domicile dans le cadre d’un voyage de loisir ou d’agrément au cours des deux dernières années.

Catégories
Ressources humaines

Qui seront les gestionnaires de demain ?

Les gestionnaires n’ont pas la tâche facile depuis plusieurs mois. Ils deviennent les capitaines d’un navire qui vogue sur des eaux troubles et parfois inconnues. La pandémie engendre des vagues d’incertitude, de la confusion, des changements, du chaos et des transformations. L’entreprise et ses employés se tournent vers un leader qui indiquera le chemin à suivre. Mais comment maintenir le cap dans un monde complexe et complètement bouleversé ?

 

Les « nouvelles » qualités des gestionnaires

 Le statu quo organisationnel ne tient plus. Voici trois qualités sur lesquelles un leader peut miser pour traverser cette crise en gardant la confiance et l’engagement de son équipe.

L’authenticité 

Selon Catherine Tétreault-Ayotte, conseillère en ressources humaines agréée, un leader authentique agit en intégrité avec ses motivations profondes, sa vision, ses paroles, ses gestes, ses valeurs et ses intentions. En plus de se tenir debout au service de son équipe et de sa communauté, il s’engage dans la bienveillance au quotidien. Avant d’exécuter ses plans, ce type de gestionnaire prend le temps d’en parler. Comme le rappelle Éric Brunelle, professeur titulaire au Département de management de HEC Montréal, ce leader : « crée un climat de confiance en montrant qu’il est transparent et qu’il agit toujours de manière cohérente avec ses propos. Le leader authentique développe ainsi des liens sincères avec les gens et construit avec eux des relations à long terme ». Pour surmonter une crise, c’est essentiel.

La vulnérabilité

Les auteurs Amy C. Edmonson, professeur de gestion du leadership à la Harvard Business School et Tomas Chamorro-Premuzic, professeur de psychologie des affaires à l’University College de Londres et à l’Université Columbia estiment que : « les leaders les plus aptes et adaptables sont ceux qui sont conscients de leurs limites, ont l’humilité nécessaire pour développer leur propre potentiel et celui des autres, et sont assez courageux et curieux pour créer des liens sincères et ouverts avec les autres ». En nommant ce qui se passe pour vous, vous laissez tomber le voile et permettez à vos équipes de vous voir plus humain, imparfait et réel, soulignent les auteurs. Cela conduit ensuite à une plus grande fidélité et une plus grande confiance au sein du personnel, nécessaire pour affronter des moments de crise.

La résilience

Il s’agit de la capacité à faire face aux problèmes et aux revers. Les gestionnaires résilients appréhendent les échecs et les épreuves comme un tremplin pour projeter l’entreprise vers l’avant et même la réinventer. Se remettre en question et changer de direction deviennent nécessaire en cette période mouvementée. Sans tomber dans un excès de positivisme qui risque de faire croire aux recettes miracles, il s’agit de porter un nouveau regard sur les épreuves et les chocs rencontrés. Selon l’experte en stratégie et en leadership Ama Marston, c’est une occasion d’acquérir de nouvelles ressources ou connaissances et même, au besoin, d’ajuster les pratiques et les stratégies de l’entreprise. Miser sur une culture de résilience aide assurément à passer à travers cette épreuve et permettra de survivre aux prochaines.

Maintenir l’engagement du personnel dans un contexte de changement

Le gestionnaire possède un rôle déterminant afin d’assurer la productivité de son organisation. Il doit reconnaître que la situation hors de l’ordinaire nécessite qu’il ajuste ses actions et ses attentes. Le personnel est la ressource la plus précieuse en entreprise. Pour se relever de la crise, il est plus qu’essentiel de maintenir son engagement et sa motivation à flot.  

gestionnaires_tourisme_rh_futur

Un retour en arrière est-il possible ?

Revenir totalement aux méthodes d’avant la crise risque d’affecter la confiance et de démobiliser le personnel pour la suite des choses.

La pandémie de COVID-19 a certainement accéléré des changements en matière de gestion. Plusieurs acquis ont été obtenus pendant cette période d’adaptation, comme le télétravail. Est-il possible et bénéfique pour les entreprises de les conserver ? Les conseillères en ressources humaines agréées Julie Gouin et Josiane Lévesque estiment que revenir totalement aux méthodes d’avant la crise risque d’affecter la confiance et de démobiliser le personnel pour la suite des choses. Elles proposent quelques pistes pour aider les gestionnaires.

  • Établir un consensus avec les membres de l’équipe sur les besoins, les attentes et les conditions de réussite. N’hésitez pas à adapter les indicateurs de performance pour qu’ils soient le reflet de votre nouvelle réalité.
  • Faire le point sur votre cheminement personnel et professionnel. Faites un peu d’introspection : ma perception sur mon rôle a-t-elle changé ? Qu’ai-je appris sur moi et sur mon équipe, etc. ?
  • Aborder l’état de la relation de confiance. Pour favoriser la responsabilisation de chacun et éviter la mise en place de mesures de contrôle excessif, discuter ouvertement de confiance et d’intégrité.

Bien que la crise soit déstabilisante, il est plus qu’essentiel que les gestionnaires fassent preuve d’adaptation et d’anticipation. Comme des capitaines de navire, ils devront trouver des solutions pour garder leur entreprise et leur équipage à flot même si cela engendre des changements organisationnels. Voguer sur des eaux différentes n’est pas nécessairement négatif ; c’est une nouvelle façon de naviguer sous le soleil.

recommandations_gestionnaires_rh_tourisme

 

Source image à la Une : Pexels

 

 

Catégories
Gestion Ressources humaines

Nouvelles réalités, nouveaux besoins

 Besoin de sécuriser les entreprises

La pandémie a forcé les entreprises à repenser leur fonctionnement. Pour plusieurs, le recours aux technologies numériques et au télétravail s’est accentué, amenant son lot de difficultés : sentiment d’isolement, perte de reconnaissance, réduction du sentiment d’appartenance, mais aussi difficultés de communication et enjeux de cybersécurité. En effet, hameçonnages, maliciels et vols de données se sont accrus avec la crise de la COVID-19. Les dirigeants doivent être proactifs en matière de cyberdéfense en donnant des exemples de bonnes pratiques et en offrant de la formation. Bien que plusieurs attaques touchent les grandes compagnies, les PME ne sont pas nécessairement à l’abri des risques de piratage. Le gouvernement du Canada offre un guide à l’intention des PME.

Besoin de sécurité pour les travailleurs sur le terrain

La moitié des répondants considère que la COVID-19 augmente leur insécurité en matière de santé au travail.

À la lumière des résultats d’un sondage réalisé par le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT) auprès de plus de 3 000 travailleurs de l’industrie touristique québécoise, entre le 1er janvier et le 31 août 2020, il reste beaucoup de pain sur la planche puisque la moitié des répondants considère que la COVID-19 augmente leur insécurité en matière de santé au travail. Les groupes de discussion soulignent également l’impact psychologique important du virus sur l’ambiance de travail et la santé psychologique des travailleurs.

Assurer la sécurité physique

Le plan de sécurité sanitaire COVID-19 élaboré par le CQRHT, en collaboration avec l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, les associations touristiques sectorielles et régionales, l’ITHQ et le gouvernement du Québec fournit, entre autres, un plan de prévention de la santé et de la sécurité en milieu de travail. Les entreprises doivent informer les employés des nouvelles procédures avant leur retour. Cela permet d’expliquer la pertinence de ces mesures et de s’assurer de leur compréhension. Ainsi, les probabilités que l’équipe respecte les consignes et adhère au changement seront meilleures. RH Tourisme Canada propose aussi une série de mesures de sécurité pour garantir un environnement de travail sûr.

Assurer la santé mentale

Le retour au travail menace aussi la santé mentale en amenant son lot de questionnements et d’insécurité. Maux de ventre, impuissance, irritabilité et repli sur soi constituent des symptômes de stress et d’anxiété. Veiller à la santé psychologique de ses employés s’avère primordial en temps de crise. Les gestionnaires doivent se montrer compréhensifs envers les travailleurs touchés par la situation. L’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés du Québec met à la disposition des employeurs les meilleures pratiques à instaurer pour aider leurs employés en situation de stress ou d’anxiété (voir l’infographie). Divers outils comme des programmes d’aide aux employés permettent également aux gestionnaires de détecter les besoins du personnel et d’y répondre.

conciliation_travail_famille

Favoriser la conciliation travail-famille

Une autre façon d’assurer la sécurité des travailleurs consiste à encourager la conciliation travail-famille. Selon l’étude du CQRHT, concilier travail-vie personnelle est devenu plus difficile pour près de la moitié des répondants (46 %) qui soulignent que la COVID-19 leur impose des contraintes familiales plus lourdes. De plus, un travailleur sur cinq estime que son horaire s’est détérioré au détriment de ses besoins depuis le début de la pandémie. Que peut-on mettre en place pour remédier à la situation ? Le Secrétariat du travail du gouvernement du Québec propose plusieurs mesures pour concilier travail-famille au sein des milieux professionnels.

Besoins de formation pour renforcer ses compétences

Le monde du travail vit de grands bouleversements et la pandémie n’a fait qu’accélérer les changements. Les entreprises devront pouvoir compter sur une main-d’œuvre qualifiée, flexible et résiliente. Selon RH Tourisme Canada, il semble évident que l’amélioration des compétences s’avère essentielle pour aider à prévenir et à atténuer les répercussions de la crise. Des réflexions sur les compétences du futur sont en cours dans différents milieux tant au Québec qu’au Canada. RH Tourisme Canada travaille actuellement sur un projet de cadre de compétences futures afin de les harmoniser à l’échelle du pays.

Une nécessaire adaptation 

La pandémie a brouillé les cartes à bien des égards. Quels seront les besoins organisationnels de demain ? Ceux des travailleurs ? Ce qui est sûr, c’est la nécessité de s’adapter à un monde incertain et changeant. Et quoi de mieux qu’une main-d’œuvre agile et polyvalente pour affronter les prochains imprévus, quels qu’ils soient ?

recommandations_rh_tourisme

Cet article provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

 

Source de l’image à la Une : Pexels 

Catégories
Ressources humaines

Pénurie de main-d’œuvre : d’une crise à l’autre

Impact de la pandémie sur la main-d’œuvre 

Selon le Conference Board du Canada, le tourisme au Québec aurait perdu plus de 100 000 de ses 400 000 emplois en 2020. Cela représente plus de 25 % des postes d’avant la crise sanitaire. Il est possible que les pertes d’emplois pour 2020 soient encore plus grandes, comme le souligne le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme. D’après le Conference Board, il faudra probablement attendre jusqu’en 2023 avant de récupérer l’ensemble des emplois. Ces spéculations s’appuient sur des hypothèses comme l’ouverture des frontières en 2021. Précisons que ces analyses ont été produites avant l’annonce des nouvelles mesures de confinement de l’automne. 

Les secteurs de la restauration et de l’hébergement sont particulièrement touchés. D’après les données publiées par Statistiques Canada, recueillies de la mi-septembre à la mi-octobre 2020, deux fois plus d’entreprises de ces secteurs ont licencié des employés que la moyenne nationale.  

Les défis à venir 

L’industrie touristique passe donc d’une situation où il n’y avait pas assez de travailleurs à une autre dans laquelle il n’y a plus assez d’emplois. Le problème de la pénurie de main-d’œuvre serait-il réglé ? Oui… mais non. Explications. 

D’après Anne Bourhis, professeure titulaire au Département de gestion des ressources humaines à HEC Montréal, la pandémie ne règle pas le problème de fond de la pénurie de main-d’œuvre. Elle n’élimine pas non plus ce qui la causait, par exemple : « le vieillissement de la population active, qui réduit le bassin de travailleurs disponibles et accroît les besoins dans certains secteurs ».  

À court et moyen terme : le difficile retour au travail 

Selon le bilan estival de l’enquête de la Chaire de tourisme Transat, concernant les impacts de la COVID-19 sur les organisations touristiques québécoises *, les enjeux connus en temps normal par l’industrie touristique en matière de ressources humaines ont persisté, voire empiré, pendant la crise économique et sanitaire. Plus de la majorité des répondants détenant un bassin d’employés confient avoir été préoccupés par le recrutement de leur main-d’œuvre. La PCU, probablement jugée attractive par les travailleurs, semble avoir compliqué les opérations de nombreuses entreprises.  

Selon RH Tourisme Canada, trois à six mois seront peut-être nécessaires pour que les entreprises redeviennent rentables et qu’elles puissent fournir un poste stable lorsqu’elles seront à nouveau autorisées à ouvrir leurs portes. L’organisme suggère de mettre sur pied un incitatif pour les travailleurs et les employeurs qui pourrait aider à faciliter le passage du soutien gouvernemental au retour à l’emploi. 

Un autre enjeu pouvant affecter la disponibilité de la main-d’œuvre en tourisme est le changement de vocation de nombreux travailleurs. La situation des derniers mois a démontré la précarité de plusieurs emplois dans l’industrie du voyage. D’autres vagues sont-elles à prévoir ou de nouvelles crises semblables apparaîtront-elles ? Il s’agit de questionnements qui peuvent contribuer à une réorientation de carrière. La perte de la main-d’œuvre qualifiée, c’est la disparition d’une expertise ou de la relève lorsqu’il sera temps de reprendre les activités. 

La perte de la main-d’œuvre qualifiée, c’est la disparition d’une expertise ou de la relève lorsqu’il sera temps de reprendre les activités. 

Il sera également intéressant de surveiller l’impact possible du nouveau Programme d’aide à la relance par l’augmentation de la formation qui vise à fournir une aide financière aux travailleurs affectés par la crise pour se requalifier ou acquérir de nouvelles compétences.  

À moyen et long terme : étudier en tourisme, est-ce toujours une bonne idée ? 

La pandémie aura un effet sur la disponibilité de la main-d’œuvre qui sortira de l’école. Lorsque la crise sera derrière nous, l’industrie aura besoin d’une relève efficace, compétente et motivée à participer à la relance. Sera-t-elle au rendez-vous ? 

L’enseignement virtuel et à distance a aussi une répercussion sur les étudiants actuels. À titre d’exemple, l’accès aux stages devient difficile. La présence physique est fortement limitée et contrôlée par les mesures sanitaires. De plus, beaucoup d’entreprises sont fermées temporairement et possiblement définitivement.  

Miser sur la polyvalence et garder des liens forts avec ses partenaires s’avèrent des ingrédients de la réussite pour les établissements scolaires. Par exemple, l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec offre à ses étudiants une semaine de cours avec un enseignant d’une école étrangère et collabore avec des hôtels pour l’intégration de cas réels sur la gestion, l’approvisionnement et l’accueil en période de crise. 

Comme le suggère RH Tourisme Canada, il sera pertinent dans les mois et les années à venir de faire la promotion multisectorielle du tourisme comme domaine d’avenir. Tous les acteurs du milieu devront faire un effort collectif pour attirer une future main-d’œuvre afin de poursuivre et d’enrichir ses activités et de favoriser la croissance de l’industrie. 

recommandations

Cet article provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

 

Image à la Une : Pexels

Catégories
Produits et activités

Plein air : reconnaître la valeur de la nature

Tourisme de nature et d’aventure : un secteur gagnant

D’après l’enquête du ministère du Tourisme sur les intentions de voyage à l’été 2020, le tiers des vacanciers québécois estimait privilégier les attraits en nature plutôt que les grandes villes dans leur planification de séjour entre mai et octobre 2020. Le bilan estival de l’enquête de la Chaire de tourisme Transat, concernant les impacts de la COVID-19 sur les organisations touristiques québécoises, confirme ces observations. Les Québécois se sont rués hors des villes durant la saison estivale. Quelque 50 % des entreprises répondantes issues du secteur de la nature et du plein air ont indiqué que leur situation financière s’est améliorée entre les mois de juin et d’août.

D’après une entrevue avec la porte-parole de la Sépaq Mélanie Pageau à Radio-Canada le 23 juin 2020, la Société rapportait déjà une vente totale de 140 000 laissez-passer annuels, dont 123 000 ont été achetés après la mise en ligne du rabais de 50 % le 22 juin. Elle enregistrait aussi une hausse de réservations de 11 % dans ses 7740 emplacements de camping par rapport à la même période l’an dernier (22 juin au 31 octobre). Dans une conférence à l’automne 2020, Parcs Canada affirmait avoir reçu un nombre de visiteurs plus élevé qu’à l’habitude dans les territoires situés à moins de 2 heures des centres urbains.

Le secteur a connu une hausse du nombre de pratiquants. D’après les résultats d’une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat à l’automne 2020, un voyageur québécois sondé sur trois affirme avoir augmenté sa fréquence de pratique d’activité de plein air à l’été 2020*. Quelque 14 % des répondants ont même déclaré être de nouveaux adeptes d’un sport ou d’une activité de plein air cet été.

un voyageur québécois sondé sur trois affirme avoir augmenté sa fréquence de pratique d’activité de plein air à l’été 2020

Tendances vers la pratique autonome

Tentes et embarcations nautiques non motorisées en rupture de stock, files d’attente devant les magasins, hausses des prix… En 2020, les Québécois se sont arraché les articles de sports et de loisirs extérieurs. Sans surprise, plus de la moitié (54 %) des voyageurs québécois ayant intensifié la pratique d’un sport ou d’une activité en plein air à l’été 2020 ont affirmé s’être procuré de l’équipement à cet effet. Parmi ces acheteurs, quelque 37 % ont investi moins de 250 $ en matériel alors que 63 % ont dépassé ce montant. Fait intéressant, 70 % d’entre eux ont indiqué que ces nouvelles acquisitions auront une influence sur les choix de destinations de leurs prochains séjours ou excursions touristiques. (lire aussi : Transformation des habitudes des consommateurs).

Cette tendance se confirme au sein de l’industrie du plein air canadienne. D’après la firme Statista, le revenu global associé à la vente de matériel de plein air en ligne a bondi de plus de 20 % au pays, une hausse spectaculaire par rapport aux années précédentes (voir graphique). Statista émet toutefois des projections régressives, pour un retour à une croissance annuelle d’environ 5 % en 2025, soit au même niveau qu’en 2018.

statista_covid-19

Cette tendance se remarque aussi du côté de la vente de véhicules récréatifs (VR). La plate-forme RVshare, aux États-Unis, constate une importante hausse de la location de VR entre particuliers. En 2020, son chiffre d’affaires a doublé par rapport aux sept années précédentes. Entre 2013 et 2019, un million de jours réservés étaient enregistrés, alors que l’entreprise a recensé deux millions de jours loués entre juillet 2019 et septembre 2020. La compagnie canadienne de location de VR RVezy a elle aussi vu le nombre de ses réservations augmenter de 800 % pour la période estivale 2020.

Reconnaissance accrue des bienfaits de la nature

Ces modulations récentes de l’offre et de la demande dans l’industrie du plein air reflètent-elles seulement la sujétion des Canadiens aux restrictions sanitaires ? Pourraient-elles témoigner d’une reconnaissance générale quant au rôle de la nature sur le bien-être ? Un sondage produit par l’organisme les Amis des parcs en juin 2020 auprès de 1600 citadins canadiens révèle que 70 % des répondants « déclarent que leur intérêt pour les parcs et les espaces verts a augmenté depuis le début des mesures de confinement ». Parcs Canada a également partagé les résultats d’une enquête réalisée en octobre 2020, dénotant que 80 % des Canadiens sondés ont indiqué que la réouverture des parcs nationaux était importante pour leur santé mentale.

Cette reconnaissance s’étend jusqu’à la réflexion concernant la relance. Le Groupe de travail pour une reprise économique résiliente, composé de 15 Canadiens issus du milieu des affaires et de la politique, recommande parmi les cinq actions prioritaires « d’investir dans la nature qui nous protège et pourvoit à nos besoins ». Il suggère notamment au gouvernement canadien d’investir deux milliards de dollars « dans les infrastructures naturelles » durant les cinq prochaines années.

plein_air_recommandations

*L’enquête portant sur les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique québécoise est une étude menée en trois volets, d’avril à septembre 2020 par la Chaire de tourisme Transat en partenariat avec le ministère du Tourisme, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec et les associations touristiques régionales et sectorielles.

Cet article provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

Source de l’image à la Une : Unsplash

Catégories
Faits et chiffres

Le Réseau de veille en tourisme veut vous entendre !

La pandémie a mis en lumière la réactivité et la créativité de l’industrie touristique. Les restrictions causées par les mesures sanitaires et l’absence de la clientèle internationale ont poussé les organisations à penser en dehors de la boîte.

Merci de bien vouloir partager vos bonnes pratiques ici. 

Vos réponses pourraient alimenter les contenus du Réseau de veille et inspirer les organisations en ces temps particulièrement difficiles. 

Merci de votre participation!

Catégories
Enjeux Faits et chiffres

Performance touristique : un été à saveur rurale

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec le ministère du Tourisme, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec et les associations régionales et sectorielles, a suivi de près les répercussions de la COVID-19 sur l’industrie touristique grâce à une série de trois enquêtes.

Les résultats présentés ci-après proviennent de la collecte en ligne réalisée du 14 au 24 août dernier auprès de 1 210 organisations touristiques québécoises.

 

Ils mettent en perspective la situation des répondants, tous secteurs confondus, dont les activités sont principalement basées :

  • en grand centre urbain (Montréal, Québec) ;
  • en milieu urbain, mais en région (Sherbrooke, Trois-Rivières, Chicoutimi, etc.) ;
  • en milieu rural.

Tous les milieux étaient prêts  

De la ville à la campagne, la majorité des organisations étaient prêtes pour la saison estivale. Les régions montraient toutefois une part plus importante d’entreprises en exploitation que les grandes villes.

activite-ete

Une rétention d’employés variable par rapport à 2019

Globalement, les entreprises en activité cet été et ayant un bassin de ressources humaines ont assuré la rétention de 74 % de leurs employés, en moyenne. La répartition géographique dévoile toutefois certaines différences. Les répondants des grands centres urbains comptaient en moyenne 56 % de leur main-d’œuvre active par rapport à 2019 tandis que ces proportions sont plus élevées pour les villes en région (74 %) et le milieu rural (80 %).

performance_touristique_ete

L’appel du grand air  

Le besoin de connexion à la nature était fort pour plusieurs Québécois en sortie de confinement et le milieu rural l’a bien ressenti. La majorité de ces entreprises (57 %) mentionnent que le nombre de visiteurs accueillis a dépassé les attentes anticipées et près d’un quart (23 %) indiquent avoir battu leurs statistiques de fréquentation de l’été 2019. Le tiers (33 %) envisagent même de faire des bénéfices, comparativement à 20 % des répondants situés dans une ville en région et seulement 7 % dans les grands centres.

En général, les entreprises estiment atteindre 63 % de leur chiffre d’affaires de 2019, en moyenne, pour l’été 2020. Par catégorie, les répondants situés en milieu rural ont empoché l’équivalent de 72 % de leurs revenus de la dernière saison estivale, comparativement à 59 % pour ceux des villes et 33 % pour les grands centres. Ces derniers subissent des pertes considérables ; 71 % mentionnent avoir réalisé moins de la moitié de leur chiffre d’affaires, dont 48 % qui ne dépassent pas le quart des ventes réalisées l’été dernier.

chiffre-d-affaires

La détresse financière dans les grands centres urbains

Environ 69 % des répondants des régions s’attendent à couvrir leurs frais ou faire des bénéfices à l’été 2020. À l’inverse, 65 % des organisations situées dans les grands centres urbains comptent opérer à perte cet été, parmi lesquels 27 % estiment le déficit à un million de dollars et plus.

Fait inquiétant, 83 % des répondants établis à Montréal ou à Québec, et qui bénéficient d’au moins un programme d’aide gouvernementale, craignent de faire face à une fermeture en l’absence d’aides supplémentaires. Cette proportion s’élève à 40 % en région.

Les préoccupations sont palpables dans tous les milieux. Les gestionnaires des grands centres sont toutefois plus nombreux à se soucier de leur situation financière (liquidités, endettement, pertes) que leurs pairs. Près de trois répondants des grandes villes sur cinq (57 %) mentionnent que la santé financière de leur organisation s’est détériorée depuis juin, comparativement à 29 % des répondants opérant en région.

Un avenir teinté par l’évolution de la situation ?

Les perspectives sont plutôt sombres du côté des grands centres urbains. Près de sept organisations sur dix (68 %) ne prévoient pas une reprise normale de leurs activités avant l’été 2022, comparativement à la même proportion en milieu rural qui anticipent un retour à la normale de leurs opérations d’ici un an.

Plusieurs difficultés guettent encore l’industrie. Toutefois, une partie de l’économie touristique a su tirer son épingle du jeu cet été. La (re)découverte du territoire par les Québécois aura permis de créer un réseau d’ambassadeurs, notamment pour les secteurs du plein air et de l’agrotourisme.

Pour en savoir plus, consultez les faits saillants du 3e volet de l’enquête portant sur l’impact de la COVID-19 sur les organisations touristiques québécoises. 

 

Image à la une : Pexels

Catégories
Faits et chiffres

Une saison touristique estivale polarisée, mais encourageante malgré le contexte

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis mars 2020, le ministère du Tourisme et la Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec l’Alliance de l’industrie touristique du Québec et les associations régionales et sectorielles, se sont hautement intéressés aux répercussions de la COVID-19 sur les organisations touristiques québécoises. Après avoir documenté les premiers impacts de la crise en avril dernier, puis sondé l’évolution de la situation à l’aube de l’été 2020, le troisième volet de cette étude provinciale a voulu dresser un portrait hâtif de la saison estivale. Un sondage en ligne mené du 14 au 24 août dernier a permis de sonder 1 210 organisations touristiques québécoises.   

Malgré une fébrilité et une anticipation certaine en début de saison, le bilan révèle que la moitié des répondants (51 %) se disent plutôt satisfaits de leur été, particulièrement ceux situés en périphérie des grands centres. Ce sentiment est toutefois partagé, car le tiers des organisations se déclarent plutôt insatisfaites de la tournure de l’été.  

Comparé à la saison estivale 2019, les répondants jugent en moyenne avoir obtenu 70 % de leur achalandage et enregistré 63 % de leur chiffre d’affaires. Les enjeux financiers sont toujours préoccupants, mais 65 % de l’ensemble des répondants constatent une stabilisation ou une amélioration de leur santé financière comparativement au début de l’été. En juin dernier, seulement 4 % des entreprises en opération estimaient pouvoir générer des profits au terme de la saison. Cette proportion s’élève maintenant à 26 %. 

La prestation canadienne d’urgence est jugée avoir compliqué les opérations de nombreuses entreprises. Ainsi, 61 % de celles qui se sont prononcées sur des enjeux liés aux ressources humaines disent avoir été préoccupées par le recrutement de personnel dans ce contexte, et 52 % par la rétention de leur main-d’œuvre.  

Grâce à la générosité des organisations ayant partagé leurs impressions, les informations recueillies permettront d’alimenter la réflexion liée aux prochaines actions. 

Pour en savoir plus, consultez les faits saillants du 3e volet de l’enquête portant sur l’impact de la COVID-19 sur les organisations touristiques québécoises. 

 

Catégories
Produits et activités

Adaptation en temps de pandémie : le cas Ultra-Trail Harricana

Créativité et solidarité d’une communauté

Le sport, l’ensemble de ses acteurs et l’industrie du plein air ne sont pas épargnés par la pandémie de la COVID-19. Au Québec, le secteur en plein essor du trail-running — ou de la course en sentier — a tenté de faire face à cette situation en étant solidaire, uni et innovant dans les réponses apportées à la crise. Attentifs aux relations qui unissent les événements de course en sentier et leurs territoires, nous prenons l’Ultra-Trail Harricana du Canada (UTHC) comme exemple d’événement sportif ancré dans son territoire, en évoquant comment ce dernier s’est ajusté face à la crise de la COVID-19. Il s’agit également de mettre en lumière le potentiel que recouvrent ces événements sportifs pour l’industrie du plein air au Canada en tant que secteur d’avenir.

Le milieu de l’événementiel sportif à travers le monde a été durement impacté par la crise du fait des multiples mesures d’interdiction de la tenue d’événements avec un public nombreux (jusqu’à la mi-juillet en France et au 31 août au Québec). C’est donc l’ensemble du champ sportif qui a vu ses activités suspendues : des plus grandes compétitions annulées ou reportées (Jeux olympiques, NBA, Euro-2020, UEFA Champions League, Rolland Garros, Formule 1, etc.) jusqu’aux championnats ou événements amateurs ayant une emprise territoriale plus restreinte. Le secteur des événements de course à pied est lui aussi victime de cette situation et l’intégralité des rassemblements et des épreuves en France et au Québec a été interrompue durant la période du confinement.

Un succès en plein air

L’Ultra-Trail Harricana du Canada n’est pas, pour le moment, une victime collatérale de la crise de la COVID-19, l’événement ayant lieu chaque année au mois de septembre. Il n’en reste pas moins que sa tenue n’est pas garantie tant qu’une solution pérenne n’aura été trouvée pour répondre aux mesures sanitaires en vigueur. L’UTHC constitue un exemple d’adaptation dans une période de grande instabilité.

Les courses se déroulent au cœur de la forêt dans une réserve naturelle protégée et classée par l’UNESCO. Les parcours suivent les pistes de ski de fond du centre du Mont Grand-Fonds, traversent Charlevoix, ainsi que le Parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie[1]. En quelques années, cet ultra-trail est devenu un événement incontournable de la course en sentier au Canada et dans le monde (étape officielle de l’Utra-Trail World Tour/UTWT).

Gérer la crise et appliquer ses valeurs

Avec la pandémie de la COVID-19, l’UTHC a été confronté à l’enjeu de la communication en temps de crise auprès de sa communauté de pratiquants et d’adeptes. L’organisation a pris le parti de la transparence. Sa directrice générale, Marline Côté, s’est exprimée librement sur ses doutes et ses appréhensions dans la presse : « Au cours des derniers mois, l’équipe de l’Ultra-Trail Harricana a vécu beaucoup d’étonnement, d’incrédulité, et de difficulté à comprendre ce qui se passe (…) On a dû passer en mode solution. On a réfléchi à des plans B pour traverser une éventuelle annulation qui aurait été difficile » (Côté, 2020, en ligne).

L’UTHC a également réussi à se mobiliser et à se recentrer autour de ses valeurs fondatrices : la solidarité et l’entraide. En effet, les instigateurs décidèrent initialement de créer l’UTHC pour soutenir l’un des leurs, atteint de la sclérose en plaques. Depuis ses débuts, l’organisation a réussi à récolter plus de 200 000 $ en faveur de la Société canadienne de la sclérose en plaques (SCSP). La crise actuelle était donc pour la structure un instant de vérité pour mettre en pratique les valeurs défendues. C’est ainsi que l’UTHC a soutenu les producteurs et partenaires locaux de l’événement en incitant sa communauté à acheter en ligne leurs produits locaux.

« Un partenaire devrait être plus qu’un logo sur une affiche. C’est d’abord une relation humaine entre des gens qui partagent des intérêts et des affinités ». – Marline Côté (2020)

Au Québec, s’unir et s’adapter

Après l’annonce du gouvernement du Québec de l’annulation des événements jusqu’au 31 août 2020, les organisateurs de course en sentier du Québec se sont réunis. Ce sont ainsi une dizaine d’entre eux qui réfléchissent collectivement aux solutions à mettre en œuvre. Ils essaient alors de penser aux adaptations possibles permettant de garantir le respect de la distanciation physique et la sécurité sanitaire des participants. Être solidaire, c’est donc se soutenir entre événements et ne pas se mettre délibérément en situation de concurrence à l’image de ce qui peut se passer en France. Dans l’Hexagone, le report des dates de plusieurs marathons à l’automne a entrainé des conflits d’horaires entre plusieurs événements. Au Québec, les résultats des échanges entre organisateurs permettront finalement de rassurer les futurs participants sur le fait que les compétitions pourront reprendre de façon sécuritaire.

Comment envisager l’édition 2020 d’une course en sentier et les suivantes ? Comment conserver ce lien à la communauté de pratiquants et au territoire ? Pour se prémunir face à l’évolution incertaine de la pandémie, les plus courtes distances (5 km, 10 km et 28 km) ont été annulées et les grandes distances maintenues (65 km, 80 km et 125 km). Pour compenser la suspension des plus courtes distances, celles-ci ont été offertes durant l’été grâce à l’opération estivale du club « Harricana tout l’été ». En s’inscrivant, les participants peuvent relever le défi du « Loup solitaire Harricana Lone Wolf 28 km et 10 km ». Celui-ci donne aux concurrents la possibilité de venir courir dans l’environnement de course habituel qui est balisé pendant toute la saison estivale (du 27 juin au 13 septembre 2020) en respectant les règles sanitaires des autorités. Les temps sont enregistrés grâce aux traces GPS partagées par les participants, ce qui permettra d’établir un classement et d’organiser une finale la semaine de la tenue de l’UTHC en septembre 2020. En définitive, cette initiative offre à l’UTHC l’occasion de soutenir la région de Charlevoix en promouvant le territoire et sa forêt comme destination touristique et sportive malgré la crise de la COVID-19.

La course en sentier : une ressource territoriale au service du tourisme

Plus ces événements sportifs grandissent et gagnent en popularité, plus ils contribuent à promouvoir les territoires où ils se déroulent. En ce sens, les liens entre un événement de course de pleine nature et son territoire ne sont plus à prouver. Comme l’a bien démontré le sociologue O. Bessy dans ses travaux sur l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB®), ce type d’événements apporte trois niveaux d’effets différents dans leur relation aux territoires d’accueil. Premièrement, ils génèrent de la fréquentation et permettent de faire rayonner un territoire en contribuant à sa notoriété (Axe 1). Deuxièmement, ils créent ou confortent une destination touristique (Axe 2). Troisièmement, ils participent à l’imagerie du lieu et aux représentations associées à cet espace (Axe 3).

Au niveau économique, devant l’affluence et la popularité que connaît la course de sentier à travers le monde, dont au Québec, les retombées peuvent être substantielles pour le territoire, pour ses acteurs ainsi que pour l’événement. En France, là où l’engouement pour le trail a pris une longueur d’avance, les retombées économiques peuvent être très importantes et s’évaluer en milliers, voire en millions d’euros pour les plus grands ultra-trails. À titre d’exemple, voici une estimation des retombées pour certains grands événements :

Il faut considérer que ces épreuves diffèrent souvent des courses sur route. Les longues distances imposent une logistique et un temps de présence plus conséquent sur place, les participants étant souvent accompagnés lors des courses et de leur séjour.

En définitive, la crise de la COVID-19 représente un instant privilégié d’observation et de mise à l’épreuve des liens qui unissent les événements de course en sentier comme l’UTHC, leur territoire d’appartenance (la région de Charlevoix) et le secteur dans le lequel ils s’insèrent socioéconomiquement (le milieu de la course en sentier). L’engouement pour le trail-running au Québec représente une occasion pour les territoires et plus largement pour l’industrie du plein air de bénéficier des retombées générées par ce secteur d’avenir. La solidarité et l’organisation dont ont réussi à faire preuve les organisateurs de courses à pied et de trails au Québec au cœur de cette crise témoignent des valeurs véhiculées par ce sport. Contrairement à d’autres types d’événements sportifs, l’UTHC illustre donc le succès des courses en sentier à conjuguer trois notions qui apparaissent parfois contradictoires : développement durable, territorial et économique.

Remerciements : Les auteur(e)s remercient l’Ultra Trail Harricana et Marline Côté — directrice générale de l’événement — pour leur précieuse collaboration.

Image à la une : https://unsplash.com/photos/8TJbrQGKFyU

 

Présentation des auteurs : Mathilde Plard et Aurélien Martineau

Mathilde Plard, chercheuse en France au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et Aurélien Martineau, postdoctorant à l’Université d’Angers ont pour objet de recherche la course en sentier à travers la France et le Québec. La pandémie de la COVID-19, période de crise sanitaire mondiale inédite, a représenté un temps d’observation privilégié pour leurs recherches. Ils ont analysé les dynamiques à l’œuvre dans le secteur de l’événementiel sportif et de la course de pleine nature en s’intéressant particulièrement à l’évolution des relations entre les territoires, les événements sportifs, le tourisme d’aventure et l’industrie du plein air.

[1] https://mathildeplard-observatoirededistances.com/ultra-trail-harricana-du-canada-uthc/