Catégories
Segments de clientèles

Intentions des voyageurs financièrement plus résistants

Pour mieux comprendre les comportements de voyage, la Chaire de tourisme Transat a mené une enquête en ligne auprès de 1002 voyageurs québécois du 30 octobre au 6 novembre 2023. Près de la moitié (47 %) des personnes sondées sont neutres ou ne se déclarent pas freinées par le contexte économique actuel. Aussi, plus du tiers (34 %) affirment que le voyage demeure une dépense prioritaire de leur budget.  

Ces voyageurs, que l’on peut qualifier de financièrement résistants, figurent tout naturellement parmi les plus positifs quant aux intentions de séjours pour 2024, du moins, en ce qui a trait aux déplacements en dehors de la province. Le sondage réalisé par la Chaire de tourisme Transat permet de cerner les intentions touristiques des voyageurs québécois. Qu’il s’agisse de ceux qui considèrent le voyage comme une dépense prioritaire ou des répondants qui affirment ne pas être freinés par le contexte économique actuel, le portrait est assez similaire. Dans les deux cas, ils enregistrent des proportions plus élevées que les autres voyageurs pour de nombreux éléments liés à leurs futurs déplacements. Ils ont notamment l’intention d’augmenter la part de leur budget consacrée aux voyages en 2024. 

Voyager plus

Globalement, la considération à l’égard des destinations varie. Bien que le Québec fasse partie des choix envisagés par les répondants pour lesquels le voyage est une dépense prioritaire (76 %), il l’est moins que pour les autres voyageurs (88 %). Voici d’autres éléments sur lesquels ces répondants se distinguent.  

Ils sont plus enclins que les autres à envisager un voyage d’agrément aux États-Unis en 2024 (37 % c. 17 % parmi ceux pour lesquels le voyage n’est pas une dépense prioritaire) ou encore à planifier un voyage d’agrément ailleurs au Canada en 2024 (32 % c. 26 %). 

L’infographie suivante illustre qu’une bonne part des voyageurs qui ne se sentent pas freinés par le contexte économique actuel ont l’intention de voyager davantage en 2024.  

Voyager au Québec : s’offrir un luxe accessible ?

Les voyageurs des marchés internationaux plus résistants aux fluctuations économiques trouveront certainement leur compte au Québec. Ces voyageurs à la recherche d’une culture riche et unique, d’expériences mémorables et de produits de qualité seront en effet bien servis. De plus, le taux de change avantageux constitue certainement une plus-value en contexte inflationniste. Les efforts marketing et les propositions séduisantes pour le marché québécois du segment des voyageurs plus résistants financièrement doivent être orientés vers la qualité des prestations et des expériences, vers les possibilités de dépaysement et d’enchantement ainsi que vers des offres avantageuses hors saison. 

Image à la une : Adobe Stock 

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

Catégories
Segments de clientèles

Les voyageurs québécois face au contexte économique et climatique

Le contexte inflationniste qui tend à se poursuivre en 2024 poussera certaines personnes qui souhaitent continuer de voyager à réagir et à trouver des alternatives. C’est le cas pour les voyageurs québécois ayant mentionné à la Chaire de tourisme Transat lors d’un sondage effectué en novembre 2023 que le contexte économique représentera un frein pour leurs voyages en 2024. Ils seront nombreux à chercher des solutions et à faire des compromis pour être en mesure de continuer à s’évader (voir l’infographie). 

Des comportements plus économes pourraient donc être observés chez ces personnes. Par exemple, 50 % des sondés envisagent choisir des hébergements et des restaurants plus abordables qu’à l’habitude (contre 30 % du reste de l’échantillon). Une part semblable de répondants songe limiter les repas au restaurant lorsqu’ils seront en voyage (contre 27 %) alors que 40 % passeront plus de temps à magasiner pour dénicher de bonnes affaires (contre 32 %).  

Les forfaits, les offres groupées ou les programmes de fidélisation offrant des rabais et des avantages sont des astuces qui peuvent soulager les consommateurs touchés par la hausse des prix. 

L’influence des événements météorologiques extrêmes

Le même sondage effectué par le Chaire de tourisme Transat en novembre dernier révèle que 36 % des voyageurs québécois considèrent que les événements météorologiques de la dernière année influenceront la planification de leurs voyages en 2024. Mais comment ?  

Deux scénarios sont envisageables. D’un côté, il pourrait être possible de constater une montée des réservations de dernière minute. C’est d’ailleurs un comportement déjà observé par les organisations touristiques. L’enquête trimestrielle effectuée par la Chaire de tourisme Transat pour le compte du ministère du Tourisme du Québec montre que 50 % des entreprises touristiques québécoises considèrent que les réservations de dernière minute (sept jours et moins) étaient en hausse à l’été 2023 par rapport au trimestre précédent. D’un autre côté, certaines personnes envisageront peut-être les voyages hors saison pour éviter les fortes chaleurs ou les feux de forêt de plus en plus présents l’été. À cet effet, 35 % des voyageurs québécois sondés par la Chaire prévoient être davantage flexibles par rapport à leurs dates de voyage en 2024.  

Avec la croissance des effets des changements climatiques, les réservations de dernière minute et les vacances hors saison s’insèreront-elles de plus en plus dans les habitudes des voyageurs québécois ?  

Il va sans dire que le voyageur est bousculé ; la situation économique le force à faire des compromis et à rechercher des aubaines, tandis que le contexte climatique lui demande d’être réactif et de modifier ses projets de voyage, voire sa façon de voyager. Ces circonstances obligeront les prestataires touristiques, ainsi que les destinations, à être imaginatifs et conciliants. 

Image à la une : Pexels  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.   

Catégories
Performance

Portrait des emplois dans les secteurs touristiques en 2023

Le ministère du Tourisme du Québec dévoile un tableau de bord des emplois associés aux secteurs du tourisme pour 2023. Celui-ci offre un aperçu exhaustif des indicateurs clés relatifs à l’emploi dans les secteurs affiliés (divertissements et loisirs, hébergement, restauration, transport et voyages) ainsi que dans les différentes régions québécoises. Parmi les variables présentées, on retrouve notamment les suivantes :  

  • La tendance mensuelle de l’emploi ; 
  • La récupération des emplois depuis 2019 ; 
  • Les rémunérations moyennes ; 
  • La distribution géographique des emplois.

L’état des emplois dans les secteurs associés au tourisme 

En 2023, le nombre d’emplois a connu une croissance de près de 15 % (équivalent à 406 938 emplois) par rapport à 2022. Cette augmentation a été principalement observable en début d’année, avec un pic au premier trimestre, avant de diminuer peu à peu.  

Source : Statistique Canada, tiré du site du Gouvernement du Québec

Le nombre d’emplois s’est presque aligné sur celui de 2019, atteignant 99 % de ce dernier.  

Cependant, cette résurgence n’a pas été uniforme à travers la province ; six régions administratives se sont distinguées en surpassant les niveaux d’emploi de l’époque prépandémique de 2019. En effet, la Montérégie et Laval ont pris les devants avec une récupération de 110 %, suivies par Chaudière-Appalaches à 106 %, l’Outaouais à 105 %, Montréal à 104 %, et l’Estrie à 103 %. Ces chiffres témoignent d’une certaine vitalité et d’une adaptabilité des secteurs touristiques. 

Source : Statistique Canada, tiré du site du Gouvernement du Québec

 

Quelques 40 % des emplois dans les secteurs touristiques sont des postes à temps partiel 

Ce pourcentage équivaut à plus du double de celui observé dans l’ensemble des industries québécoises (19 %). Le secteur de la restauration compte pour plus de la moitié (55 %) de ses emplois à temps partiel. Les régions du Centre-du-Québec et de Chaudière-Appalaches présentent des proportions particulièrement élevées avec respectivement 59 % et 57 %.  

Les salaires augmentent, mais des disparités significatives persistent entre les différents secteurs touristiques et les régions 

Le salaire moyen des emplois dans les secteurs liés au tourisme a grimpé de manière continue depuis 2016, culminant à 24 $ de l’heure en moyenne en 2023. Montréal se démarque avec le salaire horaire moyen le plus élevé à 27 $, tandis que Chaudière-Appalaches présente le salaire moyen le plus modeste à 19 $ de l’heure.  

Qu’en est-il des postes vacants ?  

Le pourcentage de postes vacants passe de 8% au deuxième trimestre, à 5,8% au troisième trimestre de 2023. Cette diminution rapproche les secteurs du tourisme de la moyenne de l’ensemble des industries au Québec, qui est de 4,3%. Malgré cette amélioration, le taux de postes vacants demeure plus élevé que la moyenne annuelle de 2019, qui était de 4,8%. Le secteur des arts, spectacles et loisirs a le taux le plus bas avec 2,5% alors que celui de la restauration enregistre le taux de vacance de le plus élevé (7,1%). En effet, c’est huit postes sur 10 qui proviennent de ce secteur, illustrant une forte demande dans cette branche.  

Source : Statistique Canada, tiré du site du Gouvernement du Québec 

 

Les salaires proposés 

Une tendance positive se dégage : les salaires moyens proposés ont augmenté depuis 2019, passant de 15 $ à 19 $ de l’heure en 2023. Ceci reflète une croissance salariale malgré le contexte économique.  

Cependant, les salaires restent inférieurs de 6 $ à ceux offerts en moyenne dans l’ensemble des industries du Québec. Le secteur de la restauration propose, quant à lui, la rémunération moyenne la plus basse, s’élevant à 17 $ de l’heure (en incluant les postes où les pourboires sont courants).  

Pour plus d’informations et une compréhension approfondie de ces données, veuillez consulter le tableau de bord du ministère du Tourisme du Québec.  

Image à la une : Pexels

Catégories
Segments de clientèles

Le voyage : une dépense prioritaire ?

Selon les informations récoltées par Destination Canada, les consommateurs à l’échelle mondiale accordent une part grandissante de leur budget aux expériences. En mars 2023, les dépenses associées à celles-ci avaient crû de 65 % par rapport à 2019 alors que celles dédiées aux biens enregistraient une hausse de 12 %. Par ailleurs, l’organisation de gestion de la destination soutient que pour 48 % de la population canadienne, les dépenses liées aux voyages constituent une priorité. Ainsi, malgré le ralentissement économique annoncé, une part élevée de voyageurs d’ici et d’ailleurs est déterminée à vivre des expériences touristiques. 

Des voyageurs financièrement résistants

Au Québec, les personnes pour qui les voyages comptent parmi les dépenses prioritaires représentent 34 % des voyageurs sondés par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023. Ils ont tendance à voyager plus souvent et à aller davantage à l’étranger que les autres. La plupart sont même d’avis que voyager joue un rôle important pour leur santé mentale.

Selon MMGY, le Canada figure en haut de la liste des destinations pressenties par ce segment de clientèle chez les Américains.  

Une étude menée par la firme MMGY à propos des voyageurs américains révèle aussi un segment caractérisé par une certaine résilience financière face à l’augmentation du coût de la vie. Ce marché, qui bénéficie de revenus plus élevés que la moyenne, compte tout faire pour ne pas sacrifier une activité qui figure au premier rang de ses préférences : le voyage. Selon l’enquête de MMGY, les voyageurs américains résilients financièrement font jusqu’à six voyages par année et dépensent plus de 300 $ US par jour par personne. Ils démontrent une ouverture d’esprit, sont passionnés par la découverte des cultures étrangères et sont habiles avec les technologies.  

Dépenser intelligemment

Si le contexte économique actuel n’est pas un frein à voyager pour la majorité de ces consommateurs, c’est aussi parce qu’ils prennent des décisions financières réfléchies. Selon l’étude américaine, ces voyageurs sont prêts à investir de l’énergie et du temps afin de dénicher des rabais. Ils adhèrent aux programmes de fidélité pour profiter des offres avantageuses. Ils ont aussi tendance à retourner vers les marques et les entreprises auxquelles ils font confiance.  

Ces voyageurs sont prêts à investir de l’énergie et du temps afin de dénicher des rabais. 

Les données de l’enquête réalisée par la Chaire auprès des Québécois indiquent des comportements similaires de la part des voyageurs résistants financièrement. En regard des voyages envisagés en 2024, une bonne part de ces résilients (42 %) mentionnent qu’ils seront plus flexibles quant à leurs dates de voyage ou encore qu’ils passeront plus de temps à magasiner pour dénicher de bonnes affaires (41 %). 

Comblés par la vie

Les Québécois qui correspondent à ce segment se distinguent des autres à plusieurs égards. La majorité d’entre eux sont des universitaires (55 % c. 39 %) avec un revenu par ménage de 100 000 $ et plus (53 % c. 41 %). Une forte proportion d’entre eux est âgée de 55 ans et plus (43 % c. 35 %), et est en couple sans enfant à la maison (46 % c. 38 %). Dans de plus fortes proportions que les autres Québécois sondés, ceux qui accordent une priorité aux voyages dans leur budget considèrent que leur vie correspond de près à leurs idéaux (79 % c. 65 %), qu’ils sont contents de leur vie, et que leurs conditions sont excellentes (84 % c. 71 %). Bref, ce sont des gens comblés. 

Voyager rend-il heureux ? Il semble y contribuer selon le segment des voyageurs résistants financièrement. La destination québécoise peut certainement s’inscrire dans cette prémisse, en tenant compte des attentes de cette clientèle exigeante. 

Image à la une : Adobe Stock 

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

Catégories
Tendances

L’appel du luxe en voyage

S’offrir un peu de luxe et se faire plaisir nourrit de plus en plus l’idée qu’on se fait d’une belle qualité de vie. Vivre une expérience gastronomique, faire du glamping, aller au spa, s’aventurer avec un petit groupe guidé en territoire éloigné, assister à un spectacle à grand déploiement ; la notion de « luxe » est très variable selon les points de vue. Le fait de voyager à l’étranger est aussi considéré par plusieurs consommateurs comme un luxe. 

Certains voyageurs québécois interrogés par la Chaire de tourisme Transat lors d’une enquête effectuée en novembre 2023 n’ont pas l’intention de mettre le couperet dans ces pratiques de luxe. En fait, 47 % des personnes sondées sont neutres ou ne se déclarent pas freinées par le contexte économique actuel. Elles sont d’ailleurs plus portées que les autres à ne pas chercher à adopter des comportements pour réduire le coût associé aux voyages (20 % c. 8 %). 

Près de la moitié des voyageurs québécois sondés par la Chaire de tourisme ne sont pas freinés ou sont neutres par rapport au contexte économique actuel. 

Se payer du « luxe » pour se faire du bien

Mais s’accorder du luxe n’est pas une exclusivité des plus fortunés. L’attrait des expériences exceptionnelles et mémorables se maintient alors que les consommateurs doivent faire face à des hausses de prix dans pratiquement tous les secteurs. Dans de nombreux cas, des compromis doivent être consentis sur d’autres dépenses, comme sur les biens matériels ou encore en choisissant de consommer des produits plus économiques au quotidien.  

Certains consommateurs chercheront à vivre des expériences mémorables, voire s’offrir du luxe, mais dans une formule plus abordable. Les attentes seront certainement élevées, compte tenu des sacrifices à faire.  

 Offrir l’aventure ++ aux 50 ans et plus

L’entreprise G Adventures développe une nouvelle série d’itinéraires guidés spécifiquement pour les adeptes de voyages d’aventure de 50 ans et plus à la recherche d’un certain confort, ou d’expériences plus luxueuses. Les composantes du séjour correspondent aussi aux valeurs associées à l’entreprise, c’est-à-dire de générer des retombées positives dans la communauté d’accueil, de bénéficier aux entrepreneurs locaux tout en minimisant l’impact environnemental. Il s’agit d’un positionnement qui contribue à sa renommée.  

La collection de séjours Geluxe propose ainsi aux voyageurs matures et actifs, la découverte de destinations par des activités d’aventure, des ateliers de cuisine locale, des séances de yoga dans des sites idylliques, le tout avec des hébergements d’expérience haut de gamme et de la restauration gastronomique. Évidemment, les tarifs sont fixés en conséquence. Cette nouvelle proposition prendra son envol dès mai 2024. Elle est issue d’une demande de la clientèle qui évolue avec l’entreprise, mais aussi du constat du vieillissement de la population et des attentes de celle-ci en matière d’expériences touristiques. G Adventures vient d’enregistrer sa meilleure performance financière depuis les 33 dernières années. 

Source : G Adventures 

Répondre aux attentes des clients qui choisissent la qualité avant le prix

Booking.com s’est penchée sur les attentes des clients « de luxe », soit ceux qui affirment choisir généralement des hébergements de qualité supérieure et dont le tarif occupe une importance secondaire. À cette fin, l’entreprise a réalisé un sondage auprès de 2795 de ses clients Premium résidant aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France et en Allemagne. Voici comment valoriser les composantes recherchées.  

D’abord, la qualité doit percoler à travers trois volets : faire ressortir son classement par étoiles, traiter sérieusement les avis en ligne et mettre en valeur la qualité du restaurant ou de son chef. La localisation joue également un rôle très important. Du moins, le voyageur « de luxe » doit constater qu’il y a plusieurs lieux d’intérêt et des restaurants de qualité dans les environs. Les équipements de bien-être, comme un spa, une salle de sport et une piscine sont dans les bonnes grâces de cette clientèle. La vue, le niveau de bruit et la décoration moderne l’interpellent aussi. Les hébergements fraîchement rénovés suscitent leur intérêt. La surveillance 24 heures, une assurance d’intimité par des entrées indépendantes, par exemple, sont aussi des facteurs gagnants. Enfin, la qualité du service passe par l’excellence de la nourriture, par des prestations personnalisées et par un accueil exemplaire. Ce sont tous des atouts recherchés par cette clientèle exigeante, selon l’étude de Booking.com. 

Source : Pexels  

Proposer du luxe accessible

Des compagnies aériennes rendent disponibles des places en classe affaires à des tarifs spéciaux. Ces options, en nombre restreint, prennent l’appellation « Business Class Light ». À la différence de l’offre classique, la version allégée ne donne pas accès aux salons d’aéroport ou aux autres avantages habituellement octroyés. Ainsi, des transporteurs, comme Qatar Airways, Finnair, Air France et KLM ont ajouté des tarifs de classe affaires light à leur palette d’options pour les voyageurs recherchant plus de confort. Voilà une belle façon de combler ou même d’aller au-delà des attentes d’une clientèle qui souhaite s’accorder un certain niveau de luxe, tout en lui donnant l’occasion de faire un choix raisonnable ou qui correspond à son budget. 

Source : AdobeStock 

Créer des expériences qui font du bien

Cette tendance à s’offrir du luxe n’est pas étrangère à celle du bien-être qui véhicule l’idée de l’importance de se faire plaisir, de se faire du bien. Cette notion est extrêmement variable d’un individu à l’autre, d’un segment de marché à l’autre. Qu’est-ce qui permettrait à votre offre de générer ce petit plus qui susciterait de l’engouement parmi votre clientèle ? Ou même chez de nouveaux marchés ! Serait-ce un service complémentaire ? Une activité extravagante ? Une offre culinaire exclusive ? À vous de voir !  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

Image à la une : Unsplash 

Catégories
Segments de clientèles Tendances

Le voyage, envisagé malgré l’inflation

Près du trois quarts des Québécois observent une dégradation de leur pouvoir d’achat causée par l’inflation. C’est l’un des constats du Baromètre annuel de l’Observatoire de la consommation responsable (OCR) de l’ESG UQAM. Cette hausse du coût de la vie entraîne beaucoup de gens (près de 54 %) à repenser, voire à réduire leur consommation. D’après la firme Nielsen IQ, cela se traduit notamment par la diminution du budget attribué à l’épicerie. 

La pression économique actuelle représente un défi qui préoccupe de nombreuses personnes. Une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023 auprès de voyageurs québécois consolide ce constat. Plus de la moitié des répondants (54 %) admettent que le contexte économique actuel constitue un frein pour leurs voyages dans la prochaine année. Or, cette proportion est la même que celle obtenue l’année dernière à la même période, indiquant une stabilité dans les réponses. 

Les voyageurs continuent de privilégier les voyages par rapport à d’autres catégories de dépenses discrétionnaires. 

Cela dit, malgré le contexte inflationniste, les Québécois sont pourtant nombreux à ne pas vouloir se priver de voyager. Toujours selon le sondage de la Chaire, 84 % des répondants qui mentionnent que la situation économique actuelle représente un frein au voyage jugent tout de même probable d’effectuer un séjour d’agrément en 2024. Dans un rapport publié à l’automne 2023, Destination Canada dresse le même bilan ; les voyageurs continuent de privilégier les voyages par rapport à d’autres catégories de dépenses discrétionnaires. 

La sensibilité au coût, une influence sur le bien-être ?

L’argent ne fait pas le bonheur… mais il semble y contribuer. Les répondants les plus sensibles aux coûts (représentant 20% de l’échantillon) mentionnent avoir vécu plus fréquemment que les autres des sensations négatives (22% d’entre eux contre 13% du reste de l’échantillon), des choses désagréables (21% contre 12%) ou de la colère (19% contre 10%) dans les quatre semaines ayant précédé le sondage de la Chaire. On observe donc un niveau de bien-être moindre chez les personnes davantage touchées par l’inflation. Mais qui sont-elles plus précisément ? (Voir l’infographie). 

En 2024, il sera d’autant plus important pour les destinations et les organisations touristiques de songer à répondre aux besoins des voyageurs les plus touchés par le contexte inflationniste. 

Malgré tout, 82% des répondants plus sensibles aux coûts envisagent tout de même un séjour d’agrément d’au moins une nuitée en 2024. Il sera d’autant plus important pour les destinations et les organisations touristiques de songer à répondre aux besoins de ces personnes qui n’auront d’autre choix que de couper dans certaines dépenses si elles souhaitent continuer à voyager. Comment procéder ? 

Deux astuces : la forfaitisation et la bienveillance

D’après l’enquête de la Chaire de tourisme Transat, plus d’un voyageur québécois sur trois (36%) mentionne qu’il passera plus de temps à magasiner pour dénicher de bonnes affaires. Les forfaits ou les offres groupées sont des astuces qui peuvent faciliter la planification des séjours des consommateurs touchés par la hausse des prix. Certaines destinations misent davantage sur l’inclusivité et la bienveillance pour s’ouvrir à une clientèle élargie. 

Le réseau de distribution Odalys Vacances fait profiter les clients de tarifs avantageux en proposant des forfaits à prix gelés, soit au tarif de l’hiver 2023. Leur offre « anti-inflation » est valide sur les séjours d’au minimum sept nuitées et disponible sur une sélection de résidences de tourisme durant tout l’hiver, même pendant les vacances scolaires (c’était aussi le cas durant le temps des Fêtes). L’objectif est de permettre aux familles de préserver leur pouvoir d’achat et de continuer à s’évader, malgré le contexte économique difficile. 

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

Image à la une : Pexels

Catégories
Segments de clientèles Tendances

Les six profils de voyageurs québécois de 2024

Le Cahier Tendances 2024 présente six tendances générales qui se déploient sous six profils de voyageurs. Il ne s’agit pas de persona ; chaque voyageur peut correspondre à plus d’un profil selon son enthousiasme face à l’intelligence artificielle ou selon les impacts de l’inflation sur son budget, par exemple. Ces profils doivent donc être perçus comme des indicateurs qui, ensemble, permettent d’effectuer une analyse globale du voyageur en 2024.  

 

Le voyageur bienheureux 

Même si visiter du pays n’est pas toujours reposant, cela lui fait du bien. D’ailleurs, juste l’idée de partir lui procure de la joie, de l’envie, de l’espoir. On dit de lui qu’il a la piqûre. Il qualifie le voyage de besoin. Il en retire des bienfaits qui le motivent à voyager un peu, beaucoup, énormément, à la folie. 

Le voyageur financièrement résistant 

 

Il ne s’empêche pas de voyager, son revenu discrétionnaire lui permet de le faire. Ses séjours font partie de son mode de vie. Il affiche une certaine résilience économique, mais ne lance pas son argent par les fenêtres pour autant. Il cherche les bonnes affaires, quitte à couper ailleurs pour se payer du luxe de temps à autre.

 

Le voyageur caméléon  

Une seule valise ne suffit pas pour contenir ses chaussures, car le sentier qu’il emprunte est éclectique. Il passe parfois sous le radar de ceux qui souhaitent le catégoriser. Pas surprenant, même lui ne sait pas tout à fait à quoi son profil correspond dans les cases qu’on lui propose. Que ce soit pour le travail ou pour l’agrément, il change les codes et demande à l’industrie touristique qu’elle s’adapte à ses couleurs.

 

Le voyageur bousculé 

Sa résilience et sa flexibilité ont été mises à rude épreuve depuis 2020. Aujourd’hui, il change ses plans selon les événements économiques et climatiques. Le contexte actuel comporte son lot d’embûches et le pousse à faire des compromis, à modifier ses projets de voyage ou à rechercher des aubaines. Tous les moyens sont bons pour assouvir son envie d’évasion !  

 

Le voyageur moderne

Il utilise régulièrement des outils numériques et est fort habile à s’en servir. On dit parfois de lui qu’il est avant-gardiste, sa curiosité le pousse à essayer les technologies émergentes comme l’intelligence artificielle pour planifier son voyage. Ses attentes envers les entreprises sont élevées et il s’interroge sur la protection de ses informations personnelles.

Le voyageur (ir)responsable

 

Il est sensible aux questions qui touchent l’avenir de notre planète. À l’affût des bonnes actions à poser, les changements climatiques le poussent à revoir certains de ses comportements. Pourtant, ses gestes ne traduisent pas toujours ses aspirations. Est-ce dû à un manque de volonté ? À une planification complexe, un manque d’offres cohérentes, des prix élevés ? 

 

L’équipe de la Chaire de tourisme Transat vous invite à parcourir son Cahier Tendances 2024  afin de mieux comprendre les particularités et le contexte dans lequel voyageront ces six profils de clientèle. 

Image à la une : Pexels

Source des icônes : https://www.flaticon.com/ 

Catégories
Destinations Tendances

Le tourisme : plus qu’une industrie

Quelle année ! Alors que la plupart des indicateurs touristiques suggèrent un retour à la vitesse de croisière atteinte en 2019, une certaine amertume, un inconfort qui s’apparente à de la culpabilité et de l’impuissance flottent dans l’air. Les événements météorologiques extrêmes de l’été dernier n’y sont pas étrangers. Ils ont contribué à une prise de conscience sur les effets des changements climatiques et sur ce qui nous attend dans les prochaines années. 

Réduire et faire mieux

L’industrie touristique repose sur les déplacements et le transport. Ces derniers font partie des principaux enjeux liés au réchauffement climatique. Les inondations et les feux de forêt nous ont rappelé l’urgence d’agir, l’urgence de réduire nos gaz à effet de serre. Et c’est vrai qu’il faut déployer des efforts colossaux pour limiter les conséquences néfastes du transport, pour diminuer la consommation énergétique et la production de matière résiduelle que peut générer le tourisme. Il faut tout mettre en branle pour guider les voyageurs vers des choix responsables. Il est essentiel de protéger les lieux, les cultures et les populations d’une fréquentation touristique trop intense. 

Des services et des parcs

Et cette transition vers un tourisme durable et responsable doit s’accentuer pour que les retombées positives, bien réelles, captent davantage l’attention et tiennent le haut du pavé. Bien sûr, le tourisme favorise le développement économique, notamment par les emplois qu’il génère. Pensons aussi aux infrastructures qui n’auraient pas vu le jour sans la présence récurrente de visiteurs. L’apport touristique a contribué et parfois même justifié la bonification de réseaux de transport collectifs, de services publics dans certaines destinations isolées, d’installations récréatives qui profitent finalement, et surtout, aux populations locales.  

Le tourisme est intimement lié à la création et à la conservation des parcs nationaux et autres sites naturels grâce aux dépenses des visiteurs qui permettent de financer l’entretien de ces lieux, ainsi que les aménagements pour les fréquenter. Ces sites sont aussi la démonstration d’une volonté de protéger la nature pour que tous puissent en profiter sans en altérer la beauté et la richesse. 

Une vitrine culturelle et des installations colossales

Les grands événements qui rythment la scène culturelle ou sportive à certains moments clés de l’année bénéficient de financement grâce à leur attractivité touristique. Les festivals en dépendent bien souvent. Même à petite échelle, ces événements sont vecteurs de dynamisme dans leur milieu et proposent une vitrine culturelle unique.  

Les legs des Jeux olympiques sont aussi des témoins probants de la valeur du tourisme. Et cet héritage, autrefois mal planifié, se prévoit de plus en plus, surtout dans un souci de maximisation des efforts et des ressources. Londres en témoigne avec son nouveau quartier résidentiel dynamique qui profite de grands espaces verts décontaminés grâce aux JO de 2012. Ceux de Paris à l’été 2024 sont d’ailleurs aussi pensés selon un plan de développement urbain à long terme.   

Des connaissances et de la fierté

Le tourisme est un formidable véhicule de la connaissance et de l’innovation. Il provoque des échanges culturels, des prises de conscience sur ce qu’il faut protéger et valoriser, des réflexions quant à l’identité de la communauté et des mœurs et coutumes qui la distinguent, bref le tourisme contribue à connaître le monde, mais aussi à mieux se connaître, à cerner nos valeurs et à développer notre fierté. Le tourisme, c’est plus qu’une industrie, c’est un phénomène indissociable de la nature humaine et qui a longtemps fait de nous des nomades.   

Votre Cahier Tendances 2024

Ce rappel me semble nécessaire pour amorcer l’année du bon pied. Et pour bien garnir votre coffre à outils, l’équipe de la Chaire de tourisme Transat s’est penchée sur le comportement des voyageurs et les tendances qui en découlent. L’édition 2024 du cahier propose ainsi une myriade de données exclusives collectées par la Chaire en novembre 2023 auprès de plus de 1000 voyageurs québécois. Chaque tendance est aussi documentée par l’exercice de veille réalisé en continu par l’équipe. Voilà un guide à lire et à consulter au besoin, pour stimuler vos réflexions, alimenter les discussions et appuyer vos décisions.  

Image à la une : Pexels

Catégories
Performance

Un été 2023 oscillant entre stabilité touristique et défis économiques

À chaque fin de trimestre, l’équipe de la Chaire de tourisme Transat mène, pour le compte du ministère du Tourisme, une enquête visant à mesurer et à suivre la performance de l’industrie touristique québécoise grâce à son panel La voix des pros. Les résultats clés de cette vague de l’étude (couvrant la période de juillet à septembre 2023) sont présentés ici. Ils suggèrent un maintien de l’achalandage touristique estival par rapport à l’été 2022, malgré un contexte inflationniste, un certain effacement de la clientèle québécoise, ainsi que des défis météorologiques et de main-d’œuvre. 

En comparaison avec l’année précédente, la moitié des entreprises sondées ont observé une hausse de l’achalandage estival (50 %), alors qu’un tiers constatent plutôt une baisse de celui-ci. Les répondants témoignent d’une disparité des observations concernant la clientèle québécoise : le tiers des participants rapportent chacun des mouvements contradictoires (en baisse : 33 % ; stable : 32 % ; en hausse : 35 %). La clientèle française se fait quant à elle plus remarquer, avec 42 % des entreprises signalant une augmentation de celle-ci. 

Les réservations de dernière minute s’affichent plus fréquentes qu’à l’été 2022. En effet, la moitié des répondants ont constaté une augmentation de celles-ci. Par ailleurs, 58 % estiment que les conditions météorologiques ont eu un effet négatif sur l’achalandage. 

Le quart des répondants qui offraient des postes saisonniers estivaux n’ont pas réussi à tous les combler.  

La hausse du chiffre d’affaires chez la moitié des entreprises sondées (49 %) est contrebalancée par l’augmentation significative des coûts d’opération (81 %) et des salaires (89 %), en résultant une réduction des marges bénéficiaires pour 56 % d’entre elles. Cette situation témoigne de l’inflation généralisée, poussant les entreprises à augmenter leurs tarifs (69 % d’entre elles).

En ce qui concerne le prochain trimestre, près de la moitié des répondants (45 %) s’attendent à un niveau d’achalandage similaire à celui de la fin de 2022, 30 % anticipent une diminution, et 25 % prévoient une augmentation. L’enthousiasme limité des entreprises peut être attribuable à une forme d’incertitude économique, ainsi qu’à une prudence générale face à la variabilité de l’achalandage observée. Ces résultats suggèrent que les entreprises doivent naviguer dans un environnement où la flexibilité et l’adaptation sont cruciales pour maintenir la rentabilité face à des facteurs externes fluctuants comme les conditions météorologiques et l’inflation.  

Source: création en interne 

Cette enquête trimestrielle est rendue possible grâce aux entreprises membres de notre panel La Voix des pros. Nous avons besoin de votre voix afin de suivre la performance de l’industrie touristique !  

Rejoignez-nous et répondez à nos enquêtes. Vous courrez la chance de remporter des prix de participation ! Toutes les entreprises touristiques québécoises sont invitées à s’inscrire au panel, en répondant d’abord à quelques questions. La prochaine enquête est prévue au mois de janvier 2024. 

 Image à la une : création en interne

Catégories
Gestion Tourisme durable

Un défi pour réduire le gaspillage alimentaire

Le gaspillage alimentaire représente un enjeu de taille pour les entreprises du secteur de la restauration. En plus d’entraîner des pertes monétaires importantes, il contribue à accentuer les effets des changements climatiques.

VisitScotland, en collaboration avec Zero Waste Scotland, a récemment mis de l’avant une initiative visant à soutenir les petits et moyens établissements aux prises avec cet enjeu. D’une durée de quatre semaines, le Food Waste Challenge consiste à réduire au maximum le gaspillage de nourriture, tant les déchets d’assiette, que ceux de préparation.

En s’inscrivant, les participants reçoivent une boîte à outils comprenant les différentes étapes du défi, ainsi que la marche à suivre pour chaque semaine :

– Première semaine: évaluation de la situation selon les données et les informations que détient le restaurant ;

– Deuxième semaine: évaluation de la performance en mesurant la quantité de déchets produits et leur provenance ;

– Troisième semaine: analyse des résultats afin d’identifier les possibilités d’amélioration et de réduction de coûts ;

– Quatrième semaine: élaboration d’un plan d’action pour comparer les coûts et les bénéfices de chaque solution et en évaluer la priorité.

Ils ont aussi l’occasion d’accéder gratuitement à des ressources d’experts en la matière. Les intéressés peuvent également obtenir une balance alimentaire commerciale les aidant à mesurer les quantités de déchets et à déterminer de quels types il s’agit. Au terme du défi, les restaurants participants sont invités à partager leur expérience sur les médias sociaux avec le badge illustrant le passage de l’épreuve.

La destination n’en est pas à sa première initiative en la matière. En 2022, VisitScotland lançait le projet pilote Hospitality Zero avec comme objectif d’aider gratuitement les entreprises du secteur de l’hôtellerie et de la restauration dans leur démarche de réduction des déchets alimentaires. Pour ce faire, l’OGD a fait appel à la société Mabbett pour la réalisation d’un diagnostic servant à évaluer la performance des pratiques en cuisine de six établissements de la région du Grand Glasgow. Les entreprises participantes ont reçu par la suite un plan d’actions ciblées, adapté à chacune d’entre elles.

Hospitality Zero a permis d’identifier des économies potentielles de 26 307 livres sterling (environ 45 000 $) allant de 2 000 à 9 000 livres sterling (3 400 $ à 15 300 $) par établissement ayant pris part au projet. Les solutions envisagées pourraient permettre d’éviter jusqu’à 13,5 tonnes de déchets alimentaires chaque année.

Une telle démarche est de plus en plus nécessaire dans un contexte climatique et économique qui influence le coût des aliments. Serait-ce envisageable au Québec ?

Image à la une : Pexels