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Portrait des emplois dans les secteurs touristiques en 2023

Le ministère du Tourisme du Québec dévoile un tableau de bord des emplois associés aux secteurs du tourisme pour 2023. Celui-ci offre un aperçu exhaustif des indicateurs clés relatifs à l’emploi dans les secteurs affiliés (divertissements et loisirs, hébergement, restauration, transport et voyages) ainsi que dans les différentes régions québécoises. Parmi les variables présentées, on retrouve notamment les suivantes :  

  • La tendance mensuelle de l’emploi ; 
  • La récupération des emplois depuis 2019 ; 
  • Les rémunérations moyennes ; 
  • La distribution géographique des emplois.

L’état des emplois dans les secteurs associés au tourisme 

En 2023, le nombre d’emplois a connu une croissance de près de 15 % (équivalent à 406 938 emplois) par rapport à 2022. Cette augmentation a été principalement observable en début d’année, avec un pic au premier trimestre, avant de diminuer peu à peu.  

Source : Statistique Canada, tiré du site du Gouvernement du Québec

Le nombre d’emplois s’est presque aligné sur celui de 2019, atteignant 99 % de ce dernier.  

Cependant, cette résurgence n’a pas été uniforme à travers la province ; six régions administratives se sont distinguées en surpassant les niveaux d’emploi de l’époque prépandémique de 2019. En effet, la Montérégie et Laval ont pris les devants avec une récupération de 110 %, suivies par Chaudière-Appalaches à 106 %, l’Outaouais à 105 %, Montréal à 104 %, et l’Estrie à 103 %. Ces chiffres témoignent d’une certaine vitalité et d’une adaptabilité des secteurs touristiques. 

Source : Statistique Canada, tiré du site du Gouvernement du Québec

 

Quelques 40 % des emplois dans les secteurs touristiques sont des postes à temps partiel 

Ce pourcentage équivaut à plus du double de celui observé dans l’ensemble des industries québécoises (19 %). Le secteur de la restauration compte pour plus de la moitié (55 %) de ses emplois à temps partiel. Les régions du Centre-du-Québec et de Chaudière-Appalaches présentent des proportions particulièrement élevées avec respectivement 59 % et 57 %.  

Les salaires augmentent, mais des disparités significatives persistent entre les différents secteurs touristiques et les régions 

Le salaire moyen des emplois dans les secteurs liés au tourisme a grimpé de manière continue depuis 2016, culminant à 24 $ de l’heure en moyenne en 2023. Montréal se démarque avec le salaire horaire moyen le plus élevé à 27 $, tandis que Chaudière-Appalaches présente le salaire moyen le plus modeste à 19 $ de l’heure.  

Qu’en est-il des postes vacants ?  

Le pourcentage de postes vacants passe de 8% au deuxième trimestre, à 5,8% au troisième trimestre de 2023. Cette diminution rapproche les secteurs du tourisme de la moyenne de l’ensemble des industries au Québec, qui est de 4,3%. Malgré cette amélioration, le taux de postes vacants demeure plus élevé que la moyenne annuelle de 2019, qui était de 4,8%. Le secteur des arts, spectacles et loisirs a le taux le plus bas avec 2,5% alors que celui de la restauration enregistre le taux de vacance de le plus élevé (7,1%). En effet, c’est huit postes sur 10 qui proviennent de ce secteur, illustrant une forte demande dans cette branche.  

Source : Statistique Canada, tiré du site du Gouvernement du Québec 

 

Les salaires proposés 

Une tendance positive se dégage : les salaires moyens proposés ont augmenté depuis 2019, passant de 15 $ à 19 $ de l’heure en 2023. Ceci reflète une croissance salariale malgré le contexte économique.  

Cependant, les salaires restent inférieurs de 6 $ à ceux offerts en moyenne dans l’ensemble des industries du Québec. Le secteur de la restauration propose, quant à lui, la rémunération moyenne la plus basse, s’élevant à 17 $ de l’heure (en incluant les postes où les pourboires sont courants).  

Pour plus d’informations et une compréhension approfondie de ces données, veuillez consulter le tableau de bord du ministère du Tourisme du Québec.  

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Réseaux de distribution Tourisme durable

Le réseau de distribution : des acteurs de changement

La position privilégiée occupée par les intermédiaires de voyages — entre la clientèle et les entreprises — facilite le partage d’outils et de compétences concrètes pour les voyageurs et l’industrie.  

Par exemple, de grands groupes ont mis en commun leur expertise, ressources et données afin de développer des solutions pour contribuer à rendre les voyages plus responsables. C’est notamment le cas de la coalition en tourisme durable Travalyst, fondée en 2019 et initiée par le Prince Harry. Booking.com, Ctrip, Skyscanner, TripAdvisor et Visa ont été les premiers à se lancer dans l’aventure. D’autres ont suivi comme Amadeus, le groupe Expedia et Google. Ces grandes sociétés, notamment issues du réseau de distribution, développent des référentiels et des standards pour l’industrie et aident la clientèle à avoir facilement accès à l’information.  

À ce jour, Google et Skyscanner présentent les émissions de gaz à effet de serre des vols aériens, au même titre que les tarifs. Les établissements d’hébergement peuvent, quant à eux, afficher leurs actions en développement durable sur les sites d’Expedia, Google et Booking.com. L’objectif est d’offrir une information standardisée, cohérente, transparente et facile à comprendre sur l’ensemble des plateformes afin d’aider le client à prendre des décisions éclairées sur tous les aspects du voyage, incluant les impacts sociaux et environnementaux. 

Le réseau de distribution constitue un joueur important de la transformation, car il a le pouvoir d’agir sur toute la chaîne de valeur, du fournisseur de services à la clientèle.

Transformer les modèles d’affaires

Les organisations touristiques subissent une pression importante pour devenir des citoyens corporatifs responsables. Du souci envers la qualité de vie locale aux attentes élevées de la clientèle, elles doivent aussi répondre à de nouveaux critères d’adhésion à des programmes de financement. Des acteurs du secteur de la distribution contribuent, par des approches innovantes ou par le transfert de connaissance, à augmenter le niveau de compétences des gestionnaires.  

En 2022, l’île grecque de Rhodes et la région de l’Égée méridionale ont créé un co-lab en tourisme durable en partenariat avec l’agence TUI Group et TUI Care Foundation. Les collaborateurs impliqués aspirent à devenir un exemple de transformation holistique à l’échelle d’une destination. Que ce soit par des actions en mobilité durable, en énergie renouvelable ou en agriculture locale, toute la chaîne d’approvisionnement à l’échelle de la destination sera étudiée afin de trouver des solutions communes pour les entreprises. Le projet se déroule normalement de 2022 à 2027. Toutefois, nul ne sait actuellement quelle forme prendra cette initiative considérant les impacts et conséquences anticipées des feux de forêt ayant eu lieu sur cette île à l’été 2023, que ce soit sur la faune, la flore, le paysage, les résidants et les entreprises touristiques.  

Développer les compétences

D’autres acteurs de ce secteur prennent les devants en matière de renforcement des compétences de l’industrie touristique. Par exemple, Expedia Group développe actuellement un nouveau programme avec The Travel Foundation à l’intention des organisations de gestion de la destination (OGD). Ces derniers offriront de la formation et des conseils pratiques afin que les OGD pavent la voie en matière d’action climatique et soient des catalyseurs de changements auprès de leurs membres. Destination Vancouver sera la première à tester ce nouveau programme.  

Quant à l’agence Intrepid, elle partage ses bonnes pratiques par la publication d’un guide en 10 étapes sur la décarbonation des organisations dans le secteur du voyage. Elle contribue ainsi à outiller les entreprises de plus petite taille. L’Association des agences réceptives et forfaitistes du Québec (ARF-Québec) a conclu un partenariat en 2022 avec la certification Travelife afin d’accompagner les membres du réseau dans une démarche de développement durable.  

Le réseau de distribution constitue un joueur important de la transformation, car il a le pouvoir d’agir sur toute la chaîne de valeur, du fournisseur de services à la clientèle. Son rôle d’influenceur est indéniable dans la sphère touristique.  

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Technologies Tendances

Quelles tendances animent les startups en 2023 ?

Chaque année, depuis 2017, les grands partenaires du MT Lab identifient des thématiques d’innovation prioritaires à partir desquelles ils s’appuient pour sélectionner les startups de l’incubateur. Ce processus permet de déceler les enjeux et les tendances prédominants selon ces acteurs. Voici quelques grands courants qui se démarquent, à la lumière des choix qui ont guidé le repêchage de la cohorte hiver 2023. 

Mobilité durable, un incontournable pour réduire les GES

Par sa nature, le tourisme engendre de nombreux déplacements, ce qui induit d’importantes émissions de gaz à effet de serre (GES). Le devoir de se tourner vers des transports actifs (marche, vélo), collectifs (autobus, train, métro) et d’augmenter la cadence de l’électrification des véhicules n’est plus à prouver. 

La mobilité partagée 

Selon l’analyse faite par McKinsey sur le secteur, la mobilité partagée pourrait augmenter rapidement au cours de la prochaine décennie.  

La mobilité partagée (ex. Covoiturage) devient également une option intéressante dans un contexte de réduction des GES. D’après le cabinet-conseil McKinsey & Company, les trois tendances sur lesquelles s’appuie la mobilité partagée sont : 

  • L’intérêt pour des propositions abordables (partage de la facture par plusieurs personnes) et pratiques (un service porte à porte) ;  
  • L’avènement des véhicules autonomes, qui consiste, pour le consommateur, à passer d’un mode conducteur à celui de passager. Dans un contexte de véhicule partagé, le cabinet-conseil mentionne l’arrivée de robots taxis et de robots-navettes; 
  • La volonté de se tourner vers la micromobilité pour faire face aux enjeux de congestion routière.  

Au MT Lab, une jeune pousse ajoute une solution dans le champ des possibilités des transports partagés. Il s’agit de Taxy Match qui, tel que son nom l’indique, permet le partage d’un taxi avec des personnes qui effectuent un trajet similaire.  

Source : Taxy Match 

Expériences sensorielles, pour mieux se connecter

L’envie et le besoin des voyageurs de se connecter à eux-mêmes, aux autres, à la nature, à un lieu et sa culture, ont fait l’objet d’une section entière du Cahier tendance 2023 de la Chaire de tourisme Transat. Au MT Lab, cela se traduit par la sélection de quatre startups qui gravitent autour de ce courant. 

Le bien-être, une tendance forte 

De nombreux rapports (Booking, Expedia, Hotels.com et Vrbo, American Express, etc.), annonçant les tendances de 2023, ont mentionné le grand intérêt des voyageurs pour des expériences qui favorisent divers types de connexions, dans une optique de bien-être. Selon le Global Wellness Institute, ce type de tourisme devrait croître en moyenne de 21 % par an jusqu’en 2025.​ 

La définition du bien-être évolue et la manière dont les consommateurs l’expérimentent prend aussi diverses formes et laisse place à une multitude de possibilités pour les entreprises qui désirent se positionner dans cet axe. Voici deux exemples de jeunes pousses qui s’illustrent dans le secteur. 

Paysages est un studio de création multimédia spécialisé en expériences immersives et contemplatives. Son offre consiste à rehausser l’atmosphère ambiante d’un lieu en créant des effets visuels et sonores qui génèrent un sentiment d’apaisement et d’harmonie auprès de son auditoire. La vidéo suivante présente un projet réalisé pour le Monastère des Augustines, soit une œuvre vidéo contemplative qui invite à ralentir et à s’imprégner de l’esprit du lieu.  

De son côté, Sérénité sonore allie la musique et le bien-être. L’entreprise propose des concerts dans des chaises suspendues dans une salle atypique à Montréal et aussi en forêt, sous les étoiles. La startup a également conçu un parcours numérique, déployé notamment au parc Marie-Victorin à Longueuil, composé de six haltes sonores comportant trois installations musicales distinctes : arbre-lyres, arbre-xylo et banc rythmé. À travers une application, les utilisateurs sont guidés par la voix et la harpe de l’artiste Annabelle Renzo.  

Source : Page Facebook de Sérénité sonore 

L’immersion, appuyée par la technologie

Depuis plus d’une décennie, la réalité augmentée (RA) est bien intégrée dans le milieu du divertissement et des attraits. Mais l’intérêt pour cette technologie s’est graduellement effrité. L’arrivée du métavers a secoué l’univers de la réalité mixte (réalité virtuelle (RV) et RA) et a eu pour conséquence de réactiver l’intérêt pour des expériences immersives numériques, et dans ce cas-ci, la RA. Son avantage : elle ne nécessite pas l’usage de casque de RV, ce qui la rend plus accessible.  

Avec sa solution 360 ELYSIUM, la startup MYTHOLOGI permet à ses utilisateurs de créer et de participer à des expériences de RA interactives. Sa technologie favorise la connexion au lieu et aux autres par la découverte et le jeu social. Il peut s’agir d’incorporer la ludification (gamification) dans le parcours d’une visite touristique, de créer des zones d’activation VIP en RA lors de festivals ou encore de mettre en place des ateliers collaboratifs à partir de tableau en RA lors de conférences ou congrès d’affaires.  

Source : MYTHOLOGI 

Le storytelling, pour s’imprégner du lieu 

Le storytelling demeure un outil puissant pour connecter les visiteurs avec la destination, son histoire, son territoire et ses habitants. 

À l’aide de la technologie (plateforme Web et application mobile) Mia fait connaître l’histoire des communautés en créant une expérience immersive pour les utilisateurs. Avec des codes QR, les voyageurs peuvent accéder à des contenus sur place et s’imprégner des lieux qu’ils traversent. 

Source : Mia 

Optimisation de la présence en ligne, toujours un défi !

Assurer une présence en ligne est depuis longtemps une nécessité pour les entreprises touristiques. Cependant, une grande proportion d’organisations québécoises n’arrive toujours pas à rattraper son retard numérique et à gérer sa présence sur différents canaux (site Web, médias sociaux, profil sur des sites externes, etc.).  

C’est ici que se positionne la solution de Dahub, une plateforme d’optimisation de la présence en ligne, qui permet de maintenir à jour toutes les données d’une entreprise sur le Web. Son service centralise les informations puis s’occupe d’actualiser automatiquement les données sur les canaux utilisés par l’organisation.  

Source : dahub.io 

Marketing, les beaux jours de la vidéo se poursuivent !

Selon une enquête effectuée par Statista en novembre 2022 auprès de spécialistes en marketing, une grande proportion de répondants diffusent des vidéos sur YouTube (90 %), Facebook (86 %) et TikTok (35 %). L’influence de ce dernier devrait continuer de générer de l’intérêt pour les vidéos de courte durée en 2023. 

Yiqqi est une solution collaborative qui facilite la création de vidéos. Le producteur (par exemple une entreprise) élabore d’abord son scénario, puis y insère la musique et les effets spéciaux désirés. Par la suite, il invite le public à participer en ajoutant sa propre vidéo dans la scène appropriée. Une fois le contenu validé par le producteur, Yiqqi s’assure de générer une ou des vidéos.

Source : Yiqqi 

Agence réceptive : renouveler la mise en marché des expériences locales

Proposer des offres plus nichées, personnalisées et hors des sentiers battus s’avère une des tendances observées dans le secteur des agences de voyages ces dernières années. En constante compétition avec les propositions disponibles sur le Web, elles misent sur les bonnes relations qu’elles ont su développer avec leurs clients et aussi sur les aspects « clé en main » et « sans souci » dont ils bénéficient. 

Voyages latitude est une agence réceptive qui se spécialise dans la création et l’offre d’expériences locales. Elle propose des produits clés en main, standards ou à la carte, tels que des tours guidés, des microaventures et des forfaits. Ses escapades mystères constituent un concept unique au Québec, qui favorise la découverte d’entreprises touristiques moins connues du public et la réalisation de micro-expériences locales. 

Source : voyageslatitude.com 

L’expérimentation s’inscrit dans l’ADN des startups. C’est avec beaucoup de créativité et d’agilité qu’elles innovent pour faire face aux enjeux et répondre aux tendances d’aujourd’hui et de demain ! 

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Réseaux de distribution

Agence de voyages : un allié de force en temps d’insécurité

Beaucoup d’incertitudes et d’insécurité règnent autour du voyage depuis deux ans. Quelles sont les restrictions en place dans le pays que je souhaite visiter ? Que dois-je faire si mes plans changent ou sont annulés ? Devrais-je payer des frais additionnels si je dois reporter la date de mon départ ou de mon arrivée pour des raisons liées à la COVID-19 ? Voilà des questions auxquelles les voyageurs n’avaient jamais été réellement confrontés auparavant, mais qui deviennent rapidement des obstacles.   

Or, le désir profond de voyager et de s’évader est resté et s’est même amplifié chez certaines personnes avec les confinements forcés vécus à plusieurs reprises. Pour répondre aux (nouveaux) besoins des voyageurs, des agences de voyages ont su tirer leur épingle du jeu et rappeler aux consommateurs la valeur ajoutée de leurs services.  

Intérêt et avantages perçus des agences de voyages

D’après une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1 206 voyageurs québécois, plus de la moitié (56 %) a déjà fait affaire avec une agence de voyage dans le passé. Près du tiers (29 %) de ceux-ci envisagent de le faire à nouveau en 2022, malgré l’incertitude liée aux voyages qui perdure cette année. L’organisation plus simple (53 %) et une meilleure assistance en cas de problème (44 %) constituent les deux principaux avantages à faire appel à une agence de voyages pour planifier son séjour.

Parmi les voyageurs québécois qui envisagent d’utiliser les services d’une agence de voyages en 2022, on a tendance à retrouver davantage d’individus âgés de 55 à 74 ans (52%). Si la proportion de personnes avec un revenu plus élevé reste majoritaire (38% avec un revenu de 100 000 $ et plus), la part des voyageurs avec un plus faible revenu est légèrement plus élevée que parmi ceux qui ont déjà transigé avec une agence (33%). 

 

Une enquête menée par Travelweek en juin 2021 auprès de 2 599 consommateurs à travers le Canada indique que 59 % des répondants sont plus susceptibles de réserver par le biais d’une agence de voyages lorsqu’ils seront prêts à voyager à nouveau.   

Reprise appuyée par une solide relation de confiance

Lorsque des milliers de voyageurs ont dû rentrer au bercail in extremis au printemps 2020, plusieurs ont été soulagés de pouvoir compter sur leur agent de voyage pour les rapatrier au pays et pour gérer les aspects logistiques de leur déplacement. Cette période critique représente, pour certains voyageurs, la fondation ou la confirmation d’une solide relation de confiance qui pourrait durer encore de nombreuses années. 

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Tourisme durable

Implanter une chaîne d’approvisionnement responsable

L’ONU a établi 17 objectifs de développement durable à réaliser d’ici 2030 pour « sauver le monde ». Ceux-ci sont interconnectés et complémentaires. L’un d’entre eux est la consommation et la production responsables. Depuis la dernière année, il a souvent été question de l’importance de réduire son empreinte environnementale et d’implanter des pratiques durables. Et si cela passait par une gestion responsable de ses opérations ? 

 

L’empreinte carbone en tourisme

Dans un rapport de l’ONU de 2019, il est mentionné que le tourisme est à l’origine de 8 % des émissions de carbone produites à l’échelle mondiale. Ce pourcentage, ainsi que ceux relatifs à la consommation d’énergie et d’eau, risquent de doubler d’ici 2050.

Comment les entreprises peuvent-elles s’y prendre afin de réduire leur impact tout en offrant un bon service à leurs clients ? La clé est d’optimiser sa chaine d’approvisionnement.

Qu’entend-on par chaine d’approvisionnement ?

Il s’agit de la chaine de valeur d’une entreprise, c’est-à-dire de tous les acteurs impliqués et de toutes les actions requises dans la livraison finale d’un produit touristique. À titre d’exemple, un voyagiste offre divers choix d’hébergements, de circuits organisés, etc. L’entreprise est garante de ces services. Subséquemment, un hôtel sera aussi responsable de la provenance de sa nourriture. Il s’agit donc de s’assurer que chaque partie prenante met en œuvre des pratiques respectueuses de l’environnement et des communautés.

Les bénéfices d’implanter une chaine d’approvisionnement responsable

Il est pertinent de comprendre les avantages à moyen et à long terme avant de se lancer. En voici quelques-uns : 

  • Réduire son empreinte carbone ;
  • Diminuer sa production de déchets ;
  • Encourager l’économie locale ;
  • Augmenter son efficacité énergétique ;
  • Amoindrir les coûts en énergie à long terme ;
  • Mieux gérer et assurer la pérennité de ses ressources naturelles.

Entre 2014 et 2019, TUI Group a observé une économie de 14 % de CO2, de 10 % d’eau douce, de 9 % d’eaux d’usées et de 16 % de déchets. Ces données ont été récoltées auprès de 234 hôtels et resorts certifiés.

 Voici d’autres exemples d’entreprises touristiques qui ont pris le taureau par les cornes.

Les matériaux de construction

Bâtir des résidences à partir des arbres se trouvant sur le terrain, pourquoi pas ! C’est ce qu’a amorçé l’entreprise Les Côteaux Missisquoi dans les Cantons-de-l’Est. Les arbres endommagés ou tombés à terre à cause du vent ont été utilisés pour la fabrication des écogîtes. Au Bali Eco Stay, sur l’île indonésienne du même nom, les habitations ont aussi été construites à l’aide des essences de bois se situant à proximité. Des artisans locaux ont mis la main à la pâte et ont sculpté divers éléments, dont les portes. Une belle façon de valoriser le patrimoine immatériel et de réduire le trajet des matériaux.

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Source : Bali Eco Stay, Fanny Beaulieu Cormier

L’alimentation

Opter pour des aliments régionaux et de saison permet de minimiser son empreinte carbone. En Slovénie, le projet Green Supply Chains prend la forme d’une plateforme offrant un lien direct entre les restaurateurs et les producteurs locaux. Sa mission est d’accroître la proportion de nourriture et de boissons locales dans les hôtels et les restaurants de Ljubljana. Plus près d’ici, au Québec, l’entreprise Arrivage utilise une plateforme basée sur le même principe. Grâce à son service de commande en ligne et de livraison, elle propose de supprimer les intermédiaires et, ainsi, de s’assurer de la traçabilité des produits.

Dans le but de limiter le plus possible le chemin parcouru par la nourriture, certains hébergements vont même jusqu’à proposer à leurs hôtes des aliments produits sur place, dans leur jardin. C’est le cas du Bali Eco Stay où, chaque jour, les employés demandent aux clients de choisir leur menu, afin de ne récolter que le nécessaire et ainsi, minimiser le gaspillage alimentaire. À San Blas, au Panama, les repas des habitations Yandup sont cuisinés selon la pêche du jour.

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Source : Yandup, Panama, Fanny Beaulieu Cormier

L’économie circulaire permet quant à elle de redonner une deuxième vie à un produit. Il s’agit d’une pratique plus fréquente dans le domaine de l’agrotourisme. Au Québec, la Microbrasserie Charlevoix utilise les pains invendus de la boulangerie À chacun son pain de Baie-Saint-Paul pour créer sa bière. Une édition spéciale a même été brassée pour Le Festif ! Cet exemple met en évidence le caractère bénéfique des partenariats locaux pour réduire le chemin parcouru des aliments.

L’accompagnement de son réseau

L’ONU recommande aux entreprises de travailler en collaboration avec leurs partenaires et fournisseurs, dans le but de rendre la chaine d’approvisionnement plus durable et responsable. De plus, l’entreprise est responsable de tous les services qu’elle offre. Un accompagnement auprès de ses partenaires permet de s’assurer de la qualité de son produit touristique. Par exemple, Travel Excellence, un tour opérateur au Costa Rica, guide ses fournisseurs sur l’implantation de bonnes pratiques.  

Pour sa part, l’agence de voyages Fair Voyage collabore avec Kilimanjaro Porters Assistance Project (KPAP) pour toutes ses expéditions sur cette montagne mythique. Cette organisation à but non lucratif a été créée en 2003 dans le but d’améliorer les conditions de travail des porteurs. Fair Voyage fait aussi exclusivement affaire avec des partenaires accrédités par GSTC, une organisation internationale de référence en matière de critères à suivre en tourisme durable. Pour les aider à l’obtenir, un accompagnement a souvent été nécessaire.

En 2017, grâce au soutien de l’entreprise TUI Group, 80 % des hôtels du groupe étaient aussi certifiés selon ces normes. Encourager l’économie locale, acheter de l’équipement électrique à faible consommation d’énergie, réduire l’emballage et consommer des produits alimentaires régionaux sont des exemples d’actions mises en œuvre dans le cadre de cette stratégie.

Au Québec, en 2018, l’entreprise Transat est devenue le premier grand voyagiste international à obtenir la certification Travelife pour toutes ses activités. Plusieurs de ses hôtels se sont vu attribuer ce label. Ce processus d’accompagnement, encore en déploiement à l’heure actuelle, a permis à plusieurs de ses hôtels d’être certifiés.

https://www.youtube.com/watch?v=1r_XRFlUvLs

Source : Youtube, Transat

À retenir

Implanter une chaine de valeur responsable fait partie intégrante d’une stratégie globale en tourisme durable. Le meilleur moyen d’y parvenir est d’établir des objectifs ambitieux bien que réalistes, et de se fixer des délais à respecter. Faire l’état des lieux sur les démarches réalisées par ses partenaires permet de mieux les accompagner afin qu’ils optimisent leurs pratiques. De plus, l’acquisition d’une certification est une option à considérer pour mettre en place un système qui facilite les opérations internes et l’accompagnement des diverses parties prenantes.

Selon l’envergure de son réseau, les étapes pour instaurer une chaine d’approvisionnement responsable peuvent s’échelonner sur une ou plusieurs années. La clé du succès est d’avancer pas à pas et d’avoir une bonne communication avec ses partenaires.

Quelles actions durables avez-vous déjà implantées ?

Quelles autres démarches pourriez-vous mettre en œuvre afin de viser une gestion responsable de vos ressources ?

 

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Réseaux de distribution

Adapter ses forfaits et ses circuits pendant la crise

Dument impactés par la pandémie, des voyagistes ont réussi à se réinventer dans la résilience et la créativité. En voici quelques exemples.

Développer une offre locale

Alors que plusieurs frontières demeurent fermées, les voyages préalablement réservés ont dû être reportés et parfois même annulés. Les destinations internationales étant généralement le produit d’appel de ces circuits, les organisations ont dû faire un virage à 180 degrés.

L’entreprise québécoise Karavaniers se spécialise en voyages d’aventure axés sur le tourisme solidaire et responsable. Le défi des gestionnaires en changeant de cap était de rester fidèle à cette mission en créant des séjours canadiens. Une dizaine de forfaits permettant de s’imprégner des lieux a donc été élaborée. L’idée consiste à explorer le territoire avec des yeux nouveaux en allant à la rencontre des communautés locales et de la nature dans des endroits reculés, tels que le nord du Québec. La réponse fut positive et plusieurs réservations ont été complétées en quelques jours.

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Source : Pexels

Toujours dans cette optique de redécouvrir le Canada, l’opérateur de tours Contiki a créé des itinéraires de quatre à six jours s’adressant précisément aux millénariaux et à la génération Z.  Selon l’entreprise, ces deux segments de clientèle sont reconnus pour leur appétit envers les escapades locales et les expériences uniques.  L’un des buts de l’organisation est de mousser l’économie des commerces avoisinants tout en créant des expériences enrichissantes pour les clients.

Suivre le marché et les nouvelles tendances

Alors que les microaventures se font de plus en plus populaires, l’agence Cravatte et Sandelettes, basée à Nantes en France, auparavant axée sur les évènements d’affaires, oriente maintenant son produit vers cette nouvelle tendance. Elle mise sur des échappées locales et écoresponsables créées pour des équipes de travail. Une belle initiative pour renouer les liens entre collègues.

Eole Loisirs, une agence spécialisée dans les voyages scolaires, a su adapter son offre. L’entreprise a profité de l’été afin de proposer aux camps de vacances des escapades d’évasion dans des régions de proximité.

Se montrer flexible pour les annulations et les reports

Dans le but de rassurer leurs clients et de les inciter à réserver des offres, plusieurs entreprises ont mis en place des politiques flexibles d’annulation. Pour la majorité d’entre elles, il est possible d’annuler ou de reporter son excursion jusqu’à 30 jours avant le départ. Les acheteurs seront alors remboursés ou se verront verser un bon de crédit.

Mettre le bien-être au cœur des communications

Tous les acteurs de l’industrie touristique ont dû implanter des mesures sanitaires et de distanciation sociale. En vue de mieux préparer les visiteurs avant leur arrivée, des campagnes de communication originales ont même été créées. Les principales actions résident dans la réduction du nombre de personnes par groupe, ainsi que dans le sans-contact. L‘entreprise TUI a élaboré un plan en 10 étapes pour les gestionnaires d’hôtel.

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Source : Groupe TUI  

Plutôt que de simplement mentionner les pratiques mises en place afin de veiller à la sécurité de leurs clients, The Travel Corporation (TTC) a nommé un Directeur du bien-être pour chaque séjour organisé. Son rôle consiste à garantir le respect des politiques sur les mesures sanitaires, de les communiquer, ainsi que de rassurer les gens s’ils éprouvent des inquiétudes.

Source : Youtube, Insight Vacations

Alors que la pandémie a débuté il y a plusieurs mois et que le futur demeure incertain, les agences de voyages et les opérateurs de tours n’ont d’autres choix que de se montrer résilients en adaptant leurs produits pour servir une clientèle avec de nouveaux besoins.

Avez-vous ajusté votre offre au cours des dernières semaines?

Que pourriez-vous faire pour rassurer vos acheteurs ?

 

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Produits et activités

Les nomades numériques… en contexte pandémique

Le concept de « nomade numérique » n’est pas nouveau. Comme le traduit cette analyse publiée par le Réseau de veille en 2015, si leur emploi ne les contraint pas à voyager, mais ne les oblige pas non plus à rester au même endroit, ces professionnels connectés et mobiles font le choix de partir quelques semaines, mois ou années tout en gardant une attache professionnelle à leur lieu d’origine. À l’heure où la relation au voyage a évolué, et où l’on privilégie le télétravail, qu’en est-il du concept de nomade numérique en temps de COVID-19 ?

Le télétravail : nouvelle réalité pendant la crise sanitaire

Une étude de Statistique Canada, réalisée en mai 2020, dévoile que près de quatre travailleurs canadiens sur 10 (38,9 %) occupent un emploi qui peut être effectué depuis la maison. Or, en 2018, seuls 13 % des employés canadiens travaillaient habituellement quelques heures par semaine depuis leur domicile. Un sondage Léger indique que la moitié (50 %) des Canadiens étaient en télétravail lors du confinement à la fin avril. Ces statistiques mettent en lumière l’adaptation rapide du marché du travail canadien.

Le même sondage Léger révèle que 79 % des personnes interrogées aiment l’expérience de télétravail, après avoir expérimenté la flexibilité y étant associée. Une enquête réalisée par la firme VMware Canada publiée le 23 juin indique que six Canadiens sur 10 (59 %) ayant pratiqué le télétravail ces derniers mois préféreraient travailler de la maison plus souvent, voire exclusivement. Quelque 26 % de ces nouveaux télétravailleurs ne souhaitent pas un retour in situ dans les conditions d’emploi en vigueur avant la COVID-19.

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Source : Journal de Québec

Des offres de nomadisme

En réponse à cette nouvelle réalité, diverses offres de travail délocalisé ont vu le jour ces dernières semaines. Les nomades numériques constituent de moins en moins un marché de niche. En effet, un nombre grandissant de gens pense à sortir de la ville pour travailler dans des destinations alliant nature et bien-être.

Des propositions variées sont dorénavant disponibles pour les télétravailleurs, dans leur propre pays ou à l’étranger.

Télétravail à l’étranger

Désireuses de rendre attractif leur territoire à nouveau, certaines destinations comme la Barbade ou l’Estonie ouvrent leurs portes aux nomades numériques. La proposition est tentante : disposer d’outils numériques performants permettant de rester en contact avec l’employeur tout en profitant d’un environnement qui s’apparente à celui des vacances.

  • Certains pays proposent maintenant un visa pour venir télétravailler sur leur territoire. Afin de stimuler l’économie locale qui souffre de l’absence de touristes, la Barbade invite quiconque pouvant travailler en mobilité à venir s’y installer pendant un an grâce au visa « Barbados Welcome Stamp ». En Estonie, le « Digital Nomad Visa » possède des caractéristiques similaires.
  • Pour les Québécois friands de tout-inclus, la compagnie aérienne Sunwing lance de nouveaux forfaits dans le Sud à compter du 1er novembre 2020. Intitulé « Surclassez votre bureau », le programme présente des séjours de 14, 21 ou 28 nuitées dans plusieurs resorts partenaires en Jamaïque, au Mexique ou encore en République dominicaine. En plus de séjourner dans un hôtel cinq étoiles en bord de mer et de participer à des activités de détente et de réseautage, les nomades numériques bénéficieront d’un accès Wi-Fi dans tout l’établissement et des espaces de travail favorisant la productivité.
  • Certaines agences de voyages réceptives ont lancé une gamme de forfaits de télétravail. C’est le cas de Best Of Tours avec le concept The Real Travel, qui offre aux travailleurs en déplacement la sécurité de dormir dans un logement sélectionné par l’organisme et l’occasion de découvrir un pays et une culture à un rythme lent.

Source : Youtube

Travailler et partir à la découverte de son propre pays 

Actuellement, les voyages internationaux non essentiels ne sont toujours pas encouragés par de nombreux pays, comme le Canada, et la population n’est pas à l’abri d’une deuxième vague de COVID-19 cet automne. De plus, une quatorzaine est encore obligatoire dans certains pays. Des destinations choisissent alors de miser sur les télétravailleurs locaux et espèrent ainsi attirer un nouveau segment de clientèle.

  • En France, Pierre & Vacances s’adapte au nomadisme et déploie dès cet été un séjour pour les télétravailleurs. Destiné à être pérennisé, le produit est pour l’instant en rodage par une sélection de « bêta-testeurs ». En effet, le projet a été développé en cocréation avec les clients et les employés, et le groupe espère apporter des améliorations à l’offre afin qu’elle soit optimale.

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Source : T.O.M

  • Au Vermont, Jay Peak Resort s’adapte également avec sa campagne Relocation Vacation en suggérant aux visiteurs des séjours prolongés (location au mois) afin de profiter à la fois d’un style de vie propre à la région et d’activités familiales comme le golf ou la piscine.
  • Développer des espaces de travail partagés afin d’encourager l’attractivité du lieu, c’est ce que mettent de l’avant des élus dans les Pyrénées catalanes. Ce territoire rencontre des enjeux comme la saisonnalité des activités ou la mobilité des populations. En 2018, une étude visant à créer un réseau de tiers-lieux — tels que les espaces de coworking — a été réalisée par la collectivité. La crise liée à la COVID-19 a engendré une certaine réorganisation forcée du travail. C’est pourquoi le projet prend d’autres perspectives en transformant les difficultés du territoire en atouts : libérer les habitants de l’isolement et accueillir des néoruraux en télétravail désireux de se rapprocher du plein air et de la montagne.
  • Au Québec, le Massif de Charlevoix proposera dès décembre 2020 des forfaits alliant productivité, quiétude et activités de plein air. Que ce soit pour quelques jours, quelques mois, voire une année au complet, les Québécois pourront installer temporairement leur bureau dans une télécabine ou dans une salle de cotravail et profiter des joyaux naturels et gastronomiques de Charlevoix. Une connexion internet à haute vitesse ainsi qu’un service de gardiennage pour les enfants sont au programme.

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Source : Le Massif de Charlevoix

Le télétravail, nouvelle norme post-COVID ?

L’industrie a compris qu’il était impératif de s’adapter aux changements forcés en matière de pratiques professionnelles et à un nouveau mode de vie et de voyage. On peut toutefois se poser la question à savoir dans quelle mesure le travail à distance va s’imposer à long terme. Selon le sondage de VMware Canada, seuls 22 % des Canadiens interrogés ont eu la confirmation que les arrangements de travail mis en place pendant la COVID-19 s’établiraient de manière pérenne. Voilà qui témoigne des changements importants dans l’approche avec laquelle les employeurs envisagent la relation professionnelle, bien que le télétravail se confronte à des enjeux comme la sécurité des données et des réseaux, ainsi qu’au sentiment d’appartenance à une équipe.

 

Image à la Une : Pexels

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Produits et activités

Adapter le produit à l’heure de la pandémie

Bien que l’été 2020 ne sera pas des plus profitable pour une partie de l’industrie touristique, des organisations mettent tout en œuvre pour rouvrir. Voici comment elles adaptent leur offre en fonction des mesures sanitaires ou encore ciblent de nouvelles clientèles.

Ajuster son offre

L’entreprise de voyages G Adventures propose des circuits en groupes restreints avec la création d’une nouvelle collection de séjours : Travel with Confidence Plus. Ces 37 itinéraires répondent à une série de critères sanitaires pour assurer la sécurité des clients. Mentionnons ceux-ci :

  • Groupes formés de 8 à 10 personnes (plutôt que 12);
  • Voyageurs solos bénéficiant de rabais de 50 % sur les chambres privées;
  • Aucun hébergement avec chambres ou salle de bain partagées;
  • Transport privé (à l’exception du transport aérien) avec places assignées et espacées entre les passagers.

L’entreprise québécoise Karavaniers, qui se spécialise en voyages d’aventure dans les destinations exotiques, a rapidement organisé des séjours en sol canadien et québécois grâce à des partenariats avec des entreprises des régions concernées. Les propositions pour l’été 2020 sont séduisantes et mettent le Québec en vedette : camp de base dans l’archipel de Mingan et découverte du littoral de l’île d’Anticosti; longues randonnées en Gaspésie avec repas conçus à partir de produits de la mer et accompagnés de bières locales, etc.

Source : Karavaniers.com

Cibler la clientèle en télétravail…

Pour les vacances ou pour le télétravail (pourquoi pas les deux !), le centre de villégiature de Jay Peak offre de l’hébergement en chalet pour des séjours prolongés (un mois ou plus) avec Internet haute vitesse et des options pour un accès WiFi sécurisé. Les longues périodes de location sont préférables. Elles réduisent notamment les va-et-vient de clients différents, et donc les besoins en désinfection et les risques pour le personnel d’entretien. La campagne Relocation Vacation inclut un abonnement de saison au golf et à la piscine chauffée extérieure.

« Célébrer » la réouverture

Par ailleurs, Jay Peak Resort crée un « événement » pour illustrer son plan de réouverture graduelle : The Return. Chacune des étapes fait référence à un spectacle ou à une composante de festival. La scène estivale met notamment en vedette plusieurs têtes d’affiche comme le retour des activités au parc aquatique intérieur.

Source : Jay Peak Resort

Présenter la marche à suivre

Tout comme de nombreuses entreprises d’activités de plein air guidées au Québec, une organisation de rafting de l’Oregon, Northwest Rafting Company, apporte des ajustements qui lui permettent d’opérer cet été :

  • Prévoir 4 à 5 personnes par embarcation, appartenant toutes à la même unité familiale;
  • Questionner les clients sur leur état de santé lors de la réservation, puis à plusieurs reprises jusqu’au jour de l’activité;
  • Faire respecter un serment sanitaire aux usagers dans lequel ils promettent de se laver les mains régulièrement, de garder leurs distances avec les autres groupes, etc.;
  • Planifier l’arrivée des familles à différents moments pour éviter les attroupements;
  • Limiter les contacts de chaque groupe avec son guide et son chauffeur d’autobus;

Les individus doivent aussi respecter les cinq règles illustrées dans cette vidéo :

Offrir des services pertinents

Au Québec, les voyages sont permis, mais les autorités de la santé publique demandent aux visiteurs de limiter les interactions une fois rendus à destination. À cet égard, le camping de Carleton-sur-Mer, en Gaspésie, propose à ses clients un service de livraison d’épicerie. Cette initiative a vu le jour grâce à un partenariat avec Bouge pour que ça bouge, un organisme voué à la promotion de saines habitudes de vie chez les jeunes, ainsi qu’avec le Marché Viens Métro.

Source : Facebook/Marché Viens Métro

S’équiper de solutions sans contact

Plusieurs attractions québécoises sont déjà équipées de la technologie RFID telle que proposée par la compagnie québécoise Connect & Go, qui permet d’améliorer l’expérience du visiteur ainsi que la gestion des réservations et des achats. Ces bracelets, munis de puces, constituent aussi une solution pour réduire les contacts physiques. À partir du profil qu’il aura préalablement créé en ligne, l’utilisateur réserve son billet ainsi que des cases horaires pour profiter des différents services. L’information est ensuite transférée sur la puce RFID que le client porte au poignet. Voilà qui permet de mieux gérer les files d’attente. Le visiteur peut également se servir du bracelet pour effectuer des transactions sur place.

Adaptations temporaires et permanentes

Ces adaptations s’ajoutent aux panneaux de plexiglas, aux cônes orange servant à délimiter certaines sections, au marquage au sol permettant de faciliter le respect d’une certaine distance, aux flèches qui indiquent le sens de la circulation, etc. L’année 2020 aura vu naître de nombreuses astuces temporaires pour assurer la sécurité des clients. Certaines de ces initiatives s’estomperont après la crise, d’autres s’inscriront à plus long terme dans le paysage touristique.

 

Image à la une : YouTube/Northwest Rafting Company

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Réseaux de distribution

Des visites guidées… à la maison!

En mars dernier, Claude Beauchamp, président de l’Association des guides touristiques de Québec, qualifiait la situation de catastrophique. De la mi-mars à la mi-juin, les quartiers centraux de la capitale nationale sont généralement remplis de groupes, majoritairement étudiants. La pandémie actuelle a des conséquences directes sur les guides touristiques pour qui les perspectives d’emploi estival sont pratiquement inexistantes. 

En réponse à ce constat, la compagnie de voyages organisés Walks, présente dans diverses villes européennes et américaines, a adapté son offre afin de proposer des visites et des expériences virtuelles. Il est possible d’en apprendre davantage sur l’histoire de Prague, les catacombes de Paris, les vestiges de Pompéi ou même de suivre des cours de cuisine italienne ou d’introduction à l’œnologie. Le coût est d’environ 15 $ pour une heure. Chaque réservation effectuée donne un rabais de 25 $ sous forme de chèque-cadeau pour un futur achat valide pour les deux prochaines années. L’option du pourboire pour le guide est accessible en ligne. Selon Stephen Odo, le fondateur de l’entreprise, il s’agit d’une situation gagnante puisque cela permet de maintenir des emplois et de rester visible auprès des voyageurs, grâce à cette nouvelle façon de découvrir les attraits.

Walks n’est pas la seule à s’être temporairement convertie au sein de l’industrie. Culinary Adventure, qui se spécialise dans les visites culinaires guidées à Toronto, fait désormais la livraison de boîtes regroupant les repas des restaurants participants. À la suite de cet achat, un rabais de 50 $ estoffert pour une future expérience en personne.

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Source : Culinary Adventure

Malgré ces récentes mesures, Douglas Quinby, cofondateur des visites guidées Arival, précise que toutes les entreprises ne pourront pas être sauvées. Il s’agit néanmoins de belles initiatives temporaires qui permettent de limiter les pertes financières tout en allant chercher de nouveaux clients potentiels en prévision de la reprise.

Pour plus d’exemples, consultez l’analyse Exemples d’initiatives en communication-marketing.

 

Source de l’image à la Une : Unsplash

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Réseaux de distribution

Les réseaux de distribution durant la crise

Bonification des programmes d’aide et lobbyisme de l’ACTA

L’industrie du voyage est l’une des plus touchées par la crise actuelle. Intimement liés au secteur aérien qui devrait voir une baisse de fréquentation de l’ordre de 1,2 milliard de passagers d’ici septembre, les maillons des réseaux de distribution pourraient ressentir les contrecoups de cette crise pendant longtemps. Les programmes d’aide gouvernementaux sont ajustés en réponse aux demandes des regroupements qui les représentent.

À la défense de ses membres, l’ACTA obtient des résultats satisfaisants. Les autorités fédérales apportent les changements qui permettront aux agences et à leurs employés de souffler un peu. Des mesures d’aide ont été assouplies afin de ne pas pénaliser les agents qui demeurent en poste, mais qui ont des revenus réduits. Le Compte d’urgence pour les entreprises et l’Aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial aux petites entreprises profiteront aux agences dans le besoin durant cette crise. 

Nouvelle campagne de l’ACTA

L’ACTA poursuit ses démarches. Dans sa requête pour demander davantage d’aide, elle fait valoir plusieurs points, notamment :

  • Les agents de voyages ont travaillé d’arrache-pied durant les mois de mars et avril pour annuler et reporter les déplacements de dizaines de milliers de Canadiens ;
  • Ces personnes ont aussi joué un rôle critique dans le rapatriement des Canadiens au pays alors que les frontières fermaient les unes après les autres.
  • Malgré le travail acharné des agents, les entreprises n’enregistrent pas de revenus, tout en générant beaucoup de dépenses.
  • Avec la prolongation des fermetures de frontières et des avions cloués au sol, les agences continuent de gérer les réservations par des annulations ou des reports.
  • Les agences des États-Unis bénéficient du programme d’aide fédéral de deux mille milliards de dollars américains annoncé en mars dernier.

L’ACTA demande au gouvernement canadien de soutenir l’industrie par différentes mesures à hauteur de trois milliards de dollars. Elle lance une campagne et invite les agences à se joindre à elle en signant et en envoyant la lettre aux autorités concernées.

Les agences toujours actives, des formations qui se poursuivent

Bien qu’il était possible d’en faire depuis déjà quelques années, les tournées de familiarisation virtuelles s’imposent aujourd’hui et permettent aux opérateurs de tours et aux agences de poursuivre une partie de leurs activités en attendant l’ouverture des frontières. Malgré les ventes en pause, il s’agit d’un bon moment pour approfondir ses connaissances ou pour s’initier à de nouvelles destinations.

À cet égard, Destination Canada propose des webinaires afin de former les agents sur les atouts de chacune des 10 provinces et des 3 territoires. Chaque formation (13 au total) dure 45 minutes et est agrémentée de conseils, d’anecdotes, de spécialités culinaires et de présentation d’artistes canadiens.

Un rapport réalisé avec les agences de voyages en ligne, par la firme OAG, répertorie les actions qu’elles entreprennent durant cette crise. Plusieurs d’entre elles ont créé des chatbots qui permettent de mieux répondre aux voyageurs et ainsi, diminuer la pression exercée sur les centres d’appels.

On prépare la relance, mais il faut éviter les faux départs

En France, les opérateurs de tours se préparent déjà à vendre la destination aux Français. On compte sur une reprise des voyages des Européens en Europe pour bientôt. Au Québec, la tentation de recommencer les activités au moindre signe d’embellie est forte, mais une relance prématurée pourrait être rapidement stoppée, ce qui générerait une autre vague d’annulations, affectant la crédibilité des agences et des intervenants impliqués. C’est, du moins, l’avis d’un spécialiste en analyse de données du secteur voyages et tourisme pour la firme GlobalData.

Clientèle locale et capacités numériques

La reprise des voyages internationaux en groupe peut être très lente. Pour se relever plus rapidement, les entreprises devront se tourner vers les marchés de proximité. Il faut ainsi revoir l’offre et l’adapter. Doit-on miser sur des forfaits au Québec pour la clientèle d’ici ? Cibler les très petits groupes ? Envisager le Québec autrement ? Voilà des interrogations à considérer.

Les intervenants et les opérateurs de tours doivent poursuivre leurs investissements en matière de développement technologique pour maintenir et enrichir les relations avec les différents acteurs de l’industrie, comme avec les consommateurs. Cette connexion offre une agilité et des possibilités pour mieux se positionner.

Pour plus de renseignements, consultez le dernier bulletin sur les réseaux de distribution.

Le Réseau de veille en tourisme partage les informations et les ressources à jour selon les secteurs d’activité ainsi que des pratiques exemplaires tirées de son exercice de veille quotidien afin d’outiller l’industrie québécoise. Abonnez-vous à l’infolettre.

Organismes à suivre en tout temps

  • PhocusWire diffuse l’état quotidien des réservations des plus grandes agences de voyages en ligne, dont Booking, Expedia et Amadeus.
  • Profession voyages met en ligne chaque jour diverses informations propres à la réalité québécoise tout en s’inspirant de modèles d’ici et d’ailleurs.
  • L’Alliance de l’industrie touristique du Québec publie les renseignements à jour à l’intention des travailleurs, des entrepreneurs et des gestionnaires de l’industrie touristique québécoise.
  • Le gouvernement du Québec indique l’avancement de la situation québécoise quant à la crise de la COVID-19. On y trouve aussi les programmes publics d’aide aux organisations.
  • Le gouvernement du Canada met à jour la réponse du Canada ainsi que les mesures et les programmes de soutien financier aux entreprises.