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Tendances

L’appel du luxe en voyage

S’offrir un peu de luxe et se faire plaisir nourrit de plus en plus l’idée qu’on se fait d’une belle qualité de vie. Vivre une expérience gastronomique, faire du glamping, aller au spa, s’aventurer avec un petit groupe guidé en territoire éloigné, assister à un spectacle à grand déploiement ; la notion de « luxe » est très variable selon les points de vue. Le fait de voyager à l’étranger est aussi considéré par plusieurs consommateurs comme un luxe. 

Certains voyageurs québécois interrogés par la Chaire de tourisme Transat lors d’une enquête effectuée en novembre 2023 n’ont pas l’intention de mettre le couperet dans ces pratiques de luxe. En fait, 47 % des personnes sondées sont neutres ou ne se déclarent pas freinées par le contexte économique actuel. Elles sont d’ailleurs plus portées que les autres à ne pas chercher à adopter des comportements pour réduire le coût associé aux voyages (20 % c. 8 %). 

Près de la moitié des voyageurs québécois sondés par la Chaire de tourisme ne sont pas freinés ou sont neutres par rapport au contexte économique actuel. 

Se payer du « luxe » pour se faire du bien

Mais s’accorder du luxe n’est pas une exclusivité des plus fortunés. L’attrait des expériences exceptionnelles et mémorables se maintient alors que les consommateurs doivent faire face à des hausses de prix dans pratiquement tous les secteurs. Dans de nombreux cas, des compromis doivent être consentis sur d’autres dépenses, comme sur les biens matériels ou encore en choisissant de consommer des produits plus économiques au quotidien.  

Certains consommateurs chercheront à vivre des expériences mémorables, voire s’offrir du luxe, mais dans une formule plus abordable. Les attentes seront certainement élevées, compte tenu des sacrifices à faire.  

 Offrir l’aventure ++ aux 50 ans et plus

L’entreprise G Adventures développe une nouvelle série d’itinéraires guidés spécifiquement pour les adeptes de voyages d’aventure de 50 ans et plus à la recherche d’un certain confort, ou d’expériences plus luxueuses. Les composantes du séjour correspondent aussi aux valeurs associées à l’entreprise, c’est-à-dire de générer des retombées positives dans la communauté d’accueil, de bénéficier aux entrepreneurs locaux tout en minimisant l’impact environnemental. Il s’agit d’un positionnement qui contribue à sa renommée.  

La collection de séjours Geluxe propose ainsi aux voyageurs matures et actifs, la découverte de destinations par des activités d’aventure, des ateliers de cuisine locale, des séances de yoga dans des sites idylliques, le tout avec des hébergements d’expérience haut de gamme et de la restauration gastronomique. Évidemment, les tarifs sont fixés en conséquence. Cette nouvelle proposition prendra son envol dès mai 2024. Elle est issue d’une demande de la clientèle qui évolue avec l’entreprise, mais aussi du constat du vieillissement de la population et des attentes de celle-ci en matière d’expériences touristiques. G Adventures vient d’enregistrer sa meilleure performance financière depuis les 33 dernières années. 

Source : G Adventures 

Répondre aux attentes des clients qui choisissent la qualité avant le prix

Booking.com s’est penchée sur les attentes des clients « de luxe », soit ceux qui affirment choisir généralement des hébergements de qualité supérieure et dont le tarif occupe une importance secondaire. À cette fin, l’entreprise a réalisé un sondage auprès de 2795 de ses clients Premium résidant aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France et en Allemagne. Voici comment valoriser les composantes recherchées.  

D’abord, la qualité doit percoler à travers trois volets : faire ressortir son classement par étoiles, traiter sérieusement les avis en ligne et mettre en valeur la qualité du restaurant ou de son chef. La localisation joue également un rôle très important. Du moins, le voyageur « de luxe » doit constater qu’il y a plusieurs lieux d’intérêt et des restaurants de qualité dans les environs. Les équipements de bien-être, comme un spa, une salle de sport et une piscine sont dans les bonnes grâces de cette clientèle. La vue, le niveau de bruit et la décoration moderne l’interpellent aussi. Les hébergements fraîchement rénovés suscitent leur intérêt. La surveillance 24 heures, une assurance d’intimité par des entrées indépendantes, par exemple, sont aussi des facteurs gagnants. Enfin, la qualité du service passe par l’excellence de la nourriture, par des prestations personnalisées et par un accueil exemplaire. Ce sont tous des atouts recherchés par cette clientèle exigeante, selon l’étude de Booking.com. 

Source : Pexels  

Proposer du luxe accessible

Des compagnies aériennes rendent disponibles des places en classe affaires à des tarifs spéciaux. Ces options, en nombre restreint, prennent l’appellation « Business Class Light ». À la différence de l’offre classique, la version allégée ne donne pas accès aux salons d’aéroport ou aux autres avantages habituellement octroyés. Ainsi, des transporteurs, comme Qatar Airways, Finnair, Air France et KLM ont ajouté des tarifs de classe affaires light à leur palette d’options pour les voyageurs recherchant plus de confort. Voilà une belle façon de combler ou même d’aller au-delà des attentes d’une clientèle qui souhaite s’accorder un certain niveau de luxe, tout en lui donnant l’occasion de faire un choix raisonnable ou qui correspond à son budget. 

Source : AdobeStock 

Créer des expériences qui font du bien

Cette tendance à s’offrir du luxe n’est pas étrangère à celle du bien-être qui véhicule l’idée de l’importance de se faire plaisir, de se faire du bien. Cette notion est extrêmement variable d’un individu à l’autre, d’un segment de marché à l’autre. Qu’est-ce qui permettrait à votre offre de générer ce petit plus qui susciterait de l’engouement parmi votre clientèle ? Ou même chez de nouveaux marchés ! Serait-ce un service complémentaire ? Une activité extravagante ? Une offre culinaire exclusive ? À vous de voir !  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Hébergement Produits et activités

Quand l’hôtellerie invite ses clients à jouer dehors

Aujourd’hui, la demande des clients d’hôtels va au-delà de dormir, manger au restaurant ou se détendre au spa. Des établissements proposent de nouvelles activités et dans certains cas, grâce aux services proposés, les hôtels deviennent des attractions dans lesquelles se rencontre une communauté de visiteurs et de locaux, animés par les mêmes centres d’intérêt. Voilà une nouvelle offre qui parle à une génération de jeunes voyageurs familiers avec le concept de communautés d’intérêts (notamment via les réseaux sociaux), et plus généralement, à une clientèle qui a besoin de tisser à nouveau des liens avec les autres et la nature. 

Miser sur les activités d’aventure pour se démarquer

Des établissements remarquent un véritable appétit des clients pour une expérience collective en plein air. Aux États-Unis, notamment dans le Tennessee et le Wyoming, plusieurs hôtels ont ajouté des excursions et des activités d’aventures à leur offre de services comme la pêche, le canyonisme, la planche à pagaie, la cueillette de plantes comestibles, l’observation de la faune, etc., à l’instar du Reid Creek Lodge (WY). 

Le Southall Farm & Inn à Franklin (TN) propose des activités de fauconnerie, mais aussi du tir à l’arc, des sorties en véhicule tout-terrain, un parcours aérien, de la randonnée et le lancer de hache par exemple. Ces offres distinctives permettent de se démarquer « (…) et inciteront les gens à revenir ou à rester plus longtemps », déclare le propriétaire. 

 Source : southalltn.com 

Le complexe hôtelier BlackBerry Mountain à Walland (TN) a quant à lui intégré des activités guidées. Il offre notamment des circuits en vélo de montagne ou des randonnées d’une à deux heures, en compagnie d’experts locaux. Aussi, un mur d’escalade permet aux clients de tous niveaux de débuter ou de s’exercer à la grimpe.  

En ville : l’exemple d’evo Hotel

Aux États-Unis, evo.com est une plateforme de vente en ligne d’équipements et d’accessoires de sport. L’entreprise, qui gère plusieurs magasins, est également réputée pour ses actions philanthropiques et pour son soutien à de nombreuses associations culturelles et artistiques dans diverses localités. Plus qu’un simple détaillant sportif, evo.com a réussi à bâtir une véritable communauté de passionnés du plein air. Le succès de l’entreprise l’a conduit à ouvrir un campus de 30 000 m2 à Salt Lake City, dans l’Utah, comprenant son premier hôtel. evo hotel est un tiers-lieu urbain pensé et conçu comme un lieu de rencontre et de détente, orienté vers le sport, le plein air et l’art. Le complexe hôtelier comprend ainsi un magasin de torréfaction, de vente d’équipements de sports, de location de ski/planche à neige et de vélo de montagne, un skate park, un mur d’escalade et un toit-terrasse sur lequel se trouve un bar. 

Source : evohotel.com 

Au client qui choisit l’evo Hotel, l’établissement fait la promesse « qu’en plus de dormir dans un hôtel, il fera la rencontre d’une communauté qui a les mêmes passions pour le plein air que lui, un hôtel tourné vers les activités sportives dans et hors de la ville. »  

Un besoin de (re)connexion

Charaf El Mansouri, cofondateur et PDG de Dharma, tour opérateur spécialisé dans le voyage d’affaires en est intimement convaincu «lavenir du voyage est basé sur la passion, et non sur la destination».  

La période post-pandémie révèle un fort besoin de se rencontrer à nouveau, une envie de se créer des souvenirs collectifs et de vivre des expériences que l’on n’a encore jamais vécues. Mme Perdue, du Reid Creek Lodge, explique qu’elle voit de plus en plus de familles voyager en groupe et que, si les activités telles que les soins de spa sont relaxantes, elles sont pratiquées individuellement et ne permettent pas aux groupes de se rencontrer. Elle poursuit au sujet de ces expériences d’aventure « Je le vois comme un désir palpable et intense d’inspiration (…) C’est la liberté de sortir, de courir, de respirer et de ressentir. C’est un désir de revigorer les sens (…) et d’entrer en contact avec des personnes qui sortent de la zone de confort conventionnelle. » 

Le contact avec la nature donne également la possibilité de se connecter au moment présent et offre ainsi un ressourcement individuel.   

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Produits et activités

Connexion à la nature : multiplier les occasions

L’exposition à la nature permettrait, entre autres, de réduire le rythme cardiaque, la pression artérielle, le stress et l’anxiété. À son contact, l’humain serait plus calme et en sortirait même détendu et plus productif. Ces bienfaits sur la santé physique et mentale ont été démontrés par la communauté scientifique.  

Comment favoriser cette connexion ?

L’engouement pour le plein air ne repose pas seulement sur ses propriétés préventives et curatives. Jouer dehors apporte son lot de joie. La beauté de la nature et des paysages figure parmi les premières motivations de voyage. Ce n’est donc pas surprenant d’observer une fréquentation à la hausse des parcs et sites de plein air, mais aussi de voir l’offre se déployer sous différentes formes. Voici, en rafale, des pratiques et initiatives inspirantes qui favorisent une connexion avec la nature.  

Se laisser guider par les autochtones dans l’interprétation de la nature

Le tourisme autochtone offre de belles façons de découvrir, non seulement la culture de leurs peuples, mais aussi leur relation avec le territoire. Des communautés du Québec proposent des expériences d’observation de la faune et de la flore. Des guides autochtones accompagnent aussi les voyageurs à la pêche et évoquent les méthodes ancestrales. Par des randonnées en forêt, ils démystifient l’usage de certaines plantes comestibles ou médicinales présentes sur le parcours.  

Source: © Alexis Pageau Tourisme Autochtone Québec  

Se nourrir de la forêt

De plus en plus de destinations font la promotion des activités liées aux produits forestiers non ligneux, soit des produits biologiques issus de la forêt, autre que le bois d’œuvre. L’organisation de gestion de la destination Travel Oregon invite ainsi les amateurs de champignons sauvages à se joindre à des tours guidés dans les parcs d’État ou encore de s’adonner à cette pratique de façon autonome, à l’aide des outils de planification et d’interprétation qu’elle partage. En Finlande, découvrir la nature passe aussi par la cueillette de champignons et de baies sauvages présentes en grande quantité. 

Source : Travel Oregon

Affronter les forces de la nature

Les concepteurs d’hébergement de plein air créent depuis plusieurs années des expériences immersives grâce à un design intégré au paysage. Une fenestration abondante et une empreinte écologique minimale figurent souvent parmi les composantes de ce type d’hébergement. En Norvège, la cabine Dosabu illustre bien cette idée d’immersion. Situé à flanc de falaise, ce refuge accueille les randonneurs en leur offrant une vue spectaculaire sur la mer, surtout lorsque les éléments se déchaînent. Cette cabine fait partie du Stormwatching Concept qui invite les visiteurs à prendre part à des tours guidés pour vivre pleinement, de façon sécuritaire, un événement météo intense, mais courant dans la région. 

Source: © Ian Aannevik Fjord Norway 

Se plonger dans l’eau froide

La baignade en eau froide, une pratique surtout observée dans les pays de l’Europe du Nord, gagne en popularité au Canada. Malgré la violence du choc thermique, cette activité aurait plusieurs effets positifs sur la santé physique et psychologique des adeptes, du moins selon les convertis. Des communautés de baigneurs en eau froide se seraient créées durant la pandémie, notamment en Colombie-Britannique. Les membres se rencontrent habituellement une fois par semaine sur une plage ou une baie désignée. Vêtus d’un maillot de bain, d’un bonnet et parfois de mitaines, ils s’immergent dans l’eau pour quelques minutes et en ressortent complètement revigorés.  

Source : Unsplash

Télétravailler en nature

Afin d’inciter les travailleurs à profiter des bienfaits de la nature, la Ville finlandaise de Lahti a fait installer, à l’automne 2021, cinq stations de télétravail dans des boisés. L’opération s’est révélée positive puisque l’offre s’est étoffée pour l’année suivante. Dans le même ordre d’idée, et pour élargir sa clientèle, l’OGD de la Suède a développé un microsite pour promouvoir des lieux propices à un séjour de workation. Visit Sweden donne ainsi une vitrine à plusieurs sites qui détiennent une bonne connexion WiFi dans ou près de la nature. 

Source: Green Lahti 

Se connecter aux grands espaces pour mieux les protéger

Enfin, plusieurs destinations tablent, entre autres, sur l’immersion en nature et le bien-être qu’elle procure. Certaines l’illustrent très bien. C’est notamment le cas de la Colombie-Britannique avec sa campagne BC Effect, de Outer Hebrides, un archipel au large de l’Écosse, avec la campagne Warm Your Soul ou encore de la Norvège dont l’amour du plein air est connu. 

S’adonner au plein air a également un impact sur sa protection. Selon le Dr Lem, directrice du projet de prescription de temps en nature PaRx, la recherche démontre que les adultes et les enfants qui fréquentent la nature sont plus enclins à vouloir la protéger et à adopter des comportements écoresponsables. Le Québec a tout en main pour déployer ses offres d’immersion en nature et ainsi procurer des bienfaits à sa population, à ses visiteurs ainsi qu’aux milieux d’accueil.  

Image à la une : Unsplash 

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Produits et activités Segments de clientèles

Promouvoir les itinéraires de longue randonnée 

Envisager une randonnée sur plusieurs jours nécessite une bonne préparation. Celle-ci peut s’avérer laborieuse, surtout si les outils sont déficients. Dans le cas contraire, la planification devient plaisante. Elle permet de sécuriser le randonneur dans l’organisation de son aventure en l’aidant à prévoir les étapes et à visualiser son séjour, ce qui contribue même à l’excitation entourant ce type de projet.  

Que veulent les randonneurs ?

La randonnée fait partie des principales activités de plein air des voyageurs. Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), cette clientèle se décline en trois catégories de randonneurs : les promeneurs, les occasionnels et les aguerris. Voici un tableau rassemblant les principales caractéristiques recherchées par les deux derniers segments, soit ceux qui correspondent à la clientèle cible des longs itinéraires. Rappelons qu’une longue randonnée se déroule sur une période d’au moins deux jours et comprend une nuitée et plus. 

Outiller pour bien planifier

Un portail Web réunissant l’ensemble de l’offre associée au projet facilitera la planification du séjour. Cette plateforme doit permettre de visualiser l’intégralité de l’itinéraire, mais aussi chacune des étapes ainsi que certaines informations comme la durée, le nombre de kilomètres, le niveau de difficulté, les services de santé à proximité, l’offre d’hébergement, les restaurants et épiceries, etc. Voici l’exemple des Baltic Trails.  

Il s’agit de deux itinéraires de longue randonnée (Baltic Coastal Hiking: 1419 km et Baltic Forest Hiking : 2141 km) qui traversent chacun la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie. Le site Web comprend une foule d’informations bien organisées, dont de nombreuses photos des différentes sections, le type de sol, le niveau de difficulté, une carte avec les éléments d’intérêt et les services. On y trouve aussi la possibilité d’exporter les données des cartes (GPX) vers une application comme Google Maps. 

Source: Baltic Trails 

Bienvenue randonneurs 

Les voyageurs des Baltic Trails peuvent aussi choisir de dormir dans des établissements d’hébergement certifiés Hiker Friendly. Cette accréditation exige des organisations qui y adhèrent de répondre à des critères bien précis pour accueillir adéquatement les randonneurs. Parmi ces exigences, mentionnons : 

  • Mettre en évidence les informations concernant les itinéraires de randonnée à proximité. Celles-ci doivent inclure la longueur, le niveau de difficulté, le temps moyen pour le compléter, etc. ; 
  • Indiquer les lieux permettant de recevoir des soins de santé ; 
  • Donner l’accès à de l’eau potable et à Internet ; 
  • Dans le cas des établissements d’hébergement, offrir un lieu séparé de la chambre pour laver et sécher les vêtements et les chaussures ;  
  • Aider le randonneur qui le souhaite à réserver son prochain hébergement. 

Source: Baltictrails.eu 

Soulignons qu’un tel type de certification est également déployé pour les hébergements des régions des Cantons-de-l’Est et des Iles de la Madeleine. Dans les deux cas, ils affichent le label Bienvenue randonneurs 

Partir à la découverte de soi

Dans le cas spécifique d’un randonneur qui envisage de parcourir un itinéraire de longue distance, les motivations peuvent être profondes, surtout s’il s’agit d’un projet de plusieurs semaines. Des chercheurs se sont déjà penchés sur la question. Un article publié dans Leisure Studies en août 2022 rappelle que les expériences en plein air sont souvent motivées par l’amour de la nature, le défi physique et athlétique, mais aussi par le besoin d’introspection. Les auteurs affirment même qu’un séjour de longue randonnée peut jouer un rôle dans la découverte et la définition de soi et peut provoquer des transformations personnelles.  

Dans cette optique, la diffusion de vidéos et le partage d’expériences de terrain permettent au futur marcheur de mieux saisir le type d’aventure qui l’attend, de se familiariser avec l’environnement, les défis, l’itinéraire en général ou encore d’obtenir des astuces et des conseils qui peuvent s’avérer très utiles et sécurisants. Ainsi, une présence sur les médias sociaux, une offre de voyages de familiarisation pour les médias et le recours à des blogueurs/influenceurs crédibles qui parcourent le trajet pourraient faire partie de la stratégie de communication. Voici l’exemple d’une randonneuse ayant documenté son expérience sur l’Appalachian Trail. 

Célébrer les itinéraires 

Des festivals de randonneurs animent plusieurs itinéraires mythiques chaque année. Voilà une belle façon de rassembler la population locale ainsi que les adeptes de plein air et de promouvoir la destination. Le Pacific Crest Trail Days, qui se déroule en août dans une petite municipalité de la Columbia River Gorge en Oregon, invite les participants à des compétitions amicales. C’est aussi l’occasion pour les détaillants d’équipement de plein air de présenter leurs nouveaux produits. 

Source: pctdays 

Interpeller tous les randonneurs

Marcher pour découvrir le territoire constitue certainement l’une des façons les plus durables de faire du tourisme. Bien que ce soient les plus aguerris qui s’engagent dans une expédition sur plusieurs jours, le tourisme de marche peut rejoindre un bassin de clientèle non négligeable en misant aussi sur les randonneurs occasionnels. Les itinéraires avec un dénivelé peu élevé conviennent à une clientèle élargie. Relever un défi, marquer un passage important de la vie, renforcer les liens avec un proche… Toutes les raisons sont bonnes pour se lancer dans une telle aventure !  

Lire aussi : La randonnée de longue distance gagne du terrain

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Produits et activités

La randonnée de longue distance gagne du terrain

Un produit plein de promesses

Promouvoir la connexion à la nature pour ses bienfaits sur la santé physique et mentale, encourager le slow travel, limiter l’empreinte écologique des voyageurs par des moyens de transport actif, favoriser une meilleure répartition des retombées touristiques à travers le territoire (surtout dans les petites communautés), créer des expériences intenses et mémorables… Voilà quelques-uns des bénéfices du déploiement d’une offre de longue randonnée.  

Les longs itinéraires attirent et se multiplient

Une randonnée est qualifiée de longue lorsqu’elle comprend au moins une nuitée et se déroule sur deux jours ou plus.  

Pour bien situer le type d’offre dont il est question ici, une randonnée est qualifiée de longue lorsqu’elle comprend au moins une nuitée et se déroule sur deux jours ou plus.  

L’Europe possède une tradition de voies piétonnières connectant les villages et pour lesquelles l’engouement ne démord pas. L’un de ces itinéraires les plus connus, le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, a enregistré depuis 2011 une progression presque constante du nombre de marcheurs arrivant à Saint-Jacques — objectif convoité par la plupart des participants. L’année 2019 marque un sommet avec plus de 327 000 personnes ayant fait estampiller leur carnet du pèlerin à cet endroit. 

Aux États-Unis, certains longs sentiers de randonnée en montagne ou en pleine forêt sont devenus mythiques. Pensons à l’Appalachian Trail qui s’étend sur plus de 3 500 km à travers 14 États. Ce sentier est fréquenté par quelque trois millions de personnes chaque année, dont 3 000 qui tentent de le marcher dans son entièreté. Seul le quart d’entre eux y parviennent.  

De nouveaux projets d’itinéraires se développent partout à travers le monde. En Grande-Bretagne, le réseau Slow Ways vise à connecter tous les villages du pays par voies piétonnières. L’Italie reliera 25 parcs nationaux par un sentier continu de quelque 7 000 km.  

Source: Slow Ways/Facebook 

Comment déployer cette offre ?

Certaines destinations partagent des boîtes à outils pour accompagner les régions, les municipalités et les gestionnaires de sentier dans ce déploiement. C’est le cas de la Suède qui propose une série de guides (en suédois), de vidéos et d’exemples concrets pour inspirer et aider les parties prenantes. L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) publiait, en 2019, un rapport visant à informer et à inspirer les organisations quant au déploiement du tourisme de marche dans un cadre de développement régional. Voici quelques éléments clés tirés de cet outil et de ceux de la Suède : 

L’itinéraire

-Ses composantes doivent évidemment être attractives, sans nécessairement être spectaculaires. Ses atouts naturels et culturels doivent être mis en valeur par des points de vue, des panneaux explicatifs, etc.   

-Les routes asphaltées, qui ne sont généralement pas appréciées, sont tolérées lorsqu’elles sont de courte distance, peu achalandées par le trafic automobile et permettent de relier certaines sections d’un itinéraire. 

-Idéalement, des moyens de transports publics devraient permettre de s’y rendre. Les hébergements aux abords du tracé ou encore les bureaux touristiques sont encouragés à offrir une liaison vers les points d’entrée de l’itinéraire. 

-La forme du circuit (en ligne ou en boucle) doit aussi être prise en considération dans le déploiement d’une offre de transport (pour le retour des randonneurs à leur voiture, le cas échéant). 

-Une signalisation et un balisage clair qui ne dénaturent pas le paysage sont essentiels pour une expérience sécuritaire et agréable. 

-Des installations de base sont nécessaires comme des toilettes, des points d’eau, une offre d’hébergement (refuge, abri, sites de camping) à certains endroits clés. 

-Le chemin doit être entretenu et régulièrement contrôlé afin d’effectuer les ajustements rapidement pour des questions de sécurité, mais aussi de préservation de l’environnement. 

La destination 

-La région n’a pas besoin d’avoir une grande renommée pour attirer des randonneurs, puisque l’itinéraire de longue distance sera en lui-même le but du voyage.  

-Lorsque la route est bien structurée, en sections, chacune pouvant être réalisée en quelques heures ou en une journée, le sentier peut alors attirer d’autres types de randonneurs, moins aguerris. 

-L’activité de randonnée peut devenir un véritable levier économique et touristique pour la région. Parmi les opportunités, soulignons : 

  • Services de guides de randonnée, de transport de bagages, d’hébergement, de navette ; 
  • Vente de guide-papier et de cartes bonifiées, quoique les informations de base devraient être fournies gratuitement (documentation imprimée ou en ligne) ; 
  • Vente de nourriture et de boissons pour randonneurs, d’équipement spécialisé, de souvenirs à l’effigie de l’itinéraire ; 
  • Programmes d’activités touristiques connexes (festivals, activités culturelles, dégustations en micro-brasseries, etc.). Voilà qui pourrait prolonger le séjour des voyageurs avant ou après la randonnée. 

-L’analyse de la satisfaction de la clientèle permet de prendre connaissance, d’ajuster et de bonifier certains éléments de l’itinéraire pour maximiser la qualité de l’expérience. Cette analyse peut se faire par sondage récurrent ainsi qu’en suivant les médias sociaux. 

Le Québec sur la bonne voie 

Le Québec dispose d’une offre croissante d’itinéraires de longue randonnée. Le projet de Sentier national du Québec, qui équivaut à 1650 km de sentier pour la randonnée pédestre, la raquette et le ski nordique à travers neuf régions touristiques de la province, progresse bien. Les circuits et routes de marches pèlerines à faire en autonomie se multiplient. Mentionnons les Sentiers Entre Vents et Marées qui parcourent les Iles de la Madeleine sur 230 km ou encore le Sentier Notre-Dame-Kapatan au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Cette façon de découvrir une destination gagne en popularité, faisons en sorte que le Québec se positionne avantageusement dans ce créneau. 

Lire aussi : Promouvoir les itinéraires de longue randonnée

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Produits et activités Segments de clientèles

Les femmes à la conquête du plein air

Dans le but de réduire les barrières physiques et psychologiques à la pratique d’activités de plein air, de nombreuses initiatives s’adressant aux femmes voient le jour. En plus d’éradiquer les étiquettes et les préjugés, cela permet aux femmes de prendre leur place dans la pratique de ces activités comme participantes, mais aussi comme employées.   

 

Lancer une ligne à l’eau

La pratique de la chasse et de la pêche chez la clientèle féminine augmente. Seulement aux États-Unis, 27 % des adeptes de la chasse étaient des femmes en 2021, contre 16 % il y a dix ans selon un nouveau rapport publié par le Council to Advance Hunting and the Shooting Sports et la Outdoor Foundation. Même constat pour les activités halieutiques. La clientèle féminine représentait 37 % des adeptes de la pêche en 2021, le niveau le plus élevé jamais enregistré chez nos voisins du sud d’après la dernière étude de la Recreational Boating & Fishing Foundation. Cette augmentation n’est pas étrangère aux efforts déployés dans ces milieux pour inviter les femmes à pratiquer ces sports. D’un point de vue marketing, au-delà du bien-être physique, la promotion s’articule autour de l’ensemble des avantages mentaux et sociaux que les femmes peuvent en retirer.

Au-delà du bien-être physique, la promotion s’articule autour de l’ensemble des avantages mentaux et sociaux que les femmes peuvent en retirer.

Selon l’enquête Vividata – Printemps 2022, menée auprès d’un échantillon de 7 959 consommateurs québécois, 7 % des répondants ont pêché au moins une fois au cours de la dernière année. Parmi ceux-ci, 41 % sont des femmes. Quant à la chasse, 3 % des Québécois l’ont pratiquée au cours de la même période. La clientèle féminine représente plus d’un tiers (34 %) des participants. Les données ont été colligées en continu de juillet 2021 à juin 2022 auprès de 41 821 Canadiens âgés de 14 ans et plus, et publiées le 29 septembre 2022. 

Au Royaume-Uni, l’Environment Agency  publie un court documentaire, Fishing Stories — Women in Fishing​, (voir la vidéo suivante) mettant en vedette des  femmes qui expliquent les bénéfices que la pêche leur procure, comme la réduction du stress, la socialisation et les bienfaits pour la santé mentale. 

Depuis le début des années 1990, le programme éducatif Becoming an Outdoors-Woman (BOW) propose des ateliers et des séjours tout-inclus pour apprendre les rudiments des loisirs de plein air comme la pêche et la chasse. Il vise le développement de compétences en renforçant la confiance des femmes et en les encourageant à profiter, en toute sécurité, de tout ce que le plein air a à offrir. Dans le but de réduire les barrières physiques et psychologiques à la pratique d’activités de plein air, la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique ont adhéré au programme, et de nombreuses initiatives s’adressant aux femmes voient le jour 

Construire pour bâtir une communauté forte

Aménager un sentier de vélo de montagne ou encore créer un snowpark, entre femmes ? Voilà des projets qui visent notamment à donner confiance à ces dernières, et bénéficient à toute la communauté de pratique de plein air.  

Ça roule pour les filles 

Kristen Smith, co-fondatrice de The Elevated Alpine, et Brooke Goudy, co-dirigeante de Black Girls Do Bike Denver se sont associées pour créer une retraite de vélo de montagne « She digs ». Quelque 50 femmes issues de cette industrie se sont réunies à Nederland, au Colorado, pour remercier leurs consœurs les plus influentes du secteur pour tout le travail qu’elles réalisent dans la promotion du plein air et du vélo de montagne. 

Le groupe en a profité pour construire un sentier de vélo de montagne qui a permis de bâtir des liens durables entre les participantes et d’apprécier tout le travail que demande la création et l’entretien d’un tel projet. La vidéo suivante présente davantage les détails de la retraite. 

L’effet boule de neige 

La directrice du marketing à la station Trollhaugen (États-Unis), Marsha Hovey et son équipe, ont remarqué le manque de femmes dans les services d’opérations liés aux activités de villégiature, en particulier dans les stations de ski. Il n’en fallait pas plus pour que la responsable rassemble autour d’elle le premier groupe entièrement féminin pour la construction d’un nouveau parc à neige (snowpark). Onze femmes provenant de stations de ski des quatre coins de l’Amérique du Nord se sont réunies pour la réalisation du projet Take to Rake. 

Source : Instagram 

Cette idée a créé un lieu de rencontre et d’échanges pour les participantes, mais aussi une occasion pour elles d’améliorer leurs compétences. Elles se sont impliquées à toutes les étapes de création ; de la conception aux travaux de soudure. Selon madame Hovey, elles ont pu exprimer leurs idées comme jamais elles n’avaient pu le faire auparavant.  

Ce type d’événement est un vecteur de changement positif dans le milieu du plein air. Cela inspire les jeunes clientes et leur fait prendre conscience des rôles possibles pour la prochaine génération de travailleurs en montagne. 

Vers les plus hauts sommets

Bien que les femmes représentent environ 50 % de la communauté de l’escalade dans son ensemble, au Canada, elles sont encore sous-représentées dans les groupes de création de parcours, comme entraîneuses et parmi les athlètes commandités. La BIG Initiative pose des gestes concrets pour offrir des modèles aux femmes et à la prochaine génération de filles dans le domaine.  

L’organisation y parvient en trois étapes : formation, réseautage et visibilité. Des ateliers, des cours d’initiation, des camps de formation sont animés par des femmes et offerts un peu partout au Canada. De plus, une série de vidéos  - Not Just a Boy’s Club  -  a été créée pour exposer les difficultés et les défis reliés au genre dans le secteur de l’escalade. 

L’importance des regroupements non mixtes

Bien que la pratique dans certains sports de plein air soit encore genrée, force est de constater que les femmes sont de plus en plus nombreuses. Pour plusieurs spécialistes et acteurs du milieu, les communautés de pratiques féminines contribuent fortement à cette augmentation. Lorie Ouellet, professeure et chercheuse en intervention plein air à l’Université de Chicoutimi (UQAC), estime qu’il existe de nombreuses raisons qui incitent les femmes à chercher ces groupes non mixtes : 

  • Jouer des rôles plus actifs ; 
  • Prendre confiance en leurs capacités ; 
  • Développer leurs habiletés et leur autonomie ; 
  • Expérimenter et reconnaître leur force et leur autonomie physique et émotionnelle ; 
  • Avoir un sentiment de soutien sans la pression de performance. 

De plus en plus de communautés de pratique contribuent à la démocratisation des activités de plein air auprès des femmes. Pour plus d’inspiration, voici quelques exemples :  

Êtes-vous prêtes à sauter dans l’aventure ? 

Image à la une : Montage RVT, Pexels 

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Produits et activités

De l’équipement nautique en libre-service

Des stations de location de planches à pagaie se déploient sur les plages du lac Léman, en Suisse. Les deux premières installations, conçues par la startup Equip, comportent chacune 6 embarcations offertes gratuitement par les villes de Gland et de Rolle. 

Comment ça marche ?

L’usager doit d’abord télécharger l’application Equip, puis y effectuer une réservation. Par mesure de sécurité, une carte de crédit est requise, mais la location est gratuite. Il peut ensuite déverrouiller un casier à l’aide de son téléphone et accéder à une planche, une pagaie et deux vestes de flottaison. Le contenant comprend également un panier dans lequel l’utilisateur peut laisser ses effets personnels.  

Plusieurs types d’équipement

D’autres stations de planches à pagaie, mais aussi d’autres équipements sportifs, sont prévus sur les berges du lac. Par ailleurs, la ville de Gland compte déjà un module pour le prêt de jeux de pétanque, de spikeball et de tennis de plage. Voilà qui permet d’alléger le balluchon du visiteur ou encore de l’initier à la pratique de nouvelles activités. 

La sécurité avant tout

Néanmoins, l’absence de personnel ou d’outils de communication (affiches, vidéos, etc.) prodiguant des consignes de sécurité et des conseils sur l’utilisation adéquate de l’embarcation et de la veste de flottaison pose un certain défi en matière de prévention des noyades. La transmission de ces informations est primordiale, qu’on s’adresse aux néophytes ou aux utilisateurs expérimentés. Une approche en libre-service ne doit pas compromettre la sécurité des visiteurs.

 

Image à la une : Equip/Vimeo 

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Une route balisée pour les pagayeurs

Le projet Paddled Vestfold and Telemark consiste en un réseau de sentiers fluviaux longeant la côte. Celui-ci peut être emprunté de façon autonome grâce au balisage et à la signalisation. Les itinéraires sont cartographiés et peuvent être téléchargés sur un microsite Web de l’organisation de gestion de la destination de la Norvège (en norvégien avec résumés en anglais). En plus de documenter les circuits, ces cartes permettent de repérer les points d’eau potable, les toilettes, les stationnements et les aires de repos, entre autres.

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Source : UT.no

Les haltes, mises sur pied expressément pour les pagayeurs dans chacune des municipalités du parcours, disposent de quelques abris pour accueillir plus d’un groupe à la fois. Bien que rudimentaires, ces refuges qui s’intègrent harmonieusement au paysage ont été conçus pour pouvoir y passer la nuit.

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Source : Frank Tindvik /Facebook/Padleled Vestfold og Telemark

Ce déploiement consiste à inciter les Norvégiens à pratiquer une activité physique soutenue tout en profitant de la nature environnante. Ce projet s’inscrit aussi favorablement dans la politique de développement durable des municipalités concernées et contribue à l’attractivité de celles-ci, autant pour les résidents potentiels que pour les voyageurs des régions avoisinantes.

Inaugurée en 2018, la route sera composée de nouveaux itinéraires au cours de l’année 2021 grâce à l’ajout d’autres municipalités au projet.

Un concept pour le Québec ?

Un tel concept pourrait-il voir le jour au Québec ? Est-ce que nos rivières permettent une navigation suffisamment sécuritaire pour déployer des circuits en autonomie ? Serait-il possible d’intégrer une section du fleuve dans cet itinéraire ? Un projet comme celui-ci suscite bien des questionnements. Mais l’idée de découvrir nos régions par les nombreux cours d’eau qui les sillonnent est emballante.

 

Image à la une : Facebook/Padleled Vestfold og Telemark

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Les habitudes de plein air selon la provenance

En 2019, la Chaire de tourisme Transat a réalisé, en collaboration avec la Sépaq, un sondage Web afin de connaître, entre autres, les comportements de pratique du plein air des Québécois. Au total, 4263 répondants de partout dans la province (3016 clients de la Sépaq et 1202 provenant de la population générale) ont partagé leurs habitudes et leurs préférences en matière d’activitéen nature.  

Fait intéressant, les analyses comparatives révèlent des différences significatives entre certaines parties du territoire. Les gens des communautés de Montréal, de Québec et des régions semblent mordre dans les loisirs de plein air de plusieurs manières. Les résultats démontrent que: 

  • En ce qui concerne la fréquence de pratique, les gens de la capitale occupent le haut du podium. Lorsqu’ils fréquentent les territoires de la Sépaq, ils aiment davantage la pêche que les Montréalais; 
  • Les Montréalais s’évadent moins souvent en plein air mais ils le font en plus forte proportion que les gens de Québec; 
  • Les répondants en région explorent la nature à une fréquence similaire à celle des Montréalais, mais ils adoptent davantage la chasse, la pêche et les embarcations non motorisées (kayak, canot, etc.) que ceux des deux communautés métropolitaines;  
  • Les gens des régions fréquentent beaucoup moins les parcs nationaux de la Sépaq que les urbains. 

Voyez les résultats plus détaillés dans l’infographie ci-dessous. 

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Source image à la Une : Unsplash

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Le Canada parmi les champions en tourisme d’aventure

Depuis 2008, l’Adventure Travel and Tourism Association (ATTA) publie l’Adventure Development Tourism Index (ADTI), un rapport sur la compétitivité des destinations en tourisme de nature et d’aventure. Les pays « développés » et « en développement » sont scrutés et classés par un jury de professionnels du tourisme de nature qui viennent du monde entier.

L’ADTI met de l’avant les dix destinations les plus performantes. Malgré une légère régression, le Canada se taille une place parmi les chefs de file du tourisme de nature et d’aventure pour la dixième année consécutive. En huitième position, il s’incline devant l’Islande, la Suisse, la Nouvelle-Zélande, l’Allemagne et la plupart des pays scandinaves, mais fait de l’ombre à l’Australie et au Danemark.

Bien qu’il ait accédé au podium en 2011 avec une 3e place, le pays oscille entre la 6e, 7e et 8e position depuis les cinq dernières années (voir graphique 1).

Les forces et les faiblesses du Canada

Le jury examine chaque pays selon 10 piliers classés en trois catégories : sécurité, aventure et potentiel d’accueil. Chacun est évalué sur une note de 0 à 10. L’illustration ci-dessous en résume l’ensemble.

Source : ADTI, 2018 (traduction libre)

Les analyses plus détaillées issues des rapports de 2016, 2018 et 2020 démontrent les points forts de la destination. En regard du tableau 2, les forces du Canada concernent surtout l’entrepreneuriat et la sécurité. D’après l’ADTI, la liberté économique du pays laisse place à la création d’entreprises et à l’innovation. Le sentiment de sûreté des voyageurs donne également des plumes au score final.

On remarque que le pilier « activités » a reculé d’un point par rapport aux années précédentes. Ce constat réfère à la Liste rouge des espèces menacées de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature et aux résultats les plus récents concernant l’état des forêts de la Food and Agriculture Organization. Le pilier « ressources naturelles » reste quant à lui particulièrement stable. La faible densité de population du pays et la protection du grand littoral lui donnent beaucoup de crédit, ces dernières demeurant constantes au fil du temps.

Il en va de même pour le pilier « infrastructures touristiques », qui varie peu au fil des années. Celui-ci se rapporte aux outils comme les cartes, mais aussi aux aménagements tels que les sentiers, les routes, ainsi qu’à des services comme les hébergements, les entreprises d’aventure, les formations, etc.

En 2016, l’ADTI notait une corrélation entre la croissance d’achalandage et les piliers « ressources naturelles » et « culture ». Même si ce dernier pilier représente le talon d’Achille du pays, cette observation suggère que les voyageurs valorisent davantage ces éléments au Canada, comme ailleurs.

Les élus au sommet de la liste, soit la Suisse et l’Islande, se démarquent depuis plusieurs années.

L’Islande

L’Islande triomphe en tourisme de nature et d’aventure depuis trois ans. Fort d’une importante croissance touristique depuis 2016, le paradis des geysers et autres phénomènes naturels montre l’exemple en gestion durable de la destination. Son serment du visiteur responsable destiné aux voyageurs étrangers en témoigne. Le pays a gravi sept rangs depuis la crise économique de 2008. Il a massivement investi en marketing, en développement de produit et en services de soins de santé.

Source : Visit Iceland

La Suisse

Les forces de la Suisse sont semblables à celles du Canada. Ce véritable terrain de jeux entre ciel et terre excelle en matière de gouvernance, de sécurité et d’entrepreneuriat. Le faible nombre d’alertes aux voyageurs ainsi que son économie stable lui valent le titre de deuxième championne. Sur son site Web officiel, on remarque sur-le-champ la place centrale qu’occupe le plein air.

Source : My Switzerland

Aujourd’hui, la pandémie donne de l’importance au tourisme de nature et d’aventure. Les prochains voyageurs auront soif de grands espaces. Ce sera une occasion de mettre à profit les forces de la destination.

Image à la une : Pexel