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Produits et activités

Adapter le produit à l’heure de la pandémie

Bien que l’été 2020 ne sera pas des plus profitable pour une partie de l’industrie touristique, des organisations mettent tout en œuvre pour rouvrir. Voici comment elles adaptent leur offre en fonction des mesures sanitaires ou encore ciblent de nouvelles clientèles.

Ajuster son offre

L’entreprise de voyages G Adventures propose des circuits en groupes restreints avec la création d’une nouvelle collection de séjours : Travel with Confidence Plus. Ces 37 itinéraires répondent à une série de critères sanitaires pour assurer la sécurité des clients. Mentionnons ceux-ci :

  • Groupes formés de 8 à 10 personnes (plutôt que 12);
  • Voyageurs solos bénéficiant de rabais de 50 % sur les chambres privées;
  • Aucun hébergement avec chambres ou salle de bain partagées;
  • Transport privé (à l’exception du transport aérien) avec places assignées et espacées entre les passagers.

L’entreprise québécoise Karavaniers, qui se spécialise en voyages d’aventure dans les destinations exotiques, a rapidement organisé des séjours en sol canadien et québécois grâce à des partenariats avec des entreprises des régions concernées. Les propositions pour l’été 2020 sont séduisantes et mettent le Québec en vedette : camp de base dans l’archipel de Mingan et découverte du littoral de l’île d’Anticosti; longues randonnées en Gaspésie avec repas conçus à partir de produits de la mer et accompagnés de bières locales, etc.

Source : Karavaniers.com

Cibler la clientèle en télétravail…

Pour les vacances ou pour le télétravail (pourquoi pas les deux !), le centre de villégiature de Jay Peak offre de l’hébergement en chalet pour des séjours prolongés (un mois ou plus) avec Internet haute vitesse et des options pour un accès WiFi sécurisé. Les longues périodes de location sont préférables. Elles réduisent notamment les va-et-vient de clients différents, et donc les besoins en désinfection et les risques pour le personnel d’entretien. La campagne Relocation Vacation inclut un abonnement de saison au golf et à la piscine chauffée extérieure.

« Célébrer » la réouverture

Par ailleurs, Jay Peak Resort crée un « événement » pour illustrer son plan de réouverture graduelle : The Return. Chacune des étapes fait référence à un spectacle ou à une composante de festival. La scène estivale met notamment en vedette plusieurs têtes d’affiche comme le retour des activités au parc aquatique intérieur.

Source : Jay Peak Resort

Présenter la marche à suivre

Tout comme de nombreuses entreprises d’activités de plein air guidées au Québec, une organisation de rafting de l’Oregon, Northwest Rafting Company, apporte des ajustements qui lui permettent d’opérer cet été :

  • Prévoir 4 à 5 personnes par embarcation, appartenant toutes à la même unité familiale;
  • Questionner les clients sur leur état de santé lors de la réservation, puis à plusieurs reprises jusqu’au jour de l’activité;
  • Faire respecter un serment sanitaire aux usagers dans lequel ils promettent de se laver les mains régulièrement, de garder leurs distances avec les autres groupes, etc.;
  • Planifier l’arrivée des familles à différents moments pour éviter les attroupements;
  • Limiter les contacts de chaque groupe avec son guide et son chauffeur d’autobus;

Les individus doivent aussi respecter les cinq règles illustrées dans cette vidéo :

Offrir des services pertinents

Au Québec, les voyages sont permis, mais les autorités de la santé publique demandent aux visiteurs de limiter les interactions une fois rendus à destination. À cet égard, le camping de Carleton-sur-Mer, en Gaspésie, propose à ses clients un service de livraison d’épicerie. Cette initiative a vu le jour grâce à un partenariat avec Bouge pour que ça bouge, un organisme voué à la promotion de saines habitudes de vie chez les jeunes, ainsi qu’avec le Marché Viens Métro.

Source : Facebook/Marché Viens Métro

S’équiper de solutions sans contact

Plusieurs attractions québécoises sont déjà équipées de la technologie RFID telle que proposée par la compagnie québécoise Connect & Go, qui permet d’améliorer l’expérience du visiteur ainsi que la gestion des réservations et des achats. Ces bracelets, munis de puces, constituent aussi une solution pour réduire les contacts physiques. À partir du profil qu’il aura préalablement créé en ligne, l’utilisateur réserve son billet ainsi que des cases horaires pour profiter des différents services. L’information est ensuite transférée sur la puce RFID que le client porte au poignet. Voilà qui permet de mieux gérer les files d’attente. Le visiteur peut également se servir du bracelet pour effectuer des transactions sur place.

Adaptations temporaires et permanentes

Ces adaptations s’ajoutent aux panneaux de plexiglas, aux cônes orange servant à délimiter certaines sections, au marquage au sol permettant de faciliter le respect d’une certaine distance, aux flèches qui indiquent le sens de la circulation, etc. L’année 2020 aura vu naître de nombreuses astuces temporaires pour assurer la sécurité des clients. Certaines de ces initiatives s’estomperont après la crise, d’autres s’inscriront à plus long terme dans le paysage touristique.

 

Image à la une : YouTube/Northwest Rafting Company

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Produits et activités

Vaste enquête auprès de l’industrie touristique : portrait du plein air

Dans la belle province, le plein air est en croissance depuis plusieurs années. Mais selon Destination Canada, l’industrie touristique au Québec pourrait perdre plus de 81000 emplois à cause de la COVID-19. Comment les entreprises en plein air, les campings et les pourvoiries vivent-ils la crise sanitaire? Voici un bref portrait de la situation d’ici et d’ailleurs ainsi que quelques pistes de réflexion pour la relance. 

 

Les campings et les pourvoiries plus préoccupés 

La Chaire de tourisme Transat, le ministère du Tourisme ainsi que l’Alliance de l’industrie touristique du Québec ont réalisé un sondage Web auprès des organisations touristiques pour connaître l’impact de la COVID-19 sur l’industrie au Québec. Du 9 au 27 avril 2020, 2 977 gestionnaires et responsables ont rempli le questionnaire. Quelque 202 répondants gèrent des campings, 287 œuvrent dans le domaine du plein air et 147 travaillent dans un établissement de pourvoirie. 

Parmi ces trois secteurs, un peu plus d’une entreprise en plein air sur deux affirme ressentir des contrecoups «très négatifs » à «catastrophiques » sur leurs affaires. Environ 67% des campings clament les mêmes propos. Mais ce sont véritablement les pourvoiries qui demeurent significativement les plus affectées, avec près de 75% des répondants qui déclarent un état similaire. 

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Source : Enquête en ligne de la Chaire de tourisme Transat, avril 2020 

En général, tous se disent inquiets. Du côté des campings et des pourvoiries, près de 9 répondants sur 10 craignent de ressentir des impacts financiers majeurs sur leurs activités. Environ 8 entreprises sur 10 de nature et d’aventure déclarent le même état d’esprit.  

Globalement, les trois groupes mentionnent se sentir moyennement, même peu outillés face à la crise. D’après le graphique ci-dessous, sur une échelle de «1Nous sommes complètement perdus » à « 10 — Nous avons un plan solide », les pourvoiries se sentent plus perdues que les autres, alors que les entreprises de plein air ont significativement plus confiance en leur plan.  

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Source : Enquête en ligne de la Chaire de tourisme Transat, avril 2020 

Dans les trois groupes, un répondant sur cinq affirme avoir fait une demande pour le Programme fédéral de prêts sans intérêt, alors qu’un sur trois mentionne y être admissible. Environ la moitié des pourvoiries et des entreprises de plein air ainsi que le tiers des campings déclaraient en avril détenir assez de liquidités pour survivre plusieurs semaines encore, voire des mois 

Certains répondants ont mis en place des pratiques pour minimiser les effets néfastes de la crise sanitaire. Quelques-uns comptent fermer les aires communes, ou louer un site de camping sur deux afin de respecter les règles de distanciation physique. Le gel d’embauche semble un passage obligé pour un peu plus du tiers d’entre eux, voire pour 46% des compagnies de plein air. Au sein des trois sphères d’activités, une entreprise sur trois prévoit de réaliser des mises à pied durant les mois de mai, juin et juillet.  

L’achalandage estival 

Fait intéressant, près de la moitié des sondés envisagent une baisse du nombre de touristes québécois, alors que de 35% à 41% des répondants estiment plutôt qu’il y aura davantage de visiteurs intra-Québec cet été. Il n’y a pas de différence significative dans les secteurs.  

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Source : Enquête en ligne de la Chaire de tourisme Transat, avril 2020 

En temps normal, les Québécois représentent déjà plus de 75% de la clientèle pour la majorité des organisations de ce secteur (nature et plein air : 70 %; pourvoiries: 74% et campings : 86 % 

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Source : Enquête en ligne de la Chaire de tourisme Transat, avril 2020 

À ce jour, l’achalandage touristique de 2020 demeure difficile à dessiner. Selon le Conference Board du Canada, 45% des Canadiens planifient un voyage cet été. Parmi ceux-ci, les deux tiers prévoient des séjours au Canada.  

L’Ontario rouvre ses parcs provinciaux. La Sépaq redonne graduellement l’accès à ses territoires à compter du 20 mai 2020. Les pourvoiries du Québec disent être en mesure d’accueillir des clients durant la saison chaude. Certains campings affichent même déjà complet.  

Ce que les Québécois adeptes de plein air veulent  

Quelques données peuvent aider à nourrir la réflexion pour une relance favorable à l’achalandage estival local. Les Québécois sont très actifs. Selon une étude réalisée par la Chaire de tourisme Transat en 2017, 38% des répondants déclaraient s’être adonnés à des sorties de plein air sur une période équivalente à trois semaines ou plus au cours de la dernière année [2017]. Parmi les sports préférés de ces adeptes, on retrouve en ordre décroissant d’importance le vélo sur pistes cyclables, la randonnée pédestre ainsi que la raquette et le canot en eau calme. Aux yeux des sondés, afin de favoriser l’activité physique en nature, les éléments «prioritaires » ou «extrêmement prioritaires» sont les suivants :  

  1. Le développement de forfaits de plein air [60%]; 
  1. L’accessibilité pour les familles [59%]; 
  1. La possibilité de louer du matériel[58%] ; 
  1. La communication à propos des produits existants [53%]. 

Les milieux de plein air ailleurs dans le monde  

Ailleurs, la situation évolue à un rythme très différent. Depuis qu’elle est passée d’un état d’urgence de niveau4 à 3 le 28 avril 2020, la Nouvelle-Zélande permet aux randonneurs de visiter les territoires protégés près de chez eux pendant 3h. Les États-Unis ont décidé de gérer leurs parcs au cas par cas, en supprimant les tarifs d’entrée des sites toujours accessibles. Par contre, comme en Irlande, cette mesure a provoqué une hausse d’achalandage notable. Presque partout, les nuitées sont interdites, excepté en Finlande où les autorités tolèrent les hamacs et tentes individuelles dans l’arrière-pays. 

Les retombées économiques importantes des activités touristiques dans les régions motivent certains sites à rouvrir hâtivement. La priorité demeure la sécurité des employés et des visiteurs. Les entreprises québécoises devront s’y attendre: les chartes sanitaires, la distanciation physique et les méthodes de paiement «sans contact» primeront dans tous les secteurs pour un bon moment.  

Consulter le sommaire exécutif du Sondage sur l’impact de la COVID-19 sur les entreprises touristiques québécoises.

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Gestion

COVID-19 : le tourisme de plein air et d’aventure

Plusieurs aires protégées et stations de ski sont fermées depuis le mois de mars. Au Québec, le gouvernement provincial a ordonné de réduire au minimum les services non prioritaires à compter du mercredi 25 mars, et ce, jusqu’au 4 mai. Les parcs nationaux restent toujours inaccessibles à la population. Ailleurs dans le monde, la situation varie. 

Le Réseau de veille en tourisme suit de près l’impact de la COVID-19 sur les différents secteurs de l’industrie touristique. Pour compléter les informations sur le tourisme de plein air et d’aventure, vous pouvez lire les résumés sur les attraits et sur le milieu culturel

Des décisions au cas par cas

Deux choix semblent se présenter pour les territoires protégés devant la COVID-19 : la fermeture complète ou la coupure des services avec ouverture des sentiers. La Finlande, la France et les États-Unis préfèrent garder leurs employés à la maison et donner accès à certains sites. Le Québec et le Canada gèlent quant à eux l’ensemble de leur réseau. Du côté des États-Unis, l’arrêt des services incite à une annulation des tarifs d’entrée dans les parcs et provoquent un achalandage effréné. L’association National Parks Conservation invite les gens confinés à la maison à profiter des espaces naturels tout en restant chez soi de huit manières différentes.

  • Au Yukon, l’ouverture des parcs et des campings est retardée jusqu’au mois de juin.
  • Le fondateur de National Park Traveler propose aux gestionnaires d’aires protégées de planifier une relance en deux phases. Une réouverture partielle des services, puis une vague de réembauche. Cette reprise graduelle aide à réguler l’achalandage et à assurer le respect des mesures sanitaires.
  • Parcs Canada prolonge la fermeture de ses sites et suspend ses événements, ses activités de groupe et ferme l’accès aux campeurs jusqu’au 31 mai.
  • Le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs interdit les feux à ciel ouvert en forêt ou à proximité à partir du 16 avril. Le règlement s’applique dans certaines régions, notamment en Montérégie et en Estrie.
  • Les tours virtuels des aires protégées ont la cote. Le National Park Service aux États-Unis annonce que durant la semaine des parcs nationaux, qui se déroule du 18 au 26 avril prochain, l’accent sera mis sur l’expérience numérique en 2020.

Source : To Do Canada

Une solidarité et des communications exemplaires

Les associations sectorielles démontrent leur leadership en cette période de crise. En tourisme de nature et d’aventure, Outdoor Industry Association et National Park Conservation se démarquent. Ces associations fournissent toutes les informations nécessaires à la compréhension des enjeux liés à la COVID-19. Elles publient également les plus récentes nouvelles officielles qui concernent l’industrie.

  • Les bonnes pratiques s’étendent jusqu’aux entreprises privées. La compagnie Backcountry démarre une levée de fonds publique pour financer la fabrication de matériel sanitaire. Elle compte distribuer un minimum de 9000 masques au New York Department of Homeless Service. D’autres entreprises du secteur, comme les tours opérateurs montrent aussi l’exemple en matière de communications et de solidarité.
  • L’organisme Adventure Travel Trade Association réalise une enquête sur l’impact de la COVID-19 sur le secteur privé du milieu du plein air. Parmi les 162 entreprises interrogées durant le mois de mars 2020, 50 % estiment que leurs activités devraient retrouver leur cours normal à la fin de l’été 2021.

Des données encourageantes pour le plein air

Les études sur les intentions de voyages font couler beaucoup d’encre en 2020. Dans le secteur du plein air, Civic Science relève que 43 % des Américains âgés de 13 ans et plus prévoient faire plus d’activités de plein air que d’habitude à cause de la COVID-19. Selon Micheal Coyle de Coquitlam SAR, une équipe bénévole de sauvetage canadienne, la marche en montagne facile à modérée sera une « soupape de sécurité très précieuse » à la fin du confinement.

  • Une vaste étude auprès de 12 913 participants issus de 139 pays a démontré une nette hausse de l’activité physique depuis les mesures de confinement. Les gens qui s’entraînent normalement entre une et deux fois par semaine déclarent avoir augmenté leur pratique de 88%. Par contre, plus les répondants étaient actifs avant la COVID-19, moins ils affirment l’être pendant la pandémie. De manière générale, les résultats démontrent une augmentation de l’activité physique dans tous les pays.
  • Une nouvelle étude sur la propagation de la COVID-19 suggère aux marcheurs de demeurer loin des sportifs. La grande quantité de gouttelettes laissées derrières les gens actifs nécessitent de garder ses distances à 5 mètres des coureurs, 10 mètres des cyclistes à vitesse moyenne et 20 mètres des cyclistes « rapides ».


Source: Leisure Management

Le Réseau de veille en tourisme partage les informations et les ressources à jour selon les secteurs d’activité ainsi que des pratiques exemplaires tirées de son exercice de veille quotidien afin d’outiller l’industrie québécoise. Abonnez-vous à l’infolettre.

Les organismes à suivre en tout temps 

  • Camping Québec diffuse une foire aux questions ainsi que la liste des campings qui peuvent accueillir des snowbirds sur des emplacements 3 services. 
  • L’Alliance de l’industrie touristique du Québec donne des informations à jour à l’intention des travailleurs, des entrepreneurs et des gestionnaires de l’industrie touristique québécoise.  
  • Le gouvernement du Québec indique l’avancement de la situation québécoise quant à la crise de la COVID-19. On y trouve aussi les programmes publics d’aide aux organisations.  
  • Le gouvernement du Canada met à jour la réponse du Canada ainsi que les mesures et les programmes de soutien financier aux entreprises.  

Image à la une : Pexels

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Réseaux de distribution Tourisme durable

La responsabilité sociale et environnementale dans la création d’itinéraires de voyages

De plus en plus d’agences de voyages et de voyagistes tentent de réduire leur impact environnemental dans l’élaboration de leurs circuits. C’est le cas d’Intrepid Travel, une compagnie carboneutre depuis 2010 qui compense le CO2 qu’elle émet par sa participation à des projets de plantation d’arbres et de culture d’algues. Elle désire devenir la première agence à obtenir un bilan carbone négatif d’ici 2020. Ainsi, plus de carbone serait absorbé qu’elle n’en émet. Pour ce faire, elle veut implanter une initiative de permaculture marine afin de régénérer l’écosystème. Cette entreprise a récemment reçu le titre de la plus grande agence certifiée B Corps au monde, ce qui signifie qu’elle satisfait aux standards les plus élevés en ce qui a trait à sa performance environnementale et sociale.

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Source : Belle Co, Pexels

Les voyageurs sont de plus en plus conscientisés

Selon une récente étude menée par Booking.com auprès de 12 134 répondants des 5 continents, ayant fait au moins un voyage dans les 12 derniers mois ou prévoyant en faire un dans les 12 prochains mois :

  • 87 % d’entre eux ont mentionné désirer voyager de façon durable;
  • 39 % ont confirmé qu’ils le faisaient toujours ou sur une base régulière.

Réduire son empreinte environnementale (40 %) et vivre une expérience locale (34 %) représentent deux des principales sources de motivation des répondants ayant séjourné dans une habitation écoresponsable au moins une fois dans les 12 derniers mois.

Il y a donc une volonté de la part des voyageurs de vouloir adopter des pratiques plus durables en vacances. Les voyagistes et les agences de voyages pourraient en profiter pour créer des occasions de faciliter cette transition vers des séjours plus écoresponsables.

PRÉPARATION EN AMONT…

Global Sustainable Tourism Council (GSTC) est une organisation accompagnant les professionnels de l’industrie touristique dans leur transition vers des pratiques durables en leur fournissant, par exemple, une liste de critères à respecter selon leur secteur. Parmi les quatre principaux thèmes de la liste s’adressant aux voyagistes, on trouve la planification efficace de la durabilité. Une bonne préparation permet d’avoir un meilleur impact environnemental et social.

… dans le but d’améliorer les partenariats locaux

 En Afrique, l’association Kilimanjaro Porters Assistance Project (KPAP) incite les voyagistes à devenir partenaires afin de respecter différents critères éthiques visant à améliorer les conditions de travail des guides, des porteurs et des cuisiniers locaux. Par exemple, les porteurs transportent un maximum de 20 kg, doivent détenir de l’équipement d’ascension adapté et doivent avoir accès à une formation.

… afin de mieux s’intégrer dans les communautés locales

L’implication sociale organisée en amont permet de vivre une immersion dans la culture locale en travaillant directement avec les communautés. Les routes du monde, une agence de voyages québécoise qui crée ses propres circuits, engage des guides locaux afin d’accompagner ses clients et de les aider à mieux se familiariser avec les coutumes du pays. On peut même lire leur profil dans la section « Équipe » du site Web, avant le départ.

Source : YouTube, Les routes du monde

Sasane Sisterhood Trekking and Travel, une agence située au Népal, embauche des femmes ayant été victimes de trafic humain à titre de guides. Elle élabore également des circuits dans des régions moins nanties afin de développer de nouvelles sources de revenus pour les habitants et, ainsi, s’attaquer à l’une des principales causes de ce trafic, soit l’extrême pauvreté.

… pour compenser l’empreinte carbone 

Devenir une entreprise carboneutre n’est pas nouveau. En effet, Natural Habitat Adventures (NHA), dont le siège social se situe au Colorado, a affirmé en 2007 être le premier voyagiste carboneutre au monde. De nos jours, ce terme est de plus en plus repris par diverses organisations. L’agence française Kuoni propose à ses clients de payer une taxe carbone, alors que Karavaniers a été la première agence de voyages au Canada à inclure systématiquement un montant compensatoire pour les émissions de carbone dans le prix de ses forfaits. Elle donne également 1 % de ses profits à des associations œuvrant pour la protection et la préservation de l’environnement.

IMPLICATION UNE FOIS À DESTINATION

L’engagement durant le voyage est la continuité de ce qui a été pensé en amont afin de limiter son empreinte environnementale. Voici quelques exemples d’actions pouvant être réalisées, une fois les touristes arrivés.

Éliminer les bouteilles d’eau jetables 

 Jad Haddad, de l’agence québécoise Terres d’aventure, mentionne qu’il est important de consulter ses collaborateurs locaux pour la gestion des déchets. Ceux-ci peuvent fournir, dès l’arrivée des touristes, des bouteilles d’eau réutilisables, tout en mettant à leur disposition des stations de purification d’eau. C’est le cas de Nomad Tanzania, en Tanzanie, de Pugdundee Safaris, en Inde, de Cottar’s Safaris, au Kenya, ainsi que de Galapagos Safari Camp, en Équateur. S’il n’est pas possible d’avoir à sa disposition des stations d’eau, des pailles munies d’un filtre intégré, de marques telles que Grayl et LifeStraw peuvent constituer des solutions de rechange.

Source : YouTube, Pugdundee Safaris

Offrir des hébergements temporaires 

Une expression bien connue du mouvement « sans trace », « ne prend que des photos, ne laisse que tes empreintes », doit être applicable plus particulièrement lors de voyages organisés en milieu naturel. Upscape, une agence établie au Chili, offre des campements provisoires dans des coins reculés tels que la Patagonie, afin de miser sur une déconnexion totale et une immersion complète en milieu naturel. Polyvalents, ces camps pop-up peuvent être installés n’importe où, que ce soit en Tanzanie, au Groenland ou encore dans l’Arctique canadien, comme le fait l’agence NHA. Une fois le séjour terminé, rien n’est laissé sur place!

Source : Upscape, YouTube

FAIRE CONNAÎTRE SES ACTIONS

Bien communiquer ses actions à ses employés, à ses partenaires et à ses clients est souvent la clé de la réussite d’un projet.

Afficher son offre en tourisme durable

Avoir une offre en tourisme durable, c’est bien, la mettre en évidence sur le site Web, c’est encore mieux. Quelque 40 % des répondants au sondage de Booking.com ont mentionné qu’un filtre sur le site Web pourrait les aider à trouver facilement ce produit et, ainsi, les inciter davantage à opter pour ce type de voyage. 

Être transparent envers ses clients

Nicolas Cournoyer, l’un des quatre fondateurs de Piknic Électronik et d’Igloofest, mentionne qu’il est important de faire connaître ses actions écoresponsables en choisissant celles que l’on désire mettre de l’avant. Il ajoute qu’il faut adopter un discours authentique en assumant que l’organisation n’est pas parfaite, mais qu’elle prend les mesures nécessaires pour adopter des pratiques durables. Afin d’éviter de donner une fausse impression d’écoblanchiment (greenwashing), la transparence et la modestie sont donc les valeurs à retenir dans ses communications avec les clients.

Accompagner ses employés dans cette transition écologique et sociale

Faire de ses employés une composante centrale de sa politique écoresponsable permet d’assurer la réussite de ses actions. L’agence de voyages Pugdundee Safaris, située en Inde, consulte son personnel avant de réaliser un changement. L’équipe devient ainsi fière de participer activement à cette transition écologique et est heureuse de proposer une offre durable à ses clients. Une liste de produits à ne pas acheter afin de respecter la politique de développement durable est aussi mise à la disposition des gestionnaires.

***

Que vous soyez une entreprise écoresponsable depuis plusieurs années ou que vous débutiez dans le domaine, il faut vous rappeler d’y aller une étape à la fois. Intégrer une politique de responsabilité sociale et environnementale au sein de vos activités vous permettra d’avoir un réel impact positif sur la pérennité de la faune et de la flore ainsi que sur les communautés locales, en plus d’offrir à vos clients des expériences uniques.

Quelles actions pourriez-vous mettre en place dès maintenant?

Collaborez-vous avec les communautés locales?

 

Source image à la une : Clouzote

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Gestion Ressources humaines

Développer une culture du plein air : tout le monde y gagne!

Un sombre bilan

Selon une étude de l’Institut de la statistique du Québec publiée en 2016, seulement la moitié des Québécois atteint le niveau de base d’activités physiques recommandées, c’est-à-dire au moins 150 minutes d’activités modérées par semaine; 30 % de la population est qualifiée de sédentaire. Ce phénomène contribue à de nombreux problèmes de santé, notamment l’obésité. Au Québec, 70 % des hommes et 45 % des femmes de plus de 45 ans sont en surpoids; près d’un Québécois sur cinq est obèse. À plus grande échelle, le Canada figure parmi les pires pays de l’OCDE en matière d’obésité chez les adultes.

Le plein air fait partie de la solution

Il y a urgence d’agir à l’égard de la sédentarité et du « déficit nature », ce phénomène se traduisant par un contact de plus en plus rare des jeunes avec la nature. Heureusement, des initiatives pour inverser la vapeur voient le jour. On observe depuis quelques années la multiplication des écoles en forêt et des activités de plein air en milieu urbain, ou encore des médecins qui sont de plus en plus nombreux à recommander à leurs patients de faire des promenades en nature pour améliorer leur état de santé. Les pays scandinaves, qui dominent année après année les palmarès des pays les plus heureux, nous rappellent aussi que leur relation avec la nature constitue l’un des ingrédients de leur recette du bonheur. Par ailleurs, de nombreuses études démontrent les bienfaits des activités physiques en nature sur la santé physique et mentale.

Les milieux de travail doivent servir de courroie de transmission pour l’adoption de meilleures habitudes de vie.

Aux États-Unis, l’Outdoor Industry Association (OIA) vient de publier un document visant à sensibiliser les entreprises de plein air à participer activement à ce virage vers un mode de vie plus sain. On peut notamment y lire que les Américains passent 95 % de leur temps à l’intérieur. L’OIA estime que les milieux de travail doivent servir de courroie de transmission pour l’adoption de meilleures habitudes de vie. En intégrant la pratique d’activités en nature dans la culture organisationnelle, l’entreprise favorise la mise sur pied d’un milieu de travail sain, d’une main-d’œuvre en santé, heureuse et engagée. De plus, elle participe à faire croître l’industrie du plein air et contribue à un secteur économique qui profite à tous.

Des pistes d’actions à considérer 

L’OIA propose une série de mesures pouvant être intégrées au sein des entreprises qui souhaitent adopter une culture du plein air. En voici quelques-unes :

·       Offrir des pauses à l’extérieur durant les heures de travail;

·       Faciliter l’usage des transports actifs;

·       Créer un comité pour planifier des événements en plein air (randonnées, courses, vélo, etc.) en dehors des heures de travail, mais aussi comme activités de renforcement d’équipe, à quelques occasions dans l’année;

·       Offrir des horaires flexibles;

·       Allouer un montant d’argent à la pratique d’activités de plein air;

·       Établir des partenariats avec des organisations (sites de plein air, équipements, etc.) afin d’obtenir des réductions pour les employés.

Concrètement…

Déjà, plusieurs entreprises de l’industrie du plein air incitent leurs employés à s’activer physiquement. La nature même de ces organisations s’y prête bien. Mais rien n’empêche que d’autres secteurs d’activité fassent de même, au contraire.

REI Co-op

La coopérative d’équipement de plein air REI propose, entre autres, les Yay Days. Il s’agit de deux journées payées qui sont attribuées à chaque membre du personnel dans le but de s’initier à une nouvelle activité extérieure ou de réaliser un projet de plein air (voir la vidéo ci-dessous).

Vidéo : YouTube

Burton

L’entreprise Burton a mis au point plusieurs mesures visant à intégrer la pratique du plein air dans la culture organisationnelle. Elle remet notamment aux employés des laissez-passer pour des stations de ski ainsi que de l’équipement de glisse et propose des horaires flexibles pour en profiter. Mais l’initiative la plus marquante consiste en la formation du comité EPIC (Environmental Protection, Integrity and Conservation). Celui-ci est composé d’employés qui mettent en œuvre des activités d’aventure, des projets de permaculture sur les terrains de l’entreprise, de nettoyage de berges, de courtes excursions à vélo, etc. Le comité EPIC se joint à d’autres regroupements de l’entreprise pour organiser des sorties, comme des week-ends de camping ou encore des excursions de rafting.

Patagonia et Nikwax

L’organisation Patagonia promeut un mode de vie sain auprès, bien sûr, de sa clientèle, mais aussi de ses employés. Ceux du siège social peuvent notamment adhérer à un horaire permettant de concentrer leurs heures de travail de manière à obtenir un week-end de trois jours aux deux semaines. Dans le même but, l’entreprise de produits d’imperméabilisants Nikwax remet à chaque employé une allocation annuelle réservée à la pratique d’activités de plein air.

Parc national du Mont-Orford

Au Québec, les employés du parc national du Mont-Orford reçoivent une carte annuelle donnant accès à tous les parcs nationaux du Québec. Bientôt, ces mêmes employés bénéficieront aussi d’un carnet de découvertes regroupant des rabais sur les services et les hébergements dans les parcs nationaux des Cantons-de-l’Est. Non seulement ces mesures favorisent l’activité physique, mais elles profitent également à l’économie de la région.

De nombreuses raisons de promouvoir le plein air

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, de telles mesures attirent les candidats, contribuent à l’image de marque de l’entreprise, favorisent l’engagement et la fidélisation des employés. De plus, le gouvernement vient de lancer un programme de soutien aux entreprises pour favoriser la pratique d’activités physiques en milieu de travail. Ce programme concerne tout particulièrement les organisations de 5 à 499 employés et comprend une aide financière aux projets sélectionnés pouvant s’élever jusqu’à 40 000 $.

Le Québec est riche en ressources et en services pour la pratique d’activités d’aventure. Nous avons collectivement tout à gagner à développer une culture du plein air. L’industrie du tourisme d’aventure en bénéficierait, mais surtout la santé de la population. Des résidents en santé et fiers de leurs attraits naturels contribuent fortement au rayonnement d’une destination.

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Produits et activités

La randonnée comme outil de positionnement

Les circuits mythiques que sont le GR20, les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle ou encore la Long Trail constituent d’importants produits d’appel pour les régions traversées, qu’il s’agisse de les parcourir en tout ou en partie. Les circuits spécifiques à la marche ou à la randonnée permettent à des municipalités éloignées de bénéficier de retombées touristiques et aux voyageurs de vivre des expériences mémorables.

 

Des bénéfices pour tous

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), qui publiait un rapport au début de 2019 sur le tourisme de marche, celui-ci comporte de nombreux avantages tant pour les voyageurs que pour les destinations. Les touristes qui choisissent de découvrir un lieu par la marche ou la randonnée s’exposent davantage que les autres à développer des relations avec la population locale. Ils se croisent sur les routes ou sur les sentiers, dans les commerces de proximité ou dans les établissements d’hébergement des petites municipalités, souvent à l’écart des grands centres touristiques.

Aussi, la randonnée s’insère dans plusieurs tendances, notamment la quête du bien-être par l’activité physique et le dépassement de soi, le tourisme lent (slow tourism), les voyages transformationnels et les séjours à empreinte écologique réduite. L’intérêt grandissant pour la course de sentier et la marche nordique, technique scandinave qui nécessite l’emploi de bâtons et où tous les membres du corps sont mis à profit (un peu comme le ski de fond), contribue aussi à donner un nouvel élan à la randonnée.

La destination qui développe le tourisme de marche bénéficie également de plusieurs avantages. Comme le révèle l’OMT, c’est un secteur d’activité qui :

  • exige des investissements plutôt faibles par rapport à d’autres types de produits de tourisme sportif ;
  • ne nécessite pas d’infrastructures lourdes ou de grande capacité, ni d’une logistique complexe ;
  • concerne un important marché, qu’il s’agisse de marcheurs du dimanche ou de randonneurs aguerris ;
  • bonifie l’offre touristique déjà existante, permet de prolonger le séjour et de répartir la demande sur plus d’une saison ;
  • constitue une offre écoresponsable si elle est gérée adéquatement ;
  • favorise l’activité physique chez les résidents.

Le marché des randonneurs

La randonnée fait partie des principales activités des Canadiens et des Québécois lorsqu’ils voyagent. Selon les données de Vividata 2019, quelque 18 % des Canadiens ont fait de la randonnée ou une activité d’aventure à l’occasion d’un voyage réalisé au cours des 12 derniers mois (voir le graphique 1). Cette proportion s’élève à 20 % parmi les voyageurs québécois.

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Aux États-Unis, le nombre de randonneurs a crû de 50 % en 10 ans. En 2017, 15 % de la population américaine de 6 ans et plus a fait de la randonnée au cours de la dernière année, selon l’organisme Outdoor Foundation. En France, c’est aussi une activité qui connaît une grande popularité. Une étude d’Atout France publiée en 2019 dévoile qu’elle est le sport préféré des Français. Au cours des cinq dernières années, 35 % d’entre eux ont fait au moins un voyage dont la randonnée était la principale motivation de séjour.

Des facteurs de succès

Pour répondre à ce large marché et se positionner favorablement, l’offre doit répondre à certains critères. En voici quatre :

  • L’attractivité: évidemment, le sentier ou le trajet doit comporter des éléments d’intérêt pour attirer des marcheurs. La qualité des paysages, les composantes naturelles et culturelles, l’entretien font partie de ces atouts. Les routes asphaltées n’ont pas la cote auprès des randonneurs en général.
  • Les services : l’accès à des services touristiques adéquats (hébergement, équipements sanitaires le long du trajet, disponibilité de cartes des sentiers, signalisation, etc.) est essentiel pour répondre aux besoins de base des randonneurs.
  • La sécurité : pour susciter l’intérêt et donner un sentiment de sécurité, le circuit doit être fréquenté. Que ce soit par la population locale ou par des visiteurs, il faut passer le mot et maintenir une certaine activité sur les lieux pour garder le trajet bien vivant et sûr.
  • Le marketing : un plan marketing sur mesure en fonction des marchés ciblés s’avère nécessaire pour faire connaître le circuit. Des activités de promotion, comme l’organisation d’un événement annuel, permettent de donner une vitrine à la région et à son offre de randonnée. L’EuroNordicWalk Vercors, un rassemblement de marcheurs nordiques qui se déroule annuellement depuis sept ans dans le massif du Vercors, en France, l’illustre bien. Voici sa vidéo promotionnelle :

Source : Daily Motion

Des outils inspirants

Des destinations nordiques dont le produit phare est la randonnée proposent des outils utiles pour promouvoir leur offre, mais aussi pour encadrer et préparer les voyageurs. C’est le cas de Visit Greenland, l’organisme de gestion de la destination (OGD) qui publie l’Ultimate Greenland Hiking Guide. Celui-ci rassemble une foule d’informations sur les conditions particulières que revêt la randonnée sur ce territoire au climat aride. Le guide est abondamment illustré et facile à consulter. On y trouve notamment une section sur les façons de choisir le bon circuit de randonnée, sur les essentiels de la randonnée au Groenland ou encore sur les comportements à adopter en présence d’un ours polaire.

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La Norvège, avec ses fjords spectaculaires et sa nature abondante, est aussi une destination prisée des randonneurs. L’OGD du pays réserve une part importante de son site Web à cette activité. On y trouve notamment plusieurs vidéos sur les randonnées les plus populaires. Bien que les informations soient disponibles par écrit, chaque vidéo, animée par un guide local, présente les principales caractéristiques du circuit, rendant la préparation du voyageur beaucoup plus agréable. En voici un exemple :

Vidéo : Vimeo

Le Québec sur la bonne voie

Certains sites Web d’associations touristiques régionales (ATR) du Québec offrent une belle vitrine aux possibilités de randonnée dans leur région. Celui des Cantons-de-l’Est propose une recherche selon plusieurs filtres, par exemple le niveau de difficulté et la durée. La startup Hickster, grâce à un partenariat avec Rando Québec qui permet de recenser plus de 3 000 sites, contribue aussi à promouvoir et favoriser la pratique de la randonnée au Québec.

Plusieurs réseaux de sentiers et des circuits de marche de longue durée se déploient depuis quelques années. Le Grand Sentier, qui traverse le Canada d’est en ouest, le Sentier des Appalaches (SIA-QC) en Gaspésie ou encore le Sentier Notre-Dame–Kapatakan dans le fjord du Saguenay en sont quelques exemples. Les nombreuses possibilités de randonnée au Québec sont méconnues, souvent transmises de bouche à oreille. Il s’agit pourtant d’un excellent outil de positionnement et d’un produit touristique qui permet un étalement de la saison et une meilleure répartition des retombées touristiques sur le territoire, tout en s’inscrivant dans une perspective de développement durable.

 

Image à la une : Pixabay

 

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Produits et activités Segments de clientèles

Briser les stéréotypes du plein air

L’industrie du plein air véhicule encore trop souvent une image très restrictive du type d’adeptes : des personnes jeunes, de race blanche, hétérosexuelles et souvent très expérimentées. Des influenceurs réussissent à briser ce moule et sensibilisent de grandes entreprises à mieux représenter la diversité dans leurs actions marketing. Au-delà de l’origine ethnique, la diversité concerne aussi le genre, l’orientation sexuelle ou encore le type de silhouette. Le tourisme d’aventure et de plein air a tout à gagner à élargir ses horizons vers une clientèle diversifiée.

Promouvoir la diversité

C’est le syndrome de l’imposteur qui a poussé une femme dans la vingtaine, Jenny Bruso, à créer le blogue Unlikely Hiker (Randonneuse improbable). Nouvellement pratiquante de plein air, se qualifiant elle-même de femme allosexuelle (queer) souffrant d’embonpoint, elle ressentait le besoin de partager ses expériences alors qu’elle ne s’identifiait pas du tout à l’image type de l’adepte de la randonnée.

Son blogue et ses publications sur les médias sociaux ont fait boule de neige et ont permis à de nombreuses personnes de s’identifier à un profil de pratiquants qui se rapproche davantage de leur réalité. Qu’il s’agisse de personnes de couleur, d’individus en surpoids ou de néophytes enthousiastes, ils sont de plus en plus nombreux à partager les photos de leurs sorties de plein air sur le compte Instagram Unlikely Hikers. Celui-ci rassemble, à ce jour, plus de 54 000 abonnés.

Ce mouvement a l’appui de marques reconnues comme REI Co-op et Columbia. En ligne depuis un peu plus de deux ans, Unlikely Hikers a fait des petits. Ces petites communautés se sont regroupées afin de créer une coalition d’influenceurs pour promouvoir la diversité dans le plein air : Diversify Outdoors. Les entreprises sont d’ailleurs invitées à prendre part à ce mouvement en prêtant serment à l’Outdoor Industry CEO Diversity Pledge. Les organisations signataires doivent adhérer aux principes suivants :

  • Embaucher et soutenir des employés et des dirigeants provenant de communautés diversifiées ;
  • Publier des publicités et des éléments de marketing représentatifs dans les médias ;
  • Soutenir des athlètes-ambassadeurs largement représentatifs ;
  • Partager des expériences avec d’autres grandes marques.

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Source : Diversify Outdoors

Se remettre en question

En octobre 2018, le chef de la direction de la coopérative de plein air Mountain Equipment Co-op (MEC), David Labistour, envoyait à tous les membres un courriel faisant le mea culpa de l’organisation face au manque de diversité dans ses publicités. De ce fait, MEC s’engage à faire la promotion de la diversité dans les sports de plein air en étant l’un des signataires du Diversity Pledge. La vidéo suivante, publiée sur le site de MEC, présente l’un des éléments déclencheurs de cette remise en question :

Source : YouTube

Briser les mythes

Au Canada, les personnes de couleur affichent un taux de participation global aux activités de plein air 8 % plus élevé que chez les Blancs.

Afin d’obtenir une vision plus éclairée du profil ethnique des pratiquants de plein air, MEC a commandé une étude sur la population canadienne. Cette enquête, réalisée de l’automne 2017 au printemps 2018 auprès de 2640 adultes afin de connaître leur taux de participation à 17 activités de plein air, révèle des résultats très intéressants.

Au Canada, les personnes de couleur :

  • affichent un taux de participation global aux activités de plein air 8 % plus élevé que chez les Blancs ;
  • passent en moyenne trois heures de plus par semaine que les Blancs à faire du plein air ;
  • sont plus enclines que les Blancs à pratiquer le jogging, l’escalade ainsi que les sports d’hiver ;
  • présentent des taux de participation similaires à ceux des Blancs, ou presque, pour les autres activités comme la randonnée, le vélo de route et le camping.

Aux États-Unis

La situation de la population américaine est un peu différente. Selon l’organisme de recherche sur le plein air Outdoor Foundation, le taux de participation de la communauté noire aux activités de plein air (34 %) est inférieur à celui des autres (Blancs : 51 % ; Asiatiques : 51 % ; Hispaniques : 49 %). Mais ce sont les Hispaniques et les Noirs s’adonnant au plein air qui cumulent le plus grand nombre de sorties annuellement (voir le tableau 1).

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Afin de s’adresser à ces segments de clientèle, les conférenciers Rue Mapp et Evita Robinson ont proposé quelques astuces lors de l’événement AdventureELEVATE, de l’Adventure Travel Trade Association :

  • Cibler les groupes affinitaires directement impliqués dans les communautés. L’organisation Outdoor Afro, qui favorise la connexion entre les Afro-Américains et les activités en nature, constitue un excellent premier point de contact pour une entreprise en tourisme d’aventure qui souhaite créer des liens avec ce segment de clientèle ;
  • Faire appel à des influenceurs crédibles. Le produit à vendre est le même, peu importe la couleur de la peau ; c’est plutôt la façon dont le message est véhiculé qui compte. Les gens doivent pouvoir se projeter dans l’aventure. Ils pourront le faire si des voyageurs auxquels ils s’identifient recommandent le produit, partagent des témoignages, font du storytelling à propos de la destination, de l’entreprise ;
  • Demander l’avis des résidents de la communauté noire (ou autochtone ou asiatique ou autre) à propos de la destination, de l’entreprise. Leur perspective sur ce qu’une personne de la même origine ethnique pourrait rechercher spécifiquement lors d’un séjour peut s’avérer très constructive.

Ces suggestions peuvent s’appliquer à la communauté LGBTQ, aux Autochtones ou à tout autre segment de clientèle. Une réelle volonté de tendre vers une plus grande diversité se reflète aussi chez le personnel d’une entreprise. Une mixité dans l’équipe de travail donnera certainement l’impulsion à une plus grande diversité de la clientèle et à une image de marque illustrant l’ouverture et l’inclusion.

Cette prise de conscience de l’industrie du plein air gagnera-t-elle d’autres secteurs touristiques ?

 

Image à la une : Unsplash

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Produits et activités

Cinq tendances en tourisme de nature et d’aventure

Le réseau de veille réalise depuis déjà quelques années un bulletin de veille sur le tourisme de nature et d’aventure, en collaboration avec le ministère du Tourisme du Québec. Cette synthèse mensuelle vise à informer les intervenants touristiques sur ce secteur d’activités prioritaire, tel qu’en témoigne la Stratégie de mise en valeur du tourisme de nature et d’aventure. Voici les grandes tendances qui se dégagent d’une relecture des bulletins de la dernière année.

 

La nature en vedette

Depuis quelques années, plusieurs éléments contribuent à mettre la nature et le plein air à l’avant-plan.

Source de bien-être

Les bienfaits associés à la fréquentation de la nature sur la santé physique et mentale sont bien documentés. Si bien que des médecins prescrivent la nature pour améliorer l’état de santé de certaines personnes. Aussi, la tendance au bien-être contribue à cet intérêt pour un contact avec la nature. Les bienfaits de cette dernière inspirent aussi les designers dans l’aménagement des hôtels. On y intègre des murs végétalisés, de grandes baies vitrées pour faire entrer la lumière, le tout afin de favoriser la détente et les émotions positives.

Populaire sur Instagram

Le partage de clichés sur les médias sociaux stimule la demande pour les espaces naturels. Les parcs nationaux américains ont enregistré des records de fréquentation l’année dernière et certains analystes estiment qu’Instagram y aurait contribué. Le portail de partage de photos exerce une influence sur le choix des destinations de voyage. Non seulement les gens s’en inspirent, mais ils souhaitent aussi publier des photos qui feront l’envie des autres utilisateurs. Certains vont jusqu’à prendre des risques pour obtenir une photo spectaculaire.

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Source : Instagram

Aux premières loges des changements climatiques

Les changements climatiques affectent le terrain de jeu des adeptes du plein air. La protection de l’environnement figure parmi les préoccupations des pratiquants comme des organisations en tourisme d’aventure. Des entreprises proposent des actions concrètes pour réduire leur empreinte et celles de ses clients. C’est le cas de Midnight Son Tours, en Alaska, qui fournit à chaque client une bouteille équipée d’un filtre purificateur d’eau permettant à l’utilisateur d’obtenir une eau potable à partir de n’importe quelle source. Voilà qui contribue à réduire la consommation de bouteilles d’eau à usage unique.

Hébergement de plein air immersif, design et écologique

Les concepts d’hébergement en cabines situées dans des milieux naturels de grande qualité se multiplient. Souvent créées par des architectes, ces installations carburent aux énergies renouvelables et sont faites de matériaux écologiques, locaux ou recyclés pour minimiser leur empreinte sur le territoire. L’immersion dans le paysage et l’ouverture sur celui-ci par une grande fenestration sont souvent des caractéristiques communes à ce type d’hébergement.

 

Se rapprocher de la nature

L’hôtel CABN, en Australie, illustre bien cette tendance. Il est composé de cabines de bois à faible empreinte écologique qui permettent un séjour en pleine nature sans délaisser le confort. La startup Getaway propose le même genre d’hébergement, en périphérie des villes de New York, de Boston et de Washington, DC.

Voici la vidéo promotionnelle de CABN :

Vidéo : YouTube

Cette tendance est aussi bien observable au Québec, notamment avec Dômes Charlevoix, des unités luxueuses en forme d’igloo, avec terrasse et spa, situées en pleine nature et offrant une vue sur le fleuve.

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Source : © Bourgeois Lechasseur Architectes

Les offres et les prototypes se déclinent en de multiples propositions, comme de l’hébergement flottant, des habitations inspirées des modes de vie ancestraux ou encore des cabines en pleine forêt entièrement recouvertes de miroirs pour se fondre dans le paysage.

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Crédits photo : © Coulson

Même activité, nouvel emballage

Les entreprises d’aventure rivalisent d’originalité pour renouveler leur offre ou pour se démarquer afin d’interpeller une clientèle exigeante et expérimentée qui souhaite vivre des expériences uniques.

« Héliactivités »

Pour enrichir son offre estivale, le centre de villégiature Tordrillo Mountain Lodge, en Alaska, propose des séjours d’hélivélo (heli biking), d’hélirandonnée (heli hiking) et d’hélipêche (heli fishing). En Colombie-Britannique, la Glacier Raft Company possède un accès exclusif à l’un des canyons de la rivière Kicking Horse, joignable uniquement par hélicoptère. Les visiteurs descendent ensuite la rivière en rafting. Voici la vidéo de présentation de Glacier Raft Company :

Vidéo : YouTube

Pêche en kayak, yoga sur la neige

On observe de nouvelles façons d’aborder certaines activités. La pêche en kayak, par exemple, gagne en popularité et joint une clientèle de jeunes adultes. Le yoga neige, ou snowga, se répand aussi. C’est le cas à Boulder, au Colorado, qui reçoit d’importantes quantités de neige chaque année et où la culture du yoga est déjà bien implantée. En Finlande, on propose le yoga de sable ou de neige, selon la saison. À Montréal, l’entreprise POP Spirit offre des cours de yoga dans la neige, dans des parcs montréalais.

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Source : © POP Spirit 

L’aventure en ville

Des activités d’aventure qui se pratiquaient autrefois uniquement en milieux ruraux sont de plus en plus courantes en pleine ville. Des parcours aériens et des tyroliennes, du kayak, du surf ou encore de la planche à pagayer debout sur les cours d’eau urbains  : les gens s’y adonnent pour être actifs sans devoir quitter la ville ou encore pour vivre une nouvelle expérience. Ces activités d’aventure permettent d’aborder la ville sous un autre angle.

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Source : © M&M Stand Up Paddling Amsterdam

Installations iconiques

Que ce soit pour renouveler l’offre, pour mieux répondre aux besoins de la clientèle, pour améliorer l’expérience client ou pour se démarquer de la concurrence, l’aménagement de structures inusitées pimente l’expérience de plein air. C’est le cas du pont piétonnier suspendu Charles Kuonen, le plus long au monde avec près de 500 mètres. Il permet d’épargner de quatre à cinq heures de marche sur le trajet de randonnée entre Zermatt et Grächen, en Suisse.

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Source : © Valentin Flauraud

Plus qu’une tour, une image de marque

Au Danemark, le Camp Adventure Park sera bientôt équipé d’une tour d’observation de 45 mètres de haut. Sa silhouette en forme de sablier propose un contact unique avec la canopée, en plus de constituer une image distinctive pour le parc.

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Source : © EFFEKT Architects

Des segments de clientèle à conquérir

Des organisations en tourisme d’aventure s’intéressent à des segments jusque-là sous-estimés. Travel Oregon déploie un microsite présentant les diverses options d’accès au plein air pour les personnes à mobilité réduite. On y présente des excursions guidées à ski, à vélo de montagne, en escalade ou encore en kayak. Parks Victoria, en Australie, teste les Canopy — Eco Sleeper Pods, des unités d’hébergement au design contemporain et accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Vidéo : Vimeo

Au-delà des stéréotypes

Le marketing du plein air véhicule généralement un modèle assez restreint des pratiquants : de race blanche, jeune, hétérosexuel et doté d’un physique athlétique. Ce stéréotype ne parle en rien aux communautés ethniques, aux personnes en surpoids ou encore aux néophytes du plein air. Mais ces adeptes sous-représentés occupent une place grandissante sur les médias sociaux, particulièrement sur Instagram, sous l’appellation Unlikely Hikers. Ce mouvement, qui regroupe plus de 50 000 abonnés et qui est soutenu par des marques reconnues comme REI et Columbia, fait des petits. Des dizaines d’autres comptes illustrant cette diversité et promouvant l’inclusion ont vu le jour.

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Source : © Unlike Hikers / Instagram

Les voyageurs en solo

Bien que les voyageurs en solo soient déjà bien servis par le secteur du tourisme d’aventure, leur nombre est en croissance. Cette appellation désigne les personnes qui partent seules et celles qui rejoignent un groupe d’individus. Une étude de Booking.com auprès de 20 500 voyageurs révèle que 40 % des baby-boomers ont fait un tel séjour au cours de la dernière année. 

L’entreprise Intrepid a développé un microsite à leur intention, avec des formules sur mesure, la publication de témoignages et des astuces pour outiller la clientèle en solo.

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Source : © Intrepid

Pour en savoir plus…

Le tourisme de nature et d’aventure est en bonne posture pour se développer et gagner de nouveaux adeptes au fil des prochaines années. Il s’inscrit parmi plusieurs grandes tendances touristiques, comme la recherche d’authenticité et les expériences transformationnelles. La progression rapide des voyages du marché chinois, tout particulièrement celui de la génération du millénaire, qui cherche à vivre des aventures en pleine nature, aura aussi certainement un impact sur ce secteur d’activité. Abonnez-vous aux bulletins de veille publiés mensuellement sur le site Web de Tourisme Québec pour rester informé.

 

Image à la une : © EFFEKT Architects

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Produits et activités Tendances

Tendances et enjeux du tourisme hivernal

Le Réseau de veille en tourisme collabore depuis plusieurs années avec le ministère du Tourisme du Québec afin de produire le bulletin de veille sur le tourisme hivernal. Son objectif consiste à informer les intervenants de l’industrie sur un des produits prioritaires de la Stratégie de mise en valeur du tourisme hivernal au Québec et sur les marchés concurrents. Voici trois grandes tendances observées dans ce secteur d’activité.

 

L’acquisition de nouvelles clientèles

La plupart des destinations hivernales internationales font face aux mêmes défis : inciter la relève à pratiquer des sports d’hiver et attirer des touristes et des excursionnistes qui se tournent parfois vers des territoires offrant une situation climatique moins aléatoire.

Au Québec, le taux de pratique des principaux sports d’hiver peine à atteindre 20 % (voir le graphique 1). Selon les données du sondage administré par Vividata, le patin s’avère l’activité la plus populaire, tous groupes d’âge confondus. Les jeunes Québécois de 14 à 34 ans pratiquent davantage la planche à neige que la moyenne de la population, mais pour ce qui est des autres activités considérées par le sondage, les résultats affichent peu d’écarts entre chaque segment.

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Les jeunes, une relève essentielle

On utilise l’expression « déficit nature » pour parler, notamment, des jeunes qui passent peu de temps en milieu naturel. Or, pratiquer des activités en plein air l’hiver est souvent une question d’habitude et de mode de vie ; plus on le fait tôt (enfance et adolescence), plus on augmente les chances de conserver cette propension une fois adulte (lire aussi : Inciter les Y à pratiquer les sports d’hiver).

En France, les villages et les stations de montagne d’Auvergne-Rhône-Alpes tentent de reconquérir les jeunes avec l’initiative Génération Montagne. Piloté par Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme et l’Association Nationale des Maires de Stations de Montagne, le projet appuie ses assises sur cinq leviers d’action concrets :

  • Développer et promouvoir des offres adaptées aux habitudes de consommation des jeunes ;
  • Soutenir les structures d’hébergement collectif ;
  • Proposer des conditions tarifaires adaptées ;
  • Numériser les offres ;
  • Faciliter l’accès aux stations.

La transformation des comportements et des habitudes de consommation des jeunes de la génération Z nécessite d’adapter son offre et de revoir ses stratégies de communication (lire aussi : L’entreprise qui murmurait à l’oreille des Z). Avec le projet Génération Montagne, on assiste à une mobilisation des intervenants du territoire afin de valoriser les atouts et l’attractivité de la montagne.

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Source : Génération Montagne

Diversification de l’offre

Le mode de vie nordique possède une unicité attrayante qui se décline en de nombreuses expériences. Mettre en valeur cette offre plurielle et authentique semble nécessaire, voire essentiel pour faire face à la concurrence internationale (lire aussi : Tourisme hivernal : 5 destinations qui se démarquent !).

Les destinations célèbrent l’hiver

La perception de la saison froide a évolué. Les incitatifs pour mettre le pied dehors se multiplient, si bien qu’en ville, en montagne et en région rurale, on cherche à embrasser l’hiver au lieu de le subir. Les festivals et événements de tous genres (culturels, gourmands, sportifs, etc.) occupent de plus en plus cette période de l’année, ce qui contribue à l’attractivité de la destination.

Dans le cadre de son 375e anniversaire, Montréal a créé Les Hivernales dans le but de célébrer la nordicité de la métropole. La programmation de cet événement proposait aux résidents et aux visiteurs des activités ludiques et festives, de janvier à mars 2017 :

  • Course à obstacles : Barbegazi ;
  • Festival de musique électronique : Igloofest ;
  • Tournoi de hockey en plein air : la Classique Montréalaise ;
  • Etc.

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Source : Ville.montreal.qc.ca

Les stations de ski continuent de se réinventer

Depuis plusieurs années, les stations ont compris que pour joindre un plus large public, il faut désormais diversifier son offre d’activités et placer le visiteur au cœur de ses réflexions (lire aussi : Diversification des activités hivernales dans les stations de ski). Cette tendance s’intensifie à un point tel qu’il semble incontournable de repenser la station d’aujourd’hui et de demain. 

En France, le Conseil départemental de l’Isère a mandaté Isère Tourisme pour réfléchir à la station du futur. Quels services, activités, animations, infrastructures et expériences globales répondront aux besoins et attentes de la clientèle en 2030 ?

  

Vidéo : Youtube

Avec l’apport de 75 experts (chefs d’entreprises, chercheurs, sociologues, start-up, etc.), Isère Tourisme a défini neuf thématiques majeures et proposé cinq positionnements :

  1. La station pleine énergie est orientée vers la santé et le bien-être ;
  2. La station douce rend hommage à un mode de vie responsable, en connexion avec la nature ;
  3. La station loisirs met en valeur l’envie de partager du temps en famille et entre amis en pratiquant des activités ensemble ;
  4. La station high-tech intègre l’innovation technologique afin de créer une expérience globale fluide ;
  5. La station hyper sport cherche à dépasser les limites de la pratique sportive intense.

station_future_isere_tendance_hiverSource : pro.isere-tourisme.com

Intensification de pratiques durables

L’hiver est-il encore synonyme de neige ? Oui, mais pour combien de temps ? Les changements climatiques sont un réel enjeu. L’irrégularité des conditions météorologiques fait en sorte que les amateurs d’activités hivernales planifient et réservent leurs séjours et leurs billets d’accès à la dernière minute. La vulnérabilité de l’industrie face au climat exige de revoir certaines façons de faire.

De la réflexion à l’action

Scientifiques, experts et professionnels sont unanimes quant au besoin d’adapter les modèles de gestion, de miser sur des pratiques durables, de soutenir l’innovation et de diversifier l’offre (lire aussi : Le climat change, et vous ?). Il est maintenant l’heure de passer à l’action !

Depuis 2008, la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ) travaille de pair avec la firme environnementale Nature-Action Québec afin d’étudier la question du développement durable et de créer un programme environnemental. En 2016, le programme de certification écoSentier a été lancé et suscite depuis l’intérêt de plusieurs clubs. Cette année, ils sont au nombre de 25 à avoir fait des demandes de certification, ce qui permet d’atteindre 1900 kilomètres de sentiers certifiés au Québec.

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Source : ecosentier.ca

Dans les stations de ski, le virage écoresponsable s’accentue et les actions sont nombreuses : adhésion à des programmes environnementaux, utilisation d’énergies renouvelables, protection des ressources naturelles, réduction d’émissions de carbone, investissement dans des équipements performants et moins énergivores, innovation visant la conservation de la neige, engagement des employés, mise en place de projets impliquant les visiteurs (lire aussi : Des stations de ski écoresponsables).

Ces grands enjeux et tendances témoignent de la fragilité de notre tourisme hivernal, mais aussi du dynamisme de notre industrie, qui multiplie les efforts pour protéger, adapter, développer l’hiver et le rendre accessible aux consommateurs d’aujourd’hui et de demain. Pour demeurer à l’affût de la veille effectuée sur ce thème, le RVT vous encourage à vous abonner aux bulletins du ministère du Tourisme.

 

Source image à la une : Pexels.com

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Segments de clientèles

Créer des expériences accessibles

Qui sont les voyageurs handicapés ?

Ce type de touristes ne constitue pas un groupe homogène, comme le soulignait d’entrée de jeu Bill Forrester, chez TravAbility, une organisation australienne qui se consacre au tourisme inclusif. En fait, ils appartiennent à toutes les classes de la société.

Le tourisme accessible doit être basé sur des expériences inclusives qui ravissent et captivent le visiteur handicapé.

L’énorme croissance de ce marché est également due aux baby-boomers, groupe aisé et exigeant qui exercera une influence sur le secteur des voyages au cours des 25 prochaines années. Ils s’attendront à une grande diversité de séjours, quelle que soit leur capacité physique. Selon monsieur Forrester, les membres de cette génération n’accepteront jamais de se considérer comme des personnes handicapées. De ce fait, ils voudront que les produits et les services dont ils ont besoin soient disponibles dans la filière touristique « traditionnelle ». Le tourisme accessible doit être basé sur des expériences inclusives qui ravissent et captivent le visiteur handicapé. Dès lors, comment créer des expériences touristiques inoubliables ? Lors du 2e Sommet mondial du tourisme accessible, plusieurs intervenants ont présenté des expériences inclusives inspirantes ; en voici quelques-unes.

L’aventure extrême

Poursuivant sur sa lancée, Bill Forrester a présenté une vidéo montrant comment on peut adapter l’équipement pour permettre la pratique d’activités de plein air aux personnes à mobilité réduite : fauteuils roulants tout-terrain TrailRider, vélos hors route, fauteuils de plage autopropulsés et tapis de plage, monte-escaliers, chaises sur ski, systèmes de guidage électroniques. Ces technologies procurent de nouvelles possibilités aux entreprises qui devraient les intégrer à leur offre afin d’en tirer parti pour créer des expériences intéressantes pour le voyageur handicapé. À cet effet, Making Trax, regroupement d’experts du handicap et du tourisme d’aventure, a amené des exploitants de descente de rivière à incorporer un siège sur leur canot pneumatique pour y accueillir une personne à mobilité réduite. Ils ont aussi incité une entreprise de parachutage à installer un système qui permet de retenir les jambes de la personne handicapée lors de l’atterrissage et plus encore. En adaptant le matériel, rien n’est impossible. Visionnez la vidéo ci-après à partir de la onzième minute pour vous en convaincre.

Source: YouTube

Le plein air et la nature pour tous

Éric Dubois, de l’association sans but lucratif Natagora qui se consacre à la protection de la nature dans les parties francophone et germanophone de la Belgique, a présenté le projet Nature pour tous. Initié en 2005, il vise à rendre la nature accessible aux personnes handicapées ainsi qu’à des publics marginalisés ou peu familiarisés avec elle. « Elle devient alors un vecteur de découvertes sensorielles, d’intégration sociale et de responsabilité citoyenne à travers une démarche de protection de l’environnement ». Pour ce faire, Nature pour tous conçoit et anime des activités, organise des journées de sensibilisation et des formations à la guidance, et crée des outils adaptés comme des objets en trois dimensions que l’individu aveugle ou malvoyant peut manipuler afin de s’en faire une représentation mentale (voir image ci-dessous).

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Source : Natagora 

Fondé en 2004, le parc national de l’Eifel, d’une superficie de 110 km2, est l’un des 16 parcs nationaux d’Allemagne. Depuis sa création, il s’engage à faire découvrir ses trésors naturels à tout le monde, incluant les personnes présentant divers handicaps physiques, grâce à un programme et à des infrastructures riches et variées comme le mentionnait Tobias Wiesen :

  • aucune marche dans tout le parc ;
  • système de guidance au sol;
  • tablettes tactiles ;
  • modèles tridimensionnels ;
  • boucles à induction pour personnes malentendantes ;
  • informations sensorielles (braille, objets à manipuler, langue des signes allemande, etc.)
  • randonnées guidées en langue des signes ;
  • randonnées guidées en fauteuil roulant électrique.

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Source : Présentation de Tobias Wiesen

Pour réduire les barrières à la communication, les employés reçoivent de la formation continue sur la manière d’interagir avec les personnes en situation de handicap. De plus, sur la page d’accueil du site Web du parc national, il est naturellement possible de choisir la langue d’affichage, mais qui plus est, le menu propose de visualiser le site en langue « Facile à lire et à comprendre » ou en caractères plus grands. Il présente aussi des vidéos en langue des signes avec textes et images.

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Source : Parc national Eifel

Des outils de mise en accessibilité dans les institutions culturelles

Jérôme Duquesne, responsable de l’accessibilité à la Fédération Francophone des Sourds de Belgique, s’est entretenu sur l’accessibilité et l’inclusion dans un musée pour les personnes sourdes ou malentendantes (PSM) grâce au visioguide. Cette technologie permet de présenter des séquences vidéo exprimées en langue des signes. Depuis juin 2013, le musée Magritte, à Bruxelles, expose une sélection de 21 œuvres commentées en trois langues des signes : francophone belge (LSFB), néerlandophone (VGT) et internationale (ISL). En plus de fournir des informations sur René Magritte et ses tableaux, le guide mêle théâtre, poésie et histoire de l’art. Disponible sur une tablette tactile, ce visioguide favorise l’autonomie des PSM dans le musée. Les sous-titres en français, en néerlandais et en anglais constituent aussi une approche adéquate pour le grand public, tant pour les enfants, les adultes et les familles que pour les touristes.

Source : YouTube

D’autres musées ont plutôt recours à des outils tactiles pour favoriser une plus forte interaction avec les œuvres. Madame Dupuis Caillot, fondatrice de Polymorphe, une entreprise spécialisée dans l’accessibilité aux publics handicapés ou en situation de handicap, a présenté l’exemple du musée national du Prado à Madrid. Depuis janvier 2015, il invite les malvoyants à une exposition originale où ils peuvent ressentir, au toucher, des copies imprimées en 3D de célèbres tableaux, tels que la Joconde, de Léonard de Vinci, ou Goya, de Dürer. Cette technique permet d’obtenir des textures et un relief pouvant atteindre six millimètres de hauteur à partir d’une photo en haute résolution du tableau. Le choix des textures et des volumes s’avère primordial pour guider les mains de la personne malvoyante et lui permettre de capturer l’essence de l’œuvre.

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Source : Musée national du Prado

Ces exemples présentent plusieurs bonnes pratiques mises de l’avant pour offrir une expérience inclusive pour tous en tenant compte des handicaps, mais également de la perte d’autonomie liée à l’âge. Pour d’autres idées, vous pouvez consulter les actes du Sommet.

 

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