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Les voyageurs québécois face au contexte économique et climatique

Le contexte inflationniste qui tend à se poursuivre en 2024 poussera certaines personnes qui souhaitent continuer de voyager à réagir et à trouver des alternatives. C’est le cas pour les voyageurs québécois ayant mentionné à la Chaire de tourisme Transat lors d’un sondage effectué en novembre 2023 que le contexte économique représentera un frein pour leurs voyages en 2024. Ils seront nombreux à chercher des solutions et à faire des compromis pour être en mesure de continuer à s’évader (voir l’infographie). 

Des comportements plus économes pourraient donc être observés chez ces personnes. Par exemple, 50 % des sondés envisagent choisir des hébergements et des restaurants plus abordables qu’à l’habitude (contre 30 % du reste de l’échantillon). Une part semblable de répondants songe limiter les repas au restaurant lorsqu’ils seront en voyage (contre 27 %) alors que 40 % passeront plus de temps à magasiner pour dénicher de bonnes affaires (contre 32 %).  

Les forfaits, les offres groupées ou les programmes de fidélisation offrant des rabais et des avantages sont des astuces qui peuvent soulager les consommateurs touchés par la hausse des prix. 

L’influence des événements météorologiques extrêmes

Le même sondage effectué par le Chaire de tourisme Transat en novembre dernier révèle que 36 % des voyageurs québécois considèrent que les événements météorologiques de la dernière année influenceront la planification de leurs voyages en 2024. Mais comment ?  

Deux scénarios sont envisageables. D’un côté, il pourrait être possible de constater une montée des réservations de dernière minute. C’est d’ailleurs un comportement déjà observé par les organisations touristiques. L’enquête trimestrielle effectuée par la Chaire de tourisme Transat pour le compte du ministère du Tourisme du Québec montre que 50 % des entreprises touristiques québécoises considèrent que les réservations de dernière minute (sept jours et moins) étaient en hausse à l’été 2023 par rapport au trimestre précédent. D’un autre côté, certaines personnes envisageront peut-être les voyages hors saison pour éviter les fortes chaleurs ou les feux de forêt de plus en plus présents l’été. À cet effet, 35 % des voyageurs québécois sondés par la Chaire prévoient être davantage flexibles par rapport à leurs dates de voyage en 2024.  

Avec la croissance des effets des changements climatiques, les réservations de dernière minute et les vacances hors saison s’insèreront-elles de plus en plus dans les habitudes des voyageurs québécois ?  

Il va sans dire que le voyageur est bousculé ; la situation économique le force à faire des compromis et à rechercher des aubaines, tandis que le contexte climatique lui demande d’être réactif et de modifier ses projets de voyage, voire sa façon de voyager. Ces circonstances obligeront les prestataires touristiques, ainsi que les destinations, à être imaginatifs et conciliants. 

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.   

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Performance

Portrait des emplois dans les secteurs touristiques en 2023

Le ministère du Tourisme du Québec dévoile un tableau de bord des emplois associés aux secteurs du tourisme pour 2023. Celui-ci offre un aperçu exhaustif des indicateurs clés relatifs à l’emploi dans les secteurs affiliés (divertissements et loisirs, hébergement, restauration, transport et voyages) ainsi que dans les différentes régions québécoises. Parmi les variables présentées, on retrouve notamment les suivantes :  

  • La tendance mensuelle de l’emploi ; 
  • La récupération des emplois depuis 2019 ; 
  • Les rémunérations moyennes ; 
  • La distribution géographique des emplois.

L’état des emplois dans les secteurs associés au tourisme 

En 2023, le nombre d’emplois a connu une croissance de près de 15 % (équivalent à 406 938 emplois) par rapport à 2022. Cette augmentation a été principalement observable en début d’année, avec un pic au premier trimestre, avant de diminuer peu à peu.  

Source : Statistique Canada, tiré du site du Gouvernement du Québec

Le nombre d’emplois s’est presque aligné sur celui de 2019, atteignant 99 % de ce dernier.  

Cependant, cette résurgence n’a pas été uniforme à travers la province ; six régions administratives se sont distinguées en surpassant les niveaux d’emploi de l’époque prépandémique de 2019. En effet, la Montérégie et Laval ont pris les devants avec une récupération de 110 %, suivies par Chaudière-Appalaches à 106 %, l’Outaouais à 105 %, Montréal à 104 %, et l’Estrie à 103 %. Ces chiffres témoignent d’une certaine vitalité et d’une adaptabilité des secteurs touristiques. 

Source : Statistique Canada, tiré du site du Gouvernement du Québec

 

Quelques 40 % des emplois dans les secteurs touristiques sont des postes à temps partiel 

Ce pourcentage équivaut à plus du double de celui observé dans l’ensemble des industries québécoises (19 %). Le secteur de la restauration compte pour plus de la moitié (55 %) de ses emplois à temps partiel. Les régions du Centre-du-Québec et de Chaudière-Appalaches présentent des proportions particulièrement élevées avec respectivement 59 % et 57 %.  

Les salaires augmentent, mais des disparités significatives persistent entre les différents secteurs touristiques et les régions 

Le salaire moyen des emplois dans les secteurs liés au tourisme a grimpé de manière continue depuis 2016, culminant à 24 $ de l’heure en moyenne en 2023. Montréal se démarque avec le salaire horaire moyen le plus élevé à 27 $, tandis que Chaudière-Appalaches présente le salaire moyen le plus modeste à 19 $ de l’heure.  

Qu’en est-il des postes vacants ?  

Le pourcentage de postes vacants passe de 8% au deuxième trimestre, à 5,8% au troisième trimestre de 2023. Cette diminution rapproche les secteurs du tourisme de la moyenne de l’ensemble des industries au Québec, qui est de 4,3%. Malgré cette amélioration, le taux de postes vacants demeure plus élevé que la moyenne annuelle de 2019, qui était de 4,8%. Le secteur des arts, spectacles et loisirs a le taux le plus bas avec 2,5% alors que celui de la restauration enregistre le taux de vacance de le plus élevé (7,1%). En effet, c’est huit postes sur 10 qui proviennent de ce secteur, illustrant une forte demande dans cette branche.  

Source : Statistique Canada, tiré du site du Gouvernement du Québec 

 

Les salaires proposés 

Une tendance positive se dégage : les salaires moyens proposés ont augmenté depuis 2019, passant de 15 $ à 19 $ de l’heure en 2023. Ceci reflète une croissance salariale malgré le contexte économique.  

Cependant, les salaires restent inférieurs de 6 $ à ceux offerts en moyenne dans l’ensemble des industries du Québec. Le secteur de la restauration propose, quant à lui, la rémunération moyenne la plus basse, s’élevant à 17 $ de l’heure (en incluant les postes où les pourboires sont courants).  

Pour plus d’informations et une compréhension approfondie de ces données, veuillez consulter le tableau de bord du ministère du Tourisme du Québec.  

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Tendances Tourisme durable

2023 : une prémisse aux effets des changements climatiques ?

Le Québec a été particulièrement frappé par les événements météorologiques extrêmes en 2023 : feux de forêt, épisodes de pluie verglaçante, inondations, vagues de chaleur, tornades, etc. Ces phénomènes génèrent des coûts sociaux importants (dépression, perte d’emploi, stress financier, physique et psychologique, etc.). D’après le Baromètre de l’action climatique, près d’une personne sur trois (31%) déclare être « fatiguée d’entendre parler des changements climatiques ». Le Baromètre de la consommation responsable expose un constat semblable : les Québécois en ont assez d’entendre parler d’environnement. 

Cela dit, selon Philippe Gachon, directeur général du Réseau Inondations InterSectoriel du Québec (RIISQ), les événements météorologiques extrêmes ne feront qu’augmenter dans les années à venir. D’autres spécialistes, tels qu’Alain Bourque, directeur général du Consortium Ouranos et Yannick Hémond, professeur au Département de géographie de l’UQAM, mentionnent qu’ils seront plus fréquents et surtout plus forts, plus soudains et plus soutenus. 

Une enquête réalisée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023 montre que 10 % des voyageurs québécois ayant voyagé au Québec à l’été 2023 ont dû modifier un séjour en raison d’événements météorologiques extrêmes. L’évolution soutenue de la situation climatique porte à croire que ce type de comportement sera de plus en plus observé dans les années à venir. Ce contexte représente déjà un défi pour les prestataires touristiques. En effet, d’après l’enquête trimestrielle de performance de l’industrie effectuée par la Chaire pour le compte du ministère du Tourisme du Québec, quelque 58 % des entreprises touristiques québécoises sondées considèrent que les conditions météorologiques de l’été 2023 ont exercé une influence négative sur l’achalandage de leurs organisations. 

Comment, en tant qu’entreprise ou destination, accompagner les voyageurs à travers ce blizzard d’impondérables et limiter l’impact des changements climatiques sur le territoire et les communautés ?  

Offrir une protection météo

L’industrie touristique est très sensible à la météo ; le mauvais temps peut rapidement créer des déceptions chez les voyageurs. Parfois, certains raccourcissent même leur séjour lorsque celle-ci ne répond pas à leurs attentes. Il faut dire que la situation ne risque pas de s’améliorer avec la progression des effets des changements climatiques.  

Le Renwick Hotel à New York joue sur cet aspect pour attirer les clientèles dans son établissement. L’hôtel offre à ses clients une « assurance météo » grâce à un partenariat avec l’entreprise spécialisée en technologies climatiques, Sensible Weather. Lorsqu’ils réservent leur séjour, les voyageurs ont la possibilité d’ajouter la garantie (d’une vingtaine de dollars par jour) au montant de leur facture. En cas de pluie pendant plus de deux heures entre 9 heures et 19 heures, le coût total de la chambre leur est remboursé. Les clients reçoivent à cet effet un message texte les informant à la fois du mauvais temps et du montant de leur remboursement. Ils n’ont naturellement pas la possibilité d’annuler leur voyage à l’avance en se fiant aux prévisions météorologiques. Sensible Weather couvre plusieurs autres intempéries, tels que les vents violents, la mauvaise qualité de l’air ou les températures extrêmes et fait affaire avec diverses autres entreprises touristiques, dont Campsited, un réseau de distribution qui permet la réservation de séjours en camping. 

Source : Sensible Weather 

Déployer un plan de gestion des risques météorologiques et climatiques

L’objectif du plan 2017-2027 de l’Irlande est de surveiller, d’analyser et de prévoir l’évolution de la météo et du climat au sein du pays. Chapeautée par Met Éireann, le service météorologique de l’État, la stratégie se déploie en six axes, allant du soutien aux événements météorologiques à l’anticipation et à la prévention de certains phénomènes, comme les inondations. La réussite du plan est tributaire de la collaboration de plusieurs parties prenantes, dont des chercheurs et des intervenants des secteurs économiques dépendant de la météo, comme les transports, l’agriculture ou le tourisme. Plusieurs initiatives seront mises en place pendant ces dix années. En voici quatre :  

  • Construire un réseau de partenaires : faciliter l’échange continu de connaissances et l’apprentissage axé sur la façon dont les services météorologiques peuvent soutenir la prise de décision des entreprises. 
  • Produire des services météorologiques et climatiques adaptés à la demande et aux secteurs : simplifier la prise de décision en matière de planification et de gestion des risques. 
  • Fournir des informations sur le climat : par l’intermédiaire d’un portail qui propose un ensemble de services climatiques élaborés en partenariat avec des agences et des organisations nationales et internationales. 
  • Communiquer efficacement les alertes et les avertissements d’inondation : assurer une sensibilisation du public aux risques d’inondation et aux mesures d’atténuation appropriées.

Concevoir des mesures d’atténuation

L’Île-de-France, une région située dans le centre-nord de la France où se trouve notamment la ville de Paris, a lancé son Plan d’adaptation aux changements climatiques en 2022, une stratégie à hauteur d’un milliard d’euros, divisée en trois axes et s’échelonnant jusqu’en 2030. L’objectif est de répondre aux effets des changements climatiques sur les écosystèmes, l’économie et la santé globale de la population. Pour être efficace et intégrer tous les secteurs concernés, la région adopte une approche transversale allant au-delà du tourisme. Plusieurs acteurs ont donc été consultés, dont le Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, la Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt, l’Agence régionale de santé, ainsi que la Fédération nationale des associations d’usagers des transports Île-de-France. 

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De nombreux projets sont en cours. À ce jour, 36 îlots de fraîcheur urbains ont été créés. La destination prévoit également d’installer « des abris climatiques », soit des fontaines, des brumisateurs, des points de rafraîchissement et des espaces verts ou d’ombre accessibles rapidement en cas de canicule. La région se mobilise aussi pour réouvrir l’accès à la Bièvre (une rivière de près de 35 km de long) à la baignade. Cette initiative permettrait la réappropriation des berges par la communauté et valoriserait le patrimoine culturel et paysager. Elle envisage de planter près de deux millions d’arbres d’ici 2030 et de verser un million d’euros pour l’adaptation des forêts aux changements climatiques. 

Les possibilités sont nombreuses et surtout variées. Quelles sont les mesures les plus appropriées pour vos entreprises ou vos territoires ?  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Technologies

Les irritants numériques des voyageurs québécois

Selon le rapportsur l’expérience numérique dans l’industrie des voyages et de l’hôtellerie réalisé en 2023 par la société d’analyse Contentsquare, un voyageur sur trois est frustré lorsqu’il essaie de rechercher et de réserver des vols, des hôtels, des croisières et des vacances en ligne. L’étude se base sur l’analyse de 20,6 milliards de pages vues et 3,8 milliards de sessions sur 106 sites web liés à des secteurs tels que les agences et services de voyages, les hôtels et centres de villégiature, les transports, ainsi que les divertissements et les restaurants. 

La principale raison de cette déception repose sur les attentes élevées des consommateurs en matière de performances de sites web. Ce déséquilibre entre l’offre numérique et les attentes provoque un désengagement et entraîne une baisse des taux de conversion. L’étude de Contentsquare observe que certains éléments sont particulièrement irritants pour les voyageurs, tels que le chargement lent des pages et les éléments (boutons, image, icônes) qui ne s’ouvrent pas après au moins trois clics. 

Irritants des voyageurs québécois

D’après l’enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023, des voyageurs québécois ont vécu des irritants en ligne lors de la planification de séjours ou d’activités au Québec. Certaines fonctionnalités, considérées aujourd’hui par bien des voyageurs comme des attributs de base, sont apparues comme déficientes pour une part des voyageurs québécois. En effet, 15 % répondent qu’ils ont trouvé un établissement fermé alors qu’ils en avaient été informés autrement, quelque 12 % affirment ne pas avoir pu réserver en ligne vu l’absence de cette option ; et près d’un répondant sur dix n’a pas trouvé le site web de l’organisation touristique convoitée.  

 

Dans le contexte économique actuel, l’expérience numérique des clients peut faire une grande différence dans les résultats financiers d’une entreprise. Malgré les avancées technologiques rapides, les déceptions des usagers ne doivent pas être prises à la légère. 

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Les voyageurs québécois : où vont-ils et que font-ils ?

Depuis quelques années déjà, la Chaire de tourisme Transat sonde les voyageurs québécois à propos de sujets variés entourant leurs comportements en situation de voyage. Ces données permettent d’avoir une vision longitudinale de leurs déplacements, mais aussi de leurs préférences en matière d’activités.  

Voici donc certains éléments clés de l’évolution des comportements des voyageurs québécois dans le temps.  

Destinations de voyages

Le Québec demeure une destination de choix pour les Québécois, année après année. Les autres destinations, surtout hors Canada, regagnent en popularité. Quant à elles, les intentions de voyage pour 2024 s’apparentent aux comportements observés à l’été 2023. 

Base: totale.  Note: les chiffres colorés indiquent des variations significatives par rapport à l’année précédente (vert: positif; rouge: négatif). 

Expériences touristiques vécues

Le plein air occupe une place importante dans le cœur des Québécois lorsqu’ils voyagent pendant la saison estivale. Les expériences gourmandes ainsi que les activités culturelles, comme les festivals ou les événements, suivent de près. La proportion à la baisse enregistrée pour les visites agrotouristiques peut être expliquée par l’ajout de la catégorie « expérience gourmande » à l’édition 2023 de l’enquête. 

Base 1: a voyagé au Québec à l’été 2022.  Base 2: a voyagé au Québec à l’été 2023.  Note: les chiffres colorés indiquent des variations significatives par rapport à l’année précédente (vert: positif; rouge: négatif). 

 

Pour en connaître davantage sur les comportements des voyageurs québécois, l’équipe de la Chaire de tourisme Transat vous invite à prendre connaissance des six profils de voyageurs qui font écho aux grandes tendances de l’année et d’approfondir vos réflexions en consultant le Cahier Tendances 2024. 

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Est-ce que les Québécois voyagent hors des périodes touristiques ? 

Les périodes de vacances habituelles, soit les mois d’été, la relâche scolaire et Noël, constituent les moments phares de l’industrie touristique. Au Québec, comme ailleurs, on observe aussi un intérêt pour les voyages hors de ces périodes. Selon l’enquête en ligne menée du 30 octobre au 6 novembre 2023 par la Chaire de tourisme Transat, 59 % des répondants ont voyagé en dehors des périodes de vacances habituelles en 2023. 

Parmi les répondants qui voyagent à l’occasion ou souvent en dehors des périodes de vacances habituelles, un certain profil de voyageurs se démarque. Voici quelques-unes de ses particularités.   

  • Ils voyagent plus fréquemment que les autres : 45 % disent voyager au moins chaque 6 mois (contre 26 % du reste de l’échantillon) ;  
  • Ils sont plus nombreux à être âgés de 55 ans et plus comparativement à ceux qui ne voyagent pas en dehors des périodes de vacances habituelles (43 % contre 30 %) ;   
  • Ils sont plus nombreux à être à la retraite comparativement aux autres (27 % contre 16 %).  
  • Ils sont en couple sans enfant à la maison (47 %) dans une plus forte proportion que les autres (33 %)  

Le choix de voyager hors des saisons hautes s’explique par divers facteurs et comporte plusieurs avantages, notamment d’éviter les foules et de profiter d’offres plus abordables sur le transport, l’hébergement et certaines activités Un peu plus du quart des répondants (27 %) qui voyagent à l’occasion ou souvent en dehors des périodes de pointe mentionnent que les changements climatiques les poussent à modifier leur façon de voyager. Leur flexibilité leur permettrait-elle de choisir des destinations et des périodes moins vulnérables aux effets des changements climatiques ? 

Fenêtre d’occasions pour le voyage hors saison

Certains segments de clientèle ne sont pas freinés par les responsabilités professionnelles ou même familiales ou peuvent plus facilement jongler avec celles-ci. Ils jouissent d’une liberté qui leur permet de s’évader hors des périodes plus achalandées. C’est le cas d’au moins trois voyageurs sur dix qui affirment qu’il serait tout à fait possible pour eux de voyager au Québec en dehors des périodes de vacances habituelles (voir infographie). 

Avec le beau temps qui prolonge la saison estivale, une tendance à la hausse des séjours automnaux est observée ces dernières années au Québec et aussi ailleurs dans le monde. Bien que ce phénomène soit de bon augure, le défi est de maintenir une offre d’activités et de services qui permettra à ces visiteurs de vivre des expériences positives et mémorables.  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Voyager au Québec à l’hiver 2024 ?

Du 30 octobre au 6 novembre 2023, la Chaire de tourisme Transat a mené un sondage en ligne auprès de 1 002 voyageurs québécois issus d’un panel privé. Ci-dessous sont exposés les résultats qui découlent de leurs réponses aux questions liées à leurs intentions de voyage pour l’hiver 2024.  

L’enquête réalisée en 2023 présente des données qui sont globalement similaires à celles de 2022. Les intentions de voyage, que ce soit vers des destinations de type « soleil » (27 % en 2022 comparativement à 31 % en 2023) ou au Québec (44 % comparativement à 38 %), ne montrent qu’une faible fluctuation. Cette légère variation pourrait être attribuée, en partie, à la période anticipée de la collecte de données, qui a été effectuée un mois plus tôt que l’année précédente. 

Les intentions de voyage à l’hiver 2024

Près de 38 % des voyageurs québécois prévoient un séjour d’agrément au Québec à l’hiver 2024.   

Les Québécois privilégient le Québec comme destination hivernale. Près de 38 % des voyageurs interrogés envisagent un séjour d’agrément au Québec à cette période. Parmi eux, huit répondants sur dix n’avaient pas encore réservé leur expérience au moment du sondage. Par ailleurs, plus d’un voyageur sur cinq hésite encore à visiter le Québec à cette période. Ces derniers représentent une clientèle potentielle que les prestataires d’offres touristiques peuvent encore tenter de charmer.  

Les destinations soleil se révèlent particulièrement attrayantes pour la clientèle québécoise. En effet, environ un tiers (31 %) des personnes interrogées envisage de les choisir pour l’hiver, et parmi elles, la moitié a déjà réservé son séjour. Le fait que les déplacements à l’international soient planifiés avec moins de spontanéité que les voyages au Québec pourrait expliquer ce phénomène.  

Par ailleurs, seulement 15 % des personnes sondées considèrent visiter d’autres lieux que ceux mentionnés, et parmi ceux-ci, 6 % ont déjà procédé à la réservation de leur voyage. 

Source: création de l’auteure  

Quant aux voyageurs qui prévoient partir à l’extérieur du Québec, ils semblent moins influencés par la conjoncture économique que les autres. Seuls 10 % se disent freinés par le contexte économique, contre 27 % des voyageurs qui ne comptent pas visiter ces destinations. 

Qui sont les voyageurs qui visiteront le Québec cet hiver ?

Les ménages avec enfants (incluant les familles monoparentales) ont tendance à opter davantage pour un séjour hivernal au Québec. Ils représentent 42 % de ce segment, contre 31 % de ceux qui ne prévoient pas voyager au Québec à l’hiver. Plus de la moitié de ces familles (53 %) affichent des revenus supérieurs à 100 000 $, comparativement à 40 % du reste de l’échantillon.  

Des télétravailleurs flexibles  

Parmi les voyageurs qui considèrent le Québec comme destination hivernale en 2024, 36 % seront en télétravail en 2024. Ils s’affichent plus ouverts que les autres à l’idée de combiner télétravail et vacances. Près de 20 % d’entre eux envisagent de prolonger un séjour touristique grâce à cette modalité, et 16 % prévoient un séjour dédié au télétravail au cours de l’année à venir. Cette proportion est au moins deux fois plus élevée que pour ceux qui ne visiteront pas le Québec (respectivement 10 % et 6 %). 

Source: Pexels 

En outre, ces voyageurs se montrent plus flexibles quant à leurs dates de voyage. En effet, 71 % d’entre eux mentionnent voyager en dehors des périodes de vacances habituelles (ex. : la semaine de relâche) contre 45 % de ceux qui ne voyageront pas au Québec.  

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Performance

Un été 2023 oscillant entre stabilité touristique et défis économiques

À chaque fin de trimestre, l’équipe de la Chaire de tourisme Transat mène, pour le compte du ministère du Tourisme, une enquête visant à mesurer et à suivre la performance de l’industrie touristique québécoise grâce à son panel La voix des pros. Les résultats clés de cette vague de l’étude (couvrant la période de juillet à septembre 2023) sont présentés ici. Ils suggèrent un maintien de l’achalandage touristique estival par rapport à l’été 2022, malgré un contexte inflationniste, un certain effacement de la clientèle québécoise, ainsi que des défis météorologiques et de main-d’œuvre. 

En comparaison avec l’année précédente, la moitié des entreprises sondées ont observé une hausse de l’achalandage estival (50 %), alors qu’un tiers constatent plutôt une baisse de celui-ci. Les répondants témoignent d’une disparité des observations concernant la clientèle québécoise : le tiers des participants rapportent chacun des mouvements contradictoires (en baisse : 33 % ; stable : 32 % ; en hausse : 35 %). La clientèle française se fait quant à elle plus remarquer, avec 42 % des entreprises signalant une augmentation de celle-ci. 

Les réservations de dernière minute s’affichent plus fréquentes qu’à l’été 2022. En effet, la moitié des répondants ont constaté une augmentation de celles-ci. Par ailleurs, 58 % estiment que les conditions météorologiques ont eu un effet négatif sur l’achalandage. 

Le quart des répondants qui offraient des postes saisonniers estivaux n’ont pas réussi à tous les combler.  

La hausse du chiffre d’affaires chez la moitié des entreprises sondées (49 %) est contrebalancée par l’augmentation significative des coûts d’opération (81 %) et des salaires (89 %), en résultant une réduction des marges bénéficiaires pour 56 % d’entre elles. Cette situation témoigne de l’inflation généralisée, poussant les entreprises à augmenter leurs tarifs (69 % d’entre elles).

En ce qui concerne le prochain trimestre, près de la moitié des répondants (45 %) s’attendent à un niveau d’achalandage similaire à celui de la fin de 2022, 30 % anticipent une diminution, et 25 % prévoient une augmentation. L’enthousiasme limité des entreprises peut être attribuable à une forme d’incertitude économique, ainsi qu’à une prudence générale face à la variabilité de l’achalandage observée. Ces résultats suggèrent que les entreprises doivent naviguer dans un environnement où la flexibilité et l’adaptation sont cruciales pour maintenir la rentabilité face à des facteurs externes fluctuants comme les conditions météorologiques et l’inflation.  

Source: création en interne 

Cette enquête trimestrielle est rendue possible grâce aux entreprises membres de notre panel La Voix des pros. Nous avons besoin de votre voix afin de suivre la performance de l’industrie touristique !  

Rejoignez-nous et répondez à nos enquêtes. Vous courrez la chance de remporter des prix de participation ! Toutes les entreprises touristiques québécoises sont invitées à s’inscrire au panel, en répondant d’abord à quelques questions. La prochaine enquête est prévue au mois de janvier 2024. 

 Image à la une : création en interne

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Destinations Marchés géographiques

Quelles sont les préférences d’accueil des voyageurs ?

Quelles sont les véritables préférences d’accueil des visiteurs au Québec ? Décryptage d’une étude menée par la Chaire de tourisme Transat pour le ministère du Tourisme sur la perception de l’accueil numérique, les sources d’information privilégiées, et les méthodes de planification des visiteurs en général. 

Les données relatives aux préférences d’accueil sont peu nombreuses et parfois ambivalentes. C’est dans cette perspective qu’en 2022, la Chaire de tourisme Transat s’est vu confier la responsabilité de mener une enquête auprès de quatre marchés clés : le Québec, l’Ontario, le Nord-Est des États-Unis et la France (1 205 répondants au total). Lors du sondage, les répondants ont dû indiquer leurs préférences quant à certains moments clés d’un voyage, grâce à des échelles polarisées à quatre points. Les points un et quatre comportaient des énoncés opposés. 

Numérique pour réserver, humain à l’arrivée !

Quand il s’agit de procéder à des réservations pour un voyage, la tendance penche vers le numérique. En effet, une grande partie des voyageurs, quel que soit leur marché d’origine, privilégie la réservation en ligne (59 % de l’ensemble de l’échantillon) plutôt qu’en personne ou par téléphone. Cette tendance est encore plus prononcée chez les visiteurs ontariens, avec un taux qui grimpe à 71 %.  

Source : Pexels

Toutefois, à leur arrivée, 65 % des voyageurs préfèrent être accueillis par le personnel de l’établissement plutôt que de bénéficier d’une arrivée autonome sans interaction humaine, cela, sans égard au marché d’origine.  

Où les voyageurs trouvent-ils leurs informations une fois sur place ?

L’accueil à destination se manifeste sous différentes dimensions et implique une multitude d’acteurs, du personnel hôtelier aux guides touristiques, en passant par les commerçants locaux. Toutefois, les recherches en ligne demeurent de précieux alliés durant le séjour. En effet, 55 % des voyageurs les privilégient tandis que le reste de l’échantillon préfère trouver l’information désirée grâce au personnel d’hébergement, à la population locale ou aux autres voyageurs. Les Américains sont légèrement plus enclins à solliciter l’appui des personnes sur place, 50 % d’entre eux préférant cette méthode. Ces données traduisent une diversité dans les modes de recherche d’information lors d’un voyage. Cette variété pourrait suggérer que, bien qu’Internet joue un rôle prépondérant, l’interaction humaine de proximité demeure importante pour bon nombre de voyageurs. 

Concernant la recherche de recommandations sur place (choix de restaurants, activités, etc.) les résultats sont également partagés. La moitié des répondants (52 %) dit préférer se fier à celles qui sont recueillies sur place, tandis que l’autre moitié privilégie les recommandations trouvées en ligne. Les Ontariens sont quant à eux légèrement plus nombreux à se fier aux sources de recommandation en ligne (56 % d’entre eux) contre 46 % des Québécois et des Américains, et 49 % des Français. 

Source : Pexels

Papier vs numérique : comment les voyageurs gèrent-ils leurs documents de voyage ? 

La dichotomie se poursuit dans la gestion des documents de voyage (billets d’avion, réservations, etc.). Alors que 51 % des voyageurs penchent pour la version papier, 49 % privilégient une approche numérique. Chez les Québécois, la tendance est légèrement plus marquée pour la version papier, 56 % étant en faveur de cette méthode.  

En quête de tranquillité ?

Quelque 6 répondants sur 10 disent préférer un hébergement leur offrant tranquillité et intimité, plutôt qu’un cadre dynamique. 

Lorsqu’il s’agit de choisir un hébergement, la majorité des visiteurs sondés (61 %) préfèrent les établissements offrant tranquillité et intimité. Les voyageurs québécois se distinguent particulièrement sur ce point. En effet, 73 % d’entre eux favorisent un hébergement plus tranquille. Les Ontariens et les Français se situent respectivement à 64 % et 59 % optant pour la tranquillité. 58 % des Américains sondés ont une préférence pour un environnement plus dynamique offrant des activités et événements spéciaux. 

Le numérique offre de nombreux avantages, cependant, une numérisation accrue peut exclure une clientèle moins à laise avec la technologie, compromettant linclusion dans lindustrie du tourisme. Laccueil humain ne doit pas être sous-estimé, car il contribue de manière significative à lexpérience de voyage en apportant un charme unique et une chaleur authentique à la destination. Les chiffres démontrent quil faut trouver un équilibre entre le numérique et lhumain, en veillant à ce que chaque voyageur, quelle que soit sa préférence, puisse profiter pleinement de son expérience.  

 

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Produits et activités Segments de clientèles

Les voyageurs québécois et les spas

Les tendances en matière de bien-être prennent de l’élan au Québec comme ailleurs dans le monde. D’un point de vue touristique, la Chaire de tourisme Transat a recueilli quelques données sur le sujet lors de sa plus récente enquête (décembre 2022) portant sur le comportement des voyageurs québécois. On y apprend notamment que : 

  • une majorité (62 %) estime que le voyage est important pour leur santé mentale ; 
  • l’envie de se retrouver en nature demeure incontournable, 59 % des répondants ont participé à une activité de plein air au cours de la dernière année ; 
  • un voyageur québécois sur cinq (22 %) a visité un spa à l’été 2022 ; 

Dans le cadre de cette analyse, les données concernant ceux qui ont visité un spa seront décortiquées afin de faire ressortir quelques grands constats.  

Définition de voyageur québécois :

 

Québécois ayant séjourné au moins une nuitée à l’extérieur de son domicile dans le cadre d’un voyage d’agrément au cours des deux dernières années.

Profil des voyageurs québécois qui ont visité un spa à l’été 2022

Visiter un spa est particulièrement attrayant chez les personnes âgées de 18 à 54 ans, mais c’est auprès des 18 à 34 ans que des différences significatives sont observées : ils représentent 42 % de ceux qui l’ont fait, contre 34 % de tous les voyageurs sondés. Les résidents de la grande région de Montréal constituent le bassin le plus important de visiteurs (54 % d’entre eux l’ont fait, alors qu’ils représentent 46 % de l’échantillon). Enfin, un peu plus de la moitié (52 %) se trouvait en situation de télétravail durant l’année sondée, alors que les télétravailleurs ne représentent que 41 % de l’échantillon. 

Inspiration et planification

Les médias sociaux ont un certain impact sur les décisions de voyage des répondants qui ont fréquenté un spa. D’ailleurs, cette clientèle en fait bon usage. Comparativement à tous les voyageurs québécois, elle y a davantage recours lorsque vient le moment de s’inspirer et de planifier son périple (58 % d’entre eux, contre 40 % de tous les voyageurs sondés). Tout comme pour l’ensemble des répondants, elle utilise principalement Facebook (39 %, contre 26 %), Instagram (32 %, contre 20 %) et YouTube (24 %, contre 17 %). 

Une autre particularité de ceux qui ont fréquenté un spa est qu’ils se s’estiment plus au courant des nouvelles activités touristiques et des destinations populaires que leurs amis (37 %, contre 28 % des voyageurs qui n’ont pas fréquenté de spa). Ils aiment donc rester informés et à l’affût des nouveautés.  

Travailler à l’extérieur du bureau, mais aussi hors de la maison

Le télétravail procure de belles occasions pour exercer sa profession hors de chez soi et où il fait bon être. Les voyageurs québécois qui ont fréquenté un spa l’ont bien compris. Ils étaient plus nombreux à vivre cette situation (52 % se trouvaient en télétravail, contre 41 %) et ont été significativement plus enclins à travailler hors de chez eux (55 % de ceux qui ont fait du télétravail en ont fait hors de leur résidence principale, contre 39 %).  

Pourquoi effectuer un voyage de bien-être ? 

Selon un sondage réalisé en 2020 par le Global Wellness Institute, les trois principales raisons qui motivent les individus à vouloir effectuer un voyage de bien-être sont : 

1. Se focaliser sur sa santé et son bien-être (49 %) ; 

2. Relaxer et se sentir moins stressé (47 %) ; 

3. Améliorer son bien-être mental (34 %) 

Ces personnes priorisent quelques éléments lorsque vient le temps de sélectionner une destination. Elles recherchent notamment un lieu connecté à la nature (70 %), une offre alimentaire de qualité, fraîche et locale (50 %), de l’hébergement de qualité (41 %) ainsi que l’accès aux services d’un spa (35 %). 

La définition du bien-être évolue et la manière dont les voyageurs l’expérimentent aussi. Comment saisirez-vous les occasions qui émanent des nouveaux modes de vie de cette clientèle ? 

Image à la une : Pexels