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Gestion Hébergement

Phénomènes météo extrêmes : comment se préparer en tant qu’hôtelier ?

Selon un communiqué publié en décembre dernier par le Bureau d’assurance du Canada (BAC), les événements météorologiques extrêmes ayant frappé le Québec en 2023 ont entraîné des dommages assurés atteignant 680 millions de dollars. En 2022, ce montant s’élevait à 580 millions de dollars, faisant de 2023 l’année la plus coûteuse pour les assureurs au Québec depuis la crise du verglas de 1998.  

Ces chiffrent mettent en lumière l’importance de renforcer la résilience climatique des destinations et des prestataires touristiques, d’autant plus que des spécialistes en la matière (environnementalistes, professeurs, etc.) soutiennent que des phénomènes comme les tempêtes de verglas, les feux de forêt, les tornades ou les inondations seront plus fréquents et surtout plus forts, plus soudains et plus soutenus dans les années à venir (lire aussi : 2023 : une prémisse aux effets des changements climatiques ?).  

Être prêt à réagir rapidement

Il est impossible d’éviter l’inévitable. Certains phénomènes météorologiques sont quasi imprévisibles. En cas de crise soudaine, les hôteliers doivent réagir rapidement pour tenter de limiter les dégâts matériels et minimiser la perturbation des opérations. Cela dit, il s’agit avant tout d’assurer la sécurité des employés et des clientèles sur place. Notons qu’une réaction tardive peut rapidement atteindre la notoriété d’un établissement.  

Il s’avère ainsi judicieux de mener des évaluations des risques pour identifier les menaces qui planent sur la région dans laquelle l’hôtel est situé. Documenter les événements météorologiques passés est une démarche qui permet d’anticiper la venue de catastrophes futures.  

Un plan de gestion des risques doit anticiper les dangers et permettre de coordonner toutes les actions à entreprendre.  

Il est donc essentiel de créer un plan de gestion des risques qui documente les dangers et la série d’actions à entreprendre, le cas échéant. Selon l’Asian American Hotel Owners Association (AAHOA), voici, entre autres, ce qui peut s’y trouver :  

  • Un plan d’évacuation identifiant les sorties de secours et les points de rassemblements ; 
  • Une procédure de sécurisation des infrastructures et des lieux (par ex. prévoir où ranger les articles extérieurs qui pourraient devenir des projectiles ou être endommagés par de forts vents) ; 
  • Une procédure de sauvegarde de certains fichiers clés ; 
  • Le rôle des différents départements (permettant d’éviter la confusion et de déterminer qui fait quoi et où en cas de crise).  
  • Un plan de rétablissement comprenant les étapes à suivre pour reprendre les activités le plus rapidement possible. 

À noter que le processus de formation devrait informer les nouveaux employés de leur rôle en cas d’événements pareil. Des rappels ou des mises en situation peuvent être effectués lors de nouvelles menaces ou d’alertes météo préoccupantes.  

L’île de Crète, en Grèce, a entrepris une telle démarche en collaboration avec plusieurs prestataires touristiques du coin. Rappelons que la destination avait été forcée d’évacuer plusieurs milliers de touristes lors d’incendies dévastateurs à l’été 2023. À cet effet, un exercice de trois jours a eu lieu en avril dernier avec comme objectif de mieux préparer la destination aux incendies, aux séismes et aux tsunamis. Plus de 160 000 résidants y ont participé, dont environ 80 000 enfants. De nombreux hôtels du secteur et les touristes qui y séjournaient ont aussi pris part à la démarche.  

Source de l’image: Reuters 

Miser sur une communication transparente

Il convient de préparer à l’avance une stratégie de communication. Cette dernière doit d’abord identifier les canaux à prioriser (publications sur les médias sociaux, appels téléphoniques, courriels, etc.) pour rejoindre les clients. Connaître les risques prévalents dans la région est une astuce pour planifier les propos des messages clés à diffuser.  

La gestion des relations publiques est un incontournable en cas de crise. Il s’agit avant tout de maîtriser le discours et d’informer de manière transparente et honnête sur la progression de la situation. Voilà qui peut contribuer à limiter la désinformation et la dramatisation du phénomène dans les médias.  

Lorsque le degré de risque est nul pour la région dans laquelle l’hôtel est situé, il s’avère essentiel de rassurer les clientèles qui pourraient être tentées d’annuler leur réservation ou de changer leur destination de voyage. En cas contraire, l’établissement doit accompagner le client dans le report de son séjour ou le diriger vers un autre hébergement limitrophe. L’hôtellerie est un secteur reconnu pour sa bienveillance. La stratégie doit donc démontrer un engagement envers la satisfaction du client et traiter les préoccupations de manière compatissante et empathique.  

Faire partie de la solution  

Il arrive que les événements météo extrêmes ne touchent pas directement les activités d’un hôtel, mais demandent tout de même l’évacuation des populations avoisinantes par précaution. À cet effet, certains établissements peuvent se positionner comme des points de rassemblement pour accueillir les résidants touchés par la catastrophe.

Source de l’image: BC Hotel Association   

En réponse aux feux de forêt ayant ravagé certaines régions de la Colombie-Britannique en 2023, le ministère du Tourisme, des Arts, de la Culture et du Sport, ainsi que le ministère de la Gestion des Urgences et de la Préparation au Changement Climatique, en collaboration avec l’Association des hôtels de la province, ont récemment déployé un projet pilote visant à aider les personnes contraintes de quitter leur domicile en raison de situations extrêmes, telles qu’un incendie ou des inondations, par exemple.  

À partir du mois de juin 2024, les employés des services de soutien d’urgence pourront accéder à un système de réservation en ligne qui affichera en temps réel la disponibilité des hébergements prêts à recevoir les évacués. La plateforme centralisée a pour objectif de faciliter et d’accélérer leurs tâches, en plus de soulager les résidants ou le personnel d’urgence à la recherche d’un hébergement temporaire. Les voyageurs touchés par la crise pourront aussi profiter de ce service. Le projet pilote débutera à Kelowna, Kamloops et Prince George et prévoit s’étendre ensuite à travers la province.  

Les événements météorologiques extrêmes continueront d’impacter les activités touristiques dans les années à venir ; le secteur de l’hôtellerie n’y échappera pas. Quelles actions emploierez-vous ?  

Image à la une : Pexels 

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Tourisme durable

Calculer les émissions de GES : le temps presse !

Rappel de l’objectif : Réduire les GES à zéro

L’industrie touristique génère environ 8 % des émissions mondiales de GES. Le transport compte pour 75 % de celles-ci. La Déclaration de Glasgow pour l’action climatique dans le tourisme (2021) exige des signataires qu’ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de moitié d’ici 2030 pour parvenir à zéro carbone le plus tôt possible avant 2050. L’objectif : maintenir la hausse des températures sous les 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels (1850-1900). À ce jour, cette augmentation s’élève à 1,2 °C. Au rythme actuel d’émissions, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime qu’il y a une chance sur deux pour que le seuil de 1,5 °C soit atteint dès 2030-2035. L’étau se resserre… 

Dernier appel pour les organisations à destination de 2050 : il faut réduire les émissions de GES de 50 % d’ici 2030, atteindre zéro émission au plus vite ! 

Au moment d’écrire ces lignes, 867 organisations touristiques se sont commises, dont 22 canadiennes, parmi lesquelles figure Destination Québec Cité. Chaque signataire de la déclaration de Glasgow pour l’action climatique en tourisme s’engage à présenter un plan en fonction de cinq axes d’intervention communs. 

1. Mesure 

2. Décarbonation 

3. Régénération 

4. Collaboration 

5. Financement 

Ce plan permet d’assurer le suivi vers l’atteinte des objectifs. La mesure de l’action climatique constitue ainsi le premier axe.  

Mesurer les émissions de GES de l’industrie touristique

Le calcul des émissions de GES représente l’indicateur clé de la mesure de l’action climatique pour tous les milieux. Le tourisme ne fait pas exception. Cet exercice pose un certain nombre de défis. L’industrie touristique est un écosystème complexe, composé de plusieurs secteurs très variés qui se chevauchent. L’Organisation mondiale du tourisme, désormais connue sous le nom d’ONU Tourisme, présente des approches dans le but d’obtenir éventuellement un consensus autour d’un modèle qui pourrait être applicable à la plupart des secteurs de l’industrie touristique. Cela permettra de faciliter, d’accélérer et de surveiller les progrès liés à l’action climatique et la réduction des émissions pour les années à venir.   

En attendant, les outils de mesure se développent à petite comme à plus grande échelle. On observe notamment des regroupements d’entreprises qui élaborent des modèles conjoints, ou encore des organisations qui font appel aux services de fournisseurs spécialisés. Aussi, des destinations proposent des grilles de calcul pour leurs entreprises touristiques.   

Un cadre

Ces méthodes de calcul doivent correspondre aux normes établies. Le World Resources Institute est l’initiateur de l’élaboration de la Norme de politique et d’action dans le cadre d’un protocole GES (GHG Protocol), soit une norme internationale pour estimer et communiquer l’évolution des émissions et absorptions résultant de politiques et d’actions en ce sens.  

L’hébergement : un milieu bien outillé

En 2012, le World Travel & Tourism Council (WTTC), l’International Tourism Partnership (aujourd’hui le Sustainable Hospitality Alliance) et 23 partenaires internationaux ont lancé l’Hotel Carbon Measurement Initiative (HCMI). Le HCMI a été initialement révisé par l’un des partenaires du GHG Protocol puis mis à jour en 2021 pour adhérer aux exigences actuelles. Il s’agit, encore aujourd’hui, de la méthode la plus connue et la plus utilisée pour le calcul du bilan carbone du milieu de l’hôtellerie. Le HCMI est employé par plus de 30 000 hôtels dans le monde. Il s’agit, grosso modo, de compléter un tableur Excel préformaté. Mais de nombreux autres outils existent. De grandes chaînes ont développé leur propre méthode de calcul des GES, d’autres font appel à des services privés. 

Image : Exemple de tableur de calcul des GES avec l’outil HCMI.  

Source : Sustainable Hospitality Alliance 

Les destinations : des modèles émergent

Selon ONU Tourisme, les organisations de gestion de la destination (OGD) sont les secteurs les moins bien outillés en matière de guides uniformisés de mesures des GES. Car au-delà de tenter de calculer l’ensemble des émissions à l’échelle de la destination, des OGD cherchent à accompagner leurs membres et à leur offrir des outils et des guides. C’est le cas de Visit Finland et de Visit Scotland. 

L’outil de Visit Finland

La Finlande a pour ambition de devenir le leader en matière de tourisme durable d’ici 2025. Dans cette optique, Visit Finland offre un outil pour aider les entreprises touristiques à calculer et à suivre l’évolution de leur empreinte carbone. Le calculateur de GES, disponible en ligne pour les membres de l’OGD, fonctionne avec les données de consommation auxquelles le système attribue un coefficient d’émission. Lorsque tous les indicateurs sont intégrés au système, l’entreprise obtient son empreinte carbone. Une trousse de l’utilisateur (regroupant documents en ligne et vidéos) permet d’accompagner l’entreprise dans cet exercice.  

Source: Visit Finland 

Visit Finland offre une formule simple pour les entreprises qui souhaitent procéder au calcul de leurs émissions de GES. Elles doivent fournir les données relatives aux éléments suivants : 

  • Consommation d’énergie (électricité, chauffage et climatisation, carburant pour l’entretien de la propriété, etc.) 
  • Déchets (poids)  
  • Carburant pour les véhicules (kilomètres ou quantité de carburant) 
  • Achats (euros ou quantité d’achats effectués) 

On précise que ces informations sont habituellement disponibles sur les relevés de consommation ou les factures d’électricité, de ramassage des déchets, etc. Dépendamment de la disponibilité des données, cet exercice peut prendre quelques heures pour une petite entreprise ou quelques jours, tout au plus. La mise en place des renseignements de base pour le premier calcul est laborieuse, mais le travail est ensuite fait pour les années subséquentes.   

Lorsque tous les éléments demandés sont intégrés, l’outil procède au calcul des émissions annuelles, en se basant sur la structure de l’entreprise, en phase avec la norme du GHG Protocol et avec une variété d’indicateurs clés. Voilà un outil qui permet aux entreprises d’établir un point de départ, de fixer des objectifs de réduction et de mettre en place des mesures pour y arriver.  

Mesurer les GES des offres touristiques

On observe aussi depuis déjà quelques années la propension de certaines entreprises à partager avec la clientèle l’empreinte carbone de leurs offres touristiques. C’est le cas d’Intrepid Travel, par exemple, qui le fait pour chacun de ses itinéraires. Le festival OYA, en Norvège, s’est allié à Klimato pour mesurer et afficher la quantité d’émission de GES de chacun des plats offerts par les kiosques alimentaires de l’événement. Voilà une bonne façon de sensibiliser les clients au poids écologique de leur choix.  

Source Facebook/Klimato 

Dernier appel

L’industrie touristique, comme tous les autres secteurs, doit réduire ses GES rapidement. La mesure de cette empreinte constitue un premier pas vers une meilleure compréhension de ce qu’elle représente.  

Dernier appel pour les organisations à destination de 2050 : il faut réduire les émissions de GES de 50 % d’ici 2030, atteindre zéro émission au plus vite ! Le Québec doit emboîter le pas !  

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Segments de clientèles

Les voyageurs québécois face au contexte économique et climatique

Le contexte inflationniste qui tend à se poursuivre en 2024 poussera certaines personnes qui souhaitent continuer de voyager à réagir et à trouver des alternatives. C’est le cas pour les voyageurs québécois ayant mentionné à la Chaire de tourisme Transat lors d’un sondage effectué en novembre 2023 que le contexte économique représentera un frein pour leurs voyages en 2024. Ils seront nombreux à chercher des solutions et à faire des compromis pour être en mesure de continuer à s’évader (voir l’infographie). 

Des comportements plus économes pourraient donc être observés chez ces personnes. Par exemple, 50 % des sondés envisagent choisir des hébergements et des restaurants plus abordables qu’à l’habitude (contre 30 % du reste de l’échantillon). Une part semblable de répondants songe limiter les repas au restaurant lorsqu’ils seront en voyage (contre 27 %) alors que 40 % passeront plus de temps à magasiner pour dénicher de bonnes affaires (contre 32 %).  

Les forfaits, les offres groupées ou les programmes de fidélisation offrant des rabais et des avantages sont des astuces qui peuvent soulager les consommateurs touchés par la hausse des prix. 

L’influence des événements météorologiques extrêmes

Le même sondage effectué par le Chaire de tourisme Transat en novembre dernier révèle que 36 % des voyageurs québécois considèrent que les événements météorologiques de la dernière année influenceront la planification de leurs voyages en 2024. Mais comment ?  

Deux scénarios sont envisageables. D’un côté, il pourrait être possible de constater une montée des réservations de dernière minute. C’est d’ailleurs un comportement déjà observé par les organisations touristiques. L’enquête trimestrielle effectuée par la Chaire de tourisme Transat pour le compte du ministère du Tourisme du Québec montre que 50 % des entreprises touristiques québécoises considèrent que les réservations de dernière minute (sept jours et moins) étaient en hausse à l’été 2023 par rapport au trimestre précédent. D’un autre côté, certaines personnes envisageront peut-être les voyages hors saison pour éviter les fortes chaleurs ou les feux de forêt de plus en plus présents l’été. À cet effet, 35 % des voyageurs québécois sondés par la Chaire prévoient être davantage flexibles par rapport à leurs dates de voyage en 2024.  

Avec la croissance des effets des changements climatiques, les réservations de dernière minute et les vacances hors saison s’insèreront-elles de plus en plus dans les habitudes des voyageurs québécois ?  

Il va sans dire que le voyageur est bousculé ; la situation économique le force à faire des compromis et à rechercher des aubaines, tandis que le contexte climatique lui demande d’être réactif et de modifier ses projets de voyage, voire sa façon de voyager. Ces circonstances obligeront les prestataires touristiques, ainsi que les destinations, à être imaginatifs et conciliants. 

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.   

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Produits et activités Tourisme durable

Les vignobles en réaction aux effets des changements climatiques

La production viticole québécoise gagne du terrain d’année en année. Selon le Conseil des vins du Québec, le nombre de producteurs est passé de 85 en 2010 à 165 en 2022. L’association envisage que le nombre de bouteilles produites doublera d’ici 2030.

Cela dit, le secteur vit actuellement des défis importants en lien avec les changements climatiques. Les vignobles d’un peu partout dans le monde ont lourdement été happés par les phénomènes météorologiques en 2023. Ces événements, parfois très imprévisibles et instables, perturbent la viabilité des cultures, ainsi que la quantité et la qualité de la production. Selon un reportage de Radio-Canada, « un rapport publié en février par Wine Growers BC estime que la récolte ne représentera que 1 % à 3 % des niveaux normaux, ce qui signifie une perte presque complète de la production de 2024. Les pertes de revenus pourraient atteindre 346 millions de dollars pour les vignobles et les établissements vinicoles ». Plusieurs vignerons et acteurs clés du milieu réagissent à cet enjeu.

En mode action pour trouver des solutions

Les démarches pour tenter de contrebalancer l’impact des phénomènes météorologiques dévastateurs sont variées. Par exemple, les producteurs de la zone viticole de la Valpolicella, en Italie, ont recourt à d’anciens cépages dans le but de réintroduire des variétés qui avaient été mises de côté au cours des décennies précédentes. Elles pourraient posséder des caractéristiques intéressantes dans le contexte actuel, telles que la tolérance à la sécheresse, la maturité tardive, une acidité naturelle élevée et un flétrissement lent.

Des variétés de raisins qui avaient été mises de côté au cours des décennies précédentes pourraient posséder des caractéristiques intéressantes dans le contexte climatique actuel.

De son côté, le Vignoble de l’Orpailleur, dans les Cantons-de-l’Est, tente de faire pousser de nouveaux cépages qu’il était auparavant impossible de cultiver au Québec. Le Vignoble du Ruisseau, situé dans la même région, utilise un procédé de géothermie pour protéger ses vignes durant la saison froide. Le contexte s’avère donc l’occasion de tester des pratiques novatrices et d’agir avec intuitivité.

Pour une plus grande anticipation, ils sont nombreux dans le domaine à impliquer le milieu de la recherche. Voici deux exemples inspirants.

 

Faire appel à la recherche

Le Conseil interprofessionnel de Bordeaux (CIVB) investit 1,2 million d’euros par an dans des recherches sur l’impact des changements climatiques sur la viticulture. À ce jour, plusieurs techniques sont testées : augmentation de la biodiversité par la plantation d’arbres et de haies, assemblage de plusieurs variétés de raisins, viticulture de précision parcellaire avec une gestion du couvert végétal, adaptations des densités de plantation, etc.

Au Québec, le Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel (CRAM) a développé des toiles géotextiles qui permettent d’abrier les vignes lors d’épisodes de grêle ou de gel/dégel. Cette solution remplace l’astuce d’allumer des feux sur les terres pour conserver la chaleur au sol. De plus, l’organisme conduit actuellement une recherche pour tenter de comprendre les processus de résistance de la vigne au froid.

Source : Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel (CRAM)

L’adaptation aux effets des changements climatiques passe notamment par la mise en place d’actions concrètes en développement durable. Le Chili représente un bel exemple.

Éduquer les clientèles

Les entrepreneurs viticoles de la vallée de Casablanca au Chili et le gouvernement local ont récemment élaboré un accord de production durable par lequel ils cherchent à améliorer la gestion et les performances environnementales des vignobles. Près d’une trentaine d’exploitations participent au projet qui bénéficie, notamment, du soutien des ministères de l’Agriculture, de l’Énergie, de l’Environnement et de la Santé ainsi que de la municipalité de Casablanca.

À titre d’exemple, le Matetic Winery, récipiendaire du Best of Wine Tourism Awards dans la catégorie Sustainable Wine Tourism Practices en 2023, mise sur l’apprentissage et l’éducation des clientèles au sein de son entreprise. Les visiteurs sont amenés à comprendre les étapes de fabrication du vin lors d’ateliers. Selon la direction, toute offre œnotouristique devrait inclure une partie de sensibilisation aux différents enjeux de durabilité liés à la viticulture. De ce fait, les amateurs seront mieux outillés pour faire des choix responsables. Le vignoble chilien a également exclu l’usage d’engrais chimiques synthétiques pour ses cultures. L’ensemble des infrastructures ont été conçues à partir de matériaux recyclés et écoénergétiques.

Source : Matetic Winery

Diversifier pour prolonger la saison touristique

La diversification des activités est une avenue permettant aux vignobles d’allonger leur saison touristique et d’ajouter de nouvelles sources de revenus. Le développement d’une offre corporative (Two Sisters Vineyards (Ontario) et Le Cep d’Argent (Magog)) est un bon moyen de rester actif à l’année. Voici en rafale d’autres idées pour animer les domaines pendant ces périodes.

  • Printemps : offrir des activités en préparation à l’été. Certains vignobles proposent des activités de taille de vigne ou des ateliers d’ébourgeonnage (débarrasser la vigne de certaines pousses indésirables) permettant aux clientèles d’en apprendre sur ces étapes essentielles à l’entretien des cultures. C’est le cas notamment du Vignoble Alain Robert et du Domaine Pierre & Bertrand Couly, situés en France.
  • Automne : mettre à l’honneur les vendanges. De nombreux ateliers, forfaits, activités bénévoles ou journées thématiques permettent aux clientèles de se mettre dans la peau d’un vigneron et de participer aux récoltes. Les vignobles Rivière du Chêne (Laurentides), Domaine & Vins Gélinas (Mauricie), Le Chat Botté (Montérégie), de l’Orpailleur (Cantons-de-l’Est) et Saint-Gabriel (Lanaudière) représentent de bons exemples.
  • Hiver : animer la saison froide. Visit Calistoga, en Californie dans la vallée de Napa, a relancé en décembre 2023 pour une 14e année consécutive le Winter in the Wineries Passport. Les détenteurs du laissez-passer de 75 $ bénéficient de dégustations gratuites dans les domaines viticoles participants, ainsi que de réductions dans les hébergements, les spas et les boutiques de la région.

Les solutions aux impacts des changements climatiques sont de plus en plus nombreuses. Pour assurer la durabilité du secteur et des expériences touristiques qui en découlent, il s’agira de s’adapter, mais surtout de se renouveler.

Image à la une : Pexels

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Tendances Tourisme durable

2023 : une prémisse aux effets des changements climatiques ?

Le Québec a été particulièrement frappé par les événements météorologiques extrêmes en 2023 : feux de forêt, épisodes de pluie verglaçante, inondations, vagues de chaleur, tornades, etc. Ces phénomènes génèrent des coûts sociaux importants (dépression, perte d’emploi, stress financier, physique et psychologique, etc.). D’après le Baromètre de l’action climatique, près d’une personne sur trois (31%) déclare être « fatiguée d’entendre parler des changements climatiques ». Le Baromètre de la consommation responsable expose un constat semblable : les Québécois en ont assez d’entendre parler d’environnement. 

Cela dit, selon Philippe Gachon, directeur général du Réseau Inondations InterSectoriel du Québec (RIISQ), les événements météorologiques extrêmes ne feront qu’augmenter dans les années à venir. D’autres spécialistes, tels qu’Alain Bourque, directeur général du Consortium Ouranos et Yannick Hémond, professeur au Département de géographie de l’UQAM, mentionnent qu’ils seront plus fréquents et surtout plus forts, plus soudains et plus soutenus. 

Une enquête réalisée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023 montre que 10 % des voyageurs québécois ayant voyagé au Québec à l’été 2023 ont dû modifier un séjour en raison d’événements météorologiques extrêmes. L’évolution soutenue de la situation climatique porte à croire que ce type de comportement sera de plus en plus observé dans les années à venir. Ce contexte représente déjà un défi pour les prestataires touristiques. En effet, d’après l’enquête trimestrielle de performance de l’industrie effectuée par la Chaire pour le compte du ministère du Tourisme du Québec, quelque 58 % des entreprises touristiques québécoises sondées considèrent que les conditions météorologiques de l’été 2023 ont exercé une influence négative sur l’achalandage de leurs organisations. 

Comment, en tant qu’entreprise ou destination, accompagner les voyageurs à travers ce blizzard d’impondérables et limiter l’impact des changements climatiques sur le territoire et les communautés ?  

Offrir une protection météo

L’industrie touristique est très sensible à la météo ; le mauvais temps peut rapidement créer des déceptions chez les voyageurs. Parfois, certains raccourcissent même leur séjour lorsque celle-ci ne répond pas à leurs attentes. Il faut dire que la situation ne risque pas de s’améliorer avec la progression des effets des changements climatiques.  

Le Renwick Hotel à New York joue sur cet aspect pour attirer les clientèles dans son établissement. L’hôtel offre à ses clients une « assurance météo » grâce à un partenariat avec l’entreprise spécialisée en technologies climatiques, Sensible Weather. Lorsqu’ils réservent leur séjour, les voyageurs ont la possibilité d’ajouter la garantie (d’une vingtaine de dollars par jour) au montant de leur facture. En cas de pluie pendant plus de deux heures entre 9 heures et 19 heures, le coût total de la chambre leur est remboursé. Les clients reçoivent à cet effet un message texte les informant à la fois du mauvais temps et du montant de leur remboursement. Ils n’ont naturellement pas la possibilité d’annuler leur voyage à l’avance en se fiant aux prévisions météorologiques. Sensible Weather couvre plusieurs autres intempéries, tels que les vents violents, la mauvaise qualité de l’air ou les températures extrêmes et fait affaire avec diverses autres entreprises touristiques, dont Campsited, un réseau de distribution qui permet la réservation de séjours en camping. 

Source : Sensible Weather 

Déployer un plan de gestion des risques météorologiques et climatiques

L’objectif du plan 2017-2027 de l’Irlande est de surveiller, d’analyser et de prévoir l’évolution de la météo et du climat au sein du pays. Chapeautée par Met Éireann, le service météorologique de l’État, la stratégie se déploie en six axes, allant du soutien aux événements météorologiques à l’anticipation et à la prévention de certains phénomènes, comme les inondations. La réussite du plan est tributaire de la collaboration de plusieurs parties prenantes, dont des chercheurs et des intervenants des secteurs économiques dépendant de la météo, comme les transports, l’agriculture ou le tourisme. Plusieurs initiatives seront mises en place pendant ces dix années. En voici quatre :  

  • Construire un réseau de partenaires : faciliter l’échange continu de connaissances et l’apprentissage axé sur la façon dont les services météorologiques peuvent soutenir la prise de décision des entreprises. 
  • Produire des services météorologiques et climatiques adaptés à la demande et aux secteurs : simplifier la prise de décision en matière de planification et de gestion des risques. 
  • Fournir des informations sur le climat : par l’intermédiaire d’un portail qui propose un ensemble de services climatiques élaborés en partenariat avec des agences et des organisations nationales et internationales. 
  • Communiquer efficacement les alertes et les avertissements d’inondation : assurer une sensibilisation du public aux risques d’inondation et aux mesures d’atténuation appropriées.

Concevoir des mesures d’atténuation

L’Île-de-France, une région située dans le centre-nord de la France où se trouve notamment la ville de Paris, a lancé son Plan d’adaptation aux changements climatiques en 2022, une stratégie à hauteur d’un milliard d’euros, divisée en trois axes et s’échelonnant jusqu’en 2030. L’objectif est de répondre aux effets des changements climatiques sur les écosystèmes, l’économie et la santé globale de la population. Pour être efficace et intégrer tous les secteurs concernés, la région adopte une approche transversale allant au-delà du tourisme. Plusieurs acteurs ont donc été consultés, dont le Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, la Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt, l’Agence régionale de santé, ainsi que la Fédération nationale des associations d’usagers des transports Île-de-France. 

Source : Pexels 

De nombreux projets sont en cours. À ce jour, 36 îlots de fraîcheur urbains ont été créés. La destination prévoit également d’installer « des abris climatiques », soit des fontaines, des brumisateurs, des points de rafraîchissement et des espaces verts ou d’ombre accessibles rapidement en cas de canicule. La région se mobilise aussi pour réouvrir l’accès à la Bièvre (une rivière de près de 35 km de long) à la baignade. Cette initiative permettrait la réappropriation des berges par la communauté et valoriserait le patrimoine culturel et paysager. Elle envisage de planter près de deux millions d’arbres d’ici 2030 et de verser un million d’euros pour l’adaptation des forêts aux changements climatiques. 

Les possibilités sont nombreuses et surtout variées. Quelles sont les mesures les plus appropriées pour vos entreprises ou vos territoires ?  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

Image à la une : Adobe Stock

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Produits et activités

Patinage hivernal : s’adapter aux températures douces

Simple, facile d’accès et apprécié des Canadiens, le patinage représente l’activité hivernale de plein air la plus répandue au pays. Selon les plus récentes données de l’Enquête sur les ménages et l’environnement de Statistique Canada (2021), 13 % des ménages canadiens déclarent en faire. Cette proportion est la même en régions métropolitaines de recensement (RMR) qu’à l’extérieur de celles-ci. Or, les hivers plus doux complexifient la pratique sur glace naturelle.  

Des plans d’eau dépendants d’une météo instable

Les sentiers glacés créés en forêt, les trajets sur rivière qui semblent parcourir l’infini et l’étendue immense qu’il est possible d’observer au centre d’un lac gelé constituent des expériences inoubliables, mais sensibles aux aléas climatiques. Patiner sur un plan d’eau naturel devient pratiquement un privilège depuis quelques années au pays. Selon Réjean Ouimet, météorologue, les temps froids associés au cœur de l’hiver s’amenuisent au Québec. Avec des épisodes de froid qui durent moins longtemps, le patinage sur plan d’eau naturel s’avère plus risqué, et c’est pourquoi plusieurs lieux de pratique retardent leur ouverture, réduisent leur saison ou sont forcés de fermer. 

Les plans d’eau québécois ne sont pas les seuls à subir les contrecoups d’une météo variable. Même Winnipeg, reconnue pour ses températures hivernales glaciales, n’est pas épargnée. Cette année, sa populaire River Trail a tardé à ouvrir et les patineurs doivent se limiter à quelques sections selon les variations météorologiques quotidiennes.  

Source : The Forks 

Une activité hivernale qui requiert des installations adaptées

Afin de pouvoir maintenir leurs opérations, les patinoires extérieures nécessitent une température inférieure à -5 degrés Celsius, selon Robert McLeman, professeur d’études environnementales de l’Université Wilfrid Laurier à Waterloo (Ontario). Les hivers doux incitent donc les municipalités à se tourner vers des installations alternatives.  

Les glaces réfrigérées, les toitures de protection, les centres de patinage intérieurs font partie des solutions d’adaptation aux changements climatiques et contribuent à déployer des expériences de qualité. L’offre s’est d’ailleurs beaucoup développée au cours de la dernière décennie. Le sport est aujourd’hui associé au plaisir de bouger, bien sûr, mais aussi de se retrouver dans des lieux aux allures parfois féériques ou dignes des Olympiques. 

À Lévis, le sentier du Quai Paquet constitue le plus long parcours de glace réfrigéré de la province. Sur une distance de 600 mètres, les patineurs peuvent apprécier la vue sur Québec et la présence du fleuve à leurs côtés. Une fois le soleil couché, la magie des lumières fait son œuvre et offre aux utilisateurs un parcours illuminé qui transforme l’expérience vécue durant la journée. 

À Montréal, la patinoire réfrigérée de l’Esplanade Tranquille ajoute une touche féérique au centre-ville et rappelle la nordicité de la métropole. Son ambiance festive et son pavillon multifonctionnel permettent à ce pôle culturel d’animer l’espace de vie extérieur durant la saison froide.  

En 2022, la Ville de Stoneham a ajouté un toit à sa patinoire et s’est dotée d’un système de réfrigération de la glace. Ces améliorations permettent de pratiquement doubler la période d’opération ; la saison passe ainsi de 12 à un peu plus de 20 semaines. Tel qu’expliqué dans la vidéo ci-dessous, de telles installations sont pratiques courantes ailleurs dans le monde et devraient se multiplier au Québec dans les prochaines années. 

Dans le cadre des célébrations du 350eanniversaire de la fondation de Varennes, la Ville a offert à ses citoyens le Polydôme, situé au parc du Pré-Vert, à titre de legs. Cette patinoire réfrigérée et recouverte d’un toit fait de bois du Québec est munie de panneaux solaires qui alimentent l’unité de réfrigération et l’éclairage des lieux.

Source de l’image : Ville de Varennes 

À Québec, les citoyens et visiteurs ont longtemps profité de l’anneau extérieur Gaétan-Boucher, qui fut réfrigéré en 1985. Aujourd’hui, cet anneau se trouve dans le plus grand centre de patinage intérieur d’Amérique : le Centre de glaces Intact Assurance. L’établissement accueille des compétitions sportives (patinage de vitesse, hockey, patin artistique), mais aussi les amateurs qui souhaitent profiter d’installations de haut niveau douze mois par année.  

Source de l’image : Centre de glaces Intact Assurance 

L’offre de patinoires réfrigérées au Québec est encore peu développée, ce qui limite la pratique du patinage durant les hivers plus doux, comme cette année. S’adapter devient inévitablement une nécessité pour les municipalités et de nombreux promoteurs de sites de patinage. 

Les patinoires, une occasion de se réunir

Dans les quartiers urbains, les patinoires agissent à titre de lieux de rassemblement entre amis ou famille. Afin de rendre les lieux conviviaux et invitants, plusieurs villes se dotent d’équipements qui favorisent l’accessibilité, le confort et l’émerveillement. Il peut s’agir de prêt ou de location de patins et de supports permettant l’apprentissage des enfants, de l’ajout de foyers extérieurs pour se réchauffer, d’une offre alimentaire, de jeux de lumières ou de mobilier urbain.  

Le patinage et les sports qui en découlent sont intimement liés à l’identité culturelle de nombreux Québécois. Considérant l’intérêt des visiteurs pour des expériences authentiques qui favorisent la connexion avec les populations locales, la patinoire constitue une composante touristique incontournable. 

 

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Produits et activités

Tourisme de montagne: un flot d’idées

La pérennité du tourisme de montagne ne repose pas uniquement sur les sports d’hiver. Les changements climatiques incitent à revoir les stratégies de développement touristique vers une diversification de l’offre à travers les saisons. Plusieurs régions du Québec et ailleurs sur le globe s’adaptent et innovent. Pour se démarquer, certains n’hésitent pas à développer des produits et services autour de l’eau. Voici quelques initiatives inspirantes qui donnent le goût de plonger dans l’action !  

Miser sur le bien-être : se la couler douce

Les acteurs de l’industrie touristique de montagne font preuve d’imagination pour créer de nouveaux produits et expériences répondant aux attentes de la clientèle en quête de bien-être. L’eau devient une composante majeure de cette offre, étant perçue à la fois comme stimulante, apaisante et possédant de nombreux bienfaits pour la santé.  

La station de ski française La Plagne propose plusieurs activités alliant l’eau et le bien-être. L’activité nature «Bivouac Consciences» se déroule sur deux journées d’expédition le long de l’Isère. La rivière sert de fil conducteur à trois activités : une séance de yoga au bord de l’eau, une descente en rafting sur 18 km et une initiation/ou un perfectionnement à la pêche à la mouche. 

Source : La Plagne 

Selon les responsables de l’expédition, le yoga permet aux participants de débuter le séjour en se concentrant sur l’essentiel. Cette première phase (ou étape) offre un espace pour atteindre un état de relaxation et de reconnexion à soi. La pêche est complémentaire créant un lien direct avec la rivière ainsi que son environnement visible et caché. Le rafting, quant à lui, vient équilibrer le tout en apportant une bonne dose d’adrénaline.  

En Suisse, un petit étang servant autrefois de réservoir pour alimenter la centrale électrique d’une scierie a été aménagé en 2003 en un centre de santé de la méthode Kneipp. Cette philosophie repose sur cinq principes fondamentaux : l’eau, les plantes, le mouvement, l’alimentation et l’équilibre. Cette doctrine soutient l’importance des thérapies naturelles ainsi que les forces de l’autoguérison du corps. Le site propose de la marche dans l’eau, un sentier pieds nus, un jardin d’herbes, des stations d’immersion et de repos.  

Source : Centre Kneipp de Schwandalpweiher  

Une vague d’adrénaline

L’eau rime parfois avec sensations fortes ! Certaines stations de ski ont usé d’imagination pour faire vivre des expériences sans nécessairement construire des structures imposantes et dispendieuses. Aquasensations est un parcours d’obstacles aquatiques à Val Cenis en Savoie qui intègre différents modules mélangeant accrobranches aquatiques, tyroliennes, cylindres, passerelle en bois, waterjump, etc. La vidéo suivante donne un aperçu. 

À Tignes, dans les Alpes françaises, Acroland invite les amateurs de sensations fortes à glisser sur de longs toboggans et à conclure leur descente dans les eaux du lac. L’installation propose trois niveaux de difficulté (6m, 9m, 12m) avec pour chacun d’entre eux la possibilité de choisir entre un toboggan avec tremplin, une piste avec une planche de bodyboards ou encore une descente sur des bouées gonflables. L’encadrement est assuré par Henri Authier, ancien champion de ski freestyle, spécialiste en acrobatie hot-jumping. 

Joindre l’utile à l’agréable

Les domaines skiables construisent de plus en plus de bassins de rétention pour l’enneigement artificiel. La plupart d’entre eux ne présentent aucun intérêt en termes de paysage ou de biodiversité. Quelques stations font preuve de souplesse et de créativité en permettant d’en faire de véritables ouvrages multifonctionnels sans nuire à la fonction de réservoir. C’est le cas du bassin de l’Alpe des Chaux, en Suisse, qui offre un espace de détente durant l’été avec une plage de gravier, une pataugeoire, une zone non-nageur et un bassin de natation. Selon les responsables du site, l’attractivité du site a dépassé les attentes puisque de 200 à 300 personnes par jour ont fréquenté les lieux alors que 100 visiteurs journaliers étaient prévus.  

Chaque goutte compte !

En raison de son fort attrait touristique, la gestion de l’eau n’est pas sans poser un problème. Sa forte consommation pour les multiples usages qui en sont faits met sous pression cette ressource naturelle limitée. S’ajoutent à cela les effets négatifs des changements climatiques qui affectent sa disponibilité et sa qualité. Il convient donc de construire un plan raisonné lors de la mise en place d’activités pour éviter de créer une pression supplémentaire dans son milieu.  

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Gestion Tourisme durable

Un défi pour réduire le gaspillage alimentaire

Le gaspillage alimentaire représente un enjeu de taille pour les entreprises du secteur de la restauration. En plus d’entraîner des pertes monétaires importantes, il contribue à accentuer les effets des changements climatiques.

VisitScotland, en collaboration avec Zero Waste Scotland, a récemment mis de l’avant une initiative visant à soutenir les petits et moyens établissements aux prises avec cet enjeu. D’une durée de quatre semaines, le Food Waste Challenge consiste à réduire au maximum le gaspillage de nourriture, tant les déchets d’assiette, que ceux de préparation.

En s’inscrivant, les participants reçoivent une boîte à outils comprenant les différentes étapes du défi, ainsi que la marche à suivre pour chaque semaine :

– Première semaine: évaluation de la situation selon les données et les informations que détient le restaurant ;

– Deuxième semaine: évaluation de la performance en mesurant la quantité de déchets produits et leur provenance ;

– Troisième semaine: analyse des résultats afin d’identifier les possibilités d’amélioration et de réduction de coûts ;

– Quatrième semaine: élaboration d’un plan d’action pour comparer les coûts et les bénéfices de chaque solution et en évaluer la priorité.

Ils ont aussi l’occasion d’accéder gratuitement à des ressources d’experts en la matière. Les intéressés peuvent également obtenir une balance alimentaire commerciale les aidant à mesurer les quantités de déchets et à déterminer de quels types il s’agit. Au terme du défi, les restaurants participants sont invités à partager leur expérience sur les médias sociaux avec le badge illustrant le passage de l’épreuve.

La destination n’en est pas à sa première initiative en la matière. En 2022, VisitScotland lançait le projet pilote Hospitality Zero avec comme objectif d’aider gratuitement les entreprises du secteur de l’hôtellerie et de la restauration dans leur démarche de réduction des déchets alimentaires. Pour ce faire, l’OGD a fait appel à la société Mabbett pour la réalisation d’un diagnostic servant à évaluer la performance des pratiques en cuisine de six établissements de la région du Grand Glasgow. Les entreprises participantes ont reçu par la suite un plan d’actions ciblées, adapté à chacune d’entre elles.

Hospitality Zero a permis d’identifier des économies potentielles de 26 307 livres sterling (environ 45 000 $) allant de 2 000 à 9 000 livres sterling (3 400 $ à 15 300 $) par établissement ayant pris part au projet. Les solutions envisagées pourraient permettre d’éviter jusqu’à 13,5 tonnes de déchets alimentaires chaque année.

Une telle démarche est de plus en plus nécessaire dans un contexte climatique et économique qui influence le coût des aliments. Serait-ce envisageable au Québec ?

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Destinations Produits et activités

Une économie basée sur la gastronomie : le cas de Tucson

Située dans le désert de Sonora, la ville de Tucson en Arizona possède une longue histoire agricole. Sa cuisine singulière est issue d’un passé culturel très diversifié, teinté entre autres, des traditions autochtones et mexicaines, et de techniques de préparation ancestrales transmises de génération en génération.

On y compte plus d’une vingtaine de festivals qui mettent en valeur les spécialités gourmandes de la région, telles que le piment tepin, le cactus, la courge et le maïs. L’un des plus connus, « Tucson Meet Yourself », attire chaque année plus de 100 000 visiteurs.

En 2015, Tucson est devenue la première ville américaine à rejoindre le Réseau des villes créatives de l’UNESCO (RVCU) dans la catégorie « Gastronomie ». Depuis, San Antonio au Texas s’est ajoutée à la liste des représentants de l’Amérique du Nord. Le congrès Taste of Place, tenu à Toronto au mois de juin dernier, a mis en lumière le développement prolifique de la ville à la suite de son adhésion au Réseau. Les initiatives entreprises subséquemment ont permis à Tucson de baser son modèle économique sur sa gastronomie.

Un réseau de villes créatives pour la gastronomie

Le RVCU a été créé en 2004 pour promouvoir la coopération et l’échange de connaissances entre les villes ayant identifié la créativité comme un facteur stratégique de développement. Il a également pour objectif de démocratiser l’accès aux produits culturels, d’aider les villes désignées à devenir des pôles de créativité et d’offrir des opportunités accrues aux différents artistes.

Parmi les domaines créatifs soutenus, on retrouve aussi le design, la littérature, la musique ainsi que l’art numérique. À ce jour, près de 300 villes d’un peu partout dans le monde forment le réseau. Parmi elles, 49 se démarquent dans le domaine de la gastronomie.

Source de l’image : Tucson City of Gastronomy

Tucson : vivante et gourmande

La Tucson City of Gastronomy (TCoG), une organisation à but non lucratif dont le conseil d’administration a pour mandat de gérer la désignation de la ville au sein du Réseau, a été fondée en 2016. Depuis, elle cumule des réalisations inspirantes. En voici quelques-unes :

Chefs ambassadeurs 

Chaque année, la TCoG est invitée à recruter des chefs locaux qui voyageront à l’international vers d’autres villes désignées du RVCU. L’objectif : partager l’héritage culinaire de Tucson à l’étranger et s’inspirer des autres chefs rencontrés.

Avant leur départ, les participants sélectionnés suivent une formation sur les raisons de la désignation de Tucson au sein du Réseau, sur le patrimoine et les ingrédients locaux, mais aussi sur la manière de travailler avec les journalistes et les médias. Les cohortes des dernières années se sont notamment envolées vers la Chine, l’Espagne, la France, le Mexique et la Turquie.

Laboratoires culinaires

Une formation et des ressources gratuites sont fournies aux entrepreneurs locaux et aux entreprises en phase de démarrage qui utilisent des ingrédients issus du patrimoine culinaire du sud de l’Arizona. Ces rencontres mensuelles fournissent des informations sur la manière dont on peut tirer parti de la désignation internationale de Tucson. Après l’événement, les participants sont invités à réseauter, à profiter des espaces de co-working et à bénéficier de services gratuits de mentorat.

Ceux qui souhaitent pousser plus loin l’expérience ont également l’occasion de rencontrer le personnel de Startup Tucson, un incubateur pour jeunes pousses, et d’en apprendre davantage sur son programme d’accélération Food Forward, destiné aux entrepreneurs du secteur alimentaire.

Source de l’image : Tucson City of Gastronomy

Certifications 

Depuis janvier 2023, les restaurateurs, les artisans, les détaillants et les services de traiteur ont la possibilité d’obtenir une certification qui reconnaît leur engagement en faveur de l’approvisionnement local, de la préservation du patrimoine alimentaire, de pratiques commerciales responsables et de la participation à la vie de la communauté.

Cette initiative est un excellent moyen d’accroître leur visibilité, d’autant plus que les entreprises certifiées bénéficient d’un rayonnement spécial de la part de la TCoG, de diverses associations touristiques sectorielles et d’autres partenaires clés.

Source de l’image : Tucson City of Gastronomy

Innovations pour s’adapter aux changements climatiques 

La TCoG fait partie d’une équipe chargée d’effectuer des recherches sur l’alimentation. Les membres du projet – par exemple l’Université d’Arizona et le Centre des Sciences de l’Environnement de l’Université du Maryland – mènent des expériences en cuisine qui leur permettent d’en apprendre davantage sur les qualités de certains ingrédients. On souhaite étudier la manière dont les régimes alimentaires et la culture d’aliments patrimoniaux peuvent être adaptés pour accroître la résilience face aux changements climatiques.

De plus, l’organisation à but non lucratif désire renforcer ses circuits alimentaires de proximité (aussi appelés circuits courts). Pour ce faire, elle recrute des parties prenantes qui sont invitées à rejoindre un réseau participatif reliant les agronomes du projet aux petits agriculteurs, aux chefs, aux artisans et aux consommateurs, avec un effort soutenu pour rejoindre les communautés autochtones et celles mal desservies.

Plusieurs efforts sont mis en place pour faire rayonner la gastronomie québécoise. Par exemple, le Programme d’aide de l’Office montréalais de la gastronomie représente une occasion de se démarquer sur la scène internationale et d’accroître sa visibilité. En tirerez-vous parti ?

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Destinations Produits et activités

L’accès à la baignade en milieu urbain

Le mois de juillet 2023 a été l’un des plus chauds jamais enregistrés. Les villes doivent dorénavant apprendre à composer avec des vagues de chaleur importantes. Les stratégies pour permettre à la population et aux touristes de se rafraîchir sont multiples. Certaines municipalités proposent par exemple des piscines attrayantes, dont certaines donnent accès à des bassins naturels tels que des rivières ou des fleuves. Ces initiatives peuvent toutefois s’avérer onéreuses et demandent une surveillance accrue des baigneurs. Dans le contexte de la pénurie de surveillants-sauveteurs, plusieurs services de loisirs doivent composer avec des enjeux importants afin d’assurer la sécurité des visiteurs. Malgré tout, les stratégies pour se rafraîchir sont multiples, et les municipalités font preuve de créativité pour ajouter des îlots de fraîcheur.

Des points d’eau accessibles dans les milieux urbains

En France, la tenue des Jeux olympiques de Paris, prévue en 2024, permettra aux Parisiens de renouer avec la Seine. Les élus avaient garanti de rendre certains tronçons du fleuve, interdit de baignade depuis 1923, accessibles pour se rafraîchir. Chose promise, chose due, un espace surveillé et délimité sera praticable prochainement. Un aménagement de douches, des vestiaires ainsi que des casiers seront construits sur un ponton. Une première étape qui pourrait se répéter à différents points d’accès du fleuve iconique.

Source : Ville de Paris

En Suisse, plusieurs installations permettent de se rafraîchir avec une vue sur l’architecture de la ville. L’initiative « Fountain Dip » invite à se baigner ou à se tremper les pieds dans une sélection de fontaines que l’on compte par milliers sur le territoire suisse. Un programme d’animation gère l’accès dans le but de faire profiter des bénéfices aux passants. Des parcours historiques, des concerts et des activités autour des fontaines permettent aux visiteurs de profiter des installations. La stratégie d’accès à l’eau de la Suisse ne s’arrête pas là. Dans plusieurs villes du pays, la baignade dans les fleuves avoisinants est envisageable. La ville de Zurich rend accessible des plages fluviales aménagées permettant de plonger dans la rivière Limmat. À Bâle, il est possible de nager dans le Rhin muni d’un sac étanche coloré en forme de poisson, le « Wickelfisch ». Les nageurs peuvent donc ranger leurs vêtements dans le sac de natation inventé à Bâle, ce dernier permet de s’assurer d’être vu. Le sac est d’ailleurs devenu un souvenir touristique convoité et est vendu à l’office de tourisme de la région. Des contrôles réguliers assurent que la qualité de l’eau est adéquate à la baignade.

Source : This is Basel

Dans la ville d’Helsinki, plusieurs plages sont accessibles sans sortir de la ville. La plage de Veijarivuoren uimaranta est un lieu convoité pour se détendre et offre une vue magnifique sur le golfe de Finlande, le site dispose d’une petite aire de jeux pour les enfants. L’accès est en concordance avec le « droit d’accès à la nature » finlandais, valorisant que chacun puisse circuler librement dans les forêts et autres espaces naturels. La seule condition d’usage est de faire preuve de respect et de ne laisser aucun détritus. La ville de Londres quant à elle offre l’opportunité d’apprendre à nager, à se détendre et même de prendre un bain en eau froide durant la saison hivernale dans les étangs d’Hampstead heath.

Au Québec 

À l’été 2023, la Commission de la capitale nationale du Québec a fait l’inauguration des infrastructures aquatiques de la phase 3 de la promenade Samuel-De-Champlain. Le projet permet de redonner à la population un accès au littoral du fleuve, un attrait certain pour les touristes de la ville. La Baie de Beauport et le Bassin Louise proposent aussi des points d’eau à proximité de la ville de Québec. À Montréal et à Laval, la Fondation Rivières met à disposition une carte dans le but de répertorier les lieux potentiels de baignade, le site communique la qualité de l’eau.

Source : Capture d’écran de la vidéo Promenade Samuel-De Champlain-phase 3, Commission de la capitale nationale du Québec

Solutions à la pénurie de sauveteurs

Former les futurs nageurs s’avère essentiel pour la sécurité aquatique, un problème de taille à l’heure actuelle. De nombreuses villes doivent composer avec une pénurie de surveillants-sauveteurs. Au début de l’été 2023, l’Association des responsables aquatiques du Québec (ARAQ) estimait qu’il manquait entre 2000 et 3000 sauveteurs pour pourvoir les postes dans les différentes infrastructures. La situation est tout aussi problématique dans des villes comme Vancouver, New York et Philadelphie. Les fonds d’assurances des municipalités du Québec proposent plusieurs idées pour remédier à la conjoncture.

– Planifier l’embauche du personnel : le temps de qualification des surveillants-sauveteurs étant long, il est préférable de débuter la campagne de recrutement durant la saison estivale.

-Profiter des mesures d’assouplissement : en raison de la pénurie, plusieurs règlements ont été modifiés afin de faciliter le recrutement de surveillants-sauveteurs. L’âge d’embauche est passé de 17 à 16 ans, une dérogation est disponible pour qu’un surveillant-sauveteur de piscine puisse surveiller des plages et la validité de certains certificats peut être étendue. En Ontario, l’âge minimum pour être surveillant-sauveteur est maintenant de 15 ans.

-Former gratuitement la relève : la formation de la société de sauvetage est dorénavant gratuite. Un partenariat avec la municipalité et une promotion appropriée pourraient faciliter le recrutement pour la saison estivale 2024. Plusieurs villes de Colombie-Britannique offrent gratuitement la formation de sauveteur.

-Réduire les heures d’ouverture : le ratio de nageurs sous la surveillance du sauveteur étant régie, il peut être approprié de varier les heures d’ouverture pour permettre aux visiteurs de se rafraîchir malgré un horaire restreint.

-Partager du personnel entre les infrastructures aquatiques : des ententes entre les gestionnaires des installations pour un partage du personnel peuvent s’avérer bénéfiques afin de faire profiter des lieux de baignades aux touristes et aux résidants de différents quartiers ou villes. Une stratégie qui peut permettre au personnel d’avoir un horaire plus attrayant et de diversifier leurs responsabilités.

Plusieurs centres aquatiques de Colombie-Britannique ont aussi eu recours à des surveillants-sauveteurs retraités qui avaient déjà les qualifications requises et la forme physique adéquate pour pourvoir les postes.

Planifier l’été 2024 

Pour les lieux où la baignade est impossible, il est intéressant d’organiser des activités sur l’eau, comme l’a démontré la ville de Paris avec un cinéma sur des embarcations nautiques. Utiliser les points d’eau naturels qui nous entourent pour contrer les effets des vagues de chaleur tout en s’assurant de restreindre son empreinte carbone par des choix judicieux est donc chose possible ! Afin d’assurer la sécurité des usagers et de continuer à offrir des lieux rafraîchissants, il s’avère approprié de planifier dès à présent la saison estivale 2024.

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