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Produits et activités Tourisme durable

Les vignobles en réaction aux effets des changements climatiques

La production viticole québécoise gagne du terrain d’année en année. Selon le Conseil des vins du Québec, le nombre de producteurs est passé de 85 en 2010 à 165 en 2022. L’association envisage que le nombre de bouteilles produites doublera d’ici 2030.

Cela dit, le secteur vit actuellement des défis importants en lien avec les changements climatiques. Les vignobles d’un peu partout dans le monde ont lourdement été happés par les phénomènes météorologiques en 2023. Ces événements, parfois très imprévisibles et instables, perturbent la viabilité des cultures, ainsi que la quantité et la qualité de la production. Selon un reportage de Radio-Canada, « un rapport publié en février par Wine Growers BC estime que la récolte ne représentera que 1 % à 3 % des niveaux normaux, ce qui signifie une perte presque complète de la production de 2024. Les pertes de revenus pourraient atteindre 346 millions de dollars pour les vignobles et les établissements vinicoles ». Plusieurs vignerons et acteurs clés du milieu réagissent à cet enjeu.

En mode action pour trouver des solutions

Les démarches pour tenter de contrebalancer l’impact des phénomènes météorologiques dévastateurs sont variées. Par exemple, les producteurs de la zone viticole de la Valpolicella, en Italie, ont recourt à d’anciens cépages dans le but de réintroduire des variétés qui avaient été mises de côté au cours des décennies précédentes. Elles pourraient posséder des caractéristiques intéressantes dans le contexte actuel, telles que la tolérance à la sécheresse, la maturité tardive, une acidité naturelle élevée et un flétrissement lent.

Des variétés de raisins qui avaient été mises de côté au cours des décennies précédentes pourraient posséder des caractéristiques intéressantes dans le contexte climatique actuel.

De son côté, le Vignoble de l’Orpailleur, dans les Cantons-de-l’Est, tente de faire pousser de nouveaux cépages qu’il était auparavant impossible de cultiver au Québec. Le Vignoble du Ruisseau, situé dans la même région, utilise un procédé de géothermie pour protéger ses vignes durant la saison froide. Le contexte s’avère donc l’occasion de tester des pratiques novatrices et d’agir avec intuitivité.

Pour une plus grande anticipation, ils sont nombreux dans le domaine à impliquer le milieu de la recherche. Voici deux exemples inspirants.

 

Faire appel à la recherche

Le Conseil interprofessionnel de Bordeaux (CIVB) investit 1,2 million d’euros par an dans des recherches sur l’impact des changements climatiques sur la viticulture. À ce jour, plusieurs techniques sont testées : augmentation de la biodiversité par la plantation d’arbres et de haies, assemblage de plusieurs variétés de raisins, viticulture de précision parcellaire avec une gestion du couvert végétal, adaptations des densités de plantation, etc.

Au Québec, le Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel (CRAM) a développé des toiles géotextiles qui permettent d’abrier les vignes lors d’épisodes de grêle ou de gel/dégel. Cette solution remplace l’astuce d’allumer des feux sur les terres pour conserver la chaleur au sol. De plus, l’organisme conduit actuellement une recherche pour tenter de comprendre les processus de résistance de la vigne au froid.

Source : Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel (CRAM)

L’adaptation aux effets des changements climatiques passe notamment par la mise en place d’actions concrètes en développement durable. Le Chili représente un bel exemple.

Éduquer les clientèles

Les entrepreneurs viticoles de la vallée de Casablanca au Chili et le gouvernement local ont récemment élaboré un accord de production durable par lequel ils cherchent à améliorer la gestion et les performances environnementales des vignobles. Près d’une trentaine d’exploitations participent au projet qui bénéficie, notamment, du soutien des ministères de l’Agriculture, de l’Énergie, de l’Environnement et de la Santé ainsi que de la municipalité de Casablanca.

À titre d’exemple, le Matetic Winery, récipiendaire du Best of Wine Tourism Awards dans la catégorie Sustainable Wine Tourism Practices en 2023, mise sur l’apprentissage et l’éducation des clientèles au sein de son entreprise. Les visiteurs sont amenés à comprendre les étapes de fabrication du vin lors d’ateliers. Selon la direction, toute offre œnotouristique devrait inclure une partie de sensibilisation aux différents enjeux de durabilité liés à la viticulture. De ce fait, les amateurs seront mieux outillés pour faire des choix responsables. Le vignoble chilien a également exclu l’usage d’engrais chimiques synthétiques pour ses cultures. L’ensemble des infrastructures ont été conçues à partir de matériaux recyclés et écoénergétiques.

Source : Matetic Winery

Diversifier pour prolonger la saison touristique

La diversification des activités est une avenue permettant aux vignobles d’allonger leur saison touristique et d’ajouter de nouvelles sources de revenus. Le développement d’une offre corporative (Two Sisters Vineyards (Ontario) et Le Cep d’Argent (Magog)) est un bon moyen de rester actif à l’année. Voici en rafale d’autres idées pour animer les domaines pendant ces périodes.

  • Printemps : offrir des activités en préparation à l’été. Certains vignobles proposent des activités de taille de vigne ou des ateliers d’ébourgeonnage (débarrasser la vigne de certaines pousses indésirables) permettant aux clientèles d’en apprendre sur ces étapes essentielles à l’entretien des cultures. C’est le cas notamment du Vignoble Alain Robert et du Domaine Pierre & Bertrand Couly, situés en France.
  • Automne : mettre à l’honneur les vendanges. De nombreux ateliers, forfaits, activités bénévoles ou journées thématiques permettent aux clientèles de se mettre dans la peau d’un vigneron et de participer aux récoltes. Les vignobles Rivière du Chêne (Laurentides), Domaine & Vins Gélinas (Mauricie), Le Chat Botté (Montérégie), de l’Orpailleur (Cantons-de-l’Est) et Saint-Gabriel (Lanaudière) représentent de bons exemples.
  • Hiver : animer la saison froide. Visit Calistoga, en Californie dans la vallée de Napa, a relancé en décembre 2023 pour une 14e année consécutive le Winter in the Wineries Passport. Les détenteurs du laissez-passer de 75 $ bénéficient de dégustations gratuites dans les domaines viticoles participants, ainsi que de réductions dans les hébergements, les spas et les boutiques de la région.

Les solutions aux impacts des changements climatiques sont de plus en plus nombreuses. Pour assurer la durabilité du secteur et des expériences touristiques qui en découlent, il s’agira de s’adapter, mais surtout de se renouveler.

Image à la une : Pexels

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Produits et activités

La progression du mycotourisme au Québec

En septembre 2015, le RVT publiait une analyse concernant l’émergence du mycotourisme au Québec. Près de huit ans plus tard, l’offre touristique en matière d’activités de découverte des produits forestiers non ligneux (PFNL) a-t-elle progressé ? Dans le cadre du congrès de l’ACFAS 2023 s’est tenu le colloque : « Enjeux et défis du développement de l’industrie mycologique au Québec : de la forêt à la table ». Les acteurs et chercheurs du secteur ont fait le point sur l’avancée des connaissances liées aux champignons forestiers au Québec, un volet a été dédié au tourisme. 

Plusieurs Québécois ont entrepris de s’intéresser au contenu des forêts nordiques du territoire durant le confinement et l’engouement persiste. Pour les touristes internationaux, la cueillette de champignons s’avère une activité de choix pour découvrir le terroir. Plusieurs entreprises spécialisées en mycotourisme voient le jour dans différentes régions du Québec et de nouveaux produits tels que le pesto de champignons, les sauces tomates, le café et les infusions font leur apparition sur les tablettes des épiceries fines. D’autres entreprises partagent leur savoir dans le cadre d’activités et de formations, c’est le cas de la jeune entreprise La vie est mush. Celles déjà bien implantées diversifient leur offre en proposant par exemple des trousses de culture contenant différents mycéliums, comme le suggère Violon et Champignons et Les 400 pieds de champignon.  

La structuration de l’offre au Québec 

L’organisation Kamouraska mycologique et la filière mycologique de la Mauricie sont connues pour développer le créneau mycologique depuis plus de 10 ans. La mycologie est maintenant bien présente dans ces régions grâce à la structuration de l’offre sur le territoire ainsi qu’à la mobilisation des différents acteurs qui font rayonner les produits mycologiques de la région. Les retombées générées par cette filière innovante et durable sont multiples, durant le festival des champignons forestiers du Kamouraska, plusieurs commerçants s’allient pour présenter les produits mycologiques de la région à l’aide d’un passeport. Des activités sont proposées durant tout le mois de septembre. La mobilisation des acteurs du territoire demeure le point central pour la réussite d’une stratégie d’implantation de créneau de cette envergure.  

Les nouveaux types de cueillette 

La cheffe Isabelle Dupuis du Presbytère à Saint-Stanislas-de-Champlain propose un panna cotta au bolet à pied creux alors que Pierre-Olivier Ferry de l’Atelier culinaire situé à Mitis-sur-mer sert une crème glacée à l’armillaire couleur de miel. 

D’après le mycologue Yann Perreault, de nombreuses nouvelles variétés de champignons comestibles sont observées au Québec et cela s’explique par les climats et écosystèmes changeants. La variété de produits disponibles dans la province bénéficie aux restaurateurs qui sont en mesure de s’approvisionner localement et d’intégrer de nouvelles saveurs à leurs menus.  

Contrairement à la croyance populaire, il est possible de trouver des truffes dans les forêts québécoises. Lors du congrès, la chercheuse Véronique Cloutier et l’équipe de Truffe Québec ont brossé le portrait des actions mises en place pour faire connaître et valoriser les truffières d’ici. Actuellement, une trentaine de producteurs revalorisent la forêt et bâtissent ensemble la trufficulture du Québec. Concrètement, cela se traduit par la mise en place de truffières sur des terres propices à la culture. Avec les experts de l’organisation, un choix d’arbre (noisetier, chêne, charme, pin par exemple) approprié est fait et la plantation peut débuter. C’est uniquement de quatre à sept ans plus tard que des truffes feront leur apparition ! Les premières truffières implantées au Québec devraient donc voir le fruit de leur effort sous peu. La vision de Truffe Québec s’appuie sur le développement d’une économie qui profitera tant à l’humain qu’à la nature. 

Source : courtoisie de Truffe Québec 

Le fleuve étant un attrait phare du Québec, comprendre la biodiversité fongique dans les écosystèmes fluviaux s’avère une niche d’intérêt pour le développement de nouveaux produits du terroir. L’entreprise Biopterre s’efforce de mieux comprendre cet environnement inhabituel pour les champignons. Bien que les recherches soient actuellement dirigées vers les médicaments et les décontaminants industriels, l’industrie touristique et agroalimentaire pourrait aussi bénéficier de ce savoir-faire en développement. 

Diversifier et éduquer grâce à la mycologie 

Les activités mycologiques, telles que la cueillette guidée, la dégustation et les festivals, s’inscrivent dans une démarche durable. Elles représentent des occasions d’éducation à propos du terroir et des écosystèmes forestiers, directement sur le terrain. Elles permettent également de transmettre les meilleures pratiques de cueillette dans un souci de conservation du milieu. 

L’Abbaye Val Notre-Dame, dans la région de Lanaudière, a intégré le mycotourisme à son offre qu’il qualifie de « forestibles ». L’organisation offre des activités de découvertes mycologiques et d’autres spécimens disponibles dans la forêt environnante. Plusieurs espèces sont transformées et commercialisées sur place, telles que le brocoli d’asclépiade. Pour les gestionnaires de l’Abbaye, la découverte de PFNL en est à ses balbutiements. Les activités de valorisation contribuent à garder vivantes certaines traditions. 

Inspiration internationale 

Dans certains pays, les champignons forestiers sont déjà bien implantés dans l’offre touristique. Certaines régions font des produits PNFL, des produits d’appel intégrés à la proposition touristique régionale. Des régions comme le Piémont en Italie, est notamment dépeinte comme la capitale de la truffe. 

La Pennsylvanie dispose d’une grande diversité de champignons. Au Kennett Square, The Woodlands at Phillips Mushroom Farms présente une exposition relatant le processus de croissance des champignons. Un chef local offre des démonstrations culinaires sur les bonnes méthodes pour apprêter les trouvailles mycologiques des adeptes. La région de Chester jouit du titre de « capitale du champignon ». Le comté possède le plus grand export de champignons aux États-Unis et les retombées sont évaluées annuellement à près de quatre milliards de dollars américains. 

À l’Île-du-Prince-Édouard, « The Fireworks Feast » est une expérience gastronomique débutant par la visite de la ferme ainsi que des espaces de cueillette. Une carte décrivant les sentiers « Art forest & woodland trails » est disponible afin que les visiteurs voient la provenance de certains produits qui se retrouveront ensuite dans leur assiette. The Inn at Bay fortune s’est doté d’un laboratoire vivant permettant de produire des variétés de champignons à quelques pas des cuisines. 

Source : Art forest & Woddland trails

En Colombie-Britannique plusieurs pourvoiries comme Nimmo Bay Wilderness Resort présentent des cours de cueillette sauvage, dont celle du champignon, enseignés par des experts. Il est ensuite possible de déguster les trouvailles au repas du soir. 

Au Mexique, la diversité de champignons est devenue un attrait touristique. Les communautés autochtones partagent des savoirs ancestraux aux touristes et s’assurent aussi de transmettre de précieuses connaissances aux générations futures. Selon certains spécialistes, la valeur de l’industrie mycologique s’élèverait à plus de 250 millions de dollars américains par année et contribuerait à la création directe et indirecte d’environ 25 000 emplois. Les champignons Huitlacoche, parasite que l’on retrouve sur le maïs, sont devenus ce que certains qualifient de truffes mexicaines. 

Au-delà de la cueillette et du partage de connaissance, apprêter ses trouvailles et découvrir leurs saveurs s’avère un volet supplémentaire fort pertinent et attirant pour les touristes locaux et internationaux.  

Le potentiel pour le mycotourisme 

On peut donc conclure que l’offre touristique en matière d’activités de découverte des produits forestiers non ligneux (PFNL) progresse et continue son ascension. La jeunesse de la niche mycologique du Québec en fait un secteur à fort potentiel pour l’agrotourisme. Le mycotourisme se déroulant dans le contexte forestier et mettant de l’avant la cueillette et le partage de connaissances, il ne fait aucun doute que le concept comprend des éléments clés pour un produit touristique de choix. Il s’agit là d’une opportunité certaine de faire rayonner le terroir local, tant les produits que le savoir-faire. 

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Destinations

Accueillir les adeptes de la vanlife

Structurer l’offre

Depuis quelques années, plusieurs régions ont dû composer avec le phénomène de la vanlife et l’affluence de voyageurs en petit VR qui découvrent le territoire en adoptant un mode de vie nomade. Ils séjournent dans des campings, mais aussi ailleurs. Ils apprécient la possibilité de se stationner simplement pour la nuit. Plusieurs entreprises et municipalités du Québec ont entrepris d’accommoder ces voyageurs, monnayant des frais ou non.  

En Outaouais, la MRC de Pontiac a franchi un pas de plus en structurant l’offre afin d’attirer les vanlifers sur son territoire méconnu. Le circuit Route 148, conçu en collaboration avec l’agence de communication Visages Régionaux et la participation d’adeptes de cette formule de voyage, rassemble les composantes essentielles d’un séjour en petit motorisé.  

Source : Destination Pontiac 

Des services clés pour une expérience en van 

Cet itinéraire se déploie de part et d’autre de la route 148, sur près de 150 kilomètres. Il rassemble une vingtaine de haltes VR desservies par des entreprises touristiques qui offrent des espaces de stationnement aux VR motorisés de classe B (4,9 à 6,4 m), monnayant des frais ou non, pour une durée maximale de 48 heures. Le site Web présentant l’itinéraire indique clairement les consignes à respecter sur ces emplacements.  

En plus de ces endroits pour passer la nuit, la carte en ligne (téléchargeable sur appareil mobile) identifie, entre autres, les ressources indispensables d’un parcours en van : 

  • Les stations d’essence ; 
  • Les lieux de ravitaillement en nourriture (restaurants, épiceries et dépanneurs) ; 
  • Les sites permettant de découvrir les saveurs de la région : fermes agrotouristiques, microbrasseries, etc. ; 
  • Les activités culturelles, de plein air et d’aventure. 

Testé par les principaux intéressés

Afin de promouvoir l’itinéraire auprès de la clientèle cible, l’équipe de Visages Régionaux s’est jointe au producteur de contenu Web, Dom, pour sillonner la Route 148 et en faire des épisodes diffusés sur la chaîne YouTube Vanlife Sagas. Ils ont aussi invité des adeptes et influenceurs pour la parcourir avec eux. L’un de ces participants est le chef et entrepreneur québécois bien connu, Ricardo, converti à la vanlife depuis peu (voir vidéo ci-dessous). Chaque épisode fait découvrir des aspects de la route et met en vedette la région et les activités qu’on peut y pratiquer.  

Une approche inspirante

En plus de donner une belle vitrine à cette région peu connue et aux entreprises locales, cette initiative démontre qu’il est possible d’encadrer une pratique de façon proactive et pour le bénéfice de tous. 

Image à la une : Facebook Destination Pontiac

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Destinations Tourisme durable

Fiskars : de village en déclin à destination culturelle durable

Le village de Fiskars s’est vu décerner plusieurs distinctions au fil des années. Il a notamment remporté le titre de la destination de l’année dans son pays en 2019, s’est taillé une place dans la liste des Global Top 100 Sustainable Destinations en 2020 et s’est mérité le Green Destination Award — Gold — en 2021. Voici l’histoire inspirante de Fiskars, véritable pôle culturel créatif. 

Une histoire classique

La naissance du village remonte au 17e siècle, en 1649 précisément, quand l’entreprise Fiskars (aujourd’hui Fiskars Group) s’implante dans une petite localité située à une heure de route d’Helsinki pour y établir une fonderie et fabriquer des outils. Plus tard, elle se spécialisera dans les scies, les outils de jardinage et les ciseaux. Ces derniers avec leurs anneaux orange au design ergonomique ont fait la renommée de l’entreprise. Vers la fin du 20e siècle (1980), la compagnie a besoin de plus d’espace et relocalise ses opérations ailleurs en Finlande et aux États-Unis. 

Tel que l’illustre l’image ci-dessous, le village de Fiskars est situé en milieu rural, le long d’une rivière, et compte plusieurs bâtiments historiques. Il fait partie de la commune de Raseborg qui regroupe plusieurs districts et villages. 

Source : Visit Raseborg 

Attirer les artistes

Témoin de la désertion du village par sa population, Ingmar Lindberg, alors vice-président de Fiskars Group et responsable du parc immobilier de l’entreprise, élabore un plan pour maintenir la communauté en vie. Il souhaite poursuivre la tradition d’une collectivité créative, manuelle, artisane. Comme la moitié des bâtiments du village appartient à Fiskars Group, ce dernier possède un grand contrôle sur leur utilisation. La direction procède d’abord à la rénovation des installations pour en faire des ateliers, des studios et des appartements. 

M. Lindberg lance ensuite des invitations à des membres influents de la communauté créative d’Helsinki à venir s’installer à Fiskars, à très bon prix. Les artistes et designers sont ciblés pour leurs compétences, leur créativité et leur renommée. Il ne suffira que d’une vingtaine de personnes qui répondent à l’appel pour que l’effet domino s’enclenche et que d’autres artisans se joignent au mouvement. 

Géré pour et par la communauté

Quelques années plus tard, en 1994, une première exposition d’art est organisée. La qualité des collections présentées, le charme rural des lieux, la beauté des bâtiments historiques et de la nature environnante séduisent les visiteurs. Le bouche-à-oreille opère très rapidement. Suivra ensuite la création de la coopérative Onoma, formée par les artisans, artistes et designers de Fiskars. Aujourd’hui, la gestion du village est assurée par la communauté locale, la coopérative et d’autres intervenants clés de la région.  

Plusieurs événements animent Fiskars et mettent en valeur les produits qui y sont fabriqués comme l’Antiques Fair, le Slow Food Festival, ou encore la Fiskars Village Art & Design Biennale. Chaque événement est organisé en collaboration avec l’organisme de gestion de la destination Raseborg (la commune dont fait partie Fiskars). La Fiskars Village Association est aussi interpellée pour certains aspects. Celle-ci représente tous ceux qui travaillent et vivent dans le village. Elle tient aussi des rencontres entre les anciens et les nouveaux résidents de la communauté créative. 

La vidéo suivante, conçue à la suite de l’obtention du prix Green Destinations Communities & Culture Award, résume bien l’histoire et le type d’offre touristique de Fiskars Village.    

Une approche durable

Cette gouvernance concertée a mis Fiskars Village dans le giron des communautés culturelles durables. Par ailleurs, la préservation et la valorisation de la culture locale, des paysages naturels et bâtis, et aussi des savoir-faire et du bien-être de la communauté font partie des valeurs partagées par les organismes impliqués dans la gestion de Fiskars. Les entreprises qui bénéficient de l’activité touristique mettent en vedette les ressources locales. À titre d’exemple : 

-La brasserie Fiskarsin Panimo, la cidrerie Kuura et la distillerie Ägräs utilisent des herbes sauvages et des baies qui poussent aux alentours pour la fabrication de leurs boissons décorées de diverses distinctions. 

-La scierie fournit les ébénistes avec du bois coupé dans la forêt avoisinante. 

-Le musée Fiskars a recours à un troupeau de moutons pour brouter l’herbe du pâturage sur lequel il se trouve. 

Source : Fiskars Village/Facebook 

Une offre touristique étoffée

Quelque 200 000 visiteurs foulent les rues du petit village chaque année. Ils y découvrent notamment :  

-Un dynamisme de quartier urbain dans un paysage rural féérique et des bâtiments historiques bien restaurés ; 

-Une architecture où l’ancien et le moderne s’harmonisent grâce à des règles de design bien définies pour les nouveaux bâtiments ;  

-Des événements culturels de qualité à différents moments de l’année ; 

-Des activités de plein air pour profiter des beautés naturelles des lieux comme des sentiers de randonnée et de vélo de montagne ; 

-Une offre culturelle très dense — exposition, spectacles, ateliers d’artisans, etc. ; 

-De nombreuses boutiques de fabrication locale et design ; 

-Une offre agrotouristique diversifiée ;  

-De bonnes tables qui valorisent les produits locaux, mais aussi des cafés ; 

-De l’hébergement d’expérience : mini maisons d’architecte, tentes suspendues, cabine au bord du lac. 

Un modèle qui fait des envieux

Aujourd’hui, les entreprises qui souhaitent s’établir à Fiskars s’engagent à respecter les principes du développement durable. Il en est de même pour les artistes qui rejoignent la coopérative Onoma. Cette dernière regroupe un peu plus d’une centaine de membres pour une communauté d’environ 600 habitants. Le succès de Fiskars rayonne et de nombreuses délégations internationales s’y rendent chaque année pour tenter d’importer ce modèle afin de vivifier les municipalités en manque de dynamisme.  

Des facteurs de succès ?

Bien sûr, le fait que l’entreprise à l’origine de ce projet soit propriétaire d’une grande part des bâtiments principaux compte pour beaucoup dans la réussite du projet. Les moyens financiers et la volonté de Fiskars Group de créer une communauté dynamique y ont aussi largement contribué. Mais il y a plusieurs autres leçons à tirer, comme de considérer :   

-Le bien-être de la communauté d’abord ; 

-L’importance que revêt la créativité, l’art, la culture et le design dans qualité de vie de la collectivité ; 

-Le développement local et durable intégré dans la gestion au quotidien ; 

-Les événements et la qualité des installations pour animer les lieux et créer des échanges ; 

-La gouvernance collaborative avec la participation des citoyens. 

Tant que le village de Fiskars sera un lieu où il fait bon vivre et travailler, il demeurera une destination convoitée, tant pour les nouveaux résidents que pour les voyageurs. Il s’agit d’un équilibre indispensable à préserver. 

Image à la une : Fiskars Village/Facebook 

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Produits et activités

Pour faire rayonner la culture en milieu rural

Un territoire avec une vitalité et un dynamisme culturel contribue à rendre l’expérience touristique québécoise unique et authentique. C’est également une voie de développement et d’attractivité qui génère un sentiment de fierté dans les communautés et enrichit les milieux de vie.  

L’implantation de nouveaux projets culturels pour animer un lieu demande bien plus que de bonnes intentions. Les projets doivent être intégrés de façon harmonieuse à leur environnement d’accueil. Cela nécessite une connaissance du territoire et de ses réalités. Des collectivités françaises témoignent d’initiatives heureuses qui misent sur la mobilité et la multidisciplinarité des lieux. 

Mobilité : favoriser l’accès à la culture

Dans certains cas, les problématiques des milieux ruraux deviennent des facteurs stimulants et créatifs. Le manque de lieux de diffusion, par exemple, devient une occasion pour les artistes de déployer des projets itinérants qui permettent d’aller à la rencontre des habitants et des visiteurs dans des cadres uniques. 

Ne disposant pas d’un lieu permanent, la Maison CDCN en Occitanie (France) a imaginé un studio mobile qui sert à la fois de local de danse et d’espace de représentation. Depuis 2018, l’objectif du projet est d’être un lieu de création pour les artistes et un outil de lien social et de sensibilisation à la danse. Les concepteurs souhaitent également se rapprocher des habitants et réaliser un maillage sur le territoire tout en permettant la circulation des œuvres. Ils ont créé un dispositif complètement flexible, pouvant s’adapter à l’espace qui l’accueille tel que des salles polyvalentes, des lieux patrimoniaux ou des parcs de quartiers (voir la vidéo suivante). Pour la directrice, Liliane Schaus, il est nécessaire de préparer les habitants avant d’installer le studio mobile dans un village. Une rencontre s’effectue avec les élus et les associations culturelles locales afin de coconstruire le travail d’éducation artistique qui sera réalisé. La responsable affirme également que son projet crée un lieu de rencontre pour la population en plus de favoriser l’accessibilité à la culture. 

Source : Le studio mobile 

En fonction des projets du studio mobile, des mallettes pédagogiques sont conçues pour faire découvrir la danse et développer le sens critique du public lors des séances d’analyse. Le but de ces idées de médiation et d’éducation est de créer un pont avec l’artiste et son œuvre, et de permettre au spectateur d’expérimenter et d’avoir sa propre perception sur la danse. 

Quant à la galerie d’art 2SO, celle-ci mise sur la mobilité pour offrir un outil de médiation culturel plaçant la population des communes Somme Sud-Ouest (Nord de la France) au cœur de la démarche. Les créateurs du projet ont fait le choix que les habitants soient les créateurs des œuvres exposées. Elles sont le résultat de rencontres, de découvertes et de création avec des artistes professionnels pendant plusieurs mois. Pour que l’ensemble de la population puisse y avoir accès, la galerie se déplace dans différents lieux sur le territoire. Selon l’endroit choisi, différentes animations sont également proposées. 

Un maillage agro-culture réussi

La réussite de projets en milieu rural est possible par la mise en place de collaborations entre acteurs issus de différents milieux qui partagent le même territoire.

D’après l’association culturelle Opale, la réussite de projets en milieu rural est possible par la mise en place de collaborations entre acteurs issus de différents milieux qui partagent le même territoire. De nombreux projets liant culture et autres disciplines visent dès leur origine à insuffler une dynamique sociale, voire économique. Selon le Réseau rural national français, ces activités peuvent également jouer un rôle d’attractivité du territoire en contribuant à attirer de nouveaux résidents. Par exemple, les cafés culturels répondent à la fois aux besoins de promotion et de création artistique ainsi qu’au besoin de cohésion sociale des habitants.  

Le projet associatif Polymorphe Corp. a débuté en 2018 au nord de la région d’Auvergne en ayant comme objectif d’agir pour la revitalisation du territoire par la culture et l’agriculture. Les responsables souhaitent prouver aux jeunes générations que la vie en campagne est porteuse d’avenir. Leur arrivée sur un site agricole en déclin a permis à la fois la revalorisation des activités, mais également le développement d’une offre culturelle pratiquement inexistante dans la région. 

Ce tiers-lieu agricole et culturel se veut : 

-Un espace de rencontre et de convivialité ; 

-Un espace de création, de fabrication et de diffusion ; 

-Un espace de démonstration du potentiel rural. 

Source : Polymorphe Corp 

L’offre d’activités est riche et variée : ateliers d’arts plastiques, d’artisanat et de spectacle vivant côtoient les projets de médiation culturelle, les expositions, les concerts et les représentations d’artistes en résidence. S’ajoutent à tout cela, des stages en permaculture et des chantiers participatifs où des citoyens peuvent apprendre de nouvelles compétences manuelles tout en aidant à l’entretien ou à la rénovation du site. Ainsi, la richesse du patrimoine naturel et immatériel est mise de l’avant en plus d’une transmission des savoir-faire. L’association participe également à des évènements (tables rondes, rencontres, conférences) touchant la thématique des tiers-lieux et de l’art en milieu rural. La vidéo suivante présente les activités de l’association. 

https://vimeo.com/478897384

Source : Vimeo 

Depuis près de 30 ans, le Run Ar Puñs, un café-concert situé à Châteaulin, offre un espace de vie stimulant pour les habitants de la région. Ces derniers peuvent profiter d’une offre pluridisciplinaire et variée en plus d’entrer en contact avec des artistes de tous horizons. Le site se veut également un lieu de rencontre, d’échange et d’accueil pour la relève artistique. Un bar et un marché public se trouvent aussi sur place. 

Source : Run Ar Puñs 

Depuis l’été 2021, le site de Run Ar Puñs connaît de nombreux travaux d’agrandissement et de rénovations pour la création de nouveaux espaces qui valoriseront davantage le territoire. Pour le nouveau restaurant par exemple, celui-ci va bien au-delà de la vocation économique. Pour Solenn Rolandon, chargée des actions culturelles et du développement territorial, il : « s’inscrit dans une volonté plus globale de proposer d’autres manières de produire et de s’alimenter à une échelle locale. Il porte des valeurs d’accessibilité, de mixité, de convivialité et de partage. […] L’enjeu est de sensibiliser à l’alimentation durable et à une agriculture paysanne respectueuse du vivant ». Bien que des activités agricoles soient déjà présentes sur le site, l’ajout d’une nouvelle exploitation agricole permettra de rassembler plusieurs produits locaux sur place. 

Ces différentes initiatives visent un tourisme plus « social » ou de « rencontre », autour d’activités partagées avec des artistes et la population. Les habitants se trouvent au cœur même de la réussite des projets culturels.  

Pourrait-on imaginer ce genre de projet au Québec ? 

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Segments de clientèles Tendances

La vanlife en 2022 : un état de la situation

Voyager en VR ou en van n’est pas nouveau, mais l’engouement pour la pratique bat des records. D’après une étude de 2021 réalisée par la Chaire de tourisme Transat portant sur les habitudes touristiques estivales des voyageurs québécois, les road trips figurent parmi les principales expériences touristiques recherchées durant l’été, selon 44 % des répondants.

D’après le rapport 2022 sur le camping en Amérique du Nord, près de 15 millions de ménages américains ont effectué un séjour en véhicule récréatif en 2021. Parmi ces voyageurs, 11 millions étaient propriétaires des véhicules. Le marché de la location de VR a également connu une croissance marquée avec près de deux millions de nouveaux locataires l’année dernière.

En 2021, Go Van a publié les résultats d’une étude menée auprès d’un échantillonnage de convenance de 1 000 vanlifers québécois. Le sondage visait à brosser un portrait des membres de cette communauté de voyageurs nomades. Voici ce que l’on sait à leur sujet jusqu’à présent :

Un peu moins de 55 % des répondants ont de 25 à 49 ans tandis que 40 % sont âgés de 50 ans et plus.

Source de l’image : Go Van

Quelque 29 % des répondants effectuent des voyages en van depuis au moins cinq ans. On dénombre tout de même plusieurs nouveaux adeptes. En effet, c’est une personne sur cinq qui réalise des voyages en van depuis moins d’un an.

Source de l’image : Go Van

Les voyageurs en van s’intéressent à différents types de passe-temps lors de leurs séjours ; voilà une opportunité d’offrir des expériences mixtes. Quelque 30 % des répondants identifient les activités sportives comme représentant la plus grande part de leurs dépenses, suivi de très près par les restaurants et les microbrasseries (28 %).

Source de l’image : Go Van

Sur le plan des nuitées, la grande majorité des répondants dit privilégier des sites en nature, soit en bord de route ou en forêt, alors que le tiers affirme dormir souvent dans les campings traditionnels.

Source de l’image : Go Van

Le camping nomade est donc courant et apprécié par ces voyageurs. Ce type de camping connaît un boom impressionnant depuis les dernières années. Surnommé boondocking en anglais, cette pratique consiste à camper temporairement et gratuitement dans un endroit où il n’est généralement pas possible d’avoir accès à l’eau potable, l’électricité ou une sortie d’égout.

Certaines destinations demeurent mitigées face à cette pratique, d’autant plus que la pandémie de COVID-19 n’est venue qu’amplifier le phénomène.

Un intérêt grandissant qui ne plaît pas à tout le monde

La popularité croissante de la vanlife provoque certainement des enjeux de cohabitation. On se rappelle notamment l’onde de choc occasionnée par les campeurs sur les plages de la Gaspésie à l’été 2020. Gaspé a d’ailleurs réitéré l’interdiction de camper sur ses plages ainsi que dans tout autre lieu public à l’approche de la saison estivale 2022.

La situation est semblable à Tadoussac. En 2021, la ville a commencé à donner des amendes aux propriétaires de VR et de van qui campaient gratuitement sur le territoire. Il va sans dire que depuis les dernières années, le secteur des dunes a particulièrement été touché par les campeurs qui y laissent des déchets.

D’autres pays sont également aux prises avec la même problématique ; c’est le cas notamment du Portugal où il est illégal de camper en dehors des campings officiellement désignés. Praia da Ingrina, une plage située dans le sud-ouest de l’Algarve, est particulièrement affectée par cet enjeu. Bien que le camping nomade puisse entraîner des amendes allant de 200 à 4 000 euros, les vanlifers n’hésitent pas à s’y cantonner. Les résidents déplorent les comportements des voyageurs qui laissent des déchets, détruisent la flore et allument des feux sur la plage.

Source de l’image : The Portugal News

Des initiatives d’ici qui accueillent les vanlifers

Plusieurs régions québécoises perçoivent la présence des vanlifers comme une opportunité. Elles choisissent d’encadrer la pratique plutôt que de l’interdire. Avec l’achalandage accru des terrains de camping à l’été 2020 et 2021, des espaces de stationnement gratuit nommés « sites de débordement » ont été mis en place pour bien accueillir ces voyageurs et pour tenter de les inciter à rester plus longtemps dans la région. Bien que ces haltes aient été pensées pour soulager les campings affichant complet, certains préfèrent s’y rendre directement étant donné la gratuité du service.

À cet effet, Baie-Comeau dédie plusieurs espaces de stationnement, en bord de mer ou plus près du centre-ville, aux voyageurs en van et en VR. Certains possèdent même des toilettes et des stations de vidanges. La municipalité des Escoumins détient également un parc aménagé pour les véhicules récréatifs et les vans comprenant des poubelles et une toilette. Le village souhaite d’ailleurs devenir une destination incontournable pour la vanlife. Pour éviter les débordements qu’ont connu leurs voisins de la péninsule gaspésienne, la municipalité utilise des applications, telles que iOverlander, afin de diriger les voyageurs vers des lieux propices à leur bien-être et à celui des communautés locales.

Au Bas-Saint-Laurent, la ville de Rimouski a mis à disposition à l’été 2021 une quarantaine d’espaces de stationnement dédiés aux véhicules récréatifs et aux vans. Les voyageurs avaient la possibilité d’y rester 24 heures et étaient ensuite invités à poursuivre leur séjour dans un camping de la région. En Gaspésie, la ville d’Amqui a aussi mis en place ce type de halte dans certains stationnements.

D’autres lieux souhaitent aussi tirer parti de cette clientèle grandissante et mettent tout en place pour y arriver. Le sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, situé à Trois-Rivières, invite les voyageurs en van et en VR à utiliser des parcelles de leur terrain en bordure du fleuve pour quelques nuitées. Les vanlifers ont, entre autres, accès à l’eau potable, aux toilettes ainsi qu’au restaurant du sanctuaire et sont ensuite invités à effectuer un don pour leur séjour.

Source de l’image : Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap

Les adeptes du terroir et d’expériences gourmandes et agrotouristiques sont comblés par ce qu’offre Terego. La plateforme met en contact des voyageurs en VR avec des producteurs agricoles (lire aussi Trois tendances en plein air pour s’inspirer). Pour des frais annuels de 105 $, les vanlifers ont accès à tout le réseau Terego et peuvent donc s’installer pour une nuit sur le terrain d’un vignoble ou d’une ferme locale, par exemple. En Finlande, le Café Bar Pesula accueille à bras ouverts ces voyageurs et leurs véhicules dans leur stationnement (lire aussi Un restaurant « Bienvenue aux VR »).

Source de l’image : Terego

Exemple de structuration : la Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande est reconnue par les amateurs de roadtrip pour être une destination de choix… et il faut croire que le pays est actuellement victime de son succès. Selon un rapport publié en février 2021, le nombre de campeurs nomades étrangers est passé de 10 000 au début des années 2000 à 123 000 en 2018. Sans grande surprise, cet engouement massif déplaît à certaines communautés locales ; l’encombrement des espaces de stationnement et des plages, la congestion des routes ainsi que les déchets des campeurs sont devenus de réelles préoccupations.

Source de l’image : The Conversation

Fort d’une longue tradition, le ministre du tourisme Stuart Nash ne souhaite pas interdire la pratique du camping nomade. Cependant, des modifications sont proposées ; de nouvelles règles devraient être mises en place progressivement à partir de l’été 2022. Ces changements visent notamment à protéger l’environnement naturel, à garantir une pratique responsable du camping et à s’assurer du bien-être des communautés locales touchées par cet enjeu.

Voici quelques changements proposés :

  • Établir un système réglementé pour la certification et l’enregistrement des véhicules autonomes ;
  • Exiger que les campeurs en van utilisent un véhicule autonome certifié lorsqu’ils séjournent sur les terrains municipaux, à moins que le site soit désigné comme convenant aux véhicules non autonomes ;
  • Obliger les véhicules à disposer d’une toilette fixe pour être certifiés autonomes ;
  • Renforcer le système d’infraction (par exemple en augmentant les amendes).

Une période de transition de deux ans est prévue avant que tous les véhicules autonomes ne doivent adhérer aux nouvelles normes.

Plusieurs destinations et lieux sont favorables à la vanlife, mais cette pratique demeure tout de même controversée, notamment à cause des traces que laissent certains de ces nomades derrière eux. Encadrer ou interdire, la question se pose !

Image à la une : Unsplash

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Produits et activités

Un concept innovant pour soutenir le spectacle vivant

Au printemps 2020, des artistes et des techniciens du Pays de la Loire (France) ont décidé de continuer à vivre de leur talent malgré le confinement. Ensemble, et avec d’autres professionnels du milieu, ils ont fait preuve d’innovation en imaginant des spectacles pluridisciplinaires (cirque, théâtre, musique, danse, etc.) de courte durée et pouvant se réaliser dans des lieux insolites (à la ferme, au pied d’un immeuble, devant une maison de quartier, etc.). Les porteurs de projet (Ouvrir l’horizon) ont sollicité l’appui financier des collectivités locales (municipalités, départements, régions) et la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) pour donner vie aux « paniers artistiques ».  

Source : Ouvrir l’horizon 

À l’image des paniers de légumes bio, où le contenu n’est révélé qu’une fois livré à la maison, les micro-événements sont une surprise, tant pour les organismes ou institutions qui achètent les spectacles, que pour les spectateurs qui y assistent. Lors de l’achat, le coût du panier comprend des temps de création et de répétition ainsi que des représentations. Celles-ci durent de 20 à 30 minutes et sont produites par des artistes de la région. Ces derniers choisissent à quel public sera destiné leur spectacle : jeune public, tout public ou public ciblé (ex. entreprise). Enfin, il est possible d’acheter un panier contenant 5, 10 ou 15 représentations.  

Source : Ouvrir l’horizon 

Selon le bilan régional 2020, 29 « paniers artistiques » ont été vendus, ce qui se traduit par la contribution de 300 professionnels du spectacle, 293 représentations et 20 000 heures de travail artistique, technique et administratif. La réalisation de créations artistiques en circuit court a ainsi permis aux artisans du spectacle vivant de maintenir le lien avec le public. À l’automne de la même année, Ouvrir l’horizon s’est structurée en association afin de poursuivre sa mission et de contribuer à l’économie solidaire du secteur.  

À l’issue du bilan régional 2020, le comité de pilotage a décidé de poursuivre ses opérations en 2021 (Acte II) ainsi qu’en 2022 (Acte III). L’initiative a aussi inspiré la région Auvergne-Rhône-Alpes à se lancer dans une aventure similaire. Pourrait-on imaginer des paniers artistiques au Québec ? 

Image à la une : Pexels

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Tendances

Trois tendances en plein air pour s’inspirer

Hébergements insolites et lieux non conventionnels

En 2018, une analyse du Réseau de veille en tourisme faisait remarquer une montée des hébergements de plein air immersifs. Cette tendance a pris un virage insolite et épars avec un éclatement de l’offre. La naissance d’initiatives québécoises comme l’hôtel nomade UNIQ et le refuge vitré situé dans l’enclot des loups du Parc Oméga, pour n’en citer que quelques-unes, démontre cette tangente vers des lieux hors du commun. 

tendances plein air

Source : UNIQ 

Mobilité convoitée

Les voyageurs québécois interrogés en décembre 2021 par la Chaire de tourisme Transat ont exprimé un intérêt significatif envers les chalets en nature (68 %) et les campings non traditionnels (45 %) pour un prochain séjour. Autour du tiers des sondés s’intéressent à la caravane/motorisé et au van aménagé. Il s’agit là d’un engouement certain pour les hébergements mobiles chez les habitants de la Belle Province. 

tendances plein air

En 2021, l’entreprise VanLife MTL a doublé son parc de véhicules récréatifs en location. Dans une entrevue avec le Réseau de veille en tourisme, la co-fondatrice de Terego — une application qui permet aux producteurs agricoles d’accueillir les amateurs de vanlife sur leur site — confiait également qu’elle remarquait une importante hausse de la demande. À ses débuts en 2017, son organisation comptait 300 membres voyageurs, alors que la saison de 2021 s’est conclue avec plus de 5000 inscrits. Terego dénombre plus de 200 entreprises désireuses de se convertir en hôtes au Québec. 

tendances plein air

Source : Terego 

Dans le même ordre d’idées, en Finlande, le Café Bar Pesula a commencé à offrir aux campeurs la possibilité de stationner leur véhicule ainsi que l’accès à l’électricité et à des toilettes chimiques pour 24 heures, en échange de 15 euros. Elle invite également les vanlifers à profiter d’un déjeuner dans leur établissement. 

Multiplication de circuits spécialisés

Depuis 2020, les fournisseurs de matériel de plein air ont peine à répondre à la demande. Selon un rapport de la firme 360 Research Reports, cette ruée vers ce type d’équipement se poursuivra au moins jusqu’en 2026.  

Ces signaux montrent l’apparition d’adeptes autonomes et équipés, néophytes ou expérimentés, qui recherchent de nouveaux endroits pour pratiquer leurs activités. Certaines destinations ont saisi l’occasion de les attirer par des itinéraires singuliers. 

  • La Norvège a récemment inauguré une route balisée où les pagayeurs peuvent naviguer sur un réseau de sentiers fluviaux de plus de 600 km. En complément, des cartes illustrent sous forme d’icônes les informations nécessaires à l’organisation de courts séjours ou de longs périples. 
  • Aux États-Unis, le US Bicycle Route System, un réseau cyclable à travers le pays, a ajouté 18 routes dédiées aux vélos dans cinq États. Cette adjonction de plus de 4 600 km traverse des lieux emblématiques comme le littoral de l’Ouest et les forêts de Redwood. Une carte interactive informe les cyclistes sur les précautions à prendre et les services offerts sur chaque itinéraire.

tendances plein air

Source : Lonely Planet 

  • La Finlande a publié un circuit court qui mise sur « la thérapie des couleurs ». L’initiative regroupe 16 attraits naturels et patrimoniaux aux teintes vibrantes à visiter durant la saison automnale.   

tendances plein air

Source : Metsähallitus 

  • En Italie, les amateurs de longue randonnée pourront jouir d’un terrain de jeu de plus de 7 000 km, avec l’inauguration d’un projet de sentiers qui vise à connecter les 25 parcs nationaux du pays. 

tendances plein air

Source : BBC travel 

Technologies et autonomie des visiteurs

La forte popularité du plein air provoque une importante fréquentation des sites naturels. Pour éviter les fermetures, plusieurs gestionnaires ont tenté, entre autres, de gérer l’achalandage avec des stratégies numériques (plateforme de réservation, comptage, bornes, etc.).  

Comme le Connected Communities Research Lab l’illustre dans son rapport Smart Parks, l’adoption de technologies — comme des applications ou des objets connectés — par des territoires protégés atteint un niveau optimal lorsque les données sont collectées, rassemblées et surtout, partagées avec les clientèles.  

Dans cet ordre d’idées, les initiatives numériques qui émergent visent une certaine autonomie des visiteurs. Cette approche mise sur l’implantation de processus et d’outils qui influencent le comportement des utilisateurs pour gérer les flux de manière plus organique.  

En Finlande, des chercheurs ont testé une application destinée à mieux informer les visiteurs du parc national de Nuuksio afin de les répartir naturellement sur les lieux. Elle montre par exemple l’affluence dans les stationnements, les horaires des autobus en temps réel ainsi que les installations d’intérêt du site. Les statistiques d’utilisation (plus fortes durant les périodes de haute fréquentation) ainsi que les premières rétroactions reçues quant à l’expérience sur place suggèrent qu’un service d’information en direct peut modifier les flux. 

tendances plein air

D’autres initiatives de la sorte ont vu le jour en 2021, telles que : 

  • l’application GPS Waze, qui propose des itinéraires alternatifs lorsque l’achalandage de la destination est élevé; 
  • la Heat Map, qui illustre où se trouvent les grands centres d’achalandage; 
  • l’application Affluences qui informe aussi en temps réel sur le niveau d’achalandage d’attractions prisées, tant les musées que les magasins populaires. 

En 2022, le secteur du plein air devrait être marqué par des expériences qui réinventent les lieux de pratique et qui assurent une autonomie des clientèles par une structuration de l’offre et par le partage d’informations. 

Suivrez-vous le courant? 

Image à la une : Photo Nic de Unsplash

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Destinations Hébergement

Nouvelle vie aux bâtiments, second souffle aux villages

L’exode et le vieillissement de la population représentent des défis de taille pour plusieurs régions alpines. En Suisse, cette problématique impacte l’achalandage et le dynamisme des centres villageois. Divers bâtiments municipaux sont délaissés, puis abandonnés. Une réaffectation s’impose.  

Un modèle de gouvernance innovant

C’est ainsi que plusieurs villages font appel à l’Aide suisse à la montagne pour revitaliser ces lieux inoccupés. L’organisation est financée exclusivement par des dons et apporte son soutien aux projets générant de la valeur ajoutée et créant des emplois pour les populations suisses de montagne, notamment dans les secteurs de la restauration et de l’hébergement. Elle représente un modèle de gouvernance innovant qui encourage la mobilisation citoyenne. L’Aide suisse à la montagne reçoit l’appui de multiples experts bénévoles provenant de différentes sphères d’activité, comme le tourisme ou l’agriculture. Ces derniers examinent les demandes de projets des citoyens et soumettent leurs recommandations à un comité plus restreint, qui définit la stratégie, la supervise et décide ensuite du soutien monétaire accordé. En parallèle à ce processus, tous les dons sont gérés par une équipe administrative qui s’assure de garder une bonne relation avec les nombreux donateurs. En 2021, l’organisme a appuyé plus de 800 projets totalisant un investissement de 27,7 millions de francs — soit environ 38 millions de dollars canadiens.  

L’organisation reconnait ainsi l’importance de conférer à nouveau une fonction à un bâtiment symbolique dans un village. Définir un usage permet d’intéresser les habitants au potentiel d’un lieu inutilisé. En s’appropriant des bâtisses ou des sites ainsi que des enjeux y étant liés, les populations locales de montagne apprennent à connaitre leur territoire et à œuvrer pour sa pérennité. 

Petits villages, grandes ambitions

L’un des moyens de contrer l’exode est de permettre aux gens qui souhaitent rester dans leur région d’y travailler. La nouvelle vocation des bâtiments inoccupés contribue à la création d’emplois et donne l’occasion à plusieurs communautés d’améliorer leurs conditions de vie, mais aussi d’implanter une offre touristique à leur image. 

C’est notamment le cas d’Aragnon, une commune suisse du canton du Valais, qui reçoit de nombreux nomades numériques dans un espace de coworking situé dans l’édifice de l’ancienne école du village. De son côté, la localité de Pinsec propose aux touristes d’être hébergés dans de petites chambres d’hôtes, qui jadis, faisaient office de salles de classe.   

Dans le village de Gadmen, une école a été reconvertie en établissement d’hébergement. Le bâtiment principal accueille maintenant un hôtel qui comprend 11 chambres. On retrouve également sur place un restaurant, une salle de sport et un gîte avec plusieurs lits superposés pensés pour les groupes. 

Destination Hebrgement Ressources humaines rural

Source : Aide suisse à la montagne 

Dans la vallée de Muggio, le petit village de Scudellate, abritant à peine 20 habitants à l’année, a entrepris un projet de plus grande envergure : un réseau d’hébergement (albergo diffuso). Ce modèle italien offre les services d’un hôtel traditionnel selon une structure horizontale, qui subdivise les prestations hôtelières en plusieurs bâtiments. L’ancien restaurant a ainsi été rénové et fait à présent office de réception pour un petit hôtel qui se trouve à l’étage supérieur. L’école, elle, accueille dorénavant quatre chambres d’hôtes comprenant plusieurs lits. À proximité, un Bed & Breakfast de luxe est en cours de construction et prévoit ouvrir ses portes en 2022. En termes de retombées, la revitalisation des diverses bâtisses a aidé à créer quatre emplois.  

destination Hebergement Ressources humaines rural

Source : Aide suisse à la montagne 

Crédit : Yannick Andrea 

Rappel à l’essentiel

Ces différentes communautés se sont tournées vers le tourisme pour redonner vie à leur région, sans pour autant perdre de vue leur objectif principal qui visait à contrer l’exode et à améliorer leurs conditions de vie en créant des emplois. Pour rester dans leur village natal, les habitants ont choisi d’investir dans la reconversion durable de certains bâtiments à l’abandon. Le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre nous rappelle l’importance de conserver nos ressources humaines. C’est d’autant plus primordial pour les petits joueurs qui jouissent d’une moins grande visibilité auprès des candidats potentiels. Comme quoi les plus petits peuvent aussi réussir à réaliser de grandes choses.  

Image à la une : Sergiu Vălenaș de Unsplash

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Produits et activités

Un restaurant « Bienvenue aux VR »

À Fiskars, en Finlande, l’idyllique restaurant Café Bar Pesula accueille les vanlifers à bras ouverts. Pour la modique somme de 15 euros — soit un peu plus de 20 dollars canadiens —, les vanlifers ont la possibilité de s’installer dans le stationnement adjacent à la bâtisse où ils peuvent profiter d’un accès à l’électricité et à des toilettes chimiques pour une période maximale de 24 heures. Le Café invite aussi les intéressés à siroter une bière ou encore à commander un déjeuner exclusif, préparé à leur réveil le lendemain.

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Source : Bar Café Pesula — page Instagram

Le lieu offre une ambiance paisible. Le Café se trouve dans un bâtiment au cachet patrimonial, lui-même situé aux abords d’une petite étendue d’eau à l’épais couvert forestier.

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Source : TripAdvisor

L’établissement ne se limite pas aux campeurs. Sur sa page Facebook figure la publication ci-dessous, qui mentionne que « les clients poilus sont aussi les bienvenus chez nous » (traduction libre), en référence aux cavaliers et à leur monture. La photo révèle d’ailleurs deux véhicules récréatifs bien installés.

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Source : Café Bar Pesula — page Facebook

Au Québec, le choix d’accepter ou d’interdire les voyageurs en VR demeure à la discrétion de chacun. Cette initiative invite à réfléchir aux opportunités que représente ce phénomène de la vanlife, surtout aux endroits où l’offre de camping est insuffisante.

Et vous, comment accueillez-vous cette clientèle ?

 

Source de l’image à la une : Unsplash