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Huit facteurs de succès d’un projet de dynamisation

Il n’y a pas de recette miracle pour redonner du souffle à un centre-ville qui manque d’énergie, mais il y a certainement des composantes favorables. À l’occasion de la 37e édition du colloque Rues principales qui se déroulait à Montréal en avril dernier, Flora Charlet, directrice du réseau Rues principales et Olivier Legault, urbaniste et directeur du Service-conseil ont présenté les facteurs incontournables pour réussir un projet de dynamisation de centre-ville. Voici un aperçu de leur présentation, illustré de quelques exemples inspirants.  

 1. La volonté politique 

De la volonté, du courage et du leadership politique constituent la base de réussite d’un projet. Cela se traduit par un conseil municipal qui reconnait l’importance de conserver des usages structurants au centre-ville est qui est prêt à attribuer des fonds conséquents. Même si celui-ci représente l’âme de la communauté, son histoire, sa vitrine culturelle, le lieu de rassemblement que l’on dévoile fièrement aux visiteurs, cela ne suffit pas toujours pour convaincre les élus les plus résistants. Des arguments fiscaux sont aussi nécessaires. Développer le centre-ville devrait favoriser des finances saines. Et selon Olivier Legault, la démonstration est simple à faire. 

En effet, M. Legault explique que les commerces de grande surface qui s’implantent en périphérie de la ville coûtent plus qu’ils ne rapportent étant donné les investissements qu’ils nécessitent en infrastructures supplémentaires (route, aqueduc, égouts, etc.). Leur valeur foncière au pied carré ne justifie pas l’ampleur de l’investissement. En revanche, les commerces indépendants du centre-ville engendrent, quant à eux, des revenus pour la municipalité puisque les infrastructures sont déjà en place et la valeur foncière y est plus élevée étant donné l’attrait du lieu. 

Source : Unsplash 

2. Une vision partagée

Un exercice de réflexion s’impose. Il doit porter non seulement sur l’identité du centre-ville, sur ses forces et ses faiblesses, sur ses défis et ses opportunités, mais aussi sur le partage des éléments de vision véhiculée par les différentes parties prenantes de la collectivité (institutions d’éducation, milieu corporatif, entreprises touristiques, organismes culturels, investisseurs immobiliers, résidants, etc.). Par la suite, l’exercice consiste à formuler un énoncé de vision commune, rassembleuse, qui permettra de stimuler les idées et de faire rêver, mais aussi de guider et de recadrer certains projets lorsqu’ils déclenchent une polémique. 

3. La mobilisation et l’adhésion du milieu

D’abord, le climat de confiance et de transparence au sein du conseil de Ville en regard du projet de dynamisation favorise la mobilisation et l’adhésion du milieu. Mais une stratégie de communication et d’animation est souhaitable pour créer un mouvement d’affection de la communauté pour sa ville. Cette affection concerne aussi le milieu des affaires. L’une des façons de la propager consiste à mettre en place un réseau d’ambassadeurs chargés de mobiliser le secteur. 

À Val d’Or, le mouvement Les avenues de la 3, en référence à la 3e avenue, l’artère principale de la ville, a été créé dans cette optique. Ce projet, mis sur pied par Geneviève Béland, coordonnatrice au développement culturel à la Ville de Val d’Or, devait apaiser les tensions en regard de certains aspects du centre-ville, notamment des travaux de revitalisation qui se sont échelonnés sur plus d’une année.  

Pour atténuer les critiques qui semblaient occuper davantage l’espace que les voix favorables, ce projet d’animation comportait aussi la création d’un réseau d’ambassadeurs composé de commerçants, de citoyens et d’employeurs situés dans les rues avoisinantes prêts à aider et à informer les visiteurs du centre-ville. Les avenues de la 3, c’est aussi la création de parcours d’ambiance, la confection de murales et de spectacles déambulatoires qui ont tous contribué à réconcilier et même à réjouir la communauté face à son centre-ville.  

Source : Geneviève Lagrois/Attractivité Abitibi-Témiscamingue 

4. La structuration organisationnelle du milieu

Le modèle de gouvernance du projet doit être efficace. Le comité de projet inclut une ressource pivot, soit « M. ou Mme centre-ville », qui assure le lien avec les collaborateurs et la communauté. Les mécanismes de décision et d’opérationnalisation gagnent à être clairs : qui décide et qui met en œuvre ?  

5. Un plan d’action opérationnel et chiffré

Le plan d’action doit mettre l’emphase sur les chantiers prioritaires en fonction des ressources disponibles. Il inclut le modèle d’affaires préconisé et la stratégie de financement. À cet égard, Mme Flora Charlet, directrice du réseau Rues principales, estime qu’une ressource dédiée à la recherche de financement est indispensable.

6. L’évaluation du projet en continu

Le projet doit comprendre des indicateurs de performance qui viendront documenter les retombées des investissements. Il peut s’agir, par exemple, du taux d’occupation des commerces dans un périmètre donné ou encore de l’achalandage à une période X. Pour la durée du projet dans le temps, il faut aussi prévoir des évaluations et de l’amélioration continue.  

La Ville de Gaspé a dû ainsi revoir le projet de capitale des pêches à Rivière-au-Renard, compte tenu des effets des changements climatiques. Initiés à la suite d’inondations destructives en 2007, les plans de revitalisation consistent à réaménager les terrains donnant sur le fleuve avec l’objectif de raconter l’histoire de la pêche ainsi que de mettre en valeur la pêche moderne. Plusieurs équipements récréotouristiques sont prévus, tels qu’une tour d’observation et une piste cyclable. Mais les grandes marées de décembre 2022 ont causé des dommages à la plage et remis en question certaines composantes du projet en cours. La municipalité, à l’aide d’experts, a adapté son plan en tenant compte de la répétition probable de ces événements climatiques extrêmes. D’autres études permettant de mieux prévoir l’érosion des berges sont également prévues.  

Avec ce projet, Gaspé a remporté le prix Aménagement de l’espace public du réseau Rues principales. La mise en valeur de l’identité locale et la résilience face aux changements climatiques ont, entre autres, été saluées. L’inauguration est prévue pour le printemps 2024.

7. La connaissance des champs d’action

La connaissance des règles en matière de développement commercial et résidentiel confère une longueur d’avance au comité du projet. Celui-ci, riche de son savoir, pourra élaborer des idées innovantes en concordance avec les lois et les règlements, mais aussi en tirant profit des possibilités qui sont en son pouvoir.  

La Ville de Saint-Hyacinthe, avec son Programme d’aide à l’implantation de commerces au centre-ville, visait à augmenter la superficie occupée par le commerce de détail et les bureaux de professionnels au cœur du centre-ville. Le programme, qui s’est déployé de 2020 à 2023, s’adressait à tout locataire ou propriétaire commercial occupant souhaitant installer ou agrandir un commerce ou un bureau dans un quadrilatère précis. 

La subvention représentait l’équivalent de 100 % du loyer pour la première année d’occupation, jusqu’à concurrence de 30 000 $. Le montant était versé en parts égales sur trois ans. La Ville a ainsi réussi à réduire le taux d’inoccupation du centre-ville de 18 % à 9 % en trois ans. Ce type de programme a généré beaucoup de nouveautés. En tout, quelque 51 commerces ont profité de la subvention. En offrant des avantages à un type de commerces en particulier, les autorités ont pu exercer un contrôle sur le développement et sur le dynamisme de son centre-ville. 

Source : Tourisme Saint-Hyacinthe

8. Un projet en continu

Un projet de dynamisation est laborieux et nécessite l’implication d’intervenants provenant de différents milieux et aux objectifs variés. Il s’agit d’un travail de longue haleine qui exige une bonne structure. L’énergie et la confiance sont de mise pour l’amorcer. La persévérance portera ses fruits.  

Le succès d’un projet de revitalisation rejaillira sur l’ensemble de la communauté, qu’il s’agisse des entreprises directement touchées, de la population, des investisseurs et des intervenants de l’industrie touristique. Un centre-ville dynamique et animé attire citoyens et visiteurs.  

Image à la une : Unsplash

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Vivifier les centres-villes à l’heure du télétravail

La pandémie a marqué un jalon important dans l’évolution des centres-villes, notamment en généralisant le télétravail. Qu’il soit total ou partiel, il exerce une forte influence sur le dynamisme urbain. Le haut taux d’inoccupation des commerces et des espaces de bureaux, dû aussi à la flambée des prix de l’immobilier et des loyers, mine également l’ambiance. Un centre-ville moins fréquenté peut jouer sur la perception de sécurité et dissuader les visiteurs d’aller y flâner, provoquant un effet domino. Les fermetures de bars et de restaurants bien implantés dans le paysage culturel et les difficultés financières de festivals reconnus pour leur animation de rue teinteront certainement l’atmosphère de certains milieux urbains. Ces enjeux touchent de nombreuses destinations à travers le monde, qu’il s’agisse de Montréal, de New York ou de Londres. 

Aller en ville pour se divertir

Malgré ces difficultés vécues dans plusieurs secteurs économiques, la désirabilité des centres-villes par les gens qui les habitent demeure bien présente. C’est ce que dévoile un sondage de la firme en architecture et planification urbaine Gensler réalisé en 2023 auprès de 26 000 résidants et travailleurs dans les centres-villes (quartiers d’affaires) de 53 villes à travers le monde (dont Toronto et Vancouver pour le Canada).  

Pour environ les ¾ des répondants, leur centre-ville est « super » ou formidable pour manger au restaurant, pour s’amuser, magasiner… et pour travailler. Ils sont aussi nombreux à le trouver formidable pour assister à des spectacles et des expositions et découvrir des nouveautés.  

Une autre preuve que l’attractivité urbaine semble toujours opérer : les 2/3 des travailleurs hybrides (partiellement en télétravail) trouvent des raisons d’aller en ville à d’autres moments que pour y travailler. Ce n’est donc pas surprenant de lire qu’ils désirent y trouver une offre intéressante de loisirs, de magasinage et de culture. Près de 9 travailleurs hybrides sur 10 affirment qu’ils visiteraient le quartier des affaires plus souvent si on y proposait davantage d’options de divertissement. 

Donner vie aux espaces publics

Pour maintenir et accentuer l’effervescence des centres-villes, l’une des avenues consiste à créer des lieux qui stimulent la fréquentation. Le monde attire le monde, et c’est d’autant plus vrai en milieu urbain.  

À l’occasion de l’édition 2024 du colloque de l’organisme Rues principales, Jérôme Barth, conseiller en urbanisme et fondateur de Belleville Placemaking, est venu présenter des cas d’animation d’espaces publics et des facteurs de réussite. L’approche qu’il préconise est la collaboration entre les milieux public et privé. Il considère que cette combinaison permet de poursuivre l’intérêt public, la vision à long terme des instances en place, tout en bénéficiant de l’agilité et de la rapidité du secteur privé pour aménager et programmer l’animation des lieux. 

Le placemaking ?

Les parcs et les places publiques sont au cœur de l’animation urbaine. Le type d’appropriation de ces lieux par la population dépendra de plusieurs facteurs. De superbes espaces peuvent être désertés par manque d’activités ou de connexions avec la trame commerciale (cafés/restaurant/bars) environnante. C’est là que le placemaking, soit l’art de créer des lieux vivants qui attirent les gens, prend toute son importance.  

Selon M. Barth, la programmation et les usages d’un lieu doivent être identifiés avant le design et l’aménagement. Pour y parvenir, la communauté doit être impliquée, les résidants comme les citoyens corporatifs, afin d’identifier les besoins, les désirs, mais aussi les possibilités de financement et le modèle d’affaires (ex. partenariats avec les restaurateurs environnants).  

Avoir une stratégie de programmation

L’accueil de grands événements et de festivals participe certainement à générer de l’affluence ponctuelle dans ces places publiques, mais selon Jérôme Barth, c’est l’animation quotidienne qui nécessite le plus de travail de la part des organismes gestionnaires des lieux. Il évoque l’idée de la pyramide où la base sera garante du succès de la place publique.  

Source : Jérome Barth pour Belleville Placemaking 

Connecter l’activité commerciale à l’espace public

« Il faut cesser, en Amérique du Nord, de créer des places publiques qui sont déconnectées de l’espace bâti. » Voilà une affirmation sur laquelle insiste M. Barth. Le parallèle avec les exemples européens l’illustre parfaitement. Sur le vieux continent, l’activité des cafés et des restaurants déborde bien souvent dans l’espace public, ce qui contribue à la vivacité du lieu, à une animation naturelle. Au Canada comme aux États-Unis, les squares, parcs et autres sites ouverts sont encadrés de rues, créant une barrière physique et empêchant la transmission de cette énergie vers la place.  

Pour connecter cette activité commerciale à l’espace public, il suggère deux approches. La première consiste simplement à fermer un axe de circulation secondaire pour relier la place publique au front bâti. La ville de New York l’a fait à de nombreux endroits grâce au NYC Plaza Program. Le processus de transformation passe d’abord par une période pilote où la voie de circulation est bloquée temporairement et pourvue de mobilier pour offrir un aperçu de l’expérience. Lorsque celle-ci est concluante, la Ville procède à un aménagement permanent.  

« Il faut cesser, en Amérique du Nord, de créer des places publiques qui sont déconnectées de l’espace bâti. » 

La seconde approche implique de réintroduire l’activité commerciale au sein de l’espace public. C’est cette alternative qui fut employée pour le Bryant Park, à New York.  

Source : Angelito Jusay Photography / Bryant Park  

Un exemple inspirant : Bryant Park

Le Bryant Park est situé en plein cœur de Manhattan et représente une illustration idéale de placemaking. Pour favoriser sa fréquentation continuelle, une programmation riche, variée, quotidienne et attractive est élaborée et révisée, selon les succès et les moins bons coups. Pour en faire un lieu de destination, une offre alimentaire diversifiée et de qualité s’est développée à différents endroits dans le parc. Des restaurants, des kiosques alimentaires, des cafés et des bars s’y côtoient. Le mobilier urbain y est très abondant. Quelque 3000 chaises mobiles sont à la disposition des visiteurs, leur offrant ainsi la liberté de s’installer au soleil ou à l’ombre, dans l’herbe ou sur une terrasse. Voici quelques composantes clés d’un espace public attrayant, selon M. Barth : 

  • Restauration, cafés, buvettes 
  • Événements musicaux 
  • Activités sportives de groupe (ex. Séances de yoga) 
  • Animation 4 saisons — aménagement estival/hivernal 
  • Espaces conviviaux, confortables, ombragés 
  • Toilettes 
  • Propreté 
  • Sentiment de sécurité 
  • Esthétisme 
  • Éclairage 
  • Communication (panneaux sur place, médias sociaux)  

Source : Jérôme Barth pour Belleville Placemaking 

Depuis 1980, c’est la société Bryant Park Corporation, un organisme privé à but non lucratif, qui gère le parc avec un budget annuel de 25 millions de dollars, entièrement autogénérés, soit 100 fois plus qu’à l’époque où il était géré par la Ville. Quelque huit millions de visiteurs le fréquentent chaque année pour assister à plus de 1000 événements.  

Le reflet de la destination

Ces espaces vibrants se font le reflet des activités d’une population, ainsi qu’une vitrine culturelle et artistique. Si les centres-villes sont moins associés au travail, ils prendront davantage le rôle de milieux de vie, de tiers-lieux, soit d’endroits entre le travail et la maison où il fait bon flâner et prendre part à cette effervescence qui caractérise depuis toujours les centres-villes. Les touristes à la recherche de lieux et d’activités authentiques fréquentés par la population locale se délectent de ces endroits. 

Image à la une : Bryant Park

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Accueillir les adeptes de la vanlife

Structurer l’offre

Depuis quelques années, plusieurs régions ont dû composer avec le phénomène de la vanlife et l’affluence de voyageurs en petit VR qui découvrent le territoire en adoptant un mode de vie nomade. Ils séjournent dans des campings, mais aussi ailleurs. Ils apprécient la possibilité de se stationner simplement pour la nuit. Plusieurs entreprises et municipalités du Québec ont entrepris d’accommoder ces voyageurs, monnayant des frais ou non.  

En Outaouais, la MRC de Pontiac a franchi un pas de plus en structurant l’offre afin d’attirer les vanlifers sur son territoire méconnu. Le circuit Route 148, conçu en collaboration avec l’agence de communication Visages Régionaux et la participation d’adeptes de cette formule de voyage, rassemble les composantes essentielles d’un séjour en petit motorisé.  

Source : Destination Pontiac 

Des services clés pour une expérience en van 

Cet itinéraire se déploie de part et d’autre de la route 148, sur près de 150 kilomètres. Il rassemble une vingtaine de haltes VR desservies par des entreprises touristiques qui offrent des espaces de stationnement aux VR motorisés de classe B (4,9 à 6,4 m), monnayant des frais ou non, pour une durée maximale de 48 heures. Le site Web présentant l’itinéraire indique clairement les consignes à respecter sur ces emplacements.  

En plus de ces endroits pour passer la nuit, la carte en ligne (téléchargeable sur appareil mobile) identifie, entre autres, les ressources indispensables d’un parcours en van : 

  • Les stations d’essence ; 
  • Les lieux de ravitaillement en nourriture (restaurants, épiceries et dépanneurs) ; 
  • Les sites permettant de découvrir les saveurs de la région : fermes agrotouristiques, microbrasseries, etc. ; 
  • Les activités culturelles, de plein air et d’aventure. 

Testé par les principaux intéressés

Afin de promouvoir l’itinéraire auprès de la clientèle cible, l’équipe de Visages Régionaux s’est jointe au producteur de contenu Web, Dom, pour sillonner la Route 148 et en faire des épisodes diffusés sur la chaîne YouTube Vanlife Sagas. Ils ont aussi invité des adeptes et influenceurs pour la parcourir avec eux. L’un de ces participants est le chef et entrepreneur québécois bien connu, Ricardo, converti à la vanlife depuis peu (voir vidéo ci-dessous). Chaque épisode fait découvrir des aspects de la route et met en vedette la région et les activités qu’on peut y pratiquer.  

Une approche inspirante

En plus de donner une belle vitrine à cette région peu connue et aux entreprises locales, cette initiative démontre qu’il est possible d’encadrer une pratique de façon proactive et pour le bénéfice de tous. 

Image à la une : Facebook Destination Pontiac

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Les tendances touristiques racontées

Cette année, l’équipe de la Chaire a collaboré avec le bédéiste Cyril Doisneau pour mettre en scène certaines tendances décortiquées dans le cahier Perspectives touristiques  2022. Nous vous invitons à les découvrir à travers l’histoire de nos deux voyageurs afin de déceler des opportunités ou des défis qui pourraient se présenter au cours des prochains mois. Bonne lecture! 

Image à la une : Cyril Doisneau

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Vers des villes plus vertes et plus saines

La mobilité durable, le verdissement et les solutions fondées sur la nature pour s’adapter aux changements climatiques, voilà quelques approches envisagées par des urbanistes et autres experts en regard de la ville de demain. 

Verdir, « réensauvager »

Selon un sondage réalisé pour l’organisme canadien Amis des parcs auprès de 3500 Canadiens, les 2/3 ont déclaré avoir passé plus de temps dans les parcs qu’avant la pandémie et 82 % de ceux-ci souhaitent maintenir ce rythme, voire visiter davantage ces lieux après la crise. De plus en plus de villes s’engagent d’ailleurs à créer des espaces verts. Les approches sont diverses et innovantes : aménagement d’une microforêt dans un ancien stationnement, transformation d’un centre commercial en zone humide et en prairie de fleurs, etc.  Plusieurs projets de microforêts sont aussi en cours à Montréal, voici à quoi devrait ressembler celui de la forêt urbaine du concept Le jardin d’Emiliano dans le Quartier des spectacles. 

Source : © Mario + Raquel Peñalosa + Diana Elizalde + WAA Montréal en collaboration avec Vinci Consultats, BES, Pageau Morel, Atomic3 et Les Ateliers Ublo  

Concevoir des parcs d’envergure

Et les projets de parcs urbains ne manquent pas. Certains sont spectaculaires et pourraient bien devenir des icônes. À Paris, la mairie a approuvé les plans de transformation des Champs Élysées en un vaste espace public de 1,9 km combinant verdure, tunnels d’arbres et zones piétonnes tout en réduisant la circulation automobile de moitié. Manhattan aura prochainement sa première « plage ». Le Gansevoort Peninsula consistera en un grand parc donnant accès au fleuve Hudson pour les amateurs de sports de pagaie. Ce développement s’ajoute à de nombreuses autres initiatives le long de ce fleuve. C’est le cas de Little Island, un projet inauguré en mai 2021 et unique en son genre, reconnaissable par sa structure sur piliers érigée sur l’eau.   

Source : Hudson River Park  

Déployer une offre en mobilité douce

Parcs et mobilité douce vont de pair. Les pistes cyclables en milieu urbain se sont multipliées depuis le début de la pandémie. Celles-ci sont fréquentées par les cyclistes traditionnels, mais de plus en plus par les adeptes de vélo à assistance électrique. Ces appareils ont raison des côtes, du vent, des longues distances et des obstacles qui freinent souvent l’adoption de la petite reine comme moyen de déplacement. Plusieurs villes, dont Montréal et Québec, proposent maintenant une flotte de vélos électriques en libre-service.   

Selon la North American Bikeshare Association, 44 % des systèmes de vélo-partage en Amérique du Nord détenaient des vélos électriques en 2020 comparativement à 28 % l’année d’avant. Le nombre de déplacements avec ces appareils durant l’année 2020 a crû de 7 millions à près de 10 millions alors que l’utilisation des autres modes de transport actifs en libre-service et collectifs a diminué pendant cette même période en raison notamment des confinements. Le fort engouement pour les vélos électriques a incité certaines villes à changer leur flotte de vélo-partage pour n’offrir que ceux à assistance électrique. C’est le cas de Charlotte, en Caroline du Nord et de Madison, au Wisconsin.   

Source : Charlotte Joy Rides  

Promouvoir la ville différemment

La mobilité durable constitue une composante majeure du virage vers un tourisme plus responsable, mais elle n’est pas la seule. Pour inciter les voyageurs à adopter des comportements qui permettront de réduire les émissions de GES du secteur touristique, l’industrie doit leur proposer des options attractives (Tourisme durable en 2022 : l’industrie doit guider le chemin). À cet égard, l’organisation de gestion de la destination (OGD) de Copenhague présente son Sustainability Guide. L’OGD invite les visiteurs à se déplacer à vélo et en transport en commun, mais aussi à choisir des restaurants qui collaborent avec des producteurs locaux, à dormir dans des établissements d’hébergement certifiés écoresponsables, à utiliser les fontaines d’eau publiques plutôt que des bouteilles à usage unique, etc. Le guide en ligne donne des suggestions de comportements responsables à adopter ainsi qu’une liste d’organisations dont l’approche est en phase avec ces principes.   

Source : VisitCopenhagen   

Des villes qui s’engagent à verdir

Quelque 31 maires de grandes villes — dont ceux de Montréal, de Toronto et de Vancouver – on d’ailleurs signé la C40’s Urban Nature Declaration en juillet 2021, démontrant leur engagement à investir massivement dans des projets de verdissement. Ces derniers ont pour but de protéger les environnements urbains des impacts des changements climatiques — comme de créer des milieux permettant d’absorber les précipitations abondantes ou encore de réduire l’effet des îlots de chaleur —, mais aussi d’assurer l’accès à des espaces verts pour tous. Voilà qui contribuera certainement à créer des villes attractives, plus saines et plus résilientes.

Image à la une : Unsplash

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Destinations Tendances

Citoyens heureux, ville heureuse

La ville est un écosystème complexe qui fut l’objet de nombreuses conversations durant la pandémie. Le bien-être et la santé de la communauté sont au cœur des discussions. La planification de la ville « 15 minutes », la densification et la dynamisation des rues principales pour créer des milieux de vie de qualité, voilà quelques approches envisagées par des urbanistes et autres experts en regard de la ville de demain.  

Voici des exemples d’initiatives proposées ou déjà en place qui s’inscrivent dans la mouvance des cœurs de collectivités résilients et durables.   

Valoriser les lieux par des commerces identitaires  

Mettre en valeur les commerces indépendants et attrayants constitue l’une des pistes de solutions pour favoriser la vitalité des cœurs de collectivités. La Ville de Lisbonne emprunte cette voie depuis quelques années déjà en choisissant de préserver les entreprises qui contribuent à l’ADN du lieu. L’initiative Lojas Com História (Commerces avec Histoire) vise à protéger les organisations qui participent au dynamisme de la ville par leur valeur historique, commerciale et identitaire. En 2016, des magasins, bars, restaurants, pâtisseries et boulangeries ont été sélectionnés selon une liste de critères préétablis par un comité multidisciplinaire. Ces commerces bénéficient d’une vitrine grâce à une plateforme Web et d’un fonds pour couvrir certaines dépenses.   

Source : Lojas Com História   

La Ville d’Amsterdam, très investie dans une meilleure gestion du tourisme et des flux touristiques, est aussi préoccupée par l’évolution commerciale de ses quartiers centraux. Pour mieux servir les résidents et les voir revenir s’installer au centre, elle aspire à réduire le nombre de boutiques de souvenirs et de commerces d’aliments pour emporter destinés aux touristes (ex. comptoirs à gaufres). À cette fin, les instances municipales ont annoncé en décembre 2021 qu’elles aideraient financièrement les OBNL qui souhaitent acheter ces propriétés pour en faire des commerces à saveur locale qui profiteront aux habitants comme aux visiteurs.   

Rouvrir des cafés pour dynamiser des villages

En France, le programme 1000 cafés vise à redynamiser des villages de moins de 3500 habitants en en offrant des occasions de rencontre qui favorisent les liens sociaux. L’initiative comprend ainsi la création, la réouverture ou la transformation d’un café pour en faire un lieu multiservice où les citoyens peuvent se retrouver tout en se procurant des produits du quotidien. Dans plusieurs des cas, la municipalité joue le rôle de propriétaire du commerce. Dans d’autres cas, elle identifie un propriétaire déjà en place. La Ville agit aussi comme mobilisateur en s’assurant de l’engagement des citoyens dans le projet. L’organisme Groupe SOS investit et accompagne la mairie et la personne qui gèrera le commerce dans la mise en place de l’initiative. Le fonds de commerce de chaque établissement appartient au mouvement 1000 cafés. Mis sur pied en 2019, ce réseau compte à ce jour plus d’une centaine de cafés. L’objectif du programme consiste à créer 1000 cafés dans 1000 villages français.  

Source : Facebook/1000 cafés  

Aménager la ville avec la participation des citoyens

Des villes misent sur le concept de « ville 15 minutes », soit une planification urbaine où les habitants peuvent travailler, magasiner, accéder aux services de santé, d’éducation et de loisirs dans un rayon de 15 minutes de marche ou de vélo. La capitale de la Suède mise plutôt sur la « ville une minute ». Le projet-pilote, qui s’intitule Street Moves, invite les résidents de Stockholm à décider de l’utilisation de leur rue. L’idée consiste à prioriser la mobilité douce et à créer des lieux de rencontre. Les citoyens déterminent la quantité d’espace dédié au stationnement, à la circulation automobile, etc. Le but de cette approche est de repenser toutes les rues de la Suède pour en faire des lieux en santé, durables et vibrants pour 2030.   

Source : ArkDes 

La ville des résidents, d’abord

Qu’adviendra-t-il des tours de bureaux et des commerces avoisinants si la tendance au télétravail se poursuit? Le tourisme d’affaires reprendra-t-il comme avant? Le contexte actuel ne permet pas d’obtenir des réponses claires à ces enjeux.  

Mais dans une optique de développement durable et responsable, l’attractivité touristique des milieux urbains nécessite d’abord l’appropriation de ceux-ci par leurs résidents. Une ville où il fait bon vivre, attirera des entreprises, des voyageurs d’affaires, des congrès et des touristes d’agrément. Qu’il s’agisse de noyaux villageois ou de grands centres, la gestion de cet équilibre s’avère essentielle à la création de milieux résilients.   

Image à la une : George Becker de Pexels

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Tourisme durable

Tourisme durable : comportements et attentes des touristes internationaux

Dans le cadre de son rapport sur les enjeux du tourisme durable, l’Observatoire Valaisan du Tourisme (Tourobs) a mené une grande enquête sur les comportements et les attentes des voyageurs en matière de tourisme durable.  L’enquête a été administrée en ligne auprès d’un panel de 594 répondants provenant de Suisse, d’Allemagne, de France, d’Italie, d’Autriche, de Belgique, des Pays-Bas, de Pologne et des États-Unis. Le choix de l’échantillon étudié a en partie été déterminé sur la base des marchés représentatifs des nuitées hôtelières en Suisse sur la période de janvier 2021 à septembre 2021. La période d’administration du questionnaire s’est étalée du 18 octobre 2021 au 1er novembre 2021.  

La durabilité : un critère considéré dans le choix du voyage

Pour près d’un tiers des répondants (37 %), la durabilité est un aspect considéré parmi d’autres lors de la conception du voyage. Pour 23 %, elle est un critère décisif permettant de départager des offres équivalentes. Une personne sondée sur cinq (20 %) estime que la durabilité est un critère central dans leur choix de voyage. La même proportion déclare, à l’inverse, que la durabilité n’a aucune importance dans sa décision de voyage.

Le site Internet des destinations comme référence d’informations

Pour planifier et/ou réserver un séjour de tourisme durable, le site Web officiel de la ou des destinations (48 %) constitue la source d’informations privilégiée, suivie du site Internet de l’hébergeur (38 %). De manière plus relative, le bouche-à-oreille (34 %) et les sites Web d’agences de voyages en ligne (32 %) représentent également des sources d’informations utiles pour les répondants. En revanche, la consultation de sites Internet spécialisés dans le tourisme durable ne relève pas vraiment d’une démarche spontanée. Seuls 17 % des répondants disent utiliser cette source.   

L’engagement des prestataires touristiques est attendu

Les répondants sont presque unanimes (80 %) sur le fait que l’engagement en développement durable du prestataire touristique constitue une vraie valeur. Nombreux (64 %) seraient disposés à payer davantage pour soutenir les prestataires touristiques qui agissent en ce sens.  

Lorsqu’ils recherchent un hébergement qui s’inscrit dans une démarche de durabilité, les répondants s’attendent d’abord à ce que l’hébergeur mette de l’avant les produits locaux (62 %), ou qu’il prenne des engagements en faveur d’une diminution de ses déchets (57 %). La réduction de la consommation énergétique est également un engagement fort pour la moitié des répondants (51 %). Ces derniers sont en revanche moins sensibles à d’éventuelles initiatives de compensations carbones prises par les hébergements (20 %).  

Une conception du tourisme durable associée à la nature, à la communauté d’accueil et aux aspects énergétiques

Ce qu’associent en premier lieu les répondants au tourisme durable, c’est bien ce qui a trait aux aspects de protection de la nature (64 %). Viennent ensuite le soutien apporté à la région de villégiature (43 %) et les aspects énergétiques (39 %).  

Étonnamment, les éléments qui relèvent des transports sont les moins associés au tourisme durable. Ces aspects ne sont cités que par 20 % des répondants.  

La majorité (77 %) souhaite d’abord pouvoir expérimenter les traditions et l’artisanat locaux durant leur voyage. Les répondants accordent également une grande importance au fait de pouvoir acheter des produits locaux directement chez le producteur (74 %). Profiter du cadre naturel du lieu de vacances est aussi essentiel. En effet, deux tiers (66 %) veulent vivre des expériences avec le monde animal et végétal, sans nuire à la nature.  

Impacts négatifs du tourisme : le patrimoine naturel et culturel à préserver

La dégradation des sites naturels ou culturels est l’une des conséquences du tourisme qui préoccupe le plus les répondants (73 %), devant la surfréquentation des attractions touristiques (72 %) et la pollution atmosphérique (63 %). Bien qu’ils soient concernés directement, l’hostilité des résidents envers les visiteurs est l’une des conséquences dont se soucient le moins les répondants (49 %).  

Une forte proportion de répondants pense que les limitations permettent de protéger des éléments naturels menacés (91 %). Ils sont également majoritairement d’accord avec le fait que les limitations renforcent la qualité de la visite touristique elle-même (88%) et préservent la qualité de vie des autochtones (86%).  

Les avis sont plus nuancés quant aux conséquences des limitations sur l’organisation et l’activité économique. Pour 50 % des répondants, les limitations ne complexifient pas pour autant la gestion des flux touristiques. De même, pour 57 %, elles n’engendrent pas non plus un désintérêt pour le site. Enfin, plus de la moitié (53 %) sont d’accord avec le fait qu’elles limitations nuisent au développement de l’économie touristique.  

La voiture, le train et l’avion comme moyens de transport privilégiés

Le véhicule individuel motorisé est le moyen de transport le plus adopté. Lors de leur dernier séjour, deux tiers (66%) des répondants ont rejoint leur destination en voiture. Ceux qui ont utilisé un autre moyen de transport citent le train (52 %) et l’avion (31 %). Enfin, 56 % déclarent avoir utilisé les transports publics sur leur lieu de vacances.   

La dimension financière reste l’élément décisif pour départager plusieurs modes de déplacement. À même la destination, la majorité déclare privilégier d’abord le mode de déplacement le plus économique (63 %), devant celui le plus rapide (59 %) et celui le plus écologique, cité à hauteur de 40 % par les répondants.  

La réservation d’offres durables encore à la peine

Seul un tiers (34%) des répondants déclare avoir déjà réservé une offre durable. De ceux-ci, plus de la moitié (52 %) en ont déjà fait l’expérience en Suisse, s’agissant surtout de Suisses (44 %).    

La plupart des répondants n’ont jamais rencontré d’obstacles majeurs pour réserver une offre durable (43 %). Ce chiffre s’explique surtout parce qu’une majorité n’a jamais réservé une offre durable. Parmi ceux qui ont été confrontés à des difficultés, 21 % stipulent qu’ils auraient aimé pouvoir réserver une offre durable, mais qu’ils n’ont pas pu le faire, car l’investissement nécessaire pour trouver ce qu’ils cherchaient les a découragés. Un répondant sur cinq (20 %) aurait également réservé une offre durable, mais aucune proposition ne correspondait à leurs attentes. Enfin, 16 % ne sont pas allés jusqu’au bout du processus, car il leur manquait des informations pour évaluer la durabilité des offres de voyages.   

Le frein financier reste le plus important pour près de la moitié des répondants. En effet, 47 % souhaiteraient rendre leurs voyages plus durables si aucun coût supplémentaire n’y était associé. L’incompréhension de l’offre est également perçue comme un obstacle. Le fait d’avoir plus d’informations à ce sujet ou un label de qualité clair les aideraient à rendre leurs voyages plus durables, respectivement à hauteur de 37 % et 32 %.   

Pour obtenir plus de détails à propos de l’enquête de l’Observatoire Valaisan du Tourisme (Tourobs) sur les comportements et les attentes des voyageurs en matière de tourisme durable, nous vous invitons à télécharger le rapport.  

Image à la une : Kasuma de Pexels

Cet article a été intégralement rédigé par nos confrères suisses de l’Observatoire Valaisan du Tourisme.

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Tendances

Trois tendances en plein air pour s’inspirer

Hébergements insolites et lieux non conventionnels

En 2018, une analyse du Réseau de veille en tourisme faisait remarquer une montée des hébergements de plein air immersifs. Cette tendance a pris un virage insolite et épars avec un éclatement de l’offre. La naissance d’initiatives québécoises comme l’hôtel nomade UNIQ et le refuge vitré situé dans l’enclot des loups du Parc Oméga, pour n’en citer que quelques-unes, démontre cette tangente vers des lieux hors du commun. 

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Source : UNIQ 

Mobilité convoitée

Les voyageurs québécois interrogés en décembre 2021 par la Chaire de tourisme Transat ont exprimé un intérêt significatif envers les chalets en nature (68 %) et les campings non traditionnels (45 %) pour un prochain séjour. Autour du tiers des sondés s’intéressent à la caravane/motorisé et au van aménagé. Il s’agit là d’un engouement certain pour les hébergements mobiles chez les habitants de la Belle Province. 

tendances plein air

En 2021, l’entreprise VanLife MTL a doublé son parc de véhicules récréatifs en location. Dans une entrevue avec le Réseau de veille en tourisme, la co-fondatrice de Terego — une application qui permet aux producteurs agricoles d’accueillir les amateurs de vanlife sur leur site — confiait également qu’elle remarquait une importante hausse de la demande. À ses débuts en 2017, son organisation comptait 300 membres voyageurs, alors que la saison de 2021 s’est conclue avec plus de 5000 inscrits. Terego dénombre plus de 200 entreprises désireuses de se convertir en hôtes au Québec. 

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Source : Terego 

Dans le même ordre d’idées, en Finlande, le Café Bar Pesula a commencé à offrir aux campeurs la possibilité de stationner leur véhicule ainsi que l’accès à l’électricité et à des toilettes chimiques pour 24 heures, en échange de 15 euros. Elle invite également les vanlifers à profiter d’un déjeuner dans leur établissement. 

Multiplication de circuits spécialisés

Depuis 2020, les fournisseurs de matériel de plein air ont peine à répondre à la demande. Selon un rapport de la firme 360 Research Reports, cette ruée vers ce type d’équipement se poursuivra au moins jusqu’en 2026.  

Ces signaux montrent l’apparition d’adeptes autonomes et équipés, néophytes ou expérimentés, qui recherchent de nouveaux endroits pour pratiquer leurs activités. Certaines destinations ont saisi l’occasion de les attirer par des itinéraires singuliers. 

  • La Norvège a récemment inauguré une route balisée où les pagayeurs peuvent naviguer sur un réseau de sentiers fluviaux de plus de 600 km. En complément, des cartes illustrent sous forme d’icônes les informations nécessaires à l’organisation de courts séjours ou de longs périples. 
  • Aux États-Unis, le US Bicycle Route System, un réseau cyclable à travers le pays, a ajouté 18 routes dédiées aux vélos dans cinq États. Cette adjonction de plus de 4 600 km traverse des lieux emblématiques comme le littoral de l’Ouest et les forêts de Redwood. Une carte interactive informe les cyclistes sur les précautions à prendre et les services offerts sur chaque itinéraire.

tendances plein air

Source : Lonely Planet 

  • La Finlande a publié un circuit court qui mise sur « la thérapie des couleurs ». L’initiative regroupe 16 attraits naturels et patrimoniaux aux teintes vibrantes à visiter durant la saison automnale.   

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Source : Metsähallitus 

  • En Italie, les amateurs de longue randonnée pourront jouir d’un terrain de jeu de plus de 7 000 km, avec l’inauguration d’un projet de sentiers qui vise à connecter les 25 parcs nationaux du pays. 

tendances plein air

Source : BBC travel 

Technologies et autonomie des visiteurs

La forte popularité du plein air provoque une importante fréquentation des sites naturels. Pour éviter les fermetures, plusieurs gestionnaires ont tenté, entre autres, de gérer l’achalandage avec des stratégies numériques (plateforme de réservation, comptage, bornes, etc.).  

Comme le Connected Communities Research Lab l’illustre dans son rapport Smart Parks, l’adoption de technologies — comme des applications ou des objets connectés — par des territoires protégés atteint un niveau optimal lorsque les données sont collectées, rassemblées et surtout, partagées avec les clientèles.  

Dans cet ordre d’idées, les initiatives numériques qui émergent visent une certaine autonomie des visiteurs. Cette approche mise sur l’implantation de processus et d’outils qui influencent le comportement des utilisateurs pour gérer les flux de manière plus organique.  

En Finlande, des chercheurs ont testé une application destinée à mieux informer les visiteurs du parc national de Nuuksio afin de les répartir naturellement sur les lieux. Elle montre par exemple l’affluence dans les stationnements, les horaires des autobus en temps réel ainsi que les installations d’intérêt du site. Les statistiques d’utilisation (plus fortes durant les périodes de haute fréquentation) ainsi que les premières rétroactions reçues quant à l’expérience sur place suggèrent qu’un service d’information en direct peut modifier les flux. 

tendances plein air

D’autres initiatives de la sorte ont vu le jour en 2021, telles que : 

  • l’application GPS Waze, qui propose des itinéraires alternatifs lorsque l’achalandage de la destination est élevé; 
  • la Heat Map, qui illustre où se trouvent les grands centres d’achalandage; 
  • l’application Affluences qui informe aussi en temps réel sur le niveau d’achalandage d’attractions prisées, tant les musées que les magasins populaires. 

En 2022, le secteur du plein air devrait être marqué par des expériences qui réinventent les lieux de pratique et qui assurent une autonomie des clientèles par une structuration de l’offre et par le partage d’informations. 

Suivrez-vous le courant? 

Image à la une : Photo Nic de Unsplash

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Destinations Hébergement

Nouvelle vie aux bâtiments, second souffle aux villages

L’exode et le vieillissement de la population représentent des défis de taille pour plusieurs régions alpines. En Suisse, cette problématique impacte l’achalandage et le dynamisme des centres villageois. Divers bâtiments municipaux sont délaissés, puis abandonnés. Une réaffectation s’impose.  

Un modèle de gouvernance innovant

C’est ainsi que plusieurs villages font appel à l’Aide suisse à la montagne pour revitaliser ces lieux inoccupés. L’organisation est financée exclusivement par des dons et apporte son soutien aux projets générant de la valeur ajoutée et créant des emplois pour les populations suisses de montagne, notamment dans les secteurs de la restauration et de l’hébergement. Elle représente un modèle de gouvernance innovant qui encourage la mobilisation citoyenne. L’Aide suisse à la montagne reçoit l’appui de multiples experts bénévoles provenant de différentes sphères d’activité, comme le tourisme ou l’agriculture. Ces derniers examinent les demandes de projets des citoyens et soumettent leurs recommandations à un comité plus restreint, qui définit la stratégie, la supervise et décide ensuite du soutien monétaire accordé. En parallèle à ce processus, tous les dons sont gérés par une équipe administrative qui s’assure de garder une bonne relation avec les nombreux donateurs. En 2021, l’organisme a appuyé plus de 800 projets totalisant un investissement de 27,7 millions de francs — soit environ 38 millions de dollars canadiens.  

L’organisation reconnait ainsi l’importance de conférer à nouveau une fonction à un bâtiment symbolique dans un village. Définir un usage permet d’intéresser les habitants au potentiel d’un lieu inutilisé. En s’appropriant des bâtisses ou des sites ainsi que des enjeux y étant liés, les populations locales de montagne apprennent à connaitre leur territoire et à œuvrer pour sa pérennité. 

Petits villages, grandes ambitions

L’un des moyens de contrer l’exode est de permettre aux gens qui souhaitent rester dans leur région d’y travailler. La nouvelle vocation des bâtiments inoccupés contribue à la création d’emplois et donne l’occasion à plusieurs communautés d’améliorer leurs conditions de vie, mais aussi d’implanter une offre touristique à leur image. 

C’est notamment le cas d’Aragnon, une commune suisse du canton du Valais, qui reçoit de nombreux nomades numériques dans un espace de coworking situé dans l’édifice de l’ancienne école du village. De son côté, la localité de Pinsec propose aux touristes d’être hébergés dans de petites chambres d’hôtes, qui jadis, faisaient office de salles de classe.   

Dans le village de Gadmen, une école a été reconvertie en établissement d’hébergement. Le bâtiment principal accueille maintenant un hôtel qui comprend 11 chambres. On retrouve également sur place un restaurant, une salle de sport et un gîte avec plusieurs lits superposés pensés pour les groupes. 

Destination Hebrgement Ressources humaines rural

Source : Aide suisse à la montagne 

Dans la vallée de Muggio, le petit village de Scudellate, abritant à peine 20 habitants à l’année, a entrepris un projet de plus grande envergure : un réseau d’hébergement (albergo diffuso). Ce modèle italien offre les services d’un hôtel traditionnel selon une structure horizontale, qui subdivise les prestations hôtelières en plusieurs bâtiments. L’ancien restaurant a ainsi été rénové et fait à présent office de réception pour un petit hôtel qui se trouve à l’étage supérieur. L’école, elle, accueille dorénavant quatre chambres d’hôtes comprenant plusieurs lits. À proximité, un Bed & Breakfast de luxe est en cours de construction et prévoit ouvrir ses portes en 2022. En termes de retombées, la revitalisation des diverses bâtisses a aidé à créer quatre emplois.  

destination Hebergement Ressources humaines rural

Source : Aide suisse à la montagne 

Crédit : Yannick Andrea 

Rappel à l’essentiel

Ces différentes communautés se sont tournées vers le tourisme pour redonner vie à leur région, sans pour autant perdre de vue leur objectif principal qui visait à contrer l’exode et à améliorer leurs conditions de vie en créant des emplois. Pour rester dans leur village natal, les habitants ont choisi d’investir dans la reconversion durable de certains bâtiments à l’abandon. Le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre nous rappelle l’importance de conserver nos ressources humaines. C’est d’autant plus primordial pour les petits joueurs qui jouissent d’une moins grande visibilité auprès des candidats potentiels. Comme quoi les plus petits peuvent aussi réussir à réaliser de grandes choses.  

Image à la une : Sergiu Vălenaș de Unsplash

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Hébergement

Le Monastère des Augustines : du repos pour nos héros

Riche de son histoire de près de 400 ans, cette institution désire perpétuer sa mission d’accueillir et de prendre soin par le tourisme de bien-être et grâce à des mouvements de solidarité. Depuis le début de la pandémie, Le Monastère a offert des séjours de répit à des prix préférentiels pour les personnes provenant des milieux de la santé et de l’éducation. Cette initiative leur a valu l’honneur d’être sélectionné parmi les 20 meilleurs projets en matière d’innovation sociale par le jury de Novae.  

Ces séjours sont financés par des dons en provenance de la fondation du Mouvement de compassion, initiée par les sœurs Augustines à l’été 2020. L’année dernière, âgées en moyenne de 80 ans, elles ont marché quotidiennement pendant une heure durant 20 jours pour récolter 160 000$. Cette année, ce défi est lancé à la population sous la forme du Relais solidaire. Chaque participant doit amasser une somme d’argent dont il fixe le montant. À ce jour, 85 % de l’objectif a été atteint. 

Ces dons ont permis d’offrir des activités aux résidents de l’hôtel comme l’accès à un parcours autonome de marche contemplative, ainsi que l’accompagnement dans une routine quotidienne regroupant des techniques de respiration, de méditation et de gestion du stress. 

https://www.youtube.com/watch?v=k1sYJnExVlw

Source : Youtube, Le Monastère des Augustines 

Cette initiative du Monastère des Augustines est un exemple d’entraide et d’innovation. En permettant aux travailleurs essentiels de profiter de leur séjour de répit à prix réduit, l’organisation reste fidèle à sa mission tout en ciblant un nouveau segment de clientèle.  

 

Source image à la une : Le Monastère des Augustines