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Produits et activités Tourisme durable

Les vignobles en réaction aux effets des changements climatiques

La production viticole québécoise gagne du terrain d’année en année. Selon le Conseil des vins du Québec, le nombre de producteurs est passé de 85 en 2010 à 165 en 2022. L’association envisage que le nombre de bouteilles produites doublera d’ici 2030.

Cela dit, le secteur vit actuellement des défis importants en lien avec les changements climatiques. Les vignobles d’un peu partout dans le monde ont lourdement été happés par les phénomènes météorologiques en 2023. Ces événements, parfois très imprévisibles et instables, perturbent la viabilité des cultures, ainsi que la quantité et la qualité de la production. Selon un reportage de Radio-Canada, « un rapport publié en février par Wine Growers BC estime que la récolte ne représentera que 1 % à 3 % des niveaux normaux, ce qui signifie une perte presque complète de la production de 2024. Les pertes de revenus pourraient atteindre 346 millions de dollars pour les vignobles et les établissements vinicoles ». Plusieurs vignerons et acteurs clés du milieu réagissent à cet enjeu.

En mode action pour trouver des solutions

Les démarches pour tenter de contrebalancer l’impact des phénomènes météorologiques dévastateurs sont variées. Par exemple, les producteurs de la zone viticole de la Valpolicella, en Italie, ont recourt à d’anciens cépages dans le but de réintroduire des variétés qui avaient été mises de côté au cours des décennies précédentes. Elles pourraient posséder des caractéristiques intéressantes dans le contexte actuel, telles que la tolérance à la sécheresse, la maturité tardive, une acidité naturelle élevée et un flétrissement lent.

Des variétés de raisins qui avaient été mises de côté au cours des décennies précédentes pourraient posséder des caractéristiques intéressantes dans le contexte climatique actuel.

De son côté, le Vignoble de l’Orpailleur, dans les Cantons-de-l’Est, tente de faire pousser de nouveaux cépages qu’il était auparavant impossible de cultiver au Québec. Le Vignoble du Ruisseau, situé dans la même région, utilise un procédé de géothermie pour protéger ses vignes durant la saison froide. Le contexte s’avère donc l’occasion de tester des pratiques novatrices et d’agir avec intuitivité.

Pour une plus grande anticipation, ils sont nombreux dans le domaine à impliquer le milieu de la recherche. Voici deux exemples inspirants.

 

Faire appel à la recherche

Le Conseil interprofessionnel de Bordeaux (CIVB) investit 1,2 million d’euros par an dans des recherches sur l’impact des changements climatiques sur la viticulture. À ce jour, plusieurs techniques sont testées : augmentation de la biodiversité par la plantation d’arbres et de haies, assemblage de plusieurs variétés de raisins, viticulture de précision parcellaire avec une gestion du couvert végétal, adaptations des densités de plantation, etc.

Au Québec, le Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel (CRAM) a développé des toiles géotextiles qui permettent d’abrier les vignes lors d’épisodes de grêle ou de gel/dégel. Cette solution remplace l’astuce d’allumer des feux sur les terres pour conserver la chaleur au sol. De plus, l’organisme conduit actuellement une recherche pour tenter de comprendre les processus de résistance de la vigne au froid.

Source : Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel (CRAM)

L’adaptation aux effets des changements climatiques passe notamment par la mise en place d’actions concrètes en développement durable. Le Chili représente un bel exemple.

Éduquer les clientèles

Les entrepreneurs viticoles de la vallée de Casablanca au Chili et le gouvernement local ont récemment élaboré un accord de production durable par lequel ils cherchent à améliorer la gestion et les performances environnementales des vignobles. Près d’une trentaine d’exploitations participent au projet qui bénéficie, notamment, du soutien des ministères de l’Agriculture, de l’Énergie, de l’Environnement et de la Santé ainsi que de la municipalité de Casablanca.

À titre d’exemple, le Matetic Winery, récipiendaire du Best of Wine Tourism Awards dans la catégorie Sustainable Wine Tourism Practices en 2023, mise sur l’apprentissage et l’éducation des clientèles au sein de son entreprise. Les visiteurs sont amenés à comprendre les étapes de fabrication du vin lors d’ateliers. Selon la direction, toute offre œnotouristique devrait inclure une partie de sensibilisation aux différents enjeux de durabilité liés à la viticulture. De ce fait, les amateurs seront mieux outillés pour faire des choix responsables. Le vignoble chilien a également exclu l’usage d’engrais chimiques synthétiques pour ses cultures. L’ensemble des infrastructures ont été conçues à partir de matériaux recyclés et écoénergétiques.

Source : Matetic Winery

Diversifier pour prolonger la saison touristique

La diversification des activités est une avenue permettant aux vignobles d’allonger leur saison touristique et d’ajouter de nouvelles sources de revenus. Le développement d’une offre corporative (Two Sisters Vineyards (Ontario) et Le Cep d’Argent (Magog)) est un bon moyen de rester actif à l’année. Voici en rafale d’autres idées pour animer les domaines pendant ces périodes.

  • Printemps : offrir des activités en préparation à l’été. Certains vignobles proposent des activités de taille de vigne ou des ateliers d’ébourgeonnage (débarrasser la vigne de certaines pousses indésirables) permettant aux clientèles d’en apprendre sur ces étapes essentielles à l’entretien des cultures. C’est le cas notamment du Vignoble Alain Robert et du Domaine Pierre & Bertrand Couly, situés en France.
  • Automne : mettre à l’honneur les vendanges. De nombreux ateliers, forfaits, activités bénévoles ou journées thématiques permettent aux clientèles de se mettre dans la peau d’un vigneron et de participer aux récoltes. Les vignobles Rivière du Chêne (Laurentides), Domaine & Vins Gélinas (Mauricie), Le Chat Botté (Montérégie), de l’Orpailleur (Cantons-de-l’Est) et Saint-Gabriel (Lanaudière) représentent de bons exemples.
  • Hiver : animer la saison froide. Visit Calistoga, en Californie dans la vallée de Napa, a relancé en décembre 2023 pour une 14e année consécutive le Winter in the Wineries Passport. Les détenteurs du laissez-passer de 75 $ bénéficient de dégustations gratuites dans les domaines viticoles participants, ainsi que de réductions dans les hébergements, les spas et les boutiques de la région.

Les solutions aux impacts des changements climatiques sont de plus en plus nombreuses. Pour assurer la durabilité du secteur et des expériences touristiques qui en découlent, il s’agira de s’adapter, mais surtout de se renouveler.

Image à la une : Pexels

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Produits et activités

La progression du mycotourisme au Québec

En septembre 2015, le RVT publiait une analyse concernant l’émergence du mycotourisme au Québec. Près de huit ans plus tard, l’offre touristique en matière d’activités de découverte des produits forestiers non ligneux (PFNL) a-t-elle progressé ? Dans le cadre du congrès de l’ACFAS 2023 s’est tenu le colloque: « Enjeux et défis du développement de l’industrie mycologique au Québec : de la forêt à la table ». Les acteurs et chercheurs du secteur ont fait le point sur l’avancée des connaissances liées aux champignons forestiers au Québec, un volet a été dédié au tourisme. 

Plusieurs Québécois ont entrepris de s’intéresser au contenu des forêts nordiques du territoire durant le confinement et l’engouement persiste. Pour les touristes internationaux, la cueillette de champignons s’avère une activité de choix pour découvrir le terroir. Plusieurs entreprises spécialisées en mycotourisme voient le jour dans différentes régions du Québec et de nouveaux produits tels que le pesto de champignons, les sauces tomates, le café et les infusions font leur apparition sur les tablettes des épiceries fines. D’autres entreprises partagent leur savoir dans le cadre d’activités et de formations, c’est le cas de la jeune entreprise La vie est mush. Celles déjà bien implantées diversifient leur offre en proposant par exemple des trousses de culture contenant différents mycéliums, comme le suggère Violon et Champignons et Les 400 pieds de champignon.  

La structuration de l’offre au Québec 

L’organisation Kamouraska mycologique et la filière mycologique de la Mauricie sont connues pour développer le créneau mycologique depuis plus de 10 ans. La mycologie est maintenant bien présente dans ces régions grâce à la structuration de l’offre sur le territoire ainsi qu’à la mobilisation des différents acteurs qui font rayonner les produits mycologiques de la région. Les retombées générées par cette filière innovante et durable sont multiples, durant le festival des champignons forestiers du Kamouraska, plusieurs commerçants s’allient pour présenter les produits mycologiques de la région à l’aide d’un passeport. Des activités sont proposées durant tout le mois de septembre. La mobilisation des acteurs du territoire demeure le point central pour la réussite d’une stratégie d’implantation de créneau de cette envergure.  

Les nouveaux types de cueillette 

La cheffe Isabelle Dupuis du Presbytère à Saint-Stanislas-de-Champlain propose un panna cotta au bolet à pied creux alors que Pierre-Olivier Ferry de l’Atelier culinaire situé à Mitis-sur-mer sert une crème glacée à l’armillaire couleur de miel. 

D’après le mycologue Yann Perreault, de nombreuses nouvelles variétés de champignons comestibles sont observées au Québec et cela s’explique par les climats et écosystèmes changeants. La variété de produits disponibles dans la province bénéficie aux restaurateurs qui sont en mesure de s’approvisionner localement et d’intégrer de nouvelles saveurs à leurs menus.  

Contrairement à la croyance populaire, il est possible de trouver des truffes dans les forêts québécoises. Lors du congrès, la chercheuse Véronique Cloutier et l’équipe de Truffe Québec ont brossé le portrait des actions mises en place pour faire connaître et valoriser les truffières d’ici. Actuellement, une trentaine de producteurs revalorisent la forêt et bâtissent ensemble la trufficulture du Québec. Concrètement, cela se traduit par la mise en place de truffières sur des terres propices à la culture. Avec les experts de l’organisation, un choix d’arbre (noisetier, chêne, charme, pin par exemple) approprié est fait et la plantation peut débuter. C’est uniquement de quatre à sept ans plus tard que des truffes feront leur apparition ! Les premières truffières implantées au Québec devraient donc voir le fruit de leur effort sous peu. La vision de Truffe Québec s’appuie sur le développement d’une économie qui profitera tant à l’humain qu’à la nature. 

Source: courtoisie de Truffe Québec 

Le fleuve étant un attrait phare du Québec, comprendre la biodiversité fongique dans les écosystèmes fluviaux s’avère une niche d’intérêt pour le développement de nouveaux produits du terroir. L’entreprise Biopterre s’efforce de mieux comprendre cet environnement inhabituel pour les champignons. Bien que les recherches soient actuellement dirigées vers les médicaments et les décontaminants industriels, l’industrie touristique et agroalimentaire pourrait aussi bénéficier de ce savoir-faire en développement. 

Diversifier et éduquer grâce à la mycologie 

Les activités mycologiques, telles que la cueillette guidée, la dégustation et les festivals, s’inscrivent dans une démarche durable. Elles représentent des occasions d’éducation à propos du terroir et des écosystèmes forestiers, directement sur le terrain. Elles permettent également de transmettre les meilleures pratiques de cueillette dans un souci de conservation du milieu. 

L’Abbaye Val Notre-Dame, dans la région de Lanaudière, a intégré le mycotourisme à son offre qu’il qualifie de « forestibles ». L’organisation offre des activités de découvertes mycologiques et d’autres spécimens disponibles dans la forêt environnante. Plusieurs espèces sont transformées et commercialisées sur place, telles que le brocoli d’asclépiade. Pour les gestionnaires de l’Abbaye, la découverte de PFNL en est à ses balbutiements. Les activités de valorisation contribuent à garder vivantes certaines traditions. 

Inspiration internationale 

Dans certains pays, les champignons forestiers sont déjà bien implantés dans l’offre touristique. Certaines régions font des produits PNFL, des produits d’appel intégrés à la proposition touristique régionale. Des régions comme le Piémont en Italie, est notamment dépeinte comme la capitale de la truffe. 

La Pennsylvanie dispose d’une grande diversité de champignons. Au Kennett Square, The Woodlands at Phillips Mushroom Farms présente une exposition relatant le processus de croissance des champignons. Un chef local offre des démonstrations culinaires sur les bonnes méthodes pour apprêter les trouvailles mycologiques des adeptes. La région de Chester jouit du titre de « capitale du champignon ». Le comté possède le plus grand export de champignons aux États-Unis et les retombées sont évaluées annuellement à près de quatre milliards de dollars américains. 

À l’Île-du-Prince-Édouard, « The Fireworks Feast » est une expérience gastronomique débutant par la visite de la ferme ainsi que des espaces de cueillette. Une carte décrivant les sentiers « Art forest & woodland trails » est disponible afin que les visiteurs voient la provenance de certains produits qui se retrouveront ensuite dans leur assiette. The Inn at Bay fortune s’est doté d’un laboratoire vivant permettant de produire des variétés de champignons à quelques pas des cuisines. 

Source : Art forest & Woddland trails

En Colombie-Britannique plusieurs pourvoiries comme Nimmo Bay Wilderness Resort présentent des cours de cueillette sauvage, dont celle du champignon, enseignés par des experts. Il est ensuite possible de déguster les trouvailles au repas du soir. 

Au Mexique, la diversité de champignons est devenue un attrait touristique. Les communautés autochtones partagent des savoirs ancestraux aux touristes et s’assurent aussi de transmettre de précieuses connaissances aux générations futures. Selon certains spécialistes, la valeur de l’industrie mycologique s’élèverait à plus de 250 millions de dollars américains par année et contribuerait à la création directe et indirecte d’environ 25 000 emplois. Les champignons Huitlacoche, parasite que l’on retrouve sur le maïs, sont devenus ce que certains qualifient de truffes mexicaines. 

Au-delà de la cueillette et du partage de connaissance, apprêter ses trouvailles et découvrir leurs saveurs s’avère un volet supplémentaire fort pertinent et attirant pour les touristes locaux et internationaux.  

Le potentiel pour le mycotourisme 

On peut donc conclure que l’offre touristique en matière d’activités de découverte des produits forestiers non ligneux (PFNL) progresse et continue son ascension. La jeunesse de la niche mycologique du Québec en fait un secteur à fort potentiel pour l’agrotourisme. Le mycotourisme se déroulant dans le contexte forestier et mettant de l’avant la cueillette et le partage de connaissances, il ne fait aucun doute que le concept comprend des éléments clés pour un produit touristique de choix. Il s’agit là d’une opportunité certaine de faire rayonner le terroir local, tant les produits que le savoir-faire. 

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Destinations

Accueillir les adeptes de la vanlife

Structurer l’offre

Depuis quelques années, plusieurs régions ont dû composer avec le phénomène de la vanlife et l’affluence de voyageurs en petit VR qui découvrent le territoire en adoptant un mode de vie nomade. Ils séjournent dans des campings, mais aussi ailleurs. Ils apprécient la possibilité de se stationner simplement pour la nuit. Plusieurs entreprises et municipalités du Québec ont entrepris d’accommoder ces voyageurs, monnayant des frais ou non.  

En Outaouais, la MRC de Pontiac a franchi un pas de plus en structurant l’offre afin d’attirer les vanlifers sur son territoire méconnu. Le circuit Route 148, conçu en collaboration avec l’agence de communication Visages Régionaux et la participation d’adeptes de cette formule de voyage, rassemble les composantes essentielles d’un séjour en petit motorisé.  

Source: Destination Pontiac 

Des services clés pour une expérience en van 

Cet itinéraire se déploie de part et d’autre de la route 148, sur près de 150 kilomètres. Il rassemble une vingtaine de haltes VR desservies par des entreprises touristiques qui offrent des espaces de stationnement aux VR motorisés de classe B (4,9 à 6,4 m), monnayant des frais ou non, pour une durée maximale de 48 heures. Le site Web présentant l’itinéraire indique clairement les consignes à respecter sur ces emplacements.  

En plus de ces endroits pour passer la nuit, la carte en ligne (téléchargeable sur appareil mobile) identifie, entre autres, les ressources indispensables d’un parcours en van : 

  • Les stations d’essence ; 
  • Les lieux de ravitaillement en nourriture (restaurants, épiceries et dépanneurs) ; 
  • Les sites permettant de découvrir les saveurs de la région : fermes agrotouristiques, microbrasseries, etc. ; 
  • Les activités culturelles, de plein air et d’aventure. 

Testé par les principaux intéressés

Afin de promouvoir l’itinéraire auprès de la clientèle cible, l’équipe de Visages Régionaux s’est jointe au producteur de contenu Web, Dom, pour sillonner la Route 148 et en faire des épisodes diffusés sur la chaîne YouTube Vanlife Sagas. Ils ont aussi invité des adeptes et influenceurs pour la parcourir avec eux. L’un de ces participants est le chef et entrepreneur québécois bien connu, Ricardo, converti à la vanlife depuis peu (voir vidéo ci-dessous). Chaque épisode fait découvrir des aspects de la route et met en vedette la région et les activités qu’on peut y pratiquer.  

Une approche inspirante

En plus de donner une belle vitrine à cette région peu connue et aux entreprises locales, cette initiative démontre qu’il est possible d’encadrer une pratique de façon proactive et pour le bénéfice de tous. 

Image à la une : Facebook Destination Pontiac

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Produits et activités Tourisme durable

Responsabiliser les visiteurs : un petit fruit à la fois

Le contact avec le territoire et la connexion avec le milieu d’accueil font partie des tendances touristiques phares. L’autocueillette offre l’occasion de découvrir le terroir local et de s’imprégner du savoir-faire des artisans. Mais pour éviter de mettre en péril des écosystèmes fragiles, ces activités doivent être pratiquées en respectant certaines règles. Plusieurs moyens de cueillir de façon responsable peuvent être adoptés. 

Une grande variété de produits en autocueillette

Au Québec, la saisonnalité et la biodiversité offrent un grand éventail de produits culinaires champêtres et sauvages, au grand plaisir des consommateurs. À la traditionnelle cueillette de pommes et de fraises s’ajoute maintenant des produits comme la camerise, les fleurs sauvages, l’argousier, les artichauts et les groseilles. L’offre variée répond à la demande diversifiée d’un public gourmand aguerri qui souhaite pratiquer une activité en plein air tout en garnissant son panier de produits frais. Un sondage mené par la Chaire de tourisme Transat fait mention que 28% des Québécois ayant séjourné dans la province à l’été 2022 ont fait une visite agrotouristique. L’autocueillette en fait évidemment partie.  

À titre de cueilleur, de nombreuses directives doivent être respectées afin de prendre en considération la fragilité et la croissance de certaines espèces. La cueillette responsable s’inscrit comme une récolte de fruits, légumes, fleurs ou autres spécimens qui respecte le rythme de croissance des espèces et le travail des agriculteurs. Dans le but que l’expérience des visiteurs soit positive et que les impacts négatifs pour les producteurs et les milieux naturels soient minimisés, quelles bonnes pratiques peuvent être adoptées?   

Une stratégie durable ayant des bénéfices pour tous

La mise en place d’une activité d’autocueillette peut permettre des profits réguliers et intéressants pour les agriculteurs. Cela demande toutefois une organisation afin de répondre aux besoins des visiteurs et assurer des bénéfices pour toutes les parties impliquées. Les clients souhaitent vivre une expérience fluide et personnalisée. La rencontre des artisans proposée dans les champs lors de l’autocueillette est donc alignée sur cette volonté de recevoir un accueil cordial et de donner du sens à leur visite. En impliquant et en responsabilisant les visiteurs sur les bonnes pratiques à adopter sur place, ces derniers participent à la stratégie durable de l’entreprise et il convient de leur rappeler le rôle clé qu’ils jouent. 

Prendre le temps

Lors d’une activité d’autocueillette, il est important de valoriser une expérience lente. Celle-ci peut comprendre un volet visant à informer et à raconter des anecdotes à propos du travail dans les champs et des défis quotidiens des agriculteurs.  En comprenant la réalité et en étant conscients des efforts, les visiteurs souhaiteront aider à garder les lieux en bonnes conditions. Lors de leur arrivée, il convient de rappeler la bonne marche à suivre. Prendre le temps de trouver des petits fruits dans des arbustes ou bosquet dans lesquels il n’y a pas nécessairement une grande abondance, mais dans lesquels il reste tout de même de nombreux échantillons à cueillir.  

Gérer l’affluence sur le site

Les gestionnaires des sites doivent gérer une fréquentation de plus en plus élevée avec des visiteurs dont les connaissances peuvent être variables. Limiter le nombre d’entrées afin de pouvoir mieux encadrer les groupes sur place est un moyen favorable d’assurer une expérience agréable. Il existe dorénavant plusieurs outils technologiques permettant de mieux prévoir l’achalandage et d’offrir une expérience améliorée. Par exemple, la Ferme Pure Land du Texas, utilise un programme en ligne permettant de réserver une plage horaire pour la cueillette par l’intermédiaire du site web de l’entreprise. Les responsables de la ferme établissent les seuils maximaux de visiteurs en fonction des prévisions météo et du personnel disponible. 

Communiquer efficacement les bonnes pratiques à adopter

Dans le contexte où il est parfois difficile d’avoir des employé.e.s sur place pour communiquer certaines règles à respecter, il convient d’opter pour des panneaux d’information. Disposé à l’entrée et près des aires de stationnement, l’affichage peut permettre une meilleure compréhension de l’importance de cueillir les fruits et légumes avec attention. De façon plus générale, il serait fort intéressant d’introduire des stratégies de cueillette et des outils de communication globaux pour communiquer les meilleures méthodes à adopter sur un territoire, une approche novatrice pour introduire des pratiques responsables à l’échelle d’une destination. La Ferme Pure Land intègre, quant à elle, des codes QR directement dans ses jardins afin de présenter les différentes cultures et les meilleurs moyens de les cueillir, les nettoyer et les préparer. Ces informations sont aussi disponibles directement sur le site Web de l’entreprise.  

Source : Pure Land Organic 

Il est essentiel de se munir de moyens de communication afin de fournir des informations claires aux visiteurs sur les méthodes de cueillette, que ce soit en amont ou au moment de la visite.   

  • Partager les outils pratiques et les méthodes de cueillette par l’intermédiaire des médias sociaux et du site Web de l’entreprise ;  
  • Accueillir les visiteurs en les informant sur les meilleures méthodes de cueillette ;  
  • Favoriser un affichage adapté à la clientèle, advenant le cas où la disponibilité de la main-d’œuvre est un défi dans l’entreprise ;  
  • Identifier les espaces accessibles aux visiteurs et expliquer les impacts du non-respect des consignes;  
  • Former le personnel à bien guider les visiteurs vers les plants qui contiennent toujours des fruits, même s’ils ne sont pas aussi abondants que d’autres.  

 

L’autocueillette responsable passe par l’éducation 

Il existe actuellement peu d’outils de communication prêts à être utilisés afin de partager les meilleures pratiques à employer sur le lieu d’autocueillette. Pour Pascal Goulet, co-propriétaires de Camerise et Compagnie, l’autocueillette responsable passe avant tout par le respect de son travail et du lieu. Lorsque les visiteurs adoptent un bon comportement, M. Goulet se sent respecté et est motivé à offrir la meilleure expérience possible.  L’éducation et la sensibilisation des visiteurs sont essentielles afin de valoriser le travail des agriculteurs et de permettre la régénérescence des milieux naturels. On observe en effet une méconnaissance des bons gestes à adopter dans les champs, selon les cultures.

Contrairement aux pommes ou aux fraises qui murissent sur l’arbre, la camerise est un fruit vulnérable. À partir du moment où les filets sont retirés des arbustes, ils deviennent incessamment la proie des oiseaux et des petits animaux. Selon lui, l’approche à préconiser est de se montrer disponible pour répondre aux questions et assurer une présence afin d’informer sur les bonnes pratiques à adopter dans un champ. Les agriculteurs sont les personnes les mieux positionnées pour informer les visiteurs du meilleur moyen de respecter leur travail.  

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Produits et activités Réseaux de distribution

La distribution en ligne d’expériences agrotouristiques

L’intérêt des consommateurs pour l’agrotourisme bat son plein et l’offre d’activités entourant le secteur continue de se déployer. Au Québec, comme ailleurs dans le monde, les producteurs innovent et proposent des expériences toujours plus variées afin de plaire aux visiteurs et de répondre à leur soif de découverte. Considérant l’abondance des propositions agrotouristiques, plusieurs destinations et associations gourmandes, optent pour des interfaces Web qui regroupent, organisent et commercialisent l’étendue des possibilités de façon à tendre la main aux visiteurs et à simplifier leur planification. 

Allier la convivialité à l’efficacité – Le cas du « Swiss Wine Tour »

Le projet oenotouristique Swiss Wine Tour vise à regrouper, à promouvoir et à vendre des expériences viticoles et touristiques suisses à travers des activités variées. Porté par la Fondation pour la Promotion du Goût, il mise avant tout sur la qualité de l’offre. D’ailleurs, seuls les prestataires qui sont passés à travers un processus rigoureux et qui ont obtenu le titre de « Swiss Wine Tour Partner » apparaissent sur le site Web.  

En ligne, les internautes découvrent des activités ayant comme dénominateur commun le milieu viticole. On peut, par exemple, y trouver des dégustations jumelées à une balade à vélo, un spectacle d’humour ayant pour scène un domaine viticole ou encore des ateliers pour créer son propre vin. L’offre se divise en différents thèmes (voir l’image ci-dessous) et regroupe des propositions claires et inspirantes.  

En cliquant sur une activité, le visiteur obtient tous les renseignements importants en un coup d’œil : description, coûts, informations pratiques. Des offres similaires se trouvant à proximité sont également proposées. La navigation sur la plateforme est facile et le processus d’achat se complète directement sur l’interface. 

Source : swisswinetour.com 

Aujourd’hui, les voyageurs réservent en ligne pratiquement toutes les composantes de leur périple. Habiles et expérimentés, ils désirent transiger sur des sites Web organisés, visuellement attrayants et qui répondent à leurs besoins. Lorsqu’ils trouvent ce qu’ils cherchent, ils souhaitent pouvoir réserver sur-le-champ et réduire au maximum le nombre de clics qui leur permettront de conclure leur transaction. L’objectif consiste donc à créer un processus de réservation en ligne sans friction, qui inspirera confiance aux visiteurs et qui leur donnera envie de venir sur place pour vivre l’expérience promise.  

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Tendances

Les tendances touristiques racontées

Cette année, l’équipe de la Chaire a collaboré avec le bédéiste Cyril Doisneau pour mettre en scène certaines tendances décortiquées dans le cahier Perspectives touristiques2022. Nous vous invitons à les découvrir à travers l’histoire de nos deux voyageurs afin de déceler des opportunités ou des défis qui pourraient se présenter au cours des prochains mois. Bonne lecture! 

Image à la une : Cyril Doisneau

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Tourisme durable

Un geste à la fois pour atteindre l’économie circulaire

S’approvisionner de façon locale, privilégier le partage de produits, ainsi que valoriser les biens en fin de vie sont des pratiques qui aident à diminuer la quantité de ressources premières utilisées et les émissions de carbone générées. La consommation et la production responsables, qui font partie des 17 objectifs de l’ONU à atteindre d’ici 2030, sont au cœur de l’économie circulaire:

 

 

« L’économie circulaire est un système de production, d’échange et de consommation visant à optimiser l’utilisation des ressources à toutes les étapes du cycle de vie d’un bien ou d’un service, dans une logique circulaire, tout en réduisant l’empreinte environnementale et en contribuant au bien-être des individus et des collectivités ». – Pôle québécois de concertation sur l’économie circulaire

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Source : Recyc-Québec

Recyc-Québec, en collaboration avec Circle Economy, un organisme dédié à la promotion internationale de l’économie circulaire, a publié le premier Rapport sur l’indice de circularité de l’économie du Québec. Ce chiffre est évalué à 3,5 % pour la Belle Province. Circle Economy souligne qu’un indice mondial de 17 % permettrait de diminuer de 39 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2032.

Qu’en est-il du tourisme ?

« Soutenir la transition vers une économie circulaire » constitue l’un des cinq axes présentés dans le Plan d’action pour un tourisme responsable et durable 2020-2025 du ministère du Tourisme du Québec.

Puisque l’économie circulaire est une chaîne d’opérations, le gestionnaire peut intervenir à un stade précis. Le tout est un projet collaboratif entre divers acteurs visant à optimiser l’utilisation d’un bien. Le dirigeant doit se demander:

  • À quelle phase de cette chaîne puis-je réaliser des actions pour minimiser l’impact néfaste des activités de mon entreprise sur l’environnement ?
  • Est-il possible de coopérer avec une autre organisation pour réduire les déchets engendrés autant en amont de cette chaîne (écoconception) qu’en aval (donner une deuxième vie au produit) ?

Voici quelques initiatives inspirantes se retrouvant dans les différentes étapes du cycle de vie d’un bien.

Favoriser l’approvisionnement local

Les gestionnaires de La cabane à manger, située en Bretagne, cuisinent à partir d’ingrédients disponibles dans leur région. Les algues sont récoltées tout près de leur emplacement et le poisson a été acheté au port avoisinant. L’Auberge des Glaçis, dans la région de Chaudière-Appalaches, collabore avec plus de 70 producteurs locaux pour concevoir son menu. D’autres propriétaires exploitent leur propre potager afin de s’assurer de la fraicheur des aliments. C’est d’ailleurs le cas des Jardins de Métis, dont les aliments du restaurant sont cultivés à quelques pas de la cuisine.

L’aménagement paysager du Nordik Spa de Chelsea, en Outaouais, a été réalisé à l’aide de matériaux naturels dénichés sur son terrain. L’entreprise a même planté des arbres pour compenser les quelques coupes causées par ses activités de construction. Le ravitaillement en eau des spas provient d’un aqueduc municipal. Cela permet d’éviter le transport de 70 000 litres d’eau, acheminés par quatre camions chaque jour. Finalement, la chaleur dégagée par les bassins est récupérée pour chauffer les bâtiments. Pour plus d’exemples sur l’approvisionnement responsable, consultez cette analyse.

Privilégier l’écoconception

L’entreprise québécoise Nova propose de la vaisselle compostable et des boîtes alimentaires écoresponsables à des organisations. Une grande variété de produits est offerte dont les tasses, les bols, la coutellerie et les moules à muffins.

Source : Evoware

Des emballages et des ustensiles comestibles font également leur apparition sur le marché. Afin de pallier la pollution liée aux plastiques à usage unique, la jeune pousse indonésienne Evoware a conçu une pellicule biodégradable à base d’algues pouvant se dissoudre dans l’eau ou être consommée. Cette membrane sert à contenir les aliments tels que le café soluble ou des assaisonnements, et se décliner en différentes saveurs, couleurs, et même à l’effigie d’une marque spécifique. En Europe, l’entreprise française Koovee offre des ustensiles comestibles aromatisés aux fines herbes et à la fleur d’oranger. Une belle alternative écologique qui rehausse le goût des repas.

Encourager le partage

L’initiative montréalaise La tasse permet aux clients de payer un supplément de 5 $ aux entreprises membres pour recevoir une tasse réutilisable à l’achat d’un breuvage. Le consommateur récupère son argent lorsqu’il la rapporte. On compte aujourd’hui 400 commerces participants partout au Québec. Sous ce même concept, l’organisation québécoise Retournzy développe actuellement un système de consignes pour des contenants à emporter.

Afin de favoriser l’exploration lente d’une région, certaines entreprises proposent la location de vélos. C’est ce que permet Baiecycle et Écomobilité, situées à Baie-Saint-Paul, ainsi que Champagne et Paradis à Kamouraska.

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Source : La Vague

Réutiliser un produit en fin de vie

Disponible dans plusieurs pays, l’application Too Good To Go permet aux restaurateurs de vendre à moindre coût des paniers surprises composés des restants de la journée. En 2019, 10 millions de boîtes ont été affichées sur la plateforme mobile. Au Québec, dans Charlevoix, les propriétaires de la BioFerme les Caps créent de la choucroute à partir de feuilles de thé fermentées préalablement utilisées pour leur production de kombucha. La microbrasserie Tête d’Allumette, située à Saint-André-de-Kamouraska, donne ses résidus brassicoles aux agriculteurs de la région afin de nourrir leurs bovins.

À Amsterdam, les gestionnaires de l’hôtel QO s’efforcent de réduire l’impact environnemental du bâtiment. Lors de sa construction, près du tiers du béton provenait des débris de la démolition d’un édifice avoisinant. L’eau usée des douches et des lavabos est, quant à elle, réutilisée pour contrôler la température des chambres. À Percé, en Gaspésie, du plastique recyclé sera incorporé dans le bitume utilisé pour le pavage des routes ainsi que dans le mobilier urbain. Il s’agira de la première rue écoconsciente de la province en 2022.

Par où commencer ?

Que ce soit par la création de partenariats ou par l’implantation de nouvelles pratiques responsables, chaque gestionnaire touristique peut intégrer une ou plusieurs actions en économie circulaire dans ses activités d’entreprise. Il suffit d’y aller un geste à la fois.

  • Est-ce que les ressources employées sont locales ?
  • Est-ce que les emballages sont compostables ou réutilisables ?
  • Est-ce possible de donner une deuxième vie à mes produits ?

Et vous, quelles actions pourriez-vous réaliser ?

 

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Gestion Produits et activités

Développer et structurer l’offre : un cas concret !

Développer et structurer une offre de services peut parfois donner bien des maux de tête aux entrepreneurs. Mais de l’aide existe ! Les instances gouvernementales et les différentes associations régionales et sectorielles sont là pour les soutenir. À l’occasion des Assises du tourisme 2021, Carl-Éric Guertin, directeur général de la Société du réseau Économusée (SRÉ) et Dominique Genest, directeur général de la Chocolaterie des Pères Trappistes de Mistassini, ont démontré la force de la collaboration. Ensemble, ils ont discuté du cheminement des dirigeants de la chocolaterie qui ont pu compter sur l’accompagnement de la SRÉ.  

Qu’est-ce que la SRÉ ? 

La Société du réseau Économusée est une organisation à but non lucratif qui existe depuis plus de 25 ans. Sa mission consiste à préserver, perpétuer et promouvoir certains éléments du patrimoine immatériel tels que des connaissances et des savoir-faire transmis de génération en génération dans les secteurs des métiers d’art et du bioalimentaire. Elle vise à sauvegarder et à mettre en valeur une grande diversité de pratiques culturelles qui sont distinctives au Québec.  

La SRÉ concrétise sa mission en accompagnant des artisans-entrepreneurs pour qu’ils se développent en entreprise touristique.

La SRÉ concrétise sa mission en accompagnant des artisans-entrepreneurs pour qu’ils se développent en entreprise touristique. L’organisme bonifie la rencontre avec l’artisan en faisant en sorte que le public comprenne la valeur qui se trouve derrière son travail et son produit final. Ainsi, la SRÉ contribue à occuper les territoires de façon active et à développer les régions de façon durable. 

Comment la SRÉ accompagne-t-elle les entreprises ? 

La SRÉ s’occupe d’entreprises qui possèdent un potentiel touristique. Une fois ce dernier bien identifié, elle implante le concept « économusée en entreprise ». Depuis 2018-2019, la SRÉ pousse son accompagnement encore plus loin en prenant en charge tous les points de contact avec les clients, qu’ils soient physiques ou numériques, et en s’occupant d’un volet stratégique global. 

L’accompagnement de la SRÉ se réalise en quatre phases : 

  1. Admission : il s’agit d’un premier contact avec l’artisan afin d’évaluer le potentiel de son projet à devenir touristique. 
  2. Membre en démarrage : c’est le moment de mettre à l’épreuve la vision de l’entreprise et de revoir ou de développer le plan d’affaires afin de s’assurer qu’il tienne la route économiquement et touristiquement. 
  3. Membre en transition : cette période est utilisée pour effectuer des travaux de rénovation ou d’agrandissement et mettre en place le concept ÉCONOMUSÉE®. 
  4. Membre régulier : l’entreprise est en activité avec son sceau ÉCONOMUSÉE®. 

La SRÉ s’implique également dans le transfert d’entreprise, pour accompagner les artisans dans la transmission de leur savoir-faire une fois prêts pour la retraite. 

En plus de jouir d’un accompagnement individuel, les membres sont intégrés à divers projets collectifs. Par exemple, durant la crise sanitaire, la SRÉ a élaboré une signalisation commune pour l’ensemble des membres et personnalisée pour chaque entreprise. Elle offre également un soutien pour prendre les virages durable et numérique, et organise des activités de promotion et de ventes croisées. Enfin, la SRÉ réalise aussi de nombreuses collaborations avec des Associations touristiques régionales (ATR) et des Associations touristiques sectorielles (ATS).  

Pourquoi la Chocolaterie des Pères Trappistes a-t-elle adhéré à la SRÉ ? 

Les artisans de la Chocolaterie des Pères Trappistes sont des spécialistes en fabrication de chocolat. Ils maîtrisent leur savoir-faire et connaissent leur histoire. Cependant, se structurer pour devenir un attrait touristique nécessitait de l’encadrement externe. Devenir membre de la SRÉ est rapidement devenu la meilleure solution. 

Dès les premières rencontres, monsieur Dominique Genest, de la Chocolaterie des Pères Trappistes, a perçu les forces de l’accompagnement de la SRÉ. Tel un guichet unique, la chocolaterie a reçu de l’aide pour communiquer son histoire, choisir ses fournisseurs, faire des demandes d’aide financière, etc. L’intégration de l’entreprise au réseau de la SRÉ a aussi ouvert une fenêtre sur d’autres partenariats, notamment auprès de membres situés dans la même région, le Saguenay–Lac-Saint-Jean.  

L’offre touristique de la Chocolaterie

Sur le site, les visiteurs peuvent suivre un circuit de BaladoDécouverte qui consiste en des capsules inspirées de deux Pères Trappistes, Père Marcel et Père Augustin. Le domaine propose aussi des circuits thématiques sur l’histoire des Pères et sur la chocolaterie. 

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Source : Chocolaterie des Pères Trappistes 

À l’intérieur se trouve l’économusée incluant une boutique, des écrans tactiles pour visiter virtuellement l’usine de fabrication et des activités d’interprétation. 

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Source : Alliance de l’industrie touristique, Présentation Assises 2021 

Quelle forme prendra la collaboration future entre la SRÉ et la Chocolaterie ? 

Pour la Chocolaterie, mais également pour tous ses membres, la SRÉ poursuivra son accompagnement « réseau » en termes de promotion. Elle s’occupera également du volet numérique afin de rendre possible la réservation en ligne des visites guidées et des dégustations. La collecte de données et la performance des boutiques en ligne s’inscrivent aussi parmi les priorités. 

Pour conclure, monsieur Genest a réitéré l’apport important de la SRÉ dans le développement touristique de la chocolaterie. Il affirme que : « comme entrepreneur on se sent souvent seul. Quand on fait partie d’un groupe comme la SRÉ, on ne se sent plus jamais seul. » 

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Le 27 mai dernier se tenaient les Assises du tourisme, un événement du ministère du Tourisme, organisé par l’Alliance de l’industrie touristique du Québec. Pour la première fois depuis 15 ans, ce grand rassemblement se déroulait virtuellement en raison de la pandémie de COVID-19. L’objectif consistait à actualiser les connaissances des acteurs de l’industrie et d’échanger sur des thèmes communs qui permettront d’orchestrer la relance ensemble.  

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L’agrotourisme tire son épingle du jeu

Au début de la pandémie, un sondage sur les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique québécoise* réalisé du 9 au 27 avril auprès de 2977 organisations touristiques, dont 250 appartiennent au secteur agrotouristique, a révélé que malgré l’impact catastrophique de la crise ressenti par tous les secteurs, l’industrie agrotouristique a été touchée dans une moindre mesure. Les deux autres volets de l’étude effectués en juin et en août confirment ces résultats.

L’été 2020 s’est conclu sur une note positive alors que deux producteurs agrotouristiques, artisans transformateurs, restaurateurs ou propriétaires d’hébergement sur trois se disent assez et très satisfaits de leur saison ; 63 % soulignent que l’achalandage a été supérieur ou égal à leurs attentes, selon un sondage réalisé en octobre par LJM Conseil pour l’Association de l’agrotourisme et du tourisme gourmand. En fait, six producteurs agrotouristiques sur dix mentionnent que la saison 2020 a été semblable ou meilleure que la précédente. Les vignerons et les microbrasseurs, entre autres, ont constaté un achalandage accru au cours de la saison estivale.

Six producteurs agrotouristiques sur dix mentionnent que la saison 2020 a été semblable ou meilleure que la précédente

Des initiatives pour favoriser l’achat local

La mobilisation en faveur de l’achat local a permis de sensibiliser la population à la consommation de produits agroalimentaires régionaux, comme le montre l’exemple de la Montérégie. En effet, selon les résultats d’un sondage en ligne (14 au 23 mai 2020) mené par L. Martin Cloutier et Laurent Renard, professeurs au Département analytique, opérations et technologies de l’information de l’ESG UQAM, la proportion de répondants très et extrêmement sensibilisés à la consommation d’aliments régionaux produits, transformés, distribués ou servis par des entreprises de la Montérégie est passée de 45 % avant la pandémie à 81 % depuis la pandémie.

Plusieurs initiatives, d’ici et d’ailleurs, visent à favoriser l’achat local tout en limitant les déplacements. Que ce soit les cartes interactives, les plateformes Web ou les applications mobiles, ces outils servent d’annuaires de producteurs, de points de vente et d’outils pour passer une commande et payer en ligne.

Les outils Web et les applications de livraison de nourriture sont devenus des incontournables. À ce propos, une étude de Vividata publiée en juillet dernier révèle qu’environ 4,8 millions d’adultes canadiens ont installé une telle application sur leur appareil mobile et leur fréquence d’utilisation ne cesse de croître. Certains vignerons québécois ont profité de cet engouement et se sont lancés dans la livraison de vins à domicile pour pallier une baisse de leurs revenus causée par la chute considérable des ventes aux restaurateurs ou lors d’événements.

L’autonomie alimentaire et les circuits courts 

 La notion de circuits alimentaires de proximité n’est pas nouvelle au Québec. On en parle depuis une quinzaine d’années déjà. Toutefois, dans un contexte où l’on évoque de plus en plus la nécessité de conforter notre souveraineté alimentaire, les circuits courts (vente directe ou avec un seul intermédiaire entre le producteur et le consommateur) et l’alimentation de proximité (distance raisonnable entre le lieu de production et celui de consommation) connaissent un nouveau souffle.

Grâce à l’achat local, les consommateurs cherchent à se rapprocher des producteurs et c’est justement ce que permettent les circuits de proximité. Ceux-ci peuvent prendre diverses formes : marchés publics ou virtuels, kiosques à la ferme, autocueillette, vente de paniers selon la formule de l’agriculture soutenue par la communauté, vente directe aux détaillants et aux hôtels, aux restaurants et aux institutions (HRI). Avec la fermeture des restaurants durant la pandémie, il va sans dire que la vente qui leur est destinée en a pris un coup.

La demande pour des produits du terroir, naturels, frais, de saison, cultivés ou fabriqués artisanalement n’a cessé de croître. La tendance du « fait maison » (cuisiner, jardiner, bricoler, coudre, etc.) s’est propagée dans les chaumières. Selon le Baromètre 2020 de la consommation responsable, édition spéciale Vigie COVID-19, publié par l’Observatoire de la consommation responsable, le « cuisiné maison » constitue, et de loin, la pratique « fait maison » la plus populaire auprès des 1050 répondants québécois interrogés du 22 septembre au 7 octobre 2020. En effet, près des trois quarts des répondants ont cuisiné davantage dans le dernier mois, soit une augmentation de 7,4 points par rapport à la fin du confinement. L’engouement est en fait davantage lié à une combinaison de motifs écologiques (réduction du gaspillage), économiques (faire des économies) et hédoniques (accomplissement et plaisir personnel).

 Une présence en ligne plus nécessaire que jamais !

Dans l’environnement actuel, le développement d’une présence en ligne pour les producteurs est passé de nécessité à une question de survie. Et il ne s’agit pas uniquement d’un impératif à court terme. Les consommateurs modifient leurs comportements et leurs habitudes ; la distanciation sociale entraînera un changement dans les modes d’achat qui subsistera après la crise de la COVID-19, souligne le Conference Board du Canada. Pour réussir, les entreprises devront créer un site Web facile à utiliser, mettre en place des options d’expédition et de ramassage bon marché (ou gratuites) et en temps opportun, et instaurer de bonnes politiques de retour.

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*L’enquête portant sur les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique québécoise est une étude menée en trois volets, d’avril à septembre 2020, par la Chaire de tourisme Transat en partenariat avec le ministère du Tourisme, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec et les associations touristiques régionales et sectorielles.

Cet article provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

Source de l’image Pixabay

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L’achat de produits alimentaires régionaux en Montérégie en temps de pandémie

La pandémie de la COVID-19 qui s’abat sur le Québec depuis la mi-mars 2020 fait émerger l’importance de renforcer dans la population québécoise des comportements d’achat local pour soutenir l’économie du Québec, notamment au bénéfice des producteurs locaux. Pour évaluer l’intérêt des habitants de la Montérégie pour l’achat agroalimentaire local, un sondage en ligne et quatre groupes de discussion (voir la note méthodologique à la fin du texte) ont été réalisés en mai 2020 auprès de 230 abonnés de l’infolettrLa Montérégie, le Garde-Manger du Québec . Selon les résultats des analyses, les répondants  reconnaissent plus l’importance de l’achat local depuis le début de la pandémie, mais les producteurs locaux et les réseaux de distribution doivent relever plusieurs enjeux et défis liés à la promotion des produits régionaux. Ces défis et enjeux sont autant d’occasions de lancer des projets agrotouristiques autour de la thématique de l’achat local et de proposer des expériences mémorables.   

L’intérêt pour l’achat de produits alimentaires régionaux est en hausse  

Le sondage indique que la pandémie de la COVID-19 et les différents messages gouvernementaux à propos de l’achat local ont eu pour effet de sensibiliser la population à l’importance de l’achat des produits agroalimentaires régionaux. Les résultats montrent que la proportion de répondants très et extrêmement sensibilisés à la consommation d’aliments régionaux produits, transformés, distribués ou servis par des entreprises de la Montérégie est passée de 45 % avant la pandémie à 81 % depuis la pandémie. À l’inverse, la proportion de répondants qui n’étaient pas du tout et pas très sensibilisés à l’achat de produits régionaux est passée de 15 % à 1 %.  

Les valeurs ajoutées de l’achat local sont d’ailleurs manifestes. D’après les résultats des quatre groupes de discussions, une majorité de personnes ont exprimé l’avis que l’achat local agroalimentaire permet de réduire le transport des produits et des marchandises d’un point à un autre, donc de diminuer l’impact environnemental de la distribution alimentaire en comparaison aux circuits longs. En outre, selon les répondants, l’achat alimentaire local contribue à la fraîcheur, au maintien des parfums et des saveurs et à une plus longue conservation des produits. 

La connaissance des aliments locaux constitue un enjeu 

Si l’intérêt pour l’achat local s’intensifie chez les Montérégiens, la connaissance des produits, des entreprises locales et des circuits de distribution représente trois importants enjeux mis en relief dans la recherche. En effet, 39 % des répondants mentionnent ne pas très bien connaître ou ne pas du tout connaître les aliments régionaux produits, transformés, distribués ou servis par les entreprises de la Montérégie. Il est possible de noter que 38 % des personnes interrogées estiment ne pas très bien connaître ou ne pas du tout connaître les entreprises locales qui produisent, distribuent, servent ou transforment les aliments régionaux en Montérégie. De plus, 40 % des répondants éprouvent des difficultés à retrouver ces produits régionaux dans les différents points de vente, car souvent ils ne sont ni en évidence ni bien étiquetés. Selon toute apparence, une prise de conscience s’est développée sur ce dernier point avec la pandémie. Les répondants perçoivent que les produits locaux sont plus chers en général que leurs équivalents importés, mais se déclarent prêts à assumer la différence de prix, et ce, dans une moindre mesure, pour les familles avec enfants ou celles à plus faible revenu. 

La connaissance des produits, des entreprises locales et des circuits de distribution constitue trois enjeux d’importance 

Les résultats du sondage mettent en lumière l’importance des initiatives promotionnelles visant à faire connaître les producteurs et les distributeurs de produits régionaux pour susciter et renforcer les comportements d’achat local. 

L’importance de mener des initiatives de promotion des aliments régionaux  

La Montérégie, le Garde-Manger du Québecgéré par Expansion PME ; l’organisme représentant des Tables de concertation bioalimentaire du Québec pour la région de la Montérégiepropose le projet « Les Virées Gourmandes de la Montérégie ». Cette initiative vise à faire découvrir aux consommateurs et aux visiteurs des produits régionaux et des restaurants, en proposant un répertoire de visites agrotouristiques en Montérégie organisées sous la forme de circuits gourmands.  

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Source : Les Virées Gourmandes de la Montérégie 

Depuis le début de la pandémie, il est possible d’y retrouver une carte géolocalisée (voir l’image) qui répertorie les entreprises agroalimentaires et les restaurants de la Montérégie ayant répondu à l’invitation de promotion de l’achat de produits régionaux. Les entreprises sont présentées sous la forme d’une fiche montrant leurs produits, la nature de leurs activités, leur adresse et la manière de s’y rendre. On y trouve également un  lien vers leur site Web le cas échéant. À l’automne 2020, « Les Virées gourmandes de la Montérégie » changent de formule en raison des mesures sanitaires imposées par la Santé publique. Six boîtes découvertes de produits régionaux permettant d’aller à la rencontre des producteurs et des transformateurs de la Montérégie seront mises en vente et distribuées une fois par mois, d’octobre 2020 à mars 2021. 

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Source : Les Virées Gourmandes de la Montérégie 

Des initiatives comme « Les Virées Gourmandes de la Montérégie » suscitent un intérêt de la part des participants des quatre groupes de discussionIls apprécient particulièrement la possibilité d’aller à la rencontre de producteurs et d’en apprendre plus sur les produits et leurs méthodes de production de même qu’avoir la possibilité de développer une relation de proximité avec eux.  

Ces initiatives promotionnelles sont importantes pour forger à long terme une relation entre les producteurs,  les distributeurs, les consommateurs et les visiteurs.

De telles initiatives promotionnelles sont importantes pour forger à long terme une relation entre les  producteurs,  les  distributeurs,  les  consommateurs et les visiteurs. L’ensemble des activités proposées possède également des visées agrotouristiquesElles renforcent l’image de marque de la Montérégie comme destination, en plus d’offrir une expérience agrotouristique revisitée en raison de la pandémie de la COVID-19, puisque ce sont les producteurs et les distributeurs qui s’invitent désormais à la table deconsommateurs. 

 

Note méthodologique : La recherche a été menée par L. Martin Cloutier et Laurent Renard, professeurs au Département analytique, opérations et technologies de l’information de l’ESG UQAM. Le sondage s’est déroulé en ligne du 14 au 23 mai 2020. L’échantillon était composé des abonnés à l’Infolettre La Montérégie, lGarde-Manger du Québec et 230 personnes ont répondu au sondage de neuf questions. Quatre groupes de discussion ont également été conduits avec une plateforme de communication à distance auprès de 32 participants asondage. Deux rapports de recherche ont été réalisés pour La Montérégie, le Garde-Manger du Québec. 

Image à la une : Pexels