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Quand l’alcool et le virtuel forment le cocktail parfait

L’apparition de la COVID-19 cause la fermeture de nombreuses salles de dégustation chez les producteurs d’alcool dans le monde. Certains ont décidé de garder le contact avec leurs clients en se tournant vers la description vidéo. Si cette tendance émerge depuis quelques années, la firme Euromonitor International confirme que la crise sanitaire l’accentue puisque les gens cherchent à s’occuper à la maison tout en dénichant des produits inédits. Comme la résidence risque de demeurer l’épicentre des activités pendant l’été 2020, les dégustations virtuelles devraient perdurer. Voici quelques exemples de compagnies qui ont développé ce type d’offre en ligne.

C’est une occasion pour entretenir la relation avec les clients habituels et atteindre encore plus de personnes qu’en temps normal

Plusieurs vignobles californiens se tournent vers la dégustation virtuelle. Les consommateurs ont la possibilité d’acheter eux-mêmes leurs bouteilles ou de les faire livrer chez eux. Que ce soit sur des plateformes de visioconférence ou sur les réseaux sociaux, les producteurs tels que la Jackson Family Wine, le Buena Vista Winery ou le Domaine Carneros, ont saisi cette occasion pour entretenir la relation avec leurs clients habituels et atteindre encore plus de personnes qu’en temps normal. Certains ajoutent même des visites guidées et des cours de cuisine.

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Source : Domaine Carneros

De son côté, la brasserie néerlandaise De Leckere a créé le coffret Beer & Bite Box qui peut contenir jusqu’à une douzaine de bouteilles et des collations pour les gens à la maison. Les personnes intéressées commandent les boîtes en ligne, les font livrer à leur domicile, puis participent à une dégustation virtuelle de bières en direct sur les réseaux sociaux.

Les festivals se mettent aussi de la partie 

Des évènements brassicoles ont trouvé des solutions virtuelles pour satisfaire la soif de leurs festivaliers. Le Mondial de la bière a collaboré avec un dépanneur montréalais pour créer un ensemble de quatre bières de microbrasseries qui devaient participer au festival. Les descriptions vidéo se sont déroulées sur Facebook Live. Le Festibière de Gatineau a choisi d’offrir la livraison d’une boîte de six boissons houblonnées. Le paquet contient également quelques surprises de commerçants locaux. La dégustation s’effectue en compagnie de brasseurs et de biérologues en ligne.

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Source : Festibière de Gatineau

Un dossier à suivre

Si la livraison n’est pas encore autorisée dans la province pour les microbrasseries, les vignobles et les cidreries, certaines solutions de rechange peuvent être considérées pour apporter les produits aux consommateurs. Mentionnons la collaboration avec des restaurateurs, des dépanneurs spécialisés ou des plateformes de vente en ligne comme Aliments Charlevoix. Il n’en demeure pas moins que la dégustation virtuelle (incluant la livraison) devient populaire un peu partout à travers le monde ; le Québec ainsi que ses producteurs gagneraient à développer cette offre.

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Produits et activités

VASTE ENQUÊTE AUPRÈS DE L’INDUSTRIE TOURISTIQUE : PORTRAIT DE L’AGROTOURISME ET DE LA RESTAURATION

Du 9 au 27 avril, la Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec le ministère du Tourisme et l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, a mené une enquête en ligne afin de mesurer les impacts de la COVID-19 sur le tourisme dans la province. L’échantillon se compose de 2977 organisations touristiques québécoises, dont 250 appartiennent au secteur agrotouristique ou agroalimentaire et 238 à celui des restaurants, bars et cafés. Les données présentées révèlent la situation des entreprises au cours de cette période.

Profil des entreprises

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Les impacts de la crise

Bien que tous les secteurs ressentent les impacts catastrophiques et très négatifs de la crise sur leurs affaires, notamment les congrès (100 %), la restauration (85 %), les festivals et événements (83 %) et l’hôtellerie (83 %), l’industrie agrotouristique est également touchée, mais dans une moindre proportion (53 %, voir le graphique 1).

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Cela peut s’expliquer par le fait que les trois quarts des entreprises agrotouristiques et agroalimentaires sondées sont considérés comme un service essentiel par le gouvernement comparativement à 43 % des restaurants, des cafés et des bars. Dès lors, les deux tiers des entreprises agrotouristiques ont maintenu leurs activités dans une proportion d’au moins 50 %, alors que 72 % des restaurateurs et des propriétaires de bars ou de cafés sont demeurés ouverts à moins de 25 % de leur capacité.

Ces fermetures totales ou partielles ont engendré des pertes financières allant jusqu’à 40 % par rapport au 1er trimestre de 2019 pour la moitié des exploitants agrotouristiques ou agroalimentaires de l’échantillon (voir le graphique 2). Celles subies par les restaurateurs s’échelonnent plutôt jusqu’à 50 % pour la même proportion d’entreprises et 16 % déclaraient avoir déjà perdu de 91 à 100 % de leur chiffre d’affaires. Cette situation ne devrait pas s’améliorer de sitôt, surtout pour les restaurateurs puisque 78 % d’entre eux ont suspendu leurs activités pour le printemps. Toutefois, les deux tiers (65 %) d’entre eux comptent reprendre leurs opérations pour la saison estivale.

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Mesures mises de l’avant

Plus des trois quarts des restaurants, des bars et des cafés ont déjà mis à pied du personnel permanent ou contractuel, soit beaucoup plus que l’ensemble de tous les secteurs confondus. D’ailleurs, ils ont amorcé un éventail de mesures pour atténuer les impacts financiers de la crise dans de plus fortes proportions que toutes les autres catégories d’entreprises (voir le tableau 1). Malgré cela, près de trois restaurateurs sur quatre (74 %) soulignent avoir besoin de liquidités dans le prochain mois comparativement à 56 % des exploitants agrotouristiques (voir le tableau 2).

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Source : Enquête en ligne de la Chaire de tourisme Transat, avril 2020

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Source : Enquête en ligne de la Chaire de tourisme Transat, avril 2020

Des organisations inquiètes et un optimisme mitigé pour la reprise

Les restaurateurs et les exploitants de bars et de cafés se sentent moins outillés que les entreprises agrotouristiques pour faire face à la crise, la moitié des répondants mentionnant même être perdus devant la situation (voir le graphique 3). Ils prévoient un retour à la normale plus tard que les entreprises agrotouristiques et même que celles des autres secteurs touristiques.

Bien que plus de la moitié des sondés de l’industrie agrotouristique et de la restauration croient qu’il y aura moins de touristes qu’à l’habitude, tout de même trois personnes sur dix estiment qu’ils seront plus nombreux.

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Que réserve l’avenir

Les restaurateurs sont prêts. Selon un récent sondage réalisé du 6 au 11 mai par l’Association Restauration Québec (ARQ) auprès de 1 217 gestionnaires, près des trois quarts des répondants (72 %) soulignent qu’ils souhaitent rouvrir, même avec une capacité réduite à 50 %. Jusqu’à maintenant, ils ont été proactifs afin de faire face à la situation actuelle et ils comptent, à court ou moyen terme, apporter des changements à leur modèle d’affaires, principalement en développant ou en augmentant l’offre de mets à emporter (56 %), les commandes en ligne (34 %) ou un service de livraison (31 %). Par ailleurs, une rencontre s’est tenue avec la CNESST et la Santé publique pour discuter d’un projet de guide des normes sanitaires entre autres pour le secteur de la restauration et des bars. Un plan de sécurité sanitaire pour le secteur de l’agrotourisme et du tourisme gourmand est en cours de validation auprès d’organismes responsables et il sera déposé auprès de l’Institut national de la santé publique pour approbation finale. Pour reprendre leurs activités, toutes les entreprises devront faire la preuve qu’elles sont en mesure de protéger leurs clients, leurs travailleurs et leurs fournisseurs.

Consulter le sommaire exécutif du Sondage sur l’impact de la COVID-19 sur les entreprises touristiques québécoises.

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Tendances

L’industrie touristique face à la crise : 1 de 3

Hébergement touristique

Solidarité. Les initiatives solidaires sont nombreuses dans le secteur de l’hébergement. La mobilisation vise à la fois l’hébergement du personnel médical, des malades atteints de la COVID-19 et des sans-abris. D’un autre côté, plusieurs chaînes d’hôtels ont créé des partenariats et levé des fonds afin de venir en aide aux employés mis à pied.

 

-Assouplissement des politiques d’annulation et de remboursement. Les hébergements touristiques ont pour la plupart adapté leur politique d’annulation et de remboursement. Généralement, ils proposent à leurs clients de modifier ou d’annuler toutes leurs réservations sans frais.

-Mesures d’hygiène. Afin de répondre à des enjeux sanitaires nouveaux et dans une volonté de rassurer les consommateurs, les établissements sont nombreux à avoir ajusté leurs protocoles de nettoyage.

Par exemple, le Westin Houston Medical Center, à Houston, a acquis deux robots nettoyeurs qui permettent de réduire considérablement les risques d’infection en désinfectant les chambres et les espaces communs.

Source : Westin Houston Medical Center, Youtube

  • Chine : un retour progressif des activités. En dépit des craintes toujours présentes de faire face à une nouvelle pandémie, le tourisme local reprend graduellement son cours en Chine. Le confinement obligatoire ayant été levé,  attractions et hébergements rouvrent prudemment.

Pour plus de détails, consultez le dernier bulletin.

Restauration et agrotourisme

  • Bonnes pratiques. Avec la fermeture des commerces non essentiels et les mesures de distanciation, la majorité des restaurants, des bars et des services alimentaires ont dû fermer leurs portes. Certains — même les marchés agricoles — se sont tournés vers la livraison et les commandes à emporter. D’autres ont converti leurs activités :
    • Au Québec et ailleurs dans le monde, des distillateurs s’engagent dans la fabrication de gel désinfectant pour pallier la pénurie ;
    • Des restaurateurs américains transforment leur établissement en mini-épicerie ou en dépanneuren stockant des produits essentiels tels que le lait, les céréales et le pain. D’autres, en Australie, ont remplacé les tables de leurs salles à manger par desréfrigérateurs et des étagères pour offrir des plats cuisinéset des aliments des producteurs locaux.
  • Mesures de soutien et solidarité. Aide aux entreprises qui rencontrent des problèmes de liquidités, bonification des salaires des travailleurs agricoles, subventions salariales, garanties de prêts pour soutenir les PME, les efforts réalisés pour appuyer les commerces québécois fusent de toutes parts. Les employés de la restauration ne sont pas en reste. Au Québec, Pur Vodka et Cook It leur ont fourni 6000 repas.

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Source : Pur Vodka

  • Plusieurs restaurateurs tentent d’éviter le gaspillage à la suite de la fermeture de leur établissement. C’est le cas de Lola Rosa qui a distribué 2000 repas à plusieurs organismes de bienfaisance de Montréal.

Pour plus de détails, consultez le dernier bulletin sur l’hébergement touristique

Organisation de gestion de la destination

  • Mesures de soutien. Les OGD doivent elles aussi modifier leurs activités en temps de crise. La concertation et l’écoute des besoins des membres, le développement d’outils d’accompagnement, de formation et les partenariats s’avèrent les principales actions mises en place pour appuyer les entreprises. La boîte à outils humaine de Tourisme Mauricie, le cocktail Québec cité en collaboration avec l’Office du tourisme de Québec et le programme de professionnalisation spécial confinement adapté 100 % à distance constituent quelques bonnes pratiques.
  • Préparation de la relance. Le moment de la reprise de l’activité touristique étant inconnu, les OGD établissent des scénarios de sortie de crise optimistes et réalistes. L’incertitude liée à la réouverture des frontières amène les destinations à développer des stratégies pour une relance auprès du marché local et de proximité en premier lieu. Au Colorado, l’approche de contenu a été recentrée sur les Road trips pour orchestrer le lancement d’une campagne axée sur les voyages régionaux. Au Québec, la transformation numérique sera aussi au cœur de cette reprise. La Ville de Montréal y contribue en accompagnant gratuitement les entreprises par l’implantation d’une boutique en ligne.
  • La métamorphose de la réalité touristique. Cette crise a mis en lumière l’importance de la consommation locale, la bienveillance et le retour à un rythme de vie plus lent. Des OGD anticipent la nouvelle normale post-COVID par la création d’une veille sur les médias sociaux et la planification d’études de marché pour comprendre les besoins de voyageurs.
  • Mesures d’hygiène. Les mesures d’hygiène instaurées en place à l’échelle mondiale ne seront pas sans conséquence pour l’industrie touristique. À Singapour, plus de 37  000 entreprises touristiques sont encouragées à souscrire au programme de certification SG Clean.
  • Les meilleures pratiques communicationnelles viennent des destinations qui ont su harmoniser leur message. Par exemple, la Colombie-Britannique a produit un guide d’accompagnement pour les acteurs de l’industrie afin de centraliser le message. La Californie et l’Oregon ont aussi préparé ce type de matériel.
  • Inspiration spécial confinement. Les OGD redoublent de créativité pour rester à l’esprit des voyageurs. Plusieurs d’entre elles se tournent vers la vidéo pour inciter les visiteurs à prendre un moment d’arrêt et admirer les paysages. Voir la campagne de Tourism Australia.

Source : Australia, Youtube 

Pour plus de détails, consulter le dernier bulletin sur les organisations de gestion de la destination.

Croisières

  • Croisières annulées ou pressées de recommencer. Les compagnies gèrent les contrecoups de la pandémie au cas par cas. Les trois plus grands joueurs — Carnival, Royal Carribean et Norwegian— qui représentent 80 % de la flotte mondiale, prolongent la suspension de leurs activités. Certaines bannières de Carnival annulent leurs voyages pour l’année 2020. D’autres maintiennent leurs bateaux en fonction et leur équipage à bord afin de reprendre le large le plus rapidement possible.
  • Un futur incertain. Une épée de Damoclès pour l’industrie, selon des experts. De populaires destinations comme Dubrovnik, Amsterdam et Santorini conservent leurs restrictions et Fort Lauderdale allonge l’interdiction d’accoster aux navires touristiques commerciaux. L’Organisation mondiale de la santé conseille aux personnes de 70 ans de s’isoler jusqu’à nouvel ordre. La diversification des publics cibles devient une nécessité.
  • Cultiver le goût de naviguer. Les stratégies de promotion du secteur se renouvellent en ces temps de confinement. L’heure est aux tours virtuels et aux capsules de voyages. Vingt minutes de méditation avec des membres d’équipage, une visite de nouveaux navires, un panel avec la présidence de l’entreprise, les idées ne manquent pas.
    • Exemple : La compagnie Lindblad Cruise, de National Geographic, lance le programme Virtual Expedition qui regroupe de courtes vidéos conçues par les membres d’équipage. Chaque capsule vise à découvrir une destination faisant partie des itinéraires offerts.

Source : YouTube

Pour plus de détails, consulter le dernier bulletin sur les croisières.

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Produits et activités

De la cueillette à l’assiette!

Le gouvernement ontarien souhaite renforcer le secteur alimentaire local en encourageant les producteurs et les transformateurs ainsi qu’en favorisant les innovations. Pour ce faire, il a élaboré une stratégie alimentaire reposant sur trois piliers :

– Sensibiliser et éduquer les consommateurs;

– Favoriser l’accès à la nourriture locale;

– Développer une offre suffisamment abondante pour répondre à la demande.

Une initiative qui porte ses fruits

Pour atteindre ces objectifs, plusieurs projets ont été créés par le gouvernement, les municipalités et les entreprises alimentaires. L’un de ceux-ci est 100km Foods, qui connecte directement les chefs et les producteurs alimentaires aux fermes de l’Ontario afin d’offrir un accès à des ingrédients plus frais, de meilleure qualité et uniques à la région. L’outil 100km Foods constitue un réseau de plus de 100 agriculteurs et sert plus de 650 restaurants, détaillants et entreprises alimentaires. Les produits sont récoltés selon les bons de commande et livrés en moins de 24 heures. De plus, l’initiative encourage l’agriculture durable en produisant des résultats positifs quant à la diminution des émissions de GES, à l’amélioration de la rétention d’eau dans les sols, à l’absorption de l’eau par les plantes et, enfin, à la revitalisation des communautés agricoles.

Source : 100km Foods Inc.

Des programmes pour différents secteurs

D’autres initiatives ont été mises sur pied. L’Ontario Local Food Week et Sustain Ontario promeuvent l’alimentation locale dans les communautés. Pour l’industrie touristique, une douzaine de routes culinaires et l’Ontario Culinary Tourism Alliance’s Feast ON mettent en valeur l’agrotourisme et la gastronomie. La province a même développé des initiatives spécifiques aux écoles, par exemple avec le Farm & Food Care Ontario et le Local Food Fund for Schools. Pour les entreprises, Fresh City Farms et Foodland Ontario permettent un accès facile aux produits locaux.

Voilà des mesures profitables, bien sûr, pour les agriculteurs et les restaurateurs, mais surtout pour les visiteurs en quête d’authenticité et de produits frais.

 

Source de l’image à la une : iStock

 

 

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Tourisme durable

Le tourisme durable s’impose!

« Le tourisme durable n’est pas une destination, c’est un voyage. » Cette phrase a été répétée à maintes reprises lors du dernier colloque du Global Sustainable Tourism Council (GSTC), qui s’est tenu aux Açores du 4 au 7 décembre. L’industrie s’implique de plus en plus afin d’assurer la pérennité du milieu dans lequel elle évolue et collabore afin d’optimiser ses pratiques durables.

Ce texte présente une synthèse d’analyses du Réseau de veille en tourisme portant sur le tourisme durable, rédigées au cours des deux dernières années.

Réduire son empreinte environnementale

L’un des défis en tourisme est de réduire son empreinte environnementale, et ce, autant pour l’industrie que pour les touristes. Pour ce faire, diverses organisations ont mis sur pied des idées innovantes.

Transport et durabilité

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Source : Roam Public Transit

Karavaniers a été la première agence de voyages au Canada à inclure systématiquement dans le prix de ses forfaits un montant compensatoire pour les émissions de carbone. Elle donne également 1 % de ses profits à des associations œuvrant pour la protection et la préservation de l’environnement.

Détour Nature est une entreprise québécoise qui organise des excursions guidées d’une journée ainsi que de courts voyages au Québec, au Canada et dans quelques États américains. Cette entreprise collabore avec Planetair depuis 2008 afin de compenser les gaz à effet de serre qu’elle produit.

En janvier 2019, la station suisse SkiArena Andermatt-Sedrun, en partenariat avec Protect Our Winters, a organisé une fin de semaine sans auto dans le but de sensibiliser sa clientèle à son empreinte écologique. Un service de transport en commun était offert.

Hébergement et établissements

Nearly Zero Energy Hotels était un consortium européen créé dans le but d’aider les établissements hôteliers à réduire leur consommation énergétique et leur empreinte carbone. Le projet consistait, entre autres, à fournir des conseils personnalisés et des exemples de bonnes pratiques, notamment en matière de rénovation énergétique. Financée par la Commission européenne et l’Intelligent Energy Europe Programme pour une durée de trois ans (de 2013 à 2016), l’approche a permis des réductions de consommation énergétique allant jusqu’à 70 %.

Responsabilité sociale des entreprises

Il est impossible d’aborder le tourisme durable sans en considérer la contribution sociale, car lorsque celui-ci est bien géré, il engendre divers bénéfices pour les communautés locales.

En réponse aux diverses critiques qu’Airbnb a pu susciter, une nouvelle plateforme coopérative du nom de Fairbnb a été mise en place afin de travailler conjointement avec les acteurs locaux et de redistribuer une part des profits au sein de projets sociaux votés par les résidents. Une version test a été lancée au printemps 2019 dans cinq villes européennes, soit Amsterdam, Barcelone, Bologne, Valence et Venise.

À L’Isle-sur-la-Sorgue, en France, il existe un réseau d’entreprises dites positives, c’est-à-dire que leur économie est basée sur l’altruisme. Joël Gayet, fondateur de la Chaire Attractivité et Nouveau Marketing Territorial, à l’Institut de Management Public et Gouvernance Territoriale (Université d’Aix-Marseille), explique bien ce nouveau concept. L’idée est simple. Un montant minime, tel que 3 euros sur un total de 540 euros, est prélevé sur la facture des clients afin de financer des initiatives locales.

Dans le but de mesurer ses pratiques sociales, la Société des Attractions Touristiques du Québec et Festivals et Événements Québec SATQ-FEQ a annoncé l’actualisation et la bonification du Modèle d’évaluation des pratiques sociales des festivals et événements (MEPS). Cet outil standardisé de valorisation et d’amélioration des pratiques sociales se base sur des indices de performance comme la gestion responsable, la participation sociale et la reconnaissance du milieu. Il permet l’amélioration continue des entreprises afin de valoriser et de créer des retombées positives dans leur milieu. 

Collaborer pour mieux performer

Nous sommes dans une ère de collaboration, on parle même de coopétition. Travailler ensemble au sein d’une stratégie commune permet aux actions d’avoir un plus grand impact sur un plus grand territoire.

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Source : Jarina, EIP-AGRI Workshop

Dans cet esprit, l’Office de tourisme de Ljubljana, en Slovénie, a mis sur pied une chaîne d’approvisionnement verte sous la forme d’une plateforme Web. Par ce guichet unique, les hôteliers et les restaurateurs se sont vu offrir un accès simple et direct aux fermiers locaux et vice versa. L’initiative a connu un vif succès, s’étendant en 2017 à toute la région de la Slovénie du Centre et reliant la capitale à 25 municipalités.

Le Festibière de Gatineau est reconnu dans sa communauté pour faire preuve de leadership en matière de pratiques écoresponsables. Grâce à leur collaboration avec leurs nombreux partenaires, notamment la Ville de Gatineau et l’organisme Enviro Éduc-Action, les gestionnaires du festival ont développé une stratégie pour réduire la quantité de déchets produits et le gaspillage alimentaire.

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Source : Festibière de Gatineau

Communication et éducation pour favoriser l’adoption de pratiques durables

La communication est la clé pour faire adopter des pratiques respectueuses de l’environnement, selon les conférenciers du dernier colloque annuel sur le tourisme durable du GSTC. Cela permet d’inciter les touristes à être plus respectueux des milieux culturels et naturels dans lesquels ils s’immergent, et d’inspirer l’industrie à faire de même.  

Pour les touristes…

L’éducation par le transfert de connaissances est au cœur de la stratégie adoptée par l’Islande, avec The Icelandic Pledge. Il s’agit d’un serment au ton humoristique qui se décline en huit principes essentiels. En 2016, l’Islande a aussi lancé une vidéo en ligne intitulée Iceland Academy, dans laquelle elle fait des recommandations sous forme de cours afin de mieux sensibiliser les vacanciers.

Source : Youtube, Iceland Academy

Le nudge vert consiste à jouer sur le regard des autres à l’aide de leviers décisionnels psychosociologiques, tels que les normes sociales, en utilisant la communication comme outil de transmission. Par exemple, dans un hôtel, un message stipulant que 75 % des clients de la chambre avaient réutilisé leur serviette a eu pour effet de diminuer l’utilisation de serviettes de près de 40 %.

Pour l’industrie…

Le Centre de congrès de Göteborg, en Suède, prend l’avenue éducative en accompagnant les organisateurs qui désirent réaliser un événement durable chez eux. C’est aussi le cas du Centre des congrès de Québec, qui aide les organisateurs répondant aux critères du niveau 1 de la norme 9700-253 – Gestion responsable d’événements, du Bureau de normalisation du Québec (BNQ), à réaliser des événements écoresponsables.

… et pour éviter l’écoblanchiment

 Mettre en place des pratiques durables au sein de son entreprise, c’est bien, mais communiquer son offre, c’est encore mieux. Comment faire connaître ses actions sans tomber dans l’écoblanchiment (greenwashing)?

Nicolas Cournoyer, l’un des quatre fondateurs de Piknic Électronik et d’Igloofest, mentionne qu’il est important de faire connaître ses actions écoresponsables en choisissant celles que l’on désire mettre de l’avant. Il ajoute qu’il faut adopter un discours authentique en assumant que l’organisation n’est pas parfaite, mais qu’elle prend les mesures nécessaires pour adopter des pratiques durables. Afin d’éviter de donner une fausse impression d’écoblanchiment, la transparence et la modestie sont donc les valeurs à retenir dans ses communications avec les clients.

Source : Youtube, Piknic Electronik

Le tourisme durable est en pleine croissance et son application se fait ressentir dans tous les secteurs. Dans le but de le faire rayonner à l’échelle mondiale et pour qu’il ne s’agisse plus uniquement d’une niche, mais bien d’une norme de l’industrie, les entreprises et les organisations ont tout intérêt à collaborer et à faire connaître leurs actions.

Source de l’image à la une : Roam Transit, Pexels et Pixabay

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Produits et activités

L’effervescence de l’œnotourisme

Plusieurs destinations développent leur notoriété et leur offre en œnotourisme, au grand plaisir des amateurs qui sont plus nombreux chaque année. L’engouement pour l’agrotourisme leur est très profitable et le Québec n’échappe pas à cette tendance. De plus, l’achat de produits locaux ou directement chez le producteur inspirent beaucoup les consommateurs. Que ce soit ici ou ailleurs, l’œnotourisme est en pleine effervescence.

 

Tendances : entre tradition et modernité

Les entreprises qui œuvrent dans le secteur de l’œnotourisme innovent et diversifient leurs activités pour répondre aux attentes et exigences de leur clientèle. Voici quelques tendances marquantes de ce secteur. 

La technologie au service du vigneron et du touriste

L’apport des technologies à l’œnotourisme s’amplifie de manière considérable depuis quelques années. L’émergence des start-ups dans le monde du vin accélère les avancées technologiques et innovantes dans ce secteur. Que ce soit pour les vignobles ou les destinations, la collaboration avec les jeunes pousses constitue un avantage pour intégrer des solutions novatrices. Reconnaissance d’images, algorithmes de recommandation, intelligence artificielle ou chaîne de blocs prennent désormais racine à travers les vignes.

L’expertise de deux start-ups, Geoniva et d’Astragale Connect, a permis de développer un projet de géolocalisation dans les domaines ou territoires viticoles pour faciliter la découverte. Avec l’application Geovina Connect, les visiteurs parcourent le site à l’aide de textes, photos et vidéos qu’ils reçoivent pendant leur promenade grâce aux bornes Bluetooth.

De nombreuses plateformes voient également le jour pour créer des itinéraires, prendre contact avec les vignerons et réserver des visites. De jeunes entreprises, telles que Nabuco, Winalist, Vinizos, Vinotrip ou Winetour Booking, aident au développement de la relation avec les consommateurs et d’activités touristiques, en plus de perfectionner et de personnaliser l’offre.

Un écosystème se met en place pour les start-ups. L’Oenotourisme Lab a lancé son premier appel à candidatures en mai 2019. La Wine Tech rassemble près de 70 jeunes entreprises dans le domaine du vin. Quant au MH Lab 78, du groupe Moët Hennessy, il propose une structure de codéveloppement pour adapter les idées innovantes des start-ups, afin de créer de nouveaux modèles dans le secteur. Par exemple, SmartPixels transforme des objets (ou des bouteilles de champagne) en écrans, en y projetant des images 3D ou des vidéos, et Tangible Display offre des présentoirs numériques pour agrémenter l’expérience client (voir vidéo plus bas). L’Open tourisme Lab à Nîmes réalise des Open Event Oenotourisme pour favoriser les rencontres entre les professionnels du vin et du tourisme. 

Source : YouTube

Ludification des vignobles

L’œnotourisme n’est plus un secteur réservé uniquement aux experts. De nouvelles pratiques et activités sont développées pour le grand public, démocratisant ainsi l’accès aux vignobles. En plus d’attirer davantage de visiteurs, elles répondent aux besoins des touristes de vivre des expériences encore plus authentiques et insolites. Outre les randonnées et les excursions qui continuent d’être populaires (à pied, à vélo, en trottinette et même en Segway), voici quelques exemples d’activités originales :  

De nouvelles pratiques et activités sont développées pour le grand public, démocratisant ainsi l’accès aux vignobles.

Le Domaine de la Grave propose un parcours sensoriel à ses visiteurs. À bord d’un train, les amateurs de vin découvrent le vignoble et ses secrets à travers un circuit d’ateliers où les sens, comme le toucher, l’odorat et le goût, sont mis à l’épreuve. L’activité fut le coup de cœur du jury lors des Best Of Wine Tourism en 2018.

Source : YouTube

Les amateurs de vin et de jeux d’évasion peuvent désormais conjuguer leurs passions. Que ce soit à Nantes ou à Blaye, les participants doivent résoudre des énigmes tout en découvrant l’histoire du lieu et de ses produits. Quant à celui organisé à Chinon, il a connu un fort succès selon ses instigateurs, les vignerons Pierre et Bertrand Couly. Les enquêteurs œnologues ont représenté 20 % des visiteurs du domaine en 2018. Ce qui a permis de rentabiliser les investissements en moins de 2 mois au lieu des 18 mois initialement prévus.

Marquer les esprits avec l’architecture

Créer son image de marque grâce à l’architecture continue d’être une tendance significative. Les nouveaux vignobles, musées thématiques, caves ou hôtels démontrent la créativité et la détermination de vignerons conscients que l’architecture attire et que l’œnotourisme prend de l’ampleur.

Ouverte en 2016, l’unique Cité du vin est devenue un attrait majeur à Bordeaux. Les concepteurs du projet à la jonction du centre d’interprétation et d’un musée du vin ont voulu que « chaque détail de l’architecture évoque l’âme du vin et l’élément liquide » (voir la vidéo suivante).

Source : YouTube

Le Château La Dominique s’est démarqué dans la catégorie « Architecture et paysage » lors des Best Wine Tourism 2018, grâce à la nouvelle architecture de son chai. Toutes les nuances du vin sont mises en valeur grâce à la luminosité qui se reflète sur la couleur rouge du bâtiment et de la terrasse.

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Château La Dominique. Crédits : Vinexia, Alain Caboche, 
Herve Lefevre & Guillaume Lachaud.

Dans la commune autrichienne de Langenlois, le design moderne, l’architecture et l’amour du vin fusionnent. Situé au milieu des vignes de la famille Steininger, le projet Loisium surprend avec son hôtel et l’imposant World of Wine. Tandis que le premier propose des traitements de vinothérapie, le second est construit sur des caves de plus de 900 ans et offre une expérience innovante et multisensorielle pour découvrir l’histoire viticole de la région.

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Loisium wine & spa hotel crédit photo : LOISIUM

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World of Wine Langenlois crédit photo : LOISIUM

Qui sont les œnotouristes ?  

D’après l’Organisation mondiale du tourisme, il existe trois profils de clientèle : 

  • Le spécialiste : il possède une connaissance approfondie des vins. Il visite les caves et les vignobles pour l’achat et la dégustation ;
  • L’amateur de vin : il aime le vin et profite de son passage dans un vignoble pour développer ses connaissances ; 
  • L’occasionnel : il a un intérêt faible à modéré pour le vin. Sa visite n’est pas uniquement reliée aux activités vinicoles et les vignobles représentent un attrait comme un autre dans une région.

Aubergiste, à boire ! 

D’après Statistiques Canada, l’ensemble des provinces et des territoires ont enregistré des augmentations des ventes de vin pour l’année 2017-2018. Quant à la consommation, elle a affiché une croissance de 21 % de 2007 à 2017. 

C’est dans la belle province que la part de marché des ventes de vin s’avère la plus élevée. En 2017, elle atteint 44 % des ventes totales de boissons alcoolisées. Le Québec se démarque également sur le plan de la consommation individuelle de ses habitants. Dans la même année, les Québécois ont bu environ 23 litres de vin comparativement à 18,7 litres pour les Britanno-Colombiens et 15,2 litres pour les Ontariens. 

C’est dans la belle province que la part de marché des ventes de vin s’avère la plus élevée.

D’après les chiffres collectés par le MAPAQ, le territoire québécois comptait 145 vignobles en 2017. Les œnotouristes locaux et internationaux ont soif de les découvrir, car ils reflètent la richesse et la culture de leur région.

Avec une offre diversifiée et de bons outils, les vignobles québécois seront encore plus attractifs auprès des touristes. Il suffira de leur tendre la main ou… un verre ?

 

Source de l’image à la une : Unsplash 

 

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Produits et activités

Popsilos : un circuit d’art à hauteur de silos

Avec la collaboration du gouvernement du Canada et de l’agence internationale d’art urbain Ashop, Jen Larocque et Mat Mault ont transformé les silos de cinq fermes ontariennes de la région de Prescott-Russell en impressionnants canevas.

Le circuit Popsilos illustre des icônes du milieu rural. Il invite les visiteurs à découvrir les produits locaux surà travers un court trajet, d’une ferme colorée à l’autre. L’initiative a été renouvelée depuis sa création, à l’occasion du 150e anniversaire de la Confédération du Canada.

En une journée, touristes et excursionnistes peuvent admirer l’enfant en salopette, la fourche à la main, de la Ouimet Farms Adventure, jusqu’à la guêpe géante qui butine la fleur d’un jardin de la ferme Horses by Hannah. Voici une vidéo qui explique le projet.

Source : YouTube

Une idée originale pour combiner les arts et les produits du terroir.

 

Source image à la une : Jennifer Larocque, Popsilos 

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Tourisme durable

De la ferme à l’assiette des touristes, le succès slovène

Interrogés sur les raisons qui les empêchaient d’acheter des produits locaux et de les offrir à leur clientèle, les hôteliers et restaurateurs de la Slovénie en ont identifié deux majeures. C’était d’abord une question de coûts, jugeant les produits du terroir trop chers, et deuxièmement parce qu’ils considéraient le processus d’approvisionnement trop complexe.

Désirant assumer pleinement son statut de « capitale verte » de l’Europe, l’une des ambitions de la ville de Ljubljana consistait à trouver des solutions pour que l’industrie touristique puisse profiter de la richesse des produits régionaux disponibles en abondance.

Jarina, EIP-AGRI Workshop

La solution est venue du côté de Ljubljana Tourism. Lors de l’élaboration de sa stratégie de développement touristique 2014-2020, l’un des principaux constats à propos de son positionnement de destination écologique fût l’absence d’une chaine d’approvisionnement « verte ». Pour y parvenir, il fallait trouver une façon de bâtir cette réputation écologique des restaurants d’hôtels en les aidant à atteindre les critères des différents écolabels reconnus par les consommateurs. Pour obtenir ces certifications (par exemple Travel Life, Ecolabel, Green Key, Bio Hotels, Green Globe, etc.), les établissements devaient gagner l’accès aux fournisseurs locaux et leurs produits du terroir.

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Slovenian Tourist Board

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Good Place

En 2015, Ljubljana Tourism a donc initié un projet pilote intitulé : Green Supply Chains, en partenariat notamment avec l’Institute Factory of Sustainable Tourism et l’organisme Jarina, qui est la Coopérative du développement rural de la Slovénie. L’objectif du Green Supply Chains consiste à accroitre la proportion de nourriture et de boissons disponibles dans les hôtels et les restaurants de Ljubljana et dans ses environs.

Le projet s’est déployé de manière à permettre aux entreprises touristiques de pouvoir acheter une vaste gamme de produits, tous préparés localement et accessibles par l’entremise d’une seule plate-forme en ligne, centralisée et facile à utiliser. Par ce guichet unique, les hôteliers et les restaurateurs se sont vu offrir un accès simple et direct aux fermiers locaux et vice versa. La Coopérative du développement rural agit en tant qu’intermédiaire en représentant ses membres et s’assure de négocier des prix compétitifs pour les deux parties. Les produits sont livrés directement aux entreprises touristiques.

L’initiative a connu un vif succès, s’étendant en 2017 à toute la région de la Slovénie du Centre, reliant la capitale à 25 municipalités additionnelles. Un total de 28 fermes participent à cette chaîne d’approvisionnement qui livre plus de 13 tonnes de produits locaux aux cinq restaurants et aux trois hôtels signataires d’un contrat commercial (six autres établissements sont en processus d’adhésion).

Ce maillage avec le secteur agricole a permis de conscientiser l’industrie touristique quant à l’importance d’offrir des produits régionaux, particulièrement dans une destination urbaine et culturelle comme Ljubljana. Ce partenariat permet non seulement de faire rayonner l’identité culinaire de la ville, mais répond également à la demande de la clientèle touristique désirant consommer des produits authentiques.

Pour les acteurs touristiques, la présence d’une telle chaîne d’approvisionnement structurée devient la meilleure solution possible à un enjeu de taille : la disponibilité constante des ressources pour répondre aux impératifs d’un menu régulier d’une table gastronomique.

Good Place

Mentionnons que la distribution des produits de la coopérative Jarina ne se limite pas au secteur touristique. Elle a initialement développé son réseau de partenariats avec les garderies, les écoles et les résidences de personnes âgées. Ce modèle de commercialisation mis en place par Jarina a évolué sous différentes formes sur une période de 12 ans.

Ce maillage entre les secteurs agricole et touristique ne s’est pas déployé de façon isolée. Cette initiative a découlé d’une volonté plus large de la Slovénie qui s’est donnée comme but de devenir une destination 100 % verte. Cette volonté institutionnelle a tracé la voie et a permis de rendre possible de nombreux projets tels que le Green Supply Chains, issus du modèle de développement durable de la Slovénie. Un manuel abordant les aspects importants concernant le marketing de la marque « Slovenia Green » a d’ailleurs été publié comme outil d’aide aux entreprises touristiques.

Le Québec n’est pas différent des autres destinations ayant un fort potentiel agrotouristique. Il existe un défi de donner un accès simple, abordable et constant aux ressources des producteurs locaux. Alors que la demande pour des produits du terroir, authentiques et à faible empreinte écologique n’ira qu’en augmentant, ce type d’initiative peut certainement servir de source d’inspiration.

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Produits et activités

Coup d’oeil sur les marchés de Noël au Québec

Au Québec, un engouement pour les marchés de Noël se fait sentir. Il en existe plus de 200 à travers la province, de tailles et de types différents. D’après madame Johanne Dubois, présidente du Regroupement des marchés de Noël du Québec (RMNQ), il y a une forte demande pour ce type d’activité et les visiteurs recherchent de plus en plus une expérience lors de leur visite. Les marchés soutiennent le positionnement hivernal des destinations auprès des clientèles québécoises et d’ailleurs.

Les marchés de Noël en quelques chiffres

Dans le plus récent rapport* du RMNQ, 44 % des Québécois ont visité au moins un marché de Noël au cours des trois dernières années (2016-2015-2014). Parmi eux, 71 % l’ont visité dans leur quartier ou leur ville. Aussi, 34 % des répondants ont fréquenté un marché de leur région, mais à l’extérieur de leur ville, durant cette même période. Les visites de marchés de Noël dans un contexte de voyage hors région (avec nuitée) et d’excursion (sans nuitée) sont effectuées par 10 % et 9 % des personnes interrogées.

D’après les données recueillies pour le RMNQ, l’ambiance générale (décoration, odeurs, aménagement, musique, etc.) s’avère la raison principale de la fréquentation des marchés de Noël. Entrer en contact avec les artisans et producteurs locaux tout en découvrant leurs produits constitue également un facteur important de visite.

Se regrouper pour mieux se positionner

C’est en 2016 que des marchés se sont regroupés pour créer le Regroupement des marchés de Noël du Québec. L’objectif est de positionner leur offre pour en faire un produit d’appel hivernal de qualité, tout en stimulant leur milieu et en augmentant les retombées économiques, sociales, touristiques et culturelles sur leur destination.

Dispersés à travers la province, 27 marchés sont membres du RMNQ. Ils répondent à divers critères comme celui d’être constitués d’un minimum de 80 % de producteurs agroalimentaires et d’artisans locaux. Les membres doivent également développer une programmation permettant aux touristes et aux excursionnistes de vivre une expérience culturelle et touristique.

Des routes et des marchés

Le RMNQ propose désormais la Route des marchés de Noël. Cette initiative permet de développer et de mettre en marché une offre organisée de façon cohérente et de se démarquer. Il s’agit d’une belle visibilité pour les membres, qui permet d’effectuer conjointement de la promotion pour attirer une nouvelle clientèle. À l’échelle régionale, trois marchés de Lanaudière (Joliette, Terrebonne et L’Assomption) proposent également une route thématique.

Est-ce que la popularité des marchés de Noël signifie que la magie des Fêtes est plus présente dans le cœur des Québécois ? Qui sait ?

*Note méthodologique : les données ont été recueillies par sondage électronique, du 10 au 13 octobre 2017, par la firme Léger. Le nombre de répondants s’élève à 1022 Québécois âgés de 18 ans ou plus. L’ensemble du rapport a été produit et supervisé par la firme Expérience Stratégique LC.

Source de l’image à la une : Pexels

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Tourisme durable

Le climat change, et vous ?

Alors que les variations climatiques se manifestent plus nettement saison après saison, scientifiques et professionnels du tourisme tirent la sonnette d’alarme et prônent un changement radical des pratiques. Si les gestionnaires sont globalement sensibles à la question, ils sont encore nombreux à se sentir déroutés face aux mesures à adopter. Concrètement, comment s’y prendre ? Voici quelques exemples d’adaptation réussie.

 

Repenser les modèles

L’augmentation des précipitations, la diminution de la couverture nivale ou la variation de la durée des saisons rendent les activités extérieures particulièrement vulnérables aux changements climatiques. Afin de faire face aux températures nouvelles, les exploitants remettent en question la pertinence des modèles traditionnels. Ainsi, la saison hivernale est condensée et plus d’événements et d’activités connexes sont proposés sur une plus courte période. La tarification est également repensée. Un billet unique peut donner accès à une variété d’expériences et si l’équipement le permet, les visiteurs peuvent même changer d’activité au milieu de leur journée.

Bien conscients que la variabilité de l’enneigement menace la qualité de l’offre hivernale, la station de ski Prat Peyrot du massif de l’Aigoual, en France, a entrepris de se reconvertir en écostation multisaisons. Issu d’un échange entre les élus locaux et les professionnels, le processus se veut participatif et intègre les considérations des experts, des citoyens, des organes gouvernementaux, des visiteurs et de l’industrie touristique. D’ici 2020, l’ensemble du territoire devrait être multiactivités et accueillir une voie de découverte de 5 km, mais aussi des sentiers de vélo de montagne, de randonnée et de raquette, des circuits d’interprétation et une course d’orientation.

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Source : ademe.fr

Dans un contexte où chaque action de l’industrie peut avoir des répercussions sur les milieux hôtes, la vocation même des activités peut être élargie. Ainsi, si le camping est, certes, associé à un moment de détente, l’association Camping Québec, y voit une occasion de sensibiliser les visiteurs au développement durable. En s’associant à l’OBNL Sans Trace Canada, Camping Canada a mis en place un code de conduite pour minimiser l’impact de l’activité sur l’environnement et initier les campeurs au tourisme responsable. Le programme s’articule autour de sept grands principes :

 

  Les 7 principes Sans Trace 

  Préparez-vous et prévoyez

  Utilisez les surfaces durables

  Gérez adéquatement les déchets

  Laissez intact ce que vous trouvez

  Minimisez l’impact des feux

  Respectez la vie sauvage

  Respectez les autres usagers 

Source : Sans Trace Canada


Proposer une offre alternative

Les bouleversements climatiques menacent la relative stabilité de la météo, laquelle est nécessaire à toute planification stratégique. Pour contrer cette réalité et assurer une satisfaction des visiteurs, peu importe les températures, le Domaine Enchanteur, en Mauricie, propose une large variété d’activités. Alors que l’offre initiale se composait d’un réseau de sentiers glacés dans les bois, difficile à entretenir en cas de redoux, le domaine propose maintenant des expériences moins vulnérables aux caprices de mère Nature : de la raquette, un parc animalier, un parcours d’hébertisme, un labyrinthe suspendu ou encore, une balade en petit train.

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Source : Domaine Enchanteur

L’agrotourisme aussi a recours à la diversification de l’offre pour compenser le raccourcissement des saisons touristiques. Le Domaine Labranche, une érablière de la Montérégie récipiendaire de nombreuses distinctions, possède également un verger et produit du vin et différents alcools. Les propriétaires ont décliné le concept de la cabane à sucre pour proposer des expériences de restauration connexes : la « Cabane à pommes » et la « Cabane en fêtes ». En adoptant cette stratégie, le domaine peut désormais accueillir les visiteurs sur trois saisons (hiver, printemps et automne).

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Source : Domaine Labranche

Dans le même ordre d’idée, la station de ski Bromont, qui a adopté la nouvelle appellation Bromont, montagne d’expériences, propose des activités tout au long de l’année afin d’assurer une présence constante des visiteurs sur la montagne. Ski en hiver, vélo de montagne à l’année et parc aquatique en été, la station mise également sur les événements pour montrer son dynamisme et se positionner comme la référence en matière de plein air.

Appuyer l’innovation

Issu d’un partenariat entre différents experts de l’industrie touristique et de la recherche sur les changements climatiques, le Living Lab Laurentides est géré par Tourisme Laurentides. L’objectif est d’appuyer des projets qui proposent des mesures pour atténuer les conséquences du changement climatique et minimiser l’émission de gaz à effet de serre, mais également d’explorer des options proactives entraînant une transformation des pratiques d’affaires de l’ensemble des acteurs de l’industrie. À ce jour, trois projets ont déjà intégré le Living Lab Laurentides.

Parc linéaire Le P’tit Train du Nord

Le Living Lab soutient les gestionnaires du P’tit Train du Nord pour effectuer une recherche sur différentes options de revêtement de sol pour piste cyclable. En s’inspirant des bonnes pratiques internationales, l’analyse devrait aboutir à l’utilisation de matériaux recyclés ou végétaux pour un sentier cyclable qui tolère mieux les épisodes de chaleur et les pluies abondantes. Tout au long du processus, des experts, mais également les usagers, seront consultés.

Source : Tourisme Laurentides

Ville de Saint-Sauveur

Pendant les périodes de pics touristiques, de nombreux visiteurs affluent en véhicules motorisés dans le centre-ville de Saint-Sauveur. Tout en augmentant sensiblement les émissions de gaz à effet de serre, cette situation menace la qualité de vie des résidents aussi bien que l’expérience des voyageurs. Le Living Lab accompagne la Ville de Saint-Sauveur pour la mise en place d’un système gratuit de navette en autobus électrique. Les visiteurs et les résidents sont invités à stationner leur véhicule en périphérie du centre-ville et à utiliser ce mode de transport plus responsable.

Adaptation des sentiers

Alors que la Station Mont-Tremblant, la Ville de Mont-Tremblant et le Parc régional de la Montagne du Diable voyaient simultanément la qualité de leurs sentiers de randonnée menacée par les nouvelles réalités climatiques, le Living Lab les a réunis sous un même projet. L’objectif est d’identifier des options d’aménagement afin de lutter contre l’érosion des pistes et des infrastructures due aux fortes pluies, mais aussi de renforcer la sécurité des usagers et la protection de l’environnement.

Ces initiatives inspirantes atténuent l’aspect inéluctable des changements climatiques en misant sur la proactivité, le partenariat, l’adaptation et l’innovation. Et vous, quelles actions avez-vous déjà mises en place ?

 

Source de l’image à la Une : Pexels