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Les voyageurs d’affaires québécois

Plus d’un voyageur québécois sur cinq (22 %) a effectué au moins un déplacement professionnel au cours des deux dernières années (entre novembre 2020 et novembre 2022). Plus spécifiquement, 19 % l’ont fait au Québec et 9 % hors Québec. Voilà un des grands constats qui ressort de la plus récente enquête effectuée par la Chaire de Tourisme Transat auprès de 1007 voyageurs québécois, du 21 au 25 novembre 2022. 

Définition de voyageur québécois : 

 

Québécois ayant séjourné au moins une nuitée à l’extérieur de son domicile dans le cadre d’un voyage d’agrément au cours des deux dernières années.

La tendance du bleisure se concrétise auprès d’un bon nombre de voyageurs d’affaires québécois. En effet, un peu plus du tiers (34 %) ont prolongé un déplacement professionnel au Québec d’au moins une nuitée au cours des deux dernières années. De ce nombre, 55 % ont voyagé avec des proches. Ils ont ajouté en moyenne deux nuitées au séjour d’affaires prolongé, à des fins de loisirs ou d’agrément. 

Profil des voyageurs d’affaires québécois

Les voyageurs d’affaires québécois sont majoritairement des hommes (63 %), dont le ménage dispose d’un revenu plus élevé que la moyenne (20 % gagnent un revenu brut de plus de 150 000 $, contre 12 % de tous les voyageurs sondés). Une forte proportion occupe des emplois qui leur permettent de travailler à distance (63 % contre 41 %). D’autres informations d’ordre sociodémographique les distinguent des voyageurs québécois, les voici : 

Projection des déplacements d’affaires pour 2023

Les voyageurs québécois qui ont fait un déplacement professionnel au cours des deux dernières années envisagent davantage au moins un voyage d’affaires en 2023 que l’ensemble des répondants (59 % contre 18 %). Lorsqu’interrogé sur les destinations de ces séjours, un voyageur sur deux mentionne le Québec.  

Les déplacements professionnels seront encore une fois l’occasion pour plusieurs de prolonger un séjour d’affaires grâce au télétravail ; 20 % des voyageurs qui ont fait un déplacement professionnel au Québec et qui seront en télétravail prévoient le faire en 2023. Car oui, une grande proportion de ce groupe de voyageurs (45 % contre 28 % de tous les répondants) pourra à nouveau travailler à distance cette année. Combien de jours additionnels resteront-ils à destination ? L’enquête de la Chaire n’a pas cette réponse, mais cela pourrait bien dépendre des propositions touristiques qu’ils recevront ! 

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Quel avenir pour l’hôtellerie urbaine ?

Qui occupera les hôtels en milieu urbain si le volume des déplacements d’affaires n’atteint pas les seuils observés avant la pandémie ? Comment les hôteliers peuvent-ils imaginer à nouveau l’espace, tenter d’augmenter l’achalandage ou d’attirer une clientèle différente ? Ce sont des questions auxquelles l’Association romande des hôteliers (ARH), l’École Hôtelière de Lausanne (EHL) et l’Institut de tourisme de la HES-SO Valais-Wallis ainsi que divers partenaires de l’industrie ont tenté de répondre lors d’une récente étude de 2021. Cette dernière répertorie des stratégies innovantes qui répondent à cet enjeu de fréquentation.  

La méthodologie employée

Les porteurs du projet ont d’abord sondé différents établissements hôteliers suisses pour comprendre les défis de la reprise graduelle des activités. Les résultats de cette première enquête mettent en évidence qu’une majorité d’hôteliers souhaitent travailler de concert avec les acteurs urbains pour mieux exploiter les atouts de la ville. À la suite de cette démarche, un concours d’idées destiné au grand public a été lancé ; l’objectif était de générer de nouvelles réflexions et de promouvoir l’avis de la population.  

Source de l’image : Conférence L’avenir des hôtels urbains 

Après le concours d’idées, trois groupes de réflexion composés de professionnels de l’industrie hôtelière et de secteurs connexes (architectes, designers, économistes, professionnels du tourisme…) se sont réunis au cours de divers ateliers. La discussion convergeait vers un point : l’hôtel devait redevenir un lieu de vie multifonctionnel. Un second sondage rassemblant des propositions plus précises a ensuite été envoyé aux hôteliers participants. Enfin, des groupes de discussions regroupant des experts de divers horizons ont permis d’évaluer la faisabilité des propositions les plus populaires et d’effectuer un travail de synthèse.  

L’hôtel urbain doit redevenir un lieu de vie multifonctionnel.

La Chaire de tourisme Transat s’est entretenue avec une partie prenante active du projet, le Dr Roland Schegg, professeur à la Haute école spécialisée de Suisse occidentale en Valais (HES-SO Valais-Wallis) et chercheur à l’Institut du tourisme (ITO), pour commenter les résultats de ce processus d’idéation : « Ce qui est difficile en tant que chercheur, c’est qu’on ne va pas mettre en œuvre les idées, on tente le plus possible avec cet exercice d’inspirer les hôteliers, à la fin c’est une décision entrepreneuriale ; certaines des propositions formulées peuvent fonctionner pour un établissement et pour un autre, non ».  

Source de l’image : Conférence L’avenir des hôtels urbains 

Les constats obtenus

À la suite de cet exercice de consultation, les parties prenantes de l’étude proposent des pistes de réflexion et des stratégies de relance pouvant appuyer le secteur hôtelier urbain. Ces dernières sont regroupées dans un recueil selon quatre thématiques principales. 

 

Cœur de quartier 

Le recueil suggère que les hôtels urbains s’ouvrent sur leur quartier pour devenir un noyau social invitant, tant pour la population que pour les touristes en visite. Ces établissements favoriseraient la rencontre entre les visiteurs et les visités ; ils feraient ainsi office de lieu d’échange convivial et accessible. Les hôtels pourraient alors proposer à des artisans locaux de présenter leurs produits de manière sporadique à la réception. Pour ceux disposant d’un restaurant, pourquoi ne pas offrir des cours de cuisine en saison plus calme ? La diversification des activités générerait des revenus supplémentaires et renforcerait la visibilité du lieu.  

Le programme montréalais Passerelle est un bel exemple d’initiative qui invite les résidents comme les voyageurs à (re)découvrir leur hôtel de quartier en participant à des représentations d’artistes locaux.  

 

Hôtel hybride

Les hôtels en milieux urbains gagneraient à imaginer une reconfiguration plus flexible de leurs espaces pour répondre à de nouveaux besoins et attirer une clientèle diversifiée. En plus des chambres, on pourrait mettre à disposition des espaces de soins, des boutiques et marchés et des salles de réunions. Cette diversification du modèle d’affaires viendrait également cibler des segments de clientèle qui n’habitent pas en ville à longueur d’année, par exemple les étudiants ou les travailleurs saisonniers. Il serait alors envisageable d’offrir des tarifs différenciés se basant sur la durée des séjours et les services utilisés (buanderie, casiers, cuisine…).  

Le modèle d’hébergement au séjour prolongé se base en partie sur ce principe et voit de plus en plus le jour au Québec et ailleurs dans le monde. C’est notamment ce que propose le Hampton Inn et Homewood Suites par Hilton situé dans le quartier chinois montréalais. En Europe, on retrouve le concept d’Edgar Suites ou du The Student Hotel.  

 

Espace de coworking 

En relation avec cette configuration plus flexible et hybride des lieux, les hôtels urbains pourraient proposer des espaces de travail aux personnes en télétravail ou en formule hybride. Les pièces devraient disposer du matériel nécessaire (prises, écrans, ordinateurs…) pour accueillir ce type de clientèle, mais avant tout favoriser les échanges et permettre l’interaction entre collègues. Les hôtels auraient alors l’opportunité de devenir des lieux de réseautage favorisant le bien-être des employés. Il pourrait être intéressant de proposer des forfaits incluant un repas ou une activité ou même d’établir des partenariats avec des entreprises locales spécialisées dans le coworking. 

C’est ce qu’a fait le groupe Accor pour l’un de ses hôtels lors du dernier tournoi Roland-Garros. La société a collaboré avec Wojo, un réseau européen d’espaces de travail, pour transformer certains lieux en postes éphémères de coworking.  

 

Hôtel destination 

Le recueil suggère enfin aux hôtels urbains d’enrichir leur offre dans l’objectif d’être bien plus qu’un simple lieu de passage pour les voyageurs. Proposer plusieurs activités au sein de l’établissement ou à proximité pourrait en faire le produit d’appel de la destination. Le mot d’ordre : personnalisation. Cette démarche leur permettrait d’attirer des segments de clientèle diversifiés, comme des familles ou des voyageurs d’affaires qui souhaiteraient prolonger leur séjour sans trop se casser la tête.  

Pour la suite, M. Schegg souhaite notamment réfléchir à la pénurie de main-d’œuvre. À son avis, il sera primordial de repenser les processus des entreprises touristiques pour s’adapter aux demandes des nouvelles générations qui placent leur qualité de vie comme une priorité. Il ajoute qu’il est nécessaire, en tant que gestionnaire, de prendre le temps de sortir de son quotidien, de voir ce qui se fait ailleurs et de se mettre dans la peau du client. Prendre du recul n’est pas du temps perdu.   

Chose certaine, les idées ne manquent pas. Les hôtels urbains qui s’adapteront à la nouvelle réalité des villes auront la possibilité de devenir des pionniers dans le secteur.  

Pour consulter le plus récent rapport rédigé par le Dr Roland Schegg et ses collègues en lien avec la gestion de crise et le secteur hôtelier, cliquez ici.  

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Source des icônes : Rapport Avenir de l’hôtellerie d’affaires urbaine

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Suivre l’évolution des déplacements d’affaires

Le secteur vit de profondes turbulences depuis 2020. Bien que certains déplacements aient repris leur rythme prépandémique, d’autres se font toujours attendre. Que disent les chiffres à propos de la performance mondiale des derniers mois et quelles sont les tendances qui rythmeront ce secteur à l’avenir ?  

Selon le plus récent index sur les voyages d’affaires de la Global Business Travel Association (GBTA), les dépenses mondiales de 2022 devraient atteindre 65 % des dépenses observées en 2019, ce qui représente une progression de 34 % par rapport à 2021. Le secteur pourrait devoir patienter jusqu’en 2026 pour retrouver ou dépasser les niveaux de dépenses comptabilisés juste avant la pandémie, soit la somme de 1,4 billion de dollars américains.  

Plusieurs facteurs complexifient la reprise, notamment les enjeux géopolitiques, l’inflation et l’impact de la hausse du prix de l’énergie sur le coût des voyages, les perturbations provenant des chaînes d’approvisionnement ainsi que les contrecoups de la pénurie de main-d’œuvre sur la fluidité des opérations. À cela s’ajoutent les besoins de profitabilité des entreprises, leur volonté d’atteindre des objectifs de réduction d’émissions de carbone ainsi que l’usage d’outils de communication efficaces facilitant les réunions à distance (lire aussi : les grands défis du tourisme d’affaires). 

La relance du secteur au Québec

De nouveaux comportements émergent et représentent parfois un casse-tête pour les lieux d’accueil.

La reprise des événements d’affaires se fait bien sentir dans les hôtels et centres de congrès de la province. Depuis le printemps 2022, la demande est au rendez-vous et certains lieux peinent même à y répondre.  

Bien qu’il y ait une volonté des individus à reprendre les rencontres en personne, de nouveaux comportements émergent et représentent parfois un casse-tête pour les lieux d’accueil, par exemple : 

– des annulations de dernière minute qui touchent parfois jusqu’à 20 % des invités ; 

– une hausse des demandes pour des réunions et événements de petite taille, ce qui nécessite une reconfiguration des espaces ;  

– une demande pour des événements plus créatifs qui offriront une réelle valeur ajoutée pour les délégués qui se déplacent ; 

– des réservations effectuées peu de temps avant l’événement, ce qui demande une grande réactivité. 

Sans oublier la pénurie de main-d’œuvre qui continue de faire mal aux entreprises du secteur et qui les empêche, dans certains cas, de rebondir aussi rapidement que souhaité. 

Les nouvelles modalités de travail engendrent d’autres types de déplacements

Se rendre au bureau serait-il devenu un déplacement d’affaires pour les employés en télétravail ? Une rencontre avec ses collègues constitue-t-elle un événement professionnel ? Oui et non, selon le contexte. Chose certaine, le secteur se trouve en pleine mutation ! 

Plusieurs organisations qui préconisent le télétravail (partiel ou total) adaptent leurs façons de se réunir. Pour compenser la relation à distance que vivent leurs employés, certaines sociétés organisent plus fréquemment des séminaires, des réunions ou des activités qui visent à resserrer les liens entre chacun. Dans bien des cas, c’est aussi l’occasion de mobiliser l’équipe à l’extérieur du bureau.  

Ce type de rassemblement prend désormais différentes formes et pour s’adapter au phénomène, plusieurs destinations actualisent leur positionnement en tourisme d’affaires. Joindre l’utile à l’agréable devient le mot d’ordre, car bien que ces rencontres soient d’ordre professionnel, elles doivent aussi être plaisantes.  

C’est le cas de la Suisse, qui aborde le sujet avec humour à travers une vidéo promotionnelle intitulée « Nous avons besoin de voyages d’affaires avec un air de vacances. », qui témoigne de l’attrait pour ces rencontres « nouveau genre ».   

 

La campagne promotionnelle « Montérégie – Destination affaires rêvée » véhicule cette même idée de travail et de plaisir. En fusionnant des expériences de bien-être et d’agrotourisme à son offre de réunion et de congrès, la région se positionne stratégiquement. 

 

Étirer le temps et profiter du déplacement

Une tendance qui poursuit sa lancée est celle des voyages de type bleisure. Déjà avant la pandémie, prolonger un déplacement professionnel pour des motifs d’agrément constituait une pratique populaire pour un bon nombre de voyageurs d’affaires, particulièrement chez les millénariaux (lire aussi : Regard sur les tendances du tourisme d’affaires). Selon les données du Future Market Insights report, le bleisure représente de 30 % à 35 % du marché mondial des voyages d’affaires. 

Plusieurs facteurs contribueront à la croissance de ce type de voyage, notamment : 

– l’usage courant d’équipement technologique efficace (un legs de la pandémie) ; 

– la stabilisation des politiques de télétravail dans les organisations ;  

– la volonté des employeurs d’offrir des conditions de travail attractives et qui favoriseront la rétention du personnel. 

Les voyages de type bleisure évoluent. Ils s’effectuent en solo, entre collègues, avec des amis et même en famille. Si certains avaient l’habitude d’ajouter quelques jours d’agrément à leur déplacement, le télétravail ouvre maintenant la porte à l’ajout de plusieurs périodes de travail qui s’effectueront à distance. Selon les politiques internes de leur employeur, les adeptes du bleisure ont la possibilité de réaliser des séjours plus longs à destination. 

Faire preuve de prudence en cette période encore incertaine

Certains phénomènes entourant les déplacements d’affaires pourraient n’être que transitoires. Plusieurs organisations tentent de nouvelles approches et évaluent les options qui s’offrent à elles. Il faut se rappeler que le secteur vit de profondes turbulences et que l’écosystème qui dessert cette clientèle devra encore faire preuve d’agilité et d’adaptation. 

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4 profils de voyageurs d’affaires

L’assouplissement des mesures privilégiant l’application du télétravail laisse présager le retour au bureau de nombreux employés à partir du 15 novembre. Ceci constitue une étape importante pour la vitalité des milieux urbains, mais également dans la reprise graduelle des déplacements d’affaires. Au Québec, ainsi que dans le reste du pays, les taux de vaccination élevés et le faible nombre d’infections quotidiennes à la COVID-19 créent un climat favorable au retour des activités professionnelles en présence. Selon Julia Simpson, présidente-directrice générale du World Travel & Tourism Council, le Canada (et l’Amérique du Nord) se trouve dans une posture avantageuse pour rebondir dans plusieurs secteurs touristiques.

Quels voyageurs d’affaires reprennent la route ?

Les analystes du cabinet-conseil McKinsey & Company ont réparti les voyageurs d’affaires en quatre profils en tenant compte de trois indicateurs : le secteur d’activité des entreprises pour lequel ils travaillent, le motif du voyage et la proximité du déplacement (local ou international). Les voici :

  1. « Ceux qui n’ont jamais arrêté de voyager » 

En 2019, le profil « never left » effectuait environ 15 % de toutes les dépenses du secteur affaires. Durant la pandémie, les déplacements de ces individus étaient jugés essentiels. Ils ont recommencé à voyager dès que les restrictions sanitaires se sont assouplies. Ce groupe comprend, entre autres, les dirigeants d’entreprises manufacturières qui gèrent de nombreuses usines et des travailleurs sur le terrain.

  1. « Ceux qui ne reviendront jamais »

En 2019, le profil « never returning » effectuait environ 20 % de toutes les dépenses du secteur affaires. Ce groupe de travailleurs a su maintenir des niveaux élevés d’efficacité durant les derniers mois, même en travaillant à distance. Ils ont tiré profit des outils technologiques pour améliorer leurs façons de faire. Certains pourraient réaliser des voyages d’affaires dans le futur, mais à un niveau beaucoup plus faible qu’auparavant.

  1. « Ceux qui ont peur de passer à côté de quelque chose »

En 2019, le profil « fear of missing out » effectuait environ 60 % de toutes les dépenses du secteur affaires. Ce segment se déplace principalement pour entretenir des relations avec des clients. La reprise devrait se faire plus rapidement chez les petites et moyennes entreprises (PME), car elles sont moins assujetties au processus d’approbation rigoureux des grandes sociétés. Les PME pourraient ainsi déclencher un certain effet domino qui catalysera le retour des voyages d’affaires des entreprises concurrentes.

  1. « Ceux qui attendent de voir ce qui se passera »

En 2019, le profil « wait and see » effectuait environ 5 % de toutes les dépenses du secteur affaires. Il se compose de travailleurs qui occupent des rôles dans des industries relativement non concurrentielles : secteur public, associations professionnelles, organisations à but non lucratif. Pendant la pandémie, ce segment a pu organiser des événements virtuels pour remplacer les conférences en personne et pourrait être plus réticent à reprendre la route.

Comment s’effectue le retour des voyageurs d’affaires ?

D’après McKinsey & Company, la vitesse à laquelle le secteur reprend graduellement ses activités varie selon la distance et le motif du voyage. Ainsi, les déplacements régionaux s’inscrivent parmi les premiers à revoir le jour, suivis des déplacements à l’échelle nationale, puis internationale. Les rendez-vous associés aux ventes priment sur les réunions internes et les conférences à grand déploiement.

tourisme affaires deplacement

Retrouverons-nous l’affluence de 2019 ?

Selon la U.S. Travel Association, le secteur du tourisme d’affaires ne connaîtra pas l’affluence de 2019 avant 2024. Cependant, trop d’incertitudes persistent pour répondre catégoriquement à la question. Néanmoins, si le contexte épidémiologique actuel se maintient au cours des prochains mois au Québec (et au Canada), plusieurs experts sont optimistes. Dès le printemps 2022, un nombre accru de congrès et d’événements professionnels se tiendrait en présence. Ce mouvement de reprise joue positivement sur la confiance du secteur.

Source de l’image à la une: Samarth Singhai de Pexels 

 

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Les grands défis du tourisme d’affaires

Les répercussions de la COVID-19 sur les déplacements et rassemblements professionnels sont majeures et pourraient laisser des séquelles à plus long terme. L’agence de presse Bloomberg a analysé le futur des voyages d’affaires de 45 grandes compagnies situées aux États-Unis, en Europe et en Asie. D’après ces données, 84 % des répondants prévoient réduire leurs dépenses de voyage après la pandémie, par rapport à l’année 2019. L’enquête met en lumière trois principales raisons : l’efficacité des outils technologiques, l’importance de réduire les émissions de carbone et les coûts associés aux déplacements.

 L’évolution du monde du travail

Les entreprises de toutes tailles ont investi des sommes considérables pour intégrer des solutions technologiques qui permettent à leurs employés de travailler à distance. En plus d’être demeurées fonctionnelles, certaines sont désormais plus performantes. Pour plusieurs, ces gains se calculent en temps, en argent ainsi qu’en qualité de vie pour leurs effectifs. Plus les mois s’écoulent, plus les habitudes s’installent. De nombreux gestionnaires se demandent maintenant s’il est envisageable de retourner en arrière.

Un fossé se creuse graduellement entre l’« avant » et l’« après » pandémie. Cette période contraint les dirigeants à entamer d’importantes réflexions, notamment sur leurs politiques organisationnelles internes. C’est pourquoi tant d’entreprises évaluent actuellement la place qui sera accordée au télétravail (total ou partiel), aux horaires flexibles et aux déplacements. Bien sûr, le futur sera nuancé pour davantage équilibrer la vie professionnelle des employés. Cependant, cette évolution du monde du travail, induite entre autres par des technologies de communication efficaces, aura indubitablement des répercussions sur le tourisme d’affaires.

Cette évolution du monde du travail, induite entre autres par des technologies de communication efficaces, aura indubitablement des répercussions sur le tourisme d’affaires.

D’après un sondage effectué par la firme Morgan Stanley auprès de 138 gestionnaires de voyage entre le 30 juin et le 12 juillet 2021, 27 % des déplacements d’affaires prévoient être remplacés par des réunions virtuelles en 2022 et 19 % en 2023.

La responsabilité des entreprises face aux changements climatiques

L’impact des voyages professionnels sur le bilan carbone des organisations fait également réfléchir les gestionnaires. Depuis leur absence, ou forte diminution, plusieurs constatent la part substantielle d’émissions de gaz à effet de serre associée à leurs allées et venues.

La responsabilité sociale des entreprises (RSE) s’insère depuis quelques années dans les stratégies commerciales des petites et grandes sociétés. Aujourd’hui, nombreuses s’entendent pour dire que la relance doit impérativement être durable si l’on souhaite affronter l’autre crise, soit celle associée aux changements climatiques. Selon une analyse de la firme d’intelligence d’affaires Skift, un grand nombre de multinationales visent l’objectif commun de réduire de 30 % leurs émissions d’ici 2030 et de devenir neutre en carbone d’ici 2050. Pour tenir leur engagement, préserver leur marque employeur et instaurer la confiance, bon nombre de ces entreprises limiteront inévitablement leurs futurs voyages d’affaires.

La Science Based Targets initiative, un partenariat entre le CDP, le Pacte mondial des Nations Unies, le World Resources Institute et le World Wide Fund for Nature, produit un répertoire dans lequel il est possible de prendre connaissance des objectifs établis par plus de 1800 compagnies. 

Les coûts versus les bénéfices

Tout déplacement professionnel ne s’équivaut pas. Les motifs sont sous la loupe des dirigeants qui constatent les économies encaissées au cours des derniers mois. Ainsi, le poids d’une rencontre avec un client ou un prospect diffère de celui d’une réunion interne. La participation à une conférence éducationnelle n’a pas non plus la même valeur que la présence à un congrès dédié au développement d’affaires.

Il y a certes un coût à se déplacer, mais aussi un coût à ne pas le faire. Manquer des occasions d’affaires peut engendrer d’importantes pertes aux entreprises trop réticentes à retourner sur la route. Cependant, la décision de partir ne se prend plus les yeux fermés, car un certain retour sur l’investissement est attendu. C’est notamment le cas de l’entreprise pharmaceutique Pfizer qui prévoit réduire considérablement les va-et-vient de ses employés par rapport aux années prépandémiques. La nouvelle politique de voyage de la compagnie mise sur une meilleure compréhension des motifs qui justifient un déplacement. En d’autres termes, qu’est-ce qui serait accompli sur place qui ne pourrait pas l’être virtuellement ?

La décision de partir ne se prend plus les yeux fermés, car un certain retour sur l’investissement est attendu.

D’après le cabinet-conseil McKinsey & Company, la vitesse à laquelle le secteur reprend graduellement ses activités varie selon la distance et le motif du voyage. Ainsi, les déplacements régionaux s’inscrivent parmi les premiers à revoir le jour, suivis des transports à l’échelle nationale, puis internationale. Les rendez-vous associés aux ventes priment sur les réunions internes et les conférences à grand déploiement.

Un secteur contraint à s’adapter

De nombreux centres de congrès et hôtels ont dû repenser leur offre de services dans le but de mieux accompagner leurs clientèles dans la réalisation de leur mission événementielle. La production de conférences virtuelles et hybrides a nécessité l’acquisition d’équipement de pointe et de talents spécialisés en TI. Le contexte mouvant dans lequel se trouve le tourisme d’affaires impose depuis 18 mois une constante adaptation des joueurs et met en évidence l’importance d’avoir des équipes agiles.

Devenus experts en report d’événements, les gestionnaires n’en finissent plus de jongler avec des scénarios A, B et C. En plus de se conformer aux mesures sanitaires et aux restrictions frontalières, les professionnels du secteur doivent aussi tenir compte des grandes tendances qui définissent le milieu des affaires.

Le besoin de renouer en face à face avec des clients, des fournisseurs, des partenaires et des collègues est bien réel. Toutefois, considérant les nouvelles orientations des entreprises, il est légitime de se demander à quels niveaux (distance, motif et fréquence de déplacement) les organisations laisseront désormais leurs talents voyager. Dans ce contexte, l’industrie devra faire preuve, encore une fois, d’une grande résilience.

 

Source de l’image à la une : Photo de nappy provenant de Pexels

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Expériences culturelles : nouveaux modèles d’affaires inspirants au Québec

Au Québec, dès mars 2020, plusieurs organisations ont offert aux aficionados des propositions culturelles riches, bien que totalement gratuites. En période incertaine et dans une perspective temporaire, ces initiatives apparaissaient alors comme une démonstration de générosité et de solidarité, voire de résilience. Par la suite, la survie des entreprises entrait en jeu : l’industrie a compris que passer à travers cette crise inédite nécessiterait d’adapter son modèle d’affaires.

Un nouveau souffle pour la réalité virtuelle

La réalité virtuelle (RV) jouit d’un nouvel élan. En plus de bénéficier de l’arrivée de lunettes plus abordables et de la présence d’une offre de plus en plus diversifiée, elle permet de vivre des expériences immersives à distance.

PHI VR TO GO : une expérience virtuelle à emporter

Avec le confinement, le Centre Phi de Montréal, qui se situe au carrefour de l’art, du cinéma, de la musique, du design et de la technologie, ne pouvait plus permettre la rencontre in situ avec le public. L’équipe du musée a alors proposé un service de location de casques de RV, disponibles en collecte ou en livraison. La formule est simple : une programmation de dix œuvres en RV à dévorer en 48 h dans le confort de son salon. Lorsque les institutions culturelles ont rouvert à l’été 2020, le projet PHI VR TO GO avait un tel succès que le concept a survécu et s’est pourvu d’une seconde programmation. Sécuritaire, personnalisé selon les intérêts des usagers et accessible à tous, le concept s’est même exporté à l’international. Il était ainsi disponible, entre autres, au CENTQUATRE-PARIS.

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Source : PHI VR TO GO

Hoppin’ World, la RV sociale 

Hoppin’ World amène le public à découvrir des régions du Québec à l’aide de vidéos à 360° en réalité virtuelle sociale. La RV sociale permet de se
« téléporter » à plusieurs pour vivre l’émotion sans l’effet d’isolement que peut procurer le casque. Les attraits culturels touristiques sont ainsi valorisés en amont de la visite avec une expérience guidée comportant des vues inédites (ex. être sur la scène à côté du musicien, voler à bord d’un hélicoptère, etc.). Voilà une occasion pour les agences de voyages, par exemple, d’effectuer la promotion des expériences touristiques d’une destination.

Source : Youtube, Hoppin’

Les expériences hybrides

Se sucrer le bec à la maison : la coopétition au service des traditions

À l’annonce de la pandémie en 2020, les cabanes à sucre se sont retrouvées privées de leurs revenus saisonniers. À l’approche d’une seconde saison en confinement, elles ont initié le projet Ma cabane à la maison pour bénéficier d’un appui pécuniaire en 2021.

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Source : Ma cabane à la maison

Les clients devaient choisir en ligne un menu concocté par l’une des érablières participantes. Puis, ils se faisaient livrer ou allaient récupérer leur festin. Un spectacle musical, rassemblant des artistes québécois, était disponible sur une plateforme numérique pour accompagner leur repas composé essentiellement de produits locaux. Le concept a eu un franc succès. Deux mois après le lancement du projet, 500 000 boîtes avaient été commandées. Plusieurs entreprises participantes envisagent de maintenir ce service toute l’année. Un service qui pourrait même se déployer dans d’autres provinces canadiennes. Une belle manière de favoriser le rayonnement culturel québécois !

La réalité mixte (XR) comme parcours hybride

Prologue est une jeune société québécoise qui conçoit des expériences immersives en temps réel basées sur la localisation. Utilisant la réalité augmentée, la vision industrielle et la spatialisation sonore, les contenus XR portables racontent des histoires situées dans des espaces spécifiques, publics ou privés, afin d’étendre l’expérience qu’offrent les attraits et les événements grand public. La pandémie a amené Jonathan Rouxel, PDG & directeur de création de Prologue à pousser sa plateforme de divertissement VoiceTrip™ comme une nouvelle façon de créer des galeries à ciel ouvert permettant de découvrir différents endroits de Montréal de façon ludique, artistique et divertissante.

Source : Youtube, Prologue, VoiceTrip

Un modèle économique mouvant

Catalina Briceno, professeur à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal, insiste toutefois pour dire qu’il y a une absence de modèle économique clair qui émerge, malgré plusieurs essais durant la pandémie de 2020-21. « Certaines pratiques vont rester, la prestation musicale ou le théâtre en ligne, par exemple, ne serait-ce que pour rejoindre un public fan ou auparavant inaccessible ». Selon elle, le public préférera peut-être maintenir une certaine distanciation à court terme. L’anxiété sanitaire sera-t-elle un frein ou un nouveau moteur économique ?

Au MT Lab, ce type de nouveau comportement des usagers est suivi de près par les entrepreneurs. Le succès inattendu de la startup 1point6 en 2020 le montre bien. En 2019, elle s’était totalement dédiée à l’installation d’espaces physiques dans des foires commerciales. En 2020, la compagnie a développé « virtualB », une plateforme de kiosques virtuels 100 % en ligne qui a servi à des échanges commerciaux pour des missions d’export du ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec. Le succès ? La possibilité d’être ensemble sur la plateforme, sans se sentir seul devant son écran.

 

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Tendances

Le tourisme post-COVID : à quoi s’attendre ?

De lourdes répercussions

Alors que l’industrie touristique connaissait une forte progression à peu près partout dans le monde, à divers degrés, et que les projections étaient au vert, la pandémie de COVID-19 a tout interrompu. Selon Destination Canada, les cicatrices qu’elle laissera sur l’économie touristique canadienne seront plus profondes que celles des impacts du 11 septembre 2001, du SRAS et de la crise économique de 2008 réunis.

Un été à saveur locale (encore)

Beaucoup d’espoir repose sur l’immunisation des Québécois et un faible nombre de nouveaux cas pour atténuer les mesures sanitaires en place durant l’été. L’avancement de la campagne de vaccination de masse laisse présager une saison estivale 2021 prometteuse pour une partie des entreprises touristiques de la province. Les destinations de plein air et d’agrotourisme devraient trouver leur compte, comme l’an dernier. Les grandes villes, dépourvues d’une part importante de leurs atouts habituels, seront contraintes d’attendre le retour des touristes internationaux et un affaiblissement de la pandémie pour qu’une véritable relance s’y opère.

Par ailleurs, les voyageurs canadiens envisagent de traverser la frontière dans un horizon de trois à six mois. C’est ce que démontrent les recherches Web qu’ils réalisent sur les sites d’Expedia Group. Près du tiers des séjours convoités pour des départs prévus dans les 60 à 90 jours concernent des destinations internationales. Si les Canadiens ont hâte de sortir du pays, la majorité des Américains craignent toujours de voyager à l’étranger.    

Le besoin de voyager de nos voisins américains

Mais ils sont beaucoup moins inquiets à l’idée de voyager dans leur pays. Avec la vaccination qui avance à vitesse grand V (40 % de la population est vaccinée en date du 19 avril 2021), les restrictions de voyage tombent et certaines attractions phares, comme Disneyland, planifient leur réouverture. Les transporteurs aériens nationaux estiment qu’ils offriront pour la saison estivale l’équivalent de 90 % de la capacité de l’été 2019.

Les 2/3 des Américains se sentent prêts à voyager à nouveau.

Les données récoltées du 9 au 11 avril par la firme Destination Analysts révèlent que les 2/3 des Américains se sentent prêts à voyager à nouveau. Même que 86 % des voyageurs prévoient d’effectuer des séjours d’agrément et 73 % ont l’intention de les réaliser d’ici 3 mois. Ces projets concernent surtout des voyages intérieurs.

Relaxer, prendre une pause de la routine quotidienne et passer du temps en famille constituent les principales raisons qui motivent le voyage. Mais ils sont aussi très nombreux à mentionner vouloir voir quelque chose de différent. En effet, près de la moitié affirment souhaiter fuir l’ennui, vivre de nouvelles expériences et explorer des endroits qu’ils n’ont jamais fréquentés.

Mais les Américains envisagent tout de même de grands classiques. Selon le sondage de Destination Analysts, ils ciblent les icônes touristiques pour leur prochain séjour au pays : la Floride, la ville de New York, Las Vegas, Hawaï et la Californie.

Des valeurs sûres : la plage et les séjours urbains

Un autre sondage, réalisé par plusieurs partenaires au Royaume-Uni et s’adressant à une quinzaine de marchés (plus de 8000 répondants) révèle aussi des résultats éloquents. Cette enquête, menée en décembre 2020, précédait l’apparition des variants de COVID-19 dans l’espace médiatique, un facteur qui pourrait atténuer l’enthousiasme des voyageurs. Ceci étant dit, sept sondés sur dix considéraient alors un séjour d’agrément à l’international en 2021, ce qui démontre une forte résilience à l’idée de voyager, malgré les incertitudes qui planent depuis maintenant plus d’un an. Les grandes villes et la côte (la mer/la plage) constituent les deux principaux types de destinations recherchées.

Selon l’enquête annuelle World Travel Monitor réalisée auprès de quelque 500 000 répondants dans plus de 60 pays, les vacances au soleil et à la plage sont les plus convoitées pour 2021. Les séjours urbains arrivent au 2e rang suivis des vacances axées sur la nature et le plein air. 

Une responsabilité partagée

Une sensibilisation à un tourisme plus durable s’est certainement répandue durant la crise. Mais choisir des destinations en dehors des circuits très fréquentés ou réduire son empreinte écologique ne semblent pas être prioritaire pour le moment. Les gens ont été privés de nombreux divertissements pendant un an, ils ont besoin de se changer les idées, de faire la fête, et ils comptent bien rattraper le temps perdu lorsque les mesures seront levées.

Le virage vers un tourisme de masse plus durable devra s’opérer de concert avec l’ensemble des secteurs impliqués. La responsabilité ne repose pas que sur les épaules du voyageur. L’industrie doit proposer des choix durables attractifs qui déclencheront un véritable engouement auprès des différents marchés touristiques.   

Un budget bien garni, des attentes élevées

Faute de voyager, les ménages ont accumulé des liquidités. Les restrictions ont pour effet d’alimenter la demande des consommateurs qui, la tirelire bien remplie, rêvent du moment où ils seront à nouveau libres de vivre des expériences touristiques. Leurs attentes sont élevées.

Certaines habitudes ont aussi changé depuis le début de la pandémie. Le recours à la technologie, par exemple, s’est amplifié. Bien des gens ont aiguisé leurs compétences en matière d’utilisation d’outils numériques, que ce soit pour la recherche d’information, les communications et les réservations. Cellulaire en main, ils exigeront efficacité et fluidité dans la planification et le déroulement de leurs séjours.

Tourisme d’affaires : besoin de relations humaines

Le secteur du tourisme d’affaires et de congrès recouvrera sa vitesse de croisière après celui d’agrément. Les gens sont prêts à prendre le « risque » de voyager pour leurs besoins personnels, mais moins pour le travail. Toutefois, lorsque la vaccination sera bien avancée et que la confiance des voyageurs sera de retour, les contacts en face à face s’imposeront d’eux-mêmes.

Bien que l’on ait pu constater l’efficacité des rencontres virtuelles, le contexte ne laissait pas le choix. La peur de contracter le virus, l’impossibilité de se déplacer et l’interdiction de se rassembler ont dicté les moyens d’entretenir les relations humaines depuis mars 2020. Mais plusieurs experts observent ce qu’on appelle désormais la « fatigue Zoom ».

Prendre un verre avec un client, croiser des pairs et partager des moments uniques avec eux lors d’activités de congrès, discuter avec des partenaires d’affaires autour d’un bon repas, ces moments sont souvent la clé de relations professionnelles porteuses et durables.

De nombreuses entreprises se sont équipées de solutions technologiques pour faciliter les échanges en ligne. L’efficacité de ces méthodes virtuelles pourrait bien justifier leur recours, même une fois la crise résorbée. Cela permettrait de restreindre les voyages d’affaires à ceux que les gestionnaires estiment nécessaires au développement de l’organisation ainsi que de réduire les dépenses.

Mais dans un avenir post-COVID, où les mesures sanitaires sont levées et où les gens ont renoué avec le plaisir de se rencontrer, on peut se demander si les réunions virtuelles ne deviendront pas un plan B. Les organisations qui choisiront de limiter les déplacements professionnels pourraient se faire rattraper par celles qui y verront un avantage concurrentiel en misant sur des relations d’affaires de qualité où le contact en face à face est privilégié.

Les voyages nourrissent le cerveau

Des chercheurs de Harvard ont d’ailleurs trouvé un lien de causalité entre le nombre de touristes d’affaires qu’un pays reçoit et la croissance de son PIB. Ils attribuent notamment ce lien aux déplacements du savoir-faire. Celui-ci se transférerait de cerveau en cerveau grâce à de véritables partages d’expériences, et ce, par mimétisme au fil des années. Ni les livres ni les vidéos ne rendent ce type de partage. Les voyages permettent de transmettre ce savoir-faire d’un pays à un autre. Ces connaissances exercent de l’influence sur les capacités à innover et à produire de la richesse. Découvrir, apprendre, échanger, n’est-ce pas là toute l’essence du voyage ?

L’élan québécois

Près de 80 % des Québécois ayant voyagé au Québec l’an dernier désirent visiter encore plus la province. Autant d’ambassadeurs créés pour nous faire découvrir ce que nous avons juste sous notre nez. Les loisirs et les sorties étant limités, le temps de magasinage touristique disponible est plus important qu’habituellement et les destinations et entreprises doivent en profiter. L’heure n’est plus aux secrets bien gardés. Ils doivent être intelligemment intégrés à un portefeuille d’offres qui permettra de mieux répartir les touristes cet été… et à la Belle Province de se rendre plus attractive pendant qu’elle a toute notre attention.

L’été 2021 marquera le début d’une relance progressive. Néanmoins, le niveau d’avancement est incertain et les revenus internationaux se feront attendre encore un moment. Heureusement, les pertes structurelles majeures touchant l’offre ont été évitées et l’intérêt et la capacité de voyager sont palpables.

L’avenir touristique sera bon… mais encore faut-il s’y rendre.

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Performance

Vers une reprise du tourisme mondial

Rolf Freitag, PDG chez IPK International, a présenté les résultats du plus récent World Travel Monitor® sur les tendances mondiales des voyages en 2020 et sur les intentions de voyage en 2021. Cette enquête annuelle, représentative de la population de plus de 60 pays, fournit les données issues de plus de 500 000 répondants. 

Après avoir connu de forts taux de croissance au cours des 10 dernières années, l’industrie touristique est l’un des secteurs les plus durement touchés par la crise de la COVID-19. À l’échelle mondiale, les voyages à l’étranger ont diminué de 70 % en 2020. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, les arrivées de touristes internationaux au mois de janvier 2021 ont chuté de 87 % par rapport à 2020. Les pertes varient selon le continent et le segment de voyage. Ainsi, les types de vacances axées sur la nature et les voyages en voiture ont donné de bien meilleurs résultats pendant la pandémie que ceux réalisés par voie aérienne, que les escapades urbaines ou les excursions. 

Reprise de la demande internationale en 2022, au plus tard en 2023, selon les experts. 

Malgré ce déclin drastique, les derniers chiffres de l’enquête d’IPK menée en janvier 2021 apportent de l’espoir pour l’année à venir : les deux tiers (62 %) des voyageurs internationaux ont l’intention de voyager à nouveau à l’étranger cette année. De plus, avec la disponibilité des vaccins et en supposant que des pourcentages élevés de la population soient vaccinés rapidement dans le monde, cela contribuera à une reprise de la demande internationale en 2022, au plus tard en 2023, selon les prévisions des experts présents à ITB Berlin. Pour le Canada, Euromonitor International s’attend aussi à ce que le nombre d’arrivées internationales atteigne le niveau prépandémie quelque part entre 2022 et 2023.

Les visites de parents et d’amis ont la cote 

Interrogés sur leurs projets de voyage en 2021, les répondants démontrent un intérêt supérieur à la moyenne prépandémie pour les visites de parents et d’amis. Celui pour les voyages d’affaires est plus élevé chez les Américains et les Asiatiques que chez les Européens. En ce qui a trait aux voyages d’agrément à l’international, les vacances au soleil et à la plage tiennent le haut du pavé. Les séjours urbains se classent au deuxième rang (1er chez les Asiatiques) et les vacances axées sur la nature figurent en troisième position. Ce type de séjours a crû en popularité depuis la pandémie. Les dernières enquêtes reflètent également un intérêt toujours élevé pour les voyages aériens à l’étranger. 

Questionnés sur leurs destinations préférées pour 2021, les Européens choisissent les destinations européennes. L’Espagne occupe la première place, suivie de l’Italie, de l’Allemagne et de la France. Les Américains et les Asiatiques privilégient aussi les voyages sur leur propre continent. 

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Augmentation prévue des dépenses 

Les résultats d’un autre récent sondage en ligne concernant le comportement des voyageurs allemands, américains et chinois au cours des 12 derniers mois, ainsi que leurs intentions de voyage pour 2021, ont été présentés par Claudia Cramer, directrice des études de marché chez Statista. On y apprenait qu’environ 70 % des personnes interrogées envisagent de réaliser un ou plusieurs voyages d’agrément en 2021, soit 37 % des Allemands, 42 % des Américains et 66 % des Chinois. De plus, près du quart des répondants allemands et américains et plus du tiers des Chinois estiment qu’ils dépenseront plus d’argent pour voyager dans le courant de la prochaine année qu’au cours de la même période à ce jour. 

Environ 70 % des personnes interrogées envisagent de réaliser un ou plusieurs voyages d’agrément en 2021.

Confiance et sécurité 

La sécurité personnelle perçue lors d’un voyage pèse lourd sur les intentions de voyage, selon les résultats du sondage de Statista. La moitié des Allemands qui ne prévoient pas de voyager en 2021 se disent inquiets de le faire pendant la pandémie. Aux États-Unis, c’est 34 % des répondants et 56 % dans le cas des Chinois.  

« La confiance joue un rôle crucial dans les décisions de voyage en 2021 », a déclaré Christian Smart, directeur général de Travelzoo, lors du congrès ITB Berlin NOW. Depuis six ans, en coopération avec ITB Berlin, Travelzoo mène des enquêtes sur les tendances des voyages. Quelque 83 % des répondants ont mentionné que le fait de pouvoir faire confiance aux personnes et aux entreprises importait le plus pour eux. Ceci est encore plus vrai pour les gens âgés. Pour établir cette confiance, un service client facile d’accès (42 %), se sentir valorisé en tant qu’acheteur (33 %) et la réputation d’une marque (31 %) représentent des facteurs clés.  

Pour redonner confiance aux voyageurs, Monika Wiederhold, directrice du Global Program Lead chez Amadeus, suggère que les informations sur la santé, comme les certificats sanitaires, soient intégrées dans les solutions informatiques et disponibles en temps réel. « De nouvelles technologies d’interaction sans contact, comme l’identification biométrique et les identités numériques, permettraient d’offrir une certaine paix d’esprit aux touristes », a-t-elle déclaré. 

Une reprise durable dépend dans une large mesure du sentiment de sécurité que les destinations sauront transmettre aux voyageurs. Que sommes-nous prêts à mettre de l’avant dans notre industrie pour favoriser cette confiance ? Le RVT aimerait vous entendre sur cette question. 

 

Source de l’image à la une : pexel.com 

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Gestion

Revoir son modèle d’affaires pour mieux s’adapter

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, les entreprises touristiques ont dû rapidement mettre en œuvre des plans d’action pour s’adapter aux exigences émises par la santé publique. Les mesures d’hygiène, de sécurité et de distanciation physique ont nécessité des ajustements importants pour de nombreux établissements et sites touristiques. L’absence de voyageurs internationaux et de la clientèle d’affaires a aussi sévèrement bouleversé les secteurs plus dépendants de ces visiteurs, notamment celui de l’hôtellerie et des réunions et congrès. Pour demeurer en activité et limiter leurs pertes, certains ont dû carrément revoir leur modèle d’affaires et accélérer des projets visant à mieux répondre aux besoins actuels tout en se conformant aux standards de demain.  

Identifier et saisir des occasions d’affaires 

Un consortium de chercheurs européens s’est penché sur l’utilisation de modèles d’affaires innovants pour passer à travers une crise comme celle de la pandémie de COVID-19 dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. Ils ont noté que leur usage peut non seulement aider les entreprises à générer d’autres revenus pendant la crise, mais aussi contribuer à mieux les préparer pour l’avenir. Les occasions d’affaires identifiées durant cette période procurent de nouvelles perspectives et pourraient favoriser la réalisation de profits à long terme. L’étude met également en lumière l’importance des opportunités numériques, telle que la création de services supplémentaires. Dans un contexte où certains établissements subissent des fermetures temporaires, ils s’avéreraient une source de revenus transitoire.

Retour sur le concept de l’hybridation des lieux et des fonctions 

La tendance repose sur une volonté de diversifier ses sources de revenus en allouant de nouveaux usages à des lieux. Le secteur de l’hôtellerie intègre cette stratégie depuis quelques années pour attirer de nouvelles clientèles, notamment les communautés locales. Ainsi, les activités et les expériences offertes profitent à la fois aux voyageurs et aux habitants du quartier. En l’absence d’un tourisme international en contexte de pandémie, cette notion d’hybridation s’avère intéressante en milieu urbain, même si certaines contraintes freinent l’étendue des possibilités du concept. 

L’Association hôtellerie Québec a organisé en octobre 2020 un webinaire dans lequel plusieurs idées permettant de générer des revenus non traditionnels ont été partagées. Le conférencier invité, Guillaume Lavoie, expert en économie collaborative, proposait de faire de l’hôtelier un partenaire du quartier. Pour ce faire, il évoquait la possibilité de louer certains espaces tels que les stationnements, la cuisine, les chambres, le lobby, les salles de réunion auprès d’entreprises de proximité qui pourraient avoir des besoins sporadiques. 

Cet automne, de nombreuses idées créatives pour générer des revenus supplémentaires en hôtellerie ont circulé dans les médias. Parmi celles observées se trouvent : 

  • Convertir des chambres en salon de travail pour accueillir des professionnels qui n’ont pas le luxe d’avoir un bureau à la maison ou encore en salon équipé spécifiquement pour les amateurs de jeux vidéo, de cinéma, de sport ;
  • Équiper les suites de cuisines et offrir des services adaptés à une clientèle de long séjour pour répondre entre autres aux besoins des snowbirds ;
  • Offrir un forfait dédié au tournage ou à des séances de photos. Certains hôtels possèdent des attributs uniques méconnus des photographes, des producteurs vidéo et des influenceurs en quête de nouveaux lieux ;
  • Louer ses espaces de stationnement pour les propriétaires de véhicules récréatifs et d’embarcation ou aux entreprises ayant besoin de lieu d’entreposage additionnel. 

S’adapter aux besoins des clientèles 

Même si le tourisme d’affaires a été en pause depuis la fermeture des frontières et le début des restrictions en matière de rassemblement, les entreprises ont poursuivi leurs activités à distance, multipliant les rencontres et les événements virtuels. Qu’ils plaisent ou non, le télétravail et les réunions à distance ont fait leurs preuves. Dans la mesure où des habitudes et des préférences ont été consolidées durant la pandémie, il est possible que certaines activités ne retrouvent jamais le niveau atteint avant la crise, même après la vaccination des populations. 

En réponse à cette tendance, plusieurs centres de réunion et de congrès adaptent leurs installations en vue de satisfaire les attentes technologiques de leurs clients. Parallèlement, les organisateurs d’événements n’ont eu d’autre choix que de plonger dans l’univers virtuel pour survivre et ont développé des expertises en mode accéléré qui serviront d’assises à de nouveaux métiers.  

La nécessité de se rencontrer en face à face n’est pas mise en doute. Toutefois, les derniers mois ont démontré les avantages qu’offrent les événements hybrides. Pour quelques établissements plus avant-gardistes, la réflexion quant à ce virage était présente même avant la crise. Pour d’autres, il est devenu une évidence. 

Depuis le début de la pandémie, le Palais des congrès de Montréal se positionne sur l’offre hybride. Ses espaces permettent la tenue d’événement à la fois en présence et en virtuel grâce à ses studios équipés à la fine pointe de la technologie qui offrent une expérience de diffusion de type plateau de télévision.

Qu’en pensent les clients ?

Le consortium de chercheurs européens nommés précédemment a soulevé un point important dans son étude : le rôle des clients. Il est question ici de ceux qui visitent fréquemment l’entreprise, les plus fidèles et les plus impliqués. Ces clients sont davantage enclins à réfléchir aux forces et aux faiblesses de l’organisation et communiquent ouvertement des idées potentielles d’innovation. Avez-vous pensé faire appel à eux ?

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Cet article provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

 

Image à la Une : Pexels 

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Comportements et intentions de voyage des Québécois

D’après un sondage omnibus réalisé par Léger en décembre 2020 auprès de 1000 Québécois, 41 % des répondants indiquent avoir fait au moins une excursion ou un séjour touristique d’une nuitée ou plus au Québec à l’été 2020. Les courts voyages se sont avérés les plus populaires : 28 % des sondés ont réalisé au moins une excursion et 26 % une escapade d’une à trois nuits. En ce qui concerne les longs départs, quelque 13 % des répondants déclarent avoir fait un séjour de 4 à 13 nuits et seulement 3 % affirment avoir étendu leur voyage à plus de deux semaines. 

Fait intéressant, les répondants âgés de 25 à 34 ans et de 35 à 44 ans ont légèrement plus voyagé au Québec que les autres. Les plus jeunes (25-34 ans) sont d’ailleurs plus nombreux que les 55-74 ans à avoir effectué un séjour d’au moins une nuitée hors domicile. Les Québécois ayant déclaré un revenu annuel par foyer de 100 000 $ et plus sont plus enclins à avoir voyagé que les autres répondants, pour chacun des types d’expérience. 

Profil touristique de la saison estivale 2020 

Pour mieux comprendre la nature des déplacements touristiques au Québec, la Chaire de tourisme Transat a réalisé, à l’automne 2020, une enquête en ligne auprès d’un panel de 1 172 voyageurs québécois. Ce sondage visait à brosser, entre autres, le tableau touristique de l’été, les changements de comportements des Québécois ainsi que les intentions de voyage.  

Parmi les sondés qui ont parcouru la province durant l’été 2020, 76 % affirment avoir envie de la découvrir davantage à la suite de leur expérience touristique. Ces derniers se disent d’abord motivés par le produit québécois, notamment par la beauté des paysages. Les non–intéressés jugent quant à eux le contexte pandémique actuel peu propice à la découverte du Québec et considèrent déjà y voyager ou connaître suffisamment l’offre touristique du territoire. Les répondants n’ayant pas voyagé au Québec cet été évoquent principalement les restrictions de déplacement en vigueur pour l’expliquer. 

Ce portrait demeure toutefois tavelé. La plupart des Québécois interrogés dans le cadre de l’enquête de la Chaire (82 %) ont confié qu’ils avaient moins voyagé qu’à l’habitude durant l’été 2020. Et même, un peu plus d’un répondant sur deux (57 %) a moins voyagé au Québec qu’à l’habitude. Pour une forte majorité (65 %), ce choix s’explique par le manque d’envie de voyager dans la situation actuelle. Le nombre de nuitées passées en hôtel était inférieur à l’habitude pour 56 % des sondés.  

Somme toute, parmi les répondants qui ont voyagé au Québec durant la saison estivale, trois sur cinq indiquent être satisfaits de leur été touristique dans la province. Un total de 42 % ont même confié que leur expérience a eu un impact positif sur leur perception du Québec en tant que destination touristique.  

Comportements et intentions de voyage en 2021 

La plupart des répondants (89 %) estiment qu’il est probable qu’ils voyageront au cours des deux prochaines années, peu importe la destination. À court terme (2021), une forte majorité estime plus envisageable de faire un séjour d’au moins une nuitée à l’été qu’à l’hiver ou au printemps, comme l’indique le tableau ci-dessous. 

Par ailleurs, les répondants ayant voyagé au Québec à l’été 2020 s’affichent comme étant plus enclins que les autres à effectuer un séjour en 2021, peu importe la période. 

À la lumière des résultats de l’enquête en ligne, il semble que la pandémie modulera à court et/ou moyen termes la manière dont les Québécois voyagent et planifient leurs vacances. Comme l’illustre le tableau ci-contre, plus de deux répondants sur cinq envisagent de voyager plus localement. 

Concernant l’organisation des voyages, plus de la moitié des sondés affirment qu’ils accorderont plus d’importance aux mesures sanitaires à destination (55 %) et le tiers indiquent qu’ils planifieront leurs vacances plus en amont.  

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Cet article provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici.