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Gestion Hébergement

Phénomènes météo extrêmes : comment se préparer en tant qu’hôtelier ?

Selon un communiqué publié en décembre dernier par le Bureau d’assurance du Canada (BAC), les événements météorologiques extrêmes ayant frappé le Québec en 2023 ont entraîné des dommages assurés atteignant 680 millions de dollars. En 2022, ce montant s’élevait à 580 millions de dollars, faisant de 2023 l’année la plus coûteuse pour les assureurs au Québec depuis la crise du verglas de 1998.  

Ces chiffrent mettent en lumière l’importance de renforcer la résilience climatique des destinations et des prestataires touristiques, d’autant plus que des spécialistes en la matière (environnementalistes, professeurs, etc.) soutiennent que des phénomènes comme les tempêtes de verglas, les feux de forêt, les tornades ou les inondations seront plus fréquents et surtout plus forts, plus soudains et plus soutenus dans les années à venir (lire aussi : 2023 : une prémisse aux effets des changements climatiques ?).  

Être prêt à réagir rapidement

Il est impossible d’éviter l’inévitable. Certains phénomènes météorologiques sont quasi imprévisibles. En cas de crise soudaine, les hôteliers doivent réagir rapidement pour tenter de limiter les dégâts matériels et minimiser la perturbation des opérations. Cela dit, il s’agit avant tout d’assurer la sécurité des employés et des clientèles sur place. Notons qu’une réaction tardive peut rapidement atteindre la notoriété d’un établissement.  

Il s’avère ainsi judicieux de mener des évaluations des risques pour identifier les menaces qui planent sur la région dans laquelle l’hôtel est situé. Documenter les événements météorologiques passés est une démarche qui permet d’anticiper la venue de catastrophes futures.  

Un plan de gestion des risques doit anticiper les dangers et permettre de coordonner toutes les actions à entreprendre.  

Il est donc essentiel de créer un plan de gestion des risques qui documente les dangers et la série d’actions à entreprendre, le cas échéant. Selon l’Asian American Hotel Owners Association (AAHOA), voici, entre autres, ce qui peut s’y trouver :  

  • Un plan d’évacuation identifiant les sorties de secours et les points de rassemblements ; 
  • Une procédure de sécurisation des infrastructures et des lieux (par ex. prévoir où ranger les articles extérieurs qui pourraient devenir des projectiles ou être endommagés par de forts vents) ; 
  • Une procédure de sauvegarde de certains fichiers clés ; 
  • Le rôle des différents départements (permettant d’éviter la confusion et de déterminer qui fait quoi et où en cas de crise).  
  • Un plan de rétablissement comprenant les étapes à suivre pour reprendre les activités le plus rapidement possible. 

À noter que le processus de formation devrait informer les nouveaux employés de leur rôle en cas d’événements pareil. Des rappels ou des mises en situation peuvent être effectués lors de nouvelles menaces ou d’alertes météo préoccupantes.  

L’île de Crète, en Grèce, a entrepris une telle démarche en collaboration avec plusieurs prestataires touristiques du coin. Rappelons que la destination avait été forcée d’évacuer plusieurs milliers de touristes lors d’incendies dévastateurs à l’été 2023. À cet effet, un exercice de trois jours a eu lieu en avril dernier avec comme objectif de mieux préparer la destination aux incendies, aux séismes et aux tsunamis. Plus de 160 000 résidants y ont participé, dont environ 80 000 enfants. De nombreux hôtels du secteur et les touristes qui y séjournaient ont aussi pris part à la démarche.  

Source de l’image: Reuters 

Miser sur une communication transparente

Il convient de préparer à l’avance une stratégie de communication. Cette dernière doit d’abord identifier les canaux à prioriser (publications sur les médias sociaux, appels téléphoniques, courriels, etc.) pour rejoindre les clients. Connaître les risques prévalents dans la région est une astuce pour planifier les propos des messages clés à diffuser.  

La gestion des relations publiques est un incontournable en cas de crise. Il s’agit avant tout de maîtriser le discours et d’informer de manière transparente et honnête sur la progression de la situation. Voilà qui peut contribuer à limiter la désinformation et la dramatisation du phénomène dans les médias.  

Lorsque le degré de risque est nul pour la région dans laquelle l’hôtel est situé, il s’avère essentiel de rassurer les clientèles qui pourraient être tentées d’annuler leur réservation ou de changer leur destination de voyage. En cas contraire, l’établissement doit accompagner le client dans le report de son séjour ou le diriger vers un autre hébergement limitrophe. L’hôtellerie est un secteur reconnu pour sa bienveillance. La stratégie doit donc démontrer un engagement envers la satisfaction du client et traiter les préoccupations de manière compatissante et empathique.  

Faire partie de la solution  

Il arrive que les événements météo extrêmes ne touchent pas directement les activités d’un hôtel, mais demandent tout de même l’évacuation des populations avoisinantes par précaution. À cet effet, certains établissements peuvent se positionner comme des points de rassemblement pour accueillir les résidants touchés par la catastrophe.

Source de l’image: BC Hotel Association   

En réponse aux feux de forêt ayant ravagé certaines régions de la Colombie-Britannique en 2023, le ministère du Tourisme, des Arts, de la Culture et du Sport, ainsi que le ministère de la Gestion des Urgences et de la Préparation au Changement Climatique, en collaboration avec l’Association des hôtels de la province, ont récemment déployé un projet pilote visant à aider les personnes contraintes de quitter leur domicile en raison de situations extrêmes, telles qu’un incendie ou des inondations, par exemple.  

À partir du mois de juin 2024, les employés des services de soutien d’urgence pourront accéder à un système de réservation en ligne qui affichera en temps réel la disponibilité des hébergements prêts à recevoir les évacués. La plateforme centralisée a pour objectif de faciliter et d’accélérer leurs tâches, en plus de soulager les résidants ou le personnel d’urgence à la recherche d’un hébergement temporaire. Les voyageurs touchés par la crise pourront aussi profiter de ce service. Le projet pilote débutera à Kelowna, Kamloops et Prince George et prévoit s’étendre ensuite à travers la province.  

Les événements météorologiques extrêmes continueront d’impacter les activités touristiques dans les années à venir ; le secteur de l’hôtellerie n’y échappera pas. Quelles actions emploierez-vous ?  

Image à la une : Pexels 

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Hébergement

Comment les Québécois réservent-ils leur chambre d’hôtel ?

Dans le confort de son foyer, le voyageur a tendance à réserver en ligne : activités, billets d’avion, restaurants, etc. L’hébergement ne fait pas exception. C’est une démarche qui s’est tranquillement implantée avec les années et qui est maintenant davantage ancrée dans les habitudes de la plupart des Québécois. Selon une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023 auprès de voyageurs québécois, 58 % des répondants ayant passé une nuitée au Québec à l’été 2023 disent avoir séjourné dans un établissement hôtelier.  

À l’été 2023, 60 % des voyageurs québécois disent avoir réservé au moins un type d’hébergement en ligne, directement auprès de l’établissement.

Parmi eux, 60 % mentionnent avoir réservé au moins un type d’hébergement en ligne, directement sur le site Web de l’établissement. Comparativement aux données colligées à l’été 2022 (49 %), cette proportion s’affiche en légère hausse, sans que l’on puisse toutefois supporter cette tendance à l’aide de données confirmatoires. Les plateformes de réservation en ligne comme Hotels.com ou Booking constituent quant à elles le choix de 37 % des répondants. Le téléphone ou le courriel de l’établissement demeurent aussi des options de réservation pour une certaine part des Québécois sondés ; un voyageur sur cinq ayant séjourné à l’hôtel dit avoir utilisé ce type de moyen pour effectuer sa réservation. 

Quelque 81 % des sondés ayant réservé en ligne directement auprès de l’établissement en 2023 envisagent un voyage d’agrément au Québec d’au moins une nuitée en 2024. À la lumière de cette information, détenir un site Web transactionnel devient essentiel pour capter cette clientèle. Notons aussi que l’impossibilité de réserver en ligne constitue encore un irritant vécu par les voyageurs québécois.  

Comment attirer les réservations directes, sans intermédiaire ? 

Comme le rappelle une précédente analyse du Réseau de veille en tourisme, le site Web de l’établissement constitue sa principale vitrine, sa porte sur le monde. Un site trop lent ou trop chargé décourage l’internaute, qui sera alors tenté de consulter d’autres pages Web plus agréables et inspirantes. Certains aspects doivent être privilégiés dont : 

  • Un design esthétique, intuitif et performant ; 
  • La compatibilité avec les petits appareils (tablettes, cellulaires) ; 
  • L’inclusion d’outils de réservation simples, rapides et efficaces. 

Le client a fait une réservation directe ? Il existe quelques astuces pour renforcer cette bonne habitude. 

  • Misez sur l’anticipation par une communication pré-séjour : valorisez la décision du client d’avoir réservé en direct par courriel avant son arrivée avec un ou des messages lui permettant de préparer son séjour. 
  • Offrez une expérience personnalisée et de qualité : un client satisfait et charmé par son séjour a beaucoup plus de chance de revenir et de bâtir une relation de confiance avec un hôtel. On remarque même que de plus en plus de clients se déclarent sensibles à la réservation directe afin d’apporter leur soutien aux établissements hôteliers indépendants face aux géants du Web. 
  • Ne laissez pas votre client satisfait sans nouvelles : il est nécessaire de garder contact avec lui. Par exemple, automatisez vos envois de courriels marketing pour souhaiter un bon anniversaire, souligner les fêtes importantes, etc., et offrez-lui des codes promotionnels à partager avec ses amis. 

Tous ces efforts favoriseront les réservations en direct. Ces actions devraient accroître le trafic sur le site Web et générer des données précieuses sur la clientèle, qui en bénéficiera en retour par un contact et un service encore plus personnalisé. 

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Performance

Portrait des emplois dans les secteurs touristiques en 2023

Le ministère du Tourisme du Québec dévoile un tableau de bord des emplois associés aux secteurs du tourisme pour 2023. Celui-ci offre un aperçu exhaustif des indicateurs clés relatifs à l’emploi dans les secteurs affiliés (divertissements et loisirs, hébergement, restauration, transport et voyages) ainsi que dans les différentes régions québécoises. Parmi les variables présentées, on retrouve notamment les suivantes :  

  • La tendance mensuelle de l’emploi ; 
  • La récupération des emplois depuis 2019 ; 
  • Les rémunérations moyennes ; 
  • La distribution géographique des emplois.

L’état des emplois dans les secteurs associés au tourisme 

En 2023, le nombre d’emplois a connu une croissance de près de 15 % (équivalent à 406 938 emplois) par rapport à 2022. Cette augmentation a été principalement observable en début d’année, avec un pic au premier trimestre, avant de diminuer peu à peu.  

Source : Statistique Canada, tiré du site du Gouvernement du Québec

Le nombre d’emplois s’est presque aligné sur celui de 2019, atteignant 99 % de ce dernier.  

Cependant, cette résurgence n’a pas été uniforme à travers la province ; six régions administratives se sont distinguées en surpassant les niveaux d’emploi de l’époque prépandémique de 2019. En effet, la Montérégie et Laval ont pris les devants avec une récupération de 110 %, suivies par Chaudière-Appalaches à 106 %, l’Outaouais à 105 %, Montréal à 104 %, et l’Estrie à 103 %. Ces chiffres témoignent d’une certaine vitalité et d’une adaptabilité des secteurs touristiques. 

Source : Statistique Canada, tiré du site du Gouvernement du Québec

 

Quelques 40 % des emplois dans les secteurs touristiques sont des postes à temps partiel 

Ce pourcentage équivaut à plus du double de celui observé dans l’ensemble des industries québécoises (19 %). Le secteur de la restauration compte pour plus de la moitié (55 %) de ses emplois à temps partiel. Les régions du Centre-du-Québec et de Chaudière-Appalaches présentent des proportions particulièrement élevées avec respectivement 59 % et 57 %.  

Les salaires augmentent, mais des disparités significatives persistent entre les différents secteurs touristiques et les régions 

Le salaire moyen des emplois dans les secteurs liés au tourisme a grimpé de manière continue depuis 2016, culminant à 24 $ de l’heure en moyenne en 2023. Montréal se démarque avec le salaire horaire moyen le plus élevé à 27 $, tandis que Chaudière-Appalaches présente le salaire moyen le plus modeste à 19 $ de l’heure.  

Qu’en est-il des postes vacants ?  

Le pourcentage de postes vacants passe de 8% au deuxième trimestre, à 5,8% au troisième trimestre de 2023. Cette diminution rapproche les secteurs du tourisme de la moyenne de l’ensemble des industries au Québec, qui est de 4,3%. Malgré cette amélioration, le taux de postes vacants demeure plus élevé que la moyenne annuelle de 2019, qui était de 4,8%. Le secteur des arts, spectacles et loisirs a le taux le plus bas avec 2,5% alors que celui de la restauration enregistre le taux de vacance de le plus élevé (7,1%). En effet, c’est huit postes sur 10 qui proviennent de ce secteur, illustrant une forte demande dans cette branche.  

Source : Statistique Canada, tiré du site du Gouvernement du Québec 

 

Les salaires proposés 

Une tendance positive se dégage : les salaires moyens proposés ont augmenté depuis 2019, passant de 15 $ à 19 $ de l’heure en 2023. Ceci reflète une croissance salariale malgré le contexte économique.  

Cependant, les salaires restent inférieurs de 6 $ à ceux offerts en moyenne dans l’ensemble des industries du Québec. Le secteur de la restauration propose, quant à lui, la rémunération moyenne la plus basse, s’élevant à 17 $ de l’heure (en incluant les postes où les pourboires sont courants).  

Pour plus d’informations et une compréhension approfondie de ces données, veuillez consulter le tableau de bord du ministère du Tourisme du Québec.  

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Tendances

L’appel du luxe en voyage

S’offrir un peu de luxe et se faire plaisir nourrit de plus en plus l’idée qu’on se fait d’une belle qualité de vie. Vivre une expérience gastronomique, faire du glamping, aller au spa, s’aventurer avec un petit groupe guidé en territoire éloigné, assister à un spectacle à grand déploiement ; la notion de « luxe » est très variable selon les points de vue. Le fait de voyager à l’étranger est aussi considéré par plusieurs consommateurs comme un luxe. 

Certains voyageurs québécois interrogés par la Chaire de tourisme Transat lors d’une enquête effectuée en novembre 2023 n’ont pas l’intention de mettre le couperet dans ces pratiques de luxe. En fait, 47 % des personnes sondées sont neutres ou ne se déclarent pas freinées par le contexte économique actuel. Elles sont d’ailleurs plus portées que les autres à ne pas chercher à adopter des comportements pour réduire le coût associé aux voyages (20 % c. 8 %). 

Près de la moitié des voyageurs québécois sondés par la Chaire de tourisme ne sont pas freinés ou sont neutres par rapport au contexte économique actuel. 

Se payer du « luxe » pour se faire du bien

Mais s’accorder du luxe n’est pas une exclusivité des plus fortunés. L’attrait des expériences exceptionnelles et mémorables se maintient alors que les consommateurs doivent faire face à des hausses de prix dans pratiquement tous les secteurs. Dans de nombreux cas, des compromis doivent être consentis sur d’autres dépenses, comme sur les biens matériels ou encore en choisissant de consommer des produits plus économiques au quotidien.  

Certains consommateurs chercheront à vivre des expériences mémorables, voire s’offrir du luxe, mais dans une formule plus abordable. Les attentes seront certainement élevées, compte tenu des sacrifices à faire.  

 Offrir l’aventure ++ aux 50 ans et plus

L’entreprise G Adventures développe une nouvelle série d’itinéraires guidés spécifiquement pour les adeptes de voyages d’aventure de 50 ans et plus à la recherche d’un certain confort, ou d’expériences plus luxueuses. Les composantes du séjour correspondent aussi aux valeurs associées à l’entreprise, c’est-à-dire de générer des retombées positives dans la communauté d’accueil, de bénéficier aux entrepreneurs locaux tout en minimisant l’impact environnemental. Il s’agit d’un positionnement qui contribue à sa renommée.  

La collection de séjours Geluxe propose ainsi aux voyageurs matures et actifs, la découverte de destinations par des activités d’aventure, des ateliers de cuisine locale, des séances de yoga dans des sites idylliques, le tout avec des hébergements d’expérience haut de gamme et de la restauration gastronomique. Évidemment, les tarifs sont fixés en conséquence. Cette nouvelle proposition prendra son envol dès mai 2024. Elle est issue d’une demande de la clientèle qui évolue avec l’entreprise, mais aussi du constat du vieillissement de la population et des attentes de celle-ci en matière d’expériences touristiques. G Adventures vient d’enregistrer sa meilleure performance financière depuis les 33 dernières années. 

Source : G Adventures 

Répondre aux attentes des clients qui choisissent la qualité avant le prix

Booking.com s’est penchée sur les attentes des clients « de luxe », soit ceux qui affirment choisir généralement des hébergements de qualité supérieure et dont le tarif occupe une importance secondaire. À cette fin, l’entreprise a réalisé un sondage auprès de 2795 de ses clients Premium résidant aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France et en Allemagne. Voici comment valoriser les composantes recherchées.  

D’abord, la qualité doit percoler à travers trois volets : faire ressortir son classement par étoiles, traiter sérieusement les avis en ligne et mettre en valeur la qualité du restaurant ou de son chef. La localisation joue également un rôle très important. Du moins, le voyageur « de luxe » doit constater qu’il y a plusieurs lieux d’intérêt et des restaurants de qualité dans les environs. Les équipements de bien-être, comme un spa, une salle de sport et une piscine sont dans les bonnes grâces de cette clientèle. La vue, le niveau de bruit et la décoration moderne l’interpellent aussi. Les hébergements fraîchement rénovés suscitent leur intérêt. La surveillance 24 heures, une assurance d’intimité par des entrées indépendantes, par exemple, sont aussi des facteurs gagnants. Enfin, la qualité du service passe par l’excellence de la nourriture, par des prestations personnalisées et par un accueil exemplaire. Ce sont tous des atouts recherchés par cette clientèle exigeante, selon l’étude de Booking.com. 

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Proposer du luxe accessible

Des compagnies aériennes rendent disponibles des places en classe affaires à des tarifs spéciaux. Ces options, en nombre restreint, prennent l’appellation « Business Class Light ». À la différence de l’offre classique, la version allégée ne donne pas accès aux salons d’aéroport ou aux autres avantages habituellement octroyés. Ainsi, des transporteurs, comme Qatar Airways, Finnair, Air France et KLM ont ajouté des tarifs de classe affaires light à leur palette d’options pour les voyageurs recherchant plus de confort. Voilà une belle façon de combler ou même d’aller au-delà des attentes d’une clientèle qui souhaite s’accorder un certain niveau de luxe, tout en lui donnant l’occasion de faire un choix raisonnable ou qui correspond à son budget. 

Source : AdobeStock 

Créer des expériences qui font du bien

Cette tendance à s’offrir du luxe n’est pas étrangère à celle du bien-être qui véhicule l’idée de l’importance de se faire plaisir, de se faire du bien. Cette notion est extrêmement variable d’un individu à l’autre, d’un segment de marché à l’autre. Qu’est-ce qui permettrait à votre offre de générer ce petit plus qui susciterait de l’engouement parmi votre clientèle ? Ou même chez de nouveaux marchés ! Serait-ce un service complémentaire ? Une activité extravagante ? Une offre culinaire exclusive ? À vous de voir !  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Destinations Marchés géographiques

Quelles sont les préférences d’accueil des voyageurs ?

Quelles sont les véritables préférences d’accueil des visiteurs au Québec ? Décryptage d’une étude menée par la Chaire de tourisme Transat pour le ministère du Tourisme sur la perception de l’accueil numérique, les sources d’information privilégiées, et les méthodes de planification des visiteurs en général. 

Les données relatives aux préférences d’accueil sont peu nombreuses et parfois ambivalentes. C’est dans cette perspective qu’en 2022, la Chaire de tourisme Transat s’est vu confier la responsabilité de mener une enquête auprès de quatre marchés clés : le Québec, l’Ontario, le Nord-Est des États-Unis et la France (1 205 répondants au total). Lors du sondage, les répondants ont dû indiquer leurs préférences quant à certains moments clés d’un voyage, grâce à des échelles polarisées à quatre points. Les points un et quatre comportaient des énoncés opposés. 

Numérique pour réserver, humain à l’arrivée !

Quand il s’agit de procéder à des réservations pour un voyage, la tendance penche vers le numérique. En effet, une grande partie des voyageurs, quel que soit leur marché d’origine, privilégie la réservation en ligne (59 % de l’ensemble de l’échantillon) plutôt qu’en personne ou par téléphone. Cette tendance est encore plus prononcée chez les visiteurs ontariens, avec un taux qui grimpe à 71 %.  

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Toutefois, à leur arrivée, 65 % des voyageurs préfèrent être accueillis par le personnel de l’établissement plutôt que de bénéficier d’une arrivée autonome sans interaction humaine, cela, sans égard au marché d’origine.  

Où les voyageurs trouvent-ils leurs informations une fois sur place ?

L’accueil à destination se manifeste sous différentes dimensions et implique une multitude d’acteurs, du personnel hôtelier aux guides touristiques, en passant par les commerçants locaux. Toutefois, les recherches en ligne demeurent de précieux alliés durant le séjour. En effet, 55 % des voyageurs les privilégient tandis que le reste de l’échantillon préfère trouver l’information désirée grâce au personnel d’hébergement, à la population locale ou aux autres voyageurs. Les Américains sont légèrement plus enclins à solliciter l’appui des personnes sur place, 50 % d’entre eux préférant cette méthode. Ces données traduisent une diversité dans les modes de recherche d’information lors d’un voyage. Cette variété pourrait suggérer que, bien qu’Internet joue un rôle prépondérant, l’interaction humaine de proximité demeure importante pour bon nombre de voyageurs. 

Concernant la recherche de recommandations sur place (choix de restaurants, activités, etc.) les résultats sont également partagés. La moitié des répondants (52 %) dit préférer se fier à celles qui sont recueillies sur place, tandis que l’autre moitié privilégie les recommandations trouvées en ligne. Les Ontariens sont quant à eux légèrement plus nombreux à se fier aux sources de recommandation en ligne (56 % d’entre eux) contre 46 % des Québécois et des Américains, et 49 % des Français. 

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Papier vs numérique : comment les voyageurs gèrent-ils leurs documents de voyage ? 

La dichotomie se poursuit dans la gestion des documents de voyage (billets d’avion, réservations, etc.). Alors que 51 % des voyageurs penchent pour la version papier, 49 % privilégient une approche numérique. Chez les Québécois, la tendance est légèrement plus marquée pour la version papier, 56 % étant en faveur de cette méthode.  

En quête de tranquillité ?

Quelque 6 répondants sur 10 disent préférer un hébergement leur offrant tranquillité et intimité, plutôt qu’un cadre dynamique. 

Lorsqu’il s’agit de choisir un hébergement, la majorité des visiteurs sondés (61 %) préfèrent les établissements offrant tranquillité et intimité. Les voyageurs québécois se distinguent particulièrement sur ce point. En effet, 73 % d’entre eux favorisent un hébergement plus tranquille. Les Ontariens et les Français se situent respectivement à 64 % et 59 % optant pour la tranquillité. 58 % des Américains sondés ont une préférence pour un environnement plus dynamique offrant des activités et événements spéciaux. 

Le numérique offre de nombreux avantages, cependant, une numérisation accrue peut exclure une clientèle moins à laise avec la technologie, compromettant linclusion dans lindustrie du tourisme. Laccueil humain ne doit pas être sous-estimé, car il contribue de manière significative à lexpérience de voyage en apportant un charme unique et une chaleur authentique à la destination. Les chiffres démontrent quil faut trouver un équilibre entre le numérique et lhumain, en veillant à ce que chaque voyageur, quelle que soit sa préférence, puisse profiter pleinement de son expérience.  

 

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Hébergement Technologies

La cybersécurité des hébergements touristiques, un indispensable

Depuis quelques années, la transformation numérique facilite l’infiltration de pirates informatiques dans les bases de données des hôtels. Bien qu’utiles et appréciés des clientèles, les systèmes de réservation basés sur des applications mobiles ou des plateformes en ligne, le wifi et les clés électroniques créent de nouvelles vulnérabilités. 

En décembre 2022, des pirates informatiques attaquaient les réseaux du groupe allemand H-Hotels. Résultat : les cybercriminels ont été en mesure de voler des données, notamment les noms des clients, ainsi que leurs courriels. De son côté, le groupe Marriott a connu trois violations de données publiquement reconnues en l’espace de quatre ans. Celle de 2018 a touché 500 millions de personnes, alors que celle survenue en mars 2020 a exposé les détails des comptes de pas moins de 5,2 millions de clients. La plus récente, provoquée en 2022, s’est soldée par une perte de 20 giga-octets de données sensibles. La même année, le groupe IHG et l’entreprise Sonder ont aussi été victimes d’infractions semblables. Comment se défendre ?  

Savoir reconnaître les brèches

Les systèmes informatiques comportent plusieurs failles qui facilitent l’intrusion des pirates. Savoir les identifier est un premier pas vers la sécurisation des opérations. En voici quelques-unes :  

– Les installations wifi non protégées ou mal configurées ; 

– Les courriels contenant des liens vers des logiciels malveillants ; 

– Les mots de passe non complexes ou enregistrés ; 

– Les applications mobiles non sécurisées qui permettent la réservation, l’enregistrement ou le paiement d’un séjour ; 

– Les robots conversationnels (chatbots) mal programmés qui utilisent l’intelligence artificielle (IA).

Ces technologies sont aussi vulnérables aux hameçonnages *. 

La main-d’œuvre elle-même représente aussi un risque, bien malgré elle. C’est davantage le cas pour le secteur touristique qui embauche en grande partie des employés saisonniers. Le roulement de personnel complique le maintien d’une formation homogène et actualisée en matière de cybersécurité. De plus, les nouveaux employés ne connaissent pas nécessairement toutes les équipes de travail en place. De prime abord, un courriel piraté qui semble provenir d’une directrice n’apparaît pas suspect.  

Des répercussions, peu importe la taille

Tous les joueurs sont à risque. Les petits hébergements manquent parfois de ressources pour prioriser la protection de données, tandis que les grandes chaînes représentent des cibles attrayantes. 

Les petits comme les grands joueurs sont à risque. Les auberges ou les gîtes manquent parfois de ressources pour accorder la priorité à la protection de données, tandis que les grandes chaînes représentent des cibles attrayantes parce qu’elles gèrent des millions de dossiers comportant les informations personnelles et financières des clients. De nombreuses répercussions guettent les hôteliers qui ne prennent pas les précautions nécessaires.  

Impacts directs d’un vol de données : conséquences financières liées au remboursement de rançons ou aux pertes de clients en cas de panne des systèmes de réservation ou d’interruption de services.  

Impacts indirects d’un vol de données : diminution de la fidélité des clients et atteinte à la réputation d’une marque ou d’un établissement en particulier.  

Source de l’image: Unsplash 

Comment sécuriser l’infrastructure informatique ?

La sécurisation de l’infrastructure informatique des établissements d’hébergement est primordiale. Voici quelques recommandations d’actions :  

– Détenir un pare-feu qui protège le réseau contre les tentatives d’intrusion externes, le vol de données, la diffusion de logiciels malveillants (malwares) et les attaques DDoS ** ; 

– Configurer de manière professionnelle l’infrastructure informatique et détenir un antivirus qui protège contre les courriels indésirables ainsi que les tentatives d’hameçonnage ; 

– Choisir des outils de sécurité capables de détecter les menaces générées par l’IA ; 

– Effectuer des tests de vulnérabilité et mettre à jour les composantes de l’infrastructure informatique régulièrement ; 

– Désactiver l’accès à Internet si ce n’est pas une priorité pour certains appareils. 

La formation des employés, un essentiel

Savoir se défendre contre les cyberattaques nécessite une préparation, une planification, une collaboration et un travail d’équipe. Il s’agit d’une démarche holistique impliquant l’ensemble des membres du personnel.  

Une étude de 2023 effectuée par la société de sécurité informatique KnowBe4 a révélé que plus de 33 % des personnes non formées sont susceptibles d’échouer à un test d’hameçonnage. Offrir un processus de formation continue est donc plus que nécessaire. Il convient d’instaurer une démarche en interne ou de solliciter des experts en la matière qui proposent notamment des formations en sensibilisation à la cybersécurité et en protection de données ainsi que des simulations d’hameçonnage. Le Centre canadien pour la cybersécurité s’avère une source fiable donnant conseils et avis à l’intention des petites et moyennes entreprises.  

Il convient également de sensibiliser le personnel à limiter l’utilisation de leurs appareils personnels pour le travail. Selon les résultats de l’enquête 2023 menée par l’organisation Agency, 80 % des personnes ayant un poste de direction sont susceptibles d’envoyer régulièrement des courriels liés au travail à partir de leurs propres téléphones portables ou ordinateurs. Toutefois, ces outils ne sont pas forcément équipés des mesures de sécurité installées sur les équipements de l’hôtel. Dans ce cas-ci, il peut s’avérer judicieux d’élaborer des politiques entourant l’envoi de messages ou d’élargir la sécurisation des appareils (lire aussi : La cybersécurité au temps du télétravail).  

Le secteur de l’hôtellerie en est un de bienveillance. Saurez-vous protéger vos clientèles ?   

 

*L’hameçonnage (ou phishing) consiste à se faire passer pour une personne de confiance ou une organisation connue pour obtenir des informations sensibles et confidentielles. Un pirate informatique peut prétendre être un robot conversationnel pour tromper les utilisateurs. 

**Les attaques DDoS (ou attaque par déni de service distribué) tentent de rendre un site Web (ou un réseau) indisponible en l’inondant de trafic malveillant, l’empêchant ainsi de fonctionner. En hôtellerie, ce type de violation peut provoquer une panne au niveau des systèmes de réservation. 

 

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Hébergement Produits et activités

Quand l’hôtellerie invite ses clients à jouer dehors

Aujourd’hui, la demande des clients d’hôtels va au-delà de dormir, manger au restaurant ou se détendre au spa. Des établissements proposent de nouvelles activités et dans certains cas, grâce aux services proposés, les hôtels deviennent des attractions dans lesquelles se rencontre une communauté de visiteurs et de locaux, animés par les mêmes centres d’intérêt. Voilà une nouvelle offre qui parle à une génération de jeunes voyageurs familiers avec le concept de communautés d’intérêts (notamment via les réseaux sociaux), et plus généralement, à une clientèle qui a besoin de tisser à nouveau des liens avec les autres et la nature. 

Miser sur les activités d’aventure pour se démarquer

Des établissements remarquent un véritable appétit des clients pour une expérience collective en plein air. Aux États-Unis, notamment dans le Tennessee et le Wyoming, plusieurs hôtels ont ajouté des excursions et des activités d’aventures à leur offre de services comme la pêche, le canyonisme, la planche à pagaie, la cueillette de plantes comestibles, l’observation de la faune, etc., à l’instar du Reid Creek Lodge (WY). 

Le Southall Farm & Inn à Franklin (TN) propose des activités de fauconnerie, mais aussi du tir à l’arc, des sorties en véhicule tout-terrain, un parcours aérien, de la randonnée et le lancer de hache par exemple. Ces offres distinctives permettent de se démarquer « (…) et inciteront les gens à revenir ou à rester plus longtemps », déclare le propriétaire. 

 Source : southalltn.com 

Le complexe hôtelier BlackBerry Mountain à Walland (TN) a quant à lui intégré des activités guidées. Il offre notamment des circuits en vélo de montagne ou des randonnées d’une à deux heures, en compagnie d’experts locaux. Aussi, un mur d’escalade permet aux clients de tous niveaux de débuter ou de s’exercer à la grimpe.  

En ville : l’exemple d’evo Hotel

Aux États-Unis, evo.com est une plateforme de vente en ligne d’équipements et d’accessoires de sport. L’entreprise, qui gère plusieurs magasins, est également réputée pour ses actions philanthropiques et pour son soutien à de nombreuses associations culturelles et artistiques dans diverses localités. Plus qu’un simple détaillant sportif, evo.com a réussi à bâtir une véritable communauté de passionnés du plein air. Le succès de l’entreprise l’a conduit à ouvrir un campus de 30 000 m2 à Salt Lake City, dans l’Utah, comprenant son premier hôtel. evo hotel est un tiers-lieu urbain pensé et conçu comme un lieu de rencontre et de détente, orienté vers le sport, le plein air et l’art. Le complexe hôtelier comprend ainsi un magasin de torréfaction, de vente d’équipements de sports, de location de ski/planche à neige et de vélo de montagne, un skate park, un mur d’escalade et un toit-terrasse sur lequel se trouve un bar. 

Source : evohotel.com 

Au client qui choisit l’evo Hotel, l’établissement fait la promesse « qu’en plus de dormir dans un hôtel, il fera la rencontre d’une communauté qui a les mêmes passions pour le plein air que lui, un hôtel tourné vers les activités sportives dans et hors de la ville. »  

Un besoin de (re)connexion

Charaf El Mansouri, cofondateur et PDG de Dharma, tour opérateur spécialisé dans le voyage d’affaires en est intimement convaincu «lavenir du voyage est basé sur la passion, et non sur la destination».  

La période post-pandémie révèle un fort besoin de se rencontrer à nouveau, une envie de se créer des souvenirs collectifs et de vivre des expériences que l’on n’a encore jamais vécues. Mme Perdue, du Reid Creek Lodge, explique qu’elle voit de plus en plus de familles voyager en groupe et que, si les activités telles que les soins de spa sont relaxantes, elles sont pratiquées individuellement et ne permettent pas aux groupes de se rencontrer. Elle poursuit au sujet de ces expériences d’aventure « Je le vois comme un désir palpable et intense d’inspiration (…) C’est la liberté de sortir, de courir, de respirer et de ressentir. C’est un désir de revigorer les sens (…) et d’entrer en contact avec des personnes qui sortent de la zone de confort conventionnelle. » 

Le contact avec la nature donne également la possibilité de se connecter au moment présent et offre ainsi un ressourcement individuel.   

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Hébergement Technologies

Personnalisation : offrir un sommeil sur mesure

La personnalisation de l’expérience touristique est une manière pour les organisations d’établir de plus profondes connexions avec les clients et de répondre à leurs nouvelles attentes ainsi qu’à leurs besoins naissants.  

La personnalisation évolue tant sur le plan des approches proposées que des actions posées. Dans le secteur du luxe, cela se traduit par le passage vers une démarche plus décomplexée, sobre et délaissant peu à peu le caractère plus cérémonieux qui est depuis si longtemps associé à cette sphère. Certains des éléments plus traditionnels sont mis de côté au profit d’une approche plus détendue, informelle et inclusive qui séduit une clientèle élargie, comme les millénariaux.  

Des marques décident ainsi de retourner à l’essentiel, tout en utilisant intelligemment la technologie pour combler les besoins de base de leurs clients. C’est le cas notamment de l’hôtel Park Hyatt de New York qui mise sur le tourisme du sommeil. En phase avec la croissance du marché de la santé et du bien-être — qui devrait d’ailleurs croître en moyenne de 6,49 % par an jusqu’en 2027 selon un récent rapport de Technavio — l’établissement a doté certaines de ses suites de lits intelligents, les Restorative Beds, dont la technologie de libération de la pression s’adapte au corps à chaque stade du sommeil. Les lits possèdent un système de contrôle de la température et de l’inclinaison du corps pour faciliter la circulation de l’air et la respiration du dormeur. Ce dernier peut ensuite enregistrer ses préférences via une application et accéder à son profil lorsqu’il retourne séjourner dans un établissement hôtelier équipé des mêmes lits. L’utilisation de cette technologie vise principalement à aider les clientèles à lutter contre le décalage horaire. Pour l’hôtel, c’est une manière de tisser des liens avec ses visiteurs et de les fidéliser. 

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Hébergement Tourisme durable

Tourisme social au cœur de Portneuf

Offrir un hébergement qui génère des revenus suffisants pour assurer la pérennité de sa mission sociale tout en soutenant sa communauté ; voilà ce que le projet de tourisme solidaire du camp Portneuf propose ! 

Répondre à des besoins

Depuis plus de 75 ans, la mission du camp Portneuf, situé dans la région de la Capitale-Nationale, est d’« offrir des programmes d’activités de plein air aux enfants et aux familles axés sur le développement de la personne et l’expérience de la vie de groupe en milieu naturel, et conserver l’accessibilité des camps aux familles ». Plusieurs programmes et activités communautaires soutiennent cette mission tels que l’accueil des familles moins favorisées et l’inclusion des jeunes à besoins particuliers. 

Au fil des années, il était de plus en plus difficile de concilier la mission du camp et un modèle d’affaires. Il devenait impératif de trouver des solutions pour assurer le financement de l’organisation. C’est alors que la direction générale, Olivier Lauzon, et son personnel ont mis en place un projet de tourisme social avec la construction de six yourtes quatre-saisons prêtes à camper entre septembre 2020 et juillet 2021. Cette idée arrivait à point, puisqu’il y avait aussi une volonté du milieu de développer le volet récréotouristique et d’hébergement de la grande région de Portneuf. 

Les yourtes sont offertes à deux types de clientèles : 

– La clientèle touristique : les revenus nets provenant de la location de yourtes sont ensuite versés dans un fonds d’accessibilité. 

— La clientèle bénéficiant du fonds d’accessibilité : enfants et familles à faibles revenus, organismes, personne seule.   

Source: Camp de Portneuf. Crédit Simon Laroche 

Plusieurs partenaires majeurs tels que la MRC de Portneuf et la ville de Saint-Raymond ont apporté leur soutien financier au camp. M. Lauzon est particulièrement fier de la capacité de son organisation à porter ce projet et de la mobilisation qu’il a créée dans la région.  

Retombées : des chiffres et des étincelles dans les yeux

C’est une belle opportunité d’offrir du répit et des moments de bonheur à des familles qui ont rarement la chance d’avoir des vacances.  

Les revenus tirés des hébergements ont permis de créer un fond d’accessibilité. Pour les deux premières années, 20 000 $ fut remis en aide financière aux participants des projets d’intervention. 43 enfants, 9 familles et 2 organisations furent soutenues. Au-delà des chiffres, M. Lauzon explique qu’il est très satisfaisant de voir des jeunes profiter du plein air, souvent pour la première fois. C’est une belle opportunité d’offrir du répit et des moments de bonheur à des familles qui ont rarement la chance d’avoir des vacances.  

Le camp Portneuf a remporté le prix Excellence développement et innovation 2022 dans la catégorie camp de vacances ou camp familial certifié lors du congrès de l’Association des camps du Québec. Une belle reconnaissance des pairs. 

Le futur du projet : petite yourte va loin

Le projet a le vent dans les voiles. D’autres offres d’hébergements seront ajoutées sur le site pour assurer une stabilité et une autonomie financière en soutien aux nombreux programmes sociaux qui ne cessent de croître au camp.  

La prochaine étape sera de s’intégrer davantage dans l’offre touristique de la région et de créer des partenariats avec l’industrie. D’ailleurs, le développement d’une seconde image de marque plus récréotouristique est en cours de production.  

Le camp Portneuf est un bon exemple d’organisation qui a su trouver une manière d’assurer sa pérennité en ayant accès à de nouveaux marchés et en développant le tourisme social dans sa région. Qu’en pensez-vous ? 

Image à la une  : Camp de Portneuf. Crédit Simon Laroche

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Produits et activités Segments de clientèles

Quatre tendances en camping

L’entreprise de terrains de camping KOA publiait récemment les résultats de la vaste enquête annuelle menée par Cairn Consulting Group sur la pratique de cette activité. En tout, 4100 ménages (2900 américains et 1200 canadiens) ont été interrogés sur leurs comportements de pratique en 2022 et à propos de leurs intentions pour 2023. Voici quatre tendances inspirées des constats énoncés dans ce rapport, et formulées également en regard d’autres études et données sur le sujet. 

1.Une clientèle qui se diversifie

Le camping a gagné de nouveaux adeptes depuis la pandémie. Les bénéfices qu’il procure, dont la connexion avec la nature et le sentiment de liberté, se sont révélés extrêmement séduisants, particulièrement durant les périodes de confinement et de restrictions de voyage. Une bonne part de ces nouveaux adeptes sont tombés sous le charme et comptent bien intégrer le camping à leurs traditions. 

De nouveaux adeptes

Selon les données de KOA, le nombre de nouveaux adeptes était en baisse de 2017 à 2019, passant de 2,8 millions à 1,7 millions de ménages américains respectivement. Mais le contexte particulier de 2020 a incité plus de 10 millions de ménages américains à essayer le camping. D’autres se sont ajoutés en 2021 et 2022.   

Pour le Canada et les États-Unis regroupés, le nombre de ménages qui s’identifient comme « campeur », qui campent à l’occasion, si ce n’est pas chaque année, est passé de 82 millions (2019) à 92 millions en 2022. Il est même monté à près de 94 millions en 2021. On explique cette légère diminution par le retour aux habitudes prépandémiques (séjours à l’hôtel ou encore voyages internationaux) qui aurait causé une désaffection d’une certaine part des nouveaux campeurs. 

La majorité de ceux qui sont les plus enclins à poursuivre la pratique : 

  • Ont essayé un VR pour la première fois (58 %) ; 
  • Ont fait du télétravail en camping (57 %) ; 
  • Aiment passer du temps dehors (54 %) ; 
  • Font partie de la génération des millénariaux (nés entre 1981 et 1996) (53 %).

Source: Pexels 

La génération Z 

Parmi ces nouveaux ménages de campeurs, les 2/3 comprennent un individu de moins de 42 ans et le tiers inclut au moins une personne âgée entre 18 et 25 ans. Au Canada spécifiquement, la génération Z (âgés entre 12 et 25 ans) forme 18 % des campeurs (contre 8 % en 2021). 

Pour le Canada et les États-Unis réunis, près de la moitié des jeunes de la génération Z qui campent au moins trois fois par année estiment que d’avoir fait du camping durant leur adolescence leur a appris à apprécier le temps passé en famille et avec des amis en plein air.  

Les « urbains » 

Au cours des trois années de pandémie, un grand nombre de ménages habitant en milieu urbain se sont mis au camping. Ceux-ci ont adopté cette activité et planifient en faire davantage en 2023. Ils dépensent plus que les autres lorsqu’à destination et reconnaissent les bénéfices sur leur santé mentale. Les voilà convaincus. 

Les communautés culturelles 

Plus de la moitié des nouveaux ménages de campeurs, tels qu’identifiés par KOA, sont issus des communautés hispanophone, noire, asiatique ou d’autres origines ethniques. Mais ceux-ci sont à risque de décrocher (entre 38 % et 53 %), pour diverses raisons. Le premier obstacle constitue le sentiment d’insécurité en camping (33 % parmi les hispanophones et 37 % chez les campeurs noirs). Un autre élément qui pourrait nuire au retour de ces campeurs est le fait d’avoir expérimenté de l’inconfort en plein air. Une majorité de campeurs noirs, et près de la moitié de ceux d’origine hispanique et asiatique ont vécu une expérience inconfortable ou même dangereuse pendant qu’ils étaient en plein air.  

Il y a donc lieu de prendre en compte ces facteurs pour mieux accueillir et informer ces clientèles afin qu’elles bénéficient d’expériences positives. L’initiation au camping à un jeune âge favorise la pratique à plus long terme. Les enfants de ces nouveaux pratiquants constituent donc une relève à considérer. 

2.Une multiplication des types de pratiques

Aux types de pratique traditionnelle que sont la tente et le VR, s’ajoute chaque année depuis au moins 15 ans une déclinaison d’offres de glamping, soit du prêt-à-camper et du camping en cabines et en hébergement insolite. Plus récemment, la vanlife a suscité l’intérêt de nouveaux adeptes. Dormir à la belle étoile dans un hamac rejoint aussi de plus en plus de campeurs, plus aventuriers et minimalistes. Aujourd’hui, l’expéditionnisme (overlanding), soit le camping en autonomie, sans service, en véhicule utilitaire sport, se répand, surtout aux États-Unis. Les plus friands de nouvelles expériences sont tentés d’essayer l’une ou l’autre de ces différentes approches du camping. 

Forte poussée du glamping

Au cours des trois dernières années, 28 % des campeurs sondés par KOA ont fait du glamping. Ils sont près de 40 % à souhaiter s’y adonner en 2023 (versus 25 % l’année dernière). Au Québec, cette forme d’hébergement est aussi en forte progression. Selon les données de Camping Québec, le nombre d’unités de prêt-à-camper* a crû de 130 % depuis 2016, passant de 1 767 à 4 069 unités. Les données du ministère du Tourisme recueillies par l’Institut de la statistique du Québec indiquent elles aussi un fort engouement pour ce mode d’hébergement. En cinq ans, alors que l’offre disponible en juillet a crû de 54 %, la fréquentation, elle, a augmenté de 63 %. Donc les options se multiplient, ainsi que la demande (voir le graphique ci-dessous).  

*Un prêt-à-camper, comme considéré par Camping Québec, consiste en une structure installée sur plateforme, sur roues ou directement au sol, et pourvue de l’équipement nécessaire pour y séjourner, incluant un service d’autocuisine. 

En quête d’expériences hors des sentiers battus 

Dans un autre registre, de nombreux campeurs sont interpellés par des aventures en milieu éloigné. Au cours des trois dernières années, 20 % des répondants à l’enquête de KOA ont fait de l’expéditionnisme (overlanding). Près d’un campeur sur trois souhaite l’essayer en 2023 (comparativement à 23 % l’année dernière). Ce phénomène semble véritablement l’ampleur et s’observe notamment par lintérêt porté pour des équipements tels que les tentes de toit

Source: Pexels 

3.Du WiFi et du télétravail en camping

La moitié (!) des campeurs canadiens sondés par KOA indique avoir télétravaillé durant leur séjour en camping ; 44 % dans le cas des Américains. Une connexion fiable permet de rester en contact et de voir à ses obligations, le cas échéant. Globalement, 40 % des répondants estiment qu’un bon accès au WiFi les influence à camper davantage. Cette proportion a gagné 19 points de pourcentage par rapport à 2017. 

Source: Pexels 

4.À la recherche de nouvelles expériences et de bonne bouffe !

Pour 2023, les campeurs ont soif de découvertes. Il peut s’agir de tester un nouveau type de camping ou d’essayer une activité. En moyenne, les répondants de KOA espèrent vivre trois nouvelles expériences. Les plus convoitées sont : 

  • Assister à un événement naturel unique (ex. éclipse, migration d’animaux, pluie d’étoiles filantes.) : 40 % 
  • Prendre part à des expériences culinaires, faire du tourisme gastronomique : 36 % 
  • Visiter de petites villes : 31 % 

L’attrait de la nourriture interpelle un grand nombre de campeurs. Plus de quatre répondants sur dix de l’étude de KOA estiment important qu’un camping aménagé offre un service de restauration. Plus de la moitié s’attendent à ce que celui-ci soit de qualité dans le cas où ils s’adonnent au glamping. Sinon, un accès à de bons produits alimentaires locaux constitue déjà une base qui saura séduire les campeurs gourmands qui cuisinent à leur emplacement.  

Le camping, c’est sacré

La majorité des campeurs sondés par KOA estiment que le camping constitue une façon peu coûteuse de voyager dans un contexte économique défavorable. Quelque 38 % mentionnent que même si la situation se dégrade, ils vont continuer à camper et plutôt couper dans d’autres types de séjours.  

Image à la une : Unsplash