Catégories
Segments de clientèles

Accueillir les nouveaux arrivants, un jeu à la fois

Lors du congrès de l’Association of children’s museum* (ACM), qui s’est tenu à La Nouvelle-Orléans du 26 au 28 avril 2023, plusieurs musées pour enfants ont partagé des stratégies où l’art, la compassion, et l’éducation sont venus en aide aux populations d’immigrants et de réfugiés de leur région : ces initiatives sont devenues au fil du temps des services ancrés dans la communauté et la culture interne des musées.

Pourquoi des acteurs clés ?

Les musées peuvent agir dans leur communauté, grâce à leurs ressources et leurs missions sociales. Ils possèdent les capacités de créer des opportunités d’apprentissage informelles (hors du cadre scolaire) pour les familles d’immigrants et de réfugiés. Les musées pour enfants, particulièrement, sont des spécialistes pour créer des connexions avec les familles. En plus de faire du bien et d’accrocher un sourire aux visages, le jeu favorise l’apprentissage.

Le jeu est universel et traverse les frontières de la langue.

L’importance de briser les préjugés

La directrice Kathryn Jones du Boston Children’s Museum et ses partenaires ont développé le programme « Beneficiary Voice ». Il s’agit d’un processus qui aide les équipes des musées à mieux comprendre les besoins des communautés pour offrir des activités et des services adaptés. Elle souhaite ainsi briser les préjugés, les fausses croyances et les idées préconçues qui affectent la perception des familles d’immigrants et de réfugiés.

Voici quelques éléments clés du programme :

  • Avant même la conception d’une activité :
    • Prenez contact avec des organismes culturels ou communautaires pour cerner les besoins.
    • Passez du temps avec la communauté sélectionnée.
  • Testez l’activité avec des familles avant de la commercialiser :
    • Allez au-delà des objectifs éducatifs, pensez au bien-être des familles.
    • Privilégiez l’enregistrement des discussions au lieu de la prise de note afin que les participants aient le sentiment d’être écoutés.
    • Prévoyez une compensation pour les familles participantes.
  • Un mot : rétroaction !
    • Impliquez plusieurs départements du musée dans le processus. Tout le monde peut participer à l’amélioration d’une activité ou d’un programme.
    • Retournez voir la communauté pour vous assurer de bien comprendre leur point de vue.
    • Évaluez l’activité fréquemment.
    • Demandez l’avis des partenaires communautaires.

Les couleurs de l’Ukraine

La chercheuse Tetyana Lewińska de l’Université de Varsovie, en Pologne, s’est intéressée à l’accueil des réfugiés ukrainiens en Caroline du Nord. En collaboration avec le Kidzu Children’s Museum, elle a développé un programme pour aider les nouveaux arrivants à s’intégrer dans la communauté. Mme Lewińska a mis en place des activités en appliquant le concept de « Sensibilité interculturelle » qui réfère à la volonté, à la capacité et aux émotions nécessaires pour comprendre des personnes d’horizons différents. Cette approche est d’autant plus importante pour déchiffrer et accepter les valeurs des nouveaux arrivants, mais pour avoir également un regard sensible et attentif envers des enfants qui ont vécu des traumatismes.

Créé à l’été 2022, le programme Les couleurs de l’Ukraine proposait de créer de l’artisanat aux couleurs identitaires du pays. Les ateliers étaient proposés dans la langue maternelle des participants et en anglais. Les activités s’adressaient également aux parents afin de favoriser l’intégration complète de la famille.

Source : Facebook

À la suite de cette expérience, Mme Lewińska a développé des recommandations et des outils pratiques qui sont bénéfiques non seulement pour ce groupe de réfugiés d’Ukraine, mais qui pourraient également être appliqués dans différents groupes et communautés minoritaires. En voici quelques-uns :

1. Préparer un diagnostic des besoins : ajuster le programme et l’horaire des activités en fonction des besoins spécifiques du groupe. L’implication des représentants locaux de la diaspora ou des immigrants parlant la langue maternelle aide à ce processus.

2. Utiliser différentes ressources : recourir activement au soutien et à l’expérience pratique des organisations professionnelles, des centres de formation et d’éducation. Les ressources universitaires, les bibliothèques et les outils en ligne sont également une source intéressante d’informations.

3. Bâtir des activités durables : construire des relations prend du temps, alors abordez cela comme un marathon plutôt qu’un sprint. Planifiez les activités futures et maintenez le contact avec le groupe.

Mme Lewińska rappelle que parmi les nouveaux arrivants, il peut y avoir des personnes qui ont été victimes de violence armée directe, sont venues des territoires occupés, peuvent avoir vécu une expérience de traumatisme psychologique ou vivent actuellement la perte ou la maladie d’êtres chers. Si nécessaire, demandez l’avis d’un expert.

Ces initiatives d’inclusion ont eu un impact non seulement sur les familles bénéficiaires et les éducateurs, artistes et autres prestataires de services, mais aussi sur les musées eux-mêmes. En fin de compte, ces services créent un changement institutionnel positif et un engagement communautaire. L’empathie et l’enthousiasme font partie intégrante de la vie quotidienne et des opérations de chaque musée.

*Fondée en 1962, avec plus de 460 membres dans 50 états américains et 19 pays, l’ACM est la première société professionnelle au monde à soutenir et défendre les musées pour enfants.

Image à la une : Unsplash

Catégories
Gestion Produits et activités

Petits musées : voir grand avec peu

Lors du congrès de l’Association of Children’s Museum* (ACM), qui s’est tenu à La Nouvelle-Orléans du 26 au 28 avril 2023, plusieurs intervenants ont partagé leurs stratégies sur la façon dont les petits musées peuvent maintenir leur dynamisme et leur impact dans leur communauté avec un budget limité. 

Qu’est-ce qu’un petit musée ? 

Selon l’ACM, il s’agit d’un musée ayant : 

  • Un budget de fonctionnement inférieur à un demi-million de dollars US.  
  • Une superficie de moins de 12 000 pieds carrés.
  • Une équipe de moins de 14 personnes. 

L’importance du personnel : la richesse d’une petite équipe

« Je pense que le luxe d’un petit musée est que l’on apprend à bien connaître les gens. Vous voyez rapidement leurs forces et leurs faiblesses. C’est la raison pour laquelle il est si important d’embaucher les bonnes personnes. » (traduction libre) — Amarinda Keys  

Le personnel constitue la clé de voûte du succès pour beaucoup de petites entreprises touristiques. Plusieurs voient la taille de leur équipe comme un défi, mais il s’agit pour la directrice générale du Children’s Discovery Museum (Maine, États-Unis), Amarinda Keys, d’un atout unique pour bâtir des relations fortes et développer les talents de chacun. Chaque poste à combler permet d’investir dans une personne, dans sa passion et dans son intérêt à porter la mission de l’organisation.  

Source : Facebook Children’s Discovery Museum

Mme Keys mise sur trois facteurs essentiels pour favoriser la réussite de son équipe et de son musée : 

-La confiance: élément clé pour la performance d’une petite équipe. Tous les membres du personnel doivent être capables de se fier aux compétences des autres coéquipiers, à leur capacité à effectuer leurs tâches et à faire preuve d’initiative en cas de problème. La confiance se bâtit avec une communication franche et ouverte, et de la rétroaction sur une base régulière. 

-La flexibilité : une ouverture est requise de la part de l’employé et du gestionnaire. Dans ce type d’organisation, les tâches sont diversifiées et les ressources limitées. En contrepartie, le gestionnaire doit s’adapter aux forces des membres du personnel. Mettre les passions et les talents de chacun en valeur dans leurs tâches quotidiennes devient une façon de les motiver.   

-La collaboration : s’unir à d’autres organisations lors d’événements permet de diversifier les tâches des membres de l’équipe, d’offrir un nouveau contexte d’apprentissage au personnel et de bonifier la visibilité du musée. Cette coopétition augmente considérablement la force d’action.

Espace limité : entre stratégie et création

« Nous devons sortir des sentiers battus, car le concept traditionnel d’exposition ne fonctionne pas pour nous. Je pense qu’il faut voir cela comme l’une de nos forces. » (traduction libre) — Erin Dowdall  

La directrice du Wonder Works Children’s Museum (Illinois, États-Unis), Erin Dowdall, connaît bien les défis reliés au manque d’espace. Avec seulement 6400 pieds carrés pour accueillir six stations d’activités et d’expositions, en plus de tous les espaces fonctionnels (coin repas, accueil, rangement, administration, etc.), elle mise sur la créativité pour renouveler le lieu tout en respectant son budget. Mme Dowdall a totalement revu la conception de son espace et rebâtit son modèle budgétaire. Son équipe a réinventé le lieu de travail et recherche désormais des opportunités d’exposition non traditionnelles qui s’adaptent mieux à la réalité peu commune d’un petit musée. 

Les espaces d’exposition de cet établissement sont multifonctionnels et ils ne comportent plus de structure permanente. Tout le mobilier et les objets sont polyvalents. Ils peuvent être déplacés pour permettre au lieu de changer de vocation rapidement. Les salles d’art et de repas accueillent plusieurs activités, telles que des fêtes d’anniversaire et des événements spéciaux. Toutes les installations se montent et se convertissent en 30 minutes. Selon Mme Dowdall, l’âge de sa clientèle est un avantage. Elle est principalement constituée de jeunes enfants, et de simples changements peuvent apporter un effet « wow » assez facilement ! Cette nouvelle conception de l’espace a un impact direct sur les expositions et la programmation du musée. Il est enfin possible d’organiser des événements et des semaines thématiques, ce qui diversifie les sources de revenus. 

Il n’y a plus de place à l’intérieur ? Sortez votre musée à l’extérieur de ses murs ! Mme Dowdall a fait le choix de sacrifier quelques places de stationnement pour créer un espace supplémentaire et n’hésite pas à demander l’accord de la ville pour fermer la rue à côté de son organisation afin d’y tenir des événements de plus grande envergure pour le plaisir des participants. Comme en témoignent les images suivantes d’un festival en plein air qui célébrait la magie et la science des bulles, le plaisir est au rendez-vous ! 

Source : Wonder Works Children Museum

Une programmation adaptée

Le Children’s Museum Curaçao se situe au cœur des Caraïbes. Bien que l’établissement accueille des touristes, les habitants de l’île forment la majorité de la clientèle. Pour contrer les enjeux de récurrence du public et de ressources limitées, il est primordial de motiver la clientèle locale à revisiter le musée, en renouvelant l’expérience. Pour la directrice générale, Rohani de Pont, une programmation diversifiée, éducative, mais surtout amusante est la clé vers la réussite. 

La programmation du musée repose sur cinq thématiques : l’art, la culture, la littérature, la nature ainsi que les sciences et technologies. Ces thèmes se déclinent dans quatre catégories : 

1. Programmation régulière : activités récurrentes proposées plusieurs fois par semaine. Les coûts associés dans le budget annuel sont déterminés selon le nombre de visiteurs ciblés.  

2. Programmation spéciale : activités liées à des événements ou à des occasions spéciales (fête des Mères, fête nationale, Halloween, etc.). La qualité de l’animation l’emporte sur la rentabilité et les profits. 

3. Programmation commerciale : organisation d’événements spéciaux à but lucratif. Les activités se tiennent en dehors des heures d’ouverture régulières (nuit au musée, location des locaux par des entreprises privées). Les coûts demandés pour occuper les espaces du musée représentent un pourcentage du bénéfice attendu par les organisateurs. C’est une belle occasion de mettre en valeur les atouts du musée et d’attirer une nouvelle clientèle. 

4. Programmation éducative : activités destinées aux écoles. En semaine, le musée reçoit cette clientèle ou se déplace dans les établissements scolaires. Le financement provient des campagnes de dons.  

Source : Instagram du Children’s Museum Curaçao

La rentabilité demeure un aspect important pour le maintien des activités muséales. Pour Mme de Pont, réutiliser les ressources des expositions et des activités est primordial afin de maintenir une stabilité budgétaire et d’avoir un impact positif sur son île. Elle n’hésite pas à intégrer le recyclage à sa programmation avec des activités de sensibilisation ou des bricolages.  

Que ce soit ici ou ailleurs, les petits musées sont souvent confrontés aux problèmes d’espace et de ressources limitées. Les cas présentés sont des exemples qui démontrent que les contraintes donnent aussi l’occasion de se réinventer, afin de rester proche de ses visiteurs et de poursuivre sa mission. Qu’en pensez-vous ? 

*Fondée en 1962, avec plus de 460 membres dans 50 états américains et 19 pays, l’ACM est la première société professionnelle au monde à soutenir et défendre les musées pour enfants.  

Image à la une : Pexels

Catégories
Hébergement Tourisme durable

Tourisme social au cœur de Portneuf

Offrir un hébergement qui génère des revenus suffisants pour assurer la pérennité de sa mission sociale tout en soutenant sa communauté ; voilà ce que le projet de tourisme solidaire du camp Portneuf propose ! 

Répondre à des besoins

Depuis plus de 75 ans, la mission du camp Portneuf, situé dans la région de la Capitale-Nationale, est d’« offrir des programmes d’activités de plein air aux enfants et aux familles axés sur le développement de la personne et l’expérience de la vie de groupe en milieu naturel, et conserver l’accessibilité des camps aux familles ». Plusieurs programmes et activités communautaires soutiennent cette mission tels que l’accueil des familles moins favorisées et l’inclusion des jeunes à besoins particuliers. 

Au fil des années, il était de plus en plus difficile de concilier la mission du camp et un modèle d’affaires. Il devenait impératif de trouver des solutions pour assurer le financement de l’organisation. C’est alors que la direction générale, Olivier Lauzon, et son personnel ont mis en place un projet de tourisme social avec la construction de six yourtes quatre-saisons prêtes à camper entre septembre 2020 et juillet 2021. Cette idée arrivait à point, puisqu’il y avait aussi une volonté du milieu de développer le volet récréotouristique et d’hébergement de la grande région de Portneuf. 

Les yourtes sont offertes à deux types de clientèles : 

– La clientèle touristique : les revenus nets provenant de la location de yourtes sont ensuite versés dans un fonds d’accessibilité. 

— La clientèle bénéficiant du fonds d’accessibilité : enfants et familles à faibles revenus, organismes, personne seule.   

Source: Camp de Portneuf. Crédit Simon Laroche 

Plusieurs partenaires majeurs tels que la MRC de Portneuf et la ville de Saint-Raymond ont apporté leur soutien financier au camp. M. Lauzon est particulièrement fier de la capacité de son organisation à porter ce projet et de la mobilisation qu’il a créée dans la région.  

Retombées : des chiffres et des étincelles dans les yeux

C’est une belle opportunité d’offrir du répit et des moments de bonheur à des familles qui ont rarement la chance d’avoir des vacances.  

Les revenus tirés des hébergements ont permis de créer un fond d’accessibilité. Pour les deux premières années, 20 000 $ fut remis en aide financière aux participants des projets d’intervention. 43 enfants, 9 familles et 2 organisations furent soutenues. Au-delà des chiffres, M. Lauzon explique qu’il est très satisfaisant de voir des jeunes profiter du plein air, souvent pour la première fois. C’est une belle opportunité d’offrir du répit et des moments de bonheur à des familles qui ont rarement la chance d’avoir des vacances.  

Le camp Portneuf a remporté le prix Excellence développement et innovation 2022 dans la catégorie camp de vacances ou camp familial certifié lors du congrès de l’Association des camps du Québec. Une belle reconnaissance des pairs. 

Le futur du projet : petite yourte va loin

Le projet a le vent dans les voiles. D’autres offres d’hébergements seront ajoutées sur le site pour assurer une stabilité et une autonomie financière en soutien aux nombreux programmes sociaux qui ne cessent de croître au camp.  

La prochaine étape sera de s’intégrer davantage dans l’offre touristique de la région et de créer des partenariats avec l’industrie. D’ailleurs, le développement d’une seconde image de marque plus récréotouristique est en cours de production.  

Le camp Portneuf est un bon exemple d’organisation qui a su trouver une manière d’assurer sa pérennité en ayant accès à de nouveaux marchés et en développant le tourisme social dans sa région. Qu’en pensez-vous ? 

Image à la une  : Camp de Portneuf. Crédit Simon Laroche

Catégories
Segments de clientèles

Démystifier les jeunes voyageurs de A à « Z »

La génération Z est un sujet de discussion très populaire dans l’écosystème touristique. Ces jeunes nés entre 1997 et 2012 (varie d’un an ou deux selon les sources) représentent 18,2 % de la population du pays, d’après Statistique Canada. Selon cet organisme gouvernemental, ce groupe démographique pourrait devenir supérieur en nombre à celui des baby-boomers en 2032 et à celui des millénariaux en 2045. À l’échelle de la planète, ils sont environ deux milliards.  

Cette analyse cherche à démystifier ce qui caractérise la Gen Z comme segment de clientèle afin d’apporter un autre regard sur une génération qui fait sa place dans un monde en turbulence. Une attention particulière est mise sur la portion plus âgée de cette génération, soit les 18-25 ans, puisqu’elle constitue le créneau qui se déplace davantage, gagnant en liberté et en autonomie financière.  

La pandémie de COVID-19

Les jeunes ont été durement touchés par la crise de la COVID-19. La pandémie est arrivée, pour plusieurs individus de cette génération, à une période où des expériences sociales et émotionnelles auraient dû se produire. Notamment les premiers voyages sans les parents, une étape durant laquelle tant d’apprentissages de la vie se produisent. Ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse ? 

Source : Pexels 

Je veux vivre

Les profils de voyageurs de la firme internationale YouGov démontrent que la génération Z souhaite en apprendre davantage sur les autres cultures et prendre part à des « expériences de la vie réelle » pendant leurs voyages, comme aller à la rencontre de la communauté et du patrimoine. Les jeunes de la Gen Z sont également plus enclins à s’intéresser à des activités de bénévolat et à l’écotourisme. Le désir de faire quelque chose de significatif et de redonner à la communauté alimente cet intérêt.  

Je veux voir le monde 

Ce segment de clientèle souhaite profiter de la réouverture des frontières pour explorer le monde. Par exemple, l’étude réalisée en août 2022 par Collage group auprès de 4 800 répondants américains révèle que 55 % des 18-25 ans préfèrent partir à l’extérieur du pays plutôt que d’y rester pour leurs vacances. Pour les membres plus jeunes (ceux âgés de 13 à 17 ans), le désir de voyager à l’étranger s’élève à 61 %.  

Les voyages en famille  

Les 18-25 ans ont beaucoup aimé voyager en famille durant leur enfance et gardent de bons souvenirs de ces voyages. Aujourd’hui prêts à voler de leurs propres ailes, ils souhaitent répéter des expériences vécues. D’après la firme de sondage YouGov et Skift, les individus de la Gen Z qui proviennent d’un milieu à revenu moyen à élevé sont particulièrement sensibles au luxe et souhaitent répéter les mêmes expériences vécues lors de leurs voyages en famille. Ces attentes se transposent dans leur choix maintenant qu’ils sont autonomes. 

Source : Unsplash 

Luttes sociales et climatiques

La génération Z grandit avec une prise de conscience accrue des problèmes mondiaux, tels que les changements climatiques et l’impact de l’activité humaine sur l’environnement. Selon l’OMT, elle est mieux équipée que n’importe quelle autre génération pour discuter de ces questions et se mobiliser grâce aux médias sociaux. Ces nouveaux voyageurs semblent plus sensibles aux enjeux environnementaux avec leur choix de transport, d’hébergement et d’activités.  

Oui, mais… 

Comme pour le reste de la population, la génération Z choisit principalement un vol en fonction du prix, de la sécurité ou de la réputation de la compagnie et du nombre d’escales.

À la lumière des différents sondages menée sur la conscience durable des Z, il est intéressant de constater que le comportement réel peut souvent diverger des intentions. Parmi les principaux obstacles à l’action figure l’accessibilité des produits et services ainsi que leurs coûts croissants. Beaucoup de ces jeunes n’ont pas encore de stabilité financière, ce qui crée un décalage entre leur intention et leurs actions lors de la réservation de voyages et d’hébergement. 

Cette contrainte se remarque également lors du choix de transport. Par exemple, en France, la Chaire Pégase (rattachée à Montpellier Business School) a analysé deux échantillons représentatifs des 15-24 ans (800 répondants) et des 25 ans et plus (1010 répondants) en 2022. Les résultats du rapport permettent d’affirmer que même s’ils sont sensibles aux enjeux environnementaux, l’empreinte carbone de leur déplacement n’est que le septième critère de choix (sur 10). Comme pour le reste de la population, la génération Z choisit principalement un vol en fonction du prix, de la sécurité ou de la réputation de la compagnie et du nombre d’escales. Il reste donc à voir si les choix de la Gen Z refléteront leurs valeurs à mesure que leur pouvoir d’achat augmentera avec le temps. 

Cette génération arrive dans le monde du voyage avec un bagage hors de l’ordinaire. Mieux la connaître s’avère essentiel dans un contexte où l’industrie touristique se redéfinit et a soif de nouvelles clientèles. Êtes-vous prêt ? 

Image à la une : Pexels

Catégories
Segments de clientèles

Connaissez-vous les routes du lait ?

L’industrie touristique québécoise possède la réputation d’être l’une des plus accueillantes au monde. Des initiatives pour mieux servir et accompagner les mères de jeunes enfants lors de leurs déplacements se développent. De plus en plus d’entreprises décident d’adhérer aux Routes du lait. 

En bref

Selon le Mouvement Allaitement du Québec (MAQ), une route du lait est : « un regroupement d’établissements publics et de commerces favorables à l’allaitement. Ces lieux acceptent volontiers de poser un autocollant de la Route du lait sur leur porte d’entrée afin de signaler aux personnes allaitantes qu’elles seront accueillies pour nourrir leur bébé, notamment sans obligation d’achat. » Comme le rappelle madame Raphaëlle Petitjean, directrice générale du MAQ, l’objectif n’est pas de faire la promotion de l’allaitement, puisqu’il s’agit d’une décision personnelle, mais de soutenir en tant que société les personnes qui ont pris la décision d’allaiter. 

Un endroit favorable à l’allaitement, c’est un lieu où les parents qui allaitent sont les bienvenus. Les employés reconnaissent et appuient le droit de la personne d’allaiter un enfant en public. 

Il est intéressant de constater qu’en 2018, selon un sondage Léger réalisé auprès de 1566Canadiens et 1000 Américains, à léchelle du pays, cest au Québec que les gens sont les plus tolérants envers lallaitement en public. Quelque 86% des Québécois trouvent la pratique «socialement acceptable» comparativement à 76% des Albertains, qui sont les moins ouverts à ce sujet. Environ 8 Canadiens sur 10 (83%) trouvent acceptable que la femme allaite en public. Chez nos voisins du sud, la proportion diminue à 7 Américains sur 10. 

Le saviez-vous ? 

Dans la province, l’allaitement dans les lieux publics est protégé par la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. 

Historique 

Si des initiatives semblables aux Routes du lait ont vu le jour au Canada dans les années 90, ce n’est qu’au début du nouveau millénaire que la province voit apparaître un service plus organisé pour les familles allaitantes. Désormais, 19 routes parcourent la plupart des régions du territoire québécois. Chacune d’entre elles est chapeautée par une ressource communautaire à l’allaitement (Nourri-Source, le RAM, etc.). D’autres projets similaires existent, mais sous une terminologie différente. Dans plusieurs cas, les municipalités ou les CLSC appuient les démarches et deviennent des partenaires. 

Pourquoi l’industrie touristique devrait-elle s’y intéresser ?

Les Routes du lait s’inscrivent parfaitement dans une approche bienveillante et de responsabilité sociale. Être à l’écoute des jeunes familles québécoises et de l’international ne peut qu’être bénéfique pour une entreprise. Comprendre leur réalité et leur offrir un espace visant à leur faciliter la vie plaira non seulement aux parents, mais également aux autres clients. Comme l’explique cette analyse, la cohabitation des différentes clientèles est parfois ardue. Aider les parents à mieux répondre aux besoins de leurs jeunes enfants montre l’ouverture d’esprit de l’entreprise et favorise un meilleur climat pour tous.  

Allaiter devant les loups 

Pour le Zoo Ecomuseum, l’adhésion à la Route du lait de l’ouest de l’île (Montréal) s’est faite naturellement. Présentée par Nourri-Source, l’entente fut facilement acceptée et signée par la direction. Sarah Prince-Robin, directrice des Communications, explique que les familles et les mamans représentent une grande partie de la clientèle du zoo. Répondre à leurs besoins s’avère donc essentiel. La participation à la Route du lait reflète les valeurs de l’organisation et leur volonté d’être proche de la communauté. Le personnel à l’accueil est formé et prêt à accueillir les mamans à la recherche d’un espace pour allaiter. 

L’avenir des routes

Le temps et le financement disponible aux organismes responsables du projet varient d’une région à l’autre, ce qui a un impact sur le recrutement des entreprises et le développement des routes. La pandémie a également affecté l’accès des lieux aux familles. Cependant, en cette ère de post-confinement, une mise à jour s’effectue et le recrutement se fait à nouveau. D’ailleurs, une nouvelle route verra bientôt le jour dans le secteur de Rouyn-Noranda. 

Certaines organisations ont développé des outils qui aident les familles à trouver facilement des membres de la route. Par exemple, Nourri-Source Montréal propose sur son site Web une carte interactive indiquant les 250 établissements membres. 

Source : Nourri-Source Montréal 

Le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean, en collaboration avec les organismes de soutien à l’allaitement, a développé une application mobile pour localiser les entreprises membres selon la position géographique ou la ville sélectionnée. 

Source : Google Play 

Cette application sera reprise par le Mouvement allaitement du Québec qui souhaite y intégrer l’ensemble des routes du lait de la province. Le lancement est prévu pour la fin de l’année 2022.   

Au Québec, plusieurs familles profitent de leur congé parental pour effectuer un périple allant de quelques jours à plusieurs mois. C’est une belle occasion pour l’industrie touristique d’attirer cette clientèle. Dans un contexte de reprise des voyages, l’envie de sortir des familles est encore plus criante ! Elles seront très reconnaissantes de ce service qui leur simplifie la vie et heureuses de partager leurs expériences à leur retour !  

Pour trouver l’organisme responsable de la route de votre région.

Image à la une : Pexels

Catégories
Produits et activités Segments de clientèles

Les grands-parents, des ambassadeurs pour les musées

Le Louvre-Lens fait preuve d’originalité pour épauler les grands-parents qui planifient des sorties au musée accompagnés de leurs petits-enfants. Un samedi par mois, les principaux intéressés sont invités à prendre part à l’atelier « L’art d’être grands-parents », une initiative gratuite qui vise notamment à consolider les liens intergénérationnels. Pendant l’activité, ils reçoivent des conseils et des astuces pour apprendre à stimuler la curiosité des enfants et rendre leur prochaine visite à la fois plus accessible et ludique.

Les ateliers visent notamment à donner des astuces aux grands-parents pour faire sourire les enfants, attirer leur regard et capter leur attention sur certaines œuvres d’art.

Le médiateur en charge présente d’abord les différents services et supports qui sont mis à disposition des familles, tels que l’aire intérieure dédiée aux pique-niques, la médiathèque, un coin lecture pensé pour les enfants, ou les livrets-jeux de la Galerie du temps. Il poursuit ensuite l’atelier en racontant des anecdotes en lien avec certaines œuvres d’art que les grands-parents pourront à leur tour dépeindre ; l’objectif ici est de faire sourire les enfants, attirer leur regard et capter leur attention. Enfin, les participants sont invités à échanger autour d’un café. Le médiateur conclut la rencontre en proposant des idées d’activités artistiques simples, comme la réalisation de théâtres de papier ou de films en stop-motion, le tout pour prolonger le plaisir au retour à la maison.

Source de l’image : © Musée du Louvre-Lens/Gunilla Lapointe

En 2019, le Musée McCord à Montréal a également eu l’idée de miser sur la complicité intergénérationnelle pour faire découvrir le milieu muséal aux plus jeunes le temps d’une fin de semaine. L’événement offrait l’entrée gratuite à tous les grands-parents accompagnés de leurs petits-enfants. En plus de l’accès à une visite permettant de découvrir les diverses expositions du musée, les petits comme les grands avaient l’occasion de participer à La boîte à souvenirs, une activité spécialement conçue pour susciter l’intérêt de tous les participants. Ces derniers étaient alors plongés dans les souvenirs d’enfance des Montréalais et Montréalaises d’ici et d’ailleurs.

Source de l’image : Musée McCord

Les grands-parents ont le potentiel de devenir de réels ambassadeurs du milieu muséal et même du tourisme en général.

Quelle place voulez-vous leur accorder ?

Image à la une : © Musée du Louvre-Lens/Gunilla Lapointe

Catégories
Segments de clientèles

L’Australie à la conquête du marché famille

À quelques mois de leurs vacances estivales, les Australiens sont encore une fois encouragés à voyager localement. Pour faire découvrir les principaux attraits, la diversité de la faune, la beauté des paysages, la culture autochtone et les activités à faire dans chaque région, l’organisation de gestion de la destination (OGD) de l’Australie s’associe à The Wiggles, un groupe bien connu des jeunes australiens. Cette collaboration a fait naître le livre « The Great Australian Wiggly Road Trip! », à travers lequel les familles accompagnent le groupe dans son grand voyage en Australie.

Source : Youtube, The Wiggles

L’OGD a aussi développé une section dédiée à cette initiative sur son site Web. Les petits et grands internautes y trouveront des capsules vidéo, des jeux interactifs, des ressources éducatives et des suggestions d’activités. Pour accompagner les familles dans la planification de leur voyage, les parents découvriront également des conseils et des propositions adaptées à leur réalité.

voyage_famille_australie

Source : australia.com

Dans le cadre de ce partenariat, le groupe The Wiggles lancera sur YouTube de nouvelles chansons et des contenus qui enseigneront aux enfants comment ils peuvent devenir les futurs gardiens de l’Australie en passant des vacances à la manière « wiggly » !

 

Source de l’image à la une : australia.com

Catégories
Segments de clientèles

Comment recevoir les voyageurs avec compagnons canins

Selon une étude initiée par l’Insurance Research Council, près d’un Américain sur trois a adopté un animal en 2020. L’American Pet Products Association estime à 40 % la part des ménages américains ayant un chien à la maison. Au Québec, cette proportion s’élève à 20 % d’après l’enquête Vividata menée auprès de 6303 Québécois.

 

 

Le meilleur ami de l’homme ne perd pas son titre : parmi les animaux domestiques, il est sans surprise le compagnon de voyage le plus populaire. Selon un sondage récent réalisé en 2021 par la firme de recherche The Vacationer auprès de 531 Américains maîtres d’animaux, 4 voyageurs sur 10 comptent amener leur animal de compagnie lors d’un séjour d’agrément en 2021. La moitié des répondants provenant de la région de la Nouvelle-Angleterre, un marché d’intérêt pour le Québec, ont déclaré que leurs compagnons les accompagneraient en vacances cet été.

Voici quelques conseils et bonnes pratiques pour les recevoir.

Hébergements : trois éléments clés pour accueillir les voyageurs canins

La firme de consultation américaine Xotel, spécialisée en hôtellerie, a émis un petit guide pour outiller les hébergements quant à l’accueil d’animaux domestiques. Trois éléments clés vous aideront à recevoir ces compagnons adorés :

  • Choisissez le type d’animal que vous acceptez : instaurez une limite de deux animaux par ménage, avec un poids maximum. De cette manière, vos visiteurs pourront mieux se préparer, voire décider laquelle de leur bête emmener.
  • Établissez les règles de base : indiquez sur votre site Web les zones où il n’est pas permis d’emporter avec soi son chien ou son chat (piscine, restaurant, etc.) et les endroits où ils peuvent être admis. Proposez également un trajet de marche à proximité.
  • Énoncez clairement les responsabilités des maîtres : ces derniers doivent être informés des conséquences encourues en cas de bris de meubles ou de blessures. Demandez à ce que les propriétaires limitent les aboiements pendant la nuit. Vous pouvez exiger la signature d’un document à cette fin.

Pour vous faire une idée des règles de base, le site Web québécois Partoutavecmonchien.com répertorie chaque établissement inscrit selon les services et restrictions suivants :

  • Accepte les gros chiens ;
  • Espace pour courir ;
  • Parc à chiens clôturé ;
  • Gardiennage disponible ;
  • Supplément pour animal ;
  • Les chiens doivent être tenus en laisse.

Une fois ces règlements bien établis, vous pouvez offrir des agréments selon vos ressources, comme une garderie, des promenades ou un menu personnalisé.

Services supplémentaires : qui veut bien tarifier, tarifie

Plusieurs considèrent leur toutou comme un membre de la famille et cette affection influence leurs besoins. Une recherche expérimentale auprès de 595 propriétaires de chiens a démontré que plus les liens avec l’animal sont serrés, plus les répondants étaient enclins à payer des frais additionnels pour voyager avec lui. Certains établissements misent sur cet attachement pour offrir une panoplie de services et élargir leur fourchette de prix.

SourceGroupe Alt hôtels 

Par exemple, alors que la famille Alt Hotels ajoute un tarif de 30 $ par nuitée par animal, justifié par un service de nettoyage approfondi, l’InterContinental Houston exige 150 $ US sous le même prétexte. Celui-ci reste toutefois astucieux : il offre un forfait de plusieurs nuitées incluant un rabais sur ce montant, des points à utiliser dans les autres hôtels de son groupe IHG Hotels & Resort et un service de conciergerie personnalisé pour les voyageurs et leur chien.

La chaîne Kimpton Hotels accepte les chiens de toutes les tailles et ne facture aucuns frais. Elle fournit un lit, une gamelle et des gâteries pour chaque invité poilu. Certains hébergements ont même des « employés canins » pour tenir compagnie aux visiteurs.

La tarification demeure ainsi à la discrétion de chaque gestionnaire.

Des destinations amies des chiens

En vue d’attirer ces voyageurs aux besoins spécifiques, certaines destinations donnent un coup de main à la planification des vacances avec compagnons canins. Tourisme Cantons-de-l’Est publie sur son site Web une page réunissant tous les hébergements et attraits de la région qui acceptent les animaux. L’association liste quelque 86 établissements.

Tourisme Lanaudière compile aussi plusieurs attraits et hébergements amis des chiens, cette fois dans un article de blogue. Le message souligne, entre autres, que ces bêtes tant aimées font partie de la famille et doivent être traitées ainsi partout où elles vont.

Source : Tourisme Lanaudière 

Certaines régions de France proposent depuis 2007 le label « Toutourisme France », qui regroupe une vingtaine d’offices de tourisme et un réseau de partenaires dans tout le pays. Les bureaux participants offrent des paniers cadeaux pour chiens qui contiennent des sacs de propreté et des friandises, en plus d’un guide qui suggère des hébergements et des activités pour faciliter l’organisation des vacances. Cette initiative vise à favoriser la cohabitation des résidents et des touristes avec leurs animaux domestiques.

Source : Toutourisme France 

Et vous, êtes-vous prêt à accueillir ces toutouristes ?

 

Source de l’image à la une: Unsplash

Catégories
Segments de clientèles

Un touriste aux mille visages

Les clientèles touristiques sont extrêmement diversifiées. Pour répondre à leurs besoins et susciter leur intérêt, les entreprises doivent connaître leurs comportements de voyage. Voici des extraits d’analyses, publiées par le Réseau de veille en tourisme (RVT) au cours des deux dernières années, qui présentent le profil de certains segments de la clientèle.

L’amateur de plein air 

Les deux tiers des Québécois ont pratiqué au moins une activité de plein air, de 2014 à 2017. Le vélo, la randonnée pédestre et la marche hivernale en sentier sont les activités les plus populaires. Au cours de 2017, la majorité a aussi réalisé un séjour avec nuitée, comptant au moins une activité de plein air. Quant aux mordus de plein air, ils sont plus d’un million au Québec à effectuer au moins six séjours de tourisme de plein air annuellement. Ce sont majoritairement des hommes âgés de 45 à 64 ans, qui vivent en couple sans enfant à la maison. Environ 40 % de ces mordus séjournent au moins neuf nuitées en hébergement commercial.

segments_clienteles_tourisme

Source : Diversify Outdoors

Le RVT s’est également penché sur les habitudes de plein air de certains adeptes plutôt « atypiques », soit l’immigrant, le senior âgé de 65 à 74 ans et le randonneur improbable. Le premier privilégie la saison estivale pour la pratique de ses activités. Il va à la plage, s’adonne à la randonnée et au vélo. Il y voit l’occasion de se maintenir en bonne forme physique. Encore très actif, le second pratique surtout le vélo et la randonnée pédestre, et le quart de ce segment effectue plus de 60 sorties par année. Le troisième bouscule l’image typiquement associée à l’adepte du plein air, soit celle d’une personne jeune, blanche, hétérosexuelle et souvent très expérimentée. Qu’il s’agisse de personnes de couleur, d’individus en surpoids ou de néophytes enthousiastes, ils sont de plus en plus nombreux à partager les photos de leurs sorties de plein air sur le compte Instagram Unlikely Hikers. Celui-ci rassemble, à ce jour, plus de 54 000 abonnés.

Le voyageur d’affaires en mutation

Les voyages d’affaires sont en plein essor. En dépit d’une myriade de possibilités technologiques, voyager pour affaires constitue une activité importante pour les entreprises. Selon le sondage annuel réalisé mensuellement par Vividata et publié au printemps 2018, plus de 3,2 millions de Canadiens avaient réalisé un voyage d’affaires au cours des 12 mois précédents, dont seulement 14 % étaient Québécois. Le plus fort contingent provenait de l’Ontario. Toutefois, les Québécois partent plus longtemps en moyenne pour leurs déplacements d’affaires que les autres Canadiens. Les hôtels dominent encore très largement le marché, en dépit de la croissance de l’offre d’hébergement alternatif de type Airbnb.

Le stéréotype du voyageur d’âge mûr vit ses derniers jours. Aujourd’hui, environ 50 % des voyageurs d’affaires ont moins de 45 ans. Près de la moitié sont des femmes, qui s’avèrent nettement plus jeunes que leurs homologues masculins. Elles ont aussi plus tendance que leurs confrères à comparer les prix avant d’effectuer leurs réservations et souhaitent obtenir plus d’information sur leurs villes de destination.

tourisme_affaires

Source : Pexels

Une étude d’Upside Business Travel présente quatre profils clés qui dépeignent le nouveau voyageur d’affaires. Sans surprise, deux personas élaborés sont des femmes : Michelle, 36 ans, l’étoile montante qui effectue deux voyages d’affaires par année, et Lisa, 62 ans, la vétérane qui en réalise sept. Un autre article, celui-ci diffusé sur la plateforme Northstar Meetings Group, présente six profils communs de congressistes qui mettent en lumière les traits généraux des participants. À partir de ces grandes caractéristiques, il est possible de décortiquer davantage les personnalités, les comportements et les besoins d’un public cible, pour ensuite créer des personas. Cette connaissance permet de concevoir une programmation qui répond aux attentes et de personnaliser son approche.

Les voyages des familles

Selon Vividata, la visite d’amis est l’activité la plus pratiquée chez les voyageurs québécois dont le ménage inclut au moins un enfant d’âge préscolaire ou un enfant d’âge primaire. La plage figure au premier rang des activités pour les ménages avec au moins un enfant de 12 à 17 ans. La visite d’un parc national est plus populaire chez les familles ayant au moins un enfant de moins de six ans, comparativement aux autres catégories d’âge. Les familles québécoises sont aussi plus attirées que la moyenne des Canadiens par les visites au zoo, les activités sportives et les visites d’un parc national.

En ce qui a trait aux familles qui voyagent avec de très jeunes enfants (de 0 à 3 ans), elles n’ont pas tout à fait les mêmes besoins que celles qui le font avec de plus grands. La liste des choses à apporter est substantielle, les préoccupations sont multiples et la logistique sur place est parfois laborieuse. Malgré tous ces défis, elles sont nombreuses à partir à l’aventure avec leurs bambins. Pour répondre à leurs attentes, il est essentiel de considérer les besoins de chaque membre de la famille et de leur offrir un service qui leur simplifie la vie : comptoir prioritaire pour s’enregistrer à l’aéroport, aires de jeu, prêt d’équipement, etc.

familles_aeroports_voyage

Source : Jambette.com — Aéroport Jean-Lesage de Québec

Les voyages des générations, de A à Z

Les enfants alpha ont vu le jour la même année que l’iPad, soit au début de la présente décennie. La technologie, le contenu numérique et la gratification instantanée constituent la norme pour cette génération. Ces enfants-rois entretiennent des relations parents-enfants fondées sur la négociation plutôt que sur l’autorité. Ils ont des idées et des opinions bien à eux qui influencent déjà les décisions familiales, notamment les voyages de leurs parents ou de leurs grands-parents. Les jeunes alpha sont les plus susceptibles d’influencer le choix de la destination et des activités, bien que les adultes aient le dernier mot. Si le budget constitue un aspect majeur pour la plupart des gens, la commodité est plus importante que le prix le plus bas lors de la sélection du transport et de l’hébergement. 

La génération Z représente les jeunes nés après 1990 ou 1995, selon les sources. Souvent associés à la génération du millénaire (nés entre 1985 et 2000), les Z se différencient de leurs aînés, les Y. Ils sont particulièrement sensibles au phénomène FOMO (Fear of Missing Out), c’est-à-dire la peur de rater quelque chose d’important ou l’urgence de vivre sans retenue. L’utilisation des réseaux sociaux s’avère essentielle pour les joindre, et particulièrement YouTube. En encourageant les Z à partager, à s’impliquer et à être actifs sur les réseaux sociaux, on leur donne le sentiment de s’investir dans une marque au lieu d’être de simples consommateurs. Il devient donc plus facile d’attirer leur attention et de les fidéliser.

Espérons que ce bref tour d’horizon de divers segments de la clientèle touristique vous aidera à mieux comprendre les besoins et les attentes du voyageur d’aujourd’hui afin de lui proposer une expérience personnalisée.

 

Catégories
Segments de clientèles

L’influence des jeunes de la génération alpha sur les voyages de leurs familles

Une étude réalisée au printemps 2019 par Northstar Research Partners auprès de 9 357 voyageurs — Allemands, Américains, Australiens, Brésiliens, Britanniques, Canadiens, Chinois, Japonais et Mexicains — pour Expedia Group™ Media Solutions, s’est penchée sur l’impact et le rôle de la génération alpha dans les décisions de voyages de la famille.

Qui sont ces « alphas »?

La technologie, le contenu numérique et la gratification instantanée constituent la norme pour cette génération.

Les enfants alpha ont vu le jour la même année que l’iPad, soit au début de la présente décennie. Ils baignent dans le numérique depuis leur naissance. « Dès leur plus jeune âge, on a placé devant leurs yeux des écrans qui jouent un rôle apaisant, ludique et d’aide pédagogique », souligne Mark McCrindle, chercheur australien en sciences sociales et inventeur de l’appellation alpha. La technologie, le contenu numérique et la gratification instantanée constituent la norme pour cette génération.

La planification, l’affaire de tous

Ces enfants-rois entretiennent des relations parents-enfants fondées sur la négociation plutôt que sur l’autorité. Ils ont des idées et des opinions bien à eux qui influencent déjà les décisions familiales, notamment les voyages de leurs parents ou de leurs grands-parents. Quelque 80 % des personnes interrogées ont déclaré parler de vacances avec leurs enfants ou leurs petits-enfants de la génération alpha et 43 % ont mentionné que ceux-ci exercent une influence sur les décisions de voyage de la famille. Les jeunes alpha sont les plus susceptibles d’influencer le choix de la destination (64 %) et des activités (57 %), bien que les adultes aient le dernier mot.

Les jeunes alpha sont les plus susceptibles d’influencer le choix de la destination et des activités.

Prendre en considération les idées et les opinions de plusieurs membres de la famille peut contribuer à élargir le champ des possibilités en ce qui a trait au choix des destinations de voyage, puisque 71 % des personnes interrogées sélectionnent deux endroits ou plus, ou n’ont pas de destination en tête lorsqu’elles décident d’effectuer un voyage en famille.

Principales sources d’information

Une variété de ressources en ligne et hors ligne jouent un rôle déterminant dans la planification et la réservation des vacances en famille des parents et des grands-parents :

  • les sites de commentaires ou les agences de voyages en ligne (63 %);
  • les moteurs de recherche (46 %);
  • les collègues, les amis ou les membres de la famille (46 %).

Les médias sociaux, les vidéos et la publicité en ligne jouissent également d’une influence certaine sur les voyageurs, en particulier les annonces comportant des images attrayantes ainsi que des offres et des contenus informatifs. Selon leurs parents et leurs grands-parents, ce sont les images ou les informations qui montrent des activités et des attractions pour les enfants (33 %) ainsi que celles vues à la télévision (30 %) qui ont le plus de poids sur les jeunes.

L’inspiration et l’information provenant d’une variété de sources, il importe de créer une stratégie multiplateforme et d’utiliser une combinaison de contenus diversifiés pour influencer les voyageurs en famille tout au long du parcours d’achat, avec des images, des offres et des renseignements attrayants et centrés sur la famille.

La commodité et la sécurité ont préséance sur le prix

Bien que le budget constitue un aspect majeur pour la plupart des gens, la commodité est plus importante que le prix le plus bas lors de la sélection du transport et de l’hébergement. Plus de la moitié (52 %) des voyageurs en famille ont choisi leur moyen de transport parce que c’était l’option la plus rapide et environ 40 % ont sélectionné un hébergement en fonction de son emplacement, des besoins de la famille (39 %) et du prix (36 %). L’environnement sûr et convivial prime également sur le prix le plus bas. Mettre de l’avant la praticité, tout en garantissant une offre intéressante, est essentiel pour attirer ces voyageurs.

L’infographie ci-dessous présente des renseignements complémentaires sur les voyages en famille avec la génération alpha.

generation_alpha_tourisme

generation_alpha_tourisme

 

Ne pas oublier les multiples visages de la famille moderne

Alors que les familles traditionnelles (couples avec ou sans enfants) dominent toujours, des changements importants ont eu lieu au cours des quinze dernières années, d’après le recensement de la population canadienne réalisé par Statistique Canada en 2016. Le nombre d’enfants canadiens âgés de 0 à 14 ans grandissant dans une famille monoparentale a augmenté légèrement, passant de 17,8 % à 19,2 %. Plus les enfants canadiens grandissent, plus ils sont susceptibles d’être élevés par une mère ou par un père célibataire. D’ailleurs, le nombre de jeunes vivant uniquement avec leur père a augmenté beaucoup plus rapidement (34,5 % depuis 2001) que celui des enfants habitant seulement avec leur mère (4,8 %). Aussi, en 2016, 12 % des 72 880 couples de même sexe du pays avaient des enfants, soit 10 020 enfants au total. Ce portrait de la famille moderne modifie la façon de voyager; le temps des offres exclusivement destinées à deux parents et deux enfants est révolu. Les entreprises touristiques doivent s’adapter à ces nouvelles réalités.

Source de l’image à la une : Pexels