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Accueillir une clientèle vieillissante aux défis neurocognitifs

Une population vieillissante

Selon l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ), les personnes de 65 ans et plus représentaient 19,3 % de la population en 2019. En 2031, cette proportion atteindra 25 %. Or, les chances d’être atteint de démence ou de troubles neurocognitifs majeurs augmentent avec l’avancement en âge. D’après la Société Alzheimer du Canada, 597 399 individus vivaient avec un trouble neurocognitif au pays en 2020. D’ici 2030, ce nombre touchera près d’un million de personnes.  

Ce contexte n’est pas propre au Québec ou au Canada, plusieurs autres pays à travers le monde suivent des courbes similaires aux nôtres. Depuis quelques années, des sites et attraits touristiques adaptent leur approche afin de mieux accueillir ces individus plus vulnérables, voire de devenir un lieu « thérapeutique » et engagé dans le mieux-être de cette clientèle. Voici deux exemples provenant du milieu muséal. 

Un accompagnement sur place et aussi en ligne

Le Musée d’art contemporain d’Australie à Sydney (MCA) fait vivre des expériences artistiques apaisantes aux personnes atteintes d’Alzheimer ainsi qu’à leurs réseaux de soutien. Depuis 2015, il offre le programme « Artful: Art and Demential » qui s’échelonne sur six semaines à raison d’une visite hebdomadaire de deux heures. En petits groupes, les participants explorent les galeries du musée et s’adonnent à des ateliers de création artistique accompagnés de formateurs spécialisés en art. Pour alimenter leur inspiration entre chaque visite, ils reçoivent un ensemble d’activités intitulées « Artful at home » qu’ils peuvent compléter à leur rythme. La dernière semaine se conclut avec une exposition ouverte aux proches qui présente les œuvres réalisées durant le programme.  

Entre 2016 et 2018, le MCA, l’organisme Alzheimer Australia et le Brain and Mind Center de l’Université de Sydney ont effectué un projet pilote afin de mesurer l’impact de la pratique régulière d’activités artistiques sur le bien-être et la neuroplasticité des individus aux prises avec l’Alzheimer. La vidéo suivante présente le projet ainsi que certains bénéfices ressentis par les participants, notamment une plus profonde connexion avec leurs proches.  

Depuis 2020, le musée offre également une version en ligne du programme ainsi qu’une boîte à outils de création artistique dans laquelle dix activités sont proposées.   

Créer un programme ; par où commencer ?

Le Musée d’art moderne et contemporain de New York (MoMA) a été l’un des premiers établissements muséaux des États-Unis à offrir un programme spécifiquement conçu pour les personnes atteintes d’Alzheimer. Afin d’aider les professionnels à mettre sur pied un tel projet destiné à cette clientèle dans leur propre musée, le MoMA a développé un guide qui détaille les procédures à suivre, étape par étape. 

Voici une liste d’éléments à considérer : 

  • Définir un ou des objectifs et cerner la clientèle cible. 
  • Déterminer le type de programme à privilégier, sur demande ou selon un calendrier préétabli. 
  • Sélectionner des plages horaires et prévoir si le musée sera ouvert ou non au public durant la période prévue. 
  • Considérer la capacité d’accueil du musée et le bruit généré par les visiteurs avant d’établir le nombre de groupes de participants. 
  • Évaluer les coûts et s’assurer que le programme est financièrement viable, soit en cherchant des sources de fonds additionnels à travers l’implication de partenaires, de fondations, de donateurs, d’organismes ou d’entreprises locales. 
  • S’assurer que les personnes intéressées puissent trouver toutes les informations nécessaires avant leur inscription et qu’une personne responsable soit disponible pour échanger avec elles au besoin. 
  • Identifier les facteurs de succès pour bien évaluer le programme dès le départ. 

Collaborer avec des éducateurs de qualité est essentiel à la réussite d’un tel programme. Dans son guide, le MoMA indique qu’ils n’ont pas nécessairement besoin d’avoir au préalable une expérience de travail auprès de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, car ils peuvent acquérir de telles connaissances lors de formations. Par contre, un certain profil d’individus est recherché : 

  • Détenir de l’expérience auprès de personnes ayant des besoins particuliers. 
  • Être à l’aise de travailler auprès de gens âgés aux capacités variées. 
  • Posséder une solide connaissance de l’histoire de l’art et connaître les nuances entre l’enseignement en art en général et l’enseignement dans un musée. 
  • Faire preuve de patience, de gentillesse, de créativité, de flexibilité et d’humour. 

Du personnel additionnel ainsi que des bénévoles sont aussi à compter parmi les ressources qui devront être allouées au programme. 

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Les musées, des acteurs sociaux remarquables

En proposant des activités d’art thérapie, en sensibilisant le public à l’Alzheimer ou à d’autres troubles neurocognitifs, en concevant des programmes adaptés aux conditions physiques ou mentales de la clientèle vieillissante, les musées continuent de démontrer l’importance de leur rôle dans la communauté.   

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Accueillir les nouveaux arrivants, un jeu à la fois

Lors du congrès de l’Association of children’s museum* (ACM), qui s’est tenu à La Nouvelle-Orléans du 26 au 28 avril 2023, plusieurs musées pour enfants ont partagé des stratégies où l’art, la compassion, et l’éducation sont venus en aide aux populations d’immigrants et de réfugiés de leur région : ces initiatives sont devenues au fil du temps des services ancrés dans la communauté et la culture interne des musées.

Pourquoi des acteurs clés ?

Les musées peuvent agir dans leur communauté, grâce à leurs ressources et leurs missions sociales. Ils possèdent les capacités de créer des opportunités d’apprentissage informelles (hors du cadre scolaire) pour les familles d’immigrants et de réfugiés. Les musées pour enfants, particulièrement, sont des spécialistes pour créer des connexions avec les familles. En plus de faire du bien et d’accrocher un sourire aux visages, le jeu favorise l’apprentissage.

Le jeu est universel et traverse les frontières de la langue.

L’importance de briser les préjugés

La directrice Kathryn Jones du Boston Children’s Museum et ses partenaires ont développé le programme « Beneficiary Voice ». Il s’agit d’un processus qui aide les équipes des musées à mieux comprendre les besoins des communautés pour offrir des activités et des services adaptés. Elle souhaite ainsi briser les préjugés, les fausses croyances et les idées préconçues qui affectent la perception des familles d’immigrants et de réfugiés.

Voici quelques éléments clés du programme :

  • Avant même la conception d’une activité :
    • Prenez contact avec des organismes culturels ou communautaires pour cerner les besoins.
    • Passez du temps avec la communauté sélectionnée.
  • Testez l’activité avec des familles avant de la commercialiser :
    • Allez au-delà des objectifs éducatifs, pensez au bien-être des familles.
    • Privilégiez l’enregistrement des discussions au lieu de la prise de note afin que les participants aient le sentiment d’être écoutés.
    • Prévoyez une compensation pour les familles participantes.
  • Un mot : rétroaction !
    • Impliquez plusieurs départements du musée dans le processus. Tout le monde peut participer à l’amélioration d’une activité ou d’un programme.
    • Retournez voir la communauté pour vous assurer de bien comprendre leur point de vue.
    • Évaluez l’activité fréquemment.
    • Demandez l’avis des partenaires communautaires.

Les couleurs de l’Ukraine

La chercheuse Tetyana Lewińska de l’Université de Varsovie, en Pologne, s’est intéressée à l’accueil des réfugiés ukrainiens en Caroline du Nord. En collaboration avec le Kidzu Children’s Museum, elle a développé un programme pour aider les nouveaux arrivants à s’intégrer dans la communauté. Mme Lewińska a mis en place des activités en appliquant le concept de « Sensibilité interculturelle » qui réfère à la volonté, à la capacité et aux émotions nécessaires pour comprendre des personnes d’horizons différents. Cette approche est d’autant plus importante pour déchiffrer et accepter les valeurs des nouveaux arrivants, mais pour avoir également un regard sensible et attentif envers des enfants qui ont vécu des traumatismes.

Créé à l’été 2022, le programme Les couleurs de l’Ukraine proposait de créer de l’artisanat aux couleurs identitaires du pays. Les ateliers étaient proposés dans la langue maternelle des participants et en anglais. Les activités s’adressaient également aux parents afin de favoriser l’intégration complète de la famille.

Source : Facebook

À la suite de cette expérience, Mme Lewińska a développé des recommandations et des outils pratiques qui sont bénéfiques non seulement pour ce groupe de réfugiés d’Ukraine, mais qui pourraient également être appliqués dans différents groupes et communautés minoritaires. En voici quelques-uns :

1. Préparer un diagnostic des besoins : ajuster le programme et l’horaire des activités en fonction des besoins spécifiques du groupe. L’implication des représentants locaux de la diaspora ou des immigrants parlant la langue maternelle aide à ce processus.

2. Utiliser différentes ressources : recourir activement au soutien et à l’expérience pratique des organisations professionnelles, des centres de formation et d’éducation. Les ressources universitaires, les bibliothèques et les outils en ligne sont également une source intéressante d’informations.

3. Bâtir des activités durables : construire des relations prend du temps, alors abordez cela comme un marathon plutôt qu’un sprint. Planifiez les activités futures et maintenez le contact avec le groupe.

Mme Lewińska rappelle que parmi les nouveaux arrivants, il peut y avoir des personnes qui ont été victimes de violence armée directe, sont venues des territoires occupés, peuvent avoir vécu une expérience de traumatisme psychologique ou vivent actuellement la perte ou la maladie d’êtres chers. Si nécessaire, demandez l’avis d’un expert.

Ces initiatives d’inclusion ont eu un impact non seulement sur les familles bénéficiaires et les éducateurs, artistes et autres prestataires de services, mais aussi sur les musées eux-mêmes. En fin de compte, ces services créent un changement institutionnel positif et un engagement communautaire. L’empathie et l’enthousiasme font partie intégrante de la vie quotidienne et des opérations de chaque musée.

*Fondée en 1962, avec plus de 460 membres dans 50 états américains et 19 pays, l’ACM est la première société professionnelle au monde à soutenir et défendre les musées pour enfants.

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Produits et activités Technologies

S’unir pour devenir plus « SMART »

Qu’ont en commun le Musée des machines textiles, l’écomusée Val Résia, le château de Ritz et le Musée de la machine à écrire ? Hormis le fait qu’ils sont tous situés dans les Alpes italiennes, il s’agit d’institutions muséales qui se sont associées pour former le SMART (Small Museums Alliance Representing Territories). Ce projet vise à accroître l’attractivité et l’accessibilité par la création de nouveaux produits culturels supportés par la technologie.  

Le projet SMART vise trois objectifs spécifiques :  

-La valorisation des identités locales et du patrimoine historique et naturel ;

-La promotion du design universel à travers des parcours multisensoriels capables de rendre la découverte du territoire personnalisée et inclusive ;

-La diffusion des itinéraires touristiques multimédias pouvant exploiter les nouvelles technologies, telles que la réalité virtuelle et la réalité augmentée.

Le partenariat entre les musées repose sur quatre composantes clés :  

L’accessibilité 

L’accessibilité est le thème central du projet. L’expérience est adaptée à toutes les catégories de visiteurs que ce soit les familles, les groupes scolaires, les personnes à mobilité réduite ou à besoins particuliers, les touristes internationaux et les locaux.  

L’innovation

Les solutions technologiques optimisent la découverte des territoires et valorisent les musées. Le contenu diffusé avec la réalité augmentée permet à la fois d’offrir une expérience plus complète in situ et donne la chance aux visiteurs de mieux comprendre les milieux alpins dans leur complexité, leur diversité et leurs similitudes. 

La participation 

L’implication des communautés locales est au cœur du projet. Elles valorisent le patrimoine culturel en tant que bien commun en créant une prise de conscience sur sa richesse et sa fragilité et en misant sur le sentiment d’appartenance. De plus, elles participent à la conception du contenu de certaines activités grâce à des ateliers de création où elles partagent leurs histoires et leurs connaissances à l’écrit ou à l’oral. 

La stratégie 

Le projet comprend la promotion et la valorisation d’une identité alpine commune. La plateforme virtuelle développée par les responsables de SMART servira ultimement d’espace de coopération fournissant notamment des connaissances, des guides, des outils numériques aux experts de la région. 

Depuis 2019, de nombreux projets ont été développés en collaboration avec les citoyens et les responsables des musées, totalisant 1,5 millions de dollars canadiens.  

Voici quelques exemples : 

-3 parcours audio 

-4 visites virtuelles pour chacun des musées 

-8 reproductions numériques (voir image) 

(Exemple d’un Krösma, source : Economusée Val Résia)

-20 impressions 3D 

-Un film accessible en réalité virtuelle

-3 webinaires/moocs pour la formation à distance des parties prenantes sur la participation, l’accessibilité et l’innovation 

-Une plateforme Web pour une exposition comprenant des éléments de réalité virtuelle et du contenu multimédia (voir l’image suivante). 

Source : SMART 

Ce regroupement de musées prouve qu’il est possible de promouvoir linnovation, linclusivité et laccessibilité pour tous dans le secteur culturel. La technologie devient un outil formidable pour briser des barrières physiques sans compromettre la connexion que les communautés développent avec leur territoire et leur patrimoine.  

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Tendances

L’heure est à la responsabilisation !

La société est aujourd’hui plus informée que jamais. Avec l’étendue de ces connaissances viennent des obligations, tant pour les consommateurs que pour les organisations. Dans ce contexte, endosser des comportements ou mécanismes qui vont à l’encontre de ce qui est acceptable, d’un point de vue social comme environnemental, tend à être révolu.   

La crise climatique actuelle force chaque partie prenante à accélérer la mise en place de mesures concrètes et efficaces à long terme. Les inégalités sociales et économiques placent sous les projecteurs les autres dimensions du développement durable ; jamais n’a-t-on autant parlé d’équité, de diversité et d’inclusion. Acteurs touristiques et voyageurs doivent regarder dans la même direction et prendre part à un tourisme plus conscientisé et respectueux 

Des consommateurs peu actifs, mais informés

Les voyageurs québécois souhaitent voyager de façon plus responsable. Cependant, peu d’entre eux choisissent un hébergement ou un attrait en raison de leur orientation durable (22 %) ou payent pour compenser les émissions de gaz à effet de serre émises lors de leurs déplacements (10 %).  

Cette situation est similaire au niveau international. Selon une étude menée par Booking, un peu plus de 70 % des voyageurs interrogés désirent faire plus d’efforts pour voyager de manière responsable en 2023. Il existe encore toutefois des écarts importants entre leurs intentions et leurs comportements. Par exemple, une minorité d’entre eux recherchent activement des hébergements durables ou des transports moins polluants lors de leur planification de voyage.  

Cela dit, les clientèles qui souhaitent réellement modifier leurs habitudes pour adopter des comportements plus responsables sont de plus en plus outillées pour le faire. De nombreuses organisations facilitent les démarches des consommateurs, que ce soit à l’étape de l’inspiration, de la planification ou de la réservation. Maintenant qu’elles pavent la voie, il devient de plus en plus facile pour les clients de passer à l’action et de faire preuve de responsabilisation, même s’il reste encore beaucoup à accomplir. 

Des organisations multiresponsables

Un peu plus de 90 % des entreprises touristiques québécoises qui s’intéressent au développement durable ont implanté des pratiques responsables au sein de leur organisation par conviction personnelle. 

La responsabilité sociale et environnementale des entreprises est de plus en plus importante ; les gestionnaires perçoivent un intérêt clair de leur clientèle envers des produits et des services durables. Ces dernières s’attendent ainsi à ce que les organisations offrent des options durables, fassent preuve de transparence, soient inclusives, proposent une expérience candidat et employé irréprochable, tout cela, en conservant un service à la clientèle impeccable. En somme, les attentes des consommateurs n’ont jamais été aussi élevées. 

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En ce sens, la bienveillance, le respect et l’accueil de la différence font partie des valeurs clés véhiculées par les organisations responsables. La pénurie de main-d’œuvre incite les employeurs à adopter un style de gestion qui place l’humain au cœur des décisions. De plus, nombreuses sont les entreprises qui accordent la priorité à des campagnes marketing inclusives et qui proposent des expériences adaptées à une clientèle élargie. Pour d’autres, cela se traduit par l’adoption d’initiatives responsables au sein des opérations, à travers la sensibilisation de la clientèle ou par l’adaptation des orientations de l’organisation, par exemple.  

Bien que le développement durable fasse partie intégrante des priorités opérationnelles des organisations québécoises, son intégration n’est pas encore clairement définie. Les plans d’action demeurent abstraits, voire absents. Le secteur continue ainsi de faire face à des défis de structuration importants. 

La destination de l’avenir : informée, mobilisatrice et responsable

Le rôle des organisations de gestion de la destination (OGD) évolue de manière à redonner à la communauté et à l’environnement naturel, qui constitue d’ailleurs bien souvent l’une des principales motivations de voyage. Réelle plaque tournante de la connaissance, l’OGD acquiert et fait circuler l’information pertinente aux visiteurs, comme aux entreprises. Elle devient experte dans l’utilisation de données au service de la clientèle, par exemple en personnalisant des offres basées sur des profils dominants ou en suggérant des activités alternatives. Elle se sert également des données pour guider les membres vers un développement plus durable (meilleure gestion des flux touristiques, protection des milieux sensibles) et créer un réel avantage concurrentiel.  

Les OGD, en plus d’assumer leur rôle marketing, assurent un développement conscient du territoire qu’elles représentent. Les fonctions de ces organisations tendent à se diversifier et le touriste n’y tient plus le premier rôle. Désormais, les enjeux de durabilité, de changements climatiques, d’inclusion ou de la place des communautés s’invitent dans les entreprises et interpellent un grand nombre d’acteurs qui gravitent autour de la sphère touristique. Les indicateurs de succès d’une destination se diversifient pour inclure ces nouveaux facteurs. Visionnaire, facilitatrice, collaboratrice, coordonnatrice ; l’OGD assume tous ces chapeaux de concert avec les acteurs publics, privés et les résidants. La flexibilité et l’innovation sont de mise. Avec ces nouveaux enjeux et responsabilités, il faut s’attendre à voir émerger de nouveaux modèles d’affaires et de financement afin que les destinations deviennent de réels catalyseurs de changements dans leur milieu. 

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.   

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Produits et activités Segments de clientèles

Chasse et pêche : faciliter l’inclusion des femmes

La difficulté de recrutement des femmes dans les activités de chasse et pêche est attribuable, en grande partie, au manque de représentation de celles-ci sur le terrain et dans les médias, ainsi qu’au manque de lieux d’affirmation où elles peuvent se sentir en confiance de pratiquer ces activités. 

Créé en 2017 par dix femmes, le programme Artemis, vise à favoriser davantage leur inclusion dans les activités de prélèvement et de conservation de la nature aux États-Unis. 

Pour répondre aux défis actuels, Artemis met sur pied plusieurs initiatives, en commençant par la représentation dans les médias. En partageant du contenu généré par les membres, l’objectif est de mettre de l’avant de bons modèles à suivre. 

Source : Artemis

Artemis a aussi un balado et une série vidéo YouTube offrant conseils, astuces et histoires de chasse et de pêche pour favoriser la transmission des connaissances et promouvoir la réalité des femmes dans ce milieu. 

L’organisation utilise également un modèle de gestion par ambassadeurs ; ces femmes deviennent donc des mentores pour les nouvelles membres et une voix auprès des instances gouvernementales pour la protection du sport qu’elles pratiquent. Ces mêmes ambassadrices s’occupent d’organiser des événements de chasse et de pêche pour rassembler les plus expérimentées et les débutantes lors de journées d’initiation qui permettent l’échange de connaissances et de techniques dans un environnement sécuritaire et respectueux. 

Faire preuve d’inclusion est une bonne façon d’augmenter la participation de clientèles moins représentées dans un cadre de confiance.  

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Produits et activités

L’offre culinaire autochtone au Québec : occasions et défis

Près de 90 % des Québécois démontrent un intérêt à pratiquer une activité touristique autochtone, comme la visite d’un site traditionnel ou la participation à une activité d’excursion en nature. C’est ce que démontrent les résultats d’une récente étude menée par Léger en janvier et février 2022 pour Tourisme Autochtone Québec auprès d’un peu plus de 2 000 répondants ayant voyagé dans la province depuis les cinq dernières années. Cela dit, quelque 53 % des Québécois affirment n’avoir jamais pratiqué une activité culturelle autochtone au Québec par le passé. Selon ce même sondage, 88 % d’entre eux disent avoir une faible connaissance (voire aucune connaissance) des différents produits touristiques du secteur. Cette méconnaissance constitue un frein à leur découverte pour une grande part des répondants (45 %). Les Québécois affichent donc un intérêt envers les communautés et le tourisme autochtones, mais connaissent peu l’offre disponible.  

Les Québécois affichent un intérêt envers les communautés et le tourisme autochtones, mais connaissent peu l’offre disponible.

La découverte du patrimoine alimentaire autochtone représente un premier pas accessible qui permet d’aller à la rencontre des cultures des différentes communautés.  

Une diversification des propositions

Depuis les dernières années, de nombreux chefs culinaires ont ouvert des restaurants qui mettent en valeur les saveurs autochtones, c’est le cas notamment pour Norma Condo de l’établissement Miqmak Catering Indigenous Kitchen, situé dans l’ouest de l’île de Montréal. 

Différentes boutiques gourmandes ont aussi fait leur entrée sur le marché. Les entreprises Wigwam et Les Épices du guerrier sont des exemples. Elles proposent des gammes de produits utilisant des plantes, des herbes et des épices issues du patrimoine alimentaire des premières nations. 

Les festivals et événements gourmands ont également emboîté le pas. La dernière édition de Montréal en Lumière, en février dernier, a souligné les savoirs autochtones en invitant, pour la toute première fois, des chefs autochtones du Canada à prendre part à l’événement.  

Source: Facebook Montréal en Lumière 

À l’échelle du pays, l’offre culinaire autochtone s’intensifie tout autant. Dans son répertoire de 2021, l’Association touristique autochtone du Canada (ATAC) liste plus d’une quarantaine de restaurants, services de traiteurs, brasseries, vignobles et entreprises gourmandes d’exception. La Square Timber Brewing Company à Pembroke en Ontario, la Indigenous World Winery à Westbank Kelowna en Colombie-Britannique et le restaurant Sagamité à Québec y figurent notamment. 

Des propositions de plus en plus diversifiées sont donc disponibles sur la scène culinaire québécoise, mais également canadienne. Qu’est-ce qui pourrait expliquer cet essor des dernières années ?  

Un leg de la pandémie ?

Maxime Lizotte, chef cuisinier-pâtissier de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, était le principal intervenant du plus récent webinaire donné par l’Institut du Patrimoine culturel (IPAC) de l’Université Laval dans le cadre du séminaire La communication alimentaire 

L’enthousiasme pour les produits locaux et responsables pourrait avoir contribué à stimuler la curiosité des Québécois envers le patrimoine alimentaire autochtone.

Maxime Lizotte précise ainsi que l’enthousiasme pour les produits locaux et responsables, particulièrement depuis le début de la pandémie, pourrait avoir contribué à stimuler la curiosité des Québécois envers le patrimoine alimentaire autochtone. Cela expliquerait en partie la croissance de l’offre depuis les dernières années. En entretien avec la Chaire de tourisme Transat, Laurence Lainé, conseillère en communication et événements chez Tourisme Autochtone Québec est du même avis et ajoute que l’impact positif se ressent aussi sur le tourisme autochtone en général. Selon elle, l’art de la table et la gastronomie sont des tendances actuelles et le fait de s’intéresser aux traditions culinaires autochtones représente une porte d’entrée pour découvrir les cultures des différentes nations. En alliant traditions et modernité, l’offre culinaire autochtone s’est adaptée aux clientèles pour mettre de l’avant un produit accessible et complémentaire aux techniques ancestrales utilisées encore aujourd’hui. Laurence Lainé ajoute également que le processus de réconciliation des dernières années a joué un rôle dans l’émancipation du tourisme autochtone.

Source : Tourisme Autochtone Québec

Des défis qui demeurent

Selon une étude de 2021 de l’ATAC et du Conference Board of Canada (CBOC), le domaine de la restauration et des loisirs et activités de plein air ont connu les pertes d’emplois les plus importantes du secteur touristique autochtone en 2020-2021. Un sondage effectué en interne auprès des membres de Tourisme Autochtone Québec vient ajouter à ce constat que le recrutement et la rétention de main-d’œuvre ainsi que le financement sont les deux plus grands enjeux relevés par les répondants.  

Au-delà de ces défis, Laurence Hamel-Charest souligne dans son mémoire qui analyse les enjeux de la restauration autochtone au Canada que ce type de cuisine fait partie d’un créneau alimentaire difficile à circonscrire comme elle est très diversifiée. Cet aspect peut parfois nuire à son émancipation ou à sa reconnaissance. Elle ajoute « Si une certaine valorisation positive semble s’observer progressivement au cours des dernières années, avec la présence plus importante des cultures autochtones sur la scène publique, il reste que les représentations négatives qui leur sont associées, ainsi que la méconnaissance à leur endroit, restent omniprésentes. »  

Enfin, le chef Maxime Lizotte observe des problèmes d’approvisionnement, comme c’est le cas pour l’ensemble des restaurateurs québécois. La souveraineté alimentaire du Québec demeure un objectif pour plusieurs chefs et doit devenir une priorité selon eux, notamment pour la poursuite de la démocratisation du patrimoine gourmand des différentes communautés.  

Pourquoi ne pas ajouter une activité autochtone à votre prochain périple ? Cliquez ici pour prendre connaissance de l’offre.

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Destinations

Les destinations qui (re)construisent les bases de demain

L’urgence climatique pave la voie

La course à la décarbonisation des industries est enclenchée; les pays doivent atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Le tourisme n’y fait pas exception. En 2021, plus de 40 engagements ont été pris par des compagnies aériennes, et une feuille de route pour guider l’industrie touristique vers l’objectif zéro émission a été publiée par le World Travel & Tourism Council.  

À l’échelle des destinations, force est d’admettre que peu d’entre elles comptabilisent les émissions de gaz à effet de serre (GES) de leurs activités. Néanmoins, la France a présenté son premier bilan GES du tourisme en 2021. En Espagne, Valence est devenu la première ville à calculer et à certifier l’empreinte carbone et hydrique de ses activités touristiques grâce à l’utilisation de mégadonnées. Cette dernière a un plan ambitieux d’atteindre la carboneutralité d’ici 2025.  

Pour une destination, la réduction de son empreinte carbone s’accompagne d’une transition durable des activités. Au cours des deux dernières années, plusieurs destinations ont joint des réseaux internationaux comme le Conseil mondial du tourisme durable afin d’obtenir un meilleur encadrement, une accréditation reconnue ou pour comparer sa performance par un système de benchmark. Les villes de Québec et de Montréal ont notamment adhéré au Global Destination Sustainability Movement 

Destination responsable : s’inspirer d’un petit qui voit grand

Le redressement de l’économie touristique passera inévitablement par l’élaboration de modèles touristiques soutenables et résilients. En Europe, la Slovénie a fait le virage vers une gestion holistique de sa destination depuis de nombreuses années. Son image de « destination verte » repose sur un programme de certification à l’intention des destinations locales et des entreprises, de même que la conservation des espaces naturels. Depuis la pandémie, elle vise également à proposer les plus hauts standards de santé et d’hygiène à ses visiteurs. Sa démarche est parfaitement intégrée au marketing de la destination et dans ses stratégies de relance. Le pays figure au top 10 des destinations selon l’indice de voyage durable développé par Euromonitor.  

Source : Slovenia.info 

La communauté au centre des discussions

Bien avant la pandémie, les voyageurs voulaient vivre des expériences authentiques et adopter temporairement le mode de vie des locaux. Plusieurs organisations de gestion de la destination (OGD) plaçaient déjà la communauté au premier plan de leurs interventions. D’autres ont profité du contexte extraordinaire de la crise pour adapter l’offre et la promotion touristique à la clientèle locale et de proximité (lire aussi : Citoyens heureux, ville heureuse). 

Selon Destination International, une promotion basée sur les valeurs partagées par la communauté sera un avantage concurrentiel pour les prochaines années. En plus de leur fonction marketing, les responsables de destination doivent créer les conditions à la mise en place de lieux d’accueil florissants pour les résidents, les entreprises et les visiteurs.  

Aux États-Unis, la vision de Travel Oregon est d’offrir une vie meilleure à tous les Orégonais grâce à des communautés locales, durables et fortes qui accueillent une diversité de voyageurs en exploration. Pour y arriver, l’OGD propose des programmes d’accompagnement participatif à l’intention des collectivités et travaille actuellement à y intégrer des notions de diversité, d’inclusion et de changements climatiques (voir encadré 1).

Dans le cercle arctique, les Îles Féroé considèrent la proportion des résidents ayant une perception positive du tourisme comme l’un des trois marqueurs de succès de leur stratégie touristique 2025. Des sondages auprès de ces derniers permettront de suivre l’atteinte de leur objectif. Cela illustre bien la place qu’occupent les citoyens dans la performance des destinations.   

Le tourisme régénératif : le nouveau durable

En 2022, les destinations doivent viser la régénération, la prochaine vague du tourisme durable.

Le tourisme régénératif n’est pas un buzzword mais un terme qui prend racine dans le développement et le design. Il s’agit d’une extension du tourisme durable avec une approche qui intervient à l’échelle des systèmes (dialogue, expérimentation, co-création, inclusion, etc.) et du potentiel (et non des problèmes!) des communautés. 

Par exemple, en Nouvelle-Zélande, le gouvernement travaille sur des plans de transformation à l’échelle des secteurs, dont le tourisme. Ces plans s’appuieront sur un engagement élevé des acteurs pour élaborer une vision sur 20 à 30 ans avec des actions à court, moyen et à long terme. L’objectif premier est de basculer vers un système touristique régénératif qui laisse la communauté et l’environnement dans un meilleur état qu’auparavant. Considérant l’impact de la pandémie sur le secteur, la première phase se concentrera sur les défis de la main-d’œuvre afin d’apporter des solutions à long terme.  

À l’échelle régionale, Dolomiti Paganella, une région alpine italienne à succès a remis en question les fondations de la destination en vue de transformer sa communauté pour le mieux. Comme résultat, une charte des valeurs partagées a été signée par les parties prenantes. Aussi, des projets seront expérimentés afin de bâtir une destination intelligente, harmonieuse et innovante grâce à la jeune génération.

Il n’y a pas de recette magique pour se rendre à bon port ni de point fixe d’arrivée. Dans un contexte où la seule constante est le changement, une réflexion sur son modèle de collaboration permet de demeurer agile et résilient. Et vous, comment comptez-vous insuffler un mouvement positif et transformateur dans vos réseaux?  

Image à la une : Matthew Henry de Burst

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Destinations Marketing

Développement touristique : une approche inclusive avec sa communauté

L’année 2020 aura mis en lumière le rôle crucial des organisations de gestion de la destination (OGD) en tant que carrefour de l’information et agent de liaison : accompagnement des entreprises, partenariats multiples avec des talents et organismes locaux et promotion des savoir-faire régionaux. Ce repositionnement auprès de sa collectivité de proximité vient concrétiser le concept d’attractivité territoriale, centré d’une part, sur la satisfaction de l’ensemble des utilisateurs d’un territoire, qu’ils soient résidents, entrepreneurs ou touristes, et d’autre part, sur la place de l’OGD dans cet écosystème.

Passer du marketing à la création de valeur partagée

Certaines destinations mènent des réflexions depuis plusieurs années sur la valeur du tourisme, de ses acteurs et de ses bénéficiaires sur le territoire d’accueil. En Belgique, Visit Flanders adopte une vision holistique et mise sur les bénéfices mutuels de développement. L’OGD est passée de « Qu’est-ce que les clients veulent acheter ? » à « Qu’est-ce que la communauté offre et veut partager ? ». Ce changement de cap a incité l’organisation à modifier ses critères d’adhésion afin d’accueillir tout membre de la communauté qui désire créer de la valeur, mais qui ne se conformait pas aux exigences préétablies, telles qu’une période d’ouverture minimale durant l’année.

Encourager la création d’une identité et d’un sens des lieux en collaboration avec la communauté répond au besoin d’authenticité des touristes et à l’amélioration des espaces de vie pour les résidents. Voici quelques conditions de base pour dynamiser sa destination.

Encourager la création d’une identité et d’un sens des lieux en collaboration avec la communauté répond au besoin d’authenticité des touristes et à l’amélioration des espaces de vie pour les résidents.

Prendre soin de sa communauté

La vision 2030 des Pays-Bas intègre l’idée que chaque visite contribuera au bien-être et à la prospérité des résidents. Cette stratégie repose sur l’équilibre des impacts négatifs et positifs du tourisme, le suivi de la perception de la population et l’implication de la communauté dans le développement touristique. Ceci requiert une surveillance des données en continu (touristes, résidents) et la mise en place d’un dialogue ouvert avec la population, afin de créer des lieux attractifs pour l’ensemble des parties prenantes.

De son côté, la Mission des offices de tourisme de la Nouvelle-Aquitaine (MONA) a aidé ses adhérents à intégrer la population dans leur stratégie en élaborant des pistes d’action selon six grands objectifs, entre autres, informer les habitants du rôle de l’OGD et développer un sentiment d’appartenance au territoire. Les outils développés en 2017 sont déclinés selon cinq profils de résidents (offreur, consommateur, influenceur, accueillant, citoyen).

Impliquer ses citoyens

La fermeture des frontières a propulsé les citoyens au rang de premiers consommateurs de l’offre touristique. Certains se sont même avérés d’excellents ambassadeurs de leur région, ce qui justifie leur rôle clé dans le développement de l’offre et la promotion de la destination.

Dans le développement touristique

Au Québec, la population des Îles de la Madeleine accueille chaque année un nombre croissant de touristes et ce, jusqu’à l’arrivée de la pandémie. En 2019, on comptait 68 000 visiteurs pour une population d’environ 12 500 madelinots. 

Un comité de travail composé d’acteurs socioéconomiques, des membres de l’office de tourisme et des citoyens a été mis en place afin d’identifier les incontournables d’un développement touristique en adéquation avec le caractère particulier des Îles et les attentes de la population. Des consultations publiques ont été menées entre mars et septembre 2020 afin de permettre aux insulaires d’exprimer leur opinion quant au développement touristique des prochaines années.

Dans le but d’attirer les touristes en basse saison, Tourisme Îles de la Madeleine a consulté l’industrie touristique par l’entremise de rencontres et d’activités de cocréation. Celles-ci ont permis d’identifier et de prioriser les services, les produits, ainsi que les expériences à valoriser. La stratégie sera rédigée à l’hiver 2021 et prendra en compte les avis évoqués afin d’offrir un tourisme favorable tant aux Madelinots qu’aux visiteurs.

Dans la promotion touristique 

L’accueil des résidents témoigne du dynamisme de la destination. C’est pourquoi certaines d’entre elles ont décidé de les mettre de l’avant au sein de campagnes marketing.

Élu trois années d’affilée comme peuple le plus heureux au monde, qui de mieux que les Finlandais pour partager leur recette du bonheur ? Grâce à la campagne Rent a Finn, élaborée par Visit Finland, il était possible d’avoir accès à un guide local virtuel afin d’en apprendre plus sur son quotidien et de connaître ses astuces. Une belle façon de renforcer l’image de marque du pays tout en s’affichant comme une destination authentique et accessible. Cette stratégie élaborée en 2019 a été reprise, faisant suite au succès rencontré.


Source : 100% Pure New Zealand, Youtube

Toujours dans l’optique de mettre de l’avant ses citoyens sympathiques, la Nouvelle-Zélande a mis sur pied la stratégie Good Morning World, une série de vidéos filmées en direct où des résidents de différentes régions saluaient les touristes internationaux chaque matin dans un décor enchanteur. Elle a récolté le prix de campagne de l’année décerné par AdNews Agency.

Plusieurs offices de tourisme ont fait appel à leurs résidents durant la pandémie pour partager des images à l’aide de mots-clics tels que #WhenWeTravelAgain, #FenetreSurMontpellier ou encore #PourUnInstant, ici au Québec. De son côté, Visit Luxembourg a lancé un concours de photographie aux Luxembourgeois dans le but d’explorer leur région avec de nouveaux yeux.

Comme consommateur principal de l’offre touristique locale, le résident est un ambassadeur de choix. Développer un sentiment de fierté chez l’ensemble de la communauté devrait devenir, si ce n’est pas déjà le cas, l’un des objectifs des organisations de gestion de la destination.

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Cet article provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

Source de l’image à la Une : Pexels

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Voyage et accessibilité : exemples de bonnes pratiques

Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus d’un milliard d’individus, soit 15 % de la population, vivent avec une certaine forme de handicap. Ce nombre augmente continuellement, entre autres en raison du vieillissement des gens.

Chaque jour, 10 000 personnes célèbrent leur 65e anniversaire dans le monde. Dans dix ans, la population âgée de plus de 65 ans atteindra le milliard. Ces individus feront face à des défis physiques majeurs tels que troubles auditifs ou de vision, difficultés motrices, etc. Faut-il pour autant s’en désintéresser ?

Selon la firme AARP Research, les baby-boomers américains planifient entre quatre et cinq voyages par année. Ainsi, rendre le tourisme accessible à tous, peu importe leur âge, leurs déficiences, leurs limitations ou leurs capacités, constitue un atout. Pour cela, chacun doit se sentir bienvenu en ce qui a trait aux services, aux installations et aux informations qui leur sont offerts.

Exemples de bonnes pratiques en accessibilité

En août 2019, la firme de recherche Euromonitor International a publié « Voyage et accessibilité : changer les mentalités », un rapport qui présente entre autres des exemples de bonnes pratiques en tourisme accessible et inclusif. Ceux qui suivent sont tirés de cette étude.

Scandic et les principes du design universel 

 Selon le Centre d’excellence en design universel, si un environnement est accessible, utilisable, pratique et agréable, tout le monde en profite. Le design universel se caractérise par la conception de produits, d’environnements, de programmes et de services employables par tous, sans avoir besoin de les adapter ou de les personnaliser. Scandic Hotels, premier groupe hôtelier des pays nordiques, constitue un très bel exemple de développement d’une offre inclusive basée sur le concept de design universel. Leur approche a fait progresser leur chiffre d’affaires de 69 %, de 2013 à 2018.

Parmi les 159 critères appliqués par les établissements de la chaîne figurent :

  • Hauteur du lit ajustable ;
  • Téléphone et télécommande sur la table de nuit ;
  • Alarme de feu vibrante ;
  • Miroir à hauteur raisonnable, pour les gens en fauteuil roulant comme pour les autres ;
  • Boucle auditive dans les salles de réunions (pour personnes malentendantes).

Airbnb accessible 

 En 2017, Airbnb a fait l’acquisition d’Accomable, un spécialiste de la location d’hébergements accessibles qui compte 500 inscriptions dans 60 pays, selon The Guardian. Dans son moteur de recherche, la plateforme met de l’avant des critères détaillés en matière d’accessibilité (entrée dans les lieux, déplacements, chambres à coucher, espaces communs, etc.). L’organisation dispose également d’une politique non discriminatoire qui empêche un hôte de refuser un invité à cause de son handicap.

Tourisme Flandre : un label d’accessibilité et un site Web informatif 

 L’organisme de gestion de la destination de la région flamande de Belgique, la Flandre, propose un label en deux niveaux d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite dans les établissements d’hébergement, les auberges de jeunesse, les campings et les offices de tourisme. L’image ci-dessous illustre ces deux niveaux.

Source : VisitFlanders, « Le Label »

Pour faciliter la planification des séjours, le site Web VisitFlanders présente une information détaillée en ce qui a trait au transport et aux activités, de même qu’une liste de ressources utiles pour une assistance en cours de voyage. Dans la foulée, la ville de Bruges a produit un itinéraire « à pied » accessible à tous, incluant des indications sur le type et la configuration de la route.

Source : Bruges – Accessible for everyone

La technologie au service de l’humain

La technologie s’avère un outil efficace pour rendre l’expérience client plus agréable et faciliter le séjour des personnes avec des besoins particuliers.

  • Mobility Mojo offre une solution logicielle qui aide l’hôtelier à faire un audit de son établissement et à promouvoir ses actions sur son site Web.
  • L’aéroport international de Memphis, en collaboration avec Aira, a lancé un service mains libres pour assister les personnes non voyantes. Les visiteurs sont accompagnés en temps réel par un agent formé aux différentes étapes du processus. BeMyEyes, une autre application, permet aux non-voyants d’être connectés en vidéo à une personne voyante.
  • Eurostar a créé un guide virtuel pour préparer les voyageurs sur le spectre de l’autisme (TSA) à chaque stade de leur séjour. Cela leur permet de vivre l’expérience en amont (porte d’embarquement, sécurité, sièges à bord, bruit du train). L’entreprise donne aussi de l’information sur les périodes les plus tranquilles.
  • Dans le milieu de la culture, GalaPro aide les individus souffrant d’une perte de vision ou auditive à profiter d’un événement culturel. En Autriche, le musée Salzburg intègre un langage simplifié sur ses écriteaux destinés aux visiteurs vivant avec une déficience intellectuelle.

Améliorer l’expérience : ce qu’en pensent les clients

Selon une étude de Tourism Australia (2017) auprès des personnes vivant avec un handicap, voici les trois principaux éléments qui amélioreraient leur expérience de voyage :

  • Des aubaines et des offres pour les gens voyageant avec un assistant ou un aidant ;
  • De l’information sur les séjours accessibles/inclusifs sur les sites de commentaires généraux (ex. TripAdvisor) ;
  • Une reconnaissance pour les entreprises qui effectuent un bon travail en ce qui a trait aux voyageurs vivant avec des incapacités.

Également, 86 % ont mentionné qu’une meilleure formation des employés et plus de renseignements pratiques, comme la localisation des toilettes, constituaient une priorité. Le diable est dans les détails : de l’emplacement de la cafetière à la grosseur des caractères sur les panneaux d’interprétation, les installations et les outils d’information doivent aussi être réfléchis pour ce type de clientèle. Voici une figure illustrant quelques idées pour favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap.

Source : Euromonitor, de AccessAble, traduit par la Chaire de tourisme Transat

Nous ne sommes qu’au début de l’aventure vers un tourisme inclusif. Des destinations montrent la voie. Chaque acteur de l’écosystème touristique doit adopter un état d’esprit inclusif pour transformer l’expérience de cette clientèle, et surtout, l’inclure dans tous les aspects du parcours client, car être accessible est profitable pour tous !

 

Source de l’image à la une : Pixabay

 

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Créer des expériences accessibles

Qui sont les voyageurs handicapés ?

Ce type de touristes ne constitue pas un groupe homogène, comme le soulignait d’entrée de jeu Bill Forrester, chez TravAbility, une organisation australienne qui se consacre au tourisme inclusif. En fait, ils appartiennent à toutes les classes de la société.

Le tourisme accessible doit être basé sur des expériences inclusives qui ravissent et captivent le visiteur handicapé.

L’énorme croissance de ce marché est également due aux baby-boomers, groupe aisé et exigeant qui exercera une influence sur le secteur des voyages au cours des 25 prochaines années. Ils s’attendront à une grande diversité de séjours, quelle que soit leur capacité physique. Selon monsieur Forrester, les membres de cette génération n’accepteront jamais de se considérer comme des personnes handicapées. De ce fait, ils voudront que les produits et les services dont ils ont besoin soient disponibles dans la filière touristique « traditionnelle ». Le tourisme accessible doit être basé sur des expériences inclusives qui ravissent et captivent le visiteur handicapé. Dès lors, comment créer des expériences touristiques inoubliables ? Lors du 2e Sommet mondial du tourisme accessible, plusieurs intervenants ont présenté des expériences inclusives inspirantes ; en voici quelques-unes.

L’aventure extrême

Poursuivant sur sa lancée, Bill Forrester a présenté une vidéo montrant comment on peut adapter l’équipement pour permettre la pratique d’activités de plein air aux personnes à mobilité réduite : fauteuils roulants tout-terrain TrailRider, vélos hors route, fauteuils de plage autopropulsés et tapis de plage, monte-escaliers, chaises sur ski, systèmes de guidage électroniques. Ces technologies procurent de nouvelles possibilités aux entreprises qui devraient les intégrer à leur offre afin d’en tirer parti pour créer des expériences intéressantes pour le voyageur handicapé. À cet effet, Making Trax, regroupement d’experts du handicap et du tourisme d’aventure, a amené des exploitants de descente de rivière à incorporer un siège sur leur canot pneumatique pour y accueillir une personne à mobilité réduite. Ils ont aussi incité une entreprise de parachutage à installer un système qui permet de retenir les jambes de la personne handicapée lors de l’atterrissage et plus encore. En adaptant le matériel, rien n’est impossible. Visionnez la vidéo ci-après à partir de la onzième minute pour vous en convaincre.

Source: YouTube

Le plein air et la nature pour tous

Éric Dubois, de l’association sans but lucratif Natagora qui se consacre à la protection de la nature dans les parties francophone et germanophone de la Belgique, a présenté le projet Nature pour tous. Initié en 2005, il vise à rendre la nature accessible aux personnes handicapées ainsi qu’à des publics marginalisés ou peu familiarisés avec elle. « Elle devient alors un vecteur de découvertes sensorielles, d’intégration sociale et de responsabilité citoyenne à travers une démarche de protection de l’environnement ». Pour ce faire, Nature pour tous conçoit et anime des activités, organise des journées de sensibilisation et des formations à la guidance, et crée des outils adaptés comme des objets en trois dimensions que l’individu aveugle ou malvoyant peut manipuler afin de s’en faire une représentation mentale (voir image ci-dessous).

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Source : Natagora 

Fondé en 2004, le parc national de l’Eifel, d’une superficie de 110 km2, est l’un des 16 parcs nationaux d’Allemagne. Depuis sa création, il s’engage à faire découvrir ses trésors naturels à tout le monde, incluant les personnes présentant divers handicaps physiques, grâce à un programme et à des infrastructures riches et variées comme le mentionnait Tobias Wiesen :

  • aucune marche dans tout le parc ;
  • système de guidance au sol;
  • tablettes tactiles ;
  • modèles tridimensionnels ;
  • boucles à induction pour personnes malentendantes ;
  • informations sensorielles (braille, objets à manipuler, langue des signes allemande, etc.)
  • randonnées guidées en langue des signes ;
  • randonnées guidées en fauteuil roulant électrique.

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Source : Présentation de Tobias Wiesen

Pour réduire les barrières à la communication, les employés reçoivent de la formation continue sur la manière d’interagir avec les personnes en situation de handicap. De plus, sur la page d’accueil du site Web du parc national, il est naturellement possible de choisir la langue d’affichage, mais qui plus est, le menu propose de visualiser le site en langue « Facile à lire et à comprendre » ou en caractères plus grands. Il présente aussi des vidéos en langue des signes avec textes et images.

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Source : Parc national Eifel

Des outils de mise en accessibilité dans les institutions culturelles

Jérôme Duquesne, responsable de l’accessibilité à la Fédération Francophone des Sourds de Belgique, s’est entretenu sur l’accessibilité et l’inclusion dans un musée pour les personnes sourdes ou malentendantes (PSM) grâce au visioguide. Cette technologie permet de présenter des séquences vidéo exprimées en langue des signes. Depuis juin 2013, le musée Magritte, à Bruxelles, expose une sélection de 21 œuvres commentées en trois langues des signes : francophone belge (LSFB), néerlandophone (VGT) et internationale (ISL). En plus de fournir des informations sur René Magritte et ses tableaux, le guide mêle théâtre, poésie et histoire de l’art. Disponible sur une tablette tactile, ce visioguide favorise l’autonomie des PSM dans le musée. Les sous-titres en français, en néerlandais et en anglais constituent aussi une approche adéquate pour le grand public, tant pour les enfants, les adultes et les familles que pour les touristes.

Source : YouTube

D’autres musées ont plutôt recours à des outils tactiles pour favoriser une plus forte interaction avec les œuvres. Madame Dupuis Caillot, fondatrice de Polymorphe, une entreprise spécialisée dans l’accessibilité aux publics handicapés ou en situation de handicap, a présenté l’exemple du musée national du Prado à Madrid. Depuis janvier 2015, il invite les malvoyants à une exposition originale où ils peuvent ressentir, au toucher, des copies imprimées en 3D de célèbres tableaux, tels que la Joconde, de Léonard de Vinci, ou Goya, de Dürer. Cette technique permet d’obtenir des textures et un relief pouvant atteindre six millimètres de hauteur à partir d’une photo en haute résolution du tableau. Le choix des textures et des volumes s’avère primordial pour guider les mains de la personne malvoyante et lui permettre de capturer l’essence de l’œuvre.

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Source : Musée national du Prado

Ces exemples présentent plusieurs bonnes pratiques mises de l’avant pour offrir une expérience inclusive pour tous en tenant compte des handicaps, mais également de la perte d’autonomie liée à l’âge. Pour d’autres idées, vous pouvez consulter les actes du Sommet.

 

Source image à la Une : Pixabay