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Segments de clientèles Tourisme durable

Des comportements écoresponsables décortiqués (partie 1)

La Chaire de tourisme Transat analyse plusieurs comportements des voyageurs québécois à l’aide de données issues de ses enquêtes annuelles. Voici un aperçu des comportements guidés par des intentions écoresponsables tirés de la dernière enquête.  

Les voyageurs qui comptent diminuer leurs déplacements aériens

La mobilité des voyageurs est au cœur de l’expérience touristique, mais aussi des préoccupations en matière d’augmentation des gaz à effet de serre (GES). Près de la moitié des voyageurs québécois (48 %) jugent probable de diminuer leurs déplacements en avion dans le futur. Actuellement, il est à noter que seulement 13 % ont déjà renoncé volontairement à faire un voyage qui nécessitait un trajet aérien.  

Parmi les répondants au sondage mené par la Chaire, 80 % ont fait un voyage d’agrément au Québec entre mai et novembre 2023.

Les voyageurs considérant diminuer leurs déplacements aériens sont plus nombreux à privilégier le Québec comme destination, ils se déplacent moins fréquemment que les autres et sont moins enclins à voyager ailleurs au Canada, aux États-Unis et en Europe.

Ils sont toutefois légèrement sous-représentés parmi les 18 à 34 ans ainsi que chez les ménages ayant un revenu annuel de 200 000 $ et plus.  

Ces voyageurs pratiquent généralement les mêmes activités touristiques que les autres. Ils sont toutefois plus nombreux à avoir adopté au moins une fois les comportements écoresponsables suivants :  

  • Choisir un hébergement ou un attrait en raison de son orientation durable ou responsable (30 % contre 19 % de ceux qui jugent peu probable de diminuer leurs futurs déplacements aériens) ;  
  • Volontairement remplacer l’avion par un autre mode de transport (30 % contre 11 %) ;  
  • Volontairement limiter le nombre de voyages par année (29 % contre 8 %) ;  
  • Volontairement renoncer à faire un voyage qui nécessite un déplacement en avion (22 % contre 5 %).  

La diminution de la fréquence des voyages en avion est un objectif louable en matière d’actions responsables considérant les émissions de GES qui y sont générés. Est-ce que ce choix est réellement guidé par des raisons environnementales ? D’autres motifs pourraient aussi expliquer ce paradigme.   

Les facteurs d’influence

De façon générale, ce sont les facteurs environnementaux, mais aussi économiques qui influencent le plus les comportements de voyage de ce type de personnes. Lorsque sondés par la Chaire à propos des actions qu’ils adopteraient lors de leurs séjours en 2024, les répondants envisageaient :  

  • Limiter les repas au restaurant en voyage (48 % contre 32 % de ceux qui jugent peu probable de diminuer leurs futurs déplacements aériens) ; 
  • Choisir des hébergements ou des restaurants plus abordables qu’à l’habitude (47 % contre 35 %) ; 
  • Privilégier des destinations plus proches de chez eux (33 % contre 11 %) ; 
  • Diminuer les attractions payantes visitées (32 % contre 24 %) ; 
  • Privilégier des destinations où ils ont de la famille et des amis (32 % contre 18 %). 

Les voyageurs qui jugent probable de diminuer leurs déplacements en avion dans le futur accordent moins d’importance aux voyages dans leur équilibre mental que les autres répondants (53 % contre 73 %). Cette dépense est également moins prioritaire pour ce segment (22 % contre 44 %).  

Ce marché demeure intéressant, considérant que 82 % d’entre eux planifient un voyage au Québec en 2024. Alors, comment séduire cette clientèle qui correspond à près de la moitié des voyageurs québécois ? Leurs habitudes de consommation en matière d’hébergements et d’activités ne se différenciant pas de l’ensemble des répondants, faire valoir des propositions abordables et de proximité serait un bon point de départ afin de montrer la diversité et l’accessibilité de l’offre touristique québécoise.   

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Segments de clientèles Tourisme durable

Des comportements écoresponsables décortiqués (partie 2)

D’après l’enquête menée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023, le quart des voyageurs québécois rapportent avoir déjà choisi un hébergement ou un attrait en raison de son orientation durable ou responsable. Sur le plan sociodémographique, ce qui les distingue des voyageurs n’ayant jamais choisi ce type d’hébergement ou d’attrait est leur formation universitaire (54 % contre 41 %) et le fait qu’ils soient en couple sans enfant à la maison (50 % contre 38 %). Ils aiment voyager, d’ailleurs plus de quatre personnes sur dix affirment le faire plus d’une fois par année. 

En matière d’hébergement, ils ont tendance à réserver davantage directement auprès de l’établissement (33 % contre 18 %). À l’été 2023, ils sont aussi plus nombreux à avoir séjourné dans un hébergement collaboratif (29 % contre 20 %).   

Lors de leur séjour au Québec à l’été 2023, ce segment de voyageurs s’est adonné plus significativement que les autres à des activités de plein air, des expériences gourmandes, des visites culturelles et des visites agrotouristiques.  

Des voyageurs plus enclins à réduire leurs émissions de GES

Le trois quarts de ces voyageurs qui affirment avoir déjà choisi un hébergement ou un attrait responsable portent beaucoup attention à l’information concernant les changements climatiques. Pour la moitié (48 %) d’entre eux, cet enjeu les pousserait même à changer leur façon de voyager (comparativement à 18 % des autres voyageurs).  

Ces personnes adoptent aussi plus souvent que les autres des comportements qui permettent de réduire les émissions de GES liées à leur voyage. Ci-dessous les gestes qui ont été adoptés au moins une fois par ces répondants :  

  • remplacer l’avion par un autre mode de transport (46 % contre 12 % de ceux n’ayant jamais choisi un hébergement ou un attrait pour son orientation durable) ; 
  • volontairement limiter le nombre de voyages par année (39 % contre 12 %) ; 
  • renoncer à un voyage qui nécessitait un déplacement en avion (29 % contre 8 %) ; 
  • payer pour compenser les GES émis par leurs déplacements de voyage (27 % contre 6 %). 

Les bénéfices économiques, sociaux et environnementaux que les régions pourraient tirer de ce groupe de voyageurs sont réels. La structuration claire d’expériences touristiques durables attractives permettrait de stimuler encore plus leur appétit pour des séjours qui satisfont leur fibre responsable.  

D’autres comportements dans notre radar

Deux nouvelles actions ont été ajoutées à l’édition 2023 de l’enquête de la Chaire : 

  • limiter volontairement le nombre de voyages par année pour des raisons environnementales (18% des répondants disent l’avoir fait).  
  • utiliser une voiture 100 % électrique comme mode de transport principal lors d’un séjour (9 % des voyageurs qui ont visité le Québec à l’été 2023 rapportent l’avoir fait). 

Bien que le nombre de voyageurs québécois ayant porté des actions dites responsables stagne, il faut demeurer confiant pour le futur et démocratiser rapidement l’accès aux propositions durables. Ferez-vous partie de cette offre?  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Segments de clientèles Tourisme durable

Guider les visiteurs vers un tourisme plus responsable

L’équipe de la Chaire de tourisme Transat documente depuis trois ans des indicateurs liés au tourisme durable. Principal constat: aucun changement n’est observé quant à la proportion de voyageurs québécois qui adoptent certains comportements écoresponsables.  

Voici quelques résultats relatifs à ces indicateurs qui font l’objet de stagnation depuis les trois dernières années. Ces données proviennent de la plus récente enquête réalisée par la Chaire auprès des voyageurs québécois. 

Aucun changement n’est observé quant à la proportion de voyageurs québécois qui adoptent certains comportements écoresponsables.  

D’autres actions ont été ajoutées à l’édition 2023 de l’enquête. À cet égard, 18 % des répondants disent avoir volontairement limité le nombre de leurs voyages par année pour des raisons environnementales. Également, 9 % des voyageurs qui ont visité le Québec à l’été 2023 rapportent avoir utilisé une voiture 100 % électrique comme mode de transport principal lors d’un séjour. 

Comment accélérer le virage responsable des voyageurs ?

Le nombre de voyageurs responsables atteignant un plateau, les énergies doivent être concentrées sur l’accompagnement des consommateurs et aussi des entreprises de l’industrie afin de multiplier et de promouvoir les offres durables. 

Guider la clientèle vers des choix durables

Plusieurs actions peuvent être mises en place par les entrepreneurs touristiques ou les destinations afin de faciliter et favoriser l’achat ou la réservation de produits touristiques responsables et durables. Il peut s’agir par exemple d’inclure des incitatifs ou de reconnaître les efforts des clients. Cela peut être fait sous forme de programme de récompenses. Simplifier l’expérience d’achat et offrir un bon service à la clientèle est une autre solution. Pour les destinations, il peut s’agir de mettre de l’avant les entreprises certifiées par un organisme reconnu par le GSTC 

La Suède possède des forfaits de vacances durables nommés « Climate-Smart Holidays ». Cinq hébergements de l’ouest du pays participent au projet. Ces établissements en nature affichent une transparence totale en matière de gaz à effet de serre émis par nuit. Ils détiennent des panneaux solaires, ont été construits avec des matériaux recyclés et sont équipés pour permettre le compostage des déchets. Les repas sont inclus dans les forfaits et sont approvisionnés directement d’une exploitation agricole voisine. Dépendamment de l’hébergement choisi, les forfaits comprennent des activités de plein air à pratiquer à proximité et/ou le transport pour s’y rendre. Les options de déplacements offertes sont diversifiées, mais le choix durable demeure la priorité. Par exemple, une prise en charge en voiture électrique à la station de train la plus proche des sites est proposée. 

Source de l’image: Adobe Stock 

Accompagner les visiteurs dans l’adoption de comportements responsables 

L’office de Tourisme Gorges de l’Ardèche – Pont d’arc, en partenariat avec d’autres organisations, a lancé l’Académie des Gorges de l’Ardèche. Classées Réserve Naturelle Nationale Protégée, les Gorges sont les seules en France à permettre aux visiteurs d’y passer la nuit. Or, la région se trouve dans un écosystème fragile. C’est donc pour préserver ce site naturel que l’Académie diffuse une série de vidéos instructives dans lesquelles plusieurs conseils et informations sont partagés. 

Des séjours sans voiture sont également proposés afin que les visiteurs puissent vivre des vacances plus relaxantes, responsables et enrichissantes. Les offres comprennent un itinéraire à vélo, en randonnée pédestre et un itinéraire sur le thème du tourisme lent (slow tourism) 

Intégrer la communauté dans le développement touristique

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, tout développement touristique doit s’appuyer sur les principes durables suivants : 

  • Développer de nouvelles attractions, activités et expériences en se basant sur les ressources, atouts naturels (montagne, forêt, etc.) et culturels (technique artisanale, conception architecturale typique, etc.) intrinsèques au milieu local ; 
  • Obtenir le soutien de la communauté d’accueil, et encore mieux, collaborer avec cette dernière (incluant les résidants) ; 
  • Respecter les valeurs du territoire d’implantation et s’intégrer dans la stratégie touristique de la destination. Dans cette optique, il peut être avantageux de créer des produits à plus grande valeur ajoutée et à moindre impact. 

Des destinations appliquent déjà ces préceptes. En Australie, l’État de la Tasmanie a co-conçu un plan pour l’avenir du tourisme avec et pour la communauté de l’île Flinders de septembre 2021 à septembre 2023. S’appuyant sur les principes du tourisme régénératif, l’objectif de l’initiative The Islander Way est de s’assurer que les visiteurs génèrent des bénéfices positifs pour l’île, ses résidants, son environnement et l’économie locale. Cette collaboration a permis de proposer des projets touristiques ancrés dans la communauté, mais également d’autres initiatives qui permettront une régénérescence en lien avec l’économie circulaire, la gestion des matières résiduelles, la sécurité alimentaire et des actions communautaires. Les initiateurs veillent actuellement à poursuivre cet élan en s’assurant de soutenir les propositions malgré la fin de l’accompagnement à l’automne 2023.  

Vers une démocratisation du voyage responsable  

Le nombre de voyageurs québécois ayant porté des actions dites responsables stagne.  Bien qu’un segment de ces voyageurs soit bel et bien tourné vers le tourisme durable, dans ses valeurs et dans ses choix, il reste que pour la majorité, le passage à l’action n’est pas entamé. 

L’intérêt global envers un tourisme responsable est plus important que jamais, non seulement au Québec, mais aussi ailleurs dans le monde. Selon l’enquête 2023 de Booking.com, 76 % des voyageurs internationaux indiquent vouloir voyager de façon plus responsable au cours des 12 prochains mois. Or, l’aspect économique constitue un frein pour plusieurs. Selon ce dernier sondage de Booking.com, la perception que les options durables sont trop dispendieuses est belle et bien présente pour la moitié de la clientèle internationale.  

Afin que l’augmentation de ce type de voyageurs ne demeure pas une utopie, il faut réellement démocratiser les voyages responsables. L’objectif est d’augmenter la capacité des clientèles à faire des choix durables. Il s’agit donc ici de faire de ces décisions, des décisions par défaut et de libérer les voyageurs de la pression qu’ils subissent pour rechercher et sélectionner des expériences durables. Plus le nombre de produits offerts sera grand, plus les prix diminueront et cette offre deviendra graduellement la norme.  

 

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Destinations Technologies

Les destinations touristiques intelligentes en 2023

Si la technologie est véritablement au service du tourisme intelligent, d’autres composantes contribuent à développer une destination de manière durable.  

L’Espagne : une approche en cinq axes

Le réseau des Destinations touristiques intelligentes (DTI) a vu le jour en 2019 et s’appuie sur une méthodologie rigoureuse incluant 97 critères et 261 indicateurs. La distinction DTI est octroyée aux villes, municipalités ou départements qui obtiennent un niveau de conformité égal ou supérieur à 80 % des critères dans les axes suivants :  

– Technologie ;

– Accessibilité pour tous ;

– Gouvernance ;

– Durabilité ;

– Innovation.

Actuellement, cinq destinations espagnoles détiennent le statut DTI et une soixantaine sont en voie de l’obtenir. Un processus par phase incluant un diagnostic, des recommandations, l’exécution du plan d’action et le renouvellement du statut aux deux ans, est proposé aux destinations membres. Ce programme est porté par le Secrétariat d’État au tourisme et opéré par la Société Étatique pour la Gestion de l’Innovation et des Technologies Touristiques (SEGITTUR).  

Travailler de façon collaborative, savoir organiser la quantité phénoménale de données et l’appliquer au profit du bien commun sont quelques-uns des nouveaux défis à relever pour les destinations intelligentes. 

L’exemple de la ville balnéaire de Benidorm  

Cette municipalité de 70 450 résidants emploie quelque 60 000 travailleurs en tourisme. Elle souhaite créer une ville meilleure pour les résidants. De cette façon, elle contribue à rendre la destination plus attrayante pour les touristes et la société. Plusieurs initiatives ont permis à la ville d’atteindre son statut DTI. Voici quelques-unes d’entre elles.  

Un modèle de gouvernance en évolution

Il y a un grand besoin de développer une approche collective afin d’impliquer tout le monde dans le processus de construction du tourisme de demain.

Depuis 2019, l’initiative European Capitals of Smart Tourism récompense annuellement les villes européennes ayant les meilleures pratiques en matière de numérique, d’accessibilité, de développement durable, de patrimoine culturel et de créativité.   

Les gagnants des dernières éditions partagent tous un point commun : la transformation ou l’adaptation de leur modèle de gouvernance afin de privilégier le partage et l’échange de connaissances. Selon Julie Benisty, gestionnaire en tourisme durable de Bordeaux tourisme et congrès, il y a un grand besoin de développer une approche collective afin d’impliquer tout le monde dans le processus de construction du tourisme de demain. La création de l’Agora pour le tourisme à Bordeaux Métropole constitue un espace ouvert de partage et répond à ce besoin.  

Du côté espagnol, l’Office de tourisme intelligent de Séville intègre un laboratoire en tourisme urbain durable. Les entités publiques, PME touristiques et grandes corporations débattent dans cet espace d’innovation afin de relever les défis post-pandémiques. Au préalable, un projet pilote en intelligence artificielle avait été mis sur pied afin de suivre les déplacements et les habitudes de consommation dans la ville. L’objectif est d’améliorer l’offre touristique et de garantir l’équilibre entre les touristes et le bien-être de la population locale par des analyses prédictives en se basant sur une multitude d’indicateurs.  

Les infrastructures technologiques de pointe sont au cœur de la destination intelligente. La captation et le traitement de données en temps réel deviennent de plus en plus sophistiqués. Travailler de façon collaborative, savoir organiser cette information et l’appliquer au profit du bien commun sont quelques-uns des nouveaux défis à relever pour les destinations qui s’engagent dans cette voie.  

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Réseaux de distribution Tourisme durable

Le réseau de distribution : des acteurs de changement

La position privilégiée occupée par les intermédiaires de voyages — entre la clientèle et les entreprises — facilite le partage d’outils et de compétences concrètes pour les voyageurs et l’industrie.  

Par exemple, de grands groupes ont mis en commun leur expertise, ressources et données afin de développer des solutions pour contribuer à rendre les voyages plus responsables. C’est notamment le cas de la coalition en tourisme durable Travalyst, fondée en 2019 et initiée par le Prince Harry. Booking.com, Ctrip, Skyscanner, TripAdvisor et Visa ont été les premiers à se lancer dans l’aventure. D’autres ont suivi comme Amadeus, le groupe Expedia et Google. Ces grandes sociétés, notamment issues du réseau de distribution, développent des référentiels et des standards pour l’industrie et aident la clientèle à avoir facilement accès à l’information.  

À ce jour, Google et Skyscanner présentent les émissions de gaz à effet de serre des vols aériens, au même titre que les tarifs. Les établissements d’hébergement peuvent, quant à eux, afficher leurs actions en développement durable sur les sites d’Expedia, Google et Booking.com. L’objectif est d’offrir une information standardisée, cohérente, transparente et facile à comprendre sur l’ensemble des plateformes afin d’aider le client à prendre des décisions éclairées sur tous les aspects du voyage, incluant les impacts sociaux et environnementaux. 

Le réseau de distribution constitue un joueur important de la transformation, car il a le pouvoir d’agir sur toute la chaîne de valeur, du fournisseur de services à la clientèle.

Transformer les modèles d’affaires

Les organisations touristiques subissent une pression importante pour devenir des citoyens corporatifs responsables. Du souci envers la qualité de vie locale aux attentes élevées de la clientèle, elles doivent aussi répondre à de nouveaux critères d’adhésion à des programmes de financement. Des acteurs du secteur de la distribution contribuent, par des approches innovantes ou par le transfert de connaissance, à augmenter le niveau de compétences des gestionnaires.  

En 2022, l’île grecque de Rhodes et la région de l’Égée méridionale ont créé un co-lab en tourisme durable en partenariat avec l’agence TUI Group et TUI Care Foundation. Les collaborateurs impliqués aspirent à devenir un exemple de transformation holistique à l’échelle d’une destination. Que ce soit par des actions en mobilité durable, en énergie renouvelable ou en agriculture locale, toute la chaîne d’approvisionnement à l’échelle de la destination sera étudiée afin de trouver des solutions communes pour les entreprises. Le projet se déroule normalement de 2022 à 2027. Toutefois, nul ne sait actuellement quelle forme prendra cette initiative considérant les impacts et conséquences anticipées des feux de forêt ayant eu lieu sur cette île à l’été 2023, que ce soit sur la faune, la flore, le paysage, les résidants et les entreprises touristiques.  

Développer les compétences

D’autres acteurs de ce secteur prennent les devants en matière de renforcement des compétences de l’industrie touristique. Par exemple, Expedia Group développe actuellement un nouveau programme avec The Travel Foundation à l’intention des organisations de gestion de la destination (OGD). Ces derniers offriront de la formation et des conseils pratiques afin que les OGD pavent la voie en matière d’action climatique et soient des catalyseurs de changements auprès de leurs membres. Destination Vancouver sera la première à tester ce nouveau programme.  

Quant à l’agence Intrepid, elle partage ses bonnes pratiques par la publication d’un guide en 10 étapes sur la décarbonation des organisations dans le secteur du voyage. Elle contribue ainsi à outiller les entreprises de plus petite taille. L’Association des agences réceptives et forfaitistes du Québec (ARF-Québec) a conclu un partenariat en 2022 avec la certification Travelife afin d’accompagner les membres du réseau dans une démarche de développement durable.  

Le réseau de distribution constitue un joueur important de la transformation, car il a le pouvoir d’agir sur toute la chaîne de valeur, du fournisseur de services à la clientèle. Son rôle d’influenceur est indéniable dans la sphère touristique.  

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Segments de clientèles Tourisme durable

Tourisme responsable : les voyageurs québécois passent-ils à l’action ?

L’intérêt des visiteurs envers un tourisme plus durable est en croissance dans plusieurs pays. Les voyageurs québécois souscrivent également à cette tendance ; 60 % d’entre eux souhaitaient déjà voyager de façon plus responsable en 2021. Est-ce que ce désir s’est concrétisé ? 

D’après le sondage en ligne de la Chaire de tourisme Transat, mené du 21 au 25 novembre 2022 auprès de 1 007 voyageurs québécois, les changements climatiques commencent à avoir une influence sur les comportements de voyage, particulièrement auprès des 18 à 34 ans. Ces derniers ont mentionné, en plus forte proportion que les autres groupes d’âge, avoir modifié au moins une fois leurs habitudes de voyage pour des raisons environnementales. 

Un plateau dans les habitudes responsables ?

Pour une deuxième année consécutive, les voyageurs québécois ont été sondés à propos de certains comportements écoresponsables. En général, les indicateurs restent relativement stables. Par exemple, la même proportion de voyageurs que l’an dernier indique consulter parfois ou régulièrement les certifications durables des organisations touristiques. 

Une légère hausse des voyageurs ayant volontairement limité leurs déplacements touristiques pour des raisons environnementales (30 % en 2022, par rapport à 25 % en 2021) est toutefois observée. 

Les répondants ayant mentionné que les changements climatiques les poussent à changer leur façon de voyager sont beaucoup plus nombreux que la moyenne à rapporter avoir modifié leurs habitudes de voyage.  

De plus, ce type de voyageur s’intéresse plus aux destinations peu achalandées (69 % comparativement à 52 % de l’ensemble des répondants).

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En général, les actions sont plus timides que l’intérêt à voyager de façon plus responsable. Certains segments de clientèles pavent toutefois la voie. Un phénomène à suivre au cours des prochaines années !  

Image à la une : Unsplash 

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Destinations

Les destinations qui (re)construisent les bases de demain

L’urgence climatique pave la voie

La course à la décarbonisation des industries est enclenchée; les pays doivent atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Le tourisme n’y fait pas exception. En 2021, plus de 40 engagements ont été pris par des compagnies aériennes, et une feuille de route pour guider l’industrie touristique vers l’objectif zéro émission a été publiée par le World Travel & Tourism Council.  

À l’échelle des destinations, force est d’admettre que peu d’entre elles comptabilisent les émissions de gaz à effet de serre (GES) de leurs activités. Néanmoins, la France a présenté son premier bilan GES du tourisme en 2021. En Espagne, Valence est devenu la première ville à calculer et à certifier l’empreinte carbone et hydrique de ses activités touristiques grâce à l’utilisation de mégadonnées. Cette dernière a un plan ambitieux d’atteindre la carboneutralité d’ici 2025.  

Pour une destination, la réduction de son empreinte carbone s’accompagne d’une transition durable des activités. Au cours des deux dernières années, plusieurs destinations ont joint des réseaux internationaux comme le Conseil mondial du tourisme durable afin d’obtenir un meilleur encadrement, une accréditation reconnue ou pour comparer sa performance par un système de benchmark. Les villes de Québec et de Montréal ont notamment adhéré au Global Destination Sustainability Movement 

Destination responsable : s’inspirer d’un petit qui voit grand

Le redressement de l’économie touristique passera inévitablement par l’élaboration de modèles touristiques soutenables et résilients. En Europe, la Slovénie a fait le virage vers une gestion holistique de sa destination depuis de nombreuses années. Son image de « destination verte » repose sur un programme de certification à l’intention des destinations locales et des entreprises, de même que la conservation des espaces naturels. Depuis la pandémie, elle vise également à proposer les plus hauts standards de santé et d’hygiène à ses visiteurs. Sa démarche est parfaitement intégrée au marketing de la destination et dans ses stratégies de relance. Le pays figure au top 10 des destinations selon l’indice de voyage durable développé par Euromonitor.  

Source : Slovenia.info 

La communauté au centre des discussions

Bien avant la pandémie, les voyageurs voulaient vivre des expériences authentiques et adopter temporairement le mode de vie des locaux. Plusieurs organisations de gestion de la destination (OGD) plaçaient déjà la communauté au premier plan de leurs interventions. D’autres ont profité du contexte extraordinaire de la crise pour adapter l’offre et la promotion touristique à la clientèle locale et de proximité (lire aussi : Citoyens heureux, ville heureuse). 

Selon Destination International, une promotion basée sur les valeurs partagées par la communauté sera un avantage concurrentiel pour les prochaines années. En plus de leur fonction marketing, les responsables de destination doivent créer les conditions à la mise en place de lieux d’accueil florissants pour les résidents, les entreprises et les visiteurs.  

Aux États-Unis, la vision de Travel Oregon est d’offrir une vie meilleure à tous les Orégonais grâce à des communautés locales, durables et fortes qui accueillent une diversité de voyageurs en exploration. Pour y arriver, l’OGD propose des programmes d’accompagnement participatif à l’intention des collectivités et travaille actuellement à y intégrer des notions de diversité, d’inclusion et de changements climatiques (voir encadré 1).

Dans le cercle arctique, les Îles Féroé considèrent la proportion des résidents ayant une perception positive du tourisme comme l’un des trois marqueurs de succès de leur stratégie touristique 2025. Des sondages auprès de ces derniers permettront de suivre l’atteinte de leur objectif. Cela illustre bien la place qu’occupent les citoyens dans la performance des destinations.   

Le tourisme régénératif : le nouveau durable

En 2022, les destinations doivent viser la régénération, la prochaine vague du tourisme durable.

Le tourisme régénératif n’est pas un buzzword mais un terme qui prend racine dans le développement et le design. Il s’agit d’une extension du tourisme durable avec une approche qui intervient à l’échelle des systèmes (dialogue, expérimentation, co-création, inclusion, etc.) et du potentiel (et non des problèmes!) des communautés. 

Par exemple, en Nouvelle-Zélande, le gouvernement travaille sur des plans de transformation à l’échelle des secteurs, dont le tourisme. Ces plans s’appuieront sur un engagement élevé des acteurs pour élaborer une vision sur 20 à 30 ans avec des actions à court, moyen et à long terme. L’objectif premier est de basculer vers un système touristique régénératif qui laisse la communauté et l’environnement dans un meilleur état qu’auparavant. Considérant l’impact de la pandémie sur le secteur, la première phase se concentrera sur les défis de la main-d’œuvre afin d’apporter des solutions à long terme.  

À l’échelle régionale, Dolomiti Paganella, une région alpine italienne à succès a remis en question les fondations de la destination en vue de transformer sa communauté pour le mieux. Comme résultat, une charte des valeurs partagées a été signée par les parties prenantes. Aussi, des projets seront expérimentés afin de bâtir une destination intelligente, harmonieuse et innovante grâce à la jeune génération.

Il n’y a pas de recette magique pour se rendre à bon port ni de point fixe d’arrivée. Dans un contexte où la seule constante est le changement, une réflexion sur son modèle de collaboration permet de demeurer agile et résilient. Et vous, comment comptez-vous insuffler un mouvement positif et transformateur dans vos réseaux?  

Image à la une : Matthew Henry de Burst

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Destinations

Dolomiti Paganella : le pouvoir d’une vision partagée 

Les organisations de gestion de la destination (OGD) sont plus que jamais ancrées dans leur milieu pour répondre aux enjeux complexes des entreprises. Entre accompagnateur, animateur ou expert touristique territorial, quel rôle les responsables de destinations devraient-ils jouer ? 

Voici la petite histoire de la création du  Dolomiti Paganella Future Lab qui, vraisemblablement, porte tous ces chapeaux. 

Pourquoi ?

En 2019, la communauté de 5 000 habitants recevait 2 millions de visites touristiques. Elle faisait alors l’objet de plusieurs études de cas pour son développement de produits touristiques à succès. Malgré tout, le territoire faisait face à de nombreux défis causés par un fort achalandage à certaines périodes de l’année. L’OGD avait un désir d’impliquer plus de personnes dans la conversation afin d’imaginer un futur dans lequel le territoire resterait attractif pour les visiteurs et les résidents. Ainsi est né le Dolomiti Paganella Future Lab. 

Comment ?

Quatre questions fondamentales sont au cœur de la démarche déclinée selon quatre piliers : 

  1. Quel est l’ADN actuel de la destination et comment évoluera-t-il ? 
  2. Comment impliquer la nouvelle génération dans la construction du tourisme de demain ? 
  3. Quelles sont les opportunités considérant les impacts des changements climatiques ? 
  4. Comment trouver l’équilibre entre la population, les visiteurs et la protection de la nature ? 

Une série d’ateliers, de sondages (touristes et résidents) et d’événements ont été réalisés afin de se pencher sur ces questions. Par exemple, les jeunes de 18 à 35 ans de la région ont été invités à prendre part à une journée de réflexion pour trouver des solutions aux quatre grands piliers.  

Des retombées inattendues

La destination était complètement fermée aux touristes à l’hiver 2020-2021 étant donné la pandémie. Des idées qui avaient émergé lors de consultations préalables ont inspiré des membres de l’industrie alpine à faire une différence dans leur milieu. Ils ont ainsi élaboré des expériences touristiques qui tissent des liens entre les acteurs issus de différents secteurs d’activité :  

– Offre d’activités touristiques hivernales conçue par les guides alpins pour les hôteliers locaux ; 

– Création d’un programme de pleine conscience dans un parc (en forêt) ; 

– Validation des expériences de dégustation de vin des producteurs locaux par les hôteliers. 

Résultats de la démarche

Consulter la charte et le catalogue de projet   

Image à la une : Krzysztof Kowalik de Unsplash

 

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Tourisme durable

Vers une industrie touristique prospère, durable et responsable

Le tourisme durable est sur toutes les lèvres depuis déjà quelques années. La pandémie en a accentué son importance ; les voyageurs québécois accordent plus d’attention aux pratiques responsables des entreprises touristiques depuis la COVID-19. À l’occasion des Assises du tourisme 2021, Lucie Demers, directrice Stratégie et Développement à Filaction, a partagé ses conseils sur les façons d’aborder la transition.

Un virage nécessaire

Une économie durable repose sur l’équilibre entre l’humain, l’environnement et l’économie. Les outils pour mesurer le succès d’un tel modèle évoluent constamment. L’indice de développement humain (IDH) est un exemple d’indicateur qui vise à mesurer les progrès en matière de qualité, de bien-être et de santé des communautés.

Avec ses paysages, sa nature et l’accueil de la population comme principaux actifs, le Québec touristique a le potentiel d’être un chef de file en matière d’économie durable. La grandeur du territoire apporte toutefois son lot de défis. L’offre de produits touristiques qui favorisent les longs séjours et le tourisme lent s’avèrent des pistes de solution. Lors des Assises, la ministre du Tourisme mentionnait d’ailleurs que des circuits adaptés aux touristes qui désirent se déplacer en voiture électrique sont en cours d’élaboration.

La plupart des institutions financières se tournent maintenant vers des entreprises qui ont de bonnes pratiques en développement durable. – Lucie Demers, Directrice Stratégie et Développement, Filaction

Les entreprises doivent emboîter le pas vers une transition durable et ainsi répondre aux besoins de la société et de la clientèle. Le statu quo n’est pas envisageable d’après madame Demers. Parmi les arguments soulevés, la rétention de la main-d’œuvre et l’accès au financement en seront facilités. Selon elle, la plupart des institutions financières se tournent maintenant vers des entreprises qui ont de bonnes pratiques en développement durable.

Par quoi commencer ?

Des actions à court terme peuvent être mises en place rapidement dans les entreprises. Par exemple, miser sur l’économie d’énergie diminue le coût des factures d’électricité. De plus, des bénéfices sur la communauté sont visibles lorsque les organisations touristiques privilégient les fournisseurs locaux. L’approvisionnement de proximité favorise aussi les circuits courts.

Un nombre important d’entreprises s’engagent déjà dans une voie plus durable de leurs activités. Un bilan par filière et par région permettrait de s’assurer de l’efficacité des actions individuelles. Pour les gestionnaires d’organisations, un exercice de planification incluant un état des lieux et des objectifs à court, à moyen et à long terme demeure la meilleure façon de procéder. Selon madame Demers, c’est « avec ce type de plan qu’on peut aller parler à son banquier. »

Finalement, la communication reste la clé du succès d’une telle démarche. Le volet pédagogique revêt une grande importance lors de l’implantation de nouvelles pratiques, et ce, auprès de tout son réseau (fournisseurs, partenaires, employés, clients). Le tourisme durable, c’est une responsabilité partagée, et pour protéger nos atouts, les jeunes aussi doivent y être sensibilisés… dès leur plus jeune âge !

Consultez les conseils en efficacité énergétique d’Hydro-Québec.

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Le 27 mai dernier se tenaient les Assises du tourisme, un événement du ministère du Tourisme, organisé par l’Alliance de l’industrie touristique du Québec. Pour la première fois depuis 15 ans, ce grand rassemblement se déroulait virtuellement en raison de la pandémie de COVID-19. L’objectif consistait à actualiser les connaissances des acteurs de l’industrie et d’échanger sur des thèmes communs qui permettront d’orchestrer la relance ensemble.   

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Tendances Tourisme durable

Les grandes observations 2020: la transition écologique

L’urgence sanitaire a fait de l’ombre aux défis à long terme comme les changements climatiques, la perte de biodiversité et la disponibilité des ressources naturelles. L’Organisation mondiale du tourisme clame toutefois haut et fort que la reprise devra se faire sous les piliers de la durabilité.

« Le tourisme peut être une force au service du bien dans notre monde, en jouant un rôle protecteur de notre planète et de sa biodiversité, et en célébrant ce qui fait de nous des êtres humains. » António Guterres, Secrétaire général de l’ONU.

Les priorités de 2021 en environnement

Des organisations internationales comme l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et les Nations Unies (ONU) ont déterminé des actions incontournables afin de nous préparer à relever les défis qui nous attendent en tant que société. En voici trois qui concernent les limites de notre planète.  

Mettre en place des plans de redressement viables à long terme 

Les investissements en infrastructures (transports, bâtiments) ainsi que le financement de projets spéciaux devraient inclure des mesures de durabilité (efficacité énergétique, utilisation rationnelle des ressources, adaptation aux changements climatiques, etc.). Par exemple, dans le cadre de son vaste programme de relance, la France accorde des fonds à l’intégration de changements disruptifs en tourisme durable, dans la restauration durable et les circuits d’approvisionnement courts.

Se tourner vers l’économie circulaire 

Selon les données existantes sur le sujet, l’économie mondiale est circulaire à seulement 8,6 %. Passer de l’économie linéaire à l’économie circulaire pourrait prendre de 15 à 20 ans, selon la Fondation Ellen MacArthur, qui se consacre à l’accélération de cette transition. Production, consommation, réutilisation, valorisation : un bien ou un service se déplace en boucle dans un système qui optimise l’utilisation des ressources à chaque étape de son cycle de vie. Le zéro déchet, l’autopartage et l’utilisation de matériaux de construction recyclés sont des exemples d’initiatives.

Un rapport illustrant la situation au Québec devrait être publié en 2021 par Circular Economy ; il devrait inclure les interventions prioritaires pour assurer la transition vers la circularité. Dans cette économie, les entreprises touristiques ont tout intérêt à réfléchir aux usages multiples de leur service afin d’en maximiser leur valeur.

Mesurer et réduire les émissions de gaz à effet de serre 

Les outils de mesure deviennent nécessaires afin de connaître l’empreinte carbone de son secteur d’activité et d’engager l’industrie dans des cibles de réduction. Faciliter la planification de voyages écoresponsables par une communication claire de l’offre proposée, suggérer des itinéraires pour voitures électriques, intégrer un programme de certification reconnu par le Conseil mondial du tourisme durable, promouvoir des plateformes d’autopartage et proposer aux voyageurs de compenser leurs émissions constituent toutes des actions qui profitent au positionnement d’une destination durable.

Des signes encourageants de la part des voyageurs québécois

Selon un sondage mené par la Chaire de tourisme Transat à l’automne 2020, la moitié des voyageurs québécois portent beaucoup d’attention à l’information concernant la protection de l’environnement et l’émission de carbone. Une proportion similaire se dit même prête à modifier ses habitudes de voyage si cela aide à réduire son empreinte.

Interrogés sur leur propension à compenser financièrement les émissions liées à leurs déplacements touristiques, 46 % des voyageurs se disent prêts à annuler l’impact d’un trajet aller-retour Québec-Montréal (moins de 5 $). Près d’un quart des répondants (22 %) jugent probable de doubler leur compensation dans un scénario de vol aller-retour Montréal-Paris (estimée à 111 $ ou 167 $) afin de neutraliser les effets négatifs et qui plus est de générer un impact positif sur l’environnement.

Les répondants les plus investis en tourisme durable sont de tous âges, mais sont sous-représentés chez les 35 à 54 ans. Les plus investis se distinguent des autres par leur intérêt prononcé pour la nature (voir infographie).

Une industrie conscientisée, une voie à définir

L’industrie touristique québécoise agit déjà sur plusieurs plans au chapitre environnemental : protection de la biodiversité par les aires protégées, écotourisme, économie collaborative, adhésion à des certifications, compensation de carbone, etc. Les actions requises pour se tourner vers une économie verte sont multiples.

La poursuite de cette transition reposera sur la connaissance, la créativité, les partenariats, des investissements conséquents et surtout, une démarche collective et concertée, afin de maximiser le potentiel et les bénéfices pour les voyageurs, les entreprises touristiques et les collectivités. 

Cet article provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

 

Source de l’image à la une : Pexels