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Tourisme durable

Un geste à la fois pour atteindre l’économie circulaire

S’approvisionner de façon locale, privilégier le partage de produits, ainsi que valoriser les biens en fin de vie sont des pratiques qui aident à diminuer la quantité de ressources premières utilisées et les émissions de carbone générées. La consommation et la production responsables, qui font partie des 17 objectifs de l’ONU à atteindre d’ici 2030, sont au cœur de l’économie circulaire:

 

 

« L’économie circulaire est un système de production, d’échange et de consommation visant à optimiser l’utilisation des ressources à toutes les étapes du cycle de vie d’un bien ou d’un service, dans une logique circulaire, tout en réduisant l’empreinte environnementale et en contribuant au bien-être des individus et des collectivités ». – Pôle québécois de concertation sur l’économie circulaire

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Source : Recyc-Québec

Recyc-Québec, en collaboration avec Circle Economy, un organisme dédié à la promotion internationale de l’économie circulaire, a publié le premier Rapport sur l’indice de circularité de l’économie du Québec. Ce chiffre est évalué à 3,5 % pour la Belle Province. Circle Economy souligne qu’un indice mondial de 17 % permettrait de diminuer de 39 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2032.

Qu’en est-il du tourisme ?

« Soutenir la transition vers une économie circulaire » constitue l’un des cinq axes présentés dans le Plan d’action pour un tourisme responsable et durable 2020-2025 du ministère du Tourisme du Québec.

Puisque l’économie circulaire est une chaîne d’opérations, le gestionnaire peut intervenir à un stade précis. Le tout est un projet collaboratif entre divers acteurs visant à optimiser l’utilisation d’un bien. Le dirigeant doit se demander:

  • À quelle phase de cette chaîne puis-je réaliser des actions pour minimiser l’impact néfaste des activités de mon entreprise sur l’environnement ?
  • Est-il possible de coopérer avec une autre organisation pour réduire les déchets engendrés autant en amont de cette chaîne (écoconception) qu’en aval (donner une deuxième vie au produit) ?

Voici quelques initiatives inspirantes se retrouvant dans les différentes étapes du cycle de vie d’un bien.

Favoriser l’approvisionnement local

Les gestionnaires de La cabane à manger, située en Bretagne, cuisinent à partir d’ingrédients disponibles dans leur région. Les algues sont récoltées tout près de leur emplacement et le poisson a été acheté au port avoisinant. L’Auberge des Glaçis, dans la région de Chaudière-Appalaches, collabore avec plus de 70 producteurs locaux pour concevoir son menu. D’autres propriétaires exploitent leur propre potager afin de s’assurer de la fraicheur des aliments. C’est d’ailleurs le cas des Jardins de Métis, dont les aliments du restaurant sont cultivés à quelques pas de la cuisine.

L’aménagement paysager du Nordik Spa de Chelsea, en Outaouais, a été réalisé à l’aide de matériaux naturels dénichés sur son terrain. L’entreprise a même planté des arbres pour compenser les quelques coupes causées par ses activités de construction. Le ravitaillement en eau des spas provient d’un aqueduc municipal. Cela permet d’éviter le transport de 70 000 litres d’eau, acheminés par quatre camions chaque jour. Finalement, la chaleur dégagée par les bassins est récupérée pour chauffer les bâtiments. Pour plus d’exemples sur l’approvisionnement responsable, consultez cette analyse.

Privilégier l’écoconception

L’entreprise québécoise Nova propose de la vaisselle compostable et des boîtes alimentaires écoresponsables à des organisations. Une grande variété de produits est offerte dont les tasses, les bols, la coutellerie et les moules à muffins.

Source : Evoware

Des emballages et des ustensiles comestibles font également leur apparition sur le marché. Afin de pallier la pollution liée aux plastiques à usage unique, la jeune pousse indonésienne Evoware a conçu une pellicule biodégradable à base d’algues pouvant se dissoudre dans l’eau ou être consommée. Cette membrane sert à contenir les aliments tels que le café soluble ou des assaisonnements, et se décliner en différentes saveurs, couleurs, et même à l’effigie d’une marque spécifique. En Europe, l’entreprise française Koovee offre des ustensiles comestibles aromatisés aux fines herbes et à la fleur d’oranger. Une belle alternative écologique qui rehausse le goût des repas.

Encourager le partage

L’initiative montréalaise La tasse permet aux clients de payer un supplément de 5 $ aux entreprises membres pour recevoir une tasse réutilisable à l’achat d’un breuvage. Le consommateur récupère son argent lorsqu’il la rapporte. On compte aujourd’hui 400 commerces participants partout au Québec. Sous ce même concept, l’organisation québécoise Retournzy développe actuellement un système de consignes pour des contenants à emporter.

Afin de favoriser l’exploration lente d’une région, certaines entreprises proposent la location de vélos. C’est ce que permet Baiecycle et Écomobilité, situées à Baie-Saint-Paul, ainsi que Champagne et Paradis à Kamouraska.

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Source : La Vague

Réutiliser un produit en fin de vie

Disponible dans plusieurs pays, l’application Too Good To Go permet aux restaurateurs de vendre à moindre coût des paniers surprises composés des restants de la journée. En 2019, 10 millions de boîtes ont été affichées sur la plateforme mobile. Au Québec, dans Charlevoix, les propriétaires de la BioFerme les Caps créent de la choucroute à partir de feuilles de thé fermentées préalablement utilisées pour leur production de kombucha. La microbrasserie Tête d’Allumette, située à Saint-André-de-Kamouraska, donne ses résidus brassicoles aux agriculteurs de la région afin de nourrir leurs bovins.

À Amsterdam, les gestionnaires de l’hôtel QO s’efforcent de réduire l’impact environnemental du bâtiment. Lors de sa construction, près du tiers du béton provenait des débris de la démolition d’un édifice avoisinant. L’eau usée des douches et des lavabos est, quant à elle, réutilisée pour contrôler la température des chambres. À Percé, en Gaspésie, du plastique recyclé sera incorporé dans le bitume utilisé pour le pavage des routes ainsi que dans le mobilier urbain. Il s’agira de la première rue écoconsciente de la province en 2022.

Par où commencer ?

Que ce soit par la création de partenariats ou par l’implantation de nouvelles pratiques responsables, chaque gestionnaire touristique peut intégrer une ou plusieurs actions en économie circulaire dans ses activités d’entreprise. Il suffit d’y aller un geste à la fois.

  • Est-ce que les ressources employées sont locales ?
  • Est-ce que les emballages sont compostables ou réutilisables ?
  • Est-ce possible de donner une deuxième vie à mes produits ?

Et vous, quelles actions pourriez-vous réaliser ?

 

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Tourisme durable

Implanter une chaîne d’approvisionnement responsable

L’ONU a établi 17 objectifs de développement durable à réaliser d’ici 2030 pour « sauver le monde ». Ceux-ci sont interconnectés et complémentaires. L’un d’entre eux est la consommation et la production responsables. Depuis la dernière année, il a souvent été question de l’importance de réduire son empreinte environnementale et d’implanter des pratiques durables. Et si cela passait par une gestion responsable de ses opérations ? 

 

L’empreinte carbone en tourisme

Dans un rapport de l’ONU de 2019, il est mentionné que le tourisme est à l’origine de 8 % des émissions de carbone produites à l’échelle mondiale. Ce pourcentage, ainsi que ceux relatifs à la consommation d’énergie et d’eau, risquent de doubler d’ici 2050.

Comment les entreprises peuvent-elles s’y prendre afin de réduire leur impact tout en offrant un bon service à leurs clients ? La clé est d’optimiser sa chaine d’approvisionnement.

Qu’entend-on par chaine d’approvisionnement ?

Il s’agit de la chaine de valeur d’une entreprise, c’est-à-dire de tous les acteurs impliqués et de toutes les actions requises dans la livraison finale d’un produit touristique. À titre d’exemple, un voyagiste offre divers choix d’hébergements, de circuits organisés, etc. L’entreprise est garante de ces services. Subséquemment, un hôtel sera aussi responsable de la provenance de sa nourriture. Il s’agit donc de s’assurer que chaque partie prenante met en œuvre des pratiques respectueuses de l’environnement et des communautés.

Les bénéfices d’implanter une chaine d’approvisionnement responsable

Il est pertinent de comprendre les avantages à moyen et à long terme avant de se lancer. En voici quelques-uns : 

  • Réduire son empreinte carbone ;
  • Diminuer sa production de déchets ;
  • Encourager l’économie locale ;
  • Augmenter son efficacité énergétique ;
  • Amoindrir les coûts en énergie à long terme ;
  • Mieux gérer et assurer la pérennité de ses ressources naturelles.

Entre 2014 et 2019, TUI Group a observé une économie de 14 % de CO2, de 10 % d’eau douce, de 9 % d’eaux d’usées et de 16 % de déchets. Ces données ont été récoltées auprès de 234 hôtels et resorts certifiés.

 Voici d’autres exemples d’entreprises touristiques qui ont pris le taureau par les cornes.

Les matériaux de construction

Bâtir des résidences à partir des arbres se trouvant sur le terrain, pourquoi pas ! C’est ce qu’a amorçé l’entreprise Les Côteaux Missisquoi dans les Cantons-de-l’Est. Les arbres endommagés ou tombés à terre à cause du vent ont été utilisés pour la fabrication des écogîtes. Au Bali Eco Stay, sur l’île indonésienne du même nom, les habitations ont aussi été construites à l’aide des essences de bois se situant à proximité. Des artisans locaux ont mis la main à la pâte et ont sculpté divers éléments, dont les portes. Une belle façon de valoriser le patrimoine immatériel et de réduire le trajet des matériaux.

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Source : Bali Eco Stay, Fanny Beaulieu Cormier

L’alimentation

Opter pour des aliments régionaux et de saison permet de minimiser son empreinte carbone. En Slovénie, le projet Green Supply Chains prend la forme d’une plateforme offrant un lien direct entre les restaurateurs et les producteurs locaux. Sa mission est d’accroître la proportion de nourriture et de boissons locales dans les hôtels et les restaurants de Ljubljana. Plus près d’ici, au Québec, l’entreprise Arrivage utilise une plateforme basée sur le même principe. Grâce à son service de commande en ligne et de livraison, elle propose de supprimer les intermédiaires et, ainsi, de s’assurer de la traçabilité des produits.

Dans le but de limiter le plus possible le chemin parcouru par la nourriture, certains hébergements vont même jusqu’à proposer à leurs hôtes des aliments produits sur place, dans leur jardin. C’est le cas du Bali Eco Stay où, chaque jour, les employés demandent aux clients de choisir leur menu, afin de ne récolter que le nécessaire et ainsi, minimiser le gaspillage alimentaire. À San Blas, au Panama, les repas des habitations Yandup sont cuisinés selon la pêche du jour.

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Source : Yandup, Panama, Fanny Beaulieu Cormier

L’économie circulaire permet quant à elle de redonner une deuxième vie à un produit. Il s’agit d’une pratique plus fréquente dans le domaine de l’agrotourisme. Au Québec, la Microbrasserie Charlevoix utilise les pains invendus de la boulangerie À chacun son pain de Baie-Saint-Paul pour créer sa bière. Une édition spéciale a même été brassée pour Le Festif ! Cet exemple met en évidence le caractère bénéfique des partenariats locaux pour réduire le chemin parcouru des aliments.

L’accompagnement de son réseau

L’ONU recommande aux entreprises de travailler en collaboration avec leurs partenaires et fournisseurs, dans le but de rendre la chaine d’approvisionnement plus durable et responsable. De plus, l’entreprise est responsable de tous les services qu’elle offre. Un accompagnement auprès de ses partenaires permet de s’assurer de la qualité de son produit touristique. Par exemple, Travel Excellence, un tour opérateur au Costa Rica, guide ses fournisseurs sur l’implantation de bonnes pratiques.  

Pour sa part, l’agence de voyages Fair Voyage collabore avec Kilimanjaro Porters Assistance Project (KPAP) pour toutes ses expéditions sur cette montagne mythique. Cette organisation à but non lucratif a été créée en 2003 dans le but d’améliorer les conditions de travail des porteurs. Fair Voyage fait aussi exclusivement affaire avec des partenaires accrédités par GSTC, une organisation internationale de référence en matière de critères à suivre en tourisme durable. Pour les aider à l’obtenir, un accompagnement a souvent été nécessaire.

En 2017, grâce au soutien de l’entreprise TUI Group, 80 % des hôtels du groupe étaient aussi certifiés selon ces normes. Encourager l’économie locale, acheter de l’équipement électrique à faible consommation d’énergie, réduire l’emballage et consommer des produits alimentaires régionaux sont des exemples d’actions mises en œuvre dans le cadre de cette stratégie.

Au Québec, en 2018, l’entreprise Transat est devenue le premier grand voyagiste international à obtenir la certification Travelife pour toutes ses activités. Plusieurs de ses hôtels se sont vu attribuer ce label. Ce processus d’accompagnement, encore en déploiement à l’heure actuelle, a permis à plusieurs de ses hôtels d’être certifiés.

https://www.youtube.com/watch?v=1r_XRFlUvLs

Source : Youtube, Transat

À retenir

Implanter une chaine de valeur responsable fait partie intégrante d’une stratégie globale en tourisme durable. Le meilleur moyen d’y parvenir est d’établir des objectifs ambitieux bien que réalistes, et de se fixer des délais à respecter. Faire l’état des lieux sur les démarches réalisées par ses partenaires permet de mieux les accompagner afin qu’ils optimisent leurs pratiques. De plus, l’acquisition d’une certification est une option à considérer pour mettre en place un système qui facilite les opérations internes et l’accompagnement des diverses parties prenantes.

Selon l’envergure de son réseau, les étapes pour instaurer une chaine d’approvisionnement responsable peuvent s’échelonner sur une ou plusieurs années. La clé du succès est d’avancer pas à pas et d’avoir une bonne communication avec ses partenaires.

Quelles actions durables avez-vous déjà implantées ?

Quelles autres démarches pourriez-vous mettre en œuvre afin de viser une gestion responsable de vos ressources ?

 

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Tendances Tourisme durable

Les grandes observations 2020: la transition écologique

L’urgence sanitaire a fait de l’ombre aux défis à long terme comme les changements climatiques, la perte de biodiversité et la disponibilité des ressources naturelles. L’Organisation mondiale du tourisme clame toutefois haut et fort que la reprise devra se faire sous les piliers de la durabilité.

« Le tourisme peut être une force au service du bien dans notre monde, en jouant un rôle protecteur de notre planète et de sa biodiversité, et en célébrant ce qui fait de nous des êtres humains. » António Guterres, Secrétaire général de l’ONU.

Les priorités de 2021 en environnement

Des organisations internationales comme l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et les Nations Unies (ONU) ont déterminé des actions incontournables afin de nous préparer à relever les défis qui nous attendent en tant que société. En voici trois qui concernent les limites de notre planète.  

Mettre en place des plans de redressement viables à long terme 

Les investissements en infrastructures (transports, bâtiments) ainsi que le financement de projets spéciaux devraient inclure des mesures de durabilité (efficacité énergétique, utilisation rationnelle des ressources, adaptation aux changements climatiques, etc.). Par exemple, dans le cadre de son vaste programme de relance, la France accorde des fonds à l’intégration de changements disruptifs en tourisme durable, dans la restauration durable et les circuits d’approvisionnement courts.

Se tourner vers l’économie circulaire 

Selon les données existantes sur le sujet, l’économie mondiale est circulaire à seulement 8,6 %. Passer de l’économie linéaire à l’économie circulaire pourrait prendre de 15 à 20 ans, selon la Fondation Ellen MacArthur, qui se consacre à l’accélération de cette transition. Production, consommation, réutilisation, valorisation : un bien ou un service se déplace en boucle dans un système qui optimise l’utilisation des ressources à chaque étape de son cycle de vie. Le zéro déchet, l’autopartage et l’utilisation de matériaux de construction recyclés sont des exemples d’initiatives.

Un rapport illustrant la situation au Québec devrait être publié en 2021 par Circular Economy ; il devrait inclure les interventions prioritaires pour assurer la transition vers la circularité. Dans cette économie, les entreprises touristiques ont tout intérêt à réfléchir aux usages multiples de leur service afin d’en maximiser leur valeur.

Mesurer et réduire les émissions de gaz à effet de serre 

Les outils de mesure deviennent nécessaires afin de connaître l’empreinte carbone de son secteur d’activité et d’engager l’industrie dans des cibles de réduction. Faciliter la planification de voyages écoresponsables par une communication claire de l’offre proposée, suggérer des itinéraires pour voitures électriques, intégrer un programme de certification reconnu par le Conseil mondial du tourisme durable, promouvoir des plateformes d’autopartage et proposer aux voyageurs de compenser leurs émissions constituent toutes des actions qui profitent au positionnement d’une destination durable.

Des signes encourageants de la part des voyageurs québécois

Selon un sondage mené par la Chaire de tourisme Transat à l’automne 2020, la moitié des voyageurs québécois portent beaucoup d’attention à l’information concernant la protection de l’environnement et l’émission de carbone. Une proportion similaire se dit même prête à modifier ses habitudes de voyage si cela aide à réduire son empreinte.

Interrogés sur leur propension à compenser financièrement les émissions liées à leurs déplacements touristiques, 46 % des voyageurs se disent prêts à annuler l’impact d’un trajet aller-retour Québec-Montréal (moins de 5 $). Près d’un quart des répondants (22 %) jugent probable de doubler leur compensation dans un scénario de vol aller-retour Montréal-Paris (estimée à 111 $ ou 167 $) afin de neutraliser les effets négatifs et qui plus est de générer un impact positif sur l’environnement.

Les répondants les plus investis en tourisme durable sont de tous âges, mais sont sous-représentés chez les 35 à 54 ans. Les plus investis se distinguent des autres par leur intérêt prononcé pour la nature (voir infographie).

Une industrie conscientisée, une voie à définir

L’industrie touristique québécoise agit déjà sur plusieurs plans au chapitre environnemental : protection de la biodiversité par les aires protégées, écotourisme, économie collaborative, adhésion à des certifications, compensation de carbone, etc. Les actions requises pour se tourner vers une économie verte sont multiples.

La poursuite de cette transition reposera sur la connaissance, la créativité, les partenariats, des investissements conséquents et surtout, une démarche collective et concertée, afin de maximiser le potentiel et les bénéfices pour les voyageurs, les entreprises touristiques et les collectivités. 

Cet article provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

 

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Tourisme durable Transport

Le virage durable des aéroports

Un virage nécessaire vers la durabilité

Depuis 1970, le nombre de vols augmente exponentiellement dans l’espace aérien international. Selon la Banque mondiale, la totalité des voyageurs transportés par voie aérienne chaque année est passée d’environ 300 millions à près de 4 milliards en 2017. Une croissance qui représente environ 1 230 % en moins de cinquante ans.

D’après Milan Janic, auteur du livre Greening Airports : advanced technology and Operations, les aéroports n’ont d’autres choix que d’améliorer leur capacité d’accueil, notamment par des projets d’agrandissement. Le développement durable devient ainsi un enjeu important pour ces entreprises dont les impacts sociaux et environnementaux passent difficilement inaperçus.

Cinq dimensions

Dans l’article Benchmarking airports based on a sustainability ranking index, les auteurs ont déterminé cinq domaines en matière de développement durable sur lesquels les gestionnaires d’aéroports peuvent exercer une influence. Il s’agit :

  • des activités d’exploitation ;
  • de l’utilisation de l’énergie,
  • des émissions de CO2 ;
  • de la gestion de l’eau et des déchets ;
  • de la qualité de l’air de du bruit.

Selon cet outil de mesure, les aéroports les plus performants au monde en 2016 étaient ceux d’Amsterdam (Schiphol), de Francfort (Francfort-sur-le-Main) et de Munich (Franz-Josef-Strauss), en Allemagne. Ces lieux ont entre autres atteint la carboneutralité, c’est-à-dire qu’ils compensent suffisamment leurs émissions pour neutraliser le CO2 émis. Ils créent également des impacts positifs sur leurs parties prenantes, grâce à des programmes pour la qualité de vie des communautés et des employés.

Outre ces aéroports exemplaires, que font les autres géants de l’industrie aérienne pour composer avec ce double défi : s’adapter à une croissance rapide tout en adoptant des pratiques responsables ?

Suivant les cinq dimensions citées précédemment, voici quelques initiatives récentes à travers le monde.

Activités d’exploitation

Singapour se démarque par son investissement dans la communauté. En 2014, l’aéroport international a fondé un programme philanthropique d’éducation pour les jeunes locaux. Il offre également des occasions de bénévolats aux employés afin de participer à des projets de charité dans les villes avoisinantes.

Utilisation de l’énergie

L’aéroport de Dubaï a annoncé au printemps 2018 un investissement dans une technologie d’analyse de données et d’infrastructure intelligente. Les gestionnaires visent une réduction de la consommation d’énergie de 20 %. Plus précisément, elle épargnera près de 25 000 tonnes d’émission de CO2, 21 millions de gallons d’eau et 50 GWh en électricité au bout de sept ans.

Plus près de la réalité québécoise, l’aéroport d’Oslo stocke la neige l’hiver afin de climatiser ses établissements l’été. Cette initiative lui a valu une mention excellence pour l’économie d’énergie.

Émissions de CO2

En Finlande, l’aéroport d’Helsinki arrive au premier rang en matière de gestion des atterrissages. Selon une étude, le temps d’attente moyen pour poser les roues sur la plupart des pistes du continent tourne autour de neuf minutes, alors qu’Helsinki, grâce à une méthode « d’atterrissage continu », accueille tous les avions pas plus d’une minute après leur entrée dans la zone. Cette efficience a permis de réduire les émissions de CO2 de 10 à 30 % au cours des dix dernières années.

Gestion de l’eau et des déchets

Encore une fois, l’aéroport d’Helsinki se démarque par ses infrastructures vertes. Ses sous-sols seront désormais occupés par un système de traitement des eaux usées. Ce réseau déversera un flot propre dans les ruisseaux et les rivières environnants. Il s’agit de la seule installation de la sorte dans tout le pays.

L’aéroport de Changi, à Singapour, réutilise l’eau condensée à travers ses opérations (ex : arrosage des plantes) et liquéfie les déchets alimentaires pour éviter l’incinération. L’entreprise est inspirante pour sa vision systémique, centrée sur le voyageur, dans la gestion durable de ses établissements. Elle repense l’ensemble du trajet du client, du design d’équipements qui capturent le carbone dans les aires d’attente jusqu’à l’installation d’affiches sensibilisatrices et de bacs de gestion des déchets dans les restaurants et les magasins.

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Source : Changi Airport Singapour

Sans oublier l’aéroport des îles Galapagos, qui a reçu du US Green Building Council, la plus haute certification écologique Ses installations incluent une usine de désalinisation ainsi qu’un centre de traitement des eaux usées.

Qualité de l’air et gestion du bruit

La plupart des aéroports se préoccupent de la gestion sonore, un facteur important pour leur acceptabilité sociale. Vancouver (YVR) rayonne toutefois pour son plan stratégique, qui comprend l’installation d’un capteur en temps réel.

L’aéroport de Zurich impose de son côté une taxe de bruit et un programme de compensation des coûts reliés à la baisse du niveau sonore auprès des lignes aériennes.

Schipol, a usé de dame nature pour diminuer ses décibels. Un immense terrain vert de plus de 80 acres permet de réduire le volume des 1 600 avions journaliers grâce à des pyramides qui piègent les longueurs d’onde.

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Source : Smithsonian

Et au Québec ?

L’aéroport de Montréal connaît également une forte croissance. Il a reçu en 2018 près de 19,5 millions de passagers, soit environ 25 % de plus qu’en 2015.

En ce qui concerne ses pratiques durables, il est accrédité au niveau 3 Optimisation, par Airports Carbon Accreditation. L’étape d’Optimisation signifie que l’aéroport concerné calcule ses émissions de gaz à effet de serre (GES), vise sérieusement à les réduire, et en plus, engage ses parties prenantes à en faire de même (principalement les compagnies aériennes partenaires). Charles de Gaulle, à Paris, est également à cet échelon. Il est possible d’atteindre le niveau 5 une fois la carboneutralité réussie.

Bien qu’il soit de taille moyenne seulement, l’aéroport de Montréal s’est doté d’une plateforme spécialement dédiée à ses actions en développement durable. Le site Web présente les projets et les réalisations en ce qui concerne les trois piliers (économie, social, et environnement). Il adopte des pratiques plus modestes que les exemples cités précédemment, mais qui demeurent préalables à des tours de force de plus grande envergure. Il utilise entre autres des capteurs sonores en temps réel, réduit chaque année ses émissions de GES, installe des compteurs d’eau potable, et fait preuve d’engagement social avec les employés auprès de huit causes sociales et environnementales.

L’aéroport de Montréal semble en marche pour rejoindre les grands joueurs mondiaux en développement durable. À première vue, la plateforme à elle seule paraît exemplaire en matière de vulgarisation de données extra financières, démontrant un système de surveillance à point ainsi qu’un souci de transparence et de sensibilisation.

Une transition durable dans un contexte de croissance touristique est un défi qui touche l’ensemble de l’industrie. Ces exemples vous donnent-ils un souffle d’inspiration ?

Commentaires de Martin Massé

Vice-président, Affaires publiques

En tant que gestionnaire aéroportuaire, ADM fait face à de nombreux défis et est engagée à les relever dans le respect des principes du développement durable. Dans les dernières années, plusieurs actions visant la protection de l’environnement ont été implantées à YUL, premier aéroport canadien certifié Airport Carbon Accréditation pour ses efforts dans la maîtrise et la réduction des émissions de carbone. Notamment, ADM offre à sa clientèle un service de recharge des véhicules électriques dans ses stationnements. En 2019, des bornes de recharges additionnelles ont été installées pour véhicules électriques dans les stationnements publics et les stationnements des employés, pour un total de 56 bornes offertes. YUL possède également 6 véhicules légers électriques, un camion F150 converti à l’électricité, un autobus e.Cobus pour le transport des passagers, 4 véhicules hybrides rechargeables et s’est engagée à faire passer à 100 % la proportion de ses véhicules légers électriques d’ici 2030 en joignant l’initiative d’envergure internationale EV100.

 

 

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Tendances Tourisme durable

Le tourisme durable… enfin?

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les sept tendances qui continueront de rythmer l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.

Une demande en hausse

La demande pour des destinations et des pratiques durables est en hausse constante. Selon un sondage de la plateforme de réservation en ligne Booking.com, cette tendance s’observe chez les voyageurs (87 %), qui expriment leur désir de voyager de façon durable et qui mentionnent (72 %) qu’il faut agir maintenant, ce qui est particulièrement vrai pour ceux âgés de 46 à 55 ans et pour les millénariaux. Toujours selon cette étude, ceux qui s’engagent à voyager de façon durable le font non seulement par principe, mais aussi pour ajouter une expérience positive à leurs vacances. Parmi les activités privilégiées, on trouve :

  • Acheter des produits locaux (53 %);
  • Utiliser un transport collectif plutôt qu’un taxi (52 %);
  • Dénicher un restaurant qui n’utilise que des produits locaux (41 %);
  • Sortir des sentiers trop touristiques (40 %);
  • Choisir un hébergement unique et certifié écoresponsable (30 %).

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Source : Clouzote

Selon un sondage de la Chaire de tourisme Transat, 70 % des voyageurs québécois disent adopter des pratiques responsables durant leur voyage (recyclage, compostage, encouragement de l’économie locale), alors que trois voyageurs sur cinq considèrent qu’il est très important de compenser les émissions de dioxyde de carbone de leur voyage.

Le rôle des destinations touristiques

À ce jour, les plans d’action des organisations régionales et gouvernementales responsables du secteur touristique sont encore loin de jouer un rôle de leadership en développement durable auprès des intervenants touristiques. Souvent, leurs plans stratégiques en font à peine mention.

Pourtant, l’une des responsabilités des destinations touristiques est et sera de sensibiliser leur écosystème touristique à la question et de lui proposer des solutions durables pratico-pratiques. L’OGD devra, par le fait même, se montrer exemplaire en cette matière et proposer des circuits écoresponsables ou des choix verts.

Une autre responsabilité des destinations touristiques est d’informer le touriste et de lui proposer des prestations durables. Certaines destinations comme l’Islande, la Finlande et Palaos ont choisi d’inviter les voyageurs à signer un « serment écologique ». Celui de l’Islande se décline en huit principes essentiels, composés sur un ton humoristique.

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Source : Inspired by Iceland

Le rôle des entreprises touristiques

Outre la responsabilité environnementale qui prend de plus en plus d’importance, la responsabilité sociale et la solidarité économique sont aussi des champs d’intervention des organisations touristiques.

Il y a deux ans, Airbnb a lancé le Community Tourism Programme. Offert en Europe en partenariat avec des organismes locaux, ce programme appuie des projets innovants qui renforcent le développement de destinations peu connues, qui profitent à l’économie locale et qui animent des communautés (festivals et événements). L’appui offert à la localité de Matera, en Italie, pour la mise en place d’une série d’événements et d’activités culturels, dans le contexte de sa nomination à titre de capitale culturelle européenne pour 2019, en constitue un bon exemple.

Au Canada, G Adventures a développé, conjointement avec Planeterra Foundation, un indice d’impact économique (Ripple Score) qui mesure le pourcentage des dépenses réalisées localement et qui restent dans le milieu visité. Par exemple, un indice de 87 signifie que 87 % de l’argent dépensé (hébergements, transports, restaurants, guides, activités, etc.) demeure dans la communauté, puisque les fournisseurs choisis sont locaux. Plus de 640 des 800 circuits offerts par G Adventures affichent cet indice d’impact dans leur description.

On peut également croire que d’ici peu, une offre certifiée durable pourra devenir un critère de sélection plus largement utilisé par les voyageurs. Encore faudrait-il une certaine uniformité dans la façon d’agréer les destinations ou de certifier les entreprises qui se proclament durables. Actuellement, le Global Sustainable Tourism Council (GSTC) est responsable d’établir les critères de base permettant d’évaluer le caractère durable d’une organisation ou d’une destination touristique, mais la certification relève de plusieurs organismes différents.

De l’exception à la règle?

L’année 2020 pourrait bien marquer une transition phare vers un tourisme durable, transition exacerbée par une conscientisation à l’impact de l’empreinte carbone alors que l’écoanxiété, surtout chez les jeunes générations, s’exprimera par l’exigence de pratiques durables. Plus qu’une façon de se distinguer, celles-ci pourraient devenir une norme, un acquis pour les voyageurs.

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Source : Pexels

L’utilisation systématique, par une entreprise, de plastique à usage unique sera plus que jamais perçue comme la preuve d’un manque flagrant d’intérêt envers l’environnement et l’avenir de la planète. Des organismes comme Travel Without Plastic offrent depuis peu des conseils et des outils au secteur hôtelier pour éliminer ce fléau.

Alors que la demande sera de plus en plus forte pour que l’industrie touristique implante des pratiques durables en priorisant les mesures qui réduisent l’empreinte environnementale, le tourisme durable sera-t-il enfin une réalité en 2020? Peut-être pas, mais un mouvement, une accélération de la demande se font bel et bien sentir. Comment motiver les parties prenantes à saisir cette opportunité? Voici notre défi collectif.

Pour connaître l’ensemble des tendances et trouver du contenu supplémentaire, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations.

 

Source image à la une : Alena Koval, Pexels

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Tourisme durable

Volontourisme : un emballement pour les déchets

Le mot volontourisme est formée de la contraction de « volontariat » et de « tourisme », et fait référence au jumelage de quelques heures de bénévolats aux vacances. Les activités bénévoles visent des retombées sociales ou environnementales positives sur la communauté locale de la destination. Parmi les activités connues se trouvent la préparation de repas dans les écoles et les orphelinats, l’agriculture, ou encore l’enseignement d’une langue.

Cette pratique de voyage, bien qu’elle soit louable, n’est pas épargnée par les critiques. Durant la dernière décennie, plusieurs études ont démontré les effets « stigmatisants » de l’image de la pauvreté via par exemple les égoportraits de touristes auprès d’enfants de pays en développement. Le manque de compétences des volontaires paraît aussi en tête de liste. Ces reproches se fondent sur le caractère superficiel des projets et sur la mauvaise gestion de leurs réels impacts sur les communautés locales.

Néanmoins, cette industrie aujourd’hui multimilliardaire n’est pas près de s’éteindre. Selon une étude de Marriott Rewards Credit Card, en 2015, 84 % des millénariaux ont déclaré vouloir participer à des activités bénévoles durant leur voyage. Ceux-ci aiment davantage le volontourisme que leurs prédécesseurs, et cette tendance devrait s’amplifier dans l’avenir.

Une nouvelle tendance

Faisant face à plusieurs critiques et à une demande croissante, le volontourisme évolue. Une nouvelle tendance émerge : la collecte de déchets. Cette pratique, dont l’objectif est de retirer les rebuts nuisibles à l’environnement, s’étend au-delà des frontières des pays du sud, jusqu’aux villes industrialisées. Les grands nettoyages gagnent en popularité partout sur le globe.

Le 23 février 2017, les Nations unies « déclarent la guerre » au plastique dans les océans et visent l’élimination du microplastique et du plastique à usage unique d’ici 2022. Le 15 septembre 2018, le World Cleanup Day, la première journée mondiale de collecte de déchets, rassemble plus de 18 millions de personnes dans 157 pays. Ces initiatives semblent donner quelques idées originales à des entreprises touristiques de tous les horizons.

En mer

À la suite du tollé médiatique suscité par la multitude de débris en mer, plusieurs s’immiscent dans la problématique. Avec Project Aware, les plongeurs de partout sur la planète peuvent admirer la beauté des fonds marins tout en collectant les déchets trouvés. Une des initiatives de l’organisation, Dive Against Debris, invite les amateurs à se procurer un sac en filet et des gants arborant son logo pour nettoyer leur environnement. À ce jour, plus de 50 000 plongeurs de 114 pays y ont participé.

À Amsterdam, la compagnie Plastic Whale transforme des excursions nautiques en activité de pêche. À bord d’un bateau, une dizaine de touristes munis de filets et de cannes à pêche espèrent prendre à leur hameçon le plus de déchets possible. Plastic Whale fabrique ses embarcations à partir des prises annuelles et fait construire des meubles avec les matières restantes. Cette activité contribue à l’acceptabilité sociale du tourisme dans la ville et génère des retombées environnementales positives pour la communauté locale.

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Source : Plastic Whale

D’autres organisations conduisent leurs bateaux jusqu’à des berges plus lointaines, ensevelies d’objets abandonnés. C’est une promesse d’aventure qu’offre la fondation canadienne Ocean Legacy avec ses populaires Cleanup Expeditions, partout sur le globe. L’accès privilégié à de magnifiques endroits reculés est attrayant pour les clients. L’organisme a déjà amassé plus de 68 000 kg de déchets.

L’initiative 4Ocean, fondée par deux Californiens, organise des collectes massives en bordure des plages. Les fondateurs rassemblent la communauté de surfeurs et fabriquent des produits promotionnels à partir du plastique trouvé sur les berges. La vente de bracelets et de bouteilles représentant des espèces menacées leur fournit une autre source de financement.

Sur terre

L’organisme GoEco élève le niveau de l’offre avec de longs séjours (de 1 à 12 semaines) axés sur l’entretien des milieux protégés. GoEco a reçu une mention honorable pour une activité aux îles Galapagos, où chaque jour, les participants expérimentent un avant-midi de nettoyage et un après-midi d’activités. Avec des partenaires locaux, My Green Trip propose des expériences similaires, qui mêlent plaisir et corvées.

En montagne, l’organisme High Altitude Mountain Cleaners, fondé par un alpiniste québécois, invite les randonneurs à collecter les déchets durant leur ascension. Même si les pratiquants de plein air portent attention à la protection de la nature, nombreux sont les bombonnes de propane vides ou les emballages de barres énergétiques trouvés par les excursionnistes aux abords des sentiers. Avec le mot-clic #ClimbItButCleanIt, l’objectif n’est plus de laisser sa trace au sommet, mais de nettoyer celles des autres.

En ville

Le plogging, qui vient du mot suédois plocka upp (qui signifie ramasser) et du mot jogging, consiste à mettre dans un sac des débris trouvés durant une course à pied. Des organismes comme GoPlogging invitent les coureurs à se regrouper pour nettoyer des quartiers londoniens. Ces initiatives gagnent en popularité en milieux urbains. En 2019, Marseille accueillera la première compétition de ramassage de déchets en Europe. 

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Source : Pexels, Daria Shevtsova

Au Québec

Bien que l’offre de grands nettoyages ne soit pas encore développée au Québec, quelques initiatives témoignent d’un bourgeonnement récent. Le programme « Ma propre plage » de Stratégies Saint-Laurent invite les membres de la communauté à entretenir les plages près de chez eux. L’organisme Ciel et Terre propose également des collectes annuelles en bordure du Saint-Laurent. Des partenariats avec de tels organismes pourraient bénéficier à l’industrie touristique québécoise. Selon le dernier rapport statistique du ministère du Tourisme, le Québec recevait en 2016 autour de 1,2 million de millénariaux.

Toutes formules confondues, ces initiatives promettent une expérience à l’image des tendances actuelles : se rapprocher des locaux, créer un impact environnemental positif ou encore rencontrer d’autres voyageurs.

Et vous, organisez-vous des collectes de déchets dans votre région?

 

Source image à la une : Unsplash

 

 

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Tourisme durable

Plastique jetable : l’industrie touristique prend des mesures

Des chercheurs sonnent l’alarme et les médias sociaux transmettent le message : on ne peut plus ignorer l’amas de déchets de plus d’un million de km2 qui flotte sur l’océan Pacifique, pour ne nommer que celui-là. L’heure est à l’action. Il faut revoir notre façon de consommer et agir rapidement pour limiter les dégâts. L’industrie touristique a sa part de responsabilité à cet égard. Mais elle peut aussi prendre les mesures pour favoriser les changements qui s’imposent et réduire dès maintenant la production à outrance de déchets.

Un océan de plastique

Une étude publiée en mars dernier dans le Scientific Reports confirme la progression rapide d’une masse flottante de quelque 80 000 tonnes de matières plastiques au large des côtes de la Californie et d’Hawaï. La taille de cette mer de plastique a même été revue à la hausse : elle couvre une surface de 1,6 million de km2, soit 4 à 16 fois plus que ce qui avait été véhiculé auparavant.

Cette mer de déchets serait composée à 99,9 % de matière plastique, de microparticules (de taille inférieure à 5 mm) à des morceaux mesurant jusqu’à 50 cm de long. On y trouve principalement des bouteilles d’eau et de boissons, des emballages de nourriture, des sacs, des pailles, des jeux de plage, des déchets provenant des eaux usées ou encore des débris de filets et de cordages pour la pêche.

Des victimes

Les animaux sont les premiers touchés par cette pollution. Des tortues marines s’étouffent avec les sacs. Les matières plastiques ne se désintègrent pas complètement ; elles se décomposent en fines particules qui se confondent avec le plancton et sont ingérées par les poissons et autres animaux marins. L’humain se nourrissant des produits de la mer consomme ainsi ces microparticules de plastique pollué. Cliquez sur l’infographie de ReuseThisBag.com ci-dessous pour la visualiser dans son intégralité et pour mesurer l’ampleur du phénomène.

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Source : ReuseThisBag.com

La guerre au plastique jetable…

Pour remédier à cette propagation, mais aussi pour réduire la quantité de déchets produits au quotidien, de plus en plus de villes votent pour éliminer la distribution de sacs en plastique dans les commerces. Des établissements bannissent la vente de bouteilles d’eau à usage unique. La guerre aux pailles est aussi déclarée. Ces petits objets de plastique d’une utilité de quelques minutes nécessitent des centaines d’années à se désintégrer en… microparticules. Plusieurs campagnes sur les médias sociaux visent à mettre un terme à cette façon de consommer le plastique impunément.

… dans les hôtels

Des entreprises touristiques ont pris la balle au bond et s’engagent à réduire leur consommation de plastique. De grands groupes choisissent de modifier leurs pratiques et bannissent le recours aux pailles ou, dans certains cas, aux plastiques à usage unique. Marriott et AccorHotels proscrivent désormais l’utilisation de pailles dans leurs établissements de la Grande-Bretagne. Certains hôtels privilégient des options de bambou ou même de papier, comme c’est le cas au Sheraton de Maui, à Hawaï.

 

Le groupe EDITION Hotels compte éliminer le recours aux objets de plastique à usage unique d’ici 2019. Ce virage s’inscrit dans la campagne Stay Plastic Free qui comporte également un volet de transmission des bonnes pratiques aux autres hôteliers pour une adhésion de masse à des opérations plus durables.

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Source : Stay Plastic Free

Pour inciter les hôtels à réduire l’utilisation du plastique et les outiller, Travel Without Plastic publie un guide pouvant être téléchargé gratuitement. On y découvre notamment la quantité de plastique jetable utilisé par département et des options écoresponsables à envisager.

… sur les bateaux de croisière

Les compagnies Cunard et Royal Caribbean instaurent désormais des limites sur les quantités de pailles, de bouteilles et d’emballages de plastique sur leurs navires. Carnival ne servira plus de pailles automatiquement dans les boissons. Le croisiériste d’expédition Hurtigruten va beaucoup plus loin et s’engage à ne plus utiliser les articles de plastique suivants à bord de ses embarcations :

  • Pailles
  • Verres
  • Couvercles de verres à café
  • Sacs
  • Cure-dents
  • Ustensiles
  • Contenants individuels de beurre

Selon les dirigeants de Hurtigruten, en bannissant ces produits, l’entreprise évitera de mettre aux déchets annuellement :

  • 960 000 pailles ;
  • 390 000 verres ;
  • et 826 000 contenants de beurre.

Voici la vidéo illustrant la campagne War on plastic de Hurtigruten :

Source : YouTube

… par les entreprises en tourisme d’aventure

Grâce à un partenariat avec le fabriquant GRAYL, Midnight Son Tours en Alaska fournit à chaque client un filtre purificateur d’eau. Celui-ci est intégré à la bouteille et permet à l’utilisateur d’obtenir, à partir de n’importe quelle source, une eau propre, dépourvue de bactéries, de virus, de sédiments et de tout produit chimique. Cela contribue à réduire la consommation de bouteilles d’eau à usage unique tout en accompagnant le voyageur vers une plus grande autonomie.

… dans les stations de ski

Au Nouveau-Mexique, le centre de ski Taos a mis fin en 2016 à la vente de bouteilles en plastique à usage unique. Les clients peuvent se procurer un contenant réutilisable à l’effigie de la station pour le même prix et s’approvisionner dans les fontaines installées à travers le site. L’initiative Hydrate Locally Help Globally a contribué à retirer du marché quelque 10 000 bouteilles jetables annuellement.

… par les touristes

L’entreprise Plastic Whale d’Amsterdam propose de découvrir la ville tout en nettoyant les canaux. La croisière antiplastique offre ainsi aux visiteurs de faire leur part pour l’environnement. Plus le plastique amassé est abondant, plus le tarif de l’excursion décroît. Les matières récupérées ont permis de construire d’autres embarcations. Aujourd’hui, Plastic Whale valorise les déchets repêchés par la production de meubles dessinés et fabriqués en Hollande. Il s’agit là d’un bel exemple d’économie circulaire à laquelle le voyageur participe.

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Source : Plastic Whale

Des initiatives pour réduire la consommation de matières plastiques devraient continuer de poindre au cours des prochaines années, du moins, souhaitons-le. De quelle façon votre entreprise s’y prend-elle pour contribuer à ce mouvement ?

 

Image à la une : Pexels