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Tendances Tourisme durable

Le tourisme durable… enfin?

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les sept tendances qui continueront de rythmer l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.

Une demande en hausse

La demande pour des destinations et des pratiques durables est en hausse constante. Selon un sondage de la plateforme de réservation en ligne Booking.com, cette tendance s’observe chez les voyageurs (87 %), qui expriment leur désir de voyager de façon durable et qui mentionnent (72 %) qu’il faut agir maintenant, ce qui est particulièrement vrai pour ceux âgés de 46 à 55 ans et pour les millénariaux. Toujours selon cette étude, ceux qui s’engagent à voyager de façon durable le font non seulement par principe, mais aussi pour ajouter une expérience positive à leurs vacances. Parmi les activités privilégiées, on trouve :

  • Acheter des produits locaux (53 %);
  • Utiliser un transport collectif plutôt qu’un taxi (52 %);
  • Dénicher un restaurant qui n’utilise que des produits locaux (41 %);
  • Sortir des sentiers trop touristiques (40 %);
  • Choisir un hébergement unique et certifié écoresponsable (30 %).

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Source : Clouzote

Selon un sondage de la Chaire de tourisme Transat, 70 % des voyageurs québécois disent adopter des pratiques responsables durant leur voyage (recyclage, compostage, encouragement de l’économie locale), alors que trois voyageurs sur cinq considèrent qu’il est très important de compenser les émissions de dioxyde de carbone de leur voyage.

Le rôle des destinations touristiques

À ce jour, les plans d’action des organisations régionales et gouvernementales responsables du secteur touristique sont encore loin de jouer un rôle de leadership en développement durable auprès des intervenants touristiques. Souvent, leurs plans stratégiques en font à peine mention.

Pourtant, l’une des responsabilités des destinations touristiques est et sera de sensibiliser leur écosystème touristique à la question et de lui proposer des solutions durables pratico-pratiques. L’OGD devra, par le fait même, se montrer exemplaire en cette matière et proposer des circuits écoresponsables ou des choix verts.

Une autre responsabilité des destinations touristiques est d’informer le touriste et de lui proposer des prestations durables. Certaines destinations comme l’Islande, la Finlande et Palaos ont choisi d’inviter les voyageurs à signer un « serment écologique ». Celui de l’Islande se décline en huit principes essentiels, composés sur un ton humoristique.

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Source : Inspired by Iceland

Le rôle des entreprises touristiques

Outre la responsabilité environnementale qui prend de plus en plus d’importance, la responsabilité sociale et la solidarité économique sont aussi des champs d’intervention des organisations touristiques.

Il y a deux ans, Airbnb a lancé le Community Tourism Programme. Offert en Europe en partenariat avec des organismes locaux, ce programme appuie des projets innovants qui renforcent le développement de destinations peu connues, qui profitent à l’économie locale et qui animent des communautés (festivals et événements). L’appui offert à la localité de Matera, en Italie, pour la mise en place d’une série d’événements et d’activités culturels, dans le contexte de sa nomination à titre de capitale culturelle européenne pour 2019, en constitue un bon exemple.

Au Canada, G Adventures a développé, conjointement avec Planeterra Foundation, un indice d’impact économique (Ripple Score) qui mesure le pourcentage des dépenses réalisées localement et qui restent dans le milieu visité. Par exemple, un indice de 87 signifie que 87 % de l’argent dépensé (hébergements, transports, restaurants, guides, activités, etc.) demeure dans la communauté, puisque les fournisseurs choisis sont locaux. Plus de 640 des 800 circuits offerts par G Adventures affichent cet indice d’impact dans leur description.

On peut également croire que d’ici peu, une offre certifiée durable pourra devenir un critère de sélection plus largement utilisé par les voyageurs. Encore faudrait-il une certaine uniformité dans la façon d’agréer les destinations ou de certifier les entreprises qui se proclament durables. Actuellement, le Global Sustainable Tourism Council (GSTC) est responsable d’établir les critères de base permettant d’évaluer le caractère durable d’une organisation ou d’une destination touristique, mais la certification relève de plusieurs organismes différents.

De l’exception à la règle?

L’année 2020 pourrait bien marquer une transition phare vers un tourisme durable, transition exacerbée par une conscientisation à l’impact de l’empreinte carbone alors que l’écoanxiété, surtout chez les jeunes générations, s’exprimera par l’exigence de pratiques durables. Plus qu’une façon de se distinguer, celles-ci pourraient devenir une norme, un acquis pour les voyageurs.

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Source : Pexels

L’utilisation systématique, par une entreprise, de plastique à usage unique sera plus que jamais perçue comme la preuve d’un manque flagrant d’intérêt envers l’environnement et l’avenir de la planète. Des organismes comme Travel Without Plastic offrent depuis peu des conseils et des outils au secteur hôtelier pour éliminer ce fléau.

Alors que la demande sera de plus en plus forte pour que l’industrie touristique implante des pratiques durables en priorisant les mesures qui réduisent l’empreinte environnementale, le tourisme durable sera-t-il enfin une réalité en 2020? Peut-être pas, mais un mouvement, une accélération de la demande se font bel et bien sentir. Comment motiver les parties prenantes à saisir cette opportunité? Voici notre défi collectif.

Pour connaître l’ensemble des tendances et trouver du contenu supplémentaire, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations.

 

Source image à la une : Alena Koval, Pexels

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Tendances

La quête de sens

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les sept tendances qui continueront de rythmer l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.

Vers la quête de sens

Les sensations sont uniques et propres à chacun. La singularité de nos réactions aux stimuli a démontré l’intérêt de personnaliser toujours plus les produits et les services qu’on nous destine, de même que la façon de nous les présenter. Dans le domaine du voyage, cette volonté de combler à tout prix les besoins sensoriels des visiteurs par la multiplication d’expériences et d’activités, réelles et virtuelles, en est arrivée à créer une certaine surenchère.

Est-ce le caractère éphémère du plaisir et du voyage ou bien l’anxiété ambiante qui fait en sorte que l’on cherche à donner plus de sens au périple?

Est-ce le caractère éphémère du plaisir et du voyage ou bien l’anxiété ambiante qui fait en sorte que l’on cherche à donner plus de sens au périple? Notre époque incite bon nombre de visiteurs à se tourner vers des voyages qui privilégient la qualité plutôt que la quantité, l’introspection préférablement à l’excitation.

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Source : Cedric Lim, pexels.com

Ralentir pour mieux ressentir

La notion de tourisme lent (slow tourism), apparue au début des années 2000, évolue vers la quête d’une certaine paix intérieure. Des destinations comme Bali ont ainsi été touchées par la vague « Mange, prie, aime » et ont vu se multiplier le nombre de touristes venus y chercher un sens à leur vie. Cette quête d’un voyage qui nous transforme et nous guide vers des changements durables à apporter dans notre vie peut prendre diverses formes. 

Certains désirent avant tout ralentir pour justement prendre le temps de s’imprégner de la destination. L’expérience des bains de forêt (Shinrin-Yoku) applique l’idée de s’immerger dans la nature, d’écouter le son du vent dans les feuilles, de toucher l’écorce des arbres, de humer l’odeur ambiante, d’observer la flore environnante. Le sens que l’on donne à une simple promenade en forêt devient plus profond et sert cette recherche d’apaisement et de spiritualité.

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Source : Anthony, pexels.com

Pour d’autres, cette quête de sens s’exprime par le dépassement de soi, le désir de se transformer, de connaître ses limites physiques et mentales. Parcourir le chemin de Compostelle, traverser les Appalaches, faire le marathon de Jérusalem sont des exemples d’expériences recherchées.

De la surstimulation à la légitimation de ne rien faire

Le touriste de demain voudra peut-être se retirer et éviter d’être confronté à trop de stimulations externes, vivre une certaine forme de non-voyage ou de retraite d’une vie trop intense.

Plusieurs concepts d’art de vivre font la promotion de la modération, du lâcher-prise, de la simplicité comme le hygge danois, le lagom suédois ou le niksen néerlandais. Des destinations peu connues, telles que Padasjoki en Finlande, utilisent déjà cet isolement relatif comme argument de vente et orientent leur marketing vers une offre simple.

Source : Youtube, Experience Nothing

Gérer les sens et stimuler les sensations

Les nouvelles connaissances issues des neurosciences s’appliquent au domaine du tourisme. Stimuler les sens peut procurer du plaisir et permet d’offrir une expérience plus agréable. 

L’offre touristique s’organise donc pour approfondir la quête des sens des visiteurs en créant des produits qui s’adressent :

  • Au goût : routes gourmandes, microrestauration locale (Time Out Market), produits frais « de la ferme à la table », festivals culinaires;
  • À la vue : panoramas inoubliables, design en hôtellerie, illuminations et arts immersifs;
  • À l’odorat : création d’ambiances et expositions olfactives;
  • À l’ouïe : festival de musique, création d’ambiances sonores ou musicales au musée, au restaurant ou à l’hôtel;
  • Au toucher : bassin de contact à l’aquarium, toucher d’objets texturés comme diverses fourrures d’animaux dans un centre d’interprétation.

Source : Youtube, Forest Luming

De quelle façon les offices de tourisme participeront-ils à l’accompagnement des visiteurs dans leur quête de sens, en 2020?

Pour connaître l’ensemble des tendances et trouver du contenu supplémentaire, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations.

Source de l’image à la une : Pixabay

 

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Voir grand pour le « micro »

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les sept tendances qui continueront de rythmer l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.

 

 

Quand les grands commencent à s’essouffler

Ces dernières années ont vu la montée en force d’entreprises gigantesques, nées du développement de l’internet et des communications mobiles. Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) de ce monde ne sont pas les seules entreprises à avoir pris de l’ampleur; pensons au nombre incroyable de fusions et d’acquisitions de plusieurs milliards de dollars ayant créé des empires dans pratiquement tous les secteurs de l’économie. Ces géants semblent toutefois de plus en plus contestés, puisqu’ils sont souvent perçus comme de mauvaises entreprises citoyennes.

L’industrie touristique n’est pas épargnée par ce phénomène. Plusieurs grands joueurs sont touchés. Certains mégafestivals connaissent des déboires et sont parfois annulés. Le secteur est aussi touché par la faillite de généralistes d’envergure tels que Thomas Cook. Pourquoi autant de fermetures, alors qu’il n’y a jamais eu autant de touristes?

« Nous avons besoin de beaucoup moins que ce que nous estimons nécessaire. » Maya Angelou, écrivaine, actrice et militante américaine

La recherche de biens et de services toujours plus personnalisés, d’expériences plus individuelles et gratifiantes explique peut-être que l’on soit à l’ère de la méfiance et du désintérêt pour tout ce qui semble trop grand, trop gros, trop connu ou trop ordinaire.

En contrepartie, les microvacances, les minimaisons, les microboutiques, les microévénements et les micromusées — tout ce qui est rare, unique et marginal — semblent avoir le vent dans les voiles, particulièrement auprès des millénariaux.

La tendance au « micro »

Dans cette perspective, il y a un retour aux activités et aux événements plus petits, nichés, courts dans le temps et davantage en phase avec les nouvelles valeurs des voyageurs et les réalités des destinations.

Les microfestivals

Une foule de microfestivals gagnent en popularité et se présentent souvent comme l’antithèse de gros événements coûteux, surpeuplés et aux programmes quasi identiques d’une ville à l’autre. Les microfestivals se démarquent sur plusieurs points. En plus de divertir et d’animer un territoire, ces petits événements créent des liens sociaux et mettent en valeur l’essence même d’une communauté. Localisés dans de plus petites villes ou dans des quartiers excentrés de plus grosses agglomérations, ils incitent les visiteurs à sortir des centres-villes et à désengorger les places habituellement surchargées par la tenue de grands événements. La Noce à Chicoutimi et le Festival international de Jazz à Verdun en sont quelques exemples.

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Source : Pexels

Les micromusées

Que ce soit pour rapprocher l’art des citoyens, pour démocratiser l’accès aux œuvres de grands musées nationaux par le numérique (les Micro-folies) ou pour inciter la population à exposer et à partager un objet en relation avec un thème choisi, durant quelques heures (pop-up museum), les micromusées ont la particularité d’être modulables, temporaires et ludiques, et de provoquer les rencontres et les échanges.

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Source : Micro-folies Sevran

Les microaventures – microséjours – microvacances

Les microvacances se définissent comme un voyage d’agrément de moins de cinq nuits. Elles se planifient moins de six jours à l’avance (50 % des réservations) et à partir d’un appareil mobile (pour plus de deux personnes sur cinq), selon Expedia.

Les gens, surtout les millénariaux, ont moins de temps libre ou moins de vacances. Toujours d’après Expedia, 54 % des Canadiens se sont privés de congés en 2018.

Pour ceux qui sont dans l’impossibilité de prendre de longues vacances, les microaventures ou les microséjours permettent :

  • D’insérer des temps de loisirs dans l’agenda chargé du travail, lorsque cela est possible;
  • D’optimiser les journées de congé;
  • De rompre plus facilement avec le quotidien;
  • De voyager plus souvent et de visiter plus de destinations.

Ces vacances peuvent aussi bien être un séjour à la plage, une pause bien-être ou une activité de randonnée comme celles proposées par la compagnie Chilowé, qui se spécialise en microaventures, en France.

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Source : Chilowé

Microattention = microciblage = créneau

La tendance micro se heurte aussi à la très petite capacité d’attention des humains, dont la durée moyenne est de 8 secondes. Comment joindre les clientèles dans ces conditions?

  • En révisant nos modèles de segmentation pour passer d’un découpage géographique à une segmentation basée sur les champs d’intérêt et les passions, ce qui risque d’attirer la clientèle cible et de mieux retenir son attention.
  • En utilisant des médias et des micro-influenceurs qui se spécialisent dans une niche précise d’activités et dont l’approche est plus personnalisée, pour toucher une communauté plus engagée.

Vers une démondialisation?

C’est le retour du local et d’une plus grande sensibilité envers ce qui est proche de nous et à notre échelle, malgré les technologies, la rapidité des choses et la facilité de communication. Notre quartier, notre village plutôt que les pays qui autrefois faisaient rêver? À suivre avec attention en 2020!

Pour connaître l’ensemble des tendances et trouver du contenu supplémentaire, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations en cliquant ici.

 

Source de l’image à la une : Pexels

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Attractivité territoriale, plus que du marketing touristique

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, dévoilait le 21 janvier, les sept tendances qui continueront de rythmer l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers, Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leurs réflexions afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.

 

 

Le paradoxe du marketing territorial

Pour se faire connaître et attirer de nouvelles activités sur leur territoire, les régions et les municipalités utilisent souvent des techniques traditionnelles de mise en marché qui empruntent une approche de « push marketing » et reposent avant tout sur :

  • La création d’une image de marque pour représenter l’ensemble des forces vives du territoire et rayonner à l’intérieur et au-delà de leurs frontières ;
  • L’affichage de leurs atouts pour se démarquer, sortir du lot, attirer l’attention des entreprises, des investisseurs, des nouveaux résidents potentiels et des visiteurs.

Le paradoxe est que ces images de marque finissent toutes par se ressembler et que peu d’entre elles ressortent réellement du lot puisque tout le monde s’y met.

Cela est d’autant plus vrai que diverses organisations d’un même territoire (développement économique, promotion touristique, parc industriel, etc.) peuvent présenter chacune une image de marque distincte pour rejoindre un public précis et que les moyens pour promouvoir cette image sont souvent insuffisants pour réellement ressortir dans l’espace public.

Et qu’en est-il de l’attractivité territoriale ?

 Si l’objectif final est le même que celui du marketing territorial, l’attractivité territoriale est une approche qui s’inspire plus du « pull marketing », c’est-à-dire plus centrée sur la satisfaction des utilisateurs du territoire, qu’ils soient résidents, entrepreneurs ou touristes. L’idée ici est de les fidéliser et de rejoindre de nouvelles clientèles par la diffusion de cette image positive via ces ambassadeurs.

Cette approche semble plus en phase avec le contexte actuel où les visiteurs recherchent des destinations authentiques et se réfèrent aux locaux pour mieux connaître et décider de l’achat de produits et de services offerts sur place.

L’attractivité territoriale commande toutefois de bien cerner les besoins et les attentes des clientèles que l’on désire intéresser, et surtout de bien se connaître pour faire valoir nos avantages les plus significatifs pour ces clientèles. La promotion de l’image de marque demeure importante, mais elle doit alors reposer sur des bases solides et authentiques pour créer l’attraction, puisque ce sont les utilisateurs actuels du territoire qui en seront en bonne partie les porte-paroles et la force de persuasion.

Savoir reconnaître l’ADN de son territoire

L’ADN constitue nos chromosomes et porte nos gènes, donc l’essence même de nos caractères héréditaires. Par association, l’ADN d’un territoire est composé des diverses filiations historiques et actuelles qui construisent sa personnalité. Sa population, son histoire, ses caractéristiques physiques, tous ces éléments participent à mieux connaître et reconnaître ce qui fait l’unicité de son territoire. Et de ce fait, à mieux le développer pour le rendre attractif.

À titre d’exemple, l’ADN du produit touristique montréalais se définit entre autres par le caractère latin, accueillant et festif de sa population, sa résilience face aux crises, sa géographie insulaire, son urbanisme à la fois européen et nord-américain et enfin par ses dualités. Toutes ses réalités expliquent que Montréal se définit comme une « ville de tensions positives » à l’intérieur de laquelle le tourisme se développe par zones et par pôles d’attraction.

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Source : Conférence Pierre Bellerose

En Abitibi-Témiscamingue, dans les Cantons-de-l’Est, dans Lanaudière et plusieurs autres régions du Québec, des démarches de marketing de territoire sont en cours. Comment éviter les erreurs ? Une approche d’attractivité territoriale présente des défis majeurs puisqu’il est difficile de séparer l’attractivité touristique de celle cherchant à attirer de nouveaux résidents pouvant combler les besoins de main-d’œuvre. D’où l’importance de développer son pouvoir attractif d’abord pour les citoyens et les entreprises actuels et futurs, pour ensuite mieux rejoindre les visiteurs.

Pour mener à bien un exercice d’attractivité territoriale, il semble donc essentiel de savoir au départ d’où l’on vient pour mieux comprendre qui l’on est et où l’on va. Il faut donc bien définir l’ADN de son territoire :

  • Le tout commence par bien comprendre les filiations historiques – petites et grandes, passées et plus récentes – du territoire. Cela aide à préciser les autres dimensions.
  • Qui sommes-nous ? Comment pouvons-nous nous définir ?
  • Qu’est-ce qui nous différencie ? D’où provient notre unicité, notre identité collective ?
  • Quelles sont nos caractéristiques géographiques, physiques et culturelles ?
  • Quelles sont nos valeurs communes ? Notre façon de vivre ?
  • De quoi sommes-nous fiers ?

Les réponses à ces questions permettent ensuite de mieux se faire connaître, de faire valoir nos acquis, de mieux faire comprendre et imaginer les expériences que l’on pourra vivre comme résident, travailleur ou visiteur en habitant ce territoire.

La mobilisation et l’innovation territoriale comme stratégie de revitalisation

Comment l’attractivité territoriale peut-elle aider à faire face à la dévitalisation des communautés ? Certaines municipalités s’engagent dans une démarche qui mise avant tout sur la mobilisation des citoyens afin de :

  • Mieux appréhender l’avenir, créer de l’optimisme ;
  • Rester compétitif malgré des travaux d’envergure ;
  • Améliorer la qualité de vie ;
  • Mettre fin aux guerres de clocher et ficeler des partenariats ville-région, région-région.

Un bel exemple de mobilisation d’un territoire est celui de la démarche participative Culturat « qui vise à faire de l’Abitibi-Témiscamingue un territoire créatif et accueillant, animé par une diversité de cultures et de talents ». L’enthousiasme de tous les milieux participants a transformé ce projet de tourisme culturel en projet de société qui fait la promotion d’une région par les arts, la culture et son identité. 

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Source : Culturat

« Les projets qui ne tiennent pas en compte les intérêts de la population mènent toujours à des désastres » – Phyllis Lambert (architecte montréalais)

D’autres peuvent s’inscrire dans une démarche à plus long terme d’attraction par l’innovation.

En tourisme, les experts proposent une formule qui comprend les cinq éléments suivants (voir infographie) :

  • Affronter la résistance au changement
  • Cerner les problématiques et les opportunités
  • Adopter une posture et une vision
  • Faire les premiers pas pour activer le tout
  • Se mobiliser autour de l’innovation.

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Source : Réseau de veille en tourisme

En résumé…

L’attractivité territoriale commande une implication citoyenne qui passe nécessairement par une adhésion politique.

Elle exige aussi de « penser hors de la boîte » et donc de se montrer créatif à tous les niveaux et éventuellement de sortir des carcans imposés par les structures institutionnelles.

Bien comprendre l’ADN, les caractéristiques ainsi que les contraintes de la destination est essentiel. Mais si poser un bon diagnostic est un défi réalisable, passer à l’action est plus complexe.

Pour retrouver l’ensemble des tendances, nous vous invitons à consulter le livre blanc « Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations » en cliquant ici.  

 

Source image à la Une : Vincent Gollain Overblog

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De l’égoportrait à la bienveillance

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les sept tendances qui continueront de rythmer l’activité touristique pour les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leurs réflexions afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.  

Le tourisme bienveillant englobe au départ la notion de respect de l’environnement naturel, puis celle du bien-être des sociétés visitées et, enfin, celle de la participation au développement de l’économie locale. C’est une forme de tourisme qui protège chaque type de voyage avec le vernis de l’indulgence, de la compréhension et d’une certaine forme d’altruisme envers un individu, un groupe, une communauté.

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Source : TIME

Moi et mon bien-être

La première apparition du mot selfie (égoportrait) date de 2002. En 2013, le phénomène devient assez répandu pour que selfie soit consacré Word of the Year (mot de l’année) par l’Oxford English Dictionary. Rapidement, il est toutefois perçu comme une preuve du narcissisme d’une nouvelle génération obsédée par sa propre personne.

Sa diffusion massive, associée à l’utilisation des réseaux sociaux, impose toutefois l’égoportrait comme une forme d’expression contemporaine incontournable. Et l’industrie du voyage ne tarde d’ailleurs pas à en mesurer tout le potentiel promotionnel. Des cadres géants sont placés à des endroits stratégiques pour inciter les voyageurs à se fondre dans le décor de la destination et à publier la nouvelle : « Je suis ICI! »

Durant ces mêmes années, les notions de bien-être et de santé globale prend de l’ampleur et se démocratise, alors que le stress vécu dans la vie tant professionnelle que personnelle atteint des niveaux alarmants. Maux de dos, hypertension, insomnie, fatigue chronique, tous ces maux modernes expliquent la recherche d’un meilleur équilibre entre la santé du corps et la paix de l’esprit. Entraînements personnalisés, massages, visites au spa, séances de yoga, nouvelles pratiques alimentaires, méditation sont devenus autant de moyens de s’évader, de se vider la tête, de se ressourcer, d’aspirer au bonheur. 

Le voyageur et le bien-être

Brexit, attentats terroristes, crise des réfugiés, inondations records au Québec, histoire navrante d’une enfant maltraitée à Granby, il est difficile d’atteindre la paix et l’harmonie lorsque le malheur frappe quotidiennement nos écrans. Si l’anxiété est une réaction physiologique compréhensible à cette avalanche de mauvaises nouvelles, une réponse se trouve de plus en plus dans la manifestation active d’empathie et de bienveillance pour son entourage, sa communauté et la planète.

Le voyage devient l’occasion de prolonger et d’approfondir cette quête ou à tout le moins de maintenir ses saines habitudes de vie en période de vacances. L‘industrie touristique l’a, encore ici, rapidement compris en offrant de nouvelles expériences directement associées à la santé et au bien-être.

Cette tendance est telle que les activités autrefois liées au tourisme de bien-être s’intègrent maintenant dans l’offre d’une foule d’acteurs de l’industrie, de l’hébergement au tourisme nature, en passant par la restauration et les attractions. Spas en forêt, pauses de yoga à l’hôtel, thé matcha au menu du café du musée, il est de plus en plus difficile de départager l’offre de bien-être du bien-être infusé dans l’offre touristique.

Un bel exemple de cette fusion des genres est celui du Monastère des Augustines de Québec, qui se présente comme un « havre de culture et de mieux-être ».

 

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Source photo : Monastère des Augustines

Certaines destinations réorientent même leur positionnement lorsque des joueurs majeurs de l’industrie investissent massivement dans cette tendance. Il en est ainsi de la Ville d’Austin, au Texas, qui appuie les investissements privés par la construction d’infrastructures publiques destinées à faire admirer le paysage jusqu’aux lieux de méditation, aménagés en bordure de l’eau. Le slogan d’Austin est ainsi passé de « Keep Austin Weird » à « Keep Austin Well ».

Des destinations bienveillantes?

C’est du moins le pari d’Auvergne Rhône-Alpes Tourisme qui, tout en maintenant son ambition de devenir une destination européenne de premier plan, mise sur un tourisme plus équitable, plus conscient et respectueux des collectivités et des écosystèmes, sur un tourisme plus lent et plus inclusif. Pour y arriver, cinq leviers ont été mis en place, notamment le Manifeste pour un tourisme bienveillant et un fonds de dotation qui vise à soutenir des initiatives telles que la sensibilisation à l’environnement et l’accessibilité aux publics handicapés. 

En résumé…

 Le voyage offre de plus en plus d’occasions de satisfaire les besoins de l’âme et de mettre les voyageurs en contact avec l’autre.

Après la prise en compte des dimensions physiques, sociales et économiques des sociétés visitées, vient celle de l’ouverture à la différence et à la marginalité. Dans un monde étourdissant et anxiogène, les valeurs actuelles d’altruisme et de bienveillance font tranquillement leur chemin et viennent colorer de plus en plus le secteur du voyage.

Pour connaître l’ensemble des tendances et trouver du contenu supplémentaire, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations en cliquant ici.

 

Source de l’image à la une : Unsplash 

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Le surtourisme : amplification médiatique, mais enjeux réels

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les sept tendances qui rythmeront l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.

Certains problèmes associés à une trop forte concentration de visiteurs dans un espace et un temps précis font la une des médias. Les prévisions en hausse du tourisme international, en plus des budgets imposants en marketing des organisations de gestion de la destination (OGD), laissent envisager d’autres situations conflictuelles.

Le terme surtourisme (overtourism) — apparu dans les médias en 2015 — est souvent utilisé de manière alarmiste et associé à des phénomènes négatifs, mais est-il possible de reprocher aux touristes d’être présents si une destination les invite?

Comment expliquer le phénomène?

Le surtourisme s’applique sur un territoire lorsque les flux touristiques excèdent la capacité de charge sociophysique d’un espace dans un contexte précis et que cette situation provoque des réactions chez les populations résidentes.

Source: Unsplash

Il s’agit d’un phénomène plutôt rare et complexe, aux causes multiples et variant d’une destination à l’autre. Certaines études permettent désormais de mieux comprendre le surtourisme. Voici les principaux facteurs qui l’expliquent :

  • La croissance du tourisme et des flux touristiques (massification), souvent directement alimentée par le marketing de la destination;
  • La trop forte concentration en certains lieux précis, sans égard à leur capacité de charge, souvent imputable à la sous-gestion des grands flux de visiteurs, pourtant prévisibles;
  • Les enjeux de développement et de gouvernance des destinations, associés au manque de planification de l’activité touristique et sous-estimés dans les plans d’urbanisme et les schémas d’aménagement régionaux.

Ces facteurs devraient inciter les OGD à adopter de meilleures pratiques.

Les paradoxes du surtourisme

Le tourisme peut jouer un rôle positif dans la revitalisation de certains milieux. Ainsi, le développement touristique permet des investissements majeurs dans la revitalisation d’artères commerciales désuètes, dans la mise en valeur de bâtiments patrimoniaux ou dans la diffusion de traditions et de savoir-faire locaux. Mais le tourisme peut aussi être perçu comme une menace à la qualité de vie, même là où il constitue l’une des principales activités économiques. Cette perception négative provient souvent de l’observation de nuisances diverses telles que les comportements inappropriés, la pollution, la congestion, etc.

Y a-t-il des solutions?

Différentes mesures de prévention ou de mitigation peuvent être mises en place afin de mieux gérer une affluence problématique.

Miser sur la qualité des expériences offertes plutôt que sur le nombre de visiteurs

Il s’agit d’un enjeu majeur d’après divers dirigeants d’OGD. Pour y parvenir, le profil et les comportements des touristes doivent être pris en compte selon leur contexte d’accueil, afin d’encourager la rencontre harmonieuse et d’éviter la confrontation. Savoir optimiser les retombées pour les résidents tout en accueillant moins de visiteurs, voilà le défi à relever dans les prochaines années.

Mieux comprendre les préoccupations citoyennes et assurer des retombées positives

Cette démarche mise sur l’écoute et une plus grande participation des communautés résidentes. La coopération entre les parties prenantes doit permettre une réflexion approfondie sur les politiques et les pratiques locales à mettre en place afin d’assurer une meilleure distribution des flux touristiques. Ainsi, les impacts négatifs diminueront au profit d’effets positifs.

Source: Unsplash

Améliorer les pratiques de planification et de gestion locales de l’activité touristique

Les responsables du développement de l’offre, de la mise en marché et de l’accueil doivent travailler davantage en amont avec les professionnels participant à l’aménagement et à la gestion du territoire de la destination : urbanistes, aménagistes, gestionnaires de parcs, responsables des transports, etc.

Diverses stratégies permettent d’intégrer de manière plus harmonieuse les flux touristiques à la dynamique locale, afin de réduire la pression sur les milieux fragiles. En voici quelques-unes :

  1. Des actions réfléchies en marketing : limiter l’augmentation de la demande dans certains lieux, à des périodes précises, en cessant toute forme de promotion.
  2. La mise en place de certaines mesures contraignantes : limiter la demande en imposant des tarifications, des règles ou des conditions limitatives.
  3. L’étalement de la demande : promouvoir les destinations moins connues ou promouvoir seulement en basse saison pour répartir les flux dans le temps et l’espace.
  4. L’amélioration des infrastructures et des services : fournir des structures, des services à l’accueil de visiteurs afin de réduire l’impact sur la vie quotidienne des résidents.
  5. L’éducation : informer les voyageurs des coutumes locales et des comportements à adopter, en plus de créer un sentiment de bienveillance qui participe à rassurer les citoyens.

Pour d’autres suggestions et idées inspirantes concernant la gestion des flux touristiques, il est possible de consulter le rapport publié en 2018 par l’Organisation mondiale du tourisme à l’intention des destinations urbaines, comme le mentionne une précédente analyse.

Bien qu’il soit amplifié par une forte couverture médiatique des cas problèmes les plus connus, comme ceux de Barcelone ou de Venise, le phénomène du surtourisme traduit une réelle sensibilité des populations d’accueil lors d’une trop forte concentration de visiteurs.

Les solutions exigent une action proactive et concertée des responsables du tourisme et de la gestion urbaine des destinations, afin que le voyage soit une occasion de rencontres entre résidents et visiteurs, et non pas une fatalité.

Pour connaître l’ensemble des tendances et trouver du contenu supplémentaire, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations en cliquant ici.

 

Source de l’image à la une : Unsplash

 

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Ces phénomènes qui nous inquiètent

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les septs tendances qui rythmeront l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie. Cette première analyse présente le contexte mondial dans lequel évoluera l’industrie touristique et dans lequel les grandes tendances ont pris forme.

 

Des voyageurs plus nombreux dans les airs et sur les mers

Le nombre d’arrivées internationales est passé de 920 millions en 2007 à plus de 1,34 milliard en 2017, soit une augmentation de 46 % en une décennie. Toutefois, les destinations n’ont pas toutes profité également de cette croissance. La région de l’Asie-Pacifique sort grande gagnante avec une augmentation de 70 %, alors que l’Europe et l’Amérique du Nord cèdent chaque jour plus de terrain. 

Cette augmentation est liée, entre autres, à celle de la démographie mondiale, mais aussi à l’accroissement de la richesse et des classes moyennes dans les économies émergentes, à l’amélioration globale de la mobilité, à l’arrivée massive de nouvelles générations de voyageurs et à l’évolution des technologies qui incitent, facilitent et guident nos décisions de voyage.

Source : KPMG

 

Plus d’anxiété et de questionnements sur notre façon de voyager

Parallèlement à ces réalités économiques et de croissances, d’autres phénomènes sont devenus des sources d’inquiétude et d’anxiété qui influencent déjà la façon dont les gens perçoivent le voyage.

L’écoanxiété et ses effets sur le tourisme

Le 26 novembre 2019, l’ONU a publié son Rapport 2019 sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions. Celui-ci a eu pour effet de hausser d’un cran le niveau d’alarme concernant l’urgence d’agir afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le succès des marches mondiales pour le climat, menées par la jeune activiste de 16 ans Greta Thunberg, démontre l’importance de cet enjeu pour des millions de personnes partout dans le monde.

Cette lutte contre les GES a occasionné et entraînera des répercussions sur notre perception du coût écologique de voyager, comme le montre l’ampleur du mouvement Flight Shaming (honte de prendre l’avion), amorcé en Suède. Cette initiative exhorte la population à diminuer la fréquence de ses vols.

Source: Pexels

 

La vie rêvée

La population en général et plus spécifiquement les jeunes générations souffrent d’anxiété généralisée à un niveau élevé.

Une étude menée au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et au Département de psychiatrie et d’addictologie de l’Université de Montréal tend à démontrer un lien entre le temps passé devant les écrans (médias sociaux, ordinateurs, télévision) et l’observation de symptômes d’anxiété et de dépression. L’expression fear of missing out (syndrôme fomo ou la peur de manquer quelque chose) décrit bien l’anxiété liée à la perception que l’on pourrait passer à côté d’un événement que les amis vivent sans nous et, ainsi, se marginaliser, d’où la nécessité de rester connecté en quasi-permanence. Malheureusement, une multitude d’images, d’articles et de blogues d’influenceurs adulés offrent une vision de styles de vie excitants et idéalisés qui favorisent les émotions négatives, l’ennui et la solitude de ceux qui les regardent.

Source: Pexels

La cybersécurité

Les derniers mois de 2019 ont été marqués par des événements majeurs de piratage de données personnelles. Pensons seulement à celui qui a affecté les 4,2 millions de clients de Desjardins ou encore au vol de données financières de ceux de British Airways.

Et l’année 2020 s’annonce fertile en cybermenaces, selon de nombreux experts en sécurité des systèmes. Ces derniers constatent que le recours à l’intelligence artificielle ne semble pas la solution la plus rassurante, puisque 69 % des consommateurs déclarent avoir peur d’être écoutés par les assistants vocaux ou même de suivre leurs recommandations.

Autre source d’inquiétude, la reconnaissance faciale de plus en plus utilisée pour assurer la sécurité dans les rues de Beijing ou de Londres, ou même à l’aéroport. En effet, son utilisation dans ces villes, devenue presque systématique, et dans les espaces publics en général, en l’absence de lois pour l’encadrer est très contestée.

 

Plus d’informations fallacieuses (infox) et de méfiance chez les voyageurs

Erronées en tout ou en partie, les informations fallacieuses (fake news) – maintenant appelées aussi « infox » – se propagent à une vitesse folle et s’avèrent de plus en plus difficiles à contrer.

Source: Pexels

Les producteurs de fausses nouvelles savent profiter de notre vulnérabilité en misant sur nos biais naturels comme notre tendance à croire que notre perception est la seule correcte et que l’information confirmant notre vision est la vérité. La concurrence toujours plus forte entre les médias incite même les journalistes à publier la nouvelle qui obtiendra un maximum de visibilité, sans nécessairement vérifier la crédibilité des sources. Ainsi, un journaliste a récemment associé le phénomène d’acqua alta (marées hautes exceptionnelles), à Venise, à la présence de touristes trop nombreux, alors que cet événement météorologique bien connu est plutôt accentué par les changements climatiques et l’enfoncement de la ville dans un sol fragile.

Dans un contexte touristique, l’abondance d’informations vraies et fausses incite les consommateurs à ne faire confiance qu’aux autres voyageurs. L’évaluation par la clientèle est ainsi devenue le deuxième critère considéré dans la décision d’achat d’un hébergement, après le prix du séjour, selon la firme TrustYou. Pourtant, beaucoup de faux avis circulent. On comprend qu’en 2019, TripAdvisor ait senti le besoin de publier son premier rapport sur les avis frauduleux observés en 2018, après qu’un journaliste a créé de toutes pièces un faux restaurant qui a été reconnu comme le meilleur de Londres, en 2017. 

Dans ce contexte de fausses nouvelles et de tromperies, il devient légitime pour le consommateur de s’interroger. Les sources de confiance ont sans cesse évolué des médias aux experts, des experts aux influenceurs, avec un retour à la base plus récemment : le cercle privé.

Source: Freepik

Pour les organisations, une relation de confiance stable et forte avec la clientèle devient de plus en plus difficile à maintenir. Pour y arriver, de nouvelles stratégies devront voir le jour afin d’attirer et de convaincre des voyageurs plus jeunes, plus sensibles à l’environnement, plus indépendants, plus exigeants et, aussi, plus anxieux et méfiants que jamais. La connaissance fine des besoins, des valeurs et des attentes de ces clientèles sera essentielle tant pour le développement de produits et de services que pour la façon de les proposer.

Pour connaître l’ensemble des tendances et trouver du contenu supplémentaire, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations en cliquant ici.

 

Source de l’image à la une: Pexels

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