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Gestion Ressources humaines

Bien gérer la participation de ses bénévoles

Le Wildflower! Arts and Music Festival (WF!) a fait ses débuts en 1993 dans la ville de Richardson au Texas. Produit par le service des parcs et des loisirs de la municipalité, l’événement de trois jours se tient chaque année au cours de la troisième fin de semaine du mois de mai. Sa programmation comprend, entre autres, des spectacles de musique ainsi que des performances artistiques. Il met également en valeur des artisans locaux ainsi que la relève à travers des concours de talent. 

Le festival est devenu un événement phare pour la ville de Richardson et attire plus de 60000 visiteurs chaque année. Depuis sa création, les bénévoles ont joué un rôle clé dans le succès du festival. Leur engagement se manifeste non seulement durant l’événement, mais aussi dans les mois qui le précèdent. Les organisateurs estiment que sans ce soutien, WF! ne pourrait être ce qu’il est aujourd’hui. 

Source : Page Facebook de l’événement 

Encadrement des bénévoles  

Les bénévoles sont bien accompagnés et guidés tout au long de leur implication. Répartis en six groupes et gérés par un coordonnateur, ils contribuent au festival de la manière suivante : 

1. Le comité exécutif de pilotage est formé de huit bénévoles sélectionnés pour veiller à la bonne gestion de certaines composantes du festival, telles que les concours de talents. Tout au long de l’année, ce comité se réunit sous la supervision du directeur du festival. Chaque bénévole travaille en étroite collaboration avec un membre du personnel désigné. 

2.Les ambassadeurs des commanditaires jouent un rôle de conciergerie auprès des commanditaires, les assistent dans l’installation de leur kiosque et veillent à leur offrir un service à la clientèle hors pair tout au long de l’événement.  

3.Le consortium des commerçants regroupe des partenaires à but non lucratif. Il se compose, entre autres, de représentants de services sociaux et de diverses organisations civiques de Richardson qui viennent mettre la main à la pâte de façon bénévole. Ils s’occupent des kiosques de boissons alcoolisées du festival et ont la possibilité d’empocher un pourcentage des profits, de même que les pourboires, afin de collecter des fonds pour financer les activités de leurs organisations respectives. 

4.Les superviseurs des bénévoles sont affectés à des zones spécifiques du festival. Durant l’événement, ils supervisent deux groupes : les responsables des bénévoles et les bénévoles généralistes. 

5.Les responsables des bénévoles gèrent les bénévoles généralistes dans leur zone d’affectation et aide au recrutement de bénévoles. 

6.Les bénévoles généralistes se font assigner différentes tâches et responsabilités (distribuer des programmes du festival aux visiteurs, assembler du matériel promotionnel, etc.) et apportent un soutien dans les équipes qui ont besoin d’aide.  

Recrutement

Le coordonnateur des bénévoles veille à maintenir une bonne communication avec les bénévoles récurrents, tout au long de l’année. Même si l’événement se déroule en mai, il entre en contact avec eux dès le mois de septembre afin de confirmer leur présence pour l’édition suivante. Avec l’aide des responsables des bénévoles, le coordonnateur s’occupe aussi de contacter les organisations civiques et les commanditaires afin de compléter certaines affectations. 

À partir de janvier, le coordonnateur effectue une campagne de promotion sur les médias sociaux et distribue des dépliants dans divers locaux de la ville pour attirer les bénévoles supplémentaires. 

Source : Page Facebook de l’événement 

Avantages et rétention

Les bénévoles peuvent profiter de certains avantages dont deux billets gratuits pour le festival et un laissez-passer pour le stationnement. Ils reçoivent aussi des collations et des boissons tout au long de la fin de semaine. 

À la fin de l’événement, chaque bénévole reçoit un courriel personnel ou un appel téléphonique le remerciant de sa participation. Cette communication est également le moment de recueillir des commentaires et des suggestions afin de continuellement améliorer l’expérience des bénévoles. 

Quatre semaines après le festival, une fête est organisée afin de souligner la contribution des bénévoles. Tous ceux et celles qui ont travaillé plus de douze heures durant la fin de semaine du Wildflower ! Arts and Music Festival y sont invités et peuvent être accompagnés. L’événement comprend un repas, de la boisson et de l’animation.

Source : Page Facebook de l’événement 

Avec son programme, le festival a su fidéliser de nombreux bénévoles, plusieurs font même partie du festival depuis plus de cinq ans. Cette gestion rigoureuse à même permis au WF ! de remporter le prix Pinnacle Or en 2018 et 2019 dans la catégorie « Best Volunteer Program », un prix décerné par l’International Festivals and Events Association. 

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Destinations

La ville : véritable laboratoire vivant

L’urbanisme tactique consiste en des aménagements temporaires et faciles à installer dans le but, entre autres, de démontrer les changements possibles à une rue ou à un espace public. La pandémie a favorisé la mise en place de ce type de projets, été comme hiver, que ce soit pour faciliter les déplacements actifs ou encore pour créer des lieux de rencontre festifs et animés. Certains aménagements ont connu un tel succès qu’ils sont devenus permanents. D’autres, éphémères, sont réinstallés année après année. Le succès de la piétonnisation de nombreuses rues en est un bon exemple.  

L’urbanisme tactique sert bien la récupération d’espaces sous-utilisés et la « place making », soit le concept qui consiste à aménager un lieu en se réappropriant l’espace public. On l’observe depuis déjà plusieurs années. Mis sur pied il y a près de dix ans, Le Village au Pied-du-Courant, qui s’érige année après année à la lisière du Saint-Laurent dans le quartier Ville-Marie à Montréal, en est une bonne illustration. Ce projet collaboratif piloté par l’organisme La Pépinière permet de revaloriser, durant la saison estivale, un site de dépôt à neige situé en bordure du fleuve. Il devient, le temps de quelques mois, un lieu de rencontre où se déploient des activités à caractère culturel, social, éducatif et festif. Le village évolue au cours des éditions, au fil des besoins et des envies des collaborateurs. 

Source: Charles-Olivier Bourque/Le Village au-Pied-du-Courant 

D’abord expérimenter pour mieux aménager

Un autre exemple plus récent, la Place Laval, dans le centre-ville de Gatineau, traduit bien le concept d’urbanisme tactique. Il s’agit d’un stationnement privé transformé en place publique éphémère pour l’été 2022. Celle-ci rassemble plusieurs concepts qui ont pu être testés dans l’optique de rendre permanents ceux qui s’avéreront concluants. Ce lieu de socialisation comporte du mobilier urbain, une décoration invitante, des activités d’animation et des événements de moyenne envergure.  

La Place Laval a été planifiée et conçue en partenariat avec la communauté et les organismes issus du milieu. La Ville souhaite faire de cet endroit un lieu de rencontre pour les résidants et les visiteurs. 

Source: Ville de Gatineau 

La ville comme un terrain de jeu 

Ces projets sont souvent initiés par des mouvements citoyens à la recherche d’une meilleure qualité de vie pour leur communauté. D’autres sont issus d’une impulsion municipale ou encore insufflés par des entrepreneurs ayant des visées sociales. Avec la multiplication de ces initiatives, la ville devient par endroit un véritable laboratoire quand le territoire sous-exploité est converti en terrain de jeu, où résidants et touristes se mêlent et auquel ils donnent vie.  

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Tourisme durable

L’écoresponsabilité dans le sang : le cas Shambala Festival

Le Shambala Festival a été mis sur pied il y a une vingtaine d’années, dans la région de Northamptonshire, en Angleterre. Le développement durable et responsable fait partie de son ADN. Les valeurs qui y sont associées transcendent chacune des activités et attirent une clientèle qui adhère à ces principes.  

Il se déroule annuellement sur quatre jours en août. Cet événement dévoile quelque 200 performances artistiques diverses sur 12 scènes et propose de nombreuses activités culturelles. Il attire chaque année quelque 15 000 visiteurs. 

Une approche innovante et inspirante

Les organisateurs mettent un point d’honneur à améliorer leur empreinte écologique chaque année. Ils se sont notamment débarrassés du plastique à usage unique et ils réussissent à recourir uniquement à des énergies renouvelables (dont le biodiésel, les énergies éoliennes et solaires) tout au long du déroulement du festival. Les actions mises en place sont parfois déstabilisantes pour les participants ou même pour les fournisseurs. Mais ces solutions durables sont gagnantes pour tous. Des fournisseurs en témoignent dans la vidéo ci-dessous 

Compenser c’est bien, choisir le vélo ou l’autobus, c’est mieux !

Comme le transport représente 90 % de l’ensemble des GES du festival, les organisateurs ont misé sur des offres attractives pour inciter les participants à s’y rendre autrement qu’avec leur voiture personnelle. En 2018, ils décident d’attribuer le quart de tous les billets du festival à des forfaits en autobus. Les participants qui les choisissent bénéficient d’une réduction de 20 £ (34 $ CAN) sur le billet du festival (qui se vend 226 £/adulte) en plus d’obtenir un accès plus rapide au site (fast track). On estime que cette initiative a permis de réduire de 10 % l’empreinte écologique du festival en un an seulement.   

Ceux qui s’y rendent à vélo avec l’entreprise Red Fox Cycling ont aussi droit à un rabais équivalent à 34 $ CAN sur le billet d’entrée. Ce partenariat permet d’offrir plusieurs circuits guidés à vélo au départ de certaines villes vers le festival (avec retour en autocar). Ceux qui préfèrent se rendre à vélo par eux-mêmes peuvent aussi profiter de quelques outils, comme des plans et des recommandations d’hébergement. Tous les cyclistes ont des privilèges à leur arrivée sur le site, comme des rabais sur les massages et un endroit sécurisé gratuit pour leur monture le temps de l’événement. Plusieurs autres options de transport sont présentées sur le site Web du festival.  

Nourriture et boisson : éthique et végé

Depuis son virage alimentaire, le festival génère environ 100 tonnes de gaz à effet de serre de moins par année.  

Comme la consommation de viande génère beaucoup de dommages environnementaux, le virage vers une alimentation végétarienne devenait un incontournable pour les organisateurs. Depuis 2016, le festival ne sert que de la nourriture sans viande ni poisson. La directrice des communications souligne que l’annonce de ce changement a créé un tollé sur les médias sociaux. Les gens clamaient que la façon de se nourrir relevait d’un choix personnel.  

Mais ces détracteurs n’étaient visiblement pas des adeptes du festival, puisqu’un sondage réalisé auprès des participants à la suite de la première édition végétarienne a révélé que 77 % des répondants étaient en faveur du maintien de l’offre alimentaire sans viande et sans poisson. L’année suivante cette proportion s’est élevée à 94 %. En 2019, seulement 0,3 % des répondants voulaient revoir la viande au menu. Depuis ce virage alimentaire, le festival génère environ 100 tonnes de gaz à effet de serre de moins par année.  

Des efforts récompensés

Depuis ses débuts il y a une vingtaine d’années, le festival a réduit son empreinte carbone de près de 90 %. Il a d’ailleurs récolté de nombreuses récompenses dont celle de l’Innovation Award au 2018 UK Festival pour ses pratiques durables innovantes. Au fil des années, les valeurs véhiculées par le Shambala Festival ont entraîné la création d’une communauté fidèle et engagée. L’événement profite aujourd’hui d’une réputation enviable à titre d’événement novateur et porteur d’avenir.   

Ce texte a été rédigé dans le cadre d’un partenariat de veille avec Événements Attractions Québec. La version complète est disponible sur le blogue d’ÉAQ

Ce projet de collaboration est rendu possible grâce à la participation financière de :

Image à la une : Shambala Festival/Facebook

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Segments de clientèles Tendances

Suivre l’évolution des déplacements d’affaires

Le secteur vit de profondes turbulences depuis 2020. Bien que certains déplacements aient repris leur rythme prépandémique, d’autres se font toujours attendre. Que disent les chiffres à propos de la performance mondiale des derniers mois et quelles sont les tendances qui rythmeront ce secteur à l’avenir ?  

Selon le plus récent index sur les voyages d’affaires de la Global Business Travel Association (GBTA), les dépenses mondiales de 2022 devraient atteindre 65 % des dépenses observées en 2019, ce qui représente une progression de 34 % par rapport à 2021. Le secteur pourrait devoir patienter jusqu’en 2026 pour retrouver ou dépasser les niveaux de dépenses comptabilisés juste avant la pandémie, soit la somme de 1,4 billion de dollars américains.  

Plusieurs facteurs complexifient la reprise, notamment les enjeux géopolitiques, l’inflation et l’impact de la hausse du prix de l’énergie sur le coût des voyages, les perturbations provenant des chaînes d’approvisionnement ainsi que les contrecoups de la pénurie de main-d’œuvre sur la fluidité des opérations. À cela s’ajoutent les besoins de profitabilité des entreprises, leur volonté d’atteindre des objectifs de réduction d’émissions de carbone ainsi que l’usage d’outils de communication efficaces facilitant les réunions à distance (lire aussi : les grands défis du tourisme d’affaires). 

La relance du secteur au Québec

De nouveaux comportements émergent et représentent parfois un casse-tête pour les lieux d’accueil.

La reprise des événements d’affaires se fait bien sentir dans les hôtels et centres de congrès de la province. Depuis le printemps 2022, la demande est au rendez-vous et certains lieux peinent même à y répondre.  

Bien qu’il y ait une volonté des individus à reprendre les rencontres en personne, de nouveaux comportements émergent et représentent parfois un casse-tête pour les lieux d’accueil, par exemple : 

– des annulations de dernière minute qui touchent parfois jusqu’à 20 % des invités ; 

– une hausse des demandes pour des réunions et événements de petite taille, ce qui nécessite une reconfiguration des espaces ;  

– une demande pour des événements plus créatifs qui offriront une réelle valeur ajoutée pour les délégués qui se déplacent ; 

– des réservations effectuées peu de temps avant l’événement, ce qui demande une grande réactivité. 

Sans oublier la pénurie de main-d’œuvre qui continue de faire mal aux entreprises du secteur et qui les empêche, dans certains cas, de rebondir aussi rapidement que souhaité. 

Les nouvelles modalités de travail engendrent d’autres types de déplacements

Se rendre au bureau serait-il devenu un déplacement d’affaires pour les employés en télétravail ? Une rencontre avec ses collègues constitue-t-elle un événement professionnel ? Oui et non, selon le contexte. Chose certaine, le secteur se trouve en pleine mutation ! 

Plusieurs organisations qui préconisent le télétravail (partiel ou total) adaptent leurs façons de se réunir. Pour compenser la relation à distance que vivent leurs employés, certaines sociétés organisent plus fréquemment des séminaires, des réunions ou des activités qui visent à resserrer les liens entre chacun. Dans bien des cas, c’est aussi l’occasion de mobiliser l’équipe à l’extérieur du bureau.  

Ce type de rassemblement prend désormais différentes formes et pour s’adapter au phénomène, plusieurs destinations actualisent leur positionnement en tourisme d’affaires. Joindre l’utile à l’agréable devient le mot d’ordre, car bien que ces rencontres soient d’ordre professionnel, elles doivent aussi être plaisantes.  

C’est le cas de la Suisse, qui aborde le sujet avec humour à travers une vidéo promotionnelle intitulée « Nous avons besoin de voyages d’affaires avec un air de vacances. », qui témoigne de l’attrait pour ces rencontres « nouveau genre ».   

 

La campagne promotionnelle «Montérégie – Destination affaires rêvée» véhicule cette même idée de travail et de plaisir. En fusionnant des expériences de bien-être et d’agrotourisme à son offre de réunion et de congrès, la région se positionne stratégiquement. 

 

Étirer le temps et profiter du déplacement

Une tendance qui poursuit sa lancée est celle des voyages de type bleisure. Déjà avant la pandémie, prolonger un déplacement professionnel pour des motifs d’agrément constituait une pratique populaire pour un bon nombre de voyageurs d’affaires, particulièrement chez les millénariaux (lire aussi : Regard sur les tendances du tourisme d’affaires). Selon les données du Future Market Insights report, le bleisure représente de 30 % à 35 % du marché mondial des voyages d’affaires. 

Plusieurs facteurs contribueront à la croissance de ce type de voyage, notamment : 

– l’usage courant d’équipement technologique efficace (un legs de la pandémie) ; 

– la stabilisation des politiques de télétravail dans les organisations ;  

– la volonté des employeurs d’offrir des conditions de travail attractives et qui favoriseront la rétention du personnel. 

Les voyages de type bleisure évoluent. Ils s’effectuent en solo, entre collègues, avec des amis et même en famille. Si certains avaient l’habitude d’ajouter quelques jours d’agrément à leur déplacement, le télétravail ouvre maintenant la porte à l’ajout de plusieurs périodes de travail qui s’effectueront à distance. Selon les politiques internes de leur employeur, les adeptes du bleisure ont la possibilité de réaliser des séjours plus longs à destination. 

Faire preuve de prudence en cette période encore incertaine

Certains phénomènes entourant les déplacements d’affaires pourraient n’être que transitoires. Plusieurs organisations tentent de nouvelles approches et évaluent les options qui s’offrent à elles. Il faut se rappeler que le secteur vit de profondes turbulences et que l’écosystème qui dessert cette clientèle devra encore faire preuve d’agilité et d’adaptation. 

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Produits et activités

Un concept innovant pour soutenir le spectacle vivant

Au printemps 2020, des artistes et des techniciens du Pays de la Loire (France) ont décidé de continuer à vivre de leur talent malgré le confinement. Ensemble, et avec d’autres professionnels du milieu, ils ont fait preuve d’innovation en imaginant des spectacles pluridisciplinaires (cirque, théâtre, musique, danse, etc.) de courte durée et pouvant se réaliser dans des lieux insolites (à la ferme, au pied d’un immeuble, devant une maison de quartier, etc.). Les porteurs de projet (Ouvrir l’horizon) ont sollicité l’appui financier des collectivités locales (municipalités, départements, régions) et la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) pour donner vie aux «paniers artistiques».  

Source : Ouvrir l’horizon 

À l’image des paniers de légumes bio, où le contenu n’est révélé qu’une fois livré à la maison, les micro-événements sont une surprise, tant pour les organismes ou institutions qui achètent les spectacles, que pour les spectateurs qui y assistent. Lors de l’achat, le coût du panier comprend des temps de création et de répétition ainsi que des représentations. Celles-ci durent de 20 à 30 minutes et sont produites par des artistes de la région. Ces derniers choisissent à quel public sera destiné leur spectacle : jeune public, tout public ou public ciblé (ex. entreprise). Enfin, il est possible d’acheter un panier contenant 5, 10 ou 15 représentations.  

Source : Ouvrir l’horizon 

Selon le bilan régional2020, 29 «paniers artistiques» ont été vendus, ce qui se traduit par la contribution de 300 professionnels du spectacle, 293 représentations et 20 000 heures de travail artistique, technique et administratif. La réalisation de créations artistiques en circuit court a ainsi permis aux artisans du spectacle vivant de maintenir le lien avec le public. À l’automne de la même année, Ouvrir l’horizon s’est structurée en association afin de poursuivre sa mission et de contribuer à l’économie solidaire du secteur.  

À l’issue du bilan régional 2020, le comité de pilotage a décidé de poursuivre ses opérations en 2021 (ActeII) ainsi qu’en 2022 (ActeIII). L’initiative a aussi inspiré la région Auvergne-Rhône-Alpes à se lancer dans une aventure similaire. Pourrait-on imaginer des paniers artistiques au Québec? 

Image à la une : Pexels

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Marketing

Quand un festival s’affiche

L’organisation de gestion de la destination (OGD) a utilisé des panneaux d’affichage numérique pour créer un festival en plein air célébrant la culture irlandaise. Pendant la journée de la Saint-Patrick, les habitants de New York, Londres, Sydney, Milan et Berlin ont pu regarder des prestations musicales sur les écrans géants. Il était également possible de numériser un code QR sur les affiches pour visionner les performances en ligne.

L’objectif était de profiter de la popularité de la Saint-Patrick à travers le monde pour attirer l’attention sur la culture du pays et inspirer des millions de visiteurs potentiels à envisager des vacances en Irlande en 2022.

festival

Le nom du festival s’inspire de la campagne « Green button », débutée en 2021, qui encourage les voyageurs à revenir sur l’île d’émeraude. Une fois sur le site Web de Visit Ireland, les participants doivent littéralement appuyer sur un bouton vert pour activer les vidéos de musique et de danse. Les responsables de l’OGD espèrent alors qu’ils passent à l’étape suivante et appuient sur le bouton « réserver maintenant » pour l’Irlande.

Serait-il intéressant de s’inspirer de cette méthode pour promouvoir la culture musicale québécoise à l’étranger et ainsi attirer des voyageurs potentiels ? Un peu de Beau Dommage ou de Charlotte Cardin à Milan, pourquoi pas ?

 

Source de l’image à la une : Tourism Ireland

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Segments de clientèles

4 profils de voyageurs d’affaires

L’assouplissement des mesures privilégiant l’application du télétravail laisse présager le retour au bureau de nombreux employés à partir du 15 novembre. Ceci constitue une étape importante pour la vitalité des milieux urbains, mais également dans la reprise graduelle des déplacements d’affaires. Au Québec, ainsi que dans le reste du pays, les taux de vaccination élevés et le faible nombre d’infections quotidiennes à la COVID-19 créent un climat favorable au retour des activités professionnelles en présence. Selon Julia Simpson, présidente-directrice générale du World Travel & Tourism Council, le Canada (et l’Amérique du Nord) se trouve dans une posture avantageuse pour rebondir dans plusieurs secteurs touristiques.

Quels voyageurs d’affaires reprennent la route ?

Les analystes du cabinet-conseil McKinsey & Company ont réparti les voyageurs d’affaires en quatre profils en tenant compte de trois indicateurs : le secteur d’activité des entreprises pour lequel ils travaillent, le motif du voyage et la proximité du déplacement (local ou international). Les voici :

  1. « Ceux qui n’ont jamais arrêté de voyager » 

En 2019, le profil « never left » effectuait environ 15 % de toutes les dépenses du secteur affaires. Durant la pandémie, les déplacements de ces individus étaient jugés essentiels. Ils ont recommencé à voyager dès que les restrictions sanitaires se sont assouplies. Ce groupe comprend, entre autres, les dirigeants d’entreprises manufacturières qui gèrent de nombreuses usines et des travailleurs sur le terrain.

  1. « Ceux qui ne reviendront jamais »

En 2019, le profil « never returning » effectuait environ 20 % de toutes les dépenses du secteur affaires. Ce groupe de travailleurs a su maintenir des niveaux élevés d’efficacité durant les derniers mois, même en travaillant à distance. Ils ont tiré profit des outils technologiques pour améliorer leurs façons de faire. Certains pourraient réaliser des voyages d’affaires dans le futur, mais à un niveau beaucoup plus faible qu’auparavant.

  1. « Ceux qui ont peur de passer à côté de quelque chose »

En 2019, le profil « fear of missing out » effectuait environ 60 % de toutes les dépenses du secteur affaires. Ce segment se déplace principalement pour entretenir des relations avec des clients. La reprise devrait se faire plus rapidement chez les petites et moyennes entreprises (PME), car elles sont moins assujetties au processus d’approbation rigoureux des grandes sociétés. Les PME pourraient ainsi déclencher un certain effet domino qui catalysera le retour des voyages d’affaires des entreprises concurrentes.

  1. « Ceux qui attendent de voir ce qui se passera »

En 2019, le profil « wait and see » effectuait environ 5 % de toutes les dépenses du secteur affaires. Il se compose de travailleurs qui occupent des rôles dans des industries relativement non concurrentielles : secteur public, associations professionnelles, organisations à but non lucratif. Pendant la pandémie, ce segment a pu organiser des événements virtuels pour remplacer les conférences en personne et pourrait être plus réticent à reprendre la route.

Comment s’effectue le retour des voyageurs d’affaires ?

D’après McKinsey & Company, la vitesse à laquelle le secteur reprend graduellement ses activités varie selon la distance et le motif du voyage. Ainsi, les déplacements régionaux s’inscrivent parmi les premiers à revoir le jour, suivis des déplacements à l’échelle nationale, puis internationale. Les rendez-vous associés aux ventes priment sur les réunions internes et les conférences à grand déploiement.

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Retrouverons-nous l’affluence de 2019 ?

Selon la U.S. Travel Association, le secteur du tourisme d’affaires ne connaîtra pas l’affluence de 2019 avant 2024. Cependant, trop d’incertitudes persistent pour répondre catégoriquement à la question. Néanmoins, si le contexte épidémiologique actuel se maintient au cours des prochains mois au Québec (et au Canada), plusieurs experts sont optimistes. Dès le printemps 2022, un nombre accru de congrès et d’événements professionnels se tiendrait en présence. Ce mouvement de reprise joue positivement sur la confiance du secteur.

Source de l’image à la une: Samarth Singhai de Pexels 

 

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Produits et activités Tendances

Les grands défis du tourisme d’affaires

Les répercussions de la COVID-19 sur les déplacements et rassemblements professionnels sont majeures et pourraient laisser des séquelles à plus long terme. L’agence de presse Bloomberg a analysé le futur des voyages d’affaires de 45 grandes compagnies situées aux États-Unis, en Europe et en Asie. D’après ces données, 84 % des répondants prévoient réduire leurs dépenses de voyage après la pandémie, par rapport à l’année 2019. L’enquête met en lumière trois principales raisons : l’efficacité des outils technologiques, l’importance de réduire les émissions de carbone et les coûts associés aux déplacements.

 L’évolution du monde du travail

Les entreprises de toutes tailles ont investi des sommes considérables pour intégrer des solutions technologiques qui permettent à leurs employés de travailler à distance. En plus d’être demeurées fonctionnelles, certaines sont désormais plus performantes. Pour plusieurs, ces gains se calculent en temps, en argent ainsi qu’en qualité de vie pour leurs effectifs. Plus les mois s’écoulent, plus les habitudes s’installent. De nombreux gestionnaires se demandent maintenant s’il est envisageable de retourner en arrière.

Un fossé se creuse graduellement entre l’« avant » et l’« après » pandémie. Cette période contraint les dirigeants à entamer d’importantes réflexions, notamment sur leurs politiques organisationnelles internes. C’est pourquoi tant d’entreprises évaluent actuellement la place qui sera accordée au télétravail (total ou partiel), aux horaires flexibles et aux déplacements. Bien sûr, le futur sera nuancé pour davantage équilibrer la vie professionnelle des employés. Cependant, cette évolution du monde du travail, induite entre autres par des technologies de communication efficaces, aura indubitablement des répercussions sur le tourisme d’affaires.

Cette évolution du monde du travail, induite entre autres par des technologies de communication efficaces, aura indubitablement des répercussions sur le tourisme d’affaires.

D’après un sondage effectué par la firme Morgan Stanley auprès de 138 gestionnaires de voyage entre le 30 juin et le 12 juillet 2021, 27 % des déplacements d’affaires prévoient être remplacés par des réunions virtuelles en 2022 et 19 % en 2023.

La responsabilité des entreprises face aux changements climatiques

L’impact des voyages professionnels sur le bilan carbone des organisations fait également réfléchir les gestionnaires. Depuis leur absence, ou forte diminution, plusieurs constatent la part substantielle d’émissions de gaz à effet de serre associée à leurs allées et venues.

La responsabilité sociale des entreprises (RSE) s’insère depuis quelques années dans les stratégies commerciales des petites et grandes sociétés. Aujourd’hui, nombreuses s’entendent pour dire que la relance doit impérativement être durable si l’on souhaite affronter l’autre crise, soit celle associée aux changements climatiques. Selon une analyse de la firme d’intelligence d’affaires Skift, un grand nombre de multinationales visent l’objectif commun de réduire de 30 % leurs émissions d’ici 2030 et de devenir neutre en carbone d’ici 2050. Pour tenir leur engagement, préserver leur marque employeur et instaurer la confiance, bon nombre de ces entreprises limiteront inévitablement leurs futurs voyages d’affaires.

La Science Based Targets initiative, un partenariat entre le CDP, le Pacte mondial des Nations Unies, le World Resources Institute et le World Wide Fund for Nature, produit un répertoire dans lequel il est possible de prendre connaissance des objectifs établis par plus de 1800 compagnies. 

Les coûts versus les bénéfices

Tout déplacement professionnel ne s’équivaut pas. Les motifs sont sous la loupe des dirigeants qui constatent les économies encaissées au cours des derniers mois. Ainsi, le poids d’une rencontre avec un client ou un prospect diffère de celui d’une réunion interne. La participation à une conférence éducationnelle n’a pas non plus la même valeur que la présence à un congrès dédié au développement d’affaires.

Il y a certes un coût à se déplacer, mais aussi un coût à ne pas le faire. Manquer des occasions d’affaires peut engendrer d’importantes pertes aux entreprises trop réticentes à retourner sur la route. Cependant, la décision de partir ne se prend plus les yeux fermés, car un certain retour sur l’investissement est attendu. C’est notamment le cas de l’entreprise pharmaceutique Pfizer qui prévoit réduire considérablement les va-et-vient de ses employés par rapport aux années prépandémiques. La nouvelle politique de voyage de la compagnie mise sur une meilleure compréhension des motifs qui justifient un déplacement. En d’autres termes, qu’est-ce qui serait accompli sur place qui ne pourrait pas l’être virtuellement ?

La décision de partir ne se prend plus les yeux fermés, car un certain retour sur l’investissement est attendu.

D’après le cabinet-conseil McKinsey & Company, la vitesse à laquelle le secteur reprend graduellement ses activités varie selon la distance et le motif du voyage. Ainsi, les déplacements régionaux s’inscrivent parmi les premiers à revoir le jour, suivis des transports à l’échelle nationale, puis internationale. Les rendez-vous associés aux ventes priment sur les réunions internes et les conférences à grand déploiement.

Un secteur contraint à s’adapter

De nombreux centres de congrès et hôtels ont dû repenser leur offre de services dans le but de mieux accompagner leurs clientèles dans la réalisation de leur mission événementielle. La production de conférences virtuelles et hybrides a nécessité l’acquisition d’équipement de pointe et de talents spécialisés en TI. Le contexte mouvant dans lequel se trouve le tourisme d’affaires impose depuis 18 mois une constante adaptation des joueurs et met en évidence l’importance d’avoir des équipes agiles.

Devenus experts en report d’événements, les gestionnaires n’en finissent plus de jongler avec des scénarios A, B et C. En plus de se conformer aux mesures sanitaires et aux restrictions frontalières, les professionnels du secteur doivent aussi tenir compte des grandes tendances qui définissent le milieu des affaires.

Le besoin de renouer en face à face avec des clients, des fournisseurs, des partenaires et des collègues est bien réel. Toutefois, considérant les nouvelles orientations des entreprises, il est légitime de se demander à quels niveaux (distance, motif et fréquence de déplacement) les organisations laisseront désormais leurs talents voyager. Dans ce contexte, l’industrie devra faire preuve, encore une fois, d’une grande résilience.

 

Source de l’image à la une : Photo de nappy provenant de Pexels

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Produits et activités

Des célébrations d’Halloween virtuelles et sur la route

À la suite des nouvelles recommandations émises par le gouvernement et par la santé publique du Québec, plusieurs organisations et municipalités s’interrogent sur la forme que prendra l’Halloween cette année. Selon un sondage hebdomadaire de Léger du 6 octobre dernier, 52 % des répondants estiment que la fête culturelle (du moins le porte-à-porte pour la cueillette de bonbons) devrait être annulée du fait de la pandémie. Qu’adviendra-t-il des traditionnelles célébrations d’Halloween dans le contexte sanitaire de la COVID-19 ?

Le Québec célèbre différemment

Au Québec, les villes de Rouyn-Noranda et Amos ont déjà statué : il n’y aura pas de collectes de bonbons cette année. L’événement ne sera pas annulé pour autant, c’est simplement sous une autre formule plus sécuritaire pour les citoyens que se dérouleront les célébrations. Les quartiers seront décorés et des animations permettant la distanciation physique seront proposées. Le populaire Village Hanté, présenté annuellement par le Village québécois d’antan, a été contraint de renoncer à ses activités pour l’automne 2020. L’équipe a préparé un parcours virtuel interactif à la place. Le Jardin botanique de Montréal a quant à lui monté un concours de décoration de citrouilles en ligne afin de remplacer le Grand Bal des citrouilles. Une édition spéciale de la féérie de lumières Illumi offre l’expérience d’un trajet nocturne parcouru en automobile.

Des événements virtuels

À l’international, le festival Derry Halloween d’Irlande du Nord propose cette année une programmation virtuelle. Les feux d’artifice, parades, marchés et sessions musicales seront remplacés par des histoires d’horreur, la création de cocktails et des tutoriels en ligne. Ceci permettra aux adeptes d’épouvante de célébrer l’Halloween en toute sécurité. Au Japon, le défilé de Kawasaki Halloween se déroulera sur le Web, rendant ainsi l’événement accessible mondialement. Sur le thème des costumes du cyber espace, les participants publieront des vidéos de 30 secondes qui seront diffusées sur les médias sociaux (TikTok, Instagram, Twitter, etc.). La ville de Salem, près de Boston, déploie un programme révisé afin d’éviter les rassemblements. L’affichage des règles sanitaires a été adapté à la présence de monstres et de fantômes :   

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Source : Salem Haunted Happenings

Des festivités immersives sur la route 

Au-delà de l’autocueillette de citrouilles et de potirons, les agriculteurs ont trouvé des idées originales pour divertir les visiteurs dans leurs champs. À Toronto, Pumpkins After Dark Drive Thru Experience présente 2,5 km d’expositions composées de sculptures de courges. Contrairement au conte populaire de Cendrillon, voilà qu’aucune citrouille n’est transformée en carrosse, mais c’est plutôt confortablement assis dans sa voiture qu’il devient possible de s’immerger dans le monde des cucurbitacées lumineuses et effrayantes. Le décor révèle ses éclats à la tombée du jour. Au Heritage Square Museum de Los Angeles, l’expérience immersive extérieure 31 nights of Halloween se déroulera en auto cette année. Les univers effrayants des films « The Nightmare Before Christmas », « Hocus Pocus » et « Ghostbusters » sont présentés dans ce trajet agrémenté de jeux, performances et prix.

L’Halloween 2020 en contexte de pandémie est remplie d’incertitudes, mais encore une fois l’industrie touristique fait preuve de créativité pour assurer le divertissement et la sécurité du public. Les fantômes, sorcières et petits monstres pourront donc être apeurés, cette année encore. Il reste toutefois à confirmer comment le traditionnel porte-à-porte sera transformé le 31 octobre prochain. 

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Adaptation en temps de pandémie : le cas Ultra-Trail Harricana

Créativité et solidarité d’une communauté

Le sport, l’ensemble de ses acteurs et l’industrie du plein air ne sont pas épargnés par la pandémie de la COVID-19. Au Québec, le secteur en plein essor du trail-running ou de la course en sentier a tenté de faire face à cette situation en étant solidaire, uni et innovant dans les réponses apportées à la crise. Attentifs aux relations qui unissent les événements de course en sentier et leurs territoires, nous prenons l’Ultra-Trail Harricana du Canada (UTHC) comme exemple d’événement sportif ancré dans son territoire, en évoquant comment ce dernier s’est ajusté face à la crise de la COVID-19. Il s’agit également de mettre en lumière le potentiel que recouvrent ces événements sportifs pour l’industrie du plein air au Canada en tant que secteur d’avenir.

Le milieu de l’événementiel sportif à travers le monde a été durement impacté par la crise du fait des multiples mesures d’interdiction de la tenue d’événements avec un public nombreux (jusqu’à la mi-juillet en France et au 31 août au Québec). C’est donc l’ensemble du champ sportif qui a vu ses activités suspendues : des plus grandes compétitions annulées ou reportées (Jeux olympiques, NBA, Euro-2020, UEFA Champions League, Rolland Garros, Formule 1, etc.) jusqu’aux championnats ou événements amateurs ayant une emprise territoriale plus restreinte. Le secteur des événements de course à pied est lui aussi victime de cette situation et l’intégralité des rassemblements et des épreuves en France et au Québec a été interrompue durant la période du confinement.

Un succès en plein air

L’Ultra-Trail Harricana du Canada n’est pas, pour le moment, une victime collatérale de la crise de la COVID-19, l’événement ayant lieu chaque année au mois de septembre. Il n’en reste pas moins que sa tenue n’est pas garantie tant qu’une solution pérenne n’aura été trouvée pour répondre aux mesures sanitaires en vigueur. L’UTHC constitue un exemple d’adaptation dans une période de grande instabilité.

Les courses se déroulent au cœur de la forêt dans une réserve naturelle protégée et classée par l’UNESCO. Les parcours suivent les pistes de ski de fond du centre du Mont Grand-Fonds, traversent Charlevoix, ainsi que le Parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie[1]. En quelques années, cet ultra-trail est devenu un événement incontournable de la course en sentier au Canada et dans le monde (étape officielle de l’Utra-Trail World Tour/UTWT).

Gérer la crise et appliquer ses valeurs

Avec la pandémie de la COVID-19, l’UTHC a été confronté à l’enjeu de la communication en temps de crise auprès de sa communauté de pratiquants et d’adeptes. L’organisation a pris le parti de la transparence. Sa directrice générale, Marline Côté, s’est exprimée librement sur ses doutes et ses appréhensions dans la presse : « Au cours des derniers mois, l’équipe de l’Ultra-Trail Harricana a vécu beaucoup d’étonnement, d’incrédulité, et de difficulté à comprendre ce qui se passe (…) On a dû passer en mode solution. On a réfléchi à des plans B pour traverser une éventuelle annulation qui aurait été difficile » (Côté, 2020, en ligne).

L’UTHC a également réussi à se mobiliser et à se recentrer autour de ses valeurs fondatrices : la solidarité et l’entraide. En effet, les instigateurs décidèrent initialement de créer l’UTHC pour soutenir l’un des leurs, atteint de la sclérose en plaques. Depuis ses débuts, l’organisation a réussi à récolter plus de 200 000 $ en faveur de la Société canadienne de la sclérose en plaques (SCSP). La crise actuelle était donc pour la structure un instant de vérité pour mettre en pratique les valeurs défendues. C’est ainsi que l’UTHC a soutenu les producteurs et partenaires locaux de l’événement en incitant sa communauté à acheter en ligne leurs produits locaux.

« Un partenaire devrait être plus qu’un logo sur une affiche. C’est d’abord une relation humaine entre des gens qui partagent des intérêts et des affinités ».Marline Côté (2020)

Au Québec, s’unir et s’adapter

Après l’annonce du gouvernement du Québec de l’annulation des événements jusqu’au 31 août 2020, les organisateurs de course en sentier du Québec se sont réunis. Ce sont ainsi une dizaine d’entre eux qui réfléchissent collectivement aux solutions à mettre en œuvre. Ils essaient alors de penser aux adaptations possibles permettant de garantir le respect de la distanciation physique et la sécurité sanitaire des participants. Être solidaire, c’est donc se soutenir entre événements et ne pas se mettre délibérément en situation de concurrence à l’image de ce qui peut se passer en France. Dans l’Hexagone, le report des dates de plusieurs marathons à l’automne a entrainé des conflits d’horaires entre plusieurs événements. Au Québec, les résultats des échanges entre organisateurs permettront finalement de rassurer les futurs participants sur le fait que les compétitions pourront reprendre de façon sécuritaire.

Comment envisager l’édition 2020 d’une course en sentier et les suivantes ? Comment conserver ce lien à la communauté de pratiquants et au territoire ? Pour se prémunir face à l’évolution incertaine de la pandémie, les plus courtes distances (5 km, 10 km et 28 km) ont été annulées et les grandes distances maintenues (65 km, 80 km et 125 km). Pour compenser la suspension des plus courtes distances, celles-ci ont été offertes durant l’été grâce à l’opération estivale du club « Harricana tout l’été ». En s’inscrivant, les participants peuvent relever le défi du « Loup solitaire Harricana Lone Wolf 28 km et 10 km ». Celui-ci donne aux concurrents la possibilité de venir courir dans l’environnement de course habituel qui est balisé pendant toute la saison estivale (du 27 juin au 13 septembre 2020) en respectant les règles sanitaires des autorités. Les temps sont enregistrés grâce aux traces GPS partagées par les participants, ce qui permettra d’établir un classement et d’organiser une finale la semaine de la tenue de l’UTHC en septembre 2020. En définitive, cette initiative offre à l’UTHC l’occasion de soutenir la région de Charlevoix en promouvant le territoire et sa forêt comme destination touristique et sportive malgré la crise de la COVID-19.

La course en sentier : une ressource territoriale au service du tourisme

Plus ces événements sportifs grandissent et gagnent en popularité, plus ils contribuent à promouvoir les territoires où ils se déroulent. En ce sens, les liens entre un événement de course de pleine nature et son territoire ne sont plus à prouver. Comme l’a bien démontré le sociologue O. Bessy dans ses travaux sur l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB®), ce type d’événements apporte trois niveaux d’effets différents dans leur relation aux territoires d’accueil. Premièrement, ils génèrent de la fréquentation et permettent de faire rayonner un territoire en contribuant à sa notoriété (Axe 1). Deuxièmement, ils créent ou confortent une destination touristique (Axe 2). Troisièmement, ils participent à l’imagerie du lieu et aux représentations associées à cet espace (Axe 3).

Au niveau économique, devant l’affluence et la popularité que connaît la course de sentier à travers le monde, dont au Québec, les retombées peuvent être substantielles pour le territoire, pour ses acteurs ainsi que pour l’événement. En France, là où l’engouement pour le trail a pris une longueur d’avance, les retombées économiques peuvent être très importantes et s’évaluer en milliers, voire en millions d’euros pour les plus grands ultra-trails. À titre d’exemple, voici une estimation des retombées pour certains grands événements :

Il faut considérer que ces épreuves diffèrent souvent des courses sur route. Les longues distances imposent une logistique et un temps de présence plus conséquent sur place, les participants étant souvent accompagnés lors des courses et de leur séjour.

En définitive, la crise de la COVID-19 représente un instant privilégié d’observation et de mise à l’épreuve des liens qui unissent les événements de course en sentier comme l’UTHC, leur territoire d’appartenance (la région de Charlevoix) et le secteur dans le lequel ils s’insèrent socioéconomiquement (le milieu de la course en sentier). L’engouement pour le trail-running au Québec représente une occasion pour les territoires et plus largement pour l’industrie du plein air de bénéficier des retombées générées par ce secteur d’avenir. La solidarité et l’organisation dont ont réussi à faire preuve les organisateurs de courses à pied et de trails au Québec au cœur de cette crise témoignent des valeurs véhiculées par ce sport. Contrairement à d’autres types d’événements sportifs, l’UTHC illustre donc le succès des courses en sentier à conjuguer trois notions qui apparaissent parfois contradictoires : développement durable, territorial et économique.

Remerciements : Les auteur(e)s remercient l’Ultra Trail Harricana et Marline Côté — directrice générale de l’événement — pour leur précieuse collaboration.

Image à la une : https://unsplash.com/photos/8TJbrQGKFyU

 

Présentation des auteurs : Mathilde Plard et Aurélien Martineau

Mathilde Plard, chercheuse en France au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et Aurélien Martineau, postdoctorant à l’Université d’Angers ont pour objet de recherche la course en sentier à travers la France et le Québec. La pandémie de la COVID-19, période de crise sanitaire mondiale inédite, a représenté un temps d’observation privilégié pour leurs recherches. Ils ont analysé les dynamiques à l’œuvre dans le secteur de l’événementiel sportif et de la course de pleine nature en s’intéressant particulièrement à l’évolution des relations entre les territoires, les événements sportifs, le tourisme d’aventure et l’industrie du plein air.

[1] https://mathildeplard-observatoirededistances.com/ultra-trail-harricana-du-canada-uthc/