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Impact économique du mariage gai sur le secteur du tourisme

TTRA, Montréal, juin 2004 – Compte rendu de la conférence prononcée par John Walker, Doyen, Faculty of Hospitality & Tourism George Brown, Toronto City College et Marion Joppe, Directeur, School of Hospitality & Tourism Management, University of Guelph (Ontario).

Au cours de la dernière année, le mariage gai a fait couler beaucoup d’encre. Mais qu’en est-il de l’impact économique de ces mariages sur l’industrie du tourisme?

Profil de la clientèle gaie canadienne

Il existe déjà de nombreuses études sur le profil des gais, ce segment de marché en croissance. Au Canada, les trois plus grands pôles métropolitains sont Toronto (4,6 M d’habitants), Montréal (3,4 M) et Vancouver (1,9 M). Chacun de ces grands centres urbains possède une importante communauté gaie, présentant des caractéristiques propres et très différentes.

Selon une étude nationale américaine réalisée par Yankelovich (1994), l’on estime la population canadienne gaie à 5,7%, avec des concentrations aussi hautes que 9% dans les grands centres urbains et 4% dans les régions rurales. Les couples gais tendent à se mélanger à la population hétéro.

Dans le recensement de Statistique Canada (2001), les chiffres indiquent une proportion de 2,95% de couples homosexuels (mariés ou non). Et l’on prévoit que dans le prochain recensement de 2006, le Canada deviendra le premier pays du monde à comptabiliser les ménages mariés de même sexe.

Il est cependant très difficile d’obtenir ces statistiques, puisque que beaucoup d’individus et de couples gais souhaitent taire ce type d’information.

Après enquête, voici quelques données complémentaires pour définir le profil type de la clientèle gaie:

  • 60% des gais interrogés ont énoncé qu’ils souhaiteraient se marier;
  • leur revenu moyen est supérieur à la moyenne nationale;
  • de ceux qui se marieraient, 60,9% utiliseraient les services d’un traiteur (les autres s’approvisionneraient eux-mêmes et/ou avec l’aide d’autres amis et/ou connaissances);
  • environ deux tiers des gais interviewés comptent dépenser entre 5000 et 9999 $ pour la cérémonie;
  • on compte une moyenne d’environ 49 invités par mariage;
  • 55% des personnes consultées préfèrent une destination ouverte aux couples de même sexe pour leur lune de miel (45% de couples choisissent un environnement touristique «régulier»).

Une autre enquête, menée cette fois auprès des intervenants du secteur touristique, donne les renseignements suivants :

  • les exploitants, en général, ne se sentent pas menacés par l’inclusion des couples gais;
  • le marché gai est considéré comme un marché distinct, à un certain degré;
  • certains des fournisseurs usent déjà d’une approche de marché différente pour rejoindre ce nouveau segment;
  • la plupart des personnes interrogées ne croient pas qu’il soit nécessaire de présenter des symboles gais (tels que le triangle rose ou le drapeau arc-en-ciel) afin d’attirer la clientèle gaie.

Sur la base de ce profil, plusieurs scénarios ont été développés. Chacun de ces scénarios démontre un impact significatif des mariages gais sur l’économie, puisque chacun donne en général lieu à un déplacement et à des frais d’hébergement (2 nuits) et de restauration.

En conclusion, quoique coûtant considérablement moins cher que le mariage moyen hétéro, estimé à un coût moyen de 18 350$ (Sanati, 2003), le créneau des mariages gais représente un avantage économique important pour le tourisme. Afin de bénéficier de ce marché en croissance, les fournisseurs doivent bien sûr augmenter leurs connaissances de ce marché et revoir leurs approches marketing.

TTRA 2004 – Autres comptes rendus disponibles:

L’expérience touristique, une réelle valeur économique
Le pouvoir persuasif de la publicité et du reportage
La saisonnalité dans les destinations de sports d’hiver: causes, conséquences et possibilités
Perceptions de l’impact du tourisme sur la communauté
Les femmes et le tourisme sportif: examen sociodémographique
Voyages d’affaires: les femmes sont-elles moins prévisibles que les hommes?

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Faits et chiffres Produits et activités

Comment mesurer les impacts économiques des événements sportifs sur les communautés hôtesses?

L’Alliance canadienne du tourisme sportif (ACTS) a mis au point un outil Internet pour évaluer l’impact économique des événements sportifs sur les communautés hôtesses.

Qu’est-ce que le MEETS?

Le Modèle d’évaluation économique du tourisme sportif (MEETS) a été créé en partenariat avec Sport Canada, la Commission canadienne du tourisme (CCT), l’Institut canadien de recherche sur le tourisme (ICRT) du Conference Board du Canada et l’Association canadienne des bureaux de tourisme et de congrès. Cet outil permet d’évaluer l’impact économique des événements sportifs, depuis les compétitions internationales jusqu’aux tournois intercommunautés.

Disponible sur Internet (pour les membres de l’ACTS seulement), MEETS est facile à utiliser, puisque la seule information nécessaire pour obtenir des résultats provient de la connaissance des données socioéconomiques de base des participants et des spectateurs, auxquelles s’ajoute l’information contenue dans le plan d’affaires de l’événement.

MEETS fonctionne sur la base d’une méthodologie d’intrants/extrants et de techniques de modélisation économétrique. Il utilise les dernières données disponibles de Statistique Canada, en plus d’incorporer la structure de taxation locale et provinciale de la communauté.

Ce modèle s’est classé en 2003 parmi les finalistes pour un prix national de l’industrie du tourisme dans la catégorie Innovation de l’année.

Application aux Jeux du Canada – hiver 2003

En septembre 2003, grâce à cet outil informatique, l’ACTS publiait une étude sur l’impact économique des Jeux du Canada (hiver 2003), qui se sont déroulés à Bathurst et à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, en février-mars 2003.

Les Jeux du Canada constituent un des plus grands événements multisports interprovinciaux/territoriaux du Canada. Ils ont lieu tous les deux ans, les Jeux d’été alternant avec les Jeux d’hiver.

Cet hiver-là, environ 3200 athlètes ont concouru dans 21 disciplines sportives différentes. On estime qu’un total de 5112 visiteurs (touristes et excursionnistes) sont venus dans la région pendant la période de deux semaines. Les sondages révèlent que la plupart des touristes ont passé au moins une nuit à Bathurst ou à Campbellton, alors que seulement 16% des visiteurs venus aux Jeux ont effectué une excursion d’une journée. Et ceci, sans compter les représentants des différentes entreprises de presse, ni les délégations des différentes disciplines.

Les coûts d’exploitation (salaires, télécommunications, fournitures, assurances, etc.) se sont montées à environ 11,5 millions $. Les coûts d’immobilisation ont totalisé près de 21,8 millions $. La plus grande partie de cette somme (soit 19,4 millions $) a été dépensée en vue d’améliorer les installations existantes (le Club de curling, l’aréna, le Club de ski, le Village des athlètes, etc.).

Après calculs, il s’avère que l’impact économique des Jeux sur la région a été considérable. Les dépenses combinées d’exploitation, d’immobilisation et celles des visiteurs ont été estimées à 38,7 millions $, ce qui a généré un potentiel total d’activité économique de 70,4 millions $ dans la province.

De ce montant, une part de 57,6 millions $ a été réalisée dans la région de Bathurst-Campbellton. Un total de 20,5 millions $ a été payé sous forme de traitements et de salaires dans la province, contribuant ainsi au maintien de l’équivalent de 1000 emplois.

En outre, grâce aux importants investissements en infrastructures, la tenue des Jeux profitera aux habitants de la région pendant longtemps, sous forme d’installations sportives, touristiques et autres.

Voir aussi

Quels impacts ont les grands événements sportifs sur le tourisme?
Alliance canadienne du tourisme sportif

Source:
– Alliance canadienne du tourisme sportif. «Jeux du Canada d’hiver 2003: évaluation de l’impact économique», septembre 2003.

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Faits et chiffres Produits et activités

Quels impacts ont les grands événements sportifs sur le tourisme?

Les grands événements sportifs hautement médiatisés, comme les Jeux Olympiques, offrent une vitrine exceptionnelle aux villes organisatrices. Et les retombées se répercutent tant sur le plan urbanistique, économique, environnemental, que touristique. Mais combien en coûte-t-il? Les retombées sont-elles si alléchantes?

L’événement réel ne dure que quelques semaines, certes, mais les préparatifs débutent jusqu’à une décennie à l’avance et peuvent nécessiter des dépenses d’investissement considérables; et certains s’en sortent bien (comme Los Angeles en 1984 et Atlanta en 1996), alors que d’autres n’atteignent pas les résultats escomptés (comme Séoul en 1988 et Barcelone en 1992).

JO de Montréal en 1976, du plus et du moins

En effet, de tels rassemblements profitent directement à la construction, à la distribution, au tourisme en général et à l’hôtellerie en particulier, ainsi qu’à d’autres secteurs traditionnels (comme l’emploi). Ils créent des opportunités de développement dans l’informatique et les télécommunications, la protection de l’environnement, l’industrie du sport, ainsi que dans d’autres secteurs naissants, sans négliger le développement économique.

À Montréal, les Jeux Olympiques de 1976 ont fait connaître Montréal comme destination touristique d’intérêt en Occident. Ils ont également laissé leurs traces architecturales et touristiques. Aujourd’hui, le Stade olympique est considéré comme l’une des principales attractions touristiques de la ville. Le sport y est encore à l’honneur avec la présentation de matchs de baseball et de football. Il est l’hôte de foires et de spectacles et sa tour (la plus haute tour inclinée du monde) est accessible en funiculaire.

Quant au Vélodrome, il a été transformé pour recevoir le Biodôme, une reconstitution étonnante des plus beaux écosystèmes des Amériques. Des appartements ont été aménagés dans l’ancien village olympique.

D’un autre côté, l’organisation des jeux a coûté pas moins de 1600 millions $. La dette devrait être complètement remboursée en 2006, soit 30 ans plus tard. Mais c’est sans compter les faramineuses dépenses qu’engendrent sa rénovation et son entretien.

Et le Stade olympique se cherche toujours une vocation… et un toit définitif.

L’industrie du tourisme surfe sur la vague de la publicité

Selon une enquête réalisée en 2002 par Jones Lang LaSalle, une entreprise mondiale de services immobiliers et de gestion d’investissements, les villes-hôtes de Jeux Olympiques devraient profiter longtemps de ce momentum.

Selon eux, l’examen des expériences passées, hiver ou été, permet de faire des prédictions sur l’impact qu’ont les Jeux Olympiques sur le développement immobilier et touristique (surtout hôtelier) des villes organisatrices.

L’étude démontre qu’en règle générale le nombre de visiteurs internationaux dans les villes-hôtes augmente en moyenne de quelque 25% dans la seconde année suivant les Jeux. Idem pour l’industrie hôtelière, où l’on constate une forte augmentation des demandes d’hébergement au cours de l’année olympique.

En outre, les Jeux Olympiques constituent un important moteur de croissance pour le marché des congrès. Outre les infrastructures sportives, touristiques et municipales qu’ils lèguent, ils sont la preuve de la capacité de la ville à accueillir des événements majeurs de classe internationale.

Les JO d’Athènes 2004 ratent cependant l’or

Ce succès n’est cependant pas garanti à tout coup. En effet, les Jeux Olympiques d’Athènes (été 2004), qui devraient attirer plus de cinq millions de spectateurs et dont le budget opérationnel s’élève à plus de 2 milliards d’euros, ne semblent pas réunir ces conditions gagnantes. Ils ne font pas recette et n’attirent pas l’afflux de touristes escompté.

À quelques semaines de l’ouverture, un nombre étonnant de billets sont encore disponibles pour beaucoup d’événements. Les uns s’inquiètent pour la sécurité, les autres invoquent les coûts très élevés de l’hébergement.

Et les Jeux n’ont pas encore eu lieu que le ministre du Tourisme grec, Dimitris Avramopoulos, fait déjà son mea culpa. Il met l’échec des opportunités touristiques sur le compte d’une mauvaise promotion touristique attribuée, selon lui, au manque de stratégie du gouvernement antérieur. D’ailleurs, à cette remise en question, il propose une nouvelle stratégie postolympique, sur dix ans, basée sur un axe croissance-promotion-culture.

Il a d’ores et déjà annoncé de nouvelles initiatives pour le développement, ainsi que l’attraction de nouveaux investissements, sans toutefois préciser quoi que ce soit de concret.

L’inquiétude règne également quant aux véritables retombées économiques. Selon un sondage réalisé entre le 11 novembre et le 2 décembre 2003, et publié dans la presse hellénique, 24,2% des personnes interrogées sont d’abord préoccupées par le coût des JO d’Athènes et ses retombées. Un autre sondage, publié celui-là fin décembre 2003, confirme ces craintes.>Il apparaît que:

  • 80,6% des Grecs jugent «énormes» les coûts engendrés par les Jeux;
  • 18,5% craignent une attaque terroriste;
  • 48,1% des Athéniens affirment qu’ils resteront «sûrement» dans la capitale durant les festivités et 19% y resteront «probablement»;
  • et surtout, que 37,1% des répondants ne sont «pas du tout» intéressés à assister aux compétitions.

Mise à jour – 28 juillet 2004

Justement, aujourd’hui était rendue publique la dernière étude de l’Alliance canadienne du tourisme sportif (ACTS) analysant les retombées possibles pour l’industrie touristique canadienne de la tenue des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2010 qui se dérouleront à Vancouver-Whistler.

Le rapport souligne comment il est possible de maximiser l’aspect positif de la tenue des jeux, non seulement en Colombie-Britannique mais également au travers des autres provinces.

L’ACTS estime que les JO d’hiver et Paralympiques de 2010 vont coûter 1,3 milliard $.

  • 86 millions $ du budget d’investissement (financé par les gouvernements provincial et fédéral) seront dépensés pour l’amélioration ou la construction des équipements sportifs.
  • 50% des revenus seront issus de la publicité;
  • 40% proviendront des commandites d’entreprises;
  • 8% de la vente des billets;
  • et enfin, 2% des licences d’autorisation.
  • On estime que les revenus médiatiques (télévision) rapporteront pas moins de 670 millions $.

Voir aussi

Régie des Installations Olympiques
Alliance canadienne du tourisme sportif

Sources:
– PricewaterhouseCoopers. «The economic impact of the Olympic Games», PricewaterhouseCoopers European Economic Outlook June 2004.
– Jones Lang LaSalle. «Salt Lake City 2002: Jones Lang LaSalle évalue l’impact potentiel des jeux Olympique sur les marchés de l´immobilier», communiqué de presse, 8 mars 2002.
– Sallet-Lavorel, Hélène et Paul Lecroart. «Quels sont les impacts des grands événements sur les métropoles?», Cahier Espaces, no 74, août 2002.
– Sloan, Gene. «Myth: Athens Games are booked», USA Today, 11 juin 2004.
– La Lettre du Sport. «Le coût des JO inquiète les Grecs», no 303, 5 janvier 2004.

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Produits et activités

Tourisme vert: des racines et des ailes

En Grande-Bretagne, en France, tout comme au Québec, le tourisme de jardins fait de plus en plus d’adeptes. Plus qu’une mode, le tourisme vert est devenu une tendance forte de notre société. Pas de doute, ce créneau a des ailes!

Le tourisme de jardins fait un tabac en France

En France, la notion de «tourisme de jardins» est apparue il y a dix à quinze ans et connaît un succès grandissant. Le territoire national compte environ 1658 jardins protégés, dont 530 classés. De nombreux événements ont été créés pour attirer le public: fêtes des plantes, salons, visites guidées, manifestations culturelles.

Côté chiffres, selon l’Agence française de l’ingénierie touristique (Afit), le tourisme de jardins aurait intéressé quelque 25 millions de visiteurs en 2000 (dont 16% d’étrangers) sur 405 sites interrogés parmi 762 jardins. En 2002, le montant national des dépenses municipales consacrées aux espaces verts s’est élevé à 2,5 milliards d’euros.

Toujours selon l’Afit, les dépenses liées au jardin en France dépassent aujourd’hui celles qui ont trait au bricolage.

Les Québécois ont la main verte

Au Québec, on ressent le même engouement. Depuis plus de 10 ans, l’industrie horticole québécoise se porte mieux que jamais. Les Québécois ont la main verte et investissent temps et argent pour colorer l’été et leur jardin.

Selon le ministère québécois de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, l’horticulture ornementale au Québec est un loisir qui ne cesse de se développer. On estime que cette tendance devrait se maintenir et même s’accroître avec le vieillissement de la population, la retraite des baby-boomers et l’intensification du cocooning.

Le profil type du «pouce vert» québécois est une femme, travaillant à temps plein, résidant dans une maison unifamiliale en banlieue, qu’elle partage avec au moins deux personnes, et dont le ménage jouit d’un revenu d’au moins 60 000$ par année.

L’industrie de l’horticulture ornementale au Québec représente un marché annuel de plus de 1 milliard de dollars et compte près de 40 000 emplois permanents et saisonniers. Cet engouement se traduit bien sûr par des investissements (construction de serres gigantesques, recherche et développement de nouveaux spécimens floraux, etc.)

À l’embellissement des jardins s’ajoute aussi, l’été, le phénomène de l’autocueillette (fraises, framboises, etc.).

Le Jardin botanique de Montréal

Sur ses 75 hectares, le Jardin botanique de Montréal regroupe pas moins de 22 000 espèces et cultivars de plantes, dix serres d’exposition, une trentaine de jardins thématiques et un vaste arboretum.

L’Insectarium de Montréal, situé également dans l’enceinte du Jardin botanique, abrite quelque 160 000 spécimens d’insectes vivants et naturalisés et accueille à lui seul environ 400 000 visiteurs annuellement. Il est reconnu comme le plus grand insectarium en Amérique du Nord. Les deux institutions orientent leurs activités autour des trois axes suivants: tourisme, éducation et recherche scientifique.

Pour 2003, le budget d’exploitation du Jardin et de l’Insectarium s’est élevé à environ 24,7 millions $. L’autofinancement des opérations pour les institutions scientifiques atteint près de 35%, la différence étant assumée par la Ville de Montréal, la Communauté métropolitaine de Montréal et le gouvernement du Québec.

Selon un sondage réalisé en 1998, la clientèle du Jardin botanique de Montréal se compose majoritairement de visiteurs individuels (90%). Elle est essentiellement féminine (+67%) et âgée de plus de 35 ans (+80%). Près de 65% sont des célibataires ou des couples sans enfants et 72% sont francophones.

À l’automne 2002, deux événements majeurs ont particulièrement fait recette. En effet, près de 250 000 visiteurs ont pu admirer l’exposition La magie des lanternes au Jardin de Chine. Parmi eux, environ 178 000 personnes ont profité de l’occasion pour participer aux activités d’Halloween (soit une augmentation de 36% par rapport à la même période en 2001).

Bien sûr, tous les jardins n’ont pas les mêmes moyens financiers. Certains avouent avoir de la difficulté à fonctionner sans subventions gouvernementales répétées. Les gestionnaires de jardins se doivent d’innover et de se renouveler pour continuer d’attirer les touristes. L’organisation de festivals et d’autres événements axés sur les jardins semble bien fonctionner.

Mosaïculture

Le meilleur exemple est sans doute celui des Mosaïcultures internationales de Montréal (MIM), qui ont suscité un engouement énorme. À l’été 2003, ce sont pas moins de 750 000 visiteurs qui y sont venus pour admirer des oeuvres en provenance de 32 pays. Créé à Montréal, cet événement d’envergure s’est déroulé dans le Vieux-Port de Montréal à trois reprises (2000, 2001 et 2003).

Les prochaines Mosaïcultures se tiendront à Shanghai en 2006 et à Boston en 2009.

Voir aussi

Le Jardin botanique de Montréal

Sources:
– Lacombe, Réjean. «L’industrie horticole québécoise ne dérougit pas depuis 10 ans», Le Soleil, 8 mai 2004.
– Ramsay, Charles-Albert. «Les Mosaïcultures à Montréal pour la dernière fois», La Presse, 27 juillet 2003.
– Voila. «Le tourisme de jardins de plus en plus populaire en France», 8 mai 2004.
– Racine, Michel, Arsène Duret, Pierre Vincent et Michel Saint-Pé. «Le renouveau de l’art des jardins», revue Espaces, no 187, novembre 2001.

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Enjeux Produits et activités

Tourisme culturel en Ontario: le gouvernement provincial injecte 580 000 $

Le gouvernement de l’Ontario, désireux de revitaliser l’industrie touristique de Toronto et d’attirer des visiteurs, vient d’accorder un financement de 580 000 $ à sept organismes culturels. Selon le ministère de la Culture ontarien, le tourisme culturel joue un rôle vital au sein de l’industrie touristique de la province et génère presque 20 milliards $ en revenus.

Cet investissement devrait permettre d’accroître les efforts de marketing et d’attirer des visiteurs de tout le Canada et des États-Unis. Il s’ajoute à l’octroi d’un financement supplémentaire de 30 millions $ pour promouvoir le tourisme et favoriser la croissance économique en Ontario.

Administré par le ministère de la Culture, le Fonds de promotion du tourisme culturel vient en aide aux attractions, événements et festivals culturels d’Ontario. Des efforts de promotion accrus sont notamment déployés afin de rebâtir les auditoires et récupérer les marchés perdus. Doté au départ d’un programme de 5 millions $, le fonds a reçu une somme supplémentaire de 2,5 millions $ pour poursuivre ses efforts au cours de 2004.

Les sommes investies seront réparties entre sept organismes culturels:

– Le Canadian Stage Company: 160 000$ pour la promotion de «Come Out and Play» (partenariats dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et des médias; rabais et tirages de prix);

– Le CentreHarbourfront : 140 000$ pour la promotion (stratégie marketing comprenant une campagne exhaustive dans les médias, ainsi que l’appel à de nouveaux partenariats);

– La Corporation of Massey Hall & Roy Thomson Hall: 138 000$ pour une campagne de promotion marketing et ventes, et amélioration de la billetterie sur Internet;

– Le Casa Loma: 57 000$ pour une campagne de promotion ciblant des visiteurs du nord-est des États-Unis et de l’Ontario;

– Le Festival de musique North by Northeast: 40 000$ pour réviser la conception d’un plan de recrutement/promotionnel et le mettre en oeuvre;

– Le Musée du textile du Canada: 38 000$ pour la promotion de deux expositions en 2004, conjointement avec le Metropolitan Hotel;

– Et le Toronto Blues Society: 7 000$ pour l’amélioration du plan de promotion des Maple Blues Awards (janvier 2004) et la présentation du Blues Summit (janvier 2005).

Sans oublier le Musée royal de l’Ontario (ROM)

Il faut ajouter cette initiative à l’imposante campagne de financement Renaissance ROM du Musée royal de l’Ontario (Toronto).

Ce projet, s’élevant à 200 millions $CA, présente deux phases distinctes:

– Phase 1 (mai 2003): qui comprend la construction du Cristal Michael A. Lee-Chin, ainsi que les premiers travaux de restauration des édifices historiques devant être inaugurés en décembre 2005;

– Phase 2 (décembre 2006): achèvement des travaux de restauration des édifices historiques.

À la date de l’inauguration des travaux de la phase 1, en mai 2003, Renaissance ROM bénéficiait déjà de promesses de dons totalisant 114,7 millions $.

Cette campagne repose sur:

– 30 millions $ de la part du gouvernement de l’Ontario dans le cadre des initiatives SuperCroissance – volet Partenaires pour les sports, la culture et le tourisme (mars 2002);
– 30 millions $ de la part du gouvernement du Canada dans le cadre du programme d’infrastructures Canada-Ontario (mai 2002);
– un mécénat de 30 millions $ (avril 2003) effectué par l’homme d’affaires canadien Michael Lee-Chin, président du CA et chef de la direction d’AIC limitée;
– de nombreux dons de particuliers, de fondations et d’organismes privés (financement public).

Cette revitalisation intensive, que les protagonistes voient comme la «renaissance de Toronto» après les répercussions négatives du SRAS sur le tourisme, semble bien porter ses fruits. En effet, près de 893 000 personnes ont visité le musée en 2002-2003. Le nombre de visites virtuelles du site Web remodelé du ROM est lui aussi monté en flèche pour atteindre presque 2 millions.

Voir aussi

Ministère ontarien de la Culture
Renaissance ROM

Sources:
– Gouvernement de l’Ontario. «Le gouvernement McGuinty revitalise le tourisme torontois», ministère de la Culture, 9 mars 2004.
– Gouvernement du Canada. «Le premier ministre Jean Chrétien annonce un financement de 30 millions $ de la part du gouvernement du Canada en faveur de Renaissance ROM», communiqué de presse, 31 mai 2002.
– Musée royal de l’Ontario. Rapport annuel 2002-2003.

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Produits et activités

Des festivals pour quel public ?

Que ce soit pour le Carrefour de l’accordéon, le Festival de jazz, le Festival du cinéma international, le Festival des Nuits d’Afrique, pour déguster du homard ou faire du rodéo? Comment publiciser un événement? Et surtout, auprès de qui? Pour pouvoir répondre à ces questions, il vous faut mieux comprendre et cerner les motivations de ce segment de marché, afin de définir différents profils de visiteurs.

Certains visiteurs sont influencés par les médias (télé, radio, etc.), d’autres par les amis ou les agences de voyages. Certains connaissent déjà l’événement, d’autres y viennent pour la première fois. Sont-ils poussés par la curiosité, l’évasion, un intérêt pour le patrimoine?

Bref, il existe toute une série de motifs qui impliquent nécessairement des stratégies promotionnelles différentes.

Selon la revue spécialisée Tourism Management de février 2004, de nombreuses études très sérieuses ont porté sur cette motivation. Il en ressort quatre catégories principales d’amateurs (classées ci-dessous par ordre d’importance) et six dimensions de motivation distinctes:

  • les «amateurs universels» (constituant la plus grande partie, ils représentent les personnes qui se reconnaissent comme aimant également les festivals pour leurs dimensions générale, familiale, culturelle et patrimoniale);
  • les «amateurs d’évasion» (recherchant plus précisément l’évasion et la nouveauté, ils privilégient «l’exploration culturelle»);
  • les «amateurs de culture et de patrimoine» (aimant découvrir l’aspect «exploration culturelle» tout en voyageant en famille, ils attachent cependant moins d’importance aux aspects de nouveauté et de socialisation);
  • les «amateurs d’événements» (liant étroitement la notion d’événement à celle de la socialisation).

On observe que plusieurs facteurs expliquent l’intérêt d’un visiteur pour un festival.

Voici six dimensions (classées ci-dessous par ordre d’importance) décrivant les motivations par besoins:

  1. d’exploration et de découverte;
  2. liés à l’attraction de l’événement en lui-même et à sa thématique;
  3. d’évasion;
  4. de se retrouver en famille;
  5. de socialiser;
  6. et enfin, l’attrait de la nouveauté.

Alors, puisqu’il n’existe pas de profil unique et homogène, les organisateurs d’événements auraient tout intérêt à examiner plus avant les raisons de ces motivations. Ils devraient donc sonder et étudier la clientèle.

En effet, si la thématique du festival n’est pas le seul critère de choix, au détriment du simple plaisir de participer ensemble à une activité de rue, peut-être serait-il plus adéquat de miser sur plus de relations publiques et de presse, sur un meilleur accueil, de meilleurs services et un encadrement plus serré du flux touristique?

Sources :
– Lee, Choong-ki et Wicks, Bruce E. «Segmentation of festival motivation by nationality and satisfaction», Tourism Management, février 2004.
– Lee, C.K. et Lee, T.H.. «World Culture EXPO segment characteristics», Annals of Tourism Research, 3/2001.
– Les Cahiers Espaces. «Événements, tourisme et loisirs», n. 74, août 2002.