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Tendances

La «ville ludique»: nouvelle destination touristique

Vers la fin des années 1980, on nous prédisait la «société des loisirs». D’aucuns diront que nous l’attendons toujours, mais le fait est que le nombre d’heures attribuées aux loisirs présente une constante évolution. Voyons comment cela influence le tourisme et l’urbanisme des grands centres.

Société des loisirs: mythe ou réalité?

Selon Gilles Pronovost, ancien professeur de sociologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), le temps de travail a diminué depuis les 40 dernières années, au profit des loisirs.

En effet, Statistique Canada affirme que, de 1986 à 1998, le nombre d’heures consacrées par semaine aux sorties et aux activités entre amis a doublé, passant de 5,2 à 10,8. Quant aux dépenses de divertissement et de loisirs, elles ont augmenté de 26,8% de 1997 à 2002. En 2002-2003, le ménage canadien moyen y a consacré près de 6% de ses dépenses totales.

Mais à quoi, en général, emploie-t-on ces précieuses minutes de loisirs? En voici un aperçu:

  • à des activités intérieures, comme écouter la télévision ou la radio, naviguer sur Internet, etc.;
  • à des activités sportives et de plein air, telles que la marche, le ski, etc.;
  • à des activités culturelles, du genre aller au cinéma, au ciné-parc et dans les festivals, visiter des musées, etc.

Le jeu de hasard (tous types confondus, incluant la loterie) constitue aussi une sorte de divertissement. En 2003, près des trois quarts des ménages canadiens ont dépensé de l’argent au jeu.

Remodélisation urbaine

Si la ville devient une «destination touristique» en soi (pour le tourisme ou les loisirs), cela implique un remodelage urbain, esthétique et fonctionnel, et ce, de jour comme de nuit, tout au long des saisons.

Depuis les années 1980, les villes tendent donc à se mettre en scène, voire à devenir elles-mêmes des scènes sur lesquelles se déroulent des divertissements, véritables happenings.

Voici comment elles s’y prennent en ce qui concerne les activités (offre intégrée):

  • elles organisent des festivals, des défilés, des parades et autres festivités de rue;
  • elles globalisent l’offre muséale et valorisent les monuments et sites historiques;
  • elles mettent sur pied de grands événements sportifs, d’où la construction ou l’aménagement de stades et salles omnisports;
  • elles présentent des spectacles – théâtre, opéra, cinéma ou danse;
  • elles créent une identité spécifique forte;
  • etc.

En ce qui a trait à l’architecture:

  • elles aménagent des lieux publics par la création de nouveaux espaces s’adressant essentiellement à une clientèle régionale ou de proximité, qui viendra surtout en fin de journée pour dîner, faire du magasinage, flâner, aller au cinéma ou aller à la discothèque (lire aussi: Les Lifestyles Centers, ou les centres-villes réinventés);
  • elles créent des «enclaves ludiques», de type multiplexe, miniparc à thème, casinos, etc. Ces «terrains de jeu urbains» peuvent également être intégrés à des centres commerciaux existants (lire aussi: Les parcs à thèmes en Amérique du Nord: maturation, consolidation et diversification);
  • elles développent des zones piétonnes;
  • elles offrent des logements diversifiés;
  • elles mettent sur pied des itinéraires touristico-urbains, qu’ils soient de nature culturelle, gastronomique ou même sportive;
  • elles modernisent le mobilier urbain, par exemple, par l’installation dans les aires de repos de bancs et de poubelles en nombre suffisant;
  • elles valorisent le patrimoine bâti;
  • etc.

En regard des infrastructures:

  • elles améliorent l’offre de stationnement et les transports afin d’intégrer mobilité touristique et non touristique, développement de circulation «douce» (métro, pistes cyclables), etc.;
  • elles sécurisent les quartiers par l’aménagement d’éclairages publics, la sensibilisation à la propreté des lieux, l’aide aux quartiers pauvres et défavorisés;
  • etc.

La «ville ludique» est née. Il faut qu’elle soit riche, animée, festive, récréative et créative! Car, comme le précise si bien le journaliste André Désiront, l’«expérience touristique» n’est-elle pas la somme d’activités diverses qui, additionnées, donnent l’impression d’avoir bien rempli son temps?

Profession: esthéticienne de ville

La revitalisation des villes passe par leur «esthétisation». Dans certaines grandes villes américaines, anglaises, et de manière croissante, d’Europe continentale, on recourt de plus en plus aux services de spécialistes ou de médiateurs urbains. Apparaissent dès lors de nouvelles professions.

En France, à Apt, dans le Vaucluse, la Ville a créé le poste d’«esthéticienne de ville». La personne chargée de cette fonction s’occupe principalement de signalisation urbaine, d’aménagement des places et jardins, des vitrines de magasins, du mobilier urbain, de la propreté, etc.

Mais attention, cette activité est complexe. N’y a-t-il pas un risque de voir la ville devenir un espace de loisirs de consommation au détriment du cadre social de ses habitants?

Sources:
– Cloutier, Laurier. «Les centres-villes ont de l’avenir dans le tourisme», La Presse, 29 avril 2005.
– Désiront, André. «Pourquoi va-t-on à Las Vegas?», La Presse, 27 juillet 2005.
– ETC/WTO. «City Tourism and Culture: The European Experience. A Report produced for the Research Group of the European Travel Commission (ETC) and for the World Tourism Organization (WTO) by LAgroup & Interarts», février 2005.
– Fainstein, Susan S. et Robert James Stokes. «Spaces for Play: The Impacts of Entertainment Development on New York City», Economic Development Quarterly, mai 1998, vol. 12, no 2, p. 150-165.
– Gravari-Barbas, Maria. «Les nouveaux loisirs créent-ils un nouvel urbanisme?», ESTHUA – Université d’Angers (France), 2001.
– Lebos, Sonja. «City as a (touristic) product», Journal of Tourism & Cultural Heritage, janvier 2005.
– Marsan, Sébastien. «Tout à loisir», Jobboom Magazine, du 15 novembre 2004 au 15 janvier 2005.
– Souther, J. Mark. «Landscapes of Leisure: Building an Urban History of Tourism», Journal of Urban History, janvier 2004, vol. 30, no 2, p. 257-265.

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Réseaux de distribution

Les intervenants touristiques devraient-ils se convertir au «Virtual Business Networking»?

Que diriez-vous si vous pouviez accéder, en quelques clics de souris, aux experts et aux différents intervenants de l’industrie du tourisme, partout dans le monde, afin d’échanger sur des questions de mise en marché, des problématiques liées à l’accueil d’un type particulier de clientèle, etc.? Aujourd’hui, des réseaux d’échanges virtuels internationaux voient le jour. Choisissez le vôtre!

La façon dont on se sert d’Internet est en voie de changer. Outre le fameux passage au Web 2.0 (lire aussi: Web 2.0, vous n’avez pas fini d’en entendre parler!), on constate un engouement certain pour des plateformes collaboratives appelées Social Network.

Mais il existe également des sites de rencontres professionnelles (comme Viaduc, 6nergies, LinkedIn, ecademy, etc.); on parle alors plutôt de Business Networking. Ceux-ci donnent la possibilité d’entrer en contact et de discuter avec des personnes situées partout dans le monde, ayant les mêmes préoccupations que soi, mais que l’on aurait probablement jamais eu l’occasion de connaître autrement. Bref, il s’agit de réseautage d’affaires, par clavier interposé!

Même si ces sites ont une signature graphique différente, ils permettent tous aux internautes utilisateurs:

  • de se présenter à la communauté (constitution d’un dossier personnel avec photo, curriculum vitae, détail de ses intérêts et de ses compétences);
  • de trouver des personnes ayant les mêmes intérêts (grâce à un moteur de recherche);
  • de trouver des futurs clients ou des fournisseurs;
  • de trouver un nouvel emploi (par l’intermédiaire d’une zone «Petites annonces» où les utilisateurs peuvent afficher des offres d’emplois, etc.);
  • d’échanger sur des expériences ou des problématiques communes (en privé ou par le biais de forums d’échanges);
  • de garder le contact avec des personnes rencontrées lors de conférences ou de séminaires (permet même d’échanger du contenu);
  • de construire et de maintenir un réseau de contacts ciblés;
  • d’inviter d’autres collègues, partenaires, clients ou fournisseurs (rôle de carnet d’adresse géant);
  • de retrouver de vieux amis ou d’anciens collègues;
  • de trouver des formations adaptées à ses besoins;
  • de prendre connaissance des dernières nouvelles de l’industrie (par le biais d’une page de nouvelles ou grâce à un fil RSS); etc.

Comment cela fonctionne-t-il? Chaque utilisateur complète sa fiche d’inscription et invite ses contacts à se joindre à son réseau. Telle une pyramide, ces derniers font de même, et ainsi de suite, démultipliant à souhait la taille du réseau initial. Bref, plus on est de fous, plus on rit… et plus on échange!

Des réseaux spécialement axés vers le tourisme

Il existe bien sûr des réseaux sociaux d’affaires virtuels(VBN) spécialement destinés à l’industrie du tourisme, par exemple:

  • Wiwih: (Who is Who in Hospitality): ce réseau virtuel, entièrement gratuit, vise à rejoindre les professionnels de l’hôtellerie en particulier et du tourisme en général.
  • Hotelido: ce réseau européen rejoint les spécialistes du monde de l’hôtellerie, du tourisme et de la gastronomie. Il se décline en 5 langues (français, anglais, allemand, espagnol et italien) et permet la consultation selon deux modes: restreint mais gratuit ou complet et payant (5,95 euros/mois).
  • TourismExchange.com: réseau canadien qui, comme le précédent, permet la consultation selon deux modes: restreint mais gratuit ou complet et payant.

Des outils à surveiller

Avec Internet et les technologies modernes, on constate que les individus ont tendance, en plus de leur cercle d’amis, à se créer des groupes d’intérêt virtuels. C’est ce que Danah Boyd, universitaire américaine spécialiste du sujet, appelle le tribal surf, soit le loisir de découvrir de nouveaux profils au sein d’un réseau de contacts.

Depuis la mi-2003, ce type de réseaux connaît un fort engouement en Amérique du Nord. En effet, si le nombre total d’internautes en Amérique du Nord s’est accru de quelques pour cent l’an dernier, la fréquentation de réseaux sociaux (tous groupes confondus), elle, a connu une expansion qui se calcule avec un pourcentage à trois chiffres, selon l’institut de mesure comScore Media Metrix.

Et, dans les mois et les années à venir, ceux-ci devraient définitivement avoir un bel avenir,a fortiori;s’ils peuvent également servir d’outil de mise en marché. Alors ne négligez pas cette opportunité de vous faire bien voir et convertissez-vous au VBN!

 

Sources:- eHotelier. «’Social Computing’ and Enhanced Rich Content to Shape Future of Hotel Electronic Distribution», 5 juin 2006.
-Kingdon, Mark. «Social Networking Is Your Friend», ClickZ, 11 avril 2006.
– Williamson, Debra Aho. «Hooking Up With Social Networks», eMarketer, 25 juillet 2006.
– WiredHotelier.com. «HITEC 2006 Offers Online Business Relationship Management Benefits to Participants Through Wiwih.com», 16 mai 2006.

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Ailleurs dans le monde Tourisme durable

Une «Clef Verte» récompense l’hébergement écologique dynamique

En 1994, la fédération hôtelière danoise, HORESTA, lançait un label écologique visant à stimuler le développement durable dans l’hébergement touristique – secteur considéré comme extrêmement énergivore. Depuis lors, ce projet d’écologie dynamique associé à l’industrie du tourisme a fait des émules dans bon nombre de pays et s’étend maintenant à plusieurs catégories d’hébergement (hôtels, campings, gîtes, etc.).

Depuis 2002, la Clef Verte est officiellement devenue le cinquième programme de la FEEE (Fondation pour l’Éducation à l’Environnement en Europe). Initié au Danemark, ce label écologique est déjà présent dans de nombreux pays comme la France, la Suède, l’Estonie, la Lituanie, le Maroc, le Portugal, l’Italie, la Belgique, Chypre et les Pays-Bas (depuis le 1er janvier 2006, où «de Groene Sleutel» remplace l’ancien label national).

Cette marque distinctive encourage les gérants d’hébergement touristique à adopter de bonnes pratiques environnementales et garantit aux visiteurs un lieu de vacances où l’environnement est pris en compte et respecté dans la gestion au quotidien.

Comment obtenir ce label?

Pour obtenir cet écolabel, les gérants doivent entreprendre une démarche volontaire qui inclut une phase d’évaluation et la mise en pratique d’une méthodologie. Chaque année, un jury examine les demandes de label et sélectionne les meilleurs projets. Un contrôle est effectué durant la saison touristique afin de vérifier la mise en pratique de la méthodologie.

Des critères environnementaux stricts

Les gérants d’établissements doivent respecter des critères environnementaux stricts, comme:

  • la qualité de vie sur le site (agencement du site, circulation automobile, nuisances sonores);
  • la gestion environnementale (utilisation de méthodes et de produits respectueux de l’environnement pour l’entretien des espaces verts et sanitaires, promotion de l’agriculture biologique);
  • la gestion des déchets (réduction à la source, programme de tri sélectif, conteneurs et collectes suffisants);
  • la gestion de l’eau (assainissement, arrosage, entretien de l’eau des piscines, équipements sanitaires économiques en eau, suivi de la consommation);
  • la gestion de l’énergie (suivi de la consommation, appareils électriques et ampoules basse consommation, chauffage solaire);
  • la sécurité (présence d’équipement et de mesures de sécurité);
  • etc.

Il y a un autre point très important sur lequel on compte mettre l’accent: l’évolution des comportements des vacanciers, et ce, par le biais d’information et de programmes de sensibilisation du public et du personnel (renseignements sur le label Clef Verte, formation du personnel, incitation au respect de la faune et de la flore).

Mais comment en mesurer les impacts?

Aujourd’hui, la Clef Verte souhaite proposer à ses lauréats et à ses candidats un mécanisme d’évaluation et de comparaison de leur consommation sous toutes ses formes (eau, énergie, produits chimiques, production de déchets, etc.).

Les promoteurs de ce label offrent donc un outil, entièrement automatisé et disponible sur Internet, qui leur permet de vérifier si leur établissement consomme plus d’eau que leurs homologues, français ou étrangers.

Cet instrument de calcul, intitulé TourBench, est accessible en plusieurs langues. Confidentiel et gratuit (utilisation avec mot de passe après inscription (sans frais), il permet d’avoir une vision précise des impacts environnementaux.

Après avoir comparé ses données avec celles des autres, les gérants d’établissement peuvent identifier des limites cibles de consommation et mettre en vigueur de nouveaux critères lors de la révision de leur système. Ils peuvent également identifier des occasions de collaboration avec d’autres systèmes, ainsi que des arguments de communication pour comparer les performances de leurs lauréats avec les attentes des touristes.

Une Clef Verte pour le Canada?

En août 2005, l’Association des hôtels du Canada (AHC) annonçait, dans une campagne intitulée «Le Canada passe au vert», que les hôteliers du pays pourraient également se convertir au Programme d’éco-évaluation Green Key (Green Key ECOmmodation).

Inspiré du programme danois, celui-ci propose un système de classification gradué (allant de 1 à 5 clefs vertes); une clef est décernée pour un engagement de base aux principes environnementaux et de deux à cinq clefs sont accordées à la suite de l’obtention de résultats spécifiques.

Quant au Québec, lors de son dernier congrès annuel (fin octobre 2005), l’Association des Hôteliers du Québec (AHQ) s’est dite fortement préoccupée par ce dossier. Comme, selon elle, les programmes d’écolabels déjà existants dans le monde ne sont pas applicables au Québec, eu égard aux lois et aux normes environnementales en vigueur dans la province, l’AHQ travaille à établir un premier système québécois de certification (de type ISO) de l’hôtellerie verte, dans la foulée de la nouvelle politique touristique du Québec.

Mais, contrairement à l’Europe, le processus est encore jeune puisque l’AHQ en est aux étapes d’élaboration d’un cahier des charges et de recherche de partenaires financiers. L’AHQ espère concrétiser son «virage vert» pour 2007, avec une reconnaissance, rattachée à une réglementation (certification), ainsi qu’un logo propres au Québec.

Le sujet vous intéresse, lisez aussi:
Coup de raison: le tourisme durable(Compte rendu de conférence)
Capsule – Le programme ZÉRO DÉCHET

Sources:

– ActuEnvironnement. «Le label ‘Clé Verte’ de gestion environnementale pour l’hébergement touristique s’étend aux hôtels», [http://www.actu-environnement.com/ae/news/1000.php4], 18 mars 2005.
– Cloutier, Laurier. «Pour un tourisme durable», La Presse (Affaires), 25 octobre 2005.
– Jolicoeur, Martin. «Les petits pas des grands hôtels», [www.lesaffaires.com], 15 octobre 2005.
– Précourt, Diane. «L’hôtel vert», Le Devoir, 21 janvier 2006, p. D3.
– Vermette, Francis. «Certifier des hôtels verts au Québec», Journal Réseaux, vol. 3, no 2, avril-mai 2006.

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Enjeux Gestion

Coup de pouce: financement de projets touristiques au Québec

Lors des Assises de l’industrie touristique 2006, qui ont eu lieu le vendredi 26 mai dernier à Montréal, Louis Aubuchon, conseiller au Fonds de solidarité FTQ, a présenté quelques données sur le financement de projets touristiques au Québec. Hormis le Fonds de solidarité FTQ, il existe également d’autres sources de financement, malgré que l’industrie du tourisme reste le parent pauvre de l’investissement aux entreprises.

Le Fonds de solidarité FTQ (Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec) est connu comme une société de capital de risque pour les PME québécoises. Sa mission principale consiste à contribuer à la création et au maintien des emplois au Québec, en investissant dans les moyennes et petites entreprises. Plus spécifiquement, le Fonds de solidarité FTQ s’occupe du démarrage, de l’expansion et de la relance des PME.

Fin novembre 2005, l’actif net du Fonds s’élevait à 6,5 milliards $CA et représentait des investissements de 2,7 milliards $CA, répartis dans 2139 entreprises partenaires. En région, le Fonds est secondé par 16 fonds régionaux. Ceux-ci sont actifs dans presque tous les secteurs de l’économie québécoise, y compris le récréotourisme (environ 3%).

«Avoir une idée» ou «avoir un projet»

Lors de sa présentation, Louis Aubuchon a fortement insisté sur la différence qui peut exister entre «avoir une idée» et «avoir un projet». Selon lui, l’idée est «une vision, un rêve». Le projet, lui, est la réflexion d’une idée afin de la rendre matérialisable (chiffrable).

Pour être considéré valable, le projet devra avoir un rendement suffisant pour satisfaire tous les besoins de l’entreprise (les frais de fonctionnement, les salaires des employés ainsi qu’une marge pour couvrir une augmentation à venir, d’éventuels frais de rénovation ou d’agrandissement, des frais de promotion, etc.). Les promoteurs ont trop souvent tendance à présenter un budget de «démarrage», oubliant qu’ils auront par la suite une entreprise à faire vivre!

Il convient également d’analyser dans les moindres détails le marché et la clientèle potentielle. L’organisme prêteur, pour sa part, étudie également le profil du promoteur du projet et sa vision économique, son plan d’affaires et ses prévisions financières. En outre, il étudie le risque associé.

Y a-t-il place pour le capital de risque dans le tourisme?

Au-delà de cette présentation, nous pouvons nous demander quelle est réellement l’importance accordée à l’industrie touristique par celle du capital de risque, puisque d’aucuns déplorent que ce secteur soit bien trop souvent considéré comme peu ou non rentable et qu’il soit risqué, voire même dangereux, d’y investir.

En 2005, l’industrie québécoise du capital de risque représentait 710 M$ injectés dans l’économie, tous secteurs industriels confondus (soit une hausse de 12% par rapport à 2004). Au cours des trois premiers mois de 2006, elle a connu un accroissement de son activité, les dollars investis totalisant 155 millions de dollars (soit 8% de plus qu’au même trimestre l’an dernier). Le nombre d’entreprises québécoises ayant reçu du capital de risque a aussi augmenté de 6%, passant de 82 entreprises au 1er trimestre de 2005 à 87 à la même période de 2006.

C’est le secteur des technologies de l’information (TI) qui en sort grand gagnant, avec plus du tiers du montant total investi (soit 244 M$ versés à 76 entreprises). Viennent ensuite les entreprises de la catégorie «sciences de la vie» avec 51 entreprises héritant collectivement de 196 M$ (soit une progression de 12% par rapport à 2004).

La part de capital de risque investi par région au Québec, en 2005, se présente comme suit:

Malheureusement, la part allouée au secteur récréotouristique est tellement minime qu’elle n’apparaît même pas dans le bilan annuel 2005 de Réseau Capital, l’Association du capital-risque et du placement privé du Québec.

Dans la liste des projets touristiques financés par le Fonds de solidarité FTQ, citons, entre autres, le Manoir Richelieu, le Château Mont Tremblant, le Château Bonne Entente, Transat A.T., Jonview Canada, la Pourvoirie Mirage, Les Croisières 2001, etc.

D’autres sources de financement

Il existe bien entendu d’autres sources de financement pour les PME au Québec, par exemple (liste non exhaustive):

Il y a également un fonds spécial de capital de risque appelé Fonds d’intervention économique régional (FIER). Ce dernier doit servir aux entreprises (tous secteurs industriels confondus) pour appuyer le développement des secteurs économiques les plus dynamiques de la région.

Présentation de Louis Aubuchon (fichier pdf)

Le sujet vous intéresse, lisez aussi:
PME, relève-toi!
Structures de gouvernance et financement du tourisme

Voir aussi

Fonds de solidarité FTQ
Fonds FIER
Réseau Capital

Sources:

– Aubuchon, Louis. «Performance financière et financement de projets touristiques au Québec», Assises de l’industrie touristique 2006, Montréal, 26 mai 2006.
– Réseau Capital. «Bilan de l’industrie québécoise du capital de risque pour le 1er trimestre 2006», 10 mai 2006.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

La mode attire-t-elle le touriste?

La ville de Bruxelles a décidé cette année de jouer la carte de la mode afin de séduire les touristes. En consacrant 2006 «Année de la mode et du design», elle fait d’une pierre deux coups: elle dynamise le tourisme urbain et donne un bon coup de pouce à un secteur industriel en difficulté. Des idées à copier?

Cette année, la ville de Bruxelles (Belgique) a décidé de jouer la carte de la mode dans le but de séduire les touristes. Après le chocolat, la bière, les frites et les moules, sans oublier la dentelle, l’Office du tourisme et les autorités bruxelloises misent aujourd’hui sur les couturiers belges pour faire la promotion du modernisme et de la créativité de la région.

En effet, la ville a proclamé 2006 «Année de la mode et du design», architecture de la forme et de la matière. Le programme des événements a été concocté en collaboration avec Modo Bruxellae, association qui se voue corps et âme à la promotion de la mode bruxelloise, et le Bureau des Grands Événements, nouveau département du Bruxelles International – Tourisme & Congrès (BITC).

Bruxellois et touristes sont invités à venir découvrir les designers, par le biais:

  • d’expositions et de nombreux défilés;
  • d’une «Nuit de la mode», 90 minutes de défilés en continu;
  • de circuits et de fins de semaine thématiques, organisés en partenariat avec des restaurants, qui en profitent pour proposer des menus «design»;
  • d’un circuit de «vélotour urbain», pour découvrir le quartier de la mode à bicyclette;
  • d’un bureau d’information, installé temporairement sur la Grand-Place: la «Maison de la Mode» servira à la fois de bureau d’information, d’espace de rencontres et de conférences et accueillera diverses animations.

Ils sont bien sûr également invités à faire les boutiques!

La démarche est prometteuse. Et s’il est difficile de chiffrer les retombées touristiques, on peut d’ores et déjà en souligner les bienfaits sur le plan de l’architecture des quartiers. En effet, le regroupement des couturiers a déjà largement contribué à la revitalisation urbaine d’un quartier qui, jadis, était presque à l’abandon.

Le «quartier de la mode» est maintenant l’un des principaux points de chute des boutiques et des ateliers de couture. Les couturiers ont pu profiter de prix très avantageux afin de racheter les commerces à bon prix.

Statut de la mode à Bruxelles

En 2004, Bruxelles comptait un peu plus de 1600 établissements dans le secteur du textile, de l’habillement et du commerce de vêtements (commerces de gros et de détail). Cette industrie est principalement soutenue par les pouvoirs publics, via Modo Bruxellae, ainsi que par des subsides annuels de quelque 120 000 euros octroyés par le ministre de l’Économie du gouvernement bruxellois.

Une dotation complémentaire est fournie par Bruxelles Export pour permettre la participation à certaines missions à l’étranger (via notamment la Boutique Modo, présente dans les foires et les salons internationaux). Il existe également diverses aides ponctuelles et non structurelles accordées conformément à la politique d’image de Bruxelles.

À la suite de l’engouement des dernières années, les secteurs de la mode et du design de Bruxelles se traduisent par un développement économique intéressant pour la région. On y compte environ un millier d’emplois.

La ville a volontairement choisi de miser sur la création d’un lieu unique (géographique, économique et institutionnel) afin de regrouper les acteurs du réseau bruxellois. Celui-ci se veut, à la fois, le lieu de travail et d’accueil pour les visiteurs, les acheteurs et les professionnels du secteur. Ainsi, ils favorisent la présentation de prix préférentiels, augmentent la visibilité des jeunes créateurs et aident les jeunes entreprises à percer dans ce créneau très concurrentiel.

Une idée transportable?

Bruxelles n’est pas la seule ville qui a compris l’importance de la mode dans l’économie en général et dans l’industrie du tourisme en particulier. D’autres villes misent sur cette industrie, comme Florence et Milan, Barcelone, New York, Tokyo… et bien sûr Paris (où, par exemple, environ 6000 touristes entrent chaque jour chez Louis Vuitton)!

Deuxième ville francophone après Paris, avec ses 3,4 millions d’habitants, Montréal est connue et reconnue comme la capitale de la mode au Canada (elle regroupe à elle seule près de 60% des entreprises canadiennes du secteur) et l’une des plus importantes plaques tournantes de l’industrie de la fourrure au monde.

Mais la concurrence est rude et la bataille faire rage. Aujourd’hui, à l’heure où les Chinois tentent d’envahir le marché avec des produits bas de gamme en grande quantité et où Toronto joue des coudes en développant le haut de gamme pour déloger Montréal, la mode québécoise doit prendre un tournant décisif.

Déjà, de nombreuses activités sont organisées pour dynamiser ce secteur industriel, entre autres:

  • la Semaine de la mode, créée en septembre 2001 par Liaison Mode Montréal, regroupement d’associations sectorielles voué à la promotion de l’industrie de la mode et du vêtement de Montréal;
  • le Festival mode et design de Montréal, organisé par Sensation Mode, qui a pour mission de créer des évènements et des promotions «sur mesure» et qui met en vedette une quarantaine de défilés;
  • la Braderie de mode québécoise, braderie de mode griffée (35 à 40 designers) attirant plus de 8000 personnes, deux fois l’an durant quatre jours.

Alors, quand on sait que «faire les boutiques» est l’activité préférée des touristes lorsqu’ils voyagent (lire aussi: Magasiner, l’activité numéro 1 du touriste!) et que le luxe est un produit de niche en émergence (lire aussi: Le haut de gamme n’est plus un luxe, c’est une réalité!), ne serait-il pas judicieux de mettre l’accent sur ce pôle économique?

Sources:

– Breton, Brigitte. «À la mode de Bruxelles», Le Soleil, 20 avril 2006.
– Delanglade, Sabine. «Le luxe a un avenir fabuleux », L’Express, 13 avril 2006.
– Gouvernement du Québec (communiqué de presse). «Le gouvernement du Québec accorde 100 000 $ à la 10e Semaine de mode de Montréal», 20 mars 2006.
– Radio-Canada (SRC Télévision – Le Téléjournal/Le Point). «Industrie de la mode: Toronto parade aux côtés des géants européens de la haute couture pour déloger Montréal», 21 mars 2006.
– Radio-Canada (SRC Télévision – Le Téléjournal/Le Point). «Les jeans Parasucco déménagent: la mode est-elle toujours « in » à Montréal?», 25 août 2005.

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Ailleurs dans le monde Technologies

Visiter un site archéologique tout en recréant les acteurs du passé

Que diriez-vous si vous aviez la possibilité de visiter un site historique ou archéologique, tout en côtoyant les acteurs du passé? Voyons comment la technologie d’aujourd’hui peut contribuer avantageusement à l’accès dynamique aux ressources culturelles et historiques, tout en jouant la carte de la conservation du patrimoine.

Dans le cadre d’un programme de travail 2002-2006 de la Communauté européenne pour la recherche et le développement technologique (programme FP6), le Conseil des ministres et le Parlement européen ont adopté un budget de 17,5 milliards d’euros (soit près de 4% de tout le budget de l’Union européenne pour 2002) pour des activités de recherche. Une des sept priorités thématiques visait les technologies de la société de l’information (TSI), avec un budget indicatif de 3,62 milliards d’euros.

Un des projets pilotes au sein du TSI, Agamemnon, qui vise plus particulièrement le secteur du tourisme, a débuté en janvier 2004 – pour une durée de 30 mois.

Ce projet utilise la technologie des téléphones cellulaires de 3e génération (3G) avec appareil photo incorporé (loués pour l’occasion), afin de fournir aux visiteurs de musées ou de sites archéologiques en plein air une expérience personnalisée et enrichie.

Tout au long de leur visite des monuments et des sites touristiques d’intérêt, les touristes sont munis d’un téléphone cellulaire qui leur sert de guide virtuel et leur permet:

  • de reconnaître les monuments spécifiques, grâce à des photos qui ont été prises préalablement par les visiteurs et stockées dans une banque d’images;
  • d’«ergonomiser» au mieux le tracé de leur visite (et ainsi d’éviter de revenir sur leurs pas);
  • de personnaliser l’information diffusée par le guide virtuel, sur la base d’un profil d’utilisateur;
  • d’interagir avec Agamemnon sous forme de commande vocale et d’écouter des messages préenregistrés;
  • de recevoir l’information dans la langue de leur choix.

Trois sites archéologiques de grande envergure ont participé au projet, les villes de Paestum et de Pompéi en Italie, ainsi que Mycène en Grèce, où un prototype était à l’essai en février 2005.

Visiter Pompéi en réalité virtuelle

Plus impressionnant encore, MIRALab, le laboratoire des réalités virtuelles de l’Université de Genève, en partenariat avec l’EPFL (Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne), la société 2D3 et l’Université de Milan, a également travaillé au projet Lifeplus destiné à promouvoir le développement technologique et la valorisation culturelle et touristique des sites archéologiques.

Lifeplus fait appel à la réalité virtuelle afin de recréer un site archéologique, en l’occurrence les ruines de Pompéi. Le programme informatique recrée une image virtuelle des rues et des décors de la ville qui a été détruite par l’irruption du Vésuve, tout en permettant d’y superposer des personnages virtuels en mouvement.

Comme son nom l’indique, le principal objectif du projet était de «donner plus de vie aux sites archéologiques en augmentant l’impact émotif de la visite grâce aux nouvelles technologies».

Les visiteurs déambulent sur le site, munis de lunettes spéciales connectées à un ordinateur. Des scènes de la vie quotidienne leur sont alors projetées, en trois dimensions, afin de recréer la vie de l’époque (costumes, attitudes, objets familiers, faune et flore, etc. à l’appui). Une liaison satellite assure le géopositionnement en continu.

Les touristes peuvent alors mieux se rendre compte de quoi était composée la vie des anciens habitants dans leur environnement naturel. Ils sont également capables de visualiser les différentes étapes de construction des monuments tout au long d’une reconstruction tridimensionnelle. De plus, ajoutant à la réalité, ils entendent également des conversations fictives (ici, en latin) entre les différents personnages virtuels.

Quoi de plus intense que de voir, mais surtout de ressentir, l’expérience telle que la vivaient les habitants d’autrefois?

MIRALab précise que le projet est adaptable à d’autres sites qui désirent mieux comprendre et faire comprendre le patrimoine construit. Leur intention est d’améliorer la technique et d’alléger le matériel).

Les applications des technologies de la réalité virtuelle sont nombreuses et prometteuses, et pas seulement dans l’industrie du tourisme. Elles sont néanmoins encore relativement limitées, dû à leur complexité d’installation (logiciels et matériels) et à leurs coûts encore très élevés.

Maintenant, fermez les yeux et imaginez ce que donnerait la visite virtuelle des plaines d’Abraham ou, encore, une plongée sous-marine avec les baleines du Saint-Laurent?

Le sujet vous intéresse, lisez aussi : Quelles influences auront les technologies visuelles sur le tourisme et les loisirs?

Sources:

– TXT e-Solutions Spa. «Pictures from the Past», (sans date).
– Université de Genève. Presse Information Publications, octobre 2004.
– Valentin, Émilie. «Visiter Pompéi avant l’irruption du Vésuve», Le Courrier, 29 septembre 2004.

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Ailleurs dans le monde Transport

Quand les voyageurs aériens jouent au facteur

Dernièrement, un site Web bien particulier a attiré notre attention: CasualCourier.com. Créé en janvier 2006, ce site, hébergé à Jérusalem, offre aux utilisateurs d’envoyer des colis, n’importe où dans le monde, en les intégrant aux bagages de voyageurs aériens. Moyennant honoraires, ces derniers jouent, le temps d’un voyage, le rôle de «facteurs» occasionnels.

Afin de trouver un «coursier» pour votre colis, il suffit d’entrer sur le site les destinations de départ et d’arrivée, la date désirée et la nature du colis. On vous proposera alors les noms et les coordonnées de personnes qui, volontairement, se sont inscrites pour transporter des colis.

Le site Internet comprend également une section spéciale pour les colis qui nécessitent un traitement particulier (transport d’animaux, de nourriture, etc.). Il est même possible d’y trouver un «AirSitter», soit un ou une gardien(ne) d’enfant pour la durée du vol.

Par exemple, un homme a utilisé ce service pour envoyer, de New Hempstead (New York), une bicyclette à son fils qui étudie en Israël. Grâce à ce système, il a trouvé une personne qui acceptait de prendre en charge le vélo pour la modique somme de 25 $US (bien meilleur marché que les 200 $US proposés par un service de courrier international avec pignon sur rue).

Le concept est intéressant, mais, vu les règles de sécurité en vigueur dans certains pays depuis les événements du 11 septembre 2001 – particulièrement aux États-Unis -, on se demande combien de temps le site va pouvoir opérer sans entraves.

Et vous, qu’en pensez-vous? Si vous aviez à voyager, courriez-vous le risque de transporter un paquet qui ne vous appartient pas?… d’une personne que vous ne connaissez pas?… et ce, au risque de transporter de la drogue, des armes à feu ou des produits chimiques dangereux?

Voir aussi

CasualCourier.com

Source: Internet Travel News. «Courier Site Aimed Travellers», 19 janvier 2006.

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Produits et activités

Quand les touristes jouent à la chasse au trésor

Nous apprenions récemment que les touristes français s’adonnaient, depuis peu, à un nouveau jeu: le GPS-Safari. Il se trouve qu’on y joue au Québec aussi, sous un autre nom peut-être (le geocaching), mais avec les mêmes règles. En quoi cela consiste-t-il et pourquoi l’industrie du tourisme aurait-elle intérêt à développer ce concept?

Au Québec, on joue à la chasse au trésor GPS

Ce jeu-loisir, qui a vu le jour en l’an 2000 en Oregon (États-Unis), est directement issu de la tradition Harry Potter. Il consiste en une chasse au trésor dont les règles du jeu sont simples: trouver des «trésors» cachés dans la nature ou dans des endroits publics de la ville ou de la région.

Ces «trésors», généralement de peu de valeur, sont placés dans un petit contenant qui les protège des intempéries. Ils sont accessibles à pied, à vélo, en moto, en kayak, en raquettes ou à skis!

Pour connaître l’adresse GPS (système de positionnement mondial ou Global Positioning System, en anglais) d’une cachette afin de trouver ces trésors, il suffit de visiter le site Internet geocaching.com.

Au Québec, plus de 1700 joueurs seraient déjà accros de la chasse au trésor GPS (geocaching ou géocachette). Et la tendance semble vouloir faire boule de neige puisqu’elle se pratique déjà dans 221 pays environ (avec plus de 243 000 caches actives, dont pas moins de 2000 au Québec).

Mis à part l’achat d’un GPS (environ 150$CA), ce loisir ne coûte rien. Lorsqu’on trouve un trésor, il faut signer un petit carnet, le logbook. On a alors le choix de remplacer l’objet par un autre et ainsi laisser le plaisir à d’autres de continuer le jeu. Le contenu de la cache change donc continuellement.

En France, on découvre le GPS-Safari urbain

Dans le Doubs, initiative conjointe du Comité départemental du tourisme et de l’office de tourisme de Pontarlier, les touristes français s’adonnent depuis peu au GPS-Safari.

Dans les villes de Besançon, Montbéliard et Pontarlier, l’on pratique déjà ce nouveau jeu de piste high-tech, qui se décline en fonction de divers centres d’intérêts (21 parcours différents selon les goûts: circuit urbain, circuit nautique, circuit nordique, etc.) et différents niveaux de difficulté (de 1 à 5 étoiles, soit de facile à très difficile).

Pour l’occasion, 70 objets ont été dissimulés dans tout le département et la ville prête gratuitement des GPS contre une pièce d’identité.

Avec ou sans GPS

Avec ou sans GPS, le concept fait également des émules:

  • En Belgique, où sera organisé, le 14 mai prochain, la 2e édition du Bruxelles Challenge, un jeu de piste multimédia avec téléphone cellulaire (GSM). Ce jeu urbain, ouvert à tous (touristes, familles, collègues de bureau, etc.), consiste en une sorte de chasse au trésor qui oblige les participants à passer par un ensemble de sites touristiques des plus représentatifs.Une série d’énigmes leur est proposée en rapport avec l’histoire, la culture ou l’originalité des sites. Tout le long du parcours, les joueurs doivent prendre des photos selon les instructions reçues et les envoyer aux organisateurs dans un délai précis, par connexion Internet.Cette activité est organisée par la Ville de Bruxelles et de nombreux partenaires se sont joints au groupe: restaurants, journaux locaux, éditeur de guides touristiques, fabricant de boissons gazeuses, etc.
  • À Paris, où, sous le même angle et tous les trois mois, des milliers d’aventuriers envahissent les rues de la capitale après avoir rempli leur bulletin de participation sur Internet. Dans cette variante du jeu, les participants cherchent des réponses à des énigmes qui leur permettront de gagner un prix de quelques milliers d’euros.

En France, l’agence événementielle Stratevent organise de nombreuses chasses au trésor et d’autres rallyes touristiques, comme:

  • la chasse au trésor sur la Seine… en zodiac, pour découvrir le fleuve parisien de manière insolite et inhabituelle;
  • la rallye en buggy, pour découvrir les rues et les quartiers de Paris;
  • le rallye Da Vinci Code, pour parcourir le Louvre sur les pas des personnages du fameux roman;
  • le rallye des peintres, pour les amoureux de la nature. Ce rallye propose la visite du village de Barbizon (forêt de Fontainebleau), fréquenté par de nombreux peintres, sculpteurs et écrivains.

Voilà d’excellentes idées de Team Building pour les entreprises!

La géolocalisation vous intéresse, lisez aussi:
Quand le tourisme marie la technologie, le bébé s’appelle géo-services (11 novembre 2005).

Voir aussi

Geocaching France
GPS-Safari du Doubs (France)
Geocaching Suisse
Stratevent (France)

Sources:

– Dubois, Annie. «Un nouveau loisir: le ‘géocaching’», Québec Micro, (sans date).
– France 3. «Safari urbain avec GPS à Pontarlier», 12 avril 2006.
– Gagnon, Josiane. «Chasse au trésor high-tech», Le Nouvelliste, 27 février 2006.
– L’Oeil laser. «Les Parisiens s’adonnent à une chasse au trésor», février 2006.
– La Haye, Dominique. «Géocachettes et globe-trotters», Le Droit, 9 janvier 2006.

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Gestion

Mettre de l’«intelligence» dans les entreprises: comment et pourquoi?

Le 29 mars dernier se tenait au Palais des congrès de Montréal, à guichet fermé, le premier salon de la Business Intelligence (BI). De quoi s’agit-il exactement? Pourquoi et comment la BI peut-elle être utile aux entreprises? Quels sont les principaux avantages, défis et pièges à éviter?

Qu’est ce que la Business Intelligence?

L’intelligence d’affaires, ou Business Intelligence, regroupe l’ensemble des techniques d’organisation et de statistiques, ainsi que les outils de travail utilisés pour la gestion des données, de l’information et des documents stratégiques d’une organisation. Cela consiste à collecter, à stocker, à trier, à analyser, à produire (sous forme de rapports, de tableaux de bord, etc.) et à diffuser (par des bulletins, des alertes, un site Web, etc.) des rapports d’aide à la décision.

L’intelligence d’affaires amalgame toutes les disciplines liées à la prise de décisions, allant de l’alimentation d’un entrepôt de données (Data Warehouse) à la publication d’information, en passant par la confection de tables multidimensionnelles (aussi appelées cubes). En fait, il s’agit d’une vue consolidée des données de l’entreprise qui enrichissent le savoir à des fins de développement et de protection contre d’éventuelles menaces.

Attention de ne pas confondre la Business Intelligence (BI) avec la Competitive Intelligence (CI), qui est de la veille stratégique. Contrairement à la CI qui analyse les données externes à l’entreprise (marchés concurrentiels), la BI analyse les données qui viennent de l’intérieur de l’entreprise (chiffres de ventes, de production, données financières, etc.).

Depuis 2005, le marché de la BI est en croissance et la vigueur de l’industrie témoigne que ce créneau est maintenant une priorité dans les investissements en technologie des grandes et moyennes entreprises. Au Canada, la BI est déjà présente dans la presque totalité des grandes organisations. Cependant, dans celles de taille moyenne, l’on cherche des solutions très proches des opérations et, dans les petites entreprises, le taux de pénétration reste encore plutôt faible (les volumes de données à traiter ne nécessitant pas de systèmes de traitement sophistiqué).

Avantages de la BI?

L’analyse croisée de l’information permet, entre autres:

  • de mieux réagir aux menaces (OPA, terrorisme, etc.);
  • de réduire le temps de réponse aux marchés;
  • de «monitorer» les activités d’une ligne d’affaires ou d’un département (ressources humaines, finance, etc.);
  • de mieux connaître ses clients ou son personnel (pour détecter des comportements anormaux ou frauduleux, pour analyser le comportement des consommateurs, pour planifier des opérations de marketing direct, etc.);
  • de mieux connaître l’inventaire de ses produits et services;
  • de développer de nouvelles opportunités d’affaires;
  • d’alimenter le service à la clientèle afin d’en accroître l’efficacité;
  • de réduire la quantité de papier qui circule (dans les compagnies aériennes, par exemple);
  • d’analyser des tendances sur plusieurs mois, voire des années;
  • d’étudier différents scénarios liés à une même problématique;
  • de renforcer les liens entre différents départements qui n’ont pas l’habitude de collaborer, puisque chaque service doit participer à la construction et à l’implantation de la base de données;
  • etc.

Si d’aucuns répondront que la BI sert d’abord et avant tout à prendre de meilleures décisions d’affaires, d’autres avoueront simplement y avoir recours «pour survivre»!

La clé du succès

Les présentations et les ateliers ont fait ressortir quelques ingrédients de la recette du succès lié à l’implantation d’un processus de BI, ou même, de veille stratégique.

  • obtenir la volonté et l’appui de la haute direction;
  • avoir une vision solide;
  • bénéficier de bons conseils;
  • avoir en place le personnel qualifié et motivé nécessaire;
  • découper le projet en petites phases;
  • mettre l’accent sur l’architecture de la base de données. Cette action est primordiale, sachant que si la base de données est mal bâtie ou peu évolutive, le projet ne fonctionnera pas très longtemps (il convient donc d’engager un bon architecte et de s’assurer qu’il reste fidèle);
  • penser à dégager suffisamment de solutions de stockage (l’archivage des données à comparer est la clé de toute l’opération);
  • enfin, prévoir le personnel nécessaire au bon déroulement du projet (y compris des employés «de relève» en cas d’absence prolongée ou de départ inopiné).

Quelques défis

Il y a de nombreux défis à relever; par exemple, il faut être conscient que 80% du temps des utilisateurs servira à la collecte et à l’extraction des données, contre 20% pour en faire l’analyse. C’est bien d’avoir des données, mais encore faut-il savoir les lire et en déchiffrer les tendances.

Une fois les données collectées, triées, analysées, il faut aussi rendre l’information obtenue disponible et compréhensible à tous les niveaux de la hiérarchie, en fonction de son utilité.

Quelques erreurs à éviter

Il faut surtout éviter de:

  • mettre tout l’argent dans les outils informatiques, car il faut prévoir un budget pour la gestion et l’analyse des données, ainsi que la formation et l’encadrement des utilisateurs;
  • choisir un outil informatique qui ne permettra ni évolution ni adaptation. Le projet, au fil des mois et des années, doit être modifiable (par exemple, en fonction de nouvelles législations, de nouvelles normes, de l’introduction d’une autre langue de travail à la suite de la fusion ou de l’acquisition d’une entreprise). Il faut, en tout temps, avoir la possibilité de migrer vers des solutions polyvalentes;
  • s’attendre à un retour sur investissement (ROI) immédiat. Les bénéfices de telles stratégies ne se font généralement sentir qu’à moyen ou à long terme;
  • tenir pour acquis que les utilisateurs seront directement intéressés par la démarche et immédiatement capables de s’adapter (il faudra composer avec la résistance au changement);
  • etc.

Enfin, il faut oublier certaines expressions toutes faites qui ont la vie dure, comme: «Il suffit de ‘monter’ les données et les utilisateurs viendront d’eux-mêmes» ou, encore, «Mon outil peut tout faire».

L’urgence d’agir

L’ex-premier ministre, M. Bernard Landry, qui présidait cette journée, a insisté sur l’urgence pour les entreprises de s’outiller en conséquence pour faire face à la mondialisation croissante. De plus, selon lui, outre la compétitivité des marchés, le Québec va bientôt devoir faire face à un gros problème, soit le vieillissement de la population, lequel se fait sentir bien plus au Québec que dans la plupart des pays industrialisés.

Pour contrer ce facteur, les entreprises se doivent d’augmenter leur productivité et il existe plusieurs façons de le faire, dont:

  • accroître le taux de natalité;
  • embaucher des employés immigrés;
  • mieux former les gestionnaires et la main-d’oeuvre spécialisée;
  • fidéliser le personnel (pour éviter que les travailleurs quittent pour des provinces ou des pays limitrophes);
  • mais, surtout, s’assurer de disposer d’outils et de systèmes de gérance des plus évolués.

En vue d’aborder de nouveaux marchés ou de nouveaux défis, toutes ces mesures combinées devraient «accroître l’intelligence des entreprises».

Source: Le Salon du Business Intelligence, Palais des congrès de Montréal, 29 mars 2006.

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Réseaux de distribution

Dépeindre une destination touristique à l’image d’un centre commercial

En décembre 2005 est né le premier centre commercial francophone entièrement virtuel. En trois dimensions, ce dernier permet à l’internaute de circuler dans les allées, d’entrer dans les différentes boutiques pour effectuer des achats, tel un visiteur normal par un samedi après-midi pluvieux. Et si l’on transposait le centre commercial en destination touristique? Le premier centre commercial francophone entièrement virtuel vient d’ouvrir ses portes. Sous sa modeste appellation, Lecentredumonde.com n’est autre que la représentation virtuelle, en trois dimensions, d’un centre commercial traditionnel.

Déjà, on trouve sur ce site Internet pas moins de 80 bannières marchandes représentant des marques connues, réparties dans les produits de consommation courants, comme: l’alimentation, l’électroménager, l’habillement, le multimédia, le jardinage… et même les voyages et les vacances, avec des «magasins» comme Expedia, Opodo, Lastminute ou encore Nouvelles Frontières. Le tout, dans le même esprit qu’un centre commercial ayant pignon sur rue!

Représenté comme un lieu réel et non comme une base de données, contrairement aux sites d’achats comme nous les connaissons d’habitude (avec un moteur de recherche), la navigation y est moins rationnelle. Le site présente plusieurs points d’entrée, comme la recherche par catégorie (alimentation, bijouterie, vacances/voyages, etc.), par boutique ou selon un plan graphique.

D’aucuns diront que cette navigation risque de déplaire aux internautes qui recherchent généralement la facilité et prônent l’utilisation du moindre «nombre de clics». Néanmoins, cela peut représenter un avantage pour les internautes débutants, peu enclins à acheter en ligne.

L’avenir nous dira si l’on voit ici l’avènement d’une nouvelle mode!

De plus, afin de compléter cette nouvelle expérience d’achat, des hôtesses virtuelles sont présentes pour guider l’internaute dans sa visite, par le biais de messages sonores. Ces hôtesses annoncent, d’une voix suave, des offres spéciales et des messages d’intérêt public.

Il ne manque vraiment que la petite musique d’ascenseur pour se sentir dans l’ambiance.

Un modèle adaptable à une destination touristique?

L’idée est novatrice et originale.

Imaginons maintenant que nous adaptions cette expérience au domaine du tourisme. Rien ne nous empêcherait de transposer le centre commercial en une destination touristique, avec la possibilité d’acheter ou de faire des réservations.

Nous aurions, par exemple:

  • étage 1 – l’hébergement (hôtels, motels, B&B, campings, etc.)
  • étage 2 – l’offre culturelle (musées, salles de spectacles, cinémas, circuits patrimoniaux, etc.)
  • étage 3 – les différents moyens de transport (avion, train, circuits d’autocars, location de véhicules, etc.)
  • étage 4 – les activités récréotouristiques (activités sportives et de plein air)
  • étage 5 – un plancher dédié à l’épicurien qui sommeille en chaque touriste (spas et détente, restaurants, produits du terroir et découvertes gastronomiques régionales, etc.)
  • accueil – un guichet d’information où l’on trouverait, par exemple, l’office de tourisme ainsi que de l’information générale de type météo, banques, etc.

 

Cette nouvelle approche, plus marchande, pourrait bien à l’avenir remplacer les portails Web traditionnels de destinations touristiques comme nous les connaissons actuellement.

Par exemple:

Concepteurs Web, à vos souris. Étourdissez-nous!

Sources: – Le journal du Net. «Le premier centre commercial virtuel a ouvert ses portes», 9 mars 2006.
– Lecentredumonde.com – Dossier de presse, décembre 2005.