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Des festivals pour quel public ?

Que ce soit pour le Carrefour de l’accordéon, le Festival de jazz, le Festival du cinéma international, le Festival des Nuits d’Afrique, pour déguster du homard ou faire du rodéo? Comment publiciser un événement? Et surtout, auprès de qui? Pour pouvoir répondre à ces questions, il vous faut mieux comprendre et cerner les motivations de ce segment de marché, afin de définir différents profils de visiteurs.

Certains visiteurs sont influencés par les médias (télé, radio, etc.), d’autres par les amis ou les agences de voyages. Certains connaissent déjà l’événement, d’autres y viennent pour la première fois. Sont-ils poussés par la curiosité, l’évasion, un intérêt pour le patrimoine?

Bref, il existe toute une série de motifs qui impliquent nécessairement des stratégies promotionnelles différentes.

Selon la revue spécialisée Tourism Management de février 2004, de nombreuses études très sérieuses ont porté sur cette motivation. Il en ressort quatre catégories principales d’amateurs (classées ci-dessous par ordre d’importance) et six dimensions de motivation distinctes:

  • les «amateurs universels» (constituant la plus grande partie, ils représentent les personnes qui se reconnaissent comme aimant également les festivals pour leurs dimensions générale, familiale, culturelle et patrimoniale);
  • les «amateurs d’évasion» (recherchant plus précisément l’évasion et la nouveauté, ils privilégient «l’exploration culturelle»);
  • les «amateurs de culture et de patrimoine» (aimant découvrir l’aspect «exploration culturelle» tout en voyageant en famille, ils attachent cependant moins d’importance aux aspects de nouveauté et de socialisation);
  • les «amateurs d’événements» (liant étroitement la notion d’événement à celle de la socialisation).

On observe que plusieurs facteurs expliquent l’intérêt d’un visiteur pour un festival.

Voici six dimensions (classées ci-dessous par ordre d’importance) décrivant les motivations par besoins:

  1. d’exploration et de découverte;
  2. liés à l’attraction de l’événement en lui-même et à sa thématique;
  3. d’évasion;
  4. de se retrouver en famille;
  5. de socialiser;
  6. et enfin, l’attrait de la nouveauté.

Alors, puisqu’il n’existe pas de profil unique et homogène, les organisateurs d’événements auraient tout intérêt à examiner plus avant les raisons de ces motivations. Ils devraient donc sonder et étudier la clientèle.

En effet, si la thématique du festival n’est pas le seul critère de choix, au détriment du simple plaisir de participer ensemble à une activité de rue, peut-être serait-il plus adéquat de miser sur plus de relations publiques et de presse, sur un meilleur accueil, de meilleurs services et un encadrement plus serré du flux touristique?

Sources :
– Lee, Choong-ki et Wicks, Bruce E. «Segmentation of festival motivation by nationality and satisfaction», Tourism Management, février 2004.
– Lee, C.K. et Lee, T.H.. «World Culture EXPO segment characteristics», Annals of Tourism Research, 3/2001.
– Les Cahiers Espaces. «Événements, tourisme et loisirs», n. 74, août 2002.

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Enjeux Gestion Marchés géographiques

Une pluie de subventions pour l’Ontario

De toutes les provinces canadiennes, c’est l’Ontario, et notamment la région du Grand Toronto (RGT), qui a été la plus touchée par l’épidémie de SRAS, l’an dernier. Le gouvernement ontarien fait preuve d’une volonté très nette de renverser la vapeur. Ainsi, pour attirer les touristes en Ontario dès ce printemps et cet été, il fait pleuvoir des subventions (provinciales et locales) depuis le début du mois de février 2004, soit un investissement de 30 millions $.

Selon les résultats d’un sondage (NFO CFgroup, novembre 2003) mené auprès des Américains sur leurs intentions de voyage, ceux-ci ont répondu être encore très préoccupés par le SRAS. Et lorsqu’on leur a demandé s’ils étaient plus susceptibles de bouder certaines destinations entre novembre 2003 et mai 2004 en raison du SRAS, ils ont mentionné Toronto (à 6%), Niagara Falls et d’autres villes de l’Ontario (à 4%).

Le secteur touristique en Ontario a subi des pertes sans pareil en termes de dépenses depuis 1992, la dernière étude Tourism Expenditure Monitor de KPMG estimant la baisse globale des dépenses touristiques dans six villes canadiennes (Montréal, Ottawa, Toronto, Niagara Falls, Calgary et Vancouver) à 920 millions de dollars.

Le gouvernement ontarien consent ces importantes subventions afin d’ouvrir toute grande la voie à une saison touristique dynamique dans la province, d’amplifier les efforts de commercialisation, d’atteindre un public plus large, de développer l’industrie des congrès et de promouvoir le tourisme culturel. Le premier ministre McGuinty a ainsi annoncé un investissement de 30 millions $ réparti entre les trois principaux secteurs suivants:

  • 10 millions $ pour la promotion de l’Ontario sur les marchés national et international;
  • 2,8 millions $ réservés aux initiatives de promotion du tourisme du Nord;
  • et 17,2 millions $ alloués à des partenariats stratégiques destinés à commercialiser des événements et des destinations dans toute la province, à renforcer l’industrie des congrès et à promouvoir le tourisme culturel.

Dans cette enveloppe, retenons également que 100 000 $ seront versés pour aider la ville de Toronto à financer le festival d’activités et d’événements continus, le festival Winter City.

Le gouvernement souhaite également revoir les aspects promotionnels, en mettant l’accent sur l’interactivité et le multimédia: par le développement de campagnes interactives (campagnes marketing par courriel, DVD, etc.), l’utilisation de logiciels de GRC (gestion de la relation client – CRM, en anglais) et des médias électroniques (Internet), ainsi que la concertation avec d’autres organismes provinciaux, comme le CAA (Association canadienne des automobilistes) et l’OMCA (Ontario Motorcoach Association).

Il est cependant intéressant de voir que dans cette enveloppe budgétaire, moins de 50% de la somme sera dépensée en promotion, l’autre moitié de cet investissement étant destinée à des initiatives de développement (rénovation, construction…), d’accueil et de mise à niveau, ainsi que d’intelligence des marchés (partenariats).

Programme de relance de l’économie et du tourisme

En avril 2003, le ministère du Tourisme et des Loisirs de l’Ontario avait annoncé un Programme de relance de l’économie et du tourisme d’une durée de deux ans et qui s’élève à 138 millions $. Ce programme a été mis en place, à l’échelle internationale, afin que Toronto et l’Ontario redeviennent des destinations de confiance.

Destinée aux résidants ontariens, aux Américains des États frontaliers et aux visiteurs d’outre-mer, cette vaste campagne de commercialisation à long terme a pour objectif de redorer le blason de Toronto en tant que destination de choix en matière d’événements, de congrès et de voyages d’agrément.

Voici quelques éléments clés de cette campagne:

  • une campagne intense de relations publiques, notamment le lancement de plusieurs grands événements dans la région du Grand Toronto (RGT), pour acquérir un calibre international;
  • une aide exclusive à la mise en marché des festivals et événements communautaires admissibles;
  • une aide à la promotion de la province en tant que destination de voyage, qui mettra en valeur le tourisme régional;
  • une stratégie visant à attirer en Ontario des réunions et des congrès, grâce à des mesures incitatives dont bénéficieront les organisateurs d’événements s’ils réservent des installations ontariennes et plus particulièrement torontoises;
  • et enfin, un congé fiscal de 5 mois (du 1er mai au 30 septembre 2003) sur toutes les factures d’hôtel et les frais d’admission aux attractions.

Rappel: L’industrie touristique ontarienne est la plus importante au Canada, représentant 37 % des recettes du pays au chapitre du tourisme et accueillant 43 % des visiteurs.

Sources
– Canada NewsWire. «Le gouvernement McGuinty consacre 30 millions de dollars à la relance du tourisme en Ontario», 11 février 2004.
– KPMG. «Tourism Expenditures in Major Canadians Markets!» (Tourism Expenditure Monitor) [www.kpmg.ca], octobre 2003.