Catégories
Ailleurs dans le monde Marketing Segments de clientèles

Attirer les télétravailleurs

Les campagnes de marketing territorial fusaient bien avant la pandémie, mais comme d’autres tendances, elles ont proliféré avec la crise sanitaire. Promotion de paysages à couper le souffle, valorisation d’un milieu de vie attractif, mesures incitatives pécuniaires, adoption de législations favorables : une panoplie de stratégies sont mises de l’avant pour encourager les télétravailleurs à faire le grand saut. 

Les ambitions des destinations divergent. Certaines lorgnent des résidents de régions contiguës, de provinces ou de territoires plus éloignés, ou même de pays étrangers. Voici quelques exemples observés.  

Les provinces maritimes à la conquête des Canadiens 

La Nouvelle-Écosse cible les télétravailleurs canadiens. Elle les incite à venir s’installer sur son territoire à travers une campagne de marketing qui fait valoir ses plus grands atouts. Le site Web Workfromnovascotia.com se dédie à cette initiative et en met plein la vue aux intéressés. 

novascotia_teletravail

Son voisin, le Nouveau-Brunswick, abonde dans le même sens avec son initiative  

 « Vivez dans le moment/Live for the moment ». Les agences de développement économique des villes de Saint John, Moncton, Fredericton et la province ont lancé une campagne de marketing conjointe. Cette dernière vise à tirer parti de la vague de Canadiens travaillant à domicile en raison de la pandémie pour contribuer à l’accroissement de la population néo-brunswickoise. Cette tactique cible plus particulièrement les résidents des grands centres urbains tels que Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver, qui souhaitent changer de milieu de vie.

 

Des programmes appuyés monétairement 

Aux États-Unis, plusieurs villes et États ont mis en place des programmes incitatifs visant la migration interrégionale. Au lieu de verser des sommes pour que des entreprises s’installent sur leur territoire, les autorités offrent cet argent directement aux personnes qui y déménagent.  

Le Vermont a instauré une telle initiative en 2019, bien avant la pandémie. Le Remote Worker Grant Program propose 10 000 $ US aux intéressés qui souhaitent s’établir dans la région pour une période minimum de deux ans. Plusieurs autres critères devaient être respectés pour être sélectionné.  

Dans la ville de Tulsa en Oklahoma, le programme Tulsa Remote a aussi pris naissance avant la pandémie, en 2018. Les responsables ont reçu près de 20 000 demandes depuis le lancement. De celles-ci, 400 ont été acceptées et seulement trois personnes ont ensuite quitté l’aventure. Depuis le début de la crise sanitaire, les instigateurs notent une hausse de l’engouement des candidats.  

tulsa_teletravail
Source : Tulsa remote 

Des visas temporaires pour les travailleurs nomades 

Les contraintes légales et fiscales associées à l’exécution d’un travail fait à distance depuis l’étranger freinent de nombreux professionnels. Or, certains pays s’adaptent à la tendance et délivrent des visas pour accommoder ce type de travailleurs, mais aussi pour tirer profit des retombées de leur passage. Les conditions pour accéder à ces visas varient selon la destination. 

Quelques États européens offrent le « Digital Nomad Visa » ou le « Remote Work Visa », notamment l’Allemagne, l’Estonie, la Croatie, mais aussi d’autres pays comme la Barbade, Dubaï et le Costa Rica. Ces visas favorisent les longs séjours allant parfois jusqu’à deux ans. 

Sur l’île de Madère, au Portugal, l’idée d’accueillir des télétravailleurs ou « nomades numériques » est développée à un autre niveau à travers le projet « Digital Nomads Madeira ». Portée par les autorités régionales de Madère et Startup Madeira, l’initiative vise à attirer des professionnels au Nomad Village de Ponta do Sol, pour une période d’un à six mois. L’objectif consiste à stimuler positivement l’économie locale grandement touchée par la baisse radicale du nombre de touristes depuis le début de la pandémie. 

Source : Startup Madeira

Est-ce que le télétravail s’imposera à long terme ? L’avenir nous le dira. Mais chose certaine, plusieurs organisations évaluent la question. D’ici là, de nombreuses destinations observent et documentent cette tendance qui semble prometteuse pour les mois et années à venir. À suivre…  


Source image à la une : Photo de Yan Krukov de Pexels  

Catégories
Ailleurs dans le monde Tendances

Le système immunitaire du tourisme de bien-être 

Comme le Réseau de veille l’a déjà présenté dans une analyse, le tourisme de bien-être signifie le maintien proactif de sa santé en vacances. En 2017, les voyageurs ont réalisé 27,5 millions de ce type de séjours au Canada, et plus de 90 % d’entre eux étaient des Canadiens. Cette grande proportion de visiteurs locaux soulève l’intérêt durant la saison estivale actuelle où les frontières demeurent fermées.

 

 

 

Les spas, les hébergements spécialisés, les retraites organisées, toutes les offres doivent être revues en fonction des nouveaux besoins. Les initiatives originales abondent.

Numériser ses services

Depuis le mois de mars, le bien-être numérique demeure sans surprise une direction empruntée par plusieurs. Durant le confinement, la Wellness Tourism Association (WTA) réunissait les services de ses membres sur une seule plateforme, Healthy@home. Des cours de yoga, des séances d’entraînement ou encore des ateliers de cuisine en ligne se vendent comme des solutions pour contrecarrer l’anxiété causée par l’isolation. Mais le Global Wellness Institute rappelle que de tels moyens devraient rester temporaires. Les rapports humains demeureront prioritaires pour ce secteur.

bien_etre_covid_wellness

Source : Wellness Tourism Association

Miser sur les marchés en croissance

Depuis la dernière semaine de mai, les entreprises rouvrent et adaptent leurs produits. Avec les nouvelles chartes sanitaires et les règles de distanciation physique, plusieurs saisissent l’occasion pour se réinventer.

Comme le rapporte SmartBrief, après la levée du confinement, le désir de retrouver un style de vie équilibré et de calmer l’anxiété causée par la pandémie risque d’influencer le choix d’activités des vacanciers. Une plus grande proportion pourrait rechercher des produits axés sur la santé et le sport.

À la fin de l’année 2019, 51 % des touristes canadiens optaient pour des escapades centrées sur « l’amélioration du bien-être et de la santé », après « la relaxation et la réduction du stress » (55 %), selon une enquête du Global Wellness Institute. Un sondage sur les intentions de voyages de ce type de clientèle durant la pandémie est en cours jusqu’au 11 juin 2020. Probablement que ces dernières motivations y gagneront en popularité.

Cette tendance se remarque déjà pour la chaîne Minor Hotels qui observe une hausse de la demande pour ses « expériences détoxifiantes », notamment au Sri Lanka et dans les Maldives.

Pour cette raison, Andrew Gibson, vice-président de la WTA, suggère entre autres aux entreprises de se joindre à des professionnels comme des entraîneurs, des nutritionnistes, voire des thérapeutes. L’authenticité et la qualité des services demeurent essentielles.

Adaptation de produits : la santé d’abord

Cette industrie doit composer avec les mesures sanitaires. Les expériences thermales (spa, sauna) demeurent fermées et les traitements de massothérapie devraient être autorisés sous peu. Les établissements qui peuvent se permettre la distanciation physique saisissent cet engouement autour d’un mode de vie sain. Ils redirigent l’attention de leur clientèle sur les bénéfices immunitaires de leurs services.

Kamalaya Wellness Sanctuary and Holistic Spa en Thaïlande est en phase de réouverture. Pour des raisons de sécurité sanitaire, le centre a délimité certaines « zones » destinées aux cinq premiers jours des retraites et offre dorénavant deux tests de la COVID-19, un à l’arrivée, l’autre au départ. Il propose aussi un nouveau séjour axé sur « l’enrichissement de la vie », qui vise à améliorer les problèmes de santé tels que le déséquilibre du système immunitaire.

Eupepsia’s Home Wellness en Virginie promeut des séances individuelles de gestion des émotions et d’entraînement personnalisé. Le centre de santé livre à domicile un paquet contenant des produits pour améliorer naturellement le système immunitaire.

Source : Eupepsia’s Home Wellness

D’autres établissements ne modifient pas leurs services, mais adaptent leurs messages et communiquent leurs efforts. C’est le cas de Skyterra Wellness Retreat en Caroline du Nord. Le 31 mai 2020, il lançait une vidéo pour souligner sa réouverture et rassurer sa clientèle. Au 1er juin, certains séjours de méditation avec nuitées à plus de 3500 $ affichaient déjà complet pour la semaine suivante.

Au Québec

L’adaptation de produits et l’adoption de différents messages clés sont aussi observables au Québec. Nordik Spa, par exemple, publie sur son site Web une capsule sur les bienfaits de ses services sur la santé immunitaire. Le spa fait également la promotion de ses nouveaux forfaits de thermothérapie.

bienetrevideo

Source : NordikSpa

Bota-Bota, dans le Vieux-Port de Montréal, offrira des services de massothérapie dès le 22 juin. L’entreprise annonce qu’elle réfléchit aussi à adapter son produit dans une installation qui peut normalement accueillir jusqu’à 350 personnes. Dans les Cantons-de-l’Est, le spa Eastman rassure sa clientèle sur ses nouvelles activités et méthodes sans contact.

La compagnie Retraites de yoga propose le forfait YOGA & DETOX, qui compte 5 jours de yoga et de méditation à faire à la maison ainsi que des traitements pour la peau envoyés par la poste.

Outils de redémarrage

Le Global Wellness Institute fournit plusieurs outils en prévision de la réouverture des spas, des hôtels ainsi que des centres de bien-être et de conditionnement physique. L’Association Internationale des Spas publie notamment une liste des éléments à cocher pour la reprise des services.

L’industrie du bien-être est réactive et inventive. La pandémie a forcé la société à ralentir et ce secteur s’en inspire.

 

Et vous, la situation actuelle vous allume-t-elle un élan de créativité ?

 

Source de l’image à la une : Unsplash

 

Catégories
Ailleurs dans le monde

La force des partenariats en marketing

Le 16 janvier dernier, les organisations de gestion de la destination (OGD) de Manchester et de New York ont signé une entente de partenariat touristique de deux ans. Cette alliance comprend la participation de Virgin Atlantic pour stimuler les déplacements réciproques entre les deux villes. Dans ce contexte, la compagnie aérienne augmentera de 65 % sa capacité entre les aéroports Manchester et John F. Kennedy International en 2020.

L’engagement pris par les deux organisations stipule le partage de bonnes pratiques en marketing de destination et en intelligence d’affaires. Plus spécifiquement, les OGD travailleront sur des stratégies dans les secteurs des arts et de la culture, du tourisme sportif et du marché LGBTQ+. Manchester et New York échangeront également des ressources et des actifs marketing d’une valeur de 500 000 dollars américains pour favoriser une bonne diffusion des campagnes de promotion.

Le Royaume-Uni représentait en 2019 la principale source de visiteurs internationaux de la ville de New York. Pour Manchester, les États-Unis occupent le deuxième rang.

marketing_strategie_coopetition

Source : ilovemanchester.com

L’OGD NYC & Company a plusieurs partenariats avec d’autres villes internationales à son actif, notamment avec Madrid, Amsterdam, Cape Town, Toronto, Tokyo, Buenos Aires et Berlin.

 

Source image à la une : ilovemanchester.com

Catégories
Ailleurs dans le monde Produits et activités

Une route pour devenir la destination de l’automne

Ayant un territoire reconnu pour sa symphonie de couleurs, avec plus de 20 millions d’arbres de différentes essences, l’Association touristique de la vallée de la Wye et de la forêt de Dean souhaite devenir la capitale de l’observation du feuillage automnal. Elle compte y parvenir avec la mise en place d’une stratégie comprenant une route thématique, un site Web ainsi qu’un guide. Les responsables ont collaboré avec un arboriculteur et conseiller forestier pour orienter les visiteurs vers les meilleurs endroits où admirer le paysage, le long d’un trajet de 80 km.

En plus de détailler les points de vue, le guide et le site Web proposent des activités pour profiter du feuillage automnal, telles que des promenades et des animations pour les familles, ainsi que des conseils pour la prise de photos.

Les entreprises se situant le long du parcours participent également au projet. Elles ont développé de nombreuses idées en lien avec la thématique de la route pour accueillir les visiteurs et animer leur territoire. Par exemple, les propriétaires de Wharton Lodge ont renommé leur hébergement « Leaf Peepers Cottages » pour la saison. Chez Eastnor Pottery, ils organisent des ateliers de modelage de l’argile sur le thème des feuilles. Une thérapeute propose des séances de relaxation en forêt pour améliorer le bien-être du corps et de l’esprit.

carte_itineraire_automne

Source : Association touristique de la vallée de la Wye et de la forêt de Dean

 

Bien que le Québec n’ait pas à rougir d’envie pour ses couleurs automnales, il s’agit d’une bonne idée pour valoriser les paysages et attirer davantage de visiteurs pendant cette saison.

 

Source de l’image à la une : Unsplash

 

Catégories
Ailleurs dans le monde

Une malle pour la découverte des paysages

L’Association Citémômes et le Réseau des Grands sites de France ont créé un outil pédagogique pour mettre en valeur les paysages dans une perspective de développement durable : la Malle vagabonde.

 

 

 

 

 

 

 

Celle-ci respecte valeurs des Grands Sites de France :

  • respect de l’esprit du lieu ;
  • analyse sensible du paysage en vue de construire un projet de territoire ;
  • participation des acteurs locaux.

Ce coffret regroupe des activités interactives et sensorielles permettant aux participants de tout âge de découvrir et de comprendre la beauté du paysage, ce qui le constitue et le rend unique. Il suffit d’ouvrir la malle pour y trouver, par exemple, une activité stimulant les cinq sens, un jeu de cartes pour aider à la lecture du paysage et un autre qui présente les divers acteurs habitant et travaillant sur le territoire.

En plus d’être simple, peu coûteuse et faite de matériaux écoresponsables, la malle a été conçue par une équipe multidisciplinaire regroupant des gestionnaires de sites, des illustrateurs, des paysagistes, des médiateurs, etc. Le projet a remporté la Palme du tourisme durable dans la catégorie « Loisir » en 2018 pour son caractère innovant et unique.

La Malle vagabonde constitue un projet original et créatif. Dans le contexte où les visiteurs recherchent de plus en plus des expériences stimulant les sens, l’interprétation de paysages de manière dynamique et immersive permet de leur faire vivre de véritables émotions et de développer un attachement à la destination.

 

Source de l’image à la une : Pixabay

Catégories
Ailleurs dans le monde Tourisme durable

Un programme pour la rénovation énergétique des hôtels

Nearly Zero Energy Hotels est un consortium européen créé dans le but d’aider les établissements hôteliers à réduire leur consommation énergétique et leur empreinte carbone. Le projet fournissait aux gestionnaires hôteliers une aide comprenant des conseils personnalisés et des exemples de bonnes pratiques, notamment en matière de rénovation énergétique. Le consortium prodiguait également de la formation pratique sur mesure en plus d’offrir en ligne la boîte à outils gratuite neZEH, permettant de trouver rapidement la solution énergétique la plus efficace selon la situation.  

Financée par la Commission européenne et l’Intelligent Energy Europe Programme (IEE) pour une durée de trois ans (de 2013 à 2016), l’approche a permis des réductions de consommation énergétique allant jusqu’à 70 %.

Cette initiative s’inscrivait dans la volonté de contribuer à l’atteinte des cibles de l’Union européenne pour 2020 et 2050 et des objectifs d’efficacité énergétique dans la lutte contre les changements climatiques. On trouve parmi ces engagements celui de la transformation progressive du parc immobilier européen en édifices à consommation énergétique presque nulle (Nearly Zero Energy Buildings).

nearly_zero_energy_hotels

Le bilan de l’expérience fait tout même ressortir le défi de parvenir à modifier les comportements de la clientèle et des employés afin de maximiser les mesures d’économie énergétique mises en place. De plus, les programmes d’aide financière doivent être adaptés afin de prendre en compte la réalité des plus petits établissements, qui doivent supporter un investissement initial majeur pour profiter d’une rénovation énergétique ambitieuse.

Vidéo : Youtube

 

Source de l’image à la une : www.nezeh.eu

Catégories
Ailleurs dans le monde Destinations Marketing

Les OGD : acteurs clés dans le développement économique

Les organisations de gestion des destinations (OGD) peuvent s’impliquer dans le développement économique hors du cadre touristique. Elles soutiennent leur communauté, participent à développer leurs échanges commerciaux, à générer des revenus, à créer des emplois, à augmenter leurs investissements dans de nouvelles infrastructures et bien plus encore. La US Travel Association en est convaincue. Dans son plus récent rapport, elle décrit le travail des ODS américaines et leur implication dans l’économie de leur région. Voici quelques exemples.

Stimuler les PME

Les OGD et les stratégies — ou démarches — de marketing territorial favorisent la croissance des petites et moyennes entreprises. Leur promotion devient essentielle pour développer l’économie locale et pour répondre à la demande des touristes. En effet, les PME attirent les visiteurs, car elles rendent une destination unique et dynamique.

La Virginie passe à l’action 

En Virginie, les PME emploient la moitié de la main-d’œuvre du secteur privé. Selon la US Travel Association, les deux tiers des 20 000 établissements de loisirs et d’accueil de l’État ont moins de 20 travailleurs. La Virginia Tourism Corporation (VTC) soutient les intérêts des entreprises touristiques, des entrepreneurs et la création d’emplois. Elle trouve des moyens efficaces de les promouvoir et de les supporter avec des outils marketing, du financement et des partenariats. C’est d’ailleurs le cas de l’industrie des bières artisanales.

Tout comme au Québec, les microbrasseries en Virginie connaissent une croissance importante. Grâce à l’implication de la VTC, ces entreprises brassicoles deviennent des incontournables dans l’offre touristique de leur région. L’OGD fait la promotion de leurs établissements, de leurs routes thématiques et de leurs festivals et évènements. Pour les visiteurs, il s’agit d’une occasion de découvrir des produits locaux et de vivre une expérience authentique. Le tourisme fait affluer une clientèle de plus en plus importante pour les microbrasseries et apporte des revenus supplémentaires. Pour la Virginie, ces entreprises ont un impact économique estimé à 9 milliards de dollars américains d’après la US Travel Association. 

virginia_beer Source : Virginia Tourism Corporation

L’entreprise Hardywood Park Craft Brewery connaît une expansion importante depuis sa fondation en 2011. Elle a récemment étendu ses activités et investi dans une nouvelle installation de brassage et un campus de la bière d’une valeur de 28 millions de dollars américains. Plus de 60 emplois seront créés dans la région rurale de Goochland. L’emplacement d’origine attire 150 000 clients par an et les responsables s’attendent à en recevoir environ 250 000 avec leurs plus récents projets. La brasserie estime que 20 % des visiteurs viennent de l’extérieur de l’État, ce qui stimule l’économie locale grâce à de nouvelles dépenses et aux recettes fiscales.

hardywood_park_carft_brewery Source : Hardywood Park Carft Brewery, Kate Magee

Attirer les entreprises

Elles peuvent participer aux efforts déployés pour encourager les compagnies à s’implanter dans une région et les renforcer.

Dans un contexte où la qualité de vie est un facteur de plus en plus important pour les dirigeants dans le cadre d’une relocalisation d’entreprise, les OGD s’avèrent des joueurs clés dans la présentation de leur destination. Il s’agit de spécialistes du marketing qui racontent l’histoire d’une communauté. Elles sont les meilleures pour décrire ce que la ville ou la région a de mieux à offrir. Conséquemment, elles peuvent participer aux efforts déployés pour encourager les compagnies à s’implanter dans une région et les renforcer.

Dans la course pour Amazon

Lorsque la compagnie Amazon a annoncé la création d’un deuxième siège social, les promoteurs économiques, les chambres de commerce, les mairies et d’autres agences ont déployé beaucoup d’efforts pour l’accueillir. Elle avait plusieurs critères de sélection notamment la qualité de vie, l’offre des activités de loisirs et un bon système d’éducation. Dans certains cas, les OGD se sont impliquées dans le processus pour attirer Amazon.

Même si elle ne figure pas parmi les 20 meilleures candidates d’Amazon, Kansas City a mis beaucoup d’efforts pour convaincre la compagnie américaine. Son OGD, Visit KC, a pris l’initiative de fournir des messages et plusieurs éléments visuels afin de démontrer le caractère unique de la ville. D’ailleurs, cette OGD collabore avec plusieurs grandes entreprises, notamment Garmin International et H&R Block, pour les aider dans leurs efforts de recrutement de main-d’œuvre.

Le Philadelphia Convention & Visitors Bureau et Visit Philadelphia partagent des ressources et des compétences pour montrer la ville sous son meilleur jour. Elles participent à l’effort global en mettant l’accent sur la qualité de vie de la destination. Ces organisations apportent également leur soutien en matière de marketing et de médias sociaux pour le site Web Philadelphia Delivers. Si ce site fut créé à l’origine pour vendre Philadelphie à Amazon, les autorités municipales continuent de l’exploiter pour attirer de nouvelles entreprises. Tous ces efforts permettent à la ville de demeurer dans la course pour l’obtention du deuxième quartier général d’Amazon. Le choix de la destination devrait être connu d’ici le début de l’année 2019.

Source : YouTube

Selon la présidente du Philadelphia Convention & Visitors Bureau, Julie Coker Graham, le processus pour attirer Amazon a permis de créer un discours et d’acquérir de nouveaux partenaires qui peuvent aider à positionner Philadelphie comme une destination de choix aux États-Unis.

Et vous, comment participez-vous au développement économique de votre destination ?

 

Source de l’image à la une : Pexels

 

Catégories
Ailleurs dans le monde Produits et activités

Les microbrasseries ont la broue dans le toupet

Les microbrasseries du Québec font partie de l’offre touristique de la province. Que ce soit Québec Original, Tourisme Montréal, Tourisme Mauricie, ou Tourisme Cantons-de-l’Est, ces OGD dédient toutes une section de leur site Web au tourisme brassicole. Pour les visiteurs, il s’agit d’une occasion de découvrir des produits locaux et de vivre une expérience authentique. Les microbrasseries s’inspirent de l’histoire de leur région, du terroir et de sa population.

 

Un phénomène mondial

L’industrie des microbrasseries connait une croissance impressionnante. Selon l’Association des brasseurs de France, 500 nouveaux établissements ont vu le jour depuis une dizaine d’années pour atteindre 900 en 2016. Aux États-Unis, si la vente des grandes marques a chuté de 2,9 % en 2017, celle des bières artisanales a augmenté de 5,6 % selon une étude d’Iri Worldwide. 

Au Québec 

Se basant sur l’émission des permis émis par la Régie des alcools, des courses et des jeux, la plus récente étude de l’Association des microbrasseries du Québec estime que le nombre d’entreprises brassicole dans la province a doublé entre 2011 et juin 2018 (voir le tableau suivant).

tableau_nb_micro

Outre le Nord-du-Québec, chaque région possède au moins une entreprise brassicole. Le plus grand nombre se trouve dans la région de Montréal (42), suivie de la Montérégie (33) et de la Capitale-Nationale (22). La majorité d’entre elles (60 %) se situent dans les villes de moins de 100 000 habitants.

Développement de l’offre

Que ce soit des initiatives privées ou organisées par des destinations, le nombre d’activités liées au monde des microbrasseries augmente au Québec et ailleurs. Une pléiade de routes, de circuits, d’applications mobiles et de tours guidés permettent aux résidents et aux touristes de découvrir l’univers du houblon. Plusieurs microbrasseries offrent des spectacles et d’autres encouragent les artistes locaux. Témoins de la popularité de la bière, plus d’une trentaine de festivals ayant une thématique brassicole existent désormais dans la province.

plus d’une trentaine de festivals ayant une thématique brassicole existent désormais dans la province

Bière et musées 

Plusieurs musées explorent la thématique du monde brassicole. Que ce soit par une exposition permanente ou temporaire, les visiteurs découvrent l’univers du houblon à travers une multitude d’histoires. Certaines institutions muséales profitent de l’occasion pour s’associer à des microbrasseries de leur région. C’est le cas de Musée POP à Trois-Rivières qui s’associe à deux établissements, Trou du diable et Le temps d’une pinte, pour son exposition Autour d’une Broue. En plus de profiter de dégustations au musée, les visiteurs peuvent visiter ces microbrasseries afin de découvrir leurs installations et leurs produits.

musee_pop_microbrasseries

Source : Musée POP

Circuits et énigmes houblonnées 

Le nombre de circuits, d’excursions ou de tours de la bière augmente chaque année. Que ce soit à pied, en autobus, à vélo, en milieu urbain ou non, les choix sont multiples pour les amateurs de boissons houblonnées. Il s’agit d’une bonne manière de découvrir une ville ou une région en quelques heures ou quelques jours.

La compagnie française L’échappée bière offre des rallyes brassicoles dans plusieurs villes, notamment Bruxelles, Bordeaux, Lille et Strasbourg. Les parcours scénarisés, d’environ 3 h, mettent au défi les participants avec des jeux d’orientation (pour trouver les brasseries), des dégustations à l’aveugle et des questions et énigmes sur la ville.

Faire dodo à la micro 

Une nouvelle offre apparaît dans le milieu des microbrasseries, celle de l’hébergement. Encore peu présents au Québec, les concepts Bed & Brew ou Beer & Breakfast se développent à travers le monde.

La microbrasserie Spinnakers, à Victoria en Colombie-Britannique, possède des maisons d’hôtes depuis la fin des années 1990. Les propriétaires désirent offrir plus de services dans le quartier et accueillir les touristes de plus en plus nombreux, en quête des bières régionales dans la ville. Forts du succès de leur premier hébergement, les propriétaires ont acquis deux autres propriétés qu’ils ont transformées en maison d’hôtes.

bnb_victoria

Source : Spinnakers

Certaines entreprises brassicoles choisissent la plateforme Airbnb pour la location de leurs espaces d’hébergement. Située sur un terrain de 18 hectares dans la région de Newcastle dans le Maine, la Oxbow Brewing Compagny met en location une petite maison pour les voyageurs assoiffés. Les locataires profitent de l’accès à la salle de dégustation et des sentiers sur le terrain. Dans le cas de la brasserie Funky Bow, située sur une ferme dans la région de Portland, les visiteurs dorment dans une yourte.

tente_huttopia_biere

Source : Airbnb

Au Québec, quelques microbrasseries offrent l’hébergement. C’est le cas de l’Auberge Sutton Brouërie dans les Cantons-de-l’Est, du Baril roulant à Val-David et du Roquemont dans la région de Portneuf.

Fait intéressant, le phénomène inverse existe également. Misant sur la popularité de la bière, des hôtels vont ajouter leurs propres brasseries (ou distilleries) à leurs installations. C’est le cas du The Cavalier en Virginie. D’autres les encouragent en mettant en vente les produits dans leur établissement.

Face au nombre grandissant de microbrasseries et des nombreuses activités s’y rattachant, l’ajout de l’hébergement à un commerce donne une bonne occasion pour se démarquer de ses concurrents, élargir sa clientèle en plus de la fidéliser et d’apporter des revenus supplémentaires.

Qu’en pensez-vous ?

Cheers!

 

Source de l’image à la une : Pexels

 

Catégories
Ailleurs dans le monde Marketing

Service de conciergerie sur Foursquare

La stratégie derrière cette initiative consiste à faire rayonner l’expertise et les connaissances touristiques des concierges du Ritz-Carlton, et ce, au-delà de la clientèle qui fréquente ses hôtels. Peu importe où ils séjournent, les voyageurs peuvent accéder aux conseils disponibles dans l’application, et être initiés au service personnalisé de la chaîne hôtelière.

Catégories
Ailleurs dans le monde

L’authenticité autochtone, exemples et bonnes pratiques

Lors du 4e congrès international du tourisme autochtone, la Dre Sonya Graci, spécialiste en tourisme durable, en gestion des parties prenantes et en renforcement de capacités des communautés et professeure agrégée à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management de Toronto a présenté les meilleures pratiques de communautés autochtones à travers le monde, du Canada en passant par le Pérou et la Nouvelle-Zélande. Ces exemples révèlent les principaux facteurs de réussite et montrent comment ces communautés ont su relever les défis au cours de leur élaboration et de leur mise en marché.

Tout d’abord, des projets pour et par la communauté

Pour favoriser le succès d’un projet touristique autochtone, il importe qu’il soit basé sur les besoins et les désirs des membres de la communauté, qu’il leur appartienne et qu’ils l’exploitent

Selon Mme Graci, pour favoriser le succès d’un projet touristique autochtone, il importe qu’il soit basé sur les besoins et les désirs des membres de la communauté, qu’il leur appartienne et qu’ils l’exploitent. Le projet doit aussi :

  • créer de l’emploi dans la communauté;
  • augmenter l’effet multiplicateur;
  • redonner à la communauté d’un point de vue financier et social;
  • soutenir l’entrepreneuriat.

Pour appuyer ses dires, Sonya Graci présente l’exemple des indigènes Kati Kuri de Kaikoura, une sous-tribu maorie en Nouvelle-Zélande, qui a mis sur pied des croisières d’observation des baleines dans le but de fournir de l’emploi aux membres de la communauté, à une époque où l’économie locale déclinait. Aux débuts du projet, les fondateurs Kati Kuri de Whale Watch ont hypothéqué leurs maisons afin d’obtenir un prêt pour démarrer l’entreprise. Au fil du temps, l’unique pneumatique a été remplacé par un plus grand bateau avec une terrasse d’observation supérieure, auquel se sont ajoutés quatre catamarans modernes spécialement conçus pour l’observation des baleines. L’expansion de la flotte a nécessité la construction d’un port de plaisance. Le succès de Whale Watch a stimulé les investissements dans la communauté : des hébergements, des restaurants et un nombre impressionnant de cafés et de galeries présentant le travail des artistes locaux ont été créés. Aujourd’hui, 90 % de la population est engagée dans le tourisme et 50 % des profits reviennent à la communauté.

CN_tourisme_autochtone_bonnes_pratiques_4Source : Whale Watch

Ensuite, l’authenticité

Un produit authentique doit représenter la communauté, lui inspirer de la fierté, ramener les traditions, la langue et la culture au premier plan

Il n’est pas toujours facile de définir l’authenticité. Selon Mme Graci, un produit authentique doit représenter la communauté, lui inspirer de la fierté, ramener les traditions, la langue et la culture au premier plan, et enfin, il doit engager le visiteur dans l’expérience. Le village thermal Whakarewarewa est un excellent exemple de produit autochtone authentique en Nouvelle-Zélande. Depuis le début des années 1800, sa population héberge et accueille des visiteurs dans ses maisons et ses jardins et leur apprend à utiliser la géothermie naturelle pour cuisiner et prendre des bains. Les touristes y revivent l’histoire du village maori racontée par des guides qui y vivent depuis plus de cinq générations (voir la vidéo).

CN_tourisme_autochtone_bonnes_pratiques_2Source : Whakarewarewa Thermal Village

Puis, les partenariats

Pour Mme Graci, il importe de trouver un modèle de collaboration qui fonctionne pour la communauté en vue d’établir des ententes de financement et de collaboration avec des partenaires de l’industrie touristique pour le développement de produits et d’expériences. Au Pérou, la communauté Ese’Eja à Infierno, a su développer avec succès l’écolodge Posada Amazonas grâce à son partenariat avec Rainforest Expeditions qui stipule que :

  • le lodge serait toujours détenu par la communauté, mais uniquement géré par Rainforest Expeditions. Après 20 ans, toute l’exploitation reviendrait à la communauté;
  • la communauté recevrait 60 % des revenus générés et Rainforest Expeditions l’autre 40 %;
  • les décisions seraient prises par les deux parties;
  • la chasse et l’abattage d’arbres seraient interdits sur le territoire autour du lodge.

CN_tourisme_autochtone_bonnes_pratiques_3Source : Posada Amazonas

En outre, Rainforest Expeditions s’engageait à former les membres de la communauté afin qu’ils puissent travailler à :

  • la construction et à l’entretien du lodge;
  • la cuisine, aux chambres, et au restaurant;
  • des postes de guides professionnels dans la forêt tropicale;
  • des postes de cadres intermédiaires, d’administrateurs ou de leaders dans la haute direction.

Infierno offrait peu d’occasions économiques outre l’agriculture à petite échelle, l’orpaillage et l’exploitation forestière illégale. L’écolodge semblait donc un moyen idéal d’augmenter les revenus et d’améliorer les infrastructures de la communauté… Pari gagné!

Enfin, du leadership

Les communautés autochtones ont besoin de meneurs forts et passionnés pour inspirer les autres membres de la tribu, responsabiliser et mobiliser les jeunes en vue de créer la prochaine génération de leaders. Fondé par les frères maori Mike et Doug Tamaki en 1989, Tamaki Tours est une société maintes fois primée qui démontre l’esprit de leadership et d’entrepreneuriat de cette communauté.

CN_tourisme_autochtone_bonnes_pratiques_5Source : Tamaki Village

Mike Tamaki rêvait de créer un village maori préeuropéen. Après avoir essuyé le refus de plusieurs banques, il s’est finalement associé à son frère. Ils ont travaillé très fort pour créer une expérience qui retrace l’histoire et l’esprit de leurs ancêtres maoris de manière aussi réaliste que possible. L’expérience, qui dure trois heures et demie, commence quand les invités arrivent au village par bus et qu’un conteur les guide à travers une reconstitution basée sur des histoires vraies. Les touristes ont la possibilité de vivre d’anciennes cérémonies de bienvenue et d’adieu, de connaître les modes de vie et les traditions guerrières de l’époque préeuropéenne. Cette expérience a connu un tel succès qu’une autre a été créée à Christchurch. Les frères Tamaki sont en cours de création d’un troisième village maori à Auckland. Tamaki Heritage Group compte maintenant plus de 120 employés. Les frères Tamaki partagent leurs connaissances en encadrant d’autres entreprises autochtones en Australasie. Ils ont créé une relation avec la communauté de Brewarrina en Nouvelle-Galles-du-Sud, où ils aident la communauté autochtone à développer une série de produits de tourisme culturel.

Le tout, orienté vers le développement durable

Le succès du développement touristique dans les communautés autochtones ne peut être garanti que si l’on s’assure de protéger les ressources naturelles, de se concentrer sur la viabilité économique, sociale, culturelle et environnementale à long terme du projet et de conserver les croyances traditionnelles, bref, si l’on suit les principes du développement durable. C’est ce qu’a fait la tribu autochtone MoCreebec à Moose Factory, en Ontario, lors de la construction du premier écolodge autochtone à voir le jour en Amérique du Nord, en juillet 2000. Le Cree Village EcoLodge est un des établissements les plus respectueux de l’environnement au Canada. Il a été conçu et est exploité par l’association MoCreebec — formée de membres appartenant à la nation crie — conformément aux valeurs traditionnelles, culturelles et écologiques des Cris. Il met l’accent sur l’efficacité énergétique et organique, ainsi que sur les produits naturels.

CN_tourisme_autochtone_bonnes_pratiques_6Source : Cree Village Ecolodge

L’écolodge est un bâtiment moderne qui a nécessité cinq années de planification avant l’ouverture, années pendant lesquelles le comité des membres de la communauté a accordé une attention toute particulière à chaque détail du bâtiment, de manière à offrir un maximum de confort et un minimum d’impact sur l’environnement. En construisant l’écolodge, la communauté crie MoCreebec s’est inspirée des principes de l’écotourisme en travaillant avec les populations locales et les communautés tout au long du processus de développement afin de faire converger les intérêts de tous vers un projet rassembleur. Pour les autochtones de Moose Bay, il est clair que l’écotourisme propose une activité économique saine qui soutient leurs valeurs culturelles et s’appuie sur leurs compétences traditionnelles.

À travers le monde, le tourisme autochtone s’affirme en tant que stratégie de développement économique viable pour les communautés autochtones tout en leur permettant de renouer avec leur culture ancestrale, de la partager et de la célébrer avec tous d’une manière vraie et authentique.