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Des festivals d’hiver insolites

Les festivals d’hiver enrichissent la vie des villes nordiques, mettant en lumière leur identité culturelle, leur histoire et leur patrimoine. Ils offrent également l’occasion de réunir les résidants et les visiteurs dans une atmosphère festive et chaleureuse, contribuant ainsi à l’économie régionale. Les thématiques des festivals varient considérablement. Toutefois, ils ont tous l’objectif de répandre de la chaleur, de la joie et un sentiment de convivialité en temps froid, que ce soit en milieu urbain ou rural. Voici quelques exemples insolites de festivals hivernaux à travers le monde.  

Vibrer au son de la glace

Créé en 2006, le Ice Music Festival de Norvège propose un concept unique avec la neige et la glace comme matières premières. Les instruments de musique et les œuvres d’art présentés dans le cadre de la programmation sont entièrement sculptés dans la glace ou la neige. Des discussions et présentations de scientifiques à propos des changements climatiques figurent aussi au programme.  

Source: Rainbow lifestyle magazine 

Quand un fait divers devient un festival

Un festival aux origines plutôt surprenantes se déroule chaque hiver au Colorado. En 1989, un Norvégien nommé Bredo Morstoel est décédé d’une maladie cardiaque. Son corps a été placé dans un centre de cryogénie à Oakland, en Californie, pendant quatre ans avant d’être transféré dans un hangar près de la ville de montagne de Nederland, au Colorado, où il se trouve encore aujourd’hui dans l’espoir que des avancées scientifiques puissent le ramener à la vie. Mais l’histoire ne se termine pas là.  

Inspiré par ce fait divers, la communauté de Nederland a lancé en 1995 The Frozen Dead Guy Days. Depuis, la célébration de la vie de Morstoel se poursuit chaque hiver. Pendant trois jours, le festival propose des concerts de musique sous des tentes chauffées, des courses de cercueils, un plongeon polaire costumé, des concours de t-shirts glacés, un défilé de corbillards, un jeu de quilles de dindes congelées sur glace, un spectacle de slam, un lancer de saumon glacé, etc. L’office de tourisme de Estes Park, où se tient l’événement, a produit un documentaire sur ce festival qui ne laisse personne de glace! (Voir le lien vidéo) 

Entre histoires et légendes

Les festivités Busó de Mohács, dans le sud de la Hongrie, marquent la fin de l’hiver. Le nom provient des « ’busó, » des personnes (traditionnellement des hommes) en costumes effrayants portant des masques en bois et de grands manteaux de laine. Ces personnages défilent dans des chaloupes sur le Danube pour ensuite parcourir la ville. Le défilé se termine par la mise à feu d’un cercueil symbolisant l’hiver. La vidéo suivante présente un bref résumé des festivités.

 

Si à l’origine la tradition fut créée par la minorité croate de Mohács, elle représente aujourd’hui un emblème pour la ville et une commémoration des grands événements de son histoire. Selon les responsables de l’événement, les festivités jouent un rôle social important en donnant la possibilité à chacun de s’exprimer au sein de la communauté. Les expressions artistiques qui en découlent sont préservées, dont un grand nombre de techniques de sculpture de masques. Ces festivités traditionnelles sont inscrites sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO depuis 2009. 

Petit ver va loin

Nommé d’après un minuscule ver qui prospère dans les écosystèmes glaciaires, le Cordova Iceworm Festival a été lancé en 1961 dans la ville du même nom en Alaska.  La pièce maîtresse de cette célébration hivernale de 10 jours est la parade des vers, mettant en vedette un énorme asticot de glace. Les autres attractions comprennent un feu d’artifice, des courses de combinaisons de survie dans l’eau vive, un concours d’avions en papier, une chasse au trésor, un spectacle de variétés, entre autres choses. Bien que certains événements soient organisés par l’Iceworm Board, la majorité d’entre eux sont mis sur pied par des entreprises et des résidants. Voilà un bel exemple qui fédère l’ensemble de la communauté d’une petite localité à partir d’une caractéristique originale de la région. 

Source : Instagram 

Les festivals d’hiver s’avèrent la démonstration de la résilience et de la créativité des communautés nordiques. Parfois uniques et insolites, ils constituent indéniablement une tapisserie diversifiée et dynamique de célébrations culturelles, saisonnières et communautaires.

 

Source de l’image à la une : Pexels

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Une économie basée sur la gastronomie : le cas de Tucson

Située dans le désert de Sonora, la ville de Tucson en Arizona possède une longue histoire agricole. Sa cuisine singulière est issue d’un passé culturel très diversifié, teinté entre autres, des traditions autochtones et mexicaines, et de techniques de préparation ancestrales transmises de génération en génération.

On y compte plus d’une vingtaine de festivals qui mettent en valeur les spécialités gourmandes de la région, telles que le piment tepin, le cactus, la courge et le maïs. L’un des plus connus, « Tucson Meet Yourself », attire chaque année plus de 100 000 visiteurs.

En 2015, Tucson est devenue la première ville américaine à rejoindre le Réseau des villes créatives de l’UNESCO (RVCU) dans la catégorie « Gastronomie ». Depuis, San Antonio au Texas s’est ajoutée à la liste des représentants de l’Amérique du Nord. Le congrès Taste of Place, tenu à Toronto au mois de juin dernier, a mis en lumière le développement prolifique de la ville à la suite de son adhésion au Réseau. Les initiatives entreprises subséquemment ont permis à Tucson de baser son modèle économique sur sa gastronomie.

Un réseau de villes créatives pour la gastronomie

Le RVCU a été créé en 2004 pour promouvoir la coopération et l’échange de connaissances entre les villes ayant identifié la créativité comme un facteur stratégique de développement. Il a également pour objectif de démocratiser l’accès aux produits culturels, d’aider les villes désignées à devenir des pôles de créativité et d’offrir des opportunités accrues aux différents artistes.

Parmi les domaines créatifs soutenus, on retrouve aussi le design, la littérature, la musique ainsi que l’art numérique. À ce jour, près de 300 villes d’un peu partout dans le monde forment le réseau. Parmi elles, 49 se démarquent dans le domaine de la gastronomie.

Source de l’image : Tucson City of Gastronomy

Tucson : vivante et gourmande

La Tucson City of Gastronomy (TCoG), une organisation à but non lucratif dont le conseil d’administration a pour mandat de gérer la désignation de la ville au sein du Réseau, a été fondée en 2016. Depuis, elle cumule des réalisations inspirantes. En voici quelques-unes :

Chefs ambassadeurs 

Chaque année, la TCoG est invitée à recruter des chefs locaux qui voyageront à l’international vers d’autres villes désignées du RVCU. L’objectif : partager l’héritage culinaire de Tucson à l’étranger et s’inspirer des autres chefs rencontrés.

Avant leur départ, les participants sélectionnés suivent une formation sur les raisons de la désignation de Tucson au sein du Réseau, sur le patrimoine et les ingrédients locaux, mais aussi sur la manière de travailler avec les journalistes et les médias. Les cohortes des dernières années se sont notamment envolées vers la Chine, l’Espagne, la France, le Mexique et la Turquie.

Laboratoires culinaires

Une formation et des ressources gratuites sont fournies aux entrepreneurs locaux et aux entreprises en phase de démarrage qui utilisent des ingrédients issus du patrimoine culinaire du sud de l’Arizona. Ces rencontres mensuelles fournissent des informations sur la manière dont on peut tirer parti de la désignation internationale de Tucson. Après l’événement, les participants sont invités à réseauter, à profiter des espaces de co-working et à bénéficier de services gratuits de mentorat.

Ceux qui souhaitent pousser plus loin l’expérience ont également l’occasion de rencontrer le personnel de Startup Tucson, un incubateur pour jeunes pousses, et d’en apprendre davantage sur son programme d’accélération Food Forward, destiné aux entrepreneurs du secteur alimentaire.

Source de l’image : Tucson City of Gastronomy

Certifications 

Depuis janvier 2023, les restaurateurs, les artisans, les détaillants et les services de traiteur ont la possibilité d’obtenir une certification qui reconnaît leur engagement en faveur de l’approvisionnement local, de la préservation du patrimoine alimentaire, de pratiques commerciales responsables et de la participation à la vie de la communauté.

Cette initiative est un excellent moyen d’accroître leur visibilité, d’autant plus que les entreprises certifiées bénéficient d’un rayonnement spécial de la part de la TCoG, de diverses associations touristiques sectorielles et d’autres partenaires clés.

Source de l’image : Tucson City of Gastronomy

Innovations pour s’adapter aux changements climatiques 

La TCoG fait partie d’une équipe chargée d’effectuer des recherches sur l’alimentation. Les membres du projet – par exemple l’Université d’Arizona et le Centre des Sciences de l’Environnement de l’Université du Maryland – mènent des expériences en cuisine qui leur permettent d’en apprendre davantage sur les qualités de certains ingrédients. On souhaite étudier la manière dont les régimes alimentaires et la culture d’aliments patrimoniaux peuvent être adaptés pour accroître la résilience face aux changements climatiques.

De plus, l’organisation à but non lucratif désire renforcer ses circuits alimentaires de proximité (aussi appelés circuits courts). Pour ce faire, elle recrute des parties prenantes qui sont invitées à rejoindre un réseau participatif reliant les agronomes du projet aux petits agriculteurs, aux chefs, aux artisans et aux consommateurs, avec un effort soutenu pour rejoindre les communautés autochtones et celles mal desservies.

Plusieurs efforts sont mis en place pour faire rayonner la gastronomie québécoise. Par exemple, le Programme d’aide de l’Office montréalais de la gastronomie représente une occasion de se démarquer sur la scène internationale et d’accroître sa visibilité. En tirerez-vous parti ?

Image à la une : Pexels

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Exposition immersive : ne faire qu’un avec la culture

Depuis quelques années, les expositions immersives gagnent en popularité (lire aussi : l’immersion en culture). Ces nouveaux concepts artistiques, appuyés par des technologies numériques, représentent une occasion de séduire un plus large public. 

Ces propositions induisent un niveau d’engagement avec la culture qui diffère de celui que génère l’offre plus classique. Elles placent le spectateur au centre de l’œuvre en favorisant son implication dans un environnement réel ou imaginaire. Ainsi, les barrières se brisent entre l’artiste et le public entraînant une connexion sans précédent. Le visiteur accueille l’information d’une nouvelle manière en se laissant imprégner par une animation immersive.  

L’exposition Van Gogh Distorsion, créée à Montréal, incarne bien cette tendance. Des projections sur le plafond, le plancher, les murs et le mobilier du lieu favorisent une immersion dans l’univers du peintre. La vidéo suivante montre un aperçu de l’expérience. 

Les expositions immersives peuvent aussi donner une deuxième vie au patrimoine industriel. Les anciens sites ou entrepôts se prêtent bien à l’accueil de ce type d’installations. Dans le cas de l’entreprise Culturespaces, elle a transformé l’ancienne usine à gaz de Westergasfabriek à Amsterdam et une base sous-marine datant de la Seconde Guerre mondiale à Bordeaux, en centres d’art numérique (voir la vidéo suivante). 

Le New York Hall of Science a créé « Connected Worlds », un écosystème à grande échelle composé de six habitats différents, reliés par un plancher interactif et une cascade d’eau numérique de 14 mètres de haut. Les visiteurs peuvent non seulement découvrir le lieu, mais ont aussi la chance de remodeler les environnements par leurs actions. L’interaction et l’immersion rehaussent l’intensité de l’expérience. Parfait pour les petits comme les grands !  

Les activités culturelles immersives constituent une offre intéressante et complémentaire à l’offre muséale actuelle. Qu’en pensez-vous ?  

Image à la une : photo personnelle de l’autrice

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Créer des lieux de rencontre polyvalents

Recoudre le tissu social

De tous les ménages canadiens, ceux composés d’une seule personne sont les plus répandus (30 %) depuis quelques années. Pour certains pays européens (Allemagne, Finlande, Norvège), cette proportion est supérieure à 40 %. Que l’on vive en solo ou pas, les périodes de confinement et la progression du télétravail durant la pandémie ont provoqué de la solitude dans bien des milieux de vie, mettant en lumière l’importance que revêt la socialisation. Pour sortir de l’isolement, il faut recoudre le tissu social, favoriser les rencontres pour générer des échanges, de la création et du bonheur. 

Entre la maison et le travail : le tiers-lieu

C’est notamment dans cet esprit qu’un grand nombre de tiers-lieux ont vu le jour. Très répandu en France, ce type d’infrastructures à caractère social bourgeonne depuis quelques années au Québec. À la base, il tire ses origines du concept de third place, énoncé dans les années 1980 par le sociologue américain Ray Oldenburg. Il désigne un endroit entre le domicile et le milieu de travail permettant de socialiser de façon informelle, d’aller à la rencontre des autres. Il peut s’agir d’un café, d’un bar, de l’église, etc.  

Aujourd’hui, le terme tiers-lieu évoque des endroits multifonctionnels qui proposent des espaces de rencontre, de plus en plus pour le cotravail, mais aussi pour d’autres usages très variés. Souvent issus de projets citoyens, ils sont parfois aménagés dans des bâtiments sous-utilisés cédés par la municipalité. On s’y rend pour participer à des ateliers, prendre part à des laboratoires d’innovation sociale, assister à des spectacles, à des expositions, faire ses emplettes à des marchés fermiers, etc. 

Des lieux de socialisation

Comme l’indique l’organisme France Tiers-lieu, qui rassemble quelque 3500 sites, ces endroits sont des vecteurs de transition écologique, de fabrication locale, de liens sociaux, d’alimentation durable et de participation citoyenne.  

C’est le cas de Maison Mère, un tiers-lieu inauguré en 2017 à Baie-Saint-Paul, dans l’ancien couvent des Petites Franciscaines de Marie. La réhabilitation de ce complexe patrimonial, dont la gestion est attribuée à un OBNL, permet aujourd’hui d’accueillir les gens qui souhaitent profiter des lieux pour faire du cotravail (grille tarifaire selon la durée) ou pour développer un projet et se connecter aux autres entrepreneurs sur place. Les télétravailleurs peuvent se procurer le forfait Gîte et cogite pour une retraite de travail, en demeurant à l’Auberge des Balcons, qui occupe une section de l’ancien couvent. Le site dispose aussi d’un parcours muséal. 

Source : Maison Mère 

Des églises polyvalentes

Mais cette approche hybride des espaces n’est pas l’exclusivité du tiers-lieu. Certaines églises du Québec retrouvent leur caractère rassembleur par une adaptation de leur vocation. La transformation de celle de la communauté de Saint-Camille, dans les Cantons-de-l’Est, en est un exemple probant. Elle se veut le cœur du projet Destination Saint-Camille qui consiste en un centre de congrès « éclaté » en milieu rural. Une coopérative formée des acteurs touristiques des environs a ainsi repris la gestion de l’ancienne église du village pour en faire un lieu multifonctionnel qui accueille congrès, formations, spectacles et autres événements culturels. 

La communauté de Sainte-Clotilde-de-Horton, dans le Centre-du-Québec, est aussi mobilisée autour d’un projet où l’église constitue un véritable levier de dynamisation. La Coop du Cœur de Sainte-Clotilde vient d’acquérir l’établissement qui permettra de développer une scène culturelle riche, mais aussi, un espace citoyen où les gens peuvent travailler, discuter de leurs projets autour d’un café, créer un effet de synergie par le partage des idées et des compétences (voir la vidéo). 

Des super bibliothèques

Le milieu des bibliothèques est en transformation. Selon le professeur en aménagement urbain Richard Florida, la bibliothèque pourrait devenir une pièce maîtresse de l’infrastructure sociale au cours des prochaines années. Plus qu’un immeuble regroupant des collections de livres, elle devient un véritable carrefour de partage et d’innovation.  

La bibliothèque centrale d’Helsinki — nommée Oodi — en est le parfait exemple. Ce « salon de la nation » a été inauguré en décembre 2018. Le tiers de sa superficie est attribué aux livres. Le reste est occupé par des aires de jeux, des studios de musique, des zones de cotravail, des cafés, des salles pour apprendre la couture, la cuisine, pour expérimenter l’impression 3D, bref, par une foule d’activités et de possibilités d’échange et de création. Cette bibliothèque qui se veut le point de rencontre des Finlandais suscite beaucoup de curiosité de la part des touristes. 

Source : Oodi : Bibliothèque centrale d’Helsinki — Facebook  

Vers une transition écologique et sociale 

L’hybridation des lieux permet de maximiser l’utilisation des ressources et des infrastructures. Les tiers-lieux et autres espaces de rencontre à vocation multiple font certainement partie des solutions pour une transition socioécologique des noyaux urbains.  

Image à la une : Unsplash

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Les pèlerinages en mutation

Le pèlerinage virtuel

Durant la pandémie, la plus grande alternative au pèlerinage physique a été son pendant virtuel. Plusieurs sanctuaires ont diffusé des événements, à l’aide de plateformes numériques telles que Zoom, YouTube et Facebook ou via des sites Web dédiés. Mais qu’ont pensé les participants de ces initiatives ?  

Une étude netnographique analysant les commentaires des pèlerins sur les cinq pages Facebook (français, anglais, espagnol, portugais, italien) du e-Pèlerinage intitulé Lourdes United organisé par le sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes (lire aussi : Tourisme religieux : Retour sur la pandémie) révèle que : 

  • La communauté qui se trouve sur les médias sociaux est différente de celle observée avant la pandémie. Le Sanctuaire aurait donc la possibilité d’exploiter un nouveau segment de clientèle ; 
  • Lourdes United présente un potentiel de croissance : les cyberpèlerins pourraient se transformer à l’avenir en visiteurs réels ; 
  • Les participants ont été entièrement satisfaits de la diffusion, bien que la version traditionnelle leur ait manqué ;  
  • Même si l’événement a été diffusé sur le Web, cela n’a pas nui à la foi des croyants envers la capacité de Lourdes à guérir ; 
  • Les participants ont apprécié les efforts mis en place par le sanctuaire pour poursuivre la tradition ; 
  • Les rites et les rituels ayant été maintenus, la prestation de l’événement pouvait encore être considérée comme traditionnelle, mais avec une touche de modernité. 

Les cyberpèlerins pourraient se transformer à l’avenir en visiteurs réels.

Lancé en 2020, le pèlerinage en est aujourd’hui à sa troisième édition virtuelle. En parallèle, le sanctuaire anime aussi un site Web interactif qui permet aux pèlerins d’afficher des intentions de prières, d’allumer des bougies électroniquement au sanctuaire, de demander une messe individuelle et de faire des dons. Il utilise également une technologie de webcam pour emmener 24 h/24 h les internautes directement à la grotte mariale via sa plateforme « Lourdes TV ». L’une des principales motivations derrière les changements à Lourdes est le désir de renforcer son modèle commercial en cas de futures pandémies et autres menaces économiques mondiales.  

En comparaison, certains petits lieux de pèlerinages locaux tels que le Bradwell Pilgrimage dans l’Essex ont, quant à eux, opté pour une autre approche virtuelle plus modeste qui consiste en la compilation préenregistrée d’hymnes, de prières, de sermons, de réflexions spirituelles, de poèmes et d’autres contenus religieux.  

 Le pèlerinage de « substitution »

Apparu au Moyen Âge, le pèlerinage de substitution ou par procuration n’est pas une pratique nouvelle. Elle peut prendre deux formes :  

1. Se substituer à une personne : un proche entreprend un pèlerinage pour une personne qui ne peut pas le faire par elle-même ; 

2. Substituer un lieu ou un autre:  lorsqu’il est impossible de se rendre dans un lieu saint, des répliques ou d’autres espaces dédiés existent en dehors du site d’origine. 

Pendant la pandémie, la substitution de lieu est apparue comme l’option la plus adaptée pour effectuer certains pèlerinages.

Pendant la récente pandémie, la substitution de lieu est apparue comme l’option la plus adaptée pour effectuer certains pèlerinages. Lorsqu’il était impossible de se rendre en Espagne ou au Portugal, beaucoup ont commencé à chercher des alternatives locales du Chemin de Compostelle, découvrant ainsi l’héritage historique du pèlerinage dans leur région.  

Il semble toutefois peu probable que les pèlerins renoncent complètement à aller aux sites originaux, mais les pèlerinages de substitution peuvent leur offrir l’occasion de découvrir d’autres lieux en attendant d’entreprendre le grand voyage. 

Mini-pèlerinages 

Le « micro » ou le « mini » pèlerinage est une forme courte qui le rend plus accessible. Durant la pandémie, cette pratique s’est multipliée avec la naissance de nouveaux itinéraires tels que le « Bodmin Way Mini-Pilgrimage », une marche 20 km. 

Source: The Bodmin Way

D’autres micro-pèlerinages en côtoient un plus long, offrant aux participants un choix de distance. C’est le cas de l’Abbaye Cwmhir Heritage Trust au Pays de Galles, qui pour la première fois en 2022, a offert une offre secondaire à son itinéraire habituel de 40 km qui consiste en un mini-trajet de 25 km. De son côté, dans le cadre des célébrations de ses 1 000 ans de fondation en 2022, la cathédrale Saint–Edmundsbury a annoncé deux circuits. Le premier consiste en sa marche traditionnelle de 120 km et le second est un nouvel itinéraire d’un jour intitulé « Day Pilgrim ».  

Pèlerinages locaux

Durant la pandémie, la marche de confinement était promue comme la solution pour améliorer la santé mentale et physique des individus tout en les gardant proches de chez eux. Les destinations ont tenté de mettre de l’avant les pèlerinages locaux auprès des communautés de proximité. Aux États-Unis, des livres et des articles ont encouragé les catholiques à explorer le patrimoine religieux de leur propre pays au lieu de voyager à l’étranger. Un phénomène similaire a pu être vu en Australie avec The Catholic Weekly, recommandant sept des meilleurs pèlerinages nationaux. L’accent était mis sur les notions d’escapade et le bienfait physique et mental. 

Nouveaux pèlerinages

On note aussi la tendance des individus à créer leurs propres itinéraires. Certaines initiatives ont attiré l’attention de la presse locale, comme celle d’un couple australien qui, incapable de se rendre en Espagne, a créé son propre pèlerinage nommé le « Camino de Sydney ».  

Source : Camino de Sydney

Par ailleurs, le site du British Pilgrimage Trust propose un guide qui aide à la création d’un itinéraire personnalisé – soit à pied, à cheval, à vélo ou avec une mule – vers des lieux saints en Grande-Bretagne. 

Les tendances mises en évidence émergeaient déjà avant l’avènement de la pandémie, mais à l’heure où la technologie, le bien-être, les formes personnalisées de spiritualité, la promotion d’un pèlerinage vert et la valorisation du tourisme lent font déjà partie intégrante de la société contemporaine, celles-ci accélèrent le rythme de ces développements. 

Image à la une : Pixabay

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Tourisme religieux : retour sur la pandémie

Les lieux saints au cœur de la tourmente…

En 2019, les perspectives du pèlerinage et du tourisme religieux s’annonçaient au beau fixe et un nombre important de pèlerins étaient enregistrés dans plusieurs sanctuaires à travers le monde. La Terre sainte a par exemple, accueilli un record de 4,5 millions de pèlerins, mais au printemps 2020, tout a basculé. Au cœur de la pandémie, cette destination phare du tourisme religieux n’a enregistré aucun pèlerin, une première depuis 1 600 ans ! Les pertes économiques ont été estimées à environ 320 millions de dollars américains.  

D’autres lieux de culte importants à travers le monde ont également accusé d’énormes pertes à cause de la fermeture de leurs portes. C’est le cas de La Basilique de Guadalupe à Mexico City, Notre-Dame-de-Lourdes en France et Notre-Dame de Fátima au Portugal. Ces sanctuaires qui reçoivent en moyenne de 6 à 10 millions de visiteurs par année furent désertés. 

En Grande-Bretagne, l’association des cathédrales anglaises avait déclaré 2020 « année nationale des cathédrales, année du pèlerinage ». Une série d’événements festifs et commémoratifs étaient prévus, dont le festival « Becket 2020 » marquant les 850 ans de la mort de Thomas Becket, l’archevêque assassiné dans la cathédrale de Canterbury. Tous les événements rattachés à cette grande célébration ont été annulés ou reportés. 

Source : Cathedral Isle of Man

Au Québec, la chute du nombre de touristes internationaux et la limitation du nombre de personnes pouvant visiter les lieux de cultes ont eu un impact négatif sur l’achalandage de ceux-ci. 

Une motivation inébranlée

Cela dit, tout au long de cette succession d’événements, plusieurs recherches ont démontré que le pèlerinage et le tourisme religieux ont fait preuve de résilience. Au lieu d’affaiblir le désir d’entreprendre des pèlerinages vers des lieux sacrés, la pandémie l’aurait, en fait, renforcé. Une étude basée sur des recherches menées pendant la pandémie et sur des entretiens avec des agents travaillant avec les pèlerins du Chemin de Compostelle, indique que ceux-ci étaient prêts à parcourir le Camino malgré l’absence de la gratification culturelle ou sociale qui s’y rattache. 

En effet, les quelques pèlerins autorisés à prendre la route à certaines périodes durant la pandémie ont vécu de grandes restrictions qui concernaient aussi bien l’hébergement (capacité d’accueil très limitée dans les auberges demeurées ouvertes), la socialisation (isolement des pèlerins les uns des autres ainsi que des résidents) et l’animation dans les auberges alors dépourvues de leur caractère convivial et rassembleur. Ces contraintes ne les ont pourtant pas empêchés d’entreprendre le pèlerinage.

Source : Pixabay

On constate le même phénomène de résilience au Québec dans un sondage réalisé par Événements Attractions Québec en mars 2022, indiquant que 30 % des Québécois avaient l’intention d’explorer un lieu touristique à caractère religieux au cours de l’été, c’est-à-dire deux fois plus qu’avant la pandémie. 

Le pèlerinage comme remède naturel

Durant la pandémie, le choix d’un voyage en immersion dans la nature est devenu une raison de plus en plus citée pour s’engager dans un pèlerinage. Selon une enquête du British Pilgrimage Trust, environ la moitié des personnes interrogées ont mentionné le bien-être émotionnel, la connexion avec la nature, la spiritualité ou le patrimoine culturel comme leurs principales motivations.  

À la sortie d’une crise pandémique où la population a été désengagée de son environnement, le monde a été sensibilisé à la valeur des différentes caractéristiques du pèlerinage et à ses bienfaits. À ce titre, on peut citer le bien-être qu’il procure grâce à sa lenteur et à l’espace physique et mental qu’il permet de créer, l’invitation qu’il offre aux pèlerins de pouvoir se centrer sur eux et revoir leurs objectifs ainsi que la possibilité de reprendre contact avec la nature. 

Des stratégies d’adaptation variées

Si face aux mesures restrictives et aux interdictions de voyager, les pèlerins ont fait preuve de résilience, les lieux de pèlerinage ont, à leur tour, adopté des solutions créatives pour atténuer les perturbations causées par la pandémie. 

C’est ainsi que le pèlerinage du dimanche Reek à Croagh Patrick, en Irlande, qui avait été annulé en 2020, a repris en 2021 sous un format étendu durant tout le mois de juillet. Cela a permis aux gens d’effectuer le pèlerinage en toute sécurité avec un plus petit nombre chaque jour.  

Un privilège papal similaire a été accordé à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle lorsque le Xacobeo (Année Sainte survenant lorsque la fête de Saint-Jacques tombe un dimanche, la dernière remontant à 2010) a été allongé pour intégrer 2021 ainsi que 2022.  

Notre-Dame de Lourdes a franchi le pas du virtuel

Plusieurs sites religieux ont également eu recours aux plateformes de médias sociaux pour la tenue d’événements virtuels. L’initiative la plus remarquée est sans doute celle du sanctuaire Notre-Dame de Lourdes qui a lancé Lourdes United, son premier pèlerinage religieux numérique (epèlerinage). 

Avant, le sanctuaire n’avait qu’une seule page Facebook en langue française, mais pour le pèlerinage, il a créé quatre autres pages Facebook, en anglais, espagnol, italien et portugais. Le Sanctuaire est alors passé de 6 millions de visiteurs chaque année à une audience cumulée (toutes plateformes en ligne confondues) de 80 millions de téléspectateurs pour le pèlerinage virtuel du 16 juillet 2020. 

Tout au long de l’histoire, les voyages religieux, l’une des plus anciennes formes de tourisme dans le monde, se sont organisés malgré les risques, les guerres et les épidémies. Dans le contexte de la récente pandémie, leur résilience face à l’adversité a encore une fois été démontrée. 

Dans une prochaine analyse, nous aborderons quelques tendances de pèlerinages qui se sont dessinées à la suite de la récente crise sanitaire. 

Image à la une : Pixabay

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L’offre culinaire autochtone au Québec : occasions et défis

Près de 90 % des Québécois démontrent un intérêt à pratiquer une activité touristique autochtone, comme la visite d’un site traditionnel ou la participation à une activité d’excursion en nature. C’est ce que démontrent les résultats d’une récente étude menée par Léger en janvier et février 2022 pour Tourisme Autochtone Québec auprès d’un peu plus de 2 000 répondants ayant voyagé dans la province depuis les cinq dernières années. Cela dit, quelque 53 % des Québécois affirment n’avoir jamais pratiqué une activité culturelle autochtone au Québec par le passé. Selon ce même sondage, 88 % d’entre eux disent avoir une faible connaissance (voire aucune connaissance) des différents produits touristiques du secteur. Cette méconnaissance constitue un frein à leur découverte pour une grande part des répondants (45 %). Les Québécois affichent donc un intérêt envers les communautés et le tourisme autochtones, mais connaissent peu l’offre disponible.  

Les Québécois affichent un intérêt envers les communautés et le tourisme autochtones, mais connaissent peu l’offre disponible.

La découverte du patrimoine alimentaire autochtone représente un premier pas accessible qui permet d’aller à la rencontre des cultures des différentes communautés.  

Une diversification des propositions

Depuis les dernières années, de nombreux chefs culinaires ont ouvert des restaurants qui mettent en valeur les saveurs autochtones, c’est le cas notamment pour Norma Condo de l’établissement Miqmak Catering Indigenous Kitchen, situé dans l’ouest de l’île de Montréal. 

Différentes boutiques gourmandes ont aussi fait leur entrée sur le marché. Les entreprises Wigwam et Les Épices du guerrier sont des exemples. Elles proposent des gammes de produits utilisant des plantes, des herbes et des épices issues du patrimoine alimentaire des premières nations. 

Les festivals et événements gourmands ont également emboîté le pas. La dernière édition de Montréal en Lumière, en février dernier, a souligné les savoirs autochtones en invitant, pour la toute première fois, des chefs autochtones du Canada à prendre part à l’événement.  

Source : Facebook Montréal en Lumière 

À l’échelle du pays, l’offre culinaire autochtone s’intensifie tout autant. Dans son répertoire de 2021, l’Association touristique autochtone du Canada (ATAC) liste plus d’une quarantaine de restaurants, services de traiteurs, brasseries, vignobles et entreprises gourmandes d’exception. La Square Timber Brewing Company à Pembroke en Ontario, la Indigenous World Winery à Westbank Kelowna en Colombie-Britannique et le restaurant Sagamité à Québec y figurent notamment. 

Des propositions de plus en plus diversifiées sont donc disponibles sur la scène culinaire québécoise, mais également canadienne. Qu’est-ce qui pourrait expliquer cet essor des dernières années ?  

Un leg de la pandémie ?

Maxime Lizotte, chef cuisinier-pâtissier de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, était le principal intervenant du plus récent webinaire donné par l’Institut du Patrimoine culturel (IPAC) de l’Université Laval dans le cadre du séminaire La communication alimentaire.  

L’enthousiasme pour les produits locaux et responsables pourrait avoir contribué à stimuler la curiosité des Québécois envers le patrimoine alimentaire autochtone.

Maxime Lizotte précise ainsi que l’enthousiasme pour les produits locaux et responsables, particulièrement depuis le début de la pandémie, pourrait avoir contribué à stimuler la curiosité des Québécois envers le patrimoine alimentaire autochtone. Cela expliquerait en partie la croissance de l’offre depuis les dernières années. En entretien avec la Chaire de tourisme Transat, Laurence Lainé, conseillère en communication et événements chez Tourisme Autochtone Québec est du même avis et ajoute que l’impact positif se ressent aussi sur le tourisme autochtone en général. Selon elle, l’art de la table et la gastronomie sont des tendances actuelles et le fait de s’intéresser aux traditions culinaires autochtones représente une porte d’entrée pour découvrir les cultures des différentes nations. En alliant traditions et modernité, l’offre culinaire autochtone s’est adaptée aux clientèles pour mettre de l’avant un produit accessible et complémentaire aux techniques ancestrales utilisées encore aujourd’hui. Laurence Lainé ajoute également que le processus de réconciliation des dernières années a joué un rôle dans l’émancipation du tourisme autochtone.

Source : Tourisme Autochtone Québec

Des défis qui demeurent

Selon une étude de 2021 de l’ATAC et du Conference Board of Canada (CBOC), le domaine de la restauration et des loisirs et activités de plein air ont connu les pertes d’emplois les plus importantes du secteur touristique autochtone en 2020-2021. Un sondage effectué en interne auprès des membres de Tourisme Autochtone Québec vient ajouter à ce constat que le recrutement et la rétention de main-d’œuvre ainsi que le financement sont les deux plus grands enjeux relevés par les répondants.  

Au-delà de ces défis, Laurence Hamel-Charest souligne dans son mémoire qui analyse les enjeux de la restauration autochtone au Canada que ce type de cuisine fait partie d’un créneau alimentaire difficile à circonscrire comme elle est très diversifiée. Cet aspect peut parfois nuire à son émancipation ou à sa reconnaissance. Elle ajoute « Si une certaine valorisation positive semble s’observer progressivement au cours des dernières années, avec la présence plus importante des cultures autochtones sur la scène publique, il reste que les représentations négatives qui leur sont associées, ainsi que la méconnaissance à leur endroit, restent omniprésentes. »  

Enfin, le chef Maxime Lizotte observe des problèmes d’approvisionnement, comme c’est le cas pour l’ensemble des restaurateurs québécois. La souveraineté alimentaire du Québec demeure un objectif pour plusieurs chefs et doit devenir une priorité selon eux, notamment pour la poursuite de la démocratisation du patrimoine gourmand des différentes communautés.  

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Destinations Produits et activités

Raconte-moi ta région

En 2022, l’Écosse célèbre l’année des histoires. Il s’agit d’une période au cours de laquelle des histoires inspirées, créées ou écrites dans le pays sont présentées et célébrées. Des icônes de la littérature aux contes locaux, le projet vise à encourager les habitants et les visiteurs à participer à des événements et à explorer les lieux, les personnes et les cultures liées à toutes les formes d’histoires, passées et présentes.

Depuis 2014, l’Écosse met en valeur les caractéristiques qui la rendent unique avec les « Années thématiques ». Cette initiative vise à promouvoir, célébrer et engager l’industrie touristique à travers le pays. Les événements sont organisés par des groupes communautaires, des musées, des sites patrimoniaux et d’autres attractions touristiques. 

Quelque 181 projets et 21 événements déclinés en cinq thématiques s’inscrivent à la programmation de 2022 : 

-Histoires iconiques et conteurs  ;

-Nouvelles histoires  ;

-Peuple et lieux d’Écosse  ;

-Contes et légendes locales   ;

-Inspiré par la nature .

Voici quelques exemples d’activités : 

–BE United Presents partage les histoires de la communauté noire d’Écosse à travers des performances musicales, des créations orales et des vitrines éphémères au Fruitmarket à Édimbourg. 

-Le Findhorn Bay Festival de Moray Speyside célèbre le patrimoine, le paysage et les habitants de la région par des spectacles de théâtre, des concerts et des rendez-vous culinaires. 

–A Yarn Worth Spinning dirigé par The Great Tapestry of Scotland raconte l’histoire et la culture des textiles dans les Scottish Borders avec une exposition et un défilé de mode. 

-Les jardins botaniques d’Édimbourg, Benmore, Logan et Dawyck présentent le thème Of Scotland’s Soils and Soul – un voyage multisensoriel célébrant des histoires inspirées par la vie végétale riche et diversifiée de l’Écosse. 

– Spectra – Le Festival des lumières d’Écosse célèbre l’humour, le sérieux et la pure galanterie des conteurs écossais. Avec le projet spécial « Writ Large », le festival diffuse la prose et la poésie des meilleurs conteurs contemporains du pays par le biais de projections à grande échelle et de néons. 

Source : Instagram—Spectra 

Les histoires sont au cœur de l’expérience touristique. Elles reflètent ce que nous sommes et façonnent la manière dont les autres nous perçoivent. Les marques et les destinations doivent attirer l’attention des gens et toucher leur cœur. Développer les produits ou les activités liées à la culture orale et littéraire constitue une avenue intéressante pour bonifier son offre touristique. Il s’agit également d’un bel exemple d’animation territoriale qui s’appuie sur un fil conducteur pour l’ensemble de ses activités par l’entremise d’années thématiques.  

Une idée pour le Québec ? 

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Tourisme durable

Le serment, et puis quoi après ?

En Islande, avant la pandémie, les voyageurs étaient six fois plus nombreux que les habitants, ce qui exerçait une pression sur les milieux naturels. Dans le but de protéger ses glaciers, ses fjords et ses volcans, ce pays a été le premier à créer un serment adressé aux visiteurs. Depuis sa parution en 2017, on peut y lire :

« Lorsque j’explore de nouveaux endroits, je les laisse tels qu’ils sont.
Je suivrai la route vers l’inconnu, mais je ne m’aventurerai jamais hors des sentiers.
Je resterai sur mon emplacement de camping attribué, lors d’une nuit à la belle étoile. » – serment islandais

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Source : Visit Iceland

Qu’en est-il des serments aujourd’hui ? Avec la sortie du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) témoignant du dérèglement accéléré du climat, le message est clair : les citoyens et les entreprises doivent agir maintenant pour tâcher de minimiser leur impact sur les écosystèmes. Dans l’industrie touristique, la responsabilité sociale et environnementale est au cœur des discussions. Les serments s’inscrivent parmi les solutions pour sensibiliser les touristes à être plus responsables. Quels sont leur rôle et leurs avantages ? Y a-t-il d’autres moyens pouvant être utilisés pour encourager l’exécution de gestes pro-environnementaux ?

Qu’entend-on par serment et quel est son rôle ?

Il s’agit d’une liste d’actions à respecter, généralement rédigée à la première personne du singulier, qui vise à susciter un engagement volontaire chez son lecteur. Son rôle est de sensibiliser les touristes et les entreprises à la préservation de l’environnement et au respect des communautés locales. Cependant, il n’existe souvent aucun recours légal s’il n’est pas respecté.

En Nouvelle-Zélande, la promesse Tiaki, qui signifie « protéger et prendre soin de » en langue maorie, a été partagée sous forme de capsules vidéo dans lesquelles les enfants kiwis garantissent aux enfants des voyageurs qu’ils leur feront découvrir leur pays lorsqu’ils seront grands. En échange, ils suggèrent à leurs parents de voyager de façon responsable et leur proposent certains comportements à adopter afin de ne pas mettre en péril leur territoire et ses habitants. Cette stratégie de communication est un clin d’œil à la définition même du développement durable tirée du rapport de Brundtland, publié en 1987 :

« Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. »

Source : 100% Pure New Zealand

Les îles Palaos, en Océanie, est le premier pays au monde à exiger aux visiteurs la signature d’un serment s’ils désirent obtenir leur visa de touriste. Pour ce faire, ils s’engagent auprès des enfants locaux en leur promettant de respecter leurs terres.

« Enfants de Palaos, je m’engage en tant qu’invité à préserver et à protéger votre île magnifique et unique. » – peut-on lire dès les premières lignes.

Les entreprises de l’archipel sont aussi invitées à le signer pour témoigner de leur responsabilité à s’engager vers un tourisme durable.

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Source : Palau Pledge

Quels sont les avantages du serment ?

Le serment permet d’augmenter la notoriété de ses prestataires et d’encourager les acteurs de l’industrie à se mobiliser vers un tourisme plus durable.

Promouvoir la destination

Bien qu’il s’agisse avant tout d’un outil de sensibilisation, le serment permet à la destination ou à une entreprise de faire connaitre ses actions en matière de tourisme durable et, ainsi, de se positionner comme une référence dans le domaine. L’Islande et la Nouvelle-Zélande, deux pionnières de cette approche, sont aujourd’hui reconnues à l’international pour cette initiative.

Selon une enquête en ligne de la Chaire de tourisme Transat menée à l’automne 2020 auprès de 1174 voyageurs québécois âgés de 18 à 74 ans, le tiers affirme porter plus d’attention aux pratiques durables des prestataires touristiques depuis la COVID-19. Pour une destination ou une entreprise, il est donc tout à son avantage de partager son serment. Plus il sera déployé sur plusieurs plateformes et à l’aide de différents médias, plus le pays ou l’organisation aura de la visibilité. Dans le cas de la Nouvelle-Zélande, la promesse était entre autres diffusée à bord des avions, sur les réseaux sociaux et dans les centres d’information touristique.

Influencer les entreprises à adopter des pratiques responsables

Plutôt que d’attendre la création d’un serment national, l’agence TTB Travel au Vietnam en a conçu un que ses clients et ses partenaires doivent signer. Plus qu’un document de sensibilisation, c’est un contrat légal à travers lequel les signataires s’engagent à respecter les dix clauses inscrites. Cet acte permet de responsabiliser les diverses parties prenantes. Selon Van Thai Nguyen, un des dirigeants de l’agence, c’est un bon moyen pour susciter de réelles actions de la part des entreprises et d’encourager l’industrie à faire de même. Bien qu’il s’agisse d’un document légal, les directeurs de TTB Travel ne comptent pas avoir recours à des procédures juridiques si les clauses ne sont pas honorées. L’intention d’engagement est surtout symbolique.

Aux îles Palaos, un accompagnement est réalisé avec les gestionnaires ayant signé le serment. De cette manière, ils deviendront les principaux moteurs du tourisme durable de l’archipel et agiront à titre d’ambassadeurs. Plus d’un demi-million d’individus à travers le monde ont apposé leur signature en ligne, en gage de soutien. Cela témoigne de la visibilité d’une telle pratique pour une destination. Les visiteurs désirant entrer sur le territoire doivent tout de même signer le serment en personne lors de leur arrivée pour obtenir leur visa.

Des outils complémentaires aux serments

Bien que les serments participent au rayonnement des destinations et tentent d’influencer l’industrie à adopter des pratiques plus responsables, divers acteurs et organisations touristiques remettent en question leur efficacité à susciter un changement de comportement significatif. C’est pourquoi ils se doivent d’être utilisés au sein d’une stratégie plus large et non comme une action isolée.

Une taxe écologique

Pour entrer en Nouvelle-Zélande, depuis le 1er octobre 2019, les voyageurs doivent payer une taxe écologique d’environ 30 dollars canadiens. Cette mesure partage les mêmes objectifs que la Promesse Tiaki élaborée un an auparavant, soit la préservation de l’environnement dans une perspective pérenne des activités touristiques. Face à une augmentation annuelle de 8 % de visiteurs avant la pandémie, l’argent récolté vise à financer les infrastructures nécessaires pour répondre à cette demande croissante, en plus de permettre la réalisation de projets de conservation. Cette taxe et la Promesse Tiaki font partie d’une même stratégie de tourisme durable pour la destination.

Une stratégie de communication 

Le serment est un outil de sensibilisation parmi tant d’autres dans le cadre d’une stratégie de communication. Multiplier ses canaux et diversifier ses messages permet d’atteindre un plus grand nombre de personnes et différents segments de clientèles.

En plus du Icelandic Pledge, l’Iceland Academy de Visit Iceland a créé des capsules vidéo pour éduquer les touristes sur les bons comportements à adopter lors de leur visite. Plus récemment, Inspired by Iceland a lancé une campagne ludique invitant les voyageurs à apporter leur survêtement pour le transformer en bottes imperméables adaptées aux intempéries locales. Ces méthodes de communication, bien que différentes, partagent un seul et même message : encourager les gens à réaliser des actions écoresponsables.

À retenir

Plus le message d’adoption de pratiques responsables sera diffusé, plus il sera vu, et plus des actions seront susceptibles d’être enclenchées. C’est la raison pour laquelle divers moyens, au-delà du serment, doivent être déployés et partagés de façon soutenue pour assurer l’adhésion aux principes du tourisme durable de la part des voyageurs et des entreprises.
Et vous, pensez-vous créer un serment pour sensibiliser vos visiteurs ?

Quels autres moyens utilisez-vous pour protéger les milieux naturels et les cultures locales ?

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Produits et activités

Entre l’histoire et la généalogie : le cas des circuits du Kamouraska

Quelles familles ont fondé ou joué un rôle déterminant dans le développement des régions du Québec ? L’organisme Parcours Fil Rouge s’est intéressé à cette question. Depuis 2018, il élabore des circuits à saveur historique et généalogique qui sont diffusés sur la plateforme Passeurs de mémoire. À l’heure actuelle, 24 circuits sillonnent la région du Kamouraska et permettent aux visiteurs de découvrir le passé de ces gens qui ont marqué le territoire.

Un potentiel à développer

Le Québec possède des archives documentaires impressionnantes. En effet, depuis plus de quatre siècles, les actes de naissance, de mariage et de sépulture sont conservés avec soin. Au début des colonies, la provenance des migrants était aussi notée dans des registres. D’autres sources rassemblent également les dates et les lieux de départ et d’arrivée des colons, le nom du navire sur lequel ils ont voyagé ainsi que le nom des personnes qui les accompagnaient. Ces précieuses informations sont scrutées chaque année par des amateurs de généalogie qui cherchent à retracer le parcours effectué par leurs ancêtres et aussi à découvrir quelques histoires et anecdotes qui témoignent de la vie d’autrefois.

L’intérêt pour la généalogie ne date pas d’hier. Cependant, plusieurs experts s’entendent pour dire que les tests d’ADN offerts depuis quelques années ont en quelque sorte donné un second souffle à ce loisir.

Structurer une offre sous la forme de circuits

Passeurs de mémoire rassemble en un endroit toutes les informations disponibles de certaines familles qui ont vécu sur le territoire. Bérubé, Lévesque, Deschamps, Lizotte, Michaud… voilà quelques noms qui résonnent sur les vastes plaines du Kamouraska.

Pour quelques dollars, les visiteurs peuvent télécharger les circuits autoguidés et partir à la découverte de la région. Des récits, des faits, des photos, des bâtiments et des vestiges ponctuent les itinéraires. L’organisme Parcours Fil Rouge a également installé des « marqueurs familles » dans le but d’identifier des lieux précis, par exemple la terre de certains ancêtres. Au cimetière de la localité, un « mémorial » facilite l’identification des sépultures associées à ces familles.

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Exemple du circuit Bérubé

Source : Parcours Fil Rouge

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Exemple de « marqueur famille » de François Soucy

Source : Parcours Fil Rouge

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Le « mémorial » du cimetière Notre-Dame-de-Liesse de Rivière-Ouelle

Source : Parcours Fil Rouge

En ligne, les utilisateurs ont accès à un tableau généalogique qui permet de repérer les personnes appartenant aux premières générations de la famille, ainsi que d’autres personnes mentionnées durant le circuit. Le site Web rassemble également des photos et des liens utiles, notamment vers l’association de familles ou vers la chronique de l’historien Yves Hébert du journal Le Placoteux.

Un projet qui encourage la mobilisation de partenaires

Dans le Kamouraska, les principaux partenaires sont les municipalités de Rivière-Ouelle et La Pocatière. Plusieurs organismes culturels et touristiques ainsi que des associations de familles collaborent également au projet. Par exemple :

  • La seigneurie des Aulnaies ;
  • La chapelle du quai de Rivière-Ouelle ;
  • L’association des familles Soucy ;
  • Groupe GID ;
  • Le journal hebdomadaire Le Placoteux.

Certains partenaires contribuent financièrement au projet. D’autres constituent des points de vente pour les circuits et le livre. Plusieurs échangent de la visibilité sur leur site Web ou participent au rayonnement du projet de diverses façons.

Une offre bien accueillie

Depuis leur lancement en 2018, les circuits gagnent en popularité. Malgré le contexte pandémique, une augmentation du nombre d’utilisateurs a été observée. L’intérêt s’avère plus marqué chez les 55 ans et plus, qui constituent plus de 60 % de la clientèle.

En juin 2021, le site Web de Passeurs de mémoire fait peau neuve et devient disponible en version anglophone sous l’appellation « Trace my Roots ». Les initiateurs du projet ciblent notamment les touristes provenant de la Nouvelle-Angleterre et qui s’intéressent à l’histoire de leurs ancêtres kamouraskois.

Est-ce que d’autres régions québécoises développeront à leur tour des circuits ayant pour thème la généalogie ? La réponse est oui ! L’aventure se poursuivra donc aussi sur d’autres territoires en 2022.

 

Source image à la une : Paysage kamouraskois en automne. (Photo : André Lavoie, 2018, Parcours Fil Rouge)