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Les balbutiements du métavers

Le métavers est né de la fusion entre le mot « meta » et « univers ». Beaucoup le définissent comme étant l’internet de l’avenir qui permet de créer des mondes virtuels immersifs, interactifs, transactionnels et ludiques dans lesquels les individus peuvent vivre des réalités virtuelles grâce à des avatars de la même manière qu’ils expérimentent leur vie réelle. 

Il existe un certain nombre de plateformes et de dispositifs permettant aux utilisateurs d’accéder au métavers, sur ordinateur à l’aide d’un navigateur internet, avec un casque de réalité virtuelle ou avec des lunettes de réalitéaugmentée. 

Les premiers pas du métavers

Dans le métavers, le monde virtuel est envisagé comme une extension du monde réel.

Bien que son appellation soit récente, le concept de métavers n’est pas nouveau. Le premier exemple qui s’en rapproche le plus est le « jeu » ou « l’univers » Second Life qui date de 2003. Ce monde virtuel en 3D que plusieurs vouaient à l’échec à son lancement continue pourtant d’exister ; ses revenus en 2021 sont estimés à environ $ 650M USD et le nombre de ses utilisateurs actifs gravite autour de 900 000.

Mais que font ces adeptes sur Second Life? Ils se rencontrent grâce à des avatars et développent des communautés (réseautage social), créent leur propre espace virtuel (contenu généré par les utilisateurs), jouent à des jeux, explorent de nouveaux territoires, assistent à des concerts, achètent et vendent des articles virtuels et peuvent même créer leur entreprise, devenir architecte, organisateur d’événements ou guide touristique. 

Dans le métavers, le monde virtuel est envisagé comme une extension du monde réel et non une alternative, comme le propose Second Life. Voici quelques éléments qui contribuent à l’intérêt actuel envers le métavers : 

-La familiarisation des individus avec le monde virtuel, notamment à travers les jeux vidéo qui connaissent une grande popularité ; 

-La constante amélioration des équipements et des technologies sur lesquelles se base le métavers (Blockchain et cryptomonnaie, réalité virtuelle, réalité augmentée, réalité mixte, immersion 3D, 5G, etc.) ; 

-La multiplication et l’engouement envers les expériences immersives ;

-Les avancées de l’intelligence artificielle ; 

-La démocratisation des relations humaines virtuelles depuis le début de la pandémie. 

Il existe quelques plateformes proposant des métavers, tels que The Sandbox, Decentraland, Roblox, Sensorium ou Meta Horizon Worlds (de Facebook). Chacune d’elles constitue un univers en soi et a sa propre communauté d’utilisateurs.  

Dans l’absolu, il existe deux façons potentielles de s’impliquer dans le métavers : 

Collaborer avec les plateformes métavers actuelles : les entreprises peuvent y établir leur présence commerciale en achetant une parcelle (terrain numérique) et en y construisant une structure personnalisée (par exemple, un magasin où les utilisateurs peuvent voir des articles numériques et habiller leur avatar). Elles peuvent également y organiser des événements thématiques et maintenir une communauté autour de la marque dans cet espace virtuel. 

Créer une solution de métavers personnalisée : les entreprises peuvent créer des solutions métavers personnalisées avec des fonctionnalités d’applications qui répondent à leurs propres besoins commerciaux. Par ailleurs, des marques pourraient transformer leur propre métavers en un écosystème de leur créneau particulier. 

De nombreuses opportunités existent, mais les coûts de développement sont encore élevés et ce sont principalement les grandes marques qui peuvent pour le moment accéder à cette nouvelle technologie. 

Par ailleurs, selon Gartner, une firme de recherche spécialisée dans le domaine des technologies avancées, des entreprises créeront des métavers de leurs organisations pour offrir à leurs employés un meilleur engagement, une meilleure collaboration et une meilleure connexion grâce à des espaces de travail immersifs dans des bureaux virtuels. 

Un horizon de dix ans pour un développement plus abouti

Le métavers est sans aucun doute en émergence. Gartner le situe même dans un horizon de dix ans et plus et le considère parmi les technologies potentiellement perturbatrices à un stade précoce de développement. Au Québec, un sondage en ligne mené auprès de 1 007 voyageurs québécois issus d’un panel privé révèle que 51% des répondants en ont déjà entendu parler, toutefois 27% ne voient pas bien de quoi il s’agit. 

Bien que le métavers en soit à ses balbutiements, plusieurs industries comme celle du luxe, du jeu vidéo, de la mode, des arts et du divertissement ont déjà acheté des biens ou mené des activités sur le métavers pour mieux comprendre ce nouvel univers.  

Et le tourisme ?

Plusieurs cas d’usages du métavers ont le potentiel d’être appliqués au tourisme : faire la promotion de sa marque, de son établissement ou de sa destination, présenter de l’information essentielle sur son offre de manière immersive, créer des expériences de réservation fluide et réaliste, organiser des événements et des spectacles ou tenir une boutique virtuelle. 

Le fait d’essayer avant d’acheter, même de façon virtuelle, peut augmenter le taux de réservation et de conversion. En hébergement par exemple, le métavers peut permettre aux voyageurs de prendre des décisions d’achat éclairées en vivant une expérience immersive réaliste de leur future chambre d’hôtel et de ses fonctionnalités. Le même bénéfice s’applique au secteur des événements et des banquets, où les caractéristiques des salles sont primordiales et peuvent être mieux perçues et appréciées dans un environnement 3D. 

Des opérateurs touristiques font déjà le pas

En Espagne la station balnéaire Benidorm a annoncé Benidorm Land, un projet pilote qui présente une version virtuelle de la destination aux 140 millions d’utilisateurs de la plateforme de jeux vidéo Steam. Il s’agit d’une preuve de concept pour une future application visant à promouvoir la destination auprès d’un public numérique et à s’ouvrir à un nouveau mode de communication.  

Ibis Styles, la marque hôtelière qualifiée de plus créative du groupe Accor, a débuté dans le métavers en lançant la galerie dart virtuelle «Open to Creators», en partenariat avec un artiste numérique connu mondialement et dont les œuvres numériques seront accessibles via la plateforme spatial.io. La galerie virtuelle suit les derniers événements physiques des nouveaux hôtels ibis Bangkok Silom et ibis Styles Sevilla, où des œuvres originales ont été créées à loccasion de leur ouverture. La galerie se veut modulable et évolutive afin de mettre en avant les prochaines ouvertures dhôtel ainsi que les nouveaux artistes du programme Open to Creators. 

Source: Spatial.io 

Dans le domaine aérien, Qatar Airways a lancé QVerse, une expérience de réalité virtuelle qui permet aux utilisateurs de visiter la zone denregistrement Premium de laéroport international Hamad ainsi que dexplorer virtuellement lintérieur de la cabine. Il s’agit de la première compagnie aérienne mondiale à introduire un équipage de cabine MetaHuman (Sama) qui offre une expérience client interactive. 

Source : qatarairways

Vueling, une compagnie low cost espagnole prévoit d’offrir à ses clients la possibilité de visualiser et de réserver leurs voyages avec le transporteur via un canal de distribution dans le métavers. 

British Airways a introduit la réalité virtuelle dans le cadre de son divertissement en vol en première classe. 

À son tour, Emirates a révélé son intention d’investir 10 millions de dollars dans la création « d’expériences de marque » de signature dans le métavers. 

Pour créer une expérience de magasinage immersif, l’aéroport Heathrow à Londres s’est, quant à lui, associé à des marques de luxe telles que Chanel et leur « vaisseau spatial de beauté », pour permettre aux passagers d’essayer virtuellement des produits. 

Bien qu’encore à ses débuts, le métavers a le potentiel d’enrichir et de faciliter les expériences de voyage avant, pendant et après le séjour et de créer un sentiment d’engagement avec les marques. Face à cette innovation émergente, il s’agit de rester à l’affût des différentes initiatives, d’apprendre, d’explorer et de se préparer.  

Image à la une : Pexels

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.  

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Les pèlerinages en mutation

Le pèlerinage virtuel

Durant la pandémie, la plus grande alternative au pèlerinage physique a été son pendant virtuel. Plusieurs sanctuaires ont diffusé des événements, à l’aide de plateformes numériques telles que Zoom, YouTube et Facebook ou via des sites Web dédiés. Mais qu’ont pensé les participants de ces initiatives ?  

Une étude netnographique analysant les commentaires des pèlerins sur les cinq pages Facebook (français, anglais, espagnol, portugais, italien) du e-Pèlerinage intitulé Lourdes United organisé par le sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes (lire aussi : Tourisme religieux : Retour sur la pandémie) révèle que : 

  • La communauté qui se trouve sur les médias sociaux est différente de celle observée avant la pandémie. Le Sanctuaire aurait donc la possibilité d’exploiter un nouveau segment de clientèle ; 
  • Lourdes United présente un potentiel de croissance : les cyberpèlerins pourraient se transformer à l’avenir en visiteurs réels ; 
  • Les participants ont été entièrement satisfaits de la diffusion, bien que la version traditionnelle leur ait manqué ;  
  • Même si l’événement a été diffusé sur le Web, cela n’a pas nui à la foi des croyants envers la capacité de Lourdes à guérir ; 
  • Les participants ont apprécié les efforts mis en place par le sanctuaire pour poursuivre la tradition ; 
  • Les rites et les rituels ayant été maintenus, la prestation de l’événement pouvait encore être considérée comme traditionnelle, mais avec une touche de modernité. 

Les cyberpèlerins pourraient se transformer à l’avenir en visiteurs réels.

Lancé en 2020, le pèlerinage en est aujourd’hui à sa troisième édition virtuelle. En parallèle, le sanctuaire anime aussi un site Web interactif qui permet aux pèlerins d’afficher des intentions de prières, d’allumer des bougies électroniquement au sanctuaire, de demander une messe individuelle et de faire des dons. Il utilise également une technologie de webcam pour emmener 24 h/24 h les internautes directement à la grotte mariale via sa plateforme « Lourdes TV ». L’une des principales motivations derrière les changements à Lourdes est le désir de renforcer son modèle commercial en cas de futures pandémies et autres menaces économiques mondiales.  

En comparaison, certains petits lieux de pèlerinages locaux tels que le Bradwell Pilgrimage dans l’Essex ont, quant à eux, opté pour une autre approche virtuelle plus modeste qui consiste en la compilation préenregistrée d’hymnes, de prières, de sermons, de réflexions spirituelles, de poèmes et d’autres contenus religieux.  

 Le pèlerinage de « substitution »

Apparu au Moyen Âge, le pèlerinage de substitution ou par procuration n’est pas une pratique nouvelle. Elle peut prendre deux formes :  

1. Se substituer à une personne : un proche entreprend un pèlerinage pour une personne qui ne peut pas le faire par elle-même ; 

2. Substituer un lieu ou un autre:  lorsqu’il est impossible de se rendre dans un lieu saint, des répliques ou d’autres espaces dédiés existent en dehors du site d’origine. 

Pendant la pandémie, la substitution de lieu est apparue comme l’option la plus adaptée pour effectuer certains pèlerinages.

Pendant la récente pandémie, la substitution de lieu est apparue comme l’option la plus adaptée pour effectuer certains pèlerinages. Lorsqu’il était impossible de se rendre en Espagne ou au Portugal, beaucoup ont commencé à chercher des alternatives locales du Chemin de Compostelle, découvrant ainsi l’héritage historique du pèlerinage dans leur région.  

Il semble toutefois peu probable que les pèlerins renoncent complètement à aller aux sites originaux, mais les pèlerinages de substitution peuvent leur offrir l’occasion de découvrir d’autres lieux en attendant d’entreprendre le grand voyage. 

Mini-pèlerinages 

Le «micro» ou le «mini» pèlerinage est une forme courte qui le rend plus accessible. Durant la pandémie, cette pratique s’est multipliée avec la naissance de nouveaux itinéraires tels que le «Bodmin Way Mini-Pilgrimage», une marche 20km. 

Source: The Bodmin Way

Dautres micro-pèlerinages en côtoient un plus long, offrant aux participants un choix de distance. C’est le cas de lAbbaye Cwmhir Heritage Trust au Pays de Galles, qui pour la première fois en 2022, a offert une offre secondaire à son itinéraire habituel de 40km qui consiste en un mini-trajet de 25km. De son côté, dans le cadre des célébrations de ses 1000 ans de fondation en 2022, la cathédrale SaintEdmundsbury a annoncé deux circuits. Le premier consiste en sa marche traditionnelle de 120km et le second est un nouvel itinéraire d’un jour intitulé «Day Pilgrim» 

Pèlerinages locaux

Durant la pandémie, la marche de confinement était promue comme la solution pour améliorer la santé mentale et physique des individus tout en les gardant proches de chez eux. Les destinations ont tenté de mettre de l’avant les pèlerinages locaux auprès des communautés de proximité. Aux États-Unis, des livres et des articles ont encouragé les catholiques à explorer le patrimoine religieux de leur propre pays au lieu de voyager à l’étranger. Un phénomène similaire a pu être vu en Australie avec The Catholic Weekly, recommandant sept des meilleurs pèlerinages nationaux. L’accent était mis sur les notions d’escapade et le bienfait physique et mental. 

Nouveaux pèlerinages

On note aussi la tendance des individus à créer leurs propres itinéraires. Certaines initiatives ont attiré l’attention de la presse locale, comme celle d’un couple australien qui, incapable de se rendre en Espagne, a créé son propre pèlerinage nommé le « Camino de Sydney ».  

Source : Camino de Sydney

Par ailleurs, le site du British Pilgrimage Trust propose un guide qui aide à la création d’un itinéraire personnalisé – soit à pied, à cheval, à vélo ou avec une mule – vers des lieux saints en Grande-Bretagne. 

Les tendances mises en évidence émergeaient déjà avant l’avènement de la pandémie, mais à l’heure où la technologie, le bien-être, les formes personnalisées de spiritualité, la promotion d’un pèlerinage vert et la valorisation du tourisme lent font déjà partie intégrante de la société contemporaine, celles-ci accélèrent le rythme de ces développements. 

Image à la une : Pixabay

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Tourisme religieux : retour sur la pandémie

Les lieux saints au cœur de la tourmente…

En 2019, les perspectives du pèlerinage et du tourisme religieux s’annonçaient au beau fixe et un nombre important de pèlerins étaient enregistrés dans plusieurs sanctuaires à travers le monde. La Terre sainte a par exemple, accueilli un record de 4,5 millions de pèlerins, mais au printemps 2020, tout a basculé. Au cœur de la pandémie, cette destination phare du tourisme religieux n’a enregistré aucun pèlerin, une première depuis 1 600 ans ! Les pertes économiques ont été estimées à environ 320 millions de dollars américains.  

D’autres lieux de culte importants à travers le monde ont également accusé d’énormes pertes à cause de la fermeture de leurs portes. C’est le cas de La Basilique de Guadalupe à Mexico City, Notre-Dame-de-Lourdes en France et Notre-Dame de Fátima au Portugal. Ces sanctuaires qui reçoivent en moyenne de 6 à 10 millions de visiteurs par année furent désertés. 

En Grande-Bretagne, l’association des cathédrales anglaises avait déclaré 2020 « année nationale des cathédrales, année du pèlerinage ». Une série d’événements festifs et commémoratifs étaient prévus, dont le festival « Becket 2020 » marquant les 850 ans de la mort de Thomas Becket, l’archevêque assassiné dans la cathédrale de Canterbury. Tous les événements rattachés à cette grande célébration ont été annulés ou reportés. 

Source : Cathedral Isle of Man

Au Québec, la chute du nombre de touristes internationaux et la limitation du nombre de personnes pouvant visiter les lieux de cultes ont eu un impact négatif sur l’achalandage de ceux-ci. 

Une motivation inébranlée

Cela dit, tout au long de cette succession d’événements, plusieurs recherches ont démontré que le pèlerinage et le tourisme religieux ont fait preuve de résilience. Au lieu d’affaiblir le désir d’entreprendre des pèlerinages vers des lieux sacrés, la pandémie l’aurait, en fait, renforcé. Une étude basée sur des recherches menées pendant la pandémie et sur des entretiens avec des agents travaillant avec les pèlerins du Chemin de Compostelle, indique que ceux-ci étaient prêts à parcourir le Camino malgré l’absence de la gratification culturelle ou sociale qui s’y rattache. 

En effet, les quelques pèlerins autorisés à prendre la route à certaines périodes durant la pandémie ont vécu de grandes restrictions qui concernaientaussi bien l’hébergement (capacité d’accueil très limitée dans les auberges demeurées ouvertes), la socialisation (isolement des pèlerins les uns des autres ainsi que des résidents) et lanimation dans les auberges alors dépourvues de leur caractère convivial et rassembleur. Ces contraintes ne les ont pourtant pas empêchés d’entreprendre le pèlerinage.

Source : Pixabay

On constate le même phénomène de résilience au Québec dans un sondage réalisé par Événements Attractions Québec en mars 2022, indiquant que 30 % des Québécois avaient l’intention d’explorer un lieu touristique à caractère religieux au cours de l’été, c’est-à-dire deux fois plus qu’avant la pandémie. 

Le pèlerinage comme remède naturel

Durant la pandémie, le choix d’un voyage en immersion dans la nature est devenu une raison de plus en plus citée pour s’engager dans un pèlerinage. Selon une enquête du British Pilgrimage Trust, environ la moitié des personnes interrogées ont mentionné le bien-être émotionnel, la connexion avec la nature, la spiritualité ou le patrimoine culturel comme leurs principales motivations.  

À la sortie d’une crise pandémique où la population a été désengagée de son environnement, le monde a été sensibilisé à la valeur des différentes caractéristiques du pèlerinage et à ses bienfaits. À ce titre, on peut citer le bien-être qu’il procure grâce à sa lenteur et à l’espace physique et mental qu’il permet de créer, l’invitation qu’il offre aux pèlerins de pouvoir se centrer sur eux et revoir leurs objectifs ainsi que la possibilité de reprendre contact avec la nature. 

Des stratégies d’adaptation variées

Si face aux mesures restrictives et aux interdictions de voyager, les pèlerins ont fait preuve de résilience, les lieux de pèlerinage ont, à leur tour, adopté des solutions créatives pour atténuer les perturbations causées par la pandémie. 

C’est ainsi que le pèlerinage du dimanche Reek à Croagh Patrick, en Irlande, qui avait été annulé en 2020, a repris en 2021 sous un format étendu durant tout le mois de juillet. Cela a permis aux gens d’effectuer le pèlerinage en toute sécurité avec un plus petit nombre chaque jour.  

Un privilège papal similaire a été accordé à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle lorsque le Xacobeo (Année Sainte survenant lorsque la fête de Saint-Jacques tombe un dimanche, la dernière remontant à 2010) a été allongé pour intégrer 2021 ainsi que 2022.  

Notre-Dame de Lourdes a franchi le pas du virtuel

Plusieurs sites religieux ont également eu recours aux plateformes de médias sociaux pour la tenue d’événements virtuels. L’initiative la plus remarquée est sans doute celle du sanctuaire Notre-Dame de Lourdes qui a lancé Lourdes United, son premier pèlerinage religieux numérique (epèlerinage). 

Avant, le sanctuaire n’avait qu’une seule page Facebook en langue française, mais pour le pèlerinage, il a créé quatre autres pages Facebook, en anglais, espagnol, italien et portugais. Le Sanctuaire est alors passé de 6 millions de visiteurs chaque année à une audience cumulée (toutes plateformes en ligne confondues) de 80 millions de téléspectateurs pour le pèlerinage virtuel du 16 juillet 2020. 

Tout au long de l’histoire, les voyages religieux, l’une des plus anciennes formes de tourisme dans le monde, se sont organisés malgré les risques, les guerres et les épidémies. Dans le contexte de la récente pandémie, leur résilience face à l’adversité a encore une fois été démontrée. 

Dans une prochaine analyse, nous aborderons quelques tendances de pèlerinages qui se sont dessinées à la suite de la récente crise sanitaire. 

Image à la une : Pixabay

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La nécessité des bureaux d’information touristique de se réinventer

La multiplication des sources de renseignement pousse les bureaux d’information touristique à redéfinir leur contribution dans l’accueil des visiteurs. Depuis qu’Internet et les téléphones intelligents favorisent l’autonomie des touristes dans la planification de leur séjour et dans leur orientation à destination, ces centres enregistrent des baisses d’achalandage. Cela dit, comme le confirme une enquête réalisée auprès de 782 voyageurs sur le rôle joué par les bureaux d’information touristique en Australie, ces derniers réussissent à influencer 18% des visiteurs à prolonger leur séjour. Quels sont les nouveaux défis que doivent relever ces intervenants de l’industrie?

La pertinence des bureaux d’information touristique

Les voyageurs sont submergés d’informations touristiques et par la même occasion aux prises avec la difficulté de juger de la crédibilité des sources ainsi que de la qualité et de l’authenticité du contenu. Envahis par cette profusion de renseignements, les visiteurs se fient souvent à leur intuition, à leurs souvenirs ou aux recommandations de leurs amis pour évaluer les expériences touristiques qui leur sont proposées.

Cette dynamique renforce l’importance des bureaux d’accueil et d’information touristique, souvent perçus comme une source de renseignements impartiale et de qualité. Dans ce sens, ces établissements sont très bien placés pour jouer un rôle unique d’accueil et d’orientation auprès des voyageurs.

Ces bureaux sont d’autant plus pertinents de nos jours où un nombre croissant de touristes voyagent de manière indépendante et réservent à la dernière minute. Le personnel des bureaux d’information touristique peut influencer cette catégorie de visiteurs qui planifient leurs séjours de manière très flexible et qui sont plus enclins à la spontanéité.

Un pouvoir influent auprès des voyageurs

Selon l’étude australienne mentionnée précédemment et comme l’illustre le tableau 1, les touristes en visite au centre d’information touristique ont très peu planifié leur voyage, à l’exclusion de l’hébergement, ce qui les garde flexibles et ouverts à intégrer de nouvelles offres à leur séjour.

 

Dans le même ordre d’idées, l’enquête de PhoCusWright réalisée en 2010 auprès de 2 763 participants indique que 45% des répondants disent ne réserver leurs activités qu’une fois arrivés à destination. Ces résultats laissent supposer que les bureaux d’information touristique peuvent influencer la durée et le budget de voyage des touristes dans une région donnée.

En outre, plus de 35% des participants à l’étude australienne ont été encouragés à visiter les régions avoisinantes à la suite des conseils du personnel des bureaux d’information touristique. Cela démontre la pertinence d’un travail collaboratif entre ces établissements des différentes villes et régions.

Une nécessité de se renouveler

Bien que la légitimité des bureaux d’information touristique ne soit pas foncièrement remise en question, ceux-ci doivent revoir leur mission, leur contribution ainsi que leur mode de fonctionnement. En effet, ces établissements font face à de nouveaux défis tels que la création de valeur, le rendement économique ainsi que l’intégration des récentes avancées technologiques.

– La technologie impacte la création de valeur. Tantôt ennemie, tantôt alliée, la technologie exerce une pression sur le rôle des bureaux d’information touristique. En plus de fournir de l’information de qualité, ces établissements ont désormais le défi de donner aux touristes un réel avant-goût de la destination qui va au-delà de ce qu’ils peuvent observer sur le Web.

Plusieurs bureaux d’information touristique comme celui de New York ou de Johannesburg possèdent désormais des installations multimédias. Aux allures de galeries d’art moderne, ces bureaux se sont équipés de tables interactives et d’écrans géants tactiles permettant aux voyageurs de personnaliser leurs recherches, de créer, de télécharger et d’imprimer du contenu à même leur appareil mobile. Les voyageurs y font haltes pour accéder au Wi-Fi, charger leurs gadgets électroniques, découvrir de nouvelles applications et se divertir grâce à l’aspect informationnel ludique.

 

Source : Engadget

Sans pour autant tenter de prouver la viabilité ou non de ces modèles, on peut dire que leurs aspects ludique et interactif enrichissent l’expérience des visiteurs.

Au Québec, la Maison du tourisme de la Montérégie, inaugurée en mai dernier à Brossard, se veut un bureau de vente qui regroupe une centrale de réservation, une vitrine du terroir qui met de l’avant 85 produits régionaux ainsi que des bornes interactives qui présentent les différentes expériences touristiques offertes dans la région.

Source: Nouvelle résidence pour Tourisme Montérégie

D’autres bureaux d’information touristique jouent aussi la carte d’animation de communautés de voyageurs et deviennent des espaces de rencontre et de partage entre voyageurs et population locale.

Quelles mesures de rendement économique envisager? Maintenant que les voyageurs sont autonomes et qu’ils ne recherchent probablement plus les mêmes expériences qu’auparavant lorsqu’ils franchissent le seuil d’un bureau d’information touristique, faut-il envisager de nouveaux critères de rendement économique? Les outils de mesure de performance sont-ils toujours pertinents? Y a-t-il lieu de considérer de nouveaux modèles?

Au Royaume-Uni, par exemple, beaucoup de bureaux ont revu leur mode de fonctionnement. Certains ont établi des partenariats public-privé et d’autres sont entièrement soutenus par des associations d’entreprises locales qui apprécient leur utilité auprès des voyageurs.

Le storytelling ou la mise en récit du contenu. Véritable trait d’union entre le touriste et le territoire, les bureaux d’information touristique se veulent désormais des espaces de rencontre et des pôles d’attraction culturels et de loisirs, capables de séduire touristes comme résidents. Ces établissements doivent également renouveler leur manière de concevoir le contenu et de le présenter. De l’information livrée de façon brute ne crée pas forcément d’attachement au lieu visité et ne nourrit pas l’imaginaire comme peut le faire le storytelling. Cet effort ingénieux donne vie aux lieux et met les voyageurs en contact avec les habitants. La créativité et l’innovation sont de mises!

Les bureaux d’information touristique doivent être un lieu de continuité de l’image de marque de la destination, en ce sens qu’ils en représentent sa partie visible et humaine. Pour répondre aux besoins des visiteurs, ces établissements doivent créer une valeur ajoutée en optimisant l’équilibre entre le contact humain et la présence de la technologie.

 

Sources:

– Ballantyne, Roy, Karen Hughes et Brent W. Ritchie. «Meeting the needs of tourists : the role and function of australian visitor information centers», Journal of Travel and Tourism marketing, décembre 2009.

– Cole, Andy. «The future of the tourist information service», Economy and governance select committee, juin 2010.

– Communiqué de presse. «Franc succès pour l’inauguration de la Maison du tourisme de la Montérégie», tourisme-monteregie.qc.ca, 10 mai 2011.

– Cooper, Chris, Terry de Lacy et Leo Jago. «Investigating Potential Tourism Yield from visitor information centers», Sustainable Tourism Cooperative Research Center, 2006.

– Davies, Caroline. «Tourist information centres face extinction». guardian.co.uk, 7 février 2011.

– Marchand, Jacques. «Nouvelle résidence pour Tourisme Montérégie», affaires.mediasud.ca, 22 mars 2011.

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Hébergement

Le rôle de l’hôtellerie dans la conservation du patrimoine architectural

Grandes chaînes comme hôtels indépendants redonnent parfois vie à des édifices témoins d’une époque glorieuse ou d’un génie marquant. Ils entreprennent de véritables projets de restauration et d’actualisation d’un savoir-faire ou d’un style architectural révolu. Ils participent à des actions sociales et solidaires et aident à sauver des joyaux laissés en ruines souvent par manque de concertation ou de financement. Havelî, paradors, pousadas et riads, patrimoine industriel, châteaux, palais, églises et monastères trouvent de nouvelles vocations.

Des palais retrouvent leur gloire

Au World Tourism Forum de Lucerne, le président de Welcome Heritage, une joint venture née de l’alliance entre ITC Ltd (un conglomérat indien), le Maharaja de Jodhpur et les hôtels Marudhar, a expliqué le modèle d’affaires de ce nouvel intervenant touristique. Le groupe Welcome Heritage offre un hébergement de luxe dans des propriétés exclusives allant de palais traditionnels à des lodges dans la jungle ou à des stations de villégiature garantes de calme et de nature luxuriante.

Source : WelcomHeritage

La mission de Welcome Heritage est de soutenir la restauration des joyaux architecturaux délaissés par leurs propriétaires par manque de moyens de financement. Grâce à son expertise, Welcome Heritage transforme ce patrimoine endormi en des établissements hôteliers haut de gamme. Ces propriétés sont restaurées et contribuent à la sauvegarde de la tradition architecturale, tout en favorisant le maintien de la culture et du savoir-faire artisanal. Ces luxueuses demeures continuent d’être habitées par leurs propriétaires et stimulent la création d’emplois dans leur localité.

La volonté de prendre part à un développement touristique durable fait partie intégrante du modèle d’affaires de Welcome Heritage, qui s’efforce d’offrir aux visiteurs une expérience unique et authentique.

Quand l’hôtellerie participe à une action sociale et solidaire

Ziyarates est une initiative qui promeut le logement chez l’habitant dans les maisons traditionnelles de la médina de Fès, au Maroc. Ayant pour objectif d’augmenter sa capacité d’accueil, la ville a intégré le projet Ziyarates (qui veut dire «visites» en langue arabe) dans son plan de développement touristique. Cette nouvelle formule a été proposée par le Conseil régional du Tourisme de la ville, la Wilaya, l’Agence de développement social, l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) et l’Union des associations et amicales humanitaires de la médina.

Source :  Zirayates Fes

La mission de Ziyarates est de permettre à quelques familles de la médina de continuer d’habiter leur maison, de favoriser la sauvegarde du patrimoine architectural et culturel de la ville ainsi que d’offrir aux voyageurs l’occasion de vivre un séjour authentique en partageant le quotidien d’une famille marocaine. Une cinquantaine de maisons ont été sélectionnées selon des critères précis, puis restaurées. Des professeurs de l’école hôtelière et de la faculté de Fès ont enseigné aux propriétaires les rudiments de la gestion hôtelière, de la culture et de l’histoire de la ville. Ce nouveau produit répond également aux besoins des nombreux pèlerins avides de prendre part aux pratiques sociales et religieuses, Fès étant la capitale culturelle et spirituelle du pays.

D’anciens cloîtres, châteaux forts, manoirs, palais et couvents ressuscitent

Lancé au début des années 2000, le réseau Les Hôtels France Patrimoine a pour mission de restaurer des monuments historiques classés pour les transformer en hôtels d’exception haut de gamme. Le concept s’inspire du modèle des paradores de tourisme en Espagne, qui sont des hôtels prestigieux aménagés au cœur de châteaux forts, d’anciens manoirs, palais, couvents ou monastères avec un sens aigu de la qualité d’accueil et du confort contemporain.

Source: Djibnet

Les Hôtels France Patrimoine sont gérés par un partenariat public-privé entre la collectivité locale, une société civile immobilière (SCI) et France Patrimoine, qui détient des baux commerciaux allant de 30 à 75 ans pour en assurer l’exploitation. Ce montage permet aux collectivités de demeurer propriétaires des biens historiques de leur région, et par le fait même de les valoriser, sans s’encombrer des coûts d’entretien. Patrimoine France se charge de rénover les hôtels en conformité avec la réglementation. Le réseau veut atteindre 10 établissements sous gestion d’ici 2015 et 20 dans les 10 ans à venir. Environ 15 millions d’euros provenant de financement privé ont été injectés pour la restauration de ces établissements d’exception et 20 millions d’euros sont prévus entre 2011 et 2015.

Les Hôtels France Patrimoine proposent des expériences mémorables dans des lieux de charme, accessibles et authentiques.

Source: Hôtel l’Abbaye École de Sorèze

Des usines et des bâtiments désaffectés ont une seconde vie

Les bâtiments industriels désertés sont souvent mal entretenus et défigurent parfois le paysage urbain. L’hôtellerie peut être une bonne solution pour rafraîchir ces édifices dont le style architectural raconte l’histoire d’une époque manufacturière révolue. C’est le cas du groupe suisse Hôtels et Patrimoine, qui entreprend de grands travaux pour restaurer une ancienne fabrique de chaussettes. Les locaux seront transformés en un établissement de style Art déco d’une soixantaine de chambres. Le futur hôtel abritera également une grande salle de conférence et plusieurs salles de réunion. Son inauguration est prévue au début de 2012.

Le groupe Hôtels et Patrimoine mise sur la revalorisation de bâtiments caractérisés par une touche culturelle ou artistique forte. En tant que propriétaire des édifices, il finance et gère le processus de rénovation et de mise à niveau pour l’exploitation et s’occupe à 100% de l’administration hôtelière. Les hôtels du groupe promettent à leur clientèle d’offrir «80% des prestations d’un cinq étoiles pour 30% de son prix». La majorité des hôtels sont de catégorie 3 étoiles.

Dans de nombreux cas, l’hôtellerie peut participer à la conservation du patrimoine et de la mémoire des lieux d’une ville ou d’une région, tout en offrant un hébergement de charme à l’intérieur d’une expérience intemporelle.

Comme il a été mentionné dans certains exemples, on peut privilégier des structures particulières pour permettre l’inclusion des collectivités locales sans qu’elles perdent la propriété de leurs biens.

Au Québec, la société Duvetnor, fondée par quelques biologistes engagés dans la conservation de la richesse naturelle des îles du Bas-Saint-Laurent, a développé une offre écotouristique et a rénové en 1989 le phare abandonné des îles du Pot à l’Eau-de-Vie en une charmante auberge. Le phare a été classé édifice du patrimoine fédéral en mars 1999 par le Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine.

Au-delà de cet exemple de chez nous, existe-t-il un type de patrimoine que l’on voudrait préserver, mais qui représente un poids financier pour les communautés? Peut-on envisager l’hôtellerie comme une solution à la conservation du patrimoine religieux, par exemple?

Des cas similaires ont déjà été entrepris ailleurs, comme le projet de conversion de l’église centenaire d’Adams Morgan; elle sera ouverte en 2012 sous la forme d’un hôtel boutique de 170 chambres de la chaîne Marriott International à Washington. Le projet a été retenu, car il promet un grand potentiel économique pour la région et les plans présentés au Historic Preservation Review Board (HPRB) respectent le cachet historique et la structure initiale du sanctuaire.

 

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

Sources:

– Matéo, Francis. «Hôtels France Patrimoine soigne son histoire», lhotellerie-restauration.fr, 30 décembre 2010.

– Murith, Vincent. «Un 3 étoiles à le porte de Morat, le groupe Hôtels et patrimoine va racheter les bâtiments désaffectés de Nuthofil. Soixante-cinq chambres prévues pour 2012». La Liberté, 6 novembre 2010

– Gaynair, Gillian. «Adams Morgan church to convert to Marriott International hotel», Washington Business Journal, 23 juin 2008.

– BEVERAGGI, Jean. «Hébergement solidaire : Fès ouvre ses Ziyarates, le pari social du logement chez l’habitant», 10 mars 2011.

– Échotouristique. «Hôtels France Patrimoine veut développer des paradores à la française», 13 mai 2011

– Dossier de Presse. «Les hôtels France Patrimoine : Charme et exception pour vos séjours et événements», 2008

 

Sites Web :

Les Hôtels France Patrimoine

Ziyarates Fes

Hôtels et patrimoine

Duvetnor

WelcomHeritage

 

 

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Marketing

Les sites d’achats groupés: défis et occasions d’affaires

Les sites d’achats groupés révolutionnent la façon dont les consommateurs magasinent sur le Web. Ces nouveaux canaux de distribution représentent autant de défis que d’occasions d’affaires pour les entreprises touristiques. Leur modèle de fonctionnement n’a pas fini de nous étonner, car ils continuent d’évoluer et de s’affiner. Sont-ils pertinents pour toutes les entreprises touristiques et quelles questions faut-il se poser avant d’envisager de les utiliser?

Vendre des services touristiques par le biais de sites d’achats groupés: bonne ou mauvaise décision?

Lorsque les entreprises vendent des produits en passant par des sites d’achats groupés, elles pratiquent, en quelque sorte, la technique marketing de produit d’appel. En effet, cette technique consiste à présenter un prix exceptionnellement bas sur un article ou un service pour attirer les consommateurs dans un point de vente, le tout, dans l’espoir que ceux-ci achètent également d’autres produits dont la marge est plus rémunératrice.

Or pratiquer une stratégie marketing de produit d’appel en tourisme peut représenter quelques défis:

  • Certains produits de voyage ne sont pas fréquemment achetés par les mêmes clients et il n’est peut-être pas pertinent de les solder autant. En d’autres termes, un client qui a acheté une visite guidée dans une ville ne le fera probablement pas une seconde fois et il faut être vigilant quant aux escomptes accordés sur ce genre de services;
  • Les entreprises touristiques ont souvent une seule grande ligne de produits; donc, appliquer d’importants rabais sur son service principal risque d’en diminuer la valeur perçue, sans compter les pertes qu’une telle offre de rabais peut engendrer;
  • Un produit d’appel est généralement un produit que les clients achètent souvent et dont ils connaissent le prix habituel. C’est ainsi qu’ils savent qu’ils profitent d’une aubaine. Or ce ne sont pas tous les services touristiques qui sont achetés à une fréquence élevée de manière à ce que les acheteurs connaissent leur vraie valeur;
  • Les sites d’achats groupés peuvent diminuer la valeur de la relation entre la marque et le consommateur. La fidélisation de la clientèle risque de s’établir vis-à-vis des sites d’achats eux-mêmes plutôt qu’avec l’entreprise qui fournit le service.

Mises à part ces limitations, il existe plusieurs cas où vendre par le biais de ces sites peut être pertinent, notamment lorsque:

  • le coût engendré est très faible. Par exemple, un restaurant, une salle de spectacle, une croisière ou un hôtel en basse saison, où les coûts fixes restent à peu près similaires quel que soit le nombre d’invités. Ce genre de distribution permet d’augmenter l’achalandage des lieux et de générer du bouche à oreille auprès de la nouvelle clientèle accueillie;
  • l’entreprise peut réaliser une très petite marge de profit et parvenir à vendre d’autres services. Cela peut être le cas d’un parc thématique ou d’un musée, idéalement en basse saison, où les visiteurs consommeront de la nourriture ou achèteront des souvenirs;
  • il y a la possibilité de créer un engouement. Par exemple, lors du lancement d’un nouveau service ou pour faire vivre une expérience exceptionnelle. Une promotion proposant une expérience ou un produit unique que les gens n’auraient pas essayé autrement et qu’ils s’empresseront de partager avec leurs réseaux;
  • l’entreprise a décidé d’allouer un gros budget en publicité. Dans certains cas, les sites d’achats groupés peuvent générer plus d’effet viral que des affiches publicitaires.

Quelques conseils à suivre avant de se lancer dans la démarche

Vendre des services touristiques par le biais de sites d’achats groupés nécessite une planification, une coordination opérationnelle pour gérer le volume généré ainsi qu’une vision claire des objectifs.

Voici quelques questions auxquelles il est pertinent de répondre avant de procéder:

  • Êtes-vous prêt à encaisser une perte afin de gagner de nouveaux clients?
  • Avez-vous la capacité de gérer les gros volumes que l’offre risque de générer. Même en fixant une limite du nombre de coupons vendus, certaines entreprises sous-estiment le pouvoir attractif de ces promotions et ont du mal à gérer des volumes importants. Le personnel doit être bien informé et capable en tout temps d’accommoder des «clients-surprises» (drop-in) avec la même qualité de service que pour un client habituel.
  • Existe-t-il des services complémentaires à l’expérience du client et source de revenus supplémentaires que vous pouvez vendre à la réclamation du coupon?
  • Pouvez-vous déterminer les périodes de pics et de baisses saisonnières de vos activités et seriez-vous prêt à répondre à une offre sur une période prolongée sachant qu’il peut y avoir un chevauchement entre la haute et la basse saison?
  • Si les acheteurs utilisent leurs coupons durant la haute saison, serez-vous capable de gérer la pression exercée sur le fonctionnement de l’entreprise, tout en maintenant un haut niveau de satisfaction des clients, quitte à prolonger la validité de leurs coupons après leur expiration?
  • Avez-vous des systèmes en place pour fidéliser les nouveaux clients, soit par la façon traditionnelle en leur faisant remplir des cartes de commentaires, ou en les inscrivant à un programme de récompenses déjà en place?
  • Êtes-vous prêt à soutenir une double politique promotionnelle? Comment pouvez-vous intégrer les promotions des sites d’achats groupés aux programmes de récompenses et de fidélisation déjà existants?
  • Avez-vous la capacité de réaliser des campagnes de promotion pour remercier les clients qui ont participé à votre offre promotionnelle et pour les encourager à revenir vous visiter?
  • Êtes-vous capable d’accepter le risque d’avoir des clients attirés par les aubaines et qui ne reviendront peut-être jamais?
  • Est-ce que le site d’achats groupés avec lequel vous voulez offrir une promotion possède une application mobile? Plusieurs sites en ont développé pour permettre à leurs membres d’être continuellement au courant des dernières offres. Ceux-ci peuvent saisir les informations de paiement comme leur numéro de carte de crédit à même l’application mobile. Ne négligez pas cette fonctionnalité qui est extrêmement pertinente vu que certaines offres ne durent qu’un court laps de temps et qu’elles stimulent la spontanéité et l’achat impulsif sur lequel compte un bon nombre de ces sites.

Par ailleurs, le service aux entreprises devient de plus en plus personnalisé. Les sites d’achats groupés sont à l’écoute de leurs partenaires et leur proposent des campagnes promotionnelles adaptées à leurs objectifs et à leurs contraintes. Pour un restaurant, par exemple, ils s’enquerront des heures d’ouverture, du nombre de services par jour, de la facture moyenne, du nombre d’employés, etc., pour ensuite proposer au propriétaire de l’établissement une promotion sur mesure.

Le marché des sites d’achats groupés est en pleine effervescence. Il convient de bien évaluer ses besoins avant d’utiliser ces nouveaux canaux de distribution sans endommager la notoriété de sa marque, tout en intégrant ces nouvelles pratiques dans une stratégie marketing globale.

 

Sources:

− Beccari, Daniele. «Four ways Groupon might work for travel businesses». tnooz.com, 17 janvier 2011.

− Cooper, Jamie. «When a Groupon Promotion Went Wrong», entrepreneur.com, 4 mars 2011.

− Joyce , Stephen. «Considering Groupon for your tour or activity business? At what cost?», 15 novembre 2010.

− Joyce , Stephen. «Does the Groupon model lead tourism businesses», tnooz.com, 17 janvier 2011.

− Slavick, David. «Social Couponing Optimization: Diving into the Deep End». hanifinloyalty.com, 24 mai 2011.

 

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Marketing Réseaux de distribution

L’ampleur du phénomène des sites d’achats groupés et son incidence sur le tourisme

Les sites d’achats groupés tels que Groupon connaissent une fulgurante croissance. Nés au début de la récession, ces nouveaux joueurs du commerce électronique séduisent une clientèle provenant de toute couche sociale et avide de bonnes affaires. Des services touristiques tels que la restauration, l’hôtellerie, les spas, les activités culturelles, les croisières et le transport en sont touchés. Quelle est l’ampleur de ce phénomène et comment influe-t-il sur la distribution touristique?

De quoi s’agit-il au juste?

Les sites d’achats groupés s’entendent avec les entreprises locales sur des offres promotionnelles d’un rabais de l’ordre de 50% à 70% qu’ils envoient par courriel à leurs membres. Ces bonnes affaires durent d’un à trois jours, parfois une semaine, et ne sont validés que lorsqu’un nombre minimal d’acheteurs est atteint. Le site d’achats groupés débite alors le compte de l’acheteur du coût de l’offre et lui envoie un coupon électronique à imprimer.

À leur inscription aux sites, les acheteurs sont invités à indiquer leur ville de résidence pour recevoir en priorité les offres promotionnelles qui y sont proposées. Certains portails ont également des applications mobiles qui permettent aux utilisateurs de spécifier leurs villes favorites afin que ce soit les offres de celles-ci qui s’affichent en premier. La plupart des sites d’achats groupés encouragent leurs membres à partager et à recommander les offres promotionnelles sur leurs réseaux sociaux. En outre, plusieurs d’entre eux accordent des rabais additionnels aux acheteurs dont les amis prennent part à l’offre en solde.

En général, les entreprises font appel aux sites d’achats groupés pour diverses raisons:

  • stimuler une nouvelle demande;
  • attirer rapidement un grand volume de ventes ;
  • acquérir de nouveaux clients;
  • lancer de nouveaux produits;
  • stimuler la demande autour d’un service en particulier;
  • gagner de la visibilité auprès d’une nouvelle catégorie de clientèle et à travers de nouveaux canaux de distribution.

Le fait de ne payer qu’à la conversion de l’acheteur, sans devoir débourser de frais à l’avance, permet aux entreprises de proposer des offres promotionnelles à faible coût. De plus, les achats prépayés peuvent constituer un surplus de trésorerie le temps que les consommateurs utilisent leurs coupons. Bien sûr, chaque site d’achats groupés a sa propre politique de partenariat, qu’il convient d’étudier et de comparer avant de se lancer. La décision d’opter pour ce nouveau genre de distribution doit s’inscrire à l’intérieur d’une stratégie marketing globale pour éviter de nuire à la marque de commerce de l’entreprise.

L’ampleur du phénomène

Groupon et LivingSocial sont les sites d’achats groupés les plus influents. Leur croissance a été fulgurante, à tel point que Forbes a nommé l’entreprise Groupon comme étant l’entreprise qui a connu la croissance la plus rapide de l’histoire du Web. Lancée en 2008, la compagnie est déjà présente dans 46 pays et compte 70 millions de membres. En 2010, Groupon a annoncé des revenus de 760 millions de dollars américains, c’est-à-dire 23 fois plus qu’en 2009. L’entreprise a refusé une offre d’achat de 6 milliards de dollars américains du géant Google.

Le second plus grand joueur du marché est LivingSocial, qui a levé 175 millions de dollars américains auprès d’Amazon. LivingSocial a marqué les annales du commerce électronique grâce à une offre dont plus d’un million de personnes ont profité : 1 301 296 de coupons ont été vendus, générant un revenu total d’un peu plus de 13 millions de dollars américains en l’espace de quelques heures. L’offre permettait d’acheter à 10$ une carte-cadeau d’Amazon d’une valeur de 20$.

Source: switched.com

Le succès de Groupon et de LivingSocial a inspiré d’innombrables nouveaux entrants tels que Buy With Me et Deal of the day. Comme l’illustre la photo ci-dessous, le marché canadien foisonne de sites d’achats groupés.

 

Source: Présentation de Travelalerts.ca « Group Buying for Travel:Hype or The Next Big Thing? »

Au Québec, certains sites se concentrent sur quelques villes de la province seulement, comme vieurbaine.com et promodujour.lespac.com, et d’autres, sur des territoires aussi petits que des villes, dont ilovemontreal.ca.

Source: Ilovemontreal.ca

Par ailleurs, une étude réalisée par la firme Adviso sur quelques sites d’achats groupés indique que Tuango enregistre le plus grand nombre d’abonnés et le plus de promotions vendues à Montréal, dépassant ainsi Groupon sur ce territoire.

Selon la firme Experian Hitwise, l’achalandage des sites d’achats en groupe a augmenté de 610% entre 2009 et 2010. Par ailleurs, l’entreprise américaine BIA/Kelsey a annoncé que les ventes du secteur pourraient passer de 873 millions en 2010 à 4 milliards de dollars américains en 2015, ce qui représente une croissance annuelle moyenne de 35%.

Le peu de barrières à l’entrée pour le démarrage de telles entreprises a favorisé la naissance de nouveaux entrants, à un point tel qu’il existe aujourd’hui des agrégateurs reprenant le contenu de plusieurs petits sites. YipIt, 8Coupons et DealRadar en sont des exemples. En centralisant les offres promotionnelles de nombreux sites, les agrégateurs permettent à leurs membres de réduire considérablement le nombre d’inscriptions, d’alertes et de courriels qu’ils reçoivent. D’autres intervenants entrent également sur le marché, ce sont des compagnies comme Adility, Wantsa et Ponkle, qui aident les entreprises à mettre en place leur propre plateforme d’achats en groupe.

La réplique des géants

De gros joueurs du Web veulent aussi profiter de l’expansion du phénomène d’achats en groupe. Facebook a lancé Facebook deals, qui n’est pour le moment disponible que dans un nombre limité de pays. Les offres locales sont envoyées aux membres par courriel et apparaissent également dans leur fil d’actualité Facebook. L’effet viral des boutons «J’aime» et «Je partage» est également mis à contribution pour stimuler les ventes.

Après sa tentative échouée d’acquérir Groupon, Google part aussi à la conquête du marché des achats en groupe en lançant Google Offers, disponible pour le moment en version test dans quelques villes américaines.

Pourquoi le tourisme devrait-il s’y intéresser?

Bien évidemment, la frénésie du magasinage à rabais n’a pas épargné l’industrie du tourisme. Plusieurs sites spécialisés dans les achats de groupes ou dans les vente-éclairs (flash sales) ou encore des sites à abonnements exclusifs ont vu le jour. Jetsetter a été le premier site d’achats groupés à proposer des offres promotionnelles de voyages. SniqueAway, né en 2010, fait partie d’Expédia et vend des séjours dans des hôtels de luxe ayant les plus hautes cotes sur TripAdvisor à des tarifs exclusifs. Vacationist est né d’un partenariat entre Luxury Link et Travel + Leisure pour offrir des services de voyages de luxe et TripAlertz s’est spécialisé dans les rabais en matière d’hébergement et dans les forfaits. La liste se prolonge: Holibags, Blommspot et Zozi offrent des rabais exclusifs sur des activités, et Goldstar, des escomptes sur des spectacles et des évènements sportifs.

 

Source: tripalertz.com

Dans ce contexte, les grands sites établis ont également vite constaté que leurs membres les intégraient dans leur planification de voyage pour acheter des offres promotionnelles en dehors de leur ville. LivingSocial a donc lancé son concept de forfaits qu’il a décliné en thématiques: évasion, aventure et famille; et Groupon se construit de plus en plus une image d’outil indispensable à la planification d’un voyage. Groupon s’est également associé à Expédia pour créer Groupon Getaways. L’idée est d’offrir des promotions de voyage extrêmement alléchantes parmi plus de 135 000 hôtels dans le monde. Le projet sera lancé aux États-Unis et au Canada et, plus tard, dans d’autres pays. Expedia et Groupon planifient aussi d’inclure des forfaits, des billets d’avion, des locations de voiture, des croisières et des activités à destination.

 

Source: tnooz.com

Dans sa lancée d’expansion, Groupon a également annoncé son association avec Live Nation pour former GrouponLive, qui offrira des billets de concerts et de spectacles à des prix réduits.

Source: groupon.com

Malgré leur grand succès, les sites d’achats groupés sont parfois critiqués par les entreprises pour leur modèle d’affaires basé sur des commissions très élevées variant entre 35% et 50% et allant parfois jusqu’à 70%. Néanmoins, ces sites ne cessent de peaufiner leur offre et d’améliorer leur contribution pour générer des transactions gagnant-gagnant pour les acheteurs et pour leurs partenaires. Dans une prochaine analyse, nous tâcherons de comprendre s’il convient à toutes les compagnies d’utiliser les sites d’achats groupés et dans quelle mesure.

Sources:

– Angelova, Kamelia. «Tim O’Shaughnessy: LivingSocial Bet All Its Cash On Beating Groupon At Its Own Game», businessinsider.com, 12 mai 2011.

– Chen, Tracy. «Group buying: the new generation of couponing». ctmedia.ca, 3 mars 2011.

– Communiqué de presse. «Groupon and Expedia Partner to Launch Travel Deals Site», Expedia.mediaroom.com, 1er juin 2011.

– Communiqué de presse. «Consumer Spending on Deal-a-Day Offers Likely to Reach $3.9B in U.S. by 2015», Biakelsey.com, 3 mars 2011.

– Elliottng. «TripAlertz: GroupOn clone for travel», travel-industry.uptake.com, 18 novembre 2010.

– Fredrix, Emily. «Savvy travelers can reap group coupon savings», cbsnews.com, 8 mars 2011.

– Greenberg, Peter. «Groupon, LivingSocial, Yipit And More: Group Buying Sites for Travel», petergreenberg.com, 19 mai 2011.

– Hateveldt, Henry. «Expedia/Groupon create a new travel marketplace – Travelrs will love it, travel sellers will have to be careful», forrester.com, 1 juin 2011.

– Joyce, Stephen. «Does the Groupon model lead tourism businesses racing to the bottom?», tnooz.com, 14 janvier 2011.

– Joyce, Stephen. «Facebook deals a killer blow to groupon for travel offers», tnooz.com, 3 février 2011.

– Lamy, Dominique. «Facebook Deals en pleine expansion», branchez-vous.com, 30 juin 2011.

– La rédaction du journal. «Le boom de l’achat groupé aux États-Unis », journaldunet.com, 23 mars 2011.

– La rédaction du journal. «Le phénomène Groupon est-il surévalué?», journaldunet.com, 14 janvier 2011.

– O’Brien, Terrence. «Living Social/Amazon Deal Draws 1.3 Million Users (and $13 Million) in One Day». switched.com, 20 janvier 2011.

– Parr, Ben. «Google launches its Groupon competotir Wednesday», mashable.com, 31 mars 2011.

– Reisinger, Don. «Groupon, Live Nation team up for online ticketing». news.cnet.com, 9 mai 2011.

– Robbins MacLean. «Group buying site LivingSocial launches curated travel deals section», gadling.com, 10 novembre 2010.

– Schaal, Dennis. «Expedia partners with Groupon on getaways», tnooz.com, 1er juin 2011.

– Stotch, Leopold. «Group Buying for the Travel industry», articlemonkeys.com.

– Présentation de Travelalerts.ca . «Group Buying for Travel: Hype or The Next Big Thing?», consulté le 15 Juillet 2011.

– Yin, Sarah. «LivingSocial’s Final Tally: 1.4M Amazon Vouchers Sold». pcmag.com, 20 janvier 2011.

 

 

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Produits et activités

Les touristes religieux: comment les interpeller?

La dynamique du tourisme religieux a radicalement changé au cours des dernières décennies. Ce créneau ne vise plus que les destinations bibliques traditionnelles, comme Israël ou le Vatican, et ne s’adresse plus qu’aux segments des congrégations et des missionnaires; il touche un plus large public et de nouvelles destinations s’y intéressent. Par exemple, les Bahamas privilégient le voyage de groupe et la Suisse met en vedette son patrimoine architectural religieux. En outre, un label d’hôtellerie y connaît un succès.

Les adeptes de tourisme religieux

Quelle que soit la forme sous laquelle il est vécu – pèlerinage, rassemblement religieux (comme les journées mondiales de la jeunesse), contemplation de l’art et de l’architecture, croisière, safari ou volontourisme -, le tourisme religieux connaît une renaissance.

Selon une étude réalisée en 2007 par Menlo Consulting Group, la plupart des voyageurs religieux sont mariés (70%), plus de la moitié ont un revenu de ménage supérieur à 75 000 US et leur groupe d’âge ne se limite plus aux seniors, mais s’ouvre également aux jeunes: le touriste religieux est aujourd’hui âgé de 35 à 74 ans. Environ 63% ont recours à un agent de voyages et 3 personnes sur 10 suivent un itinéraire prédéterminé. À peu près 55% sont accompagnés d’un ami et 43% voyagent avec leur conjoint. Ces voyageurs sont fidèles, car environ 4 sur 5 seraient prêts à répéter l’expérience d’un tel voyage. Bien qu’elles recherchent l’équilibre entre les activités religieuses et non religieuses, 75% des personnes intéressées par ce créneau veulent partager leur foi avec d’autres voyageurs qui ont les mêmes intérêts qu’elles.

Le voyageur religieux a des attentes bien spécifiques quant à la qualité de la prestation, la programmation, l’organisation, voire la distribution, de ce type d’offre touristique.

Des conditions sine qua non pour la réussite d’un voyage religieux

Pour les touristes religieux, la qualité de l’expérience vécue lors du voyage est cruciale. Autant ils se montrent indulgents pour le prix, autant ils ont de grandes attentes quant à l’itinéraire, aux activités et à la compétence des guides-accompagnateurs.

En effet, l’aspect fondamental de l’apprentissage dans le tourisme religieux fait en sorte que les guides-animateurs qui accompagnent les touristes font souvent partie d’ordres religieux ou détiennent une formation en théologie, en anthropologie, en architecture, en psychologie, en philosophie ou en conservation du patrimoine. Ils peuvent aussi avoir une expérience de vie qui témoigne de leur profonde spiritualité ou de leur réalisation de soi.

Au-delà de la visite de lieux de culte, les touristes religieux apprécient les expériences culturelles et les occasions d’échanges et de communion avec la population locale. La participation à des activités de bénévolat, comme la distribution de soupes populaires ou des corvées, semble aussi les interpeller.

Avides d’apprendre et de vivre des expériences enrichissantes tout au long du voyage, les touristes religieux accordent beaucoup d’importance à l’itinéraire. Souvent, ils aiment être logés dans des sites religieux ou spirituels propices à une immersion totale. À ce titre, plusieurs abbayes, monastères et sanctuaires proposent de l’hébergement.

 

Voyage religieux, voyage spirituel

Source: iStockphoto.com (Sagrada Familia)

Le besoin de vivre une belle expérience de voyage pousse les consommateurs du tourisme religieux à choisir des agences de voyages dont la réputation est solide ou celles qui leur sont recommandées par leurs congrégations, leurs amis ou connaissances. Dans ce segment de marché, les liens professionnels sont basés sur une relation de confiance qui se bâtit avec le temps. Cette dimension humaine fait en sorte que les transactions sont gérées de personne à personne et qu’il y a peu d’achats en ligne. Les fournisseurs touristiques doivent faire preuve d’un grand sens de l’écoute et se familiariser avec la structure, l’histoire, la mission ainsi que le fonctionnement des congrégations qu’ils accueillent. La compréhension des besoins des groupes religieux est fondamentale pour qu’on puisse leur donner un service personnalisé. Les touristes qui achètent un forfait auprès des agences de voyages aiment aussi ce caractère exclusif souvent traduit par l’organisation de voyages en petits groupes permettant une ambiance favorable à l’apprentissage et au partage.

Le tourisme religieux s’adresse à un large spectre de voyageurs aux motivations aussi diverses que personnelles. Ce caractère distinctif influe sur la façon de communiquer avec ce segment de marché. Par exemple, il est conseillé d’éviter de parler de «tourisme religieux» dans les messages de commercialisation. Lier l’activité commerciale du tourisme à la pratique religieuse peut déplaire à certaines personnes qui ne tolèrent pas le mélange du profane et du sacré. L’expression «voyage religieux» est un peu mieux acceptée, car elle fait moins référence à l’aspect mercantile de l’expérience. Il est également pertinent de ne pas confiner cette forme de tourisme dans un cadre strictement religieux, mais de l’ouvrir à une autre forme de tourisme culturel et historique ou d’apprentissage.

De nouvelles destinations s’y consacrent

Motivées par la croissance de ce marché de niche, de nombreuses destinations proactives et non traditionnellement engagées dans le segment religieux lancent déjà des plans d’action pour participer à ce mouvement en effervescence. En voici quelques exemples.

La Suisse. Le tourisme religieux s’y traduit, entre autres, par une offre hôtelière spécialisée. Le pays connaît un miniboom dans l’hôtellerie chrétienne. Fondée en 1895, l’Association of Christian Hotels (VCH) compte maintenant 53 hôtels suisses. Les membres sont des établissements d’une à quatre étoiles, y compris des hôtels urbains chics, des pensions et des stations de vacances. Le label C marque une gestion chrétienne où les prières sont parfois de mise aux repas. Pendant que l’industrie hôtelière suisse subissait une baisse importante de ses ventes lors de la crise financière, les hôtels chrétiens du pays ont vu leurs ventes s’accroître de 2% et atteindre un chiffre d’affaires record en 2010, soit 93 millions de francs suisses.

L’Office du tourisme de la Suisse met également beaucoup d’accent sur son héritage chrétien et catholique, avec notamment l’abbaye bénédictine baroque de Saint-Gall, bien du Patrimoine mondial de l’UNESCO, et le Musée international de la réforme protestante.

Les Bahamas. L’Office du tourisme des Bahamas fait du tourisme religieux un vrai cheval de bataille. Il a été le premier organisme de promotion de destination à créer un poste de directeur de tourisme religieux. Il mise énormément sur la foi des habitants de l’île pour promouvoir la destination comme un lieu idéal, où l’immersion et l’échange spirituels sont omniprésents.

L’Office vise les marchés de groupes et travaille directement avec les églises et les lieux de culte ayant des liens avec des congrégations internationales, plus particulièrement aux États-Unis.

L’organisme de promotion touristique invite régulièrement les leaders des grandes églises et des personnalités influentes auprès des communautés chrétiennes afin d’établir des partenariats stratégiques. Récemment, ces dignitaires religieux se sont engagés à tenir un évènement ainsi que des conférences et des colloques aux Bahamas. L’État de la Floride est la principale source de ce type de touristes sur l’archipel, et les dirigeants ont l’ambition d’être plus actifs sur le plan du développement international. Voici une vidéo qui témoigne des ambitions de l’Office dans ce segment de marché.

Plusieurs paramètres contribuent à l’essor du tourisme religieux, notamment sa large portée démographique et la loyauté de sa clientèle. La qualité de l’approche, des relations et de la prestation joue un rôle fondamental dans le développement et la mise en marché de ce créneau.

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

Sources

Association of Christian Hotels

– Congrès annuel de la World Religious Travel Association (WRTA) tenu à Montréal du 13 au 15 novembre 2010.

– « International religious leaders eye Bahamas ». tourismtoday.com, consulté le 15 avril 2011.

– Menlo Consulting pour Globus faith, « Religious Travel Study », 2007.

– Meier, Von Michael. « Christian Hotels Flourish In Switzerland », tagesanzeiger.ch, 7 janvier 2011

– Mombelli Armando. « L’abbaye de Saint-Gall et sa «pharmacie de l’esprit» », swissinfo.ch, 4 septembre 2009.

Religious Tourism in the Bahamas

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Produits et activités Tendances

Le potentiel de croissance du tourisme religieux en Amérique du Nord

Malgré la baisse de la pratique religieuse dans le monde occidental, nous assistons au développement du tourisme religieux. Comment expliquer ce paradoxe et quelle est l’ampleur de ce phénomène? Une étude d’Amadeus indique que 55% des spécialistes du voyage interrogés lors d’une enquête attribuent à ce marché de niche un réel potentiel de développement et de croissance.

Le tourisme religieux, reflet d’une spiritualité moderne

Dans les sociétés occidentales contemporaines, la laïcité et la remise en question de la pertinence des institutions et des pratiques religieuses favorisent l’éclosion d’une dévotion dépourvue de toute pression sociale. La religiosité devient une démarche personnelle par laquelle les individus façonnent leur propre spiritualité en s’inspirant de différents courants philosophiques, religieux ou mystiques.

À l’image de la pratique religieuse, le tourisme religieux s’individualise et reflète une spiritualité plus contemporaine. Il vit une mutation et plusieurs experts prévoient que les visites aux lieux de culte évolueront plus ou moins avec la même intensité que dans le passé.

Le christianisme en Amérique du Nord

Pour mieux comprendre le potentiel de développement du tourisme religieux, il est nécessaire de considérer la place de la religion dans ces sociétés. Les États-Unis sont probablement un des rares pays occidentaux où l’Église continue d’être aussi présente dans la vie des gens. Voici quelques chiffres marquants.

  • Selon le Yearbook of American & Canadian Churches, les Églises et les groupes religieux aux États-Unis représentent environ 340 000 établissements et 160 millions de membres.
  • Le Pew Forum on Religion & Public Life indique qu’environ 40% des Américains disent assister aux services religieux au moins une fois par semaine.
  • Environ 22 000 des 33 000 écoles privées aux États-Unis sont gérées par des groupes religieux. L’Église catholique dirige le plus grand réseau du pays, soit 7400 écoles.
  • Les méga-églises, qui accueillent 2000 participants ou plus par semaine, sont de plus en plus populaires et leur nombre a doublé de 2000 à 2008, passant de 600 à plus de 1200. Leur budget a augmenté de 5% de 2009 à 2010, et ce, malgré la récession économique.
  • Le Religion News Service indique que les églises chrétiennes ont reçu plus de dons que toute autre organisation caritative ou à but non lucratif.

Selon le recensement le plus récent sur l’appartenance religieuse au Canada, réalisé en 2001, environ 77% de la population canadienne se dit chrétienne. De plus, les enquêtes nationales sur la religiosité au pays, comme celle du Pew Global Attitudes Project, indiquent qu’en moyenne, les chrétiens canadiens observent moins la pratique que les Américains, mais qu’ils sont plus ouvertement religieux que les Européens de l’Ouest. En 2002, 30% des Canadiens ont déclaré à Pew que la religion était très importante à leurs yeux, contre 33% pour les Britanniques, 27% pour les Italiens, 11% pour les Français et 59% pour les Américains. Les provinces du Québec et de la Colombie-Britannique affichent les plus faibles taux de pratique au pays. Cela étant dit, une proportion considérable de Canadiens n’assistent pas aux services, mais continuent de pratiquer leur religion en privé.

Le tourisme religieux ne se développe pas de façon isolée; plusieurs produits religieux connaissent aussi un fort succès!

Packaged Facts, une division de Market Research, indique que les ventes totales annuelles au détail des produits religieux (incluant livres, musique, cadeaux et cartes) totalisaient déjà environ 7 milliards de dollars américains en 2004, ce qui est au moins quatre fois plus élevé qu’en 1980.

Aujourd’hui, les livres traitant du christianisme représentent 20% des ventes en librairie de Walmart, et les ventes de musique chrétienne surpassent celles du jazz et de la musique classique combinées.

En 2009, Arbitron, un organisme qui effectue des enquêtes d’écoute des radios américaines, a recensé 1487 stations de radio religieuses, 1507 stations de musique chrétienne contemporaine et 409 stations de gospel. Il y a 20 ans, la musique chrétienne contemporaine était une industrie artisanale avec des ventes annuelles de 85 millions de dollars américains. Aujourd’hui, grâce à la production sophistiquée, le marketing et la distribution de masse, les ventes ont totalisé 720 millions de dollars américains en 2004.

Cette croissance a bien évidemment retenu l’attention des grandes firmes américaines, telles que EMI et Sony, ainsi que les éditeurs Time Warner, HarperCollins et Barnes & Noble, qui ont intégré une dimension religieuse à leurs produits pour mieux servir ce grandissant segment de marché.

Le tourisme religieux a également fait son apparition dans le monde des guides touristiques. Ainsi, en 2004, le Petit Futé a sorti un livre dédié aux séjours spirituels en France. Il a initialement été édité à 35 000 exemplaires et fait déjà l’objet d’une deuxième édition ainsi que d’une version européenne.

La religiosité n’est pas fondamentalement en déclin, mais tend plutôt à se désinstitutionnaliser. La constante consommation de produits religieux catholiques témoigne de cette continuité avec l’émergence d’une nouvelle forme de spiritualité plus centrée sur l’individu que sur le dogme.

Le potentiel de croissance selon les professionnels de l’industrie

Certaines études comme celles menées par Amadeus témoignent de l’intérêt des professionnels du tourisme pour ce marché de niche. En mars 2010, Amadeus a interrogé 3000 spécialistes du voyage lors de l’enquête The Amateur-Expert Traveller. Il en est ressorti que les marchés de niche représentent de grandes occasions pour les agences de voyages d’accroître leurs recettes et de fidéliser leur clientèle. Les experts estiment leurs possibilités de croissance à 95% pour les voyages en famille, à 83% pour les voyages d’aventure, à 55% pour les voyages religieux et à 45% pour les mariages (voir graphique 1).

Potentiel_tourisme_religieux_graph1

Par ailleurs, dans l’enquête Amadeus North America Travel Agent Survey menée en mars 2010 et intitulée Seizing Opportunity In The Upturn: Will Emerging Trends Boost Your Business?, 800 professionnels du voyage ont fait part des marchés et clientèles de niche qu’ils desservent ou qu’ils comptent prochainement desservir. Le tourisme religieux a été mentionné par 34% des répondants, comparativement à 82% pour les voyages en famille et 27% pour les voyages écologiques (voir graphique 2).

Le potentiel de croissance du tourisme religieux provient également de sa jonction avec les tourismes culturel, historique, patrimonial et d’apprentissage, qui témoignent d’un fort succès auprès des voyageurs. Comme nous le verrons dans une prochaine analyse, le tourisme religieux séduit petits et grands, et de nouvelles destinations le développent et le valorisent.

 

Sources

– Amadeus North America Travel Agent Survey : «Seizing Opportunity In The Upturn: Will Emerging Trends Boost Your Business?»,

– Amadeus. «The Amateur-Expert Traveller»

– Clark, Warren. «Religion – évolution de la pratique religieuse au Canada» Statistique Canada, printemps 2003.

– Defrance , Anne-Lise. «Le tourisme religieux attire de nouveaux adeptes» Lemonde.fr, 22 août 2005.

– First research : «Churches & Religious Groups», 20 décembre 2010.

– Radio Today series : «Radio Today 2010. How America listens to radio». Arbitron.com, édition 2010.

– William C. Symonds, David Kiley, Tom Lowry et Kirstin Dorsch. «The fashion of the Christ», 23 mai 2005.

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Gestion Tourisme durable

Des pratiques et des modèles d’affaires touristiques durables

Les hauts dirigeants en tourisme qui étaient présents à la dernière conférence du World Tourism Forum à Lucerne arrivent à la même conclusion: la pérennité de l’industrie passe par des pratiques et des modèles d’affaires durables. Les initiatives des entreprises touristiques prennent la forme de politiques internes, de partenariats ou de projets novateurs. Certains professionnels de l’industrie voient déjà au-delà du triple résultat (sur les plans économique, social et environnemental) pour y rattacher la notion d’engagement à l’égard de la marque. Voici quelques témoignages de différents secteurs d’activité.

Des programmes internes qui font la différence

Pionnier, le Paradise Bay Resort and Spa se distingue par un programme durable unique en son genre dans les Caraïbes. Pour garantir un séjour «vert» à ses hôtes, le resort a installé un moulin à vent qui permet de répondre à une très grande partie des besoins énergétiques de la propriété. Le centre de villégiature compense également les émissions de carbone des vols, du transport local ainsi que des activités des clients par le recours à des énergies renouvelables. En plus d’être alimenté en partie par de l’énergie éolienne, l’établissement utilise l’énergie solaire et cultive son propre potager biologique.

Des nouveaux partenariats fleurissent

Selon Intergovernmental Panel on Climate Change, les émissions de CO2 causées par les déplacements aériens sont plus dommageables que celles provoquées par les activités terrestres à cause des polluants rejetés dans l’atmosphère supérieure, entraînant deux à quatre fois plus de dégâts.

Conscientes de ce défi, quelques compagnies aériennes testent des solutions énergétiques plus durables. Ainsi, British Airways, qui prévoit utiliser les biocarburants pour alimenter une partie de sa flotte à partir de 2014, s’est alliée à Solena Group, une firme spécialisée en bioénergie et basée à Washington DC. Les deux partenaires construisent une usine pour convertir une grande variété de déchets destinés à l’enfouissement en biocarburant pour les avions. À la fin de son implémentation, l’usine permettra de convertir 500 000 tonnes de déchets par an en 16 millions de gallons de biocarburants. Selon British Airways, ce volume dépasse le double de la quantité nécessaire pour rendre tous ses vols, via l’aéroport de Londres, neutres en émissions de carbone. Ce partenariat unique avec Solena ouvrira la voie à la réalisation de l’ambitieux objectif de British Airways: réduire ses émissions de carbone de 50% d’ici 2050. De plus, cette initiative permettra à la Ville et à l’aéroport de Londres de diminuer considérablement leurs coûts de gestion et d’enfouissement des déchets urbains.

Solena travaille sur un projet similaire avec la compagnie aérienne australienne Qantas.

L’hôtellerie aussi a développé des partenariats salutaires. Dans le cadre de sa stratégie visant à réduire les émissions de carbone, Marriott International a signé un accord de l’ordre de 2 millions de dollars américains avec l’État brésilien Amazonas afin de protéger et de préserver 1,4 million d’acres de forêt tropicale en voie de disparition en Amazonie. La zone porte le nom de The Juma Sustainable Development Reserve.

La préservation des forêts tropicales est une pierre angulaire de la stratégie environnementale de Marriott, qui permet aussi à ses clients de contribuer au fond Juma pour compenser volontairement les émissions causées par leur séjour à l’hôtel.

Des modèles d’affaires novateurs

Certaines entreprises sortent de l’ordinaire dans le but de sensibiliser les consommateurs et d’établir de nouvelles façons de faire. C’est le cas des restaurants végétariens Otarian situés à Londres et à New York, qui sont les premiers établissements à mesurer l’empreinte écologique de chaque élément de leur menu. L’objectif principal de cette démarche est d’encourager les clients à réfléchir sur les répercussions de leurs choix alimentaires et de comprendre les avantages environnementaux de la réduction de la consommation de viande.

La compagnie Sustain, qui a mesuré l’empreinte écologique des aliments, a tenu compte de chaque étape du cycle de vie des produits, incluant l’approvisionnement des matières premières, la fabrication, l’emballage, le transport, la cuisine et l’élimination du produit.

Toujours dans le but de créer une plus value pour le voyageur, un nouveau genre d’entreprises touristiques voit le jour. Tel est le cas de moteurs de recherche comme Carbon Friendly Flight qui permettent aux voyageurs d’effectuer des recherches de vols selon leur impact environnemental, entre autres.

Source: Globaltravelmarket

En 2009, l’outil a enregistré environ 10 000 recherches; 57% des visiteurs ont sélectionné l’option de vol la plus verte même si son prix était en moyenne plus élevé de 19%.

De son côté, Gap Adventures, un tour-opérateur canadien qui figure parmi les précurseurs du tourisme durable dans les années 1990, a aujourd’hui élargi son modèle 3P (personnes, planète et profit) à un concept plus évolué. Depuis sa création, Gap Adventures a étendu ses activités à plus de 1000 itinéraires dans une centaine de pays. Selon l’inspirant fondateur et président Bruce Poon Tip, au-delà du modèle du triple résultat (triple bottom line), les entreprises doivent davantage enrôler leurs employés ainsi que leurs clients dans cette voie.

Pour une entreprise dont les activités s’étendent à l’international, comment s’assurer que les employés qui la représentent donnent la même qualité de service et qu’ils démontrent leur engagement et leur affiliation à la marque, sans même ne jamais avoir rencontré leurs collègues?

 

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Source: Présentation de Gap Adventures au World Tourism Forum – Lucerne, avril 2011

 

M. Bruce Poon Tip pense que pour y parvenir, il est nécessaire d’enrôler les employés dans le modèle d’affaires de l’entreprise et d’impliquer les voyageurs au-delà du produit vendu.

Gap Adventures base son modèle d’affaires sur la notion du bonheur dont traite le livre Delivering Happiness: A Path to Profits, Passion, and Purpose. M. Bruce Poon Tip met un point d’honneur à transposer ce concept philosophique dans la gestion de ses équipes et dans l’animation de sa communauté de voyageurs.

Selon lui, une entreprise doit créer un environnement qui offre aux employés un sentiment de:

  • perceived progress (percevoir la possibilité de progresser et de développer sa carrière);
  • perceived control (avoir un sentiment de contrôle sur son travail et sur son avancement);
  • connectedness (être en contact et en bonne relation avec ses collègues);
  • vision/meaning (faire partie de quelque chose de plus grand que soi).

Ce sont là, selon M. Bruce Poon Tip, les fondements mêmes du bonheur (voir image).

Source: Présentation de Gap Adventures au World Tourism Forum – Lucerne, avril 2011

Pour que les clients s’investissement dans cette cause, GAP Adventures a créé la fondation Planeterra, qui gère plus de 30 projets de développement communautaire à travers le monde et qui offre aux voyageurs la possibilité de participer au bien-être des populations qu’ils rencontrent dans leurs circuits.

Google et Apple, des géants de la gestion de la marque et de l’engagement du consommateur, reconnaissent l’intelligence du modèle d’affaires de Gap Adventures. La compagnie canadienne a également reçu les honneurs de Condé Nast Traveller et de National Geographic.

Ralentir la croissance touristique pour épargner l’environnement n’est pas une solution viable. Plusieurs économies en voie de développement dépendent de cette industrie souvent considérée comme une importante source de devises. En revanche, les modèles d’affaires des entreprises touristiques doivent impérativement changer et intégrer des pratiques de gestion durables.

«Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements.» (Charles Darwin – 1809-1882).

Sources:

– Conférence du World Tourism Forum, à Lucerne en avril 2011.

– Walsh, Luke. «Restaurant puts carbon footprint on the menu», edie.net, 26 avril 2010.