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Tourisme durable

Quelques réflexions pour les décideurs sur le tourisme durable

À l’heure actuelle, l’économie mondiale vit de grands bouleversements. Le poids économique de l’Asie qui devient prédominant, la croissance des écarts entre les riches et les pauvres, le rythme accéléré du changement, l’accroissement de la population, l’augmentation de la consommation et la rareté des ressources en sont quelques exemples. Le World Tourism Forum tenu à Lucerne en avril dernier a levé le voile sur les nouvelles réalités qui poussent l’industrie touristique à innover pour gagner en efficacité, tout en préservant la qualité des richesses naturelles. Que nous réserve le futur et quels sont les obstacles et les défis qui guettent nos entrepreneurs?

Que nous réserve l’avenir?

Le tourisme joue un rôle essentiel dans l’économie mondiale. Le World Travel & Tourism Council (WTTC) et Oxford Economics projettent qu’en 2011, l’industrie représentera 6 billions de dollars américains, c’est-à-dire 9,5% du produit intérieur brut mondial, et emploiera près de 260 millions de personnes. Dans 10 ans, on estime que ces chiffres seront respectivement de 9,2 billions de dollars américains pour 324 millions d’emplois.

Par ailleurs, la demande mondiale de pétrole devrait croître d’environ 22% au cours des 20 prochaines années, surtout en Chine, en Inde et dans d’autres économies émergentes. Les transports représenteront 97% de cette augmentation. Ces prévisions signifient que la dépendance des économies du monde par rapport à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) sera grandissante, que les processus de forages seront plus coûteux et que les prix seront plus volatils.

À l’avenir, l’industrie touristique aura crucialement besoin de solutions énergétiques efficaces qui lui permettront de soutenir sa croissance, tout en continuant d’offrir des produits et services rentables et abordables.

Les pratiques durables sont essentielles

On observe un désir croissant des consommateurs pour la responsabilité sociale et environnementale, l’interaction et les expériences de voyage authentiques ainsi que les pratiques commerciales équitables. Les entreprises qui s’adaptent à ces nouvelles réalités et qui les intègrent à leur philosophie sont les mieux outillées pour les années à venir. Pourquoi est-ce si crucial?

  • Sans la préservation des ressources naturelles (plages, déserts, montagnes, récifs coralliens, forêts et jungles) et des richesses culturelles (traditions, us et coutumes), l’essence même du produit touristique est compromise.
  • Les pratiques durables peuvent donner de meilleures marges de profits, grâce à des coûts d’exploitation réduits et à un meilleur positionnement auprès des consommateurs.

Bien que la volonté des professionnels touristiques soit au rendez-vous, plusieurs d’entre eux témoignent des défis que représente l’intégration du concept de durabilité dans cette industrie.

Les défis du tourisme durable

Malgré les quelques micro-solutions déployées par les professionnels du milieu, sur une grande échelle, l’industrie touristique continue de faire face à certains défis.

  • La durabilité ne doit pas être exclusive. L’écotourisme ne peut pas, à lui seul, résoudre le problème de la durabilité dans l’industrie touristique. Ce type de voyage s’adresse à un petit marché et n’atteint pas la masse critique nécessaire pour constituer une solution pour les grandes destinations. «It is a micro- solution for a micro problem, it can not be a destination game.» Professeur Ernst A. Brugger.
  • L’industrie touristique est diversifiée. Plus de 80% de l’activité mondiale du voyage est représentée par des petites et moyennes entreprises (PME), dont beaucoup sont situées dans des pays en voie de développement. Or ces PME ont souvent un accès limité à la connaissance, aux ressources et à l’efficacité énergétique. Par conséquent, une partie du défi consiste à tenir compte de la localisation, de la diversité et de la taille des entreprises touristiques.
  • Un investissement à long terme. Au-delà de l’investissement technologique, les investissements éducationnel et institutionnel nécessitent du temps. En effet, la sensibilisation et la formation adéquate de la main-d’œuvre s’étalent sur plusieurs années. De plus, pour qu’un appareil législatif et régulateur atteigne une maturité d’exécution, il faut que le processus soit testé et peaufiné des années durant, voire des décennies.
  • Une perception non fondée. De nouvelles surtaxes environnementales basées sur une perception erronée imposent un fardeau à l’industrie touristique. Celle-ci doit largement communiquer sa grande valeur économique ainsi que ses progrès continus déployés en matière de durabilité, surtout que le voyage contribue relativement peu aux émissions mondiales de carbone. Il est primordial de changer l’image de l’industrie.

Pour réussir à dépasser ces contraintes, certaines conditions telles que l’innovation technologique, la coordination entre les intervenants et la mise en place d’un cadre législatif s’avèrent importantes. Voici des facteurs clés de succès nécessaires pour une transition durable de l’industrie.

  • Favoriser la technologie et l’innovation. L’innovation technologique joue un rôle crucial dans le développement durable. L’organisation mondiale du tourisme estime que plus d’un tiers du potentiel d’atténuation d’émissions de CO2 au cours des 20 prochaines années peut être réalisé grâce à l’innovation, notamment en facilitant les transferts de connaissance des pays développés vers les pays en développement. L’industrie doit se concentrer sur l’expérimentation de nouvelles technologies pour réduire les émissions de carbone, accroître l’efficacité énergétique et recourir à des solutions renouvelables, limitant ainsi les déchets et l’utilisation excessives des ressources naturelles.
  • Coordonner l’implication des intervenants sur tous les plans. La durabilité exige une collaboration entre le gouvernement, les intervenants du secteur privé, les Organisations Non Gouvernementales et les communautés d’accueil. Ces partenariats doivent être menés tant sur le plan micro-économique (hôtels, restaurants, attractions, associations, fédérations et regroupements) que sur le plan macro-économique (transport, routes, infrastructures, sécurité, éducation, etc.). En outre, un leadership et une vision claire doivent guider l’industrie globalement.
  • Investir dans la sensibilisation. Une meilleure compréhension des répercussions des changements climatiques influera sur le choix de consommation des générations futures. Même si le coût et la commodité demeureront des facteurs clés dans les décisions de voyage, les conséquences sur l’environnement deviendront le troisième facteur important pour les entreprises et les particuliers.

Pour soutenir sa croissance économique, l’industrie touristique doit se mobiliser pour trouver des solutions énergétiques efficaces, accessibles et rentables, capables de préserver les ressources naturelles et d’améliorer les expériences de voyage.

 

Source:

– Conférence du World Tourism Forum Lucerne – Avril 2011

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Gestion Tendances

La vente croisée: une source de revenu encore peu exploitée par l’industrie touristique

Plusieurs fournisseurs touristiques considèrent vendre davantage de services complémentaires exploités par d’autres intervenants de l’industrie. Selon une étude menée par Forrester Consulting, les revenus de ces ventes croisées augmenteront de 30% d’ici 2015. Ces transactions permettent de générer des profits rapidement et de bonifier l’expérience de voyage sans nécessiter de lourds investissements. Les placements médias et les services touristiques figurent parmi les prestations les plus visées. En quoi consiste cette tendance?

Plusieurs informations présentées dans cette analyse sont issues de l’étude Cross-Sell Your Way To Profit, citée plus bas.

Pourquoi s’intéresser à la vente croisée?

La vente croisée de services complémentaires consiste en la vente de services auxiliaires par un fournisseur pour le compte d’un autre. Celui qui vend la prestation au voyageur perçoit une commission de celui qui l’exploite et devient ainsi intermédiaire ou distributeur.

Les compagnies aériennes qui offrent la location de chambres d’hôtel ou de voitures s’y livrent déjà et comptent intégrer de nouveaux services auxquels on ne les associe pas habituellement. Les compagnies de croisières en font autant lorsque, par exemple, elles vendent à leurs passagers des excursions terrestres exploitées par un fournisseur touristique local. De plus en plus, d’autres intervenants de l’industrie comme les compagnies ferroviaires, les hôtels et les agences de location de voitures s’en inspirent aussi.

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Source: Fenêtre de réservation de la compagnie aérienne Americanairlines

Ces services complémentaires vendus pour le compte de partenaires permettent aux fournisseurs touristiques de réaliser des marges de profit substantielles et de proposer à leurs clients une prestation de voyage plus complète, plus intégrée et plus personnalisée. Par ailleurs, ils contribuent également à prolonger la durée du séjour et à augmenter les points de contact avec le client.

Qu’en pensent les plus grands intervenants touristiques?

Selon l’étude réalisée par Forrester Consulting, les fournisseurs touristiques s’attendent à ce que les ventes des services complémentaires distribués pour le compte de partenaires gagnent en importance dans les cinq prochaines années (graphique 1). Ces services représenteront 19% des revenus totaux des produits complémentaires d’ici 2015, ce qui correspondra à environ 2,5 % des recettes totales.

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Source: Cross-Sell Your Way To Profit, le rapport de Forrester Consulting

Pour les compagnies aériennes, les services de voyage axés sur le transport, l’hébergement et les transferts à l’aéroport sont et resteront la catégorie la plus populaire. Cela dit, nombre d’entre elles ont l’intention de vendre un plus grand choix de produits complémentaires de niche comme des croisières, des billets de train, des espaces de stationnement à l’aéroport ou des services de conciergerie. De plus, la participation des compagnies aériennes à la vente de services touristiques à destination, par exemple les visites guidées, augmentera d’environ 37% durant les cinq prochaines années. Le divertissement est aussi un créneau dans lequel elles veulent investir, notamment en offrant des billets de spectacles et d’événements divers (tableau 1).

En plus de distribuer des produits touristiques variés, la moitié des compagnies aériennes sondées ont dit avoir l’intention d’agir en tant qu’espace média. Étant donné que l’espace média est un important point de contact pour le voyageur, plusieurs d’entre elles pensent vendre de l’espace publicitaire à d’autres exploitants touristiques. Elles sont les premières à connaître la localisation exacte de leurs passagers et leur trajet. Elles peuvent donc devenir un média attractif capable d’informer le voyageur sur les différentes prestations touristiques complémentaires. Plusieurs stratégies s’offrent aux compagnies aériennes. Intégrer sur leur site Web des cartes d’aéroports ou de destinations commanditées par des entreprises touristiques en est une.

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Contrairement aux compagnies aériennes, la majorité des établissements hôteliers proposent déjà des visites guidées de leurs destinations. Cependant, cette prestation se généralisera et deviendra une norme d’ici 2015. De plus, constatant l’engouement des touristes pour le divertissement comme forme de découverte d’une ville, les hôtels comptent vendre davantage de billets d’événements sportifs, de concerts et de spectacles divers. On estime que le nombre d’établissements qui offriront ce service de billetterie triplera d’ici 2015. Les voyageurs pourront également acheter des cartes-cadeaux pour les restaurants à même l’hôtel.

Par ailleurs, les hôtels continueront d’offrir des placements médias sur leur site Web pour le compte de partenaires touristiques, mais ils le feront de manière plus agressive.

Autre fait important, l’intérêt des hôteliers pour la vente de services exploités par des tiers et livrés sur la propriété au nom de l’hôtel, tels que la restauration, les spas ou le golf, dépassera celui pour la vente de services de voyage externes comme la location de voitures ou la vente de billets d’avion. La majorité des établissements envisagent d’offrir à leurs clients d’ici 2015 la possibilité de réserver ces activités en ligne.

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Un cadre de réussite

Lorsqu’un fournisseur touristique décide de vendre des services complémentaires exploités par d’autres entreprises, il lui faut au préalable établir des objectifs d’affaires clairs et mesurables. Ces derniers doivent soutenir l’image de marque et la vision de la compagnie. De ce fait, l’implantation d’un processus de sélection des partenaires et des prestations constitue une étape fondamentale.

De plus, pour que ces nouveaux services complémentaires apportent une réelle valeur ajoutée à l’expérience client, ils doivent être judicieusement incorporés à l’offre principale de l’entreprise. Cette intégration doit aussi tenir compte des particularités de l’infrastructure des chaînes de commercialisation de chacun des partenaires.

L’infrastructure technologique

Une chose est sûre, une bonne infrastructure technologique est essentielle pour rendre ces nouveaux produits touristiques disponibles en temps et lieu. À ce sujet, l’étude de Forrester indique que le Web restera, d’ici 2015, la plateforme technologique la plus efficace pour commercialiser ces nouveaux produits, mais qu’il sera toutefois nécessaire d’améliorer l’expérience de la navigation et du magasinage en ligne.

Le rapport indique également qu’en 2015, les appareils mobiles tels que les téléphones intelligents et les tablettes électroniques deviendront le deuxième canal de distribution le plus approprié pour mettre ces offres à la disposition des voyageurs.

La vente croisée de services complémentaires représente une occasion encore inexploitée que les fournisseurs touristiques ont résolument l’intention de saisir au cours des cinq prochaines années. Pensez-vous qu’elle soit envisageable pour votre entreprise?

Source:

– Forrester Consulting pour le compte d’Amadeus. Cross-Sell Your Way To Profit:  How Travel Suppliers Are Using Third-Party Ancillary Services To Drive New Revenues And Enhance Their Travelers’ Experiences, janvier 2011.

Site Web:

– American Airlines

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Des offres touristiques importées d’ailleurs

Nous assistons à l’arrivée en Europe de prestations touristiques qui ne manquent pas d’imagination! Des offres exotiques venues d’ailleurs sont importées pour être vécues à proximité. Ces nouveaux séjours permettent au voyageur réfractaire aux longs déplacements d’expérimenter des cultures étrangères près de chez lui. Regard sur ce récent phénomène et sur les facteurs qui en favorisent l’apparition.

Plusieurs informations présentées dans cette analyse sont issues d’articles publiés dans la Revue Espaces d’octobre 2010, cités ci-bas.

Des expériences à la fois locales et exotiques

La première industrie qui a connu ce phénomène de consommation de l’ailleurs chez soi est sans doute la restauration. En effet, quoi de plus banal que de manger un mets japonais ou mexicain dans une capitale européenne ou nord-américaine? Par la suite, ce sont les métiers de la scène et de l’art qui ont suivi la tendance. En effet, assister à un spectacle folklorique étranger ou à une exposition d’artistes venus d’ailleurs, voire à des festivals ethniques, n’est pas inhabituel.

En matière de dépaysement local, l’hébergement alternatif a aussi connu son lot d’innovations. Des yourtes (tentes mongoles) servent d’hébergement sur le territoire québécois et des igloos accueillent des touristes dans les Alpes françaises. Même les activités hivernales telles que la randonnée en raquettes et les excursions en traîneau à chiens ne sont plus l’apanage des destinations dites «hivernales» comme le Canada, la Scandinavie et l’Alaska. Désormais, on les pratique également en France, notamment dans le village nordique Williwaw à la station d’Orcières.

Sources: Orcieres

Depuis quelques années, ce phénomène d’importation de culture étrangère s’élargit et ce sont aujourd’hui des villages et des campements exotiques qui voient le jour en Europe.

Jamais l’Amérique ni l’Afrique n’auront été aussi proches de l’Europe!

Nous ne sommes pas en Afrique mais bien en Ardèche, en France. Depuis 2009, le temps de la saison estivale, les touristes peuvent être hébergés au campement Tamana, un village traditionnel africain créé par le voyagiste Point Afrique spécialisé dans les destinations subsahariennes. Tamana offre des séjours exotiques et dépaysants, à même le territoire français. On y dort dans des cases maliennes, des tentes mauritaniennes ou encore des paillotes nigériennes.

Source: Trekmag

Riche de sa connaissance du continent noir, le voyagiste introduit la culture africaine en Europe. Le campement devient alors un lieu privilégié pour ceux qui veulent goûter à la cuisine subsaharienne, participer à des ateliers de confection de produits artisanaux ou assister à des soirées sur les légendes et les contes africains.

Dans le même ordre d’idées, l’Amérique du Nord s’installe dans le pays de la Loire. La Sarthe accueille chaque année, de la mi-avril à la fin octobre, un village amérindien où l’on peut effectuer des séjours de découverte de la culture et du mode de vie amérindiens. Le site qui porte le nom «Les tipis du bonheur» offre un hébergement en tipi et propose des activités traditionnelles d’initiation à la vie des Sioux, telles que la danse et le tir à l’arc. Même les repas québécois y sont à l’honneur.

Pour plus de détails, voir cette vidéo:

Source: Le bonheur de vivre

Certains crieront au manque d’authenticité. Mais est-ce légitime de critiquer lorsqu’on sait que les campements emploient des animateurs originaires de ces destinations et gardiens de ces traditions?

L’Allemagne n’est pas en manque d’offres touristiques importées d’ailleurs. Les visiteurs d’Europa Park peuvent séjourner dans un vrai camp de cowboy et vivre une expérience du Wild West. Le « Tipi Village »  propose de l’hébergement en roulottes western, en maisons en bois rond ou pour les plus téméraires dans des tipis indiens. Le divertissement est également au rendez-vous : ballades à cheval et ambiance Far West dans le restaurant dit « Saloon» amusent petits et grands.

Source: Europa Park

Parmi ces exemples, nous ne pouvons nous empêcher de citer la ville de Las Vegas dont plusieurs hôtels tel que The Venitian, le Paris Las Vegas ou le Luxor resort reprennent des thématiques de villes, voir de civilisations anciennes. Ainsi y trouve-t-on des répliques de monuments de renommée comme la façade du Palais des Doges, la Tour Eiffel ou le Campanile de Venise. Plusieurs copies de statues antiques Greco-romaines et pharaoniques sont aussi reprises. L’hôtel The Venitian offre même des tours de gondoles à travers des canaux longeant des allées de magasins, de cafés et de restaurants, histoire de s’évader en Italie pour un moment.

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Source: Las Vegas Sands

Pourquoi ce nouveau style de voyage attire-t-il les gens?

La popularité des courts séjours n’est pas étrangère à l’apparition d’offres touristiques exotiques vécues à proximité. D’autant plus que les courts séjours sont favorisés par une accessibilité géographique et économique. Leur croissance se poursuivra assurément. En effet, selon IPK, une firme d’étude de marchés touristiques, le nombre de voyages de courte durée (d’une à trois nuits) a augmenté de 10% durant les huit premiers mois de 2010. Plus encore, le rapport ITB World Travel Trends 2010-2011 prévoit une augmentation des voyages de courte durée pour l’année en cours.

Ces nouveaux séjours importés d’ailleurs sécurisent une certaine clientèle qui les trouve moins risqués qu’à l’étranger, que ce soit sur le plan politique, sanitaire ou environnemental. De plus, l’attractivité pour des séjours à thèmes et des offres originales et insolites renforce à son tour la pertinence de ce nouveau type de tourisme. Il ne faut pas oublier le vieillissement de la population; les touristes plus âgés sont moins enclins à effectuer de longs trajets.

Les puristes de l’environnement y trouvent également leur compte, car ce nouveau phénomène limite les déplacements et préserve les destinations reculées de l’impact de l’activité touristique. Ces voyages de proximité représentent aussi une façon de se libérer des voyages surorganisés et favorisent davantage les voyages indépendants, en croissance depuis quelques années.

L’offre de séjours d’ailleurs à proximité apporte originalité, dépaysement et exotisme à moindre coût dans un environnement connu et sécurisant. Ces offres peuvent constituer des solutions de remplacement aux grands voyages, mais elles peuvent aussi servir d’avant-goût ou d’introduction à une destination. Bien que l’authenticité de l’expérience puisse être remise en question, elle satisfait les visiteurs avides de découvrir des produits insolites et des cultures d’ailleurs.

Sources:

– Espinasse, Catherine. «L’ailleurs ici? À la rencontre de l’autre près de chez soi», Revue ESPACES, octobre 2010.

– ITB World Travel Trends 2010/2011

– Michel, Franck. «À la recherche d’un tourisme alternatif de proximité», Revue ESPACES, octobre 2010.

– Mourlevat, Marylène. «Weekendtour met l’insolite en boîte», Revue ESPACES, octobre 2010.

Sites Web:

– Europa-Park

– Las Vegas Sands

– Le bonheur de vivre

– Point-afrique

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Produits et activités

La résilience de l’industrie des spas

Sondages et professionnels du secteur prédisent une croissance pour le secteur des spas d’ici la fin de l’année. Paradoxalement, plusieurs établissements s’adaptent lentement à la réalité du marché. Par exemple, parmi les adeptes des spas, 47% ont réservé des massages en ligne et 89% d’entre eux seraient prêts à en faire autant, mais seulement 30% des spas offrent la possibilité de réserver en ligne! Il est probablement temps de tirer profit des nouvelles tendances et de connaître les facteurs influant sur la motivation des consommateurs.

Des faits et des chiffres

Voici de bonnes nouvelles! Selon l’enquête de SpaFinder menée auprès de 250 agents de voyages en juillet 2010, 61% des répondants prévoient une croissance des voyages ayant pour but la visite d’un spa d’ici la fin de l’année, et seulement 7% s’attendent à des baisses.

Environ 66% des agents interrogés (contre 52% l’an dernier) soulignent que les touristes montrent un intérêt nettement plus marqué pour les vacances dédiées au bien-être comportant des programmes de perte de poids, de remise en forme ou de yoga. Toujours selon l’enquête de SpaFinder, les offres à connotation spirituelle semblent devenir moins attirantes, et seulement 38% des répondants indiquent qu’elles sont importantes pour les clients, alors qu’ils étaient 70% à l’affirmer en 2009.

Les agents de voyages notent que le premier changement survenu dans le comportement des touristes de spas est d’abord la course aux aubaines, ensuite la préférence pour des vacances de courte durée et enfin, la recherche de la proximité.

Des changements de comportements et des tendances à surveiller

On ne cessera jamais de le répéter, les consommateurs sont plus exigeants et leurs attentes en matière de qualité des services qu’ils reçoivent sont en hausse constante. Cela exerce de la pression sur les spas pour qu’ils offrent un service exceptionnel et qu’ils transforment chaque visite en une expérience personnalisée et mémorable. Comme ils sont conscients de cette réalité, 87% des membres de l’International Spa Association (ISPA) sollicitent les commentaires de leurs clients pour améliorer leurs prestations, et 48% ont mis en place des programmes de fidélisation de la clientèle.

La popularité des minitraitements demeure importante. Ces services offerts à prix réduit sont une façon commode de tester les différentes prestations des nombreux spas. Environ 86% des membres d’ISPA offrent désormais de courts traitements de 30 minutes ou moins.

Les spas sont de plus en plus perçus comme des acteurs favorisant la prévention de maladies. Les traitements comme le massage, l’acupuncture et la méditation sont désormais reconnus comme contribuant à diminuer le stress et à réduire le temps de convalescence des patients avant et après les interventions médicales.

Les alliances stratégiques et les partenariats les plus populaires demeurent la création de programmes de bien-être dans les hôpitaux locaux, l’accueil de clients des hôtels sans installation de spa et l’offre de rabais aux employés des entreprises de proximité.

La commodité qu’offre la téléphonie mobile s’empare de l’industrie des spas. Par exemple, l’application The Four Seasons permet de découvrir les soins offerts par le spa et de vérifier la disponibilité des cabines de traitement dans l’établissement. L’application SpaFinder, quant à elle, utilise la géolocalisation pour trouver les spas situés aux alentours.

Dans son dernier rapport portant sur les tendances de 2010, l’ISPA informe qu’environ 59% des visiteurs de spas seraient susceptibles d’envoyer un courriel à des amis pour partager leur expérience, alors que 48% écriraient un commentaire en ligne et 41% deviendraient un «fan» sur un site de réseautage social. Cela témoigne de deux réalités:

  • les clients parlent de leurs expériences sur la Toile et les spas se doivent d’offrir un service de qualité en tout temps;
  • par leur effet viral, les médias sociaux représentent un nouvel outil de communication à explorer, d’autant plus qu’ils offrent la possibilité de diffuser rapidement les offres spéciales et de dernière minute.
  • La solidarité communautaire encourage certains spas à offrir des promotions et des services gratuits aux personnes qui servent la communauté comme les enseignants, les travailleurs en soins palliatifs ou le personnel militaire. Les spas font également équipe avec les hôpitaux locaux pour enseigner et promouvoir un style de vie sain.

    La génération des jeunes adultes nés dans les années 1980 afflue dans les spas. Étant la première génération à voir leurs parents fréquenter les spas dans les années 1990, ce groupe d’âge a grandi dans une culture où prendre soin de soi et conserver une bonne hygiène de vie est la norme.

    La simplification de la carte des soins reste de mise. En effet, les spas proposent moins de soins pour se concentrer sur ce qu’ils savent faire de mieux que leurs concurrents.

    Les spas reconnaissent l’insomnie comme un sérieux problème dont souffre un grand nombre de leurs clients. Pour pallier ce problème, certains établissements offrent des traitements ciblés pour aider les patients à fermer l’œil. Il est même possible de réserver une cabine après un traitement pour faire une sieste.

    Qu’en pensent les experts de l’industrie?

    L’industrie des spas peut bénéficier d’occasions de partenariat avec des secteurs connexes et améliorer son marketing et sa distribution. À titre d’exemple, il est possible:

  • de présenter les offres de manière à définir les spas et le bien-être comme une nécessité;
  • de s’adapter à la réalité technologique. Comme il a été mentionné plus haut, il existe encore un écart important entre le niveau d’adoption de la réservation en ligne par les consommateurs et la proportion des spas qui offrent cette possibilité.
  • Les prévisions prouvent que les consommateurs recherchent des résultats tangibles, des produits adaptés à leurs besoins et des informations qui leur permettront d’améliorer leur qualité de vie. Plus que jamais, les spas devront démontrer leur valeur ajoutée auprès de leur clientèle.

    Sources

  • Karantzevalou, Vicky. «Spa travel deals in 2010 are either more aggressive than or equal to 2009», traveldailynews.com, 23 août 2010.
  • Oakley, Louise. «Spa stats hit the summit», hoteliermiddleeast.com, 22 août 2010.
  • Skininc.com, «SpaFinder Releases “State of Spa Travel” Survey Results», 1er septembre 2010.
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    Produits et activités Technologies

    La technologie ne laisse pas les festivals en marge

    Les festivaliers diffusent des vidéos et des photos, envoient des courriels, bloguent, signalent leur position avec des applications de géolocalisation, laissent des commentaires sur des sites dédiés et mettent leur statut à jour sur les sites sociaux. En gros, ils partagent leur expérience festivalière avec la planète entière en temps réel. Quelle place les festivals accordent-ils à la technologie dans leur fonctionnement et la promotion de leur marque? Et quels bouleversements technologiques les attendent d’ici 40 ans?

    Une présence à l’année pour un événement circonscrit dans le temps

    Certains festivals ont décidé de profiter des avantages du Web 2.0 en bâtissant une présence dans les médias sociaux. Ils utilisent ces plateformes, entre autres, pour générer de l’intérêt et de l’enthousiasme à l’égard du festival, vendre des billets, recruter des volontaires, récolter des dons et maintenir le contact avec les festivaliers durant toute l’année.

    Une stratégie de diffusion intégrant les médias sociaux permet sans aucun doute de prolonger l’expérience festivalière avant et après l’événement.

    Avant l’événement, les médias sociaux peuvent aider les organisateurs à sonder le public pour donner leur avis sur le choix de la programmation. Ils peuvent aussi être utilisés pour effectuer les préventes, accorder des réductions ou des récompenses réservées aux membres des différentes plateformes ou encore annoncer le calendrier des présentations.

    festival, technologie, web 2.0

    Source: page Facebook du Festival d’été de Québec

    Durant le festival, les médias sociaux permettent d’encourager la communauté virtuelle à parler de son expérience festivalière Tweet to win ou Fan to win et à partager des photos ou des vidéos prises sur les lieux. Ce dialogue renforce l’image de l’événement et approfondit l’affection de la communauté pour la marque. Pour ce faire, certains festivals prévoient des zones Wi-Fi pour faciliter l’accès au Web et encourager les festivaliers à interagir en temps réel.

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    Source: page Facebook du Festival International de Jazz de Montréal

    Les médias sociaux permettent également de publier du contenu inédit, comme des entrevues avec les artistes ou les jurés lors d’événements comprenant des concours tels que les festivals de films, par exemple.

    Les stratégies mobiles ne manquent pas à l’appel

    Pour son édition 2010, le Festival d’été de Québec a lancé une application iPhone ayant pour but de simplifier et d’enrichir l’expérience des festivaliers. Ainsi, l’application met à la disposition de l’utilisateur de l’information pratique sur la programmation et intègre la réalité augmentée pour localiser les différents sites (lire aussi: La réalité augmentée au service de l’expérience client).

    À son tour, l’application iPhone du Sundance Film Festival, qui se tient à Park City dans l’Utah, offre en prime des courts métrages des années précédentes, ainsi qu’une section historique où sont regroupées d’anciennes bandes-annonces, des archives de photos et les listes des prix et des jurés. Toutefois, la fonctionnalité clé de l’application serait la géolocalisation. La technologie GPS est ainsi mise à profit pour informer les utilisateurs de ce qui se passe autour d’eux sur le site du festival, notamment les films et les entrevues avec les artistes et les réalisateurs qui sont sur le point de commencer.

    Que nous réserve l’avenir?

    La compagnie britannique Orange, pionnière dans le domaine des télécommunications, a mandaté le cabinet The Future Laboratory afin qu’il analyse l’évolution des festivals d’ici les quarante prochaines années. Voici donc un aperçu de l’évolution fascinante de la technologie et des communications dans l’expérience festivalière d’ici 2050.

    Selon Orange, la technologie enrichira l’expérience festivalière sur le site et en dehors du site, entre autres en rapprochant les festivaliers des artistes et en leur donnant la chance de participer et d’interagir. Elle se vivra de façon plus tactile, plus sensorielle et plus immersive et les contenus multimédias, aujourd’hui sous forme de données brutes, seront enrichis d’émotions et de sensations vécues par les participants. Tout ceci avec une grande préoccupation pour la préservation de l’environnement.

    technologie et festivalSource: Orange – The future of festivals: Glastonbury 2050

    À titre d’exemple, Orange prévoit qu’en 2050, l’évolution de la nanotechnologie et des dispositifs intelligents permettra aux personnes de se procurer des capteurs qui identifieront et diffuseront exactement l’état émotionnel dans lequel elles sont. Dans ce sens, Philips et ABN AMRO travaillent sur le Rationaliser, un bracelet qui lit et convertit les états émotionnels d’une personne en couleurs. Pour un festivalier, cela veut dire pouvoir trouver les endroits les plus exaltants ou de détente sur le site du festival en fonction des couleurs dominantes des bracelets. La technologie devient ainsi un guide intelligent du festival.

    En guise d’interaction avec la scène, des chercheurs ont déjà mis au point un système qui permet à une foule munie d’un gant en Lycra de modifier le volume d’un spectacle en levant seulement les bras.

    Les écrans sur le site n’échapperont pas à la technologie 3D et certaines compagnies telles que Holovision, Hitachi et HDI envisagent un avenir 3D sans lunettes. Comme si cela ne suffisait pas, les projections holographiques des sons et des images des artistes sur scène pourront être transmises n’importe où sur le site.

    Équipés de vêtements à technologie haptique qui modifient les perceptions du toucher, les festivaliers pourront ressentir les sensations physiques d’objets distants tels que les vibrations d’instruments musicaux ou le balancement de la foule. La technologie haptique combinée à la projection d’hologrammes permettraient aux festivaliers de voir et de toucher les artistes sur scène ou encore leurs amis, et ce, même s’ils se trouvent à des endroits opposés sur le site.

    technologie et festivalSource: Orange – The future of festivals: Glastonbury 2050

    Si vous ne pouvez pas assister au festival, c’est le festival qui se déplacera dans votre salon! Les fonctionnalités de la télévision, telles que nous les connaissons aujourd’hui, sont également vouées à évoluer pour devenir un dispositif pouvant transmettre un hologramme et transposer l’expérience du festival en projection multisensorielle en temps réel à domicile.

    La technologie favorise de plus en plus une connectivité permanente et un partage intelligent qui permettra à l’expérience festivalière de demain de défier l’espace et de devenir multisensorielle.

     

    Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

    Sources:
    * Krinsky, Tamara. «Festbook Pages: When Film Festivals meet Web 2.0», International Documentary Association, consulté le 3 août 2010.
    * Orange et The Future Laboratory. «The Future of Festivals: Glastonbury 2050», 21 juin 2010.
    * Texas Association of Fairs & Events annual conference and trade show. «Social Media Campaigns for Festivals and Events», 8 janvier 2010.
    * Williamson, Kevin. «Sundance embracing social media», torontosun.com, 20 janvier 2010.

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    Produits et activités

    Les cyclo-bals: une valorisation territoriale autour d’une action culturelle et sportive

    Le Parc naturel régional des Landes de Gascogne, en France, a développé une nouvelle proposition touristique pour l’été: les cyclo-bals. Un cyclo-bal consiste en une randonnée à vélo le jour suivie d’un bal populaire le soir. Il s’insère judicieusement dans le paysage du territoire et a attiré 1700 participants en 2009. En tout, huit bals populaires rythment les coups de pédales de la journée d’un village à l’autre! Cette manifestation innovante est organisée en concertation avec les mairies, les associations locales et les résidents locaux.

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    Source : Dossier de presse « Les blas itinérants à vélo avec les Quartet Macias« 

    Les objectifs de l’événement:

    • valoriser le patrimoine naturel et bâti du parc;
    • redonner une vraie popularité aux bals tout en mettant en danse, en lumière et en son des lieux particuliers sur le territoire du Parc.

    Les points forts du concept

    La proposition touristique des cyclo-bals est originale dans la mesure où elle intègre deux activités habituellement distinctes, à savoir les activités de plein air et la découverte du patrimoine culturel et populaire d’un lieu. De plus, la gratuité de l’événement témoigne de la réelle volonté des acteurs locaux de faire découvrir et de valoriser leur patrimoine du territoire.L’autre point qui séduit les participants est sans doute la flexibilité de l’événement qui leur permet de choisir leur heure de départ, de faire toutes les étapes de la semaine ou juste quelques-unes et d’assister ou non aux bals.

    Est-ce que des idées originales comme celles-ci sont transposables dans certaines de nos régions? À vous de juger!

    Sources

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    Produits et activités

    Tourisme culturel et patrimonial, un produit en croissance à travers le monde

    Selon l’UNESCO, le voyage culturel et patrimonial est l’un des segments du tourisme international qui connaît la croissance la plus rapide. Qui sont ses adeptes? Quelles expériences  privilégient-ils? Pour se démarquer au sein d’un marché mondial toujours plus compétitif, les destinations se créent des identités uniques afin de séduire ce segment en quête d’immersion et d’authenticité.

    La taille du marché

    Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), le voyage culturel et patrimonial représentait 40% de l’ensemble du tourisme international en 2007 comparativement à 37% en 1995.

    À mesure que les voyageurs se livrent à de nouvelles activités de niche, ce type de tourisme ne cesse de se diversifier. Il englobe le tourisme architectural, la visite des sites naturels, référencés ou non par l’UNESCO, et le tourisme marin pour l’exploration de l’héritage subaquatique. On compte également le tourisme religieux et le tourisme gastronomique, l’agrotourisme, les festivals et, sans doute l’activité la plus traditionnelle de toutes, la visite de musées et de galeries d’art.

    La croissance des courts séjours et la popularité des escapades urbaines favorisent le développement du tourisme culturel. Cette tendance est également soutenue par l’engouement pour les voyages indépendants (c’est-à-dire organisés d’une manière indépendante, sans l’aide d’une agence de voyages) et hors des sentiers battus.

    Parmi les motivations les plus évoquées par les adeptes de voyages culturels, on trouve:

    • le désir de vivre la culture locale et d’expérimenter l’authenticité des lieux (Il ne s’agit plus seulement de voir les icônes principaux du patrimoine, mais de s’immerger dans la culture.);
    • la volonté d’acquérir des connaissances et de mieux comprendre les populations et l’histoire des lieux.

    Selon une étude de l’Eurobarometer réalisée en 2009 auprès de la communauté européenne, l’offre culturelle et patrimoniale d’une destination serait un facteur important dans le choix de voyage d’un Européen sur quatre.

    Plus encore, l’enquête d’Atlas Cultural Tourism, effectuée en 2007 auprès de 4600 voyageurs internationaux, indique que la présence d’une offre étoffée et variée constitue le facteur le plus important dans le choix d’une destination culturelle. Les années précédentes, les touristes citaient plutôt l’atmosphère des lieux.

    Les attractions culturelles visitées

    En général, les touristes culturels connaissent d’emblée les activités auxquelles ils s’adonneront avant leur arrivée à destination. Selon l’enquête d’Atlas, les musées, les sites et les monuments historiques figurent parmi les attractions les plus convoitées par les répondants (graphique 1). Les événements tels que les concerts et les spectacles sont relativement moins achalandés, probablement en raison de la période de temps limitée de leur tenue et des barrières linguistiques.

    Qui sont ces férus de voyages culturels?

    Les voyageurs âgés de moins de 24 ans sont généralement plus intéressés par le divertissement, alors que ceux ayant autour de 35 ans représentent un groupe cible plus pertinent. En effet, le segment de la mi-trentaine a tendance à avoir un revenu élevé, un fort désir de voyager et un grand appétit pour la culture. Selon le rapport Eurobaromètre 2009, les Européens âgés de 54 ans choisissent plus souvent les séjours urbains ainsi que les voyages culturels ou religieux. Ces données laissent supposer que le vieillissement de la population de la plupart des économies occidentales ne fera qu’alimenter l’attractivité du voyage culturel.

    Par ailleurs, les touristes culturels ont une propension à dépenser plus que la moyenne, comparativement aux touristes balnéaires ou à ceux s’offrant des vacances de détente. La dépense supplémentaire résulte souvent du transport et des frais d’entrée aux sites.

    L’enquête d’Atlas rapporte qu’Internet constitue le deuxième outil d’information le plus utilisé (plus d’un tiers des répondants); la famille et les amis demeurant les plus grands influenceurs. Ce constat renforce l’importance du bouche à oreille dans le choix de la destination (Lire aussi: Le marketing par le bouche à oreille: comment faire parler vos clients!).

    Les guides et les brochures conservent leur importance, car on peut facilement les utiliser lorsqu’on se déplace. Néanmoins, le contenu en ligne ou par le biais d’un cellulaire, souvent basé sur la géolocalisation, tend à réinventer l’accès à l’information.

    Le touriste américain est particulièrement friand d’expériences culinaires; il aime par exemple prendre part à des dégustations de vins et assister à des événements gastronomiques. Pour cette clientèle, la gastronomie s’avère un facteur pouvant influer sur le choix de la destination. Les Européens sont, en revanche, aussi bien attirés par la gastronomie que l’héritage culturel, l’art et l’évènementiel. Quant aux visiteurs provenant des économies émergentes, comme la Chine et l’Inde, on remarque qu’ils ont une nette préférence pour les voyages où l’expérience de nouvelles cultures joue un rôle important.

    Les destinations travaillent leur image pour se différencier

    Le voyage culturel a encore un bel avenir devant lui, mais comment les destinations peuvent-elles se tailler une place dans ce marché très compétitif?

    Pour se démarquer, les destinations mettent de plus en plus l’accent sur l’actif culturel immatériel tel que les images, les goûts et les associations qui les relient à un pays. Ces traits culturels uniques servent d’image de marque pour la destination.

    L’Italie, par exemple, trouve son attractivité dans son histoire, sa gastronomie et l’accueil chaleureux de ses habitants. Le pays possède de superbes bâtiments historiques et des merveilles naturelles, mais il utilise davantage son histoire et son art comme attraction majeure pour les visiteurs internationaux.

    L’Espagne, quant à elle, met de l’avant la vie à l’espagnole, où se mêlent les manifestations culturelles et les expériences gastronomiques. Le pays essaye également d’attirer des visiteurs internationaux à la recherche d’activités sportives.

    Les Balkans et les pays baltes sont de plus en plus présents sur ce segment. La Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et la Slovénie sont imprégnées d’histoire. De plus, leur adhésion à l’Union européenne, associée à la promotion marketing, contribue à rehausser l’image de ces marchés. La nouveauté de ces destinations attire des touristes voulant découvrir une nouvelle partie de l’Europe.

    Ces dernières années, le Conseil du tourisme du Mexique a fait des progrès dans le positionnement du pays en tant que destination culturelle en mettant en valeur son patrimoine maya et aztèque.

    Selon l’Association internationale de tourisme culinaire (ICTA), le Pérou prend appui sur sa riche gastronomie pour mettre la marque du pays de l’avant. Au début 2010, le ministre du Tourisme a annoncé vouloir rendre la gastronomie aussi importante que l’histoire et les expériences archéologiques.

    VisitBritain a depuis longtemps joué la carte de l’expérience britannique typique, véhiculée par la qualité d’un patrimoine unique et par des éléments populaires comme le pub britannique.

    Le Québec met de l’avant sa culture francophone au sein des Amériques, ce qui lui confère une touche européenne séduisante et un positionnement distinctif de premier ordre.

    La culture influe sur les décisions de vacances, et les spécialistes du tourisme prévoient que cette tendance se poursuivra. Celle-ci intensifie la concurrence entre les pays qui font face à des touristes avides de construire un catalogue d’expériences de différentes cultures et destinations.

    Sources:

    • Mintel. «Cultural and Heritage Tourism – International», mai 2010.
    • Tram Research. «Atlas Cultural Tourism Project», 2007.
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    Segments de clientèles

    Le comportement du voyageur – Une multitude d’expériences (récapitulatif 2000 – 2010)

    Authenticité, transparence, effet «wow», instantanéité, originalité, variété, flexibilité, accessibilité, durabilité et adaptabilité sont autant de dimensions que recherche le voyageur contemporain dans une offre touristique. Il y a dix ans, ces qualificatifs étaient pourtant différents. Quels sont les fondements de ce changement de comportement? Que retenons-nous de la dernière décennie?

    L’avènement de l’économie de l’expérience: l’effet «wow»

    Avec la multiplication des moyens de communication et la baisse du coût des déplacements aériens, tous deux attribuables à la mondialisation, les entreprises touristiques doivent désormais évoluer dans un contexte concurrentiel perméable à l’imitation et où les offres sont difficilement distinctives. C’est pourquoi le concept d’expérience s’est révélé la planche de salut pour de nombreux prestataires de services touristiques, puisque au-delà de l’achat d’un service, le voyageur demande justement à vivre une expérience!

    La capacité de créer des moments mémorables, uniques et significatifs permet non seulement aux entreprises de se démarquer de leurs concurrents, mais également de bonifier l’offre et de créer des liens durables avec les acheteurs.

    En 1997, la politique gouvernementale de développement touristique du Québec insistait déjà sur l’importance pour l’industrie touristique québécoise de s’inscrire dans la nouvelle économie de l’expérience.

    Une technologie de plus en plus accessible

    Le développement des technologies de l’information a rendu le touriste plus autonome, plus informé. Ces technologies lui ont donné une tribune où il peut évaluer, commenter et produire du contenu, c’est-à-dire partager ses expériences.

    La multiplication des outils de communication et de collaboration propage l’information à une vitesse qui était inimaginable il y a une décennie.

    Le Web 2.0 a contribué à l’émergence de sites de commentaires comme TripAdvisor, qui donne la parole aux voyageurs, ainsi qu’à divers médias sociaux comme Facebook (lancé en 2004) et Twitter (lancé en 2006). Le monopole de l’entreprise par le message publicitaire s’est effrité au profit des communautés de voyageurs.

    De plus, l’arrivée de la connexion sans fil et les prouesses de la téléphonie mobile ont favorisé l’apparition de nouveaux phénomènes comme la connectivité permanente, l’instantanéité de l’information et la géolocalisation. Cette évolution technologique aura un impact indéniable sur le processus d’achat, qui passera désormais par de nouveaux canaux de distribution.

    It’s a small world: le sort de la planète interpelle

    Durant les dix dernières années, on a remarqué une nette progression des valeurs sociales et environnementales, ainsi qu’une remise en question de la consommation massive au profit d’un développement durable.

    Ce changement de valeur a parfois condamné le tourisme de masse, tout en encourageant son contrepoids, davantage axé sur le respect de l’environnement ainsi que sur la préservation de la culture des communautés visitées. Tourisme durable, écotourisme, voyage éthique ou solidaire, tourisme responsable, alternatif ou vert, volontourisme sont autant d’appellations traduisant cette préoccupation de l’autre et de la planète.

    À l’échelle mondiale comme au Québec, les intervenants touristiques ont mené plusieurs actions pour réduire les impacts néfastes des déplacements touristiques. La responsabilité sociale n’est plus un luxe; elle s’enracine dans les pratiques de gestion.

    Cette tendance est là pour durer, car les voyageurs sont de plus en plus critiques et vigilants face aux répercussions liées à leurs déplacements.

    La segmentation infinie du marché touristique

    Les niches à exploiter se multiplient: tourisme religieux ou gastronomique ou encore tourisme d’aventure ou d’apprentissage. On en trouve une grande variété selon les valeurs, les intérêts, le statut social et le style de vie des voyageurs. Le grand défi des entreprises est de répondre à cette diversité des goûts et à ce besoin de personnalisation.

    Les clientèles sont nombreuses: seniors actifs, gais, familles, voyageurs en sabbatique, célibataires, nouveaux mariés, amants de la nature, fanatiques de sport, voyages en solo, avec sac à dos, pour femmes ou pour hommes seulement (mancations), sans oublier la nouvelle manne de touristes en provenance des pays émergents.

    Le voyageur de ces dernières années a adopté un comportement hybride, à la recherche d’une multiplicité d’expériences et de destinations. Selon le contexte, il aime autant dénicher des aubaines que se payer des expériences luxueuses.

    Des offres et des goûts de plus en plus variés

    On note un changement dans les comportements et les goûts des voyageurs. Parmi les plus significatifs, on trouve:

    • le besoin de s’informer par soi-même et d’utiliser autant de supports que possible (vidéos, images, commentaires…);
    • la familiarisation avec la recherche et la réservation en ligne. À ce titre, PhoCusWright indique que 83% des Canadiens et 85% des Québécois magasinent leurs voyages par Internet (PhoCusWright’s Canadian Online Travel Overview, juillet 2010, no 2);
    • la prédilection pour une diversité d’expériences de voyage (p. ex. un voyage de ski une année, un voyage au soleil l’autre année);
    • la popularité des réservations de dernière minute;
    • l’aspiration à un tourisme plus autonome, à l’écart des zones de grande concentration touristique;
    • le désir d’apprendre, ce qui favorise le tourisme culturel, les destinations authentiques, accueillantes et exotiques;
    • la croissance des voyages alliant affaires et agrément;
    • l’accroissement du bouche à oreille en ligne (from the word of mouth to the word of click);
    • la tendance à adopter de nouveaux outils technologiques susceptibles de simplifier la vie des utilisateurs et de les rendre plus autonomes.

    De plus en plus connaisseurs, les voyageurs sont exigeants et ont des attentes élevées en matière de qualité des services, de justesse des prix et d’originalité des offres. Pour y répondre, les propositions de voyages doivent être porteuses d’une valeur ajoutée et rimer avec quête de sens, harmonie, authenticité, originalité et ouverture sur le monde. Qui sera le touriste de demain? Déjà, quelques tendances se profilent sur les segments de voyageurs les plus influents du futur!

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    Marketing Technologies

    Le métier des relations publiques mieux organisé et plus conversationnel que jamais

    Internet et outils sociaux offrent aux relationnistes de nouvelles façons de diffuser l’information, à l’interne comme à l’externe, voire même élargissent leur auditoire. Dans un environnement foisonnant de blogueurs et d’influenceurs dont la portée médiatique dépasse parfois celle des médias traditionnels, ces professionnels revoient leurs modèles de distribution et les complètent de stratégies 2.0. Comment la technologie outille-t-elle ce métier, dont la vocation même est la construction de relations avantageuses entre l’organisation et son entourage et l’accroissement de sa visibilité?

    Des systèmes de gestion en ligne

    Tout comme les systèmes de CRM (customer relationship management), des applications dédiées aux relations publiques sont là pour faire augmenter la productivité et le professionnalisme.

    Dans ce métier, une gestion efficace et rigoureuse des actions menées est essentielle. C’est là que les logiciels de gestion en ligne entrent en jeu! Ils permettent de maintenir à jour, de manière plus conviviale et exhaustive, le suivi de chaque communication, courriel, appel téléphonique, requête et communiqué de presse dans la base de données, pour assurer à tous l’accès aux mêmes informations, en temps réel et à distance. Chercher un contact, consulter immédiatement la dernière communication avec lui, les documents qu’il a reçus, et même parfois effectuer une recherche Google au sein du système pour trouver ce qu’il a déjà écrit sur l’organisation deviennent chose rapide et simple.

    Les systèmes de relations publiques en ligne comportent de nombreux avantages:

    • accès à une base de données centralisée et bien documentée;
    • économie de temps par l’élimination des efforts dupliqués et par la réduction des appels et des courriels pour obtenir des mises à jour;
    • amélioration de la communication entre les équipes internes;
    • renforcement des relations avec les médias qui peut conduire à une meilleure qualité de couverture des communications externes;
    • facilité de production des rapports d’activités.

    Plus encore, certains systèmes offrent des fonctionnalités poussées pour mesurer et qualifier la couverture d’une communication externe donnée et, de ce fait, déterminer le retour sur investissement (ROI) des actions menées.

    Néanmoins, ces efforts de documentation et de structuration seraient vains si la qualité de la diffusion de l’information faillit, d’autant plus que les auditoires actuels sont plus hétérogènes, dynamiques et interactifs que par le passé.

    Le communiqué de presse 2.0

    Pour capter l’intérêt des journalistes en ligne, des blogueurs influenceurs et parfois même des consommateurs directement, les professionnels des relations publiques ont une nouvelle façon de diffuser leurs communiqués, à savoir le communiqué de presse 2.0 (social media news release).

    Ce nouveau type de communiqué de presse dépasse le texte narratif traditionnel et intègre des fonctionnalités multimédias, des outils des médias sociaux et des tags qui rendent l’information plus riche, mieux structurée et plus facile à trouver sur la Toile. Il transforme cette approche statique et centrée sur le texte vers une approche Web conçue non seulement pour annoncer des faits, mais aussi pour favoriser la conversation en donnant l’occasion au lecteur d’interagir et de commenter l’information.

    Pionnier en ce qui a trait à l’intégration d’outils technologiques sophistiqués, Tourisme Montréal n’a pas failli à la règle et a déjà produit des communiqués de presse 2.0, dont voici un exemple:

    Source: Présentation «Communiqué médias sociaux – Étude de cas Tourisme Montréal»

    Comme on peut le constater, le communiqué de presse 2.0 se décompose en plusieurs sections. On y trouve le titre du communiqué, le texte de l’annonce, les coordonnées des personnes ressources et des vidéos.

    Source: Présentation «Communiqué médias sociaux – Étude de cas Tourisme Montréal»

    On y trouve également des citations, des liens vers les médias sociaux et des commentaires et réactions au communiqué.

    Grâce au Web 2.0, le communiqué de presse révolutionne sa forme traditionnelle et invite à interagir.

    Source: Présentation «Communiqué médias sociaux – Étude de cas Tourisme Montréal»

    L’incorporation d’éléments multimédias rend le communiqué de presse plus agréable à visualiser, et donc plus susceptible d’être lu.

    Il est évident que ce ne sont pas tous les types de médias qui doivent être intégrés dans chaque communiqué. Néanmoins, l’inclusion d’un contenu de formats variés séduira les journalistes, qui préfèrent recueillir l’information par divers supports.

    Question coût, le communiqué de presse 2.0 n’est pas moins onéreux que le communiqué traditionnel, mais les intervenants du métier pensent que plus il sera utilisé, plus les prix baisseront.

    Pour les entreprises qui cherchent à s’engager progressivement, une solution hybride serait de continuer de rédiger un communiqué de presse traditionnel, mais de façon plus concise, et d’y inclure des éléments multimédias et de médias sociaux. La distribution ne coûtera probablement pas plus cher, mais l’exercice donnera une idée plus claire de la démarche.

    Les experts en relations publiques s’accordent donc pour dire que le communiqué de presse dit traditionnel n’est pas révolu, mais qu’il continuera d’être raccourci et qu’il intégrera de plus en plus des outils de médias sociaux. Le communiqué de presse de l’avenir rendra son contenu en texte, vidéo, SMS, microblogue, podcast, bref sous plusieurs formes, là où le lecteur décidera de le lire, et de préférence, il sera ouvertement commenté.

    La technologie aide à organiser et à présenter l’information de manière efficace et intelligente, mais elle ne se substitue aucunement au talent des spécialistes du métier. Ceux-ci restent garants de la qualité du message et de sa capacité à connecter avec l’auditoire et à contribuer à la socialisation de la marque.

    Pour voir le communiqué de presse 2.0 complet de Tourisme Montréal, rendez-vous ici

    Sources

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    Ailleurs dans le monde Produits et activités

    Les cimetières: un patrimoine religieux et un héritage socioculturel à préserver et à valoriser

    Les cimetières représentent un héritage religieux, historique, artistique et social. Leur visite permet de jouir d’une meilleure compréhension de l’histoire et des traditions des communautés locales. Ces nécropoles, témoins d’un patrimoine culturel et identitaire, se modernisent, se diversifient et innovent pour accueillir des visiteurs aux comportements hétéroclites. Réaménagements, interprétation historique et adaptation technologique sont autant de projets qui animent les cimetières à travers le monde.

    Pourquoi visiter des cimetières?

    Source: The Dark Tourism Forum (cemetery tourism)

    Les cimetières, gardiens de la richesse d’une mémoire collective, attirent les gens pour plusieurs raisons:

    Ils ont une fonction sociale, dans la mesure où ils représentent des lieux de rassemblement et de recueillement pour les vivants. Autrefois visités lors de promenades familiales, ils demeurent de nos jours des endroits de souvenirs où les vivants inscrivent la mémoire de leurs défunts. Cela leur permet de les visiter et de se recueillir sur leur tombe.

    Certains visiteurs sont attirés par le calme et la sérénité qui règnent dans ces lieux. Hors de l’espace et du temps, ils sont des endroits propices au repos et à la réflexion.

    La beauté de ces musées à ciel ouvert séduit les visiteurs. Cet esthétisme se reflète dans l’architecture des lieux (chapelles funéraires, mausolées, aménagement des allées), leur aménagement paysager (environnement naturel, végétation) ainsi que leur art funéraire (sculptures, monuments, ornements, stèles). Ces richesses sont parfois de véritables œuvres d’art qui donnent à chaque cimetière un caractère particulier.

    Source: Art funéraire du Cimetière Recoleta (Buenos Aires)

    La célébrité des défunts attire des admirateurs voulant leur rendre un dernier hommage et s’imprégner de leur aura. Les cimetières du Père-Lachaise à Paris ou La Recoleta à Buenos Aires bénéficient d’une renommée internationale, entre autres grâce à la notoriété des défunts qui y ont trouvé leur dernier repos.

    Pour augmenter leur attractivité, les cimetières doivent remplir certains critères:

    L’interprétation du patrimoine des lieux est essentielle, car elle enrichit la visite. Le cimetière du Père-Lachaise, par exemple, accueille chaque année environ deux millions de visiteurs. Deux de ses conteurs prodigieux sont devenus de vraies icônes du cimetière. Thierry Le Roi, nécro-romantique comme il se plaît à se définir, y offre d’incontournables visites-spectacles qui mettent en valeur l’aménagement, les monuments, les célébrités et l’art funéraire du cimetière. Bertrand Beyern, lui, parle de «Safaris nécropolitains» qu’il organise autour de thématiques variées.

    Bien entendu, l’interprétation ne se limite pas aux visites guidées; elle peut également inclure de la documentation ou la création de musées. Par exemple, l’Écomusée de l’Au-Delà, organisme à but non lucratif fondé à Montréal, œuvre pour sensibiliser les citoyens et les autorités à la sauvegarde, la conservation, la restauration et la connaissance des cimetières.

    Si la proximité des transports publics facilite et favorise l’accès aux cimetières, l’éloignement de ceux-ci les désavantage, les visiteurs privilégiant les sites qui leur sont accessibles plus facilement.

    Des traditions et des initiatives qui se démarquent

    Certains cimetières se distinguent par l’originalité des activités qu’ils proposent, d’autres séduisent par l’héritage traditionnel qu’ils continuent de célébrer, d’autres encore s’allient et font front ensemble.

    À titre d’exemple, le cimetière de Nashville aux États-Unis organise des visites historiques, Living history tours, animées par des guides costumés en personnages d’antan. Premiers colons, soldats, maires, artistes et autres citoyens éminents ainsi que des gens ordinaires de toutes les époques jouent la visite-spectacle.

    Source: Visite guidée du cimetière de Nashville

    Au Mexique, et plus particulièrement dans la région d’Oaxaca, la visite des cimetières prend tout son sens lors de la célébration de la Fête des morts, un véritable festival se tenant la dernière semaine d’octobre. Les entrées des maisons, des hôtels, des restaurants et des boutiques sont décorées de fleurs et d’offrandes. Des autels y sont érigés et l’encens embaume l’air.

    Source: Veillée dans un cimetière de Oaxaca pour la célébration de la fête des morts

    Une veillée est organisée dans les cimetières, et les étrangers sont les bienvenus pour assister à ce recueillement commémoratif où seuls les chants funèbres animent le silence de la nuit. Ces festivités sont très prisées par les touristes qui veulent prendre part à des coutumes authentiques et pittoresques.

    Le cimetière Evergreens dans l’État de New York propose des visites guidées sous des thématiques très variées allant des tours militaires de la guerre de sécession à des visites d’observation des oiseaux, surtout pendant les périodes migratoires.

    En Europe, la Route des Cimetières, soutenue par l’Association des cimetières significatifs d’Europe (ACSE), a reçu en mai 2010 la mention «Itinéraire culturel du Conseil de l’Europe». Cet itinéraire a pour objectif de promouvoir la valeur patrimoniale des nécropoles européennes. Plus d’une quinzaine de pays participent à cette initiative.

    Si les cimetières évoquent le passé, leur gestion est moderne: place à la technologie

    Au Québec, nos cimetières font aussi leur chemin. Agrandissements, réaménagements, fouilles archéologiques et interprétation historique sont des défis permanents.

    Le parc-cimetière Saint-Matthew dans la ville de Québec a rouvert ses portes récemment après qu’un chantier de modernisation lui ait permis de prendre un virage technologique. Depuis peu, la nécropole propose un circuit guidé sur iPod et iPhone. L’itinéraire dure environ 40 minutes et est agrémenté d’ambiance sonore, de documents d’archives et de photographies pour mieux comprendre l’histoire du cimetière et de ses locataires.

    Source: La technologie au service de  visites de cimetières

    En Israël, la Hevra Kaddisha (l’assemblée sainte faisant office de pompes funèbres) a aussi investi dans les nouvelles technologies. Un service SMS permet aux visiteurs d’envoyer un message comportant le nom du défunt à un numéro particulier, et ils reçoivent en réponse un texte indiquant le chemin pour se rendre au tombeau désiré. Bientôt, un assistant personnel (PAD) sera mis à la disposition des visiteurs pour les mener directement à la pierre tombale souhaitée tout en leur permettant, en cours de route, de voir des photos du défunt, de lire sa biographie et d’accéder à des prières. Plus tard, des services auxiliaires seront ajoutés, comme l’abonnement aux services de maintenance des tombes. Ces services sauront-ils interpeller les fervents admirateurs de certains défunts?

    À Montréal, le cimetière Notre-Dame-des-Neiges propose un dispositif appelé «Le Médaillon de la mémoire». Il se fixe sur un monument, une crypte ou une niche et permet de visualiser une photographie et une biographie du défunt grâce à un lecteur portatif.

    Source: Cimetière Notre Dame des Neiges

    Bien que les cimetières soient des espaces dédiés aux morts, ils parlent également aux vivants. Les considérer uniquement comme un lieu commémoratif serait nier une grande partie de leur richesse. La compréhension de leur patrimoine présente une véritable occasion de contribuer à valoriser et à faire connaître la mémoire collective.

    Sources