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Tendances Tourisme durable

Écotourisme urbain: des villes se réapproprient leur héritage naturel

Souvent contesté et encore peu mis en pratique, l’écotourisme urbain offre de nouveaux modes de gestion et de développement de l’activité touristique en ville. C’est une manière de verdir son image en utilisant et en préservant les richesses environnementales et humaines des destinations. Quelques villes explorent déjà cette voie et peuvent en inciter d’autres à créer et améliorer leur offre touristique. L’expansion des villes a chassé la nature, il est peut-être temps de la réintégrer!

Écotourisme urbain: émergence d’une nouvelle offre touristique

L’OMT considère l’écotourisme comme un segment de marché du «tourisme durable» favorisant l’observation, l’appréciation, l’interprétation, l’éducation et l’étude du milieu naturel, de ses paysages, de sa faune, de sa flore et de ses habitants. Or, cette définition limite la portée de l’écotourisme ainsi:

  • La superficie des sites non habités est restreinte.
  • L’aspect éducatif est limité à une population qui est déjà «convertie» aux principes du développement durable, puisqu’elle entreprend déjà ce genre de voyage.
  • D’un point de vue puriste, l’écotourisme doit protéger les espaces naturels. Or, il les rend accessibles et ne garantit en rien l’absence totale d’impacts écologiques ou sociétaux. Sa venue provoque même parfois le développement d’infrastructures d’hébergement et de transport aux alentours de ces zones fragiles.
  • La viabilité économique du modèle de gestion peut être menacée, car la croissance est limitée par un volume qui se veut de petite échelle.

Convaincus que ce sont davantage les pratiques plutôt que le milieu visité qui influent le plus sur la «durabilité» des ressources, plusieurs experts proposent une forme plus élargie de l’écotourisme: l’écotourisme urbain.

Selon eux, ce concept présente certains avantages si on le compare à l’écotourisme traditionnel, tels que l’utilisation d’une infrastructure déjà existante, le potentiel d’éduquer et de sensibiliser un plus grand nombre de visiteurs ainsi que les résidants aux pratiques durables. Il offre aussi une structure financière plus viable, vu qu’il dépend moins de la saisonnalité dont souffrent souvent les sites naturels et qu’il permet d’atteindre une plus grande capacité d’accueil.

Exemples de développement de l’écotourisme dans un contexte urbain

Source: penguins.co.nz

Oamaru est une ville située sur la côte est de la Nouvelle-Zélande qui a développé un projet écotouristique urbain basé sur la conservation et l’observation des pingouins «The Oamaru Blue Penguin Colony». La colonie de pingouins a vu le jour lorsque certains de ceux-ci ont utilisé une ancienne carrière comme lieu de nidification. Des volontaires ont alors décidé de nettoyer la zone et de l’ériger comme habitat de reproduction des pingouins. Aujourd’hui, le site est l’attraction touristique la plus importante d’Oamaru et est visitée par plus de 75 000 personnes par an.

Le site offre deux types de visites: un tour de jour pour observer les nids des pingouins et une visite nocturne commentée pour assister à leur retour sur la plage au coucher du soleil. Cette dernière est importante pour la région, car elle génère des nuitées supplémentaires, les visiteurs dormant très souvent en ville après l’activité.

Les pingouins font l’objet d’un suivi quotidien et une deuxième colonie située à proximité, mais non accessible au public, permet de comparer et de mesurer les impacts du tourisme sur le développement de la colonie.

Source: sanctuary.org.nz

En 1995, la «Karori Reservoir Wildlife Reserve» a vu le jour dans une vallée boisée à Karori, à 10 minutes du centre-ville de Wellington, capitale de la Nouvelle-Zélande. La réserve est un sanctuaire pour plusieurs espèces animales rares et menacées d’extinction, dont certaines ont été déménagées et réintroduites sur le site. Le programme de cette restructuration écologique s’étend sur 500 ans et a pour ambition de rendre le site aussi près que possible de ce qu’il était avant l’arrivée des humains.

La réserve est une OBNL gérée par un groupement communautaire et a ouvert ses portes aux visiteurs en 2001. Des tours guidés y sont organisés, incluant des visites nocturnes et à l’aube. Le Visitor Centre renseigne les touristes sur la géologie ainsi que sur l’histoire naturelle et humaine de la réserve. Ces derniers peuvent même participer au projet en devenant membre de la réserve ou en effectuant du bénévolat. La réserve, également désignée Zealandia, est devenue une attraction touristique importante pour Wellington et a inspiré d’autres projets à travers le pays tel  que l’écoattraction «Maungatautari Restoration Project».

Des idées urbaines qui flirtent avec l’écotourisme

Certaines destinations ont osé mettre sur pied des projets qui pourraient, dans une certaine mesure, être assimilés à l’écotourisme. La créativité, l’originalité et la vocation de ces initiatives sont très inspirantes.

Source: jardindart.com

À titre d’exemple, dans le but de varier son offre écotouristique et de sensibiliser le public à la conservation de la nature, le Maroc s’est doté d’un Festival de l’art du jardin: le Jardin’Art. Cette manifestation culturelle, scientifique et éducative est dédiée à l’univers du jardin et aux différents métiers du jardinage. L’évènement consacre une large place à l’éducation environnementale et à l’écotourisme, aux activités pédagogiques et ludiques, ainsi qu’à des ateliers artistiques destinés aux enfants. Conférences, tables rondes et projection de films sont au programme pour sensibiliser le public et les visiteurs à la richesse et à la valeur patrimoniale, historique et écologique des espaces verts. L’évènement se décrit comme une œuvre éphémère qui vise un impact durable. L’édition 2009 était une réflexion stratégique sur la thématique «jardins et écotourisme».

Source: inhabitat.com

Cette fois, cap sur la Suisse où un musée des arbres vient d’ouvrir ses portes sur le terrain d’un monastère datant du 14e siècle dans Rapperswil-Jona, la ville des roses sur le lac de Zurich.

Le moins qu’on puisse dire est que la nature y est à l’honneur en pleine ville. Le musée est en fait une exposition en plein air d’environ 2000 arbres disséminés sur deux acres et demie de terrain. L’édifice du musée se veut également vert et a été construit selon des principes écologiques limitant au minimum la production d’effets négatifs sur l’environnement. Plusieurs variétés d’arbres provenant de plusieurs endroits différents s’y dressent fièrement pour le bonheur des visiteurs.

À Montréal, au cœur même du Jardin botanique se trouvent l’Arboretum, qui compte 7000 spécimens d’arbres ainsi que la Maison de l’arbre, qui est un centre d’exposition et d’interprétation ayant pour mission de sensibiliser le public aux rôles prépondérants des arbres et des forêts.

Toujours au Québec, le parc de la Rivière-des-Mille-Îles, à Laval, est un autre exemple d’attraction écotouristique urbaine. Celui-ci abrite un refuge faunique, un centre d’interprétation et mène des actions de protection et de conservation des richesses naturelles du site.

Bien qu’il soit difficile d’associer l’écotourisme aux villes, il n’en demeure pas moins que cette réflexion ouvre de nouveaux horizons. Que savons-nous de nos écosystèmes urbains? Pouvons-nous les valoriser, conserver leurs richesses, les rendre accessibles sans nuire à leur pérennité et informer les visiteurs de leur existence et de leur fonctionnement? Pouvons-nous réintroduire la nature en ville et verdir nos expériences urbaines?

Sources:

  • Benchaâb, Abderrazzak. «Écotourisme urbain: les jardins en passe de devenir de nouveaux pôles attractifs pour les touristes ? Le Maroc y croit». Le Journal de l’écotourisme, Le Monde, 11 octobre 2009.
  • Higham, James et Lüvk Michael. «Urban ecotourism: A contradiction in terms?», Journal of Ecotourism, 29 mars 2010.
  • Justa, Aditi. «Switzerland welcomes world’s first tree museum with open arms», ecofriend.org, 11 Juin 2010.
  • N. Okech, Roselyne. «Developing urban ecotourism in Kenyan cities: A sustainable approach.» Journa of ecology and Natural Environment, vol 1, avril 2009.
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Produits et activités Segments de clientèles Tendances

Le tourisme de luxe de l’après-crise: des comportements qui sont là pour durer!

Qu’ils soient fortunés ou consommateurs de luxe occasionnels, les adeptes de ce type d’expérience ont été prudents pendant la récession et ont développé des comportements de voyage qui semblent durer et affecter la dynamique de ce segment de marché. Désormais, ces voyageurs préfèrent être divertis et stimulés plutôt que dorlotés, ils sont de plus en plus sensibles aux principes de développement durable et ils magasinent sur le Web pour dénicher les meilleurs prix. Quels autres changements de comportement touchent ces voyageurs et à quoi doivent s’attendre les intervenants touristiques?

L’impact de la crise

La récession économique a durement frappé le tourisme de luxe, qui a été sanctionné par une baisse importante de son volume de voyages d’affaires. Pour maintenir leurs parts de marché durant la crise, les professionnels du tourisme ont eu recours à un grand éventail de mesures. Se sont alors succédé: promotions, réduction des dépenses, révision des programmes de fidélisation, restructurations organisationnelles, innovation dans les stratégies de réservation (dernière minute, etc.), refonte des politiques de prix, voire la mise sur la glace de projets de développement et d’aménagement.

Le plus difficile est passé…

Maintenant que la période la plus difficile est passée, on constate que ce segment est en tête de liste de l’industrie hôtelière américaine en ce qui concerne la croissance.

Selon Smith Travel Research (STR), le taux d’occupation de l’hôtellerie de luxe a augmenté de 11% pour atteindre 67,7%, comparativement à une progression de 7% pour l’ensemble de l’hôtellerie en mai. Le tarif journalier moyen a augmenté de 2,6%, se situant à 241 USD, et le revenu moyen par chambre a bondi d’à peu près 14% pour s’afficher à 163 USD, contre 57 USD pour l’ensemble de l’industrie.

Les prévisions de STR pour l’hôtellerie de luxe montrent une forte reprise au troisième trimestre de 2010, suivie d’un ralentissement de la croissance au dernier trimestre et au début de 2011.

Bien que l’industrie touristique haut de gamme et de luxe reprenne son souffle, les changements opérés dans les comportements de voyage de la clientèle semblent perdurer.

Certains changements sont là pour rester

Le climat économique des derniers mois n’a pas seulement eu une incidence sur les habitudes de dépenses du segment de voyageurs haut de gamme et de luxe, il a également affecté le type d’expérience qu’ils recherchent.

Avant la crise, l’expérience luxueuse la plus recherchée était de se sentir dorloté mais, depuis 2008, cela n’est plus une priorité. D’autres attentes ont émergé: être «diverti», «stimulé» et «inspiré» sont devenus les nouvelles expériences convoitées (figure 1).

Bien que la clientèle aisée continue de dépenser, la valeur accordée à l’argent a gagné en importance, rendant la cohérence et la justesse des prix essentielles. D’autant plus que ces consommateurs du voyage haut de gamme n’hésitent pas à utiliser le Web pour effectuer des recherches, comparer des offres et réserver en ligne. Selon une enquête menée par The Leading Hotels of the World auprès de 2031 voyageurs provenant de 95 pays, 30% sont inspirés dans leur choix de destination à la suite d’une recommandation d’amis et 20% en naviguant sur Internet.

Au cours des deux dernières années, c’est la clientèle de luxe qui a enregistré la plus forte hausse d’utilisation du Web pour effectuer des réservations (tableau 1).

Les sites d’hôtels haut de gamme et de luxe ont intérêt à améliorer les composantes de l’expérience en ligne, à savoir la facilité de la navigation, l’esthétique, la pertinence du contenu et la simplification du processus de réservation.

L’utilisation croissante du Web dans le segment du luxe a aussi rendu les réservations de dernière minute assez populaires auprès de cette clientèle.

Par souci budgétaire, les formules tout inclus sont recherchées, vu que les dépenses sont contrôlées à l’avance. Dans ce contexte, les croisières sont très prisées et on estime qu’à l’échelle mondiale, 10% de la population aisée entreprend chaque année ce type de voyage.

Autre constat, pour ce segment de marché, Euromonitor rapporte qu’il y a un nombre croissant de femmes qui voyagent seules ou entre amies, et ce phénomène suscite de plus en plus l’intérêt pour des voyages à thématique particulière du type: «women and wine», les séjours d’aventure ou les retraites de santé.

D’autre part, la consommation ostentatoire, jugée inappropriée en temps de crise, a été délaissée, au détriment de l’intégration de principes respectueux de l’environnement et des communautés locales. L’éthique et l’authentique séduisent, et ce ne sont pas juste des mots. Questionné sur le cadeau qu’aimerait recevoir la clientèle de voyages de luxe, plus du quart de l’échantillon a manifesté une préférence pour des objets conçus localement (tableau 2).

Les principes d’individualisation, d’originalité et de distinction découlant de la notion de luxe ont engendré de l’intérêt pour des produits de plus en plus exclusifs. Les voyageurs de luxe en veulent plus pour leur argent et troquent volontiers la banalité contre l’exclusivité. Dans ce sens, plusieurs boutiques d’hôtels se procurent des articles de plus en plus singuliers, quitte à en faire elles-mêmes la conception.

Le luxe suggère aussi personnalisation et intimité. La quête de ces concepts a eu pour résultat l’enrichissement de la gamme d’hébergement, de plus en plus personnalisée par la multiplication de villas individuelles. Celles-ci peuvent faire partie de l’hôtel ou être des résidences privées souvent accompagnées de services d’accueil (majordome, chef cuisinier, etc.).

Proposer des expériences inédites et des prestations uniques nécessite de la réactivité, de l’innovation et la capacité de faire face aux turbulences économiques et au changement des comportements de voyage. La crise aura permis à quelques voyageurs de luxe de découvrir d’autres modes de déplacement et d’hébergement. Certains retourneront vers le service de luxe, mais d’autres seront probablement perdus au profit du haut de gamme ou ils alterneront entre les deux.

Sources

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Marketing Réseaux de distribution Technologies

Le Web mobile: choisir sa présence et sa stratégie marketing

L’Internet mobile n’est plus de la fiction, les voyageurs utilisent déjà leurs cellulaires pour planifier et réserver vols et hébergement. Ces technologies procurent à leurs utilisateurs commodité, connectivité et géolocalisation. Elles aident aussi les entreprises qui veulent faire le pas vers le marketing mobile à se démarquer. Ceci dit, envisager de construire une présence mobile revient à choisir entre créer une application mobile ou un site Web mobile. Par où commencer?

Est-ce que le «buzz» des téléphones intelligents est justifié?

Selon l’étude «The Mobile Internet Report» de Morgan Stanley, publiée en décembre 2009, la couverture mondiale du 3G prend de l’ampleur et devrait se situer entre 20 et 25% en 2010, pour atteindre 43% en 2014.

Engouement que confirme aussi PhoCusWright, qui prévoit que les réservations effectuées par le biais de téléphones mobiles devraient atteindre 160 millions USD d’ici la fin de l’année. Cette expansion influencera certainement le comportement des utilisateurs de la téléphonie mobile.

En effet, Morgan Stanley estime que les Américains détenteurs de téléphones intelligents passent plus de temps à utiliser quotidiennement leur appareil (60 minutes) que ceux qui détiennent des cellulaires réguliers (40 minutes). Les graphiques 1 et 2 illustrent la répartition de l’utilisation de ce temps pour chaque activité.

Graphique 1
Répartition de l’utilisation du cellulaire aux États-unis – 40 minutes par jour

Source: «The Mobile Internet Report», Morgan Stanley

Graphique 2
Répartition de l’utilisation du iPhone – 60 minutes par jour

Source: «The Mobile Internet Report», Morgan Stanley

L’utilisation du téléphone intelligent est plus centrée sur l’accès aux données que sur les appels, ce qui laisse présager un bel avenir pour la publicité mobile, y compris sur les appareils iTouch et iPad.

En effet, eMarketer projette que la publicité mobile augmentera de 648 millions USD en 2008 à 3,3 milliards USD en 2013. La firme Forrester abonde également dans ce sens et prévoit que le marketing mobile croîtra annuellement de 27% de 2009 à 2014.

Tout comme une adresse sur le Web est devenue un point de contact B2C important, des signes précurseurs indiquent qu’un point de contact adapté à la téléphonie mobile deviendra pertinent.

Construire une application ou un site Web mobile?

Une application mobile est un logiciel téléchargeable et exécutable sur des téléphones intelligents ou d’autres appareils mobiles tels que les iPad et les iTouch, de façon gratuite ou payante. Les applications sont accessibles dans les boutiques d’applications (App Store pour iPhone et App World pour Blackberry) et présentent plusieurs avantages. Elles:

  • fonctionnent même sans connexion Internet;
  • offrent une très bonne interface client;
  • sont rapides et faciles à naviguer;
  • peuvent utiliser les capacités techniques des téléphones intelligents: GPS, appareil photo, vidéos, réalité augmentée… et de ce fait, afficher un contenu riche;
  • une fois téléchargées sur le cellulaire, elles y demeurent disponibles et visibles et ont plus de chances de générer des visites récurrentes;
  • contrairement à un site mobile, elles peuvent générer un revenu si elles sont payantes.

En revanche:

  • elles sont plus coûteuses et chaque plateforme (iPhone, Android, Windows mobile…) nécessite une programmation spécifique;
  • elles dépendent de l’approbation des magasins de téléphones cellulaires pour le lancement et pour les changements effectués ultérieurement;
  • leur entretien est coûteux, car tout changement doit se faire pour chaque plateforme de navigation;
  • les modifications effectuées sur les plateformes de navigation (iPhone, Android…) imposent parfois des mises à jour aux applications;
  • les magasins d’applications prennent une commission sur les ventes réalisées sur les applications.

La plupart des experts conviennent qu’il est préférable de débuter avec un site Web mobile pour les raisons suivantes:

  • Il fonctionne sur plusieurs navigateurs à la fois (iPhone, Android, Symbian, Windows) et ne nécessite aucun téléchargement.
  • Il peut être créé à partir de certaines plateformes de type do-it-yourself comme WordPress et Drupal, grâce à des fonctionnalités simplifiées.
  • Il est adapté aux petites entreprises qui n’ont pas la notoriété suffisante pour inciter les clients à faire la démarche de chercher l’application de l’entreprise dans le magasin d’applications.
  • Des hyperliens peuvent le connecter à d’autres sites, alors que les applications sont rarement connectées entre elles.
  • S’il est bien conçu, un site Web mobile peut être facilement converti en une application ultérieurement.
  • Il bénéficie de l’indexation des moteurs de recherche.
  • Il permet de joindre tout utilisateur de téléphone disposant d’un forfait de données. À l’opposé, une application ne permet d’atteindre que la population de possesseurs de téléphones intelligents équipés d’un système d’exploitation donné. De ce fait, la taille du marché potentiel est plus grande.

La convivialité et la simplicité d’utilisation d’un site Web mobile ou d’une application ne sont pas négligeables et améliorent la navigation des clients par le biais du cellulaire.

À titre d’exemple, l’Office de tourisme de Montpellier vient de lancer la version mobile de son site, qui est simplifiée en six rubriques et qui complète son site Internet.

Source: montpelliernow.mobi

Après un site Web mobile, que faut-il faire?

Après son lancement, le site Web mobile devient le point d’ancrage de toutes les activités ultérieures du m-marketing telles que la messagerie téléphonique, les Google mobile ads ou les concours promotionnels mobiles (mobile sweepstakes).

Une stratégie m-marketing débute notamment en construisant une liste mobile opt-in ou m-list. Pour ce faire, il faut solliciter le consentement et l’adhésion des clients à travers une campagne courriel ou par des initiatives dans les médias sociaux. Une attention toute particulière doit être portée à la sécurité des données et à la protection de la vie privée.

Si vous êtes à l’aise avec l’affichage publicitaire sur votre site Web, concevoir une campagne Google mobile ads peut être une étape à intégrer à votre stratégie m-marketing.

À plus long terme, il peut devenir pertinent d’intégrer des éléments plus sophistiqués tels que les services de géolocalisation et les applications mobiles mais avant cela, pourquoi ne pas envisager des partenariats avec des constructeurs d’applications déjà établis plutôt que de réinventer la roue tout seul?

L’application OpenTable, par exemple, dédiée à la gestion des réservations des restaurants, offre à ceux-ci la possibilité d’être présents dans une base de données accessible par le biais d’un cellulaire sans avoir à développer leur propre application.

Un autre exemple de plateforme fédératrice serait l’application StubHub, spécialiste en billetterie pour des évènements sportifs et des concerts musicaux.

Source: itunes.apple.com

L’accès permanent à Internet, les services basés sur la localisation, la possibilité d’effectuer des transactions en tout temps et la personnalisation du contenu sont autant d’atouts offerts par la téléphonie mobile intelligente. Dans le cas où votre entreprise n’est pas encore en mesure de passer à l’étape d’intégration d’une stratégie «mobile friendly» à votre politique médias, il demeure pertinent d’y réfléchir et de surveiller les évolutions technologiques s’y rattachant dès maintenant.

Sources:
– Arnold, John. «Mobile App or Mobile Website?», Entrepreneur.com, 5 avril 2010.
– eHotelMarketing. «Pourquoi votre hôtel doit investir dans une stratégie mobile?», Blogehotelmarketing.fr, 8 juin 2010.
– Johnson, Mark. «Consumers are more mobile than ever before. Are you marketing efforts keeping pace?», B2cmarketinginsider.com, 30 juillet 2010.
– Joyce, Stephen. «Small Operators Can Benefit from Mobile Partnerships», Tourismtechnology.rezgo.com, 3 avril 2010.
– Méli, Benoît. «Applications contre sites mobiles: le match», Journaldunet.com, 19 mai 2010.
– Morgan Stanley. «The Mobile Internet Report», 15 décembre 2009.

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Gestion Tendances Tourisme durable

Cap sur le tourisme urbain durable

Les villes accueillent plus de la moitié de la population mondiale, et la majorité des touristes les visitent, ou du moins les traversent pour accéder à des destinations plus recluses. L’industrie touristique, qui exerce une pression sur ces zones urbaines, doit se préoccuper des implications environnementales, socioculturelles et économiques engendrées par ses activités.

La prise de conscience générale par rapport aux conséquences des modes de consommation incite le tourisme urbain à s’orienter vers des stratégies de croissance durable non compromettantes pour les générations futures.

Le tourisme durable présente des exigences et des enjeux bien spécifiques

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, le tourisme durable doit aussi bien optimiser l’utilisation des ressources environnementales que respecter l’authenticité socioculturelle des communautés d’accueil et assurer à long terme la viabilité financière des investissements.

Or, ce n’est pas faute d’ambition que les villes ne suivent pas ce modèle, mais c’est souvent par manque d’expertise, de leadership ou de modèle de gouvernance fiable et équitable pour encadrer cette nouvelle forme de développement.

Une stratégie de tourisme urbain durable doit répondre aux exigences suivantes:

  • Minimiser l’empreinte écologique des activités touristiques et promouvoir des modes de consommation durables.
  • Créer une infrastructure touristique viable.
  • Concilier les intérêts des habitants et ceux des visiteurs.
  • Préserver le patrimoine culturel, architectural et social dans un contexte de villes en constantes mutations.
  • Gérer la surcharge des lieux touristiques.
  • Encourager un développement économique viable à long terme et offrant de bonnes possibilités d’emploi.
  • Éviter l’apparition de phénomènes de ghettoïsation et d’espaces exclusivement touristiques qui créent une discontinuité de la vie urbaine locale.
  • Avoir une politique de transport «verte» et viable pour contrer les effets négatifs des déplacements (pollution, bruit, encombrement des routes, problèmes de stationnement, etc.).
  • Trouver le moyen de mobiliser les intervenants de l’industrie touristique autour d’un même objectif, bien que la nature de cette dernière soit très fragmentée.

La liste n’est pas exhaustive, mais elle témoigne de la complexité des enjeux et de la nécessité que les parties prenantes impliquées, à savoir les offices de tourisme, le gouvernement, les entreprises touristiques et les résidants, pour ne citer que ceux-là coordonnent leurs interventions. L’entente sur un modèle de gouvernance est un grand défi pour ces partenaires, qui ont parfois des intérêts opposés.

Des destinations qui franchissent le pas

L’application des pratiques de développement durable du tourisme dans un environnement urbain est un concept relativement nouveau, mais certaines villes se sont déjà lancées dans l’aventure.

Dès 1996, la Green Tourism Association (GTA) a largement contribué à la diffusion d’une image plus «verte» de Toronto, grâce à la réalisation de deux projets prônant l’application des principes du tourisme durable:

  • L’édition, en 1999, d’une carte (The Other Map of Toronto) qui relie les sites et les activités touristiques à l’environnement.
  • Le lancement d’un guide (The Other Guide of Toronto), dont l’objectif était de fournir des informations sur les nombreuses possibilités de tourisme durable à Toronto. La richesse des histoires sociales et environnementales des quartiers y est mise en valeur et une section pédagogique explique comment voyager «vert».

Ces initiatives ont connu un franc succès et ont servi d’outils pour commercialiser le concept de durabilité urbaine auprès des touristes et des résidants de la ville.

À son tour, Edinburgh Tourism Action Group (ETAG) a élaboré une stratégie appelée SUTS: Sustainable Urban Tourism Strategy, qui vise à ce qu’Édimbourg devienne la destination touristique la plus durable de l’Europe du Nord d’ici 2015. La SUTS identifie les trois champs d’action les plus importants comme suit:

Afin de préserver son héritage culturel et naturel, la ville d’Édimbourg encourage les entreprises à réduire ou à compenser leurs émissions de carbone. Le projet «climate friendly events», visant la tenue de congrès respectueux de l’environnement, en fait partie. D’autre part, la ville encourage la promotion du patrimoine naturel et culturel comme raison de visite. Dans le souci de maintenir la cordialité et un climat propice à l’échange entre les résidents et les touristes, la ville promeut les avantages issus du tourisme tels que l’amélioration des transports et des installations, la tenue d’événements divers et la stimulation culturelle. La campagne «Tourism is Everyone’s Business» en est un bel exemple. Pour rehausser la qualité des services offerts, Édimbourg s’investit afin de valoriser le tourisme pour attirer des employés compétents et prêts à considérer cette industrie comme premier choix de carrière.

Comme le développement durable doit inclure chaque personne, la problématique de l’accessibilité est aussi prise en compte, et la ville met l’accent sur l’inclusion sociale pour que la majorité de la population puisse profiter des activités et des événements gratuits. La ville se dote également d’infrastructures accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Édimbourg a adopté une stratégie d’ensemble qui canalise et coordonne les différentes initiatives. D’autres villes mènent des actions sporadiques, mais qui sont tout de même de bons exemples:

Source: mobilito.at

Mobilito: La ville de Salzbourg en Autriche a mis en place une centrale de transport mettant à la disposition des touristes des options alternatives de déplacement. Le système inclut le réseau ferroviaire européen, les transports en commun de la région, les réseaux autrichiens nationaux de bus et de trains, les centrales de taxi et les points de location de véhicules électriques non polluants. La centrale est accessible en ligne, par téléphone et a également pignon sur rue.

Source : parkandride.net

Park and ride: Ce concept nous vient du Royaume-Uni. Il privilégie des stationnements d’accueil à l’entrée des villes, où le visiteur peut laisser son véhicule durant son séjour. Un système de transport en commun lie l’espace de stationnement au centre urbain.

Le tourisme durable urbain offre une valeur ajoutée à la promotion des villes. Il leur permet d’enrichir leur offre touristique, alors susceptible d’attirer une nouvelle clientèle ou de conforter la clientèle existante dans ses choix de consommation. Nos villes sauront-elles se démarquer à leur tour?

Sources:
– Bintner, Martine. «Le tourisme durable urbain», Institut de gestion de l’environnement et d’aménagement du territoire, 25 juillet 2002.
– Dodds, Rachel, Anna Gibson, Marion Joppe et Brian Jamieson. «Ecotourism in the city? Toronto’s Green Tourism», Emerald Journal of Contemporary Hospitality Management, 2003.
– Dodds, Rachel et Marion Joppe. «Promoting urban green tourism: The development of the other map of Toronto», Journal of vacation Marketing, 2001.
– «Sustainable Urban Tourism Strategy», Edinburgh Tourism Action Group, 29 octobre 2008.
– Yi-Yen Wu, Hsioa-Lin Wang et Yu-Feng Ho. «Urban ecotourism: Defining and assessing dimensions using fuzzy number construction», Tourism Management, 2009.

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Enjeux Gestion

Désastres, crises politiques ou sanitaires: des risques à prévoir et des stratégies à planifier

L’industrie touristique fait constamment face à diverses menaces: catastrophes naturelles, crises sanitaires, instabilité politique et pandémies ont un impact important sur l’image des destinations et la sécurité des touristes. Quelle attitude adopter par rapport à ces situations et quelles stratégies de relance déployer pour regagner l’attractivité des zones affectées?

Les crises engendrent souvent des coûts lourds à supporter

Le 26 décembre 2004, un tsunami a frappé les régions côtières de l’océan Indien (graphique 1), tuant environ 300 000 personnes et causant des dommages majeurs aux infrastructures de transport et aux réseaux de communication. À cause de cette catastrophe naturelle, l’industrie touristique a essuyé des pertes de près de trois milliards de dollars et 250 000 personnes ont perdu leur emploi.

Graphique 1
Régions frappées par le tsunami du 26 décembre 2004

Source: greatmissendenrotary.org.uk

Le Canada aussi a connu son lot de catastrophes sanitaires. Selon une étude produite par la firme KPMG pour l’Association des hôteliers du Canada, le SRAS aurait causé une baisse globale des dépenses touristiques d’environ 180 millions de dollars dans la région de Toronto, et ce, durant huit semaines à partir du 6 avril 2003. Environ 38% des pertes représentaient des recettes d’hébergement, 24% des services alimentaires, 9% des loisirs et 14% des transports. Cependant, la maladie de la vache folle, l’incertitude dans l’industrie canadienne et du transport aérien et le renforcement des mesures de sécurité à la frontière américaine ont également joué un rôle dans la diminution des dépenses touristiques.

Plus récemment, Oxford Economics a réalisé une étude selon laquelle l’éruption du volcan islandais Eyjafjöll aurait causé l’annulation de plus de 100 000 vols et bloqué plus de sept millions de passagers. Les pertes du secteur aérien s’élèveraient à 2,2 milliards de dollars, et les destinations auraient enregistré des baisses des dépenses des visiteurs de l’ordre de 1,6 milliard de dollars, et ce, malgré les sommes défrayées par les passagers bloqués.

Sinistrée, la Thaïlande adopte une orientation stratégique claire

L’industrie touristique thaïlandaise a subi des pertes à la suite de la crise économique asiatique en 1997, des attentats du 11 septembre 2001, de la grippe aviaire en 2002, du SRAS en 2003, du tsunami en 2004 et de l’agitation politique dans le sud du pays depuis 2004. Il s’agit donc d’un exemple pertinent en termes de gestion de crises, d’autant plus que l’économie du pays repose essentiellement sur le tourisme.

Pour contrer cette crise, la Tourism Authority of Thailand (TAT) a élaboré une stratégie de relance touristique en investissant 70 millions de dollars en promotion afin d’augmenter le nombre de voyages domestiques. Des promotions ont aussi été offertes aux régions les moins touchées par le SRAS comme l’Europe. Voulant assurer la sécurité des voyageurs, le cabinet du premier ministre a garanti les soins médicaux gratuits et une indemnité de 100 000 dollars à tout visiteur prouvant qu’il a été infecté par le virus lors d’un séjour en Thaïlande. Le gouvernement a également offert des crédits aux entreprises ayant des problèmes de liquidités liés à cette catastrophe sanitaire.

Ces mesures de relance, additionnées au fait qu’aucune mort n’a été rapportée dans le pays, ont permis de réaliser une croissance des arrivées touristiques de 16% en 2004.

Le tourisme thaïlandais, qui est à peine rétabli de cette catastrophe, est menacé de nouveau. Un tsunami a frappé la région balnéaire d’Andaman qui représente 20% de l’activité touristique du pays.

Une fois de plus, la TAT a déployé une nouvelle stratégie de relance en ciblant de nouveaux marchés prometteurs, comme la Chine et la Russie. Elle a axé sa promotion sur des produits de niche tels que le tourisme médical et les vacances spa, mais aussi sur le développement d’un nouveau produit: le volontourisme. Les efforts de promotion ont aussi été soutenus par l’organisation d’évènements internationaux d’envergure comme l’élection de Miss Univers. Le tourisme intérieur a encore une fois été ciblé et Thai Airways a émis des forfaits promotionnels pour les congrès et les salons.

Le gouvernement thaïlandais a également créé le Tourism Restoration Committee, responsable de restaurer la région la plus durement touchée par le tsunami. Parmi leurs actions, on compte:

  • la révision de l’image de la région et un nouveau positionnement. Par exemple, certaines plages ont été associées à une thématique précise;
  • le développement de nouveaux produits touristiques tels que des musées commémoratifs de la tragédie et un centre de congrès à Phuket;
  • l’organisation de tournées de familiarisation, la création de forfaits incitatifs pour les résidents et l’encouragement de la communauté d’affaires à tenir ses conférences dans les régions affectées.

La croissance est passée de 16% en 2004 à 12% en 2005.

Le 11 septembre frappe, Washington réagit: le plan de relance se veut complet, émotif et opportun.

À la suite des attentats et des menaces bioterroristes ultérieures, les médias nationaux et internationaux ont largement dépeint Washington DC comme une ville dangereuse. Confrontée à cette publicité négative, l’industrie touristique a dû élaborer un plan marketing visant à restaurer l’image de la destination.

La Washington Convention and Tourism Corporation (WCTC), District of Columbia, le Washington Convention Center et la Greater Washington Initiative, firme de recherche en marketing, ont contribué en donnant 3,37 millions de dollars afin de relancer l’industrie touristique.

La campagne marketing a ciblé les clientèles locale, régionale et nationale avec une gamme complète d’activités de publicité, incluant les médias électroniques, les relations publiques et les offres promotionnelles. «Be inspired in your Hometown» et «Hometown Homecoming» ont été les slogans créés pour attirer la clientèle avoisinante, à laquelle le Washington Metropolitan Transit Authority a gratuitement offert des billets d’autobus et de train. Les restaurants et les attractions ont également participé en proposant des promotions de fin de semaine pour inciter les visiteurs à redécouvrir les diverses attractions de la capitale. Les hôteliers se sont aussi mobilisés en offrant des promotions spéciales sous le thème «Be Inspired».

À l’échelle nationale, le message fut: «Washington, D.C., is the City of Inspiration. Home of the American Experience». Des publicités télévisées ont été produites avec la collaboration de plusieurs personnalités connues de la région de Washington. Pour contribuer à relancer l’économie locale, les producteurs ont assumé leurs propres frais, les médias ont offert leurs espaces publicitaires gratuitement et les figurants n’ont reçu aucune rétribution.

Des annonces ont été placées dans les journaux et magazines, et des promotions furent offertes sur le Web, sur les sites Travelocity et Orbitz. Un programme spécial de relations publiques a été lancé. Sa mission était principalement de développer des histoires positives au sujet de la destination et de les relayer à travers les médias, le Web et des émissions comme Good Morning America et The Today Show. Le programme avait également pour objectif de convaincre les groupes scolaires de continuer à visiter Washington DC.

11 septembre 2001, SRAS, grippe aviaire, grippe A(H1N1), tsunamis, tremblements de terre et plus récemment éruptions volcaniques ont tous eu une incidence sur l’industrie du voyage, qui demeure vulnérable face aux catastrophes et évènements imprévisibles. Souvenons-nous de la tempête de verglas de 1998. Élaborer des plans de contingence prêts à être activés en situation d’urgence peut s’avérer salutaire, ne serait-ce qu’en commençant par nommer un comité de gestion de crise.

Sources:
– Blackman, Deborah et Brent W. Ritchie. «Tourism Crisis Management and Organizational Learning», Journal of Travel & Tourism Marketing, vol. 23, no 2, 4 janvier 2008.
– Hoontakul, Pongsak et Jukka laitamaki. «Tourism Crisis Management Framework: The Thai Experience», 22 janvier 2006.
– Karantzavelou, Vicky. «New Strategy for the Recovery of Tourism After Tsunami», 11 mars 2005.
– KPMG. «SARS Impacts Toronto Tourism Industry: Report Identifies Loss of 190 Million», 11 juin 2003.
– McGrath, Ginny. «Tsunami to Cost Industry $3bn», 8 avril 2005.
– Oxford Economics. «The Economic Impacts of Air Travel Restrictions Due to Volcanic Ash», étude préparée pour Airbus, 1er juin 2010.
– Sharpley, Richard. «The Tsunami and Tourism: A Comment», Current Issues in Tourism, vol. 8, no 4, juillet 2005.
– Stafford, Greg, Larry Yu et Alex Kobina Armoo. «Crisis Management and Recovery: How Washington, D.C., Hotels Responded to Terrorism», Cornell Hotel and Restaurant Administration Quarterly 2002, octobre.

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Faits et chiffres Hébergement Perspectives Transport

Le tourisme canadien affecté par la lenteur de la reprise économique

La croissance de l’industrie touristique canadienne est retardée en raison de la lente reprise du tourisme international dans sa globalité. D’ici 2014, Euromonitor International prévoit une augmentation des revenus des secteurs de l’hébergement, du transport et des attractions touristiques dans des proportions respectives de 18%, 21% et 20%. Comment ces hausses surviendront-elles au fil des ans et à quoi devons-nous nous attendre?

Le secteur de l’hébergement

L’année 2009 a été très difficile pour l’hôtellerie canadienne, et les projections d’Euromonitor International n’envisagent l’amorce d’une saine croissance qu’en 2011.

Dans l’ensemble, le niveau de performance de 2008 sera atteint au début de 2014 pour en arriver à des recettes de 14,8 milliards de dollars (tableau 1). Les ventes des hôtels indépendants et des hôtels sous bannière connaîtront respectivement 20% et 17% d’augmentation de recettes entre 2009 et 2014.

Bien qu’on s’attende à ce que les Américains voyagent plus au Canada durant les prochaines années, ce seront les arrivées internationales hors États-Unis qui offriront de meilleures possibilités de croissance à l’industrie. En effet, les recettes de ce segment dépassent celles des voyageurs domestiques qui dépensent, en général, moins que les touristes étrangers. De ce fait, la relance des voyages internationaux s’avère déterminante pour la reprise du secteur de l’hébergement, et plus particulièrement pour les hôtels haut de gamme des grandes métropoles.

Internet demeurera en constante évolution comme plateforme transactionnelle pour l’hébergement. Il représentera 29% de la valeur totale des transactions en 2014 contre 25% en 2009. Environ 56% des transactions s’effectueront sur le site des fournisseurs, tandis que 44% s’exécuteront par le biais d’intermédiaires.

Le secteur des transports

Selon les prévisions actuelles d’Euromonitor International, le secteur du transport atteindra les résultats enregistrés en 2008 uniquement vers la fin de l’année 2011, voire au début de 2012, pour ensuite s’établir à 19 milliards de dollars de recettes en 2014 (tableau 2).

Le segment du transport aérien, qui représente une grande partie du secteur du transport, a connu une baisse de 12% de ses revenus et de 10% de son volume en 2009. Malgré ce marasme, les vols nolisés ont enregistré une croissance de 5% des recettes et du volume.

La valeur du transport aérien devrait croître à un taux de 20% pour atteindre 60 millions de passagers en 2014. En outre, les compagnies à bas coûts devraient connaître un taux de croissance annuel d’environ 11% d’ici 2014, et atteindre près de 4 milliards de dollars de recettes (tableau 2).

Après les compagnies à bas coûts et les vols nolisés, ce sont les croisières qui connaîtront la plus grande augmentation de leurs recettes, soit 30% d’ici 2014.

Bien entendu, la fluctuation des prix du pétrole ainsi que d’autres facteurs pourraient influencer les prévisions.

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Les plateformes transactionnelles pour le secteur du transport garderont à peu près les mêmes proportions de transactions de 2009 à 2014 (graphique 1). Cela veut dire que 13% des transactions passeront par les sites Web des fournisseurs, 8% par des intermédiaires Web et 79% hors ligne.

De plus, le gouvernement canadien est sollicité par les entrepreneurs touristiques pour investir en matière de transport afin de rendre l’expérience des voyageurs plus facile, moins coûteuse et plus écologique. En conséquence, le gouvernement fédéral a annoncé en 2009 le financement d’un certain nombre d’initiatives clés du tourisme, incluant l’investissement dans l’amélioration du transport ferroviaire entre Toronto et Montréal, une facture de plus de 300 millions de dollars. Dans la même lancée, une nouvelle liaison ferroviaire a été inaugurée, durant l’été 2009, entre l’aéroport de Vancouver et son centre-ville pour mieux accommoder les voyageurs par avion.

Les attractions touristiques

Euromonitor International prévoit que les principales attractions touristiques connaîtront un taux de croissance annuel de leur achalandage de l’ordre de 2%, ainsi qu’une hausse constante annuelle des recettes de 4%, pour atteindre 205 millions de visiteurs et 7,3 milliards de dollars de recettes d’ici 2014 (tableau 3).

La raison pour laquelle la croissance projetée n’est pas si importante est que le tourisme domestique et les arrivées en provenance des pays outre-mer ne seront pas en mesure de compenser entièrement la baisse du nombre de visiteurs américains durant la période étalée entre 2009 et 2014.

D’ici 2014, les casinos demeureront l’attraction la plus importante générant le plus de revenus et recevant le plus de visiteurs (graphique 2). Pour profiter de ce créneau, la région de Vancouver essaie d’attirer des joueurs à «hautes mises» par l’ouverture de nouveaux établissements plus grands, comme le Grand Casino Villa à Burnaby.

Selon les projections d’Euromonitor International, les parcs nationaux, de même que les galeries d’art, devraient afficher la plus forte croissance, de 2009 à 2014, en nombre de visiteurs et en recettes. L’initiative de Parcs Canada d’investir pour sensibiliser les gens aux parcs nationaux du pays y joue un rôle.

Globalement, on s’attend à ce que le flux des voyageurs et des recettes touristiques augmente à la suite de la reprise économique mondiale, ce qui amènera les autres attractions touristiques à sortir du ralentissement économique de 2009.

Source:

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Produits et activités

Consécration des saints et popularité des sanctuaires

Peut-on dire que la canonisation du Frère André, prévue le 17 octobre 2010, aura un impact important sur l’oratoire Saint-Joseph, lieu de repos du Bienheureux? Cela aura-t-il une incidence sur le tourisme religieux montréalais? Peut-on avancer que la renommée d’un sanctuaire dépend de la consécration des saints qui le représentent?

Examinons comment la médiatisation et le marketing religieux entourant le Padre Pio ont été déterminants dans le développement de la basilique de San Giovanni Rotondo. Recueillons par le fait même quelques idées d’articles commémoratifs liés à la canonisation du père Damien, qui a eu lieu en octobre 2009.

La médiatisation de Padre Pio a favorisé la propagation du culte et la popularité du sanctuaire


La basilique de Padre Pio (Pio da Pietrelcina), moine capucin canonisé en 2002, mystique connu pour sa dévotion à Dieu, pour les soins qu’il prodiguait aux malades et pour ses dons surnaturels, est le deuxième sanctuaire catholique le plus visité au monde. Dans un rapport paru en 1999, l’évêque Francesco Giogia, à titre de secrétaire du Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Personnes en Déplacement, estimait que le sanctuaire de San Giovanni Rotondo accueillait entre six et sept millions de visiteurs par an. Depuis l’exhumation du corps de Padre Pio, huit à neuf millions de visiteurs s’y rendraient annuellement.

Grâce à la popularité du culte de Padre Pio, le village de San Giovanni Rotondo, peuplé d’environ 27 000 âmes, a connu une phase de développement touristique importante. Plus de 50 nouveaux hôtels ont été construits pour recevoir la foule croissante de visiteurs qui s’y pressent depuis l’an 2000. La basilique peut accueillir 6 500 personnes dans son enceinte et 30 000 personnes debout sur la place en face de l’édifice.

La force médiatique et le rassemblement des fidèles autour du Padre Pio de son vivant ont beaucoup contribué à la propagation de son culte et à la popularité du sanctuaire. Voici quelques facteurs attribués au succès de la médiatisation du culte de Padre Pio:

  • Les diverses publications de la basilique de San Giovanni, des Capucins et des groupes de prière ont aussi grandement contribué à la propagation du culte Pio. Plus de 2 000 groupes de prière constitués en Italie ont pour règle de visiter le sanctuaire deux ou trois fois par an.
  • Les expressions physiques de la foi de Padre Pio telles que les stigmates, la bilocation, la clairvoyance, la prescience et la lévitation ont été largement médiatisées, encourageant ainsi ses dévots à vouloir établir le plus de contacts physiques possible avec lui.
  • En 2000, les Capucins ont dédié une station de radio exclusivement au Padre Pio: La Voce di Padre Pio.
  • Deux grands films portant sur le Padre Pio ont été diffusés sur les réseaux de télévision les plus importants en Italie. L’un des films a enregistré des cotes d’écoute de 42% la première soirée et de 50% la deuxième.
  • L’association à d’autres cultes. Depuis sa béatification en 1999, l’image de Padre Pio a été renforcée à travers des objets de dévotion placés dans d’autres lieux de culte populaires tels que ceux d’Assise ou de Maria Goretti ou même en France, à la chapelle Notre-Dame-de-la-médaille-miraculeuse.
  • Un contexte favorable. L’expansion du culte Pio a également été assistée par le pape Jean-Paul II lors d’une manœuvre stratégique visant à marginaliser les mouvements fondamentalistes de l’Église, afin d’offrir au culte Pio une existence plus «normale» et officielle.

Un bon marketing religieux, mais aussi un contexte propice

En plus de la grande visibilité accordée au Padre Pio, l’une des plus grandes forces du développement de son culte a été son interaction directe avec ses fidèles. Ce n’était pas un personnage surgissant d’un passé lointain, mais un contemporain dont le public avait entendu parler à la radio, à la télévision et dans la presse écrite.

Le phénomène du Padre Pio a également été amplifié grâce à la position particulière de la religion en Italie et aux différentes façons de considérer le «sacré» dans cette société. Bien que la participation aux célébrations de l’église institutionnelle ait diminué, la religiosité traditionnelle et les dévotions populaires ont survécu.

La canonisation, moment de vérité et de visibilité

La canonisation permet l’évocation historique et la mise en valeur de l’œuvre religieuse et humaine léguée par les nouveaux saints. C’est aussi l’occasion de voir émerger plusieurs initiatives de célébrations autour de ces Bienheureux.

Ainsi, lors de la canonisation du père Damien, le saint patron des lépreux, en octobre 2009, la Monnaie royale de Belgique a frappé une médaille commémorative de 20 euros, dont le tirage était limité à 15 000 exemplaires. La pièce, présentée dans un bel emballage illustré, se vendait 49 euros. Rappelons qu’une pièce avait déjà été frappée lors de sa béatification et une autre pour son plébiscite en 2005, en tant que plus grand Belge.

Plusieurs cérémonies ont eu lieu pour marquer l’événement, à commencer par des veillées de prière. Le jour même de la canonisation, une célébration eucharistique en plein air a été retransmise en direct sur grand écran dans le village de naissance du père Damien. L’inauguration d’une statue au musée Damien, un spectacle son et lumière, une marche silencieuse, une fête populaire et un feu d’artifice ont clos les festivités.

Une série limitée de timbres-poste représentant le père Damien a également été produite pour célébrer la canonisation du Bienheureux. Des forfaits de voyage ont été mis en marché pour permettre aux intéressés d’assister à la canonisation du père Damien à Rome.

Le couple royal, le premier ministre et plusieurs membres du gouvernement ont également participé à la cérémonie.

Bien que l’impact de la canonisation d’un nouveau saint sur la popularité du lieu religieux qui le représente soit statistiquement difficile à établir, il n’en demeure pas moins qu’on peut en tirer certaines leçons:

  • Le marketing religieux joue un rôle fondamental dans la médiatisation des saints et de leurs cultes. Outre San Giovanni de Rotondo, le site de Notre-Dame de Lourdes en a également bénéficié lorsque les Augustins de l’Assomption, un ordre religieux basé à Paris, ont fait du site leur lieu de pèlerinage national. Grâce au chemin de fer et à la presse catholique populaire, les Assomptionnistes ont transformé Lourdes en un site de pèlerinage de masse.
  • Notons que la popularité d’un site religieux dépend également de la qualité de ses infrastructures (entretien du bâtiment, espaces verts, salles de prière, etc.) ainsi que de l’expérience de visite qu’il offre (accueil, cafétéria, boutique, hébergement, transport, etc.).
  • Il y a tout à gagner à ce que les résidents locaux s’approprient leur saint et sa personnalité religieuse. C’est le cas du Padre Pio, très populaire auprès des Italiens eux-mêmes. C’est aussi le cas de Nuestra Señora de Guadalupe, à Mexico City, le sanctuaire catholique le plus visité au monde, endroit d’une grande importance pour les Mexicains.

Pour faciliter cette appropriation, l’Oratoire Saint-Joseph a lancé de nouveaux articles promotionnels à l’effigie du frère André et organise un voyage en destination de Rome auquel pourront participer les fidèles pour assister à la cérémonie de canonisation.

La ferveur religieuse est plus faible au Québec que dans d’autres pays et pour toucher la population d’ici, il est peut-être plus judicieux de rappeler l’humanité, la grandeur d’âme et l’identité francophone du Bienheureux André.

Sources:

– Baedeker, Rob. «World’s Most Visited Religious Destinations. Religious Travel Is One of the Biggest Forms of Tourism in the World», Forbes traveler, 12 avril 2009.

– Eternal Word Television Network. «Shrine of Guadalupe Most Popular in World», 13 juin 1999.

– Forment, D. «Sur les ailes d’Air André», Les Affaires, du 29 mai au 4 juin 2010. p.5.

– Le Journal de Montréal. «Canonisation du Frère André une affaire payante», 22 mars 2010.

– Louise, Leduc. «Le frère André sera canonisé le 17 octobre», Cyberpresse, 19 février 2010.

– Margry, Jan. «Merchandising and Sancticity: The Invasive Cult of Padre Pio», Journal of Modern Italian Studies, 11 mars 2010.

– Pastoralia, Archidiocèse de Malines-Bruxelles, «Canonisation du Père Damien», 11 octobre 2009.

– Razaq, Raj. Nigel et D. Morphet. «Religious Tourism and Pilgrimage Management: An International Perspective», août 2007.

– RTBF. «Le Père Damien a été proclamé saint par le pape Benoît XVI», 11 octobre 2009.

– Sacred destinations, «Shrine of Padre Pio, San Giovanni Rotondo», consulté le 30 avril 2010.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités Tendances

Nouvelles tendances et pratiques pour le tourisme catholique

Au-delà du pèlerinage traditionnel, le tourisme religieux moderne se décline sous plusieurs formes. Ainsi, de nouvelles expériences touristiques voient le jour pour satisfaire des voyageurs aux motivations diverses, qu’ils soient de fervents croyants ou simplement des passionnés d’architecture ou d’art religieux qui visitent des cathédrales. Dans cette mouvance, qu’en est-il de l’évolution du tourisme catholique? Quelles nouvelles pratiques voit-on émerger et quelles expériences touristiques propose-t-on pour les faciliter?

L’espace physique religieux

Historiquement, les protestants ont rejeté l’idée que certains lieux étaient sacrés et d’autres profanes. Cela a permis au tourisme religieux protestant d’innover constamment en matière de développement d’expériences et de nouvelles pratiques. La notion voulant que Dieu est omniprésent élargit l’espace religieux physique et ne le confine plus dans des endroits sacrés tels que les églises ou des «terres saintes».

Aujourd’hui, ces mêmes pratiques protestantes qui se sont développées au fil du temps servent d’options modernes pour le voyage religieux catholique et orthodoxe.

De nouvelles pratiques et un nouveau genre de sites religieux

Bien que l’image du pèlerin parcourant de longues distances dans des conditions rudimentaires ne soit plus d’actualité, les touristes religieux d’aujourd’hui continuent de visiter des sanctuaires, de se nourrir de la force des lieux sacrés et de rechercher des expériences qui les lient au divin.

Ce sentiment de rapprochement peut être vécu sous diverses formes:

Contemplation de l’art architectural. Lors d’un voyage, plusieurs touristes visitent des sites religieux pour en apprécier la beauté esthétique et architecturale, et non seulement par dévotion religieuse. On peut dire que cet important volet du tourisme religieux est surtout répandu en Europe, terre des églises médiévales, dont le raffinement et le patrimoine architectural charment les amoureux de la pierre.

Développement de parcs thématiques (Themed environments ou Christian theme sites). Certains sites, sous forme de parcs d’attractions, reproduisent des scènes bibliques et transportent les visiteurs hors du temps. Citons notamment The Holy Land Experience à Orlando et Nazareth Village en Israël. Ces attractions religieuses de tradition protestante sont également développées pour d’autres religions. Tierra Santa en Argentine non loin de la capitale Buenos Aires,  en est un exemple.

Conférences et congrès. Les gens assistent à des rassemblements et à des colloques religieux pour plusieurs motifs: célébration de cérémonies, accomplissement de rituels, apprentissage ou simplement communion avec ses semblables. Le rassemblement pour la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ), célébrée dans chaque diocèse le dimanche des Rameaux, en est un bel exemple. En 2011, c’est Madrid qui recevra les célébrations de la JMJ, pour lesquelles plus d’un million et demi de jeunes sont attendus.

En avril dernier, plus de 100 000 participants étaient attendus à la Latter-day Saints (LDS) General Conference à Salt Lake City.  Cette conférence traduite en 92 langues se tient deux fois par année, en octobre et en avril. Elle est aussi filmée et diffusée à travers plusieurs médias.

Le volontourisme religieux. On distingue le bénévolat sur des sites chrétiens de la participation à des projets d’aide humanitaire. Par exemple, la préservation de la Tombe du jardin (Garden Tomb), site où Joseph d’Arimathie aurait enterré Jésus après sa crucifixion, repose presque exclusivement sur la charité et le dévouement de bénévoles chrétiens qui viennent travailler sur le site. L’aide humanitaire, en revanche, se caractérise par des missions de courte durée souvent réalisées par des congrégations des pays développés. Elles sont destinées à aider les nécessiteux dans les pays en voie de développement; les activités visent à améliorer la vie de la communauté d’accueil. Il existe aussi des missions de courte durée destinées à exprimer sa solidarité à des communautés chrétiennes minoritaires.

Des spectacles religieux. Certaines représentations dramatiques de la Passion du Christ sont des attractions touristiques très populaires. C’est entre autres le cas de The Oberammergau Passion Play, qui se joue à ciel ouvert tous les 10 ans en Allemagne, en Bavière, et dont la 41e représentation aura lieu cette année. Le spectacle, dont la tradition a été préservée à travers le temps, est présenté depuis 1633. Il dure 5 heures et met en scène 2 000 acteurs. Des forfaits touristiques sont en vente pour assister à l’événement, qui se tiendra de mai à octobre 2010. Il y a également d’autres spectacles, comme The Great Passion Play in Eureka Springs en Arkansas, Hill Cumorah Pageant à New York et The Nativity Pageant of Knoxville.

De nouveaux chemins reprennent vie

Les pèlerinages traditionnels, tels que le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, celui de Sainte Fátima ou encore celui de Canterbury se développent aussi. En effet, l’éclosion du tourisme religieux et l’engouement des admirateurs de saint François d’Assise ont dû être des facteurs motivant la mise en marché touristique, en 2003, du chemin de saint François d’Assise sur une route traversant la France et l’Italie.

Bien que l’idée d’un pèlerinage traditionnel ne nous semble plus d’actualité, il n’en demeure pas moins que les touristes religieux contemporains veulent aussi vivre des expériences sacrées qui les rapprochent du divin, ou tout simplement qui les connectent à la beauté et à l’histoire du lieu visité. Dans cette perspective, il faut tenir compte de leurs motivations et planifier l’offre de produits et de visites en conséquence.

Dans une prochaine analyse, nous nous attarderons sur l’impact de la médiatisation, de l’accroissement de la visibilité et du marketing religieux sur la fréquentation des sites et la renommée des saints qui y sont associés.

Lire aussi:

Sources:

– Amos, S. Ron. “Towards a typological model of contemporary Christian travel”, Journal of Heritage Tourism, novembre 2009.
Garden Tomb, Jerusalem.
Hill Cumorah PageantThe Knoxville nativity.JMJ2011 Madrid.
– Lyman, Kirkland. “Attending General Conference in Salt Lake City”, 4 avril 2010.
Oberammergau 2010 Passion Play Vacations.
– Razaq, Raj. Nigel et D. Morphet. “Religious Tourism and Pilgrimage Management: An International Perspective”, août 2007.
The Great Passion PlayWorld Religious Travel Association.

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    Enjeux Marketing Tendances

    L’état de l’offre touristique du Québec: Sommes-nous compétitifs?

    Dans cette conférence, monsieur Charles de Gaspé Beaubien, président de EasyBusRental.com et entrepreneur touristique chevronné, a accepté de partager avec nous sa vision de la situation de l’offre touristique québécoise dans l’échiquier international, qui est en constante mutation.

    D’entrée de jeu, il nous avise qu’il ne faut pas s’en prendre au messager: «Don’t shoot the messenger». Le discours se veut sans langue de bois et est avant tout une réflexion pour rehausser la compétitivité de notre destination, confrontée à une rude concurrence.

    La concurrence est coriace

    Le verdict est tombé: le Canada ne figure plus dans la liste des 10 pays les plus visités au monde. D’autres destinations font parler d’elles. C’est le cas, entre autres, de la Turquie, de la Chine et du Mexique. Des villes, encore méconnues il y a quelques années, ont misé sur le tourisme comme axe de développement. En 10 ans, Kuala Lumpur a par exemple investi 4 milliards de dollars dans ses infrastructures touristiques. La métropole a accueilli un peu plus de 8 millions de visiteurs internationaux en 2008.

    Le Québec vit quant à lui une décroissance constante de sa clientèle américaine, qui préfère l’Europe, les Caraïbes, le Mexique et l’Asie. De nouveaux produits tels que les croisières tout inclus courtisent cette même clientèle à des prix compétitifs et concurrencent de plus en plus les destinations.

    Côté transport, les compagnies aériennes du Golfe et de l’Asie (Cathay Pacific, Etihad Airways, etc.) gagnent en prestige, et les compagnies à bas prix sont spécialement prisées pour les courts séjours.

    Entre-temps, la créativité québécoise plaît et s’exporte bien: le Cirque du Soleil présente sept spectacles à Las Vegas et Céline Dion s’y produira pour trois ans à compter de mars 2011. Mais qu’en est-il du produit québécois à destination? Notre offre est-elle suffisamment attrayante pour rivaliser dans un marché plus compétitif que jamais?

    Les quatre P de l’offre touristique québécoise

    Pour répondre à ces interrogations, monsieur Charles de Gaspé Beaubien a dresé le portrait des quatre P (Place, Produit, Promotion et Prix) de l’offre touristique québécoise:

    Place

    • Le Québec est au nord, et son marché limitrophe est compétitif. Il est difficile d’attirer la clientèle américaine plus au nord que Boston et sa vie culturelle, que le New Hampshire et son bord de mer ou que le Vermont et ses montagnes. D’autant plus que seulement 21% des Américains détiennent un passeport.
    • Notre saison touristique est courte et onéreuse, car les entreprises sont forcées de réaliser leurs profits dans un laps de temps plus court.
    • L’accès aux aéroports internationaux est limité et un trajet devient moins attrayant dès que les vols dépassent une correspondance.
    • Les tarifs des billets d’avion en direction du Québec ne sont pas compétitifs, si on les compare aux vols à l’intérieur des États-Unis. (À titre d’exemple, un billet au départ de Boston coûte 1078$ pour Québec, 552$ pour Montréal, 259$ pour Los Angeles, 348$ pour Orlando et 253$ pour Las Vegas.)
    • Le transport ferroviaire n’est pas suffisamment exploité.
    • Le trajet en autocar est abordable mais long, et l’expérience à bord est encore très rudimentaire.
    • La signalisation est difficile à interpréter pour les visiteurs internationaux, surtout lorsqu’ils ne comprennent pas le français.

    • La méconnaissance de la langue peut représenter une grande barrière, car elle intimide, voire inquiète les Américains.

    Prix

    • Notre destination est onéreuse, et il est moins coûteux pour un touriste de passer 14 jours en Californie que 12 jours au Québec.
    • La notion de taux de change est souvent mal comprise par les Américains.
    • Les taxes sur les biens et services sont élevées.

    Promotion

    • Il y a eu de bonnes initiatives promotionnelles, notamment celles de Bonjour Québec et de Tourisme Montréal.
    • Il faut surveiller de près la concurrence des États-Unis, qui prévoient injecter 200 millions de dollars dans le cadre du programme Tourism Promotion Act.

    Produit

    • Peu d’offres touristiques ont été développées autour du segment «famille». Par exemple, il est difficile de trouver des restaurants familiaux à Montréal, qui compte plus de restaurants branchés, et les activités en soirée manquent au rendez-vous.

    Vers un Québec plus compétitif!

    Place

    • Créer la liaison ferroviaire entre New York, Boston et Montréal pour améliorer l’accessibilité du territoire.
    • Développer un transport en autocar haut de gamme reliant Montréal aux grandes villes américaines. L’expérience du déplacement en autocar doit être repensée et renouvelée. À titre d’exemple, elle pourrait inclure de la nourriture à bord, l’accès à Internet et l’aménagement confortable des sièges et des tables.
    • Encourager le marché des compagnies aériennes à bas prix.

    Prix

    • Faciliter le programme de remboursement de taxes pour les grossistes.
    • Expliquer aux touristes américains la notion de taux de change.

    Produit

    • Développer des laissez-passer culturels comme city pass.
    • Pour ce qui est de la restauration, s’assurer que les menus sont bilingues et que les repas ne s’éternisent pas. Trois heures à table, c’est trop long pour un Américain!
    • Développer des produits de niche tels que le tourisme religieux, les segments «famille» et «étudiants», le tourisme sportif (en misant sur les tournois de hockey), le voyage de groupe et le tourisme gastronomique (en créant des écoles culinaires à Montréal et à Québec).
    • En ce qui concerne l’hébergement, l’investissement dans les aménagements et la personnalisation du service restent de mise.

    Promotion

    • Faire preuve de créativité et d’originalité pour acquérir de la visibilité à moindre coût.
    • Tirer profit des nouvelles technologies comme média de promotion.
    • Mettre moins l’accent sur l’hiver et la nature lorsqu’on s’adresse aux touristes américains et favoriser plutôt des images de spas et de beaux hôtels.
    • Mettre l’accent sur le bilinguisme de la province.
    • Mettre moins l’accent sur la promotion des forfaits fins de semaine, qui sont très compétitifs ailleurs, et privilégier les séjours plus longs avec des forfaits combinés entre villes.

    Monsieur de Gaspé Beaubien nous rappelle qu’il faut aussi accorder une grande importance à la formation des employés. Les défis sont grands, mais notre conférencier est persuadé que la province a la capacité de les relever et d’augmenter sa compétitivité.

    Consulter les présentations des conférenciers lors des ateliers.

    Source:
    Charles de Gaspé Beaubien. «L’offre touristique québécoise: Est-ce que le Québec est compétitif?», Assises de l’industrie touristique 2010.

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    Enjeux Gestion

    Investir dans la qualité, ça me rapporte!

    Investir dans une démarche d’amélioration de la qualité de l’expérience client présente de nombreux avantages mais soulève également beaucoup de défis pour les exploitants touristiques. Dans cet atelier, nos conférenciers ont témoigné des actions qu’ils ont menées et des résultats qu’ils ont obtenus lors de l’application d’une telle démarche.

    La qualité n’est plus un choix

    Le touriste d’aujourd’hui est plus expérimenté et devient donc très exigeant sur le plan du rapport qualité/prix des prestations qui lui sont proposées. Devant cette réalité, l’amélioration des produits et des services devient incontournable.

    À ce sujet, madame Dubuc, propriétaire du Spa Eastman, souligne l’importance de l’existence de standards de haut niveau pour encadrer le secteur des spas, qui touche la santé des clients de très près. De ce fait, l’absence de normes sectorielles capables d’assurer la pérennité et la crédibilité de cette industrie a été palliée par la création de l’organisme Spas Relais santé, ayant pour vocation la protection des intérêts des clients, des employés et des entreprises elles-mêmes.

    Monsieur Duchesneau, directeur général du Centre d’Aventure Mattawin, relate que la notion de démarche qualité a émergé au Centre à un moment où la croissance de l’entreprise stagnait et où les dirigeants souhaitaient réaliser une percée internationale et développer des produits hivernaux. Une telle démarche s’est avérée un réel appui pour la structuration de la croissance de l’entreprise.

    À la suite de la participation de monsieur Lecointre, coordonnateur de la Véloroute des Bleuets, à un cercle de qualité organisé par la Société des attractions touristiques du Québec, les dirigeants de l’organisme à but non lucratif ont été sensibilisés à l’importance d’entreprendre une démarche qualité. Depuis, rehausser le niveau de service et en garantir l’uniformité et la constance sont devenus un objectif crucial pour monsieur Lecointre.

    À chacun son expérience

    Plusieurs normes et standards existent; il s’agit de déterminer la certification la plus adéquate pour répondre à ses propres besoins et objectifs.

    Source: Présentation de madame Jocelyna Dubuc.

    Madame Dubuc insiste sur le fait qu’une démarche qualité doit être une occasion de réaffirmer l’authenticité de son produit et d’en approfondir les particularités. La qualité se vit dans les moindres détails, à commencer par la propreté, un aspect simple et évident dont les clients pardonnent très peu le laxisme. Madame Dubuc témoigne du fait que la concurrence peut s’avérer une fausse motivation pour entreprendre une telle démarche et que l’authenticité et la volonté de donner le meilleur de soi demeurent la voie privilégiée pour atteindre la qualité. Toujours selon madame Dubuc, un bon choix des ressources humaines est primordial. En d’autres termes, il s’agit de s’assurer que la bonne personne est à la bonne place au bon moment et qu’elle dispose de la formation nécessaire pour la supporter dans l’exécution de son travail.

    Adhérer à des normes de qualité, c’est aussi gérer le changement. Parfois, cela nécessite d’aller au-delà de la résistance des employés, qui craignent d’être jugés et évalués. Le Spa Eastman l’a entre autres vécu lors de l’introduction de la reconnaissance professionnelle du Conseil québécois des ressources humaines en tourisme pour les femmes de chambre. Mais une fois ce moment d’inquiétude géré, la valorisation de ce métier, qui a gagné en reconnaissance et en lettres de noblesse, a rendu les employés fiers et a augmenté leur sentiment d’appartenance et leur souci de la qualité de leurs prestations.

    Une autre méthode utilisée par le Spa Eastman pour sensibiliser ses employés à la qualité est de faire vivre à ses nouvelles recrues 24 heures dans la peau d’un client, ce qui leur permet de comprendre l’impact de leur travail sur l’expérience client.

    Source: Centre d’Aventure Mattawin.

    Selon monsieur Duchesneau, pour cibler le marché international, le Centre d’Aventure Mattawin devait rehausser son image, que ce soit par le perfectionnement des connaissances des guides, l’amélioration du service à la clientèle ou encore le renouvellement de l’équipement. C’est ainsi que la Certification Qualité Tourisme du Bureau de normalisation du Québec les a aidés à structurer leurs méthodes de gestion et à améliorer leurs produits. Il en a résulté un grand sentiment d’appartenance de la part des employés, de plus en plus à l’écoute des clients, et plus sensibilisés à l’importance de la qualité du service à la clientèle.

    D’autre part, et bien que cette certification ne soit pas connue de tous, monsieur Duchesneau constate qu’elle met tout de même en confiance les clients qui ont besoin d’être rassurés dans ce type d’activité qu’est le tourisme d’aventure.

    Cette reconnaissance a également permis au centre d’économiser jusqu’à 20% des coûts d’assurances et de bénéficier de certains incitatifs mis en place par Tourisme Québec.

    Monsieur Duchesneau rappelle que cette initiative représente également des défis, comme celui de convaincre les employés du bien-fondé de la démarche, qui demande plus d’engagement et d’efforts de leur part. Motiver les employés qui travaillent depuis un certain temps au sein d’une entreprise à obtenir une certification dont ils ne voient pas forcément les bénéfices est également difficile, vu qu’ils ont déjà une bonne connaissance de leur métier.

    Selon monsieur Lecointre, la démarche qualité a permis à la Véloroute des Bleuets de répondre à deux objectifs principaux, soit l’obtention d’une reconnaissance externe qui leur a donné de la crédibilité auprès de leurs partenaires politiques, ainsi que l’accès à la promotion internationale par le ministère du Tourisme, qui s’était engagé à promouvoir les entreprises modèles du cyclotourisme ayant obtenu une certification.

    La démarche qualité a touché le développement des aménagements (surface de roulement, signalisation et attractivité des infrastructures complémentaires) en gardant en vue la création d’une expérience cyclotouristique mémorable, et ce, dans n’importe quelle municipalité où se trouverait le client. La démarche a également touché l’aspect de la commercialisation du produit : élaboration de la politique d’accueil, encadrement sécuritaire des activités, diversification de la restauration, etc. Monsieur Lecointre conclut en dénombrant les avantages d’entreprendre une démarche qualité permettant d’utiliser des procédures de gestion claires, de standardiser les méthodes de travail et d’uniformiser le service client.

    N’oublions pas qu’une telle démarche permet également d’augmenter le sentiment d’appartenance et de susciter l’esprit de concertation entre les différents intervenants.

    La certification n’est pas une fin en soi

    Nos conférenciers ont souligné l’importance de mettre sur pied une démarche qualité qui corresponde aux besoins et aux objectifs précis de l’entreprise, qu’elle aboutisse à une certification ou à la mise en place de normes internes particulières à ses activités. Cette démarche doit être un perpétuel recommencement qu’il faut documenter, suivre et mettre à jour régulièrement pour en assurer la continuité et en préserver les acquis. L’entreprise peut contrôler la rétroaction par l’entremise d’audits internes ou externes, ou encore à son insu, par la prise de parole de ses clients ou employés sur les différents sites de commentaires.

    Consulter les présentations des conférenciers lors des ateliers.

    Sources:

    –  Lecointre, David. Véloroute des Bleuets. Assises de l’industrie touristique 2010.

    – Duchesneau, Eric. Centre d’Aventure Mattawin. Assises de l’industrie touristique 2010.

    – Dubuc, Jocelyna. «Investir en qualité, miser sur les bonnes cibles», Spa Eastman. Assises de l’industrie touristique 2010.