Catégories
Produits et activités

Connexion à la nature : multiplier les occasions

L’exposition à la nature permettrait, entre autres, de réduire le rythme cardiaque, la pression artérielle, le stress et l’anxiété. À son contact, l’humain serait plus calme et en sortirait même détendu et plus productif. Ces bienfaits sur la santé physique et mentale ont été démontrés par la communauté scientifique.  

Comment favoriser cette connexion ?

L’engouement pour le plein air ne repose pas seulement sur ses propriétés préventives et curatives. Jouer dehors apporte son lot de joie. La beauté de la nature et des paysages figure parmi les premières motivations de voyage. Ce n’est donc pas surprenant d’observer une fréquentation à la hausse des parcs et sites de plein air, mais aussi de voir l’offre se déployer sous différentes formes. Voici, en rafale, des pratiques et initiatives inspirantes qui favorisent une connexion avec la nature.  

Se laisser guider par les autochtones dans l’interprétation de la nature

Le tourisme autochtone offre de belles façons de découvrir, non seulement la culture de leurs peuples, mais aussi leur relation avec le territoire. Des communautés du Québec proposent des expériences d’observation de la faune et de la flore. Des guides autochtones accompagnent aussi les voyageurs à la pêche et évoquent les méthodes ancestrales. Par des randonnées en forêt, ils démystifient l’usage de certaines plantes comestibles ou médicinales présentes sur le parcours.  

Source: © Alexis Pageau Tourisme Autochtone Québec  

Se nourrir de la forêt

De plus en plus de destinations font la promotion des activités liées aux produits forestiers non ligneux, soit des produits biologiques issus de la forêt, autre que le bois d’œuvre. L’organisation de gestion de la destination Travel Oregon invite ainsi les amateurs de champignons sauvages à se joindre à des tours guidés dans les parcs d’État ou encore de s’adonner à cette pratique de façon autonome, à l’aide des outils de planification et d’interprétation qu’elle partage. En Finlande, découvrir la nature passe aussi par la cueillette de champignons et de baies sauvages présentes en grande quantité. 

Source : Travel Oregon

Affronter les forces de la nature

Les concepteurs d’hébergement de plein air créent depuis plusieurs années des expériences immersives grâce à un design intégré au paysage. Une fenestration abondante et une empreinte écologique minimale figurent souvent parmi les composantes de ce type d’hébergement. En Norvège, la cabine Dosabu illustre bien cette idée d’immersion. Situé à flanc de falaise, ce refuge accueille les randonneurs en leur offrant une vue spectaculaire sur la mer, surtout lorsque les éléments se déchaînent. Cette cabine fait partie du Stormwatching Concept qui invite les visiteurs à prendre part à des tours guidés pour vivre pleinement, de façon sécuritaire, un événement météo intense, mais courant dans la région. 

Source: © Ian Aannevik Fjord Norway 

Se plonger dans l’eau froide

La baignade en eau froide, une pratique surtout observée dans les pays de l’Europe du Nord, gagne en popularité au Canada. Malgré la violence du choc thermique, cette activité aurait plusieurs effets positifs sur la santé physique et psychologique des adeptes, du moins selon les convertis. Des communautés de baigneurs en eau froide se seraient créées durant la pandémie, notamment en Colombie-Britannique. Les membres se rencontrent habituellement une fois par semaine sur une plage ou une baie désignée. Vêtus d’un maillot de bain, d’un bonnet et parfois de mitaines, ils s’immergent dans l’eau pour quelques minutes et en ressortent complètement revigorés.  

Source : Unsplash

Télétravailler en nature

Afin d’inciter les travailleurs à profiter des bienfaits de la nature, la Ville finlandaise de Lahti a fait installer, à l’automne 2021, cinq stations de télétravail dans des boisés. L’opération s’est révélée positive puisque l’offre s’est étoffée pour l’année suivante. Dans le même ordre d’idée, et pour élargir sa clientèle, l’OGD de la Suède a développé un microsite pour promouvoir des lieux propices à un séjour de workation. Visit Sweden donne ainsi une vitrine à plusieurs sites qui détiennent une bonne connexion WiFi dans ou près de la nature. 

Source: Green Lahti 

Se connecter aux grands espaces pour mieux les protéger

Enfin, plusieurs destinations tablent, entre autres, sur l’immersion en nature et le bien-être qu’elle procure. Certaines l’illustrent très bien. C’est notamment le cas de la Colombie-Britannique avec sa campagne BC Effect, de Outer Hebrides, un archipel au large de l’Écosse, avec la campagne Warm Your Soul ou encore de la Norvège dont l’amour du plein air est connu. 

S’adonner au plein air a également un impact sur sa protection. Selon le Dr Lem, directrice du projet de prescription de temps en nature PaRx, la recherche démontre que les adultes et les enfants qui fréquentent la nature sont plus enclins à vouloir la protéger et à adopter des comportements écoresponsables. Le Québec a tout en main pour déployer ses offres d’immersion en nature et ainsi procurer des bienfaits à sa population, à ses visiteurs ainsi qu’aux milieux d’accueil.  

Image à la une : Unsplash 

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

Catégories
Produits et activités

L’offre culinaire autochtone au Québec : occasions et défis

Près de 90 % des Québécois démontrent un intérêt à pratiquer une activité touristique autochtone, comme la visite d’un site traditionnel ou la participation à une activité d’excursion en nature. C’est ce que démontrent les résultats d’une récente étude menée par Léger en janvier et février 2022 pour Tourisme Autochtone Québec auprès d’un peu plus de 2 000 répondants ayant voyagé dans la province depuis les cinq dernières années. Cela dit, quelque 53 % des Québécois affirment n’avoir jamais pratiqué une activité culturelle autochtone au Québec par le passé. Selon ce même sondage, 88 % d’entre eux disent avoir une faible connaissance (voire aucune connaissance) des différents produits touristiques du secteur. Cette méconnaissance constitue un frein à leur découverte pour une grande part des répondants (45 %). Les Québécois affichent donc un intérêt envers les communautés et le tourisme autochtones, mais connaissent peu l’offre disponible.  

Les Québécois affichent un intérêt envers les communautés et le tourisme autochtones, mais connaissent peu l’offre disponible.

La découverte du patrimoine alimentaire autochtone représente un premier pas accessible qui permet d’aller à la rencontre des cultures des différentes communautés.  

Une diversification des propositions

Depuis les dernières années, de nombreux chefs culinaires ont ouvert des restaurants qui mettent en valeur les saveurs autochtones, c’est le cas notamment pour Norma Condo de l’établissement Miqmak Catering Indigenous Kitchen, situé dans l’ouest de l’île de Montréal. 

Différentes boutiques gourmandes ont aussi fait leur entrée sur le marché. Les entreprises Wigwam et Les Épices du guerrier sont des exemples. Elles proposent des gammes de produits utilisant des plantes, des herbes et des épices issues du patrimoine alimentaire des premières nations. 

Les festivals et événements gourmands ont également emboîté le pas. La dernière édition de Montréal en Lumière, en février dernier, a souligné les savoirs autochtones en invitant, pour la toute première fois, des chefs autochtones du Canada à prendre part à l’événement.  

Source: Facebook Montréal en Lumière 

À l’échelle du pays, l’offre culinaire autochtone s’intensifie tout autant. Dans son répertoire de 2021, l’Association touristique autochtone du Canada (ATAC) liste plus d’une quarantaine de restaurants, services de traiteurs, brasseries, vignobles et entreprises gourmandes d’exception. La Square Timber Brewing Company à Pembroke en Ontario, la Indigenous World Winery à Westbank Kelowna en Colombie-Britannique et le restaurant Sagamité à Québec y figurent notamment. 

Des propositions de plus en plus diversifiées sont donc disponibles sur la scène culinaire québécoise, mais également canadienne. Qu’est-ce qui pourrait expliquer cet essor des dernières années ?  

Un leg de la pandémie ?

Maxime Lizotte, chef cuisinier-pâtissier de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, était le principal intervenant du plus récent webinaire donné par l’Institut du Patrimoine culturel (IPAC) de l’Université Laval dans le cadre du séminaire La communication alimentaire 

L’enthousiasme pour les produits locaux et responsables pourrait avoir contribué à stimuler la curiosité des Québécois envers le patrimoine alimentaire autochtone.

Maxime Lizotte précise ainsi que l’enthousiasme pour les produits locaux et responsables, particulièrement depuis le début de la pandémie, pourrait avoir contribué à stimuler la curiosité des Québécois envers le patrimoine alimentaire autochtone. Cela expliquerait en partie la croissance de l’offre depuis les dernières années. En entretien avec la Chaire de tourisme Transat, Laurence Lainé, conseillère en communication et événements chez Tourisme Autochtone Québec est du même avis et ajoute que l’impact positif se ressent aussi sur le tourisme autochtone en général. Selon elle, l’art de la table et la gastronomie sont des tendances actuelles et le fait de s’intéresser aux traditions culinaires autochtones représente une porte d’entrée pour découvrir les cultures des différentes nations. En alliant traditions et modernité, l’offre culinaire autochtone s’est adaptée aux clientèles pour mettre de l’avant un produit accessible et complémentaire aux techniques ancestrales utilisées encore aujourd’hui. Laurence Lainé ajoute également que le processus de réconciliation des dernières années a joué un rôle dans l’émancipation du tourisme autochtone.

Source : Tourisme Autochtone Québec

Des défis qui demeurent

Selon une étude de 2021 de l’ATAC et du Conference Board of Canada (CBOC), le domaine de la restauration et des loisirs et activités de plein air ont connu les pertes d’emplois les plus importantes du secteur touristique autochtone en 2020-2021. Un sondage effectué en interne auprès des membres de Tourisme Autochtone Québec vient ajouter à ce constat que le recrutement et la rétention de main-d’œuvre ainsi que le financement sont les deux plus grands enjeux relevés par les répondants.  

Au-delà de ces défis, Laurence Hamel-Charest souligne dans son mémoire qui analyse les enjeux de la restauration autochtone au Canada que ce type de cuisine fait partie d’un créneau alimentaire difficile à circonscrire comme elle est très diversifiée. Cet aspect peut parfois nuire à son émancipation ou à sa reconnaissance. Elle ajoute « Si une certaine valorisation positive semble s’observer progressivement au cours des dernières années, avec la présence plus importante des cultures autochtones sur la scène publique, il reste que les représentations négatives qui leur sont associées, ainsi que la méconnaissance à leur endroit, restent omniprésentes. »  

Enfin, le chef Maxime Lizotte observe des problèmes d’approvisionnement, comme c’est le cas pour l’ensemble des restaurateurs québécois. La souveraineté alimentaire du Québec demeure un objectif pour plusieurs chefs et doit devenir une priorité selon eux, notamment pour la poursuite de la démocratisation du patrimoine gourmand des différentes communautés.  

Pourquoi ne pas ajouter une activité autochtone à votre prochain périple ? Cliquez ici pour prendre connaissance de l’offre.

Image à la une : Pexels

Catégories
Ressources humaines

Les Autochtones, un apport à la main-d’œuvre en tourisme

Le potentiel des travailleurs autochtones

Selon l’Enquête sur la population active du Canada, au 2e trimestre de 2019, la population autochtone du Québec vivant hors réserve comptait 106 000 personnes (incluant les Inuits), ce qui représente 1,5 % de celle de la province. Toutefois, elle se trouve sous-représentée dans les entreprises. En effet, le taux d’emploi des Autochtones était de quelque 10 % inférieur à celui de l’ensemble de la population (53 % comparativement à 62 %). En 2017, leur taux de chômage se situait à 8,5 %, alors qu’il était de 6,0 % pour les autres Québécois.

Cette sous-représentation sur le marché du travail est liée à plusieurs facteurs, entre autres la scolarité des Premières Nations et des Inuits. Malgré une hausse importante de leur scolarité depuis 10 ans, la proportion d’Autochtones sans diplôme s’élevait à 34 % en 2017, soit près du double des non-Autochtones (18 %). Cette situation peut certes constituer un frein à l’emploi, mais l’industrie touristique compte plusieurs types de postes qui ne requièrent pas de diplôme.

De plus, le Recensement de 2016 a mis l’accent sur deux caractéristiques clés de la population autochtone, à savoir qu’elle est à la fois jeune et en croissance. Alors que l’âge moyen des Canadiens non autochtones s’établissait à 41 ans, celui des personnes issues des peuples autochtones était de 32 ans. De même, leur développement démographique important en fait un bassin de ressources humaines qui s’accroît continuellement. Ces deux faits constituent des avantages considérables pour de futurs employeurs.

Assurer l’employabilité

Comme la situation sur le marché du travail des Autochtones vivant hors réserve est plus difficile que celle du reste de la population, le gouvernement du Québec a créé un programme d’aide à l’intégration en emploi des membres des Premières Nations et des Inuits dans le cadre de la Stratégie nationale sur la main-d’œuvre 2018-2023. Il s’agit d’une de la cinquantaine de mesures mises de l’avant pour un milieu de l’emploi performant.

rh_autochtone_tourisme

Source : Indigenoustourism

Ce programme s’adresse aux PME et vise à les inciter « à embaucher des personnes sans emploi qu’elles n’auraient pas engagées sans une aide financière d’Emploi-Québec, à permettre à ces personnes d’acquérir une première expérience de travail significative ainsi qu’à favoriser leur maintien en emploi ». À cet effet, le ministre de l’Emploi, du Travail et de la Solidarité sociale du Québec a annoncé, en juin 2019, l’octroi d’environ 13 millions de dollars pour cette mesure. Cet argent servira entre autres à financer jusqu’à 70 % du salaire brut des Autochtones engagés par les entreprises. Il permettra également d’offrir de l’accompagnement pour adapter le milieu de travail et les outils de manière à faciliter leur intégration (5 000 $) et d’améliorer leur formation (5 000 $ additionnels).

Quelques conseils

Pour plusieurs, embaucher une personne autochtone constitue un défi, principalement à cause d’importantes différences culturelles. En novembre 2019, le CQRHT s’est penché sur la question. Avec l’aide et l’expérience de Suzanne Leduc, directrice générale de l’Hôtel Continental, à Val-d’Or, qui emploie environ 15 % d’Autochtones, l’organisme a publié quelques conseils pour réussir l’intégration de ces nouveaux employés, soit :

  1. Connaître et comprendre leur culture, la place de la famille, de la chasse, de l’éducation et du travail dans leur journée;
  2. Être flexible, flexible, flexible et leur proposer des emplois qui correspondent à leurs talents;
  3. Écouter et aider. Un coup dur peut mener à une absence prolongée;
  4. Accepter les rechutes;
  5. Innover en s’adaptant aux réalités autochtones.

Un exemple d’adaptation

En Colombie-Britannique, le programme First Host soutient le développement d’hôtes autochtones qui sont bien formés, qui savent ce que les clients recherchent et qui peuvent aider à proposer une expérience culturelle authentique. Il s’agit d’un atelier touristique d’une journée offert partout au Canada par le Native Education College. Les participants y apprennent à fournir un excellent service à la clientèle, tout en célébrant la culture et la communauté des peuples autochtones. Divers sujets sont abordés, notamment « la maîtrise de la communication et des compétences interpersonnelles » et « l’amélioration des connaissances sur l’industrie hôtelière ». À la fin de l’atelier, les participants reçoivent un certificat reconnu par l’Aboriginal Tourism Association of BC et les services de formation WorldHost®.

En Australie, les parcs nationaux travaillent de concert avec les communautés autochtones pour favoriser leur intégration en :

  • S’assurant qu’elles sont mises à contribution pour raconter aux visiteurs des histoires à propos de leur culture ou de leurs traditions;
  • Impliquant des aborigènes de la communauté locale dans les tours guidés;
  • Offrant des emplois, de l’éducation et de la formation aux aborigènes locaux.

Mêler les Autochtones à la gestion et à l’interprétation du paysage représente un atout indéniable pour le visiteur.

Des exemples d’Autochtones inspirants

Afin d’attirer de jeunes talents dans leur région, le site Web Go with Tourism, créé par Auckland Tourism, Events and Economic Development, en Nouvelle-Zélande, présente des histoires à succès où figurent de nombreux Maoris, comme Oriwia qui travaille comme chef de partie et cumule d’importantes responsabilités en restauration. Oriwia a débuté au bas de l’échelle et a gravi tous les échelons. Son conseil à quiconque envisage de joindre l’industrie touristique : l’essayer!

Source : YouTube

Maggie a entrepris sa carrière au service à la clientèle décrocher un poste de gestionnaire au sein du Sky Tower Group. Elle souligne le fait qu’en tourisme « Vous pouvez commencer sans expérience. Il vous suffit d’avoir la bonne attitude pour ensuite et d’être ouvert d’esprit et déterminé à faire de votre mieux pour vous-même et pour les autres ».

Ces exemples s’avèrent une source d’inspiration pour les membres de leur communauté en démontrant qu’il est possible de s’épanouir dans l’industrie touristique. Tout comme cette vidéo de Tourisme Autochtone Québec sur la valorisation des emplois en tourisme.

Source : YouTube

Besoin criant de main-d’œuvre

Comme dans plusieurs autres secteurs d’emploi, les entreprises touristiques peinent à trouver la main-d’œuvre nécessaire à leur bon fonctionnement et à leur croissance, d’une part en raison du vieillissement de la population et, d’autre part, à cause d’une accentuation de la demande. Les Autochtones peuvent contribuer à répondre à ces besoins de personnel.

 

Source de l’image à la une : Cyril Doisneau 2021, collaboration spéciale pour la Chaire de tourisme Transat 

Catégories
Réseaux de distribution Tourisme durable

La responsabilité sociale et environnementale dans la création d’itinéraires de voyages

De plus en plus d’agences de voyages et de voyagistes tentent de réduire leur impact environnemental dans l’élaboration de leurs circuits. C’est le cas d’Intrepid Travel, une compagnie carboneutre depuis 2010 qui compense le CO2 qu’elle émet par sa participation à des projets de plantation d’arbres et de culture d’algues. Elle désire devenir la première agence à obtenir un bilan carbone négatif d’ici 2020. Ainsi, plus de carbone serait absorbé qu’elle n’en émet. Pour ce faire, elle veut implanter une initiative de permaculture marine afin de régénérer l’écosystème. Cette entreprise a récemment reçu le titre de la plus grande agence certifiée B Corps au monde, ce qui signifie qu’elle satisfait aux standards les plus élevés en ce qui a trait à sa performance environnementale et sociale.

belle_co_pexels_mer

Source : Belle Co, Pexels

Les voyageurs sont de plus en plus conscientisés

Selon une récente étude menée par Booking.com auprès de 12 134 répondants des 5 continents, ayant fait au moins un voyage dans les 12 derniers mois ou prévoyant en faire un dans les 12 prochains mois :

  • 87 % d’entre eux ont mentionné désirer voyager de façon durable;
  • 39 % ont confirmé qu’ils le faisaient toujours ou sur une base régulière.

Réduire son empreinte environnementale (40 %) et vivre une expérience locale (34 %) représentent deux des principales sources de motivation des répondants ayant séjourné dans une habitation écoresponsable au moins une fois dans les 12 derniers mois.

Il y a donc une volonté de la part des voyageurs de vouloir adopter des pratiques plus durables en vacances. Les voyagistes et les agences de voyages pourraient en profiter pour créer des occasions de faciliter cette transition vers des séjours plus écoresponsables.

PRÉPARATION EN AMONT…

Global Sustainable Tourism Council (GSTC) est une organisation accompagnant les professionnels de l’industrie touristique dans leur transition vers des pratiques durables en leur fournissant, par exemple, une liste de critères à respecter selon leur secteur. Parmi les quatre principaux thèmes de la liste s’adressant aux voyagistes, on trouve la planification efficace de la durabilité. Une bonne préparation permet d’avoir un meilleur impact environnemental et social.

… dans le but d’améliorer les partenariats locaux

 En Afrique, l’association Kilimanjaro Porters Assistance Project (KPAP) incite les voyagistes à devenir partenaires afin de respecter différents critères éthiques visant à améliorer les conditions de travail des guides, des porteurs et des cuisiniers locaux. Par exemple, les porteurs transportent un maximum de 20 kg, doivent détenir de l’équipement d’ascension adapté et doivent avoir accès à une formation.

… afin de mieux s’intégrer dans les communautés locales

L’implication sociale organisée en amont permet de vivre une immersion dans la culture locale en travaillant directement avec les communautés. Les routes du monde, une agence de voyages québécoise qui crée ses propres circuits, engage des guides locaux afin d’accompagner ses clients et de les aider à mieux se familiariser avec les coutumes du pays. On peut même lire leur profil dans la section « Équipe » du site Web, avant le départ.

Source : YouTube, Les routes du monde

Sasane Sisterhood Trekking and Travel, une agence située au Népal, embauche des femmes ayant été victimes de trafic humain à titre de guides. Elle élabore également des circuits dans des régions moins nanties afin de développer de nouvelles sources de revenus pour les habitants et, ainsi, s’attaquer à l’une des principales causes de ce trafic, soit l’extrême pauvreté.

… pour compenser l’empreinte carbone 

Devenir une entreprise carboneutre n’est pas nouveau. En effet, Natural Habitat Adventures (NHA), dont le siège social se situe au Colorado, a affirmé en 2007 être le premier voyagiste carboneutre au monde. De nos jours, ce terme est de plus en plus repris par diverses organisations. L’agence française Kuoni propose à ses clients de payer une taxe carbone, alors que Karavaniers a été la première agence de voyages au Canada à inclure systématiquement un montant compensatoire pour les émissions de carbone dans le prix de ses forfaits. Elle donne également 1 % de ses profits à des associations œuvrant pour la protection et la préservation de l’environnement.

IMPLICATION UNE FOIS À DESTINATION

L’engagement durant le voyage est la continuité de ce qui a été pensé en amont afin de limiter son empreinte environnementale. Voici quelques exemples d’actions pouvant être réalisées, une fois les touristes arrivés.

Éliminer les bouteilles d’eau jetables 

 Jad Haddad, de l’agence québécoise Terres d’aventure, mentionne qu’il est important de consulter ses collaborateurs locaux pour la gestion des déchets. Ceux-ci peuvent fournir, dès l’arrivée des touristes, des bouteilles d’eau réutilisables, tout en mettant à leur disposition des stations de purification d’eau. C’est le cas de Nomad Tanzania, en Tanzanie, de Pugdundee Safaris, en Inde, de Cottar’s Safaris, au Kenya, ainsi que de Galapagos Safari Camp, en Équateur. S’il n’est pas possible d’avoir à sa disposition des stations d’eau, des pailles munies d’un filtre intégré, de marques telles que Grayl et LifeStraw peuvent constituer des solutions de rechange.

Source : YouTube, Pugdundee Safaris

Offrir des hébergements temporaires 

Une expression bien connue du mouvement « sans trace », « ne prend que des photos, ne laisse que tes empreintes », doit être applicable plus particulièrement lors de voyages organisés en milieu naturel. Upscape, une agence établie au Chili, offre des campements provisoires dans des coins reculés tels que la Patagonie, afin de miser sur une déconnexion totale et une immersion complète en milieu naturel. Polyvalents, ces camps pop-up peuvent être installés n’importe où, que ce soit en Tanzanie, au Groenland ou encore dans l’Arctique canadien, comme le fait l’agence NHA. Une fois le séjour terminé, rien n’est laissé sur place!

Source : Upscape, YouTube

FAIRE CONNAÎTRE SES ACTIONS

Bien communiquer ses actions à ses employés, à ses partenaires et à ses clients est souvent la clé de la réussite d’un projet.

Afficher son offre en tourisme durable

Avoir une offre en tourisme durable, c’est bien, la mettre en évidence sur le site Web, c’est encore mieux. Quelque 40 % des répondants au sondage de Booking.com ont mentionné qu’un filtre sur le site Web pourrait les aider à trouver facilement ce produit et, ainsi, les inciter davantage à opter pour ce type de voyage. 

Être transparent envers ses clients

Nicolas Cournoyer, l’un des quatre fondateurs de Piknic Électronik et d’Igloofest, mentionne qu’il est important de faire connaître ses actions écoresponsables en choisissant celles que l’on désire mettre de l’avant. Il ajoute qu’il faut adopter un discours authentique en assumant que l’organisation n’est pas parfaite, mais qu’elle prend les mesures nécessaires pour adopter des pratiques durables. Afin d’éviter de donner une fausse impression d’écoblanchiment (greenwashing), la transparence et la modestie sont donc les valeurs à retenir dans ses communications avec les clients.

Accompagner ses employés dans cette transition écologique et sociale

Faire de ses employés une composante centrale de sa politique écoresponsable permet d’assurer la réussite de ses actions. L’agence de voyages Pugdundee Safaris, située en Inde, consulte son personnel avant de réaliser un changement. L’équipe devient ainsi fière de participer activement à cette transition écologique et est heureuse de proposer une offre durable à ses clients. Une liste de produits à ne pas acheter afin de respecter la politique de développement durable est aussi mise à la disposition des gestionnaires.

***

Que vous soyez une entreprise écoresponsable depuis plusieurs années ou que vous débutiez dans le domaine, il faut vous rappeler d’y aller une étape à la fois. Intégrer une politique de responsabilité sociale et environnementale au sein de vos activités vous permettra d’avoir un réel impact positif sur la pérennité de la faune et de la flore ainsi que sur les communautés locales, en plus d’offrir à vos clients des expériences uniques.

Quelles actions pourriez-vous mettre en place dès maintenant?

Collaborez-vous avec les communautés locales?

 

Source image à la une : Clouzote

Catégories
Produits et activités Tendances

Regard sur les tendances du tourisme nordique

Le Réseau de veille en tourisme (RVT) produit depuis plusieurs années le bulletin de veille sur le tourisme nordique pour le ministère du Tourisme du Québec. Cet exercice permet d’informer les intervenants des produits et stratégies en lien avec la Stratégie touristique québécoise au nord du 49e parallèle. Le RVT a passé en revue les bulletins des deux dernières années pour en faire ressortir trois tendances observées au Canada et dans ses marchés concurrents.

Le déploiement d’une image forte et authentique

Les destinations nordiques n’hésitent plus ! Elles s’affirment et créent des images de marque fortes pour séduire les touristes. Fières de leur caractère unique, elles tentent de dissiper les préjugés à leur égard et de faire comprendre leur mode de vie. Elles prônent un contact avec la nature, la neige et les habitants pour vivre des expériences authentiques.

Conséquemment, des pays tels que la Finlande, la Norvège, l’Islande ou le Groenland proposent des sites Web et des campagnes marketing innovantes et surprenantes. En voici quelques-unes qui ont attiré l’attention du RVT :

Plusieurs de ces initiatives sont récompensées pour leur qualité et l’impact sur leur milieu. C’est le cas de la campagne The symphony of the Extremes, qui fut sélectionnée dans la catégorie « Best National Tourism Board Campaign/DMO Campaign » lors du dernier International Travel & Tourism Award. Elle se démarque par l’originalité de la démarche, qui voulait refléter les contrastes de l’ADN de la nation finlandaise. En voici la vidéo :

Source : YouTube

La gestion de la croissance des visiteurs

Les pays nordiques font face à une augmentation considérable du nombre de touristes depuis quelques années. Bien que les environnements naturels soient l’une des principales raisons de visite, ils s’avèrent très vulnérables à une fréquentation importante. Le tourisme suscite des préoccupations quant aux mesures à prendre pour gérer l’achalandage, tout en préservant la nature sauvage et la qualité de vie des habitants. Sans négliger le développement des infrastructures pour accueillir les visiteurs, la protection de l’environnement constitue un enjeu de taille pour ces pays. Plusieurs d’entre eux mettent en place des projets, tant législatifs que de marketing, afin de sensibiliser, d’influencer et de gérer les flux touristiques dans le temps et l’espace. Il est à présager que ces initiatives ne feront que s’accroître dans les prochaines années.

(Lire aussi : Planifier et gérer une augmentation significative de visiteurs)

Miser sur la saison hivernale

Alors que le tourisme, dans de nombreuses régions nordiques, demeure très populaire à la saison estivale, les destinations polaires mettent en place des initiatives pour attirer plus de visiteurs pendant l’hiver. Dans le cas de la Finlande, la campagne de marketing d’influence 100 Days of Polard Night Magic, a engendré plusieurs impacts positifs pour la promotion du pays comme destination hivernale.

VisitGreenland développe désormais son offre et fait une promotion pour la saison hivernale. L’organisation affirme qu’une visite à ce temps de l’année permet de vivre une expérience nordique plus authentique. De nouvelles activités sont proposées aux touristes qui désirent découvrir le pays comme le ferait un résident pendant le long et sombre hiver polaire.

Responsabiliser les touristes

Certaines destinations travaillent en amont et concentrent leurs efforts sur la sensibilisation des voyageurs à la protection de l’environnement. L’organisme Inspired by Iceland propose aux touristes de prêter serment pour respecter la nature du pays et voyager de façon responsable. Après avoir signé leur engagement, les participants obtiennent un certificat et sont invités à utiliser le mot-clic #IcelandicPledge. La vidéo suivante présente le projet.

Source : YouTube

Mesures législatives

Dans quelques cas, les gouvernements n’ont pas eu d’autre choix que d’intervenir pour encadrer les visiteurs et minimiser leurs empreintes. Les élus norvégiens ont adopté une résolution visant à éliminer les émissions de CO2 des navires et des traversiers dans les fjords d’ici l’année 2026. La croissance du nombre de bateaux de croisière dans les fjords Geirangerfjord et Nærøyfjord cause plusieurs problèmes, notamment l’augmentation de la pollution atmosphérique et divers troubles sanitaires pour les communautés locales. Cette région deviendra ainsi l’une des premières zones maritimes sans émission de CO2 au monde.

Au Canada, le ministère du Développement économique et des Transports du Nunavut a publié le nouveau Règlement sur le tourisme maritime. Ce dernier fournit des outils au gouvernement territorial pour mieux encadrer les exploitants et s’assurer que le tourisme apporte une contribution positive aux populations locales.

Le tourisme autochtone : entre collaboration et partenariats

Avec des initiatives innovantes, fortement ancrées sur le territoire et dans les communautés, le tourisme autochtone constitue un puissant moyen de distinction pour l’offre canadienne. En milieu nordique, le secteur connaît une croissance importante et de nombreux projets sont développés, que ce soit par les communautés autochtones elles-mêmes ou en partenariat avec des non-Autochtones.

Les gouvernements de ces territoires réalisent plus que jamais la portée des activités et des produits proposés par les Premières Nations, puisqu’ils aident grandement à la diversification de l’offre touristique. Par exemple, les autorités des Territoires du Nord-Ouest ont décidé d’investir annuellement plus de 257 000 dollars pour développer le produit touristique et renforcer la commercialisation des cultures et des expériences autochtones.

La force des partenariats

Les échanges et la collaboration entre les peuples autochtones et non autochtones s’avèrent essentiels à la réussite des projets, dans le respect des cultures, des traditions, des communautés et des territoires. Plusieurs partenariats offrent aux communautés de prendre en charge le développement touristique et de créer de l’emploi. Par exemple, Parcs Canada participe à un programme de formation à la conduite d’embarcations et à l’accueil des visiteurs, destiné aux jeunes Inuits.

D’autres partenariats permettent aux destinations de se démarquer et de démontrer leur force de caractère face à l’imprévu. En 2017, le RMS Queen Mary 2 accoste à la ville de Sept-Îles, après avoir donné seulement deux semaines de préavis. Toute la communauté s’est mobilisée pour offrir un accueil exceptionnel aux membres de l’équipage et aux passagers. Porteuse du projet, Destination Sept-Îles Nakauinanu a su établir une synergie et une collaboration uniques avec ses partenaires (la municipalité, le Port de Sept-Îles et Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam) pour rehausser le calibre touristique de la région. Le travail de tous fut récompensé par le prix Initiative de partenariat, lors du dernier Gala des Prix excellence tourisme, à l’occasion du sommet touristique organisé par l’Alliance de l’industrie touristique du Québec.

Ces tendances témoignent du dynamisme du tourisme nordique, ici et ailleurs dans le monde. Pour demeurer à l’affût de la veille effectuée sur ce thème, le RVT vous encourage à vous abonner aux bulletins du ministère du Tourisme.

 

Source de l’image à la une : Unsplash

Catégories
Tourisme durable

Tourisme durable : s’inspirer des meilleurs

Chaque année, le World Travel & Tourism Council (WTTC) souligne le travail d’organisations touristiques s’étant illustrées en tourisme durable. Voici des finalistes des Tourism for Tomorrow Awards ainsi que des Palmes du Tourisme Durable (France) qui peuvent inspirer les entreprises d’ici.

 

 

Thompson Okanagan Tourism Association

Intégrer les communautés autochtones

En Colombie-Britannique, l’Association touristique de Thompson Okanagan (TOTA) a remporté le grand prix 2018 des Tourism for Tomorrow Destination Awards grâce aux actions de sa stratégie régionale, mise en place en 2012. Le développement durable y teinte chaque mesure. Cette entente inclusive a été appuyée par 90 collectivités, dont 33 communautés autochtones. Il s’agit d’une première en Amérique du Nord.

TOTA développe ainsi l’offre touristique conjointement avec les autochtones à l’aide, entre autres, d’un spécialiste qui arrime la stratégie de tourisme culturel au respect de la tradition et de l’authenticité des mœurs et coutumes.

Des mesures variées

La feuille de route de TOTA inclut également de nombreux projets diversifiés comme celui d’installer plus de mille bornes de recharge pour voitures électriques à travers la région. Elle prévoit aussi la création de webinaires gratuits destinés aux 4 500 intervenants touristiques afin de les guider dans une gestion plus durable et responsable de leur entreprise.

tourisme-durable-biosphere-certifié

Source : TOTA

La région, qui accueille annuellement quelque 3,5 millions de touristes, a reçu en 2017 la prestigieuse certification Sustainable Tourism Destination des organismes Biosphere International et Responsible Tourism Institute. Thompson Okanagan est la première destination des Amériques à obtenir ce label.

Riverwind Foundation

Coordonner les actions

La station touristique américaine de Jackson Hole, au Wyoming, est proactive en matière de mesures durables depuis déjà plusieurs années. Grâce à la coordination qu’apporte le Jackson Hole & Yellowstone Sustainable Program, développé par la Riverwind Foundation, ses actions créent un effet domino et une synergie qui suscitent l’implication de nombreux intervenants.

Parmi les programmes porteurs, celui des Hotshots a remporté beaucoup de succès. Ce projet consistait à sélectionner et à former des professionnels de la région pour qu’ils accompagnent les entreprises dans leur virage durable, sur le plan environnemental, social et économique. Les Hotshots ont ainsi guidé plus de 260 entreprises.

Sensibiliser les résidents et les visiteurs

Le code de conduite réalisé par des étudiants du secondaire et s’adressant à la communauté et aux visiteurs constitue un autre projet rassembleur. Ces efforts ont permis d’éduquer les jeunes au développement durable, et de créer des outils de communication et de marketing établissant la marque et la vision quant à l’utilisation du territoire et de ses ressources.

 

durable-code-conduite-keep-it-whole 

Source : Sustainable Destination

Parkbus

Tout comme les deux exemples précédents, l’organisme canadien Parkbus figure parmi les finalistes des Tourism for Tomorrow Awards. En plus d’être le premier système de transport entre des villes et des parcs, Parkbus génère des bénéfices durables. Il constitue d’abord un service de transport en commun qui permet de réduire le nombre de véhicules circulant vers et dans ces lieux.

 

Offrir l’accès au plein air

Parkbus s’avère aussi une composante importante d’accès au plein air et aux parcs pour les nouveaux Canadiens et les non-initiés. L’organisme gère des programmes communautaires tels que Active Days, qui invite les citadins à découvrir la nature et à faire des rencontres. NatureLink permet aux néorésidents de profiter d’un transport à prix réduit et d’acquérir des connaissances sur la pratique du plein air, tout en créant des liens. Ces programmes ont vu le jour grâce à des partenariats publics et privés.

Le succès de Parkbus ne démord pas. Lancé en 2010, il a rapidement multiplié le nombre de parcs et de villes desservis. Il a aussi donné naissance à des initiatives similaires ailleurs dans le monde. Au Québec, Parkbus s’est associé à la Navette Nature (Nana) pour le volet du transport en commun.

Escapades nature sans voiture 

Dans la même lignée, les Grands Sites de France, ces territoires exceptionnels dont les gestionnaires et les habitants s’engagent à améliorer les conditions de protection du paysage, proposent les Escapades nature sans voiture. Sous forme de carnets de voyage, ces offres suggèrent des itinéraires permettant de découvrir en profondeur ces sites par des moyens de transport en commun ou actifs. En tout, 12 escapades de 2 ou 3 jours sont offertes.

tourisme-durable-escapade-sans-voiture

Source : Escapades nature sans voiture

Lancés en 2015, certains circuits ont été bonifiés depuis, grâce à des partenariats régionaux avec des locateurs de vélos électriques. Cette initiative, inspirée par le mouvement slow travel (tourisme lent), a remporté une Palme du Tourisme Durable en 2017.

Un virage essentiel

L’industrie touristique connaît un essor spectaculaire et contribue de façon croissante aux émissions de gaz à effet de serre. Les répercussions du tourisme sur les communautés locales et la représentation de certaines cultures exigent une plus grande concertation de l’ensemble des parties prenantes dans la planification. De plus en plus de voyageurs en sont conscients et sont sensibles à ces enjeux. 

 

Image à la une : Pexels

 

Catégories
Produits et activités

9 initiatives inspirantes en tourisme autochtone

Un secteur en pleine ébullition

Lors du Congrès international du tourisme autochtone 2016, l’Association touristique autochtone du Canada présentait son plan stratégique quinquennal et annonçait un soutien gouvernemental de 3,15 millions de dollars pour sa mise en application. De son côté, Tourisme Autochtone Québec a récemment adopté un nouveau plan stratégique 2017-2022. Alors que le nouveau Plan d’investissement en tourisme 2017-2020 du gouvernement du Québec réitère l’importance de la culture autochtone dans les secteurs d’activité stratégiques à valoriser en priorité, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, dans le cadre de sa Stratégie marketing 2020, identifie ce produit comme l’une des principales expériences distinctives du Québec. 

Cette volonté politique marquée vient appuyer un milieu en pleine expansion. Au Canada, le nombre d’entreprises touristiques autochtones a plus que doublé en quinze ans. Aux États-Unis, où les réalités du secteur peuvent ressembler à celles du Canada, le nombre de visiteurs en territoire autochtone a triplé entre 2007 et 2015. Profitant de cet intérêt croissant, l’American Indian Alaska Native Tourism Association (AIANTA) a lancé le site NativeAmerica.travel pour permettre aux visiteurs d’organiser leur séjour en milieu autochtone. Outil marketing et planificateur de voyage, la plateforme présente aussi un code de bonne conduite à adopter pour respecter les traditions des différentes communautés visitées.

experience-native-america-travel

Source :NativeAmerica.travel

L’AIANTA a également mis sur pied un programme de formation pour aider les professionnels à attirer plus de visiteurs étrangers. L’objectif de l’association est de séduire les voyageurs qui viennent pour la deuxième fois aux États-Unis et qui sont avides de plein air et de rencontres culturelles authentiques. En multipliant sa présence à différents congrès en Europe, l’AIANTA espère plus particulièrement charmer les Allemands, les Anglais et les Italiens friands de parcs nationaux, de longs séjours et d’expériences historiques et éducatives.

Une offre hôtelière renouvelée

Alors que par le passé, les communautés autochtones américaines misaient principalement sur les casinos pour attirer les visiteurs, l’offre s’est considérablement modifiée, particulièrement dans le domaine de l’hôtellerie. Ainsi, le Moenkopi Legacy Inn & Suites, en Arizona, vise une clientèle d’affaires et de congrès. En offrant des espaces et des équipements de grande qualité pour l’organisation d’événements, mais aussi une large palette d’activités pour découvrir la culture Hopi (tours guidés, visite d’ateliers d’artisanat, dîner spectacle, etc.), l’hôtel propose une expérience de bleisure complète, sans casino.

Reconnu comme l’une des meilleures expériences d’écotourisme au monde, le Spirit Bear Lodge en Colombie-Britannique présente un excellent exemple d’intégration du développement durable et communautaire en milieu autochtone. Le bâtiment reprend la forme traditionnelle de la maison longue et les chambres sont décorées par des artistes locaux. Des tours guidés permettent aux visiteurs d’entrer en contact avec la culture de la communauté, mais aussi avec la faune locale, principalement les ours et les loups. Le projet a également permis aux Kitasoo/Xai’xais de redécouvrir leurs traditions grâce à diverses initiatives, comme des camps de jeunes, l’enregistrement de l’histoire des aînés de la communauté et la construction de bâtiments dédiés aux rassemblements et à la transmission culturelle.

spirit-bear-lodge

Source : Facebook

En plein centre-ville de Vancouver, le Skwachàys Lodge est un hôtel boutique, une galerie d’art et une résidence d’artistes. Construit sur le territoire de la nation Squamish, l’hôtel est géré par la Vancouver Native Housing Society, un organisme à but non lucratif dont la mission est d’offrir des logements sécuritaires et abordables aux autochtones et aux populations « sensibles » de Vancouver (aînés, sans-abris et personnes souffrant de troubles mentaux). Chacune des 18 suites de l’hôtel se veut une installation artistique unique; une hutte de sudation se trouve sur le toit du bâtiment et une salle est consacrée aux purifications spirituelles. chambre-skwachays

Source : Skwachàys Lodge

À mi-chemin entre modernité et tradition, l’Hôtel-Musée Premières Nations à Wendake, au Québec, allie découverte de la culture des Hurons-Wendats et centre de villégiature : hôtel-boutique 4 étoiles, restaurant gastronomique, activités de plein air, rencontres immersives avec la population et la culture locale, musée et centre de santé sont au programme.

Des expériences repensées pour une immersion globale

Véritable destination touristique complète, la Montana Moutain, au Yukon est gérée par la nation Carcross/Tagish et repose sur quatre piliers : le respect de la culture, la protection de l’environnement, le soutien à l’entreprenariat et l’amélioration des conditions de vie de la communauté. Plus de 35 kilomètres de sentiers à usage multiple ont été aménagés pour la pratique du ski, de la raquette et de la randonnée. Mais c’est surtout grâce au vélo de montagne que la communauté a pu se distinguer et devenir une destination de choix pour les amateurs de plein air, notamment en étant désignée Global Mountain Bike Destination of the Year par le Outside Magazine en 2013.

montana-moutain

Source : Montana Moutain

Autre façon de marquer les esprits : s’associer à un produit touristique phare. Aux États-Unis, l’AIANTA a développé un projet particulièrement original le long de la Route 66. Bien que la moitié du parcours mythique traverse des réserves, les visiteurs passent souvent à côté de cette richesse culturelle inédite. Le projet « American Indians & Route  66 », a pour vocation de présenter l’histoire authentique de l’itinéraire et de lutter contre les stéréotypes massivement utilisés dans le passé pour attirer les touristes.

66-road

Source : AIANTA

Ateliers de cuisine, restaurants de qualité, le renouveau du tourisme autochtone semble également passer par la mise en valeur de la gastronomie traditionnelle. En Colombie-Britannique, les Osoyoos ont réussi à atteindre l’autonomie économique, notamment grâce à la création de la première exploitation viticole détenue et gérée par des Amérindiens. De son côté, avec son projet The Sioux Chef, Sean Sherman, de la nation Oglala Lakota du Dakota du Sud, a créé son entreprise de traiteur et a ouvert le Tatanka Truck, un camion de cuisine de rue qui propose des aliments consommés historiquement avant le contact avec les Européens. Il a également théorisé le système alimentaire des premières nations, afin de permettre aux autochtones de dévoiler toute la singularité de la cuisine nord-américaine.

Avec ces initiatives innovantes, fortement ancrées sur le territoire et dans les communautés, le tourisme autochtone constitue un puissant moyen de distinction pour l’offre canadienne.

Image à la une : Destination Canada

 

 

Catégories
Marketing

En marketing : prendre le virage de l’authenticité

Pour se distinguer et afficher ses couleurs, la destination a tout intérêt à miser sur ce qui la rend unique. Les paysages, les activités, l’histoire, les arts et le folklore en font partie. Mais bien souvent, c’est la relation qu’entretient la population locale avec le territoire qui montre l’unicité d’un lieu. Et les voyageurs sont de plus en plus à la recherche d’expériences qui témoignent de ce lien. Voici des exemples de destinations ayant choisi de miser sur l’authenticité.

 

Le Groenland moderne et authentique

L’organisme Visit Greenland a procédé à un exercice de repositionnement afin de transmettre une image plus représentative de la destination. Cette dernière a longtemps véhiculé un portrait folklorique de la vie dans ce territoire nordique, ce que ne retrouvaient pas nécessairement les visiteurs une fois sur place. Comme l’explique madame Yakaboylu, de Visit Greenland, le processus menant à ce nouveau positionnement est issu de l’intention de montrer un portrait plus juste, plus authentique du Groenland.

Monter une campagne marketing d’envergure internationale pour cette terre isolée et peu peuplée (un peu plus de 56 000 résidents) requiert habituellement le recours à une expertise externe, comme du Danemark ou encore des États-Unis. Voilà qui est très coûteux et qui induit forcément un regard étranger sur la vie au Groenland. Visit Greenland a donc procédé différemment en faisant appel à des ressources locales pour prendre les photos, créer des vidéos et raconter des histoires afin que le message et les idées proviennent de l’intérieur du territoire plutôt que de l’extérieur.

 

Marketing_authenticite_Groenland_Image_1

Source : Visit Greenland

L’équipe de Visit Greenland a décidé de focaliser son offre sur cinq expériences « Big Arctic Five », qui reposent sur la marque « Pioneering Nation » ou « Terre de pionniers ». Les traîneaux à chiens, les aurores boréales, la glace et la neige, les peuples pionniers et les baleines sont des produits que l’on retrouve ailleurs, mais au Groenland, ils sont intimement liés à la culture de la communauté en place. Et c’est ce que Visit Greenland veut démontrer.

Défaire des mythes

Toujours dans un souci d’authenticité, tout le visuel a été actualisé, illustrant une communauté moderne. On s’est également amusé à défaire certains mythes. L’image ci-dessous illustrant un guide de traîneau à chiens jeune et séduisant, éduqué et buvant un espresso, contraste avec le mythe de l’Inuit âgé et reclus du monde, souvent associé à ce type de fonction.

Authenticité Groenland

Source : Visit Greenland

Le processus de repositionnement a nécessité la création d’un visuel abondant, surprenant et convaincant pour changer l’image traditionnelle. La vidéo qui suit présente de façon plus détaillée le processus de réflexion derrière le développement du branding de Visit Greenland.

 

Source : Vimeo

La Bretagne des Bretons

L’image traditionnelle de la Bretagne véhicule certains stéréotypes : une région froide et humide, peu accueillante et qui manque d’ouverture. C’est du moins ce que révélait un groupe de discussion formé de gens n’ayant jamais pris de vacances en Bretagne. Pour changer cette perception, moderniser l’image de la destination et valoriser son identité, le conseil régional, Bretagne Développement Innovation et le comité régional du tourisme ont mis sur pied une campagne mettant en vedette des Bretons.

Pour démontrer le dynamisme de la région, la stratégie devait être innovante et créative, à l’image de l’identité bretonne. C’est donc par un exercice de cocréation avec ses résidents enthousiastes que la campagne a été créée. La fierté bretonne est au cœur même du projet « Viens en Bretagne ».

Claque ton selfie

Le concept est simple : on demande aux Bretons de faire une vidéo d’eux-mêmes incitant les non-Bretons à découvrir une facette de la Bretagne qu’ils affectionnent particulièrement. Ainsi, les appels à « claquer son selfie » ont remporté un grand succès. Dès la première édition en 2014, 250 vidéos ont été déposées sur YouTube. Quinze de ces petits films ont été sélectionnés afin de constituer la campagne officielle. Voici la vidéo d’appel – humoristique et qui lance le ton de cette initiative – ainsi que deux des vidéos choisies comme publicité pour la télévision.

 

Vidéo : YouTube

 

Vidéo : YouTube

Vidéo : YouTube

Plutôt que de nier certains aspects critiqués comme les pluies fréquentes ou la tranquillité, la campagne les utilise à l’avantage de la Bretagne, notamment par l’humour. Ces messages provenant de « vrais » Bretons jouissent d’une plus grande crédibilité auprès des touristes grâce à leur authenticité et leur langage familier, en comparaison aux communications institutionnelles. D’après les résultats d’un sondage, 75 % des personnes n’ayant jamais mis les pieds en Bretagne ont davantage envie d’y aller après avoir visionné ces publicités.

Le Yukon raconté par ses habitants 

La campagne Yukon Now de Tourism Yukon illustre aussi très bien la contribution de la population locale pour promouvoir la destination. Parmi les initiatives, on compte un projet de websérie yukonnaise faisant appel au storytelling. À la suite d’un appel de propositions et d’un processus de sélection devant jury, trois films sur le Yukon ont été retenus et seront présentés sur des chaînes de télévision canadiennes spécialisées.

Les autres vidéos soumises au jury peuvent être visionnées sur la chaîne YouTube de Travel Yukon. Ensemble, ces courts-métrages offrent une perspective unique de la destination en montrant différents aspects de la vie au Yukon. En voici une à propos d’un aventurier qui s’intéresse à la vie trépidante d’un guide de traîneau à chiens.

 

Source : YouTube

En plus de ces documentaires, la campagne Yukon Now inclut le projet de contenu généré par les utilisateurs qui invite les visiteurs et les Yukonnais à partager leurs photos, leurs vidéos et leurs histoires préférées à propos de la région. Ces deux initiatives ont été saluées par Destination Canada avec le prix d’excellence Explore Canada de 2015 pour la campagne de relations publiques la plus créative.

Engager la population locale

Les initiatives faisant participer les résidants à la promotion de la destination sont de plus en plus nombreuses. L’Islande met la population à l’avant-plan dans ses campagnes depuis déjà quelques années. D’autres, comme l’Écosse, interpellent les amoureux de l’endroit en les invitant à partager leurs photos et leurs histoires. Les voyageurs exigeants cherchent à vivre des expériences authentiques, qui leur permettent de s’imprégner du lieu, de vivre des moments significatifs. Et qui de mieux que les habitants pour partager et véhiculer le message?

 

Cette analyse a été rédigée dans le cadre de la veille thématique pour les Communautés linguistiques officielles en situation minoritaire (CLOSM).

 

Source de l’image à la une : Mads Pihl, Visit Greenland

Catégories
Marketing

Le Nord en mode séduction

Vedettes du tourisme de grande nature et de culture autochtone, des destinations nordiques se positionnent avantageusement sur l’échiquier mondial grâce à des campagnes marketing innovantes et à une image de marque dynamique et authentique. Les destinations nordiques, surtout convoitées par des marchés de niche, interpellent aujourd’hui de plus en plus de segments de voyageurs. Voici quelques exemples d’ailleurs pour inspirer le Québec.

 

La Finlande en met plein la vue

Les grands espaces, les lacs, la vie de chalet, le froid, les traîneaux à chiens et la motoneige, quatre saisons qui ont chacune leur charme… Non, on ne parle pas du Québec, mais plutôt de la Finlande, qui assume pleinement sa nordicité et en fait fièrement la promotion. Le soleil de minuit, les aurores boréales, la baignade en eau glacée, les aventures hivernales dans le cercle polaire, les initiations au mode de vie du peuple autochtone sami; le site Web de Visit Finland aborde tous ces aspects et bien plus encore avec du visuel et de la vidéo en abondance. Naviguer sur cette plateforme permet une véritable immersion dans l’univers finlandais. On peut s’y perdre d’un lien à l’autre, d’une vidéo à l’autre, mais la promenade demeure agréable, voire expérientielle. Parmi les nombreuses vidéos, en voici une sur l’art du sauna.

   Le_nord_en_mode_seduction_saunaSource : Visit Finland

 

De courts articles et vidéos sont dispersés à travers le site Web, selon les thèmes, les régions ou les saisons. Les vidéos sont tantôt génératrices d’ambiance, comme celle présentée ci-dessus, ou plus utilitaires, comme celle-ci.

Le_nord_en_mode_seduction_habillementSource : Visit Finland

L’hiver polaire à l’honneur

La Finlande est un territoire d’aventure. Visit Finland, en partenariat avec le transporteur aérien Finnair, organise une expédition de trois mois pour promouvoir la Laponie, cette région arctique du nord du pays. Quelque 4 000 personnes ont présenté leur candidature pour participer à cette aventure de 100 jours – 100 Days of Polar Night Magic. L’équipe d’expédition, formée de cinq aventuriers triés sur le volet et guidés par un expert dans ce type de voyage, entreprenait son périple en décembre 2015. Les internautes peuvent les suivre sur les médias sociaux. On peut déjà prendre connaissance des étapes de l’expédition et en apprendre davantage sur les activités auxquelles ils prendront part. Il s’agit du plus gros investissement marketing pour le tourisme en Finlande. Les principaux marchés ciblés par ce programme sont la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

 

Le_nord_en_mode_seduction_Polar_night_magic

Source : Visit Finland

Le Groenland mise sur cinq produits

Terre de pionniers, d’explorateurs, le Groenland met aussi de l’avant un visuel de très haute qualité sur son site Web. L’organisme de gestion de la destination mise sur cinq expériences. Le concept The Big Arctic Five se décline comme suit : les traîneaux à chiens, les aurores boréales, la glace et la neige, les peuples pionniers et les baleines.

Source : Vimeo

Le positionnement choisi est celui de la destination d’aventure responsable. Visit Greenland propose des articles sur son site Internet comme (voir l’image ci-dessous) :

·       À tous les explorateurs à ski : neige encore intacte disponible

·       Le Groenland : une destination d’aventure lente (slow adventure)

·       Les cinq endroits les plus ennuyants au Groenland – déconnecter au Groenland

Le_nord_en_mode_seduction_Groenland_articles

Source : Visit Greenland

Pour renforcer son positionnement, l’organisation propose des outils aux entrepreneurs en tourisme d’aventure avec la plateforme Web Adventure Travel in Greenland. Le portail offre des informations pertinentes sur les marchés, les ressources humaines ou encore des études de cas inspirantes dans le domaine.

Islande : faire de la population des ambassadeurs

Depuis le printemps 2010, les actions marketing issues de la campagne Inspired by Iceland se succèdent. Elles font le tour des médias sociaux et inscrivent l’Islande dans la tête des voyageurs comme une destination non seulement spectaculaire et unique, mais aussi dont le peuple est fier. Celui-ci, partie prenante de cette offre, se veut très accueillant et ne manque pas d’humour. Voici un rappel du début de cette campagne.

Source : YouTube

 

Outre cette magnifique vidéo (ci-dessus) qui donne ton, le site Web Inspired by Iceland diffuse des vidéos de témoignages d’Islandais connus ou de personnalités publiques ayant voyagé en Islande. Des webcams ont également été installées sur certains sites touristiques où des événements ont été organisés.

Pour la petite histoire, visionnez la vidéo ci-dessous :

Source : YouTube

 

Le succès de la campagne les a incités à créer une nouvelle mouture de Inspired by Iceland, sur une plus longue période, afin de mousser l’image de l’Islande pour la saison hivernale. La population invite alors les voyageurs à découvrir la destination avec eux. Certaines personnalités islandaises, dont le premier ministre et le maire, se prêtent au jeu.

Source : Vimeo

 

Plusieurs autres actions marketing sous le thème Inspired by Iceland ont remporté beaucoup de succès comme le Secret Tour of Iceland, ou encore la plus récente initiative Ask Gudmundur. Ce « moteur de recherche humain » répond aux requêtes en ligne par l’entremise de sept Islandais provenant d’autant de régions. Depuis peu, les gudmundurs proposent aussi des expériences dans leurs lieux de prédilection (voir la vidéo ci-dessous). Voilà un clin d’œil rafraîchissant face à l’omniprésence du Web et des médias sociaux.

Source : Inspired by Iceland

Un avenir prometteur

Plusieurs autres facteurs expliquent le succès touristique de l’Islande, tels que l’attrait de ses paysages uniques et la multiplication récente des accès aériens. De 2010 à 2014, le nombre de touristes internationaux se rendant en Islande a doublé, et les dépenses de ces voyageurs ont crû de 130 %. Près d’un million d’étrangers ont foulé le sol islandais en 2014. Le pays compte accueillir 3 millions de touristes par année d’ici 2020. Voilà qui est ambitieux pour une nation comptant seulement 320 000 habitants. Mais si la tendance se maintient, cette projection pourrait bien se réaliser.

Le Nord a la cote

Au Québec, le développement du tourisme nordique, hivernal, de nature et d’aventure s’inscrit parmi les mesures du Plan de développement de l’industrie touristique 2016-2020 (PDIT); les modèles inspirants ne manquent pas… Profitons du momentum!

 

Image à la une : © Instagram, VisitFinland

 

Catégories
Produits et activités

Engagement communautaire au Musée des Abénakis

Ouvert en 1965, le Musée des Abénakis est le premier musée autochtone au Québec. Il a pour mission d’étudier, de documenter et de mettre en valeur l’histoire millénaire ainsi que la culture des Abénakis à travers ses expositions ou ses activités éducatives et culturelles. Au fil des ans, la nouvelle muséologie, tournée vers le visiteur, faisait en sorte que la communauté n’y trouvait plus son compte. L’équipe du musée a alors fait preuve d’esprit d’initiative, d’innovation et de créativité et s’est lancée dans un projet novateur : entreprendre des fouilles archéologiques visant à localiser un village fortifié construit vers 1704 aux abords de la rivière Saint-François, le Fort d’Odanak. Sa découverte constituerait un précédent historique en Amérique du Nord, puisqu’il s’agit de la seule fortification commandée par le roi de France Louis XIV et construite par et pour la communauté autochtone.

Un projet rassembleur

Amorcé en 2010, le projet archéologique Fort d’Odanak : le passé revisité intégrait dans son équipe, à l’été 2012, six jeunes Abénakis d’Odanak dûment formés qui ont agi comme apprentis archéologues pour épauler les deux professionnels de l’Université Laval. De plus, un journal de bord accessible sur le Web permettait de suivre le déroulement quotidien des fouilles. Michelle Bélanger mentionne que le volet communautaire du projet s’est ajouté au volet scientifique afin de s’assurer que les gens de la communauté se l’approprient et se mobilisent autour de la valorisation de leur culture. Les artefacts déterrés viendront enrichir la collection archéologique dont dispose l’institution muséale et seront présentés lors d’une exposition au Musée des Abénakis en 2015.

Plusieurs prix ont souligné l’ampleur de ce projet rassembleur qui a déjà su engendrer des retombées économiques, culturelles et touristiques positives tant pour le Musée des Abénakis que pour la communauté d’Odanak et la région du Centre-du-Québec.

 

Image à la une : fort.museedesabenakis.ca