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L’accès à la baignade en milieu urbain

Le mois de juillet 2023 a été l’un des plus chauds jamais enregistrés. Les villes doivent dorénavant apprendre à composer avec des vagues de chaleur importantes. Les stratégies pour permettre à la population et aux touristes de se rafraîchir sont multiples. Certaines municipalités proposent par exemple des piscines attrayantes, dont certaines donnent accès à des bassins naturels tels que des rivières ou des fleuves. Ces initiatives peuvent toutefois s’avérer onéreuses et demandent une surveillance accrue des baigneurs. Dans le contexte de la pénurie de surveillants-sauveteurs, plusieurs services de loisirs doivent composer avec des enjeux importants afin d’assurer la sécurité des visiteurs. Malgré tout, les stratégies pour se rafraîchir sont multiples, et les municipalités font preuve de créativité pour ajouter des îlots de fraîcheur.

Des points d’eau accessibles dans les milieux urbains

En France, la tenue des Jeux olympiques de Paris, prévue en 2024, permettra aux Parisiens de renouer avec la Seine. Les élus avaient garanti de rendre certains tronçons du fleuve, interdit de baignade depuis 1923, accessibles pour se rafraîchir. Chose promise, chose due, un espace surveillé et délimité sera praticable prochainement. Un aménagement de douches, des vestiaires ainsi que des casiers seront construits sur un ponton. Une première étape qui pourrait se répéter à différents points d’accès du fleuve iconique.

Source : Ville de Paris

En Suisse, plusieurs installations permettent de se rafraîchir avec une vue sur l’architecture de la ville. L’initiative « Fountain Dip » invite à se baigner ou à se tremper les pieds dans une sélection de fontaines que l’on compte par milliers sur le territoire suisse. Un programme d’animation gère l’accès dans le but de faire profiter des bénéfices aux passants. Des parcours historiques, des concerts et des activités autour des fontaines permettent aux visiteurs de profiter des installations. La stratégie d’accès à l’eau de la Suisse ne s’arrête pas là. Dans plusieurs villes du pays, la baignade dans les fleuves avoisinants est envisageable. La ville de Zurich rend accessible des plages fluviales aménagées permettant de plonger dans la rivière Limmat. À Bâle, il est possible de nager dans le Rhin muni d’un sac étanche coloré en forme de poisson, le « Wickelfisch ». Les nageurs peuvent donc ranger leurs vêtements dans le sac de natation inventé à Bâle, ce dernier permet de s’assurer d’être vu. Le sac est d’ailleurs devenu un souvenir touristique convoité et est vendu à l’office de tourisme de la région. Des contrôles réguliers assurent que la qualité de l’eau est adéquate à la baignade.

Source : This is Basel

Dans la ville d’Helsinki, plusieurs plages sont accessibles sans sortir de la ville. La plage de Veijarivuoren uimaranta est un lieu convoité pour se détendre et offre une vue magnifique sur le golfe de Finlande, le site dispose d’une petite aire de jeux pour les enfants. L’accès est en concordance avec le « droit d’accès à la nature » finlandais, valorisant que chacun puisse circuler librement dans les forêts et autres espaces naturels. La seule condition d’usage est de faire preuve de respect et de ne laisser aucun détritus. La ville de Londres quant à elle offre l’opportunité d’apprendre à nager, à se détendre et même de prendre un bain en eau froide durant la saison hivernale dans les étangs d’Hampstead heath.

Au Québec 

À l’été 2023, la Commission de la capitale nationale du Québec a fait l’inauguration des infrastructures aquatiques de la phase 3 de la promenade Samuel-De-Champlain. Le projet permet de redonner à la population un accès au littoral du fleuve, un attrait certain pour les touristes de la ville. La Baie de Beauport et le Bassin Louise proposent aussi des points d’eau à proximité de la ville de Québec. À Montréal et à Laval, la Fondation Rivières met à disposition une carte dans le but de répertorier les lieux potentiels de baignade, le site communique la qualité de l’eau.

Source : Capture d’écran de la vidéo Promenade Samuel-De Champlain-phase 3, Commission de la capitale nationale du Québec

Solutions à la pénurie de sauveteurs

Former les futurs nageurs s’avère essentiel pour la sécurité aquatique, un problème de taille à l’heure actuelle. De nombreuses villes doivent composer avec une pénurie de surveillants-sauveteurs. Au début de l’été 2023, l’Association des responsables aquatiques du Québec (ARAQ) estimait qu’il manquait entre 2000 et 3000 sauveteurs pour pourvoir les postes dans les différentes infrastructures. La situation est tout aussi problématique dans des villes comme Vancouver, New York et Philadelphie. Les fonds d’assurances des municipalités du Québec proposent plusieurs idées pour remédier à la conjoncture.

– Planifier l’embauche du personnel : le temps de qualification des surveillants-sauveteurs étant long, il est préférable de débuter la campagne de recrutement durant la saison estivale.

-Profiter des mesures d’assouplissement : en raison de la pénurie, plusieurs règlements ont été modifiés afin de faciliter le recrutement de surveillants-sauveteurs. L’âge d’embauche est passé de 17 à 16 ans, une dérogation est disponible pour qu’un surveillant-sauveteur de piscine puisse surveiller des plages et la validité de certains certificats peut être étendue. En Ontario, l’âge minimum pour être surveillant-sauveteur est maintenant de 15 ans.

-Former gratuitement la relève : la formation de la société de sauvetage est dorénavant gratuite. Un partenariat avec la municipalité et une promotion appropriée pourraient faciliter le recrutement pour la saison estivale 2024. Plusieurs villes de Colombie-Britannique offrent gratuitement la formation de sauveteur.

-Réduire les heures d’ouverture : le ratio de nageurs sous la surveillance du sauveteur étant régie, il peut être approprié de varier les heures d’ouverture pour permettre aux visiteurs de se rafraîchir malgré un horaire restreint.

-Partager du personnel entre les infrastructures aquatiques : des ententes entre les gestionnaires des installations pour un partage du personnel peuvent s’avérer bénéfiques afin de faire profiter des lieux de baignades aux touristes et aux résidants de différents quartiers ou villes. Une stratégie qui peut permettre au personnel d’avoir un horaire plus attrayant et de diversifier leurs responsabilités.

Plusieurs centres aquatiques de Colombie-Britannique ont aussi eu recours à des surveillants-sauveteurs retraités qui avaient déjà les qualifications requises et la forme physique adéquate pour pourvoir les postes.

Planifier l’été 2024 

Pour les lieux où la baignade est impossible, il est intéressant d’organiser des activités sur l’eau, comme l’a démontré la ville de Paris avec un cinéma sur des embarcations nautiques. Utiliser les points d’eau naturels qui nous entourent pour contrer les effets des vagues de chaleur tout en s’assurant de restreindre son empreinte carbone par des choix judicieux est donc chose possible ! Afin d’assurer la sécurité des usagers et de continuer à offrir des lieux rafraîchissants, il s’avère approprié de planifier dès à présent la saison estivale 2024.

Image à la une : Unsplash

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Connexion à la nature : multiplier les occasions

L’exposition à la nature permettrait, entre autres, de réduire le rythme cardiaque, la pression artérielle, le stress et l’anxiété. À son contact, l’humain serait plus calme et en sortirait même détendu et plus productif. Ces bienfaits sur la santé physique et mentale ont été démontrés par la communauté scientifique.  

Comment favoriser cette connexion ?

L’engouement pour le plein air ne repose pas seulement sur ses propriétés préventives et curatives. Jouer dehors apporte son lot de joie. La beauté de la nature et des paysages figure parmi les premières motivations de voyage. Ce n’est donc pas surprenant d’observer une fréquentation à la hausse des parcs et sites de plein air, mais aussi de voir l’offre se déployer sous différentes formes. Voici, en rafale, des pratiques et initiatives inspirantes qui favorisent une connexion avec la nature.  

Se laisser guider par les autochtones dans l’interprétation de la nature

Le tourisme autochtone offre de belles façons de découvrir, non seulement la culture de leurs peuples, mais aussi leur relation avec le territoire. Des communautés du Québec proposent des expériences d’observation de la faune et de la flore. Des guides autochtones accompagnent aussi les voyageurs à la pêche et évoquent les méthodes ancestrales. Par des randonnées en forêt, ils démystifient l’usage de certaines plantes comestibles ou médicinales présentes sur le parcours.  

Source: © Alexis Pageau Tourisme Autochtone Québec  

Se nourrir de la forêt

De plus en plus de destinations font la promotion des activités liées aux produits forestiers non ligneux, soit des produits biologiques issus de la forêt, autre que le bois d’œuvre. L’organisation de gestion de la destination Travel Oregon invite ainsi les amateurs de champignons sauvages à se joindre à des tours guidés dans les parcs d’État ou encore de s’adonner à cette pratique de façon autonome, à l’aide des outils de planification et d’interprétation qu’elle partage. En Finlande, découvrir la nature passe aussi par la cueillette de champignons et de baies sauvages présentes en grande quantité. 

Source : Travel Oregon

Affronter les forces de la nature

Les concepteurs d’hébergement de plein air créent depuis plusieurs années des expériences immersives grâce à un design intégré au paysage. Une fenestration abondante et une empreinte écologique minimale figurent souvent parmi les composantes de ce type d’hébergement. En Norvège, la cabine Dosabu illustre bien cette idée d’immersion. Situé à flanc de falaise, ce refuge accueille les randonneurs en leur offrant une vue spectaculaire sur la mer, surtout lorsque les éléments se déchaînent. Cette cabine fait partie du Stormwatching Concept qui invite les visiteurs à prendre part à des tours guidés pour vivre pleinement, de façon sécuritaire, un événement météo intense, mais courant dans la région. 

Source: © Ian Aannevik Fjord Norway 

Se plonger dans l’eau froide

La baignade en eau froide, une pratique surtout observée dans les pays de l’Europe du Nord, gagne en popularité au Canada. Malgré la violence du choc thermique, cette activité aurait plusieurs effets positifs sur la santé physique et psychologique des adeptes, du moins selon les convertis. Des communautés de baigneurs en eau froide se seraient créées durant la pandémie, notamment en Colombie-Britannique. Les membres se rencontrent habituellement une fois par semaine sur une plage ou une baie désignée. Vêtus d’un maillot de bain, d’un bonnet et parfois de mitaines, ils s’immergent dans l’eau pour quelques minutes et en ressortent complètement revigorés.  

Source : Unsplash

Télétravailler en nature

Afin d’inciter les travailleurs à profiter des bienfaits de la nature, la Ville finlandaise de Lahti a fait installer, à l’automne 2021, cinq stations de télétravail dans des boisés. L’opération s’est révélée positive puisque l’offre s’est étoffée pour l’année suivante. Dans le même ordre d’idée, et pour élargir sa clientèle, l’OGD de la Suède a développé un microsite pour promouvoir des lieux propices à un séjour de workation. Visit Sweden donne ainsi une vitrine à plusieurs sites qui détiennent une bonne connexion WiFi dans ou près de la nature. 

Source: Green Lahti 

Se connecter aux grands espaces pour mieux les protéger

Enfin, plusieurs destinations tablent, entre autres, sur l’immersion en nature et le bien-être qu’elle procure. Certaines l’illustrent très bien. C’est notamment le cas de la Colombie-Britannique avec sa campagne BC Effect, de Outer Hebrides, un archipel au large de l’Écosse, avec la campagne Warm Your Soul ou encore de la Norvège dont l’amour du plein air est connu. 

S’adonner au plein air a également un impact sur sa protection. Selon le Dr Lem, directrice du projet de prescription de temps en nature PaRx, la recherche démontre que les adultes et les enfants qui fréquentent la nature sont plus enclins à vouloir la protéger et à adopter des comportements écoresponsables. Le Québec a tout en main pour déployer ses offres d’immersion en nature et ainsi procurer des bienfaits à sa population, à ses visiteurs ainsi qu’aux milieux d’accueil.  

Image à la une : Unsplash 

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.