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Tourisme durable

Le climat change, et vous ?

Alors que les variations climatiques se manifestent plus nettement saison après saison, scientifiques et professionnels du tourisme tirent la sonnette d’alarme et prônent un changement radical des pratiques. Si les gestionnaires sont globalement sensibles à la question, ils sont encore nombreux à se sentir déroutés face aux mesures à adopter. Concrètement, comment s’y prendre ? Voici quelques exemples d’adaptation réussie.

 

Repenser les modèles

L’augmentation des précipitations, la diminution de la couverture nivale ou la variation de la durée des saisons rendent les activités extérieures particulièrement vulnérables aux changements climatiques. Afin de faire face aux températures nouvelles, les exploitants remettent en question la pertinence des modèles traditionnels. Ainsi, la saison hivernale est condensée et plus d’événements et d’activités connexes sont proposés sur une plus courte période. La tarification est également repensée. Un billet unique peut donner accès à une variété d’expériences et si l’équipement le permet, les visiteurs peuvent même changer d’activité au milieu de leur journée.

Bien conscients que la variabilité de l’enneigement menace la qualité de l’offre hivernale, la station de ski Prat Peyrot du massif de l’Aigoual, en France, a entrepris de se reconvertir en écostation multisaisons. Issu d’un échange entre les élus locaux et les professionnels, le processus se veut participatif et intègre les considérations des experts, des citoyens, des organes gouvernementaux, des visiteurs et de l’industrie touristique. D’ici 2020, l’ensemble du territoire devrait être multiactivités et accueillir une voie de découverte de 5 km, mais aussi des sentiers de vélo de montagne, de randonnée et de raquette, des circuits d’interprétation et une course d’orientation.

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Source : ademe.fr

Dans un contexte où chaque action de l’industrie peut avoir des répercussions sur les milieux hôtes, la vocation même des activités peut être élargie. Ainsi, si le camping est, certes, associé à un moment de détente, l’association Camping Québec, y voit une occasion de sensibiliser les visiteurs au développement durable. En s’associant à l’OBNL Sans Trace Canada, Camping Canada a mis en place un code de conduite pour minimiser l’impact de l’activité sur l’environnement et initier les campeurs au tourisme responsable. Le programme s’articule autour de sept grands principes :

 

  Les 7 principes Sans Trace 

  Préparez-vous et prévoyez

  Utilisez les surfaces durables

  Gérez adéquatement les déchets

  Laissez intact ce que vous trouvez

  Minimisez l’impact des feux

  Respectez la vie sauvage

  Respectez les autres usagers 

Source : Sans Trace Canada


Proposer une offre alternative

Les bouleversements climatiques menacent la relative stabilité de la météo, laquelle est nécessaire à toute planification stratégique. Pour contrer cette réalité et assurer une satisfaction des visiteurs, peu importe les températures, le Domaine Enchanteur, en Mauricie, propose une large variété d’activités. Alors que l’offre initiale se composait d’un réseau de sentiers glacés dans les bois, difficile à entretenir en cas de redoux, le domaine propose maintenant des expériences moins vulnérables aux caprices de mère Nature : de la raquette, un parc animalier, un parcours d’hébertisme, un labyrinthe suspendu ou encore, une balade en petit train.

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Source : Domaine Enchanteur

L’agrotourisme aussi a recours à la diversification de l’offre pour compenser le raccourcissement des saisons touristiques. Le Domaine Labranche, une érablière de la Montérégie récipiendaire de nombreuses distinctions, possède également un verger et produit du vin et différents alcools. Les propriétaires ont décliné le concept de la cabane à sucre pour proposer des expériences de restauration connexes : la « Cabane à pommes » et la « Cabane en fêtes ». En adoptant cette stratégie, le domaine peut désormais accueillir les visiteurs sur trois saisons (hiver, printemps et automne).

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Source : Domaine Labranche

Dans le même ordre d’idée, la station de ski Bromont, qui a adopté la nouvelle appellation Bromont, montagne d’expériences, propose des activités tout au long de l’année afin d’assurer une présence constante des visiteurs sur la montagne. Ski en hiver, vélo de montagne à l’année et parc aquatique en été, la station mise également sur les événements pour montrer son dynamisme et se positionner comme la référence en matière de plein air.

Appuyer l’innovation

Issu d’un partenariat entre différents experts de l’industrie touristique et de la recherche sur les changements climatiques, le Living Lab Laurentides est géré par Tourisme Laurentides. L’objectif est d’appuyer des projets qui proposent des mesures pour atténuer les conséquences du changement climatique et minimiser l’émission de gaz à effet de serre, mais également d’explorer des options proactives entraînant une transformation des pratiques d’affaires de l’ensemble des acteurs de l’industrie. À ce jour, trois projets ont déjà intégré le Living Lab Laurentides.

Parc linéaire Le P’tit Train du Nord

Le Living Lab soutient les gestionnaires du P’tit Train du Nord pour effectuer une recherche sur différentes options de revêtement de sol pour piste cyclable. En s’inspirant des bonnes pratiques internationales, l’analyse devrait aboutir à l’utilisation de matériaux recyclés ou végétaux pour un sentier cyclable qui tolère mieux les épisodes de chaleur et les pluies abondantes. Tout au long du processus, des experts, mais également les usagers, seront consultés.

Source : Tourisme Laurentides

Ville de Saint-Sauveur

Pendant les périodes de pics touristiques, de nombreux visiteurs affluent en véhicules motorisés dans le centre-ville de Saint-Sauveur. Tout en augmentant sensiblement les émissions de gaz à effet de serre, cette situation menace la qualité de vie des résidents aussi bien que l’expérience des voyageurs. Le Living Lab accompagne la Ville de Saint-Sauveur pour la mise en place d’un système gratuit de navette en autobus électrique. Les visiteurs et les résidents sont invités à stationner leur véhicule en périphérie du centre-ville et à utiliser ce mode de transport plus responsable.

Adaptation des sentiers

Alors que la Station Mont-Tremblant, la Ville de Mont-Tremblant et le Parc régional de la Montagne du Diable voyaient simultanément la qualité de leurs sentiers de randonnée menacée par les nouvelles réalités climatiques, le Living Lab les a réunis sous un même projet. L’objectif est d’identifier des options d’aménagement afin de lutter contre l’érosion des pistes et des infrastructures due aux fortes pluies, mais aussi de renforcer la sécurité des usagers et la protection de l’environnement.

Ces initiatives inspirantes atténuent l’aspect inéluctable des changements climatiques en misant sur la proactivité, le partenariat, l’adaptation et l’innovation. Et vous, quelles actions avez-vous déjà mises en place ?

 

Source de l’image à la Une : Pexels

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Tourisme durable

Composer avec les changements climatiques

État de la situation au Québec

Le consortium scientifique Ouranos constate un réchauffement des températures au Québec depuis au moins quarante ans et précise que « cette hausse devrait s’accompagner d’une diminution de la durée de la saison d’enneigement, d’une augmentation de la durée des vagues de chaleur et de la quantité de précipitations dans certaines régions du Québec. ». La tendance à la baisse des précipitations de neige sera significative au Sud du Québec.

La tendance à la baisse des précipitations de neige sera significative au Sud du Québec.

La liste ne s’arrête pas là, et comme le montre une enquête de la Chaire de tourisme Transat réalisée en 2017, face à la multiplication des phénomènes météorologiques hors normes, les gestionnaires touristiques du Québec reconnaissent que les changements climatiques ont déjà un impact sur leur secteur. Si globalement, ils se sentent peu informés sur les menaces et les opportunités liées aux variations du climat, plus de la moitié sont prêts à poser des actions concrètes au sein de leur organisme dans un avenir rapproché. D’ailleurs, les exploitants ayant déjà entamé des démarches en ce sens sont plus optimistes face à l’avenir de l’industrie que ceux qui sont moins proactifs.

Des changements déjà perceptibles

Concrètement, les impacts liés aux événements météorologiques qui sont ressentis par les gestionnaires se manifestent aussi bien pendant la saison hivernale qu’en été.

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Ce large spectre de répercussions influence déjà directement les gestionnaires dans leur planification et leur prise de décision, notamment dans les secteurs suivants :

– Périodes d’activités et de fréquentation

– Finance et investissements

– Service et accessibilité

– Ressources humaines

– Dommages et sécurité

– Expérience client

– Image et réputation

Identifier les opportunités

Dans le cadre d’une présentation intitulée « Changements climatiques et tourisme », Isabelle Charron, Stéphanie Bleau et Kate Germain ont distingué trois secteurs particulièrement aptes à transformer les menaces liées à la saisonnalité et aux extrêmes météo, en opportunités[1].

Le tourisme de plein air

Partout au Québec, la saison estivale se prolonge. Les journées sont plus chaudes, plus longtemps. Ainsi, le mois de septembre des dernières années, plus chaud et ensoleillé, permet une pratique étendue d’activités de plein air auparavant réservées à l’été.

les parcs nationaux anticipent une hausse de 7 % à 10 % de l’achalandage uniquement lié au climat d’ici 2020.

Les variations géographiques du climat constatées ne sont pas uniformes entre le nord et le sud. Par exemple, alors qu’une augmentation de la fréquence et de la durée des épisodes de chaleur extrême a été enregistrée de façon plus prononcée au sud, le nord est davantage marqué par une augmentation des précipitations extrêmes de tous types (pluie, neige, verglas, etc.). Ce constat peut entraîner une nouvelle répartition des flux touristiques. Ainsi, la multiplication des îlots de chaleur urbains, principalement situés le long du Saint-Laurent, assure aux espaces naturels du nord et à leur fraîcheur une attractivité nouvelle. De ce fait, les parcs nationaux anticipent une hausse de 7 % à 10 % de l’achalandage uniquement lié au climat d’ici 2020.

L’agrotourisme

Dans le sud de la province, la chaleur augmente, tout comme la quantité de précipitations et le nombre de jours pluvieux. Cette réalité apporte au monde agricole son lot de défis (épidémies, nouveaux insectes, etc.), mais aussi l’occasion de diversifier les cultures. Grâce à l’augmentation des températures, le rendement agricole s’améliore globalement et de nouvelles variétés d’espèces peuvent être introduites, en particulier dans les vergers et les vignobles.

Ce constat concerne particulièrement les producteurs de pommes et de raisins, ainsi que les viticulteurs. Ouranos précise que « d’ici 2040-2050, la plupart des régions du sud du Québec pourraient avoir des conditions climatiques favorables avec suffisamment de jours consécutifs sans gel et suffisamment de degrés-jour de croissance pour faire pousser des variétés comme le Vitis vinifiera (Roy et al., 2017). » Les statistiques produites par le Conseil des vins du Québec témoignent d’ailleurs d’une augmentation de 12,6 % de la superficie des terres cultivées par les producteurs de vin et de raisins au Québec en 2017. L’agrandissement des exploitations a abouti à une augmentation de vin produit de 33,5 % entre 2016 et 2017.

Les sports d’hiver

Comme pour la saison estivale, les variations climatiques en hiver se manifestent différemment au sud et au nord. Ainsi, si une diminution de la neige est constatée à l’extrême sud du Québec, le niveau de la couverture nivale se maintient ou augmente dans le reste de la province.

La diminution du nombre de jours avec une quantité de neige adéquate pour la pratique des sports d’hiver peut compromettre la qualité de l’offre des entreprises de ce secteur. Dans ce contexte, les régions comme Lanaudière, la Mauricie, le Saguenay ou encore la Baie James pourraient se distinguer par rapport au sud du Québec, mais aussi en contraste avec les destinations internationales qui font face aux mêmes défis. Ce contexte constitue une occasion pour les gestionnaires du secteur de diversifier leurs activités pour proposer une expérience hivernale renouvelée.

Pour conclure, les répercussions du réchauffement climatique affectent le quotidien des exploitants touristiques. Combinées aux statistiques du passé, ces données sur l’avenir permettent aux gestionnaires proactifs de réduire efficacement les risques et de mieux saisir les occasions d’adaptation.

 

Source de l’image à la Une : Pexel

[1] Ces données ont été collectées en Mauricie exclusivement. Cependant, le dernier rapport d’Ouranos et de la Chaire de tourisme Transat sur les opportunités liées aux changements climatiques dans les régions de Charlevoix et de Québec a montré que des opportunités similaires s’observent dans les mêmes 3 secteurs.

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Gestion

Créer une politique touristique culturelle efficace

Début 2018, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a publié un rapport sur les synergies nouvelles entre le tourisme et la culture. Après avoir sondé ses États membres, ainsi que des experts internationaux, l’OMT a pu formuler des recommandations pour appuyer l’élaboration de politiques futures.

Définir et mesurer le tourisme culturel

En 2017, l’OMT a adopté la définition suivante du tourisme culturel :

 « Le tourisme culturel est un type d’activité touristique pour lequel la motivation essentielle du visiteur est d’apprendre, de découvrir, d’expérimenter et de consommer les attractions et produits culturels tangibles et intangibles d’une destination touristique. 

Ces attractions et produits sont liés à un ensemble de caractéristiques matérielles, intellectuelles, spirituelles et émotionnelles d’une société qui englobent les arts et l’architecture, le patrimoine historique et culturel, le patrimoine culinaire, la littérature, la musique, les industries créatives et les cultures vivantes avec leurs styles de vie, leurs croyances et leurs traditions. »

L’évaluation de données de qualité est nécessaire pour cartographier correctement les synergies du tourisme et de la culture et pour guider les politiques et les opérations. La première étape est de clarifier ce qui doit être intégré à la mesure : le nombre de voyageurs uniquement motivés par la culture (calcul basé sur la motivation) ou plus largement, tous les visiteurs qui entreront en contact avec la culture dans le cadre d’une expérience touristique globale (calcul basé sur l’activité). Idéalement, ces deux indices devraient être considérés, car ils évaluent des dimensions différentes, mais complémentaires. D’autres indicateurs sont aussi à considérer, comme les dépenses touristiques, le niveau de diversité du marché, ainsi que le poids du tourisme culturel intérieur. L’OMT encourage le développement de destinations intelligentes comme solution pour mesurer le tourisme culturel et améliorer l’expérience globale de tous les acteurs, visiteurs compris.

Mettre en place une politique spécifique

La mise en place d’une politique de tourisme culturel favorise l’augmentation des flux touristiques et assure une meilleure répartition des bénéfices entre les différents acteurs, sur l’ensemble du territoire. Toute politique culturelle efficace repose sur une vision dont l’élaboration est précédée de l’identification de la culture de la destination, du sens qu’elle revêt pour les locaux et de la façon dont ses atouts devraient être partagés avec les touristes. Le développement d’une telle vision doit tenir compte de la diversité culturelle des groupes visités et des visiteurs afin d’inspirer le respect et de stimuler la communication interculturelle.

Un des volets de la politique touristique de la Malaisie vise à positionner le pays comme une destination culturelle privilégiée, mais aussi à renforcer l’unité nationale. La campagne issue de cette vision, Malaysia : Truly Asia, affirme qu’avec la plus grande diversité ethnique du continent, le pays concentre toutes les spécificités culturelles de l’Asie pour qui voudrait découvrir ce patrimoine.

tourisme_malaisieSource : Tourism Malysia 

Favoriser la communication entre les secteurs

L’échange de points de vue et d’informations entre les parties prenantes est essentiel pour maximiser les synergies. Les destinations devraient donc envisager d’établir des forums et des réseaux pour identifier les enjeux, proposer des solutions et influencer l’élaboration des politiques. Tous les ans, l’événement Cultural Tourism Fair Mexico présente aux professionnels les produits culturels locaux les plus innovants. C’est l’occasion pour le gouvernement de clarifier le rôle de chacun des deux secteurs, basé sur leurs compétences respectives : alors que le tourisme assure la promotion et le marketing ; la culture se dévoue à la conservation et à la protection du patrimoine.

Cibler la bonne clientèle

Loin d’être un marché homogène, le tourisme culturel comprend de nombreux segments, niches et groupes d’intérêts spéciaux qu’il est important de bien identifier pour plus d’efficacité. De plus, au sein d’un même segment de marché, on constate des variations considérables dans les attentes des voyageurs et de nombreux consommateurs combinent désormais différentes formes de culture (culture classique, populaire, de tous les jours) en un seul voyage, voire en un seul jour.

Le tourisme culturel représente un aspect clé de la stratégie marketing de la République tchèque. La politique actuelle, dont l’objectif est de mieux positionner le pays comme une destination culturelle et d’accroître la diffusion régionale du tourisme, cible différents segments (familles, couples ou célibataires sans enfants, voyageurs éduqués, etc.) et promeut diverses thématiques pour les rejoindre (villes chargées d’histoire, paysages culturels, routes culturelles, tourisme culinaire, etc.), toutes regroupées sous la notion de traditions.

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Source : Czech Tourism

Assurer la protection de la culture

La protection des biens culturels représente un défi particulier pour certaines destinations émergentes, où une croissance rapide du tourisme ne s’accompagne pas toujours d’une réglementation définie. L’OMT souligne l’importance de la participation de la communauté en tant que moyen de sensibilisation, à la fois parmi les résidents et les touristes. Les communautés locales engagées dans la valorisation de leur propre culture sont plus susceptibles de la respecter et de la protéger. De même, les destinations devraient envisager des moyens d’impliquer plus directement les touristes, en tant que cocréateurs de l’expérience ou de citoyens temporaires dans la localité.

En Tanzanie, le tourisme culturel adopte une approche communautaire à travers le programme Cultural Tourism Entreprise (CTE). Le ministère du Tourisme a participé à la création d’une quarantaine d’entreprises où les résidents participent directement à la conception, à l’organisation de visites et à la présentation aux touristes de leur mode de vie à travers une gamme complète d’expériences distinctives. Depuis la mise en place du CTE, la Tanzanie a accueilli 20 % de touristes en plus annuellement. Autre avantage, le programme assure une meilleure répartition des bénéfices entre les secteurs du tourisme et de la culture, le premier étant souvent mieux nanti que le second dans les assiettes budgétaires gouvernementales.

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Source : Tanzania Cultural Tourism Programme

Ces recommandations, formulées à un niveau gouvernemental, peuvent être appliquées plus localement, voir même à l’échelle des exploitants afin de renforcer les synergies entre le tourisme et la culture.

 

Image à la Une : Pexels

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Gestion Ressources humaines

Encadrer efficacement les bénévoles

Gestion des bénévoles, quoi de nouveau ?

Au printemps 2017, Points of Light, la plus grande organisation au monde dédiée au bénévolat organisait la « Conference on Volunteering and Service » dans l’optique de fournir aux organismes des outils pour développer des programmes de gestion efficaces. Cinq tendances se sont dégagées des discussions pendant l’événement.

  1. Le bénévolat : facteur de succès… ou d’échec. Dans un rapport publié peu avant l’évènement, Points of Light a identifié la gestion des bénévoles comme étant la première difficulté des organisations sans but lucratif. Cependant, lorsque ces structures décident de s’atteler humainement et financièrement à l’encadrement des volontaires, le retour sur investissement s’avère considérable. Il semblerait même que les entreprises qui font appel à des bénévoles soient mieux dirigées, mieux gérées, plus aptes à l’adaptation et à l’expansion.
  2. Tout le monde a un rôle à jouer. Des membres du conseil d’administration aux employés saisonniers, chaque intervenant de l’organisation doit participer activement à l’accueil, à l’encadrement et à la fidélisation des bénévoles. Leur degré de participation à l’activité d’une organisation est étroitement lié à l’enthousiasme du personnel à leur égard, mais également à l’implication des salariés dans le processus de sélection, de formation et de rétroaction.
  3. Le paradigme du bénévolat est en train de changer. Si par le passé, les individus percevaient le volontariat comme une alternative à une activité professionnelle, il est aujourd’hui plus généralement associé à une pratique de loisir. Pour rejoindre efficacement ces nouveaux bénévoles, les gestionnaires devraient les considérer davantage comme des consultants avec des missions ponctuelles que comme des employés non rémunérés.
  4. Les capacités des bénévoles peuvent être augmentées en valorisant les impacts de leur implication. De ces nouveaux profils de bénévoles émanent de nouvelles attentes. Les altruistes d’aujourd’hui cherchent moins l’appartenance à une organisation que leurs prédécesseurs. Ils sont bien plus sensibles à l’impact et aux résultats de leur engagement. Les discussions de la conférence ont mis en lumière le fait que bien souvent, les gestionnaires confient aux bénévoles des tâches qui ne sont pas à la hauteur de leur potentiel et de leur volonté réelle d’implication.
  5. La technologie n’est pas une solution miracle, mais c’est un outil puissant. Les ressources ne manquent pas pour faciliter la communication interne, le recrutement, la connaissance de ses bénévoles, augmenter leur rétention et calculer le retour sur investissement de ces efforts. Gary Bagley, directeur exécutif de New York Care a expliqué comment le recours au programme Google Ad Grant, qui permet aux OBNL d’avoir accès gratuitement aux services de Google AdWords, a favorisé l’amélioration de leur référencement, la réorganisation de leur processus de recrutement des bénévoles, l’automatisation de la communication et l’augmentation de 14 % des nouvelles inscriptions de volontaires.

Quelques exemples inspirants

Favoriser les échanges intergénérationnels de compétences

Pour la première fois dans l’Histoire, nombre d’organisations sans but lucratif sont devenues des milieux où se côtoient cinq générations de bénévoles. Des seniors à la retraite, aux Z à la recherche d’expériences, le spectre des profils de bénévoles est plus étendu que jamais. Bien que cette situation puisse engendrer des défis de gestion, une approche inclusive constitue une formidable occasion de mentorat à double sens. Le Tom & Ethel Bradley Center de la California State University a mis sur pied un programme qui épouse cette tendance. Des étudiants du secondaire reçoivent une formation en archivistique pour numériser les photographies de la collection du centre, alors que les seniors les aident à comprendre le contexte des images et à identifier des personnages et des lieux. L’aisance des jeunes avec les technologies est associée aux connaissances des anciens et assure un enrichissement mutuel.

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Source : Tom & Ethel Bradley Center

Cultiver une ambiance chaleureuse

Récipiendaire du Prix Excellence Tourisme 2017, catégorie Gestion des bénévoles, le FestiVoix de Trois-Rivières connaît un taux de fidélisation de 80 % de ses volontaires. Pour les encadrer, le festival s’est doté d’une politique de ressources humaines, et à l’occasion de l’édition 2017, une formation ludique et interactive a été dispensée aux quelque 420 bénévoles. Ceux qui participent au succès de l’événement depuis plus de 5 à 10 ans ont vu leur fidélité récompensée grâce à des macarons d’ambassadeurs qui les identifient comme des personnes-ressources. Une page Facebook tient lieu d’outil de communication interne et de rétroaction. L’accent est mis sur la convivialité et pour les récompenser de leur implication, le festival offre à tous les bénévoles des chandails, une gourde, des repas équilibrés gratuits, deux passeports pour l’événement, et une grande fête est organisée pour les remercier.

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Source : FestiVoix

Étendre son réseau de bénévoles grâce à la technologie

Grâce à un projet de production participative unique en son genre, la Smithsonian Institution s’appuie sur des bénévoles du monde entier pour effectuer un travail de transcription colossal. Plus de 9 950 volunpeers ont rejoint le Transcription Center et déjà transcrit près de 350 000 documents (archives historiques, lettres de personnalités, carnets de recherche, etc.) préalablement numérisés par les employés de l’institution. La plateforme collaborative favorise une gestion des bénévoles axée sur l’autonomie totale des participants. Le processus est le suivant : les volunpeers retranscrivent un document de leur choix, un autre bénévole vérifie la transcription qui est finalement certifiée par un expert de l’institution. Comme le recrutement, la formation et le travail des bénévoles se déroulent uniquement sur le site Web, les employés n’interviennent qu’à la toute fin du processus, au moment de la validation des transcriptions, assurant à l’institution un important retour sur investissement.

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Source : Smithsonian Digital Volunteers: Transcription Center

Les bénévoles sont plus que jamais des collaborateurs à choyer, car ils sont bien souvent, de par leurs centres d’intérêts et leur relation aux structures, le miroir des clientèles que les organisations tentent d’attirer.

 

Source de l’image à la une : FestiVoix

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Produits et activités

9 initiatives inspirantes en tourisme autochtone

Un secteur en pleine ébullition

Lors du Congrès international du tourisme autochtone 2016, l’Association touristique autochtone du Canada présentait son plan stratégique quinquennal et annonçait un soutien gouvernemental de 3,15 millions de dollars pour sa mise en application. De son côté, Tourisme Autochtone Québec a récemment adopté un nouveau plan stratégique 2017-2022. Alors que le nouveau Plan d’investissement en tourisme 2017-2020 du gouvernement du Québec réitère l’importance de la culture autochtone dans les secteurs d’activité stratégiques à valoriser en priorité, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, dans le cadre de sa Stratégie marketing 2020, identifie ce produit comme l’une des principales expériences distinctives du Québec. 

Cette volonté politique marquée vient appuyer un milieu en pleine expansion. Au Canada, le nombre d’entreprises touristiques autochtones a plus que doublé en quinze ans. Aux États-Unis, où les réalités du secteur peuvent ressembler à celles du Canada, le nombre de visiteurs en territoire autochtone a triplé entre 2007 et 2015. Profitant de cet intérêt croissant, l’American Indian Alaska Native Tourism Association (AIANTA) a lancé le site NativeAmerica.travel pour permettre aux visiteurs d’organiser leur séjour en milieu autochtone. Outil marketing et planificateur de voyage, la plateforme présente aussi un code de bonne conduite à adopter pour respecter les traditions des différentes communautés visitées.

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Source :NativeAmerica.travel

L’AIANTA a également mis sur pied un programme de formation pour aider les professionnels à attirer plus de visiteurs étrangers. L’objectif de l’association est de séduire les voyageurs qui viennent pour la deuxième fois aux États-Unis et qui sont avides de plein air et de rencontres culturelles authentiques. En multipliant sa présence à différents congrès en Europe, l’AIANTA espère plus particulièrement charmer les Allemands, les Anglais et les Italiens friands de parcs nationaux, de longs séjours et d’expériences historiques et éducatives.

Une offre hôtelière renouvelée

Alors que par le passé, les communautés autochtones américaines misaient principalement sur les casinos pour attirer les visiteurs, l’offre s’est considérablement modifiée, particulièrement dans le domaine de l’hôtellerie. Ainsi, le Moenkopi Legacy Inn & Suites, en Arizona, vise une clientèle d’affaires et de congrès. En offrant des espaces et des équipements de grande qualité pour l’organisation d’événements, mais aussi une large palette d’activités pour découvrir la culture Hopi (tours guidés, visite d’ateliers d’artisanat, dîner spectacle, etc.), l’hôtel propose une expérience de bleisure complète, sans casino.

Reconnu comme l’une des meilleures expériences d’écotourisme au monde, le Spirit Bear Lodge en Colombie-Britannique présente un excellent exemple d’intégration du développement durable et communautaire en milieu autochtone. Le bâtiment reprend la forme traditionnelle de la maison longue et les chambres sont décorées par des artistes locaux. Des tours guidés permettent aux visiteurs d’entrer en contact avec la culture de la communauté, mais aussi avec la faune locale, principalement les ours et les loups. Le projet a également permis aux Kitasoo/Xai’xais de redécouvrir leurs traditions grâce à diverses initiatives, comme des camps de jeunes, l’enregistrement de l’histoire des aînés de la communauté et la construction de bâtiments dédiés aux rassemblements et à la transmission culturelle.

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Source : Facebook

En plein centre-ville de Vancouver, le Skwachàys Lodge est un hôtel boutique, une galerie d’art et une résidence d’artistes. Construit sur le territoire de la nation Squamish, l’hôtel est géré par la Vancouver Native Housing Society, un organisme à but non lucratif dont la mission est d’offrir des logements sécuritaires et abordables aux autochtones et aux populations « sensibles » de Vancouver (aînés, sans-abris et personnes souffrant de troubles mentaux). Chacune des 18 suites de l’hôtel se veut une installation artistique unique; une hutte de sudation se trouve sur le toit du bâtiment et une salle est consacrée aux purifications spirituelles. chambre-skwachays

Source : Skwachàys Lodge

À mi-chemin entre modernité et tradition, l’Hôtel-Musée Premières Nations à Wendake, au Québec, allie découverte de la culture des Hurons-Wendats et centre de villégiature : hôtel-boutique 4 étoiles, restaurant gastronomique, activités de plein air, rencontres immersives avec la population et la culture locale, musée et centre de santé sont au programme.

Des expériences repensées pour une immersion globale

Véritable destination touristique complète, la Montana Moutain, au Yukon est gérée par la nation Carcross/Tagish et repose sur quatre piliers : le respect de la culture, la protection de l’environnement, le soutien à l’entreprenariat et l’amélioration des conditions de vie de la communauté. Plus de 35 kilomètres de sentiers à usage multiple ont été aménagés pour la pratique du ski, de la raquette et de la randonnée. Mais c’est surtout grâce au vélo de montagne que la communauté a pu se distinguer et devenir une destination de choix pour les amateurs de plein air, notamment en étant désignée Global Mountain Bike Destination of the Year par le Outside Magazine en 2013.

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Source : Montana Moutain

Autre façon de marquer les esprits : s’associer à un produit touristique phare. Aux États-Unis, l’AIANTA a développé un projet particulièrement original le long de la Route 66. Bien que la moitié du parcours mythique traverse des réserves, les visiteurs passent souvent à côté de cette richesse culturelle inédite. Le projet « American Indians & Route  66 », a pour vocation de présenter l’histoire authentique de l’itinéraire et de lutter contre les stéréotypes massivement utilisés dans le passé pour attirer les touristes.

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Source : AIANTA

Ateliers de cuisine, restaurants de qualité, le renouveau du tourisme autochtone semble également passer par la mise en valeur de la gastronomie traditionnelle. En Colombie-Britannique, les Osoyoos ont réussi à atteindre l’autonomie économique, notamment grâce à la création de la première exploitation viticole détenue et gérée par des Amérindiens. De son côté, avec son projet The Sioux Chef, Sean Sherman, de la nation Oglala Lakota du Dakota du Sud, a créé son entreprise de traiteur et a ouvert le Tatanka Truck, un camion de cuisine de rue qui propose des aliments consommés historiquement avant le contact avec les Européens. Il a également théorisé le système alimentaire des premières nations, afin de permettre aux autochtones de dévoiler toute la singularité de la cuisine nord-américaine.

Avec ces initiatives innovantes, fortement ancrées sur le territoire et dans les communautés, le tourisme autochtone constitue un puissant moyen de distinction pour l’offre canadienne.

Image à la une : Destination Canada

 

 

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Produits et activités

Le renouveau des musées

Les changements rapides de nos sociétés poussent les institutions muséales à repenser leurs processus d’accueil et de gestion. Loin d’être une menace, ce contexte dynamique permet au secteur de faire preuve de créativité, de redéfinir ses relations avec le public et de sortir de sa traditionnelle neutralité pour se positionner en moteur de changement sociétal, et inspirer l’ensemble du domaine touristique.

 

 

Surfer sur une vague d’empathie

Que ce soit pour découvrir une culture différente, une pratique artistique émergente ou une époque historique, le musée, dans son essence, invite à la rencontre de l’autre et à la confrontation de perspectives. Grâce à leur façon unique d’immerger les visiteurs au cœur de divers récits, les institutions s’imposent comme de puissants moteurs d’empathie et participent au renforcement des liens sociaux. En 2013, une étude menée au Crystal Bridges Museum of American Art a révélé qu’après une seule visite, les niveaux d’ouverture, d’empathie et de tolérance des participants avaient sensiblement augmenté. Pour que la magie opère, l’accent doit être mis sur la rencontre entre des gens de différentes origines, ethniques ou sociales, et les conditions doivent favoriser la discussion directe avec des étrangers.

Ouvert en 2015, le Empathy Museum est le premier espace d’art itinérant dédié à la compréhension du monde à travers la perspective d’inconnus. Sa mission est d’aborder l’empathie comme vecteur relationnel, mais également comme outil pour penser différemment les conflits, les préjudices et les inégalités mondiales. Sa première exposition, « A Mile in My Shoes », est une boutique de souliers interactive permettant aux visiteurs d’enfiler les chaussures d’une autre personne pour marcher environ 1,5 kilomètre, en écoutant le récit de sa vie.

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Source: Empathy Museum presents: A Mile in My Shoes, photo Cat Lee

Dans le cadre de l’exposition « Genocide: The Threat Continues », les visiteurs du United States Holocaust Memorial Museum pouvaient avoir une conversation en temps réel avec des personnes ayant fui les violences de leur pays d’origine pour trouver refuge en Iraq, en Jordanie ou en Allemagne. Le projet, issu d’une campagne de financement Kickstarter, mise sur l’humanité commune des interlocuteurs pour adoucir les divisions de classe, d’identité ou de culture.

Ébranler les convictions, détruire les barrières

Longtemps inattaquables, les structures judiciaires sont réexaminées et perçues tant comme un moyen de protéger les citoyens que comme des organes créateurs d’inégalité et d’exclusion.

À Johannesburg, le Constitution Hill illustre bien cette problématique. Situé dans une ancienne prison, où des militants tels Nelson Mandela et Gandhi ont été incarcérés, le musée rappelle aux visiteurs que la justice peut être utilisée comme un moyen d’oppression. Si le système de l’Apartheid, alors encadré légalement, est aujourd’hui considéré comme inhumain, qu’en est-il des pouvoirs juridiques actuels?

Le Eastern State Penitentiary museum s’est récemment détaché de sa position habituellement impartiale sur sujet de la réforme du système carcéral américain. Ainsi, l’exposition « Prisons Today. Questions in the Age of Mass Incarceration » s’ouvre sur l’affirmation suivante : « L’incarcération de masse ne fonctionne pas ». En amenant le visiteur à se questionner sur son propre rapport à la légalité, le parcours relativise la notion même de criminalité et appelle à plus d’empathie.

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Source : Prisons Today: Questions in the Age of Mass Incarceration at Eastern State Penitentiary in Philadelphia, PA.

Dans un autre ordre d’idée, nombre de musées ont choisi d’afficher leur soutien aux migrants et réfugiés internationaux, dont la légitimité de la présence dans leur pays d’accueil porte à controverse. En 2016, un projet lancé par le Middlesbrough Institute of Modern Art visait à créer des liens entre les résidents et les nouveaux arrivants. Une exposition issue de la rencontre entre ces deux groupes a été conçue et des actions concrètes ont également été posées pour faciliter l’insertion des migrants (don de nourriture, accès à des ordinateurs, etc.), en partenariat avec les associations locales. Dans cette même perspective d’intégration, le ministère de la Culture allemand a employé comme guides des réfugiés syriens et iraquiens afin que les nouveaux arrivants puissent avoir accès aux collections des musées de Berlin dans leur langue maternelle.

Échouer pour s’améliorer

Le renouveau de l’offre muséale ne se limite pas au contenu des expositions; il passe également par une mutation profonde des structures. La course à l’innovation actuelle pousse les institutions à augmenter leur réactivité et à développer une forte tolérance au risque, aptitudes qui viennent bouleverser une longue tradition de perfectionnisme.

La multiplication de « labs » au sein des musées, tels le Carnegie Museums’ Innovation Studio ou le Met MediaLab, invite les visiteurs et les employés à réfléchir librement sur de nouvelles expériences à développer. Ces initiatives témoignent bien de la volonté des gestionnaires de sortir leurs équipes de leur zone de confort et d’intégrer l’erreur au processus de création du produit final.

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Source: Twitter

Cependant, une culture de l’amélioration continue ne peut être cantonnée à un département et tout le processus doit être repensé. Ainsi, le Minneapolis Institute of Art a décidé de s’affranchir des canevas de gestion classiques pour favoriser la réactivité et l’interaction avec les visiteurs, à toutes les étapes de la création de produits. En formant les cadres séniors à plus de souplesse et en créant de petites équipes indépendantes de la hiérarchie, l’institut a réussi à réduire considérablement les délais de prise de décision et de lancement d’un projet qui, dans le cas des musées, s’étend traditionnellement sur plusieurs années. Le nouveau système a également mis en lumière le fait que les tests sur le public, tout au long du processus, conduisent à une amélioration immédiate de l’offre. Une plateforme numérique récolte dorénavant les commentaires des visiteurs. L’outil a permis d’ajuster certaines expositions déjà en cours et de créer un engagement direct avec le public en intégrant le storytelling à la stratégie de communication globale.

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Source : Minneapolis Institute of Art

Ainsi, pour faire face aux nouvelles attentes des visiteurs, les musées doivent repenser leurs contenus, leurs processus internes et leur façon d’interagir avec leur clientèle. Loin d’être propres au domaine, ces nouvelles orientations pourraient être adoptées avec succès par d’autres secteurs de l’industrie touristique.

Source de l’image à la une: Middlesbrough Institute of Modern Art

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Produits et activités

Rendre son âme à la rue principale

Des programmes structurants

Citoyens, commerçants et élus cherchent à redonner à la rue principale son utilité première d’espace de communication et de rencontre, tandis que les professionnels du tourisme y voient une occasion d’attirer les visiteurs hors des axes routiers principaux.

L’organisme national de bienfaisance Héritage Canada La Fiducie nationale (HCFN) a conçu le programme Rues principales afin d’aider les municipalités à revitaliser durablement leur centre-ville. À l’échelle du Québec, la Fondation Rues principales poursuit le même objectif en favorisant la concertation du milieu.

En portant un regard nouveau sur les richesses de l’environnement à développer, ces deux organismes proposent de tisser des partenariats à long terme entre les différentes parties prenantes. D’un point de vue touristique, l’idée est de faire de ces villages plus que des lieux de passage, mais aussi des espaces de rencontres authentiques avec la population locale et des occasions d’acheter des produits régionaux.

Miser sur les bâtiments symboliques

Le magasin général

À L’Anse-à-Beaufils, le Magasin général Robin, Jones and Whitman propose des expositions et des visites animées par des acteurs qui mettent en scène le quotidien des Gaspésiens du 19e siècle et témoignent du rôle central tenu par les magasins généraux dans la communauté rurale.

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Source: Photographe Cosmos

Le Magasin général Lebrun de Maskinongé n’est pas situé au cœur du village, mais il présente la particularité d’abriter une salle de spectacle à l’ambiance intimiste où les artistes en vogue se succèdent. Le magasin joue la carte de la nostalgie avec ses bonbons anciens, son décor artisanal et sa boutique de Noël.

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Source: Magasin général Lebrun

Ces nouvelles utilisations des magasins généraux les replacent au centre de la dynamique villageoise, permettent une immersion au cœur de l’histoire rurale du Québec et conjuguent patrimoine et considérations pratiques.

La gare

Points de contact avec l’extérieur, les gares des municipalités régionales tiennent une place essentielle dans la dynamique économique et sont souvent classées comme monuments patrimoniaux. En 2014, à la suite d’une entente avec VIA Rail, la ville de La Tuque a acheté sa gare ainsi que celle du village voisin, Parent, pour la somme symbolique de 1$.

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Source: Ici Radio-Canada

La démarche a permis de conserver des bâtiments emblématiques, mais aussi d’y intégrer une structure d’information touristique pour mieux accueillir les visiteurs. Le projet fait suite à une revendication des résidents qui cherchent à dynamiser leur centre-ville par le tourisme tout en facilitant l’accès de leur territoire aux voyageurs.

Les marchés

Traditionnellement, le jour du marché assure une fonction sociale autant qu’alimentaire. Il constitue une occasion de rencontre entre les locaux et les gens de passage. Actuellement, le retour du marché sur la place publique permet de rétablir le commerce de proximité et de valoriser les produits régionaux et artisanaux.

Construit sur un ancien terrain vague, le Marché Dorval, dans cette municipalité, d’abord été un événement temporaire. Vu le succès du projet, un architecte local a construit une structure permanente qui s’harmonise avec les autres bâtiments de la ville. Avec ses kiosques de fleurs, de fruits, de légumes et de produits du terroir, le Marché Dorval embellit la rue principale et dynamise l’économie.

Depuis 2007, les marchés de Noël Joliette-Lanaudière proposent des kiosques de produits du terroir et artisanaux, une maison du père Noël, des animations pour petits et grands, des démonstrations de métiers anciens ainsi qu’un spectacle son et lumière. Les marchés attirent de nombreux touristes de l’extérieur, au plus grand plaisir des commerçants locaux qui connaissent ainsi une seconde saison touristique à une période moins achalandée. Véritable succès, l’initiative est répertoriée parmi les événements d’intérêt sur le site Web du Chemin du Roy.

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Source: Facebook

En plus de favoriser les échanges sociaux et de dynamiser l’économie, la mise en valeur des zones clés de la rue principale, témoin de la culture locale, s’insère de façon cohérente dans le développement des routes touristiques (Chemin du Roy, Route du Paysan, etc.). En effet, des rues principales embellies constituent des points d’intérêt qui valent la peine qu’on s’écarte des grands axes routiers pour suivre les chemins secondaires.

Histoires d’antan et communications d’aujourd’hui

Les succès de revitalisation des rues principales véhiculent une image rassurante pour les investisseurs et positive pour les touristes. Aussi, rien ne vaut une bonne stratégie de communication pour les tenir informés!

Bien que la localité d’Indian Head, en Saskatchewan, compte moins de 2000 habitants, les artisans de sa revitalisation sont particulièrement fiers de leurs réalisations. Les projets achevés et en cours sont affichés sur un site Web, et la page Facebook Indian Head Main Street Revitalization assure une fonction de babillard municipal, communautaire et touristique où sont annoncés les festivals et événements, les jours de marché, les nouvelles de la chambre de commerce et les occasions d’affaires.

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Source: Indian Head Main Street Revitalization

À Contrecœur, des initiatives similaires ont été mises en place. En plus de faire office de centre d’information, le site Web de Rues principales Contrecœur présente les partenaires engagés dans la revitalisation du centre-ville, annonce des formations destinées aux entrepreneurs et affiche diverses campagnes d’incitation à la consommation locale.

 

En rendant son âme d’antan à la rue principale, les acteurs du développement touristique et régional assurent une meilleure répartition des visiteurs sur le territoire, augmentent le sentiment d’appartenance des communautés locales et, par un effet domino, participent à un renouveau économique des milieux ruraux. Avez-vous d’autres exemples de revitalisation réussie?

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Gestion

La photographie encadrée dans les lieux culturels

Le ministère de la Culture et de la Communication (MCC) français vient de publier une charte des bonnes pratiques photographiques dans les musées et les monuments nationaux intitulée Tous photographes!. Issu d’une consultation entre le Ministère, les musées, les centres patrimoniaux et les différents acteurs de la culture, le document ne cherche pas à interdire la prise de photos dans les lieux culturels, mais plutôt à circonscrire les usages afin de respecter tous les visiteurs, le personnel, ainsi que la propriété intellectuelle et la sécurité des œuvres d’art. En plus de limiter les conflits entre usagers, l’initiative s’inscrit dans le virage numérique du MCC en favorisant les bonnes prises de vue et le partage des photographies sur les réseaux sociaux.

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Source: Ministère de la Culture et de la Communication

 

Image à la une: © BY SA NC Palagret

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Produits et activités

Au rythme des promenades sonores

 

 

S’inscrivant directement dans les tendances du tourisme d’expérience et de la recherche d’authenticité, les balades sonores séduisent de plus en plus d’adeptes et les initiatives se multiplient. Le paysage auditif d’une destination semble représenter un véritable atout touristique sur lequel les professionnels doivent miser.

 

Découvrir une destination grâce à ses sons

Bien des destinations possèdent leur identité sonore distinctive. Il suffit de penser aux bruits des cafés parisiens, des taxis à New York, des baleines à Tadoussac ou de la mousson au Vietnam pour en être convaincu. Les balades sonores visent la mise en valeur de ce paysage sensoriel particulier, en petit groupe ou en solo, en utilisant ou non des outils (audioguide, GPS, technologie embarquée d’amplification, etc.).

Les promenades sonores s’adressent à tous les types de public, quels que soient leur âge, leur niveau de vie ou leurs connaissances préalables de l’environnement visité. L’activité est également tout indiquée pour les personnes vivant avec un handicap ou une déficience visuelle.

Chaque visite est unique et authentique, car le touriste se fond dans un paysage sonore préétabli

Le format balade engendre une expérience bien particulière. Les sens sont décuplés par la marche, le promeneur peut interagir avec les membres du groupe ou avec les locaux rencontrés en chemin, et ainsi prendre le temps de découvrir la destination à son rythme. Chaque visite est unique et authentique, car le touriste se fond dans un paysage sonore préétabli. De plus, comme toute expérience multisensorielle, les promenades sonores stimulent la mémoire et prolongent l’impression que le visiteur gardera de la destination. Avec RadioDordogne, le Périgord mise sur les particularités sonores de sa région pour se démarquer.

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Source: RadioDordogne

Ce type d’activité sensorielle permet de préserver un patrimoine fortement identitaire en valorisant d’autres lieux que les sites touristiques traditionnels. Comme ils sont conscients de la fragilité de cette richesse, nombre d’urbanistes et de professionnels du tourisme militent pour une «écologie sonore». 

Les sons, ADN des destinations urbaines

Promenades sonores à Marseille

En 2013, Julie de Muer et la radio associative Radio Grenouille lançaient le projet Promenades sonores autour de 40 balades effectuées au cœur de Marseille et de sa périphérie. En association avec des artistes et les habitants, ces balades amènent les visiteurs à découvrir des quartiers en marge des circuits touristiques classiques.

Source: YouTube

Savant mélange de pistes musicales, de sons urbains et de témoignages, l’initiative s’est fait remarquer par Google. Un partenariat entre le géant américain et Julie de Muer a abouti au développement des Promenades nocturnes. Suivant le modèle des Promenades sonores, le concept invite les curieux à découvrir la ville la nuit. Grâce à Streetview, il n’est pas nécessaire d’être présent physiquement, car il s’agit d’une balade virtuelle. Loin des clichés, l’approche se veut objective: certaines problématiques sociales sont abordées durant les balades, plongeant le visiteur au cœur des réalités de la population.

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Source: YouTube

Stockholm Sounds

L’Office de tourisme de Stockholm a développé un guide touristique mobile inspiré des sons de la ville. L’application Stockholm Sounds entraîne les visiteurs à travers plus de 40 lieux à l’identité sonore particulière, et permet au touriste d’accumuler des points en jouant à des jeux. La plateforme fournit également de l’information et offre la possibilité aux acteurs touristiques (hôtels, restaurants, bars et discothèques, etc.) d’afficher des promotions ou des récompenses pour les joueurs. 

 

Source: YouTube

L’outil favorise le prolongement de l’expérience touristique, notamment en proposant une liste musicale d’artistes suédois intitulée «Stockholm Pre-Party Playlist» à écouter avant, pendant ou après la visite.

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Source: iTunes

Audiotopie: une initiative québécoise

Audiotopie, une coopérative d’artistes, exploite le paysage sonore de Montréal, Laval, Sainte-Thérèse et Brompton, notamment par la réalisation de parcours audio guidés. À titre d’exemple, le trajet «Biotope» permet de découvrir l’histoire et l’environnement du parc de la Rive de Brompton grâce aux sons enregistrés sur place. Si l’auditeur choisit la version géolocalisée, les pistes sonores s’adapteront à son emplacement afin de bonifier son immersion.

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Source: SoundCloud

Écouter la nature

Le Natural Sounds Program des parcs étatsuniens

Le Natural Sounds Program, initiative du National Park Service, a pour mission de souligner l’importance des paysages sonores des parcs et de limiter les intrusions auditives afin de préserver l’expérience sensorielle des visiteurs.

Le projet est concrétisé grâce à de la recherche scientifique, à une réglementation limitant les parasites acoustiques, à des visites guidées et à des enregistrements alimentant une banque d’archives sonores.

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Source: NPS Photo

Le programme s’intéresse aux sons naturels, mais aussi aux bruits culturels (chants amérindiens), historiques (enregistrement du son des canons du Fort McHenry) ou d’origine humaine (avions, motoneiges, etc.). L’idée est de capter toutes les sonorités présentes sur le territoire des parcs.

Observation de la faune

L’application Wild permet aux promeneurs de découvrir en réalité augmentée les espèces d’oiseaux qui peuplent le parc des Buttes Chaumont à Paris. Quand l’utilisateur se balade, un système géolocalisé reconnaît sa position et déclenche une piste audio incluant des chants d’oiseaux et des pièces musicales.

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Source: iTunes

Une des balises de la balade sonore de Pont-Péan, en France, plonge les visiteurs dans l’univers des chauves-souris en leur permettant d’entendre les ultrasons qu’elles émettent, fréquence normalement inaudible pour l’oreille humaine.

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Source: Pont-Péan sons

Randonnées sonores

Dans le parc naturel régional de Millevaches, en France, les Marches sonores invitent le promeneur à se procurer un lecteur MP3 et une carte à l’office du tourisme pour effectuer une balade portant sur le thème de l’eau. Des temps de pause sans casque sont prévus dans l’itinéraire pour que le visiteur puisse écouter librement le milieu qui l’entoure.

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Source: Marches sonores

Depuis 20 ans, le parc naturel régional du Haut-Jura travaille la valorisation de ses Paysages sonores, notamment grâce à un circuit constitué d’une soixantaine d’arrêts répertoriés comme des «points d’ouïe» (panoramas auditifs) ou des «sites ponctuels auriculaires» (points d’écho). Avec ses oreilles simplement ou un instrument de musique s’il le souhaite, le promeneur est invité à profiter pleinement de l’acoustique jurassienne.

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Source: Jura tourisme

Réelle signature identitaire d’une destination, les paysages sonores constituent un produit touristique authentique, distinctif, unique et expérientiel, qui peut être exploité et apprécié avant, pendant ou après la visite. Pourquoi ne pas proposer des enregistrements sonores comme carte postale ou comme cadeau souvenir?

 

Image à la une © Radio Grenouille

Commentaire de Gilles Malatray

Depuis les premières soundwalks de Murray Schafer, orientées vers une pédagogie de l’écoute, et défendant le jeune concept d’écologie sonore, et celles de Max Neuhaus, plus axées sur l’aspect esthétique et la performance artistique, les promenades sonores font s’interroger artistes, chercheurs et parfois aménageurs. Elles ont d’ailleurs pris une importance particulière ces dernières années, étant souvent portées par des courants liés à la création sonore environnementale. Qu’elles soient effectuées à oreilles nues ou à l’aide de dispositifs audio embarqués, guidées et animées physiquement ou en parcours autonomes balisés, ces déambulations auriculaires projettent le promeneur écoutant au cœur du paysage, par une expérience sensible. Ces parcours sonores nous emmènent, de la balade dans une ville, un quartier, un parc naturel, jusqu’à la possibilité d’effectuer un voyage s’appuyant sur la thématique d’une écoute paysagère, au sens large du terme. Nous pouvons y organiser, entre autres, des approches précises liées à l’acoustique des lieux bâtis, à l’acoustique remarquable de sites naturels ou urbains, aux langues et aux modes de vie, au design sonore local, aux arts campanaires, à la lutherie… Nous nous trouvons ici confrontés à une série de postures d’écoute remettant en question à la fois le caractère esthétique, artistique, social et écologique des sons de l’environnement. Ces approches croisées sont propices aux rencontres entre artistes, chercheurs, aménageurs, décideurs politiques et autres professionnels responsables du développement territorial… Par une perception parfois décalée, ou auditivement recentrée sur l’environnement sonore, une approche sensible et jouissive, différentes réflexions, et si possible des actions naissent de ces marches et démarches. La valorisation d’un lieu, qu’il soit naturel, rural, périurbain ou urbain, par des organismes ou des institutions ayant la responsabilité de communiquer autour de l’image d’un territoire, trouve alors des outils pour mettre en place un tourisme culturel axé sur des ressources auriculaires. L’écoute, et par celle-ci les sources sonores mises en valeur, dans un cadre n’étant pas forcément celui de concerts ou d’événements musicaux, devient alors un geste opérant comme un levier médiatique original, inouï, pour attirer les visiteurs, voire les habitants potentiels, les entreprises…

Pour aller au-delà de cette médiation, la prise en compte des sons dans une approche environnementale, notamment par les balades et les parcours d’écoute peuvent, dans le meilleur des cas, devenir de vrais outils prospectifs. Analyser un territoire en le parcourant de l’oreille, en déceler ses fonctionnements comme ses dysfonctionnements, préserver des points d’ouïe qualitatifs, modéliser des lieux d’écoute esthétiques, équilibrés, bref, prendre en compte, en amont d’aménagements, une recherche qualitative des ambiances sonores dans la construction territoriale est un objectif important pour la qualité de vie. Ces promenades sonores permettent de rassembler, dans un premier temps, un panel d’acteurs engagés à la valorisation et à l’aménagement du territoire, dans un geste collectif fédérateur, consistant à porter sur le territoire, par l’arpentage au rythme des pas et des sons, une oreille sensible, critique et constructive. Ce n’est certes pas encore chose courante, mais souhaitons que cette démarche entre progressivement dans le champ des pratiques usuelles.

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Marketing

Quand la culture devient une marque

 

Sous ses formes multiples, la culture ne manque pas d’atouts pour attirer les visiteurs. Pourtant, la concurrence avec les autres produits touristiques est rude et, pour se démarquer, les acteurs culturels doivent utiliser les mêmes outils marketing que leurs concurrents. La notion de marque entre progressivement dans leur stratégie et transforme l’offre en symbole reconnaissable par tous.

 

Culture et marketing territorial

Sur le marché international, les villes bataillent ferme pour attirer aussi bien les touristes que les investisseurs. Pour se démarquer, mégalopoles et agglomérations plus modestes optent pour une stratégie de communication qui reprend le code du développement de marque: symbolique forte, identification immédiate, logos soignés, présence sur les réseaux sociaux et dans les salons internationaux, partenariats étudiés, etc.

Pour être percutant, le message doit véhiculer l’image d’une bonne qualité de vie et présenter la ville comme un pôle de culture et d’innovations, tout en incorporant ses caractéristiques historiques et actuelles. En 2009, Trois-Rivières a lancé la campagne T-RÈS Trois-Rivières, articulée autour des différentes expériences de visite offertes: TRÈS culturel, TRÈS mémorable, TRÈS gourmand, etc. À grand renfort d’affichages, de vidéos créées par de jeunes réalisateurs et de présence sur les réseaux sociaux, la marque a gagné l’adhésion de la population locale et a réussi à transformer positivement la perception des touristes sur la destination.

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Source: Tourisme Trois-Rivières

Parallèlement à une campagne globale, certaines villes ont choisi de miser sur l’attrait culturel de quartiers emblématiques. Le nom de Broadway évoque à lui seul le foisonnement des théâtres qui accueillent les pièces à succès et les comédies musicales du moment. Le site Internet Broadway.com se présente comme un véritable outil de découverte de destination avec ses suggestions d’hôtels, sa liste de restaurants, sa boutique, sa plateforme de réservations et son espace dédié aux groupes.

À Montréal, le Quartier des spectacles constitue un fort pôle d’attraction touristique. Avec son slogan «1 km2 d’émotions» et son logo représentant une lumière de projecteur rouge, référence à l’ancien Red Light, le secteur dégage une image de fourmillement culturel et d’expériences touristiques diverses.

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Source: Quartier des spectacles

Transformer la communication de la ville en image de marque nécessite une concertation avec le public, les organes décisionnels, les associations, les acteurs économiques et les gestionnaires d’infrastructures (aéroport, salles de spectacles, etc.)

Vendre les marques muséales

Développer une stratégie globale

Pour Mark Walhimer, consultant en planification muséale, la construction d’une marque dépasse la simple élaboration d’un slogan et d’un logo. Selon lui, la marque constitue la structure même du musée et doit englober les aspects suivants:

  • La façon de mobiliser, d’engager sa communauté et d’interagir avec elle;
  • Le contenu des collections;
  • La recherche;
  • Les volets éducatifs;
  • L’évaluation des expositions;
  • Le marketing et la communication;
  • Les expositions.

L’internationalisation des institutions

Depuis quelques années, les grands musées ont unanimement adopté une stratégie d’internationalisation. Le Guggenheim a ouvert une succursale à Bilbao, le Louvre s’est implanté à Abu Dhabi, les collections de l’Hermitage de Saint-Pétersbourg circulent dans ses antennes de Londres et d’Amsterdam, et le Centre Pompidou ouvrira en 2015 un musée provisoire à Malaga, en Espagne. Cette stratégie permet d’accroître la visibilité des expositions à l’international, mais aussi et surtout celle de l’établissement culturel. Le public se déplace avant tout pour voir les œuvres de ces musées mythiques sans avoir à se rendre à destination. L’initiative génère également des profits: la ville de Malaga versera au Centre Pompidou une redevance d’un million d’euros par année, plus le gain provenant de la vente des billets d’entrée. La ville hôte bénéficie quant à elle de cette stratégie de diversification en attirant plus de touristes, surtout dans le cas d’événements éphémères comme celui de Malaga.

Des campagnes soignées

Applications, bandes-annonces d’expositions, affichage audacieux; les musées mobilisent toutes leurs forces créatives pour faire parler d’eux. Plus que les expositions, ce qui est mis de l’avant, c’est l’inventivité du musée, sa marque de fabrique.

Dans un centre commercial d’Amsterdam, le Rijksmuseum a organisé une performance proche du happening artistique: des acteurs ont reconstitué le tableau La Ronde de nuit de Rembrandt, une des pièces maîtresses du musée. La vidéo de la prestation, visionnée plus de 5 millions de fois sur YouTube, est devenue un phénomène viral à l’échelle mondiale.

Source: YouTube

En lien avec la thématique de l’exposition «The Way of the Shovel: Art as Archeology», la campagne du Museum of Contemporary Art de Chicago se basait sur le principe des jeux à gratter et permettait aux passants de se glisser dans la peau d’archéologues. La surface des affiches publicitaires pouvait être grattée, révélant des œuvres de l’exposition.

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Source: Clic France

Les festivals, nouveaux produits marketing

Les festivals cèdent également à la tentation de l’internationalisation. Après les États-Unis, le festival belge Tomorrowland décline son concept au Brésil. Unis sous le fameux logo en forme de papillons, les trois événements véhiculent la même ambiance avec leurs scènes monumentales et leurs artistes de musique électronique de renommée internationale..

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Source: Tomorrowland

À l’image de Coachella ou du Burning Man, plusieurs festivals proposent dorénavant bien plus que des spectacles de plein air: campings originaux, espaces de jeux, expositions d’art, hamacs et spas viennent compléter l’offre et transforment ces événements en véritables lieux de divertissement pour adultes.

L’identité des festivals de musique qui ciblent la génération Y devient tellement forte qu’elle est associée à une façon de s’habiller. Les vedettes du cinéma, de la chanson et de la mode sont parrainées par les maisons de couture pour porter leurs vêtements, et la garde-robe des festivaliers ne sera pas la même s’ils participent au festival de Glastonbury ou au festival Osheaga.

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Source: Vogue

Pour prolonger leur existence et multiplier les occasions de faire parler d’eux, certains festivals choisissent de mener des actions en marge de leur événement principal. C’est le cas du OFF Festival de Sherbrooke. Produit par la Corporation du Printemps musical de Sherbrooke, la manifestation se déroule parallèlement au Festival des harmonies et orchestres symphoniques du Québec et vise un public plus large avec ses concerts gratuits et ses ateliers de musique.

Bien que les puristes regardent d’un œil méfiant l’entrée massive de la stratégie de marque dans le monde de la culture, il s’agit peut-être du nouveau moyen à mettre en œuvre pour devenir (ou rester) un incontournable des destinations touristiques.

 

Image à la une: lg2 boutique

Analyse réalisée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel