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Quand le tourisme spirituel prêche pour sa paroisse

Au Québec comme ailleurs, le «tourisme spirituel» fait de plus en plus d’adeptes. Jeunes ou vieux, croyants ou non, hommes et femmes, seuls ou en couple, ils sont de plus en plus nombreux en quête de silence et de beaux paysages où se ressourcer. Et, pour les accueillir, bon nombre de communautés et de monastères proposent aujourd’hui des séjours de quelques jours, avec ou sans prières. Ce phénomène représente cependant une manne financière qui pourrait sauver abbayes et régions.

Au Québec, en novembre dernier, une nouvelle circulait à l’effet qu’un consortium d’organismes des milieux de l’éducation, du tourisme, de la culture et de l’industrie agroalimentaire désirait acheter l’abbaye cistercienne Notre-Dame du Lac à Oka, pour y poursuivre l’oeuvre des pères trappistes, et ce, dans le plus grand respect de l’intégrité architecturale et paysagère du domaine.

La proposition envisageait la cohabitation de plusieurs activités souvent complémentaires, comme:

  • les arts et la culture: création d’un centre d’interprétation et de préservation du patrimoine par l’organisation d’événements artistiques (concerts, etc.);
  • la formation: mise en place d’entreprises-écoles (sur le modèle du compagnonnage) ou de programmes d’insertion en milieu de travail;
  • l’agriculture et la transformation alimentaire: implantation d’un centre de recherche en agriculture et développement d’une vitrine de produits régionaux (comme ceux de la pomme, le fromage Oka, etc.);
  • et, bien sûr, le tourisme: accueil de groupes pour des réunions d’affaires et des congrès, hébergement pour des retraites spirituelles et aussi organisation et hébergement lors de randonnées de ski de fond (avec souper et nuitée au monastère).

Un tourisme en quête de spiritualité

Alors que les églises se vident à l’heure de la messe, celles-ci font le plein de touristes quand vient le temps d’admirer patrimoine et art du sacré. Paradoxalement, l’oratoire Saint-Joseph se classe au troisième rang des sites les plus visités à Montréal (derrière le Casino et le Vieux-Port), avec deux millions de visiteurs par an. Quant à la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, elle attire annuellement 1,5 million de pèlerins.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’ermitage Saint-Antoine de Lac-Bouchette célébrera son centenaire en 2007. Ce site religieux est le quatrième sanctuaire en importance au Québec. Chaque année, il reçoit des milliers de visiteurs et de touristes.

À l’abbaye bénédictine de Saint-Benoît-du-Lac, près d’Austin dans les Cantons-de-l’Est, l’hôtellerie affiche très souvent complet. Située aux pieds du lac Memphrémagog, cette abbaye accueille des personnes, hommes et femmes, de toutes les religions, ainsi que des non-pratiquants. L’abbaye constitue un site touristique majeur puisqu’elle attire de 100 000 à 200 000 visiteurs par an (soit 1000 à 2000 personnes par semaine, en saison estivale). Certains viennent pour la messe, d’autres pour le repos, d’autres encore pour goûter au fromage et au cidre de pomme fabriqué par les moines à l’abbaye même.

Alors, que ce soit par simple curiosité, pour apprécier la richesse patrimoniale, pour des motifs spirituels, pour assister à un événement particulier, ou pour trouver calme et repos, le nombre de visiteurs ne cesse de croître.

Maredsous, Orval, et les autres

La Belgique compte de très nombreuses abbayes. Celles-ci, de par leurs missions touristique et agroalimentaire, participent activement au développement économique de leur région.

Dans la région de Namur, l’abbaye de Maredsous, un monastère fondé au XIXe siècle, est non seulement un haut lieu du tourisme belge, mais aussi la principale attraction touristique de la région. Ces lieux sont très courtisés par de nombreux touristes à la recherche de quiétude et de ressourcement naturel. En 2004, on y évalue d’ailleurs le nombre de visiteurs à plus de 400 000.

La survie de l’abbaye est assurée tant par les redevances perçues sur la commercialisation des produits qu’ils fabriquent (comme la bière et le fromage) que par les visites touristiques organisées. Mais, la vente des produits du terroir ne suffisant pas à assurer l’indépendance financière, les responsables du centre d’accueil de l’abbaye ont décidé, depuis quelques années, d’y ajouter un programme d’animations payantes (expositions temporaires, pièces de théâtre, festivals, etc.).

Le centre d’accueil attenant (Centre Saint-Joseph) permet la dégustation de leurs spécialités traditionnelles, comme le pain, le fromage, la bière et les produits du terroir. Des visites guidées de l’abbaye et de son atelier de céramique sont organisées pour des groupes de vingt personnes. On y organise également des expositions temporaires (sur la fabrication du fromage et de la bière, par exemple) ainsi que des projections cinématographiques qui présentent la vie des moines et l’histoire de l’abbaye.

Dans le sud-est du pays, l’abbaye Notre-Dame d’Orval se présente comme un ensemble d’un type particulier qui regroupe, tel un village, des zones bien distinctes, comme:

  • l’église et le cloître, ainsi que les anciennes ruines;
  • l’hôtellerie: à la recherche de ressourcement et de repos spirituel, les visiteurs, hommes et femmes, peuvent y loger pour une durée de 2 à 7 jours, seuls ou en groupe. Les hôtes sont alors invités à participer à la prière, ainsi qu’à des périodes, animées par un frère de la communauté, où ils peuvent littéralement «faire le plein»;
  • les ateliers: de nombreuses activités économiques assurent la pérennité financière de l’abbaye, et ce, dans bon nombre de secteurs de travail, par exemple un atelier de manutention, l’exploitation des produits de la forêt, l’entretien du site et des bâtiments, sans oublier les multiples services et tâches que nécessite la communauté (cuisine, buanderie, infirmerie, bibliothèque, etc.);
  • la fromagerie;
  • la brasserie: pour des personnes associées au secteur brassicole, qui ne se visite que de manière limitée et sur rendez-vous;
  • le musée pharmaceutique: qui organise des visites de groupe guidées, en quatre langues.

Les nombreux travaux de reconstruction et de préservation sont financés par les produits locaux. La brasserie est d’ailleurs le principal employeur de la région. Selon la coutume cistercienne, la communauté d’Orval vit de ses activités, dont le tourisme prend une grande part.

Citons également, entre autres, l’abbaye de Villers-la-Ville, le monastère Saint-André de Clerlande, l’abbaye de Scourmont, l’abbaye de Stavelot, l’abbaye de Floreffe, l’abbaye Notre-Dame de Leffe

.

Bref, alors que partout en Occident les traditions religieuses historiques luttent contre une désaffection notoire du culte et un déficit de ressources humaines et matérielles, on constate un intérêt particulier pour le tourisme spirituel.

Cette nouvelle forme de tourisme génère des retombées économiques non négligeables, tant pour la survie du monument historique même et de ses résidants que pour le développement local. En zone rurale, le rôle économique du patrimoine est d’ailleurs souvent important, car il permet aux prestataires touristiques régionaux d’offrir un produit global (hôtels, gîtes, chambre d’hôtes, restaurants, caves de dégustation, économusées, vitrine agroalimentaire, etc.), et ce, en toutes saisons.

Et qui dit développement économique dit création d’autres activités aux abords du site et, bien sûr, création d’emplois.

Sources:

– Baillargeon, Stéphane. «Un projet pour Oka», Le Devoir, 22 novembre 2005.
– Berger, François. «Le « tourisme spirituel » en hausse», La Presse, 12 juin 2002.
– Désiront, André. «Sur le chemin des sanctuaires», Le Soleil, 23 avril 2005.
– La Presse Canadienne. «L’Ermitage Saint-Antoine accueille chaque année des milliers de pèlerins», 18 juillet 2005.
– Les Cahiers Espaces. «Tourisme religieux», mars 1993.
– Mussot, Raphaëlle. «Monastères et tourisme: enjeux d’une mise en tourisme d’un patrimoine spécifique», Faculté d’anthropologie et de sociologie, Université Lumière Lyon 2, mémoire de DESS, 1998, 97 pages.
– Nouaille, Martine. «De pèlerinages en pardons, le tourisme spirituel en plein essor», Agence France Presse (AFP), 13 août 2003.
– Office des congrès et du tourisme du Grand Montréal. «Étude sur le potentiel touristique du patrimoine religieux montréalais», Rapport final, août 1995.
– Perreault, Mathieu. «Le tourisme religieux a le vent dans les voiles», La Presse, 13 juillet 2005.
– Pirlot, Ronald. «Maredsous – L’abbaye, halte verte prisée par 400 000 visiteurs chaque année», Le Soir, 18 mai 2005.
– Téoros. «Tourisme, religion et patrimoine», vol. 24, no 2, été 2005.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Reconversion des silos à grain: joindre l’utile au visuel

Depuis longtemps, la ville de Montréal se demande quoi faire avec l’élévateur à grain (aussi appelé silo no 5) qui se trouve dans le Vieux-Port. Déclaré patrimoine historique, il est convoité tant par les artistes que par les architectes. Mais comment peut-on recycler ce bâtiment tout en préservant son histoire? Quelles ont été les solutions dans d’autres pays dans des situations semblables? Visitons ensemble ce qu’ils sont devenus: des sites d’interprétation, des stationnements étagés, des bibliothèques, des hôtels, des résidences privées, des salles de spectacles, des bureaux, des musées ou, pourquoi pas, des casinos?

Menacé de disparition en 1996, l’élévateur à grain no 5 situé dans le Vieux-Port (près des rues Mill et de la Commune) est maintenant considéré comme «patrimoine historique» de la ville. Maintes fois utilisé comme décor dans des productions cinématographiques, celui-ci n’a cessé de susciter l’intérêt des milieux immobilier et touristique.

À l’été 2000, le silo no 5 a été l’hôte d’une expérimentation musicale: le «silophone». Deux musiciens, ayant découvert qu’il était possible de créer un effet d’écho en envoyant un son dans un des silos, y avaient installé un système complexe de microphones. Cette expérience musicale est encore offerte aux internautes à partir d’un site Web.

En 2003, cinq étudiants au MBA en immobilier de l’UQAM avaient proposé de convertir le silo en condominiums et en condotels, d’y ajouter un observatoire, un centre d’interprétation, un restaurant et une salle multifonctionnelle.

Voici quelques idées de projets et d’aménagements.

Aux États-Unis

En Ohio, le silo à grain d’Akron, souvenir de la compagnie Quaker, a été converti en hôtel: le Crowne Plaza Quaker Square.

D’une hauteur de 36 mètres, il abrite, depuis 1980, plus de 140 chambres, un centre de congrès et des salles de réunions, des magasins, un centre de conditionnement physique et une piscine chauffée.

À Buffalo, dans l’État de New York, on a transformé un ancien silo en centre d’interprétation industriel. Des excursions en bateau et des visites guidées y sont organisées pour y observer le procédé d’entreposage de la farine, des céréales, du malt, etc.

En France

Le silo à blé d’Arenc, bâtiment rectangulaire de 16 000 mètres carrés construit sur pilotis en 1926, est situé au port de Marseille. Un temps menacé de démolition, il fait maintenant l’objet d’un programme ambitieux de reconversion. En effet, devant l’importance de conserver certains édifices industriels dans la genèse de l’architecture contemporaine, la ville a décidé de lui donner une nouvelle vie.

En 1996, à la suite d’un appel d’offres, six projets avaient été déposés. Trois d’entre eux avaient alors été estimés recevables, soit la reconversion en un stationnement étagé, en un espace océanographique jumelé à un hôtel de 45 chambres et, enfin, le projet primé, la reconversion en une salle de spectacles de 2000 places, complétée par un restaurant panoramique et des espaces à bureaux.

Le financement, de l’ordre de 30 millions de $CA, est assumé à 36% par la Ville, 18% par le Fonds européen de développement régional (FEDER) et 46% par le secteur privé. Les travaux sont en cours et son ouverture est prévue pour 2007.

Aux Pays-Bas

Depuis 2000, l’architecte Winka Dubbeldam travaille sur un projet de revitalisation d’une zone portuaire de Rotterdam: The MaasHaven Towers.

Sur un quai désaffecté se trouve un immense silo à grain qu’il s’agissait de reconvertir en bureaux et en logements. Exemple notable d’architecture industrielle des années 1930, le bâtiment sera conservé, pour une part, et abritera des bureaux. Le volume de stockage du grain sera transformé en une vaste cour où s’organiseront des programmes sportifs (tennis, piste de course, club de fitness). Des logements, construits sur le socle en béton du silo au moyen d’un système de panneaux modulaires métalliques, fermeront l’arrière de la cour. En parallèle de la jetée, trois hautes tours en porte-à-faux au-dessus de la rivière abriteront des appartements à deux étages.

Au Danemark

Les Seed Silos, deux anciens silos portuaires de Copenhague, ont été reconvertis en 86 appartements d’environ 100 m². Le coeur de ces bâtiments cylindriques est devenu un atrium-lobby éclairé par un toit de verre. Celui-ci dessert les différents appartements qui ont été disposés tout autour de l’édifice, les ouvrant ainsi sur le port et la ville de Copenhague.

A proximité, l’ancien silo de Wennberg accueillera également 130 appartements.

En Argentine

En Argentine, 18 silos à grain de Los Silos de Dorrego de Buenos Aires ont été transformés en 150 lofts haut de gamme, avec un centre communautaire, un solarium, des installations sportives et un stationnement pour 160 véhicules.

Sources:

– Dupaul, Richard. «Le silo no 5 près du Vieux-Port suscite de l’intérêt», La Presse, 20 juillet 2005.
– Lamarche, Bernard. «Un dernier hommage à une ruine moderne», Le Devoir, 16 mai 2005.
– Maynard, Nigel F. «America’s housing designers discovers a global market for their skills – Archi-Tectonics Designs New Project», Residential Architect, août 2003.
– Société du Havre de Montréal. «Silo n° 5 – Valeur inexploitée», (sans date).

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Montréal, futur havre de plaisance pour les touristes, travailleurs et riverains

Le 13 septembre dernier, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, dévoilait officiellement un ambitieux plan de développement qui s’échelonnera sur les vingt prochaines années. Parmi les 130 projets proposés, la Ville continue d’aller de l’avant avec le projet de développement du Havre de Montréal. En quoi consiste ce projet et que représente-t-il pour l’industrie touristique?

D’ici 2025, Montréal entend réaliser des investissements qui pourront atteindre trois milliards de dollars par année sur une période de 20 ans (soit 60 milliards de dollars au total) dans le développement et la création d’une bonne centaine de projets d’envergure en lien avec la culture, le transport en commun, l’éducation, etc.

Outre le développement urbain, la mise en place de pôles universitaires et économiques, l’aménagement des abords de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau et l’implantation d’une navette ferroviaire desservant l’aéroport de Dorval, le prolongement de l’autoroute 25, ainsi que la création d’un centre de foires commerciales, la Ville continue à progresser avec le projet de développement du Havre de Montréal.

Le Havre de Montréal consiste en une zone d’une superficie de 10 km2 comprise entre les ponts Champlain et Jacques-Cartier, incluant les îles du parc Jean-Drapeau, soit 31 km de berges. Elle couvre trois arrondissements: le Sud-Ouest, Verdun et Ville-Marie.

Un investissement de 8 milliards de dollars est prévu pour ce projet qui comprend:

  • la réappropriation du fleuve et de ses berges (valorisation du Saint-Laurent et développement de son potentiel nautique de manière à rendre son accès public);
  • l’amélioration de l’image de la principale porte d’entrée au Centre (animation du parcours des rues et développement d’activités urbaines diverses);
  • la réhabilitation de grands sites contaminés;
  • la mise en valeur d’un patrimoine bâti et naturel exceptionnel;
  • le développement résidentiel (avec un potentiel de 12 500 unités);
  • le développement commercial et de grands équipements (avec un potentiel de plus de 1,9 million de m2);
  • l’aménagement des quatre principaux axes routiers qui descendent vers le fleuve;
  • la rationalisation des aires de stationnement;
  • l’aménagement de pistes cyclables;
  • le dégagement du bassin Peel, véritable charnière pour les différents plans d’eau;
  • la préservation du silo no 5, témoin historique de l’industrie agroalimentaire passée;
  • l’intégration d’un volet de «développement durable»; etc.

Du côté des transports, si la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) obtient le financement souhaité, l’Agence métropolitaine de transport (AMT) pourrait enfin réaliser les nombreux projets d’expansion qu’elle a projetés d’ici 2012. Afin de relier les différents points d’intérêt touristiques et les hôtels, l’AMT étudie l’ajout de 73 circuits d’autobus supplémentaires, 90 km de voies réservées, six terminus, 6000 nouvelles places de stationnement incitatif, ainsi que le déploiement de trois nouveaux express métropolitains.

Par ailleurs, la Ville ausculte l’intégration d’une desserte en transport collectif efficace qui relierait l’aéroport de Dorval au centre-ville et à la rive Sud par la construction de carrefours intermodaux (trains légers, métro). Elle a aussi l’intention de remettre sur la table un projet qui stagne depuis plusieurs années, soit celui d’étendre un train de banlieue vers les villes de Mascouche et de Repentigny.

De nombreux promoteurs sont impliqués dans ce mégaprojet, tout comme les gouvernements du Canada et du Québec, la Ville de Montréal, l’Administration portuaire de Montréal, la Société du Vieux-Port de Montréal, ainsi que d’autres promoteurs du secteur privé.

La Société du Havre de Montréal, organisme sans but lucratif né à l’issue du Sommet de Montréal grâce à l’appui financier des trois paliers de gouvernement, travaille depuis plusieurs années sur le projet d’aménagement d’espaces urbains ainsi que sur un plan de développement et d’aménagement pour le Havre. Elle est aussi responsable de la mise en oeuvre d’une stratégie de financement.

Ce projet d’envergure titanesque, s’il voit le jour, représentera une aubaine pour l’industrie touristique, car il permettra la mise en valeur de nombreux projets récréotouristiques et l’augmentation de l’achalandage des visiteurs sur les divers lieux de divertissement grâce à une meilleure desserte de transport.

La mise à niveau des quais récréotouristiques (Alexandra, de l’Horloge et King Edward) en une seule et même zone de loisirs et de détente rivalisera avec le développement des îles Sainte-Hélène et Notre-Dame (vélo, patin à roulettes, course à pied, baignade, déjeuner sur l’herbe, kayak, canot, pédalo, randonnées pédestres, ornithologie, le tout, à deux pas du centre-ville).

Si tout se déroule comme prévu, cette nouvelle vision devrait être porteuse de retombées touristiques importantes. Il s’agit là d’un investissement majeur qui permettrait de créer un véritable pôle de développement touristique donnant enfin à Montréal la possibilité de rivaliser avec d’autres grandes villes comme Toronto.

C’est également un projet qui comporte un volet industriel important puisqu’il prévoit intégrer les entreprises agroalimentaires situées dans le Sud-Ouest et élargir la vocation du Techno Parc.

Cure de rajeunissement pour le Vieux-Port

En parallèle, dans le Vieux-Port, d’autres aménagements verront peu à peu le jour, comme:

  • le réaménagement des secteurs de l’Esplanade et de la Promenade pour leur conférer une signature urbaine distinctive;
  • la mise en valeur de la zone des Écluses et du quai Alexandra;
  • l’aménagement paysager du parc des Écluses et la mise en lumière du silo à grain;
  • la restauration de la tour des Convoyeurs (quai des Convoyeurs);
  • le parachèvement du bâtiment du Centre des sciences;
  • la consolidation des activités artistiques et culturelles du quai Jacques-Cartier;
  • la mise en valeur et la restauration du quai de l’Horloge.

Consultations publiques

À noter que chacun des 130 projets sera documenté sur le site Web de la Ville afin que les citoyens puissent consulter l’état d’avancement de ceux-ci. Dans certains cas, la Ville sollicitera la participation des citoyens et des partenaires afin de débattre des projets.

Du 20 mai au 4 juin dernier, une commission de consultation publique a par ailleurs sillonné le territoire de la CMM afin de recueillir commentaires et opinions sur ce que sera le Grand Montréal en l’an 2025.

Voir aussi

– Reconversion des silos à grain: joindre l’utile au visuel
– La «ville ludique»: nouvelle destination touristique
– Société du Havre de Montréal
– Cap sur le monde, Vison 2025

Sources:

– Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). «Cap sur le monde, Vision 2025; document d’énoncé», dévoilé en septembre 2005.
– Dubuc, André. «60 milliards pour construire le Montréal de demain», Les Affaires, 17 septembre 2005, p. 48.
– Dumont, Jean-Guillaume. «Un avenir prometteur, si l’argent suit », Le Devoir, 19 mars 2005.
– Tourisme Montréal. «Plan de développement touristique de Montréal 2003-2010», novembre 2003.
– Ville de Montréal. «Imaginer – Réaliser Montréal 2025; Un monde de créativité et de possibilités», septembre 2005.
– Ville de Montréal. «Premier plan stratégique de développement durable de la collectivité montréalaise», avril 2005.
– Ville de Montréal. «Plan de transport de Montréal, vision et objectifs», 14 mars 2005.

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Je me souviens: le tourisme de mémoire

Châteaux, forteresses, villes fortifiées, champs de bataille, cimetières et columbariums constituent autant d’endroits qui reflètent notre histoire. Le «tourisme de mémoire» invite le public à découvrir ce patrimoine.

Certains sites historiques ne présentent aucun attrait visuel et ne prennent de valeur patrimoniale que parce qu’ils sont associés à un personnage ou un événement particulier, comme la maison du général de Gaulle à Lille, les cimetières militaires de Picardie, les plages du débarquement en Normandie, les camps de concentration allemands, les plaines de Waterloo en Belgique ou les plaines d’Abraham au Québec.

Le tourisme dit «de mémoire» sert donc à découvrir un lieu où s’est jouée une part de l’histoire nationale. Il fait oeuvre de culture et d’éducation. Il répond surtout à une nécessité, celle de se souvenir.

 
Québec et ses fortifications

En France, le souvenir se porte bien

En France comme en Europe en général, on constate, depuis quelques années, une demande croissante pour ce type de tourisme. Tant et si bien que le ministère de la Défense, en partenariat avec les collectivités locales et les ministères de la Culture et du Tourisme, a décidé d’en faire un enjeu touristique et économique. Cette démarche possède également des objectifs culturels, pédagogiques et civiques.

En février 2004, Léon Bertrand, secrétaire d’État au Tourisme, et Hamlaoui Mekachera, secrétaire d’État aux Anciens Combattants, ont signé une convention, Tourisme de mémoire, portant sur l’aménagement touristique (information en plusieurs langues, mise en réseau, stationnement, etc.) et la promotion de ces sites.

Cette convention met en exergue la valeur touristique des sites de mémoire, en France et à l’étranger (par l’intermédiaire de Maison de la France), notamment dans les zones ne disposant pas toujours d’attraits touristiques majeurs.

Citons par exemple, le site Web Chemins de mémoire, instauré par le secrétariat d’État aux Anciens Combattants, qui a été créé pour guider les touristes au travers des différents sites patrimoniaux de notoriété nationale et internationale. Ces chemins s’articulent autour de quatre thématiques principales, soit la fortification du 16e au 20e siècle, la guerre de 1870-1871, la guerre de 1914-1918 et la Seconde Guerre mondiale.

Une demande en croissance

Et même si les acteurs du milieu du tourisme déplorent un manque de statistiques précises concernant les amateurs de tourisme de mémoire, on note un intérêt certain pour ce type de produit, tant dans l’industrie que dans la population.

En septembre 2004, une enquête Ipsos-Le Figaro Magazine démontrait le goût des Français pour leur patrimoine culturel. Près de la moitié des personnes interrogées avaient, par exemple, visité un musée ou une exposition cette année-là. Les seniors, en famille ou en groupe, sont particulièrement friands de cette forme de tourisme.

Une volonté de rajeunir le public pour transmettre le souvenir existe bel et bien. Elle s’exprime notamment dans la recherche d’une interprétation plus adéquate (discours et présentation).

Le tourisme de mémoire sur les bancs d’école

Cette volonté se traduit également au niveau de la formation. En effet, l’Université de Nancy 2 (IUT Nancy-Charlemagne) dispense une licence professionnelle en Développement et protection du patrimoine culturel, tourisme de mémoire.

Celle-ci vise à répondre aux besoins actuels des acteurs du développement local, régional et du tourisme, la mémoire – sous ses différentes déclinaisons (de guerre, industrielle, naturelle, etc.) – s’y présentant comme un axe de développement local.

Les titulaires de cette licence seront aptes à mettre en place des projets de développement local en adéquation avec le thème traité, mais aussi en cohérence avec le marché. Disposant de connaissances de l’histoire, des territoires, de la conduite de projet et de marketing du tourisme, ces personnes devront effectuer l’analyse d’une situation avant de proposer une stratégie de valorisation touristique.

 


Le fort de Chambly (Québec)

Au Québec, je me souviens

Ce développement du tourisme de mémoire ne se limite pas à la France. On le retrouve également au Congo, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et… au Québec.

L’an dernier, un projet d’itinéraire culturel de la Nouvelle-France a vu le jour en complément à l’Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France (www.memoirenf.cieq.ulaval.ca). Pour faciliter la compréhension de l’expérience coloniale française en Amérique du Nord et pour assurer un développement local et durable, il propose une mise en relation des lieux de mémoire, des ressources et des partenaires.

Il existe chez nous de nombreux sites historiques importants, comme:

  • la ville de Chambly: ville riche d’histoire et de patrimoine puisqu’elle constitue un des premiers lieux de peuplement au Québec. Elle possède sur son territoire deux sites historiques nationaux, soit le canal et le fort de Chambly. Tous les ans, elle y accueille plus de 300 000 visiteurs, plaisanciers et cyclistes.
  • Grosse-Île et le mémorial des Irlandais: ancienne porte d’entrée de l’immigration au Québec, du début du 19e siècle jusqu’à la Première Guerre mondiale.
  • Québec et ses fortifications: Québec est la seule ville en Amérique du Nord à avoir conservé ses fortifications. Ce lieu historique raconte l’histoire militaire de la ville sur plus de trois siècles.

Plusieurs avenues s’offrent aux partenaires touristiques pour la mise en valeur de ces sites, entre autres:

  • la création d’itinéraires axés sur des thématiques fortes, telles que les fortifications, la traite des fourrures, l’immigration, etc.;
  • la promotion de ces circuits par différents moyens: site Internet, dépliants, brochures, cartes postales, fiches historiques, bibliographies, relevés géographiques, ouvrages biographiques, etc., élaborés avec des partenaires locaux ou régionaux;
  • l’intégration de ces lieux dans des rendez-vous culturels (fêtes de la musique, journées du patrimoine, expositions, concours, etc.);
  • l’organisation de commémorations officielles;
  • l’accentuation de leur vocation pédagogique et la sensibilisation des jeunes par la création de partenariats avec le ministère de l’Éducation et les commissions scolaires, par exemple;
  • la collaboration avec les collectivités locales, les différentes institutions et les acteurs culturels de la région (musées, centres d’interprétation, etc.);
  • etc.

Bien qu’il soit relativement récent, le patrimoine culturel et historique québécois offre une belle diversité. Déjà, plusieurs acteurs contribuent, à des degrés divers, à sa conservation et à sa mise en valeur… parce qu’au Québec, on se souvient!

Voir aussi

Chemins de mémoire 
Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France
IUT Nancy-Charlemagne
Musée virtuel de la Nouvelle-France

Sources:
– Institut Charles de Gaule charles-de-gaulle.org). «Signature de la convention relative au tourisme de mémoire, à la maison natale de Charles de Gaulle – Lille – le 9 février 2004», février 2004.
– Ipsos France. «Le patrimoine culturel est à la mode», 17 septembre 2004.
– Robillart, Dominique et Béatrice Dancer. «La promotion du tourisme de mémoire en Artois. Une action à l’échelle d’un territoire», Cahier Espaces, décembre 2003.
– Tribot, Élodie. «Conception d’un itinéraire culturel sur la Nouvelle-France. Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France», Centre interuniversitaire d’études québécoises, Laboratoire de géographie historique (Université Laval), août 2004.