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La quête du bonheur inspire à voyager

Quand le voyage fait du bien

Plusieurs liens entre le bonheur et le voyage sont documentés dans la littérature scientifique. Les bienfaits s’expriment en amont durant la période d’anticipation, sur place pendant le séjour ainsi qu’au retour en se remémorant ou en partageant des souvenirs. Selon différentes études, les dépenses associées à des expériences rendent également plus heureux que celles attribuées à des biens matériels. Ces constats affectent favorablement la demande pour les voyages et expliquent en partie l’intérêt soutenu des consommateurs pour le secteur du tourisme, même en période incertaine. 

D’après l’enquête menée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023, une majorité des voyageurs québécois pour qui le voyage joue un rôle important pour leur santé mentale affirment avoir envie de voyager malgré le contexte actuel (73 % d’entre eux, contre 38 % du reste des voyageurs sondés). La moitié déclare que le voyage demeure une dépense prioritaire dans leur budget, contre seulement 7 % de ceux qui n’associent pas le voyage à leur santé mentale. Une proportion similaire exprime son besoin de partir en réalisant plus d’un voyage par année (46 % contre 21 %).   

Parmi ces personnes, on retrouve un peu plus de femmes (58 % contre 47 % du reste de l’échantillon), de personnes âgées de 35 à 44 ans (20 % contre 14 %), ayant un diplôme universitaire (48 % contre 38 %), ou un revenu de ménage de 100 000 $ et plus (48 % contre 40 %).   

Le bien-être, un ingrédient qui contribue au bonheur

La quête du bien-être représente une tendance qui était déjà observée avant la pandémie. Or, force est de constater que, depuis cette période, de nouveaux comportements s’ancrent chez les consommateurs. De plus en plus préoccupés par leur santé et leur bien-être holistique (physique, mental, spirituel, émotionnel, social et environnemental), ils sont nombreux à adopter des modes de vie plus préventifs que réactifs.  

En voyage, cela se traduit par une volonté de maintenir ses bonnes habitudes, voire d’améliorer son état personnel. Selon la Global Wellness Institute (GWI), une organisation à but non lucratif reconnue mondialement pour ses recherches sur le sujet, le secteur comprend deux types de voyageurs : pour une majorité (88 %), les expériences de bien-être constituent une des composantes de leur voyage d’agrément, alors que pour 12 %, il s’agit de la principale motivation à partir et cela oriente tous les autres choix (destination, activités, etc.). Ce dernier segment aime notamment effectuer des retraites ou des séjours dans des établissements de spas.  

D’après le chercheur Edward F. Diener, sommité mondiale pour ses travaux portant sur le bien-être subjectif*, les activités qui sont intéressantes, engageantes et significatives contribuent à un sentiment accru de bonheur et de satisfaction dans la vie. Le voyage offre un contexte idéal à la réalisation de tout cela. 

Les actes de bonté qui propulsent le bonheur

Plusieurs grands constats sur le bonheur ressortent de différentes éditions du World Happiness Report**. Parmi eux se trouve la progression remarquable (hausse de plus de 25 % depuis 2019) de trois actes de bonté, soit : l’aide apportée à un inconnu, le bénévolat et les dons. Les auteurs observent que venir en aide apporte du bonheur tant à celui qui en bénéficie qu’à celui qui la procure.  

Dans un contexte touristique, il n’y a pas que les voyages à caractère humanitaire qui portent sur l’entraide. Par exemple, une tendance qui progresse dans le secteur des événements, réunions et congrès consiste à susciter un impact positif sur la destination et la communauté hôte. On retrouve ainsi des projets sociaux ou environnementaux dans la programmation ou en marge de l’événement qui contribuent favorablement au bien-être de la destination, voire aident à résoudre certains enjeux locaux. Il est aussi de plus en plus courant que des activités de team building prennent la forme d’actions bénévoles où tous les membres d’une équipe offrent du renfort en réalisant un projet commun. Dans ces deux cas, l’aide apportée est salutaire à celui qui la reçoit et aussi à ceux qui s’investissent dans l’activité, car faire du bien procure du bonheur collectivement et personnellement.  

Ce type de spirale vertueuse contribue à un tourisme plus régénératif. En intégrant des activités à impacts positifs à leur séjour, non seulement les voyageurs s’investissent dans leur propre bonheur, mais ils laissent aussi, dans une certaine mesure, la destination et sa communauté dans un meilleur état qu’ils les ont trouvées. 

Dans une optique d’intégrer une approche plus régénérative du tourisme, une main doit être tendue à cette niche de voyageurs qui souhaitent intégrer graduellement des activités vertueuses à leur déplacement, notamment par la forme d’implication bénévole ou de participation payante à des projets communautaires environnementaux ou sociaux. En plus d’avoir le sentiment de faire du bien, cela leur permet aussi de ressentir une connexion avec les résidants ou le territoire visité, de vivre une expérience significative et de laisser une trace positive de leur passage.   

Or, il convient d’accompagner les voyageurs afin qu’ils puissent accéder à des offres qui leur permettront de réellement vivre ce type d’expériences. Comment répondre aux divers besoins d’une communauté si ceux-ci ne sont pas communiqués ? La création de nouvelles propositions qui intègrent une vision régénératrice et l’adaptation de l’offre déjà existante deviennent synonymes de prospérité pour la destination. Cette approche du tourisme répond ainsi non seulement aux besoins de vitalité de la biodiversité, des communautés et des entreprises, mais également aux aspirations de bonheur de ses visiteurs.  

 

*Pour Ed Diener, le concept de bien-être subjectif consiste à ressentir un niveau élevé d’émotions agréables (joie, plaisir, gratitude, etc.) et un niveau faible d’affects désagréables (anxiété, colère, peur, etc.) ainsi qu’un sentiment élevé de satisfaction par rapport à sa propre vie.  

**Le World Happiness Report est produit à partir d’enquêtes effectuées dans plus de 150 pays sur la perception que les répondants ont de leur vie.  

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Segments de clientèles Tendances

Les séjours hybrides des télétravailleurs

Une demande pour des séjours hybrides qui se stabilise

Le télétravail continue d’avoir un impact sur le mode de vie de nombreuses personnes. Cela a non seulement une incidence sur les dynamiques organisationnelles, mais également sur les déplacements de ces individus.   

D’après l’enquête menée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023, l’intérêt à combiner le travail avec les vacances semble se maintenir depuis les deux dernières années. Les données ont permis d’analyser l’évolution de trois types de voyage hybride, dont les deux premiers se traduisent par le même mot-valise, soit les travacances (workation) alors que le troisième est associé au terme bleisure. 

En 2023, les séjours de télétravail étaient principalement motivés par le désir de déconnecter de son quotidien (32 %), de visiter des parents ou des amis (27 %) et par l’envie de pratiquer une activité ou d’assister à un événement en particulier (20 %).   

De façon générale, les voyageurs québécois en situation de télétravail accordent beaucoup de valeur au voyage. D’ailleurs, il joue un rôle important pour la santé mentale d’une majorité d’entre eux (69 %). De plus, pour deux télétravailleurs sur cinq, le voyage demeure une dépense prioritaire de leur budget (40 %).  

Positionner la destination auprès des télétravailleurs étrangers

Au cours des dernières années, le nombre de pays offrant des visas aux nomades numériques a considérablement augmenté, d’après une récente étude de l’Organisation mondiale du tourisme. L’objectif est de permettre à ces voyageurs de travailler à l’étranger en toute légalité. La concurrence pour attirer ces visiteurs est maintenant bien réelle et les palmarès pour identifier les meilleures destinations pour ce type de tourisme abondent sur le Web. 

Visit Portugal accompagne les télétravailleurs en leur fournissant toutes les instructions nécessaires à l’obtention d’un visa de séjour temporaire, d’un permis de séjour pour professionnel (télétravailleur ou nomade numérique) ou du visa Portugal Startup destiné aux entrepreneurs. L’organisation de gestion de la destination souhaite séduire par son climat, son coût de la vie relativement faible, ses magnifiques paysages, son offre d’activités, sa gastronomie et sa culture accueillante. L’abondance d’espaces de co-working et la rapidité de son réseau Internet s’ajoutent aux attributs de la destination.  

Source photo : Pexels 

Intentions de séjours des télétravailleurs

Près d’un voyageur québécois sur trois (31 %) sera en situation de télétravail en 2024, dont 22 % en partie et 9 % en totalité. Lorsqu’interrogés sur leurs intentions de voyage, quelques répondants mentionnent le désir d’effectuer un voyage de type hybride en 2024. Les séjours de télétravail perdent un peu d’intérêt comparativement aux années précédentes, alors que les séjours d’agrément ou professionnel prolongés grâce au télétravail se maintiennent.   

Même si la taille de ce segment de voyageurs québécois est petite, il y a certes un intérêt à documenter le phénomène. En effet, les occasions d’affaires sont bien réelles, sans oublier que cette tendance s’observe aussi auprès des autres marchés prioritaires de la province.   

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Produits et activités

Patinage hivernal : s’adapter aux températures douces

Simple, facile d’accès et apprécié des Canadiens, le patinage représente l’activité hivernale de plein air la plus répandue au pays. Selon les plus récentes données de l’Enquête sur les ménages et l’environnement de Statistique Canada (2021), 13 % des ménages canadiens déclarent en faire. Cette proportion est la même en régions métropolitaines de recensement (RMR) qu’à l’extérieur de celles-ci. Or, les hivers plus doux complexifient la pratique sur glace naturelle.  

Des plans d’eau dépendants d’une météo instable

Les sentiers glacés créés en forêt, les trajets sur rivière qui semblent parcourir l’infini et l’étendue immense qu’il est possible d’observer au centre d’un lac gelé constituent des expériences inoubliables, mais sensibles aux aléas climatiques. Patiner sur un plan d’eau naturel devient pratiquement un privilège depuis quelques années au pays. Selon Réjean Ouimet, météorologue, les temps froids associés au cœur de l’hiver s’amenuisent au Québec. Avec des épisodes de froid qui durent moins longtemps, le patinage sur plan d’eau naturel s’avère plus risqué, et c’est pourquoi plusieurs lieux de pratique retardent leur ouverture, réduisent leur saison ou sont forcés de fermer. 

Les plans d’eau québécois ne sont pas les seuls à subir les contrecoups d’une météo variable. Même Winnipeg, reconnue pour ses températures hivernales glaciales, n’est pas épargnée. Cette année, sa populaire River Trail a tardé à ouvrir et les patineurs doivent se limiter à quelques sections selon les variations météorologiques quotidiennes.  

Source : The Forks 

Une activité hivernale qui requiert des installations adaptées

Afin de pouvoir maintenir leurs opérations, les patinoires extérieures nécessitent une température inférieure à -5 degrés Celsius, selon Robert McLeman, professeur d’études environnementales de l’Université Wilfrid Laurier à Waterloo (Ontario). Les hivers doux incitent donc les municipalités à se tourner vers des installations alternatives.  

Les glaces réfrigérées, les toitures de protection, les centres de patinage intérieurs font partie des solutions d’adaptation aux changements climatiques et contribuent à déployer des expériences de qualité. L’offre s’est d’ailleurs beaucoup développée au cours de la dernière décennie. Le sport est aujourd’hui associé au plaisir de bouger, bien sûr, mais aussi de se retrouver dans des lieux aux allures parfois féériques ou dignes des Olympiques. 

À Lévis, le sentier du Quai Paquet constitue le plus long parcours de glace réfrigéré de la province. Sur une distance de 600 mètres, les patineurs peuvent apprécier la vue sur Québec et la présence du fleuve à leurs côtés. Une fois le soleil couché, la magie des lumières fait son œuvre et offre aux utilisateurs un parcours illuminé qui transforme l’expérience vécue durant la journée. 

À Montréal, la patinoire réfrigérée de l’Esplanade Tranquille ajoute une touche féérique au centre-ville et rappelle la nordicité de la métropole. Son ambiance festive et son pavillon multifonctionnel permettent à ce pôle culturel d’animer l’espace de vie extérieur durant la saison froide.  

En 2022, la Ville de Stoneham a ajouté un toit à sa patinoire et s’est dotée d’un système de réfrigération de la glace. Ces améliorations permettent de pratiquement doubler la période d’opération ; la saison passe ainsi de 12 à un peu plus de 20 semaines. Tel qu’expliqué dans la vidéo ci-dessous, de telles installations sont pratiques courantes ailleurs dans le monde et devraient se multiplier au Québec dans les prochaines années. 

Dans le cadre des célébrations du 350eanniversaire de la fondation de Varennes, la Ville a offert à ses citoyens le Polydôme, situé au parc du Pré-Vert, à titre de legs. Cette patinoire réfrigérée et recouverte d’un toit fait de bois du Québec est munie de panneaux solaires qui alimentent l’unité de réfrigération et l’éclairage des lieux.

Source de l’image : Ville de Varennes 

À Québec, les citoyens et visiteurs ont longtemps profité de l’anneau extérieur Gaétan-Boucher, qui fut réfrigéré en 1985. Aujourd’hui, cet anneau se trouve dans le plus grand centre de patinage intérieur d’Amérique : le Centre de glaces Intact Assurance. L’établissement accueille des compétitions sportives (patinage de vitesse, hockey, patin artistique), mais aussi les amateurs qui souhaitent profiter d’installations de haut niveau douze mois par année.  

Source de l’image : Centre de glaces Intact Assurance 

L’offre de patinoires réfrigérées au Québec est encore peu développée, ce qui limite la pratique du patinage durant les hivers plus doux, comme cette année. S’adapter devient inévitablement une nécessité pour les municipalités et de nombreux promoteurs de sites de patinage. 

Les patinoires, une occasion de se réunir

Dans les quartiers urbains, les patinoires agissent à titre de lieux de rassemblement entre amis ou famille. Afin de rendre les lieux conviviaux et invitants, plusieurs villes se dotent d’équipements qui favorisent l’accessibilité, le confort et l’émerveillement. Il peut s’agir de prêt ou de location de patins et de supports permettant l’apprentissage des enfants, de l’ajout de foyers extérieurs pour se réchauffer, d’une offre alimentaire, de jeux de lumières ou de mobilier urbain.  

Le patinage et les sports qui en découlent sont intimement liés à l’identité culturelle de nombreux Québécois. Considérant l’intérêt des visiteurs pour des expériences authentiques qui favorisent la connexion avec les populations locales, la patinoire constitue une composante touristique incontournable. 

 

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Segments de clientèles Tendances

Réunir les équipes de télétravailleurs, une tendance qui se poursuit

Le télétravail, plus qu’une situation passagère

Les données sur les voyageurs québécois sondés par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023 confirment que le télétravail demeure une pratique courante pour un peu plus d’un répondant sur trois (36 %). À titre comparatif, les plus récentes données de Statistique Canada sur le sujet indiquent qu’un Canadien sur cinq (20 %) se trouvait en situation de télétravail en novembre 2023. Cette proportion se situait à 7 % en janvier 2020, juste avant le début de la pandémie, et à 40 % en avril 2020, au plus fort du confinement.

Ce contexte de travail s’ancre désormais dans le mode de vie d’un segment de la population. La question à se poser n’est donc plus si le télétravail perdurera ou non, mais plutôt dans quelle mesure il s’exercera en totalité ou en partie et quelles en seront les répercussions sur le tourisme.  

Le télétravail engendre de nouveaux déplacements

Depuis la dernière année, les organisations continuent à consolider leurs politiques de travail, ce qui offre une certaine prévisibilité qui facilite la gestion de l’horaire des employés. Aujourd’hui, plus expérimentés à travailler hors du bureau, ces télétravailleurs modifient certains comportements, notamment en exerçant leur profession à l’extérieur de la maison, un phénomène qui se maintient, et semble même s’être accentué en 2023. 

Cette clientèle voyage davantage par affaires que les autres répondants de l’enquête.

Dans la dernière année, près du tiers s’est déplacé au Québec (31 % des télétravailleurs, contre 9 % de ceux qui ne l’étaient pas) et 15 % à l’extérieur de la province (contre 2 %). Les deux principaux motifs évoqués, qui distinguent cette clientèle des autres personnes sondées, sont : 

  • La participation à une réunion d’affaires avec des collègues (41 % contre 16 %) ; 
  • La participation à une activité d’équipe hors du bureau – teambuilding (26 % contre 6 %). 

Rassembler les troupes et consolider les liens entre chacun devient indispensable pour les équipes qui travaillent à distance et cela se répercute positivement sur le secteur du tourisme d’affaires. 

Développer des offres pour les télétravailleurs à la recherche d’équilibre

Plusieurs stations de France Montagnes élaborent des forfaits à l’attention des télétravailleurs. D’abord, une portion des offres des stations met l’accent sur la reconnexion entre les membres des équipes qui travaillent à distance. Ici, le teambuilding s’effectue à travers une multitude d’activités telles que des sports de montagne, des jeux rassembleurs, des soirées thématiques ou encore des olympiades ludiques. 

Ensuite, il y a les offres destinées aux professionnels qui désirent faire un séjour en solo ou accompagné de proches et d’amis. Ce type de propositions met l’accent sur la convivialité des lieux, les occasions de sortir de l’isolement en travaillant dans des espaces de co-working ou encore sur la stimulation de la créativité grâce à l’inspiration qu’offre la montagne. Certaines stations misent aussi sur des installations de travail de haute performance, notamment avec des bureaux ergonomiques, une connexion Internet à haute vitesse, l’accès à des imprimantes et salles de réunion. Enfin, la montagne est mise de l’avant pour l’adrénaline comme pour la détente, un positionnement en phase avec la tendance du bien-être.  

Que réserve 2024?

L’offre d’activités de teambuilding est abondante au Québec et pourrait bien prendre de l’ampleur au cours des prochaines années. Expériences culinaires, sportives ou de bien-être, activités communautaires, d’entraide ou de bénévolat, sorties en plein air, à la ferme ou au musée ; les propositions sont diverses et se modulent selon les besoins des organisations. 

D’après l’enquête de la Chaire de tourisme Transat, près d’un voyageur québécois sur trois (31 %) sera en situation de télétravail en 2024, dont 22 % en partie et 9 % en totalité. En 2024, que proposerez-vous à cette clientèle ?  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Produits et activités Segments de clientèles

Accueillir une clientèle vieillissante aux défis neurocognitifs

Une population vieillissante

Selon l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ), les personnes de 65 ans et plus représentaient 19,3 % de la population en 2019. En 2031, cette proportion atteindra 25 %. Or, les chances d’être atteint de démence ou de troubles neurocognitifs majeurs augmentent avec l’avancement en âge. D’après la Société Alzheimer du Canada, 597 399 individus vivaient avec un trouble neurocognitif au pays en 2020. D’ici 2030, ce nombre touchera près d’un million de personnes.  

Ce contexte n’est pas propre au Québec ou au Canada, plusieurs autres pays à travers le monde suivent des courbes similaires aux nôtres. Depuis quelques années, des sites et attraits touristiques adaptent leur approche afin de mieux accueillir ces individus plus vulnérables, voire de devenir un lieu « thérapeutique » et engagé dans le mieux-être de cette clientèle. Voici deux exemples provenant du milieu muséal. 

Un accompagnement sur place et aussi en ligne

Le Musée d’art contemporain d’Australie à Sydney (MCA) fait vivre des expériences artistiques apaisantes aux personnes atteintes d’Alzheimer ainsi qu’à leurs réseaux de soutien. Depuis 2015, il offre le programme « Artful: Art and Demential » qui s’échelonne sur six semaines à raison d’une visite hebdomadaire de deux heures. En petits groupes, les participants explorent les galeries du musée et s’adonnent à des ateliers de création artistique accompagnés de formateurs spécialisés en art. Pour alimenter leur inspiration entre chaque visite, ils reçoivent un ensemble d’activités intitulées « Artful at home » qu’ils peuvent compléter à leur rythme. La dernière semaine se conclut avec une exposition ouverte aux proches qui présente les œuvres réalisées durant le programme.  

Entre 2016 et 2018, le MCA, l’organisme Alzheimer Australia et le Brain and Mind Center de l’Université de Sydney ont effectué un projet pilote afin de mesurer l’impact de la pratique régulière d’activités artistiques sur le bien-être et la neuroplasticité des individus aux prises avec l’Alzheimer. La vidéo suivante présente le projet ainsi que certains bénéfices ressentis par les participants, notamment une plus profonde connexion avec leurs proches.  

Depuis 2020, le musée offre également une version en ligne du programme ainsi qu’une boîte à outils de création artistique dans laquelle dix activités sont proposées.   

Créer un programme ; par où commencer ?

Le Musée d’art moderne et contemporain de New York (MoMA) a été l’un des premiers établissements muséaux des États-Unis à offrir un programme spécifiquement conçu pour les personnes atteintes d’Alzheimer. Afin d’aider les professionnels à mettre sur pied un tel projet destiné à cette clientèle dans leur propre musée, le MoMA a développé un guide qui détaille les procédures à suivre, étape par étape. 

Voici une liste d’éléments à considérer : 

  • Définir un ou des objectifs et cerner la clientèle cible. 
  • Déterminer le type de programme à privilégier, sur demande ou selon un calendrier préétabli. 
  • Sélectionner des plages horaires et prévoir si le musée sera ouvert ou non au public durant la période prévue. 
  • Considérer la capacité d’accueil du musée et le bruit généré par les visiteurs avant d’établir le nombre de groupes de participants. 
  • Évaluer les coûts et s’assurer que le programme est financièrement viable, soit en cherchant des sources de fonds additionnels à travers l’implication de partenaires, de fondations, de donateurs, d’organismes ou d’entreprises locales. 
  • S’assurer que les personnes intéressées puissent trouver toutes les informations nécessaires avant leur inscription et qu’une personne responsable soit disponible pour échanger avec elles au besoin. 
  • Identifier les facteurs de succès pour bien évaluer le programme dès le départ. 

Collaborer avec des éducateurs de qualité est essentiel à la réussite d’un tel programme. Dans son guide, le MoMA indique qu’ils n’ont pas nécessairement besoin d’avoir au préalable une expérience de travail auprès de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, car ils peuvent acquérir de telles connaissances lors de formations. Par contre, un certain profil d’individus est recherché : 

  • Détenir de l’expérience auprès de personnes ayant des besoins particuliers. 
  • Être à l’aise de travailler auprès de gens âgés aux capacités variées. 
  • Posséder une solide connaissance de l’histoire de l’art et connaître les nuances entre l’enseignement en art en général et l’enseignement dans un musée. 
  • Faire preuve de patience, de gentillesse, de créativité, de flexibilité et d’humour. 

Du personnel additionnel ainsi que des bénévoles sont aussi à compter parmi les ressources qui devront être allouées au programme. 

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Les musées, des acteurs sociaux remarquables

En proposant des activités d’art thérapie, en sensibilisant le public à l’Alzheimer ou à d’autres troubles neurocognitifs, en concevant des programmes adaptés aux conditions physiques ou mentales de la clientèle vieillissante, les musées continuent de démontrer l’importance de leur rôle dans la communauté.   

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Hébergement Tourisme durable

Regroupement d’hôteliers responsables

Le regroupement Responsible Hotels of Switzerland (RHS) rassemble une trentaine d’établissements autonomes qui prônent une gestion responsable de leur établissement. Lancée le 26 janvier 2022, cette association vise, entre autres, à se positionner auprès des voyageurs d’agrément qui recherchent un hébergement durable et qui souhaitent vivre des expériences authentiques et mémorables. 

Choix des membres 

Chaque hôtel est sélectionné par un jury selon des critères d’admission rigoureux :   

1. Emplacement : l’hôtel offre à ses visiteurs une véritable connexion avec le territoire et fait la promotion du patrimoine culturel et des paysages qui l’entourent. 

2. Qualité et expérience client : l’établissement propose des expériences inspirantes et démontre un haut niveau de satisfaction de la clientèle (au moins 8,7 points sur Booking.com ou 4,5 sur l’échelle de TrustYou). 

3. Philosophie : l’hôtel communique efficacement son approche durable. Il se distingue dans un ou plusieurs volets précis du développement durable en atteignant un niveau d’excellence et en jouant un rôle de précurseur. Il est actif dans la protection du patrimoine culturel et fait preuve d’implication sociale. 

4. Performance environnementale : l’établissement possède l’accréditation III délivrée par Swisstainable (ou une certification équivalente) ou II dans le cas des hôtels boutiques et des petits hôtels (ou une certification équivalente).  

5. Performance sociale : l’hôtel est reconnu pour son engagement au sein de la communauté. Il s’investit dans la formation du personnel et encourage la relève. 

6. Sélectivité : pour éviter qu’un groupe d’hôtels n’exerce un pouvoir déséquilibré au sein de la coopération, aucun ne doit représenter plus de 15 % du portefeuille de l’association. Les établissements hôteliers axés spécifiquement sur la clientèle d’affaires ne sont pas admissibles. 

De la parole à l’action 

Les membres de RHS foisonnent d’initiatives inspirantes. Par exemple, l’hôtel Valsana dispose d’un concept énergétique innovant : la performance de son installation de chauffage s’articule autour de ses propres rejets de chaleur, de sondes géothermiques et d’un accumulateur de glace.  

De son côté, l’hôtel Castello del Sole partage son domaine avec la réserve naturelle Bolle di Magadino. Les forêts alluviales, les terrains marécageux et les roseaux offrent un refuge unique et permettent aux convives d’observer de nombreux oiseaux rares. Sans oublier les spectacles de chants d’espèces variées telles que des rossignols, des martins-pêcheurs, des tourterelles et des hirondelles pour n’en nommer que quelques-unes. 

Source : responsiblehotels.ch 

Certains établissements cultivent leurs propres aliments ou se démarquent grâce à la confection de produits artisanaux. C’est le cas du Grandhotel Giessbach, situé aux abords du lac Rienz, qui cultive des légumes, des herbes aromatiques et des fleurs dans son jardin. Tous les aliments sont ensuite transformés à l’hôtel ou vendus à la réception ; les fleurs coupées servent à la décoration des espaces. 

L’engagement social des membres se traduit aussi par plusieurs actions. Au mARTigny Boutique Hotel, 60 % du personnel (40 personnes) se trouvent en situation de handicap. De son côté, l’établissement Militärkantine collabore avec l’Institution Rheinspringen de Saint-Gall afin d’intégrer des réfugiés au travail.  

Source : responsiblehotels.ch 

S’unir au profit d’un tourisme plus durable 

Les membres bénéficient également de plusieurs avantages grâce à divers partenariats qui offrent des conditions spéciales aux hôteliers participants. Par exemple, ceux-ci bénéficient de réductions au programme « Cause We Care » de myclimate, une initiative pour la protection du climat et du tourisme durable en Suisse. 

La visibilité que procure le regroupement auprès des talents qui souhaitent faire carrière chez un employeur engagé représente aussi un argument de taille, considérant les enjeux en matière de recrutement et de rétention de personnel. Mais par-dessus tout, le RHS permet un meilleur rayonnement de l’offre hôtelière durable suisse et facilite la planification des voyageurs à la recherche d’options plus responsables.  

Image à la une : Responsible hotels of Switzerland

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Gestion Ressources humaines

Bien gérer la participation de ses bénévoles

Le Wildflower! Arts and Music Festival (WF!) a fait ses débuts en 1993 dans la ville de Richardson au Texas. Produit par le service des parcs et des loisirs de la municipalité, l’événement de trois jours se tient chaque année au cours de la troisième fin de semaine du mois de mai. Sa programmation comprend, entre autres, des spectacles de musique ainsi que des performances artistiques. Il met également en valeur des artisans locaux ainsi que la relève à travers des concours de talent. 

Le festival est devenu un événement phare pour la ville de Richardson et attire plus de 60000 visiteurs chaque année. Depuis sa création, les bénévoles ont joué un rôle clé dans le succès du festival. Leur engagement se manifeste non seulement durant l’événement, mais aussi dans les mois qui le précèdent. Les organisateurs estiment que sans ce soutien, WF! ne pourrait être ce qu’il est aujourd’hui. 

Source : Page Facebook de l’événement 

Encadrement des bénévoles  

Les bénévoles sont bien accompagnés et guidés tout au long de leur implication. Répartis en six groupes et gérés par un coordonnateur, ils contribuent au festival de la manière suivante : 

1. Le comité exécutif de pilotage est formé de huit bénévoles sélectionnés pour veiller à la bonne gestion de certaines composantes du festival, telles que les concours de talents. Tout au long de l’année, ce comité se réunit sous la supervision du directeur du festival. Chaque bénévole travaille en étroite collaboration avec un membre du personnel désigné. 

2.Les ambassadeurs des commanditaires jouent un rôle de conciergerie auprès des commanditaires, les assistent dans l’installation de leur kiosque et veillent à leur offrir un service à la clientèle hors pair tout au long de l’événement.  

3.Le consortium des commerçants regroupe des partenaires à but non lucratif. Il se compose, entre autres, de représentants de services sociaux et de diverses organisations civiques de Richardson qui viennent mettre la main à la pâte de façon bénévole. Ils s’occupent des kiosques de boissons alcoolisées du festival et ont la possibilité d’empocher un pourcentage des profits, de même que les pourboires, afin de collecter des fonds pour financer les activités de leurs organisations respectives. 

4.Les superviseurs des bénévoles sont affectés à des zones spécifiques du festival. Durant l’événement, ils supervisent deux groupes : les responsables des bénévoles et les bénévoles généralistes. 

5.Les responsables des bénévoles gèrent les bénévoles généralistes dans leur zone d’affectation et aide au recrutement de bénévoles. 

6.Les bénévoles généralistes se font assigner différentes tâches et responsabilités (distribuer des programmes du festival aux visiteurs, assembler du matériel promotionnel, etc.) et apportent un soutien dans les équipes qui ont besoin d’aide.  

Recrutement

Le coordonnateur des bénévoles veille à maintenir une bonne communication avec les bénévoles récurrents, tout au long de l’année. Même si l’événement se déroule en mai, il entre en contact avec eux dès le mois de septembre afin de confirmer leur présence pour l’édition suivante. Avec l’aide des responsables des bénévoles, le coordonnateur s’occupe aussi de contacter les organisations civiques et les commanditaires afin de compléter certaines affectations. 

À partir de janvier, le coordonnateur effectue une campagne de promotion sur les médias sociaux et distribue des dépliants dans divers locaux de la ville pour attirer les bénévoles supplémentaires. 

Source : Page Facebook de l’événement 

Avantages et rétention

Les bénévoles peuvent profiter de certains avantages dont deux billets gratuits pour le festival et un laissez-passer pour le stationnement. Ils reçoivent aussi des collations et des boissons tout au long de la fin de semaine. 

À la fin de l’événement, chaque bénévole reçoit un courriel personnel ou un appel téléphonique le remerciant de sa participation. Cette communication est également le moment de recueillir des commentaires et des suggestions afin de continuellement améliorer l’expérience des bénévoles. 

Quatre semaines après le festival, une fête est organisée afin de souligner la contribution des bénévoles. Tous ceux et celles qui ont travaillé plus de douze heures durant la fin de semaine du Wildflower ! Arts and Music Festival y sont invités et peuvent être accompagnés. L’événement comprend un repas, de la boisson et de l’animation.

Source : Page Facebook de l’événement 

Avec son programme, le festival a su fidéliser de nombreux bénévoles, plusieurs font même partie du festival depuis plus de cinq ans. Cette gestion rigoureuse à même permis au WF ! de remporter le prix Pinnacle Or en 2018 et 2019 dans la catégorie « Best Volunteer Program », un prix décerné par l’International Festivals and Events Association. 

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Produits et activités Segments de clientèles

Les voyageurs québécois et les spas

Les tendances en matière de bien-être prennent de l’élan au Québec comme ailleurs dans le monde. D’un point de vue touristique, la Chaire de tourisme Transat a recueilli quelques données sur le sujet lors de sa plus récente enquête (décembre 2022) portant sur le comportement des voyageurs québécois. On y apprend notamment que : 

  • une majorité (62 %) estime que le voyage est important pour leur santé mentale ; 
  • l’envie de se retrouver en nature demeure incontournable, 59 % des répondants ont participé à une activité de plein air au cours de la dernière année ; 
  • un voyageur québécois sur cinq (22 %) a visité un spa à l’été 2022 ; 

Dans le cadre de cette analyse, les données concernant ceux qui ont visité un spa seront décortiquées afin de faire ressortir quelques grands constats.  

Définition de voyageur québécois :

 

Québécois ayant séjourné au moins une nuitée à l’extérieur de son domicile dans le cadre d’un voyage d’agrément au cours des deux dernières années.

Profil des voyageurs québécois qui ont visité un spa à l’été 2022

Visiter un spa est particulièrement attrayant chez les personnes âgées de 18 à 54 ans, mais c’est auprès des 18 à 34 ans que des différences significatives sont observées : ils représentent 42 % de ceux qui l’ont fait, contre 34 % de tous les voyageurs sondés. Les résidents de la grande région de Montréal constituent le bassin le plus important de visiteurs (54 % d’entre eux l’ont fait, alors qu’ils représentent 46 % de l’échantillon). Enfin, un peu plus de la moitié (52 %) se trouvait en situation de télétravail durant l’année sondée, alors que les télétravailleurs ne représentent que 41 % de l’échantillon. 

Inspiration et planification

Les médias sociaux ont un certain impact sur les décisions de voyage des répondants qui ont fréquenté un spa. D’ailleurs, cette clientèle en fait bon usage. Comparativement à tous les voyageurs québécois, elle y a davantage recours lorsque vient le moment de s’inspirer et de planifier son périple (58 % d’entre eux, contre 40 % de tous les voyageurs sondés). Tout comme pour l’ensemble des répondants, elle utilise principalement Facebook (39 %, contre 26 %), Instagram (32 %, contre 20 %) et YouTube (24 %, contre 17 %). 

Une autre particularité de ceux qui ont fréquenté un spa est qu’ils se s’estiment plus au courant des nouvelles activités touristiques et des destinations populaires que leurs amis (37 %, contre 28 % des voyageurs qui n’ont pas fréquenté de spa). Ils aiment donc rester informés et à l’affût des nouveautés.  

Travailler à l’extérieur du bureau, mais aussi hors de la maison

Le télétravail procure de belles occasions pour exercer sa profession hors de chez soi et où il fait bon être. Les voyageurs québécois qui ont fréquenté un spa l’ont bien compris. Ils étaient plus nombreux à vivre cette situation (52 % se trouvaient en télétravail, contre 41 %) et ont été significativement plus enclins à travailler hors de chez eux (55 % de ceux qui ont fait du télétravail en ont fait hors de leur résidence principale, contre 39 %).  

Pourquoi effectuer un voyage de bien-être ? 

Selon un sondage réalisé en 2020 par le Global Wellness Institute, les trois principales raisons qui motivent les individus à vouloir effectuer un voyage de bien-être sont : 

1. Se focaliser sur sa santé et son bien-être (49 %) ; 

2. Relaxer et se sentir moins stressé (47 %) ; 

3. Améliorer son bien-être mental (34 %) 

Ces personnes priorisent quelques éléments lorsque vient le temps de sélectionner une destination. Elles recherchent notamment un lieu connecté à la nature (70 %), une offre alimentaire de qualité, fraîche et locale (50 %), de l’hébergement de qualité (41 %) ainsi que l’accès aux services d’un spa (35 %). 

La définition du bien-être évolue et la manière dont les voyageurs l’expérimentent aussi. Comment saisirez-vous les occasions qui émanent des nouveaux modes de vie de cette clientèle ? 

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Technologies Tendances

Quelles tendances animent les startups en 2023 ?

Chaque année, depuis 2017, les grands partenaires du MT Lab identifient des thématiques d’innovation prioritaires à partir desquelles ils s’appuient pour sélectionner les startups de l’incubateur. Ce processus permet de déceler les enjeux et les tendances prédominants selon ces acteurs. Voici quelques grands courants qui se démarquent, à la lumière des choix qui ont guidé le repêchage de la cohorte hiver 2023. 

Mobilité durable, un incontournable pour réduire les GES

Par sa nature, le tourisme engendre de nombreux déplacements, ce qui induit d’importantes émissions de gaz à effet de serre (GES). Le devoir de se tourner vers des transports actifs (marche, vélo), collectifs (autobus, train, métro) et d’augmenter la cadence de l’électrification des véhicules n’est plus à prouver. 

La mobilité partagée 

Selon l’analyse faite par McKinsey sur le secteur, la mobilité partagée pourrait augmenter rapidement au cours de la prochaine décennie.  

La mobilité partagée (ex. Covoiturage) devient également une option intéressante dans un contexte de réduction des GES. D’après le cabinet-conseil McKinsey & Company, les trois tendances sur lesquelles s’appuie la mobilité partagée sont : 

  • L’intérêt pour des propositions abordables (partage de la facture par plusieurs personnes) et pratiques (un service porte à porte) ;  
  • L’avènement des véhicules autonomes, qui consiste, pour le consommateur, à passer d’un mode conducteur à celui de passager. Dans un contexte de véhicule partagé, le cabinet-conseil mentionne l’arrivée de robots taxis et de robots-navettes; 
  • La volonté de se tourner vers la micromobilité pour faire face aux enjeux de congestion routière.  

Au MT Lab, une jeune pousse ajoute une solution dans le champ des possibilités des transports partagés. Il s’agit de Taxy Match qui, tel que son nom l’indique, permet le partage d’un taxi avec des personnes qui effectuent un trajet similaire.  

Source : Taxy Match 

Expériences sensorielles, pour mieux se connecter

L’envie et le besoin des voyageurs de se connecter à eux-mêmes, aux autres, à la nature, à un lieu et sa culture, ont fait l’objet d’une section entière du Cahier tendance 2023 de la Chaire de tourisme Transat. Au MT Lab, cela se traduit par la sélection de quatre startups qui gravitent autour de ce courant. 

Le bien-être, une tendance forte 

De nombreux rapports (Booking, Expedia, Hotels.com et Vrbo, American Express, etc.), annonçant les tendances de 2023, ont mentionné le grand intérêt des voyageurs pour des expériences qui favorisent divers types de connexions, dans une optique de bien-être. Selon le Global Wellness Institute, ce type de tourisme devrait croître en moyenne de 21 % par an jusqu’en 2025.​ 

La définition du bien-être évolue et la manière dont les consommateurs l’expérimentent prend aussi diverses formes et laisse place à une multitude de possibilités pour les entreprises qui désirent se positionner dans cet axe. Voici deux exemples de jeunes pousses qui s’illustrent dans le secteur. 

Paysages est un studio de création multimédia spécialisé en expériences immersives et contemplatives. Son offre consiste à rehausser l’atmosphère ambiante d’un lieu en créant des effets visuels et sonores qui génèrent un sentiment d’apaisement et d’harmonie auprès de son auditoire. La vidéo suivante présente un projet réalisé pour le Monastère des Augustines, soit une œuvre vidéo contemplative qui invite à ralentir et à s’imprégner de l’esprit du lieu.  

De son côté, Sérénité sonore allie la musique et le bien-être. L’entreprise propose des concerts dans des chaises suspendues dans une salle atypique à Montréal et aussi en forêt, sous les étoiles. La startup a également conçu un parcours numérique, déployé notamment au parc Marie-Victorin à Longueuil, composé de six haltes sonores comportant trois installations musicales distinctes : arbre-lyres, arbre-xylo et banc rythmé. À travers une application, les utilisateurs sont guidés par la voix et la harpe de l’artiste Annabelle Renzo.  

Source : Page Facebook de Sérénité sonore 

L’immersion, appuyée par la technologie

Depuis plus d’une décennie, la réalité augmentée (RA) est bien intégrée dans le milieu du divertissement et des attraits. Mais l’intérêt pour cette technologie s’est graduellement effrité. L’arrivée du métavers a secoué l’univers de la réalité mixte (réalité virtuelle (RV) et RA) et a eu pour conséquence de réactiver l’intérêt pour des expériences immersives numériques, et dans ce cas-ci, la RA. Son avantage : elle ne nécessite pas l’usage de casque de RV, ce qui la rend plus accessible.  

Avec sa solution 360 ELYSIUM, la startup MYTHOLOGI permet à ses utilisateurs de créer et de participer à des expériences de RA interactives. Sa technologie favorise la connexion au lieu et aux autres par la découverte et le jeu social. Il peut s’agir d’incorporer la ludification (gamification) dans le parcours d’une visite touristique, de créer des zones d’activation VIP en RA lors de festivals ou encore de mettre en place des ateliers collaboratifs à partir de tableau en RA lors de conférences ou congrès d’affaires.  

Source : MYTHOLOGI 

Le storytelling, pour s’imprégner du lieu 

Le storytelling demeure un outil puissant pour connecter les visiteurs avec la destination, son histoire, son territoire et ses habitants. 

À l’aide de la technologie (plateforme Web et application mobile) Mia fait connaître l’histoire des communautés en créant une expérience immersive pour les utilisateurs. Avec des codes QR, les voyageurs peuvent accéder à des contenus sur place et s’imprégner des lieux qu’ils traversent. 

Source : Mia 

Optimisation de la présence en ligne, toujours un défi !

Assurer une présence en ligne est depuis longtemps une nécessité pour les entreprises touristiques. Cependant, une grande proportion d’organisations québécoises n’arrive toujours pas à rattraper son retard numérique et à gérer sa présence sur différents canaux (site Web, médias sociaux, profil sur des sites externes, etc.).  

C’est ici que se positionne la solution de Dahub, une plateforme d’optimisation de la présence en ligne, qui permet de maintenir à jour toutes les données d’une entreprise sur le Web. Son service centralise les informations puis s’occupe d’actualiser automatiquement les données sur les canaux utilisés par l’organisation.  

Source : dahub.io 

Marketing, les beaux jours de la vidéo se poursuivent !

Selon une enquête effectuée par Statista en novembre 2022 auprès de spécialistes en marketing, une grande proportion de répondants diffusent des vidéos sur YouTube (90 %), Facebook (86 %) et TikTok (35 %). L’influence de ce dernier devrait continuer de générer de l’intérêt pour les vidéos de courte durée en 2023. 

Yiqqi est une solution collaborative qui facilite la création de vidéos. Le producteur (par exemple une entreprise) élabore d’abord son scénario, puis y insère la musique et les effets spéciaux désirés. Par la suite, il invite le public à participer en ajoutant sa propre vidéo dans la scène appropriée. Une fois le contenu validé par le producteur, Yiqqi s’assure de générer une ou des vidéos.

Source : Yiqqi 

Agence réceptive : renouveler la mise en marché des expériences locales

Proposer des offres plus nichées, personnalisées et hors des sentiers battus s’avère une des tendances observées dans le secteur des agences de voyages ces dernières années. En constante compétition avec les propositions disponibles sur le Web, elles misent sur les bonnes relations qu’elles ont su développer avec leurs clients et aussi sur les aspects « clé en main » et « sans souci » dont ils bénéficient. 

Voyages latitude est une agence réceptive qui se spécialise dans la création et l’offre d’expériences locales. Elle propose des produits clés en main, standards ou à la carte, tels que des tours guidés, des microaventures et des forfaits. Ses escapades mystères constituent un concept unique au Québec, qui favorise la découverte d’entreprises touristiques moins connues du public et la réalisation de micro-expériences locales. 

Source : voyageslatitude.com 

L’expérimentation s’inscrit dans l’ADN des startups. C’est avec beaucoup de créativité et d’agilité qu’elles innovent pour faire face aux enjeux et répondre aux tendances d’aujourd’hui et de demain ! 

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Marchés géographiques

Les intentions de voyage des Québécois à l’été 2023

Du 21 au 27 avril 2023, la Chaire de tourisme Transat a mené un sondage pour le ministère du Tourisme auprès de 1 006 Québécois qui envisagent de séjourner au moins une nuitée hors de leur domicile à l’été 2023. L’objectif : connaître leurs intentions de voyage pour la saison estivale. Voici quelques faits saillants. 

Une forte envie de voyager

Les répondants québécois ont assurément envie de voyager. Bien que le Québec soit leur destination de prédilection, ils manifestent aussi de l’appétit pour des vacances estivales à l’extérieur de la province (lire aussi : Le Québec dans la mire des Canadiens et des voyageurs internationaux cet été).

Les expériences touristiques qu’ils prévoient vivre durant cette période sont nombreuses, voici leur Top10. 

Un intérêt pour le Québec qui s’essouffle un peu

Les Québécois représentent le principal marché ayant l’intention de visiter la province à l’été 2023. Cependant, ils manifestent moins d’enthousiasme pour le Québec qu’en 2022 (60 % contre 74 %). Voici les cinq principales raisons évoquées : 

  • Ils ont déjà assez visité le Québec : 35 % 
  • Ils recherchent une destination plus dépaysante : 31 % 
  • Ils considèrent les prix trop élevés au Québec : 21 % 
  • Ils jugent la température peu intéressante : 10 % 
  • Ils trouvent que l’offre touristique manque d’intérêt : 9 % 

Une clientèle sensible au prix

Nombreux sont les répondants québécois à mentionner que les coûts associés au voyage leurs semblent trop élevés au Québec. En comparant cette clientèle avec les autres marchés prioritaires de la province (les Ontariens, les Canadiens des provinces maritimes, les Américains du Nord-Est des États-Unis et les Français), elle s’avère l’une des plus sensible au prix. 

Séjour principal prévu au Québec à l’été 2023

Les répondants québécois envisagent de réaliser en moyenne 2,2 voyages dans la province. La durée de leur voyage principal au Québec sera en moyenne de quatre nuitées. Pour une bonne proportion de Québécois (41 %), celles-ci s’effectueront dans un hôtel ou un motel.  

En moyenne, les répondants québécois estiment le budget de leur voyage principal de quatre nuitées au Québec à 1 074 $. Près de la moitié (47 %) prévoit se déplacer en couple, le quart (24 %) en famille, 16 % en solo et 11 % avec des amis. 

Les destinations les plus prisées des Québécois 

Parmi toutes les régions considérées pour l’été 2023, Québec, Charlevoix, les Cantons-de-l’Est, le Bas-Saint-Laurent et les Laurentides se classent parmi les cinq premières. 

Les inondations causées par les hauts volumes de crues printanières pourraient compromettre les plans de certains Québécois, particulièrement ceux qui prévoyaient vivre leur séjour principal en mai (7 %) et en juin (12 %). Les périodes les plus propices aux vacances principales demeurent toutefois les mois de juillet (30 %) et d’août (33%). Lorsque sondés (entre le 21 et le 27 avril 2023), les répondants se trouvaient à différentes étapes de leur planification, ce qui laisse place à l’adaptation de leur plan. Le tableau suivant en dresse le portrait.  

Plusieurs Québécois, qui prévoient effectuer leur voyage principal dans la province (42 %), le font par raison d’habitude. Or, certains répondants (5 %) ont l’intention, pour la première fois de leur vie, de réaliser ce voyage principal dans la province. Espérons qu’ils en fassent ensuite une tradition !  

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Vous pouvez consulter les résultats détaillés de l’enquête sur le site du ministère du Tourisme.