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Segments de clientèles

Accueillir les nouveaux arrivants, un jeu à la fois

Lors du congrès de l’Association of children’s museum* (ACM), qui s’est tenu à La Nouvelle-Orléans du 26 au 28 avril 2023, plusieurs musées pour enfants ont partagé des stratégies où l’art, la compassion, et l’éducation sont venus en aide aux populations d’immigrants et de réfugiés de leur région : ces initiatives sont devenues au fil du temps des services ancrés dans la communauté et la culture interne des musées.

Pourquoi des acteurs clés ?

Les musées peuvent agir dans leur communauté, grâce à leurs ressources et leurs missions sociales. Ils possèdent les capacités de créer des opportunités d’apprentissage informelles (hors du cadre scolaire) pour les familles d’immigrants et de réfugiés. Les musées pour enfants, particulièrement, sont des spécialistes pour créer des connexions avec les familles. En plus de faire du bien et d’accrocher un sourire aux visages, le jeu favorise l’apprentissage.

Le jeu est universel et traverse les frontières de la langue.

L’importance de briser les préjugés

La directrice Kathryn Jones du Boston Children’s Museum et ses partenaires ont développé le programme « Beneficiary Voice ». Il s’agit d’un processus qui aide les équipes des musées à mieux comprendre les besoins des communautés pour offrir des activités et des services adaptés. Elle souhaite ainsi briser les préjugés, les fausses croyances et les idées préconçues qui affectent la perception des familles d’immigrants et de réfugiés.

Voici quelques éléments clés du programme :

  • Avant même la conception d’une activité :
    • Prenez contact avec des organismes culturels ou communautaires pour cerner les besoins.
    • Passez du temps avec la communauté sélectionnée.
  • Testez l’activité avec des familles avant de la commercialiser :
    • Allez au-delà des objectifs éducatifs, pensez au bien-être des familles.
    • Privilégiez l’enregistrement des discussions au lieu de la prise de note afin que les participants aient le sentiment d’être écoutés.
    • Prévoyez une compensation pour les familles participantes.
  • Un mot : rétroaction !
    • Impliquez plusieurs départements du musée dans le processus. Tout le monde peut participer à l’amélioration d’une activité ou d’un programme.
    • Retournez voir la communauté pour vous assurer de bien comprendre leur point de vue.
    • Évaluez l’activité fréquemment.
    • Demandez l’avis des partenaires communautaires.

Les couleurs de l’Ukraine

La chercheuse Tetyana Lewińska de l’Université de Varsovie, en Pologne, s’est intéressée à l’accueil des réfugiés ukrainiens en Caroline du Nord. En collaboration avec le Kidzu Children’s Museum, elle a développé un programme pour aider les nouveaux arrivants à s’intégrer dans la communauté. Mme Lewińska a mis en place des activités en appliquant le concept de « Sensibilité interculturelle » qui réfère à la volonté, à la capacité et aux émotions nécessaires pour comprendre des personnes d’horizons différents. Cette approche est d’autant plus importante pour déchiffrer et accepter les valeurs des nouveaux arrivants, mais pour avoir également un regard sensible et attentif envers des enfants qui ont vécu des traumatismes.

Créé à l’été 2022, le programme Les couleurs de l’Ukraine proposait de créer de l’artisanat aux couleurs identitaires du pays. Les ateliers étaient proposés dans la langue maternelle des participants et en anglais. Les activités s’adressaient également aux parents afin de favoriser l’intégration complète de la famille.

Source : Facebook

À la suite de cette expérience, Mme Lewińska a développé des recommandations et des outils pratiques qui sont bénéfiques non seulement pour ce groupe de réfugiés d’Ukraine, mais qui pourraient également être appliqués dans différents groupes et communautés minoritaires. En voici quelques-uns :

1. Préparer un diagnostic des besoins : ajuster le programme et l’horaire des activités en fonction des besoins spécifiques du groupe. L’implication des représentants locaux de la diaspora ou des immigrants parlant la langue maternelle aide à ce processus.

2. Utiliser différentes ressources : recourir activement au soutien et à l’expérience pratique des organisations professionnelles, des centres de formation et d’éducation. Les ressources universitaires, les bibliothèques et les outils en ligne sont également une source intéressante d’informations.

3. Bâtir des activités durables : construire des relations prend du temps, alors abordez cela comme un marathon plutôt qu’un sprint. Planifiez les activités futures et maintenez le contact avec le groupe.

Mme Lewińska rappelle que parmi les nouveaux arrivants, il peut y avoir des personnes qui ont été victimes de violence armée directe, sont venues des territoires occupés, peuvent avoir vécu une expérience de traumatisme psychologique ou vivent actuellement la perte ou la maladie d’êtres chers. Si nécessaire, demandez l’avis d’un expert.

Ces initiatives d’inclusion ont eu un impact non seulement sur les familles bénéficiaires et les éducateurs, artistes et autres prestataires de services, mais aussi sur les musées eux-mêmes. En fin de compte, ces services créent un changement institutionnel positif et un engagement communautaire. L’empathie et l’enthousiasme font partie intégrante de la vie quotidienne et des opérations de chaque musée.

*Fondée en 1962, avec plus de 460 membres dans 50 états américains et 19 pays, l’ACM est la première société professionnelle au monde à soutenir et défendre les musées pour enfants.

Image à la une : Unsplash

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Produits et activités Réseaux de distribution

Que devient le tourisme éducatif ?

Le tourisme éducatif constitue un secteur d’activité qui reprend de la vigueur et qui offre de réelles possibilités pour l’industrie touristique. D’après Grand View Research (GVR), le marché mondial du tourisme éducatif s’élevait à 365,9 milliards de dollars américains en 2022. Les perspectives sont intéressantes : le taux de croissance annuel devrait se maintenir autour de 13 % de 2023 à 2030 pour atteindre 974,7 milliards de dollars américains d’ici 2030. 

Un scénario comparable se profile du côté du marché des États-Unis et du Canada, selon Future Market Insights. Le chiffre d’affaires de ce secteur devrait augmenter à un taux de croissance annuel de 12,6 % au cours de la période de prévision de 2023 à 2033, pour atteindre 300 milliards de dollars américains. Ce marché détient une part d’environ 25 à 30 % de l’industrie mondiale du tourisme éducatif. 

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, le tourisme éducatif : « réunit les types de tourisme ayant pour motivation première la participation du touriste à des activités d’apprentissage, de développement personnel, d’enrichissement intellectuel et de perfectionnement des compétences, et l’expérience correspondante. Le tourisme éducatif recouvre une large gamme de produits et de services liés aux études, séjours de renforcement des compétences, voyages scolaires, stages sportifs, formations axées sur la progression professionnelle et cours de langues, entre autres. » Afin de circonscrire le sujet du tourisme éducatif, cette analyse se portera davantage sur les voyages scolaires. 

L’Amérique du Nord : destination populaire

Pourquoi le territoire nord-américain se démarque-t-il ? Selon les spécialistes du milieu, les États-Unis et le Canada possèdent tous deux un riche patrimoine culturel et historique, avec de nombreux monuments, musées et sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces attractions peuvent attirer des touristes internationaux qui souhaitent en savoir plus sur l’histoire, l’art, l’architecture et les traditions de ces pays.  

Les deux destinations sont également reconnues pour leurs paysages variés : des parcs nationaux, des montagnes, des forêts et des littoraux à couper le souffle. Les programmes éducatifs en plein air, l’écotourisme et le tourisme d’aventure ont gagné en popularité alors que les voyageurs cherchent des occasions d’explorer et d’apprendre sur l’environnement, la conservation et les pratiques durables. À cet égard, des entreprises en conception de voyages éducatifs soumettent de belles propositions. C’est notamment le cas d’Éducatours qui offre un itinéraire au cœur de la nature albertaine ou de Terra Ultima qui propose un séjour au Nunavik (voir l’image plus bas). 

Source de l’image : Instagram 

Cette combinaison de richesses culturelles et naturelles pourrait faire du Canada une destination privilégiée dans les prochaines années pour le tourisme éducatif. 

L’influence des parents

Selon le dernier rapport de Skift, les voyages éducatifs sont liés à la tendance plus large de la croissance des voyages immersifs. Les millénariaux aspirent à voyager et lorsqu’ils deviennent parents, il n’est pas surprenant qu’ils encouragent leurs enfants à explorer le monde. 

D’après une étude de EF Educational Tours réalisée auprès de 932 parents américains d’enfants de la maternelle à la 12e année en 2022, 90 % des parents millénariaux accordent désormais la priorité aux opportunités d’apprentissage après de nombreuses occasions manquées à cause de la COVID-19. L’immersion dans la vie réelle, hors de la salle de classe, est perçue comme le meilleur moyen pour les enfants d’acquérir des compétences non techniques essentielles (persévérance, autonomie, leadership, etc.).  

Les agences et fournisseurs : pour tous les goûts 

Les fournisseurs de services de tourisme éducatif aux États-Unis et au Canada élargissent leurs offres pour répondre à un large éventail d’intérêts et d’objectifs d’apprentissage. Ils développent divers programmes tels que l’immersion linguistique, les échanges culturels, les expériences axées sur les STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), les compétences non techniques, etc.  EF Educational Tours propose un voyage culturel avec une conférence de trois jours sur le leadership. Quant à l’agence Explorica, elle offre différents circuits à travers le monde : menant à la découverte d’applications pratiques et amusantes de sciences et technologies. Une des propositions est la visite du plus grand parc éolien au monde à Copenhague, au Danemark. 

Source de l’image : EF Educational Tours 

Quelques autres fournisseurs de services se concentrent sur la prestation d’activités d’apprentissage pratique et expérientiel. Ils conçoivent des programmes qui impliquent des activités manuelles, des visites de sites, des ateliers interactifs et des expériences culturelles immersives. Ils visent à améliorer les acquis académiques et l’engagement. Par exemple, la compagnie Prométour offre un circuit de sensibilisation communautaire à Montréal qui permet aux jeunes de profiter des attraits de la métropole tout en redonnant à leur prochain avec des activités de bénévolat à Moisson Montréal et avec Les amis de la montagne. 

Au-delà des chiffres, l’impact du tourisme éducatif

Le tourisme est un vecteur damélioration pour léducation et pour le développement des compétences des jeunes. Il s’agit de former les citoyens et les voyageurs de demain.

Les générations Z et Alpha ont été brimées par la pandémie de COVID-19 qui a surgi à une période décisive d’apprentissage social et émotionnel. Il y a une volonté très forte de rattraper le temps perdu et de pallier les manques au niveau éducatif.  

Dans ce contexte, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) estime, dans l’un de ses rapports, que le tourisme est un vecteur d’amélioration pour l’éducation et pour le développement des compétences des jeunes. Il s’agit de former les citoyens et les voyageurs de demain. À cet effet, l’OMT recommande notamment de : 

-Fournir un soutien officiel aux voyages scolaires et aux programmes internationaux de mobilité et d’échange d’étudiants. 

-Intégrer des pratiques responsables dans les programmes de voyages éducatifs pour s’assurer que les jeunes comprennent l’impact de leurs visites.  

-Développer des expériences qui favorisent l’échange interculturel et le dialogue entre les locaux et les visiteurs. 

Les jeunes seront confrontés à de nombreuses opportunités et des défis qui les obligeront à utiliser leurs compétences linguistiques, de communication et d’adaptation de manière nouvelle et innovante. Sommes-nous prêts à soutenir leurs ambitions ? Plusieurs incitatifs sont proposés pour aider financièrement les familles et les écoles. Le gouvernement du Québec offre des appuis monétaires pour les sorties en milieu culturel et scientifique. Plusieurs entreprises touristiques participent à ces programmes. Et vous ?  

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Marketing Produits et activités

Renouveau dans les boutiques de musée

Les boutiques jouent un rôle essentiel dans les musées. Elles sont le reflet de la mission, des collections et des programmes des institutions auxquelles elles appartiennent. Sources de revenus, elles permettent aux visiteurs de poursuivre l’expérience muséale à la maison grâce aux souvenirs tangibles qu’ils se sont procurés.

Selon l’American Alliance of Museums, ces lieux s’avèrent des ambassadeurs de première ligne puisqu’ils sont souvent le dernier endroit fréquenté par les visiteurs. Les résultats de l’étude de la firme de recherche IMPACTS Experience permettent de constater que les expériences vécues en boutique renforcent la satisfaction globale des clients, voilà une opportunité de les fidéliser en créant un sentiment de fierté et d’appartenance.

Conscientes de leur rôle, les boutiques souvenirs se renouvellent afin d’être en continuité avec l’expérience muséale.

Se souvenir de son expérience

Plusieurs boutiques n’hésitent pas à devenir le prolongement du parcours muséal et des expositions afin de faire perdurer l’expérience du visiteur. Lors du congrès de l’Association of children’s museum (ACM), qui s’est tenu à La Nouvelle-Orléans du 26 au 28 avril 2023, plusieurs intervenants ont partagé leurs stratégies sur la façon dont les musées pour enfants ont repensé leurs boutiques pour transformer cet espace transactionnel en une expérience de jeu et d’apprentissage.

Le Scott Family Amazeum invite chaque mois des créateurs et fabricants locaux dans leur boutique. Ceux-ci ont l’occasion de présenter leur produit et leur savoir-faire durant des ateliers d’animation. Au Louisiana Children’s Museum, le choix des objets est constamment remis en question. Tous les articles qui s’y trouvent doivent permettre aux enfants de se souvenir de leur passage au musée.

La valeur éducative, la durabilité, l’équité et la joie sont les critères de sélection. La responsable de la boutique du Kidspace Children’s Museum n’hésite pas à collaborer avec les membres du personnel responsable de l’éducation et des expositions pour assurer une continuité entre l’espace de vente et le contenu du musée. Les enfants sont libres de découvrir les jeux dans des zones qui leur sont dédiées (voir la photo).

Source : Instagram

Dans tous les cas, les efforts mis dans les boutiques sont récompensés. Les profits des ventes augmentent, tout comme la satisfaction des visiteurs, petits et grands.

Devenir un acteur de son temps

Alors que les musées et les galeries du monde entier mettent davantage l’accent sur la durabilité et les initiatives vertes, leurs boutiques constituent un véhicule efficace pour démontrer l’engagement des institutions envers la conservation et pour inspirer les visiteurs à faire de même. Les actions touchent autant le choix des produits que les opérations menées au sein même du lieu de vente. Respect de l’environnement, inclusivité et produits locaux sont les mots qui animent plusieurs boutiques afin d’offrir une expérience d’achat unique et significative.

Le Botanics Shop du Royal Botanic Garden à Édimbourg a été transformé en 2020 en un espace de vente attrayant conçu pour respecter les principes du développement durable, l’identité et les valeurs du lieu.

Source : Facebook

Le Seattle Art Museum vend des produits réalisés par des artistes autochtones locaux du Firewoman Studio. Quant au Museum of Flight, il propose une horloge murale à turbine à moteur à réaction fabriquée aux États-Unis par The Chicago Lighthouse, une organisation au service des communautés aveugles, malvoyantes, handicapées et vétérans.

Les souvenirs en un clic

La présence en ligne des boutiques s’est considérablement accélérée depuis la pandémie de COVID-19. En 2021, plus de 68 % des institutions culturelles américaines avaient des boutiques en ligne, d’après la Museum Store Association. Ce chiffre continue de croître.

Ces boutiques numériques évoluent pour répondre aux attentes des consommateurs. La nouvelle génération d’acheteurs (majoritairement les Y) passe désormais plus de temps en ligne pour faire des achats. Ils aiment avoir accès à un grand éventail de produits, mais ils s’intéressent aussi aux histoires derrière leurs trouvailles, notamment celle du fabricant. Les plateformes numériques s’avèrent idéales pour explorer les récits de façon originale et captivante.

Pendant la pandémie, les musées de Birmingham ont profité de l’occasion pour réorganiser leur boutique en ligne afin d’accroître leur attractivité auprès d’une clientèle en pleine expansion. Le nouveau site Web met en valeur les fabricants locaux, et présente un blogue qui illustre le savoir-faire, les histoires et les personnalités derrière les produits. La nouvelle mise en page conviviale aide à rendre la navigation et l’expérience d’achat plus agréable. Les concepteurs ont remporté le prix de la meilleure boutique en ligne au Cultural Enterprises Award 2022.

Source : Birmingham museums shop

Le virage numérique se fait aussi ressentir via de nouveaux produits. Certains musées offrent des NFT (jeton non fongible) créés à partir des œuvres de leurs collections. C’est le cas du Grand Palais immersif à Paris et du château de Chantilly. Offerts en série limitée et donnant certains privilèges, ils constituent une manière originale de diversifier ses revenus dans un marché émergent (Lire aussi : Les voyageurs québécois et le Web 3.0).

 

Ouvrir les portes de la boutique

La vente au détail dans les musées se réinvente. Les partenariats avec les artistes et les marques permettent de pousser le concept de produit dérivé à un autre niveau et d’attirer les consommateurs grâce à des offres de produits exclusifs. Certaines boutiques sortent des musées et créent des installations éphémères afin de rejoindre de nouveaux publics. Bref, c’est un monde en effervescence !

Chaque année, la Museum Store Association organise le Museum Store Sunday. La population est invitée à encourager leurs boutiques d’institutions culturelles préférées en y effectuant un achat. Cet événement international aurait avantage à être promu au Québec. Qu’en pensez-vous ?

 

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Gestion Produits et activités

Petits musées : voir grand avec peu

Lors du congrès de l’Association of Children’s Museum* (ACM), qui s’est tenu à La Nouvelle-Orléans du 26 au 28 avril 2023, plusieurs intervenants ont partagé leurs stratégies sur la façon dont les petits musées peuvent maintenir leur dynamisme et leur impact dans leur communauté avec un budget limité. 

Qu’est-ce qu’un petit musée ? 

Selon l’ACM, il s’agit d’un musée ayant : 

  • Un budget de fonctionnement inférieur à un demi-million de dollars US.  
  • Une superficie de moins de 12 000 pieds carrés.
  • Une équipe de moins de 14 personnes. 

L’importance du personnel : la richesse d’une petite équipe

« Je pense que le luxe d’un petit musée est que l’on apprend à bien connaître les gens. Vous voyez rapidement leurs forces et leurs faiblesses. C’est la raison pour laquelle il est si important d’embaucher les bonnes personnes. » (traduction libre) — Amarinda Keys  

Le personnel constitue la clé de voûte du succès pour beaucoup de petites entreprises touristiques. Plusieurs voient la taille de leur équipe comme un défi, mais il s’agit pour la directrice générale du Children’s Discovery Museum (Maine, États-Unis), Amarinda Keys, d’un atout unique pour bâtir des relations fortes et développer les talents de chacun. Chaque poste à combler permet d’investir dans une personne, dans sa passion et dans son intérêt à porter la mission de l’organisation.  

Source : Facebook Children’s Discovery Museum

Mme Keys mise sur trois facteurs essentiels pour favoriser la réussite de son équipe et de son musée : 

-La confiance: élément clé pour la performance d’une petite équipe. Tous les membres du personnel doivent être capables de se fier aux compétences des autres coéquipiers, à leur capacité à effectuer leurs tâches et à faire preuve d’initiative en cas de problème. La confiance se bâtit avec une communication franche et ouverte, et de la rétroaction sur une base régulière. 

-La flexibilité : une ouverture est requise de la part de l’employé et du gestionnaire. Dans ce type d’organisation, les tâches sont diversifiées et les ressources limitées. En contrepartie, le gestionnaire doit s’adapter aux forces des membres du personnel. Mettre les passions et les talents de chacun en valeur dans leurs tâches quotidiennes devient une façon de les motiver.   

-La collaboration : s’unir à d’autres organisations lors d’événements permet de diversifier les tâches des membres de l’équipe, d’offrir un nouveau contexte d’apprentissage au personnel et de bonifier la visibilité du musée. Cette coopétition augmente considérablement la force d’action.

Espace limité : entre stratégie et création

« Nous devons sortir des sentiers battus, car le concept traditionnel d’exposition ne fonctionne pas pour nous. Je pense qu’il faut voir cela comme l’une de nos forces. » (traduction libre) — Erin Dowdall  

La directrice du Wonder Works Children’s Museum (Illinois, États-Unis), Erin Dowdall, connaît bien les défis reliés au manque d’espace. Avec seulement 6400 pieds carrés pour accueillir six stations d’activités et d’expositions, en plus de tous les espaces fonctionnels (coin repas, accueil, rangement, administration, etc.), elle mise sur la créativité pour renouveler le lieu tout en respectant son budget. Mme Dowdall a totalement revu la conception de son espace et rebâtit son modèle budgétaire. Son équipe a réinventé le lieu de travail et recherche désormais des opportunités d’exposition non traditionnelles qui s’adaptent mieux à la réalité peu commune d’un petit musée. 

Les espaces d’exposition de cet établissement sont multifonctionnels et ils ne comportent plus de structure permanente. Tout le mobilier et les objets sont polyvalents. Ils peuvent être déplacés pour permettre au lieu de changer de vocation rapidement. Les salles d’art et de repas accueillent plusieurs activités, telles que des fêtes d’anniversaire et des événements spéciaux. Toutes les installations se montent et se convertissent en 30 minutes. Selon Mme Dowdall, l’âge de sa clientèle est un avantage. Elle est principalement constituée de jeunes enfants, et de simples changements peuvent apporter un effet « wow » assez facilement ! Cette nouvelle conception de l’espace a un impact direct sur les expositions et la programmation du musée. Il est enfin possible d’organiser des événements et des semaines thématiques, ce qui diversifie les sources de revenus. 

Il n’y a plus de place à l’intérieur ? Sortez votre musée à l’extérieur de ses murs ! Mme Dowdall a fait le choix de sacrifier quelques places de stationnement pour créer un espace supplémentaire et n’hésite pas à demander l’accord de la ville pour fermer la rue à côté de son organisation afin d’y tenir des événements de plus grande envergure pour le plaisir des participants. Comme en témoignent les images suivantes d’un festival en plein air qui célébrait la magie et la science des bulles, le plaisir est au rendez-vous ! 

Source : Wonder Works Children Museum

Une programmation adaptée

Le Children’s Museum Curaçao se situe au cœur des Caraïbes. Bien que l’établissement accueille des touristes, les habitants de l’île forment la majorité de la clientèle. Pour contrer les enjeux de récurrence du public et de ressources limitées, il est primordial de motiver la clientèle locale à revisiter le musée, en renouvelant l’expérience. Pour la directrice générale, Rohani de Pont, une programmation diversifiée, éducative, mais surtout amusante est la clé vers la réussite. 

La programmation du musée repose sur cinq thématiques : l’art, la culture, la littérature, la nature ainsi que les sciences et technologies. Ces thèmes se déclinent dans quatre catégories : 

1. Programmation régulière : activités récurrentes proposées plusieurs fois par semaine. Les coûts associés dans le budget annuel sont déterminés selon le nombre de visiteurs ciblés.  

2. Programmation spéciale : activités liées à des événements ou à des occasions spéciales (fête des Mères, fête nationale, Halloween, etc.). La qualité de l’animation l’emporte sur la rentabilité et les profits. 

3. Programmation commerciale : organisation d’événements spéciaux à but lucratif. Les activités se tiennent en dehors des heures d’ouverture régulières (nuit au musée, location des locaux par des entreprises privées). Les coûts demandés pour occuper les espaces du musée représentent un pourcentage du bénéfice attendu par les organisateurs. C’est une belle occasion de mettre en valeur les atouts du musée et d’attirer une nouvelle clientèle. 

4. Programmation éducative : activités destinées aux écoles. En semaine, le musée reçoit cette clientèle ou se déplace dans les établissements scolaires. Le financement provient des campagnes de dons.  

Source : Instagram du Children’s Museum Curaçao

La rentabilité demeure un aspect important pour le maintien des activités muséales. Pour Mme de Pont, réutiliser les ressources des expositions et des activités est primordial afin de maintenir une stabilité budgétaire et d’avoir un impact positif sur son île. Elle n’hésite pas à intégrer le recyclage à sa programmation avec des activités de sensibilisation ou des bricolages.  

Que ce soit ici ou ailleurs, les petits musées sont souvent confrontés aux problèmes d’espace et de ressources limitées. Les cas présentés sont des exemples qui démontrent que les contraintes donnent aussi l’occasion de se réinventer, afin de rester proche de ses visiteurs et de poursuivre sa mission. Qu’en pensez-vous ? 

*Fondée en 1962, avec plus de 460 membres dans 50 états américains et 19 pays, l’ACM est la première société professionnelle au monde à soutenir et défendre les musées pour enfants.  

Image à la une : Pexels

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Hébergement Tourisme durable

Tourisme social au cœur de Portneuf

Offrir un hébergement qui génère des revenus suffisants pour assurer la pérennité de sa mission sociale tout en soutenant sa communauté ; voilà ce que le projet de tourisme solidaire du camp Portneuf propose ! 

Répondre à des besoins

Depuis plus de 75 ans, la mission du camp Portneuf, situé dans la région de la Capitale-Nationale, est d’« offrir des programmes d’activités de plein air aux enfants et aux familles axés sur le développement de la personne et l’expérience de la vie de groupe en milieu naturel, et conserver l’accessibilité des camps aux familles ». Plusieurs programmes et activités communautaires soutiennent cette mission tels que l’accueil des familles moins favorisées et l’inclusion des jeunes à besoins particuliers. 

Au fil des années, il était de plus en plus difficile de concilier la mission du camp et un modèle d’affaires. Il devenait impératif de trouver des solutions pour assurer le financement de l’organisation. C’est alors que la direction générale, Olivier Lauzon, et son personnel ont mis en place un projet de tourisme social avec la construction de six yourtes quatre-saisons prêtes à camper entre septembre 2020 et juillet 2021. Cette idée arrivait à point, puisqu’il y avait aussi une volonté du milieu de développer le volet récréotouristique et d’hébergement de la grande région de Portneuf. 

Les yourtes sont offertes à deux types de clientèles : 

– La clientèle touristique : les revenus nets provenant de la location de yourtes sont ensuite versés dans un fonds d’accessibilité. 

— La clientèle bénéficiant du fonds d’accessibilité : enfants et familles à faibles revenus, organismes, personne seule.   

Source: Camp de Portneuf. Crédit Simon Laroche 

Plusieurs partenaires majeurs tels que la MRC de Portneuf et la ville de Saint-Raymond ont apporté leur soutien financier au camp. M. Lauzon est particulièrement fier de la capacité de son organisation à porter ce projet et de la mobilisation qu’il a créée dans la région.  

Retombées : des chiffres et des étincelles dans les yeux

C’est une belle opportunité d’offrir du répit et des moments de bonheur à des familles qui ont rarement la chance d’avoir des vacances.  

Les revenus tirés des hébergements ont permis de créer un fond d’accessibilité. Pour les deux premières années, 20 000 $ fut remis en aide financière aux participants des projets d’intervention. 43 enfants, 9 familles et 2 organisations furent soutenues. Au-delà des chiffres, M. Lauzon explique qu’il est très satisfaisant de voir des jeunes profiter du plein air, souvent pour la première fois. C’est une belle opportunité d’offrir du répit et des moments de bonheur à des familles qui ont rarement la chance d’avoir des vacances.  

Le camp Portneuf a remporté le prix Excellence développement et innovation 2022 dans la catégorie camp de vacances ou camp familial certifié lors du congrès de l’Association des camps du Québec. Une belle reconnaissance des pairs. 

Le futur du projet : petite yourte va loin

Le projet a le vent dans les voiles. D’autres offres d’hébergements seront ajoutées sur le site pour assurer une stabilité et une autonomie financière en soutien aux nombreux programmes sociaux qui ne cessent de croître au camp.  

La prochaine étape sera de s’intégrer davantage dans l’offre touristique de la région et de créer des partenariats avec l’industrie. D’ailleurs, le développement d’une seconde image de marque plus récréotouristique est en cours de production.  

Le camp Portneuf est un bon exemple d’organisation qui a su trouver une manière d’assurer sa pérennité en ayant accès à de nouveaux marchés et en développant le tourisme social dans sa région. Qu’en pensez-vous ? 

Image à la une  : Camp de Portneuf. Crédit Simon Laroche

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Segments de clientèles

Connaissez-vous les routes du lait ?

L’industrie touristique québécoise possède la réputation d’être l’une des plus accueillantes au monde. Des initiatives pour mieux servir et accompagner les mères de jeunes enfants lors de leurs déplacements se développent. De plus en plus d’entreprises décident d’adhérer aux Routes du lait. 

En bref

Selon le Mouvement Allaitement du Québec (MAQ), une route du lait est : « un regroupement d’établissements publics et de commerces favorables à l’allaitement. Ces lieux acceptent volontiers de poser un autocollant de la Route du lait sur leur porte d’entrée afin de signaler aux personnes allaitantes qu’elles seront accueillies pour nourrir leur bébé, notamment sans obligation d’achat. » Comme le rappelle madame Raphaëlle Petitjean, directrice générale du MAQ, l’objectif n’est pas de faire la promotion de l’allaitement, puisqu’il s’agit d’une décision personnelle, mais de soutenir en tant que société les personnes qui ont pris la décision d’allaiter. 

Un endroit favorable à l’allaitement, c’est un lieu où les parents qui allaitent sont les bienvenus. Les employés reconnaissent et appuient le droit de la personne d’allaiter un enfant en public. 

Il est intéressant de constater qu’en 2018, selon un sondage Léger réalisé auprès de 1566Canadiens et 1000 Américains, à léchelle du pays, cest au Québec que les gens sont les plus tolérants envers lallaitement en public. Quelque 86% des Québécois trouvent la pratique «socialement acceptable» comparativement à 76% des Albertains, qui sont les moins ouverts à ce sujet. Environ 8 Canadiens sur 10 (83%) trouvent acceptable que la femme allaite en public. Chez nos voisins du sud, la proportion diminue à 7 Américains sur 10. 

Le saviez-vous ? 

Dans la province, l’allaitement dans les lieux publics est protégé par la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. 

Historique 

Si des initiatives semblables aux Routes du lait ont vu le jour au Canada dans les années 90, ce n’est qu’au début du nouveau millénaire que la province voit apparaître un service plus organisé pour les familles allaitantes. Désormais, 19 routes parcourent la plupart des régions du territoire québécois. Chacune d’entre elles est chapeautée par une ressource communautaire à l’allaitement (Nourri-Source, le RAM, etc.). D’autres projets similaires existent, mais sous une terminologie différente. Dans plusieurs cas, les municipalités ou les CLSC appuient les démarches et deviennent des partenaires. 

Pourquoi l’industrie touristique devrait-elle s’y intéresser ?

Les Routes du lait s’inscrivent parfaitement dans une approche bienveillante et de responsabilité sociale. Être à l’écoute des jeunes familles québécoises et de l’international ne peut qu’être bénéfique pour une entreprise. Comprendre leur réalité et leur offrir un espace visant à leur faciliter la vie plaira non seulement aux parents, mais également aux autres clients. Comme l’explique cette analyse, la cohabitation des différentes clientèles est parfois ardue. Aider les parents à mieux répondre aux besoins de leurs jeunes enfants montre l’ouverture d’esprit de l’entreprise et favorise un meilleur climat pour tous.  

Allaiter devant les loups 

Pour le Zoo Ecomuseum, l’adhésion à la Route du lait de l’ouest de l’île (Montréal) s’est faite naturellement. Présentée par Nourri-Source, l’entente fut facilement acceptée et signée par la direction. Sarah Prince-Robin, directrice des Communications, explique que les familles et les mamans représentent une grande partie de la clientèle du zoo. Répondre à leurs besoins s’avère donc essentiel. La participation à la Route du lait reflète les valeurs de l’organisation et leur volonté d’être proche de la communauté. Le personnel à l’accueil est formé et prêt à accueillir les mamans à la recherche d’un espace pour allaiter. 

L’avenir des routes

Le temps et le financement disponible aux organismes responsables du projet varient d’une région à l’autre, ce qui a un impact sur le recrutement des entreprises et le développement des routes. La pandémie a également affecté l’accès des lieux aux familles. Cependant, en cette ère de post-confinement, une mise à jour s’effectue et le recrutement se fait à nouveau. D’ailleurs, une nouvelle route verra bientôt le jour dans le secteur de Rouyn-Noranda. 

Certaines organisations ont développé des outils qui aident les familles à trouver facilement des membres de la route. Par exemple, Nourri-Source Montréal propose sur son site Web une carte interactive indiquant les 250 établissements membres. 

Source : Nourri-Source Montréal 

Le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean, en collaboration avec les organismes de soutien à l’allaitement, a développé une application mobile pour localiser les entreprises membres selon la position géographique ou la ville sélectionnée. 

Source : Google Play 

Cette application sera reprise par le Mouvement allaitement du Québec qui souhaite y intégrer l’ensemble des routes du lait de la province. Le lancement est prévu pour la fin de l’année 2022.   

Au Québec, plusieurs familles profitent de leur congé parental pour effectuer un périple allant de quelques jours à plusieurs mois. C’est une belle occasion pour l’industrie touristique d’attirer cette clientèle. Dans un contexte de reprise des voyages, l’envie de sortir des familles est encore plus criante ! Elles seront très reconnaissantes de ce service qui leur simplifie la vie et heureuses de partager leurs expériences à leur retour !  

Pour trouver l’organisme responsable de la route de votre région.

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Les grands-parents, des ambassadeurs pour les musées

Le Louvre-Lens fait preuve d’originalité pour épauler les grands-parents qui planifient des sorties au musée accompagnés de leurs petits-enfants. Un samedi par mois, les principaux intéressés sont invités à prendre part à l’atelier « L’art d’être grands-parents », une initiative gratuite qui vise notamment à consolider les liens intergénérationnels. Pendant l’activité, ils reçoivent des conseils et des astuces pour apprendre à stimuler la curiosité des enfants et rendre leur prochaine visite à la fois plus accessible et ludique.

Les ateliers visent notamment à donner des astuces aux grands-parents pour faire sourire les enfants, attirer leur regard et capter leur attention sur certaines œuvres d’art.

Le médiateur en charge présente d’abord les différents services et supports qui sont mis à disposition des familles, tels que l’aire intérieure dédiée aux pique-niques, la médiathèque, un coin lecture pensé pour les enfants, ou les livrets-jeux de la Galerie du temps. Il poursuit ensuite l’atelier en racontant des anecdotes en lien avec certaines œuvres d’art que les grands-parents pourront à leur tour dépeindre ; l’objectif ici est de faire sourire les enfants, attirer leur regard et capter leur attention. Enfin, les participants sont invités à échanger autour d’un café. Le médiateur conclut la rencontre en proposant des idées d’activités artistiques simples, comme la réalisation de théâtres de papier ou de films en stop-motion, le tout pour prolonger le plaisir au retour à la maison.

Source de l’image : © Musée du Louvre-Lens/Gunilla Lapointe

En 2019, le Musée McCord à Montréal a également eu l’idée de miser sur la complicité intergénérationnelle pour faire découvrir le milieu muséal aux plus jeunes le temps d’une fin de semaine. L’événement offrait l’entrée gratuite à tous les grands-parents accompagnés de leurs petits-enfants. En plus de l’accès à une visite permettant de découvrir les diverses expositions du musée, les petits comme les grands avaient l’occasion de participer à La boîte à souvenirs, une activité spécialement conçue pour susciter l’intérêt de tous les participants. Ces derniers étaient alors plongés dans les souvenirs d’enfance des Montréalais et Montréalaises d’ici et d’ailleurs.

Source de l’image : Musée McCord

Les grands-parents ont le potentiel de devenir de réels ambassadeurs du milieu muséal et même du tourisme en général.

Quelle place voulez-vous leur accorder ?

Image à la une : © Musée du Louvre-Lens/Gunilla Lapointe

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Produits et activités

Des visites guidées virtuelles pour les groupes scolaires

Accéder à des activités éducatives tout en restant dans le confort de sa salle de cours, c’est ce que proposent différents musées cet automne. En effet, les groupes scolaires représentent une clientèle importante pour les musées. Ces derniers doivent innover en adoptant une proposition ajustée tout en limitant les déplacements de groupe. Ces pratiques permettent de sécuriser un accès à l’éducation aux élèves tout en conservant les revenus générés par les groupes scolaires pour les institutions muséales.

Aux États-Unis, plusieurs musées comme le Guggenheim, le Metropolitan Museum of Art, ou encore le Noma proposent depuis peu des visites de groupes guidées et des ateliers artistiques virtuels. Ces nouvelles initiatives, gratuites pour les résidents et payantes pour les autres, permettent de répondre aux besoins des écoles en matière d’activités pédagogiques. De plus, la composante virtuelle atténue les barrières géographiques et rend des expositions disponibles aux écoles des quatre coins du monde. Visiter le Guggenheim dans le confort de sa salle de cours, voilà une belle occasion pour le découvrir !

Adapter son offre et cibler les groupes et la clientèle scolaire, c’est aussi ce que le Musée le Grand Blockhaus de Batz-sur-mer, en France, a choisi de mettre en place. Les deux créateurs de ce musée privé ont développé une exposition virtuelle interactive. L’outil Web comprend une vidéo à 360° de visites extérieure (gratuite) et intérieure (payante) du lieu, guidées et commentées. Les utilisateurs peuvent se promener librement sur la plateforme, cliquer sur les différents objets du musée et y obtenir des informations. Un jeu de piste développé pour les 5 à 12 ans est également disponible.

Source : Musée le Grand Blockhaus

Au Québec

Plusieurs musées de la province ont également adapté leur offre. Notons, entre autres, les initiatives suivantes :

  • Pointe-à-Callière proposera des visites guidées hybrides à partir du 20 octobre. D’abord, les élèves accèderont à une visite virtuelle sur la fondation de Montréal spécialement conçue pour les groupes et animée par un guide. Dans un second temps, ce dernier restera en ligne avec les enfants pour une activité interactive, le tout sur le portail Microsoft Teams.
  • Le Musée de l’Holocauste Montréal a mis au point de toutes nouvelles visites guidées virtuelles s’inscrivant dans les programmes pédagogiques, le témoignage en direct d’un ou d’une survivante ainsi que des ateliers éducatifs en visioconférence.
  • Le Musée de la mémoire vivante de Saint-Jean-Port-Joli offre trois activités virtuelles cet automne, chacune conçue pour des groupes d’âge différents.

 

De telles initiatives viennent bien s’insérer à la programmation scolaire en cette période de rentrée, marquée par de nouvelles manières d’envisager les rassemblements et l’apprentissage.

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Segments de clientèles

Les tout-petits voyagent aussi

Voyager avec un bébé ou un jeune enfant nécessite davantage de planification pour les parents. La liste des choses à apporter est substantielle, les préoccupations sont multiples et la logistique sur place se fait parfois laborieuse. Malgré tous ces défis, nombreux sont ceux à partir à l’aventure avec leurs bambins.

Les parents du millénaire

Les parents de jeunes enfants sont issus majoritairement de la génération du millénaire (nés entre les années 1980 et 2000). Ils sont nombreux à vivre leur parentalité différemment de celle des générations précédentes. Ils ont voyagé avant d’avoir des enfants et souhaitent poursuivre leur découverte du monde, accompagnés de leur progéniture. Au Québec, plusieurs profitent de leur congé parental pour effectuer un périple allant de quelques jours à plusieurs mois.

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Ces parents s’inspirent et s’informent principalement en ligne, sur des blogues, des groupes de discussion et les médias sociaux. Leur réalité familiale fait en sorte qu’ils échangent des conseils pratiques et de bonnes adresses avec d’autres pères et mères. Sophie Reis, fondatrice du site de référence pour parents voyageurs BBJetlag.com, constate que la santé et la sécurité font partie des grandes préoccupations des familles et influencent le choix de leur destination. L’accessibilité s’avère également un facteur non négligeable; les vols directs s’inscrivent parmi les critères importants de cette clientèle.

Êtes-vous prêts à accueillir les tout-petits ?

Pour répondre aux attentes des familles composées de très jeunes enfants, il est essentiel de considérer les besoins de chaque membre du clan. Selon Sophie Reis, également auteure du livre « Le Guide des parents voyageurs : s’inspirer, s’informer et s’équiper, 0-12 ans », ce qui distingue les familles dont les enfants sont en très bas âge est que le voyage peut être planifié selon les champs d’intérêt des parents, leur niveau d’énergie et leurs envies. Éventuellement, plus les petits vieilliront, plus les activités à faire à destination prendront de l’importance dans les décisions.

Les parents de tout-petits doivent conjuguer avec les limitations occasionnées par les besoins de leurs enfants.

Cependant, les parents de tout-petits doivent conjuguer avec d’autres types de contraintes, soit les limitations occasionnées par les besoins de leurs enfants. C’est pourquoi, d’après madame Reis, les jeunes familles souhaitent autant que possible se faciliter la vie, et chaque attention qui leur est spécialement accordée sur place s’avère grandement appréciée.

Répondre aux besoins des jeunes familles

S’intéresser aux voyageurs de 0 à 3 ans et souhaiter les accueillir dans son établissement ou sa destination nécessite de bien répondre à leurs besoins. Quels sont-ils ?

 Un lieu accessible en poussette

Même si certaines sont de type tout-terrain, les poussettes sont assujetties aux limites de leurs roues. Les lieux prévus pour accueillir les familles doivent tenir compte de leur passage ou offrir une solution pour soulager les parents. Parfois volumineuses, les poussettes peuvent s’avérer encombrantes pour les autres clients si aucun espace n’est planifié. Par exemple, au restaurant, les parents voudront garder près d’eux leur bébé endormi dans la poussette afin de profiter de leur repas.

Un service orienté vers le bien-être de la famille

Tiraillés entre leurs propres besoins, ceux de leurs nourrissons et parfois ceux de la fratrie, les parents peuvent facilement se sentir dépassés par les événements. Être à leur écoute en offrant une assistance personnalisée peut transformer positivement leur expérience.

De nombreuses compagnies aériennes proposent aux familles un comptoir prioritaire pour s’enregistrer. Une fois à la porte d’embarquement, elles les invitent à s’installer à bord de l’avion plus rapidement que la majorité des voyageurs. Quant à eux, les aéroports repensent de plus en plus leurs aménagements afin d’intégrer des aires de jeux pour dégourdir les jambes des petits, de même qu’un espace familial dans lequel il est possible de changer la couche de son bébé, d’allaiter ou de simplement se trouver hors du brouhaha environnant.

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Source : Jambette.com — Aéroport Jean-Lesage de Québec

 Des équipements accommodants

L’inégalité des services et des équipements offerts spécifiquement pour les tout-petits oblige les parents à « déménager » lorsqu’ils partent en vacances. Heureusement, le nombre croissant de familles qui voyagent fait en sorte que l’industrie s’adapte peu à peu.

La SÉPAQ prête divers équipements pour tout-petits dans ses parcs, réserves fauniques et établissements touristiques : banc rehausseur, parc pour bébé, vaisselle pour enfant, siège de toilette, remorque à vélo, sac à dos porte-bébé, etc. Tous ces extras facilitent la vie des parents et leur permettent de profiter du plein air sans devoir s’équiper.

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Source : SÉPAQ

Plusieurs hôtels redéfinissent leurs installations en fonction des attentes des familles. Des sites Web tels que iEscape Kids Collection et Ciao Bambino ! répertorient des centaines d’établissements (hôtels, resorts, hôtels-boutiques, villas, etc.) qui répondent aux exigences de ce segment en fournissant les principaux éléments dont il aura besoin : bassinette, chaise haute, chauffe-biberon, etc. Il y a aussi des hôtels et des entreprises de location d’équipements de bébé qui s’associent, par exemple Destination Hotels et BabyQuip.

Ces dernières années, un grand nombre de familles se sont tournées vers des plateformes de location d’hébergement entre particuliers telles qu’Airbnb afin d’avoir plus d’espace et le loisir de cuisiner sur place. Cet engouement pour ce type de propriétés a fait naître des sites similaires destinés à cette clientèle, par exemple Kid & Coe. Les critères de recherche de ce dernier permettent de sélectionner les logements comprenant la plupart des équipements nécessaires ainsi que plusieurs autres, peut-être moins essentiels, mais appréciés, tels que jouets, livres, veilleuses, etc.

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Source : Kid&Coe

Comprendre la réalité des jeunes familles et leur offrir un service visant à leur faciliter la vie plaira non seulement aux parents, mais également aux autres clients. La cohabitation des différentes clientèles est parfois ardue. Aider les parents à mieux répondre aux besoins de leurs jeunes enfants favorise un meilleur climat pour tous.

Enfin, il ne faut pas sous-estimer les commentaires et photos que publient les parents du millénaire sur les médias sociaux. Les surprendre et contribuer à rendre leur expérience mémorable saura les ravir. Et qui sait, leurs souvenirs affichés fièrement sur Instagram et Facebook en inspireront peut-être plus d’un ?

 

Source image à la une : Julie Johnson on Unsplash

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Produits et activités

Quand l’autocueillette devient une expérience

Plusieurs tendances favorisent la progression des activités d’autocueillette. Le virage entrepris par un nombre grandissant de ménages vers des pratiques culinaires plus responsables, comme de choisir des produits cultivés localement ou biologiquement, en est un exemple probant. On observe aussi un intérêt grandissant pour le tourisme gourmand et les produits du terroir, tel que le révèle une récente enquête sur la clientèle agrotouristique. De plus, le segment familial démontre un grand dynamisme depuis déjà quelques années en matière de voyage ; il constitue un marché important pour les agriculteurs qui offrent l’autocueillette.

Les cueilleurs québécois

Les données sur l’autocueillette s’avèrent plutôt rares. Néanmoins, dans le cadre d’une étude de la Chaire de tourisme Transat sur le plein air, des questions ont permis d’analyser la pratique de cette activité. Ainsi, les trois quarts des adeptes d’activités de plein air s’adonnent aussi à la cueillette (au moins une fois sur trois ans). Quelque 43 % d’entre eux l’ont fait à plus de 2 occasions (voir le graphique 1).

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Les adultes âgés de 25 à 44 ans s’adonnent à la cueillette plus que les autres groupes (voir le graphique 2). Ils sont aussi plus enclins à s’y être prêtés à plus de 5 occasions au cours des trois dernières années. Inversement, une plus forte proportion de personnes de 55 ans et plus n’ont pas fait de cueillette.

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Les gens des régions du Québec pratiquent la cueillette plus souvent que ceux des grands centres : 22 % s’y sont adonnés plus de 5 fois au cours des 3 dernières années. Cette proportion s’élève à 11 % dans le cas des Montréalais et à 14 % pour les résidents de Québec.  

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Vivre l’expérience de la cueillette

Cueillir des fruits et légumes ne suffit plus. Les consommateurs veulent une variété d’activités. Les jeunes familles souhaitent passer du bon temps avec les enfants, leur montrer d’où proviennent les aliments, mais aussi les divertir pour que chacun y trouve son compte et que l’expérience soit mémorable.

Les agriculteurs répondent à cette demande en ajoutant un éventail de divertissements, souvent les mêmes d’une ferme à l’autre, soit la possibilité de pique-niquer, de s’amuser dans des modules de jeu, de faire un tour de tracteur, de découvrir les animaux, de marcher dans les champs ou encore de trouver son chemin dans un labyrinthe de maïs. D’autres innovent soit par le type d’aliments offerts en autocueillette, par les activités connexes ou dans la façon de transmettre l’information sur les produits disponibles.

Cueillir son propre bouquet

Une entreprise de Laval offrait pour la première fois au printemps 2018 la possibilité de cueillir des tulipes parmi 500 000 plants de toutes les couleurs. En plus de repartir avec un sceau de fleurs, les visiteurs de Tulipes.ca bénéficient d’un paysage favorable à la prise de photos spectaculaires et propices aux partages sur Instagram. Voilà une excellente façon de faire connaître les lieux gratuitement.  

Choisir sa citrouille

Une famille de Saint-Joseph-du-Lac, dans les Laurentides, a choisi de diversifier l’offre d’autocueillette dans la région, surtout orientée jusqu’alors autour de la pomme, en mettant sur pied le Centre d’interprétation de la courge. Le visiteur peut donc en apprendre sur les différentes variétés et cueillir les cucurbitacées qu’il souhaite acheter. L’endroit propose également un bistro avec plusieurs spécialités culinaires à la courge. L’entreprise a développé des forfaits qui combinent visites guidées des champs et dégustation de mets cuisinés sur place.

En Outaouais, le Potager Eardly ouvre aussi sa ferme au public pour l’autocueillette de courges et de citrouilles, mais il anime également les lieux grâce à des ateliers de décoration de citrouilles. Les gourmands peuvent savourer des gelato, sorbets et yogourts glacés maison conçus à base des fruits cultivés à la ferme.

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Source : Centre d’interprétation de la courge

Récolter le raisin… et faire du vin

Le Vignoble La Bauge, dans les Cantons-de-l’Est, invite les gens non seulement à visiter les lieux et à déguster les vins, mais aussi à mettre la main à la pâte le temps d’une journée. L’activité consiste à participer aux vendanges, à prendre part à chacune des étapes de la préparation du vin, le tout dans une ambiance festive. Le forfait « Vigneron d’un jour » remporte beaucoup de succès.

Couper son sapin

Plusieurs cultivateurs de sapins proposent aux consommateurs de venir le choisir sur place, encore bien enraciné dans le sol. La Plantation René Matte crée un événement autour de la cueillette et anime les lieux avec une équipe de lutins qui donne un coup de main dans la coupe des arbres choisis. M. Matte a bien cerné le concept de l’expérience avec une mise en scène pour amuser toute la famille. Voici la vidéo de présentation :

Source : YouTube

Aller aux pommes en hiver

Le Domaine Lafrance, dans les Basses-Laurentides, invite à récolter des pommes gelées pour la production du cidre de glace. Cet événement se déroule habituellement durant deux week-ends du mois de janvier dans une ambiance de fête avec visite guidée de la cidrerie, tire de pomme sur glace, feu de joie, repas chaud et dégustation de cidres.

Trouver l’information à jour, en ligne

Les producteurs agricoles qui ont franchi la frontière de l’agrotourisme doivent adopter une approche orientée vers le service à la clientèle. Certains transmettent de façon claire l’information pertinente sur leur site Web afin de bien renseigner les clients sur les produits disponibles en autocueillette. C’est le cas de la ferme Chez Mario qui affiche les quantités disponibles à la cueillette lorsque c’est la saison.

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Source : Chez Mario

De bonnes pratiques

Pour outiller les agriculteurs, le regroupement Terroir et Saveurs, en collaboration avec le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec, lançait récemment un rapport comprenant un volet sur les bonnes pratiques d’affaires en agrotourisme. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation offre de nombreuses pistes de réflexion dans son document étoffé intitulé le Pense-Bête de l’agrotourisme.

L’Université du Vermont publie aussi un guide bien conçu pour informer les agriculteurs des avantages et inconvénients d’ouvrir sa ferme à l’autocueillette et des éléments à considérer pour le faire avec succès.

Voilà autant d’inspirations et d’outils pour enrichir l’offre agrotouristique et ainsi favoriser la fréquentation et le dynamisme des régions rurales québécoises.

 

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