Catégories
Produits et activités Réseaux de distribution

Que devient le tourisme éducatif ?

Le tourisme éducatif constitue un secteur d’activité qui reprend de la vigueur et qui offre de réelles possibilités pour l’industrie touristique. D’après Grand View Research (GVR), le marché mondial du tourisme éducatif s’élevait à 365,9 milliards de dollars américains en 2022. Les perspectives sont intéressantes : le taux de croissance annuel devrait se maintenir autour de 13 % de 2023 à 2030 pour atteindre 974,7 milliards de dollars américains d’ici 2030. 

Un scénario comparable se profile du côté du marché des États-Unis et du Canada, selon Future Market Insights. Le chiffre d’affaires de ce secteur devrait augmenter à un taux de croissance annuel de 12,6 % au cours de la période de prévision de 2023 à 2033, pour atteindre 300 milliards de dollars américains. Ce marché détient une part d’environ 25 à 30 % de l’industrie mondiale du tourisme éducatif. 

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, le tourisme éducatif : « réunit les types de tourisme ayant pour motivation première la participation du touriste à des activités d’apprentissage, de développement personnel, d’enrichissement intellectuel et de perfectionnement des compétences, et l’expérience correspondante. Le tourisme éducatif recouvre une large gamme de produits et de services liés aux études, séjours de renforcement des compétences, voyages scolaires, stages sportifs, formations axées sur la progression professionnelle et cours de langues, entre autres. » Afin de circonscrire le sujet du tourisme éducatif, cette analyse se portera davantage sur les voyages scolaires. 

L’Amérique du Nord : destination populaire

Pourquoi le territoire nord-américain se démarque-t-il ? Selon les spécialistes du milieu, les États-Unis et le Canada possèdent tous deux un riche patrimoine culturel et historique, avec de nombreux monuments, musées et sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces attractions peuvent attirer des touristes internationaux qui souhaitent en savoir plus sur l’histoire, l’art, l’architecture et les traditions de ces pays.  

Les deux destinations sont également reconnues pour leurs paysages variés : des parcs nationaux, des montagnes, des forêts et des littoraux à couper le souffle. Les programmes éducatifs en plein air, l’écotourisme et le tourisme d’aventure ont gagné en popularité alors que les voyageurs cherchent des occasions d’explorer et d’apprendre sur l’environnement, la conservation et les pratiques durables. À cet égard, des entreprises en conception de voyages éducatifs soumettent de belles propositions. C’est notamment le cas d’Éducatours qui offre un itinéraire au cœur de la nature albertaine ou de Terra Ultima qui propose un séjour au Nunavik (voir l’image plus bas). 

Source de l’image : Instagram 

Cette combinaison de richesses culturelles et naturelles pourrait faire du Canada une destination privilégiée dans les prochaines années pour le tourisme éducatif. 

L’influence des parents

Selon le dernier rapport de Skift, les voyages éducatifs sont liés à la tendance plus large de la croissance des voyages immersifs. Les millénariaux aspirent à voyager et lorsqu’ils deviennent parents, il n’est pas surprenant qu’ils encouragent leurs enfants à explorer le monde. 

D’après une étude de EF Educational Tours réalisée auprès de 932 parents américains d’enfants de la maternelle à la 12e année en 2022, 90 % des parents millénariaux accordent désormais la priorité aux opportunités d’apprentissage après de nombreuses occasions manquées à cause de la COVID-19. L’immersion dans la vie réelle, hors de la salle de classe, est perçue comme le meilleur moyen pour les enfants d’acquérir des compétences non techniques essentielles (persévérance, autonomie, leadership, etc.).  

Les agences et fournisseurs : pour tous les goûts 

Les fournisseurs de services de tourisme éducatif aux États-Unis et au Canada élargissent leurs offres pour répondre à un large éventail d’intérêts et d’objectifs d’apprentissage. Ils développent divers programmes tels que l’immersion linguistique, les échanges culturels, les expériences axées sur les STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), les compétences non techniques, etc.  EF Educational Tours propose un voyage culturel avec une conférence de trois jours sur le leadership. Quant à l’agence Explorica, elle offre différents circuits à travers le monde : menant à la découverte d’applications pratiques et amusantes de sciences et technologies. Une des propositions est la visite du plus grand parc éolien au monde à Copenhague, au Danemark. 

Source de l’image : EF Educational Tours 

Quelques autres fournisseurs de services se concentrent sur la prestation d’activités d’apprentissage pratique et expérientiel. Ils conçoivent des programmes qui impliquent des activités manuelles, des visites de sites, des ateliers interactifs et des expériences culturelles immersives. Ils visent à améliorer les acquis académiques et l’engagement. Par exemple, la compagnie Prométour offre un circuit de sensibilisation communautaire à Montréal qui permet aux jeunes de profiter des attraits de la métropole tout en redonnant à leur prochain avec des activités de bénévolat à Moisson Montréal et avec Les amis de la montagne. 

Au-delà des chiffres, l’impact du tourisme éducatif

Le tourisme est un vecteur damélioration pour léducation et pour le développement des compétences des jeunes. Il s’agit de former les citoyens et les voyageurs de demain.

Les générations Z et Alpha ont été brimées par la pandémie de COVID-19 qui a surgi à une période décisive d’apprentissage social et émotionnel. Il y a une volonté très forte de rattraper le temps perdu et de pallier les manques au niveau éducatif.  

Dans ce contexte, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) estime, dans l’un de ses rapports, que le tourisme est un vecteur d’amélioration pour l’éducation et pour le développement des compétences des jeunes. Il s’agit de former les citoyens et les voyageurs de demain. À cet effet, l’OMT recommande notamment de : 

-Fournir un soutien officiel aux voyages scolaires et aux programmes internationaux de mobilité et d’échange d’étudiants. 

-Intégrer des pratiques responsables dans les programmes de voyages éducatifs pour s’assurer que les jeunes comprennent l’impact de leurs visites.  

-Développer des expériences qui favorisent l’échange interculturel et le dialogue entre les locaux et les visiteurs. 

Les jeunes seront confrontés à de nombreuses opportunités et des défis qui les obligeront à utiliser leurs compétences linguistiques, de communication et d’adaptation de manière nouvelle et innovante. Sommes-nous prêts à soutenir leurs ambitions ? Plusieurs incitatifs sont proposés pour aider financièrement les familles et les écoles. Le gouvernement du Québec offre des appuis monétaires pour les sorties en milieu culturel et scientifique. Plusieurs entreprises touristiques participent à ces programmes. Et vous ?  

Image à la une : Pexels

Catégories
Réseaux de distribution

Le tourisme de groupe profite d’un vent favorable

L’Agence de développement touristique de la France, Atout France, a publié une étude sur le marché de groupe en avril 2016. Elle s’est intéressée au portrait de la clientèle ainsi qu’à l’évolution de ce secteur. L’Agence définit le tourisme de groupe selon ces trois critères :

– un voyage de 2 jours minimum;

– un groupe constitué de 10 personnes ou plus;

– un voyage d’agrément uniquement, incluant les croisières et les centres de villégiature (dont les resorts).

Les Français voyagent en groupe à l’étranger

Atout France a analysé les voyages de groupe des Français, chez eux et à l’étranger en s’appuyant sur les dernières données disponibles. Ces sources datent de quelques années, mais dans la mesure où les Français représentent la principale clientèle outre-mer au Québec et que les statistiques sur la clientèle de groupe sont rares, cette étude est pertinente afin d’avoir une compréhension globale de ce marché.

Les statistiques sont issues d’un sondage effectué en septembre 2014 auprès de 2000 Français, de l’Enquête 2011 sur le suivi de la demande touristique des Français (20 000 répondants) et des données 2014 du chiffre d’affaires des entreprises du tourisme.           

Selon l’étude, un peu moins de 7 millions de Français ont effectué un voyage d’agrément en groupe organisé en 2013. Leurs voyages à l’étranger représentent 75 % des journées générées et 84 % des dépenses de ces voyageurs (voir l’infographie ci-dessous).

Infographie voyages d agrement des français en groupe

Plus de 60 % de l’ensemble des voyages de groupe ont été réservés auprès d’une agence de voyages ou d’un voyagiste.

Une organisation et une offre qui évoluent

Actuellement, plusieurs transformations s’opèrent sur le marché de groupe :

  • Désintermédiation : les prestataires et les agences de voyages deviennent des producteurs (exemple du partenariat entre les agences de voyages Tourcom et le réseau des agences départementales Tourisme & Territoires) et les voyagistes commercialisent en direct, par exemple aux associations.
  • Raccourcissement des délais de réservation : celles faites moins de 4 à 6 mois avant le départ, considérées de « dernière minute », ont tendance à fortement augmenter. Cela nécessite une réorganisation dans la manière de travailler.
  • Augmentation des offres personnalisées : la plupart des opérateurs (agences de voyages, voyagistes, agences réceptives, transporteurs) ne disposent plus de brochures et ne fournissent les programmes de groupes que sur demande de devis. Les offres personnalisées et sur-mesure sont davantage mises de l’avant que les programmes préétablis. Selon le sondage d’Atout France, 30 % des produits vendus pour les groupes sont modifiés par rapport à l’offre initiale.

Produits à fort potentiel

En France, les acteurs œuvrant sur ce créneau s’inspirent de plus en plus des produits populaires du marché individuel. C’est ainsi que les voyages de groupe se thématisent selon des centres d’intérêt : magasinage, événements, bien-être, tourisme solidaire, etc. Dans certains programmes, le voyage s’articule autour de la pratique d’un sport : randonnée, marche nordique, vélo, etc. Ces voyages thématiques requièrent des guides spécialisés avec des compétences et des savoirs spécifiques.

les voyages de groupe se thématisent selon des centres d’intérêt

Le tourisme expérientiel s’intègre aussi à l’offre grâce à de nouvelles activités et moyens de se déplacer, à des lieux « hors des sentiers battus » et à un contact facilité avec la population (nuitée ou repas chez l’habitant).

Bonnes pratiques dans la sensibilisation et la mise en marché

Il existe plusieurs regroupements dont le but est d’accroître la visibilité de l’offre du tourisme de groupe pour les clientèles B to C et B to B. Pour faire connaître leurs voyages de groupe, la fédération des autocaristes flamands, en Belgique, organise des concours par l’entremise de son site Busfan. Les participants doivent composer un programme d’excursions thématiques d’une journée et le gagnant est invité avec les personnes de son choix à y participer.

Autocariste Busfan excursions thematiques

Source : Busfan

Créé à l’initiative du Comité Régional du Tourisme de Lorraine, en France, le Club LorTour rassemble une cinquantaine d’acteurs (offices de tourisme, hôtels, agences réceptives) de la région afin de commercialiser les séjours de groupes aux autocaristes, associations, agences de voyages et voyagistes. Les spécificités régionales sont valorisées grâce à une offre entièrement thématique.

Club LorTour tourisme de groupe

Source : Club LorTour

H.I.F. (Hôtels Indépendants Français) réunit 600 hôtels qui vendent des « blocs » de chambres aux voyagistes allemands positionnés sur le marché de groupe. Il offre à ses clients B to B des tarifs négociés et la gestion des rooming lists. Depuis 2012, H.I.F. cible les voyagistes francophones pour la réservation de leurs séjours dans plusieurs pays européens, grâce à un portfolio élargi d’établissements.

Croissance sur le marché québécois

Lors d’un sondage effectué par l’APAQ (nouvellement intégrée à la fédération des autobus du Québec) en 2013 auprès des agences réceptives et forfaitistes du Québec (regroupés dans l’association de l’ARF-Québec), 60 % d’entre eux affirmaient que le marché des voyages de groupe par autocar devrait croître d’ici les cinq prochaines années.

60 % d’entre eux affirmaient que le marché des voyages de groupe par autocar devrait croître d’ici les cinq prochaines années

Les principales raisons évoquées sont l’augmentation des projets de développement et la hausse des clientèles étudiantes et plus âgées. Trois ans plus tard, cette croissance est toujours d’actualité, selon Marilyn Désy, directrice générale de l’ARF-Québec, grâce notamment à la hausse des tarifs hôteliers dans l’ouest du Canada qui force les voyagistes à vendre davantage de séjours au Québec. Néanmoins, certaines difficultés nuisent à cette tendance. Selon Mme Désy, l’enjeu numéro un de ses membres sur le marché québécois est de pouvoir proposer des hôtels appartenant à des bannières. Actuellement, peu de disponibilités sont proposées et ces établissements n’offrent plus de tarif net (inférieur au prix affiché publiquement). Malheureusement, l’une des principales clientèles des réceptifs et des forfaitistes, les latino-américains, souhaite séjourner majoritairement dans ces hôtels.

Selon un sondage réalisé par la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM en décembre 2014, 3 % des voyageurs québécois d’agrément avaient effectué un voyage de groupe organisé, au cours de la dernière année. Les opérateurs ciblent-ils adéquatement cette clientèle?

La conception et la commercialisation des produits sont des étapes qui apportent leur lot de défis. Mais puisque la demande des voyageurs internationaux est au rendez-vous, les efforts en valent la chandelle!

 

Source de l’image à la une: © Pexels.com

Catégories
Produits et activités

Les Mancations, l’univers masculin du voyage

De nos jours, de plus en plus d’hommes troquent pour quelque temps leurs obligations familiales et professionnelles contre des vacances entre hommes, des mancations ou des brocations. Du traditionnel voyage de golf ou de pêche, l’offre a évolué et s’est diversifiée en fonction des besoins de la clientèle masculine.

De métrosexuel à lumbersexuel, qui est le mancationer moderne?    

Au cours des dix dernières années, le rôle des hommes dans la société a évolué sur divers plans : travail, couple, famille. On a assisté à l’émergence du métrosexuel, cet urbain branché, soucieux de son image et intéressé par les produits axés sur le bien-être, la santé et l’esthétisme. Celui-ci cède doucement la place au lumbersexuel. Avec sa barbe fournie, ses bottes et sa chemise à carreaux, le lumbersexuel semble sortir tout droit du bois. Et pourtant! Il travaille dans l’univers des nouvelles technologies, aime la cuisine maison réconfortante, préfère aller camper plutôt que de flâner dans les boutiques comme le métrosexuel aimait si bien le faire. Le type d’hommes dans le groupe de voyageurs influencera grandement le genre de mancation; en voici d’autres :

  • Les amateurs de luxe – Ces hommes aiment les plaisirs de la vie, la gastronomie, le bon vin, les suites d’hôtels haut de gamme. Ils disposent d’un budget important pour leur séjour de type mancation. Des hôtels ciblent cette clientèle avec des offres personnalisées. Par exemple, The Crawford Hotel, situé à l’intérieur de la gare Union récemment rénovée, a établi un partenariat avec un des plus grands fabricants de vins et spiritueux indépendants de l’État, Stranahan’s Colorado Whiskey, pour offrir un forfait exclusif « Stranahan’s Curated». Ce dernier inclut la visite de la distillerie, une dégustation, une bouteille de whisky et des verres;
  • Les boys – L’aspect le plus important pour ce groupe de mancationers c’est le groupe lui-même et non le lieu ou même le type d’activité. Ils se laisseront donc guider beaucoup plus par le prix que par n’importe quoi d’autre;
  • Les aventuriers – Ils rêvent d’adrénaline, recherchent les émotions fortes et le danger. Pour leur mancation, rien de connu et surtout plein d’aventure! Voici l’exemple de l’Hotel Viking à Newport au Rhode Island qui, en association avec l’entreprise 12 Meter, propose à ses clients de participer à une course à bord d’un yacht de 12 mètres de l’America’s Cup. L’expérience d’une durée de 3 heures promet des sensations fortes tout comme cet autre forfait de l’établissement qui invite les groupes à apprendre les rudiments du polo pour ensuite concourir amicalement;
  • Les gars de party – Ils se mettent sur leur 36 (ou leur 31, c’est selon!) et sortent en ville. Leur voyage sera urbain avec une bonne dose de divertissement.

Apres-les-metrosexuels-place-auxplace-aux-lumbersexuels

Source : pexel.com

L’offre s’organise. Vraiment?

Bien qu’il soit encore difficile de trouver une offre bien structurée pour les voyages de type mancation, le Réseau de veille en tourisme a déniché quelques exemples, tels l’agence de voyages en ligne Expedia qui dédie une section de son site aux vacances entre hommes. Sans vraiment mettre de l’avant des forfaits particuliers, elle suggère plutôt des destinations et des hôtels en fonction du type de mancation recherché. Par exemple, Las Vegas pour les boîtes de nuit et les spectacles osés, la Nouvelle-Orléans pour l’ambiance de fête qui dure toute la nuit, l’Alaska ou le Wyoming pour un voyage de chasse ou pêche ou encore la ville d’Anchorage, en Alaska, pour les plaisirs urbains et le retour à la nature. Vacances Signature, quant à elle, met l’accent sur les centres de villégiature.

Le blogue spécialisé mantripping propose des destinations, des forfaits, des idées de mancations, allant du traditionnel voyage de golf à une virée des casinos, en passant par un séjour de randonnée en montagne; tout y passe ou à peu près.

Weekend de gars (WDG) est un site Web québécois construit par des gars, pour des gars. Il présente des séjours organisés de chasse (sept espèces et safari en Afrique) et de pêche, mais également des forfaits pour amateurs de sensations fortes comme du parachutisme, du rafting, du bateau à propulsion hydraulique (jet boat), de la luge de rivière et même de la survie en forêt.

Du côté des DMO, notons que le Wisconsin répertorie des escapades entre hommes; au menu : pêche, golf, tour guidé de brasseries et VTT pour n’en nommer que quelques-uns. Kamloops en Colombie-Britannique présente un exemple d’escapades entre hommes où il est question de golf, de randonnée, de vélo de montagne, de paintball, de parachutisme, de boîte de nuit et de… spa. Visit Belmont, en Caroline du Nord, souhaite briser son image de ville ennuyeuse et mise sur le plaisir à profusion (nourriture, boisson et plein air) à coût abordable.

forfaits-weekend-pour-hommes

Source : Travel Wisconsin

Une manne pour l’industrie touristique?

Les mancations peuvent apporter un flux régulier de vacanciers. Pour créer de bons forfaits pour ces séjours, il n’existe pas de solution ou de recette unique, mais plutôt une multitude d’options en fonction de votre emplacement, de vos équipements et des attractions locales situées à proximité. Plusieurs activités et produits touristiques sont susceptibles de plaire à ce groupe de voyageurs en plus de la chasse, de la pêche et du golf. Comme l’offre semble peu structurée à l’heure actuelle, pourquoi ne pas être parmi les premiers à plonger dans l’univers masculin du voyage et à concocter des forfaits axés sur le tourisme d’apprentissage, l’aventure, le plein air, le divertissement et même le bien-être?

 

Source de l’image à la une : pexels.com

Catégories
Segments de clientèles

Les voyages en petits groupes ont la cote!

Avec la popularité croissante du tourisme expérientiel, la demande pour des séjours authentiques en plus petits groupes prend le pas sur celle de la consommation de masse. Ces voyages permettent aux consommateurs de s’immerger dans une destination tout en rencontrant des personnes ayant des centres d’intérêt similaires.

 

 

Augmentation des voyageurs en solo et des baby-boomers

Les séjours en petits groupes sont particulièrement populaires auprès des gens qui ont déjà beaucoup voyagé et auprès des voyageurs en solo.

Les séjours en petits groupes sont particulièrement populaires auprès des gens qui ont déjà beaucoup voyagé et auprès des voyageurs en solo. Selon Kara O’Toole, directrice générale de Overseas Adventure Travel (OAT) et spécialiste des séjours en petits groupes, on assiste à une augmentation du pourcentage de voyageurs âgés de 50 ans ou plus qui voyagent seuls, indépendamment de leur statut matrimonial. Leur proportion est passée de 35 % en 2013 à 44 % en 2014 chez OAT, comparativement à 27 % en 2007. La majorité (80 %) des voyageurs sont des femmes. D’ailleurs, la Travel Industry Association estime que 32 millions de femmes américaines célibataires ont voyagé au moins une fois dans la dernière année, et environ 3 sur 10 ont effectué 5 voyages ou plus.

L’autre clientèle type des voyages en groupes restreints est celle des baby-boomers à la retraite, selon les voyagistes spécialisés dans ce marché. Ils sont généralement plus instruits et un peu plus riches que les clients habituels des grossistes. Ils sont à la recherche d’authenticité et espèrent vivre une expérience qu’ils ne pourraient pas obtenir en voyageant de manière indépendante. Selon Mark Yacker, directeur pour l’Amérique du Nord chez Travel Indochina, qui se spécialise dans des circuits pour 16 participants ou moins, la majorité des voyageurs sont dans la quarantaine, la cinquantaine ou la soixantaine et disposent d’un revenu qui leur permet de payer de 200 $ à 350 $ par nuit pour une expérience culturelle immersive avec un certain niveau de confort.

Les touristes qui voyagent en petits groupes sont également enclins à utiliser les services d’un agent de voyage pour la réservation de leur séjour. C’est ce qu’a démontré une étude de Foresight Research dans laquelle 70 % des répondants ont affirmé qu’ils se fieraient très certainement à un agent de voyage pour organiser leur séjour.

L’offre des voyagistes traditionnels

Les dix dernières années ont connu une baisse du tourisme de masse et une augmentation des personnes voyageant avec de petits exploitants.

Les dix dernières années ont connu une baisse du tourisme de masse et une augmentation des personnes voyageant avec de petits exploitants. Constatant l’engouement pour ce type de séjours, de plus en plus de voyagistes offrent davantage d’options pour de petits groupes en créant des produits personnalisés qui visent à attirer les consommateurs qui rejettent l’idée d’une visite de groupe traditionnelle. Depuis 2010, la gamme Explorations de Collette propose des circuits pour des groupes de 18 personnes ou moins. Conçus pour répondre à des voyageurs curieux, ils permettent une expérience plus immersive en ce qui a trait à la population, à son histoire et à sa culture : repas chez l’habitant, cours de cuisine avec un chef professionnel, nuitée dans un petit village de pêcheurs, dégustation de fromages et de vins dans une ferme locale, etc. Ce segment de produits est celui qui affiche le plus haut taux de croissance des ventes chez Collette.

Les petits groupes sont le cœur de l’offre d’Alexander+Roberts. Toutefois, pour répondre à la demande croissante pour des expériences encore plus intimistes et d’immersion, la gamme Original Events propose une série de départs ponctuels construits autour d’une thématique ou d’un événement culturel. Le premier aura lieu en octobre 2015 et sera axé sur l’héritage juif de Rome, de Florence et de petites villes médiévales dans la campagne italienne. Il s’adressera à des groupes de 8 à 16 participants maximum. D’autres voyages mettront en vedette une célébration de la tonte des moutons en Islande et le 50e anniversaire de l’incident du golfe du Tonkin au Vietnam.

Le tout dernier à entrer dans la danse, Trafalgar, a lancé sa collection de séjours spécialement conçus pour des groupes de 26 personnes ou moins. Hidden Journeys regroupe onze itinéraires qui permettront, dès le printemps 2015, de découvrir plus à fond les destinations déjà desservies par l’entreprise, mais qui mèneront les touristes dans des lieux différents pour y partager des expériences avec la population locale. Le nombre restreint de participants permet aussi d’offrir de l’hébergement dans des localités et des établissements plus petits – comme l’Albergo dell’Agenzia, hôtel piémontais de 47 chambres – et d’organiser des expériences qu’il serait difficile, voire impossible, de réaliser avec un grand groupe. Malgré leur coût 20 % plus élevé que celui d’un circuit traditionnel pour une cinquantaine de personnes, ces itinéraires rejoindront une clientèle qui n’aurait jamais pensé voyager en circuit accompagné, croit Paul Wiseman, président de Trafalgar.

Le fait que les grands voyagistes étendent leur offre de voyages en petits groupes aidera-t-il à stimuler la demande globale? Qu’en pensez-vous?

 

Image à la Une : istockphoto no 21251959

Catégories
Segments de clientèles

Adapter la programmation de son festival aux différentes générations

Portrait des participants québécois aux festivals

Avec la facilitation de l’accès au voyage, la concurrence des festivals s’étend maintenant à l’international. La compréhension des comportements des visiteurs est donc essentielle, tant pour les voyages de proximité qu’à l’étranger.

Dans le cadre d’un voyage au Canada, 5,1% des Canadiens et 6,2% des Québécois ont assisté à un événement culturel, selon le Print Measurement Bureau (PMB). Si la proportion reste la même pour les Canadiens à l’occasion d’un voyage à l’étranger, elle baisse à 3,4% pour les Québécois. En étudiant la totalité des Québécois ayant assisté à un événement culturel en voyage à l’extérieur du Canada, on remarque que ce sont les baby-boomers et les seniors qui sont les plus représentés. Dans le cadre de vacances au Canada, ces deux catégories de population sont rejointes par les jeunes issus de la génération Y pour former le trio de tête des participants à des événements culturels (voir le graphique 1).

CD_Adapter_programmation_festivals_graph1

Le PMB a étudié en détail la fréquentation des visiteurs et des résidents dans certains festivals. Ainsi, il apparaît que la génération Y fréquente beaucoup plus que les autres les Francofolies et le festival Juste pour Rire. Les baby-boomers sont particulièrement bien représentés aux Fêtes de la Nouvelle-France et au Festival des films du monde. Le Festival International de Lanaudière attire quant à lui massivement les seniors (voir le graphique 2).

 CD_Adapter_programmation_festivals_graph2

Pour proposer la meilleure offre à ces différents auditoires, l’important est de connaître son public actuel, sans oublier de prêter attention à la clientèle potentielle et d’élaborer une stratégie claire.

Idées pratiques pour une programmation adaptée aux différentes générations

Lors du Salon de l’Organisateur 2013 de SATQ-FEQ se tenait un atelier intitulé «Les générations et leur influence sur votre programmation». René Fréchette, directeur des événements à la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et ancien directeur du Mondial des Cultures de Drummondville, y partageait quelques idées concrètes d’adaptation à un public cible.

À chercher à plaire à un spectre trop grand de participants, les festivals risquent de rendre leur contenu diffus. Cela dit, un même événement peut s’adresser à différentes générations. L’important pour atteindre son public est de suivre un plan bien défini. René Fréchette dresse la liste des actions à accomplir en amont de l’élaboration de son programme: 

  1. S’assurer que les changements prévus à la programmation s’intègrent bien à la mission;
  2. Échanger avec les employés et les bénévoles pour obtenir leur soutien;
  3. Obtenir l’aval du conseil d’administration;
  4. Identifier son public cible et connaître ses attentes;
  5. Analyser les succès et les insuccès passés;
  6. Mesurer les ressources existantes ainsi que les besoins à venir;
  7. Dresser le portrait-robot du client futur;
  8. Assurer une veille stratégique pour se positionner;
  9. Maîtriser le temps: anticiper sans se précipiter.

Pour un ajustement réussi de sa programmation

Dans le cadre d’un réajustement de contenu, il est indispensable de se poser les bonnes questions. Il faut tout d’abord établir ce qui est intouchable dans la programmation originale de son festival. Il est également nécessaire d’identifier les forces et faiblesses de l’offre existante. Finalement, les actions à entreprendre doivent être déterminées, ainsi que les différents alliés (municipalités, etc.).

  • Connaître sa clientèle: L’innovation va nécessairement de pair avec une connaissance globale des clients actuels et potentiels. Il est donc essentiel de s’intéresser à ce qu’ils mangent, à leurs loisirs, à leur style de vie ou à la composition de leur foyer. René Fréchette propose ici de personnifier le client type en lui donnant un nom, un âge, une profession, une passion, etc.
  • Prendre conseil auprès des partenaires: Faire appel à ses partenaires constitue une excellente stratégie pour être mieux informé des besoins de sa clientèle. En effet, les commanditaires connaissent leur public cible et peuvent partager leur expertise pour attirer plus de monde au festival, ce qui leur garantit aussi une meilleure visibilité. Voilà un bel exemple d’association gagnant-gagnant!
  • Maîtriser son image: La connaissance de la perception externe du festival est primordiale. Il est donc impératif de travailler son image de marque. Le public s’identifie-t-il à l’événement? S’agit-il d’une manifestation à la mode? Quelle est la première chose qui lui vient en tête, lorsque le public pense à ce festival?
  • Tisser un lien entre la programmation et la promotion: Pour que la promotion soit cohérente, les éléments de la programmation doivent être présentés clairement dans la campagne de communication. Il est essentiel de savoir comment s’informe la clientèle et de comprendre quelles parties du programme attireront leur attention.
  • Préciser le rôle de l’événement: Afin d’éviter le dispersement, il est primordial de s’interroger sur la vocation sociale et communautaire du festival. Réunir les gens, créer un lieu de rencontre entre les générations, consolider le sentiment d’appartenance à la communauté, augmenter la visibilité des commerces, développer le potentiel touristique de la destination… autant d’objectifs qu’il est important de clarifier pour être certain de les atteindre.
  • Élargir son cercle de recrutement: Finalement, René Fréchette conseille de s’entourer de personnes qui ont des compétences aussi variées que pointues. Pourquoi ne pas intégrer à son conseil d’administration un professionnel de la création ou encore des intervenants auprès des générations à séduire (animateurs de camps de jour, personnel accompagnant les personnes âgées, etc.)?

En conclusion, l’adaptation de la programmation d’un festival à son public cible doit être abordée comme un processus intégré. De plus, afin de bonifier constamment l’événement, il ne faut pas oublier d’en mesurer les retombées une fois que celui-ci a eu lieu.

Catégories
Faits et chiffres Segments de clientèles

Les voyageurs de groupe québécois

Plus du tiers des Québécois ayant fait partie d’un groupe organisé lors de leur dernier séjour d’agrément ont voyagé pour une durée de dix nuitées et plus. Ils se sont regroupés pour visiter principalement le Québec et les États-Unis. Tout comme l’ensemble des voyageurs québécois, les voyageurs en groupe organisé sont majoritairement de la génération des baby-boomers et n’ont pas d’enfants à la maison.

En partenariat avec le ministère du Tourisme du Québec et un regroupement d’associations touristiques régionales et sectorielles, l’enquête Ipsos-RVT consiste en un sondage en ligne fait auprès de 3 058 voyageurs québécois en mars 2011. L’objectif premier est de mieux connaître le comportement des voyageurs québécois, particulièrement en ce qui concerne leur processus de planification et de réservation sur le Web. Les résultats présentés concernent le dernier séjour ayant eu lieu à plus de 100 km du domicile du répondant et pour lequel celui-ci a effectué un déplacement en transport commercial (avion, train, autocar ou voiture de location) ou a passé une nuitée dans un établissement d’hébergement commercial. Basée sur ces données, cette analyse vise à comprendre le profil et le comportement des répondants ayant effectué leur dernier voyage d’agrément en groupe organisé, excluant les voyages en formule tout inclus dans le Sud.

Ils sont au nombre de 112 à avoir fait leur dernier voyage en groupe organisé, soit 3,7% des répondants du sondage. Étant donné la spécificité des critères sur lesquels se basait la qualification des participants (voir méthodologie), on peut affirmer que cet échantillon est représentatif et valable aux fins d’une analyse.

Portrait sociodémographique des Québécois qui voyagent en groupe organisé

Globalement, les baby-boomers, soit les personnes âgées de 45 à 65 ans, constituent la génération qui voyage le plus par agrément; ils représentent 47% des voyageurs québécois (voir graphique 1). On arrive sensiblement au même constat pour les voyageurs en groupe organisé, puisque 51% appartiennent à ce groupe d’âge. Ils correspondent ainsi à une clientèle cible fort importante pour les groupes, sans oublier les voyageurs âgés de 65 ans et plus, présents à 17%. On remarque aussi que plus les répondants sont jeunes, moins ils choisissent de voyager en groupe organisé.

En général, les voyageurs québécois sont davantage en couple (71%) que seuls (27%). Il en va de même pour les voyageurs de groupe (57% versus 38%), mais dans une moindre proportion (voir graphique 2). Par ailleurs, dans 68% des cas, les voyageurs de groupe ont mentionné ne pas avoir d’enfant à la maison.

Plus de la moitié (52%) des voyageurs québécois touchent un revenu de ménage annuel se trouvant entre 25 000$ et 74 999$, comparativement à 59% pour ceux qui ont fait leur dernier voyage d’agrément en groupe organisé (voir graphique 3). Les personnes les plus aisées (150 000$ et plus) représentent 6% de tous les voyageurs et 2% des voyageurs de groupe. Près du tiers se situent entre ces deux catégories extrêmes.

Un peu plus de la moitié de l’ensemble des voyageurs travaille à temps plein; c’est le cas de 38% des répondants ayant fait partie d’un groupe organisé (voir graphique 4). Le sondage révèle que près du tiers de ce segment profite de la retraite et que 11% occupent un emploi à temps partiel.

Les voyageurs en groupe organisé résident principalement dans les grandes villes de la province, soit à Montréal (24%) et à Québec (21%) (voir graphique 5).

Près du tiers des voyageurs en groupe organisé se rendent à leur destination en autobus de longue distance (voir graphique 6). Cependant, l’avion demeure le moyen le plus utilisé par les Québécois, tous segments confondus. Il est à noter que les personnes sondées pouvaient mentionner l’utilisation de plus d’un moyen de transport et que les réponses concernaient les séjours effectués lors des douze derniers mois.

Où vont-ils et que font-ils?

Près du tiers (30%) des voyageurs en groupe organisé ont visité le Québec et un peu plus du quart (27%) ont séjourné aux États-Unis. Bien que le Sud soit populaire de façon générale (24%), les groupes n’y séjournent pas plus que dans les autres pays (14%).

Les voyageurs en général vont plus dans la région de Québec que ceux qui effectuent des voyages de groupe (voir graphique 8). Ceux-ci ont visité davantage Charlevoix et les Cantons-de-l’Est que les autres régions de la province. Montréal, les Laurentides et Québec figuraient également parmi les cinq principales régions visitées par les groupes. La Gaspésie se classe parmi les régions les moins visitées des voyageurs en groupe organisé certes, mais elle figure au classement des cinq destinations les plus populaires de l’ensemble des voyageurs.

Plus du tiers des Québécois à l’étude se sont absentés durant environ une semaine pour effectuer leur dernier séjour d’agrément, toutes destinations confondues (voir graphique 9). Les voyageurs en groupe organisé restent généralement longtemps à destination; 35% y demeuraient plus de dix nuitées. Les séjours de deux nuitées, notamment les excursions de fin de semaine, semblent eux aussi populaires auprès des groupes (20%).

Qu’il soit fait seul ou en groupe, le magasinage est une activité très en vogue chez les Québécois. Environ deux personnes sur trois s’y adonnaient lors de leur dernier séjour (voir graphique 10). Près de la moitié des voyageurs en groupe organisé accordaient une place à la visite de musées, de centres d’interprétation et de sites historiques. Les événements sportifs intéressent également les groupes (24%).

Comme nous l’avons indiqué au début de la présente analyse, le sondage a été réalisé en mars 2011. Nous croyons que certains résultats auraient pu différer s’il avait été effectué après la saison estivale. Quoi qu’il en soit, ces données dressent un portrait à jour des voyageurs québécois, incluant ceux ayant fait partie d’un groupe organisé.

 

Source:

– Sondage Ipsos Descarie – Réseau de veille en tourisme, en partenariat avec le ministère du Tourisme du Québec. «Comportement Internet des voyageurs québécois», mai 2011.

 

 

Catégories
Segments de clientèles

Revamper les voyages de groupe

C’est pour les vieux! C’est fatiguant! C’est contraignant! C’est superficiel! Beaucoup de gens ne sont pas friands de ce type de voyage en raison de la caricature qu’ils s’en font. Pour se défaire des préjugés et augmenter ses parts de marché, le produit et l’image des voyages de groupe ont besoin d’être renouvelés. Il existe un potentiel pour séduire de nouvelles clientèles.

Auparavant associés aux gens de l’âge d’or et aux traditionnels sight-seeing tours, les voyages de groupe se diversifient tant du côté de la clientèle que des types de voyage et de la durée. Ils ne sont plus nécessairement associés aux groupes de 50 personnes qui n’avaient pas une grande expérience de voyage. Aujourd’hui, cette clientèle est exigeante et expérimentée.

En France, deux organisations, Protourisme et Map Pro – Le monde, à Paris, ont collaboré pour mettre sur pied l’Observatoire national du tourisme de groupe qui a publié l’étude «Les Français et le voyage de groupe: poids du marché et tendances de consommation»*.

Qui sont ces voyageurs?

En 2008, 5,5 millions de Français sont partis au moins une fois en voyage de groupe (près de la moitié ont moins de 50 ans), ce qui totalise environ 70 millions de journées par an (22% en France et 78% à l’étranger) et génère un chiffre d’affaires annuel de 7,5 G€ (1 G€ pour les voyages en France et 6,5 G€ pour ceux à l’étranger).

Les voyages de groupe sont principalement composés de:

  • femmes (58%);
  • couples (47%);
  • personnes inactives (48%);
  • personnes ayant un revenu supérieur à la moyenne;
  • personnes provenant généralement d’une agglomération de plus de 100 000 habitants.

Pour ceux qui voyagent en groupe, c’est avant tout une question d’occasion pour 51% d’entre eux, et d’habitude pour 30%. Seulement 19 % sont des néophytes.

Selon les différents profils établis, on peut comprendre les raisons pour lesquelles les gens voyagent en groupe:

  • le boulimique (34 % des voyageurs de groupe): c’est un consommateur frénétique, il veut tout voir et tout faire dans un minimum de temps;
  • le sociable (25 %): il recherche avant tout la convivialité et le partage, le voyage n’est qu’un prétexte à rencontres;
  • l’anxieux (19 %) : pas assez sûr de lui pour voyager seul, il cherche avant tout la sécurité, l’encadrement et la prise en charge;
  • l’hédoniste (16 %): il souhaite profiter de l’instant et du lieu et bénéficier de temps libre, il ne veut pas avoir à se préoccuper de logistique;
  • le contraint (5 %): il désire sortir des sentiers battus et le groupe, malgré son aspect contraignant, lui permet de pratiquer des activités qu’il ne pourrait faire seul.

Les grandes lignes de cette étude permettent d’ajuster le tir

Les besoins prioritaires du groupe sont la rencontre authentique, le choix, la liberté, l’intimité et l’originalité. Généralement, les facteurs d’insatisfaction sont liés au rythme, à la restauration et au transport.

Plusieurs personnes accepteraient de partir en groupe si elles étaient certaines de trouver…

  • une ambiance sympathique;
  • un petit groupe homogène;
  • un programme à la carte;
  • de la souplesse dans les horaires;
  • des plages de liberté;
  • un prix attractif;
  • de l’originalité, de l’exclusivité;
  • de l’authenticité.

Le voyage idéal: un groupe choisi, une organisation souple, un contenu riche et thématique.

Il importe donc de…

  • valoriser les avantages: convivialité, rencontres, échanges, aucun souci d’organisation et de logistique, découverte, sécurité, rapport qualité-prix;
  • contrer les images négatives: ringard, manque de liberté, programmes trop chargés, manque d’authenticité;
  • établir une organisation sans faille: professionnalisme et service à la clientèle, prestation promise et prestation livrée, prix tout inclus (éviter les suppléments et les frais), bonne logistique, prestation de qualité, service personnalisé, ambiance agréable au sein du groupe;
  • mieux adapter ses produits.

Des occasions à saisir

Il existe plusieurs avenues pour séduire de nouvelles clientèles et pour ajouter des éléments intéressants aux prestations: les marchés de niche basés sur les intérêts et les affinités, la conscientisation sociale et environnementale (ex.: l’autobus, une solution plus verte que l’avion et l’auto), le volontourisme (lire aussi: Le tourisme volontaire, ça ne se passe pas qu’en Afrique!), les courts séjours et les voyages de proximité, le slow travel, les personnes qui sont seules pour voyager, les jeunes, une composante à la valeur ajoutée, etc.

Les deux cas suivants prouvent qu’il est profitable de ne pas se confiner à la clientèle traditionnelle et de s’ouvrir à d’autres marchés avec des produits novateurs:

Alors, créez des forfaits qui sortent de l’ordinaire, qui comportent une bonne dose d’adrénaline, qui proposent des produits exclusifs.

Et surtout, ne pas négliger le Web 2.0

Il semble que l’offre du tourisme de groupe ne soit pas très présente sur Internet et dans les agences de voyages en ligne. Pour augmenter ses parts de marché, faire connaître son offre à de nouvelles clientèles et même satisfaire une clientèle plus âgée dont le nombre d’adeptes d’Internet grandit sans cesse, il faut démontrer son dynamisme et être présent sur le Web.

Ce type de voyageur souhaite, au même titre que les autres, pouvoir trouver de l’information, comparer les prix et les prestations, partager ses expériences avec les autres internautes, accéder aux offres de dernière minute, réserver en ligne. Et pourquoi ne pas attirer la clientèle jeune en misant sur le Web 2.0 et en intégrant gadgets, divertissement et concours.

* Pour cette étude, deux enquêtes ont été menées:

  • 2100 individus interrogés en personne d’avril à septembre 2009, auprès d’un échantillon représentatif de la population française;
  • 821 individus par téléphone et Internet auprès des voyageurs en groupe.

Des rencontres qualitatives se sont aussi tenues avec des consommateurs et des non-consommateurs de voyages de groupe ainsi que des professionnels et des intermédiaires.

Leur définition du voyage de groupe: un voyage d’au moins deux jours (une nuitée) au sein d’un groupe de 10 personnes ou plus, excluant le tourisme d’affaires, les séjours en club de vacances et les croisières.

Consulter:
Association des propriétaires d’autobus du Québec (APAQ) – Portail du tourisme de groupes et du transport collectif

Sources:
– Da Luz, Jean. «MAP Pro: “il faut absolument changer l’image du voyage en groupe!”», Tourmag.com, 6 octobre 2009, [http://www.tourmag.com/MAP-Pro-Il-faut-absolument-changer-l-image-du-voyage-en-groupe-!_a34392.html].
– Mintel International Group Ltd. «Bus and Coach Travel – Europe», Travel & Tourism Analyst, no 12, juillet 2009.
– Observatoire national du tourisme de groupe. «Les Français et le voyage de groupe: poids du marché et tendances de consommation», collaboration de Protourisme et de Map Pro – Le monde à Paris, 2009,
[http://www.protourisme.com/fichiers/Tourisme%20de%20groupe.pdf].

Catégories
Gestion Produits et activités

Foule au musée! Stratégies pour une expérience mémorable (Compte rendu de conférence)

La dernière conférence du CECA, le Comité pour l’éducation et l’action culturelle de l’ICOM (Conseil international des musées), s’est tenue à Montréal du 29 septembre au 3 octobre 2008 et avait pour thème «Tourisme culturel: tendances et stratégies». Un panel, composé de gestionnaires de grands musées, a abordé la question de la gestion de la foule. Non seulement leur intervention a été fort intéressante, mais leurs exemples peuvent être suivis par différents types d’attraits touristiques. Voici les stratégies du Museum of Modern Art, du Musée du Louvre, du Musée canadien des civilisations et du Musée national des beaux-arts du Québec… pour des expériences mémorables.

Catherine Guillou, directrice des Publics, Musée du Louvre, Paris

Le Musée du Louvre connaît bien la foule. Avec plus de 8,2 millions de visiteurs en 2007, il s’agit du musée le plus achalandé au monde, avec une bonne avance sur le British Museum (5,4 millions) et le Tate Modern Museum (5,2 millions). Le public français représente 31% des visiteurs; les 69% restants sont des touristes internationaux provenant principalement des États-Unis, de l’Italie, de l’Espagne, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la Chine, du Japon, de la Russie, du Canada et de l’Australie. C’est tout un défi pour un tel établissement d’offrir une expérience unique à chaque visiteur.

Le Louvre aborde la foule en termes d’«hyperfréquentation», expliquait Mme Guillou. Cette appellation ne la limite pas à ses aspects négatifs que sont la désorganisation, les mouvements de foule ou la panique ; elle permet plutôt de réfléchir sur ce qui anime une foule, sur ce qu’elle ressent, sur ce qu’elle provoque, sur les liens qui la créent. La foule a un effet contradictoire sur le public. Elle peut entraîner des stratégies d’évitement, des visites écourtées ou passives, de la déception, de la fatigue ou de la frustration ; pourtant, elle détient un grand pouvoir d’attraction.

Voici les principales stratégies de gestion de l’hyperfréquentation du Louvre, selon Mme Guillou:

  1. professionnaliser les équipes et anticiper les crises;
  2. développer une forte coordination entre les services;
  3. connaître ses publics, faire de la prospective sur l’évolution du tourisme mondial ainsi que sur les pratiques et les comportements culturels;
  4. développer encore plus fortement une culture de l’hospitalité: chaque visiteur est unique;
  5. accepter, sans culpabilité, qu’une partie de la gestion de la fréquentation doit être assumée par les visiteurs (information préalable, prévente par Internet préparation à la visite);
  6. créer une ambiance conviviale ainsi que les conditions de la civilité;
  7. ajuster régulièrement horaires, tarifs, accès, services et offres.

En matière de civilité, le Louvre a tout récemment mis en place une campagne d’affichage originale où les règlements sont présentés aux visiteurs d’une façon fort sympathique.

MtL_2009-01_foule_musee_conf_img1

Michèle Canto, directrice Marketing et Affaires commerciales, Musée canadien des civilisations, Ottawa

Le Musée canadien des civilisations reçoit en moyenne 1,3 million de visiteurs par année et gère le Musée canadien de la guerre qui accueille 475 000 personnes annuellement. Ensemble, ils représentent les musées les plus visités au Canada. Les groupes constituent 30% de la clientèle, et les «locaux», 50%. Non seulement l’achalandage est fort pendant la semaine de relâche, la fin de l’année scolaire, l’été et la période de Noël, mais ces deux musées tiennent également de nombreuses expositions temporaires qui génèrent, elles aussi, des flux inégaux de visiteurs au cours de l’année.

Afin d’accueillir le mieux possible ses publics, Mme Canto explique que les musées se concentrent sur l’expérience du visiteur par diverses mesures:

  • un engagement de tous les paliers hiérarchiques pour une gestion axée sur le visiteur;
  • des sondages continus auprès de la clientèle;
  • une programmation et des expositions renouvelées;
  • des normes et directives de service à la clientèle, de la formation et des réunions quotidiennes pour les employés.

Comme ces musées comptent une vaste clientèle locale et de groupes, l’expérience offerte doit être sans cesse réinventée. En d’autres mots, il s’agit de s’assurer d’une bonne sélection des expositions temporaires, de leur diversité et de leur programmation au cours de l’année. Mme Canto explique également qu’une attention particulière est portée au processus d’achat de billets: prévente, file dédiée à ceux ayant acheté leur billet à l’avance, gestion de la file d’attente (sièges, employé pour répondre aux questions, dépliants disponibles) et division de l’accueil en plusieurs kiosques (information, membership, audioguides).

Une signalisation, des communications et des renseignements clairs en plusieurs langues, de même que l’usage de technologies, facilitent la visite des musées. Les groupes scolaires font aussi l’objet d’une gestion particulière.

Mme Canto conclut en mentionnant que l’évaluation des opérations est une étape importante de la gestion de l’achalandage pour mieux s’adapter et corriger les erreurs.

Glenn D. Lowry, directeur, Museum of Modern Art (MOMA), New York

En 2004, le MOMA recevait environ 1,5 million de visiteurs par année. À la suite d’un agrandissement, la fréquentation est passée à 2,7 millions de visiteurs en 2007 avec des pointes pouvant aller jusqu’à 18 000 personnes par jour. Ces dernières se répartissent entre les collections permanentes du Musée et les expositions temporaires.

La grande attention portée à la présentation des œuvres facilite l’accueil de tous ces gens. En effet, M. Lowry estime qu’il doit y avoir un parcours principal clair et simple à suivre. Il importe aussi de comprendre comment les visiteurs disposent de leur temps de visite pour ensuite organiser les services en conséquence (sièges, toilettes, etc.). Selon lui, l’atmosphère est très importante et passe, entre autres, par la densité des salles et l’éclairage. En fait, on doit y créer juste assez d’espace pour que les gens se sentent confortables et puissent interagir entre eux s’ils le souhaitent.

Le directeur du MOMA terminait sa présentation sur cette sage parole: «Le succès d’un musée ne devrait pas se mesurer au nombre de personnes qui le fréquentent, mais plutôt au fait que les œuvres exposées soient bien reçues par le public et qu’elles le touchent».

John R. Porter, directeur honoraire, Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) et président de la Fondation du MNBAQ, Québec

Le Musée national des beaux-arts du Québec n’est pas en reste avec environ 550 000 visiteurs en 2008. L’établissement a connu toute une croissance depuis les 160 000 visiteurs de 1993, grâce à quelques grands succès, dont l’exposition sur Rodin. Ces événements ont conféré au Musée une expérience qui lui a été bien utile pour l’année 2008: année toute spéciale pour le MNBAQ qui recevait une exposition du Louvre à l’occasion des Fêtes du 400e de Québec.

Pour l’occasion, on a créé un parcours, un cahier de visite ainsi qu’une scénographie originale. L’événement a été une réussite, en partie grâce à l’implantation d’un système permettant de réserver la journée et l’heure de la visite. Une telle stratégie comportait une part de risque, mais la mesure a majoritairement été appréciée par les visiteurs qui ont pu éviter la cohue. Si les réservations ont peut-être empêché de battre des records de fréquentation, la qualité de l’expérience a généralement été préservée.

M. Porter a terminé sa présentation en rappelant les incidences heureuses d’un succès, que ce soit en matière d’image, de retombées financières ou de réputation de l’établissement.

MtL_2009-01_foule_musee_conf_img2

Enfin, ses propos résumaient bien le défi que représente l’accueil d’un public nombreux; il a rappelé qu’à l’impossible nul n’est tenu et qu’il y aura toujours des gens qui souhaiteraient être seuls dans le musée pour contempler une œuvre. Cela dit, il importe de tenir compte des suggestions des visiteurs et de veiller à s’améliorer constamment.

Sources:

Présentations lors de la conférence Tourisme culturel: tendances et stratégies de l’ICOM et du CECA, du 29 septembre au 2 octobre 2008, panel Foule au Musée! Stratégies pour une expérience mémorable.

– Canto, Michèle, directrice Marketing et Affaires commerciales, Musée canadien des civilisations, Canada
– Guillou, Catherine, directrice des Publics, Musée du Louvre, France
– Lowry, Glenn D., directeur, Museum of Modern Art, USA
– Porter, John R., directeur honoraire du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) et président de la Fondation du MNBAQ

Catégories
Marchés géographiques Segments de clientèles

Qui voyage avec qui?

Dis-moi avec qui tu voyages, je te dirai qui tu es. En effet, les comportements des individus varient selon qu’ils voyagent seuls, en famille, en couple, entre copains ou copines. Les voyages d’agrément s’effectuent le plus souvent en famille ou en couple et les voyageurs solos ainsi que les adultes voyageant avec des enfants séjournent souvent dans la résidence de parents ou d’amis. Mais comment tout ce beau monde se comporte-t-il?

L’information présentée dans cette analyse provient d’une étude de la Travel Industry Association (TIA) ainsi que de l’enquête de 2006 sur les voyages des résidants du Canada (traitement pour le Québec). Pour le marché américain, malgré qu’il soit question de voyages domestiques, il est possible de supposer que les comportements de voyage sont plus ou moins semblables à ceux des voyages au Canada en ce qui a trait aux buts des voyages, à l’hébergement choisi ainsi qu’aux activités pratiquées.
Qu’il s’agisse d’Américains ou de Québécois, environ 40% des individus voyagent seuls. Ils prennent peut-être part à des voyages organisés, mais ces statistiques ne le spécifient pas. Parmi les autres adultes, 28 % des Américains se déplacent en couple, 23% voyagent avec un ou des enfants (20% de Québécois) et près de 10% avec des copains ou copines.

MtL_2008-09_qui_voyage_qui_grphq1

 

On ne voyage pas pour les mêmes raisons

Le graphique 2 illustre clairement que les Américains ne voyagent pas pour les mêmes buts selon qu’ils soient seuls, entre adultes ou en famille. Les escapades de week-end se font rarement en solo, mais plutôt en couple, en famille ou entre copines. Il n’est pas surprenant d’observer que les voyages en famille ou en couple sont plus souvent par agrément. Les voyageurs solos ou les groupes d’hommes voyagent surtout par affaires ou pour participer à un congrès. En outre, 15% des femmes qui voyagent entres elles se rendent à des congrès, des séminaires ou des formations.

MtL_2008-09_qui_voyage_qui_grphq2

 

En comparaison, parmi les voyages d’agrément et les visites de parents et d’amis des Québécois, environ 40% se font seuls, 40% entre adultes et seulement 20% avec des enfants. Les voyages d’affaires se font seuls dans 84% des cas.

Des modes d’hébergement adaptés

Même si l’hébergement commercial est le principal mode d’hébergement pour tous les groupes, il est particulièrement populaire auprès des groupes d’hommes ou de femmes. La résidence de quelqu’un d’autre (un parent, un ami ou une résidence louée) est une forme d’hébergement très commune aux adultes avec des enfants et aux personnes voyageant seules. Enfin, le camping compte davantage d’adeptes chez les familles. Les autres modes d’hébergement sont variés, dont le time-sharing et les résidences secondaires des voyageurs.

MtL_2008-09_qui_voyage_qui_grphq3

 

Ces données varient également lorsqu’on y ajoute le but de voyage. Par exemple, s’il voyage par agrément, le voyageur solo séjourne beaucoup plus souvent chez un parent ou un ami (57% contre 30% pour tous les types de voyages confondus). Pour tous les groupes, la propension à séjourner en hébergement commercial est beaucoup plus marquée lors de voyages d’affaires.

À chacun ses activités favorites

Les restaurants, populaires pour tous, demeurent particulièrement fréquentés en couple ou entre amis. Confirmant le cliché, le magasinage n’est pas l’affaire des hommes voyageant entre eux ou des touristes solos, mais tout à fait celle des femmes! Ces groupes de copines apprécient aussi une visite au casino. Par contre, les parcs d’attractions et les parcs nationaux, les événements et les activités sportives ainsi que la chasse et la pêche ne sont pas leurs activités préférées. Les groupes d’hommes apprécient les événements sportifs, le nightlife ainsi que la chasse et la pêche.

Les couples sont actifs et participent à plusieurs activités dans une proportion élevée: visites touristiques, nightlife, casino, plage, festivals et activités sportives. On ne s’ennuie pas non plus lorsqu’on voyage avec des enfants, et les familles, en plus d’effectuer des visites touristiques et des activités sportives, sont les principaux clients des parcs d’attractions, des plages, des parcs nationaux et des musées.

MtL_2008-09_qui_voyage_qui_grphq4

 

Ces portraits du profil des voyageurs selon qu’ils voyagent seuls ou accompagnés demeurent partiels et il serait intéressant d’approfondir les caractéristiques de chacun des groupes. Néanmoins, la différence marquée entre les comportements de ceux-ci suggère qu’il est important d’en tenir compte tant dans l’approche marketing que dans l’accueil et le service à la clientèle.

Lire aussi:
–    Les copines d’abord!
–    Les copains ensuite! Que devient l’univers masculin du voyage?
–    Le voyage solo en vogue

Sources:
–    Travel Industry Association. «Who’s Travelling With Whom – In-depth Profile of Domestic Travel Parties and Their Trips». TIA, 2007 Research Report.
–    Statistique Canada.

Catégories
Segments de clientèles Transport

Le marché de groupe revient par la grande porte

Les voyages de groupe ont su se réinventer et parviennent aujourd’hui à satisfaire presque toutes les catégories de touristes. Les horaires chargés, les circuits unidimensionnels et parfaitement structurés font place à l’originalité, aux privilèges, aux regroupements par affinités et aux déplacements par petits groupes. Voici un regard sur ce secteur en mutation et sur ce que l’on observe sur le marché québécois.

Le marché de groupe continue d’évoluer

Il est faux de penser que la société individuelle que nous sommes devenus n’est plus compatible avec les voyages de groupe. Le concept de groupe a toutefois évolué, passant du groupe imposé (où l’on ne choisit pas les autres) au groupe choisi (regroupant des membres de la famille, des amis, des gens avec les mêmes affinités). D’un point de vue sociologique, l’augmentation du nombre de célibataires, de veufs, de divorcés entraîne aussi des situations de solitude rendant propice le désir de se regrouper au moment des vacances.

Oubliez les circuits d’autobus remplis de retraités, de joueurs de bingo compulsifs et parcourant toujours les mêmes itinéraires traditionnels. Pour un grand nombre de gens, particulièrement les baby-boomers, les voyages de groupe traditionnels, de taille unique, ne conviennent plus. De tempérament plus actif, ils préfèrent se rassembler au sein de groupes de moindre taille (15 à 35 individus) et apprécient l’authenticité des visites de même que les possibilités d’interaction. Ce type de voyage organisé se caractérise par des requêtes très précises de la part d’une clientèle particulièrement exigeante qui a habituellement déjà voyagé de façon individuelle. Les départs, davantage sur mesure, sont souvent planifiés très longtemps d’avance (plus d’un an).

L’éclatement du Tour & Travel

La formule de groupe s’est transformée grandement et comble dorénavant plusieurs profils de clientèles. (Lire aussi: Le tourisme de groupe prend un air de jeunesse.) Les intervenants présents sur ce marché se sont adaptés en multipliant les thématiques de voyages et en offrant des circuits spécialisés. Des routes gastronomiques aux périples à vélo en passant par la virée des monastères, la tendance est aux voyages à thème où les gens découvrent un coin de pays, tout en partageant une même passion.

Ces nouvelles tribus qui voyagent

Depuis quelques années, on observe un renforcement des valeurs familiales. La frénésie et le stress du quotidien entraînent un important besoin de moments entre amis et en famille. Pour plusieurs, le concept de la «maison de famille» n’existe plus, ce qui favorise les rassemblements dans des endroits où tout est organisé.

Ces «tribus» ou clans familiaux, formés de 8 à 15 personnes, rassemblent souvent parents, enfants, petits-enfants, frères, sœurs et amis. En parallèle, l’organisation de séjours sur demande, en lien avec des événements familiaux tels que des anniversaires de mariage, gagne en popularité.

Tendances des groupes au Québec

Une étude réalisée par la Chaire de tourisme Transat pour le compte de l’Association des propriétaires d’autobus du Québec (APAQ) permet d’obtenir certaines données plus spécifiques sur les tendances des groupes au Québec. Cette enquête a été réalisée à la bourse Bienvenue Québec auprès des acheteurs présents. Ces derniers ont généré au total 9011 groupes sur les routes du Québec en 2007. De ce nombre, près de la moitié proviennent d’entreprises dont le volume des départs à destination du Québec a nécessité plus de 300 autocars.

Types de clientèles de groupe

La composition des groupes peut prendre plusieurs formes (graphique 1). En 2007, les trois segments les plus souvent identifiés comme clientèle actuelle des grossistes présents à Bienvenue Québec étaient les groupes d’aînés, les groupes récréatifs et les groupes scolaires. L’année précédente, les groupes récréatifs, spécialisés et scolaires reflétaient davantage la composition de la clientèle des participants en affichant la plus grande représentativité.

CP_2008-08_trsm_grp_grphq1

Les trois activités qui suscitent le plus d’intérêt de la part des acheteurs qui convoitent le marché du Québec sont les musées, les croisières et les sites culturels (graphique 2). Les parcs d’attractions et les sites religieux sont par ailleurs de plus en plus populaires depuis les deux dernières années. De façon inverse, les stations de ski et les casinos affichent une baisse depuis 2004. Fait à noter, les sites agrotouristiques et de produits du terroir ont été ajoutés dans les choix du questionnaire depuis 2006. L’intérêt porté à ces activités est significatif et atteint près de 60% depuis les deux dernières années.

CP_2008-08_trsm_grp_grphq2

Par comparaison, les cinq thématiques de circuits les plus fréquemment offertes par les voyagistes membres de la National Tour Association aux États-Unis sont la culture, l’histoire, les parcs nationaux, les couleurs d’automne et les croisières.

Destinations prisées par les groupes

Les trois destinations les plus souvent proposées en 2007 dans les forfaits de groupes à destination du Québec sont Montréal, Québec et Charlevoix. Cette dernière affiche d’ailleurs une progression remarquable depuis 2004. L’Outaouais se positionne en quatrième avec une augmentation de 12% par rapport à 2006.

En ce qui concerne les nouvelles destinations québécoises considérées à l’avenir par les grossistes, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Gaspésie, Québec, Charlevoix et les Laurentides ont été les cinq régions les plus recherchées lors du rendez-vous Bienvenue Québec 2007 (graphique 3). Toutes les régions ont obtenu un meilleur résultat par rapport à 2006, excepté Laval. Depuis les trois dernières années, les acheteurs lorgnent de plus en plus vers l’Abitibi-Témiscamingue, le Bas-Saint-Laurent, le Centre-du-Québec, Duplessis, Lanaudière, la Mauricie, la Montérégie, Montréal, le Nord-du-Québec/Baie-James et Québec. Précisons que cette information est présentée à titre indicatif, pour donner le pouls du secteur, et non à titre de mesure concrète.

CP_2008-08_trsm_grp_grphq3

Opinion sur les meilleurs atouts du Québec

À la suite de l’événement Bienvenue Québec 2007, l’APAQ a sondé les grossistes pour savoir s’ils croyaient que le Québec devrait miser sur certains types de circuits dans le but de tirer avantage de son potentiel à l’égard de la demande internationale (tableau 1). Il en résulte que les circuits urbains axés sur Québec et Montréal ainsi que ceux qui misent sur l’interprétation, la découverte et l’apprentissage génèrent le plus d’intérêt. Par contre, ceux qui mettent en valeur les communautés traditionnelles et les produits de bien-être/santé sont moins attrayants aux yeux des acheteurs interrogés.

CP_2008-08_trsm_grp_tbl1

Vendre un rêve

Pour les spécialistes des voyages de groupes, les règles du jeu ont bien changé. Le défi consiste maintenant à identifier les réseaux qui lient les consommateurs selon leurs affinités ou leur sentiment d’appartenance à un groupe. La segmentation de la clientèle potentielle se fait maintenant beaucoup moins selon l’âge, mais plutôt selon ses intérêts et ses motivations. Les boomers, qui demeurent le segment le plus porteur pour les voyages de groupe, savent ce qu’ils veulent, quand et pourquoi. Reste à leur proposer des expériences innovantes et personnalisées, afin de leur permettre de vivre un rêve, de réaliser une aspiration.

Lire aussi:
Le tourisme de groupe prend un air de jeunesse

Sources:
– Bauer, Ana. «Le tourisme de groupe n’est pas mort», Cahier Espaces, novembre 2007.
– Connolly, Daniel J. «Groups and Meeting: Market Opportunity Redefined», PhoCusWright, janvier 2007.
– Germain, Kate et Claude Péloquin. «Compilation des données recueillies à l’aide du questionnaire utilisé dans le cadre de l’événement Bienvenue Québec», Chaire de tourisme Transat, mars 2008.
– Lopez, Jean-Marc. Les sites culturels se professionnalisent pour conquérir les groupes», Cahier Espaces, novembre 2007.
– Ruel, Sylvie. «Les voyages de groupe, il y en a pour tous les goûts!», Touring, printemps 2008.
– Veneto, Joe. «Les nouveaux marchés du tourisme de groupe», Cahier Espaces, novembre 2007.