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La mèche grise mais rebelle

Le baby-boomer est beaucoup plus à la recherche d’une expérience mémorable que de vacances proprement dites. Il part pour un périple à motocyclette, escalade le Kilimandjaro pour son soixantième anniversaire, apprend l’espagnol en Amérique latine, fait du patin à roues alignées et du kayak de mer. Voyager pour lui, c’est traduire des émotions en images, en moments inoubliables, se souvenir, raconter… Comment l’intéresser, le séduire, lui parler?

Univers de voyage

D’aventure en aventure. Les pays émergents et les destinations exotiques l’intéressent. Il ne craint pas de voyager autrement – échanges de maisons, voyages d’immersion, contact avec la population locale, volontourisme. Pour lui l’authenticité, c’est ce qui rend l’expérience crédible, ce qui en fait son originalité, sa distinction.

Les marchés de niche. Il voyage souvent pour assouvir une passion ou s’adonner à son passe-temps préféré: méditation et yoga, peinture, randonnée, ornithologie, cyclotourisme, jardinage, sports, moto, gastronomie, etc. Il aime expérimenter: apprentissage, interactivité, activité sur le terrain.

La nostalgie. C’est un sentiment qui le guide dans son choix de destination: événements historiques, bons souvenirs rattachés à un lieu, découverte de ses racines, évolution d’un peuple, rituels ancestraux.

Juste nous deux. L’intimité et le romantisme n’ont pas été évacués de sa vie.

Vivre en santé. Il se préoccupe de son image. Il cherche par tous les moyens à demeurer actif tant physiquement que mentalement: tourisme médical, mise en forme, saine alimentation, spas, bien-être, spiritualité.

Multigénération. Passer du temps de qualité en famille à l’extérieur de la maison, faire des voyages et des activités avec les enfants et les petits-enfants s’inscrivent dans ses priorités.

Les voyages de groupe. En petits groupes pour explorer une thématique, pour être accompagné d’un spécialiste, pour pousser l’aventure plus loin dans un cadre sécuritaire, pour les personnes voyageant seules.

Le luxe. Il se reflète dans l’authenticité, l’exotisme, l’intangibilité d’une expérience ou d’un service beaucoup plus que dans le coût élevé d’un produit.

Sécurité et confort. Bien qu’il se considère comme aventureux, qu’il veuille sortir des sentiers battus et vivre de nouvelles expériences, il se préoccupe grandement de sa sécurité et de son confort. N’ayant plus l’énergie d’il y a vingt ans, il connaît ses limites. Il veut tout faire, mais à un rythme plus modéré. Il aime être dorloté et après une journée d’activités, il apprécie le confort. L’accès médical, les communications d’urgence, l’aspect sécuritaire de la destination le rassurent.

Qualité du service et personnalisation. Consommateur critique aux attentes élevées, il considère la qualité du service comme un élément de différenciation et un facteur de satisfaction. Le sur-mesure convient à son besoin d’indépendance et d’individualité. Il ne veut pas perdre son temps inutilement et se perdre dans une multitude de choix. Il souhaite de la flexibilité et non la pression d’un horaire à respecter.

Écolo. Il a une préférence pour une organisation qui possède une conscience environnementale et qui adopte un comportement responsable.

Tactiques de communication

Pour s’adresser à lui, on met de côté les anciennes notions de marketing, les stéréotypes rattachés à cette génération et son âge chronologique.

Bien souvent, le baby-boomer ne se sent pas concerné par la publicité, ne se reconnaissant pas dans le message et l’image véhiculés. Comme sa mentalité ne reflète pas son âge physique, il est préférable d’utiliser des messages qui collent à ses valeurs et à son style de vie, qui le présente comme une personne active et dynamique.

Consommateur avisé, il se tient au courant de tout ce qui concerne l’actualité, la santé, les voyages, etc. Il ne se laisse pas duper par la publicité et n’est pas nécessairement un client fidèle. Il veut de l’information pertinente qui le guide dans ses choix. Il accorde de la crédibilité à des personnes de sa génération, à des experts ou à des autorités compétentes. Son aversion pour le risque en vieillissant oblige les entreprises à le rassurer: présenter les antécédents de la compagnie, des témoignages, offrir des garanties.

Il est préférable de gagner son cœur que sa raison. On joue sur l’émotion et le plaisir, on lui vend une expérience plutôt qu’un produit, on utilise les images pour communiquer. La nostalgie peut être accrocheuse si l’on utilise un élément – une chanson, un événement ou une personnalité – qui a marqué sa jeunesse. Une étiquette éducative et culturelle le ravit. Pour vanter un produit, on met l’accent sur les bénéfices qu’il procure et non sur les caractéristiques.

Est-il nécessaire de rappeler que les boomers sont branchés?

  • En 2010, 83% des Canadiens âgés de 45 à 54 ans et 71% des 55 à 64 ans utilisaient Internet (Print Measurement Bureau 2011).
  • En 2010, les boomers américains représentaient 34% des internautes (Pew).
  • Parmi les voyageurs d’agrément qui utilisent Internet aux États-Unis, 73 % des boomers âgés de 45 à 54 ans et 71% des 55 à 65 ans réservaient en ligne en 2010 (Forrester Research).

Cette génération s’intéresse aussi aux médias sociaux. Plus observatrice qu’actrice, elle s’inscrit sur Facebook par curiosité, pour rester dans le coup et pour se tenir au courant de l’activité numérique de ses enfants ou petits-enfants. Elle est toutefois beaucoup plus sensible que les jeunes aux questions de vie privée (Cefrio).

  • Au Québec en 2010, 23% des 55-64 ans et 9% des plus de 65 ans ont fréquenté ces sites, ce qui représente environ 340 000 personnes (Cefrio).
  • Chez les boomers américains, 59% des 45-54 ans et 43% des 55 ans et plus s’y intéressent (eMarketer).

Il faut s’assurer que le contenu en ligne trouve écho auprès de cette clientèle et… que les caractères ne sont pas trop petits! Le boomer aime donner son opinion aux communautés en ligne, partager ses photos, ses expériences, ses intérêts.

Cependant, certains d’entre eux peuvent se montrer réfractaires au Web et c’est pourquoi l’utilisation d’une variété de médias est recommandée.

Surtout, il faut se rappeler que l’on s’adresse à un marché qui n’est pas homogène. C’est ce qui explique parfois les messages qui semblent contradictoires.

 

Sources :

– Cannone, Brice. «Réinventons le voyage pour conquérir les papy-boomers», mai 2007.

– Conference Board du Canada. «Évaluation du rendement du Canada dans le marché américain des voyages à l’étranger», Industrie Canada, février 2008.

– Ross Cravit, Cynthia. «Zoomers create a new vision of aging», 10 mai 2010.

– Demko, David J. «Gerontologist Coins New Term, ″ZOOMER″».

– eHotelier. «Research finds GrandParents refuse to act their age», 20 février 2009.

– Forget, Dominique. «Bye-bye la résidence, bonjour la commune!», L’Actualité, 1er avril 2011, p. 34-38.

– Hendrie, John. «Boomers’ Will Challenge the Customer Experience», Travel Industry Wire, 24 mars 2011.

– Hotel News in Brief. 7 décembre 2009.

– HRI. «The changing traveling trends of the older generation», Hotel Resort Insider.

– Hudson, Simon. «Wooing zoomers : marketing to the mature traveler», Marketing Intelligence & Planning, vol. 28, no 4, 2010, pp. 444-461.

– Kwiatoski, Debbie. «Marketing Travel Tourism to a New Generation», Suite101, 29 mars 2007.

– Le Gall, Frédérique. «Tourisme. Les seniors convoités», Le Télégramme.com, 5 avril 2010.

– Lehto Xinran Y. et al. «Exploring tourism experience sought: A cohort comparison of Baby Boomers and the Silent Generation», Journal of Vacation Marketing, vol. 14, no 3, 2008, p. 237-252.

– MillwardBrown Focalyst. Knowledge Center.

– Nimrod, G. «Retirement and tourism. Themes in retirees’ narratives», Annals of Tourism Research, vol. 35 no 4, 2008, p. 859-78.

– Petrak, Nicole. «Keeping Up with Over 50′s Set – Q&A with Author Don Mankin», 16 mars 2011.

– Ross, Kim. «BOOMING MARKETPLACE: 13 Truths About Baby Boomer Travel», The Association of Travel Marketing Executives.

– Tourisme Québec. «Portrait sociodémographique et comportement de voyage des Québécois par segment démographique», Réseau de veille en tourisme de la Chaire de tourisme Transat de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, mars 2008.

– TravelBulletin. «The Rise of theGolden Globetrotters or Boldies as they are also known», 7 février 2011.

– VibrantNation.com. «Boomer Women Are Travel Industry’s Most Valuable Consumers: They Plan More, Spend More and Learn More», 3 février 2010.

 

Vidéo: «Generational Marketing – Matures and Baby Boomers».

 

Quelques sites et publications s’adressant aux ¬baby-boomers

– Magazine Zoomer

– Magazine Active over 50

– Magazine Hello Boomers

– Zoomer Nation

– Salon des baby-boomers

– Réseau social pour boomers

– 50Plus.com

– SagaZone, le Facebook européen des seniors

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Segments de clientèles

Après le flower power, voici le boomer power!

Les baby-boomers sont habitués à tout chambouler sur leur passage. Leurs prochaines cibles: la retraite, le vieillissement et… l’expérience touristique. Pourquoi s’y intéresser? Pour la force du nombre et pour mieux comprendre la révolution qu’ils amorcent. Un marché de masse qui annonce l’âge d’or du tourisme et qui, paradoxalement, se situe à des lieux de l’âge d’or et du tourisme de masse.

Un marché trop important pour être ignoré

Nés entre 1946 et 1966, les plus âgés atteindront 65 ans cette année. En 2010, les 45-64 ans constituaient 29% de la population québécoise (2,3 millions) et 28% de la population canadienne (9,7 millions). Aux États-Unis, ils comptaient pour 26% (78 millions) en 2006.

Les baby-boomers sont la tranche dominante de la population, le groupe de consommateurs le plus influent et le plus aisé financièrement. Autant les satisfaire!

Une génération rebelle, instigatrice de changements

Exit l’âge d’or, le boomer power impose son style de vie.

Chaque étape de leur existence a eu des répercussions sociales: contraception dans les années 1960, droits et libertés, féminisme… et aujourd’hui, ils revendiquent le droit de mourir dans la dignité. Même si l’heure de la retraite a sonné, ils sont toujours déterminés à bousculer les règles établies. Ils ont bien l’intention de redéfinir la retraite, de changer l’image préconçue de la vieillesse ainsi que tous les préjugés et les comportements qui l’accompagnent. L’industrie touristique n’y échappera pas, car se payer du bon temps, découvrir de nouveaux horizons, vivre des expériences enrichissantes, relever des défis et franchir des barrières s’inscrivent à leur agenda.

Quarante ans, c’est la vieillesse de la jeunesse,

mais cinquante ans, c’est la jeunesse de la vieillesse – Victor Hugo

Les zoomers

Concepteur de grandes chaînes de télévision spécialisées, Moses Znaimer a été inspiré par le dynamisme de cette génération. Voyant tout le potentiel qu’offrent les baby-boomers, ce visionnaire les a baptisés les zoomers, «… a baby-boomer with zip».

Les zoomers ne suivent pas les modes et les grands mouvements, ils les lancent. Ils sont bien déterminés à donner une cure de jeunesse à leur image!

Si la vie vous intéresse…

D’entrée de jeu, oubliez les stéréotypes suivants: personnes réfractaires aux changements, aux nouvelles expériences, peu habiles avec la technologie, isolées, inactives et toutes pareilles. Pour les baby-boomers, le mot «vieillesse» a une connotation négative. La perception qu’ils ont d’eux-mêmes ne cadre pas avec leur âge chronologique, mais plutôt avec leur état psychologique et leur bagage d’expérience.

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Conscients tout de même qu’ils avancent en âge et que le temps file, ils ressentent une certaine urgence à profiter à plein des belles années qu’ils ont encore devant eux.

Le zoomer est généralement curieux, en forme, dégourdi, indépendant, autonome, expérimenté, exigeant. Il a plus de moyens financiers, physiques et intellectuels que les anciennes générations au même âge. Il a adopté un mode de vie sain, il orchestre une vie sociale active et prend même d’assaut les campus.

À leur retraite ou en voie de l’être, certains travaillent par nécessité, d’autres par plaisir. Leur nouveau vocabulaire: préretraite, temps partiel, temps partagé, télétravail, mentorat, coaching, horaire flexible. Plusieurs souhaitent conserver une activité professionnelle et rester mentalement et physiquement actifs. Un sondage d’American Express en 2005 révélait que 88% des boomers envisageaient la retraite comme une nouvelle phase de croissance personnelle et de développement.

La famille prend de l’importance au sein de cette génération. Souvent qualifiée de «génération sandwich», elle s’occupe de ses parents vieillissants, de ses enfants et de ses petits-enfants. En contrepartie, plusieurs personnes vivent seules, qu’elles soient célibataires, veuves ou séparées.

Les baby-boomers ne forment toutefois pas un ensemble homogène. Les plus vieux auront 65 ans cette année, et les plus jeunes, tout juste 45. Une mer de différences les sépare: moyens financiers, situation sociale, structure familiale, état de santé, etc.

Plus près de la génération X que des seniors

Seniors passifs, boomers actifs! Les boomers ne s’identifient pas à leurs aînés. Leurs valeurs, leur éducation et leur style de vie sont différents de ceux des seniors; leur mode de consommation, leurs façons de voyager et leurs activités aussi. Les seniors sont plus enclins à adopter un mode passif en voyage, privilégiant l’aspect contemplatif et les activités traditionnelles. Pour le baby-boomer, les voyages sont une composante importante de ses activités et ce qui était parfois luxueux pour ses parents, il le considère de première nécessité. Il est habitué à un rythme de vie trépidant. Consommateur avisé, il sait que la qualité a un prix et c’est ce rapport qu’il veut optimiser.

Il a visité l’Europe deux fois plutôt qu’une. Même s’il a grandi avec le tourisme de masse, il veut éviter la horde de touristes, sortir des sentiers battus, remodeler l’expérience touristique à son image et voyager individuellement. Il requiert du sur-mesure, n’est pas fidèle à une marque et se débrouille plutôt bien avec la technologie.

Voulant défier son âge, il cultive son côté rebelle. Il préfère emprunter la voie de desserte plutôt que l’autoroute. Il révèle un goût pour l’aventure, l’expérimentation, la nouveauté, la découverte d’horizons inconnus, l’apprentissage, le plaisir et l’excitation. Son profil s’apparente plus à la génération X qu’à celle des seniors. En 2008, 56% des voyageurs d’aventure en Amérique du Nord étaient des zoomers.

À suivre… De quoi se compose l’univers de voyage du baby-boomer et quelles sont les tactiques de communication pour le séduire?

Sources:

– Cannone, Brice. «Réinventons le voyage pour conquérir les papy-boomers», mai 2007.

– Conference Board du Canada. «Évaluation du rendement du Canada dans le marché américain des voyages à l’étranger», Industrie Canada, février 2008.

– Ross Cravit, Cynthia. «Zoomers create a new vision of aging», 10 mai 2010.

– Demko, David J. «Gerontologist Coins New Term, ″ZOOMER″».

– eHotelier. «Research finds GrandParents refuse to act their age», 20 février 2009.

– Forget, Dominique. «Bye-bye la résidence, bonjour la commune!», L’Actualité, 1er avril 2011, p. 34-38.

– Hendrie, John. «Boomers’ Will Challenge the Customer Experience», Travel Industry Wire, 24 mars 2011.

– Hotel News in Brief. 7 décembre 2009.

– HRI. «The changing traveling trends of the older generation», Hotel Resort Insider.

– Hudson, Simon. «Wooing zoomers: marketing to the mature traveler», Marketing Intelligence & Planning, vol. 28, no 4, 2010, p. 444-461.

– Kwiatoski, Debbie. «Marketing Travel Tourism to a New Generation», Suite101, 29 mars 2007.

– Le Gall, Frédérique. «Tourisme. Les seniors convoités», Le Télégramme.com, 5 avril 2010.

– Lehto Xinran Y. et al. «Exploring tourism experience sought: A cohort comparison of Baby Boomers and the Silent Generation», Journal of Vacation Marketing, vol. 14, no 3, 2008, p. 237-252.

– MillwardBrown Focalyst. Knowledge Center.

– Nimrod, G. «Retirement and tourism. Themes in retirees’ narratives», Annals of Tourism Research, vol. 35 no 4, 2008, p. 859-78.

– Petrak, Nicole. «Keeping Up with Over 50′s Set – Q&A with Author Don Mankin», 16 mars 2011.

– Ross, Kim. «BOOMING MARKETPLACE: 13 Truths About Baby Boomer Travel», The Association of Travel Marketing Executives.

– Tourisme Québec. «Portrait sociodémographique et comportement de voyage des Québécois par segment démographique», Réseau de veille en tourisme de la Chaire de tourisme Transat de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, mars 2008.

– TravelBulletin. «The Rise of theGolden Globetrotters or Boldies as they are also known», 7 février 2011.

– VibrantNation.com. «Boomer Women Are Travel Industry’s Most Valuable Consumers: They Plan More, Spend More and Learn More», 3 février 2010.

 

Vidéo: «Generational Marketing – Matures and Baby Boomers».

 

Statistiques démographiques

– Institut de la statistique du Québec – Population par groupe d’âge, Canada et régions, 1er juillet 2010

– Statistique Canada – Recensement de 2006

– Statistique Canada – Un portrait des aînés

– USCENSUSBUREAU – Selected Characteristics of Baby Boomers 42 to 60 Years Old in 2006

 

Quelques sites et publications s’adressant aux baby-boomers

– Magazine Zoomer

– Magazine Active over 50

– Magazine Hello Boomers

– Zoomer Nation

– Salon des baby-boomers

– Réseau social pour baby-boomers

– 50Plus.com

– SagaZone, le Facebook européen des seniors

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Hébergement

Comparer l’incomparable, classer l’inclassable

Réflexion sur les systèmes de classification dans le secteur hôtelier – Elle semble révolue l’époque où la standardisation des grandes chaînes hôtelières rassurait la clientèle, où la propreté, la sécurité et le confort comblaient toutes les attentes des voyageurs. L’hôtellerie se réinvente, se renouvelle et connaît une multiplication des formules; cette tendance ne s’essouffle pas. La rigueur et l’objectivité des systèmes de classification doivent désormais composer avec la diversité du produit, des concepts abstraits et la subjectivité de la clientèle. Dans un tel contexte, le système classique des étoiles réussira-t-il à maintenir sa cote auprès des voyageurs?

La clientèle recherche une expérience

Aujourd’hui, les établissements hôteliers évoluent dans un milieu où chacun tente de se démarquer de la concurrence, de se renouveler pour durer, de séduire un client exigeant et éclectique. L’hôtel réclame son unicité et plusieurs notions abstraites caractérisent les services hôteliers.

  • L’expérience – Les clients recherchent des expériences nouvelles et diverses qui vont au-delà du côté pratique d’une chambre d’hôtel.
  • La personnalisation – Un produit adapté au besoin du voyageur et un service personnalisé deviennent le credo de l’hôtelier.
  • La qualité – Cette démarche concerne tous les plans.
  • L’innovation – Les changements se succèdent à un rythme accéléré en raison de la vive concurrence.
  • L’émotion – Charme, style, ambiance, originalité, convivialité… les motivations émotionnelles occupent une place importante dans le choix d’un établissement.
  • L’exclusivité – Terme souvent associé au luxe, l’exclusivité se répercute sur le statut du client, un privilège dont il se réclame.
  • La technologie – Elle constitue un outil indispensable au quotidien pour le client et l’hôtelier.
  • La responsabilité – Énergie verte, actions vertes, implications sociales… un fort courant «responsable» souffle sur l’industrie hôtelière.

Puisque ces éléments influent grandement sur le voyageur, devraient-ils aussi influer sur la cote? Peut-on facilement les transposer en critères d’évaluation?

Le phénomène de long tail, la quantité de la diversité

Bien que l’offre hôtelière standard occupe toujours une place importante dans l’industrie, elle ne répond plus aussi efficacement aux besoins de la clientèle. Les établissements traditionnels doivent rivaliser contre d’autres établissements qui proposent une infinité de nouvelles propositions: luxe, design, lifestyle, boutique, no-frills chic, budget, copropriété hôtelière, appartement, chalet, maison, «alternatif» et écolo (brève description de chacune de ces propositions).

Comment peut-on arriver à concilier une telle diversité sans cesse croissante dans un système de classification sans embrouiller le consommateur?

Pour ajouter à la complexité, un joyeux mélange de services et d’activités

Classification et restauration font-ils bon ménage? Pour un établissement, le petit déjeuner peut se résumer à du pain tranché, à du fromage emballé et à des petits contenants de confiture industrialisée alors qu’un autre sert des produits frais de la boulangerie, des confitures maison et du fromage coupé de la meule. Un hôtelier décide de miser sur l’ambiance des lieux, le design des chambres et la qualité du service et de délaisser le service de restauration qui l’obligerait à rivaliser avec les bonnes tables déjà bien établies dans les alentours. La restauration emprunte de multiples avenues: de rapide à haut de gamme, libre-service, service de traiteur, buffet, bar branché, etc. Ces espaces se décloisonnent et s’ouvrent sur le hall, qui devient un lieu multifonctionnel et invite à la socialisation.

Les aires publiques se redéfinissent et intègrent une nouvelle gamme de services. Le spa est passé d’un produit marginal à une composante courante de l’offre d’hébergement, par laquelle chacun veut se distinguer par une ambiance et un concept particuliers. On dépoussière les espaces de réunion, les salles de cinéma s’y jouxtant.

Source : L’atelier Mama Shelter à Paris, salle de travail conçue par Philippe Starck et Meet at the Apartment à New York, créé par Marc et Sara Schiller.

Une piscine? Mais quelle piscine!

Source : Hilton Montréal Bonaventure

Garantie hypoallergène, choix des oreillers… plusieurs hôtels exploitent une niche de marché spécifique et y rattachent une offre de services et d’activités: trousses et programmes pour tenir son cerveau en alerte, cours de yoga, ateliers sur les médias sociaux, séances de jogging, concerts, performances et équipements musicaux, location de vélo, de scouter ou de Smart, gardiennage, services pour les animaux de compagnie et bien plus.

La technologie occupe toutes les sphères du milieu hôtelier et les clients en redemandent: télévision HD multifonction à écran plat, Internet sans fil, ordinateurs libre-service, cadre numérique, station pour iPod, iPad, téléphonie IP, consoles de jeu, lecteurs DVD, outils associés à la technologie mobile en plus de la télécommande pour contrôler les équipements électroniques, la température, l’éclairage et les rideaux.

Des espaces modulables permettent d’aménager la chambre selon les besoins du client (vélo stationnaire, aire de jeux, coin bureau, fauteuil). La technologie avancée en matière de vidéoconférence (téléprésence) fait vivre une expérience virtuelle à la clientèle d’affaires.

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Source : Cisco

Alors que bien des technologies étaient pour ainsi dire absentes du paysage hôtelier il y a à peine une décennie, que nous réserve la prochaine?

Dans un avenir… rapproché

Des hôtels démontables, déplaçables, autosuffisants, volants, flottants, sous-marins…

Des architectures toujours plus audacieuses…

Des chambres se métamorphosant selon les besoins et les goûts de l’occupant…

Une technologie nous amenant toujours plus loin…

Un client exigeant recherchant de l’inédit, des expériences nouvelles, un établissement écoresponsable…

Source : Songjiang Hotel, China Atkins Design Studio

Critères objectifs, commentaires subjectifs

Il n’y a plus d’étoiles qui tiennent. La classification «officielle» diffère d’un pays à l’autre quand elle n’est pas tout simplement absente. Le voyageur critique, conteste, cote lui-même le service à la clientèle, la qualité de la prestation, l’état de la chambre. En parallèle, des sites de réservation établissent leur propre système de classification, l’établissement s’autoévalue et le voyagiste se met aussi de la partie. Le bouche à oreille virtuel entre dans la mêlée.

Le prix est-il révélateur du nombre d’étoiles ou c’est plutôt le nombre d’étoiles qui est révélateur du prix?

Le poids des commentaires des autres voyageurs, le prix de la chambre et la situation de l’établissement sont-ils des étoiles qui brillent plus fort au firmament du consommateur que la classification classique?

Dans toute cette foire, le voyageur se fie-t-il à sa bonne étoile pour s’y démêler?

Le système de classification «officiel» réussira-t-il à maintenir sa cote?

Les règles de la classification sont confondues… De l’hôtel budget à celui de luxe, du 10 au 500 chambres, de l’indépendant à la chaîne, de l’hôtel urbain de facture très moderne à l’établissement de villégiature situé dans un décor enchanteur en passant par la cabane dans les arbres et la chambre dans une prison… tous sont-ils basés sur les mêmes critères dans les systèmes de classification et dans l’évaluation du voyageur?

Les commentaires des clients, la multiplication des cotes, des certifications et des labels pour évaluer tant la qualité d’une prestation que les actions de développement durable d’un hôtel ajoutent à la confusion du consommateur et à la charge de l’hôtelier.

Comment un système de classification peut-il arriver à concilier toute cette diversité et assurer une flexibilité pour maintenir le cap dans un milieu qui évolue si rapidement?

Au final, quelles sources d’information l’emportent dans la décision du client?

La classification est-elle encore nécessaire pour servir de garde-fou dans le secteur de l’hébergement?

Commentaires de la CITQ sur cette analyse

En tant que gestionnaire officiel de la classification de l’hébergement touristique du Québec, la CITQ répond OUI sans hésiter à votre question : « La classification est-elle encore nécessaire pour servir de garde-fou dans le secteur de l’hébergement ? »

Contrairement à ce que laisse entendre le titre même de votre article (Comparer l’incomparable, classer l’inclassable) et en dépit de la variété des formules d’hébergement touristique dont vous faites mention, il existe des critères de classification qui ne peuvent varier d’une formule à l’autre. Ainsi en va-t-il par exemple du confort du lit, de la qualité de la literie, du nombre d’appareils sanitaires, de l’état des lieux, etc.

Voilà pourquoi, les systèmes de classification fondés sur des critères mesurant la qualité des installations, le nombre de services offerts, la propreté et l’entretien, comme celui que pratique la CITQ, auront toujours leur utilité. Ces derniers offrent en effet un indice fiable du niveau de confort et de service offert par un établissement, et ce, peu importe la formule d’hébergement ou la taille d’un établissement.

Les programmes de classification de la CITQ, comme d’autres programmes officiels, tiennent par ailleurs compte des différents environnements dans lesquels évolue un établissement. Ainsi un établissement en villégiature sera avantagé dans certains critères alors que ceux des milieux urbains le seront dans d’autres, pour au final établir un bon équilibre dans le classement général de l’établissement. Il en va de même pour les services offerts. Ainsi, par exemple, l’établissement qui n’offre pas de restauration pourra compenser par des chambres et des salles de bains de plus grande qualité.

Vous affirmez également dans votre article : « Il n’y a pas plus d’étoiles qui tiennent. La classification « officielle » diffère d’un pays à l’autre… ». Nous croyons, au contraire, que plusieurs pays font à l’heure actuelle des efforts importants en vue d’uniformiser la classification hôtelière. La CITQ a d’ailleurs établi des liens avec les responsables du programme de classification Star Union International adopté récemment par sept grands pays européens et qui devrait bientôt s’étendre à 12 pays dans un avenir rapproché. Cette volonté d’uniformisation constitue à notre avis un autre argument plaidant en faveur de la fiabilité des systèmes officiels.

Bien que d’une utilité incontestable, il n’en demeure pas moins toutefois que les programmes de classification officiels qui, de façon générale, n’évaluent pas la prestation du service puissent être complémentaires à d’autres sources d’information. Nous croyons en effet que les commentaires des consommateurs, tout comme les programmes qualité et les certifications écologiques ou autres, ont un rôle important à jouer quand vient le temps de choisir un établissement.

Nous invitons donc vos lecteurs à continuer de faire confiance aux systèmes de classification officiels qui sans prétendre être parfaits sont une source fiable d’évaluation du confort et de la qualité.

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Ailleurs dans le monde Hébergement

Capsule – La diversité de l’offre l’hôtelière

Bien que l’offre hôtelière standard occupe toujours une place importante dans l’industrie, elle ne répond plus aussi efficacement aux besoins de la clientèle. Les établissements traditionnels doivent rivaliser contre d’autres établissements qui proposent une infinité de nouvelles propositions: luxe, design, lifestyle, boutique, no-frills chic, budget, copropriété hôtelière, appartement, chalet, maison, «alternatif» et écolo.

Luxe – Il se décline de multiples façons: démesure, palace, sept étoiles, hors normes, architecture audacieuse, bâtiment historique, mais aussi unicité, exclusivité, originalité, espace, isolement, environnement d’exception… Dans ce milieu, aucun faux pas n’est permis.

Design, lifestyle, boutique – Ces établissements se veulent un antidote à la standardisation des chaînes hôtelières. Ils souhaitent s’intégrer au style de vie du client. Des milieux vivants qui évoluent au gré des modes et des tendances (béton, décor minimaliste, etc.). Artistes, couturiers, designers, architectes de renom sautent dans l’arène hôtelière: chambres au décor unique, thématique, excentricité, design recherché. En plus d’un service personnalisé et convivial, l’établissement séduit par son caractère et son atmosphère (éclairage, décoration, musique d’ambiance, matériaux, etc.) particuliers.

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Source : Hôtel-Musée Premières Nations

Source: Propeller Island City Lodge, Berlin

No-frills chic, budget – Le concept de no-frills chic instaure de nouveaux standards en hôtellerie à un prix abordable: expérience unique, design attrayant et certains services (p. ex. connexion Internet sans fil, douche à jet de pluie, téléviseur à écran plat) sans coûts supplémentaires. Dans la foulée, une nouvelle génération compose un créneau de l’hôtellerie économique: confort, design, urbanité, services à la carte et petits prix procurent aux visiteurs des expériences agréables et esthétiques. S’y ajoutent les microhôtels (hôtels capsule) en milieu urbain et dans les aéroports, les auberges de jeunesse qui jouissent d’une nouvelle mouture axée sur le confort, l’intimité, la sécurité, le design et les technologies. La diversification se manifeste aussi par le couchsurfing, un réseau d’échanges où la cybercommunauté offre son canapé à ses membres.

Source: Motel-One

Source : Citizen M

Copropriété hôtelière, appartement, chalet, maison – Les appartements-résidences côtoient les chambres d’hôtel dans le même établissement; les condos d’un édifice deviennent des chambres d’hôtel gérées par une société; la clientèle d’affaires recherche des appartements lorsque le travail l’oblige à prolonger son séjour; les propriétaires se font gestionnaires hôteliers lorsqu’ils louent leur chalet, leur maison ou leur appartement; les échanges de propriétés se multiplient sur Internet.

«Alternatif» et écolo – On assiste à une prolifération de ce type de modes d’hébergement: écolodge, yourte, phare, igloo, treegloo, tipi, hôtel de glace, cabane dans les arbres, gîte en bois rond, auberge de luxe, refuge rustique, lieu de culte. Souvent perdus au milieu de nulle part, parfois sans eau courante, ni électricité, ces lieux d’hébergement séduisent les touristes par leur unicité et la qualité de l’environnement naturel. Il faut parfois se déplacer à pied, en raquettes ou parcourir des kilomètres en motoneige, en véhicule tout-terrain ou en hydravion pour y accéder. Le service de coiffeur ou la boutique haut de gamme sont remplacés par l’atelier de mycologie ou la pêche en rivière. C’est sans compter les hébergements plutôt insolites comme une chambre dans une grue, dans un tonneau, dans une prison ou encore le camping de luxe (grand lit, parquet de teck, immense baignoire en cuivre, douche en plein air, Internet haute vitesse, etc.) et le concept prêt-à-camper (tentes prospecteur de la Sépaq Huttopia et Hékipia).

Source : Huttopia – Sépaq

Lire aussi : Comparer l’incomparable, classer l’inclassable

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Tendances

Des structures flottantes, volantes, autosuffisantes, non permanentes

Penser autrement le 21e siècle… Aujourd’hui, la clé d’une chambre d’hôtel n’a plus l’apparence d’une clé et les hôtels sous l’eau existent déjà. Alors, pourquoi ne pas croire que les villes flottantes, les hôtels volants et l’agrotourisme urbain puissent exister un jour, pas si lointain? Attachez votre tuque avec de la broche, car le cosmos, les nuages et les océans servent de toile de fond. Mais inutile de vous bousculer pour réserver vos places immédiatement.

Parfois farfelus à l’origine, des projets sont sur les tables à dessin d’architectes et d’ingénieurs qui s’amusent à inventer le futur, à déconstruire les idées reçues.

Des projets qui risquent de faire des vagues

Plusieurs concepteurs rêvent d’utiliser l’eau comme un moyen de voyager autrement, de façon écologique.

Une firme russe a conçu le projet Aerotel comme solution de rechange aux îles artificielles bâties de main d’homme.

Source : Alexander Asadov Architecture

Le Blue Crystal serait un hôtel iceberg flottant au large de Dubaï dans le golfe Persique.

Source: Sven et Frank Sauer – Allemagne

La firme Morris Architects a de grandes ambitions pour les milliers de plateformes de forage qui seront désaffectées au cours des prochaines décennies dans le golfe du Mexique. Oil Rig Platform Resort and Spa serait un écosystème d’îles autosuffisantes avec sable blanc sur le toit, regroupant hôtels, casinos, boîtes de nuit et restaurants. Au large de Bornéo, dans la mer de Célèbes, le Seaventures Dive Resort héberge déjà sur une plateforme désaffectée des plongeurs qui jouissent du riche milieu aquatique.

Source: Morris Architects – États-Unis

Avec les paquebots aux proportions gigantesques, l’idée d’un terminal flottant ne semble pas farfelue.

Source: Waterstudio.nl – Pays-Bas

Dubaï peut se targuer d’avoir réalisé les îles artificielles Palm Island et The World. Mais ce sont les îles artificielles flottantes, sorte de villes amphibies, qui en font rêver plus d’un.

Ville flottante et milieu de vie, le Freedom Ship, doté de son propre aéroport sur le pont supérieur, serait en déplacement autour du monde.

Source: Freedom Ship International – États-Unis.

L’île d’AZ, dont le concepteur est décédé en 2010, aurait couvert une surface équivalant à quatre terrains de football: structure haute de 29 étages pouvant accueillir 10 000 passagers, dotée d’un pont promenade paysagé d’un kilomètre, d’un héliport et d’un miniport, où les yachts seraient amarrés.

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Source: Alstom Marine et Jean-Philippe Zoppini (architecte) – France

Des «aquavillages» exploiteraient des énergies renouvelables et pourraient se déplacer d’une région à l’autre.

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Source: Lilypad, Vincent Callebaut Architecture – Belgique

Source: Star-Shaped Mini-Cities, Maldives Floating Islands Concept, Koen Olthuis, Waterstudio.nl – Pays-Bas

Source: Floating Garden Spa, Studio Noach – Pays-Bas

Le projet de la Recycled Island vise à nettoyer les océans des déchets de plastique et à utiliser ce matériau pour en faire une île flottante écologique.

Source: WHIM architecture – Pays-Bas.

Des bateaux luxueux se transformeront en îles flottantes.

Source: Wally Island, Wally – Monaco.

Source: Streets of Monaco, Yacht Island Design – Royaume-Uni.

Des yachts prendront des airs de maison.

Source: Wally and Hermes Yacht (WHY), Wally – Monaco.

S’ajoutent des projets flottants de toutes sortes – maisons, appartements, bureaux – et même des tentes.

Source: Plastic Dining Room à Vancouver – Canada.

Dans ses projets de régénération des rives, la Ville de Paris envisage d’installer un écran de cinéma géant flottant sur la Seine.

On s’envoie en l’air

À la conquête de l’espace… Une fois sa base de lancement, Spaceport America, terminée au Nouveau-Mexique, l’entreprise Virgin Galactic, du milliardaire britannique Richard Branson, entreprendra sa série de vols suborbitaux.

Des hôtels en orbite autour de la terre… Pouvant accueillir deux couples et deux membres d’équipage pour un séjour de trois nuits «terrestres», la station spatiale Galactic Suite Space Resort se déplacera en orbite autour de la terre à une vitesse moyenne de 30 000 km/h, effectuant ainsi le tour du monde en 90 minutes.

Source: galacticsuite.com.

Les voyageurs de l’espace n’auront plus à partager la Station spatiale internationale avec les cosmonautes en mission. Les Russes comptent mettre en orbite un hôtel confortable vers 2016. Cette station spatiale commerciale sera dotée d’un module, d’un volume de 20 m³, comptant quatre cabines et pouvant accueillir jusqu’à 7 personnes.

Des hôtels qui volent un peu moins haut, mais qui sont tous aussi flyés… Le Manned Cloud de Jean-Marie Massaud ressemble à un zeppelin. Se déplaçant à 130 km/h, cet hôtel volant écolo comptera une vingtaine de cabines et offrira de multiples services (restaurant, spa, bar, etc.).

Source: Studio Massaud en partenariat avec ONERA (Office national d’études et recherches aérospatiales) – France.

D’une hauteur de 265 mètres, le Aircruise pourra transporter une centaine de personnes à son bord à une vitesse moyenne de 130 km/h. Dans le confort de son appartement de luxe ou des espaces communs, le voyageur pourra contempler les plaines du Serengeti ou les gratte-ciel d’une métropole. Ce projet a attiré l’attention de la compagnie Samsung Construction & Trading, principal entrepreneur du Burj Khalifa à Dubaï.

Source: Seymourpowell – Royaume-Uni.

Avec l’urbanité grandissante, on pense verticalité

Selon la United Nations Population Division, la population mondiale dépassera les 9 milliards en 2050 et environ 70% de celle-ci vivra en milieu urbain. La densité de population et les espaces restreints nous obligent à repenser l’organisation urbaine.

Voici la vision du parc d’attractions de l’architecte Ju-Hyun Kim à l’aube du 21e siècle.

Source : Ju-Hyun Kim.

Une structure verticale avec un nuage digital à son sommet regroupe des bulles interconnectées qui permettent de projeter des images, de servir de point d’observation et même de parc d’attractions. Même si le projet The Cloud n’a pas gagné la compétition lancée pour les Olympiques de 2012 à Londres, les concepteurs sont déterminés à le réaliser à l’aide de milliers de petits dons du public.

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Source: Équipe internationale – Angleterre.

On verdit actuellement les toits et les murs des édifices, mais l’agrotourisme pourrait se pratiquer en milieu urbain.

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Source: Mur végétal, Musée du quai Branly à Paris, Patrick Blanc – France.

Plusieurs concepteurs envisagent de développer l’agriculture urbaine à la verticale pour profiter de la proximité du bassin de population, pour réduire les temps de transport et, du même coup, le gaspillage, les coûts et la pollution, pour maximiser l’espace requis pour la culture et pour s’affranchir de Dame Nature.

Source: Vertical Farming, Blake Kurasek – États-Unis.

Source: Seawater Vertical Farm à Dubaï (immenses serres suspendues à une structure qui s’apparente à un arbre géant), Studiomobile – Italie.

Voici une structure verticale qui promet de révolutionner l’architecture urbaine, la Dynamic Tower. Les étages, indépendants les uns des autres, tournent autour d’un axe central et la tour produit sa propre énergie. Quelle grande métropole construira cet édifice la première?

Source: David Fisher – Italie.

D’ailleurs, où sont les automobiles volantes des années 2000 dont on parlait dans les années 1960?

 

Sources:

 

– Cilento , Karen . «Floating Gardens / Studio Noach + Holtrop», 18 février 2010. ArchDaily.

– L’Internaute Science, «Une île flottante», linternaute.com, septembre 2006.

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Gestion Tourisme durable

L’écotourisme, de la théorie à la pratique

Une réflexion sur l’élaboration de nouvelles stratégies de développement touristique mieux adaptées aux milieux et aux sociétés d’accueil s’impose, comme en témoignent les cas suivants (et plusieurs autres) présentés dans le livre L’écotourisme visité par les acteurs territoriaux. Entre conservation, participation et marché. Apprendre des échecs, s’inspirer des bonnes pratiques… pays différents, mêmes enjeux.

Le rôle traditionnel de la population dans le tourisme de masse se résume bien souvent à une simple présence exotique. Lors de la mise en place de projets écotouristiques, un consensus semble se former autour de l’importance des démarches participatives. Faire converger les multiples intérêts des différents acteurs vers un projet rassembleur et construire de véritables rapports équitables avec la communauté locale constituent des enjeux de taille.

Parc national du Mont-Orford au Québec

Christiane Gagnon, professeure au Département des sciences humaines de l’Université du Québec à Chicoutimi et codirectrice du Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT).

Nathalie Lahaye, maître de conférences à l’Université de Toulouse, Institut universitaire de technologie de Tarbes en France.

L’adoption d’une loi controversée modifiant les limites et les fonctions du Parc national – dans le but de rentabiliser le centre de ski et le terrain de golf par la construction de condominiums et de logements luxueux – illustre la dialectique entre conservation de l’environnement et activités économiques rentables.

Ayant occupé l’actualité pendant près d’une décennie, la saga du Mont-Orford révèle les liens et les sources de conflits entre acteurs, communautés locales, fonctions, développement touristique et aménagement régional. Si l’écotourisme peut être, en théorie, considéré comme une des réponses à la pression touristique qui s’exerce dans un espace protégé et autour de celui-ci, ce mode de valorisation environnementale et économique n’apporte pas toujours les résultats attendus.

On a pu constater la difficulté des parties prenantes à s’accorder sur la valeur des ressources environnementales et des fonctions sociales. La nature très souvent conflictuelle du processus de valorisation d’un territoire – divergences d’intérêts, de valeurs et de représentations entre les acteurs territoriaux, d’une part, et entre l’État et ces acteurs, d’autre part – mène le processus de coordination à un état d’enlisement et de polarisation du conflit et freine la mise en œuvre de solutions écotouristiques innovantes.

L’intégration des communautés locales dans le processus de décision et de gestion du projet constitue un facteur clé qui facilite l’application des principes vertueux de l’écotourisme. La gouvernance participative fait consensus, mais concernant les questions de conservation, on hésite entre la concertation, la consultation, l’arbitrage et la régulation autoritaire.

Lire le cas détaillé du Mont-Orford.

Projet écotouristique Taonaba en Guadeloupe

Nathalie Lahaye, maître de conférences à l’université de Toulouse, Institut universitaire de technologie de Tarbes en France.

Les objectifs socioéconomiques de l’écotourisme ne seront atteints que si les communautés hôtes ont la possibilité de participer activement à la réalisation des projets, de décider et ainsi de contribuer à leur propre développement.

Lancé en 1997, le projet Taonaba consiste à créer une plateforme écotouristique en milieu rural, par une mise en valeur des milieux humides et de la plaine agricole environnante. Après dix ans, le projet stagne car il a été élaboré en dehors de toute interaction avec la population qui, pourtant, vit sur le domaine, y développe une activité agricole et l’utilise à des fins récréatives. Le modèle de gestion adopté par la Ville pour ce projet a reposé pendant de nombreuses années sur la centralité du planificateur, négligeant ainsi toute participation de la communauté hôte. Un sentiment d’éviction et de dépossession, d’un espace vécu et approprié, se développe peu à peu. Des actes de vandalisme et des vols se produisent sur le site. La population ironise sur le projet, qui ne semble pas aboutir, et s’oppose à la poursuite des travaux destinés à l’aménagement des abords du canal.

Face aux échecs de la démarche initiale, la Ville donne une nouvelle impulsion au projet en 2007. Elle reconnaît que la population devrait être impliquée de façon systématique dans la planification, le développement et l’exploitation des activités. S’ensuivent la nomination d’un nouveau responsable du projet, la création d’un comité de pilotage, la tenue de réunions publiques et de discussions autour de l’avenir du projet, la réalisation d’un diagnostic territorial visant à connaître la communauté locale et à identifier les futurs interlocuteurs, l’organisation d’un séminaire de redynamisation du projet autour des thèmes environnemental, touristique et économique, etc.

Trois conditions s’avèrent essentielles pour une participation significative:

  • L’engagement de la communauté – elle doit être déterminée à s’exprimer, à participer et à décider.
  • Une volonté politique de partage du pouvoir décisionnel entre l’État, les collectivités territoriales et les citoyens à toutes les étapes du projet et d’accompagnement de la démarche.
  • Une organisation en réseau – la communication est l’instrument privilégié de cette approche, d’où l’importance de se doter d’une structure qui favorise la coordination des actions, un système d’information efficace et la réunion de compétences diverses.

Un tel processus réclame du temps, de la volonté et de l’organisation. C’est pourquoi le cheminement vers une participation authentique et fonctionnelle commence lentement. Toutefois, les acteurs du projet perçoivent de plus en plus le besoin d’une telle démarche pour garantir l’aboutissement et le succès du projet écotouristique, respectant leurs valeurs et leur culture.

Observation des tortues marines à Trinité-et-Tobago

Dominique Augier, université des Antilles et de la Guyane.

Matura Beach est mondialement reconnu comme un site de nidification des tortues luths. Le développement de l’expérience écotouristique vise à assurer la conservation des tortues marines et à générer des retombées pour la communauté locale avoisinante. Cependant, la protection des lieux cause une inquiétude dans la population quant à la perte de revenus – la viande, les œufs et les carapaces constituent une source de revenus non négligeables – et à la jouissance des lieux pour leurs loisirs. En outre, il s’avère impossible de protéger les sept milles de plage sans la participation des membres du village.

La formation du groupe Nature Seekers en 1990 est issue d’une série de rencontres menées par la Division des forêts pour sensibiliser la communauté à l’importance de l’environnement naturel. Ce groupe, composé des membres de la communauté et soutenu par le gouvernement, a permis de contrer le braconnage en intégrant les anciens braconniers à titre de guides touristiques.

Au fil des années, la structure de gouvernance a évolué et Nature Seekers a diversifié ses activités touristiques en lien avec ses nouvelles missions, notamment la protection et la valorisation des forêts. Cette association à but non lucratif œuvre aujourd’hui dans trois domaines d’intervention: conservation et protection des ressources marines et forestières, appui à l’entrepreneuriat et développement social et communautaire. En 2008, l’équipe était constituée de 38 personnes.

L’État a pour rôle de définir les sanctions et les règles, d’aider à l’application de ces dernières et de fournir l’assistance technique permettant à la communauté d’acquérir les compétences et les connaissances nécessaires à la mise en œuvre de l’activité écotouristique. Il n’existe pas d’accord de gestion entre l’État et la communauté; les deux partis ont plutôt opté pour une gestion adaptative, qu’ils revoient chaque année. Des organisations non gouvernementales assurent une partie de son financement et l’aident à développer des programmes scientifiques.

Ce cas démontre que la réussite d’un projet écotouristique dépend de l’adhésion de la collectivité et que les méthodes communautaires sont plus susceptibles de conduire à un changement que la menace de sanctions.

Selon Christiane Gagnon, faire de l’écotourisme un créneau, dégageant des profits pour ses exploitants, en conjuguant la conservation de l’environnement avec la satisfaction des usagers et des écotouristes, tout en poursuivant des objectifs de développement territorial viable pour les populations locales, constitue l’enjeu même de l’écotourisme.

Source:

– Gagnon, Christiane et al. «L’écotourisme visité par les acteurs territoriaux. Entre conservation, participation et marché», sous la direction de Christiane Gagnon, Presses de l’Université du Québec, collection «Tourisme», Québec, 2010, 259 p.

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Gestion Tourisme durable

Le cas du Parc national du Mont-Orford

L’analyse du cas du Parc national du Mont-Orford illustre la dynamique des différents acteurs partagés entre les fonctions de conservation et de développement touristique dans l’aménagement d’une aire protégée, les tensions qui en résultent et les enseignements à en tirer. Ce cas est présenté dans L’écotourisme visité par les acteurs territoriaux. Entre conservation, participation et marché par Christiane Gagnon, professeure au Département des sciences humaines de l’Université du Québec à Chicoutimi et codirectrice du Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), et Nathalie Lahaye, maître de conférences à l’Université de Toulouse, Institut universitaire de technologie de Tarbes en France.

Les caractéristiques du Parc national

  • Une aire protégée de 58 km2 abritant les monts Orford, Chauve et Alfred-DesRochers.
  • L’un des plus petits parcs nationaux au Québec, mais dont le taux de fréquentation est parmi les plus élevés du réseau.
  • Situé en territoire urbanisé dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Memphrémagog, à proximité du bassin montréalais et du nord-est des États-Unis.
  • Créé en 1938 à des fins récréatives; à l’époque, des donateurs privés et 27 municipalités ayant souscrit à l’achat de terrains les cèdent au gouvernement.
  • Un des principaux attraits touristiques et un important moteur économique de la région favorisant la villégiature et le récréotourisme.
  • Les principales activités du parc sont le ski, le golf et le camping. Il compte aussi une base de plein air, un centre culturel et musical, des sentiers de randonnées ainsi qu’une grande diversité biologique floristique et faunique.

Le contexte institutionnel et politique

  • 2001 – Modification de la Loi sur les parcs pour ne retenir qu’une seule catégorie de parc, soit celle de parc national, ce qui met côté à côte conservation et récréation extensive. Toute modification aux limites territoriales peut être soumise à une consultation publique.
  • 2002 – Consultation sur la modification du zonage du parc et des orientations de développement à la suite du dépôt par Intermont inc. (compagnie gestionnaire des infrastructures de ski et de golf) d’un plan de développement visant à assurer la relance du centre de ski alpin et du terrain de golf. Divergence au sujet de l’échange de terrains prévu.
  • 2004 – Mandat de consultation par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) à la suite du dépôt du Plan directeur de développement de la station touristique (265 mémoires déposés). Conclusion : examiner d’autres options qui permettent la coexistence des activités dans les territoires sous bail sans porter atteinte à l’intégrité du parc national.
  • 2006 – Adoption du projet de loi 23 modifiant les limites du parc et autorisant la vente de terrains dézonés au secteur privé pour la construction immobilière, et ce, malgré les recommandations du BAPE. Ce projet de loi soulève la colère de la communauté, suscite des hostilités et crée une polarisation dans le conflit.

Les objets du conflit

  • Modifications des limites du parc conduisant à des échanges de terrains pour soustraire du parc des terrains nécessaires à la construction du complexe immobilier visant à rentabiliser le centre de ski.
  • Modalités de valorisation économique du parc et de la rentabilisation du centre de ski.

Les enjeux

  • Intégrité écologique et territoriale quant aux limites.
  • Équité quant à l’accessibilité du parc et de ses infrastructures.
  • Plan de développement visant à relancer la montagne dotée d’installations vétustes et dont les activités sont de plus en plus menacées par les effets des changements climatiques, d’où l’importance du projet immobilier privé et luxueux pour attirer des touristes qui sont de plus en plus exigeants.
  • Projet et échanges de terrains jugés inéquitables par les opposants à la fois écologiquement (diversité moins grande) et socialement (privilèges du promoteur et des propriétaires de condominiums limitant l’accès au patrimoine naturel du domaine public).

La dynamique des acteurs

  • Mobilisation de nombreux protagonistes: promoteur privé soutenu par le gouvernement du Québec et conforté par une loi, acteurs économiques locaux et régionaux qui anticipent de profiter des retombées économiques liées au tourisme et à la construction du complexe récréotouristique, acteurs territoriaux (Ville, MRC, Conseil régional des élus, associations professionnelles) qui défendent souvent une position ambigüe, associations et usagers du parc.
  • Formation d’une coalition d’acteurs, SOS Mont-Orford, qui accuse le gouvernement de privatiser la montagne et de favoriser les amis du parti, voire de créer un précédent mettant en jeu l’intégrité du parc et, potentiellement, celle de l’ensemble des 22 parcs nationaux du réseau québécois.
  • Dégagement d’un consensus hybride, à savoir l’importance du parc pour la qualité de vie de la communauté et des multiples usagers et comme moteur de l’activité touristique.
  • Mobilisation qui s’étend peu à peu à l’ensemble de la population québécoise contre la vente de terrains, la modification des limites du parc et le projet de développement immobilier.
  • Dénonciation de la nature même du projet de développement touristique, bien loin du modèle écotouristique.

L’issue du conflit

En 2007, le gouvernement, devant l’ampleur du conflit, fait volte-face: les terres publiques ne seront pas vendues. Pour se sortir de ce conflit, il confie à la MRC de Memphrémagog le mandat de trouver un projet d’aménagement réconciliateur capable d’allier préservation et développement, par le biais d’un projet écotouristique plus compatible avec la vocation d’un parc national.

En 2008, Québec entreprend un programme de travaux de réhabilitation des composantes naturelles du domaine skiable et du terrain de golf.

En 2009, le dépôt du rapport au gouvernement ne fait pas l’unanimité. Les deux centres d’hébergement de moindre ampleur que le premier, sur des terres privées, sont destinés à garantir la pérennité du centre de ski. Ils sont reliés au domaine skiable par des remontées qui doivent bénéficier d’un droit de passage sur les terres publiques. Pour les opposants, le projet de liaison par télécabine signifie la porte ouverte à tout autre type d’aménagement de la montagne.

L’intensité de la crise a créé «un avant et après Orford».

Les enseignements

Ce conflit illustre:

la difficulté à trouver une voie d’intégration collectivement admise où s’opposent deux grands types de valeurs: la conservation par l’intégrité écologique et territoriale, et la mise en valeur par le développement d’une offre touristique plus moderne;

le manque de compréhension du poids social et historique associé à la montagne en tant que symbole de la beauté des paysages estriens et de la valeur de préservation par l’action des donateurs;

la nature très souvent conflictuelle du processus de valorisation d’un territoire et les divergences d’intérêts, de valeurs et de représentations entre les différents acteurs;

la juxtaposition des mécanismes de décision et de gestion, les limites de la gouvernance non ancrée territorialement, le manque d’articulation entre les échelles territoriales dans un projet initié par l’État;

la force d’une société civile qui s’impose comme acteur incontournable et des groupes de pression obligeant le gouvernement à reculer et à trouver de nouvelles solutions;

le poids du mouvement traduisant la volonté de redéfinir la conservation de la nature dans une forme plus participative;

la défense d’un bien public et de l’équité à l’accès, la détermination populaire de protéger les parcs;

l’insuffisante intégration des communautés locales dans le processus de décision et de gestion du projet;

les nombreux enjeux relatifs au développement durable, soit l’équilibre entre les différentes fonctions éducative, récréative, culturelle et historique, économique, sociale, de préservation et de protection;

le besoin d’une gouvernance territoriale et participative sans polarisation du principe dominant de la rentabilité économique ou celui de l’intégrité écologique;

la fragilité du réseau des parcs québécois, le fait que la protection des parcs nationaux n’est pas totalement acquise, que les limites territoriales peuvent être révisées, et la permanence de protection, remise en cause.

La suite

En mars 2010, le gouvernement du Québec dépose le projet de loi 90 visant d’une part la vente par appel d’offres des équipements de la station de ski et du terrain de golf et, d’autre part, l’intégration des terres publiques au Parc national du Mont-Orford. Ce projet de loi prévoit aussi la fermeture et le démantèlement des installations du centre de ski et du terrain de golf si l’option d’acquisition et de gestion par une entreprise, autre que le gouvernement, n’est pas possible ou non viable. Les 459 hectares du centre de ski et du terrain de golf seront intégrés dans les limites du Parc national du Mont-Orford.

L’appel d’offres consiste en la cession du centre de ski et du terrain de golf pour la somme symbolique de 1$ et en un investissement gouvernemental de 2 MCAD pour moderniser le système d’enneigement des pistes. En contrepartie, l’acquéreur s’engage à exploiter les installations durant au moins cinq ans et à payer une caution de 4 MCAD (exigée par le gouvernement pour s’assurer de la solvabilité des acheteurs).

En octobre 2010, faute d’avoir amassé les quatre millions de dollars exigés en garantie avant la date limite du 30 septembre 2010, le gouvernement du Québec rejette la seule offre déposée à l’intérieur du processus d’appel d’offres, soit celle du groupe Fortune Resort, déjà propriétaire de trois centres de ski au Québec et en Alberta. La balle retourne dans le camp de la MRC de Memphrémagog.

En janvier 2011, le comité administratif mandaté par la MRC de Memphrémagog a déposé au conseil un projet de résolution visant à fonder une société d’économie mixte (SÉM), qui assumera la responsabilité de l’exploitation du centre de ski et du terrain de golf du Parc national du Mont-Orford.

Sources:

– Gagnon, Christiane et Nathalie Lahaye. «Tensions entre conservation et développement touristique – Le cas du Parc national du Mont-Orford (Québec, Canada)», dans L’écotourisme visité par les acteurs territoriaux. Entre conservation, participation et marché, sous la direction de Christiane Gagnon, Presses de l’Université du Québec, collection «Tourisme», Québec, 2010, p. 11-30.

– Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Communiqué de presse, 23 mars 2010.

– MRC de Memphrémagog. Communiqué, 19 janvier 2011.

– Projet de loi no 90 (2010, chapitre 9). Loi concernant le parc national du Mont-Orford, Éditeur officiel du Québec, 2010.

– Radio-Canada. «Québec dit non au seul acheteur potentiel», 2 octobre 2010.

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Tourisme durable

L’écotourisme, trois décennies plus tard

Terme galvaudé, concept dénué de son essence même qu’est le milieu naturel, phénomène difficile à quantifier, acteurs multiples aux horizons divers… Au fil des expériences, les approches participatives favorisent un développement plus harmonieux et orientent les projets sur la voie de la réussite. Dans le livre «L’écotourisme visité par les acteurs territoriaux: entre conservation, participation et marché», universitaires, chercheurs et spécialistes, sous la direction de Christiane Gagnon, analysent l’évolution du concept de l’écotourisme en plus d’y présenter une dizaine d’études de cas.

La sensibilisation de la population et la protection de l’environnement inscrite à l’agenda de nombreux gouvernements multiplient les projets de conservation et contribuent à l’essor de l’écotourisme.

Les aires protégées servent de produits d’appel et sont perçues aujourd’hui comme des destinations de grande qualité environnementale. L’écotourisme semble la forme de tourisme la plus appropriée aux parcs nationaux.

Remettre les pendules à l’heure

Il s’avère difficile de quantifier les activités écotouristiques. Selon Christiane Gagnon, professeure à l’Université du Québec à Chicoutimi et codirectrice du Centre multiuniversitaire de recherche sur le développement territorial, le préfixe éco est galvaudé et utilisé à toutes les sauces. Étiqueter un projet de cette dénomination exige d’aller voir à l’arrière-scène quelles sont les politiques et les pratiques exercées. Pour Bernard Schéou, maître de conférences à l’Université de Perpignan Via Domitia et chercheur au Centre d’études sur la mondialisation, les conflits, les territoires et les vulnérabilités à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, l’écotourisme est devenu incontournable avant tout parce qu’il est vendeur plus pour les hommes politiques, les experts, les institutions internationales, les journalistes et les universitaires que pour ceux qui le mettent en œuvre dans les destinations.

Avec l’évolution de ce tourisme aux pratiques alternatives et responsables, il semble que ce concept a quelque peu délaissé la base même, qui est le milieu naturel, pour se concentrer essentiellement sur le développement durable. Bernard Schéou souhaite «débarrasser le concept d’écotourisme de toutes les projections qu’il véhicule»:

  • l’emploi du mot, parce qu’il est vendeur, est vidé de sa signification;
  • l’espace naturel est le lieu de l’activité écotouristique;
  • l’écotourisme n’est pas un synonyme de tourisme durable;
  • la composante éducative fait partie intégrante du concept de l’écotourisme.

Pour Christiane Gagnon, l’écotourisme, c’est la conservation et la mise en valeur de l’environnement naturel par le biais du développement durable; au milieu naturel se jouxtent les dimensions environnementales, éducatives, sociales, culturelles et économiques.

L’objectif écologique de l’écotourisme étant la conservation de la ressource à long terme, Bernard Schéou soutient qu’ouvrir des sites, même sensibles à la pression touristique, pourrait être une façon de sensibiliser les touristes et les populations à la protection de l’environnement. Idéalement, l’écotourisme devrait être bénéfique aux aires protégées de deux façons: d’une part, en générant de l’argent pouvant servir à gérer et à préserver les habitats naturels et les espèces; d’autre part, en offrant un moyen permettant d’accroître l’intérêt des usagers pour la conservation tout en distribuant les revenus aux communautés locales.

Multiples intervenants, horizons divers

On ne peut réduire l’écotourisme à la seule dimension de la protection de l’environnement. La question de la gouvernance et de la participation des communautés locales est au cœur de l’écotourisme. Les acteurs territoriaux (opérateurs privés, publics ou associatifs, communautés d’accueil, organisations internationales, gouvernements, autorités locales, touristes) ne parlent pas tous d’une même voix, ni autour d’une même table. Ils ont des attentes et des objectifs tantôt divergents, tantôt convergents. Les divers intervenants souhaitent autant atteindre des objectifs de conservation et de développement durable que faire des bonnes affaires. Les parties reconnaissent la nécessité de partager non seulement les bénéfices, mais aussi les responsabilités.

Hector Ceballos-Lascuráin, architecte environnemental, consultant international en écotourisme et directeur général du Programme international de consultation sur l’écotourisme (PICE), estime que les destinations qui savent assurer une coordination efficace des différents intervenants concernés affichent la meilleure performance dans le domaine écotouristique (p. ex. Costa Rica, Équateur, Afrique du Sud, Kenya, Australie et Nouvelle-Zélande).

L’écotourisme, un créneau favorisant le développement viable des communautés locales

La participation ou gouvernance participative constitue l’une des caractéristiques de l’écotourisme. Elle devrait structurer l’offre. Pour Bernard Schéou, cette démarche, qu’il qualifie de nouvelle religion du monde du développement, est en passe d’acquérir le même statut magique que l’écotourisme. Cependant, même si les approches participatives ne sont pas gagnées d’avance, elles sont tout de même un net progrès par rapport aux approches précédentes qui imposaient un développement à des populations qui n’en voulaient pas. Leur succès repose sur la manière d’envisager la participation, non pas comme un moyen d’atteindre un objectif de développement préalablement déterminé, mais plutôt comme un exercice de liberté, un moyen de maîtriser collectivement son destin. La perspective d’une participation éthique correspondrait à la mise en place de rapports équitables tant sur le plan économique que décisionnel.

Quatre métaprincipes caractérisent ce modèle:

  • la prise en compte et la réponse aux besoins des communautés hôtes;
  • la valorisation de la conservation de l’environnement;
  • la contribution équitable au développement économique local;
  • la génération d’une expérience touristique nouvelle, authentique et responsable, intégrant la dimension éducative de celle-ci.

Les conditions pour que les projets contribuent au développement équitable et viable des territoires peuvent se résumer ainsi: la croissance de l’écotourisme doit être limitée et encadrée; les profits qu’il génère doivent viser à améliorer la qualité des ressources naturelles, culturelles et sociales des communautés locales et des groupes sociaux fragilisés; et les projets d’écotourisme doivent être réalisés par les acteurs territoriaux.

Un prochain texte présentera quelques cas pratiques publiés dans ce livre.

Source:

– Gagnon, Christiane et al. «L’écotourisme visité par les acteurs territoriaux: entre conservation, participation et marché», sous la direction de Christiane Gagnon, Presses de l’Université du Québec, Collection tourisme, Québec, 2010, 259 p.

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Ailleurs dans le monde Marketing

Capsule – Le cas de New Forest, du désagrément à l’enthousiasme

Tous les gestionnaires de destination rêvent de cloner Fred Pellerin pour que leur coin de pays puisse se hisser au statut de lieu vedette comme Saint-Élie-de-Caxton. Or certaines régions, victimes de leur popularité, n’ont pas toutes une destinée facile. Il arrive que la population se sente envahie par la horde de touristes qui bousculent leur quiétude, sentiment qui se traduit parfois par un accueil peu cordial à l’égard des visiteurs. Il était une fois, un cas de réussite…

Une région victime de son succès

Abritant une forêt millénaire et un grand parc protégé, la région de New Forest en Angleterre accueille chaque année des millions de touristes avec le lot de conséquences qu’un tel achalandage entraîne, notamment une communauté pas toujours très heureuse de les voir débarquer. Il y a une vingtaine d’années, Anthony Climpson, alors embauché comme gestionnaire de la destination, avait tout un défi à relever.

La mobilisation des troupes

Il a exposé la réalité à la population locale: quoi que l’on fasse, le tourisme fait partie de notre quotidien. Alors pourquoi ne pas en tirer profit plutôt que de combattre cet état de fait? En se basant sur le modèle VICE (Visitor, Industry, Community and Environment), il a fait en sorte que toutes les parties prenantes s’impliquent pour créer une forme de tourisme responsable et bâtir une collectivité engagée envers le visiteur.

Le premier document de consultation avec la population s’intitulait Living with the Enemy (Cohabiter avec l’ennemi). Puis, il y a eu Making New Friends (Se faire de nouveaux amis). Le dernier plan s’intitulait Our Future Together (Notre futur ensemble).

Anthony Climpson a réussi à amener tous les acteurs à travailler ensemble, à les responsabiliser et à s’assurer que, dans leur élan, ils prennent soin de leur environnement.

Le rayonnement de la marqueCas_New_Forest_image1

Ils ont établi des relations, bâti des réseaux afin de développer et de mettre en valeur leurs produits locaux, pour finalement créer la marque New Forest. Grâce à cette synergie, la production locale a obtenu une première vitrine par l’intermédiaire des hôtels, des pubs, des restaurants et des magasins de la région.

Petit déjeuner New Forest, écharpe tissée en mohair, fudge, biscotti, charcuterie, plantes, crème hydratante, artisanat… forts du sceau de cette marque identitaire et gage de qualité, leurs produits rayonnent maintenant tant à l’échelle nationale, chez le très réputé magasin londonien Harrods, qu’à l’échelle internationale, en Amérique, en France et en Irlande.

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Source: New Forest Breakfast

Cette histoire, loin d’être terminée, a été bénéfique pour l’emploi, l’économie et l’environnement de même que pour la cohésion sociale et le sentiment de fierté et d’appartenance des gens de la région. De plus, ces derniers sont maintenant très heureux de dérouler le tapis rouge aux touristes… à condition qu’ils respectent leur environnement!

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Sources

– New Forest Marque

– The New Forest – official visitor website

– Vision & Totem. «Tourist Attraction – New Forest», Marketing for Sustainable Tourism 2008. VISION/TOTEM Sustainable Tourism Marketing Guide.

– Winners of the Responsible Tourism Awards 2007

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Gestion Tourisme durable

Le développement touristique en milieu rural? Si on en parlait aux principaux intéressés…

Plusieurs études soulignent l’importance de susciter l’adhésion de la population pour ériger les bases d’un développement touristique en harmonie avec le milieu rural. En effet, le tourisme en région est fortement teinté par la «couleur» de la communauté locale, ses habitants faisant partie intégrante de l’expérience touristique. Certains facteurs permettent d’établir un pont avec la communauté, et la viabilité d’un projet repose autant sur sa contribution économique que sociale.

Tout n’est pas «touristique»

Secteurs manufacturiers en difficulté, foresterie en déclin, agriculture en déroute, ressources naturelles épuisées, plusieurs régions se tournent vers le tourisme pour se sortir du marasme économique ou diversifier leurs activités.

Il existe un marché croissant pour les différents produits touristiques en milieu rural: aventure, nature, sport, agrotourisme, ressourcement dans un milieu naturel, rythme au ralenti, contact avec la population, authenticité, gîte chez l’habitant, produits du terroir, patrimoine, apprentissage, artisanat, etc.

Même si le milieu rural a beaucoup à offrir, le tourisme n’est pas une panacée aux difficultés économiques. De plus, ce ne sont pas toutes les régions qui possèdent le potentiel nécessaire pour développer une industrie touristique florissante. Trop souvent, le manque de compréhension de cette industrie permet de croire qu’elle transformera la région en eldorado et fait miroiter des retombées économiques substantielles.

Pour ceux qui se lancent dans cette aventure

Il importe de développer des liens harmonieux avec la population, car elle possède un certain poids décisionnel quant à la viabilité d’un projet et à la qualité de la prestation. En effet, la population locale est beaucoup plus qu’une communauté hôte ou un bassin de main-d’œuvre: elle fait partie de l’expérience touristique et elle peut contribuer à enrichir l’offre. Pourvu qu’elle ait une bonne compréhension des enjeux, qu’elle participe aux processus de planification et de décision, qu’elle ait un certain droit de regard sur le produit. Fédérer la communauté autour d’un projet, c’est lui permettre de devenir acteur plutôt qu’observateur ou dénonciateur.

Louis Jolin, professeur titulaire au Département d’études urbaines et touristiques à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, soulignait lors du Symposium sur le développement durable en mars 2009 que l’adhésion du milieu d’accueil repose sur trois éléments importants:

  • le respect de la communauté, de son identité, de son authenticité;
  • les bénéfices tant économiques que sociaux;
  • la participation du milieu aux décisions.

Pour que la population approuve un projet, il faut aller au-delà des processus d’information et de consultation. Les promoteurs doivent s’ouvrir à une gestion participative avec la communauté et collaborer avec elle à l’organisation de l’activité touristique.

L’acceptabilité sociale découle des principes suivants:

  • le sens de l’éthique (avantages pour toutes les parties concernées);
  • la transparence;
  • une bonne communication (compréhension du projet);
  • la clarté (ne pas susciter des attentes irréalistes);
  • une compatibilité avec l’environnement et les besoins de la population;
  • une viabilité appuyée par une vision à long terme.

Comment y parvient-on?

  • En écoutant la population: elle présente une communauté hétérogène aux intérêts divergents.
  • En comprenant ses valeurs et en les respectant.
  • En préservant les ressources naturelles.
  • En expliquant le tourisme, en expliquant le projet.
  • En établissant une proximité avec le milieu et un lien de confiance.
  • En mettant à contribution les citoyens au début de la démarche de planification.
  • En créant une relation de partenariat.
  • En réduisant les tensions, en amenant les différents partis à travailler ensemble.
  • En utilisant un langage positif.

C’est aussi respecter le principe démocratique, prévenir les conflits, s’assurer de la disponibilité des ressources – car un manque de ressources complique parfois la viabilité d’un projet–, profiter d’une expertise locale pour enrichir l’offre et l’expérience touristique.

Pour que chacun y trouve son compte…

Dans le discours, on met généralement l’accent sur l’apport économique du tourisme et les bénéfices directs générés tels que la création d’emplois et les retombées financières. Or, les facteurs sociaux, trop souvent éludés, ne peuvent être ignorés, car ils représentent des arguments de poids dans les échanges avec la communauté. En effet, tous ne bénéficient pas des retombées directes du tourisme et une attitude positive de la part des exclus résulte des bénéfices sociaux qu’ils peuvent en retirer. En voici des exemples:

  • l’accessibilité aux infrastructures et aux ressources touristiques (transport, loisirs, restauration, etc.);
  • la revitalisation d’un milieu;
  • la mise en valeur des patrimoines culturel et naturel;
  • les services supplémentaires à la communauté;
  • l’amélioration de la qualité de vie et l’épanouissement;
  • le renforcement de l’identité collective, du sentiment de fierté et de la cohésion sociale;
  • la notoriété de la région;
  • la distribution équitable des bénéfices;
  • la maîtrise des répercussions négatives;
  • le frein à l’exil des jeunes et la croissance démographique;
  • les événements et les activités.

Un tourisme responsable

Comme le souligne la définition du tourisme durable dans la Politique touristique du Québec: «Le tourisme durable est un tourisme qui exploite de façon optimum les ressources de l’environnement; respecte l’authenticité socioculturelle des communautés; offre à toutes les parties prenantes les avantages socioéconomiques.»

Sources:

– Briedenhann, Jenny. «Socio-cultural criteria for the evaluation of rural tourism projects – a Delphi consultation», Current Issues in Tourism, vol. 12, no 4, juillet 2009, p. 379-396.

– Hashimotoa, Atsuko et David J. Telfera. «Developing sustainable partnerships in rural tourism: the case of Oita, Japan», Journal of Policy Research in Tourism, Leisure and Events, vol. 2, no 2, juillet 2010, p. 165-183.

– Jolin, Louis. «L’importance de l’adhésion du milieu local et communautaire au produit touristique de la destination», Atelier: communautés, Symposium international sur le développement durable du tourisme, Québec, 17 au 19 mars 2009.

– Koster, Rhonda L. P. et Raynald H. Lemelin. «Appreciative Inquiry and Rural Tourism: A Case Study from Canada», Tourism Geographies, vol. 11, no 2, mai 2009, p. 256-269.

– Tourisme Québec. «Vers un tourisme durable – Politique touristique du Québec», Tourisme.gouv.qc.ca, 2005.

– Tuulentie, Seija. «Tourism Development, Sustainability And Local Communities: Case studies from Finnish Lapland», Atelier: communautés, Symposium international sur le développement durable du tourisme, Québec, 17 au 19 mars 2009.

– Wang, Yasong (Alex) et Robert E. Pfister. «Residents’ Attitudes Toward Tourism and Perceived Personal Benefits in a Rural Community», Journal of Travel Research, vol. 47, no 1, août 2008, p. 84-93.