Catégories
Hébergement Segments de clientèles

Conseils pour attirer les voyageurs en solo

Les voyages en solo ont la cote. Kayak souligne que plus du tiers (35 %) des adultes britanniques interrogés par sondage ont voyagé seuls (20 % l’an dernier) et près d’une personne sur cinq aimerait bien le faire. Expedia signale une hausse des réservations en occupation simple et Lonely Planet a édité le Solo Travel Handbook. Pinterest a publié un rapport sur les tendances de voyages en 2018, qui révèle une augmentation exponentielle (593 %) des « épingles » enregistrées pour ce type de séjour par rapport à l’année précédente.

Selon une étude de l’Association des agents de voyages britanniques (ABTA), la possibilité d’entreprendre ce que l’on veut au cours de son voyage constitue la principale raison de voyager en solo (76 % des répondants). Partir en vacances seul signifie ne pas faire de compromis sur le choix de la destination, de l’itinéraire ou des activités pratiquées lors du séjour.

Un site Web inspirant

La société SiteMinder propose aux hôteliers diverses manières de charmer la clientèle en solo, mais certaines valent également pour toute autre entreprise touristique. Comme ces voyageurs sont fréquemment attirés par la promesse d’un voyage inspirant, il s’avère judicieux d’utiliser des images de haute qualité pour la conception de son site Web. Y inclure de nombreuses informations sur la destination est aussi essentiel, car ces voyageurs réalisent souvent leur propre itinéraire de voyage. Bref, pourquoi ne pas prévoir une section entière de son site Web réservée à cette clientèle, comme le fait si bien le groupe hôtelier St Giles ? Son microsite Web fournit une multitude de conseils et de suggestions rédigés par des experts locaux – restaurants, bars, activités, divertissements, etc. – afin de répondre aux besoins de ces voyageurs, tout en les incitant à explorer la ville.

microsite-web-voyageurs-solo
Source : Hôtels St-Giles

Des activités spécifiques

Les voyageurs en solo effectuent des visites guidées gratuites, aiment discuter avec les résidents, apprendre, découvrir la culture locale en vivant des expériences culinaires ou en visitant des monuments et des musées. L’hôtelier peut donc mettre sur pied certaines initiatives qui s’inspirent de leurs champs d’intérêt comme :

  • proposer des cours de cuisine ou d’art ;
  • créer des forfaits incluant des billets pour des attractions et des sites historiques ;
  • faire de son établissement le point de départ ou d’enregistrement des excursions ;
  • présenter des spectacles.

Une communication hors pair

La communication est également extrêmement importante pour les voyageurs en solo, qui aiment rester en contact. Inspirez-les avec des messages avant et après le séjour et informez-les des événements à venir et des nouvelles promotions. Lorsqu’ils arrivent à l’hôtel, accueillez-les en discutant de leurs projets et procurez-leur des conseils ou des recommandations. Aux hôtels St Giles, le concierge constitue le principal point de contact du touriste en solo et demeure à son service pour améliorer son expérience de voyage. Avant son arrivée, il contacte le visiteur pour mieux le connaître et lui créer une trousse de bienvenue sur mesure (sac à dos personnalisé, téléphone intelligent, portefeuilles, informations). Après son départ, le client reçoit un cadeau personnalisé en guise de remerciement.

Un juste prix

Enfin, l’un des plus grands irritants du voyage en solo est sans contredit le coût, la majorité des voyageurs devant fréquemment payer un supplément. Se faisant le porte-parole de la grogne du public face à cette situation, le quotidien britannique Telegraph Travel a lancé, au début de 2018, la campagne « Safer, Fairer, Better » appelant, entre autres, à l’éradication de ces frais additionnels injustes. Il est plus que temps de supprimer les obstacles au voyage en solo, d’en réduire le coût et d’élargir le champ des expériences offertes aux personnes voyageant sans partenaire ni famille. Qu’en pensez-vous? Que faites-vous pour accueillir cette clientèle?

 

Source image à la une Pexels

Catégories
Produits et activités

Cinq tendances en tourisme de nature et d’aventure

Le réseau de veille réalise depuis déjà quelques années un bulletin de veille sur le tourisme de nature et d’aventure, en collaboration avec le ministère du Tourisme du Québec. Cette synthèse mensuelle vise à informer les intervenants touristiques sur ce secteur d’activités prioritaire, tel qu’en témoigne la Stratégie de mise en valeur du tourisme de nature et d’aventure. Voici les grandes tendances qui se dégagent d’une relecture des bulletins de la dernière année.

 

La nature en vedette

Depuis quelques années, plusieurs éléments contribuent à mettre la nature et le plein air à l’avant-plan.

Source de bien-être

Les bienfaits associés à la fréquentation de la nature sur la santé physique et mentale sont bien documentés. Si bien que des médecins prescrivent la nature pour améliorer l’état de santé de certaines personnes. Aussi, la tendance au bien-être contribue à cet intérêt pour un contact avec la nature. Les bienfaits de cette dernière inspirent aussi les designers dans l’aménagement des hôtels. On y intègre des murs végétalisés, de grandes baies vitrées pour faire entrer la lumière, le tout afin de favoriser la détente et les émotions positives.

Populaire sur Instagram

Le partage de clichés sur les médias sociaux stimule la demande pour les espaces naturels. Les parcs nationaux américains ont enregistré des records de fréquentation l’année dernière et certains analystes estiment qu’Instagram y aurait contribué. Le portail de partage de photos exerce une influence sur le choix des destinations de voyage. Non seulement les gens s’en inspirent, mais ils souhaitent aussi publier des photos qui feront l’envie des autres utilisateurs. Certains vont jusqu’à prendre des risques pour obtenir une photo spectaculaire.

instagram-grand-canyon

Source : Instagram

Aux premières loges des changements climatiques

Les changements climatiques affectent le terrain de jeu des adeptes du plein air. La protection de l’environnement figure parmi les préoccupations des pratiquants comme des organisations en tourisme d’aventure. Des entreprises proposent des actions concrètes pour réduire leur empreinte et celles de ses clients. C’est le cas de Midnight Son Tours, en Alaska, qui fournit à chaque client une bouteille équipée d’un filtre purificateur d’eau permettant à l’utilisateur d’obtenir une eau potable à partir de n’importe quelle source. Voilà qui contribue à réduire la consommation de bouteilles d’eau à usage unique.

Hébergement de plein air immersif, design et écologique

Les concepts d’hébergement en cabines situées dans des milieux naturels de grande qualité se multiplient. Souvent créées par des architectes, ces installations carburent aux énergies renouvelables et sont faites de matériaux écologiques, locaux ou recyclés pour minimiser leur empreinte sur le territoire. L’immersion dans le paysage et l’ouverture sur celui-ci par une grande fenestration sont souvent des caractéristiques communes à ce type d’hébergement.

 

Se rapprocher de la nature

L’hôtel CABN, en Australie, illustre bien cette tendance. Il est composé de cabines de bois à faible empreinte écologique qui permettent un séjour en pleine nature sans délaisser le confort. La startup Getaway propose le même genre d’hébergement, en périphérie des villes de New York, de Boston et de Washington, DC.

Voici la vidéo promotionnelle de CABN :

Vidéo : YouTube

Cette tendance est aussi bien observable au Québec, notamment avec Dômes Charlevoix, des unités luxueuses en forme d’igloo, avec terrasse et spa, situées en pleine nature et offrant une vue sur le fleuve.

domes-charlevoix

Source : © Bourgeois Lechasseur Architectes

Les offres et les prototypes se déclinent en de multiples propositions, comme de l’hébergement flottant, des habitations inspirées des modes de vie ancestraux ou encore des cabines en pleine forêt entièrement recouvertes de miroirs pour se fondre dans le paysage.

coulson-refuge-miroir

Crédits photo : © Coulson

Même activité, nouvel emballage

Les entreprises d’aventure rivalisent d’originalité pour renouveler leur offre ou pour se démarquer afin d’interpeller une clientèle exigeante et expérimentée qui souhaite vivre des expériences uniques.

« Héliactivités »

Pour enrichir son offre estivale, le centre de villégiature Tordrillo Mountain Lodge, en Alaska, propose des séjours d’hélivélo (heli biking), d’hélirandonnée (heli hiking) et d’hélipêche (heli fishing). En Colombie-Britannique, la Glacier Raft Company possède un accès exclusif à l’un des canyons de la rivière Kicking Horse, joignable uniquement par hélicoptère. Les visiteurs descendent ensuite la rivière en rafting. Voici la vidéo de présentation de Glacier Raft Company :

Vidéo : YouTube

Pêche en kayak, yoga sur la neige

On observe de nouvelles façons d’aborder certaines activités. La pêche en kayak, par exemple, gagne en popularité et joint une clientèle de jeunes adultes. Le yoga neige, ou snowga, se répand aussi. C’est le cas à Boulder, au Colorado, qui reçoit d’importantes quantités de neige chaque année et où la culture du yoga est déjà bien implantée. En Finlande, on propose le yoga de sable ou de neige, selon la saison. À Montréal, l’entreprise POP Spirit offre des cours de yoga dans la neige, dans des parcs montréalais.

yoga-popspirit

Source : © POP Spirit 

L’aventure en ville

Des activités d’aventure qui se pratiquaient autrefois uniquement en milieux ruraux sont de plus en plus courantes en pleine ville. Des parcours aériens et des tyroliennes, du kayak, du surf ou encore de la planche à pagayer debout sur les cours d’eau urbains  : les gens s’y adonnent pour être actifs sans devoir quitter la ville ou encore pour vivre une nouvelle expérience. Ces activités d’aventure permettent d’aborder la ville sous un autre angle.

aventure-ville-sup

Source : © M&M Stand Up Paddling Amsterdam

Installations iconiques

Que ce soit pour renouveler l’offre, pour mieux répondre aux besoins de la clientèle, pour améliorer l’expérience client ou pour se démarquer de la concurrence, l’aménagement de structures inusitées pimente l’expérience de plein air. C’est le cas du pont piétonnier suspendu Charles Kuonen, le plus long au monde avec près de 500 mètres. Il permet d’épargner de quatre à cinq heures de marche sur le trajet de randonnée entre Zermatt et Grächen, en Suisse.

pont-suspendu-suisse

Source : © Valentin Flauraud

Plus qu’une tour, une image de marque

Au Danemark, le Camp Adventure Park sera bientôt équipé d’une tour d’observation de 45 mètres de haut. Sa silhouette en forme de sablier propose un contact unique avec la canopée, en plus de constituer une image distinctive pour le parc.

tour-camp-adventure-park

Source : © EFFEKT Architects

Des segments de clientèle à conquérir

Des organisations en tourisme d’aventure s’intéressent à des segments jusque-là sous-estimés. Travel Oregon déploie un microsite présentant les diverses options d’accès au plein air pour les personnes à mobilité réduite. On y présente des excursions guidées à ski, à vélo de montagne, en escalade ou encore en kayak. Parks Victoria, en Australie, teste les Canopy — Eco Sleeper Pods, des unités d’hébergement au design contemporain et accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Vidéo : Vimeo

Au-delà des stéréotypes

Le marketing du plein air véhicule généralement un modèle assez restreint des pratiquants : de race blanche, jeune, hétérosexuel et doté d’un physique athlétique. Ce stéréotype ne parle en rien aux communautés ethniques, aux personnes en surpoids ou encore aux néophytes du plein air. Mais ces adeptes sous-représentés occupent une place grandissante sur les médias sociaux, particulièrement sur Instagram, sous l’appellation Unlikely Hikers. Ce mouvement, qui regroupe plus de 50 000 abonnés et qui est soutenu par des marques reconnues comme REI et Columbia, fait des petits. Des dizaines d’autres comptes illustrant cette diversité et promouvant l’inclusion ont vu le jour.

unlike-hikers-instagram

Source : © Unlike Hikers / Instagram

Les voyageurs en solo

Bien que les voyageurs en solo soient déjà bien servis par le secteur du tourisme d’aventure, leur nombre est en croissance. Cette appellation désigne les personnes qui partent seules et celles qui rejoignent un groupe d’individus. Une étude de Booking.com auprès de 20 500 voyageurs révèle que 40 % des baby-boomers ont fait un tel séjour au cours de la dernière année. 

L’entreprise Intrepid a développé un microsite à leur intention, avec des formules sur mesure, la publication de témoignages et des astuces pour outiller la clientèle en solo.

solo-intrepid-aventure

Source : © Intrepid

Pour en savoir plus…

Le tourisme de nature et d’aventure est en bonne posture pour se développer et gagner de nouveaux adeptes au fil des prochaines années. Il s’inscrit parmi plusieurs grandes tendances touristiques, comme la recherche d’authenticité et les expériences transformationnelles. La progression rapide des voyages du marché chinois, tout particulièrement celui de la génération du millénaire, qui cherche à vivre des aventures en pleine nature, aura aussi certainement un impact sur ce secteur d’activité. Abonnez-vous aux bulletins de veille publiés mensuellement sur le site Web de Tourisme Québec pour rester informé.

 

Image à la une : © EFFEKT Architects

Catégories
Tendances

Neuf tendances en tourisme d’aventure

Le contexte global demeure favorable à la croissance du tourisme d’aventure. Celui-ci se fait de plus en plus grand public. Les voyageurs cherchent à se ressourcer, à reconnecter avec la nature, à se dépasser et à vivre des expériences significatives. L’aventure est un bon moyen d’y arriver. L’organisme Adventure Travel Trade Association (ATTA) publiait, en début d’année 2018, un rapport regroupant 20 tendances. Voici un survol de neuf d’entre elles, soit celles sur le type d’expériences et les produits.

Voyager en solo

Selon la firme MMGY Global, environ un voyageur américain sur quatre envisage de voyager seul en 2018. Les itinéraires spécialisés et une couverture médiatique importante de ce segment de clientèle stimulent la demande. Il ne s’agit pas nécessairement de personnes qui sont seules en ménage, mais plutôt de voyageurs qui souhaitent découvrir une destination en fonction de leurs intérêts ou encore parce que leur partenaire de voyage n’est pas disponible. L’agence Abercombie & Kent s’ajuste et oriente un volet de son offre pour les voyageurs en solo.

 Tendances-aventure-solo

Source : Abercrombie et Kent

L’aventure ultime : vivre comme un local

Les voyageurs d’aventure prennent de l’expérience et souhaitent vivre des aventures authentiques, en se mêlant à la population locale. Pour répondre à ce besoin, des destinations et des entreprises développent des stratégies permettant aux voyageurs d’entrer en contact avec des résidents. Les plateformes Airbnb et EatWith en sont des exemples probants. L’entreprise HiveSters, en Thaïlande, illustre aussi très bien cette tendance. Les voyageurs peuvent apprendre à cuisiner le Pad Thaï dans la rue ou encore rencontrer des artisans dans leur atelier, en dehors des circuits touristiques de masse. 

tendances-aventure-cuisine-de-rue Source : HiveSters

L’expansion du slow travel

La découverte d’une destination à un rythme lent, qui permet de bien intégrer les lieux et de s’imprégner de l’environnement, devient une spécialité pour de nouveaux voyagistes. Les nomades numériques, qui travaillent tout en voyageant, sont des adeptes de slow travel. Tout comme les jeunes retraités actifs, les personnes en période de transition, celles qui décident de prendre une pause du travail pour explorer une destination, ou encore ceux qui décident de partir en voyage un certain temps tout en travaillant. Pour tous ces voyageurs, il y a des entreprises comme Unsettled et Remote Year qui facilitent l’organisation de ces séjours prolongés. Elles s’occupent de dénicher l’hébergement, des espaces de travail communs le cas échéant, des escapades d’aventure et des expériences locales sur mesure qui permettent de connecter avec les lieux.

La quête du bien-être global

Les voyageurs d’aventure cherchent de plus en plus à se déconnecter de la routine quotidienne, à se recentrer sur l’essentiel pour maintenir une bonne santé mentale comme physique. Pour les entreprises de tourisme d’aventure, cela implique d’intégrer des composantes de bien-être. Les études démontrent les bienfaits de la nature sur la santé mentale, sur l’équilibre psychique des individus. Visit Estonia joue cette carte avec la campagne Stress Buster qui vise à séduire les gens stressés avec l’appel de la forêt et de la nature.

Des expériences « transformationnelles »

Les voyageurs d’aventure sont motivés par l’idée de changer par le voyage, de devenir des personnes différentes, améliorées. Pour favoriser cette transformation, les entreprises doivent la considérer dans le design d’expérience en équilibrant les composantes de l’itinéraire, en ce qui concerne le temps, les séquences d’activités, les défis et les moments propices à l’introspection. L’organisation Explorer X se spécialise en voyages pour aventuriers en quête de transformation. Chaque fournisseur doit considérer ce design d’expérience. 

tendances-aventure-transformation

Source : Explorer X

Le tourisme de randonnée

La randonnée constitue l’une des activités de plein air les plus pratiquées par les voyageurs. Les destinations l’ont bien compris et font la promotion de leurs sentiers afin de prolonger le séjour des visiteurs. De plus, ceux-ci peuvent être tentés de revenir pour explorer une autre section du sentier. Ce type de tourisme favorise le développement local, les expériences authentiques et s’aligne bien sur les tendances précédentes concernant les voyages de transformation et la quête du bien-être. Les services en marge du tourisme de randonnée devraient prendre de l’ampleur en 2018, comme les itinéraires autoguidés et le transport de bagages.

Des produits pour les aventurières

Qu’elles soient seules ou non, un peu comme les voyageurs en solo, les femmes aiment parfois voyager entre elles lorsqu’elles partagent les mêmes intérêts. On observe une forte croissance du nombre d’entreprises qui conçoivent des voyages sur mesure pour elles. C’est le cas d’AdventureWomen, qui s’adresse exclusivement aux femmes ou Austin Adventures dont une partie de l’offre leur est réservée.

tendances-aventure-rafting-femmes

Source : AdventureWomen

Les destinations hivernales

L’hiver est en vogue auprès des voyageurs d’aventure. Les destinations comme l’Islande, le Yukon, la Finlande et le Groenland témoignent d’un achalandage à la hausse durant la saison froide. Les activités et les événements d’hiver se multiplient. Les produits polaires, tels que les aurores boréales et la faune arctique ont particulièrement la cote. Les touristes d’hiver viennent principalement du Royaume-Uni, des États-Unis et de la Chine. 

tendances-aventures-aurores-hiver Source : VisitFinland

Des cabines de luxe en territoire isolé

La tendance des minimaisons a trouvé un terreau fertile dans le milieu touristique. Des petites cabines préfabriquées au design soigné et au confort égalant celui d’une chambre d’hôtel de luxe apparaissent dans les lieux les plus improbables. Ces unités attirent la curiosité et leur design attrayant suscite les partages sur les médias sociaux comme Instagram. Ce type d’hébergement donne également une nouvelle attractivité aux régions éloignées en offrant une expérience de luxe en territoire vierge. 

oddhouse

Source : OodHouse

L’aventure au Québec

Le Québec est bien en selle pour accueillir les voyageurs adeptes d’aventure. Les réseaux s’organisent, des partenariats sont scellés et l’offre se développe. Aussi, les stratégies de Tourisme Québec sur la mise en valeur du tourisme de nature et d’aventure, sur le tourisme hivernal et sur le développement et la commercialisation au nord du 49e parallèle, ainsi que la promotion concertée de l’offre « nature » sur le site Web Québec Original permettront certainement de positionner la destination québécoise avantageusement auprès des marchés en croissance.

 

Image à la une : Unsplash

 

Catégories
Segments de clientèles

Comment séduire les voyageurs en solo

La revue Espaces s’est intéressée au marché des solos dans son édition de septembre-octobre 2017. Anne-Marie Michaux, responsable du pôle Missions transversales à la Direction générale des entreprises (DGE), sous-direction du tourisme, en France, y propose une définition des solos : « Sont considérés comme solos, l’ensemble des personnes de 18 ans et plus, partant seules en voyage ou en séjour d’agrément, en individuel ou en groupe d’individuels regroupés ». Cette définition a servi de base pour une étude intitulée : Les solos : un marché à conquérir et à satisfaire !

Un marché de niche à fort potentiel

Le nombre de personnes vivant seules augmente chaque année. Au Canada, il a atteint un taux record. Selon les données du recensement de 2016 dévoilées par Statistique Canada, un peu plus d’un Canadien sur dix (14 %) âgé de 15 ans et plus vivait seul en 2016 comparativement à 1,8 % en 1951. Par ailleurs, la part des ménages canadiens composés d’une seule personne est passée de 7,4 % en 1951 à 28,2 % en 2016. C’est au Québec que cette proportion était la plus élevée, soit 33,3 % en 2016 (comparativement à 32 % en 2011). Selon Statistique Canada, il s’agit d’une tendance répandue dans les pays industrialisés.

Mme Michaux rapporte que 25 % des touristes à travers le monde ont voyagé seuls en 2015 (Organisation mondiale du tourisme), que 33 % des voyages des Français se font seuls et que 35 % des clients britanniques de Booking partaient seuls en 2014. D’autre part, de nombreux voyagistes et réceptifs constatent qu’une part de plus en plus importante de leur clientèle de groupe est formée de voyageurs seuls qui souhaitent vivre leurs expériences avec d’autres gens partageant les mêmes intérêts. C’est le cas des clients de TourRadar, une agence spécialisée dans les circuits de plusieurs jours, dont 41 % de la clientèle est constituée de voyageuses en solo.

L’hébergement: un frein au développement ?

Selon Anne-Marie Michaux, l’offre d’hébergement basée sur le standard de la chambre double constitue le principal frein à la croissance des séjours en solo. Pourtant, « certains types d’hébergement comme les auberges de jeunesse et autres hostels, tirent leur épingle du jeu ». L’hébergement en dortoir et les chambres individuelles plaisent aux jeunes. De nouvelles enseignes telles JO&JOE, du groupe Accorhotels, côtoient de plus anciennes comme Generator. Chez JO&JOE, le concept d’hébergement partagé fournit une réponse à la question du supplément « occupation simple » à laquelle sont confrontées toutes les personnes qui voyagent seules, souligne Matthieu Perrin, directeur de la marque. À cette enseigne, près des deux tiers (65 %) de l’hébergement peut être réservé à la place plutôt qu’à la chambre.

Au Canada, plusieurs voyagistes, Vacances Transat, Vacances Signature, Vacances Air Canada ou Voyages à rabais, proposent un choix d’établissements qui offrent des chambres en occupation simple sans aucun supplément dans des destinations du Sud. Vacances Transat a d’ailleurs remporté un prix dans la catégorie « Voyages à forfait » lors de la 1re édition des prix Solo Travel, organisée par Solo Traveler. Ces prix récompensent les entreprises les plus attentives à attirer et à servir les personnes qui voyagent seules. D’autres comme Voyages Traditours offrent un service de jumelage qui permet aux voyageurs de partager leur chambre durant le séjour.

comment-seduire-voyageurs-solos-transat-collection

Source : Transat

Des startups qui ont le vent dans les voiles

Créé en 2015, le site Web Copines de voyage se situe à mi-chemin entre l’agence de voyages et le réseau social. Comme l’explique Alix Gauthier, cofondatrice, le but est de « permettre à une femme qui veut partir de choisir son voyage grâce à la communauté de copines de voyage ». L’agence coconstruit ses offres avec des réceptifs locaux et des voyagistes afin qu’elles répondent aux attentes de sa clientèle. Ces séjours sont offerts pour une durée limitée au cours de laquelle les copines peuvent s’enregistrer et échanger par l’entremise du réseau social pour mieux connaître leurs futures partenaires de voyage. Mme Alix souligne qu’à ses débuts, sa communauté comprenait exclusivement des femmes vivant seules. Aujourd’hui, cette catégorie représente de 60 % à 70 % des 270 000 membres.

comment-seduire-voyageurs-solos-copinesdevoyage

Source : Copines de voyage

D’autres startups favorisent aussi la rencontre entre solos ; Paravecmoi est l’une d’elles. À la fois site de rencontre et agence de voyages, cette plateforme met en relation des voyageurs qui se ressemblent, inscrits sur le site. Selon Michel Ruiz, chef de la direction, Management et Marketing, l’algorithme de Paravecmoi permet de « présenter des profils de voyageurs qui concordent en ce qui a trait à leurs préférences personnelles et à leurs habitudes de voyage ». Ensuite, ces compagnons de voyage n’ont plus qu’à choisir ensemble leur séjour sur la plateforme du voyagiste partenaire de Paravecmoi. Pour se constituer une communauté de voyageurs, Paravecmoi a créé une page Facebook qui comprend maintenant 16 000 fans, majoritairement des femmes (73 %).

L’agence de voyages Les Covoyageurs a quant à elle toujours segmenté son offre en fonction de divers types de clientèles (solos, familles monoparentales, multigénérations, etc.) plutôt que par type de produit comme c’est le cas chez les voyagistes. Elle a « démarré avec une gamme de produits pour les solos, sur la base du concept de voyages à partager entre personnes célibataires, séparées, divorcées ou veuves », mentionne Sarah Lopez sa cofondatrice. Les voyageurs en solo forment 70 % de sa clientèle qui est constituée, elle aussi, principalement de femmes (64 %).

Des destinations ciblent les solos. Vraiment? 

Certains offices de tourisme ont commencé à segmenter leur offre en fonction de clientèles spécifiques comme les familles ; bien peu toutefois s’adressent spécifiquement aux touristes en solo. C’est pourtant le cas de Tourisme Montréal qui consacre une partie de son site Web à cette clientèle dans sa section Explorer, Montréal pour… On y trouve des suggestions d’activités et de sorties pour explorer la ville, au singulier. Vous en connaissez d’autres ? Faites-nous en part dans la section commentaires.

comment-seduire-voyageurs-solos-montreal-au-singulier

Source : Tourisme Montréal

 

Source de l’image à la une : Unsplash

Catégories
Segments de clientèles

Les voyages en petits groupes ont la cote!

Avec la popularité croissante du tourisme expérientiel, la demande pour des séjours authentiques en plus petits groupes prend le pas sur celle de la consommation de masse. Ces voyages permettent aux consommateurs de s’immerger dans une destination tout en rencontrant des personnes ayant des centres d’intérêt similaires.

 

 

Augmentation des voyageurs en solo et des baby-boomers

Les séjours en petits groupes sont particulièrement populaires auprès des gens qui ont déjà beaucoup voyagé et auprès des voyageurs en solo.

Les séjours en petits groupes sont particulièrement populaires auprès des gens qui ont déjà beaucoup voyagé et auprès des voyageurs en solo. Selon Kara O’Toole, directrice générale de Overseas Adventure Travel (OAT) et spécialiste des séjours en petits groupes, on assiste à une augmentation du pourcentage de voyageurs âgés de 50 ans ou plus qui voyagent seuls, indépendamment de leur statut matrimonial. Leur proportion est passée de 35 % en 2013 à 44 % en 2014 chez OAT, comparativement à 27 % en 2007. La majorité (80 %) des voyageurs sont des femmes. D’ailleurs, la Travel Industry Association estime que 32 millions de femmes américaines célibataires ont voyagé au moins une fois dans la dernière année, et environ 3 sur 10 ont effectué 5 voyages ou plus.

L’autre clientèle type des voyages en groupes restreints est celle des baby-boomers à la retraite, selon les voyagistes spécialisés dans ce marché. Ils sont généralement plus instruits et un peu plus riches que les clients habituels des grossistes. Ils sont à la recherche d’authenticité et espèrent vivre une expérience qu’ils ne pourraient pas obtenir en voyageant de manière indépendante. Selon Mark Yacker, directeur pour l’Amérique du Nord chez Travel Indochina, qui se spécialise dans des circuits pour 16 participants ou moins, la majorité des voyageurs sont dans la quarantaine, la cinquantaine ou la soixantaine et disposent d’un revenu qui leur permet de payer de 200 $ à 350 $ par nuit pour une expérience culturelle immersive avec un certain niveau de confort.

Les touristes qui voyagent en petits groupes sont également enclins à utiliser les services d’un agent de voyage pour la réservation de leur séjour. C’est ce qu’a démontré une étude de Foresight Research dans laquelle 70 % des répondants ont affirmé qu’ils se fieraient très certainement à un agent de voyage pour organiser leur séjour.

L’offre des voyagistes traditionnels

Les dix dernières années ont connu une baisse du tourisme de masse et une augmentation des personnes voyageant avec de petits exploitants.

Les dix dernières années ont connu une baisse du tourisme de masse et une augmentation des personnes voyageant avec de petits exploitants. Constatant l’engouement pour ce type de séjours, de plus en plus de voyagistes offrent davantage d’options pour de petits groupes en créant des produits personnalisés qui visent à attirer les consommateurs qui rejettent l’idée d’une visite de groupe traditionnelle. Depuis 2010, la gamme Explorations de Collette propose des circuits pour des groupes de 18 personnes ou moins. Conçus pour répondre à des voyageurs curieux, ils permettent une expérience plus immersive en ce qui a trait à la population, à son histoire et à sa culture : repas chez l’habitant, cours de cuisine avec un chef professionnel, nuitée dans un petit village de pêcheurs, dégustation de fromages et de vins dans une ferme locale, etc. Ce segment de produits est celui qui affiche le plus haut taux de croissance des ventes chez Collette.

Les petits groupes sont le cœur de l’offre d’Alexander+Roberts. Toutefois, pour répondre à la demande croissante pour des expériences encore plus intimistes et d’immersion, la gamme Original Events propose une série de départs ponctuels construits autour d’une thématique ou d’un événement culturel. Le premier aura lieu en octobre 2015 et sera axé sur l’héritage juif de Rome, de Florence et de petites villes médiévales dans la campagne italienne. Il s’adressera à des groupes de 8 à 16 participants maximum. D’autres voyages mettront en vedette une célébration de la tonte des moutons en Islande et le 50e anniversaire de l’incident du golfe du Tonkin au Vietnam.

Le tout dernier à entrer dans la danse, Trafalgar, a lancé sa collection de séjours spécialement conçus pour des groupes de 26 personnes ou moins. Hidden Journeys regroupe onze itinéraires qui permettront, dès le printemps 2015, de découvrir plus à fond les destinations déjà desservies par l’entreprise, mais qui mèneront les touristes dans des lieux différents pour y partager des expériences avec la population locale. Le nombre restreint de participants permet aussi d’offrir de l’hébergement dans des localités et des établissements plus petits – comme l’Albergo dell’Agenzia, hôtel piémontais de 47 chambres – et d’organiser des expériences qu’il serait difficile, voire impossible, de réaliser avec un grand groupe. Malgré leur coût 20 % plus élevé que celui d’un circuit traditionnel pour une cinquantaine de personnes, ces itinéraires rejoindront une clientèle qui n’aurait jamais pensé voyager en circuit accompagné, croit Paul Wiseman, président de Trafalgar.

Le fait que les grands voyagistes étendent leur offre de voyages en petits groupes aidera-t-il à stimuler la demande globale? Qu’en pensez-vous?

 

Image à la Une : istockphoto no 21251959

Catégories
Segments de clientèles

Savoir plaire aux femmes

 

 

De plus en plus d’entreprises des divers secteurs touristiques s’intéressent aux femmes, et pour cause: selon Euromonitor International, leur revenu disponible s’est considérablement accru au fil des ans, et même plus rapidement que celui des hommes (voir le graphique 1).

CN_plaire_femmes_graphique1

Grâce entre autres à ce plus grand pouvoir économique, les femmes en général voyagent de plus en plus

Grâce entre autres à ce plus grand pouvoir économique, les femmes en général voyagent de plus en plus, et la proportion des voyageuses aisées (revenu familial annuel de 250 000 USD ou plus) a elle aussi augmenté au cours des dernières années. Elles représentent d’ailleurs la majorité de cette catégorie de voyageurs (54% en 2012 comparativement à 42% en 2010), selon une étude de MMGY Global et du groupe Harrison. Ces voyageuses ont pris en moyenne 5 périodes de vacances au cours des 12 derniers mois, pendant lesquelles elles ont dépensé près de 10 000 USD au total. Elles ne sont pas les seules à voyager beaucoup: la Travel Industry Association of America (TIA) estime que 32 millions de femmes célibataires américaines ont effectué au moins un séjour touristique l’an dernier, et qu’environ 3 femmes sur 10 sont parties 5 fois ou plus.

Selon les données 2013 du Print Measurement Bureau, 56% des Canadiennes âgées de 18 ans et plus — environ 8 millions de femmes — ont réalisé au moins un voyage au Canada au cours des 12 derniers mois, et près du tiers (30%) ont effectué de 3 à 6 séjours au pays. Quelque 7 millions d’entre elles, soit 47% de cette population, ont séjourné au moins une fois à l’extérieur du Canada ces 3 dernières années.

Croissance des séjours en solo

Les femmes de tous âges voyagent de plus en plus en solo

Traditionnellement, les femmes voyageaient avec leur famille ou avec leur conjoint. Désormais, leurs périples prennent de nouveaux visages. Les femmes de tous âges voyagent de plus en plus en solo, pour le travail ou l’agrément. Dans un sondage en ligne réalisé par hostelbookers.com en juin 2013, 82% des 1000 répondantes ont mentionné avoir déjà voyagé seules au moins une fois, et même sur un autre continent pour 65% d’entre elles. Plus de la moitié (51%) ont effectué de 2 à 5 séjours, dont la durée moyenne s’échelonnait entre 1 et 3 semaines.

Parmi les principales raisons de cette augmentation des voyages en solo: le veuvage ou le divorce, mais aussi l’envie de s’accorder du temps pour soi ou de poursuivre un intérêt particulier — histoire, art, cuisine, etc. Un sondage cette fois-ci réalisé par Lastminute.com.au auprès de 5000 Australiennes ajoute aussi la possibilité de vivre de nouvelles aventures (68%); de rencontrer d’autres personnes (64%) ou encore d’apprendre sur soi-même (53%). Les séjours les plus réussis incluent une sorte de participation dans la communauté et favorisent la croissance personnelle.

Ce que femme veut…

Quand il s’agit de la chambre, plusieurs sondages montrent que les femmes recherchent quelques éléments essentiels: des draps de haute qualité, des miroirs grossissants dans la salle de bain, des articles de toilette de luxe, des serviettes moelleuses, des magazines féminins et un éclairage approprié, pour n’en nommer que quelques-uns. Pour les voyageuses d’affaires, la liste inclut également un accès Internet haute vitesse et une variété d’options de service en chambre. Tous ces détails peuvent déterminer la décision d’achat d’une femme, de sorte que plusieurs hôtels se sont adaptés pour répondre à ces normes. C’est le cas de la chaîne hôtelière Hyatt qui, forte des résultats de sa propre enquête d’envergure mondiale étalée sur 18 mois, a mis en œuvre certains changements — Experience Hyatt — comme l’ajout de menus santé variés et d’articles de toilette haut de gamme, de même qu’un grand nombre d’articles gratuits, à acheter ou à emprunter, grâce à son programme Hyatt Has It. Les hôtels boutiques Kimpton offrent le même genre de programme, Women in Touch, en plus de pourvoir aux besoins de la femme qui voyage avec ses enfants.

Voici d’autres exemples intéressants:

  • Certaines compagnies aériennes offrent des toilettes pour femmes seulement (All Nippon Airways, Korean Air, Japan Airlines, Virgin), d’autres des salons exclusifs (Korean Air, à l’aéroport d’Incheon);CN_plaire_femmes_womenontheirway
  • Des réseaux sociaux comme Maiden Voyage, qui compte actuellement environ 2000 membres dans le monde, visent à rassembler les femmes d’affaires qui voudraient se réunir pour dîner, boire un verre ou encore partager d’autres activités intéressantes lors d’un voyage. Le site propose également des hôtels où les femmes pourront se sentir en sécurité et leur prodigue des conseils de sûreté.
  • Des sites Web sont exclusivement consacrés à la clientèle féminine, comme celui de Wyndham Worldwide, Women on Their Way. Cette ressource en ligne aide les femmes d’affaires et les vacancières à trouver tout ce dont elles ont besoin pour planifier et réserver leur prochain voyage. Le site comprend des conseils d’experts sur les destinations, les hôtels, les centres de villégiature, les locations et échanges de maisons, ainsi que des offres spéciales et des forfaits. Un autre site, Women Travel New Zealand, regroupe de petites entreprises n’appartenant qu’à des femmes et qui proposent de l’hébergement, des circuits, des lieux de repos et des tours guidés pour les voyageuses.

La sécurité, une priorité

La sécurité des voyageuses constitue un élément important dont l’industrie touristique doit se préoccuper.

La sécurité des voyageuses constitue un élément important dont l’industrie touristique doit se préoccuper. Certains hôteliers y ont répondu en:

  • créant des étages réservés aux femmes (Crowne Plaza à Washington et à Philadelphie);
  • ajoutant des serrures à pêne dormant sur les portes;
  • leur attribuant des chambres plus proches des ascenseurs, plutôt qu’au fond d’un couloir mal éclairé;
  • ne révélant pas leur numéro de chambre à la réception, pour éviter les oreilles indiscrètes;
  • les faisant escorter jusqu’à leur chambre (Pan Pacific, San Francisco);
  • proposant des ascenseurs qui ne fonctionnent qu’avec les clés d’une chambre, pour éviter les indésirables qui ne logent pas dans l’établissement;
  • construisant des stationnements couverts et éclairés situés à proximité de l’entrée principale.

Les taxis roses, conduits par et pour des femmes, exploités dans de nombreuses villes du monde, dont Londres, La Haye, Amsterdam, Barcelone, Moscou, Le Caire, Damas, Koweït, Mexico, Dubaï, Abou Dhabi, Téhéran, Mumbai et Dacca répondent aussi au besoin de sécurité des voyageuses.

Malgré toutes ces attentions, les besoins des femmes ne semblent pas entièrement comblés, selon une étude réalisée par Aimia, chef de file mondial de la gestion de la fidélisation, surtout ceux des femmes d’affaires, qui souhaitent dans un très fort pourcentage que l’industrie touristique tienne mieux compte de leurs exigences. On est en droit de se demander si les sondages posent les bonnes questions… Peut-être suggèrent-ils plutôt des choix de réponses qui demeurent trop souvent collés à des stéréotypes féminins?

Image à la une: Hôtel Kimpton

Catégories
Segments de clientèles Tendances

«Gap Year Travel», peut-on mieux exploiter ce créneau?

Le segment de marché relié au «gap year travel» demeure relativement nouveau et quelque peu méconnu. L’idée d’interrompre ses occupations régulières pour découvrir de nouveaux horizons ne date pourtant pas d’hier. Bien que les dépenses quotidiennes de ces voyageurs se révèlent relativement faibles, ils apportent une contribution substantielle à l’économie locale en raison de la durée de leur séjour. Cette pratique s’avère particulièrement populaire auprès du marché britannique. Plusieurs organisations opérant essentiellement à l’aide d’Internet se sont taillé une place en offrant des services qui vont de simples conseils de voyages à des agences de voyages spécialisées organisant le séjour.

Définition

Trouver une formulation francophone pour le gap year travel  n’est pas chose simple; nous conserverons ainsi l’expression anglophone d’origine afin de faciliter la compréhension. La notion de gap travel correspond à un voyage effectué par une personne qui a décidé d’interrompre ou de retarder, durant un certain laps de temps, ses études ou son emploi afin d’assouvir son désir de voyager.

Les origines du gap travel remontent à la fin des années 1940 alors que, dans la période de l’après-guerre, on voyait d’un bon oeil que les jeunes partent explorer la planète dans l’objectif de s’ouvrir aux différentes cultures et d’améliorer les chances de paix mondiale. Ce n’est toutefois qu’à la fin des années 1990 que l’idée de voyager à l’aube de l’entrée à l’université s’est répandue.

Trois segments distincts

Plus récemment, le concept du gap travel s’est étendu à d’autres groupes d’âge, à commencer par les individus au coeur de leur vie professionnelle. On observe en effet de nombreuses réorientations de carrière qui fournissent l’occasion à ces gens de prendre une pause entre deux emplois. De plus, il existe aujourd’hui une meilleure acceptation de la part des milieux éducatif et professionnel, ce qui contribue à créer un contexte favorable à ce type de voyages.  

On observe également un nombre croissant de personnes plus âgées qui profitent d’une bonne santé, tant financière que corporelle, pour partir à la découverte de nouvelles contrées. Plusieurs des voyageurs de cette catégorie sont des backpackers de la première heure et constituent une cohorte de voyageurs expérimentés.

Les trois catégories de gap travellers se résument comme suit:

  • Les jeunes à la porte de l’université qui voyagent une fois la période du secondaire ou du collégial complétée.
  • Les travailleurs qui décident de prendre une pause dans leur carrière professionnelle pour voyager.
  • Les retraités qui, souvent, ont terminé leur carrière principale avant l’âge obligatoire de la retraite et souhaitent voyager avant d’amorcer leurs activités post-retraite (petit boulot à temps partiel, bénévolat, etc.).

Taille et provenance du marché

Le marché du gap year travel est composé à plus de 90% de voyageurs indépendants qui organisent eux-mêmes leur périple. La firme de recherche britannique Mintel estime à plus de 10 milliards CAD les dépenses annuelles mondiales effectuées par les gap travellers. Ces derniers réalisent de 1 à 1,5 million de voyages annuellement. Le Royaume-Uni représente, et de loin, le marché le plus important, générant à lui seul des dépenses d’environ 5 milliards CAD.

En dépit du fait que les dépenses quotidiennes de ces voyageurs demeurent relativement faibles, la durée de leur séjour fait en sorte que la contribution économique de chaque voyageur s’avère très élevée. En moyenne, les gap travellers dépensent 10 000 CAD par voyage. Ce sont les voyageurs en pause de carrière professionnelle qui y allouent les plus importants budgets, environ 16 000 CAD par voyage. Les gap travellers en provenance du Royaume-Uni représentent seulement 1% des départs internationaux du marché britannique, mais environ 10% des dépenses.

Le marché des jeunes est dominé par la clientèle anglo-saxonne provenant principalement du Royaume-Uni, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l’Afrique du Sud. On estime à 230 000 le nombre d’étudiants britanniques âgés de 18 à 24 ans qui effectuent ce type de voyage. Les pays scandinaves, le Canada et l’Irlande constituent aussi des bassins de clientèle à considérer. On trouve aux États-Unis un segment de jeunes qui étudient au Royaume-Uni et qui effectuent quelques voyages à l’intérieur du Vieux Continent entre les sessions. Mais, contrairement à d’autres nationalités comme les Britanniques, le marché américain est moins porté à entreprendre des voyages autour du monde.

Quant aux gap travellers britanniques de mi-carrière, on en recense 90 000 comparativement à 200 000 en situation d’après-carrière.

Choix des destinations

L’Australie et la Nouvelle-Zélande constituent les deux pays par excellence pour ce type de projet, particulièrement auprès des Européens. Plusieurs critères influencent la popularité d’une destination auprès des «gap travellers», notamment la sécurité, les exigences de visas, le coût de la vie, les possibilités d’emploi. L’Australie exploite d’ailleurs son statut particulier de destination éloignée de rêve et renforce son avantage concurrentiel auprès de ce marché avec des campagnes promotionnelles soutenues (voir photo). En 2005, le gouvernement australien a alloué un budget de six millions CAD pour promouvoir à l’étranger les vertus de son offre de visa de travail-vacances, afin d’attirer les gap travellers et il a même étendu la période de séjour permise de un à deux ans.  

L’Asie est également prisée par ces voyageurs en raison de la richesse de l’expérience culturelle qu’elle procure et du faible coût de la vie qu’ils y trouvent. Les pays incontournables qu’ils explorent pour le plaisir sont l’Inde, la Thaïlande, la Malaisie, le Viêt Nam et l’Indonésie. Ils se tournent aussi vers le Japon, mais davantage pour y trouver du travail.

L’Amérique du Sud et le Pacifique Sud, avec le Brésil et Fidji en tête de liste, sont aussi de plus en plus populaires. Finalement, l’Afrique attire pour sa part un grand nombre de travailleurs humanitaires avec son concert d’organisations internationales spécialisées.  

Et le Québec?

Comme les règles d’accueil des visiteurs internationaux relèvent du palier fédéral, le gouvernement canadien joue un rôle primordial pour attirer ce créneau de voyageurs. Affaires étrangères et Commerce international Canada offrent le Programme vacances-travail. Ce dernier propose aux résidants de 13 pays admissibles (Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Corée du Sud, Finlande, France, Irlande, Japon, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni) de voyager au Canada tout en ayant la possibilité d’occuper un emploi pendant une courte période afin de gagner un peu d’argent supplémentaire pour assurer les frais de voyages. La période maximale de séjour en vertu de ce visa est de 12 mois. Malheureusement, les États-Unis ne font pas partie de cette entente.

Du côté des initiatives régionales, Tremblant constitue un bel exemple de réussite dans ce segment de marché. L’organisation Ski le Gap a été créée en 1994. Elle cible spécifiquement les skieurs britanniques qui recherchent une formation intensive de ski alpin ou de planche à neige (voir photo). On leur propose de vivre une expérience incomparable à l’occasion de leur gap year et d’acquérir plusieurs niveaux de certification. De plus, cela permet à la destination de ski de compter sur un bassin additionnel d’instructeurs qualifiés, enjeu important pour le secteur.

Il existe une multitude de déclinaisons à exploiter pour attirer cette catégorie de clientèle dont le comportement de voyage n’a certes rien d’habituel. De nouvelles facettes méritent peut-être d’être exploitées afin de favoriser d’autres rapprochements naturels à l’instar des jeunes skieurs britanniques à la recherche d’expériences de ski. Par exemple, la France ne pourrait-elle pas s’avérer un marché prometteur pour le Québec pour certains créneaux spécifiques? Les grands espaces demeurent toujours un élément de rêve qui peut facilement être jumelé à un contexte de vacances-travail, dans le tourisme de plein air et d’aventure notamment.

Cousins français, une année sabbatique au Québec ça vous dirait?

Voir aussi

Gap Australia
Ski le gap.com
Gap-year

Sources:
– e-tid. «Brazil «Develops as Gap Year Destination», 11 juillet 2006.
– Hide, Will et Tom Chesshyre. «The Trip of a Lifetime Starts Here», The Times [travel.timesonline.co.uk], 17 juin 2006.
– Hotel News Resource. «Gap Travel – Emerging Niche Market with 1 Million to 1.5 Million Trips Per Year», 21 février 2006.
– Mintel International Group. «Gap Year Travel International», Travel & Tourism Analyst, No. 12, juillet 2005.
– Wignall, Alice. «Time Out», The Guardian [travel.guardian.co.uk], 19 août 2004.

Catégories
Faits et chiffres Marchés géographiques

Saviez-vous que… les statistiques nous réservent des surprises?

Tout le monde, gens de l’industrie, autorités gouvernementales, universitaires, journalistes et autres, s’appuie sur les statistiques de l’Organisation mondiale du tourisme et de Statistique Canada et véhicule leurs données. Mais, attention! Quand on fouille ces statistiques, on y trouve des surprises. Sans entrer dans toutes les considérations méthodologiques, voici quelques exemples de la face cachée de la lune!

Le Canada ne fait plus partie du Top ten mondial des destinations de l’OMT, mais saviez-vous que…

En matière de statistiques touristiques produites par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), les méthodes de collecte des données diffèrent d’un pays à l’autre?

Certains pays produisent leurs données en comptabilisant les touristes seulement, d’autres incluent les touristes et les excursionnistes et certains vont même jusqu’à compter un touriste plusieurs fois lors de son séjour, car ils le calculent chaque fois qu’il fréquente un hébergement différent (voir tableau).

Si tous les pays disposaient d’une méthode de collecte de données uniforme, l’établissement du «célèbre» classement mondial de l’OMT serait tout autre et le Canada pourrait reprendre du galon:

  • Occupant actuellement la 11e place au classement, le Canada comptabilise ses statistiques selon la méthode TF (voir tableau), soit en comptant seulement les touristes internationaux aux frontières.
  • Le Royaume-Uni et Hong Kong, respectivement 6e et 7e au classement, incluent les touristes et les excursionnistes dans leurs chiffres (méthode VF).
  • Si le Canada appliquait la même méthode de calcul (touristes + excursionnistes) que le Royaume-Uni (27,7 millions) et Hong Kong (21,8 millions) et qu’il ajoutait aux quelque 19 millions d’arrivées internationales en 2004 les 17,8 millions d’excursionnistes qui sont venus en automobile, le Canada les surpasserait au classement.
  • L’Allemagne et l’Autriche, qui occupent les 9e et 10e rangs, présentent leurs données selon la méthode TCE, ce qui signifie que si un touriste fréquente quatre établissements lors de son séjour, il sera comptabilisé quatre fois.

Les recettes touristiques s’expriment en devises de toutes sortes
dollar US, euro, dollar australien, yen japonais et autres –
mais saviez-vous que…

Les statistiques des recettes touristiques internationales de l’OMT s’expriment en dollars US et en devises locales à prix constants?

Les recettes touristiques (yen, pesos, euros, etc.) converties en dollars US permettent d’analyser les chiffres sur une base comparative et ainsi d’établir un classement mondial alors que l’expression des recettes en monnaies locales à prix constants neutralise l’effet des variations des taux de change et de l’inflation.

En effet, l’essor du taux de change d’une devise par rapport au dollar américain fait gonfler les recettes touristiques lorsqu’elles sont converties en dollars américains. À titre d’exemple, la variation des recettes de l’Espagne de 2003 à 2004 représente une augmentation 14,1% quand elle est exprimée en dollars américains, alors qu’elle n’est que de 3,8% en euros (monnaie locale). Idem pour l’Australie où, en 2004, la croissance des recettes converties en dollars américains s’établit à 25,5%, et elle se chiffre à seulement 10,7% en dollars australiens.

Saviez-vous aussi que… la comptabilisation des recettes touristiques internationales inclut les revenus générés par les touristes et par les excursionnistes?

On veut tous connaître les activités pratiquées par les touristes, mais saviez-vous que…

Statistique Canada a développé une méthode particulière pour établir combien de personnes ont pratiqué une activité lors de leurs voyages, et qu’elle les comptabilise différemment dans l’Enquête sur les voyageurs canadiens (EVC) et l’Enquête sur les voyageurs internationaux (EVI)?

Prenons, par exemple, trois personnes qui voyagent ensemble. Lors de leur séjour, une de ces personnes a couru les magasins alors que les deux autres ont joué au golf:

  • EVI – Peu importe la personne du groupe qui répond au questionnaire, Statistique Canada comptabilisera 3 personnes à l’activité magasinage et 3 personnes à l’activité golf.
  • EVC – Si la personne qui complète le questionnaire est celle qui a magasiné, Statistique Canada comptabilisera 3 personnes à l’activité magasinage et 0 à l’activité golf.
  • EVC – Si la personne qui répond au questionnaire est celle qui a joué au golf, Statistique Canada comptabilisera 3 personnes à l’activité golf et 0 à l’activité magasinage.

Un voyageur solo est, par définition, une personne qui voyage seule, mais saviez-vous que…

Statistique Canada donne une définition très différente du voyageur solo?

Pour l’EVC, une personne est considérée comme «voyageant seule» si elle n’est pas accompagnée d’une personne qui fait partie du même ménage qu’elle (lire aussi: Le voyage solo en vogue). Ainsi, une personne voyage seule même si:

  • elle est accompagnée d’une personne (mère, fille, frère, etc.) qui ne vit pas sous le même toit qu’elle;
  • elle effectue un voyage avec des amis;
  • elle prend part à un voyage de groupe.

Pour l’EVI, la méthode est différente. Une personne voyage seule si elle n’est pas en mesure de donner de l’information sur les dépenses et les activités des personnes qui l’accompagnent ou si elle fait partie d’un groupe de voyage.

Saviez-vous aussi que… à partir de 2005, l’EVC est remplacé par l’Enquête des voyages des résidants du Canada et que la même définition d’une personne voyageant seule est utilisée?

Après ces constatations, on ne regarde plus les statistiques de la même manière

Lorsque le Top Ten de l’OMT est publié, les données font le tour de la planète, mais jamais on ne fait mention des différences de comptabilisation. Évidemment, il faut comprendre que plusieurs contraintes obligent les statisticiens à faire des tours de force pour réussir à récolter de l’information. Toutefois, la compréhension de la méthodologie jette un tout autre éclairage sur le dédale des statistiques et sur la façon de les interpréter!

Sources:
– Organisation mondiale du tourisme. [http://www.world-tourism.org/facts/menu.html].
– Statistique Canada. Formulaire Enquête sur les voyageurs canadiens.
– Statistique Canada. Formulaire Enquête sur les voyageurs internationaux.
– Statistique Canada. «Voyages internationaux __ Renseignements préliminaires», vol. 20, no 12, février 2005.

Catégories
Segments de clientèles Tendances

Le voyage solo en vogue

Comme on le sait, les gens se marient de moins en moins et, lorsqu’ils font le grand saut, la tendance est aux unions tardives. Par ailleurs, on assiste à une augmentation du nombre de divorces et du nombre de personnes vivant seules, souvent veuves. De tels changements dans le paysage démographique modifient la donne quant à la demande touristique. La proportion des personnes voyageant seules ne cesse de croître, comme en témoignent les résultats d’études récentes.

Les voyages comme remède à la solitude

Selon une enquête réalisée en 2005 par l’éditeur des publications touristiques Fodor, le segment des voyageurs solos devient de plus en plus important. Environ 40% des adultes américains ont effectué un voyage d’agrément de deux nuits et plus en solitaire au cours des trois dernières années. En 2001, le US Travel Data Center évaluait ce marché à 16 millions de personnes, soit 22% des voyageurs américains.

La majorité des gens interrogés perçoivent des avantages à voyager seuls, surtout en termes de flexibilité et de liberté. De plus, 71% estiment qu’il s’agit d’une façon agréable de faire de nouvelles rencontres. Néanmoins, 44% des Américains entretiennent un préjugé défavorable envers les voyageurs solos, particulièrement à l’endroit des femmes (55%).

Même son de cloche du côté du marché britannique, alors que les célibataires – toujours en nombre croissant – représentent désormais une cible importante pour les professionnels du tourisme. Certains voyagistes britanniques comme Solo Holidays, Friendship Travel ou Saga ciblent spécifiquement ce créneau. Solo Holidays par exemple, qui vend des vacances à environ 20 000 personnes seules par année, a constaté une importante progression de la demande pour ce type de voyages depuis trois ans. Saga, pour sa part, propose plus particulièrement des séjours sans suppléments individuels pour les personnes âgées de 50 ans et plus.

Le nombre de foyers composés d’une seule personne est en forte augmentation en Grande-Bretagne. Ils étaient estimés à 6,3 millions en 2001, soit environ 30% des foyers britanniques, et ils devraient atteindre les 8,5 millions d’ici 2021.

Scénario similaire au Québec

Les Québécois voyageant en solitaire génèrent plus de 31% des visites-personnes du tourisme d’agrément au Québec. Précisons toutefois que, selon la définition de Statistique Canada, une personne voyage seule lorsque les autres membres qui font partie du même ménage ne l’accompagnent pas. C’est donc dire qu’un individu prenant part à un voyage de groupe organisé est comptabilisé comme un voyageur solo.

Le phénomène des voyages solos n’est guère étonnant si l’on considère que, d’après le dernier recensement de Statistique Canada réalisé en 2001, environ 53% des Québécois sont célibataires, séparés, divorcés ou veufs. Et la situation ira en s’amplifiant alors que le Québec verra la composition moyenne de ses ménages passer de 2,43 personnes en 2001 à 2,10 personnes en 2035 (graphique 1). 

Par ailleurs, une analyse de la composition des ménages québécois qui voyagent au Québec indique qu’elle s’apparente sensiblement à celle de la population. En effet, près de la moitié des voyages d’agrément d’une nuit et plus sont effectués par des personnes célibataires, veuves, séparées ou divorcées (graphique 2).

Que recherchent-ils?

Les célibataires ont tendance à adopter une vie sociale plus active que les autres. Ce sont souvent des personnes indépendantes, aux revenus relativement importants et prêtes à dépenser beaucoup pour se faire plaisir. En général, les destinations urbaines et les séjours actifs obtiennent la cote des voyageurs solos grâce à la variété de l’animation et aux rencontres potentielles qu’ils offrent. Ce segment de clientèle s’intéresse également aux croisières, aux spas et aux produits liés à la remise en forme et aux soins de beauté.

Doit-on s’adapter?

Fait intéressant, plusieurs hôteliers ont remarqué que les voyageurs solos constituent une clientèle qui dépense beaucoup lors de ses séjours. L’offre touristique n’est cependant pas toujours adaptée à leurs attentes. Par exemple, ces derniers doivent habituellement défrayer un important supplément pour des forfaits avec occupation simple des chambres. Plusieurs grossistes n’affichent qu’une grille tarifaire applicable à une occupation double. D’autres indiquent clairement les suppléments pour les occupations simples.

Ces pratiques traditionnelles s’avèrent très impopulaires auprès des voyageurs solos. Elles sont aujourd’hui remises en question en raison de l’évolution de la demande. Selon certains experts, les professionnels du voyage devront adapter leur offre. Des grossistes européens tels Thomson Holidays et Thomas Cook ont déjà adopté des initiatives pour courtiser le créneau du voyageur solo. En effet, pendant une période d’essai, ils ont aboli les suppléments individuels sur certaines destinations. Comme les résultats se sont avérés positifs, on peut s’attendre à ce que d’autres intervenants emboîtent le pas. Un service de jumelage pour certains types de prestations (ex.: croisières) représente une alternative intéressante.

Dans la plupart des hôtels, le prix d’une chambre non incluse dans un forfait demeure souvent le même, que la chambre soit occupée par une ou deux personnes. Certains établissements exigent un léger supplément pour la deuxième personne.

Les intervenants désireux de cibler cette clientèle doivent prendre en considération que la perspective de manger seul en voyage représente l’aspect le plus difficile à envisager. Pourquoi alors ne pas proposer aux voyageurs des formules comprenant une certaine forme d’animation durant les repas pour pallier cet irritant? Dans les restaurants, l’installation, face à la cuisine, de bars à dîners constitue aussi une approche intéressante, moins intimidante (photo).
 
L’important consiste à transmettre l’idée que les gens seuls auront, s’ils le désirent, l’occasion de se divertir. Comme le fait de voyager seul peut également entraîner des préoccupations relatives à la sécurité, des messages rassurants de la part des destinations pourraient s’avérer appropriés. Pour plusieurs personnes seules, le voyage en groupe demeure la meilleure option.

Le marché évolue constamment et l’industrie touristique doit demeurer attentive aux besoins de la clientèle de plus en plus exigente et adapter ses produits en conséquence. Elle devra notamment tenir compte des changements démographiques qui s’observent dans la plupart des pays industrialisés et qui se traduisent par un plus grand nombre de personnes vivant seules. Inévitablement, cette tendance se reflète dans les habitudes des voyageurs, puisqu’un nombre croissant d’entre eux se déplace seul.

Sources:
– Bauer, Ana. «L’individualisation des sensibilités et des comportements: impacts touristiques», Direction du Tourisme de France, mars 2005.
– D’Orgeval, Alice. «Les solos dans la cible des TO», L’Écho Touristique, 9 janvier 2004.
– Hatcher, Thurston. «Solo Travelers Relish Going it Alone», CNN [http://www.cnn.com/], 30 avril 2001.
– HotelMarketing.com. «Study: Traveling Solo Is a Popular Trend», 4 mars 2005.
– Maison de la France. «Les célibataires: une niche de marché à exploiter», Infos Veille UK, 16 mai 2005.
– Institut de la statistique du Québec. «Statistique Canada, Recensement de 2001», [http://www.stat.gouv.qc.ca/], 20 janvier 2003.
Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des Canadiens», 2003.

Catégories
Produits et activités

Le tourisme d’apprentissage fait ses classes dans une multitude de domaines

Longtemps associé au traditionnel cours de langue à l’étranger, le tourisme d’apprentissage offre maintenant de multiples activités à ceux qui veulent apprendre tout en voyageant. La Commission canadienne du tourisme s’est penchée sur ce phénomène.

Une combinaison d’éducation, d’interaction, de stimulation, de recherche d’authenticité et d’expérience caractérise le tourisme d’apprentissage. Le produit est typiquement offert à un petit groupe ou individuellement afin de maximiser la qualité de l’expérience.

Découvrir le mode de vie des autochtones, suivre un atelier de peinture, apprendre mille et un trucs horticoles, parcourir les rues d’une ville à la découverte du passé, assister à la répétition d’une pièce de théâtre et échanger avec les artistes, s’initier à la culture de la vigne et la fabrication du vin, cuisiner les poissons et fruits de mer, tout savoir sur les baleines, passer une journée en compagnie d’un pêcheur afin de se familiariser avec son métier et son mode de vie, découvrir la paléontologie, voilà autant d’activités qui attestent la diversité de ce type de tourisme.

Les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie sont des destinations réputées sur le marché des vacances éducatives. On retrouve aux États-Unis la plus grande concentration d’intervenants majeurs d’envergure internationale (Smithsonian Associates, Saga Holidays, Academics Abroad, Elderhostel, National Geographic Expeditions, Sierra Club). Comparées à celles qui sont offertes chez nos voisins du Sud, les vacances éducatives au Canada sont plutôt au stade embryonnaire.

Les amateurs de vacances éducatives

Le marché des vacances éducatives vise principalement:

  • les adultes d’âge moyen, d’âge mûr et de l’âge d’or, car cette clientèle dispose de plus de temps pour voyager et elle peut se permettre d’étudier pour le plaisir – la proportion de la population correspondant à ce profil est en croissance;
  • les associations et les groupes d’affinités qui recherchent des expériences d’apprentissage en lien avec leur champ d’intérêt;
  • les plus jeunes baby-boomers qui considèrent souvent les vacances éducatives en famille comme un investissement contribuant à l’éducation des enfants;
  • les personnes voyageant seules, qui forment un segment moins homogène, mais qui sont tout aussi intéressées à ce type d’activités.

De plus en plus de touristes en quête d’apprentissage recherchent des expériences uniques en leur genre, authentiques, novatrices ou simplement «qu’on ne vit qu’une seule fois». Cette clientèle présente les profils suivants:

  • des adultes instruits, en bonne santé, dotés d’une sécurité financière et avides de connaître le monde;
  • des adultes bien informés, qui s’expriment avec aisance et cherchent à vivre des expériences authentiques, animées par des professionnels;
  • des adultes disposés à payer le prix demandé; leur perception de la qualité et de l’authenticité des activités et des destinations devient un facteur prédominant dans leurs décisions d’achat.

Elderhostel a effectué, auprès de clients nord-américains ayant participé à des programmes se déroulant au Canada, un sondage qui a fait ressortir quatre grands types d’amateurs de vacances éducatives:

  • Les «explorateurs» qui recherchent des programmes leur permettant d’explorer une nouvelle partie du monde (région à proximité ou éloignée) afin d’en découvrir les us et coutumes, la géographie et l’histoire.
  • Les «voyageurs actifs», amants de la nature et soucieux d’environnement, qui privilégient les programmes se déroulant en plein air.
  • Les «amateurs de contenu» qui ont un intérêt marqué pour un sujet particulier (ex. généalogie, photographie).
  • Les «voyageurs recherchant la commodité», qui s’intéressent aux programmes offerts à proximité de leur domicile – des destinations qu’ils peuvent atteindre en une journée de conduite automobile.

«N’essayez pas de vendre le Canada, vendez plutôt les découvertes que l’on peut y faire!»

Les thèmes les plus populaires présentés dans le tableau suivant ont été répertoriés lors d’entrevues menées auprès de planificateurs de voyages et de voyagistes réunis à la conférence Non-Profits in Travel (NPT – aujourd’hui appelée Educational Travel Conference), tenue à Washington en février 2000. À ces thèmes, on peut ajouter les voyages linguistiques.

Une étude menée en 1999 auprès des acheteurs participants à la bourse touristique Rendez-Vous Canada (RVC) rapporte que:

  • 33% des  participants américains et 20% des participants originaires d’Asie-Pacifique souhaitent avoir accès à plus de forfaits éducatifs;
  • 39% des participants de la région Asie-Pacifique préfèrent les forfaits spécialisés haut de gamme, tout comme 29% des participants des États-Unis et 22% de ceux provenant du Royaume-Uni et de l’Europe.

Une multiplicité d’intervenants

De multiples entreprises et organismes participent au développement des expériences touristiques éducatives. La figure suivante présente les intervenants engagés dans cette dynamique. Les fournisseurs effectuent un réseautage différent selon qu’ils s’adressent au voyageur autonome ou à un groupe d’affinités.

Des initiatives heureuses au Québec

S.N. Tourisme culturel s’est fixé pour objectif «d’amener les visiteurs d’ici et d’ailleurs à découvrir et à partager les richesses culturelles, patrimoniales et artistiques du Québec». En partenariat avec Excursion Nouvelle-France (ENF Canada), l’entreprise a produit une brochure couleur d’une trentaine de pages, A True Learning Travel Destination, destinée aux professionnels du voyage dans le créneau des vacances éducatives. Deux types de produits complémentaires y sont combinés: nature et culture. Cette brochure a été lancée à Washington en février 2004 lors de l’Educational Travel Conference, qui regroupait des spécialistes de tous les continents. Elle sera traduite en français en 2005 afin de courtiser l’Europe.

Dans les Cantons-de-l’Est, Imagine Bromont, une institution à but non lucratif issue du partenariat entre plusieurs entreprises et organismes réputés dans leur domaine respectif, propose aux jeunes et aux adultes une expérience d’apprentissage dans trois disciplines: gastronomie, golf et équitation. Au cours du séjour qui dure une semaine, les participants reçoivent, selon le thème choisi, une formation spécialisée prodiguée par des professionnels renommés.

Le concept, qui peut prendre la forme d’un forfait vacances jeunesse, consiste à concilier le plaisir d’apprendre au développement d’habiletés personnelles, à l’intérieur d’un séjour d’agrément bien structuré sur le plan des activités proposées. L’Office de tourisme Granby-Bromont, le Domaine hôtelier Château Bromont, l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, l’Association des golfeurs professionnels du Québec, le Centre Inter-golf, ainsi que le Centre équestre de Bromont, agissent comme partenaires. 

Le tourisme d’apprentissage s’ouvre sur un rayon très large d’activités et laisse place à la créativité pour offrir des produits «nouveau genre», afin de s’établir en force sur ce marché. Bâtir une expérience de qualité dans ce domaine exige la collaboration de plusieurs intervenants et aucune composante ne doit être négligée.

Sources:
– Cazelais, Normand. «Voyages: Tourisme distinct», Le Devoir, 24 avril 2004, p. D14.
– Commission canadienne du tourisme. «Tourisme d’apprentissage – Vacances, aventures et séjours éducatifs au Canada : un aperçu», vol. 1, avril 2001.

Sur le Web:
Learning & Enrichment Travel Alliance  [www.letacanada.com]
Routes to learning Canada [www.routestolearning.ca]
SN Tourisme culturel [www.sntourismeculturel.com]