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Les glissades sur tube ont la cote

Les sports de glisse ne se limitent plus au ski alpin et à la planche à neige. Les glissades sur tube gagnent de nombreux adeptes et quantité de stations de ski et d’autres parcs spécialisés ont investi massivement au cours des dernières années afin de se doter d’installations qui permettent la pratique de la glissade sur tube. Déjà offerte par la moitié des domaines skiables américains, cette activité, qui génère déjà en moyenne quelque 22 000 visites annuellement par station, est en voie de devenir un produit vedette.

Une activité universelle

L’une des raisons expliquant l’intérêt pour la glissade sur tube est son accessibilité à tous. Les gens qui n’affichent pas une bonne forme physique peuvent utiliser un remonte-pente ou un tapis roulant pour la remontée et de s’asseoir sur une chambre à air pour glisser. Même les personnes à capacité physique très restreinte (ex.: paraplégiques) peuvent s’y adonner. Selon un sondage américain réalisé par Kottke, l’âge de la clientèle se répartit comme suit:

  • 31% d’enfants de 12 ans et moins,
  • 35% de jeunes de 13 à 17 ans,
  • 34% d’adultes.

D’un simple couloir pour la descente sur chambre à air à de larges bandes de plus de huit mètres de largeur qui permettent de faire descendre simultanément une vingtaine de tubes, la conception des installations se diversifie. Les bateaux pneumatiques de type rafting s’ajoutent aux produits disponibles. La longueur et l’inclinaison varient aussi beaucoup, certaines pistes permettant d’atteindre des vitesses de plus de 60 km/h.

De l’argent neuf pour les stations de ski

Il y a 15 ans, l’attrait pour la planche à neige a donné un second souffle à l’industrie du ski et a permis de renouveler significativement le bassin de clientèles. La même histoire est en train de se répéter avec la popularité grandissante des glissades sur tube.

Pour plusieurs centres de ski, l’ajout d’équipements de glissade sur tube a diversifié les sources de revenus et ajouté à la rentabilité de l’entreprise. Beaucoup plus que de modestes collines, les pentes dédiées à ces glissades sont aménagées, à l’image des autres sports de glisse, sur de nouveaux flancs de montagnes à forte inclinaison. Les corridors de glisse peuvent atteindre plus de 400 mètres de long.

Dans bien des cas, la portion de la montagne où l’on trouve les glissades est dotée de son propre chalet, d’une entrée et d’un stationnement indépendants. L’équipement de fabrication de la neige est souvent la seule infrastructure partagée.

Cela permet aux stations de ski qui prennent la décision d’investir dans ce type d’installations d’offrir à leur clientèle un excellent complément. Les skieurs et les planchistes emmènent souvent des adeptes de la glissade avec eux. Sans compter que plusieurs skieurs désirent pratiquer les deux activités. Les sessions de glisse se vendent habituellement par bloc de 60 minutes ou de 120 minutes.

L’autre avantage pour les centres de ski vient du fait que la clientèle des tubes n’a souvent pas l’intention de skier. Sauf que la vision d’une montagne bien enneigée peut devenir un stimulant pour revenir pratiquer d’autres activités de glisse. La clientèle de la glissade constitue donc un terreau fertile de futurs skieurs.

La fièvre américaine

Les dirigeants de plusieurs stations de ski aux États-Unis sont enthousiasmés de l’engouement généré par l’introduction d’équipements dédiés à la glissade sur tube, d’autant plus que ces investissements se traduisent dans la majorité des cas par une rentabilité bien sentie sur le plan de l’exploitation.

Environ la moitié des stations de ski américaines offrent désormais la glissade sur tube. Celle-ci est d’ailleurs considérée comme l’une des activités hivernales qui affichent la plus forte croissance aux États-Unis. Dans un contexte où la neige se fait de plus en plus rare dans la cour arrière des résidences, de tels parcs enneigés continueront d’avoir la cote.


Prenons par exemple le cas du Massanutten Resort, un centre de villégiature quatre-saisons situé dans l’État de la Virginie. En 1998, l’entreprise a ajouté à ses installations un parc à tubes comprenant cinq corridors de glisse de 300 mètres de long. Devant l’immense popularité de l’activité, neuf autres tracés ont été aménagés et un tapis roulant a aussi été ajouté. En dépit d’une plus grande capacité d’accueil, l’établissement enregistre annuellement de 35 à 40 jours d’exploitation à pleine capacité, et le parc à tubes, plus de 65 000 visites annuellement, soit le tiers de l’achalandage généré par la montagne en hiver.

Du côté de la station Perfect North Slopes, située en banlieue de Cincinnati, le succès de l’inauguration des glissades sur tube s’est fait sentir dès la première année de service (2001) avec 35 000 visites. Grâce à de nouveaux investissements qui ont fait passer le nombre de pistes à 25, les dirigeants s’attendent à recevoir cette année plus de 100 000 visites.

Quelques chiffres aux États-Unis

La répartition des parcs à tubes est très inégale chez nos voisins du Sud. Présents marginalement dans certains resorts, ils occupent une place prépondérante de l’activité hivernale dans d’autres. L’étude de la National Ski Areas Association présente un portrait de l’évolution de l’achalandage moyen dans les parcs à tubes des stations de ski (graphique 1). C’est dans le Sud-Est que les stations affichent en moyenne le plus grand nombre de visites pour les glissades sur tube annuellement, soit 35 000. Les régions du Centre (Midwest) et des Rocheuses sont celles qui ont connu des hausses au cours des dernières années. Évidemment, cela n’indique pas la progression du nombre total de visites puisque nous ne connaissons pas l’évolution de l’ensemble de l’offre.


C’est dans la région du Centre que l’apport de la glissade sur tube est la plus importante, comparativement au ski, alors qu’elle a compté pour un ratio de 25% par rapport au total des jours/ski de la saison 2005-2006. Dans l’ensemble du pays, la proportion de cette contribution se chiffre à 6,2%.

Encore loin du potentiel?

Au Québec, les données contenues dans l’Étude économique et financière des stations de ski du Québec indiquent que le potentiel de la glissade sur tube semble loin d’être atteint. Une trentaine de stations offrent actuellement la glissade sur tube, soit des revenus totaux de plus d’un million de dollars. L’apport de cette activité demeure ainsi encore très marginal pour l’industrie du ski au Québec, représentant moins de 1% des revenus de l’ensemble des stations de ski.

À première vue, si l’on compare ces données avec celles des États-Unis où le nombre de visites de glissade compte pour plus de 6% du total national des jours-ski, cela permet d’envisager un potentiel de croissance. Il s’avère toutefois difficile de quantifier l’achalandage global à l’échelle du Québec, puisque plusieurs régions se sont dotées d’installations qui ne figurent pas parmi les opérations d’un centre de ski.

On peut toutefois supposer que la part du lion revient très certainement aux parcs spécialisés dans la glissade. Une importante partie de l’achalandage est généré par trois joueurs majeurs qui ont beaucoup investi dans ce créneau de marché: le Village Vacances Valcartier, la Pente des Pays d’en Haut et les Super Glissades de Saint-Jean-de-Matha.

Voir aussi

Massanutten
Perfect North Slopes
Valcartier
Glissade
Glissade St-Jean-de-Matha

Sources:
– ASSQ, Michel Archambault, Kate Germain et Jean Morin. Étude économique et financière des stations de ski du Québec – Saison 2005-2006, novembre 2006.
– Lomax, Becky. Tubin’ USA, NSAA Journal, février-mars 2007.
– RRC Associates. Kottke National End of Season Survey 2005/06, National Ski Areas Association, mai 2006.
– Wolleson, Nate. Snow Trails to Add New Tubing Park, Snow Trails [www.snowtrails.com], août 2006

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Hébergement Segments de clientèles

Quand des hôtels se transforment en garderie

Certains trouveront cette idée brillante, d’autres s’en offusqueront et on peut les comprendre, mais force est d’admettre qu’une fois de plus l’innovation est au rendez-vous pour tenter de séduire de nouveaux créneaux de clientèle. Des gestionnaires hôteliers ont mis en oeuvre une stratégie visant à courtiser les parents de jeunes enfants. L’objectif: créer un environnement parfaitement adapté à leur réalité en allant jusqu’à proposer un concept d’hôtel-garderie.

Station repos pour la famille

Souhaitant exploiter le créneau des jeunes familles, Baby Hotel se targue d’être le premier hôtel en Europe qui se consacre spécifiquement aux bébés et aux enfants. Situé dans la région de Carinthie en Autriche, cet établissement se positionne comme un «hôtel familial bien-être» avec un encadrement sur mesure pour les tout-petits. Ce sont des vacances idéales que l’on tente de vendre aux parents et c’est en leur proposant un service de garde complet que l’on compte les convaincre.

L’hôtel emploie huit gardiennes d’enfants qui acceptent les poupons dès l’âge de sept jours. Les lieux sont conçus à l’image des garderies institutionnelles telles qu’on les connaît au Québec, mais avec encore davantage de services. Parmi les activités et les divertissements offerts aux jeunes, on trouve: ateliers, parc de jeux, ferme, pistes de courses, théâtre et cinéma, terrain d’indiens (vaste terrain d’aventure), piscine, sessions de massage, etc.

La programmation est de nature hybride: pendant que les enfants se font «organiser», on propose aux parents des activités sportives et d’animation ainsi que des séances liées au confort et au bien-être. D’ailleurs, pour rassurer les parents, les 34 appartements et suites familiales sont équipés d’un performant système de télésurveillance. Le service de garde est disponible à tous les jours de 9h00 à 17h00 et de 18h30 à 20h30. À titre indicatif, le tarif pour une journée complète (sans compter le prix de la chambre) d’un enfant de moins de 4 ans est de 33 euros.

Au sens pur d’hôtel-garderie

L’hôtel Kinderinsel (qui signifie l’île aux enfants), situé à Berlin, constitue un deuxième exemple d’hôtel-garderie. Contrairement à l’exemple précédent, le service de garde est offert 24 heures et l’hébergement s’adresse uniquement aux enfants. On invite les résidants de la métropole, de même que les touristes, à venir y laisser leurs enfants âgés de 0 à 14 ans pour une période pouvant varier de quelques heures à plusieurs jours. Les chambres prennent la forme de petits dortoirs et chacun peut accueillir de trois à cinq enfants. Le tarif est calculé en fonction du nombre d’heures de pension. Pour un séjour de 100 heures par exemple, le prix par enfant est de 1300 euros.

Le personnel, composé d’éducateurs et d’artistes, prend en charge les enfants durant leur séjour en misant sur une animation diversifiée en plusieurs langues. Des sorties éducatives à l’extérieur (musées, studio de films, etc.) font également partie du programme. L’entreprise offre même un service de navette pour transporter les enfants jusqu’à l’hôtel.

À la suite du succès remporté par cet établissement berlinois, des franchises verront le jour à Munich, à Frankfort et à Hambourg. Un projet similaire est aussi attendu à Auckland en Nouvelle-Zélande.

Une initiative québécoise

Parmi les initiatives qui figurent dans la catégorie des expériences hôtelières dédiées aux jeunes enfants, mentionnons le forfait Party Pyjama proposé en 2005 par Loews Hôtel Vogue à Montréal. Bien qu’il n’en fasse plus la promotion, le Vogue continue néanmoins de recréer ce type d’expérience sur la base d’un produit sur mesure.

Ce genre de forfait est destiné aux parents qui désirent vivre avec leur famille l’expérience d’un grand hôtel. Ce sont toutefois les enfants qui reçoivent, dès leur arrivée à l’hôtel, toutes les attentions réservées aux clients privilégiés. Le forfait comprend une chambre luxueuse garnie de sacs de cadeaux pour les enfants, notamment des billets pour la Ronde ou le Biodôme. Les parents sont quant à eux installés dans une chambre adjacente à celle des enfants. Le coût de ce forfait est d’environ 500$ par nuitée.

Savoir écouter les enfants

Une entreprise sud-africaine a quant à elle franchit un pas de plus afin de s’assurer que son offre correspondait vraiment aux attentes de sa jeune clientèle. Les gestionnaires de Three Cities Hospitality Group ont constitué un comité de direction composé de 7 enfants âgés de 8 à 12 ans pour qu’ils partagent avec le groupe hôtelier leur propre perspective quant aux possibles améliorations à apporter. Accompagnés de leurs parents lors des visites des établissements, ces jeunes administrateurs sont traités comme des adultes et sont pourvus d’un téléphone cellulaire, d’une adresse électronique et de cartes d’affaires. Ils sont convoqués trois fois par année durant les congés scolaires et sont invités à formuler des critiques et à se prononcer sur des aspects liés à la nourriture, à l’hébergement, au confort et aux divertissements.

Joindre la publicité à l’utilité

Certains lieux comptent sur l’appui de partenaires commerciaux pour financer des aménagements à l’intention des jeunes familles. (Lire aussi: Quand bannières et marques se rencontrent!) C’est ce que l’on observe par exemple en Turquie où le fabriquant de couches Evy Baby met à la disposition de la clientèle d’une douzaine de centres Voir aussi

Baby Hôtel
Kinderinsel

Sources:
– Alaz, Özgür. «Babies & Brand Spaces», Springwise [www.springwise.com], 30 mai 2006.
– CNW. «Loews Hôtel Vogue lance son forfait Party Pyjama pour les enfants», 11 août 2005.
– Springwise. «Hotel Approach to Childcare», Springwise [www.springwise.com], 4 mai 2006.
– The Sunday Tribune. «Kids Show Hotels How It’s Done», [www.ehotelier.com], 22 novembre 2006.

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Segments de clientèles

Connaissez-vous les tweens? Vous devriez …

Un récent développement en termes de marketing amène la définition d’un nouveau segment de clientèle, soit les «tweens» ou préadolescents. Il s’agit de jeunes de 9 à 14 ans qui ne sont plus tout à fait des enfants, mais pas encore des adolescents. Ils représentent un marché fabuleux en raison de leur pouvoir d’achat surprenant et surtout de leur influence sur les décisions familiales sur tous les plans. Alors que les entreprises de produits ont compris le potentiel de ce marché, l’industrie touristique n’en est qu’à ses balbutiements. En fait, les tweens sont devenus un nouveau type de vacancier. Cela ne signifie pas la fin des voyages en famille, mais plutôt un changement de direction – la leur.

Qui sont les tweens?

«Tween» est un néologisme et un terme marketing qui désigne les préadolescents âgés de 9 à 14 ans. Balançant entre l’enfance et l’adolescence, ils jouent sur les deux tableaux.

Sur le terrain technologique, ils dépassent tout le monde: ils restent en ligne plus longtemps, ils adoptent et maîtrisent plus vite les nouvelles technologies que les adultes et participent à une plus grande variété d’activités en ligne. Au Canada, 85% des tweens ont accès à un ordinateur, 82% à une console de jeux vidéos, 25% à un iPod ou un lecteur MP3 et 16% ont un cellulaire (26% chez les 12 à 14 ans).

Leur médium préféré est encore la télévision (50%), mais 27% des 9 à 14 ans aux États-Unis la regardent sur Internet. Le graphique 1 présente leurs activités en ligne préférées.

Quel est leur pouvoir d’achat et leur influence sur les décisions familiales?

Les dépenses des tweens ont doublé à chaque décennie depuis les 30 dernières années. Aujourd’hui, ce segment contrôle ou influence environ 260 milliards USD aux États-Unis par leur argent de poche ou par l’influence qu’ils ont sur les décisions d’achat de leurs parents. Selon l’étude BRANDchild (réalisée par l’institut Millward Brown auprès de 2000 jeunes de 9 à 14 ans dans plusieurs pays), les tweens influencent 80% des marques achetées par les parents.

Au Canada en 2005, il y a environ 2,5 millions de tweens et leur revenu annuel moyen est de 1155 CAD. Ils dépensent donc 2,9 milliards CAD de leur propre argent en plus d’influencer 20 milliards CAD des dépenses familiales.

C’est ici qu’ils se différencient des générations précédentes; leur pouvoir d’influence se situe à un degré jamais vu. Cette génération est suffisamment nombreuse pour ruiner une marque quand elle la boude ou pour en propulser une autre vers la gloire si elle l’adopte.

L’influence des tweens est particulièrement marquée pour les choix de restaurants, les achats à l’épicerie ou même de voiture, mais également pour les décisions liées aux voyages:

  • Plus de 40 % des jeunes pensent avoir un peu ou beaucoup d’influence sur le choix d’une destination vacances.

  • Quoiqu’une faible proportion de tweens considèrent avoir une forte influence sur le choix d’un hôtel, 59% disent en avoir un peu. Aussi, 20% des parents disent-ils demander «toujours ou de temps en temps» l’opinion de leur préadolescent pour le choix de l’hôtel.

  • Les tweens influencent, selon eux, la planification des activités à réaliser pendant les vacances dans 55 % des cas.

(Lire aussi: Influence des enfants dans le choix des voyages de groupe en famille.)

Ils sont branchés, mais réalisent-ils des achats en ligne?

Étonnamment, de plus en plus. Les cartes prépayées destinées aux tweens et aux adolescents sont la solution. Les grandes entreprises de crédit proposent maintenant des cartes prépayées spécialement dédiées aux jeunes. Visa Buxx en est un exemple et la carte est acceptée partout (où l’on accepte Visa), notamment sur Internet !

Leur réceptivité à la publicité

Les jeunes des États-Unis, de l’Australie et du Royaume-Uni voient, en moyenne, de 20 000 à 40 000 publicités par année et passent 60% plus de temps devant la télévision qu’à l’école.

Deux sondages réalisés par The Harris Interactive Youth and Education Research Group en mai 2006 permettent de mieux connaître leur comportement face à la publicité:

  • Ils accordent une grande importance aux objets et aux marques qu’ils associent à des symboles sociaux. Par exemple, posséder telle marque de vêtement signifie «être cool».
  • Leurs amis les influencent grandement dans leurs désirs et ils souhaitent obtenir ce que leurs amis possèdent. Ils sont aussi sensibles à la publicité dans leurs choix de consommation.
  • Plus que les générations passées, les tweens sont très sensibles au marketing lié à des célébrités.
  • Les jeunes disent être particulièrement influencés par les publicités télévisées (54%), les publicités dans les magazines (23%) et celles qui précèdent les films au cinéma (19%).
  • Les publicités relatives à la nourriture semblent les plus remarquées par les tweens.

La stratégie généralement utilisée par les spécialistes marketing est de traiter les préados comme des ados. L’industrie du marketing a amené les jeunes à grandir rapidement et les études démontrent que ceux de 11 ans et plus ne se perçoivent plus comme des enfants.

Débat éthique

Un important débat existe sur l’éthique relative au marketing visant les préadolescents. En traitant les jeunes comme des consommateurs matures et indépendants, on éloigne les parents du processus décisionnel, rendant ainsi les jeunes plus vulnérables à des messages inconvenants sur l’image du corps, la sexualité, les relations interpersonnelles et la violence. Il s’agit d’une question émotive où les avis sont partagés. Quoique le domaine touristique soit moins concerné, il est essentiel de tenir compte des sensibilités.

Quelques exemples en tourisme

En ce qui concerne les pratiques touristiques, les tweens sont souvent trop vieux pour les activités destinées aux enfants et trop jeunes pour les activités pour adolescents ou adultes. Peu d’intervenants touristiques affichent une offre dédiée aux tweens. On dénote néanmoins certains exemples d’entreprises qui ont adapté leur offre.

Le Club Med offre deux programmes aux tweens: le Junior Club Med, qui encadre les jeunes et leur propose des activités de groupe (volley-ball de plage, trapèze, trampoline, voile, patins à roues alignées, tennis, etc.), et Club Med Passworld, qui propose un espace exclusif aux ados avec des équipements high-tech adaptés. Des animateurs spécialement formés leur font découvrir de nouvelles activités, conçues spécifiquement d’après leurs désirs, favorisant ainsi leur épanouissement et les rencontres.

Certains hôtels Four Seasons (Atlanta, New York, Londres, Chicago, Philadelphie et Toronto) ajoutent à leur équipe un jeune concierge qui s’occupe spécifiquement des ados. Ces hôtels ont également réalisé des focus groups auprès de tweens des villes concernées afin d’apprendre ce qu’il y a de cool à faire dans la ville. Ils ont maintenant une idée «à jour» des goûts et des intérêts de cette clientèle. Ces hôtels ont aussi des attentions particulières pour cette catégorie de clients, tels qu’un accueil avec popcorn, des magazines et des films récents, une piscine intérieure, des menus équilibrés spécialement conçus pour eux.

De son côté, le Ritz Carlton de South Beach (Miami) propose un centre technologique pour les «tweens & teens». Enfin, le portail touristique de la Floride suggère des aventures qui s’adressent aux tweens, telles que la plongée sous-marine, un centre intérieur de patin et de planche à roulettes ou encore le ski nautique. (Lire aussi: Quand bannières et marques se rencontrent et Le tourisme familial et les «parents X».)

Soyez parmi les premiers!

En raison du pouvoir économique qu’ils représentent, on peut s’attendre à ce que les entreprises continuent à cibler les tweens. De plus, considérant le nombre encore restreint d’entreprises touristiques qui visent spécifiquement cette clientèle, on peut croire qu’il y a un avantage concurrentiel à développer!
Voici quelques pistes pour atteindre cette clientèle:

  • Analysez bien ce qu’ils aiment ou n’aiment pas, ainsi que ce qui les influence, pour offrir des produits et des services taillés sur mesure pour eux.
  • Parlez leur langage: le tweenspeak est la façon de communiquer par le chat et les SMS composés d’abréviations, de symboles, d’icônes et de chiffres. Ce nouveau langage leur permet de communiquer entre eux à travers le monde sans parler la même langue!
  • Gérez adéquatement les temps d’attentes. Les petits dessins les intéressent moins, mais ils ne sont pas encore très patients.
  • Offrez des produits cool s’adressant traditionnellement à des clientèles plus âgées, mais avec un encadrement étroit, rassurant ainsi les parents.

Sources:
– Martin, Suzanne. «Advertising to Youth: What Youth Want And What Advertisers Need to Know», Trends & Tudes, Harris Interactive, vol. 5, no 7, août 2006.
– Réseau Éducation-Médias. «Les enjeux particuliers pour les préadolescents et les adolescents», www.media-awareness.ca.
– Lindstrom, Martin. «Branding Is No Longer Child’s Play!», Journal of Consumer Marketing, vol. 21, no 3, 2004.
– De Mesa, Alicia. «Marketing and Tweens», Business Week Online, 12 octobre 2005.
– Shohan, Aviv et Vassilis Dalakas. «He said, She Said? They Said: Parent’s and Children’s Assessment of Children’s Influence on Family Consumption Decisions», Journal of Consumer Marketing, vol. 22, no 3, 2005.
– YTV, Corus Media. «2002 YTV Tween Report: Special Kidfluence Edition» et «Winter 2006–YTV Kids Trend Report».
– Business Wire. «iGillottResearch Finds Significant Opportunities for Wireless Devices in the Tween Segment», 22 juillet 2005.
– eMarketer. «What Do Kids, Tweens and Teens Do Online?», www.emarketer.com, 10 octobre 2006.

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Le tourisme familial et les « parents X »

Au cours des dernières décennies, la réalité familiale a beaucoup changé. Lorsqu’il est question des vacances en famille, certaines exigences liées aux enfants, telles qu’une piscine à l’hôtel, demeurent des incontournables. Toutefois, l’arrivée à la tête des jeunes familles de parents issus de la génération X, qui ont eu leurs enfants beaucoup plus tard, a une incidence sur la demande touristique familiale, notamment parce que cette nouvelle génération de parents a des valeurs et des préoccupations différentes.

Les familles recherchent des activités intéressantes et des services adéquats

Selon une récente analyse du groupe Shell Hospitality, gestionnaire d’une douzaine de complexes de villégiature familiaux aux États-Unis et au Canada, les trois principaux facteurs d’influence dans la décision de vacances d’une famille sont:

  1. La destination: elle doit permettre un accès facile et rapide à une variété d’activités familiales et de divertissement (parcs d’attractions, attraits animés, plages, centre de ski, etc.) ou se situer à proximité de la résidence de parents ou d’amis.
  2. La chambre: elle doit être spacieuse afin de permettre à chaque membre d’une famille nombreuse d’y relaxer à son aise. Les familles apprécient de plus en plus des fonctionnalités telles que le coin cuisine, les jeux vidéo et les connexions Internet.
  3. Les services de l’hôtel: naturellement, la piscine demeure l’élément le plus recherché. Toutefois, les salles de jeux ou d’exercice constitueraient aussi des avantages. Finalement, la possibilité de réserver des chambres voisines est primordiale lorsque le groupe réunit plus d’une famille, que les adolescents veulent leur propre chambre ou que les grands-parents se sont joints au groupe.

Une étude de la Travel Industry Association of America (TIA) confirme que les programmes pour enfants sont très appréciés par les familles. Les menus spéciaux pour les enfants (41%) et les rabais hôteliers pour les familles (30%) sont les avantages les plus recherchés, alors que l’offre de jouets et de jeux vidéo (22%), les activités supervisées (13%) et le service de gardiennage (6%) sont également recherchés par les familles.

Alors qu’en moyenne 60% des familles ont recours à ce type de service pendant les vacances, les parents X semblent plus enclins à y recourir, car 71% des 35-44 ans utilisent les programmes pour enfants. Il s’agit de la plus haute proportion parmi tous les individus qui voyagent avec des enfants.

Qui sont les parents X?

La génération X regroupe les individus nés de 1965 à 1980. Même si les plus âgés de cette génération viennent d’atteindre la quarantaine, ils sont très souvent parents de jeunes enfants.

Au Canada, on estime que seulement 17% d’entre eux ont eu un premier enfant avant l’âge de 25 ans, alors que cette proportion s’élevait à 29% chez les boomers. En 2002, 4 enfants sur 10 sont nés de parents ayant de 30 à 39 ans, comparativement à 34% en 1991 et à 24% en 1981.

La recherche d’un équilibre travail-famille et la course contre la montre

Pour la génération X, le bonheur, c’est avant tout l’équilibre travail-famille. En effet, 80% des parents issus de cette génération souhaiteraient avoir davantage de temps à consacrer à leur famille alors que, en moyenne, ils y accordent déjà plus de temps que leurs parents ne le faisaient. (Lire aussi: La génération X contre-attaque!)

Des séjours plus courts et plus fréquents

Un sondage du site Internet américain «thefamilytravelfiles», réalisé au printemps 2005, révèle que les séjours en famille respectent la tendance voulant que l’on parte plus souvent, mais moins longtemps. En effet, 35% des répondants ayant pris des vacances en famille indiquent l’avoir fait à deux reprises au cours de l’année, alors que 35% l’ont fait trois fois ou plus.

Cette fréquence de départ se répercute sur la durée des vacances familiales: 75% d’entre elles durent moins d’une semaine, dont 35% sont des escapades de 2 à 5 jours. 
 

Partagés entre leurs besoins personnels, leur désir de temps avec le conjoint et cette priorité accordée à la famille, les « parents X » génèrent donc une nouvelle demande touristique familiale. Les voyages, autant d’agrément que d’affaires, tout en demeurant nécessaires à l’épanouissement du couple et au répit personnel, deviennent des moments privilégiés pour se rapprocher des enfants.

Être sensible à la famille vs être familial

Alors qu’il a longtemps été limité à la notion de voyage pour les enfants, le nouveau voyage familial se définit désormais comme un voyage avec les enfants. La nuance est importante pour les entreprises qui doivent devenir sensibles autant aux besoins des parents qu’à ceux des enfants.

Les entreprises à vocation familiale traditionnelle, telles que les parcs thématiques ou les zoos, doivent maintenant se préoccuper également de l’expérience que vivront les parents, afin que la visite devienne un moment agréable pour chaque membre de la famille.

Par ailleurs, afin de répondre à ces aspirations multiples, certaines entreprises touristiques, dont la clientèle est majoritairement adulte, ont pris le pari d’offrir de nouveaux services afin de démontrer que, en optant pour un séjour dans leur entreprise, chacun (enfants inclus) profitera pleinement de ses vacances.

En décembre dernier, Air Transat inaugurait son Club Enfants (2 à 11 ans) qui propose une série de services et d’avantages (embarquement prioritaire, trousse de jeux, repas adaptés, etc.) afin de rendre les vacances plus agréables à toute la famille. Actuellement, 6% des clients de Vacances Transat sont des enfants.

Les complexes hôteliers des destinations soleil ont été parmi les premiers à développer des services de mini-club afin d’offrir aux parents une expérience de vacances familiales jumelant habilement présence des enfants et moments de liberté individuelle. Club Med demeure un leader dans ce type d’approche, allant même jusqu’à segmenter l’offre de services aux enfants selon leur âge: Baby Club (4 à 23 mois), Petit Club (2 à 3 ans), Mini Club (4 à 10 ans) et le nouveau Junior’s Club pour les ados (11 à 17 ans).

Les grandes compagnies de croisières ont rapidement suivi ce modèle afin d’intéresser la clientèle familiale. En offrant des équipements adaptés (cabine familiale) et des services adéquats (animation pour enfants, parc aquatique, arcade, etc.), la croisière se positionne comme une solution vacances qui promet à chacun d’y trouver son compte. Et ça fonctionne: en 2005, sur les 3,3 millions de passagers accueillis par Carnival Cruise, 525 000 étaient des enfants.

Au Québec, on a récemment vu apparaître des initiatives favorables à la famille de la part de spas, d’auberges de charme ou d’hôtels d’affaires, qui ont décidé d’offrir des soins spécifiques pour les enfants, des services de garderie, d’espaces jeux ou de camps avec animateurs ou encore des suites «familles» spécialement aménagées pour le confort des enfants et des parents, des aires de jeux supervisées pour les petits et les grands.

En conclusion, à l’ère des parents X, le tourisme familial ne se définit donc plus uniquement par les préférences des enfants; les parents aussi revendiquent les leurs!

Lire aussi

Influence des enfants dans le choix des voyages de groupe en famille

Les grands-parents voyagent de plus en plus avec leurs petits-enfants 

Sources:
– «Cruises: All in the Family, Oceans of Fun for Families», Family Travel Files Ezine [www.thefamilytravelfiles.com], septembre 2005.
– Désiront, André. «Partir avec les enfants», La Presse, lundi 13 février 2006.
– «Kids Want Goodies, Teens Want Adventure: Resort, Airlines and Cruises Cater to All Ages», Calgary Herald, samedi 25 février 2006.
– «Press Release Family Vacations Survey 2005», Family Travel Files Ezine [www.thefamilytravelfiles.com], juin 2005.
– «Shell Hospitality Reports Trends in Holidays and Family Travel», Travel 2006 , 9 décembre 2005.
– Vailles, Francis. «Société : Famille X (2)», La Presse, samedi 8 mai 2004.

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Produits et activités

La croissance des musées pour enfants fait des bonds aux États-Unis

En tapant simplement les mots «children museum» dans Google, on obtient une longue liste de musées pour enfants: à Boston, Chicago, Indianapolis, Manhattan, Saint-Paul, Houston, Denver, Seattle, Austin… Ce type de musées abonde aux États-Unis, et selon l’Association of Children’s Museums de Washington D.C., la tendance ne montre aucun signe de ralentissement… même après 105 ans.

Que diriez-vous…

  • de vous promener en scooter dans les rues de Hanoi et d’explorer le Vietnam grâce à ses contes populaires?
  • de vous attaquer au record de la plus grosse balle d’élastiques?
  • d’explorer l’estomac d’Eddie, un garçon de 12 mètres de haut, pesant près de 17 000 kilos?

  • de plonger au coeur des traditions et de la culture japonaises?
  • de créer une oeuvre d’art ou de réaliser une expérience scientifique cool à partir d’objets récupérés, collés, pliés et peints?
  • de grimper au grenier des grands-parents et d’y découvrir un monde de fantaisie à travers des costumes et des trésors de toutes sortes?
  • de faire de la musique?
  • de découvrir la recette de «la tarte rouge et verte facile»?
  • de modeler un visage en argile dont les joues, les yeux, le nez, la bouche sont en forme de fruits et de légumes?
  • d’être entraîné par le corbeau et le renard, le lion et le rat, la cigale et la fourmi, la grenouille et le boeuf, dans un parcours ludique sur la vie du fabuleux fabuliste Jean de la Fontaine?
  • de fouiner au petit Baz’art pour trouver des livres, des bonbons, de la pâte à modeler, de la pâte à sel, des cartes postales… et plein d’autres plaisirs?

Et ce n’est qu’un échantillon des activités offertes par les musées pour enfants!

«We don’t think childhood should end at 10.»
Jane Werner – directrice du Children’s Museum of Pittsburgh

Amuser tout en éduquant

Lieux de mille et une découvertes excitantes, les musées pour enfants ont pour but de stimuler la curiosité des jeunes et de les aider dans leur apprentissage. Fondées sur le jeu et l’humour, les différentes approches pédagogiques proposées permettent de développer la sensibilité, l’intérêt et la créativité de l’enfant. Diverses thématiques artistiques, scientifiques, historiques, civiques et ethniques sont abordées à travers des expositions et des ateliers. Ces institutions appuient les établissements scolaires, les éducateurs en milieu de garde et les parents.

Un fort taux de natalité aux États-Unis

  • Le premier musée américain pour enfants a vu le jour à Brooklyn en 1899.
  • Depuis 1990, 100 musées ont vu le jour et 85 sont à l’état de projet. On évalue entre 250 et 300 le nombre de musées dédiés aux enfants aux États-Unis.
  • En 2003, plus de 25,7 millions d’enfants et de familles ont visité un musée faisant partie de l’Association of Children’s Museums (plus de 200 membres).
  • Environ 56% des musées se situent en région urbaine, 31% en banlieue et 15% en milieu rural.

Plusieurs facteurs ont influencé l’essor de ce type d’établissement aux États-Unis:

  • les parents recherchent des environnements éducatifs différents du cadre scolaire, afin de rompre avec ce milieu trop souvent associé à la performance – les musées sont axés sur l’enfant et le plaisir;
  • depuis les événements de 2001, les gens cherchent des environnements sécuritaires – les musées sont perçus comme un endroit sûr;
  • les Américains veulent passer plus de temps en famille;
  • les attractions qui utilisent les nouvelles technologies se répandent, permettant ainsi de réaliser des choses jusqu’alors inimaginables – plusieurs musées misent sur les technologies pour fasciner les enfants.

De nombreuses villes américaines ont flairé l’intérêt des familles pour ces musées et ont ajouté cet attrait à leur liste d’activités, au même titre que les aquariums et les musées d’art. Au musée de Columbia, 36% des visiteurs proviennent de l’extérieur de la ville. On assiste actuellement à une escalade de projets audacieux marquant une nouvelle vague d’établissements – attractions plus grandes que nature, immeubles immenses, agrandissements considérables, etc.

Ailleurs dans le monde, au Canada… et au Québec?

Il est difficile de tracer un portrait international des villes qui comptent ce type d’établissements parmi leurs attraits touristiques. L’Australie, le Canada, le Honduras, Israël, le Mexique, le Portugal, le Royaume-Uni et bien d’autres pays figurent sur la liste des membres de l’Association of Children’s Museums de Washington. Plusieurs projets de musées sont aussi amorcés dans divers pays (Brésil, Chine, Espagne, France, Irlande).

À Paris, le Musée en Herbe fêtera ses 30 ans en avril et certaines de ses expositions, conçues pour être montées en une journée maximum (sauf exception!), font le tour de la France. Au pays de la démesure, à Dubaï (Émirats arabes unis), on ne parle plus de musée, mais bien d’une Children’s City consacrée aux enfants âgés de 2 à 5 ans, où ils peuvent explorer le monde dans lequel ils vivent.

Au Canada, on dénombre quatre musées pour enfants et deux projets sont en cours:

  • le London Regional Children’s Museum (London, Ontario) – le premier au Canada;
  • le Children’s Own Museum (Toronto, Ontario);
  • le Waterloo Regional Children’s Museum (Kitchener, Ontario);
  • le Manitoba Children’s Museum (Winnipeg, Manitoba);
  • le Children’s Museum of Victoria (Victoria, Colombie-Britannique) – ouverture en 2007;
  • Kids around the world (Vancouver, Colombie-Britannique) – ouverture vers 2010.

Au Québec? Les tout-petits ne sont pas négligés, mais la formule semble plutôt éclatée. Certaines institutions muséales ont aménagé pour eux un espace spécifique (notamment le Musée canadien des civilisations à Gatineau), d’autres leur consacrent des expositions ou mettent sur pied des ateliers ou des programmes de visite adaptés. Le Centre des sciences de Montréal utilise des approches pédagogiques et ludiques pour amener les visiteurs à apprivoiser le milieu scientifique, mais il s’adresse toutefois à une clientèle beaucoup plus large et se concentre sur un secteur spécifique. Des événements comme Le Rendez-vous culturel international des enfants, qui a eu lieu dans le Vieux-Port en mai dernier, la tenue de camps de vacances spécialisés (scientifiques, linguistiques, etc.) – et la liste pourrait s’allonger -, contribuent à l’épanouissement des jeunes.

Y aurait-il lieu de concocter une folie magique qui séduirait nos jeunes et qui deviendrait un attrait touristique couru? Avec son concept récréo-éducatif nommé «Kidtropolis», le projet Lac Mirabel semble vouloir développer un parc récréatif hybride en lui jouxtant un volet éducatif. Projet en devenir…

Sources:
– Sloan, Gene. «Kids’ museums grow by leaps, bounds», USA Today, 17 février 2005.
– Association of Children’s Museums. [www.childrensmuseums.org].
– Sites Internet de différents musées.

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Marketing

Quand bannières et marques se rencontrent!

Une nouvelle forme d’alliance marketing se pointe à l’horizon: la bannière griffée. Cet original stratagème de mise en marché, que nos voisins américains ont surnommé le «branded brands», consiste à marier le produit de deux partenaires commerciaux afin de créer une expérience et un placement de produit hors du commun. Des secteurs comme l’hôtellerie et les spas jumellent ainsi leur savoir-faire à des marques de renom afin de concocter des produits de niche.

Nickelodeon-Holiday Inn, le rêve familial

La chaîne hôtelière Holiday Inn et le groupe de divertissement pour enfants Nickelodeon ont choisi de former un duo afin de concevoir la bannière Nickelodeon Family Suites qui ouvrira ses portes le 30 mai 2005 (voir photos). Le concept vise à créer une expérience de rêve pour les enfants lors de leur séjour à l’hôtel, et ce, grâce à l’expertise de Nickelodeon, dont plusieurs des produits sont bien connus des enfants et peuvent exercer une force d’attraction auprès d’eux. Ils deviennent alors des produits d’appel pour Holiday Inn.

L’immersion dans le monde des enfants débute dans le lobby de l’hôtel et culmine dans la cour intérieure où un immense terrain de jeu, incluant un parc aquatique, constitue le lieu de rassemblement de la famille. Au programme: le déjeuner avec Bob l’Éponge, des glissades d’eau et beaucoup de bruit! Dans les chambres, on n’a négligé aucun détail pour recréer l’univers fantastique. On vise à faire de cet établissement situé à Orlando, destination à caractère familial, un incontournable auprès de ce segment de marché.

À la recherche d’une union à la mode?

La création d’une bannière Bulgari, en partenariat avec Ritz-Carlton Hotel Company, constitue un autre exemple de branded brand (photo). Ouvert en mai 2004 à Milan, l’hôtel Bulgari incarne le luxe et ce qu’il y a de plus «tendance». Pour le fabricant de bijoux, l’hôtel constitue un lieu intéressant en ce qui concerne la visibilité de ses produits. Dans cet exemple, l’établissement est exploité par Ritz-Carlton, dont le nom est complètement effacé pour céder tout l’espace marketing à Bulgari. 

Ce type d’association est appelé à se multiplier alors que Bulgari et Ritz-Carlton planchent sur une deuxième propriété, un complexe de villégiature à Bali. L’ouverture est prévue pour fin 2005. Dans la même veine, Giorgio Armani a annoncé qu’au cours de la prochaine décennie, il construira 14 hôtels dont le design reflétera la philosophie et le style de son entreprise.

Les deux hôtels The Block, situés à Lake Tahoe et Big Bear en Californie, représentent un autre exemple intéressant. Ce sont les premiers hôtels «planchistes» avec des chambres spécialement adaptées et surtout «signées» pour plaire à cette clientèle particulière. En plus d’y retrouver des supports de planches à neige, des séchoirs à bottes, des lecteurs de DC et des consoles de jeux Xbox, la chambre entière est aménagée autour des marques les plus populaires auprès de ce segment (ex.: Napster (photo)).

Associations à plus petite échelle

Évidemment, tous ne peuvent se permettre de dédier un établissement complet à un créneau de clientèle. Certains, comme l’hôtel Winston à Amsterdam, ont opté pour un compromis en créant des chambres thématiques. Les trois chambres inspirées par le Red Light District ont été décorées par des artistes locaux et commanditées par Durex, Heineken et Smirnoff.

Des spas de marque

Après les hôtels, les spas entrent dans la valse à deux des partenaires commerciaux. Voici quelques exemples de ces branded brands:

  • Givenchy spas (photo) jumelés avec les complexes de villégiature One&Only (Dubaï, île Maurice et Mexique);
  • Banyan Tree Spa, présent dans des hôtels Oberoi, Sheraton et Westin;
  • Six Senses situés dans le Madinat Jumeirah de Dubaï et l’Hotel Arts de Barcelone (trois autres prévus pour 2005: Inde, Portugal et Irlande);
  • Elizabeth Arden Red Door Spas en partenariat avec Westin (Arizona) et Marriott (Connecticut et New Jersey).

Comme on peut le constater, plusieurs types de collaborations commerciales peuvent être envisagés. Il faut néanmoins mesurer judicieusement les retombées positives qui ne se calculent pas qu’en bénéfices sonnants, mais aussi en visibilité accrue et en pénétration de marché. De telles alliances stratégiques peuvent s’avérer efficaces pour les entreprises désirant diversifier leur clientèle et en rejoindre certains segments difficiles d’accès par la voie traditionnelle. Pour d’autres, particulièrement dans le secteur de l’hôtellerie, ce peut être l’occasion de vendre un savoir-faire et de générer de nouvelles sources de revenus. À quand les prochains branded brands au Québec?

Sources:
– Anderson, Gordon T. «Want a suite with that suit?» CNN/Money [money.cnn.com], 12 novembre 2004.
– Nickelodeon Family Suites by Holiday Inn. «World’s First Nick-Branded Hotel» [http://www.nickhotel.com/], 15 avril 2005.
– Trendwatching.com. «Branded Brands» [http://www.trendwatching.com/], mars 2005.

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Segments de clientèles Tendances

Les grands-parents voyagent de plus en plus avec leurs petits-enfants

Un sondage réalisé en 2003 par Yesawich, Pepperdine, Brown & Russell (YPB&R) démontre qu’un grand-parent sur trois a voyagé avec ses petits-enfants au cours des douze derniers mois. On note qu’aux États-Unis, c’est plus de 15% de l’ensemble des voyages incluant des enfants qui s’effectuent en présence des grands-parents. Quelque 21% de ces derniers font au moins un voyage avec leurs petits-enfants sans la présence des parents. ++L’AVIS DE THOMAS P. CULLEN++

Les voyages au coeur de la cellule familiale

Au cours de la dernière décennie, et particulièrement dans le contexte de l’après-11 septembre 2001, on accorde de plus en plus d’importance aux valeurs familiales. Alors que le temps libre se raréfie, les moments passés en famille deviennent souvent une priorité. Quand on pense famille, on se limite parfois à la relation parents/enfants, mais en réalité, les grands-parents jouent un rôle d’importance au sein de la cellule familiale. Ce sentiment de rapprochement se traduit par une augmentation des départs en vacances des aînés avec leurs petits-enfants.

Une telle évolution sociodémographique laisse présager de nouvelles opportunités et exige par la même occasion une révision des modèles traditionnels de segmentation des clientèles. Déjà on voit apparaître des campagnes promotionnelles s’adressant spécifiquement à ce tandem. La chaîne Hilton offre aux moins de 18 ans de séjourner gratuitement dans la chambre de leurs grands-parents. Aux hôtels Loews, les aînés accompagnés de leurs petits-enfants se voient offrir des rabais, des surprises et des activités spéciales. Certaines agences de voyages se spécialisent même dans le grandtravel en concevant des forfaits pour cette clientèle spécifique.

Phénomène passager ou tendance lourde?

Les parents d’aujourd’hui sont entraînés dans le tourbillon de la vie active et dans une carrière professionnelle exigeante. Le rythme de consommation des familles nécessite souvent deux salaires. Les grands-parents, ces baby-boomers retraités ou semi-retraités, ne demandent souvent pas mieux que de jouer un rôle dans la sphère parentale. Ils veulent profiter de ces possibilités de rapprochement et certaines activités touristiques peuvent leur fournir le temps de qualité recherché.

Autre phénomène, les occasions de partir en vacances sont facilement conciliables avec les disponibilités de chacun. Aux États-Unis, plus de 60% des parents se montrent favorables à l’idée que leurs enfants prennent des vacances durant la période scolaire et les grands-parents ont, quant à eux, généralement beaucoup de temps libre. À la disponibilité, s’ajoutent les ressources financières des grands-parents, qui rendent possible la prise de vacances en complément ou en substitution des parents. Ajoutons à cette réalité la difficulté de faire coïncider les vacances des conjoints.

Une occasion à saisir

La demande ira croissante alors que de plus en plus de baby-boomers prendront (partiellement ou complètement) leur retraite. Jugeant le marché suffisamment important, l’Association américaine des automobilistes (AAA) a même publié un livre intitulé Travel With Your Grandkids, afin d’aider les aînés à planifier des vacances. On y aborde certaines préoccupations des grands-parents, notamment comment:

  • gérer des parents réfractaires;
  • impliquer les petits-enfants dans la planification du voyage;
  • renforcer la relation grands-parents/petits-enfants;
  • fixer des limites et adopter des règles.

La palette d’activités susceptibles de les intéresser reste assez variée, allant du ski alpin au musée des sciences en passant par le golf, les croisières-excursions, le parc d’attractions et la randonnée pédestre. La dimension patrimoniale ou commémorative constitue également une corde sensible à exploiter, puisque les aînés apprécient partager leurs connaissances et raconter à leurs petits-enfants certains faits marquants dont ils ont été témoins dans le passé.

Il faut aussi penser à ce qui intéresse les enfants. D’autant plus que la volonté de rapprochement entre ces deux générations ne vient pas seulement des grands. La majorité (56%) des enfants âgés de 6 à 17 ans affirment qu’ils aimeraient vraiment prendre des vacances avec leurs grands-parents. Ce sont les plus jeunes (de 6 à 8 ans) qui se montrent les plus enthousiastes (78%).

Les entreprises qui adopteraient une stratégie promotionnelle ciblée durant les périodes d’achalandage plus faible pourraient également voir leurs efforts récompensés. Des petits détails comme des cadeaux-surprises offerts aux tout-petits ou la présence de jeux qui les captivent peuvent constituer des éléments déclencheurs lors de la planification des vacances. À titre d’exemple, on retrouve à Mexico un véritable petit paradis dédié aux enfants, La Ciudad de Los Ninos. Dans ce parc thématique, les enfants jouent le rôle des grands, prenant la place d’un pilote à l’intérieur d’un véritable cockpit d’American Airlines, fabriquant des pizzas à la pizzeria Domino ou encore s’occupant de nourrir une poupée représentant un bébé à l’hôpital. Et par souci de cohérence, les enfants déboursent le plein prix d’entrée, les parents moitié prix et quant aux grands-parents… c’est gratuit!

Sources:
– White Hutchinson Leisure & Learning Group. «Grandparent/Grandchild Market a Growing Opportunity», octobre 2003.
– The Philadelphia Inquirer. «Travel with « grands » comes in all flavors», 16 mai 2004, p. N02.
– Hugues Court, Paula. «Cruising with Grandchildren», LovinLife.com [www.wwseniors.com], 9 septembre 2003.
– Buhasz, Laszlo. «Marketing to the new senior», The Globe & Mail [www.globetechnology.com], 11 octobre 2003, p. T2.
– American City Business Journals. «New travel trend: « grandtravel »», 8 novembre 2001.
– Gardyn, Rebecca. «The New Family Vacation», American Demographics, 1er août 2001.

L’avis de Thomas P. Cullen

This is a topic which should be of interest to many aspects of the travel industry. I believe it is a symptom of a global change in the way markets are defined and in motivations to travel.

The « business market » has traditionally been differentiated from the « leisure market ». However, these boundaries are changing, and I believe that the industry can no longer assume the business trip is for business only. Children are not only traveling with grandparents, they are traveling with parents – blue suit moms and dads, who increasingly take kids along on a business or convention trip. Las Vegas entrepreneur Steve Wynn recognized this many years ago when almost single handedly he transformed the topless, sin city gambling mecca to a family friendly convention destination.

The other quantum change is related to the nature of demand drivers. A review of intergenerational travel packages offered by Elderhostle is indicative of this change. The traditional « architectural » tourism is being replaced by learning/educationally motivated travel, cultural travel, and health related travel.

Worldwide business travel probably accounts for 60% of all travel demand. Within 15 years, perhaps sooner, leisure oriented travel will account for 60%, and business only travel declines as a percentage of the total.

Communications technologies will replace a lot of business travel as a younger, more technology saavy generation of business people grow into decision making positions in industry. The implications for packaging, pricing, positioning and distributions systems for the hotel, airline, and cruise industries are significant.

Thomas P. Cullen
Professeur
School of Hotel Administration
Cornell University

Voir aussi

Travel – It’s Not Just for Adults Anymore
Un texte complémentaire rédigé par Thomas P. Cullen

Thomas P. Cullen, professeur, School of Hotel Administration, Cornell University (États-Unis)

 

Champs d’expertise:

  • Gestion stratégique de l’hébergement
  • Nouvelles tendances et futur du tourisme
  • Gestion multinationale

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