Catégories
Technologies

ChatGPT : comment en faire son allié ?

Depuis le début de l’année 2023, ChatGPT ou Generative Pre-Trained Transformer change peu à peu les façons de faire. Comment tirer profit de son potentiel sans mettre l’humain de côté ? Des experts se penchent sur la question et relèvent des exemples d’applications pour l’industrie touristique. De leur côté, des agences de voyages en ligne, des destinations et des hébergements l’adoptent pour optimiser les tâches liées notamment au service à la clientèle, ainsi qu’au marketing.    

Une IA spécialisée dans le dialogue

ChatGPT est une intelligence artificielle (IA) spécialisée dans le dialogue et lancée en novembre 2022 par la société américaine OpenAI. Ce prototype appartient à la catégorie des LLM (Large Language Models), aussi appelée Generative AI. Pour débuter un échange, l’utilisateur écrit sa requête (aussi appelée prompt) dans la boîte de dialogue de l’outil. Il s’agit de la consigne précise donnée à l’IA afin d’orienter son travail génératif. Le système répond ensuite à la requête sous forme de texte en s’appuyant sur une grande quantité de données provenant d’Internet.  

Voici quelques techniques efficaces pour formuler des prompts qui permettent d’obtenir des réponses pertinentes, claires et précises.

  • Expliquer au maximum le contexte de votre demande au moment de démarrer la conversation ;
  • Diviser les requêtes en plusieurs sous-questions. ChatGPT les traite une à une, offrant ainsi un retour plus étoffé ;
  • Demander à ChatGPT de préciser sa réponse. En effet, il dispose d’une excellente mémoire et utilise les requêtes passées pour améliorer son résultat ;
  • Ordonner à ChatGPT de vous poser une question pour affiner son champ de recherche après avoir analysé la requête initiale ;
  • Imposer à ChatGPT de fournir un nombre précis d’options de réponses. Cela permet d’explorer la problématique soumise sous plusieurs angles ;
  • Demander plusieurs points de vue à ChatGPT au moment de fournir sa réponse, en se plaçant dans la peau de différentes personnes ou parties prenantes ;
  • Exiger que ChatGPT décortique ses explications étape par étape lorsque la requête s’avère complexe. Cela facilite la compréhension du lecteur, en plus de démontrer le raisonnement de ChatGPT.  

Un outil pour gagner en productivité

Les employés qui utilisent des outils comme ChatGPT seraient beaucoup plus productifs au quotidien.

Une récente étude du MIT dévoile que les employés qui utilisent des outils comme ChatGPT seraient beaucoup plus productifs au quotidien. Ce gain en productivité peut atteindre jusqu’à 50 % pour certaines tâches. Par exemple, ChatGPT peut les aider à structurer leur journée de travail en sous-tâches pour répondre aux attentes de l’organisation. Des employeurs s’en servent également pour rédiger des descriptions de postes attrayantes en indiquant seulement à l’outil les qualifications et compétences requises. Les gestionnaires profitent de l’esprit de synthèse de l’IA pour obtenir rapidement les faits saillants d’un rapport, nécessaires à la prise de décisions stratégiques.  

ChatGPT présente cependant quelques limites : sa base de données s’arrête aux contenus de 2021, l’utilisateur doit valider les sources, les textes générés sont souvent impersonnels et sa notion de droits d’auteur demeure ambiguë.   

Un assistant au service à la clientèle

ChatGPT se révèle utile pour soutenir le service à la clientèle en contexte de pénurie de main-d’œuvre. Des hébergements et des agences de voyages en ligne en font déjà l’expérience. Voici quelques applications possibles :  

  • Gérer les demandes d’informations récurrentes plus rapidement avant le séjour  
    • À ce titre, le logiciel Hospitable aide les propriétaires de résidences de tourisme à répondre aux messages de leur clientèle. Dès qu’il reçoit un courriel, le gestionnaire appuie sur un simple bouton présent dans sa boîte de messagerie. L’historique du client, ses informations de réservation et le contexte de la conversation sont automatiquement envoyés à ChatGPT qui génère une réponse. Le gestionnaire la valide et l’envoie.  
  • Accompagner la clientèle en cours de séjour en cas de questions ou d’imprévus  
    • La startup Turneo a développé un concierge virtuel qui utilise ChatGPT : Le Marco AI Chatbot. Cette solution destinée aux hôteliers suggère aux clients des activités touristiques à faire au cours de leur séjour à l’hôtel en plus de réserver pour eux.   
  • Répondre aux commentaires en ligne après le séjour  
    • ChatGPT peut être utilisé pour rédiger des réponses aux nombreux avis en ligne laissés sur les plateformes telles que TripAdvisor, Google ou Booking.com. Il peut également indiquer les points forts et ceux à améliorer de l’entreprise à partir du contenu des commentaires. Cette vidéo explique les étapes à suivre.  

L’agence de voyage en ligne Expédia a récemment développé une extension qui relie son agent de voyage virtuel et sa base de données à la version payante de ChatGPT. Cet ajout aux services d’Expédia simplifie la planification et la réservation de voyages. Les utilisateurs sélectionnent l’extension Expédia et reçoivent des recommandations d’itinéraires personnalisés. Ils sont ensuite redirigés sur le site Internet d’Expédia pour finaliser la réservation. Au cours du voyage, l’agent virtuel accompagne les clients en tout temps en cas de changements ou d’imprévus. Selon la direction, cette collaboration a permis de répondre virtuellement à plus de 30 millions de clients et d’économiser huit millions d’heures de travail.  

Un appui aux opérations marketing

ChatGPT facilite aussi le travail des équipes marketing, principalement pour générer des idées de contenu promotionnel. Certains l’utilisent même pour rédiger des textes destinés aux médias sociaux qu’ils bonifient par la suite. Le logiciel peut également dresser une liste de mots-clés pour optimiser le référencement SEO. Les entreprises gagnent ainsi un temps précieux qu’elles peuvent désormais consacrer au développement de leur stratégie marketing, à l’édition du contenu et à sa distribution.  

Lavinia Botez, co-fondatrice chez Bubbly, conseille aux entreprises de fournir de bonnes consignes  de départ à ChatGPT en incluant ces éléments : 

1. Le mandat et le type de contenu ;

2. La plateforme de diffusion ;

3. Le nombre de mots et de paragraphes ;

4. Un objectif de communication précis ;

5. Des informations clés sur la clientèle cible ; 

6. Le ton et le style d’écriture ; 

7. Les mots-clés à intégrer pour le SEO.  

Visit Denmark a récemment expérimenté ChatGPT pour écrire le script de sa campagne promotionnelle. L’intelligence artificielle a également servi à générer les images et les voix. L’OGD n’a apporté aucune modification à la publicité générée et se déclare relativement satisfaite du résultat.  

Et la suite ?

Ce n’est que le début de l’ère IA et les experts sont unanimes : la créativité humaine demeurera la clé pour se différencier des compétiteurs.  

L’arrivée de l’intelligence artificielle représente-t-elle une menace pour le marché du travail en tourisme ? A priori, elle servira à automatiser des tâches afin que l’humain puisse se concentrer sur des projets à valeur ajoutée et ainsi mieux contribuer au développement stratégique de l’entreprise. Cette nouvelle technologie a donc le potentiel de renforcer le rôle de l’humain au sein des organisations touristiques. Ce n’est que le début de l’ère IA et les experts sont unanimes : la créativité humaine demeurera la clé pour se différencier des compétiteurs.  

Image à la une : Pexels 

Catégories
Hébergement

Gîtes et auberges : sur quoi miser ?

Les gîtes et les auberges ont plusieurs atouts (lire aussi : Les gîtes : comment mettre en valeur vos atouts) qui les différencient des hébergements collaboratifs, leurs grands rivaux. Cependant, leur présence en ligne demeure un défi majeur à ne pas négliger.  

Une enquête menée par la Chaire de tourisme Transat en novembre dernier révèle que 66 % des voyageurs québécois, ayant effectué un séjour d’une nuitée au Québec à l’été 2022, ont séjourné dans un établissement hôtelier (hôtel, motel, auberge ou gîte). Parmi ces répondants, près de 50 % ont réservé leur nuitée directement sur le site Web de l’établissement, tandis que 39 % ont utilisé une plateforme de réservation en ligne, comme Booking.com.  

Les hôtes auraient donc tout intérêt à être agiles sur le Web, notamment pour attirer une clientèle élargie, mais aussi pour se faire remarquer. Cela dit, dans une ère où les consommateurs sont exigeants et où la personnalisation du service prend de l’ampleur, il est judicieux d’innover pour se démarquer, tout en s’appuyant sur ce qu’on fait de meilleur.  

L’authenticité… un gage de réussite 

Les clientèles sont de plus en plus à la recherche d’expériences ancrées dans le territoire : elles veulent connaître les spécialités du coin ainsi que la communauté locale et ses coups de cœur. Cet aspect concorde avec la montée en popularité du tourisme lent (lire au si : L’évolution du Slow Travel ) : les voyageurs souhaitent aller à la rencontre des résidants, comprendre leur mode de vie et même nouer des liens avec eux. 

L’implication de l’hôte concorde avec cette quête ; son rôle d’ambassadeur de la destination lui permet de conseiller des lieux moins connus ou des activités authentiques et d’ainsi participer au développement touristique de sa région.  

Le cas de la Route des Pingouins 

La Route des Pingouins est un regroupement de gîtes et d’hôtels restaurants à prix abordables, longeant la Côte nord Finistère et les îles de Molènes et d’Ouessant, en Bretagne. Les hébergements sont situés dans d’anciens lieux patrimoniaux ou municipaux, valorisant ainsi l’identité bretonne. » 

L’objectif du fondateur était de redynamiser la côte en aménageant des lieux au profit des habitants et des touristes, en créant des emplois et en bâtissant des partenariats avec les entreprises limitrophes.   

Plusieurs établissements ont une vocation pédagogique permettant aux visiteurs d’en apprendre plus sur les savoir-faire régionaux. Par exemple, les chambres du gîte Les Pingouins du Phare, une ancienne école de pêche entièrement restaurée, ont été décorées avec l’aide du musée de Plouguerneau. Elles font revivre la vocation initiale du lieu en mettant en scène les métiers de pêcheur et de goémonier (personne spécialisée dans la récolte des algues marines).  

Source: La Route des Pingouins 

Le plein air… encore et toujours

Être implanté en milieu rural ou à proximité d’espaces naturels est un atout pour attirer les clientèles de plein air.

L’enquête de la Chaire de tourisme Transat révèle que 59 % des voyageurs québécois ont participé à une activité de plein air à l’été 2022. Être implanté en milieu rural ou à proximité d’espaces naturels est donc un atout pour attirer ce type de clientèle. Voici quelques astuces pour séduire les amateurs de tourisme de nature : 

– Travailler de pair avec les prestataires d’activités de plein air ou les parcs avoisinants pour proposer une offre complémentaire ;  

– S’intégrer dans des circuits ou des routes (longue randonnée, vélo…) (lire aussi : La randonnée de longue distance gagne du terrain) 

– Offrir, ou s’affilier à un organisme qui offre le prêt ou la location d’équipements de plein air (vélo, ski de fond, raquette…) ; 

– S’afficher auprès des clientèles de plein air. Par exemple, adhérer à la certification Bienvenue cyclistes ! ou Bienvenue randonneurs (pour les établissements des Cantons-de-l’Est et des Îles-de-la-Madeleine). 

Le cas de Destination Parcs 

Destination Parcs est une nouvelle plateforme développée par la Fédération des parcs naturels régionaux de France, en partenariat avec l’opérateur Odysway et l’incubateur Slow Tourism Lab. Elle permet la visualisation et la réservation de voyages en immersion dans la nature et valorise le patrimoine immatériel du territoire. Les expériences proposées sont jumelées à un gîte ou une auberge. Une description de l’hôte, de l’hébergement et des services offerts est fournie aux voyageurs.   

Source: Destination Parcs 

L’achat local… un intérêt grandissant

L’enthousiasme pour les produits locaux ne dérougit pas. Depuis 2020, les marques québécoises ont enregistré une hausse de 17 % des ventes en supermarché, selon un rapport de NielsenIQ publié en mai 2022. Par ailleurs, l’étude de la Chaire indique que plus du quart (28 %) des voyageurs québécois ont effectué une visite agrotouristique (ferme, marché de producteurs, autocueillette…) à l’été 2022.  

Comment les petits hébergements peuvent-ils profiter de cet engouement et potentiellement se positionner comme une adresse gourmande ? Voici quelques astuces : 

– Établir des partenariats avec les producteurs du coin (proposition d’expériences mixtes ou de forfaits) ; 

– Valoriser des aliments frais, locaux et de saison au menu du restaurant de l’établissement ;  

– Vendre certains produits provenant des récoltes des agriculteurs de la région ou ses propres créations culinaires (confitures, pains…). 

Le développement durable… évidemment  

Les clients s’informent et s’interrogent de plus en plus face aux démarches durables mises en place dans les lieux qu’ils fréquentent. En ce sens, il est nécessaire de bien communiquer (lire aussi : Comment communiquer ses actions responsables ses clients ?) ses actions aux clientèles via un médium accessible, soit un site Web ou directement sur place à l’oral ou au moyen d’affiches. Lorsque bien établies, ces stratégies peuvent aider à se différencier de la compétition, à fidéliser des clientèles ainsi qu’à améliorer son image, sa réputation et sa compétitivité.  

Par ailleurs, diverses plateformes alternatives aux grands réseaux de distribution voient le jour et mettent en valeur les plus petits joueurs ayant des visées environnementales. C’est notamment le cas de MooVert qui indique aux voyageurs le niveau d’écoresponsabilité, d’authenticité, de contribution au développement local et patrimonial, de confort et de services des établissements affichés sur l’interface.    

Source: MooVert 

Les gîtes et les auberges sont en mesure de répondre à un besoin qui prend de l’ampleur ; celui de vivre des expériences authentiques et porteuses de sens après une période qui nous en a privés (lire aussi : Cahier Tendances 2023) 

Saurez-vous miser sur l’une ou l’autre de ses démarches au sein de vos opérations ?  

Image à la une : Pexels

Catégories
Produits et activités Technologies

Les balbutiements du métavers

Le métavers est né de la fusion entre le mot « meta » et « univers ». Beaucoup le définissent comme étant l’internet de l’avenir qui permet de créer des mondes virtuels immersifs, interactifs, transactionnels et ludiques dans lesquels les individus peuvent vivre des réalités virtuelles grâce à des avatars de la même manière qu’ils expérimentent leur vie réelle. 

Il existe un certain nombre de plateformes et de dispositifs permettant aux utilisateurs d’accéder au métavers, sur ordinateur à l’aide d’un navigateur internet, avec un casque de réalité virtuelle ou avec des lunettes de réalitéaugmentée. 

Les premiers pas du métavers

Dans le métavers, le monde virtuel est envisagé comme une extension du monde réel.

Bien que son appellation soit récente, le concept de métavers n’est pas nouveau. Le premier exemple qui s’en rapproche le plus est le « jeu » ou « l’univers » Second Life qui date de 2003. Ce monde virtuel en 3D que plusieurs vouaient à l’échec à son lancement continue pourtant d’exister ; ses revenus en 2021 sont estimés à environ $ 650M USD et le nombre de ses utilisateurs actifs gravite autour de 900 000.

Mais que font ces adeptes sur Second Life? Ils se rencontrent grâce à des avatars et développent des communautés (réseautage social), créent leur propre espace virtuel (contenu généré par les utilisateurs), jouent à des jeux, explorent de nouveaux territoires, assistent à des concerts, achètent et vendent des articles virtuels et peuvent même créer leur entreprise, devenir architecte, organisateur d’événements ou guide touristique. 

Dans le métavers, le monde virtuel est envisagé comme une extension du monde réel et non une alternative, comme le propose Second Life. Voici quelques éléments qui contribuent à l’intérêt actuel envers le métavers : 

-La familiarisation des individus avec le monde virtuel, notamment à travers les jeux vidéo qui connaissent une grande popularité ; 

-La constante amélioration des équipements et des technologies sur lesquelles se base le métavers (Blockchain et cryptomonnaie, réalité virtuelle, réalité augmentée, réalité mixte, immersion 3D, 5G, etc.) ; 

-La multiplication et l’engouement envers les expériences immersives ;

-Les avancées de l’intelligence artificielle ; 

-La démocratisation des relations humaines virtuelles depuis le début de la pandémie. 

Il existe quelques plateformes proposant des métavers, tels que The Sandbox, Decentraland, Roblox, Sensorium ou Meta Horizon Worlds (de Facebook). Chacune d’elles constitue un univers en soi et a sa propre communauté d’utilisateurs.  

Dans l’absolu, il existe deux façons potentielles de s’impliquer dans le métavers : 

Collaborer avec les plateformes métavers actuelles : les entreprises peuvent y établir leur présence commerciale en achetant une parcelle (terrain numérique) et en y construisant une structure personnalisée (par exemple, un magasin où les utilisateurs peuvent voir des articles numériques et habiller leur avatar). Elles peuvent également y organiser des événements thématiques et maintenir une communauté autour de la marque dans cet espace virtuel. 

Créer une solution de métavers personnalisée : les entreprises peuvent créer des solutions métavers personnalisées avec des fonctionnalités d’applications qui répondent à leurs propres besoins commerciaux. Par ailleurs, des marques pourraient transformer leur propre métavers en un écosystème de leur créneau particulier. 

De nombreuses opportunités existent, mais les coûts de développement sont encore élevés et ce sont principalement les grandes marques qui peuvent pour le moment accéder à cette nouvelle technologie. 

Par ailleurs, selon Gartner, une firme de recherche spécialisée dans le domaine des technologies avancées, des entreprises créeront des métavers de leurs organisations pour offrir à leurs employés un meilleur engagement, une meilleure collaboration et une meilleure connexion grâce à des espaces de travail immersifs dans des bureaux virtuels. 

Un horizon de dix ans pour un développement plus abouti

Le métavers est sans aucun doute en émergence. Gartner le situe même dans un horizon de dix ans et plus et le considère parmi les technologies potentiellement perturbatrices à un stade précoce de développement. Au Québec, un sondage en ligne mené auprès de 1 007 voyageurs québécois issus d’un panel privé révèle que 51% des répondants en ont déjà entendu parler, toutefois 27% ne voient pas bien de quoi il s’agit. 

Bien que le métavers en soit à ses balbutiements, plusieurs industries comme celle du luxe, du jeu vidéo, de la mode, des arts et du divertissement ont déjà acheté des biens ou mené des activités sur le métavers pour mieux comprendre ce nouvel univers.  

Et le tourisme ?

Plusieurs cas d’usages du métavers ont le potentiel d’être appliqués au tourisme : faire la promotion de sa marque, de son établissement ou de sa destination, présenter de l’information essentielle sur son offre de manière immersive, créer des expériences de réservation fluide et réaliste, organiser des événements et des spectacles ou tenir une boutique virtuelle. 

Le fait d’essayer avant d’acheter, même de façon virtuelle, peut augmenter le taux de réservation et de conversion. En hébergement par exemple, le métavers peut permettre aux voyageurs de prendre des décisions d’achat éclairées en vivant une expérience immersive réaliste de leur future chambre d’hôtel et de ses fonctionnalités. Le même bénéfice s’applique au secteur des événements et des banquets, où les caractéristiques des salles sont primordiales et peuvent être mieux perçues et appréciées dans un environnement 3D. 

Des opérateurs touristiques font déjà le pas

En Espagne la station balnéaire Benidorm a annoncé Benidorm Land, un projet pilote qui présente une version virtuelle de la destination aux 140 millions d’utilisateurs de la plateforme de jeux vidéo Steam. Il s’agit d’une preuve de concept pour une future application visant à promouvoir la destination auprès d’un public numérique et à s’ouvrir à un nouveau mode de communication.  

Ibis Styles, la marque hôtelière qualifiée de plus créative du groupe Accor, a débuté dans le métavers en lançant la galerie dart virtuelle «Open to Creators», en partenariat avec un artiste numérique connu mondialement et dont les œuvres numériques seront accessibles via la plateforme spatial.io. La galerie virtuelle suit les derniers événements physiques des nouveaux hôtels ibis Bangkok Silom et ibis Styles Sevilla, où des œuvres originales ont été créées à loccasion de leur ouverture. La galerie se veut modulable et évolutive afin de mettre en avant les prochaines ouvertures dhôtel ainsi que les nouveaux artistes du programme Open to Creators. 

Source: Spatial.io 

Dans le domaine aérien, Qatar Airways a lancé QVerse, une expérience de réalité virtuelle qui permet aux utilisateurs de visiter la zone denregistrement Premium de laéroport international Hamad ainsi que dexplorer virtuellement lintérieur de la cabine. Il s’agit de la première compagnie aérienne mondiale à introduire un équipage de cabine MetaHuman (Sama) qui offre une expérience client interactive. 

Source : qatarairways

Vueling, une compagnie low cost espagnole prévoit d’offrir à ses clients la possibilité de visualiser et de réserver leurs voyages avec le transporteur via un canal de distribution dans le métavers. 

British Airways a introduit la réalité virtuelle dans le cadre de son divertissement en vol en première classe. 

À son tour, Emirates a révélé son intention d’investir 10 millions de dollars dans la création « d’expériences de marque » de signature dans le métavers. 

Pour créer une expérience de magasinage immersif, l’aéroport Heathrow à Londres s’est, quant à lui, associé à des marques de luxe telles que Chanel et leur « vaisseau spatial de beauté », pour permettre aux passagers d’essayer virtuellement des produits. 

Bien qu’encore à ses débuts, le métavers a le potentiel d’enrichir et de faciliter les expériences de voyage avant, pendant et après le séjour et de créer un sentiment d’engagement avec les marques. Face à cette innovation émergente, il s’agit de rester à l’affût des différentes initiatives, d’apprendre, d’explorer et de se préparer.  

Image à la une : Pexels

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.  

Catégories
Hébergement Tendances

Quel avenir pour l’hôtellerie urbaine ?

Qui occupera les hôtels en milieu urbain si le volume des déplacements d’affaires n’atteint pas les seuils observés avant la pandémie ? Comment les hôteliers peuvent-ils imaginer à nouveau l’espace, tenter d’augmenter l’achalandage ou d’attirer une clientèle différente ? Ce sont des questions auxquelles l’Association romande des hôteliers (ARH), l’École Hôtelière de Lausanne (EHL) et l’Institut de tourisme de la HES-SO Valais-Wallis ainsi que divers partenaires de l’industrie ont tenté de répondre lors d’une récente étude de 2021. Cette dernière répertorie des stratégies innovantes qui répondent à cet enjeu de fréquentation.  

La méthodologie employée

Les porteurs du projet ont d’abord sondé différents établissements hôteliers suisses pour comprendre les défis de la reprise graduelle des activités. Les résultats de cette première enquête mettent en évidence qu’une majorité d’hôteliers souhaitent travailler de concert avec les acteurs urbains pour mieux exploiter les atouts de la ville. À la suite de cette démarche, un concours d’idées destiné au grand public a été lancé ; l’objectif était de générer de nouvelles réflexions et de promouvoir l’avis de la population.  

Source de l’image: Conférence L’avenir des hôtels urbains 

Après le concours d’idées, trois groupes de réflexion composés de professionnels de l’industrie hôtelière et de secteurs connexes (architectes, designers, économistes, professionnels du tourisme…) se sont réunis au cours de divers ateliers. La discussion convergeait vers un point : l’hôtel devait redevenir un lieu de vie multifonctionnel. Un second sondage rassemblant des propositions plus précises a ensuite été envoyé aux hôteliers participants. Enfin, des groupes de discussions regroupant des experts de divers horizons ont permis d’évaluer la faisabilité des propositions les plus populaires et d’effectuer un travail de synthèse.  

L’hôtel urbain doit redevenir un lieu de vie multifonctionnel.

La Chaire de tourisme Transat s’est entretenue avec une partie prenante active du projet, le Dr Roland Schegg, professeur à la Haute école spécialisée de Suisse occidentale en Valais (HES-SO Valais-Wallis) et chercheur à l’Institut du tourisme (ITO), pour commenter les résultats de ce processus d’idéation : « Ce qui est difficile en tant que chercheur, c’est qu’on ne va pas mettre en œuvre les idées, on tente le plus possible avec cet exercice d’inspirer les hôteliers, à la fin c’est une décision entrepreneuriale ; certaines des propositions formulées peuvent fonctionner pour un établissement et pour un autre, non ».  

Source de l’image: Conférence L’avenir des hôtels urbains 

Les constats obtenus

À la suite de cet exercice de consultation, les parties prenantes de l’étude proposent des pistes de réflexion et des stratégies de relance pouvant appuyer le secteur hôtelier urbain. Ces dernières sont regroupées dans un recueil selon quatre thématiques principales. 

 

Cœur de quartier 

Le recueil suggère que les hôtels urbains s’ouvrent sur leur quartier pour devenir un noyau social invitant, tant pour la population que pour les touristes en visite. Ces établissements favoriseraient la rencontre entre les visiteurs et les visités ; ils feraient ainsi office de lieu d’échange convivial et accessible. Les hôtels pourraient alors proposer à des artisans locaux de présenter leurs produits de manière sporadique à la réception. Pour ceux disposant d’un restaurant, pourquoi ne pas offrir des cours de cuisine en saison plus calme ? La diversification des activités générerait des revenus supplémentaires et renforcerait la visibilité du lieu.  

Le programme montréalais Passerelle est un bel exemple d’initiative qui invite les résidents comme les voyageurs à (re)découvrir leur hôtel de quartier en participant à des représentations d’artistes locaux.  

 

Hôtel hybride

Les hôtels en milieux urbains gagneraient à imaginer une reconfiguration plus flexible de leurs espaces pour répondre à de nouveaux besoins et attirer une clientèle diversifiée. En plus des chambres, on pourrait mettre à disposition des espaces de soins, des boutiques et marchés et des salles de réunions. Cette diversification du modèle d’affaires viendrait également cibler des segments de clientèle qui n’habitent pas en ville à longueur d’année, par exemple les étudiants ou les travailleurs saisonniers. Il serait alors envisageable d’offrir des tarifs différenciés se basant sur la durée des séjours et les services utilisés (buanderie, casiers, cuisine…).  

Le modèle d’hébergement au séjour prolongé se base en partie sur ce principe et voit de plus en plus le jour au Québec et ailleurs dans le monde. C’est notamment ce que propose le Hampton Inn et Homewood Suites par Hilton situé dans le quartier chinois montréalais. En Europe, on retrouve le concept d’Edgar Suites ou du The Student Hotel.  

 

Espace de coworking 

En relation avec cette configuration plus flexible et hybride des lieux, les hôtels urbains pourraient proposer des espaces de travail aux personnes en télétravail ou en formule hybride. Les pièces devraient disposer du matériel nécessaire (prises, écrans, ordinateurs…) pour accueillir ce type de clientèle, mais avant tout favoriser les échanges et permettre l’interaction entre collègues. Les hôtels auraient alors l’opportunité de devenir des lieux de réseautage favorisant le bien-être des employés. Il pourrait être intéressant de proposer des forfaits incluant un repas ou une activité ou même d’établir des partenariats avec des entreprises locales spécialisées dans le coworking. 

C’est ce qu’a fait le groupe Accor pour l’un de ses hôtels lors du dernier tournoi Roland-Garros. La société a collaboré avec Wojo, un réseau européen d’espaces de travail, pour transformer certains lieux en postes éphémères de coworking.  

 

Hôtel destination 

Le recueil suggère enfin aux hôtels urbains d’enrichir leur offre dans l’objectif d’être bien plus qu’un simple lieu de passage pour les voyageurs. Proposer plusieurs activités au sein de l’établissement ou à proximité pourrait en faire le produit d’appel de la destination. Le mot d’ordre : personnalisation. Cette démarche leur permettrait d’attirer des segments de clientèle diversifiés, comme des familles ou des voyageurs d’affaires qui souhaiteraient prolonger leur séjour sans trop se casser la tête.  

Pour la suite, M. Schegg souhaite notamment réfléchir à la pénurie de main-d’œuvre. À son avis, il sera primordial de repenser les processus des entreprises touristiques pour s’adapter aux demandes des nouvelles générations qui placent leur qualité de vie comme une priorité. Il ajoute qu’il est nécessaire, en tant que gestionnaire, de prendre le temps de sortir de son quotidien, de voir ce qui se fait ailleurs et de se mettre dans la peau du client. Prendre du recul n’est pas du temps perdu.   

Chose certaine, les idées ne manquent pas. Les hôtels urbains qui s’adapteront à la nouvelle réalité des villes auront la possibilité de devenir des pionniers dans le secteur.  

Pour consulter le plus récent rapport rédigé par le Dr Roland Schegg et ses collègues en lien avec la gestion de crise et le secteur hôtelier, cliquez ici.  

Image à la une : Pexels

Source des icônes : Rapport Avenir de l’hôtellerie d’affaires urbaine

Catégories
Gestion Marketing

Les programmes de fidélisation, toujours d’intérêt ?

Les stratégies traditionnelles utilisées par les marques pour engager les consommateurs et les inciter à renouveler un achat ou réitérer une expérience ont été bouleversées par une pandémie aux proportions historiques. Au sortir de cette crise, les demandes et les besoins des consommateurs ne cessent d’évoluer. Dans ce contexte, les programmes de fidélité exercent-ils toujours une influence sur les choix des consommateurs ? 

44 % des Américains considèrent que les programmes de fidélité jouent un rôle dans leur sélection d’hôtel. 

Les résultats d’une étude menée en mars 2022 par la firme YouGov le confirment ; 44 % des Américains considèrent que les programmes de fidélité jouent un rôle dans leur sélection d’hôtel. 

Selon une enquête menée à l’automne 2021 par Points auprès de plus de 2 000 répondants américains et européens, près de 75 % des membres de programmes de fidélisation d’hôtels se disent satisfaits des marques auxquelles ils sont fidèles. Cependant, 35 % d’entre eux désireraient plus de façons de gagner des points. 

Du côté des compagnies aériennes, c’est plutôt 66 % des personnes fidélisées qui se réjouissent du service des marques dont elles sont membres. Quelque 43 % d’entre elles déplorent tout de même les possibilités limitées d’utilisation des points. 

Les hôtels et les compagnies aériennes doivent donc identifier les avantages et les incitatifs les plus efficaces pour demeurer compétitifs sur un marché en pleine reprise. La manière dont ils répondront aux différentes préférences des clients sera déterminante. En effet, l’adaptation des programmes de fidélité pourra aussi bénéficier à la destination touristique.  

C’est le début d’un temps nouveau

Selon une récente étude effectuée par Skift, en 2021, 47 % des voyageurs d’agrément étaient membres de l’hôtel dans lequel ils ont séjourné lors de leur plus récent voyage, une croissance de 4 % par rapport à 2020. Du côté des voyageurs d’affaires, c’est plutôt 64 % d’entre eux qui étaient membres, un chiffre stable selon les résultats de 2020.  

Étant donné la situation sanitaire et environnementale, certains voyageurs d’affaires décideront de se déplacer moins fréquemment qu’avant la pandémie. Ils auront donc des attentes similaires à celles des voyageurs d’agrément en termes de privilèges. Ainsi, les programmes qui valorisent la quantité de séjours en offrant de gravir des échelons selon le nombre de réservations effectuées ne leur conviendront plus nécessairement. Les clientèles qui voyageront moins pourraient, par exemple, apprécier davantage la possibilité d’échanger en partie ou en totalité les points accumulés contre des expériences ou des produits, selon leur convenance. 

Il est plus avantageux pour certaines clientèles de pouvoir échanger en partie ou en totalité leurs points contre des expériences ou des produits concordant davantage à leur style de vie.   

D’un point de vue structurel, les systèmes d’accumulation de points peuvent offrir des avantages attrayants, mais ne peuvent avoir d’impact que si les clients sont en mesure d’atteindre les seuils demandés. Dans cette optique, certaines grandes chaînes se sont adaptées au marché et proposent de plus en plus des avantages personnalisés ou des bénéfices instantanés. 

Hilton 

Les adhérents au programme Hilton Honors peuvent choisir d’échanger leurs points contre des billets pour des concerts, des achats sur Amazon ou des miles aériens ; des possibilités intéressantes qui leur octroient une certaine souplesse.  

Pendant la pandémie, le groupe hôtelier a pris la décision de retarder l’expiration des statuts (argent, or, diamant) et des points afin de donner aux membres plus de temps pour profiter de leurs privilèges. Hilton a également réduit les formalités pour passer d’un statut à un autre et a diminué les seuils qui permettent de gagner des nuits bonus, ce qui rend cette récompense plus accessible. 

Source de l’image: Hilton Honors 

Choice Hotels 

Les membres du programme Choice Privileges peuvent choisir de convertir leurs points en cartes-cadeaux de restaurants ou de détaillants participants ou en miles aériens.  

Au début de la pandémie, Choice Hotels Canada a aussi décidé de retarder l’expiration des statuts (or, platine, diamant) et des points des membres. Le groupe hôtelier a également mis au point un plan qui a permis à ses hôtels d’établir plus aisément des liens avec les attractions locales et les organisations de gestion de la destination. Il résulte de ce maillage des forfaits et des suggestions de séjours qui non seulement appuient les clientèles dans leur planification de voyage, mais soutiennent aussi les entreprises touristiques limitrophes.  

Source de l’image: Choice Hotels

Accor 

En janvier 2020, Accor a lancé Accor Live Limitless (ALL). Le programme permet notamment aux adhérents d’utiliser leurs points comme option de paiement dans différents restaurants participants ou pour l’achat d’articles chez diverses entreprises partenaires, comme Apple, Bosh ou Dyson. Les membres ont aussi la possibilité d’échanger leurs points contre des activités ou des entrées à certains événements ou spectacles. 

Accor n’exige pas de ses membres qu’ils séjournent à l’hôtel pour accumuler des points ; certains restaurants ou bars participants leur permettent de le faire. Cette démarche permet à la société d’étendre sa portée, d’attirer des clients potentiels, mais surtout de les aider à accumuler des points plus facilement. 

Source de l’image: Accor 

Des changements pour l’action climatique

Certains hôtels commencent peu à peu à moderniser leurs programmes de fidélisation pour répondre à l’intérêt grandissant des voyageurs pour le tourisme durable. Par exemple, les membres Radisson Hotels Americas peuvent désormais compenser l’équivalent d’une tonne de CO2 contre 4 000 points par le biais de l’organisation First Climate. IHG Hotels & Resort offre 500 points aux clients qui renoncent au service d’entretien ménager pendant leur séjour dans divers établissements participants.  

L’Office du tourisme d’Hawaii, en partenariat avec des hôtels, des compagnies aériennes et des organisations bénévoles, a mis sur pied le programme Malama Hawaï. En participant à des projets de reforestation, de plantation d’arbres ou de nettoyage de plages pendant leur séjour, les clientèles des hôtels participants peuvent bénéficier de plusieurs avantages, soit des réductions ou même des nuitées gratuites. L’objectif est d’offrir aux voyageurs une expérience de voyage significative et enrichissante qui pourrait les inciter à revenir et éventuellement devenir un membre fidèle (lire aussi : Hawaï : voyager et redonner à la communauté). 

Source de l’image: Hololeʻa 

Plusieurs programmes de fidélité ont évolué et tentent de combler les nouvelles attentes des clientèles. Les initiatives pour les (re)engager sont diverses, mais une modernisation s’impose. Quelle stratégie allez-vous prioriser? 

Image à la une : Pexels

Catégories
Tendances

Les tendances touristiques racontées

Cette année, l’équipe de la Chaire a collaboré avec le bédéiste Cyril Doisneau pour mettre en scène certaines tendances décortiquées dans le cahier Perspectives touristiques2022. Nous vous invitons à les découvrir à travers l’histoire de nos deux voyageurs afin de déceler des opportunités ou des défis qui pourraient se présenter au cours des prochains mois. Bonne lecture! 

Image à la une : Cyril Doisneau

Catégories
Hébergement Segments de clientèles

Le renouveau du tourisme de luxe

Les résultats d’une récente étude effectuée par GlobalData montrent une reprise impressionnante des voyages de luxe. La pandémie de COVID-19 a permis aux plus fortunés de continuer de s’enrichir et à d’autres voyageurs d’économiser plus qu’à la normale. En effet, les données de 2021 du Economic Tracker montrent que le taux d’épargne des Américains à revenu élevé est de 10 % à 20 % plus élevé que celui des consommateurs aux salaires moyens ou faibles. Les clientèles nanties sont maintenant prêtes à profiter de ces économies.  

Selon le Economic Tracker, les dépenses des Américains à revenu élevé n’ont cessé d’augmenter de janvier à novembre 2021 (de 0,5 % à 28,2 % par rapport au niveau prépandémique). Ces consommateurs aisés, disposant d’un pouvoir d’achat plus élevé, ont déjà recommencé à voyager à la fin de l’année 2021. Aux États-Unis, GlobalData constate que le revenu total des hôtels de luxe a connu la plus forte reprise en 2021, avec une augmentation de 147 % par rapport à 2020. Il s’agit d’une croissance nettement supérieure à celle de l’hôtellerie économique, qui a connu une hausse de revenu annuel de 42 %.   

Selon une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1 206 voyageurs québécois, les ménages ayant un revenu annuel de plus de 150 000 $ se trouvent davantage en situation de télétravail que les autres (62 % d’entre eux contre 40 %) ce qui leur permet une plus grande flexibilité et en font une clientèle potentielle pour le workation (lire aussi : Les télétravailleurs, un segment à saisir). D’après Statistiques Canada, parmi les couples formés de deux salariés et appartenant à la tranche supérieure des revenus d’emploi, 45 % d’entre eux travaillaient à domicile d’avril 2020 à juin 2021. Ce taux est 9 fois plus élevé que celui de la tranche salariale tout juste en dessous. Les couples plus aisés occuperaient ainsi des emplois se prêtant mieux au télétravail, ce qui représente une opportunité pour les prestataires d’expériences de luxe.  

Inégaux face à l’inflation

Bien que la pandémie ait été bénéfique pour un segment de clientèle particulier, d’autres consommateurs ont, à l’inverse, ressenti les effets de la crise sur leur épargne. Selon une étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), l’inflation des dernières années a plus particulièrement eu un impact sur les ménages québécois plus démunis. En vingt ans, l’augmentation du coût du panier de consommation de ces ménages est pratiquement 27 % plus forte que celle qui affecte les familles les plus riches.  

En contrepartie, la hausse des prix ne semble pas avoir affecté les habitudes de consommation des ménages québécois plus fortunés qui allouent en moyenne 8,2 % de leur budget aux loisirs, contre 4,9 % pour les ménages plus pauvres. Cet écart est particulièrement prononcé pour les dépenses reliées aux spectacles et aux forfaits-voyages.  

Un nouveau segment de voyageurs de luxe

Certains des éléments plus traditionnels ou formels d’un séjour de luxe sont mis de côté au profit d’une approche plus détendue, informelle et inclusive, correspondant mieux aux millénariaux.

Les codes du luxe sont en pleine évolution et s’imbriquent dans plusieurs sphères telles que la mode, le design, l’art ou les technologies. Le nouveau luxe est principalement porté par la génération Y qui serait responsable de près de 85 % de la croissance du secteur et devrait représenter 45 % de la clientèle en 2025, selon le balado de FERRANDI Paris. Certains des éléments plus traditionnels ou formels d’un séjour de luxe sont donc mis de côté au profit d’une approche plus détendue, informelle et inclusive, correspondant mieux aux millénariaux.  

Les voyageurs de luxe modernes ont donc de nouvelles attentes et désirs qui dépassent les grandes chaînes hôtelières luxueuses ou les billets d’avion en première classe. En concordance avec les intérêts de leur génération, ils favorisent les hébergements prônant des pratiques durables. Ils souhaitent également être en mesure de créer des liens avec le personnel touristique. Ils prônent aussi les expériences uniques et personnalisées, ancrées dans la communauté locale. Les offres d’hébergement correspondant à ces critères voient de plus en plus le jour. 

C’est notamment ce que propose le KAJ Hotel, une capsule flottante danoise entièrement fabriquée à partir de matériaux récupérés. Le KAJ Hotel est situé dans une partie tranquille du port de Copenhague, mais demeure à proximité de plusieurs attractions touristiques. L’hébergement, équipé tel un appartement complet, répond à la tendance générale des voyageurs à vouloir vivre comme les locaux. Cet hôtel comporte toutefois un caractère exclusif, car il comprend une seule résidence ; y dormir représente donc un privilège pouvant être perçu comme du luxe.  

Source de l’image: KAJ Hotel 

De son côté, Moliving, un hôtel nomade d’unités modulaires préfabriquées, permet aux voyageurs de vivre des expériences luxueuses en mettant en valeur et en respectant le milieu environnant. Chaque cabine de 400 pieds carrés comprend une chambre, une salle de bains, deux terrasses et un espace de vie. Entièrement meublées, les unités perturbent peu lenvironnement et peuvent facilement être déplacées sans endommager le terrain, en plus d’être autosuffisantes sur le plan énergétique. 

Source des images: Moliving 

Ces deux types d’hébergement sont au cœur même de ce que recherche le nouveau segment de voyageurs de luxe en 2022 ; une expérience hors du commun. Une étude menée par Flywire auprès de 600 voyageurs de luxe américains suggère qu’ils chercheront à tirer parti des économies accumulées pendant la pandémie de COVID-19 pour vivre des expériences inoubliables. C’est ce que confirme également une enquête d’Expédia menée auprès de 12 000 voyageurs américains. Les répondants âgés de 18 à 34 ans seraient à l’origine d’une tendance forte pour 2022 ; celle du voyage extraordinaire et de la quête d’expériences enrichissantes et significatives. 

Les voyageurs de luxe millénariaux obligeront les voyagistes à diversifier leur offre. Ces derniers devront miser sur l’émerveillement et la personnalisation des expériences qui devront être en harmonie avec les communautés locales et l’environnement.  

Image à la une : Pexels

Catégories
Hébergement Technologies

Optimiser les données : le cas de l’entreprise SensorFlow

Fondée en 2016 à Singapour, SensorFlow combine l’utilisation de solutions IoT (Internet des objets) sans fil et l’intelligence artificielle pour améliorer la productivité et l’efficacité énergétique des établissements hôteliers.   

Selon des données recueillies dans de nombreuses propriétés installées en Asie, l’entreprise a constaté que la majorité (>50 %) des clients laissent la climatisation en marche pendant leur absence, et ce, même si la clé de la chambre actionne le système. De plus, environ 1 client sur 3 règle la température en dessous de 21 °C et une proportion non négligeable (12 à 33 %) ajuste la climatisation à des températures inférieures à 19 °C même lorsqu’ils s’absentent. 

De ces constats est née l’idée de permettre aux gestionnaires de visualiser les données en temps réel sur la consommation d’énergie, les tendances d’occupation et les comportements des clientèles, ainsi que sur la gestion du chauffage, de la ventilation et de la climatisation.

La solution SmartREM (Smart Room Energy Management) peut aider les hôtels à économiser jusqu’à 30 % de leur énergie totale et jusqu’à 40 % de leurs coûts de maintenance.

Fonctionnement et application

Selon Oracle, une entreprise de gestion de bases de données, une solution IoT qui permet de « connecter des objets (appareils électroménagers, voitures, thermostats, interphones bébés) à Internet par l’intermédiaire de terminaux intégrés » doit d’abord être mise en place. Ce processus implique l’installation d’une série de capteurs sans fil qui communiquent et interagissent entre eux.   

De manière concrète, les capteurs d’occupation et les thermostats intelligents décèlent le moment où des clients quittent la chambre et qu’un appareil consommant de l’énergie — la climatisation par exemple — fonctionne toujours. L’intelligence artificielle éteint ou ajuste le système en marche à un réglage plus efficace sur le plan énergétique. Les capteurs détectent ensuite le retour des clients ; le système se remet alors automatiquement en marche à la température précédemment programmée. Cette procédure permet d’économiser de l’énergie et ne nécessite pas l’intervention du personnel hôtelier.  

L’IoT collecte également des données en continu sur la quantité d’énergie utilisée dans chaque pièce. Un tableau de bord disponible en ligne regroupe toutes ces données et fournit des tendances qui aident les hôteliers à offrir un service personnalisé et une expérience client améliorée. Les données de fréquentation des chambres leur permettent, par exemple, d’optimiser l’itinéraire du personnel d’entretien ménager. Le principe d’automatisation informe également les gestionnaires des équipements défectueux, ce qui aide notamment à anticiper les pannes et à éviter les plaintes de clients ou prévenir la condensation ou l’apparition de moisissures dans les chambres. 

Source : SensorFlow 

En réponse aux taux d’occupation instables dans les hôtels pendant la pandémie de COVID-19, SensorFlow a développé le système SmartAlloc (Smart Room Allocation), une plateforme qui identifie les chambres les moins performantes sur le plan énergétique et qui s’assure qu’elles ne sont pas utilisées en période de faible occupation. 

Le cas de SensorFlow démontre comment les données mènent à une optimisation des ressources. Une entreprise dont l’ensemble des décisions stratégiques sont guidées par les données implique le développement d’une culture de la donnée à travers les équipes de travail. Cette approche doit ainsi se refléter dans la culture de l’entreprise. Tel que le souligne Max Pagel, co-fondateur et directeur des technologies pour SensorFlow : « Pour implanter une culture de données, il faut commencer par s’intéresser aux gens. Éduquez-les sur la façon dont les données peuvent être utiles et comment passer d’un bout à l’autre du cycle “capter des données ; évaluer leur pertinence ; passer à l’action ; capter des données” pour instaurer un processus d’amélioration continue ». 

Les services de SensorFlow sont destinés exclusivement à l’industrie hôtelière et sont actuellement disponibles à Singapour, en Thaïlande, au Vietnam, en Indonésie, au Cambodge et aux Philippines. Leur objectif pour 2022 : percer le marché américain. 

Image à la une : Pexels

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

Catégories
Tendances

Trois tendances en plein air pour s’inspirer

Hébergements insolites et lieux non conventionnels

En 2018, une analyse du Réseau de veille en tourisme faisait remarquer une montée des hébergements de plein air immersifs. Cette tendance a pris un virage insolite et épars avec un éclatement de l’offre. La naissance d’initiatives québécoises comme l’hôtel nomade UNIQ et le refuge vitré situé dans l’enclot des loups du Parc Oméga, pour n’en citer que quelques-unes, démontre cette tangente vers des lieux hors du commun. 

tendances plein air

Source: UNIQ 

Mobilité convoitée

Les voyageurs québécois interrogés en décembre 2021 par la Chaire de tourisme Transat ont exprimé un intérêt significatif envers les chalets en nature (68 %) et les campings non traditionnels (45 %) pour un prochain séjour. Autour du tiers des sondés s’intéressent à la caravane/motorisé et au van aménagé. Il s’agit là d’un engouement certain pour les hébergements mobiles chez les habitants de la Belle Province. 

tendances plein air

En 2021, l’entreprise VanLife MTL a doublé son parc de véhicules récréatifs en location. Dans une entrevue avec le Réseau de veille en tourisme, la co-fondatrice de Terego une application qui permet aux producteurs agricoles daccueillir les amateurs de vanlife sur leur site confiait également qu’elle remarquait une importante hausse de la demande. À ses débuts en 2017, son organisation comptait 300membres voyageurs, alors que la saison de 2021 s’est conclue avec plus de 5000inscrits. Terego dénombre plus de 200entreprises désireuses de se convertir en hôtes au Québec. 

tendances plein air

Source: Terego 

Dans le même ordre d’idées, en Finlande, le Café Bar Pesula a commencé à offrir aux campeurs la possibilité de stationner leur véhicule ainsi que l’accès à l’électricité et à des toilettes chimiques pour 24 heures, en échange de 15 euros. Elle invite également les vanlifers à profiter d’un déjeuner dans leur établissement. 

Multiplication de circuits spécialisés

Depuis 2020, les fournisseurs de matériel de plein air ont peine à répondre à la demande. Selon un rapport de la firme 360 Research Reports, cette ruée vers ce type d’équipement se poursuivra au moins jusqu’en 2026.  

Ces signaux montrent l’apparition d’adeptes autonomes et équipés, néophytes ou expérimentés, qui recherchent de nouveaux endroits pour pratiquer leurs activités. Certaines destinations ont saisi l’occasion de les attirer par des itinéraires singuliers. 

  • La Norvège a récemment inauguré une route balisée où les pagayeurs peuvent naviguer sur un réseau de sentiers fluviaux de plus de 600 km. En complément, des cartes illustrent sous forme d’icônes les informations nécessaires à l’organisation de courts séjours ou de longs périples. 
  • Aux États-Unis, le US Bicycle Route System, un réseau cyclable à travers le pays, a ajouté 18 routes dédiées aux vélos dans cinq États. Cette adjonction de plus de 4 600 km traverse des lieux emblématiques comme le littoral de l’Ouest et les forêts de Redwood. Une carte interactive informe les cyclistes sur les précautions à prendre et les services offerts sur chaque itinéraire.

tendances plein air

Source: Lonely Planet 

  • La Finlande a publié un circuit court qui mise sur «la thérapie des couleurs». L’initiative regroupe 16attraits naturels et patrimoniaux aux teintes vibrantes à visiter durant la saison automnale.   

tendances plein air

Source: Metsähallitus 

  • En Italie, les amateurs de longue randonnée pourront jouir d’un terrain de jeu de plus de 7 000 km, avec l’inauguration d’un projet de sentiers qui vise à connecter les 25 parcs nationaux du pays. 

tendances plein air

Source: BBC travel 

Technologies et autonomie des visiteurs

La forte popularité du plein air provoque une importante fréquentation des sites naturels. Pour éviter les fermetures, plusieurs gestionnaires ont tenté, entre autres, de gérer l’achalandage avec des stratégies numériques (plateforme de réservation, comptage, bornes, etc.).  

Comme le Connected Communities Research Lab l’illustre dans son rapport Smart Parks, l’adoption de technologies — comme des applications ou des objets connectés — par des territoires protégés atteint un niveau optimal lorsque les données sont collectées, rassemblées et surtout, partagées avec les clientèles.  

Dans cet ordre d’idées, les initiatives numériques qui émergent visent une certaine autonomie des visiteurs. Cette approche mise sur l’implantation de processus et d’outils qui influencent le comportement des utilisateurs pour gérer les flux de manière plus organique.  

En Finlande, des chercheurs ont testé une application destinée à mieux informer les visiteurs du parc national de Nuuksio afin de les répartir naturellement sur les lieux. Elle montre par exemple l’affluence dans les stationnements, les horaires des autobus en temps réel ainsi que les installations d’intérêt du site. Les statistiques d’utilisation (plus fortes durant les périodes de haute fréquentation) ainsi que les premières rétroactions reçues quant à l’expérience sur place suggèrent qu’un service d’information en direct peut modifier les flux. 

tendances plein air

D’autres initiatives de la sorte ont vu le jour en 2021, telles que : 

  • l’application GPS Waze, qui propose des itinéraires alternatifs lorsque l’achalandage de la destination est élevé; 
  • la Heat Map, qui illustre où se trouvent les grands centres d’achalandage; 
  • l’application Affluences qui informe aussi en temps réel sur le niveau d’achalandage d’attractions prisées, tant les musées que les magasins populaires. 

En 2022, le secteur du plein air devrait être marqué par des expériences qui réinventent les lieux de pratique et qui assurent une autonomie des clientèles par une structuration de l’offre et par le partage d’informations. 

Suivrez-vous le courant? 

Image à la une : Photo Nic de Unsplash

Catégories
Destinations Hébergement

Nouvelle vie aux bâtiments, second souffle aux villages

L’exode et le vieillissement de la population représentent des défis de taille pour plusieurs régions alpines. En Suisse, cette problématique impacte l’achalandage et le dynamisme des centres villageois. Divers bâtiments municipaux sont délaissés, puis abandonnés. Une réaffectation s’impose.  

Un modèle de gouvernance innovant

C’est ainsi que plusieurs villages font appel à l’Aide suisse à la montagne pour revitaliser ces lieux inoccupés. L’organisation est financée exclusivement par des dons et apporte son soutien aux projets générant de la valeur ajoutée et créant des emplois pour les populations suisses de montagne, notamment dans les secteurs de la restauration et de l’hébergement. Elle représente un modèle de gouvernance innovant qui encourage la mobilisation citoyenne. L’Aide suisse à la montagne reçoit l’appui de multiples experts bénévoles provenant de différentes sphères d’activité, comme le tourisme ou l’agriculture. Ces derniers examinent les demandes de projets des citoyens et soumettent leurs recommandations à un comité plus restreint, qui définit la stratégie, la supervise et décide ensuite du soutien monétaire accordé. En parallèle à ce processus, tous les dons sont gérés par une équipe administrative qui s’assure de garder une bonne relation avec les nombreux donateurs. En 2021, l’organisme a appuyé plus de 800 projets totalisant un investissement de 27,7 millions de francs — soit environ 38 millions de dollars canadiens.  

L’organisation reconnait ainsi l’importance de conférer à nouveau une fonction à un bâtiment symbolique dans un village. Définir un usage permet d’intéresser les habitants au potentiel d’un lieu inutilisé. En s’appropriant des bâtisses ou des sites ainsi que des enjeux y étant liés, les populations locales de montagne apprennent à connaitre leur territoire et à œuvrer pour sa pérennité. 

Petits villages, grandes ambitions

L’un des moyens de contrer l’exode est de permettre aux gens qui souhaitent rester dans leur région d’y travailler. La nouvelle vocation des bâtiments inoccupés contribue à la création d’emplois et donne l’occasion à plusieurs communautés d’améliorer leurs conditions de vie, mais aussi d’implanter une offre touristique à leur image. 

C’est notamment le cas d’Aragnon, une commune suisse du canton du Valais, qui reçoit de nombreux nomades numériques dans un espace de coworking situé dans l’édifice de l’ancienne école du village. De son côté, la localité de Pinsec propose aux touristes d’être hébergés dans de petites chambres d’hôtes, qui jadis, faisaient office de salles de classe.   

Dans le village de Gadmen, une école a été reconvertie en établissement d’hébergement. Le bâtiment principal accueille maintenant un hôtel qui comprend 11 chambres. On retrouve également sur place un restaurant, une salle de sport et un gîte avec plusieurs lits superposés pensés pour les groupes. 

Destination Hebrgement Ressources humaines rural

Source: Aide suisse à la montagne 

Dans la vallée de Muggio, le petit village de Scudellate, abritant à peine 20habitants à l’année, a entrepris un projet de plus grande envergure: un réseau dhébergement (albergo diffuso). Ce modèle italien offre les services d’un hôtel traditionnel selon une structure horizontale, qui subdivise les prestations hôtelières en plusieurs bâtiments. L’ancien restaurant a ainsi été rénové et fait à présent office de réception pour un petit hôtel qui se trouve à l’étage supérieur. Lécole, elle, accueille dorénavant quatrechambres d’hôtes comprenant plusieurs lits. À proximité, un Bed & Breakfast de luxe est en cours de construction et prévoit ouvrir ses portes en 2022. En termes de retombées, la revitalisation des diverses bâtisses a aidé à créer quatre emplois.  

destination Hebergement Ressources humaines rural

Source : Aide suisse à la montagne 

Crédit : Yannick Andrea 

Rappel à l’essentiel

Ces différentes communautés se sont tournées vers le tourisme pour redonner vie à leur région, sans pour autant perdre de vue leur objectif principal qui visait à contrer l’exode et à améliorer leurs conditions de vie en créant des emplois. Pour rester dans leur village natal, les habitants ont choisi d’investir dans la reconversion durable de certains bâtiments à l’abandon. Le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre nous rappelle l’importance de conserver nos ressources humaines. C’est d’autant plus primordial pour les petits joueurs qui jouissent d’une moins grande visibilité auprès des candidats potentiels. Comme quoi les plus petits peuvent aussi réussir à réaliser de grandes choses.  

Image à la une : Sergiu Vălenaș de Unsplash