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Tourisme durable

Décarboniser l’industrie touristique : comment s’y prendre ?

L’été dernier, alors que la côte ouest américaine était paralysée par des feux de forêt, l’Europe et l’Inde subissaient de nombreuses inondations et glissements de terrain. Dans le rapport du GIEC, paru le 9 août dernier, les scientifiques affirment que les humains sont « indiscutablement responsables des dérèglements climatiques, et n’ont d’autre choix que de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre s’ils veulent en limiter les dégâts ». Ils ajoutent que la planète devrait atteindre vers 2030 le seuil de +1,5 degré Celsius par rapport à l’ère préindustrielle, dix ans plus tôt que ce qui était prédit en 2018.   

Qu’en est-il de l’impact de l’industrie touristique ?

Selon une étude réalisée auprès de 160 pays et publiée en 2018 dans la revue scientifique Nature Climate Change, le tourisme représente 8 % du total des émissions de carbone produites dans le monde. En plus des déplacements, ce pourcentage comprend l’impact des choix d’hébergement et des activités effectuées à destination. L’achat de biens, la nourriture et le transport en sont les principaux contributeurs. Même si la pandémie a entrainé une baisse de 7 % des gaz à effet de serre générés en 2020, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) prévoit une hausse de 25 % des émissions de carbone liées au transport en tourisme d’ici 2030, par rapport à 2016.

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Source : Sustainable Travel International

Des itinéraires de proximité et des circuits courts de la ferme à la table sont quelques-unes des solutions pouvant être implantées pour réduire les émissions de carbone.

Des voyageurs prêts à faire leur part

Une enquête en ligne menée par la Chaire de tourisme Transat à l’automne 2020 auprès de 1174 voyageurs québécois âgés de 18 à 74 ans nous informait que la moitié des répondants soulignaient être prêts à modifier leurs habitudes de voyage si cela pouvait contribuer à réduire leur empreinte. Le tiers disaient également porter plus d’attention aux pratiques durables des prestataires touristiques.

Selon une étude en ligne de Booking.com réalisée en avril dernier auprès de 29 000 touristes originaires de 30 pays, 61 % affirmaient que la pandémie les avait encouragés à vouloir voyager de façon plus durable. Près de la moitié (49 %) avaient même admis avoir modifié leur comportement et adopté des changements positifs dans leur vie quotidienne, tels que recycler ou réduire leurs déchets alimentaires.

« Les engagements durables pris par les voyageurs au quotidien sont cohérents avec leurs intentions pour de futurs voyages : (…) quelque 83 % souhaitent réduire leur consommation d’énergie et 79 % désirent utiliser des modes de transport plus respectueux de l’environnement, parmi lesquels la marche, le vélo ou les transports publics plutôt que les taxis ou les voitures de location. » – traduction libre de l’anglais, Booking.com

Afin de répondre à l’urgence d’agir, de même qu’aux nouvelles attentes des consommateurs, les acteurs de l’industrie doivent débuter une transition écologique dès maintenant.

Réduire son empreinte carbone

Avant d’être en mesure de la réduire, il faut la calculer. Carbone Boréal, un programme de recherche de l’UQAC, permet aux particuliers et aux organisations de connaître l’empreinte carbone de leurs clients et de la compenser.

L’évaluation ACT® (Assessing low Carbon Transition), développée par l’Agence de la transition écologique (Ademe) en France, offre aux entreprises d’évaluer leurs actions climatiques et d’identifier les stratégies à déployer dans une économie sobre en carbone. Une telle évaluation est désormais proposée au Québec grâce à l’équipe de PME sobre en carbone, co-initiée par Québec Net Positif et le cabinet-conseil CCG. Pour les entreprises de moins de 100 employés, 2500 $ sont requis pour le diagnostic.

Pour les organisateurs d’événements ou les hôteliers, seule la certification de la Clé verte est accréditée et reconnue par le Global Sustainable Tourism Council (GSTC). Des outils pratiques et des conseils personnels sont disponibles pour gérer et améliorer l’impact environnemental de son organisation ou de son congrès.

Voici quelques exemples pour réduire son empreinte carbone.

En milieu urbain

Optimiser le transport public et développer plus de voies piétonnes et cyclables sont le nerf de la guerre pour diminuer ses émissions de CO2. Copenhague, au Danemark, véritable leader en la matière, a remporté le titre de meilleure ville cyclable par les experts américains de Treehugger. Ce moyen de déplacement fait partie de l’ADN de la capitale danoise où le tiers de ses 700 000 citadins se côtoient chaque jour sur un réseau de 350 km en pistes cyclables. Le métro et le train viennent compléter cette offre de transport écologique.

En 2014, la ville de Barcelone faisait face à de sérieux problèmes de pollution de l’air et n’arrivait pas à satisfaire aux objectifs fixés par l’Union européenne. En 2017, le projet d’urbanisme des superblocks a été initié afin d’améliorer la qualité de l’air. Il s’agit de « miniquartiers » de 9 îlots urbains où l’accès aux véhicules est limité et où l’espace est dédié aux piétons et aux vélos.

Source : Vox, Youtube

À Paris, après avoir interdit les véhicules motorisés polluants et transformé les abords de la Seine en parc linéaire, un nouveau concept a vu le jour en 2020 : « La ville du quart d’heure ». L’idée est de répondre à tous les besoins essentiels des résidents dans un rayon de 15 minutes à pied et, ainsi, diminuer leurs déplacements et leurs émissions de CO2. Une autoroute pour vélos a même été développée pendant la pandémie afin de faciliter la circulation dans le Grand Paris. Ce projet sera pérennisé grâce à un investissement équivalent à 44 millions de dollars canadiens.

À l’échelle d’une entreprise, les hôteliers pourraient donner un abonnement Bixi journalier à leurs clients ou inclure un titre de transport en commun valide pour 24 heures. Ainsi, un mode de vie actif et misant sur la proximité peut venir enrichir l’expérience du visiteur et réduire son impact environnemental.

En transport

La compagnie aérienne KLM, pionnière en développement durable dans son industrie, a lancé en 2019 une campagne pour amener les gens à voyager de façon responsable. Elle est la première entreprise de ce secteur à suggérer à ses clients de privilégier d’autres moyens de transport comme le train pour de courtes distances, ou même de les encourager à ne pas se déplacer si les réunions d’affaires peuvent se faire en vidéo.

Source : KLM, Youtube

À destination

Une fois à destination, des agences de voyages peuvent favoriser le tourisme lent et des itinéraires de proximité. C’est le cas de l’entreprise québécoise Karavaniers qui propose à ses clients de passer plus de temps dans une même région pour s’imprégner des cultures locales.

Les organisations de gestion de la destination (OGD) ont aussi un rôle à jouer pour promouvoir les expériences de leur territoire aux citoyens. En France, l’Office de Tourisme Aunis Marais Poitevin a développé un site Web s’adaptant à deux publics : les visiteurs et les résidents. Sur la page d’accueil, un bouton permet de sélectionner « on arrive » ou « je suis d’ici ». Cette dernière option met de l’avant le tourisme local en faisant la promotion des restaurants, des producteurs locaux et des activités se trouvant à proximité pour réduire les déplacements.

Dans la restauration et l’hôtellerie

Un des principaux moyens utilisés pour réduire l’empreinte carbone dans ces deux secteurs clés est l’approvisionnement responsable. La jeune pousse Arrivage l’a bien démontré grâce à sa plateforme permettant de couper les intermédiaires dans la chaîne logistique et de favoriser les échanges directs entre les producteurs et les restaurateurs. Des produits frais font le bonheur des clients, en plus de valoriser l’achat local. Pour plus d’exemples, consultez cette analyse.

Être carboneutre vs carbonégatif

Réduire son empreinte carbone, c’est bien. Être carboneutre, c’est très bien, et être carbonégatif, c’est encore mieux !

« Être carboneutre est l’état d’une organisation ou d’un particulier ayant réussi à réduire ses émissions de gaz carbonique (CO2) à zéro ou à compenser celles qui n’ont pu être réduites. » – Carboneutre Québec

L’entreprise Natural Habitat Adventures, située au Colorado, devient en 2007 le premier voyagiste carboneutre au monde. La totalité du CO2 produit au cours des opérations internes et lors des voyages des employés est réduite ou compensée. Depuis 2019, tous les vols et les activités des clients à destination sont aussi carboneutres.

L’agence de voyages australienne Intrepid Travel va encore plus loin dans sa démarche. En 2019, elle annonçait son intention de devenir carbonégatif, c’est-à-dire d’absorber davantage de CO2 que le taux émis. Pour ce faire, Intrepid Foundation, The Climate Foundation et l’Université de Tasmanie travaillent à recueillir l’équivalent de 325 000 $ canadiens pour développer la première plateforme flottante d’algues au large de la Tasmanie. Cette dernière pourra ainsi protéger la faune marine pendant que les coraux et les algues absorberont une quantité importante de dioxyde de carbone. Leur implication dans le déploiement d’énergie éolienne en Inde ou la reforestation de l’île de Bornéo, située en Asie du Sud-Est, sont quelques-unes des autres initiatives mises de l’avant. L’entreprise a également reçu le titre de la plus grande agence certifiée BCorp au monde. Un minimum de 80 critères doit être atteint dans les trois sphères du développement durable pour obtenir cette certification.

La compensation carbone, la solution facile ?

La compensation carbone doit être utilisée en dernier recours. Les gestionnaires ont la responsabilité sociale et environnementale de travailler à diminuer les gaz à effet de serre produits à même leur entreprise et résultants de ses activités touristiques. Par la suite, ils peuvent penser à compenser les émissions ne pouvant être enrayées.

Et vous, quels moyens avez-vous mis en place pour réduire votre empreinte carbone ?

 

Image à la Une : Pexels

 

 

 

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Tourisme durable

Hawaï : voyager et redonner à la communauté

Le programme Mālama Hawaii, lancé en juin 2021 par Hawaii Tourism Authority et le Hawaii Visitors and Convention Bureau, invite les visiteurs à « donner en retour » — traduction libre de l’expression mālama. Participer à des initiatives de reforestation, de nettoyage de plage, effectuer des travaux d’entretien sur un cuirassé historique, les options pour s’impliquer sont diversifiées.

 

Des expériences immersives

Le programme rassemble ainsi des organismes communautaires reconnus et une centaine d’hôtels et de campings à travers l’archipel d’Hawaï. Ceux-ci ont conclu des ententes afin d’offrir à leurs clients des occasions de volontourisme branchées sur les besoins du milieu.

À titre d’exemple, le voyageur qui se procure un forfait Mālama Hawaii au camping Camp Olowalu obtient un rabais de 10 % en s’engageant dans l’activité de bénévolat encadrée. Celle-ci consiste à contribuer à la réhabilitation d’un milieu naturel de la région par le retrait de plantes envahissantes et la plantation d’espèces indigènes. L’organisme responsable de ce projet, Kipuka Olowalu, guide et informe les visiteurs sur l’histoire du lieu, l’importance de sa restauration, les façons de procéder, en plus de leur inculquer quelques notions sur la culture du peuple en lien avec cette nature. Le participant s’ouvre ainsi à une expérience enrichissante et immersive tout en contribuant à l’amélioration du milieu.

SourceKipuka Olowalu 

D’autres établissements, en partenariat avec la Pacific Whale Foundation, fournissent l’équipement nécessaire pour nettoyer les berges. Le client remplit un formulaire dans lequel il décrit les matériaux et déchets amassés avant de faire parvenir le tout à l’organisme en question. Ce travail lui permet d’obtenir une nuitée gratuite à l’hôtel participant.

  

SourcePacific Whale Foundation 

Relance : profiter de l’impulsion du moment

La reprise du tourisme constitue une occasion pour tenter d’aborder le voyage différemment et d’offrir des avenues plus engageantes pour le visiteur envers la destination. Voilà qui favorise une plus grande responsabilisation de l’entreprise et du client. L’expérience touristique ne peut qu’en être plus riche et mémorable.

 

Source image à la une : Hawaii Tourism Authority

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Hébergement

Classifier ou ne pas classifier ?

L’abolition du programme québécois

Au Québec, tout établissement touristique est tenu de présenter une demande d’attestation de classification pour opérer légalement, tel que le stipule la Loi sur les établissements d’hébergement touristique. Mais avec le dépôt du projet de loi 100, le système de classification devrait être aboli prochainement. Sa désuétude, son manque de cohérence avec les attentes des consommateurs et la lourdeur de sa gestion expliquent ce verdict. Mais est-ce qu’une formule améliorée pourrait le remplacer ? Existe-t-il des modèles mieux adaptés à la réalité actuelle qui transmettent de l’information pertinente à la prise de décision, tout en certifiant le niveau de qualité d’un lieu ?

Classifier, à quoi ça sert ?

Un système de classification hôtelière consiste à répartir les établissements en différentes catégories, selon leurs caractéristiques et leurs services communs. Il permet d’offrir des repères à partir d’informations colligées par des experts indépendants. La plupart des programmes mesurent la quantité et la qualité des installations et des équipements — taille des chambres, état du plancher, type de matelas, de lingerie, de produits de toilette, présence d’une piscine, d’un centre d’affaires, etc. Un tel système procure au voyageur l’assurance que l’hôtel classifié est un lieu répondant à une série de normes.

Pourquoi remet-on ces systèmes en question ?

Généralement, les programmes traditionnels de classification ne comprennent pas les éléments suivants, pourtant devenus essentiels dans le processus de décision des consommateurs :

  • La satisfaction des consommateurs ;
  • La qualité de l’expérience ;
  • La qualité des contacts avec le personnel ;
  • La facilité à réserver sur le site Web ;
  • Les marqueurs clés de différenciation.

Certains de ces programmes sont remis en question parce qu’on estime que d’autres types d’évaluation semblent mieux correspondre aux repères recherchés par les clients. En effet, depuis déjà plusieurs années, des consommateurs consultent systématiquement les avis en ligne sur les sites Web comme TripAdvisor ou encore Booking avant d’arrêter leur choix.

Comment ça se passe ailleurs ?

Différentes formules sont observables ailleurs dans le monde. En France, aux États-Unis et au Royaume-Uni, l’adhésion est volontaire. Un hôtelier français, par exemple, doit procéder à une demande de classification auprès d’Atout France, l’agence de développement touristique.

Aux États-Unis, il n’existe pas de système géré par les instances gouvernementales. Les entreprises (hôtels et restaurants) qui le souhaitent peuvent s’associer à des formules privées (AAA et Forbes) qui leur confèrent de la crédibilité et un gage de qualité. Dans le cas de AAA, qui couvre toute l’Amérique du Nord (CAA pour le Canada), l’hôtelier doit répondre à plus d’une trentaine de critères pour se prévaloir d’un classement de 1 à 5 diamants. Le répertoire de Forbes est plus restrictif, il comprend principalement les établissements de luxe.

En Espagne, chaque région gère son propre programme. Les critères peuvent légèrement varier, mais les catégories de 1 à 5 étoiles permettent tout de même au voyageur de jauger les types d’établissements qu’il considère. L’adhésion pour les hôteliers y est obligatoire.

Certaines destinations décident de ne recourir qu’aux avis en ligne pour orienter le choix des visiteurs. C’est le cas de la Norvège qui publie, sur le site Web Visit Norway, la liste des hébergements avec la cote attribuée par les clients sur TripAdvisor. Pas d’évaluation indépendante ni de repères rapides en matière de prix et de type d’établissement (économique vs luxueux).

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Source : Visit Norway

Trois modèles pour s’inspirer

Plusieurs systèmes de classification à adhésion volontaire ont été actualisés et permettent au consommateur d’effectuer un choix éclairé. Ces programmes sont aussi une occasion pour les établissements de se positionner favorablement auprès des voyageurs. Ils représentent des hébergements sécuritaires passés sous l’œil avisé des évaluateurs.

Europe : qualité des services en ligne et gestion de la satisfaction

Les regroupements hôteliers de plusieurs pays d’Europe, dont l’Autriche, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse, la Belgique et le Danemark, se sont ralliés pour adhérer à un système de classification uniformisé, The Hotelstars Union.

Bien que la grille d’évaluation soit assez conventionnelle, elle comprend des éléments d’intérêt comme un volet sur la gestion de la qualité (gestion des plaintes, analyse systématique des avis en ligne, client mystère, etc.). On y trouve aussi une section visant à évaluer la qualité du site Web, son adaptabilité aux différents écrans, la possibilité d’y réserver une chambre, etc. L’adhésion à une certification durable occupe un poids considérable dans le calcul des points. Les critères sont réévalués tous les cinq ans afin d’assurer la cohérence du modèle avec les besoins et les attentes des consommateurs.

Écosse : critères en tourisme durable

En Écosse, les entreprises touristiques sont invitées à souscrire au Quality Assurance Scheme. Depuis 2020, Visit Scotland exige des candidats l’adoption d’au moins 19 des 38 actions liées au tourisme durable. Il s’agit d’un standard minimum nécessaire pour obtenir le sceau de la classification. Parmi ces critères, mentionnons le recours à des fournisseurs locaux et à des sources d’énergie renouvelable, la promotion des activités culturelles de la région, ou encore la formation du personnel à accueillir des clients en situation de handicap. Les structures qui répondent à un grand nombre de ces critères peuvent se démarquer grâce à des certifications durables développées par l’organisation de gestion de la destination et ses partenaires.

Australie : intégration des avis en ligne

En complément des évaluations d’experts, le système australien intègre les notes attribuées par les consommateurs sur les sites d’avis en ligne. L’agrégateur ReviewPro, qui collige les cotes et commentaires publiés sur les plateformes comme TripAdvisor, Booking ou encore Expedia, transmet ces informations qui s’ajoutent à l’accréditation officielle. Le tarif de base pour une chambre apparait également sous le classement. Voilà qui permet au voyageur d’obtenir les renseignements qu’il cherche en un seul coup d’œil.

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Source : Australia.com

Jeter le bébé avec l’eau du bain ?

Les systèmes de classification hôtelière, adaptés au contexte actuel, jouent un rôle important dans l’industrie touristique. Non seulement ils mettent en place des standards de qualité qui assurent le déploiement d’une offre d’hébergement sécuritaire et approuvée par des experts indépendants, mais ils permettent aussi au voyageur de faire un choix éclairé.

La prise en compte des avis en ligne est désormais un incontournable, tout comme les indicateurs liés au tourisme durable et responsable ainsi que la qualité de l’expérience client. Et pourquoi ne pas aussi considérer les bonnes pratiques en matière de ressources humaines (l’expérience employé), d’innovation ou encore de design ?

Croyez-vous qu’un système renouvelé de classification de l’hébergement touristique pourrait bien servir l’industrie et la clientèle ?

Image à la une : Unsplash

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Hébergement

Le Monastère des Augustines : du repos pour nos héros

Riche de son histoire de près de 400 ans, cette institution désire perpétuer sa mission d’accueillir et de prendre soin par le tourisme de bien-être et grâce à des mouvements de solidarité. Depuis le début de la pandémie, Le Monastère a offert des séjours de répit à des prix préférentiels pour les personnes provenant des milieux de la santé et de l’éducation. Cette initiative leur a valu l’honneur d’être sélectionné parmi les 20 meilleurs projets en matière d’innovation sociale par le jury de Novae.  

Ces séjours sont financés par des dons en provenance de la fondation du Mouvement de compassion, initiée par les sœurs Augustines à l’été 2020. L’année dernière, âgées en moyenne de 80 ans, elles ont marché quotidiennement pendant une heure durant 20 jours pour récolter 160 000$. Cette année, ce défi est lancé à la population sous la forme du Relais solidaire. Chaque participant doit amasser une somme d’argent dont il fixe le montant. À ce jour, 85 % de l’objectif a été atteint. 

Ces dons ont permis d’offrir des activités aux résidents de l’hôtel comme l’accès à un parcours autonome de marche contemplative, ainsi que l’accompagnement dans une routine quotidienne regroupant des techniques de respiration, de méditation et de gestion du stress. 

https://www.youtube.com/watch?v=k1sYJnExVlw

Source : Youtube, Le Monastère des Augustines 

Cette initiative du Monastère des Augustines est un exemple d’entraide et d’innovation. En permettant aux travailleurs essentiels de profiter de leur séjour de répit à prix réduit, l’organisation reste fidèle à sa mission tout en ciblant un nouveau segment de clientèle.  

 

Source image à la une : Le Monastère des Augustines 

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Tourisme durable

Implanter une chaîne d’approvisionnement responsable

L’ONU a établi 17 objectifs de développement durable à réaliser d’ici 2030 pour « sauver le monde ». Ceux-ci sont interconnectés et complémentaires. L’un d’entre eux est la consommation et la production responsables. Depuis la dernière année, il a souvent été question de l’importance de réduire son empreinte environnementale et d’implanter des pratiques durables. Et si cela passait par une gestion responsable de ses opérations ? 

 

L’empreinte carbone en tourisme

Dans un rapport de l’ONU de 2019, il est mentionné que le tourisme est à l’origine de 8 % des émissions de carbone produites à l’échelle mondiale. Ce pourcentage, ainsi que ceux relatifs à la consommation d’énergie et d’eau, risquent de doubler d’ici 2050.

Comment les entreprises peuvent-elles s’y prendre afin de réduire leur impact tout en offrant un bon service à leurs clients ? La clé est d’optimiser sa chaine d’approvisionnement.

Qu’entend-on par chaine d’approvisionnement ?

Il s’agit de la chaine de valeur d’une entreprise, c’est-à-dire de tous les acteurs impliqués et de toutes les actions requises dans la livraison finale d’un produit touristique. À titre d’exemple, un voyagiste offre divers choix d’hébergements, de circuits organisés, etc. L’entreprise est garante de ces services. Subséquemment, un hôtel sera aussi responsable de la provenance de sa nourriture. Il s’agit donc de s’assurer que chaque partie prenante met en œuvre des pratiques respectueuses de l’environnement et des communautés.

Les bénéfices d’implanter une chaine d’approvisionnement responsable

Il est pertinent de comprendre les avantages à moyen et à long terme avant de se lancer. En voici quelques-uns : 

  • Réduire son empreinte carbone ;
  • Diminuer sa production de déchets ;
  • Encourager l’économie locale ;
  • Augmenter son efficacité énergétique ;
  • Amoindrir les coûts en énergie à long terme ;
  • Mieux gérer et assurer la pérennité de ses ressources naturelles.

Entre 2014 et 2019, TUI Group a observé une économie de 14 % de CO2, de 10 % d’eau douce, de 9 % d’eaux d’usées et de 16 % de déchets. Ces données ont été récoltées auprès de 234 hôtels et resorts certifiés.

 Voici d’autres exemples d’entreprises touristiques qui ont pris le taureau par les cornes.

Les matériaux de construction

Bâtir des résidences à partir des arbres se trouvant sur le terrain, pourquoi pas ! C’est ce qu’a amorçé l’entreprise Les Côteaux Missisquoi dans les Cantons-de-l’Est. Les arbres endommagés ou tombés à terre à cause du vent ont été utilisés pour la fabrication des écogîtes. Au Bali Eco Stay, sur l’île indonésienne du même nom, les habitations ont aussi été construites à l’aide des essences de bois se situant à proximité. Des artisans locaux ont mis la main à la pâte et ont sculpté divers éléments, dont les portes. Une belle façon de valoriser le patrimoine immatériel et de réduire le trajet des matériaux.

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Source : Bali Eco Stay, Fanny Beaulieu Cormier

L’alimentation

Opter pour des aliments régionaux et de saison permet de minimiser son empreinte carbone. En Slovénie, le projet Green Supply Chains prend la forme d’une plateforme offrant un lien direct entre les restaurateurs et les producteurs locaux. Sa mission est d’accroître la proportion de nourriture et de boissons locales dans les hôtels et les restaurants de Ljubljana. Plus près d’ici, au Québec, l’entreprise Arrivage utilise une plateforme basée sur le même principe. Grâce à son service de commande en ligne et de livraison, elle propose de supprimer les intermédiaires et, ainsi, de s’assurer de la traçabilité des produits.

Dans le but de limiter le plus possible le chemin parcouru par la nourriture, certains hébergements vont même jusqu’à proposer à leurs hôtes des aliments produits sur place, dans leur jardin. C’est le cas du Bali Eco Stay où, chaque jour, les employés demandent aux clients de choisir leur menu, afin de ne récolter que le nécessaire et ainsi, minimiser le gaspillage alimentaire. À San Blas, au Panama, les repas des habitations Yandup sont cuisinés selon la pêche du jour.

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Source : Yandup, Panama, Fanny Beaulieu Cormier

L’économie circulaire permet quant à elle de redonner une deuxième vie à un produit. Il s’agit d’une pratique plus fréquente dans le domaine de l’agrotourisme. Au Québec, la Microbrasserie Charlevoix utilise les pains invendus de la boulangerie À chacun son pain de Baie-Saint-Paul pour créer sa bière. Une édition spéciale a même été brassée pour Le Festif ! Cet exemple met en évidence le caractère bénéfique des partenariats locaux pour réduire le chemin parcouru des aliments.

L’accompagnement de son réseau

L’ONU recommande aux entreprises de travailler en collaboration avec leurs partenaires et fournisseurs, dans le but de rendre la chaine d’approvisionnement plus durable et responsable. De plus, l’entreprise est responsable de tous les services qu’elle offre. Un accompagnement auprès de ses partenaires permet de s’assurer de la qualité de son produit touristique. Par exemple, Travel Excellence, un tour opérateur au Costa Rica, guide ses fournisseurs sur l’implantation de bonnes pratiques.  

Pour sa part, l’agence de voyages Fair Voyage collabore avec Kilimanjaro Porters Assistance Project (KPAP) pour toutes ses expéditions sur cette montagne mythique. Cette organisation à but non lucratif a été créée en 2003 dans le but d’améliorer les conditions de travail des porteurs. Fair Voyage fait aussi exclusivement affaire avec des partenaires accrédités par GSTC, une organisation internationale de référence en matière de critères à suivre en tourisme durable. Pour les aider à l’obtenir, un accompagnement a souvent été nécessaire.

En 2017, grâce au soutien de l’entreprise TUI Group, 80 % des hôtels du groupe étaient aussi certifiés selon ces normes. Encourager l’économie locale, acheter de l’équipement électrique à faible consommation d’énergie, réduire l’emballage et consommer des produits alimentaires régionaux sont des exemples d’actions mises en œuvre dans le cadre de cette stratégie.

Au Québec, en 2018, l’entreprise Transat est devenue le premier grand voyagiste international à obtenir la certification Travelife pour toutes ses activités. Plusieurs de ses hôtels se sont vu attribuer ce label. Ce processus d’accompagnement, encore en déploiement à l’heure actuelle, a permis à plusieurs de ses hôtels d’être certifiés.

https://www.youtube.com/watch?v=1r_XRFlUvLs

Source : Youtube, Transat

À retenir

Implanter une chaine de valeur responsable fait partie intégrante d’une stratégie globale en tourisme durable. Le meilleur moyen d’y parvenir est d’établir des objectifs ambitieux bien que réalistes, et de se fixer des délais à respecter. Faire l’état des lieux sur les démarches réalisées par ses partenaires permet de mieux les accompagner afin qu’ils optimisent leurs pratiques. De plus, l’acquisition d’une certification est une option à considérer pour mettre en place un système qui facilite les opérations internes et l’accompagnement des diverses parties prenantes.

Selon l’envergure de son réseau, les étapes pour instaurer une chaine d’approvisionnement responsable peuvent s’échelonner sur une ou plusieurs années. La clé du succès est d’avancer pas à pas et d’avoir une bonne communication avec ses partenaires.

Quelles actions durables avez-vous déjà implantées ?

Quelles autres démarches pourriez-vous mettre en œuvre afin de viser une gestion responsable de vos ressources ?

 

Image à la une : Pexels

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Segments de clientèles

Se préparer à accueillir la communauté LGBTQ+ 

En février 2021, RH Tourisme Canada et la Chambre de commerce LGBT+ du Canada (CGLCC) ont offert une formation sur la diversité, l’inclusion, la sécurité et la commercialisation auprès des communautés LGBTQ+. La CGLCC a également publié un guide et une trousse à outils pour le développement du tourisme, dont voici les principaux éléments. 

Taille du marché nord-américain  

Selon les estimations, 30 millions de personnes en Amérique du Nord s’identifient comme LGBTQ+, soit 6 à 8 % de la population totale. Leurs dépenses touristiques s’élèvent à plus de 70 milliards de dollars américains, d’après des études menées en 2016 par World Travel Market et Out Now. Au Canada, les voyageurs issus de cette communauté déboursent plus de 12 milliards de dollars en activités touristiques, un chiffre en hausse de 43 % depuis 2014. Leurs dépenses moyennes par séjour atteignent 1 855 $. Il s’agit d’un budget sept fois plus important que celui des touristes en général (265 $ par voyage). En 2021, on estime que quelque 90 % des voyageurs LGBTQ+ prévoient de prendre leurs vacances au pays. 

Critères de choix  

Le coût, mais aussi la sécurité, perçue et réelle, constituent des facteurs très importants dans le choix de la destination. 

Le coût, mais aussi la sécurité, perçue et réelle, constituent des facteurs très importants dans le choix de la destination. Les personnes LGBTQ+ doivent savoir qu’elles seront à l’abri de toute forme de harcèlement et qu’elles se sentiront les bienvenues. Le Canada jouit d’une place enviable sur l’échiquier touristique puisqu’il est reconnu à l’international comme étant un pays progressiste, inclusif et sûr pour les individus de cette communauté. De grandes villes comme Vancouver, Toronto ou Montréal constituent des centres touristiques majeurs, mais également des voies d’accès vers des régions rurales ou de proximité. 

En ce qui a trait à l’hébergement, les principaux critères de choix sont les suivants :  

  • Le coût ; 
  • Les cotes et les commentaires positifs ; 
  • Les commodités offertes ; 
  • La proximité des attractions touristiques 
  • Le respect des personnes LGBTQ+. 

Les touristes LGBTQ+ pratiquent les mêmes activités et recherchent des produits et des expériences semblables à ceux des voyageurs en général tels que : 

  • Restauration et gastronomie ; 
  • Activités de plein air ;
  • Arts et culture ; 
  • Magasinage ; 
  • Festivals et événements ; 
  • Activités de mieux-être. 

Sources d’information 

Les médias sociaux et les personnes influentes sur ces réseaux jouent également un rôle important au cours de la phase de planification et pendant l’expérience de voyage. 

Les amis, la famille, les sites Web officiels de destinations, d’hôtels ou de compagnies aériennes ainsi que les blogues et les forums de voyage constituent les principales sources de renseignements concernant les séjours d’agrément des touristes LGBTQ+ canadiens. Les médias sociaux et les personnes influentes sur ces réseaux jouent également un rôle important au cours de la phase de planification et pendant l’expérience de voyage. Ils représentent un moyen par lequel les connaissances et les membres d’une même famille s’influencent mutuellement. Il est donc essentiel d’être actif auprès de ces canaux afin de rester « dans les esprits ». Selon Destination Canada, Instagram était l’un des principaux influenceurs pour les moins de 45 ans.  

Comportement d’achat  

Des recherches ont révélé qu’un peu plus du tiers (36 %) des touristes LGBTQ+ du Canada réservent toujours directement auprès des entreprises, soit par téléphone ou sur leurs sites Web. Il s’avère donc primordial de s’assurer que ses forfaits ou ses produits ciblant ce marché soient présentés sur son site Web et qu’il soit possible de les réserver sur celui-ci. Environ un voyageur LGBTQ+ sur cinq achète aussi fréquemment par l’entremise d’agences de voyages en ligne traditionnelles.  

Mettre en œuvre des stratégies marketing inclusives  

La segmentation est peut-être l’aspect le plus important dans le cadre des activités marketing s’adressant au marché touristique LGBTQ+. Il importe d’analyser ses produits et ses atouts pour ensuite déterminer les groupes de personnes qui seront intéressés par ces produits. Restreindre son public cible à certains traits communs, par exemple : les hommes homosexuels de la génération Y, les lesbiennes actives et plus âgées, les familles LGBTQ+, etc. permet de mieux concentrer ses efforts de marketing et de proposer une expérience adéquate. 

 

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Source : Pexels

Pour réussir le développement du tourisme LGBTQ+, l’ACCGL propose diverses avenues, entre autres :  

  • Faire preuve d’authenticité dans le cadre de ses activités marketing et communicationnelles ; 
  • Présenter l’histoire des communautés LGBTQ+ locales ainsi que des récits authentiques de personnes de sa collectivité, des chefs de file, des propriétaires d’entreprise, etc. ; 
  • Offrir des expériences qui s’adressent précisément aux touristes LGBTQ+, mais qui peuvent attirer d’autres types de clientèles ; 
  • Créer des microsites et des pages Web sur le tourisme LGBTQ+ afin de fournir davantage de renseignements sur les partenariats, les forfaits et les services de soutien destinés à ces voyageurs. 

Quelques conseils pour terminer 

Pour rendre votre lieu ou votre attrait plus inclusif pour les touristes LGBTQ +, Luis Bracamontes, spécialiste principal des médias sociaux chez Tiqets Venues, suggère quelques pistes à suivre : 

1. Concentrez vos efforts au-delà du mois de la fierté. Lorsque les actions promotionnelles s’estompent à la fin juin, mois de la fierté, cela peut s’apparenter à des pratiques de « pinkwashing », terme inventé par la communauté LGBTQ + pour décrire ces efforts temporaires. Au lieu de cela, répartissez vos actions tout au long de l’année en établissant des partenariats avec des organisations et des leaders communautaires qui soutiennent les personnes LGBTQ +.  

2. Présentez la diversité dans vos campagnes marketing. Intégrez un éventail varié d’individus et d’identités dans vos supports marketing ainsi que dans la communication interne et externe. 

3. Incorporez des options non sexistes dans vos inscriptions. Si un formulaire propose les choix entre M. ou Mme, vous pouvez également insérer Mx. comme préfixe. 

4. Offrez des toilettes non genrées. 

5. Éduquez et formez vos employés. Les programmes de formation sur l’inclusion sont essentiels pour renforcer la sensibilisation et assurer l’excellence du service à la clientèle. Instruisez le personnel sur les orientations sexuelles et les identités de genre. Informez-les, entre autres, de l’importance des pronoms personnels. Des organisations spécialisées peuvent dispenser ces formations qui vous aideront à mettre en œuvre des politiques non discriminatoires pour garantir la sécurité et l’accueil de chacun.  

Un nombre croissant de destinations touristiques élaborent des stratégies et des produits pour attirer les voyageurs LGBTQ+. Le Canada et le Québec disposent de tous les atouts nécessaires pour séduire cette clientèle. Saurez-vous en tirer parti ? 


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Gestion

Revoir son modèle d’affaires pour mieux s’adapter

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, les entreprises touristiques ont dû rapidement mettre en œuvre des plans d’action pour s’adapter aux exigences émises par la santé publique. Les mesures d’hygiène, de sécurité et de distanciation physique ont nécessité des ajustements importants pour de nombreux établissements et sites touristiques. L’absence de voyageurs internationaux et de la clientèle d’affaires a aussi sévèrement bouleversé les secteurs plus dépendants de ces visiteurs, notamment celui de l’hôtellerie et des réunions et congrès. Pour demeurer en activité et limiter leurs pertes, certains ont dû carrément revoir leur modèle d’affaires et accélérer des projets visant à mieux répondre aux besoins actuels tout en se conformant aux standards de demain.  

Identifier et saisir des occasions d’affaires 

Un consortium de chercheurs européens s’est penché sur l’utilisation de modèles d’affaires innovants pour passer à travers une crise comme celle de la pandémie de COVID-19 dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. Ils ont noté que leur usage peut non seulement aider les entreprises à générer d’autres revenus pendant la crise, mais aussi contribuer à mieux les préparer pour l’avenir. Les occasions d’affaires identifiées durant cette période procurent de nouvelles perspectives et pourraient favoriser la réalisation de profits à long terme. L’étude met également en lumière l’importance des opportunités numériques, telle que la création de services supplémentaires. Dans un contexte où certains établissements subissent des fermetures temporaires, ils s’avéreraient une source de revenus transitoire.

Retour sur le concept de l’hybridation des lieux et des fonctions 

La tendance repose sur une volonté de diversifier ses sources de revenus en allouant de nouveaux usages à des lieux. Le secteur de l’hôtellerie intègre cette stratégie depuis quelques années pour attirer de nouvelles clientèles, notamment les communautés locales. Ainsi, les activités et les expériences offertes profitent à la fois aux voyageurs et aux habitants du quartier. En l’absence d’un tourisme international en contexte de pandémie, cette notion d’hybridation s’avère intéressante en milieu urbain, même si certaines contraintes freinent l’étendue des possibilités du concept. 

L’Association hôtellerie Québec a organisé en octobre 2020 un webinaire dans lequel plusieurs idées permettant de générer des revenus non traditionnels ont été partagées. Le conférencier invité, Guillaume Lavoie, expert en économie collaborative, proposait de faire de l’hôtelier un partenaire du quartier. Pour ce faire, il évoquait la possibilité de louer certains espaces tels que les stationnements, la cuisine, les chambres, le lobby, les salles de réunion auprès d’entreprises de proximité qui pourraient avoir des besoins sporadiques. 

Cet automne, de nombreuses idées créatives pour générer des revenus supplémentaires en hôtellerie ont circulé dans les médias. Parmi celles observées se trouvent : 

  • Convertir des chambres en salon de travail pour accueillir des professionnels qui n’ont pas le luxe d’avoir un bureau à la maison ou encore en salon équipé spécifiquement pour les amateurs de jeux vidéo, de cinéma, de sport ;
  • Équiper les suites de cuisines et offrir des services adaptés à une clientèle de long séjour pour répondre entre autres aux besoins des snowbirds ;
  • Offrir un forfait dédié au tournage ou à des séances de photos. Certains hôtels possèdent des attributs uniques méconnus des photographes, des producteurs vidéo et des influenceurs en quête de nouveaux lieux ;
  • Louer ses espaces de stationnement pour les propriétaires de véhicules récréatifs et d’embarcation ou aux entreprises ayant besoin de lieu d’entreposage additionnel. 

S’adapter aux besoins des clientèles 

Même si le tourisme d’affaires a été en pause depuis la fermeture des frontières et le début des restrictions en matière de rassemblement, les entreprises ont poursuivi leurs activités à distance, multipliant les rencontres et les événements virtuels. Qu’ils plaisent ou non, le télétravail et les réunions à distance ont fait leurs preuves. Dans la mesure où des habitudes et des préférences ont été consolidées durant la pandémie, il est possible que certaines activités ne retrouvent jamais le niveau atteint avant la crise, même après la vaccination des populations. 

En réponse à cette tendance, plusieurs centres de réunion et de congrès adaptent leurs installations en vue de satisfaire les attentes technologiques de leurs clients. Parallèlement, les organisateurs d’événements n’ont eu d’autre choix que de plonger dans l’univers virtuel pour survivre et ont développé des expertises en mode accéléré qui serviront d’assises à de nouveaux métiers.  

La nécessité de se rencontrer en face à face n’est pas mise en doute. Toutefois, les derniers mois ont démontré les avantages qu’offrent les événements hybrides. Pour quelques établissements plus avant-gardistes, la réflexion quant à ce virage était présente même avant la crise. Pour d’autres, il est devenu une évidence. 

Depuis le début de la pandémie, le Palais des congrès de Montréal se positionne sur l’offre hybride. Ses espaces permettent la tenue d’événement à la fois en présence et en virtuel grâce à ses studios équipés à la fine pointe de la technologie qui offrent une expérience de diffusion de type plateau de télévision.

Qu’en pensent les clients ?

Le consortium de chercheurs européens nommés précédemment a soulevé un point important dans son étude : le rôle des clients. Il est question ici de ceux qui visitent fréquemment l’entreprise, les plus fidèles et les plus impliqués. Ces clients sont davantage enclins à réfléchir aux forces et aux faiblesses de l’organisation et communiquent ouvertement des idées potentielles d’innovation. Avez-vous pensé faire appel à eux ?

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Cet article provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

 

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Hébergement Marketing

Une chasses aux trésors pour promouvoir son hôtel

La pandémie mondiale touche fortement le secteur de l’hôtellerie. En manque de voyageurs internationaux, de nombreux établissements d’hébergement mettent sur pied des initiatives pour attirer la clientèle locale.  

Les propriétaires de QT Hotel & Resort à Aucklanden Nouvelle-Zélande, ont décidé de célébrer l’ouverture de leur nouvel hôtel en offrant 150 nuitées gratuites aux résidents. Pour gagner, les citoyens devaient participer à une chasse au trésor et dénicher une clé qui se trouvait dans un des boitiers sécurisés, dissimulés aux quatre coins de la ville. Chaque boîte comportait un code à déchiffrer. Pour faciliter quelque peu la quête aux chasseurs, les codes étaient publiés quotidiennement sur le site Web de l’hôtel, mais sans spécifier la localisation des boitiers auxquels ils étaient associés, bien sûr! 

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Source : Instagram 

Il s’agit d’une initiative originale poucréer un buzz autour de l’ouverture d’un hôtel, favoriser les staycations et faire de la promotion dans sa communauté par l’implication active des résidents. 

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Hébergement

L’hébergement touristique au Québec : des performances inégales pour la saison estivale

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec le ministère du Tourisme, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec et les associations régionales et sectorielles, a suivi de près les répercussions de la COVID-19 sur l’industrie touristique grâce à une série de trois enquêtes. 

Les résultats présentés ci-après proviennent de la collecte en ligne réalisée du 14 au 24 août dernier auprès de 1 210 organisations touristiques québécoises. Ils mettent en perspective la situation des répondants du secteur de l’hébergement, ce qui correspond à un échantillon de 502 répondants.

Amélioration de la santé financière pour une majorité d’établissements

Plus de la moitié (56 %) des répondants appartenant à l’hébergement touristique estiment que la situation financière de leur organisation s’est améliorée depuis le début de l’été ; davantage que la moyenne de l’industrie touristique (45 %). Cette amélioration est surtout attribuable à la performance des résidences de tourisme (catégorie qui comprend les chalets), à celle des campings/prêt-à-camper/hébergement insolite ainsi qu’à l’hôtellerie de moins de 100 chambres. Toutefois, la catégorie d’hébergement dont la situation financière s’est dégradée pour la plus grande part des répondants depuis juin est l’hôtellerie de 100 chambres et plus. Le portrait pour les pourvoiries est plus mitigé : la moitié des répondants affirment que la situation s’est améliorée alors que 41 % déplorent plutôt une détérioration de leur santé financière.  

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Préoccupés par les pertes financières

Les pertes financières, les liquidités et l’endettement de l’organisation sont les éléments qui soulèvent le plus d’inquiétudes chez les répondants du secteur de l’hébergement touristique au Québec (voir le graphique ci-dessous). Globalement, les niveaux de préoccupation sont assez semblables à ceux de l’ensemble de l’industrie. Toutefois, les responsables de l’hôtellerie de 100 chambres et plus sont davantage préoccupés que ceux d’autres catégories d’hébergement, et ce, pour la plupart des indicateurs pour lesquels ils ont été sondés. Les répondants des résidences de tourisme et des campings, quant à eux, sont significativement moins préoccupés que ceux de plusieurs autres secteurs, dont l’hôtellerie et les gîtes.

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Une satisfaction inégale

La satisfaction à l’égard de la saison estivale varie fortement selon le type d’hébergement. Les campings et les résidences de tourisme remportent les moyennes les plus fortes alors que l’hôtellerie de 100 chambres et plus enregistre une moyenne beaucoup plus faible compte tenu de la forte proportion d’insatisfaction face à la saison estivale 2020. À titre comparatif, le niveau de satisfaction moyen pour l’ensemble de l’industrie touristique s’élève à 6,0. Il se situe à 6,2 pour l’hébergement.

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Performance par rapport à 2019

En moyenne, les entreprises de l’industrie touristique évaluent avoir reçu l’équivalent de 70 % de l’achalandage enregistré à l’été 2019 durant la saison estivale 2020. Cette moyenne est similaire pour l’hébergement (69 %), mais elle varie beaucoup selon le type d’établissements. Certains déclarent une fréquentation comparative plus accrue que les autres, notamment les campings (91 % de l’année 2019), les résidences de tourisme (88 %) et les pourvoiries (72 %).

Le chiffre d’affaires a souffert de la baisse d’achalandage. La clientèle hors Québec dépense généralement plus que les visiteurs intra-Québec. Ainsi, les répondants de l’hébergement touristique estiment que l’été 2020 a permis de récolter 63 % du chiffre d’affaires de 2019. Les campings (79 %), les résidences de tourisme (78 %) et les pourvoiries (66 %) s’en sortent mieux que les autres.

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Un avenir incertain

Alors que 37 % des répondants d’établissements d’hébergement sondés sont plutôt inquiets pour la survie de leur organisation d’ici les six prochains mois, c’est le cas de plus de la moitié (52 %) de ceux qui représentent les gîtes ou encore les hôtels de 100 chambres et plus (54 %).  

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Le milieu de l’hébergement de plein air, soit les campings, les résidences de tourisme et les pourvoiries, se dit plutôt optimiste face à l’avenir. Le graphique suivant démontre en effet que si ce n’est déjà fait, un retour à la normale des activités est envisageable d’ici un an pour la plus grande part de ces types d’établissements. Il en est de même pour l’hôtellerie de moins de 100 chambres et les gîtes, qui croient en un retour à leur vitesse de croisière habituelle d’ici un an ou deux. Les répondants pour l’hôtellerie de 100 chambres et plus se disent plus pessimistes. Les signaux envoyés jusqu’ici leur indiquent que cette reprise pourrait prendre deux (47 %) voire trois ans (34 %). 

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Le 3e volet du sondage de la Chaire de tourisme concernant les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique vient confirmer certaines observations quant à la forte attractivité des destinations de plein air durant l’été 2020, et ce, au détriment des grandes villes. Ces dernières, où se trouvent plus des trois quarts des répondants de l’hôtellerie de 100 chambres et plus, font face à de nombreux défis qui pourraient s’exacerber si la crise sanitaire perdure. En milieu rural, l’attrait du plein air ouvre de nouvelles fenêtres pour les organisations concernées, du moins tant que le confinement est levé.

Pour en savoir plus, consultez les faits saillants du 3e volet de l’enquête portant sur l’impact de la COVID-19 sur les organisations touristiques québécoises. 

 

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Ailleurs dans le monde Tendances

Le système immunitaire du tourisme de bien-être 

Comme le Réseau de veille l’a déjà présenté dans une analyse, le tourisme de bien-être signifie le maintien proactif de sa santé en vacances. En 2017, les voyageurs ont réalisé 27,5 millions de ce type de séjours au Canada, et plus de 90 % d’entre eux étaient des Canadiens. Cette grande proportion de visiteurs locaux soulève l’intérêt durant la saison estivale actuelle où les frontières demeurent fermées.

 

 

 

Les spas, les hébergements spécialisés, les retraites organisées, toutes les offres doivent être revues en fonction des nouveaux besoins. Les initiatives originales abondent.

Numériser ses services

Depuis le mois de mars, le bien-être numérique demeure sans surprise une direction empruntée par plusieurs. Durant le confinement, la Wellness Tourism Association (WTA) réunissait les services de ses membres sur une seule plateforme, Healthy@home. Des cours de yoga, des séances d’entraînement ou encore des ateliers de cuisine en ligne se vendent comme des solutions pour contrecarrer l’anxiété causée par l’isolation. Mais le Global Wellness Institute rappelle que de tels moyens devraient rester temporaires. Les rapports humains demeureront prioritaires pour ce secteur.

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Source : Wellness Tourism Association

Miser sur les marchés en croissance

Depuis la dernière semaine de mai, les entreprises rouvrent et adaptent leurs produits. Avec les nouvelles chartes sanitaires et les règles de distanciation physique, plusieurs saisissent l’occasion pour se réinventer.

Comme le rapporte SmartBrief, après la levée du confinement, le désir de retrouver un style de vie équilibré et de calmer l’anxiété causée par la pandémie risque d’influencer le choix d’activités des vacanciers. Une plus grande proportion pourrait rechercher des produits axés sur la santé et le sport.

À la fin de l’année 2019, 51 % des touristes canadiens optaient pour des escapades centrées sur « l’amélioration du bien-être et de la santé », après « la relaxation et la réduction du stress » (55 %), selon une enquête du Global Wellness Institute. Un sondage sur les intentions de voyages de ce type de clientèle durant la pandémie est en cours jusqu’au 11 juin 2020. Probablement que ces dernières motivations y gagneront en popularité.

Cette tendance se remarque déjà pour la chaîne Minor Hotels qui observe une hausse de la demande pour ses « expériences détoxifiantes », notamment au Sri Lanka et dans les Maldives.

Pour cette raison, Andrew Gibson, vice-président de la WTA, suggère entre autres aux entreprises de se joindre à des professionnels comme des entraîneurs, des nutritionnistes, voire des thérapeutes. L’authenticité et la qualité des services demeurent essentielles.

Adaptation de produits : la santé d’abord

Cette industrie doit composer avec les mesures sanitaires. Les expériences thermales (spa, sauna) demeurent fermées et les traitements de massothérapie devraient être autorisés sous peu. Les établissements qui peuvent se permettre la distanciation physique saisissent cet engouement autour d’un mode de vie sain. Ils redirigent l’attention de leur clientèle sur les bénéfices immunitaires de leurs services.

Kamalaya Wellness Sanctuary and Holistic Spa en Thaïlande est en phase de réouverture. Pour des raisons de sécurité sanitaire, le centre a délimité certaines « zones » destinées aux cinq premiers jours des retraites et offre dorénavant deux tests de la COVID-19, un à l’arrivée, l’autre au départ. Il propose aussi un nouveau séjour axé sur « l’enrichissement de la vie », qui vise à améliorer les problèmes de santé tels que le déséquilibre du système immunitaire.

Eupepsia’s Home Wellness en Virginie promeut des séances individuelles de gestion des émotions et d’entraînement personnalisé. Le centre de santé livre à domicile un paquet contenant des produits pour améliorer naturellement le système immunitaire.

Source : Eupepsia’s Home Wellness

D’autres établissements ne modifient pas leurs services, mais adaptent leurs messages et communiquent leurs efforts. C’est le cas de Skyterra Wellness Retreat en Caroline du Nord. Le 31 mai 2020, il lançait une vidéo pour souligner sa réouverture et rassurer sa clientèle. Au 1er juin, certains séjours de méditation avec nuitées à plus de 3500 $ affichaient déjà complet pour la semaine suivante.

Au Québec

L’adaptation de produits et l’adoption de différents messages clés sont aussi observables au Québec. Nordik Spa, par exemple, publie sur son site Web une capsule sur les bienfaits de ses services sur la santé immunitaire. Le spa fait également la promotion de ses nouveaux forfaits de thermothérapie.

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Source : NordikSpa

Bota-Bota, dans le Vieux-Port de Montréal, offrira des services de massothérapie dès le 22 juin. L’entreprise annonce qu’elle réfléchit aussi à adapter son produit dans une installation qui peut normalement accueillir jusqu’à 350 personnes. Dans les Cantons-de-l’Est, le spa Eastman rassure sa clientèle sur ses nouvelles activités et méthodes sans contact.

La compagnie Retraites de yoga propose le forfait YOGA & DETOX, qui compte 5 jours de yoga et de méditation à faire à la maison ainsi que des traitements pour la peau envoyés par la poste.

Outils de redémarrage

Le Global Wellness Institute fournit plusieurs outils en prévision de la réouverture des spas, des hôtels ainsi que des centres de bien-être et de conditionnement physique. L’Association Internationale des Spas publie notamment une liste des éléments à cocher pour la reprise des services.

L’industrie du bien-être est réactive et inventive. La pandémie a forcé la société à ralentir et ce secteur s’en inspire.

 

Et vous, la situation actuelle vous allume-t-elle un élan de créativité ?

 

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